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 Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy

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Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Sam 25 Avr - 4:27

Darcy Rookwood. Belle petite enflure. C'est bien comme ça, qu'elle disait, non ? Enora lui avait donné tout un tas de nom d'oiseau, au petit sang-pur, en vérité. De la même façon qu'il avait trouvé tout un tas de noms à lui attribuer à elle. Tout un tas de regards à lui lancer quand il la croisait dans les couloirs de Poudlard. Tout un tas de façons de lui témoigner son mépris, de la rabaisser. A croire qu'il aimait la voir fulminer, qu'il aimait la voir sauter sur ses pieds, le fusiller du regard, bouillonner de rage comme elle avait tant de fois pu le faire par sa faute. Lui et beaucoup d'autres. Trop d'autres. Qui lui avaient pourri la vie depuis la première année qu'elle avait passée dans l'école écossaise. Edgard Barjow par-ci. Edgard Barjow par-là. Et il paraît qu'il est violent, le père. Et il paraît qu'il boit. Et tu le vis bien, toi, Eno ? Ta gueule, pauvre con. Tu ne sais pas. Vous ne savez rien.
Sauf que si … Ils savaient. Ils avaient raison, tous. Ils ne savaient pas qu'ils avaient raison, mais elle elle savait qu'elle avait eu tort. Tort de défendre ce monstre. Tort de l'aimer, surtout. Envers et contre tout. Contre tous. Elle en avait reçues, des injures, des moqueries, la fille Barjow. Southlington et Rookwood avaient été les plus acharnés parmi ceux qui lui en mettaient plein la figure. Et si le premier avait plusieurs fois préféré fermer sa grande bouche, le second se chargeait de le rappeler à l'ordre pour revenir à la charge. Elle avait bien cru les étrangler, plusieurs fois. Sauf qu'ils ne se laissaient pas faire, bien sûr, les deux serdaigles. Et les insultes avaient souvent fusé des deux côtés. Sauf une fois ; une fois, où elle n'avait rien dit. C'était juste après la rentrée en Janvier quatre-vingt-seize. Elle n'avait pas répondu, non. Elle avait juste resserré ses doigts autour de sa baguette. Heureusement que Rain l'avait vue avant qu'elle ait le temps de s'en servir. Heureusement qu'elle l'avait entraînée plus loin, à l'écart, avant qu'elle puisse leur faire ravaler leurs paroles. Enora n'avait alors jamais eu autant envie de tuer quelqu'un. Vraiment. Elle avait cru les tuer ce jour là. C'était avant qu'elle prenne un peu de recul sur ce qui était arrivé pendant les vacances et qu'elle n'alimente la haine qu'elle adressait à présent toute entière à Barjow père. C'était avant la guerre, aussi.
En tout cas elle n'avait rien oublié de ces années. De ce temps où elle avait presque peur de sortir de son dortoir pour affronter le regard des autres. Elle se souvenait bien de l'année quatre-vingt seize, aussi. L'année où c'est le trio Gryffondor le plus célèbre de l'école qui n'avait cessé de la regarder de travers. Oh, elle se rappelait de ce jour, juste avant la rentrée, où elle avait attendu dans la boutique qu'il soit l'heure de rejoindre le train. Et où son père l'avait envoyée dans l'arrière boutique en voyant Malefoy arriver avec son fils. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour faire le lien, quand elle avait su que Drago était impliqué dans la mort de Dumbledore. Elle ne savait pas comment les trois autres avaient été au courant de tout ça – de toute façon ils étaient toujours impliqués dans de sales affaires – mais en tout cas ils n'avaient pas eu de mal à faire le lien avec elle. Et est-ce qu'ils l'auraient fait, ce lien, si des abrutis parmi les abrutis n'avaient pas passé leur temps à la rattacher à son père ? A lui faire porter ses responsabilités ? Belle petite pourriture, le Rookwood.

Alors pourquoi était-elle là, aujourd'hui, à le regarder s'approcher, souriante, assise en bas des gradins du terrain de quidditch ? Ca cachait forcément quelque chose. Toute la rancœur qu'elle avait accumulée pendant des années n'avait pas pu disparaître en un été. Il y avait des choses qui n'étaient pas restées enfouies sous les ruines de Poudlard, et celle-là en faisait partie. Mais elle avait su se débrouiller, Enora, pour faire taire la vigilance du jeune homme (du moins le croyait-elle), pour qu'il lui accorde sa confiance. Pour qu'ils se rapprochent et qu'il s'attache. Il l'avait humiliée pendant des années, et elle allait le lui faire payer. C'était à son tour de se sentir rabaissé, de souffrir comme il avait pu la faire souffrir. C'était son tour. Mais pas maintenant. Avant, il allait espérer. Il allait y croire, pour tomber d'encore plus haut. C'était tout ce qu'il méritait.
Pourtant Barjow fille n'était pas manipulatrice ; pas comme ça, en tout cas. Elle était excellente comédienne, elle savait montrer ce qu'elle voulait. Et ça lui permettait de se protéger. Pas de blesser, de rendre des coups. Mais en ce qui concernait Darcy, c'était différent. Il avait été responsable de trop de choses. Il lui avait fait trop de mal pour qu'elle ne cherche pas à lui rendre la pareille ; il était l'incarnation même de ce passé douloureux qu'elle aurait voulu oublier définitivement, laisser derrière elle. Ce n'était pas possible, pourtant, et elle s'en était rendue compte. Ca faisait des semaines qu'elle n'avait plus osé aller vers Onisim après ce qui était arrivé au marché noir. Et tout ça, à cause de son passé. De son père, de ce qu'il avait fait. Darcy la rappelait sans le vouloir à ce passé qu'elle haïssait tant. Comme un obstacle à la vie qu'elle voulait reconstruire loin de son pays et de ses souvenirs empoisonnés. C'est comme s'il était cette part de son histoire qui survivait aux efforts qu'elle faisait pour l'oublier et pour avancer. Et pour ça aussi, il méritait de souffrir, pas vrai ?

« Hé ben, j'ai failli t'attendre ! » Fit-elle, souriant toujours, en se levant à son arrivée. Son rictus se changea furtivement en grimace lorsqu'une bourrasque de vent s'engouffra sous la tonne de pulls qu'elle avait pourtant accumulés sur ses épaules. « Brr. Je m'y ferai pas, je crois, à ces températures. C'est dans ce genre de moments que l'Ecosse me manque ! » La jeune femme jeta un coup d'oeil au balais que –celui qui devait se croire– son ami tenait dans la main. « J'espère que t'es motivé, qu'on puisse se réchauffer vite ! »


Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 9 Jan - 21:22, édité 1 fois
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Statut du sang : Sang-mêlé, il ne l'a découvert que récemmentMessages : 425Date d'inscription : 17/02/2015Localisation : cherche une putain d'issue pour quitter ce château
Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Dim 26 Avr - 2:57


