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 Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit)

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Ҩ Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Jeu 4 Déc 2014 - 1:48




Kissed by fire
Deklan Levski & Katerina Kniasev

Veux-tu, veux-tu, au grand arbre me trouver ?
Là où le froid et les flammes ont déjà tout consummé.
Des choses étranges s'y sont vues moi j'aurais aimé,
à minuit, te voir, à l'arbre du pendu.



Le long de son corps glisse les velours rougeoyants de l'uniforme de Durmstrang qu'elle quitte pour ce soir. Le jour a été long, les reflets de son visage qu'elle croise parfois au détour d'un miroir, d'un reflet, la renvoi à un dégoût de vivre dont l'amertume la ronge. Tout vient de lui. Tout vient d'elle. Son orgueil a glissé ses mains à sa gorge et la presse depuis ce matin qu'elle ouvrit les yeux en sachant que pareil miracle n'avait été possible que grâce à l'homme qu'elle haïssais jusqu'au plus lointain tréfonds de ses entrailles. Elle avait flanché. Il l'avait vaincu. Le runespoor qui avait causé sa perte n'était pas la véritable source de son mal. Le fait d'avoir supplier Deklan Levski du regard, de lui avoir témoigné un geste, un merci dans l'étreinte de ses bras en était une. Une plaie béante, une blessure dont elle ne parvenait à se remettre et qui rendait pénible à présent jusqu'à la plus petite inspiration qui la tenait debout. Les paroles caressantes de Danslav, seul mit au courant de cette affaire, n'avaient eu l'effet escompté. Oublier. Elle n'y arrivait pas. Qu'importait comment elle pouvait retourner le problème, elle avait failli de la pire des façons, et lui n'en avait même pas profité pour l'achever, elle qui lui promettait pourtant de brandir un jour sa tête au bout d'un pieu. Il l'avait épargné, elle qui n'aurait su en faire de même. Il l'avait épargné, sauvé, épaulé. Et le plus dégradant dans tout cela n'était pas tant son orgueil blessé que ses certitudes qui s'en vinrent s'effriter alors dès le réveil.

Un homme, qui malgré sa haine d'une femme parvient à prendre sur lui pour la sauver, aurait-il vraiment pu assassiner une enfant de sang froid ? Par ailleurs, n'était-ce pas plutôt pour lui faire croire à cette image de l'homme droit et vertueux qu'il s'était donné tant de peine à la ramener jusqu'au repos ? Quelle version était la bonne, et qui était véritablement Deklan Levski ? Elle si certaine, si assurée, perdait à chaque minute écoulée depuis ce jour chacun de ses repères, chacune de ses attaches. Tel une barque prenant l'eau, elle sentait sans pouvoir rien y faire que son embarcation dérivait et rien ni personne ne pouvait prétendre désormais pouvoir la ramener en arrière. Sa nudité dévoilée, elle revêt à la place de l'uniforme ses propres tissus nobles, laisse la cascade de sa chevelure de jais se défaire de son étau et flotter librement dans son dos. Son visage est marqué par le manque de sommeil, mais Morphée lui tourne le dos depuis des jours. Où se trouve sa haine, son moteur à la vie ? Elle ne peut rien sans elle. Elle est son amie, son amante. Sa force destructrice qui lui permet de tenir quand tous ses songes l'appellent à rejoindre sa petite sœur disparue. Elle le maudit. Elle se maudit. Il aurait mieux valu qu'elle se laisse mourir dans cette forêt ! Mais elle redresse la tête. Devra n'a pas encore été vengée. Elle n'a pas encore pour elle les preuves qu'elle cherche tant et plus encore, les glaces qu'elle dirige n'ont pas encore mit la main sur l'Ox. Il reste tant à faire, il faut vivre. Vivre et avancer. Si Levski lui a offert cette chance insolente de continuer sa route, elle l'en remercie. Quant à lui... Viendra bien le temps où il s'en mordra les doigts de l'avoir épargnée. Elle sera la cruelle, l'odieuse. Elle oubliera, comme le lui a conseillé Danslav, qu'elle a désormais envers lui une dette éternelle au prix astronomique. Peu de chose qui puisse être à sa portée ne saurait rembourser ce qu'elle lui doit alors tant pis, elle feindra la plus écœurante des mauvaises foi. Pour l'heure, tout ce dont elle a besoin, c'est d'être seule.

Qu'importe qu'un surveillant puisse à tout moment lui tomber dessus et la punir pour sa ballade nocturne, elle garde pour elle le secret de quelques bonnes excuses, en tête celle d'un passage à l'infirmerie qu'elle saura justifier de par les marques de la blessure lui souillant toujours la jambe. Les joies d'une blessure au poison qui ralentisse la cicatrisation d'habitude magiquement aisée. Et elle marche, marche, et marche encore. De l'aile Nord qu'elle quitte, la voici désormais dans l'aile Ouest. Etrange atmosphère que de marcher en ces lieux lorsque ceux-ci sont vides de toute âme qui vive. Ici brûle les flammes. Elle les sent, et avec eux s'en revient la vision de leur meneur qu'elle évite si soigneusement depuis la mésaventure que fut la leur. Pas un regard vers leur table aux repas, un soin méticuleux à s'éviter sa présence même dans les quelques cours qu'ils partagent. De mémoire, Katerina n'avait sans aucun doute jamais fait preuve d'une telle lâcheté, notamment envers lui, mais que pourrait seulement lui apporter de le voir ?

« Kniasev.»

Elle se fige, paupières closes. Le corps comme figé dans le temps, elle sent que la réponse à sa précédente question va tomber dans quelque seconde, plus brutale que jamais. Erreur que de s'être promenée par ici. Erreur que d'avoir jugé bon empiéter sur le territoire de Levski. Son cœur déjà s'emballe, ses jambes accordées à son cerveau lui crient de s'enfuir, mais elle ne bouge pas. Poupée d'argile, les pieds bien ancrés dans le sol, elle prend une longue inspiration. Tout ce qu'il reste de fierté en elle est ébréché au possible depuis cette nuit-là, mais hors de question de le laisser transparaître à qui que ce soit. D'autant plus au concerné vers lequel elle se retourne lentement.

« Levski... » Commence-t-elle d'une voix entremêlant d'avance l'exaspération et le dépit. « Décidément, il faut toujours que tu vienne... »

Sa voix se coupe tandis que ses yeux s'en vienne capturer une image inattendu. La mine froncée, elle contemple son visage tuméfié. Une entaille à ses lèvres plus enflées qu'à l'accoutumée, une autre encore à son arcade. Un bleu à son front. Sur sa clavicule, parcelle de peau dévoilée, une marque laissant supposer que derrière la barrière des vêtement se caches bien d'autres cauchemars. Vision inattendu, pour le moins réjouissante. Mais la meneuse des glaces ce soir ne se réjouit pas, malgré cette animosité dont elle ne sait se défaire.

« Je n'ose imaginer ce que tu as encore du faire pour mériter de te retrouver dans cet état. »

Elle s'avance, lentement, jusqu'à lui.

« Mais malheureusement le travail n'a pas été fini. »

Elle le sent, le poids de la culpabilité. Elle sait ce qu'il va répondre, vers quel sujet il va la mener. Erreur que de l'avoir provoqué. Erreur que d'avoir engagé une conversation qu'elle aurait du se contenter de fuir. Erreur que de rester là, auprès de l'homme que tout son corps lui dicte de haïr, quand déjà brille l'étincelle d'une idée terrible. Celle, pourtant improbable, qu'elle puisse s'être trompée depuis le début à son sujet.


©Katerina K.






Dernière édition par Katerina A. Kniasev le Lun 22 Déc 2014 - 2:52, édité 2 fois
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Deklan Levski
✝ ABYSSUS ABYSSUM INVOCAT
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Statut du sang : PurMessages : 987Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Ven 5 Déc 2014 - 0:04

Parce qu'il n'aurait de toute façon pas pu s'en tirer aussi bien et faire comme si de rien n'était encore longtemps. Il fallait un juste retour des choses. Deklan aurait dû s'y attendre. Il aurait dû anticiper ; il avait eu le temps, pour ça. Ca faisait deux ans que Iris était morte. Il aurait pu au moins s'y préparer. Mais non. Non, il s'était contenté de fuir. De fuir à toutes jambes les responsabilités qui l'accrochaient directement au suicide de la jeune fille. Il n'avait pas mesuré l'ampleur de la situation. Il avait été aveugle, aveugle et monstrueux. Alors il fallait un juste retour des choses. Parce qu'il n'aurait de toute façon jamais dû s'en tirer aussi bien pendant tout ce temps.
A l'heure actuelle, si Rain ne l'avait pas ramassé, Deklan Levski serait sûrement mort. Et il l'aurait bien mérité. Iris ne méritait pas ce qu'il lui avait fait. Iris méritait mieux. Iris … Dire qu'il avait été amoureux d'elle. Oui, il avait été amoureux ; il l'avait aimée, et il l'avait tuée. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Il avait juste eu ce … besoin. De prendre le dessus, d'être le plus présent, le plus important ; le seul. Quand il repensait à son comportement, il ne le comprenait pas. Il ne se comprenait pas et il refusait de penser que c'était ce qui était vraiment arrivé. Mais ce devait être le cas, puisque Iris était bel et bien morte, et qu'elle ne reviendrait pas. C'était sa faute, à lui.


Deklan se tourna sur le côté, empêtré dans les draps blancs du lit qu'il occupait depuis plusieurs jours à l'infirmerie. Sa tête tournait et il avait trop chaud. Il n'en pouvait plus de rester là sans rien faire. Il pensait trop, il ne dormait même pas tellement. Et puis il avait mal au crâne. Lentement, il se redressa pour s'asseoir au bord du lit, bien accroché aux draps au cas où le monde décide de se mettre à tanguer ; mais visiblement, il était décidé à rester en place. Le meneur des Flammes repéra ses vêtements sur la table de nuit et s'habilla rapidement. Il allait se tirer de cette infirmerie, et il n'y reviendrait que s'il y était absolument obligé. Mais là, à priori, tout allait bien. Hors de question de rester ici. Il étouffait, et il avait besoin de marcher pour se vider la tête. Trop longtemps qu'il était immobile. Trop de choses qui se massaient dans son crâne.


