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 I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov

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Ielisseï K. Voronov
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Ielisseï K. Voronov
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Statut du sang : PurMessages : 834Date d'inscription : 10/08/2016Localisation : Dans les environs de Sofia
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Ҩ I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Mer 10 Aoû 2016 - 22:07


Ielisseï Kassianovitch Voronov

Would it matter if I gave it one more try ?

ft. Saskia de Brauw

Crédits © indiquer ici  

Prénom & nomIelisseï Kassianovitch Voronov
Âge & lieu de naissance22 ans – Au manoir familial des  Voronov, en Russie
Statut du sang Pur – Sang-Noir
Scolarité Durmstrang, dans le clan des Éclairs, jusqu’à sa 8ème année qui a vu la découverte de l’Ox. Ielisseï était en spécialisation de politique magique, ce qui n’était pas son choix mais lui de son père.
Carrière Sang-Noir en fuite. Ielisseï n’a pas vraiment eu l’occasion de penser à sa carrière. Il met de temps en temps à profit ses talents de duelliste pour combattre au fight club clandestin.
Groupe Incendio  
A savoir En sus du douteux privilège de posséder l’Ox dans ses veines, Ielisseï est né intersexe, ni fille ni garçon mais quelque part entre les deux – la déchéance ultime aux yeux de son père qui voulait un héritier mâle digne de ce nom et s’est retrouvé avec une « aberration » sur les bras. Son apparence androgyne complique encore les choses ; même si son père l’a toujours fait passer pour un garçon, il est difficile de savoir si c’est une fille ou un garçon au premier regard. En général, ce sont les vêtements qui aident.
Ielisseï porte également de nombreuses cicatrices : le mot « monstre » en bulgare gravé dans le dos à la magie noire, cadeau d’élèves de Durmstrang, une longue cicatrice qui court du coude au poignet, reste de sa tentative de suicide, et d’innombrables marques de scarifications sur les bras, la plupart anciennes mais certaines sont récentes.
Ielisseï a toujours énormément de mal à supporter qu’on le touche.
Et manque de pot supplémentaire, il est de groupe sanguin O-, donc donneur universel.





Dig beyond the surface

It's not an easy thing admitting to yourself what you really are


TOI & LE GOUVERNEMENT

Ielisseï et le gouvernement, une vaste histoire de désamour. Après les événements de Domovoï’s Rock et les tortures infligées par les Assaillants, Ielisseï a été soigné avec les autres blessés, et c’est là que lui sont parvenues les premières rumeurs sur le recensement de ceux qu’on appelait alors les Vainqueurs. Recensement, donc contrôle… Et le souvenir encore vif des expériences menées par les Assaillants lui a fait penser que le gouvernement pourrait bien faire de même. Le mélange explosif entre cela et la volonté de protéger le peu qu’il restait de son secret personnel l’a fait fuir.
Et bien lui en a pris lorsque Ielisseï a constaté la tournure que prenaient les événements. S’il peut comprendre la volonté du Ministère de garder un œil sur les Sang-Noir, il n’accepte pas le contrôle de plus en plus ferme qui est exercé sur eux et trouve absolument honteux le traitement réservé aux Revenants, dont il a toujours été proche. Ielisseï fera tout pour conserver sa liberté et échapper aux Pacificateurs – une sorte d’émanation des Assaillants pour lui.
Quant à ces derniers... Les grands tribunaux ont permis de juger et condamner la plupart d'entre eux, même si d'autres ont, comme toujours dans ces cas-là, malheureusement échappé à la justice. Ielisseï espère les voir payer aussi un jour pour ce qu'ils ont fait.
Ielisseï reste bien conscient des tensions qui agitent le pays, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Il craint qu’une guerre ne finisse par se déclencher, les autres pays tenant à récupérer leurs Sangs-Noirs – et il ne sait pas vraiment ce qui serait le pire entre rester en Bulgarie ou se retrouver entre les mains du Ministère russe.


TOI, LES SANG-NOIRS & LES REVENANTS

En tant que Sang-Noir, Ielisseï ne les craint pas et est contre les mesures gouvernementales – autant l’idée d’un recensement pouvait se comprendre vu la dangerosité du pouvoir dont les Sang-Noir ont hérité, autant il refuse tout le contrôle exercé par le Ministère sur ceux de sa race.
Il maîtrise son pouvoir tant bien que mal. S'il a toujours veillé à s'entraîner au cours des cinq dernières années pour le contrôler au mieux, des dérapages sont toujours possibles.

Par ailleurs, le traitement réservé aux Revenants le révolte tout autant. Ielisseï les a toujours considérés comme des humains à part entière – et même, souvent, plus humains que les vivants qu’il connaissait. Certains l’ont accepté et c’est grâce à l’un d’eux qu’il a pu en partie se reconstruire – les idées noires rôdent toujours un peu malgré tout. Ielisseï s’investit donc autant que possible dans leur défense, abhorrant l’esclavage qu’on leur inflige.


TOI & LES ACTIVITÉS ILLÉGALES

Par son statut de sang-noir en fuite, Ielisseï survit depuis cinq ans dans l'illégalité la plus totale, consacrant une grande partie de son énergie à échapper aux Pacificateurs du Ministère comme aux traqueurs des mafias. De fait, il a entendu parler d'elles et de la drogue qu'elles produisent à partir du sang des anciens Vainqueurs. L'idée le rend malade et lui rappelle les tortures subies aux mains des Assaillants, les expériences atroces qu'ils menaient... Autant de raisons de rester le plus éloigné possible des mafias et d'espérer qu'elles ne mettent jamais la main sur lui. Il n'a évidemment jamais consomme d'iskra - il est déjà bien assez difficile de contrôler le pouvoir dans ses veines sans en rajouter une couche.
Du côté des activités illégales, Ielisseï participe de temps en temps aux combats dans le fight club clandestin pour gagner un peu d'argent.
S'il tue, ce sera uniquement en cas de légitime défense, jamais de lui-même.








Travelling through time

It matters not what someone is born but what they grow to be


20.08.1982 Naissance de Ielisseï au manoir des Voronov. Son père décide de le faire passer pour un garçon aux yeux du monde.
1983 Naissance de sa petite soeur, Anastasia, qui l'a toujours soutenu et reste son petit rayon de soleil.
1984-1991 Éducation aux valeurs sang-pures, mais aussi à force de coups et de sorts pour en faire un "véritable homme" plutôt qu'une fillette. Ostracisme de la part des autres enfants, à cause de son apparence trop androgyne. A l'époque, tout le monde hésite déjà pour le genrer.
01.09.1992 Entrée à Durmstrang. Ielisseï rejoint le clan des Éclairs contre l'avis de son père qui aurait voulu le voir chez les Ombres. Face au manque de tolérance des autres, Iel se replie complètement sur lui-même et devient un garçon sauvage, renfermé, solitaire, ce qui accentue sa bizarrerie aux yeux des autres.
1995 Agression par des élèves plus âgés de Durmstrang qui veulent savoir s'il est une fille ou un garçon et découvrent son secret. Tout tourne mal ; c'est là que Ielisseï gagne les cicatrices dans son dos, celles qui forment le mot monstre, traces ineffaçables de ce qu'il est pour le reste du monde. À partir de là, début des scarifications, Iel s'entraîne aussi comme un fou pour devenir un très bon duelliste.
03.08.1998 Tentative de viol par une connaissance de son père. Ielisseï lui échappe de justesse mais reste profondément traumatisé. Il tente de se suicider dix jours plus tard, juste avant ses 17 ans ; seule l'intervention de sa soeur le sauve, ainsi que les transfusions reçues en urgence à l'hôpital magique.
00.04.1999L'Ox est découvert, Ielisseï fait partie des Vainqueurs.
Juin 1999 Capture et torture par les Assaillants
Juillet 1999 Ielisseï s'enfuit et devient un sang-noir à traquer, d'autant plus que son nom est sur les listes du Ministère, comme il a été soigné officiellement.
1999-2004 Années difficiles pour seulement survivre, face à ses traumatismes et la peur constante. L'envie d'en finir une bonne fois pour toutes est toujours là, nouvelle tentative de suicide. En sus de Loevi et de sa soeur, c'est un Revenant, Adrian, qui l'aide à s'en sortir. Même s'il reste instable, Ielisseï commence à s'investir également dans la cause des revenants.




The muggle behind the screen

Lower your wand

PSEUDO Liam
ÂGE Nan, ça devient indécent – 2X ans dans trois semaines.
RÉGION Région parisienne
PERSONNAGE inventé [X] scéna/pré-lien [ ] pv [ ]
COMMENT AS-TU DÉCOUVERT AK? 2016: Je l’avais déjà croisé il y a quelque temps, je ne sais plus comment, je suis retombée dessus ces derniers jours…et en ayant lu trois fois le contexte et les annexes en étant de plus en plus passionnée à chaque fois, je ne pouvais fatalement que m’inscrire *-* le contexte est génial, vous avez des intrigues de malade, je suis fan !
LE MOT DE LA FIN Pouic.