▿ some trust in love
and some trust in hatred
enorcy


Elle filait dans les airs comme une flèche, la Barjow. Des cris s'élevaient pour supporter les joueurs, tout le monde s'était rassemblé pour le premier match de l'année. Darcy adorait le quidditch, toutefois il ne s'était pas senti assez en forme pour participer. Il conservait de ses nombreux voyages quelques blessures qui tardaient à disparaître. Autrefois si douloureuses, elles n'étaient aujourd'hui plus que des marques de toutes ces épreuves parcourues cet été. Comme autant de souvenirs qu'il aurait préféré oublier, voire même ne jamais avoir dû créer. Il s'était perdu, quelque part entre Poudlard et Durmstrang, ne sachant pas trop comment il avait atterri dans cette dernière. Un jeu de relations, certes, mais il s'était demandé à de nombreuses reprises si il avait bien fait d'accepter de reprendre ses études en Bulgarie. Après tout, il ne connaissait pas grand chose aux pays de l'est et ce qu'il connaissait, il venait de l'apprendre au cours de ses houleux séjours. Pendant de longues semaines, il s'était senti mal à l'aise dans ce château habité par des bêtes acharnées afin de s'emparer de l'Ox. Ils n'avaient que ce mot-là à la bouche. L'Ox. C'était pire que le Graal à leurs yeux. Le jeune homme aurait pu faire partie de ceux intéressé par ce pouvoir éternel, il ne niait pas avoir été attiré par cette légende, mais il s'en était rapidement détourné. Il en avait assez de courir après une gloire qui lui échappait sans cesse. Il avait retenu la leçon, il n'était pas assez bien pour mener à terme la vie dont il rêvait autrefois. Il ne serait jamais suffisant, il y aurait toujours quelque chose qui lui ferait défaut. A commencer par la pureté du sang, d'ailleurs.
Une chance qu'il ait retrouvé quelques camarades de Poudlard ou de bons amis rencontrés lors du Tournoi des Trois sorciers, comme Hope Montpensier par exemple. A vrai dire, c'était surtout pour elle qu'il était resté, c'était elle qui était parvenue à le rassurer. Ensemble, ils en avaient surmonté des épreuves, et pas des plus faciles. Ainsi, il lui avait tardivement appris le décès de sa jumelle, et elle s'était effondrée. Toutefois, unis dans leur chagrin, ils étaient parvenus à se relever. Sans elle, il serait déjà parti depuis longtemps. Puis, il y avait les autres, les anciens collègues et les nouvelles rencontres. Il y avait encore ceux qu'il connaissait depuis longtemps mais auxquels il accordait désormais un regard différent, moins haineux et plus embarrassé. D'anciennes victimes à qui il ne parviendrait jamais à expliquer les changements cruciaux survenus dans sa vie. Personne ne pourrait croire qu'il avait changé, lui, Darcy Rookwood. Du moins, c'était ce qu'il pensait avant de croiser Enora et son sourire compréhensif. Il lui en avait fait voir de toutes les couleurs, la pauvre devait le détester, pourtant elle avait cru en lui lorsqu'il s'était excusé de lui avoir fait subir toutes ces horreurs. Si au départ il ne s'était pas attendu à un quelconque rapprochement entre eux, il avait été surpris de constater qu'elle n'avait eu de cesse de revenir vers lui. Cette amitié inattendue l'avait énormément conforté dans son envie de rester à Durmstrang, elle représentait désormais un pilier important de ses relations et il devait bien admettre que l'affection non dissimulée qu'elle lui accordait lui faisait chaud au coeur. Cela lui faisait un bien fou de savoir que quelqu'un croyait en lui, même si ce quelqu'un n'était pas celui qu'il avait d'abord espéré. Comment aurait-il pu espérer quoi que ce soit de la part de la petite brune qu'il méprisait tant?
Pourtant le voilà, assis dans les tribunes, ne lésinant pas sur les moyens pour encourager son amie. Il s'était mis à hurler, à protester, à tout faire pour la supporter. Sa déception fut grande lorsqu'on dut mettre fin au match en raison des mauvaises conditions météorologiques. Il pestait à voix haute avec sa voisine, une amie de la Barjow. Malgré son humeur ronchonne, il s'était tout de même activé pour rejoindre l'anglaise et lui balancer quelques plaisanteries sur sa performance lors du match. Elle était trempée jusqu'aux os, de ce fait il ne put la retenir plus longtemps. Mais alors qu'elle était sur le point de s'en aller se changer, il l'apostropha soudainement. « Hé, Enora ! Ça te dirait que je te montre comment les VRAIS joueurs maîtrisent le souaffle? lança-t-il sur un ton blagueur. » Il s'était surpris lui-même par cette proposition. Après une maigre réflexion, il se dit que ce n'était pas une mauvaise idée, ils traînaient de plus en plus souvent ensemble et il s'était mis à sincèrement apprécier sa compagnie. A vrai dire, il adorait passer du temps avec elle, leurs après-midis s'écoulaient toujours à la vitesse de la lumière. Jamais il n'aurait pensé cela possible, et pourtant, elle allait encore lui donner une preuve que les choses avaient vachement évolué entre eux. « Seulement si tu promets de ne pas te prendre pour l'un d'entre eux ! » Il rit doucement, elle avait toujours le don de sortir la réplique qu'il fallait au bon moment. Il prit un air contrit, mais il dut s'avouer battu alors il haussa les épaules. « Je ferai un effort, promis. On se retrouve mercredi alors, profite du temps qu'il te reste pour t'entraîner ! » Puis il s'éloigna, le coeur léger.

C'était aujourd'hui, mercredi. Il aurait déjà dû se trouver sur place, seulement il avait été retenu par Christina avec qui il venait d'avoir une longue discussion chargée de bon sens. Elle aussi, il n'avait appris à l'apprécier que récemment, mais les raisons de l'antipathie qu'il entretenait à son égard étaient sans doute plus légitimes. Des histoires de coeur, encore et toujours. S'apercevant de son retard, il la congédia gentiment avant de s'activer dans les couloirs. A défaut de pouvoir courir, il marcha aussi vite que possible. Ce fut donc un Darcy essoufflé qui se retrouva enfin dehors, en train de se précipiter vers le terrain de quidditch. Il était plutôt mal parti pour tenir très longtemps, vu qu'il était déjà fatigué. Il n'aurait pas dû sortir faire la fête aux Trois Trolls hier, c'était une mauvaise idée. Il savait qu'avec Enora, il n'aurait pas une minute de répit, et cela le rendait déjà plus qu'épuisé. Mais il lui avait promis de venir, alors il tenait sa promesse. Et justement, il l'aperçut au loin, visiblement occupée à l'attendre. Il se dépêcha de la rejoindre. « Hé ben, j'ai failli t'attendre ! » Elle souriait malgré l'impatience perceptible dans sa voix. Il ne s'excusa même pas, se contentant de la saluer et de lui rendre son sourire. Elle était si belle, la Barjow, qu'il ne se concentra pas réellement sur ce qu'elle lui disait, trop occupé à réaliser à quel point elle avait du charme. Il n'y avait jamais réellement fait attention, mais cela l'avait marqué là, à l'instant, alors que son visage s'était illuminé en le voyant approcher.  Il cessa de se laisser distraire pour se raccrocher au moment présent, il saisit sa phrase en plein vol. « J'espère que t'es motivé, qu'on puisse se réchauffer vite ! » Malgré sa course récente, il fit bonne figure et lui lança un regard de défi. Il ne se laisserait pas ratatiner par une fille, c'était hors de question. Et puis, sa réplique portait à confusion dans son esprit qui venait de se laisser emporter, si bien qu'il ne put s'empêcher de vouloir la taquiner là-dessus. Il prit un air charmeur, un peu moqueur, gentiment. « Tu sais… Je connais un autre très bon moyen de se réchauffer… fit-il sur un ton suggestif avant d'éclater de rire. Tu devrais voir ta tête ! » Il n'en pouvait plus, elle était si étonnée par son commentaire qu'elle lui avait lancé un regard perdu, ignorant si il s'agissait d'une plaisanterie ou pas. En vérité, il ne le savait pas non plus, il devait bien reconnaître que de jour en jour, il se sentait de plus en plus attiré par la demoiselle. Enora et ses beaux sourires, ses belles paroles, ses regards biaisés, la Enora qu'il critiquait tant autrefois, désormais, elle savait se faire désirer. Il n'en revenait pas de ce changement brutal, il ne l'avait jamais connue comme il la connaissait désormais, et jamais elle ne lui avait semblé plus radieuse qu'en ce moment. Pour se redonner un peu de contenance, il enfourcha son balai et l'invita à l'imiter. « Ne me souhaite pas bonne chance, tu en auras plus besoin que moi. » Un dernier sourire farceur avant de s'élever dans les airs.






WRAPPED UP, SO CONSUMED BY ALL THIS HURT


Anger, love, confusion. Roads that go nowhere. I know there's somewhere better, cause you always take me there. Would you take the wheel if I lose control? If I'm lying here, will you take me home?