Le jeune homme jeta un dernier coup d’œil au lit qu'il abandonnait, et se dépêcha de sortir de la pièce. Le froid le fit d'abord frissonner ; les couloirs n'étaient pas aussi bien chauffés que l'infirmerie, c'était bien connu. Mais d'ordinaire il était peu réactif à ce genre de détails. Il avait toujours chaud. C'était bien la preuve qu'il était loin d'avoir complètement récupéré … Comme s'il y avait besoin de preuve, cela dit. Deklan avait aperçu son reflet en quittant l'infirmerie. Et ce n'était pas trop dire que de prétendre qu'il faisait peur à voir. Son visage et son corps portaient encore la marque du passage de Dragomir. L'os de son arcade avait été replacé et ressoudé, mais une bonne entaille demeurait. Il garderait sûrement la cicatrice … même punition pour sa lèvre. Enfoiré. Ses cotes étaient encore douloureuses, mais il pouvait sans mal se tenir droit. A condition que rien n'appuie sur les ecchymoses qui maculaient son torse... entre autres. Salopard de Soyanov.


Le Flamme se dirigea vers les QG, le bruit de ses pas se répercutant faiblement dans le couloir. Théoriquement, il ne devrait croiser personne ; théoriquement, parce qu'il n'était bien sûr pas sans savoir que le couvre feu était loin d'être respecté par tout le monde. D'un autre côté, sa destination n'était pas loin, et s'il se dépêchait il pourrait sans doute le rejoindre sans avoir besoin de répondre à la moindre question sur son état et sa disparition de ces derniers jours. C'était sans compter sur Katerina Kniasev arpentant tranquillement le couloir, juste en face de la porte par laquelle il avait l'intention de passer. Qu'est-ce qu'elle faisait là ? Elle qui prenait tant soin de l'éviter depuis des jours venaient maintenant se balader dans sa partie du château, comme si elle cherchait quelque chose. Elle s'inquiétait peut-être de ne plus le voir dans les parages ; après tout, il pouvait toujours être utile, au cas où elle ait besoin d'être secourue. « Kniasev. »
Ce n'était pas vraiment un appel. Juste une constatation orale de sa présence devant le QG. Si elle voulait se contenter de faire comme s'il n'existait pas et de s'en aller, il ne lui en tiendrait pas rigueur. « Levski... » C'est qu'elle avait l'air contente de le voir, en plus, l'Iceberg. Que d'enthousiasme dans la voix ! « Décidément, il faut toujours que tu vienne... » Et elle ne finit pas sa phrase. Deklan perçut le changement dans son regard ; et pour un peu, il aurait maugréé à voix haute. Il n'avait pas envie qu'elle le voie comme ça ; pas parce qu'il tenait absolument à lui apparaître toujours sous son plus beau jour, mais simplement parce que lui sembler diminué et faible ne lui semblait pas du tout une bonne idée. Alors il lui aurait bien souri, et il l'aurait bien provoquée, une fois de plus. Seulement il n'était pas sûr d'être tout à fait légitime à le faire ; pour l'instant en tout cas. Alors il se contenta de la regarder le contempler, marque après marque, comme si elle tenait absolument à faire l'inventaire de son état. Sans doute était-elle trop heureuse de pouvoir le voir comme ça. Ou alors elle était déçue de ne pas être la cause de ce gentil carnage.


« Je n'ose imaginer ce que tu as encore du faire pour mériter de te retrouver dans cet état. » Cette fois par contre, il lui sourit, un peu contrit. L'air de dire qu'effectivement, il ne valait mieux pas qu'elle l'imagine. Ce qu'il avait fait, c'était simple. Il était sorti respirer, et sa tête avait décidé d'imploser. Dragomir était passé par là et en avait profité pour lui foutre la plus grosse raclée qu'il ait prise au cours de sa vie. « Mais malheureusement le travail n'a pas été fini. »
Haha. Elle a le sens de l'humour, la Kniasev. Tellement que cette fois, son némésis lui sourit le plus naturellement du monde. Parce qu'il savait, sans doute autant qu'elle, qu'en le cherchant sur ce sujet elle était sur une pente glissante. Très glissante. Et que lui, il était en haut de cette pente, et il n'avait qu'à la pousser pour qu'elle s'écrase en bas. « Je t'ai connue moins téméraire, Kniasev. On a repris de l'assurance, depuis l'autre soir ? »


Oui, l'autre soir. Il s'en souvenait bien. Le runespoor, la blessure. Son appel au secours. Il l'avait rattrapée juste à temps et emmenée jusqu'à l'infirmerie ; celle-la même dont il sortait. Et elle faisait moins la fière, en effet, quand elle avait eu besoin de lui. Quand elle était sans connaissance contre lui. Quand elle se tordait de douleur sur le lit d'infirmerie.
Et lui, est-ce qu'il avait fait le fier quand il l'avait tenue dans ses bras et qu'il avait compris que la vie de la reine des glaces, si inflexible et si froide, ne tenait plus qu'à un fil et qu'il avait en main le ciseau pour la couper ? Il cligna des yeux. Son mal de crâne le reprenait. Il avait vraiment besoin de récupérer... Mais pas question de la laisser s'en tirer comme ça. Il lui avait sauvé la vie. Et en guise de remerciements, elle le fuyait comme une lâche pour mieux revenir le provoquer ? Se rendait-elle au moins compte que son comportement était ridicule ? « Si tu venais rôder devant mon QG pour vérifier que j'étais toujours là pour te sauver la vie la prochaine fois que tu décideras de jouer à la demoiselle en détresse, sois rassurée. Je suis bien là. »




“I loved you in spaces where
you could not see any beauty.”

— @Shiya.
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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Ven 5 Déc 2014 - 1:54




Kissed by fire
Deklan Levski & Katerina Kniasev

La divination avait beau être une matière qu'elle eu trouvé appréciable, la meneuse des Icebergs n'avait eu nul besoin d'y avoir recours pour anticiper vers quel terrain glissant son éternel ennemi la mènerait. Et elle l'avait laissé faire, comme d'un besoin inconscient de recevoir la punition qu'elle ne pouvait s'administrer elle-même, faute d'avoir osé préféré la vie à son orgueil. Comme elle le haïssait, là, à présent. Depuis toujours. Peu importait les blessures à son visage et l'état pitoyable dans lequel il se trouvait, cet homme là la répugnait de tout son être. Et elle l'avait laissé la prendre. La tenir. Vision écœurante que ses mots reformaient dans son esprit, mais les hostilités étaient lancées. Là dans l'arène de leurs rancœurs communes, leurs mots comme seules armes, elle ne lui laisserait aucune chance, quand bien même tout semblait aller contre elle. Oui, elle lui arracherait ce petit sourire de satisfaction, de gré ou de force car il ne pouvait en être autrement. Elle, l'insoumise, la sévère. Statut de glace, elle n'avait jamais essuyé la moindre faiblesse aux yeux de ceux qu'elle menait, et ce n'était certainement les petites vantardises de Deklan Levksi qui viendrait rayer cette réputation si vaillamment conservée. Ainsi, lorsqu'il débita son fiel comme le runespoor avait injecté son venin en elle, c'est d'un sourire provoquant, précédant un rire faussement amusé miroir du sien, que la meneuse des glaces répondit.

« Oh oui, ça pour être là, tu es toujours là ! » Un temps. « Et que serait ce monde sans ce cher Deklan Levski toujours prompt à faire sa propre éloge d'ailleurs ? »

Ses lèvres pleines sont une claque en plein visage, l'expression la plus cynique de tout ce qu'il lui inspire. Je me préférerais morte, lui hurle sa fierté en lambeaux. Je me préférerais morte, loin de ce monde dans lequel tu subsistes plutôt que d'endurer la gloire dans laquelle tu te roules pour avoir su ainsi profiter d'une pareille occasion de m'humilier. Mais son sourire bientôt se fane à mesure qu'elle approche, sa démarche suave et lente, pareille au glissement silencieux du serpent sur le sol. Il l'a sauvé. Oui, il l'a bel et bien sauvé. En aurait-elle fait de même dans le cas inverse ? Oui, s'il avait été le mordu et elle la gracié, qu'en serait-il advenu du prince des flammes et de son éternel narcissisme ? Elle ne l'aurait pas sauvé. Sa raison en est certaine. Elle n'aurait eu ni la force physique, ni l'envie de le secourir. Peut-être l'aurait elle tenue avec douceur contre elle, dernier contact plus doux que les autres pour signifier l'adieu. Elle aurait caressé son visage, peut-être même baisé ses lèvres pour mieux y sentir son dernier souffle s'éteindre et tout se serait achevé là, dans la pénombre de la forêt noire.

Mais lui l'avait sauvé. Pourquoi ? Dans quel but ? Elle ne veux croire en la bonté qu'une part d'elle croit sentir. Ne veux pas admettre que celui qui la toise de façon si impériale à présent ait pu pour de bonnes raisons épargner sa vie. Et de toute façon, quand bien même serait-ce le cas, elle tranche le fil de sa retenue. Elle déteste cet homme, elle le déteste encore plus depuis qu'elle se lève chaque matin avec le sentiment d'être devenue l'esclave de sa propre culpabilité, la servante de cette dette qu'elle lui doit et qu'elle ne saura jamais remboursé. C'est son dégoût de vivre qui se décuple chaque fois qu'elle croit entendre les sons de son nom au détour d'un couloir, qu'elle entrevoit les traits de son visage dans une pièce. Si ses yeux brillent, un rictus mauvais s'en vient pourtant barrer son visage désormais fermé au jeu des petites provocations puériles qu'ils adulaient tant.

« Tu me donnes envie de vomir. Regarde-toi... Tellement minable, le visage encore en sang de je ne sais quelle mésaventure, prêt à tomber au moindre battement d'aile... »

Elle est tout proche à présent, sa poitrine presque collée à son torse faute d'être assez grande pour pouvoir vraiment le dominer par le front. Elle se moque bien désormais de son état, des ecchymoses qui souillent les perfections de son corps. Si elle lui fait du mal elle se fait du bien. Et s'il a été trop stupide pour ne pas en faire de même, pour se laisser affaiblir par ses grands yeux le suppliant alors en un sens, la partie lui semble déjà gagnée.

« J'ai peut-être joué les demoiselles en détresse comme tu le dis, mais qui a été assez stupide pour se laisser attendrir par ce rôle ? Qui n'a pas hésité à me porter à bout de bras jusqu'à l'infirmerie pour me sauver la vie ? Tu peux bien fanfaronner et jouer les fiers tant que ça te chante Levski, mais pour l'heure, je suis celle qui se porte à merveille quand tu sembles être tout prêt à t’effondrer ! Si je le voulais, je pourrai presque t'achever là, devant la porte de ta propre maison ! »

Le plat de sa main posée sur lui, elle le repousse fermement. Pas assez fort pour qu'il s'écarte vraiment d'elle, mais juste assez pour être certaine de le faire grimacer de l'intérieur. Il ne dit mot, elle le regarde. Ses grands yeux cristallins accrochés fermement dans ses flammes, elle cherche la réponse à son trouble. Pourquoi l'a-t-il secouru?, et le silence fait sa place entre eux tandis qu'elle plonge la main dans le dédale de ses réflexions pour en tirer celle qui lui semble la plus cohérente. Coule de longues secondes d'éternité que la reine des glaces fini finalement par briser d'une voix impérieuse.