Enfant d'Hermès et d'Aphrodite

It is our choices that show what we truly are


Voronov…Un nom qui suscite encore le respect en Russie et dans les nations environnantes, dont l’origine se perd dans l’histoire magique du pays. Ils ont fait partie de ces grandes familles qui ont participé à l’édification de la Russie des sorciers. Fiers de leur domination sur les moldus, ils ont érigé au rang de principes fondamentaux les valeurs des sangs-purs. Au fil des siècles, ils se sont tournés vers la magie noire, dont ils restent de grands pratiquants, et ont amassé une véritable fortune dans des entreprises plus ou moins légales – surtout moins que plus. Ils aiment œuvrer dans l’ombre…même s’ils savent aussi se mettre dans la lumière pour mieux dissimuler leur part d’obscurité. La politique leur est depuis longtemps apparue comme un terrain idéal pour mener à bien leurs affaires, et chaque héritier est tenu de s’engager dans une carrière au Ministère afin de faire fructifier le capital de la famille et compter dans la vie politique du pays.
Kassian Ielisseïevitch Voronov n’a pas dérogé à la tradition familiale et mène une brillante carrière politique au sein du Ministère de la Magie russe, à la fois sur le plan national et international. Impitoyable mais d’une politesse sans pareille en société, gant de velours entourant une main de fer… Il règne sans partage sur sa famille, dont il est devenu le patriarche suite au décès de son père. Conformément à la volonté de celui-ci, Kassian a épousé la jeune femme à laquelle il était promis depuis son enfance. Mariage de raison, sans amour, imposé par la nécessité de rassembler deux grandes fortunes de Russie et de renforcer une influence politique. Iekaterina remplissait parfaitement son rôle d’épouse, capable d’organiser de grandes réceptions où se presse tout le gratin sang-pur russe et international. Vie parfaite pour un couple parfait. Jusqu’à ce qu’un grain de sable vienne enrayer la machine. Moi.

Flash-back

Le soleil de la fin août éclabousse de ses derniers rayons le grand manoir, bastion séculaire des Voronov, baignant d’or et de sang le riche mobilier. Assis dans un fauteuil, Kassian lit, mais une imperceptible raideur crispe ses épaules. Il est attentif au moindre bruit venant de la demeure. Les cris de Iekaterina se sont interrompus quelques instants plus tôt, signe que l’accouchement s’est terminé. Impassible, il attend qu’on l’appelle afin de lui présenter son héritier. Ce sera un fils, il n’envisage pas les choses autrement. La chambre est déjà prête, le prénom choisi. Ielisseï, comme son grand-père, qui aura la charge de porter les Voronov comme l’ont fait tous ses ancêtres avant lui. Un elfe de maison paraît sur le seuil du salon, s’incline jusqu’à ce que son long nez pointu touche presque le parquet de chêne.
— La maîtresse vous attend.
Kassian le congédie d’un mouvement dédaigneux de la main. Posément, il note sa page, pose son livre sur la table basse à côté du fauteuil, puis se lève, s’assurant d’un regard que les plis de ses vêtements tombent à la perfection. Les apparences, toujours. Essentielles, vitales pour qui veut mener une carrière politique. Ne jamais les laisser tomber, même dans l’intimité ; ne jamais montrer ses failles ni ses faiblesses. Des ennemis toujours à l’affût pourraient s’en saisir. Sans se presser, Kassian sort du salon, rejoint la chambre où son épouse a accouché. Pas une seconde il ne se demande comment elle a vécu la naissance de leur enfant. Le plus important est qu’elle ait rempli sa mission principale : donner un héritier à la famille. Sans frapper, il entre dans la pièce éclairée par un feu de cheminée, dont les lourds rideaux de brocart sont déjà tirés. Iekaterina est étendue sur le lit, terriblement pâle, plus blanche encore que la neige des longs mois d’hiver. À côté d’elle s’affairent deux sages-femmes sorcières, l’une s’occupe de la mère, l’autre berce un enfant qui s’agite quelque peu. Elle sourit à Kassian, s’approche de lui pour lui tendre le bébé. Il ne fait pas un geste pour le prendre, lui demande simplement :
— Est-ce une fille ou un garçon ?
La sage-femme pâlit, cherche un réconfort qui ne vient pas chez sa collègue, puis murmure :
— C’est une excellente question, monsieur.
— Je vous demande pardon ?
On lui avait pourtant assuré qu’elles étaient les meilleures de leur spécialité. Comment pourraient-elles ne pas connaître la réponse à la plus élémentaire des questions ? Plutôt que de formuler une réponse, la sage-femme défait le lange dans lequel est emmailloté le bébé. Celui-ci se met à crier sous le courant d’air froid. Kassian s’apprête à vérifier l’évidence d’un coup d’œil. Se fige une seconde avant de se détendre.
— Eh bien ? C’est un garçon. Ielisseï Kassianovitch Voronov.
Seul son ton un poil plus froid trahit son émotion, manifeste le trouble qu’il a éprouvé en découvrant le sexe du bébé, étrange mélange d’organes féminins et masculins comme si la nature n’avait pu décider. Ni fille, ni garçon, mais quelque part entre les deux. La tare de la famille.
[/flashback]





Dernière édition par Ielisseï K. Voronov le Ven 9 Mar 2018 - 20:16, édité 24 fois
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Mer 10 Aoû 2016 - 22:07


Enfant d’Hermes et d’Aphrodite

"Garçon, fille, l'allure stupéfiante [...], il est beau, il est belle"



On dit souvent que ce sont les mères qui choisissent le sexe de leur bébé, en l’imaginant garçon ou fille. À mon avis, la mienne devait changer d’avis tous les jours et les dieux slaves, dans leur immense et bienveillante bonté, en ont tenu compte et m’ont fait intersexe, partageant pratiquement à part égale les caractéristiques féminines et masculines. La magie ne pouvant résoudre ce léger problème et les médicaments moldus n’ayant pas cours dans la famille, mon père a choisi la solution la plus simple : voir en moi le garçon qu’il rêvait d’avoir et détruire toute ma partie féminine, en plus de dissimuler à tous la tare dont il était le malheureux géniteur. Il existe mille manières de trahir l’idéal de la pureté du sang, il faut croire que j’avais choisi de donner dans l’originalité. Ma mère n’a guère eu de chance de se rattraper : deux ans après ma naissance, une petite sœur, Anastasia Kassianovna, voyait le jour. Un « demi-fils » comme dit complaisamment mon père et une fille qui ne pourra jamais hériter et transmettra les biens de la famille à un étranger – étant comme de juste entendu que je n’hériterai pas. Il est beau, l’avenir des Voronov. Pas de troisième enfant à l’horizon, malheureusement. Je n’ai guère de souvenirs de cette époque, mais je me doute que mon père n’avait jamais partagé aussi souvent le lit de ma mère. Échec total. Kassian enrage de la situation et plutôt que de s’en voir comme le responsable déverse toute sa colère et sa frustration sur moi.

Mes premières années n’ont pas été des plus heureuses. Mon paternel s’est chargé de mon éducation très tôt, craignant sans doute que ma mère ne me gâche encore plus le caractère. Il voulait faire de moi un fils, gommer tout ce qui aurait pu avoir un côté féminin en moi, développer toutes les qualités viriles que se doit d’avoir un véritable Russe. Dois-je préciser qu’il a là aussi lamentablement échoué ? Il ne s’est pourtant pas privé de me seriner jour après jour les qualités des sangs-purs et des hommes russes, n’a jamais hésité à me frapper ou à utiliser des sortilèges dès lors que mon comportement lui paraissait répréhensible. J’en porte encore les marques. Par souci des convenances, il s’est presque toujours retenu de m’atteindre au visage  – sauf lorsqu’il était vraiment furieux et qu’aucune réception nécessitant ma présence n’était donnée dans les jours suivants. Cependant, je crois que s’il avait pu démolir pour de bon ce visage qu’il abhorre tant, il ne s’en serait pas privé.

J’ai appris très tôt toutes les règles de la vie en société, l’étiquette, les convenances, les traditions familiales, les arbres généalogiques des Voronov également, bref, tout ce qui devait faire de moi le digne héritier de la famille. Pourtant, mon père n’était jamais satisfait, m’en demandait toujours plus, corrigeait sans cesse ma position, ma façon de m’exprimer. « Comme une fille » est devenu une insulte dans sa bouche. « Tu parles comme une fille ! », « Tu veux peut-être porter une robe aussi ? Rectifie ta position ! », « Tu pleures, te plains, est faible, etc, comme une fille ». Moi, j’aurais plutôt eu tendance à dire que tous les enfants qui se prennent une raclée pleurent de la même façon, mais on ne sollicitait guère mon avis. Je n’ai jamais été très à l’aise dans le rôle qu’il façonnait pour moi, conscient qu’il manquait quelque chose, que je n’étais pas vraiment le garçon qu’il dépeignait, comme si un décalage léger mais bien réel existait. Partant, j’ai très vite compris que mon père cherchait à détruire quelque chose en moi, qu’il ne supportait pas une partie de moi dont j’ignorais tout. C’est ma mère qui a fini par me révéler la vérité sur ma nature, alors que j’avais six ans. Je n’ai pas tout saisi, ignorant alors les différences entre les filles et les garçons. Je me suis ensuite débrouillé pour apercevoir ma petite sœur pendant qu’on lui donnait son bain. Effectivement, nous avions des points communs. Je n’étais donc pas un véritable garçon. L’erreur de la famille. La tare qu’on ne pouvait rayer facilement de la surface de la Terre, puisqu’il n’y avait pas d’autre héritier.