Dernière édition par Darcy Rookwood le Mar 14 Juil - 23:52, édité 1 fois
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Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Ven 22 Mai - 4:40

Ca n'avait pas été facile, de lui faire croire à sa bonne foi. Bien entendu, Darcy s'était d'abord méfié. Après tout, pourquoi est-ce qu'elle serait aussi bienveillante à son égard ? N'avait-il pas été la pire des pourritures, avec elle ? Ne lui avait-il pas empoisonné la vie, à Poudlard ? Elle n'avait aucune raison de lui témoigner la moindre empathie, la moindre compassion ou la moindre trace de compréhension. Pourquoi alors une telle amabilité, un tel désintéressement ? Parce qu'elle comprenait, ou parce qu'elle avait aussi connu la guerre et qu'elle avait aussi pris conscience de certains enjeux, de certaines valeurs. Parce qu'elle ne voulait pas rester sur des enfantillages ridicules alors que maintenant ils étaient adultes et ils pouvaient bien mettre un terme à leurs rancœurs idiotes. Puisqu’après tout, tous les enfants sont cruels, entre eux, et que ce serait idiot de se borner dans une haine révolue et inutilement rancunière.
C'était ce qu'Enora lui avait répondu quand il s'était étonné de la découvrir aussi ... différente. Mais il avait été plus différent qu'elle, à vrai dire. Il n'avait pas reparlé de son père. Il n'avait pas recommencé à la provoquer et à l'attaquer là où il savait que ça ferait mal. Il avait été différent, comme il prétendait l'être devenu. Mais ça n'effaçait pas toutes ces années où elle avait vécu un enfer par sa faute. Ca n'effaçait rien ; et ça elle ne l'oubliait pas. Elle le gardait bien à l'esprit, dans un petit coin de sa tête, tandis qu'elle lui servait ses beaux sourires et ses plaisanteries. Son jeu de comédienne avait été la plus efficace de ses armures. Aujourd'hui, elle était la plus dangereuse de ses armes. Et Darcy s'y frottait sans savoir du tout dans quoi il s'enfonçait. Il souriait avec elle, il blaguait, il parlait. De plus en plus confiant. Et plus elle le sentait confiant, mieux elle se sentait. Pas pour les bonnes raisons, mais ça lui faisait du bien ; ou non ça lui faisait plaisir, et pas de la manière la plus saine. Elle savait qu'il était de plus en plus vulnérable. Elle savait que le jour où elle pourrait lui porter le coup fatal se rapprochait chaque fois qu'ils passaient du temps ensemble. Et c'était presque excitant de le voir tomber dans son piège sans qu'il se méfie de rien. Beaucoup trop confiant dans le faux rôle qu'elle jouait auprès de lui depuis la rentrée.

Sauf qu'Enora avait de plus en plus cette sensation étrange, que ce soit avec lui ou avec d'autres, quand elle ne savait plus à quoi elle jouait, ou qui elle jouait. Ce masque qu'elle arborait auprès de Darcy était simplement un peu plus poussé que celui qu'elle gardait jour après jour quand elle n'était pas seule ou bien en présence de ses rares plus proches amis. Celui de la fille sympathique, joueuse, souriante, populaire. Son masque de défense, son armure, depuis des années. Elle se plaisait souvent à croire que ce personnage n'en était pas réellement un. Qu'elle était vraiment cette fille enthousiaste et pétillante ; ça lui permettait d'oublier un peu celle qu'elle était vraiment, écorchée et meurtrie. Alors Enora rentrait dans le jeu, se laissait porter, se bornait à croire aux mensonges qu'elle proférait. Oui, le jeu était dangereux. Non, elle n'avait sans doute pas conscience des conséquences que pourraient avoir une telle attitude sur son psychisme déjà un peu secoué. Elle était perdue, plus que jamais, depuis qu'elle n'avait plus Onisim, qui était le seul avec qui elle avait pu retrouver un semblant de joie de vivre qui ne soit pas faux. Et, pire que d'empêcher l'amélioration promise, cette perte avait aggravé les choses en ramenant d'autres fantômes, et pas seulement les siens. En détruisant leur amitié, leur relation, elle avait détruit une grosse partie de l'équilibre qu'elle tâchait de retrouver ici à Durmstrang. Loin de tout ce qui faisait que sa vie d'avant avait été un tel cauchemar.

Tout ? Pas vraiment ; pas loin de Garret, pas loin de Darcy. Et si pour le premier elle essayait d'arranger les choses pour aller de l'avant, l'attitude qu'elle avait avec le deuxième ne la menait clairement pas vers une acceptation ou une reconstruction. Elle se vengeait, bêtement et simplement. Inutilement, sans doute. Ca ne lui apporterait rien, au final, elle en avait bien conscience. Mais sur l'instant, quand elle ne s'impliquait pas assez dans son rôle pour oublier ses véritables intensions, la satisfaction qu'elle en retirait chassait pour quelques instants la terrible peur du vide au dessus duquel elle vacillait quotidiennement. Le genre de plaisirs faciles et insouciants qui font du bien malgré tout, même quand ils ne sont pas acquis de la bonne façon, même s'ils ne sont que superficiels et qu'ils cachent un retour à la réalité particulièrement brutal. Tant qu'elle ne tombait pas, c'était bon. L'équilibre était toujours là ; même si elle jouait avec le feu. Tant qu'elle ne brûlait pas, c'était bon.

« Tu sais… Je connais un autre très bon moyen de se réchauffer … » Que .. quoi ? « Tu devrais voir ta tête ! » ... Très drôle. Même après qu'il ait éclaté de rire, Enora resta interdite encore quelques fractions de secondes avant de rire à son tour. Il se foutait de sa gueule ; bien sûr. A force de tergiverser intérieurement, elle avait un peu perdu le fil. Cela dit, elle avait tellement froid qu'elle aurait été prête à à peu près n'importe quoi pour un peu de chaleur. Mais puisqu'elle avait le choix, elle préférait tâcher de se réchauffer en gardant ses vêtements. Néanmoins, il lui tendait une sacrée perche. Et elle n'allait pas la refuser. « Prouve-moi que t'en as dans le pantalon, Rookwood, et on en reparlera à ce moment là ! » Siffla-t-elle en enfourchant son balais, sans cesser de le darder de son regard provocateur. « J'ai encore quelques doutes. »

« Ne me souhaite pas bonne chance, tu en auras plus besoin que moi. » Il lui jeta un dernier regard, et elle lui fit un clin d'oeil avant de pousser sur ses pieds pour s'envoler avec lui.

Barjow fille adorait le quidditch. Depuis toujours ; elle se débrouillait plutôt pas mal, en plus. Néanmoins, elle avait trouvé meilleurs qu'elle ; entre Harry Potter et Ginny Weasley, elle n'avait réussi à avoir la place d'attrapeuse durant aucune des années qu'elle avait passées à Poudlard. Tant pis, ça ne l'avait pas empêchée d'être la première à hurler des encouragements à pleins poumons pendant les matchs. Et elle avait pu revenir jouer plusieurs fois, avec Rain, Ethan, Fred et Georges, souvent. Enora s'en foutait, qu'on reconnaisse son potentiel en l'acceptant dans une équipe. Elle n'était même pas convaincue d'être réellement douée ; tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle était à l'aise sur un balais, qu'elle était rapide, et qu'elle adorait ça. Pas besoin d'être reconnue. Elle voulait juste s'éclater. Savourer le vent qui fouettait son visage et l'air frais qui s'engouffrait dans ses poumons, sans que rien ne semble pouvoir l'arrêter.

Prenant de l'altitude, elle ne tarda pas à éprouver la force du vent, et maugréa lorsque ses propres cheveux claquèrent devant son visage en lui cachant la vue. Elle aurait pu y penser avant, songea-t-elle en lâchant le manche de son balais pour faire glisser un élastique de son poignet à sa main afin de s'attacher les cheveux dans une queue de cheval grossière qui laissait s'échapper plusieurs mèches éparses. Ca ferait l'affaire, pourtant, elle n'allait pas se prendre la tête ; et puis, rester en équilibre sans les mains en plein vent et à cette altitude, même si elle n'avait pas peur, elle avait conscience que c'était peut-être un brin dangereux.
Ramenant ses mains sur le bois, elle chercha du regard Darcy avant de le héler par dessus le hurlement du vent. « J'attends des preuves, Rookwood ! Toujours pas prêt à abandonner ?! » Enora n'était pas certaine des raisons pour lesquelles il lui avait fait ce commentaire tendancieux un peu plus tôt ; devait-elle y voir un réel sous-entendu, ou une simple plaisanterie ? Quoi qu'il en soit, ça servait ses intérêts. S'il commençait en effet à emprunter cette voie, alors elle n'allait pas avoir de mal à le coincer pour de bon. Et la provocation était son fer de lance. Elle était aussi capable de sous-entendus, et convaincue qu'il répondrait. La question était de savoir jusqu'où il irait. Mais pour l'instant, l'heure était au quidditch. Parce qu'on avouera que s'embrasser à une vingtaine de mètres d'altitude, sous un vent plus que violent, ce n'était pas ce qu'il y avait de plus pratique. « Une petite course en guise d'échauffement, ça te tente, ou alors on passe direct aux hostilités ? » Les hostilités désignant le jeu en lui-même. Un match à deux, c'était assez compliqué, mais rien ne les empêchait de lâcher un vif d'or ou de prendre le souaffle qu'elle avait laissé posé en bas des gradins. Cela dit, pour être honnête, si jamais ils se servaient de la balle rouge, elle n'était plus trop sûre d'avoir le dessus. Les autres fois, quand ils avaient joué, elle avait pu constater qu'elle était plus rapide que lui. Par contre, elle était clairement moins précise, et bien incapable de lui reprendre le souaffle par la force quand il l'avait dans les mains. Autant dire que la course arrangerait davantage sa petite fierté personnelle.