« Je veux rayer de l'histoire ce qui est arrivé cette nuit-là, alors puisque je suppose que là était ton but, parle. Dis-moi ce que tu attends de moi pour effacer ton petit acte de bravoure, ton prix sera le mien. »





©Katerina K.




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Deklan Levski
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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mar 9 Déc 2014 - 17:28

Deklan continua de sourire quand Katerina trouva opportun de lui rire au nez ; de son rire si faux qu'elle ne dut pas y croire elle-même. Elle voulait avoir l'air détendu, mais le meneur des flammes était convaincu qu'elle se forçait à garder la face, par fierté pure et simple, une fois de plus. Au fond d'elle, elle devait mourir de honte et se reprocher avec toute l'intransigeance dont elle était capable la faiblesse dont elle avait fait preuve. « Oh oui, ça pour être là, tu es toujours là ! Et que serait ce monde sans ce cher Deklan Levski toujours prompt à faire sa propre éloge d'ailleurs ? » Il sourit encore, haussant les épaules. « Je ne sais pas, mais on s'ennuierait sûrement beaucoup plus. Imagine que tout le monde soit comme toi... Ca deviendrait vite insupportable. » Dire que c'était ce jeu de répliques ridicules qui les occupait depuis des années. Ce qui constituait l'essentiel de leur relation depuis qu'ils se connaissaient. De viles remarques basses et piquantes sans le moindre intérêt, et qui se finissaient régulièrement en duel dans les couloirs ... Avec du recul, bien entendu, c'était puéril, immature, inutile. Mais sur l'instant, c'était plus compliqué ; ou plus simple, eu contraire. Tellement simple qu'il n'y avait même plus de questions à se poser.
Mais là, Katerina dépassait ce stade en s'approchant de lui, lentement, presque menaçante. Il en oublia un instant de respirer. Quoi ? A quoi elle jouait au juste ? Sa tête recommençait à lui faire mal. Vaguement, de loin. Comme un bourdonnement désagréable, persistant. Mais bien présent. Il fronça les sourcils, laissant son sourire faner alors que celui de la Kniasev, mauvais, retrouvait sa place sur ses lèvres. « Tu me donnes envie de vomir. Regarde-toi... Tellement minable, le visage encore en sang de je ne sais quelle mésaventure, prêt à tomber au moindre battement d'aile... »

Deklan ne répondit pas. Le comportement de sa némésis lui échappait. Même elle ; oui, même Katerina Kniasev devait avoir assez de discernement pour se rendre compte que son attitude était plus que déplacée. Elle n'avait aucune, aucune légitimité à l'insulter de la sorte alors qu'il lui avait sauvé la vie. Ou alors elle avait une façon bien originale de lui adresser ses remerciements. Le soir-même, elle avait fait preuve de bien plus de traditionalisme, dans ce cas. Elle s'arrêta juste devant lui. Très près ; elle le frôlait presque. La chaleur qui se dégageait d'elle, l'Iceberg, lui semblait menaçante à lui, le Flamme, tant il redoutait le moindre contact. Quel paradoxe. Il avait presque envie de reculer ; de s'éloigner d'elle. « J'ai peut-être joué les demoiselles en détresse comme tu le dis, mais qui a été assez stupide pour se laisser attendrir par ce rôle ? Qui n'a pas hésité à me porter à bout de bras jusqu'à l'infirmerie pour me sauver la vie ? Tu peux bien fanfaronner et jouer les fiers tant que ça te chante Levski, mais pour l'heure, je suis celle qui se porte à merveille quand tu sembles être tout prêt à t’effondrer ! Si je le voulais, je pourrai presque t'achever là, devant la porte de ta propre maison ! »

Cette fois, Deklan se serait bien énervé ; comme il était si facile de le faire, chaque fois qu'ils discutaient, comme il était si tentant de le faire, chaque fois qu'elle le cherchait. Elle n'avait rien trouvé de mieux pour retourner son geste contre lui ? Est-ce qu'elle était en train de lui reprocher de lui avoir sauvé la vie ? Il avait été crédule, peut-être. Ou alors simplement pas assez monstrueux pour la laisser mourir dans la forêt à cause de leur propre bêtise. Et c'est ce qu'il s'apprêtait à lui répondre, même si au fond de son esprit, le bourdonnement prenait forme, prenait sens, pour lui. Etait-il vraiment sûr de ne pas être assez monstrueux pour regarder mourir quelqu'un ? Pour être, en un sens comme dans tous les autres, responsable de sa mort ? Son corps lui hurlait de protester. Bien sûr qu'il n'était pas assez monstrueux pour ça. Et il aurait volontiers étranglé Katerina qui prétendait l'air de rien que ça avait une faiblesse de sa part. Une faiblesse, que de lutter contre ses démons, contre ses choses, dans sa tête, qui le poussaient à … à être moins qu'un homme, moins qu'une  monstrueuse pourriture. Son corps le lui hurlait, mais il demeurait une hésitation. Etait-il sûr de valoir mieux que ça ? Il se posa la question une seconde de trop ; avant qu'il ait pu répondre quoi que ce soit pour à sa némésis, celle-ci posait sa main contre son torse, fermement.
Deklan ne put s'empêcher de hausser les sourcils de surprise devant la déflagration que provoqua cette pression sur sa peau. Il s'efforça aussi vite que possible de récupérer un air neutre, mais sa mâchoire tremblait tant il la serrait et ses doigts étaient crispés sur les côtés de son pantalon. La garce. Elle avait raison, l'Iceberg. Il devait lutter, une fois de plus, pour ne pas reculer ; éloigner sa main traîtresse de son torse qui ne supportait pas le moindre contact. Les ecchymoses sous son T-shirt étaient encore trop à vif. Ses muscles trop endoloris, sa tête trop lourde. Il n'avait même pas sa baguette sur lui … Cette diablesse d'Iceberg avait raison. Elle pourrait ; oui, elle pourrait, l'achever là, à la porte de sa propre maison. Et il ne pourrait rien faire pour l'en empêcher. Même pas la contredire. Même pas protester ; parce que sa voix aurait tremblé, parce que ses yeux l'auraient trahi plus qu'ils ne le faisaient. Et il y avait toujours ces démons qui le harcelaient par les interstices de son inconscient … Pour peu que ce qui lui restait de fierté ne le maintenaient immobile face à la menace de celle qu'il ne pouvait voir que comme son ennemi, il s'arracherait à son contact, prendrait sa tête entre ses mains et mettrait tout en œuvre pour faire disparaître ce mal qui le rongeait de l'intérieur. Au diable Katerina, au diable ses accusations ridicules et ses menaces qu'elle ne mettrait pas à exécution. Il ne savait même pas ce qu'elle fichait ici. Il ne savait même pas ce qu'elle lui voulait ; mais s'il avait eu le pouvoir de la faire disparaître, là, d'un claquement de doigts, il l'aurait fait. Tout juste ne regrettait-il pas de ne pas l'avoir laissée dans la forêt pour qu'à présent, là, maintenant, elle ne soit pas un obstacle de plus. Entre lui et quoi ? L'absence soudaine  de sa némésis ne ferait pas taire le carnage dans sa tête. N'allégerait pas le poids de sa culpabilité.
Et elle reprit la parole, la Kniasev, de sa voix haute et fière, qui contribua, au même titre que la douleur cuisante qui émanait de sa main, à le garder à la frontière entre l'intérieur de sa tête et cette confrontation idiote dont il ne comprenait ni l'enjeu ni les causes.

« Je veux rayer de l'histoire ce qui est arrivé cette nuit-là, alors puisque je suppose que là était ton but, parle. Dis-moi ce que tu attends de moi pour effacer ton petit acte de bravoure, ton prix sera le mien. »

Au milieu du délire auquel il avait de plus en plus de mal à faire face, Deklan se prit à rire. Il redonna de la contenance à son regard pour tenir à tête à la reine des glaces si sûre d'elle qui le toisait, comme si elle pensait en avoir le droit ; ou le pouvoir. Personne n'avait de prise sur lui. De pouvoir sur ce qu'il pouvait faire ou pas. Sur ce qu'il avait le droit de revendiquer. Pas le droit de le juger sur ce qu'il avait fait ou pas fait. Tout ce que voulait Katerina, c'est effacer la dette qu'elle avait envers lui, parce qu'elle crevait de honte d'avoir eu besoin de lui, de son aide.

« Alors c'est ça le problème ! Oh je veux bien le croire, que ça te dérange, Kniasev ! Qu'est-ce que ça doit être rageant de voir que ce pauvre type qui te donne envie de vomir, qui tient à peine debout,  c'est à lui que tu dois la vie. Haha, oui, tu pourrais l'écraser, là, sous ton talon, d'un simple geste, peut-être. Mais tu ne le feras pas. » La folie brillait dans un coin de ses yeux. La douleur, aussi. Se battre contre Katerina, c'était son seul point d'ancrage pour lutter contre ce qui l'attaquait, lui, de l'intérieur. « Peut-être que j'ai été assez crédule pour te porter à bouts de bras à l'infirmerie. Pour extirper de ton corps le poison qui te bouffait pendant que tu te tordais de douleur sur la table. Ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui si je n'avais pas été là tu ne pourrais pas clamer haut et fort que tu es prête à rembourser ta dette ! » Il saisit le poignet de l'Iceberg et l'arracha à son contact. « Et qu'est-ce que tu veux faire, pour ça, dis-moi ? Je n'ai pas de prix à te proposer. Tu ne peux rien faire qui efface ce que tu me dois. Il va falloir vivre avec ça, Kat ! Peut-être que ça t'apprendra un peu la modestie. Tu n'avais rien fait qui vaille que je ne reste pas juste là, à te regarder mourir dans la forêt comme tu l'aurais mérité. Tu ne peux rien faire non plus pour faire le chemin en arrière. » Il respirait vite. Il respirait fort. Ses yeux perdaient ceux de Katerina ; perdaient toute chose du monde physique. La douleur prenait de plus en plus de place. Obstruait son regard. « C'est comme ça. On ne peut pas revenir en arrière ! Navré, c'est plus compliqué que ça ! »