Mère m’a expliqué plus en détail certains « soucis » : mes traits trop fins, des cheveux qui n’étaient pas tels qu’on aurait pu les attendre, qui se prêteraient plus volontiers aux coiffures de toute sorte qu’à une coupe masculine, ces petits riens qui, réunis, attiraient l’attention des autres membres de la famille et des relations de mes parents. Au premier regard, tous manifestaient une légère confusion. « C’est bien Ielisseï ? » Puis, une fois rassurés, s’extasiaient sur le mignon petit garçon que j’étais. Mignon, un adjectif intolérable aux yeux de Kassian. « Voilà un petit garçon bien fort », « C’est bien un fils de la Russie » : telles sont les phrases qu’il aurait voulu entendre mais qu’on ne m’a jamais adressées. Elles ne m’allaient pas. Personne ne pouvait imaginer un homme fort derrière l’enfant que j’étais.
J’ai toujours été plus ou moins ostracisé par les autres enfants sangs-purs. Même s’ils ignoraient la vérité, mon allure androgyne les mettait mal à l’aise. Je ressemblais trop à une fille pour les garçons. J’étais un garçon pour les filles, à un âge où l’on ne se mélange pas vraiment. Certains ont tenté de faire de moi une victime, de me prendre comme souffre-douleur. J’ai dû mettre en place des stratégies pour leur échapper, développer mon sens de l’observation pour déceler les signes avant-coureurs du passage à l’acte. Je suis finalement devenu habile à lire le langage corporel des autres, à détecter ces petits détails qui trahissent les pensées derrière les paroles. Dois-je les remercier ? Je ne sais pas vraiment. Mais ces qualités me sont essentielles aujourd’hui.

Mon père a imaginé tous les traitements, toutes les privations pour faire de moi un homme. Il voulait m’endurcir, refusant d’écouter ma mère qui trouvait sa façon d’agir inhumaine. Elle n’a jamais eu la force de s’opposer à lui, de me défendre pour de bon. Il était le patriarche, elle devait obéir. S’incliner. Se soumettre. Tout devait contribuer à me forger le caractère. Mes larmes l’insupportaient. Et je n’ai jamais acquis ce qu’il souhaitait. Heureusement que mes pouvoirs magiques n’ont pas mis trop longtemps à apparaître, cela lui a épargné la peine de me soupçonner d’être un Cracmol. C’est venu suite à l’une de ses corrections ; tout le verre de la pièce – fenêtres, vitrine de bibliothèque, bibelots en cristal – a explosé, dans une tentative désespérée de me soustraire à mon père. Il m’a félicité pour mes pouvoirs, avant de m’obliger à tout ramasser. Je ne me suis pas plaint – je détestais de toute façon les horribles vases apportés par la tante Vitalia mais qu’on était bien obligés d’exposer.

Seule Anastasia m’apportait un véritable confort. Elle ne s’est jamais posé de questions sur moi, m’a toujours accepté tel que je suis. Que je sois fille et garçon, peu lui importait. Elle m'appelait Seïa. Le diminutif traditionnel de mon prénom était plus facile à prononcer pour elle. Par jeu, pour tenter de comprendre ce que j’étais, j’ai essayé de l’imiter, d’imiter ma mère aussi. J’ai enfilé un jour une de ses robes. Dans le miroir, même avec les cheveux cours, je faisais illusion. On aurait parfaitement pu me prendre pour une fille. Ce que je n’étais pas pourtant. Ni fille, ni garçon, je ne me sentais pas totalement à l’aise dès que j’essayais d’endosser pleinement l’une ou l’autre des identités. Il me fallait les deux. Indissociablement liées. Mon père a tout fait pour briser notre lien, il ne tolérait pas de me voir jouer avec ma sœur, d’inventer des histoires avec ses poupées pour l’amuser –un jeu qui me plaisait bien, pourtant. Des jeux de fille qu’il fallait éviter à tout prix, comme il fallait effacer tout ce qui pouvait un tant soit peu s’apparenter à un trait de caractère féminin –sensibilité, douceur, délicatesse. Le moindre geste de ma part, un peu hors de la norme qu’il s’était fixé, déclenchait sa colère. Je faisais tout pour en préserver Anastasia et je crois qu’elle n’a jamais vraiment eu conscience de ce que je subissais –elle en a deviné une grande partie, a fini par assister une fois ou deux à l’une des corrections infligées par notre géniteur, mais je préfère lui taire la vérité complète.  

Mon autre consolation était mes passions pour le chant et le dessin. Ma mère m’a découvert un jour en train de fredonner des chansons traditionnelles, l’un de mes petits plaisirs, que je prenais soin d’exercer en l’absence de mon père. Au fond de moi, je savais que cela ne lui aurait pas plu. J’ai craint un instant qu’elle ne lui en parle, mais elle m’a complimenté sur ma voix, m’a demandé si je souhaitais prendre des cours de chant. Bien sûr que je le voulais. Elle s’est chargée de me trouver un professeur, avec lequel je me suis véritablement épanoui. C’est devenu mon moment hors du temps, les heures où je pouvais véritablement fuir loin de la tyrannie de mon père. J’ai également travaillé mes dessins.

Kassian m’a mis au Quidditch, espérant que cela développerait mes talents sportifs. Il n’a jamais compris le fait que des garçons pouvaient ne pas aimer le sport… Malheureusement pour lui et moi, je me suis senti à l’aise dans le seul poste qu’il n’apprécie pas. Attrapeur. Pas besoin d’affronter les autres : je n’ai qu’à éviter les Cognards et à attraper le Vif (quand même). Là, je pouvais être relativement tranquille. Père devait se dire que c’était moindre mal, qu’on finirait peut-être par tirer quelque chose de moi. En y réfléchissant, il est un incorrigible optimiste. On devrait saluer tant de constance et d’efforts.

Chapitre II


1990. Mes dix ans approchaient et donc l’heure du test du Krŭven. Je crois que le résultat inquiétait mon père. Même si la pureté de mon sang était indiscutable, il devait penser que la « tare » risquait d’interférer, comme si ma bizarrerie allait soudain apparaître aux yeux de tous. Je n’ai pas bronché quand mon sang a coulé, et nous sommes repartis avec la liste des fournitures scolaires, ainsi que la convocation pour le bateau. J’envisageais l’école comme une forme de libération, puisque je serais loin de mon père, en grande partie hors de sa portée. En tous cas, loin de ses poings et de sa baguette. J’appréhendais cependant les réactions des autres élèves, ayant déjà vu comment les enfants de mon entourage réagissaient. Au moins, j’étais rôdé.

Père m’a emmené lui-même acheter ma baguette. C’était quelque chose qui se faisait entre père et fils. Deux ans plus tard, ce serait ma mère qui emmènerait Anastasia pour l’achat de sa propre baguette. Mon père a tenu à me faire essayer toutes les baguettes connues pour leur combativité, malgré l’air désapprobateur du fabriquant. Celui-ci a fini par me tendre des baguettes plus particulières. En if, puis en aubépine. Le bois des personnalités conflictuelles, tourmentées, paradoxales. Mon expression l’a fait rire. Étais-je si lisible ? Ou s’était-il arrêté à mon apparence duelle ? Sûrement. La baguette d’aubépine m’a tout de suite paru faite pour moi. Avec elle, je réussirais à être le digne fils que Kassian Voronov attendait.
L’arrivée à Durmstrang s’est bien passée. J’ai tout de suite apprécié le cadre scolaire, la bibliothèque surtout. Si mon père ne réprouvait pas la lecture, il préférait que je me montre plus actif. Là, je pouvais lire tout ce que je voulais, m’intéresser à toutes les formes de magie qui me passionnaient. Le début de l’année s’est déroulé tranquillement, même si je ne me suis pas fait beaucoup d’amis. En revanche, les vacances de Noël n’ont pas été si calmes :

[Flash-back : Noël 1ère année]

Le chant s’éleva et je me laissai emporter par la joie de l’instant. Le chant, mon refuge, mon havre face à la pression que mon père faisait peser sur moi. Mon jardin secret comme disait ma mère, la seule à partager ce secret avec ma sœur, à l’encourager. Selon elle, je possédais une trop belle voix pour la gâcher. La ballade russe traditionnelle résonnait dans la pièce, évoquant les neiges scintillant sous le soleil, les promenades en traîneau, la beauté de la Russie au cœur de l’hiver, froide, rude et sauvage comme tous les habitants qu’elle abrite –du moins ceux qui sont dignes d’elle. Le chant sonnait en écho aux tourbillons blancs qui valsaient dehors, dont les flocons venaient s’échouer contre les vitres et fondaient presque aussitôt. J’ai toujours aimé mon pays, surtout au cœur de l’hiver. Ma saison préférée. La ballade s’acheva, j’en entamai aussitôt une autre, me laissant porter par mes envies. Même à l’école, je n’avais pas cessé de travailler ma voix, m’exerçant dans des salles vides en prenant bien soin que personne ne me surprenne. Éclairée par la cheminée, mère et Anastasia me regardaient en souriant.
La magie s’interrompit brutalement lorsque la porte s’ouvrit. Mère laissa échapper une exclamation, et je me retournai, le cœur battant à toute allure, saisi soudain d’une crainte bien trop familière. Père se tenait sur le seuil et nous fixait d’un regard terrible. Il devait normalement se trouver à une réunion au Ministère, à Moscou. Pourquoi rentrer si tôt ? Mère se leva pour lui faire face.
— Kassian…
— Sors d’ici tout de suite ; prends Stassia avec toi. Tu m’expliqueras cette aberration plus tard.
Son ton ne souffrait aucune réplique et mère, vaincue avant même d’avoir livré bataille, sortit sans un mot, ni même un regard en arrière, entraînant ma sœur par la main. Soumission que je ne lui pardonnerai jamais vraiment, incapable qu’elle a été de me défendre ou de me soutenir, ne serait-ce que d’un sourire ou d’un coup d’œil, alors qu’elle avait elle-même encouragé ma passion. Anastasia m’adressa un regard curieux et un sourire compatissant avant que la porte ne se ferme sur elle. Que comprenait-elle vraiment de la situation du haut de ses huit ans ? Je demeurai immobile, figé, tandis que mon père s’avançait vers moi.
— Tu chantes ? souffla-t-il avec tout le mépris du monde. Tu t’adonnes à des activités de fillette ?
Il n’apprécierait pas mon silence, mais répondre serait pire encore.
— Un véritable homme ne chante pas avec une telle voix de…fausset. J’ai cru que c’était ta sœur.
— Mais on sait tous les deux que je ne suis pas vraiment un homme, n’est-ce pas ?
Je n’avais pu m’en empêcher. Vaine rébellion. La colère de mon père se déchaîna.
[/flashback]

Aucune correction n’aurait pu me convaincre d’arrêter. J’ai continué à chanter pour moi et pour Anastasia, pour la bercer le soir. J’ai redoublé de prudence lors de mes séjours au manoir. Je me sentais plus en sécurité à Durmstrang, mais je me suis dépêché d’apprendre un sortilège d’insonorisation pour isoler la salle où je m’entraînais. Si quelqu’un de ma connaissance m’entendait, en parlait à ses parents qui le rapportaient à mon père… Kassian ne se serait pas privé de me faire savoir ce qu’il en pensait.