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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Mer 15 Juil - 1:01


▿ some trust in love
and some trust in hatred
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Darcy s'agrippa au manche de son balai, les yeux rivés vers l'horizon, comme si il le défiait. Pourtant, il n'y avait rien au monde qui ne lui réchauffait le coeur autant que de laisser son regard se perdre au loin. Se souvenir d'un été où il s'était reconstruit, loin des prisons de son enfance et de ce manoir poussiéreux. Le ciel était devenu son plus fidèle compagnon de voyage, il lui était d'ailleurs souvent arrivé de monter sur un balai et de poursuivre son chemin au milieu des nuages. Avec Enora, il n'avait guère le temps de savourer cette sensation de vaste liberté, car leur esprit de compétition était plus vif que son amour de la nature. Il se devait de gagner. Toujours. Mais elle était rapide, la petite anglaise, elle glissait sur les vagues de ce vent glacial. Il s'arrêta à une hauteur acceptable, la chercha du regard, puis se mit à l'observer depuis son poste. Elle semblait occupée à se coiffer, ce qui lui donna envie de lui lancer une réplique sarcastique. Franchement, ne savait-elle pas faire la différence entre un terrain de quidditch et un salon de coiffure? Il se retint néanmoins, car sous la faible lumière du jour, elle lui semblait radieuse. Il n'avait aucune idée d'où lui venaient ces pensées nouvelles à son sujet, peut-être n'était-ce que passager. Il n'avait jamais réellement eu l'impression de la trouver attirante, ni même intéressante. Ce n'était qu'une gamine issue d'un milieu pourri, dont l'ogre de père n'était bon qu'à servir d'elfe de maison à une famille de Cracmols. Il l'avait toujours pensé. Une Barjow ne pouvait guère mériter qu'on lui adresse la parole comme il le faisait, elle n'était pas digne de lui. Enfin, il l'avait longtemps pensé, plutôt. Jusqu'à ce qu'il regrette tout ce qu'il lui avait fait subir, et qu'elle semble croire en son changement radical de personnalité. Elle croyait en lui, du moins était-ce ce qu'elle lui laissait penser. Elle l'encourageait à se racheter auprès d'elle en acceptant chacun de ses rendez-vous, tantôt sur ce terrain, tantôt ailleurs. Elle était étrangement devenue celle qui lui apportait le réconfort dont il avait besoin pour ne pas se décourager. Jamais il n'aurait pu imaginer cela de la part de ce petit bout de femme. D'ailleurs, il peinait encore à y croire malgré toutes les évidences qui lui sautaient aux yeux. A vrai dire, à chaque fois qu'il la voyait, elle parvenait à réchauffer son coeur d'une façon agréablement surprenante. Et voilà que l'image de l'ancienne Barjow s'estompait pour laisser place à celle d'une Enora souriante, charmeuse et enfin appréciée à sa juste valeur. Pour le coup, il n'avait rien vu venir.

Ses cris lui parvinrent malgré les sifflements stridents du vent. « J'attends des preuves, Rookwood ! Toujours pas prêt à abandonner ?!  » Elle était prête et surtout, décidée à remporter cette manche. La dernière fois qu'ils avaient joué ensemble, elle l'avait battu de peu. Elle possédait des atouts, notamment son poids de plume, ce qui lui donnait l'avantage dans certaines situations. Mais il était bien plus fort qu'elle, et sans doute plus bourru. Il fonçait tête baissée, n'hésitait jamais, même si il devait prendre des risques pour écraser son adversaire. Il avait mal digéré sa défaite, elle allait voir de quoi il était capable. « Dans tes rêves ! » Il n'était pas certain qu'elle l'ait entendu, mais elle enchaîna presque tout de suite après lui. « Une petite course en guise d'échauffement, ça te tente, ou alors on passe direct aux hostilités ? » Sachant qu'il s'était dépêché pour venir, ce qui l'avait déjà un peu fatigué, il n'avait pas envie de perdre son temps pour un échauffement. Il s'éloigna de son adversaire, descendit droit vers les gradins pour récupérer un souaffle, puis remonta comme une flèche. Il le lança dans les airs avec détermination, puis le lui envoya avec force. Elle le reçut assez brutalement, une chance qu'elle avait eu le réflexe de mettre ses mains en avant pour l'intercepter. « Honneur aux dames, fit-il d'un air humble. » Et le jeu put enfin commencer.
Ils tournoyaient dans les airs, filant à toute allure. Le souaffle passait de l'un à l'autre, jusqu'à finir sa course au coeur des cercles métalliques. Enora peinait à récupérer le souaffle, il s'y accrochait tellement bien qu'elle devait prendre de l'élan afin de le pousser assez fort pour le déstabiliser. Ce n'était pas facile mais elle y parvenait tout de même, bien qu'il se régalait de la situation. Il n'avait de cesse de la provoquer, lâchant son balai pour jouer avec le souaffle devant ses yeux enragés. Elle le suivait de très très près, jamais il n'avait eu un seul mètre d'avance sur elle. Elle ne laissait rien lui échapper, c'était cet acharnement qu'il avait appris à aimer chez elle. Il avait beau la narguer, elle reprenait toujours le dessus, elle ne se laissait pas abattre si facilement. Mais pour la peine, il avait l'avantage, cette fois-ci. Il n'avait manqué aucun de ses lancés, tous s'étaient transformés en buts. Sauf un qu'elle avait intercepté d'une façon trop brillante pour qu'il ait l'intention de le mentionner. On ne retiendrait que sa performance remarquable et puis, pour le reste, il se contenterait de dire qu'elle avait menti. Cela lui semblait être une bonne solution. Puis, après une bonne heure de match, elle ne s'en souviendrait pas. De toute façon, il totalisait un score qui était de dix points supérieur au sien. Alors qu'elle se prosterne à ses pieds sans protester.

Il s'apprêtait à lui suggérer d'arrêter la partie ici lorsqu'il l'avait perdue de vue. Elle revint comme une flèche, fonçant sur lui sans qu'il n'ait eu le temps de réagir. Il s'était reposé un instant et elle le lui faisait payer. Elle avait dû deviner qu'il allait mettre fin au jeu et elle avait décidé de venir le bousculer une dernière fois. Sauf que, ce qu'elle n'avait sans doute pas prévu, c'était qu'il se raccroche à elle par réflexe pour ne pas tomber, ce qui la fit flancher sur la droite sous l'impulsion. Elle avait perdu l'équilibre et était sur le point de se casser la figure, tout cela à cause du geste trop brusque et pas du tout contrôlé de Darcy. Heureusement, il eut le temps de la retenir par un pan de son uniforme pour la remettre dans une position plus stable.
Toutefois, cela lui avait donné une idée. Il se rapprocha d'elle au maximum et profita de sa force pour la pousser, l'entraîner sur le côté avec lui. Puis il mit une main sur son balai, appuya aussi fort qu'il le put pour qu'il se dirige droit vers le sol et ensemble, ils foncèrent vers le bas. Elle tenta de retirer sa main mais il tenait le manche trop fermement. Elle lui hurla d'arrêter ça, mais il se marrait comme jamais. L'adrénaline. Il intervint juste avant qu'ils ne s'écrasent par terre, même si l’atterrissage ne se fit absolument pas en douceur et qu'ils avaient fini tous les deux aplatis contre le gazon. Après un bref silence où chacun reprit son souffle, il éclata de rire.  « Ça, c'est ce que j'appelle du sport! » Il avait conscience d'avoir agi bêtement, il aurait pu redresser leurs balais trop tard et ils auraient terminé leur course à l'infirmerie. Mais il était plutôt satisfait de sa petite blague, tandis que Enora, couchée sur le dos à quelques centimètres de lui, semblait incapable de réagir. Il se fit rouler sur le côté, laissant échapper un léger cri de douleur. Son coude frôlait désormais celui d'Enora, sa main gauche se perdit au-dessus du corps de la Gryffondor avant de se poser sur son coeur. « Pas de chance, tu es toujours en vie. Rappelle-moi d'y aller plus fort la prochaine fois.  » Les battements rapides de son coeur tambourinaient dans sa poitrine, sans doute faisaient-ils échos aux siens.