Son sourire ressemblait davantage à une grimace, à présent. Sa prise sur le poignet de Katerina était faiblarde ; il perdit lui-même son contact alors que ses jambes le faisaient reculer, un peu au hasard, de quelques pas. « Et quel pouvoir tu aurais, hein ? Qu'est-ce que tu envisageais pouvoir faire ? » Il la cherchait. Il la cherchait des yeux ; son regard oscillait en direction de son visage, sans sembler le voir. Il se concentrait. Il essayait de reformer plus précisément ces traits qu'il connaissait si bien et qui lui apparaissaient si flous. Le dessin trop parfait de sa figure, son insultante beauté qui lui riait au nez à chaque fois qu'elle l'insultait, qu'elle le regardait de haut. La finesse de sa peau qu'il rêvait de serrer entre ses mains, sur sa gorge, pour qu'enfin … enfin quoi ? Il avait eu cette opportunité. Il ne l'avait pas prise. « Qu'est-ce que tu envisageais pouvoir faire ?! » Son épaule rencontra le coin du mur. Il s'immobilisa, fronçant les sourcils, luttant pour ne pas amener sa main à son crâne et appuyer comme s'il essayait d'y enfoncer une pique. A la place, sa main chercha le mur, ancre à la réalité qu'il était si tentant de quitter. « C'est trop tard, Kniasev. C'est arrivé. Tu ne peux rien pour changer ça et tu ne le pourras jamais.. »




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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mar 9 Déc 2014 - 20:17




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Elle a mal. Elle ne s'abaissera jamais à le dire, mais ses mots sont l'exact reflet de ses certitudes, de ce qui la ronge, et cela lui fait mal, la soumet à l'agonie. Un monde où tout le monde lui ressemblerait serait insupportable, et elle crève sur place de l'envie de le gifler. De lui faire plus de mal encore. C'est pour cela que toutes leurs joutes verbales finissent généralement en duel au milieu des couloirs, parce que l'un et l'autre savent où frapper pour faire mal. Oui, il la connaissait bien. Elle le connaissait par cœur. S'ils n'apprenaient pas les bonnes choses de la bonne façon, nul doute que pourtant Katerina Kniasev et Deklan Levski se connaissaient sur le bout des doigts, assez pour toujours viser juste. Et il avait touché sa cible en plein cœur. Elle n'aimait pas ce qu'elle était Katerina, ô non. Malgré son ton fier et hautain, malgré son port de tête et sa démarche digne d'une reine, ce qu'elle voyait dans son reflet ne lui plaisait pas car cette femme qui la dévisageait alors n'était plus qu'une existence en lambeaux. Son chagrin et son désire de vengeance avaient achevés le travail de son cœur asséché par une existence difficile et cela elle le lisait dans les pincements légers de sa bouche, dans la lumière moins brillante qu'autrefois de ses yeux. Sa vie, l'existence elle-même lui était un fardeau mais elle ne savait se comporter autrement qu'ainsi. Et elle avait gagné le respect des siens ainsi, en restant toujours froide. Elle brandissait la haie d'honneur de son clan mais au fond, bien qu'elle fut respectée et épaulée des siens, ils étaient bien peu à pouvoir se vanter de lui être proche. Finalement, tel que le conseillait le vieil adage, ceux dont elle était les plus proches étaient ses ennemis. Et par ailleurs, le plus tenace d'entre eux fronçait les sourcils à présent, sa mine fermée au possible.

Elle avait déversé son fiel, l'avait même blessé plus que de raison en le repoussant, et le meneur des flammes ne semblait pas prêt à lui pardonner cette audace. Cependant, au fil de ses mots, inexplicablement, sans qu'elle ne parvienne à mettre le doigt dessus, elle sent que quelque chose ne va, que Deklan Levski n'est pas dans son état normal, et pire, que cela n'a rien à voir avec ses blessures physiques. Il rit, mais son rire semble plus nerveux que véritablement hilare. Il ne se moque pas d'elle, il riposte. Fébrilement. Quelque chose lui échappe, quelque chose cloche. Elle ne reconnaît pas dans ses sarcasmes et ses réponses cette fureur venimeuse qui sait toujours si bien sonner le glas de sa patience. Il se tord sur place, la fustige en la mettant face à l'inavouable, crachant sur sa mauvaise foi avec une véhémence toute neuve, pourtant, plutôt que de répliquer, plutôt que de le contredire elle le regarde, un brin de peur dans le regard. Ce rire fou qui s'en tire de sa gorge, ces gestes extatiques qu'il produit avec peine. Il affirme aussi fier qu'il puisse le paraître que bien qu'elle ait le pouvoir de le réduire à rien là maintenant, elle n'en fera rien, et avant même qu'elle n'ait eu le temps de le contredire, le voici qui l'empoigne. Elle aura beau jouer les fières, faire mine d'être celle qui a le dessus, le faire passer pour un faible, c'est bien grâce à ce faible qu'elle vit aujourd'hui. C'est bien grâce à ce faible que né en elle une peur nouvelle qu'elle n'a jamais ressenti jusque lors à son contact. Elle tente vainement de se dégager, se tort pour se tirer de son emprise, mais rien n'y fait. « Lâche-moi ! » Mais il ne la lâche pas. Elle devra vivre avec le poids de sa dette car rien ne saura jamais l'effacer. « Lâche-moi je te dis ! » Pourquoi devrait-il seulement s'en soucier ? Ne l'a-t-elle pas fait lui-même souffrir en le poussant délibérément par sa blessure ? Ne tente-t-elle pas tout ce qu'elle a pour le faire souffrir plus encore avec des paroles acides ? Non, elle ne réchappera pas à cette vérité qui l'écorche et la brise. Elle luit doit la vie, et joue pourtant encore à retourner la chose à son avantage. Elle joue. Elle ne s'en fini jamais de jouer. Mais lui se tort et la tort avec lui. C'est tout son orgueil qui fond par les mots de Deklan et retombent en gouttes de lave sur sa vie. S'il n'était pas ce qu'il est, si elle n'était pas qu'elle est, elle tomberait à genoux devant lui. Vaincue et en pleurs. Elle s’avouerait vaincu, déshonorée. Humiliée à tout jamais non pas parce qu'un homme faible lui avait sauvé la vie, mais parce qu'un homme au moins aussi puissant qu'elle avait rangé sa fierté et accepté de fermer les yeux sur leur haine commune pour la protéger. Elle lui devait tout. Elle aurait du faire preuve de reconnaissance envers lui, embrasser ses mains et dire merci. Mais cela elle le lui avait déjà dit bien que se souvenir s'en fut un lointain nuage dans sa mémoire. Et il se tort plus encore. Estomaquée, elle le regarde se perdre lui-même dans ses mots, dans ses gestes. C'est toute sa grandeur de meneur des flammes qui s'affaisse là sous ses yeux, mais elle est déjà tout aussi affaissée que lui dans sa dignité, et plutôt que de s'enfoncer un peu plus dans les revers de son hypocrisie, ce spectacle l'intrigue et la rend craintive à la fois. On ne peut pas revenir en arrière dit-il. Elle fronce les sourcils, un rictus mauvais au coin des lèvres. Elle repense à Devra. Est-ce pour elle qu'il tend ses mots ? Elle entrevoit des sous-entendus et des confessions là où ne réside rien de plus que les affres d'un délire qu'elle ne devine pas encore tout à fait. Mais sa prise s'éteint. Dès lors qu'elle le sent plus faible, elle donne un petit coup sec pour libérer son poignet de lui mais n'a pas besoin de reculer. Il titube en arrière.

Quel pouvoir a-t-elle sur lui ? Qu'envisageait-elle de faire contre lui ? La princesse de glace voit son visage se fendre entre stupeur et inquiétude. La voit-il seulement encore ? Elle se penche quelque peu en avant pour trouver son regard qui ne vient pas. « Deklan ? » Et il répète ses questions, encore. Encore. Que voulait-elle faire de lui ? Du mal bien sûr. Elle le hait, le croit coupable de la mort de sa sœur, le hait encore plus depuis qu'elle n'en est plus si sûre. Mais quel mal peut-elle seulement lui faire quand elle lui doit tant, quand lui se tient comme un aveugle à ce mur qui l'entraîne. Elle ne l'entend même lorsqu'il affirme qu'elle ne pourra jamais rien changer. D'abord prudente, sa baguette vissée dans la main, elle finit par se rapprocher de lui.

« Hey ! Qu'est-ce qui te prend, ça va pas ? » Pas de réponse, son visage se fend plus encore. Où est passé le meneur des flammes, dans quelle tourmente est-il en train de se perdre ? Elle commence à croire que l'homme est devenu fou, son manque de réactivité ne lui plaît pas. « Levski ? Oh, Levski !? »

Que faire ? Partir ? Elle pourrait bien le laisser geindre là tout seul après ce qu'il vient de dire. Après tout, elle menaçant bel et bien de le tuer quelques instants auparavant. S'il se trouvait dans une situation semblable à celle de la forêt et qu'elle avait le pouvoir sur sa vie que lui avait eu sur la sienne, elle n'aurait pas à hésiter. Elle ne ferait jamais preuve de la faiblesse qui le poussa à l'extirper des griffes du poison du runespoor. Non, elle, elle le contemplerait mourir à ses pieds. Elle en est certaine. Mais il se tort et elle le perd. Elle le contemple là sur son mur sans savoir quoi faire, ni comment réagir. Aller chercher de l'aide ? Jamais de la vie. Il était déjà bien assez difficile de supporter une existence dans laquelle Deklan avait été un jour son salut, elle ne se fourvoierai pas d'avoir été le sien. Le laisser là donc. Partir sans demander son reste, espérer peut-être que de lui-même il s'éteindrait. Mais elle le regarde, et par Merlin comme elle voudrait le gifler tandis qu'en elle se dégrade sa haine. Elle ne peut vivre sans lui comme opposant. Elle ne connaîtra jamais le repos tant qu'il vivra, mais son brûlant ennemi a raison. Elle ne peux plus lui faire de mal. Elle ne peux plus lui faire de tort. La chose est bien plus terrible : elle ne le veux pas. Tout ce qu'il a dit a fait croître son propre dégoût, mais quand lui gît si piètrement contre un mur, même avec tout l'hypocrisie du monde, elle ne peut s'avouer capable de l'abandonner. Alors elle s'approche. Prudemment, finit même par ranger sa baguette. Elle contemple sa respiration difficile, ces perles de sueurs qui gisent et glissent à son front. Quel mal peut bien ronger Deklan Levski jusqu'à le porter à un tel degré de folie et d'abandon. Elle ne dit plus un mot, mais se tient là à ses côtés. Elle ne le quittera pas ce soir. Et elle murmure, presque plus pour elle-même que lui.

« T'es pitoyable... »

Elle le lui doit.







©Katerina K.