J'ai peu à peu arrêté de dessiner. Juste au cas où. À la place, je restais des heures allongé sur le dos sur mon lit, à dessiner virtuellement au plafond, éternelle ardoise toujours vierge. J’y ai dessiné des ciels bleus et des orages, des montagnes déchirées et des mers tourmentées, des éléments plus calmes aussi…toujours à la recherche du dessin parfait, celui qui m’ouvrirait une porte vers l’Ailleurs et me permettrait de m’échapper. Aujourd’hui, j’ai laissé derrière moi ces rêves d’enfant, mais il m’arrive de temps en temps de faire naître quelque chose d’un coup de baguette avant de l’effacer en vitesse.

Chapitre III



L’adolescence et ses changements… Je crois que c’est une période que mon père attendait avec beaucoup d’impatience. Peut-être mon corps se déciderait-il enfin à arborer l’apparence qui aurait dû être la sienne. Peut-être abandonnerais-je enfin mon allure androgyne, mon physique efféminé… Comme si j’avais le choix de ce que je devenais. Évidemment, il n’en a rien été. La nature a continué à jouer au yoyo pour se fixer encore une fois dans un entredeux, toujours indécise. Ma voix a mué, un peu. Un peu trop grave pour une fille, un peu trop frêle pour un garçon. Musicalement parlant, je suis plutôt du côté des contre-ténors que des basses. Mon père n’en a pas été ravi. S’il n’y avait eu que cela, peut-être aurait-il pu s’en contenter. Une petite poitrine est apparue, petite pour une fille, un peu trop pour un garçon, m’obligeant à ne pas porter de vêtements ajustés. Le reste est à l’avenant, un peu garçon, un peu fille, jamais franchement l’un ou l’autre. Mes traits sont restés fins, je n’ai pas vraiment développé ma musculature. L’ambiguïté demeure. Il suffit d’un coup de peigne dans un sens ou dans l’autre pour voir plus facilement le garçon…ou la fille. Ceux qui ne me connaissent pas hésitent à me classer au premier regard ; ils attendent souvent que je me présente pour être certains de ce que je suis. J’en viendrais presque à regretter que mon père ne m’ait pas donné un prénom épicène. Cela les aurait complètement perdus et m’aurait permis de rire. Un peu.

Kassian n’était pas le seul à attendre ce moment avec impatience, je sentais une certaine curiosité dans notre entourage, les mêmes questions dont mon géniteur attendait les réponses. Pour changer, je les ai tous déçus. Une déception de plus à ajouter à une liste bien trop longue. On pourrait s’imaginer que je faisais exprès de contrarier mon père, d’agir à l’encontre de ce qu’il attendait. Au contraire. Je voulais être à la hauteur, je me suis incliné devant lui toute ma vie, me soumettant à ses ordres autant qu’il m’était possible de le faire. Je me suis appliqué à mettre en œuvre toutes les doctrines sangs-pures, détestant les moldus, méprisant les nés-moldus. Je voulais porter haut l’honneur de la famille. Mon père m’a fait comprendre que quoi que je fasse, je ne pourrais jamais enlever le déshonneur apporté avec ma naissance. Merveilleux. Jugé et condamné dès ma première heure, sans rédemption possible. Ça aide à aborder la vie plus sereinement, vraiment.

À Durmstrang, la situation ne s’est pas améliorée non plus. Trop fille pour les uns, trop garçon pour les autres. Cela gênait leurs esprits étriqués, formés pour ranger le monde dans deux cases. Mon apparence me marginalisait sans que je puisse y faire grand-chose. Je ne pouvais pas faire ce que mon père exigeait de moi : agir complètement en garçon. Cela aurait rendu les choses bien plus faciles. Mais au fond de moi, je ne le voulais pas. Ce n’était pas moi. Je me suis renfermé, replié sur moi-même, préférant agir comme un sauvage plutôt que de trop m’exposer au regard des autres. Pas la bonne attitude. Toujours faire comme si le regard des autres glissait sur nous, comme s’ils étaient pratiquement invisibles, au lieu de se rendre soi-même invisible. Être fort, droit ; toujours tenir ; ne pas montrer qu’on peut faiblir, qu’ils peuvent toucher juste. Autant de préceptes que je m’efforçais de mettre en œuvre, mais j’appréciais la solitude, ces moments qui me permettaient de laisser tomber un peu le masque, ce jeu du garçon que je n’étais pas. Fatalement, j’ai fini par attirer l’attention ; on voulait savoir ce que j’étais vraiment.

[/!\ Attention: la suite de la fiche contient des moments assez durs /!\  ]

[Flashback : 4ème année à Durmstrang]


Du regard, je cherchai une échappatoire, essayant dans le même temps de paraître fier devant les quatre autres étudiants. Ils m’étaient tombés dessus par surprise, alors que j’étais en quête d’une salle tranquille pour étudier, m’avaient traîné dans une salle vide en m’arrachant ma baguette avant que j’aie pu m’en servir. À présent, ils me faisaient face, souriant. Pourrais-je foncer dans le tas, les prendre par surprise ? Je ne valais rien au corps à corps mais j’étais mince, souple. J’avais une chance. Peut-être.
— On dirait un lapin apeuré, se moqua l’un d’eux. Où penses-tu fuir, Voronov ?
— Fillette un jour, fillette toujours, lança un autre. Ou vas-tu enfin nous prouver que tu as quelque chose dans le pantalon ?
La situation prenait mauvaise tournure. Cacher mes particularités physiques à l’institut s’avérait un exploit quotidien – il me fallait surtout éviter de me trouver dans les douches en même temps que les autres, et je me débrouillais toujours pour m’habiller hors de leur vue. Un comportement bizarre aux yeux des autres. Un de plus. Heureusement que je n'appartenais pas à l'équipe de Quidditch. Sans réfléchir plus longtemps, ni prendre la peine de répondre aux provocations, je m’élançai. Me glisser sous un bras, dans le petit espace libre, là, me redresser de l’autre côté, foncer vers la porte… J’aurais pu réussir. Ils me saisirent au collet, me projetèrent au sol. À moitié sonné, je tentai de me relever. Un sortilège me plaqua au sol. Je n’étais pas de force contre eux. J’eus beau protester, me débattre, deux d’entre eux me maintinrent contre le parquet, tandis que les autres me déshabillaient de force, sifflant et commentant au fur et à mesure.
— T’es gaulé comme une fille ! Je te passerai les sous-vêtements de ma sœur !
Ils ont fini par comprendre la vérité. Les rires ont laissé place à autre chose. Un peu de peur peut-être ; du rejet, du dégoût, de la haine, sans doute. Ils m’ont traité de monstre avant de m’abandonner sur place. Je me suis rhabillé en ravalant des larmes de honte et de rage. Ils me paieraient cette humiliation.
[/flashback]

Je n’ai pas tardé à passer à l’acte sur ce sujet. Je devais m’assurer qu’ils ne répandraient pas la vérité dans tout l’Institut. Je n’osais imaginer la colère de mon père dans ces circonstances. Un jeu dangereux a commencé entre nous ; je me suis vengé en leur jouant les mauvais tours que j’imaginais. Je voulais les humilier à leur tour…ainsi que les effrayer afin qu’ils ne révèlent rien sur moi. La réputation de ma famille en dépendait. C’est tombé dans une escalade vicieuse. Jusqu’au jour où ils sont passés à la vitesse supérieure. Seul face à eux, je ne pouvais m’en sortir.