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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Mer 15 Juil - 3:46

A sa proposition d'échauffement, Rookwood répondit en s'en allant directement chercher le souaffle dans les gradins. Bon, ça avait le mérite d'être clair. La gryffondor dit silencieusement adieu à ses quelques chances de sauver l'honneur par une performance de vitesse, et se briefa mentalement sur la suite des opérations. Ca n'allait pas être de tout repos. Le serdaiglerevenait déjà, visiblement motivé ; il lui envoya la balle avec un entrain qui aurait déstabilisé Enora si elle n'avait pas eu le temps de tendre les bras pour la récupérer. « Honneur aux dames. » Elle lui sourit. « T'aurais pu commencer, dans ce cas ! » fit-elle, narquoise, avant de caler la sphère rouge sous son bras pour foncer vers les anneaux. Rookwood s'en vint rapidement lui faire obstacle, mais elle l'esquiva d'une pirouette en passant sous lui au dernier moment. Comme elle était plus rapide, elle parvint à s'approcher assez près des buts pour pouvoir tirer sans craindre de manquer sa cible. Les premiers points furent pour elle, et le regard victorieux qu'elle posa sur Darcy eut au moins le mérite de flatter un peu son égo avant que le jeu ne tourne à son désavantage.

Comme elle s'y attendait, Enora n'avait clairement pas l'avantage, seule contre lui. Elle était plus vive, plus rapide, alors il avait du mal à l'attraper quand c'était elle qui avait le souaffle. Mais quand il y arrivait, elle n'avait aucune chance. Et lui reprendre le souaffle à lui s'avérait être une affaire autrement compliquée ; il était plus lourd, plus fort, et donc plus stable. Son unique chance de le faire un peu chanceler consistait à prendre un élan monstrueux pour lui foncer dessus de toutes ses forces, ce qui s'avérait fort peu pratique pour l'empêcher de rejoindre les anneaux métalliques. Elle ne s'avouerait pas vaincue, mais il s'avéra très vite qu'aujourd'hui, elle ne prendrait pas l'avantage. Et Darcy l'avait très bien compris. Il se foutait d'elle, ouvertement. Il la provoquait, et elle enrageait littéralement de ne pas pouvoir lui clouer le bec. Elle avait beau l'attaquer par tous les côtés possibles, il gardait bien la balle rouge en main, fermement, et rien n'y faisait. En plus, il visait foutrement bien, ce bougre de détraqueur défraichis, et pas un seul de ses tirs ne manquait les anneaux. Barjow fille se surprit elle-même lorsqu'elle parvint à intercepter un lancer, par pur réflexe, si bien qu'elle se retrouva dans une position acrobatique assez incroyable et pas du tout maîtrisée. Mais elle s'en sortit bien et se retrouva au final assez fière d'elle. Darcy ne sembla pas relever, occupé qu'il était à essayer de récupérer la sphère ; au final, elle marqua ce but là, réduisant un peu l'avance que le jeune homme avait déjà commencé à prendre. Et qu'il recommença à creuser dès la remise en jeu. C'était foutrement décourageant et Enora ne trouva la force de continuer à jouer pendant une heure et demie que dans son entêtement et sa fierté. Hors de question d'abandonner, même si, concrètement, elle avait abandonné l'idée de voler la victoire.

Darcy ralentit au milieu du terrain, et la jeune femme comprit qu'il s'apprêtait à mettre fin à la partie. Ils n'en pouvaient clairement plus ni l'un ni l'autre ; elle encore moins que lui, songea-t-elle, tandis qu'elle tâchait tant bien que mal de reprendre sa respiration pour la onze millième fois en dix minutes. Mais hé, il s'en tirait avec un peu trop de points d'avance à son goût. Si elle pouvait en marquer encore un, histoire de sauver la face ...
Ni une ni deux, Barjow fille fonçait droit sur lui ; la seconde d'après, elle le percutait de plein fouet, et pensa même avoir réussi à le déstabiliser pour de bon. Avant qu'elle ait pu s'emparer du souaffle pourtant, le bras du jeune homme la bouscula tant et si bien qu'elle se retrouva déséquilibrée à son tour. Son estomac fit un bond monstrueux dans son ventre lorsqu'elle se sentit perdre l'équilibre et glisser sur le côté sans pouvoir se retenir ; un cri de surprise s'étrangla même dans sa gorge au moment où elle sentait une main empoigner son uniforme pour la ramener sur son balais.

Bon. C'était moins une. Le coeur d'Enora se livrait à elle ne savait trop quelle pratique étrange dans sa poitrine, mais en tout cas, c'était sportif. Elle était déjà sur le point d'exploser avant de se voir tomber et s'écraser au sol comme une crêpe ; autant dire que là, son palpitant commençait à crier grâce. Une grâce qu'elle avait bien l'intention de lui accorder ; sauf que Darcy ne l'entendait pas de cette oreille. Sans qu'elle comprenne trop ce qui se passe, Enora sentit la stature de Rookwood contre elle, et ils dévièrent tous les deux sur le côté. Puis vers le sol ; le jeune homme avait empoigné son balais et les faisait descendre tous les deux à toute vitesse. Si pendant une seconde, surprise par le geste, Enora s'était laissée faire, elle s'affolait à présent, pensant son camarade devenu tout simplement fou. « Darcy ! Qu'est-ce que tu fous ! ARRETE ! » Elle essaya en vain de dégager sa main, de tirer sur son poignet pour qu'il lâche le balais ; mais rien n'y faisait, ils s'approchaient du sol. Vite ; beaucoup trop vite. Ils allaient s'écraser ! Enora ferma les yeux, eut un inutile mouvement de recul en plaçant ses bras devant elle pour se protéger. Le choc eut lieu, mais un peu plus tard que ce qu'elle avait imaginé. Et bien moins brutalement. Pour autant, elle se retrouva tout de même à rouler sur l'herbe, projetée au sol sans la moindre douceur. Darcy était juste là lui aussi. Leurs deux corps s'immobilisèrent quelques mètres plus loin, étourdis, sonnés par la chute. Sur le dos, Barjow ne bougeait pas. Les yeux fermés, la respiration plus haletante que jamais, les poumons en feu et le coeur prêt à lâcher à tout instant, elle était tout bonnement incapable d'avoir la moindre réaction. Un éclat de rire proche lui parvint. Putain d'abruti de Rookwood. « Ça, c'est ce que j'appelle du sport! » Du sport ? Ce n'était pas du sport, non, c'était du suicide collectif et non consenti, c'était une putain de connerie, une putain de frayeur, et lui, il n'était qu'un putain de serdaigle imbécile ! Sauf qu'elle ne dit rien de tout ça, Enora. Elle n'avait pas récupéré assez de souffle. Elle ne bougeait toujours pas, entendant juste le bruissement du corps de son camarade dans l'herbe, juste à côté. Elle sursauta en sentant sa main se poser juste sous sa poitrine, sur son coeur.

« Pas de chance, tu es toujours en vie. Rappelle-moi d'y aller plus fort la prochaine fois. »

Pour toute réponse, la Flamme eut un geste qui se voulait brusque et énervé ; sa main ne fit au final que se poser sur la hanche du jeune homme, alors qu'elle était supposée le frapper plus ou moins violemment. La hanche, parce qu'elle n'avait pas trouvé le courage de remonter sa main pour le frapper sur le torse ou sur l'épaule. Ca ferait bien l'affaire. Enora voulut soupirer, mais sa plainte se perdit au milieu de ses respirations toujours autant précipitées. « T'es qu'un abruti, Rookwood. » grogna-t-elle faiblement en se tortillant sur le côté pour essayer de se redresser, au moins sur un coude. Elle y parvint au prix d'efforts incommensurables et se retrouva obligée de rajouter un appui à son équilibre plus que précaire. Ses doigts vinrent agripper le tissu de l'uniforme de l'unmarked, sur son torse, pour qu'elle puisse se maintenir un peu plus stablement dans cette position, allongée sur le côté, dressée sur un coude pour le surplomber légèrement. « Un putain d'abruti inconscient et complètement imbécile et ... et .. merde, c'était géant, mais préviens-moi la prochaine fois, pauvre idiot ! » Les paroles d'Enora moururent dans le rire qui remplaça très vite les sympathiques adjectifs qu'elle lui attribuait. Passé le moment de frayeur, c'est vrai qu'elle trouvait ça drôlement marrant. Les sensations fortes, ça avait toujours été son truc, mais elle préférait quand elle était prévenue, parce que là, vraiment, elle avait eu la trouille. Haletant toujours entre deux éclats de rire, elle vint appuyer son front contre le creux de l'épaule de Darcy, faisant tomber sur son visage quelques mèches brunes échappées de sa queue de cheval. « T'es con » murmura-t-elle, comme une conclusion à son petit coup de gueule. Elle avait eu foutrement peur. Mais au final, ça avait été foutrement drôle.