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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mar 9 Déc 2014 - 22:29

Les appels de la Kniasev ne parvenaient pas à la conscience de Deklan, entravée, malmenée par la douleur qui grandissait, grandissait ... Sa main posée sur le mur empêchait pour l'instant le château de tourner autour de lui. La voix de Katerina, s'il n'en comprenait pas le sens, était une accroche de plus. Elle était toujours là, face à lui. Ses yeux la cherchaient, mais elle se confondait de plus en plus avec le décor sombre du couloir. S'il en avait été capable, il aurait sans doute pensé avec ironie qu'il n'avait jamais tant désiré la voir. Tant désiré comprendre les mots qu'elle prononçait ; ne serait-ce que pour avoir une idée de ses réactions, de ses intentions. Le destin s'acharnerait-il donc encore longtemps à le placer face à ses plus grands ennemis chaque fois qu'il se retrouvait incapable de se défendre ? La reine des glaces profiterait-elle de l'occasion, comme l'avait fait Dragomir quelques jours plus tôt ? Mettrait-elle ses menaces à exécution, maintenant qu'il ne pouvait plus lui cacher sa faiblesse ; pire, sa détresse ? Elle pouvait l'écraser d'un revers du talon, comme il l'avait dit lui-même. Mais elle ne le ferait pas ; pas vrai ? Elle lui devait la vie. S'abaisserait-elle à lui prendre la sienne alors qu'il n'était même pas capable de se défendre ? Il l'entendit approcher. Le son de ses pas, d'abord lents, se détachait clairement dans le silence à peine déchiré par les respirations gémissantes du Levski. Respirations qui accélérèrent encore plus face à son évidente incapacité à comprendre les intentions de sa némésis. Quoi ? Elle allait l'achever, là, alors qu'il ne pouvait même pas la voir ? Elle n'allait quand même pas ; bon sang, sa tête lui faisait mal ... Pourquoi ? Qu'est-ce qui lui arrivait, encore ? Il était condamné à être poursuivi par ce mal qui allait le détruire petit à petit ? Le chef des Flammes n'avait pas l'intention de se laisser consumer de la sorte ; mais il ne pouvait pas lutter. Il ne savait même pas contre quoi il se battait !

Dans le parc l'autre jour, il avait cru que c'était sa culpabilité qui le rattrapait. Que c'était le poids de ses propres actes qui venait faire pression sur sa petite conscience bien trop tranquille. Iris. Mais quel lien avec Katerina ? Est-ce que ça avait un rapport avec le fait qu'il l'ait sauvée, elle, là où il avait regardé mourir la Stoyavov ? Il s'était battu contre cette chose, dans sa tête ; il s'était battu contre cette horrible pulsion qui avait voulu le pousser à abandonner la meneuse des Icebergs. Pourquoi n'en avait-il pas été capable pour Iris ? Il n'en avait même pas conscience. Il ne savait rien ... Rien. Ni la nature, ni les intentions de cette chose ... était-ce juste sa culpabilité, d'ailleurs ? Ou un sort, un maléfice pouvait-il avoir de tels effets ? En tout cas, Deklan ne pouvait croire à la répétition d'un éventuel schéma entre Iris et Katerina. Il avait été fou amoureux de la première ; la deuxième était son ennemie depuis toujours. Il avait voulu protéger Iris, et il rêvait d'étrangler la Kniasev depuis des lustres. Aucun lien ne pouvait se faire. Aucun pont n'existait entre les deux femmes ! Elle se connaissaient à peine. Iris était Iceberg depuis peu de temps quand elle avait commencé à sortir avec Deklan. Et puis cette histoire était loin maintenant ... en théorie en tout cas. Ou en pratique ; il ne savait pas. Il ne savait plus rien. Peut-être que ça n'avait de toute façon rien à voir. Peut-être qu'il s'agissait d'autre chose, que c'était juste un problème physique, plus concret, plus simple ... Ca ne changeait rien au fait que le Levski se sentait sur le point de tomber, une fois de plus.

Sa main s'était crispée sur le mur ; elle ne suffisait plus à le maintenir et son bras pliait sous son poids, laissant la masse de sa stature s'appuyer d'elle-même sur la paroi et glisser lentement au sol, sur les genoux. Ses paupières s'étaient closes pour retenir les larmes qui y perlaient, son visage était crispé sous les efforts qu'il employait pour ne pas continuer de gémir, gémir comme un gosse qui souffre et qui souffre tant que le reste n'existe plus. Ses bras vinrent enserrer son ventre avec fermeté alors qu'il sentait ses entrailles se tordre par delà la douleur de ses contusions. Il fallait que ça cesse. Il fallait que ça cesse mais la douleur montait toujours crescendo ... Si bien qu'un sanglot finit par lui échapper. Il serra les dents plus fort, secoua la tête, grimaça en desserrant les mâchoires pour arracher une respiration douloureuse. « Ha ... Argh... » Puis il se crispa à nouveau, entièrement, les dents serrées alors que sa main droite monta brusquement jusqu'à son crâne pour s'y appuyer de toutes les maigres forces qu'il n'employait pas à s'empêcher de hurler. Une autre convulsion lui fit joindre la deuxième main à la première ; une autre envoya ses épaules en arrière, la tête basculée dans le même sens alors qu'une grimace de souffrance dévoila ses dents serrées à l'extrême, qui ne retenaient même plus les gémissements de sa respiration qui forçait la barrière de ses lèvres.

Et au milieu de sa souffrance, il s'étonna de se sentir encore. Katerina était encore là ; n'est-ce pas ? Il ne l'avait pas entendue partir ; ou alors avait-il simplement perdu contact avec la réalité quelques instants ? Assez longtemps pour qu'elle s'en aille ? En tout cas elle ne l'avait pas achevé. Pas laissé pour mort dans un couloir comme Dragomir avait eu le générosité de le faire. Mais alors, que faisait la reine des Glaces ? Elle le regardait agoniser ; ou bien elle était partie ? Chercher de l'aide, peut-être. Et en quel honneur ? Elle avait affirmé qu'elle était prête à le réduire en miettes, là, maintenant. Sans doute son désir de lui faire mordre la poussière une bonne fois pour touted n'était-il entravé que par la dette qu'elle avait envers lui. Deklan rassembla ce qui lui restait de volonté pour ouvrir les yeux. La danse des tâches informes cessa peu à peu alors qu'il fronçait les sourcils pour mettre de l'ordre dans sa vision. Il ne croyait pas rêver en reconnaissant les traits de la Kniasev face à lui. Une pointe de surprise pointa au milieu de la pure douleur qui brillait dans ses yeux. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas mais il n'arrivait pas à faire assez d'ordre dans son esprit pour arriver à réfléchir. La douleur avait cessé de grimper, mais elle ne désenflait pas.

« Qu'est-ce que ... que tu fais ? » Il articula tant bien que mal, la voix rauque, tellement déformée par la douleur et la crispation qu'il ne la reconnut pas lui-même. Ou alors ses sens étaient-ils trop altérés pour qu'il se perçoive lui-même clairement ? Il resserra les dents, ferma à nouveau les yeux et crispa davantage ses doigts autour de son crâne pour réprimer le cri qui s'arracha à ses lèvres dans un gémissement tant bien que mal étouffé. Il n'arrivait même pas à démêler ses pensées ! La douleur lui bloquait ses réflexions ; tout juste arrivait-il à rouvrir les yeux pour chercher le visage de son ennemie, presque pour s'assurer qu'elle n'attendait pas tout simplement d'être sûre qu'il ne se défendrait pas pour porter le coup fatal. Pour un peu, il aurait tenté de se reculer ; de ramper en arrière, peut-être, pour s'éloigner. Mais, d'une, il n'en avait pas la force ; et de deux, qu'est-ce qui lui disait que la situation n'empirerait pas au détour du couloir, derrière lui ? De l'autre côté de la porte du QG convoité ? Il n'avait même aucune garantie que la douleur descendrait. Pourtant il le faudrait, sinon il allait devenir dingue ... Il allait ; bon sang « Aergh ... He ... » Une larme salée passa sous ses paupières serrées à bloc. Il n'allait pas tenir comme ça très longtemps ; à supposer que Katerina daigne lui laisser la vie sauve jusqu'à ce que ça se calme. Sauf que de toute façon, ça ne se calmait pas. Au contraire.

Et le meneur des Flammes ne saurait dire combien de temps ça aura duré. Il crut perdre conscience, quelques .. instants ? Secondes ? Minutes ? Impossible à dire. Il n'en était même pas sûr. Mais il avait moins mal ; c'était tout ce dont il était certain. De ça, et de la présence de Katerina non loin. Parce qu'il la reconnaissait, avec certitude cette fois-ci. Le visage toujours contracté par la douleur, il porta sur elle un regard incertain. « ... Tu me surprends, Kniasev .. C'est parce que tu savais pas .. pas comment te débarrasser de mon corps, que tu m'as laissé vivant ? » Oui, il essayait de plaisanter. Mais sans succès. Il devait plutôt avoir l'air ridicule ; si évidemment douloureux, si faible, et toujours à faire le malin. Sa respiration était délicate, irrégulière. Il se forçait à inspirer lentement. La douleur désenflait. Il voulut poser sa tête contre le mur ; se rendit compte que c'était déjà le cas. Elle lui semblait pourtant si lourde ... Comme l'autre fois. Le cauchemar finirait-il par prendre fin ?




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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mer 10 Déc 2014 - 1:30




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Deklan Levski & Katerina Kniasev

Elle le contemple, ne comprend plus. S'il a bien sûr l'air d'être sacrément amoché, rien chez Deklan Levski ne laissait présager le mal qui semble désormais le dévorer de l'intérieur. Elle ne pipe mot, et le regarde sans savoir ni que dire, ni que faire. Il se tort, il se bat. Que doit-elle faire de lui ? De lui qui ne réponds pas quand elle l'appelle, qui ne sait rien faire que gémir péniblement contre ce mur qui ne le porte même plus ? L'impuissance la rattrape, la tiens à la gorge. Laisse-le à son sort lui cri un pan de son esprit en colère, de son orgueil déchiqueté, mais elle persiste à rester à son chevet. A l'appeler, encore et encore. Il doit répondre. Il finira bien par répondre. Il le faut, car elle ne l'emmènera pas à l'infirmerie. Elle n'en a ni l'envie,  ni la force. Elle réfléchit à toute allure. Elle sait tout de lui, de cet homme qui se déchire sous son regard. Il n'a aucun antécédent médicaux, aucun problème de santé quel qu'il soit qui puisse justifier son état. A voir les quelques bandages qu'elle lui découvre, l'infirmerie l'a déjà vu passé, la moindre commotion cérébrale aurait été découverte par les médicomages de Durmstrang, alors quoi ? Est-il tout bonnement devenu fou ? Et elle se demande alors vraiment pour la première fois, qui en veut tant à Deklan Levski à part elle ? La réponse lui saute aux yeux comme d'une claire évidence. Dragomir Stoyanov. Qui d'autre que celui partageant la même tourmente que la sienne pourrait vouloir la perte du meneur des flammes ? Elle le sait en proie à ses démons, à l'alcool fou. Stoyanov a la force, la rage, et de toute évidence toutes les raisons du monde de vouloir supprimer celui qui soudain jure et la fait sursauter.