[Flashback]
Une salle de classe, encore. La chose avait un petit air de déjà vu, d’autant que ma baguette gisait à cinq mètres de moi. Hors d’atteinte, complètement inutilisable. Malgré toutes mes précautions, ils avaient réussi à m’avoir encore une fois. Si je leur avais donné plus de fil à retordre que la première fois, à quatre contre un, je ne pouvais résister éternellement. Les poings serrés, je cherchai comment m’en sortir. Impossible de me faufiler entre eux ; ils avaient verrouillé la porte de la classe, et je ne serais jamais assez rapide pour atteindre ma baguette sans me prendre un sort. L’un d’eux me sourit, comme s’il avait pu lire mes conclusions dans mon esprit. D’une voix brève, il demanda à l’un de ses comparses d’insonoriser la salle. Cela n’annonçait définitivement rien de bon.
Il ne leur fallut pas longtemps pour m’étaler au sol, m’ôter pull et chemise pour me mettre torse nu. Tous mes efforts pour me débattre demeurèrent vains, ils finirent par m’immobiliser à plat ventre, en me maintenant les bras et les jambes.
— Tu vas regretter de t’en être pris à nous, fillette. Mais avant qu’on commence, dis-nous… tu es plutôt une demi-fille ou un demi-garçon ? Tes parents ont subi une malédiction pour avoir une erreur de la nature comme toi ?
— Va te faire foutre !
Ça manquait d’élégance, mais ça résumait clairement ce que je pensais. La colère et la honte se mêlaient en moi. Ils ricanèrent.
— Le monstre a besoin d’une petite leçon…
Impossible de m’arracher à eux. Dans ma position, je ne pouvais voir ce qu’ils préparaient.
— Ton sort est bien en place ? Aucun prof susceptible de débarquer ?
— Non, c’est bon.
Je sentis l’extrémité d’une baguette appuyer contre mon dos. Qu’est-ce qu’ils allaient faire ? Même si la peur commençait à m’envahir, je m’efforçai de n’en rien montrer. Le bout de la baguette se fit aiguisé. Comme un couteau. Je me crispai lorsqu’il s’enfonça dans ma peau. La douleur, aigüe, m’envahit, roule tout le long de mon dos à mesure que la baguette avance. Le sang chaud coule le long de mes côtes. Je serre les dents de toutes mes forces, mais quelques gémissements m’échappent. La baguette s’arrête un instant.
— Tu as mal, le monstre ?
Je garde le silence. La baguette appuie plus fortement. Les larmes me montent aux yeux, mais je ne dis rien.
— Je crois qu’il en redemande.
Ricanements. La baguette reprend ses mouvements, me charcutant de plus en plus le dos. Cette ordure prend son temps pour me lacérer la peau ; j’ai l’impression que les entailles ne font que se multiplier ; mon dos brûle et n’est que souffrance. La douleur m’obscurcit l’esprit, je crois que je finis par crier, mais je n’en suis pas vraiment certain. En moi-même, je leur hurle d’arrêter, les supplie de me laisser. Pas un mot ne franchit mes lèvres. Rien. Je ne dirai rien. Les mots tournent en boucle dans ma tête. Rien. Rien. Ri…
— Eh, il pleure !
On me redresse brusquement la tête. Je me mords les lèvres pour ne pas hurler sous la souffrance accrue que cela entraîne.
— Je savais bien qu’il ne valait rien.
Il me tapote gentiment la joue.
— C’est bientôt fini, le monstre.
La lame reprend ses mouvements, de plus en plus proche du haut de mon dos, de ma nuque. Le sang n’arrête pas de couler. Je ne suis que souffrance. Pitié, que ça s’arrête.
Lorsqu’ils me relâchent, je suis incapable de me relever. La douleur noie tout ; les larmes continuent de couler. Plus jamais ça. Plus jamais.
— Attends, une dernière chose.
Quelque chose ruisselle sur mon dos. Potion ? Autre ? Je ne sais pas. La souffrance explose dans tout mon corps. Je n’entends pas la porte qui se referme derrière eux, complètement recroquevillé sur moi-même et la potion acide qui me ronge le dos.
J’ai dû perdre connaissance quelques minutes. La suite demeure floue dans ma mémoire. Je ne sais pas comment j’ai réussi à renfiler ma chemise, malgré la douleur atroce provoquée par chaque mouvement, à glisser ma cape sur mes épaules pour camoufler ce qu’il y avait dessous. J’ignore comment j’ai réussi à rejoindre l’infirmerie, si on m’a aidé ou non. Je me suis réveillé là-bas, veillé par l’infirmière, le dos toujours en feu malgré les potions de soin. J’y suis resté quelques jours, le temps de me remettre. Le temps de comprendre ce qu’ils m’avaient fait. Dès que j’ai pu me mettre debout, j’ai demandé un miroir. Je suis resté un moment à me dévisser le cou pour saisir. Ils ne s’étaient pas contentés de me lacérer le dos. Six lettres se détachaient sur ma peau, clairement visibles, prenant toute la place.
Монстр. Monstre.
Ce que je suis et resterai aux yeux du monde, parce que mon corps est différent. L’infirmière m’a appris que les cicatrices ne disparaîtraient pas, à cause de la potion utilisée. Pour avoir une chance de les atténuer, il aurait fallu que je sois traité sur le champ. Je n’ai rien dit sur le moment, incapable de trouver quoi répondre.
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J’ai été contraint d’avouer qui m’avait fait ça. Je ne sais pas comment ça s’est réglé ensuite. En tout cas, ils m’ont plus ou moins laissé tranquille. Bien sûr, ça n’a pas empêché les insultes, les allusions… mais au moins, ça ne s’est pas répandu. Et il m’a fallu redoubler de précautions. À la rigueur, avant, on pouvait m’apercevoir de dos sans trop de problème. Plus maintenant. Hors de question que qui que ce soit aperçoive mes cicatrices et s’interroge dessus.
Ce statu quo finira peut-être par exploser, je ne peux que souhaiter que cela arrive le plus tard possible. De là, je me suis entraîné comme un fou pour devenir un excellent duelliste, je ne voulais plus qu’on me prenne par surprise, hors d’état de me défendre. Ma baguette est devenue ma meilleure arme, j’ai affûté aussi mon langage et profité de mes qualités d’observateur pour apprendre des détails sur les autres et les retourner contre eux le moment venu.
C’est à partir de ce moment aussi que j’ai commencé à détester véritablement mon corps, lui qui me mettait à l’écart des autres, me désignait comme étrange, anormal. Dégénéré. Qui me privait de l’affection de mon père, de sa reconnaissance, de mon statut d’héritier pour faire de moi la honte de la famille. L’erreur, l’enfant qui n’aurait pas dû naître. Qui avait eu la vie sauve au nom des apparences. Je voulais le détruire, le détruire de l’intérieur, m’en débarrasser d’une façon ou d’une autre. Me venger, lui rendre le mal qu’il me causait. C’est là que j’ai commencé à me blesser moi-même. Le sang qui coulait emportait une partie de ma souffrance, de ma haine de moi-même. J’ai pris soin de dissimuler tout cela à ma famille. Ma sœur n’aurait pas compris, je ne voulais pas voir la peine ni la déception dans le regard de ma mère. Et encore moins subir les colères de mon père devant ma faiblesse.

Chapitre IV

Les années suivantes se sont écoulées plus ou moins paisiblement, avec mes rares relations à Durmstrang. J’essayais plutôt de me fondre dans le décor – sans jamais échapper aux regards surpris de ceux qui me rencontraient. D’un point de vue scolaire, ma scolarité s’est déroulée à peu près normalement – je brille moins dans les matières où mon père aurait voulu que j’excelle, surtout en politique magique, mais sinon je m’en sors de manière honorable, particulièrement dans les matières qui font appel à différentes formes de magie : magie noire, sortilèges, métamorphose, runes…

Ma sœur m’a beaucoup aidé dans ces années ; elle était la seule avec qui je parvenais à être vraiment moi-même, grand frère ou grande sœur selon les moments et ce dont elle avait besoin. Anastasia savait que je souffrais de ne pas pouvoir exprimer ma partie féminine, de devoir toujours porter des vêtements de garçon qui, certains jours, devenaient une prison. J’aurais voulu pouvoir choisir en fonction de mon état d’esprit, mélanger les genres dans ma façon de m’habiller pour mieux refléter ce que je suis. Impossible évidemment, déjà que mon père réprouve mon allure de « minet », ce qu’il aurait pris pour du travestissement lui aurait été encore plus insupportable, et je n’ai jamais eu la force de me rebeller contre lui. De plus, les cicatrices dans mon dos ne cessent de me rappeler ce que je suis pour le reste du monde. Un monstre, une anomalie, une erreur de la nature. Anastassia affirme le contraire et son aide m’a été plus que précieuse. À plusieurs reprises, sans le savoir, elle m’a empêché de me faire du mal – et en retour, je serais capable de faire n’importe quoi pour elle.
Nous avons nos petits secrets. Avec elle, je peux sans problème parler de moi au féminin, sans que cela la dérange ou la perturbe. Nous pouvons être heureuses ou heureux des moments passés ensemble. Et pour Noël ou des anniversaires, il lui est arrivé de m’offrir des bijoux, des objets plus féminins, que je ne peux bien sûr pas porter en public, mais qui signifient beaucoup pour moi. Au moins, mon moi-féminin existe et compte aux yeux de quelqu’un, je n’ai pas à le nier.

Mon corps m’a cependant de nouveau joué des tours à la fin de la septième année, juste avant mes 17 ans.