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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Ven 17 Juil - 0:02


▿ some trust in love
and some trust in hatred
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Toujours aucune réaction, il n'allait pas tarder à s'inquiéter. Peut-être était-elle plus fragile qu'elle n'en avait l'air, après tout. Il se pouvait qu'il lui ait casser quelque chose, il était prêt à en assumer les conséquences. Mais avant qu'il n'ait l'occasion de se soucier d'elle davantage, elle se redressa péniblement tout en grognant d'une demi voix. « T'es qu'un abruti, Rookwood. » Il rit doucement. Elle reprenait lentement sa respiration, il pouvait encore sentir son pouls s'emballer. Elle peinait à retrouver son calme. Il trouvait la situation plutôt drôle, même si elle semblait avoir envie de lui crever les yeux pour la peur qu'il venait de lui faire. Elle avait hurlé si fort qu'elle lui avait percé un tympan. Bon, c'était un peu sa faute, mais tout de même. Elle aurait pu se tenir tranquille, franchement. « Un putain d'abruti inconscient et complètement imbécile et ... et .. merde, c'était géant, mais préviens-moi la prochaine fois, pauvre idiot !  » Soulagement. Elle ne le trouvait pas si con que ça, au final. Il se doutait que ça l'avait amusée malgré la frousse que l'expérience lui avait fichue. Il ne répliqua pas, soudain épuisé. La fatigue commençait à se faire ressentir et il n'avait plus envie de bouger. Et puis, quelques secondes plus tôt, la main d'Enora avait voulu le heurter, mais elle n'avait fait que se poser sur son corps. Elle se trouvait désormais à quelques centimètres de lui, il pouvait sentir le souffle chaud qui s'échappait d'entre ses lèvres. Quelques mèches brunes étaient venues s'égarer sur son visage, le chatouillant légèrement. Il oublia où il se trouvait l'espace de quelques instants et s'imagina dans un immense lit de plumes, bercé par la brise. Il aurait clairement pu s'endormir sur ce terrain si il n'y avait pas eu la demoiselle à ses côtés. Il avait une réputation à tenir avec elle, il ne voulait pas la laisser prendre le dessus.
Le silence s'était installé lorsqu'elle le brisa doucement. « T'es con. » Décidément, c'était tout ce qu'elle avait à la bouche. Il s'amusait beaucoup de la situation, car il savait qu'elle avait besoin de ça, parfois. D'adrénaline, de rires aux éclats, de hurler, de se sentir vivre. Elle n'avait pas eu besoin de lui dire, il l'avait compris depuis bien longtemps. Elle était loin d'avoir une vie facile, loin d'être heureuse. Ils partageaient ça, cette même tristesse, cette même mélancolie cruelle et dont ils ne voulaient plus. Des " si seulement " et des conditionnels passés. Non, ils voulaient avancer, oublier, cela se lisait sur leur visage. Des battants, voilà ce qu'ils étaient. Darcy connaissait, en gros, l'histoire d'Edgar Barjow. A vrai dire, il avait toujours su qui il était réellement, rien qu'en se renseignant et en écoutant les chuchotements dans l'Allée des Embrumes. Toutefois, Enora n'avait jamais voulu y croire, ce qu'il comprenait. Il ne pouvait pas la blâmer. Il lui avait fait tellement de mal qu'il n'avait pas osé s'excuser lorsqu'il l'avait croisée pour la première fois à Durmstrang. Il avait eu honte, terriblement honte. Alors il l'avait évitée, jusqu'à ce qu'il trouve le courage d'aller lui parler. Cela lui avait demandé du temps, et beaucoup de détermination car il demeurait plutôt secret sur les évènements récents de sa vie. Peu désireux de subir les moqueries des autres, ces autres qui autrefois, étaient lui. Personne mieux qu'Enora ne pouvait l'aider à changer, il en était certain. Il y avait bien eu Helena, mais c'était différent. Il s'en voulait tellement, il était prêt à tout pour se racheter aux yeux de la belle brune. Et ce qui, au départ, n'était qu'un remord de conscience s'était rapidement transformé en une envie croissante de la faire rire, de lui faire oublier les horreurs de son passé. En cet instant, rien qu'en voyant cette fossette rieuse sur son visage, il était fier d'avoir accompli sa mission.

Il fit remonter la main qui était posée sur son coeur jusqu'à ses cheveux, presque machinalement, ce fut à peine si il s'en aperçut. Il joua avec une mèche, la faisant glisser entre ses doigts. Il leva les yeux vers elle, soudain très sûr de lui. « Je suis peut-être con, mais j'ai gagné. » Il se devait de le lui faire remarquer, sinon ce n'était pas drôle. Il prit un air satisfait, à la limite du supportable. Cela lui allait si bien, il n'avait rien perdu de ses mimiques de sale gosse de riche. Jamais il ne pourrait s'en débarrasser, c'était ancré dans sa chair et dans son sang. Il retint un soupir ; à trop penser, on devient fou. De plus, il passait un bon moment avec Enora, il n'avait pas envie de tout gâcher en pensant à son père, et encore moins à son demi-frère ou à ne serait-ce qu'une miette de sa vie là-bas. Il préférait parler du match et de son talent non négligeable. Après tout, il avait gagné, alors il avait le droit de la taquiner. Elle ne s'en était pas privée la dernière fois, ni même la fois d'avant. C'était leur petit rituel, le perdant devait subir les moqueries du vainqueur. « Alors, Barjow, comment tu comptes me récompenser? fit-il sur un ton suggestif. » Son regard s'attarda une seconde de trop, accroché quelque part sur son visage. Il chercha le sien qu'il ne tarda pas à trouver. L'atmosphère devint étrange, juste une seconde. Et soudain, il réalisa qu'il avait envie de faire plus que de la faire rire.





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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Sam 18 Juil - 1:17

Barjow fille sentit la main de Darcy remonter jusqu'à ses cheveux. Elle ferma les yeux, apprécia silencieusement la sensation des doigts du jeune homme qui glissaient entre ses mèches, la tête appuyée contre lui. Soudain, elle le sentit bouger légèrement, et rouvrit les paupières juste à temps pour recevoir le regard de son ami. « Je suis peut-être con, mais j'ai gagné. »
Enora dut se mordre la langue pour ne pas lui répondre immédiatement. Il avait sa tête de petit gosse de riche insupportable. Cet air suffisant qu'elle lui avait connu du temps de Poudlard et qui lui rappelait ; oui qui lui rappelait douloureusement pourquoi elle était presque dans ses bras aujourd'hui. Elle ne savait pas s'il plaisantait ou pas, et ça la dérangeait. Parce qu'elle mentirait si elle prétendait ne pas aimer le voir différent. Si elle prétendait que sa petite mascarade lui demandait des efforts monstrueux de self-contrôle et de dissimulation ; parce qu'elle aurait dû masquer son dégoût, sa colère, sa haine pour le Rookwood. Ca avait été étrange, au début. Il avait fallu qu'elle s'y fasse ; et puis, c'était venu naturellement. Maintenant, il y avait des moments, comme ceux-là, où elle oubliait que c'était un jeu. Où elle oubliait qu'elle se moquait de lui et que tout ça, ce n'étaient que des mensonges. Et par Merlin ce que c'était bon de l'oublier.