Mais cette méthode là ne convient pas à la meneuse des glaces. Quand elle entrevoit Levski rendant son âme, elle l'imagine agonisant à ses pieds suite à un duel magique qu'elle aurait remporté dans l'honneur sans même usé du sortilège impardonnable. Sa mort aurait été lente et douloureuse. Mais elle le voit mourir lentement et douloureusement sous ses yeux, et refuse brutalement que cela se termine ainsi.

« J'en ai pas fini avec toi Levski, reprend toi !  Allez !» Lui commande-t-elle avec fermeté sans même s'inquiéter de savoir s'il l'entend ou non. Il se crispe. Son ventre le serre, s'en vient la tête qu'il renferme entre ses mains. Il hurle à présent alors que la main opaline de sa némésis tremble sur sa propre baguette. Elle la pointe sur lui. « Epiksey ! » Un filet de lumière bleu s'enroule avec légèreté autour du garçon, mais ce dernier loin de se calmer laisse à présent retomber des larmes de ses yeux qu'il tient fermer. Plus sa transe gagne en ampleur et plus celle qui se tient à ses côtés le maudits, le hais. Plus il souffre, et plus elle angoisse elle-même. Dans son esprit, elle fait soigneusement la liste de chaque sortilège capable d'apaiser un mal ou de soigner une blessure. Elle les essai tous, les uns après les autres, mais aucun succès ne vient couronner ses tentatives.

Sa baguette au sol, elle s'agenouille près de lui et déchire un long pan de sa robe avant d'utiliser à nouveau sa baguette pour imbiber le tissu d'eau. Elle ne croit pas le moins de monde en l'efficacité de ce genre de gestes précaires à peine bons pour les moldus, mais elle baisse les bras. Elle n'est pas médicomage, et à ses côtés, Deklan Levski hurle de plus bel. Elle jure contre lui, se relève le temps d'insonoriser la pièce et de jeter un sortilège de protection empêchant quiconque d'entrer dans leur couloir sans qu'une voix stridente ne l'alerte. Il ne manquerait plus qu'on la découvre à tenter d'apaiser celui qu'elle jure vouloir tuer et elle n'aurait plus qu'à aller se noyer dans le lac de brume.

« Par la barbe de Merlin, tu me paieras ça Levski ! »

Revenue vers lui, elle passe une main difficilement derrière sa nuque. Il choisi ce moment pour lui demander ce qu'elle fait. Penaude, elle ne dit mot, la bouche entrouverte de stupeur, mais par « chance », ses maux le reprennent avant même qu'il n'ait pu ajouter le moindre mot. Elle tremble, se débat pour lui sans chercher à comprendre pourquoi. Quand il se crispe à en pleurer, elle cesse d'hésiter à le toucher, à faire attention à sa prise. C'est brusque, et partiellement irritée, qu'elle le tire vers elle de façon à ce que sa tête repose sur ses genoux. Du tissu à sa main, elle éponge la sueur qui perle à son front, tient sa tête avec lui et bien que se faisant sans tendresse, lui intime avec plus de douceur qu'il ne lui connut jamais que ça irait. Respire, tout va bien. Ça va passer. Calme toi. Geste presque mécanique, elle s'en vient à le bercer, mais déjà elle réalise quand il se calme qu'il n'est plus avec elle. Paniquée, elle le redresse aussitôt, l'appelle, pose deux doigts à sa nuque et ne se détend qu'en sentant finalement un pouls battant la chamade contre ses doigts. Un rictus mauvais se dessine sur son visage : il lui a fait peur. C'est intolérable. Quand il ira mieux, elle lui crachera au visage pour ça. Vraiment, que ne lui aura-t-il fait subir ? Le temps passe. Adossée contre le mur, elle tient sa tête sur ses genoux et attend. Attend. Attend. Ses paupières commencent à vriller, la fatigue la gagne. Elle a eu peur. Comment cela a-t-il pu arriver ? Il était là à ses pieds, elle venait de jurer pouvoir le tuer à la moindre occasion. Elle fronce les sourcils, la mine plus fermée que jamais. C'est sa dette. Ce sont ses mots. C'est à cause de lui et de cette foutue culpabilité qu'elle ne l'a pas tué. Mais qu'est-ce qui la poussait à se montrer si soigneuse et dévouée à son égard ? Il aurait suffit de rester là sans rien faire pour se suffire à cette explication, mais elle avait agit pour lui. Et elle se répète encore une fois, la nausée lui montant presque à la gorge. Elle a eu peur pour lui.

Sa tête remonte en un léger sursaut. Réveillé de sa somnolence, elle le regarde soudain plus calme, la mine défaite de cette grimace atroce de tout à l'heure, mais Morphée a toujours main sur lui. Ça suffit. Elle ne va pas s'étendre pendant des siècles et le couver comme une poule. Avec grand peine, elle l'adosse en position assise contre le mur, le cale pour ne pas qu'il tombe et s'écarte de lui. Pourquoi a-t-elle eu peur ? S'il souffre tant, mieux vaudrait qu'elle abrège ses souffrances une bonne fois pour toute. Tout le monde serait content, elle la première. De longues minutes filent encore, et bientôt sa voix s'en revient à elle.

Elle tourne lentement ses yeux vers lui. Son ton est brisé par la faiblesse, il prend cependant le temps d'une de ses plaisanterie de mauvais goût qu'elle a toujours eu tant de mal à comprendre. Mais il lui demande si c'était la difficulté à faire disparaître son corps qui venait de l'empêcher de commettre le pire, et pour la première fois de sa vie, un sourire pointe timidement au creux de ses lèvres.

« Comment t'as deviné ? » Elle lève les yeux au ciel, détourne son regard de lui à nouveau. « Tu dînes trop lourd, considères que ça t'as sauvé pour cette fois. »

Le silence prend ses droits. Prisonnière de ses pensées, elle ne fait plus attention à lui. Sa respiration haletante l'empêche de s'endormir, ce type la fatigue. Cette vie l'épuise. Un long moment passe ainsi dans le silence avant qu'elle ne se plie finalement à le rompre. Lentement, elle tourne les yeux vers lui, accroche son regard pour ne plus le lâcher. Elle hésite, il ne faudrait pas qu'il prenne sa curiosité pour un intérêt soudain de sa part. « Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? » Mieux vaux cesser tout contact visuel. Elle le fuit une nouvelle fois en posant sa tête contre le mur. « t'es pas obligé de répondre. J'imagine que de toute façon ça me regarde pas...»

Son regard qu'elle a ramené dans le vague se pose soudain sur le bout de tissu arraché à sa robe et qui traîne, encore humide entre eux deux, pas si loin de leur portée. Elle ferme les yeux le temps d'un soupir. Décidément, leur cauchemar ne prendrait jamais fin.







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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mer 10 Déc 2014 - 14:02

Katerina était assise non loin de lui. Le sourire qui osa étirer le coin de ses lèvres n'échappa pas à Deklan, et sans doute s'en serait-il intérieurement félicité s'il n'avait pas été si littéralement écrasé de fatigue ; de lassitude, aussi. Pourtant la présence de l'Iceberg l'intriguait. Il ne s'était pas attendu à la retrouver avec lui ; pas attendu non plus à retrouver qui que ce soit, cela dit.« Comment t'as deviné ? » Il tourna vers elle un regard que déjà elle lui dérobait. Sarcastiquement, il aurait pu penser que cette reine des Glaces si froide et inaccessible l'était restée pendant si longtemps que le seul fait d'oser sourire légèrement lui devenait trop dur à porter face à son ennemi de toujours. Mais encore une fois, trop las, trop fatigué, il se contenta de souffler lentement, espérant chasser les échos de la douleur qui le quittait progressivement ; les yeux fermés en comprenant que Katerina ne lui laissera de toute façon pas son regard. « Tu dînes trop lourd, considères que ça t'as sauvé pour cette fois. » Cette fois, c'est sa bouche à lui qui s'étira pour laisser échapper un rire qui très vite se transforma en quinte de toux. Et cette fois, malgré la fatigue, malgré la lassitude, il fut bien tenté de pester contre cette foutue faiblesse qui le laissait si vide et si incapable. Mais non ; parce qu'il n'avait pas la force de s'énerver. Alors il se contenta de répondre à mie voix, sans même être sûr d'être entendu malgré le silence qui les englobait déjà. « C'est pas avec ce qu'ils nous donnent à l'infirmerie que je vais dîner trop lourd, tu sais. Mais admettons ... »

A nouveau il ouvrit les yeux, tenta un regard vers la Kniasev qu'il trouva prise dans ses pensées. Ses paupières se scellèrent ; il regretta de n'avoir rien de plus confortable pour positionner sa tête. Il était fatigué ; plus faible que jamais, aurait-il pu jurer, en sachant pourtant pertinemment que si sa némésis avait voulu lui faire la peau, il ne serait pas capable de prétendre grand chose quand à sa prétendue faiblesse. Oui, ça aurait pu être pire ; sans aucune doute, même. Mais Katerina ne l'avait pas achevé. Elle était restée avec lui et maintenant que tout se calmait, que la vrille dans sa tête avait cessé de lui retourner l'intérieur du crâne, elle ne s'en allait pas. Il ne comprenait pas. Un furtif bruissement de son côté attira l'attention de Deklan qui vint placer avec difficulté ses pupilles dans celles de la jeune femme. Et il remercia presque la fermeté de son regard qui l'empêcha de laisser tout simplement le sien se fermer une fois de plus. « Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? »
Le Levski eut une mine étonnée. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui pose cette question. Au fil des secondes qui s'écoulaient depuis son réveil, il s'étonnait toujours de ne pas la voir se lever et disparaître dans les couloirs. Rien ne la retenait ici. Rien ne l'avait retenue quand il avait perdu les pédales ; sinon, peut-être, la curiosité de voir s'il allait mourir, là, devant ses yeux, sans qu'elle ait rien à faire pour amorcer ou achever l'exécution. Mais maintenant ? Et quel intérêt pouvait-elle bien porter à ce qui venait de se passer ? Serait-ce de la curiosité ? Elle lui arracha à nouveau son regard et vint poser, à son instar, sa tête contre le mur. « T'es pas obligé de répondre. J'imagine que de toute façon ça me regarde pas... »