Comme souvent l’été, mon père a organisé une réception chez lui pour inviter tout le gratin sang-pur de Russie et d’une partie de l’Europe. Lors de ces soirées, je suis censé faire bonne figure, agir comme le digne héritier de Kassian et faire honneur à la famille. Bref, me perdre dans de longues discussions futiles et sans intérêt, parler gravement de la situation du monde magique etc, etc. Ce qui implique beaucoup d’efforts pour cacher mon manque total d’intérêt pour la politique – enfin, je m’y intéresse d’un point de vue intellectuel, pour comprendre le monde dans lequel je vis, mais je n’ai aucune envie de m’y investir. Chat sauvage un jour, chat sauvage toujours. J’en viendrais presque à regretter que ce ne soit pas mon patronus.
À cette soirée se trouvait également l’un des collègues de Kassian. Un type que je détestais. Il passait régulièrement au manoir et je m’étais souvent trouvé là pour l’accueillir. Il s’intéressait à moi, à ce que je faisais, m’interrogeait sur mes études tout en me détaillant du regard d’une façon qui me mettait mal à l’aise. J’avais parfois l’impression qu’il venait plus pour moi que pour mon père. Lorsque j’en avais la possibilité, je faisais tout pour l’éviter. Cette fois, il est venu me voir au milieu de la soirée : il avait besoin de contacter le ministère pour une affaire urgente et voulait une salle à l’écart, loin du bruit et des distractions de la réception. La majorité des officiels étant présents ici, je me suis demandé qui il voulait joindre, mais il avait sans doute des instructions à transmettre à ses subordonnés. Je l’ai donc conduit à l’écart, subissant son bavardage trop fort et ses gestes un peu désordonnées – il avait visiblement abusé de l’alcool servi à volonté. Son attitude me mettait mal à l'aise, comme si son langage corporel n'était pas tout à fait à l'unisson de ses pensées. J'avais hâte de retourner à la réception. Une fois dans la pièce, un vieux salon que nous n’utilisions plus guère mais doté d’une cheminée qui lui permettrait de communiquer, j’ai voulu le laisser.
La porte a claqué au moment où je l’atteignais. Verrouillée. Une main m’a brutalement fait pivoter et je me suis retrouvé plaqué contre le bois de la porte. Des lèvres se sont écrasées sur les miennes, sauvagement, violemment. Non ! Je ne veux pas ! J’ai tenté de le repousser, mais il était trop fort pour moi. Son corps contre le mien me révulsait ; ses doigts ont commencé à sortir ma chemise de mon pantalon. J’ai pris appui contre la porte pour le repousser, il a reculé, juste assez pour m’envoyer une gifle magistrale. Le goût du sang a envahi ma bouche.
— Tiens-toi tranquille !
Il a profité du choc pour m’immobiliser les poignets dans une main, j’ai voulu hurler, mais il a de nouveau plaqué sa bouche contre la mienne. Je savais de toute façon que personne ne nous entendrait. Les murs étaient trop épais, la réception trop loin et trop bruyante. Je me suis retrouvé étendu sur un canapé, lui au-dessus de moi, toujours immobilisé. Sa main a commencé à défaire ma chemise, caressant ma peau, soulevant des frissons de dégoût et de révulsion irrépressibles. Il a fini par découvrir ma poitrine. A marqué un temps d’arrêt.
— Une fille ?! Kassian cache l’absence de fils… ?
Ton à la fois pervers et calculateur. Ça n’ôtait rien à ses intentions et il imaginait sans doute déjà ce qu’il pourrait tirer de cela. Sans répondre, j’ai continué de me débattre. Nouveau coup. Le plafond s’est mis à tourner. Lorsqu’il s’est stabilisé, l’autre s’était redressé, une main sur la ceinture de son pantalon, l’autre sur la mienne, en train de les défaire. Les larmes brouillaient ma vue. Mon pantalon a glissé sur mes cuisses, mon caleçon aussi. Surprise, de nouveau, avant qu'il se reprenne. Fille-garçon, ça l'excitait encore plus. Il parlait. Disait que je le voulais, que tout irait bien si je me calmais, qu’il ne me voulait pas de mal. La panique m’empêchait de réfléchir. M’échapper. Rien d’autre ne comptait. Il fallait que j’y arrive. Il a écarté légèrement les jambes, peut-être pour se stabiliser. Ma jambe s’est repliée dans un réflexe, mon genou l’a atteint à l’endroit le plus sensible. Il a vacillé d’un coup, avec un gémissement, le souffle court, j’en ai profité pour le pousser au sol, me lever d’un bond en rajustant mon pantalon d'un mouvement. Sa baguette, là, sur le tapis. Dans un état second, je me suis rué dessus, ai ouvert la porte avant d’abandonner le morceau de bois au sol. Sa voix m'est parvenue :
— Reviens ! Si tu parles, ta sœur…
Je n’ai pas entendu la suite, courant comme un dératé dans le couloir. Je me suis retrouvé dans ma chambre je ne sais comment, la porte verrouillé, tremblant de tout mon corps, secoué par les sanglots. Je sentais encore le poids de l’autre sur moi, ses lèvres sur les miennes. La nausée m’a soulevé. Juste le temps de gagner la salle de bain pour vomir. Les spasmes m’ont secoué un long moment. Une douche. Je devais prendre une douche. Le miroir de la salle de bain m’a montré mon visage pâle, défait, le bleu qui marquait ma joue là où l’autre m’avait cogné. Ça faisait longtemps. J’ai enlevé ma chemise toujours ouverte, ôté mon pantalon en tremblant. Je ne sais pas combien de temps je suis resté sous l’eau chaude, à essayer de me laver du contact de l’autre. Mes pensées s’entremêlaient, chaotiques ; impossible de faire le point, de réfléchir rationnellement. Je me suis rhabillé avec les premiers vêtements trouvés avant de m’écrouler dans un coin de ma chambre, toujours en larmes. Trahi par mon corps, encore une fois. Monstre.
Un coup à la porte de ma chambre. J’ai sursauté, ma baguette à la main. Comment était-elle arrivée là ?
— Seïa ?
Stassia. Hors de question de la laisser entrer.
— Dégage !
Silence interloqué de l’autre côté de la porte.
— On se demandait où tu étais passé… Père veut que tu reviennes.
Non. Pas là-bas, pas devant l’autre, pas devant cette foule de regards qui me déshabilleraient. Non. Je ne pourrais jamais remettre le masque, jouer mon rôle. Faible. Tu es faible comme une fille. La voix de mon père résonnait dans mes oreilles. Je ne pouvais pas. J'ai lâché, en essayant de maîtriser ma voix au mieux.
— Je suis malade.
— Qu’est-ce qui t’arrive ? Laisse-moi entrer !
— Fiche-moi la paix !
Elle est repartie. Ma mère est venue ensuite, disant plus ou moins les mêmes choses, ajoutant les mots de mon père. Comportement indigne, enfantillage, j’avais passé l’âge des caprices, est-ce que je tenais vraiment à salir la réputation de la famille ? Je l’ai envoyé paître de la même façon que ma sœur. Je n’avais qu’une envie, être seul. Mon père n’est pas venu ; il devait estimer que ce n’était pas la peine de provoquer un scandale, et la « maladie » restait une excuse acceptable.

La peur ne m’a pas quitté de la nuit. Les questions tourbillonnaient dans ma tête. S’il revenait ? S’il s’en prenait à ma sœur ? Et si ce n’était qu’un début ? Si d’autres agissaient de la même façon ? Est-ce que je l’avais mérité ? Est-ce que mon apparence en attirerait d’autres… ? Honte, douleur, panique. Mon corps, toujours mon corps. Pourquoi est-ce que personne ne pouvait l’accepter, me laisser vivre comme je l’entendais ? Au milieu du reste, il y avait aussi ce qu’il pouvait faire de ce qu’il avait appris sur moi… L’utiliserait-il contre mon père ? Oserait-il, après ce qu’il m’avait fait ?

Les jours suivants ont passé étrangement ; je parlais peu, mangeais à peine. Le temps se dilatait, s'étirait à l'infini, et chaque instant se perdait dans une brume impalpable. Le moindre contact me révulsait, même celui de ma sœur. Je me sentais sale ; et je craignais toujours de le voir revenir, avec son air aimable, policé, faisant mine de vouloir voir mon père, alors que c’était moi qu’il voulait… Les cauchemars ont peuplé mes nuits. Je n’arrêtais pas de le voir, de l’entendre, de sentir ses mains sur moi, ses lèvres sur les miennes. Je me réveillais en sursaut, avec le sentiment qu’il se tenait juste à côté de moi, prêt à…
J’ai craqué quinze jours plus tard. Je voulais en finir. Définitivement. M’effacer de cette vie. Tout était ma faute ; je n’aurais pas dû naître, pas ainsi. Et je savais comment tout achever. Ce n’était pas très difficile. Je savais où couper pour que tout se termine très vite. J’ai profité d’une après-midi où mon père travaillait et où ma mère et ma sœur étaient parties se promener toutes les deux. Les elfes ne se soucieraient guère de ce que je faisais. J'avais tout mon temps, et il serait bien trop tard lorsqu'ils reviendraient.

Hasard des dieux, du destin ou pressentiment fraternel, l’orage a écourté la promenade de ma mère et d’Anastassia, et celle-ci est immédiatement venue me rejoindre. Je ne l’ai pas entendu entrer, et elle m’a trouvé alors que je venais de m’ouvrir les veines du bras, surtout la petite artère au creux du coude. Le sang ruisselait le long de mon bras, coulait au sol. Quelques minutes encore...
— Seïa !
Le monde s’est figé. Pas elle, pas ma sœur, je ne voulais pas qu’elle voie ça… Elle s’est jetée à genoux devant moi, horrifiée, a ôté sa veste pour l’appuyer de toutes ses forces sur la blessure, essayant de ralentir le débit trop rapide.
— Stassia…je…je suis désolé… Laisse-moi…
— Reste ! Qu’est-ce que je vais faire sans toi ?
J’ai voulu répondre. Puis tout est devenu noir.