Darcy faisait bien plus pour Enora que ce qu'elle avait escompté. Elle s'était attendue à réussir son coup, à ce qu'il lui accorde sa confiance et tombe dans le panneau ; et donc, oui, elle savait par avance qu'elle en retirerait une certaine satisfaction : c'était son but. Une petite satisfaction malsaine et perfide mais qui lui donnait la douce impression de remettre progressivement les choses à leur place, en se vengeant de tout le mal qu'il lui avait fait, du temps de Poudlard. Mais ça ne s'était pas arrêté là. Contrairement à ce qu'elle avait imaginé, ça lui faisait du bien de passer du temps avec lui. Ca occupait ses pensées et ses gestes ; ça lui faisait oublier le reste, le temps de quelques instants. Progressivement, elle avait fini par avoir hâte de le voir. Ces deux dernières semaines surtout, depuis qu'il y avait eu cette altercation avec Onisim au marché noir. Barjow fille était un peu perdue, comme en plein océan et sans compas pour retrouver le nord, savoir où aller. Le souvenir de cette journée lui restait douloureusement en travers de la gorge. Ca lui faisait mal, quand elle y pensait. Ca retournait le pieu qui lui traversait la poitrine depuis ce jour là. Ca ne faisait que deux semaines et il lui manquait déjà tellement. C'était toujours le même problème ; toujours son passé, son foutu passé qui ne pouvait pas s'empêcher de venir lui empoisonner la vie. Ca bouffait son présent et ça ruinait son futur. Comme une putain de fatalité.


Rookwood lui faisait oublier ça. Il réussissait, par elle ne savait trop quel miracle, à la faire sourire sans que ce soit programmé. A rendre spontané ce geste qu'elle avait rendu trop mécanique avec le temps. A accrocher ses pensées à l'instant présent et à les empêcher de voler vers quelque autre sombre préoccupation. Il lui balançait ses provocations et sa dose d'adrénaline à la figure, et ça lui faisait un bien monstrueux. Ca lui suffisait, pour les moments qu'elle passait avec lui. Sauf que dès qu'il avait le dos tourné, les démons revenaient à la charge. Et avec eux, la pensée d'un remède autrement efficace. Onisim savait les chasser, ces démons. Avant. Ca avait tendance à énerver la jeune anglaise autant qu'à la désespérer : elle avait donc à ce point besoin des autres qu'elle n'était pas capable de se retrouver seule deux minutes sans plier sous le poids de ses peurs et de ses doutes ?


En tout cas pour l'instant elle n'était pas seule. Et elle n'avait pas envie de l'être, parce qu'elle était foutrement bien, là, étendue dans l'herbe près de lui, même s'il était vraiment con et qu'elle avait eu vraiment peur. Et même si elle avait envie de le prendre par le col et de le secouer comme un prunier pour qu'il fasse disparaître de son visage cette expression prétentieuse du parfait petit gosse de riche. Mais bon, quelque part, Enora savait bien que ce n'était qu'un juste retour des choses. Elle se moquait allègrement de lui quand c'était elle qui gagnait la partie. Ce n'était qu'un jeu. Il se moquait d'elle, parce qu'il savait que ça la faisait sortir de ses gonds, de le voir se pavaner comme ça.


« Alors, Barjow, comment tu comptes me récompenser? »


Enora sourit. Et lorsqu'elle sourit, elle vit le regard de Darcy se figer, s'accrocher quelque part sur son visage. Sur ses lèvres ? Elle n'eut pas le temps de s'interroger bien longtemps, il revenait déjà planter ses yeux dans les siens, et quelque chose avait changé, dans l'atmosphère. Une ambiance différente s'était glissée dans l'espace pourtant réduit qui séparait encore leur visage. La jeune femme comprit à cet instant que le ton suggestif du serdaigle n'était qu'une demie plaisanterie. Elle comprit qu'elle avait gagné.


Mais ; rassurez donc une seconde Enora, elle a des doutes : il n'espérait quand même pas que ce serait si facile ? J'ai gagné, remercie-moi, et voilà, elle lui tombait dans les bras ? Certainement pas.


Malicieuse, la Gryffondor remonta sa main qui était accrochée au torse du jeune homme jusqu'à son épaule, et s'y fit une prise pour s'aider à glisser jusqu'à lui, basculant un peu plus sur le côté jusqu'à ce que son bassin soit collé à la hanche de Darcy. L'opération lui fit pencher légèrement la tête en avant, creusant largement l'écart qui demeurait entre leurs visages jusqu'à ce qu'ils soient à deux doigts de se frôler ; avant de s'éloigner à nouveau, alors qu'elle se hissait cette fois complètement sur lui. « Je ne sais pas » fit-elle, en prenant appui de ses mains sur le sol de chaque côté du jeune homme pour se placer un peu plus confortablement, avant de croiser ses avants-bras sur son torse, penchée légèrement vers son visage. « Des suggestions ? »


Elle souriait toujours, fière de l'avoir senti se tendre contre elle quand elle s'était rapprochée. Quelques mèches tombaient toujours devant elle, caressant le visage de Darcy, juste en dessous. Enora tâcha d'en replacer une derrière son oreille en reprenant, doucement « Je pensais t'accorder mon admiration, jusqu'à ce que tu te prennes une raclée la prochaine fois » commença-t-elle, avant de compléter, plus bas encore « Mais si t'as une autre idée ... » Elle rompit le contact visuel. Cette fois, c'était elle qui fixait un point, sur son visage. Juste à la commissure de ses lèvres.


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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Mer 5 Aoû - 21:31


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Cette seconde de trop, il allait rapidement la regretter. Elle était maline, la Barjow, il le savait. Elle aimait jouer, presque autant que lui. Ils ne supportaient pas de perdre, et involontairement, il venait de les embarquer dans un jeu où ils risquaient de se brûler les ailes. Il le comprit dès qu'il croisa le regard d'Enora l'instant d'après, quelque chose s'était déclenché, quelque chose auquel il n'avait jamais songé jusqu'à présent. C'était comme si il avait été aveugle un temps et qu'il venait de recouvrer la vue, il réalisait à peine à quel point elle était belle lorsqu'elle riait, à quel point son regard de braise le faisait fondre quand elle le fixait sans lui accorder une seconde de répit. Tout venait de lui apparaître comme ça, soudainement. Il ne l'avait pas vue venir, celle-là. Il n'avait pas imaginé un seul instant qu'il se retrouverait dans cette situation, et qu'il mourrait d'envie qu'elle réponde à sa provocation avec plus d'audace encore. Il voulait jouer avec elle, mais il se savait déjà vaincu. C'était lui qui avait lancé l'idée, c'était lui qui s'était jeté dans la gueule du loup. Pourtant, il avait dit cela pour rire, pour blaguer un peu puisque de toute façon elle le savait, qu'elle était rayonnante, la Barjow. Elle le savait et elle n'avait pas cessé de le lui montrer, encore et encore. Il s'en apercevait, maintenant. Peut-être qu'elle n'avait pas été si innocente que cela dans leur rapprochement, elle et ses phrases souvent équivoques qui accompagnaient ses sourires taquins. Elle avait préparé le terrain, n'est-ce pas? Oui, il se souvenait à présent. Elle n'avait jamais rien fait par hasard ; comme ce jour où il faisait tellement chaud qu'elle avait voulu déboutonner le col de sa chemise, mais que son geste trop gauche avait fait céder quelques boutons de trop. Il avait ri, s'était un peu moqué, tout en ne pouvant empêcher son regard de caresser sa peau, juste à l'endroit où elle s'était découverte ; comme cet autre fois où elle l'avait serré maladroitement dans ses bras après qu'il l'ait rattrapée de justesse en plein vol, lors d'un autre de leurs matchs débiles et visiblement trop dangereux. Elle s'était attardée un peu trop, son souffle chaud se perdait contre la peau de l'anglais qui était déjà envoûté par son parfum ; et puis il y avait aussi ces milliers de sous-entendus, ces rendez-vous sur le terrain de Quidditch qu'elle ne manquait jamais, ces rires chantés un peu trop fort, comme si elle voulait qu'il sache que tout ça, ce n'était que pour lui. Oui, il s'en rendait enfin compte. A moins que ça ne soit qu'une pure invention de son esprit pour justifier son attirance immédiate pour une fille qu'il n'avait jamais vraiment regardée. Même les esprits les plus logiques étaient capables du pire pour se protéger de certaines choses. Tomber sous le charme de la Barjow était sans doute l'une d'entre elles.
Mutine, Enora fit glisser la main qui était posée sur le torse du jeune homme jusqu'à son épaule qui lui servit d'appui. Elle se hissa tout contre lui, elle était si proche que cela en devenait dangereux. Quand elle eut terminé son petit manège, elle se trouvait assise sur lui, les bras croisés devant elle. « Je ne sais pas… Des suggestions? » Malicieuse comme jamais, elle attendait qu'il attaque, qu'il renchérisse. Elle était loin de se laisser faire, la demoiselle, elle ne cèderait pas à la tentation si facilement. D'ailleurs, dans le doute, Darcy n'était même pas certain qu'ils pensaient à la même chose. Il se pouvait très bien qu'elle pense qu'il s'agissait d'une autre de ses provocations à la con, alors que cette fois-ci, il pensait le moindre de ses mots, le moindre de ses gestes était désiré. Il avait envie de briser ce voile qui les retenait prisonniers, même si il ignorait les songes qui animaient la Gryffondor en cet instant-même. Il aurait tout donné pour le savoir, il voulait être fixé. Est-ce qu'elle avait elle aussi ressenti ce changement dans l'air, comme une note nouvelle et mélodieuse ? Est-ce qu'il était le seul prêt à détruire cette amitié scabreuse pour … pour quoi, au juste? Il l'ignorait, mais son coeur s'était mis à battre la chamade.