Deklan tourna la tête vers Katerina sans l'écarter du mur, la dévisagea une seconde. A ça non plus, il ne s'y était pas attendu. La curiosité à son encontre n'était pas quelque chose à quoi la reine des Glaces avait habitué le chef du clan rival ; pas de façon si directe, en tout cas. Il avait bien remarqué qu'elle l'épiait ; mais il n'en connaissait pas la raison et il n'avait pas cherché à savoir. Le lien entre ces deux faits était de toute façon impossible : ce qui venait de se passer était arrivé pour la première fois il n'y avait que quelques jours, et Kniasev n'était apparemment pas au courant. Sauf si cet imbécile de Dragomir le lui avait dit. « Même si ça te regardait, Kniasev ... Je n'ai pas de réponse. » A quoi bon nier ? Inventer, mentir ? Il ne savait pas ce qui lui arrivait. Ca lui arrivait, c'est tout. Et même s'il avait eu quelques théories, il lui était impossible d'en faire part à la jeune femme. Parce que ce serait trahir le secret qu'il gardait depuis longtemps, à présent. Secret qui n'en était plus vraiment un, puisqu'Irina était au courant. Irina, s'il n'y avait qu'elle. Il ne pouvait même pas en être sûr. Et puis quoi qu'il en soit ... c'était quoi, sa théorie ? Qu'il était rattrapé par le monstre qu'il avait été ? Que son inconscient décidait de le bouffer pour lui faire regretter ses actions passées ? Pitié ... Même elle, elle ne croirait jamais à une histoire pareille. « Je ne sais pas ce que c'est. Mais en tout cas ça a l'air de bien s'amuser à n'arriver que quand quelqu'un est susceptible d'avoir envie d'en profiter. T'as au moins gagné ça sur ton copain Stoyanov. » Et qui était-il pour remettre en cause le sens de l'honneur de Dragomir, exactement ? Lui qui avait poussé sa soeur au suicide de la plus vile des façons qui soit ? Lui qui n'assumait rien du tout depuis des années et qui était le bienheureux de l'histoire ? Dragomir avait eu amplement raison de le laisser pour mort dans le parc. Il aurait même eu raison de l'achever ; parce que lui, lui il aurait été dans son bon droit. Deklan Levski aurait mérité de mourir pour ce qu'il avait fait. Et il en était parfaitement conscient. Il ferma les yeux quelques secondes, soupirant une fois de plus. « Mais en quoi ça t'intéresse ? » Il déglutit avec difficulté, baissa les yeux vers le sol en inspirant avec précaution. Il remarqua le lambeau de tissu déchiré qui jonchait les dalles sombres ; le motif qu'il y discerna était le même que celui qu'il avait vu - pouvait encore voir- sur les vêtements de la Kniasev. Il redressa le regard ; juste pour chercher sur la robe de la jeune femme le côté mutilé qui lui confirmerait ce qu'il pensait. Et comme de fait, la robe et le lambeau provenaient bien du même tissu. Il grimaça, poussa sur ses bras avec difficulté pour se redresser contre le mur tant bien que mal. Sa main droite vint se placer sur son front, mécaniquement ; et il ne fut pas surpris de ne pas se trouver brulant. Ce qui l'étonnait, c'étaient les causes de ce qu'il croyait deviner. Un peu trop perdu pour vraiment chercher à cacher son trouble, il posa un regard ô combien interrogatif sur sa némésis. Mais s'il la connaissait aussi bien qu'il le pensait, il ne se trompait sans doute pas en présageant qu'elle ne lui dirait rien s'il n'était pas un peu plus explicite. Il était pourtant incertain de la réponse qu'elle allait lui donner ; si même elle lui en donnerait une. Il ne comprenait pas pourquoi son ennemie de toujours était restée auprès de lui et avait - à priori - pris soin de lui alors qu'elle avait eu la parfaite occasion d'en finir une bonne fois pour toutes. « Je ne comprends pas ce qui t'a prise ... » Est-ce qu'elle se sentait moins redevable, maintenant qu'elle ne l'avait pas juste regardé se tordre de douleur ? Est-ce que c'était une façon de rembourser cette dette qui la torturait tant ?




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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Lun 15 Déc 2014 - 22:56




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C'est toujours ainsi avec lui. Ça l'avait toujours été du moins. Elle entrevoyait mille réponses, son esprit de glace tournant à cent à l'heure en quête d'une solution à toutes les questions qu'elle pouvait se poser, et quand lui ouvrait la bouche, ce n'était que pour l'arrêter net dans son élan. Il n'y avait pas de réponse. Voudrait-il seulement lui en parler qu'il en serait incapable, le meneur des flammes, celui-là même qu'elle avait cru voir rendu fou quelques instants plus tôt et qui désormais gisait là à ses côtés. Le tableau aurait pu paraître comique pour quiconque avait un jour croisé ces deux-là. Dans toute l'histoire de Durmstrang, on avait certainement jamais vu plus opposés que ces deux âmes qui ne cessaient de se fustiger et de se maudire. Elle jurait sa perte, il jurait la sienne. En somme tout laissait entendre que seuls à l'abri des regards, ces deux-là s'écorcheraient mutuellement jusqu'à ce que mort s'en suive, et les voilà qui étaient là. Las, adossés l'un et l'autre au même mur, leurs regards dans le vague, se cherchant pour mieux se fuir. Dans le lointain de son cœur, elle chercha à retrouver cet élan de hargne et de haine qui lui rendait sa vue insoutenable. La simple entente de son nom servait autrefois à pourrir sa journée toute entière et voici à présent qu'elle l'écoutait parler, sans vraiment s'intéresser à ses propos, mais en n'en ignorant pas le moindre mot. Son esprit s'alluma même d'un nouvel élan d'intérêt quand il laissa sous-entendre que cette terreur l'ayant pris à la gorge avait le don de n'arriver qu'en présence de personnes prompt à lui faire du mal, et en l’occurrence, la perspicacité de l'Iceberg avait été couronnée d'un nouveau succès quand dans ses paroles se glissèrent le nom de Stoyanov. Un sourire léger naquit sur les lèvres roses de la glace. Tu sembles avoir pratiquement accompli ta vengeance mon ami, se dit-elle, tu as bien failli tuer pour de bon celui qui t'a privé de ta sœur, et en le laissant vivant tu le laisses vivre fou et torturé. Elle l'envie. Sa vengeance à lui est pleine. Qu'en est-il de la sienne ? Chaque nouvelle piste qu'elle et les siens trouvent ne les éloigne que plus de Deklan. Le comportement de ce dernier affirme de façon encore plus brutal que s'il a bel et bien poussé la pauvre Iris à la solution finale, ce dernier n'a pour autant jamais posé un doigt sur Devra. Cela la ronge. Qui d'autre que lui ? Personne. Cesser de le suspecter, c'est accepter de revenir à la case départ, et cela la terrifie. Il ferme les yeux et soupire. En quoi cela peut-il l'intéresser de toute façon. Elle hausse les épaules. Au fond cela ne l'intéresse pas vraiment, elle est simplement curieuse, étonnée. Et il lui a fait peur. Elle n'arrive pas à digérer cette information, cette inquiétude à son sujet, et le silence reprend ses droits comme elle refuse de lui répondre. Le regard lointain, elle sent ses yeux sur elle et cela ne lui fait rien. Absolument rien. Elle cherche, fouille, retourne tout son esprit à la recherche de son dégoût mais rien ne vient. Elle a eu peur pour lui, et la sensation de ses pas la secouant tandis qu'elle gisait pressée dans son étreinte lui renvoi l'image de ce qu'elle lui doit. Fatiguée, affligée, elle tourne la tête pour ne plus rien voir de la sienne, sa voix lointaine répondant d'un simple :

« moi non plus... »

Règne de l'ange, celui-ci passe et repasse. Elle s'interroge sur l'heure qu'il peut être à présent. A mesure que passe le temps, elle sent s'alourdir ses paupières, sent ses cicatrices se rouvrir. Non pas celles de la morsure du Runespoor, mais plutôt celles de son cœur qu'on a lacéré le jour où furent retrouvé les ossements de sa petite sœur tant aimée, et son souvenir s'en vient alors comme une force. Elle sent sa chaleur. Entrevoit son sourire, et se jure de la rejoindre un jour prochain. Elle ne vivra pas éternellement. Elle ne vivra pas vieille dame. Un peu de patience mon amour, mon adorée, prend le temps de t'amuser au ciel, un jour nous nous retrouverons. Et ce sentiment de tendresse infini la fait inspirer longuement, expirer au même rythme. Et alors qu'une partie d'elle-même lui souffle de se lever et de partir sans plus rien ajouter, de s'ancrer de tout son soul à cette haine qu'elle ne retrouve plus vraiment, sa voix s'élève dans cet espace partagé entre le feu et la glace. « Tu aurais mérité que Dragomir t'achève... Mon copain comme tu le nommes ne verras plus jamais le visage de sa petite sœur à cause de toi. Une chose pareille est impardonnable. » Silence. Un temps. « Mais on dirait bien tu souffres toi aussi. Ce qui t'est arrivé ne m'intéresse pas vraiment mais... moi je ne t'avais jamais vu comme ça, souffrant. Pendant un instant, tu m'as semblé infiniment humain... Et c'est bien la dernière chose que je pensais voir à travers Deklan Levski. »

Elle se lève enfin, ramasse à ses pieds le tissu qui gisait. Elle ne dira rien de ce qui est arrivé. Il est inutile de dire le moindre mot. Il sait. Et elle le sait aussi. Peu importe, elle passe ses mains sur son visage, reprend contenance. Quelle soirée de merde ! Et elle s'approche de lui, toujours aussi au sol. Leurs yeux se croisent. Sa fureur est figée, son regard toujours aussi dur et glacial. Elle tend pourtant la main à celui qui la scrute.

« Lève-toi. »






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Ҩ Re: Kissed by fire ♔ [Deklan & Katerina] (+18 - explicit) Ҩ Mar 16 Déc 2014 - 0:24

« Moi non plus... » Elle ne le regardait déjà plus ; et lui, il n'avait pas la force de récupérer son regard de quelque manière que ce soit, pour essayer de trouver un sens à cette réponse trop lasse, trop distante. Où était passé la rage de l'Iceberg ? Avait-elle donc été à ce point perturbée de le voir si faible qu'elle en oubliait de le détester ? C'est ce qu'il finit par croire, alors qu'elle fuyait toujours son regard et que le silence reprenait ses droits. Au final, elle n'avait pas davantage répondu à ses questions que lui aux siennes. Ils étaient bien avancés, là, tous les deux adossés au mur de pierres, assis par terre comme deux idiots. Une telle situation aurait bien fait rire Deklan si on la lui avait décrite une semaine plus tôt. Sa némésis et lui, immobiles à moins d'un mètre l'un de l'autre, sans la moindre remarque acerbe coincée dans la gorge ou le moindre geste assassin d'amorcé. Après qu'il lui ait sauvé la vie et qu'elle se soit inquiétée en croyant qu'il allait se liquéfier sous ses yeux. Parce que c'est bien ce qui s'était passé, non ? Elle s'était inquiétée. Comme il avait lui aussi eu peur en la voyant perdre connaissance. Et maintenant elle ne comprenait pas ce qui l'avait prise et elle se sentait bien stupide d'avoir presque cédé à la panique au point de le veiller pour être sûre qu'il allait bien et qu'il ne meure pas tout seul dans son couloir. Au moins, à lui, son coup de folie dans la forêt l'autre soir lui aura évité cette étape de remise en question du principe fondamental de haine perpétuelle entre eux deux. Comme quoi ça avait du bon. ... Ouais, ou pas.