Chapitre V

Je me suis réveillé à l’hôpital magique de Moscou, sous les regards compatissants, emplis de pitié des guérisseurs. Mère était là également, m’observant avec un mélange de crainte, comme si j’allais mourir sous ses yeux, et de soulagement. « Seïa, pourquoi as-tu fait cela ? » m’a-t-elle demandé, des larmes dans les yeux et dans la voix, le ton bas comme si c’était une honte. Ça l’était. On ne se suicide pas dans les familles au sang-pur. Pas de scandale, pas de vague, jamais. Ou si on le fait, on a la décence de réussir, on ne se rate pas. Je lui ai simplement dit que je n’en pouvais plus. Qu’a-t-elle vraiment compris ? Bonne question. Elle savait que je souffrais de ma nature, du regard des autres sur moi, de la façon dont mon père m’empêchait d’être véritablement moi. Elle s’est sans doute dit que c’était cela qui m’avait fait craquer. J’ai tu le reste. Et je n’oublierais jamais le regard de ma sœur ce jour-là, empli de tristesse. « Je ne compte pas pour toi ? » Bien sûr que si. Sans moi, personne ne s’en prendrait à elle. Elle n’aurait pas à supporter mes humeurs bizarres, ma sauvagerie, mes lubies comme dirait mon père…
— Mais c’est comme ça que tu es et comme ça que je t’aime. Un peu mon grand-frère, un peu ma grande-sœur. Assume, Seïa, on se fiche de ce que les autres pensent…
Si elle savait… Elle m’a demandé de promettre de ne plus recommencer. Je n’ai pas su résister à son regard, à sa tendresse. Et j'ai promis, le visage enfoui dans son épaule, secoué par les larmes. Depuis quand ma petite sœur était-elle devenue aussi forte, assez grande pour que nos rôles s'inversent ? Faible. Tu es faible, et tu le resteras. C’est cette promesse qui m’aide aujourd'hui à tenir. Si je meurs, ce ne sera pas de ma faute, pas volontairement du moins. Même lorsque les pulsions reviennent, penser à elle suffit à les éloigner. Stassia, mon petit soleil.

Les quelques jours passés à l’hôpital n’ont pas été d’une grande aide. Officiellement, j’étais là pour une maladie quelconque, qui nécessitait un petit séjour d’observation. Rien d’autre. Hors de question que les autres sangs-purs soient au courant de mon geste. Je pensais être tranquille ; une fois de plus je n’ai pas échappé à la curiosité des autres. À croire que j’étais devenu l’attraction du service. L’un des médicomages s’est montré particulièrement odieux, lors d’une visite qu’il effectuait avec des étudiants en médicomagie.
— Regardez-moi ça, a-t-il lancé, devant son petit groupe.
Sa voix s’est un peu éloignée dans le couloir ensuite, mais quelques mots me sont parvenus. « Anomalie sexuelle », « erreur génétique »… Ça. Pas « regardez-le » ou « regardez-la » ; les deux me vont. Juste "ça". La chose, là, posée sur le lit. L’anormal ? L’hybride ? Le monstre ? J’imaginais sans peine les qualificatifs qu’il devait m’attribuer en son for intérieur. Ce médicomage avait dû rater quelques cours de psychomagie ou oublier de les appliquer. J’ai regretté de ne pas avoir ma baguette sous la main pour le lui faire payer.
Mon père n’est pas venu me voir pendant mon séjour. Trop de choses à faire, trop de réunions. Il ne m’a en revanche pas manqué à mon retour, rappelant la honte que j’étais pour la famille.

La septième année s’est déroulée à peu près paisiblement, toujours hantée par les cauchemars, même si je me savais hors d’atteinte à Durmstrang - encore que les regards des autres sont devenus ma hantise, j'ai toujours l'impression qu'ils me déshabillent, qu'ils essaient de voir à travers mes vêtements. J'ai tenu du mieux que j'ai pu, luttant pour maintenir mon masque de parfait sang-pur, hautain et indifférent. À la fin de l'année, il a bien fallu choisir une spécialisation, évidente aux yeux de mon père. Politique, encore et toujours. J’aurais préféré continuer en magie noire. Au fond, j’ignore à quoi cela sert. Mon père ne me désignera pas comme son héritier, peut-être réfléchit-il à un moyen de se débarrasser de moi de façon commode. Un accident, une maladie, tout peut vite arriver, n’est-ce pas ? Et pourtant, je crois qu’il répugne à supprimer le demi-fils qui est en moi. Est-ce sa façon à lui de me donner une chance, d’espérer encore que je changerai ? Je ne lui donnerai pas cette victoire. Je déteste la personne que je suis, mais je ne peux pas la faire disparaître. Ne le veux pas. Ni fille, ni garçon, quelque part entre les deux, et je ne peux pas le renier, tout en sachant que le monde ne l’acceptera pas.

1999

Cette huitième année a été marquée par la recherche effrénée de l’Ox. Je m’y suis lancé à corps perdu, autant pour me servir de dérivatif que pour espérer rendre mon père fier de moi. Je n’ai pas réussi à mettre la main dessus, mais mon clan y est parvenu, plongeant Durmstrang et le monde sorcier dans la tourmente. L’ox est à la fois un soulagement et une torture : je fais partie des Vainqueurs, la magie de l’artefact coule en moi, décuplant mes pouvoirs, mais je dois aussi en payer le prix : depuis quelques jours, maux de tête, vertiges, saignements de nez s’enchaînent, liés à la trop grande puissance de la magie, que mon corps peine à supporter. La vie à l’institut a été complètement bouleversée : la perte de l’accès aux quartiers généraux a été un coup dur, et avec les autres vainqueurs et les résistants, j’ai dû me replier dans la salle de réception. Ce qui rend encore plus difficile la dissimulation de mon secret – mais vu ce qui se passe, j’imagine que je vais avoir d’autres problèmes… J’essaie quand même de m’esquiver de temps à autre, loin de la foule et des regards des autres, malgré les interdictions. En espérant que ça ne m’attire pas davantage d’ennuis avec l’un ou l’autre camp.

1999-2004

Chapitre VI -1999-2004

Les semaines qui ont suivi la découverte de l’Ox ont été pires les unes que les autres, trop de monde, trop de promiscuité, de regards, beaucoup trop pour être supportables, et Ielisseï a fini par fuir la salle où s’étaient réfugiés les Vainqueurs pour survivre dans les couloirs de Durmstrang, malgré les craintes de sa sœur. Seul, enfin. Ou presque. Au final, les Revenants se sont montrés bien plus humains que la plupart des vivants, à leur manière, et s’il les craignait au départ, il s’est bien plus entendu avec eux qu’avec la plupart des gens qu’il a rencontrés. Au point de tomber amoureux pour la première fois de sa vie.
La situation a de nouveau basculé lorsque les Assaillants ont donné l’assaut sur l’Institut. Malgré ses précautions, Ielisseï s’est fait capturer et a passé plusieurs jours aux mains des bourreaux, qui l’ont torturé pour récupérer son sang et faire des expériences. Il a cru mourir – et pour la première fois de sa vie, il s’est pris à espérer que ça n’arriverait pas, avec l’espoir fou de retrouver les Revenants qui n’avaient pas pu quitter le château.
Il a été libéré par les forces du gouvernement venues à la rescousse, et a passé un moment entre la vie et la mort. Des jours flous, obscurs, confus, perdus entre conscience et inconscience, douleur et trou noir, marqués par la peur, les anciennes comme les nouvelles. Les médicomages et leurs mains sur lui après celles des Assaillants, et leurs paroles, laisse-toi faire, ne t’agite pas, tout va bien se passer, et évidemment, ce qu’il n’a pas pu leur cacher, les regardez-moi ça, ce n’est pas banal, hein, regardez-moi ça, la surprise, les sourires intrigués et curieux, quelque chose de plus sur lequel se pencher. La peur aussi que son père arrive pour le ramener en Russie, exploiter ses nouveaux dons.
C’est finalement en entendant parler des rumeurs de recensement et des mesures de protection à l’égard des Vainqueurs que Ielisseï a pris la décision de fuir malgré sa faiblesse persistante, une décision plus ou moins volontaire, un réflexe de survie, un reste d’instinct de défense. S’il n’aime pas étudier la politique magique, il s’y connaît assez pour savoir qu’un pouvoir comme celui de l’Ox ne peut pas rester en liberté, sans contrôle politique, sans tentative d’appropriation. Hors de question de se soumettre au gouvernement, hors de question que tout recommence, les prises de sang, les expériences, tout ce que les hommes du Ministère trouveraient à faire pour exploiter l’ox dans leurs veines, hors de question d’exposer encore plus son « secret », de souffrir le contact des autres et leurs questions, hors de question de replonger dans l’horreur.

Survivre a été plus que difficile les premiers temps, surtout seul, malgré les rares contacts avec sa sœur, avec l’inquiétude au cœur pour ceux laissés derrière, ceux qu’il n’avait pas eu le temps de revoir, et les traumatismes gravés dans son corps et dans sa tête, mêlés de désespoir et d’idées noires – filets rouges sur les bras pour tenter d’emporter tout cela, filets vains, inutiles, un exutoire impossible.
C’est une fuite en avant, éperdue, désespérée, sans but. Une fuite pour échapper aux cauchemars et aux souvenirs – même s’il sait que c’est impossible. Jusqu’à ce qu’il croise celui qu’il n’aurait jamais pensé revoir, surtout en de telles circonstances, dans un coin perdu de la Bulgarie. Adrian. Adrian. Un prénom répété dans un mélange de stupéfaction, de sursaut de joie et de colère – Adrian ne l’a-t-il pas abandonné près de trois ans plus tôt pour protéger sa famille, sans jamais lui donner de nouvelles ? Une douleur dont Ielisseï ne s’est jamais vraiment remis, alors que survivait dans son cœur cette amitié qui lui a tant apporté. Adrian. Mais en le rejoignant, Ielisseï devine une partie de ce qui est passé – le teint pâle, le regard sombre, le froid qui émane d’Adrian, tout lui souffle la nouvelle nature de son ami. Revenant.
Il a à peine le temps de s’approcher qu’Adrian l’étreint de toutes ses forces – provoquant un sursaut de panique incontrôlé. Lâche-moi, Adrian. Ne me touche pas, je t’en supplie, ne me touche pas, ne me touche pas, ne me touche pas. Un effort surhumain pour retenir les mots, la litanie implorante qui tourne dans sa tête et qu’il s’empêche de hurler, tandis que le garçon le lâche, perturbé par sa raideur soudaine, sa brusque immobilité.
Lorsqu’Adrian tente de comprendre sa réaction, Ielisseï dévie, louvoie, s’intéresse plutôt à ce qui est arrivé à son ami. Comprend que celui-ci n’a retrouvé qu’une partie de ses souvenirs, qu’il n’a pas vraiment conscience de ce qu’il est devenu. Et Iel choisit de garder le silence pour le moment, incapable de trouver les mots pour expliquer la vérité à son ami. Néanmoins, sa présence aide celui-ci à récupérer une partie de sa mémoire, même si les événements qui ont suivi son départ de Durmstrang ne lui reviennent pas.

Ielisseï finit par s’ouvrir un peu à Adrian sur les traumatismes subis à Durmstrang, ceux qui expliquent cette phobie incontrôlable, tout en lui dissimulant l’origine de celle-ci, les traumatismes d’avant, tout ce qui s’est accumulé au fil des années et qui était déjà insupportable avant les tortures. Mais replonger dans les souvenirs qu’il essayait jusqu’à présent de tenir à l’écart manque de lui être fatal. Car les émotions refoulées tant bien que mal pour aider Adrian jaillissent de nouveau, l’engloutissant complètement. Il n’en peut plus. Trop de choses à gérer, trop de noir, trop de tout, trop de sang dans ses cauchemars, encore et toujours, sang haï, et de nouveau, la baguette qui creuse son chemin dans son bras, trouve les artères, laisse le liquide s’écouler… C’est toujours un sang qu’ils n’auront pas… Il n’en peut plus, il a juste envie de mourir, d’oublier, d’avoir la paix, enfin, malgré la pensée de sa sœur, la promesse qu’il ne voulait pas trahir mais rompue malgré tout.
C’est Adrian qui lui sauve la vie de justesse, qui le maintient de ce côté de la réalité, avec une promesse à laquelle Ielisseï veut croire et se raccroche de toutes ses forces. Je serai toujours là pour toi. Il en a besoin, il le sait, il a besoin de cette amitié, de cette certitude, de tout ce qu’Adrian lui offre pour garder pied, tout en regrettant d’être aussi vulnérable. Aussi faible. Toujours faible comme disait son père.
Mais la situation se tend de nouveau lorsque c’est Adrian qui est à son tour menacé – sa silhouette s’estompe, comme s’il s’effaçait de cette réalité pour retourner de l’autre côté du voile. Une situation qu’aucun d’eux ne peut accepter. Ielisseï ne veut pas le perdre encore, ne l’accepte pas, tout en comprenant ce qui se joue. Et il doit se résoudre à avouer à Adrian la vérité sur ce qu’il est vraiment, sur cette nature de Revenant. Et l’ox encore, l’ox qui gâche leurs vies – même si c’est aussi grâce à lui qu’ils ont pu se retrouver.
Et Ielisseï comprend que si c’est par l’ox qu’Adrian est revenu, c’est aussi par l’ox qu’il survivra. L’idée de verser son sang encore lui laisse un goût amer, l’effraie – il se sait encore trop près du gouffre, trop près de la chute, sans compter que cela lui rappelle les tortures subis aux mains des Assaillants. Mais a-t-il le choix ? C’est la culpabilité d’Adrian qui l’aide à se reprendre, le dégoût de son ami à l’idée de le blesser. Non. Cette fois, c’est mon choix. C’est moi, ma décision et celle de personne d’autre. Personne ne me prend rien, c’est moi qui donne. La pensée a quelque chose de rassurant, d’étrangement réconfortant. Parce qu’il sait pouvoir arrêter quand il le voudra, tout en étant conscient qu’il ne le fera pas, parce que ça change tout. Alors, il verse de nouveau son sang – et la joie s’empare de lui en voyant que leur hypothèse est exacte. Adrian restera dans ce monde. Avec lui.
Ielisseï s’assure qu’Adrian ne manque jamais de ce dont il a besoin à ce niveau-là, gardant même quelques fioles enchantées dans leurs affaires par précaution, trop conscient qu’il est toujours traqué.

Les mois qui suivent leur permettent de s’apprivoiser, aident Ielisseï à apaiser une partie de ses cauchemars, même s’ils rôdent toujours à la lisière de son esprit. Mais Adrian est là – toujours. Soutien et appui dès que nécessaire, que Ielisseï lui rend. Et même si la situation est loin d’être idyllique, qu’ils sont toujours des fugitifs et que les difficultés s’enchaînent, pour la première fois de son existence, il a l’impression que la vie peut valoir la peine d’être vécue.

Dans les années qui ont suivi, les mesures de plus en plus restrictives prises par le gouvernement à l’encontre des Sang-Noir l’ont convaincu qu’il avait raison de fuir, même si cela l’amène à déployer des trésors d’ingéniosité pour échapper aux traqueurs de toutes sortes, ceux du gouvernement comme ceux des mafias – et l’idée qu’on puisse tirer une drogue du sang des anciens Vainqueurs sans le surprendre vraiment – l’être humain et ses idées tordues – le rend malade en lui rappelant les tortures subies entre les mains des Assaillants. Il sait aussi que son père le traque pour l’exfiltrer vers la Russie, qui espère bien remettre la main sur ses ressortissants sang-noir. Il est bien conscient que le gouvernement le recherche – comme il a été soigné officiellement après les événements de Domovoï’s Rock, son nom apparaît clairement sur les listes du Ministère. Pour faire face aux traqueurs de tous genres, il a continué de s’entraîner comme un fou pour maîtriser son pouvoir – ce qu’il arrive globalement à faire, même s’il reste instable et peut déraper.
Quant aux Revenants, leur situation n’est guère plus enviable. La société sorcière les rejette ou les considère comme des esclaves – une idée qui le rend malade aussi et qui lui donne envie de s’investir dans leur cause autant que possible. Sentiment renforcé par la colère et la noirceur qu’il sent monter en Adrian, par les crises de rage auxquelles il assiste, le cœur serré par la peur, tout en sachant qu’elles ne lui sont pas destinées. Ielisseï tente ce qu’il peut pour calmer la violence de son ami, en vain.
S’il approuvait au départ les objectifs de la Vuz, il ne se retrouve absolument pas dans le tournant radical qu’elle emprunte – et préfère largement des initiatives comme le groupe de rock d’Adrian.






Dernière édition par Ielisseï K. Voronov le Jeu 8 Mar 2018 - 22:31, édité 18 fois
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Mer 10 Aoû 2016 - 22:44

Bienvenue parmi nous I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 818702342

Très joli avatar que je ne connais pas du tout I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 3924359785 bon courage pour ta fiche en tout cas I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 1055885594
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Mer 10 Aoû 2016 - 23:34

Merci Very Happy

C'est un mannequin, donc forcément moins connu que la plupart des acteurs, mais ça correspond pile-pile à ce que je voulais pour mon personnage ^^
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Mer 10 Aoû 2016 - 23:50

Bienvenue par ici :keur: Eh beh, ça c'est du début de fiche ! J'ai hâte de lire la suite, bon courage pour la rédaction et si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à contacter le staff, elles se feront un plaisir de t'aider I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 3924359785


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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Jeu 11 Aoû 2016 - 12:18

Bienvenue parmi nous I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 1385788135
Bon courage pour ta fichette I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 4286030528
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Jeu 11 Aoû 2016 - 15:29

Bienvenuuue
J'aime beaucoup ton idée de perso I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 842585232
Bon courage pour la suite de ta fiche Very Happy
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Jeu 11 Aoû 2016 - 18:35

Merci beaucoup à tous les trois Very Happy
Je vais essayer de ne pas trop traîner pour avancer la fiche, mais avec le boulot, je ne peux pas vraiment m'y consacrer en journée I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 3884992234 j'espère que le personnage vous plaira!
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Jeu 11 Aoû 2016 - 19:30

Bienvenuuue ! I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 2390229339
Ton début de fiche est super intéressant je dois dire, j'ai hâte de lire l'histoire I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 842585232 !
J'espère que tu te plairas ici mais je n'en doute pas, tout le monde est super sympa et accueillant ici ! I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 1715510379
Bon courage pour la fin de ta fiche ! I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 818702342
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Ҩ Re: I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov Ҩ Jeu 11 Aoû 2016 - 22:09

Merci beaucoup! Very Happy l'accueil est top, surtout que je me doute que ce n'est pas la meilleure période pour s'inscrire, en plein mois d'août x)

La fiche avance petit à petit I know I'm a mess || Ielisseï K. Voronov 1055885594 (et dans le plus grand désordre)
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