Se retourner le cerveau pour trouver une explication au comportement de la Kniasev n'avait pas de sens. Peut-être était-ce simplement par ... disons, bonne foi, qu'elle était restée. Pourquoi l'avait-il sauvée, lui, déjà ? Parce qu'il n'était ni un monstre ni un meurtrier. Qu'il ne voulait pas avoir la mort de la jeune femme sur la conscience ... Et qu'il voulait se le confirmer. Ce n'était pas de la compassion ; certainement pas. Pas pour elle, en tout cas. Peut-être que de toute façon, Katerina c'était juste sentie redevable et qu'elle était restée en espérant que ça annulerait la dette qu'elle avait envers lui. Bref. De toute façon, qu'est-ce que ça lui apporterait, de trouver la réponse à sa question ? Il s'en fichait. La jeune femme n'était rien, pour lui ; rien qu'une ennemie, qu'une rivale. Qu'il connaissait par cœur et qu'il adorait voir sortir de ses gonds. De qui il avait sauvé la vie ; avec qui il avait bien failli perdre la sienne. Rien du tout, en somme. Elle allait sûrement se lever d'une seconde à l'autre pour retourner dans son dortoir. Et si elle ne le faisait pas, et bien, lui, il le ferait dès qu'il se sentirait la force de bouger. Pour l'instant ce n'était pas le cas.
Sa tête reposait toujours contre le mur. Il ferma les yeux. La douleur s'estompait progressivement. Il se sentait juste ... terriblement fatigué. Un peu perdu, aussi. Il aurait voulu s'endormir là, sur l'instant. Et oublier un peu toute cette histoire. Décidément, ça lui arrivait beaucoup, en ce moment, de vouloir oublier. Et ça ne lui plaisait pas. Ca voulait dire qu'il devenait difficile de vivre avec tout ça sur la conscience. Ca voulait dire qu'il avait envie de fuir, encore ; et ça aussi, il détestait. Tout partait un peu trop en vrac, et un peu trop vite. Et en attendant, pendant qu'il était occupé à se battre entre Dragomir, Katerina, ce truc dans sa tête et son passé, personne ne s'occupait de gérer le clan. Sasha ne savait pas vraiment comment s'y prendre ... Pour le coup, il regrettait de façon vraiment concrète le départ d'Erika. Et il avait aussi des cours à rattraper et des devoirs à refaire, et ... et il était tellement fatigué...

A côté de lui, l'Iceberg respirait profondément. Il posa son regard sur elle, surpris, quelque part, de la trouver encore là. Est-ce qu'elle ne savait pas comment s'en aller, ou alors elle n'en avait juste pas le courage ? Dans d'autres circonstances, il aurait posé la question à voix haute, en prenant bien soin de l'emballer dans un chapelet de remarques piquantes et sarcastiques. Mais pas ce soir. Il n'en avait pas la force ; pire, il n'en avait pas l'envie. Il la regardait regarder le vague devant elle. Et il s'étonna de ne pas se sentir agacé par son silence. De ne pas se trouver à réfléchir à la meilleure façon de la faire sauter sur ses pieds pour qu'elle dégaine sa baguette et essaie de lui faire regretter ses mauvaises blagues. C'était sûrement parce qu'il tenait à la vie ; étant donné qu'elle pouvait le mettre en pièce avant qu'il ait le temps de dire Quidditch. Et puis il l'avait vue d'un peu trop près, cette mort, pour ne pas avoir envie de la recroiser de sitôt. Mais il ne se sentait même pas frustré de ne pas pouvoir se battre avec elle ; même pas déçu de se retrouver le plus faible des deux. Juste un vide affreux. Une connexion qui ne se faisait pas entre Katerina et le cerveau Levski. Et ça, par contre, ça le dérangea. Il se mit à réfléchir au meilleur moyen d'obtenir une réaction. De sa part tant de celle de Katerina ... mais elle reprit la parole avant qu'il ait trouvé ; ce qui n'était au final pas plus mal.

Deklan écouta les mots de l'Iceberg. L'évocation de Iris lui fit froncer les sourcils. Impardonnable. Plus jamais voir son visage. Il détourna la tête un peu brusquement. Il savait tout ça. Il n'avait pas envie de l'entendre. Il n'avait pas voulu ça .. Ce n'était pas ; pas du tout son intention, il ne comprenait pas comment, pourquoi, il avait laissé les choses se passer comme ça ; pire, il les avait provoquées. Ca ne pouvait pas être lui, ça ... lui refaisait mal à la tête. Merde. Non, pas encore ... Il s'appliqua à respirer calmement. C'était beaucoup moins douloureux que tout à l'heure, ça allait passer s'il n'y pensait pas. Inspirer. Expirer. « Mais on dirait bien tu souffres toi aussi. Ce qui t'est arrivé ne m'intéresse pas vraiment mais... moi je ne t'avais jamais vu comme ça, souffrant. Pendant un instant, tu m'as semblé infiniment humain... Et c'est bien la dernière chose que je pensais voir à travers Deklan Levski. »
Il ne la regardait toujours pas. Il réfléchissait. Il avait fallu qu'elle le voie en train de souffrir le martyr pour le considérer comme ... humain. Alors quoi ? Comment le voyait-elle, sinon comme un homme ? Ses précédentes paroles lui revinrent. Comme un monstre. Elle le voyait comme ... un animal, un enfoiré capable de pousser au suicide une jeune fille comme Iris. Alors c'était de là que venait la haine qu'elle lui vouait depuis la rentrée ... Depuis toujours ils se faisaient la guerre. Ils se méprisaient, ils s'insultaient, ils se considéraient meilleurs que l'autre, plus intelligent, plus doué ... Mais du côté de Katerina, l'ampleur était différente. Lui il la méprisait pour ce qu'elle était, il la haïssait pour ce qu'elle lui donnait et ce qu'elle lui montrait. Mais elle ... elle le pensait monstrueux, elle le pensait détestable pas seulement parce qu'il était son inverse, son éternel rival. Mais aussi parce qu'elle le prenait pour un meurtrier. Indigne du moindre respect, méprisable jusqu'aux tréfonds de son être. Une ordure. Rien de plus. Deklan savait que la jeune soeur de Katerina avait été tuée il y a peu de temps. Il se demanda si elle n'avait pas fait le lien avec Iris. Le prenait-elle pour l'assassin de Devra ?
Peut-être. Il ne pourrait même pas lui en vouloir de s'être mis ça fans la tête. Quand on savait ce qu'il avait déjà fait, ce n'était pas inenvisageable. Ca ne l'aurait pas été pour celui qui avait tué Iris, en tout cas. Levski aurait aimé continuer de croire que ce n'était pas vraiment lui. Que c'était différent, qu'il n'était pas comme ça ... Mais ça devenait de plus en plus difficile. Oublier. Dormir. Ce serait tellement plus simple ...

La meneuse des Icebergs se redressa. Il leva les yeux vers elle quand elle s'approcha de lui, et la regarda. Elle n'avait plus rien à voir avec la jeune femme assise près de lui il n'y avait pas dix secondes. Regard froid, allure altière. Il avait retrouvé la Katerina qu'il connaissait. Ca ne lui fit pas pour autant plaisir. Il n'avait pas répondu aux remarques de sa némésis. Il n'avait rien trouvé à répondre ; pour une fois. Plus il y pensait, plus il se disait que la Kniasev devait effectivement le prendre pour le meurtrier de sa soeur. C'était sans doute pour ça qu'elle le suivait à la trace depuis quelques temps ; ou qu'elle le faisait suivre -et par des Flammes, s'il vous plait. Dire qu'elle avait osé coincer Erika dans un marché foireux...- et épiait chacun de ses mouvements. Elle voulait retrouver l'assassin de sa soeur. Sa soeur ... Deklan laissa filer une pensée vers la Hongrie. Il ne l'avait presque pas vue. Mais il l'aimait déjà. Il s'était retrouvé comme un idiot, dans son train, à regretter d'être parti si vite, d'avoir cédé. Il aurait dû rester. Il n'avait pas envie de la laisser ; il voulait veiller sur elle et la protéger. La simple idée qu'elle soit entre les mains de ces abrutis qui lui servaient de famille le faisait trembler de rage. Elle méritait mieux que ça. Mais au moins, elle était vivante. Il déglutit, et saisir l'aide que lui proposait Katerina pour se relever. Il s'accrocha à sa main, et s'aida également du mur pour se redresser, tant bien que mal.
Deklan lâcha finalement la main de la meneuse et hocha la tête en guise de remerciement. Il évitait le regard de sa rivale. Ce qu'elle lui avait dit continuait de le tarauder. Maintenant, elle allait sûrement partir, et lui il allait se trainer jusqu'au QG pour s'endormir comme une loque et arrêter un peu de réfléchir. Sauf qu'elle ne partait pas ; et lui, il ne bougeait pas. Relevant furtivement la tête pour croiser le regard de la Kniasev, il fit, hésitant.

« J'ai ... J'ai aussi une petite soeur. » Ironiquement, il songea que Katerina était la première personne à qui il annonçait la nouvelle. « Elle est née il y a quelques jours ... C'est ..une merveille ... » Il déglutit, cessa de regarder les briques du mur derrière la tête de la jeune femme, et osa enfin la regarder directement. « Je n'ai pas voulu ce qui est arrivé à Iris ... » Sa voix tremblait. Il se maudit intérieurement ; arracha son regard à celui de la meneuse et serra ses poings. De toute façon, il ne savait même pas pourquoi il lui disait ça. « Je suis désolé de ce qui est arrivé à ta soeur ... Personne ne mérite ça ... Ir .. elle ... ne le méritait pas non plus. » Il pinça les lèvres, ferma les yeux. Ca suffit. Il n'arrivait même pas à parler correctement. « Je vais ... Il faut que j'y aille. »

Mais il ne bougeait pas. Il n'avait pas rouvert les yeux et pas desserré les poings. C'est tout juste s'il osait respirer. La douleur ne le reprenait pas, non. Il réfléchissait, c'est tout. Un monstre. Une ordure. Rien de plus.




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