Il attendait toujours, impatient mais imperturbable. Il savait garder son calme dans ces moments-là, c'était un Serdaigle après tout, sa raison ne s'engourdissait jamais. Il ne pouvait s'empêcher de réfléchir, de repenser à toutes ces choses qui lui avaient semblé futiles mais qui peut-être, signifiaient quelque chose. Il retournait la question dans sa tête, envisageant toutes les possibilités. Il ne pouvait plus s'empêcher de faire une véritable gymnastique du cerveau, celui-ci analysait le plus minime détail de leur relation pour chercher des indices qu'elle lui aurait laissés. Trop de savantes réflexions, pas assez de réponses. Et puis d'un geste délicat, elle capta son attention. Elle tentait de se recoiffer un peu, alors qu'il la trouvait parfaite telle qu'elle était. « Je pensais t'accorder mon admiration, jusqu'à ce que tu te prennes une raclée la prochaine fois » Il ne réagit pas, attendant la suite, parce qu'il sentait venir le mais. Il sentait venir le coup qu'elle allait lui faire, elle voulait le pousser à se vendre en premier. Mais il était loin d'être si naïf, le jeune homme. « Mais si t'as une autre idée ... » Comme il s'y était attendu, bien évidemment. Le regard de la brunette vint se perdre sur ses lèvres, comme il l'avait fait avant elle. Elle répondait à la provocation, pour son plus grand plaisir. Ce n'était qu'un jeu, pas vrai? Il ne fallait pas trop se questionner sur le pourquoi du comment, ils ne l'avaient pas prédit. Ce n'était qu'un jeu et ils voulaient simplement réinventer les règles ; désormais, tout était permis. Plus aucune limite. C'était ce qu'il avait besoin de croire, il avait besoin de se dire que ce n'était que passager et qu'il n'était pas sur le point de vendre son coeur à une fille des Embrumes. C'était un nid à problèmes, là-bas. Les gens qui sont nés dans la poussière crèvent dans la poussière. C'était ce que son père lui répétait sans cesse, et bien malgré lui, il peinait encore à effacer de sa mémoire les dictions vulgaires de son paternel. Il avait peur, le petit bourgeois. Peur de se livrer aux bras d'une fille du Mal. D'une Barjow.
Hélas, la Barjow en question était un ange. Elle avait la tête des bonnes gens, un coeur gros comme ce dragon qu'il avait vu en Roumanie, un regard franc et lointain, le regard des âmes tristes. Elle en avait tellement bavé, il s'en voulait d'avoir contribué à la rendre malheureuse. La vie lui offrait l'opportunité d'être son ami, de veiller sur elle. Cela ne lui suffisait plus, il voulait être plus que ça pour elle, bien malheureusement. Il n'avait pas l'intention de s'attacher à quelqu'un en arrivant ici, mais on ne pouvait pas prédire ce genre de choses. Comment se soustraire de cette envie irrésistible de remettre des étoiles dans ses yeux vides? Seul son égo se montrait récalcitrant, alors que son coeur se languissait. « Ton admiration? Je l'ai déjà, je suis le meilleur ! » Il se mit à sourire d'un air victorieux. Sa main se leva lentement pour aller chercher une mèche brune et la replacer derrière son oreille, imitant le geste qu'elle avait amorcé plus tôt. Il lui frôla la joue au passage, puis laissa le dos de ses doigts lui accorder une caresse. Son sourit s'agrandit, il se sentait bien. Il était vraiment heureux, ce qui ne lui était plus arrivé depuis longtemps. Alors il savourait ce moment, il ne voulait pas en perdre une seule miette. « Non vraiment, je suis persuadé que tu peux te montrer plus imaginative, lui glissa-t-il sur un ton plus que suggestif. » Sa main vint finalement se poser dans sa nuque, exercer une pression légère, il ne pouvait résister contre l'envie de l'attirer à lui. Alors il se servit de son appui pour le faire, pour l'obliger à se pencher en avant. Un doigt contre sa joue, pour entourer son visage. Il la maintint dans cette position, son visage juste au-dessus du sien, pendant quelques secondes. Puis il tourna faiblement la tête vers la gauche, pour se rapprocher un peu plus avant de se mettre à chuchoter. « Surprends-moi. »





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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Jeu 13 Aoû - 22:37

« Ton admiration? Je l'ai déjà, je suis le meilleur ! »
Il mériterait qu'elle le plante là, songea vaguement Enora en observant les lèvres du jeune homme s'étirer pour former un nouveau sourire prétentieux. Il était irrécupérable. Incorrigible et arrogant. Mais il avait gagné le jeu alors elle devait bien supporter ça ; et puis son petit air fier de lui, si on le détachait de tout ce qu'elle avait connu de lui avant cette année, lui allait plutôt bien. Juste ce sourire, avec son attention, avec sa galanterie, avec son humour et sa bonne humeur, ça lui donnait quelque chose de charmant. Si on oubliait ce que ce sourire avait signifié, avant. Et Enora n'oubliait pas.
Elle touchait au but, et une part d'elle jubilait intérieurement. Tout avait parfaitement fonctionné. Ils s'étaient rapprochés doucement, en douceur, pour mettre de côté les rancunes du passé. Ca avait été nécessaire, pour elle aussi : même si elle ne mettait rien réellement de côté, elle avait quand même dû commencer par prendre sur elle pour dissimuler cette sombre rage qui grondait dans sa poitrine quand elle le voyait. La première fois qu'elle l'avait croisé, à Durmstrang, à la rentrée, elle avait dû se retenir pour ne pas lui exploser littéralement à la figure et déverser sur lui toute sa colère et son amertume dans une pléiade d'injures et de menaces. Elle avait accusé le coup, au lieu de ça. Il faudrait faire avec ; ce n'était pas lui qui allait ruiner les efforts qu'elle faisait pour se reconstruire, pour laisser derrière elle son ancienne vie. Elle voulait oublier son père, elle voulait oublier la guerre, elle voulait oublier toute la noirceur et la douleur de sa précédente vie. Elle n'avait pas du tout prévu d'en retrouver des éclats jusque dans Durmstrang. Et au moment où elle avait compris que ces éclats seraient inévitables, elle n'avait pas réalisé comme ils seraient importants.
Darcy avait dû la trouver douée d'une capacité de pardon hors du commun, au final. Le plan de la jeune Barjow s'était très vite mis en place dans sa tête, après qu'elle ait compris et digéré que Rookwood ne disparaîtrait pas de sa vie aussi subitement qu'elle l'aurait voulu. A aucun moment elle n'avait été véritablement froide avec lui, ni agressive. La distance qui demeurait au début n'avait pas été du fait d'Enora. Elle était partie peu à peu, au fur et à mesure que, consciemment ou pas, elle comprenait qu'il avait changé. Elle ne l'avait pas accepté, pourtant. Elle persistait dans sa vengeance. Et aujourd'hui encore, alors qu'ils étaient plus proches que jamais, alors qu'elle accordait une réelle valeur à leur relation, alors que la caresse de ses doigts sur sa peau la faisait frissonner et qu'elle aurait pu se perdre mille fois dans la profondeur de ses yeux, elle persistait toujours. Ce qu'elle ressentait pour Darcy était brouillon et complexe. Terriblement contradictoire. Un mélange de dégoût, de rancune, de reconnaissance et d'affection. Elle haïssait tant ce qu'il avait été... qu'elle aimait ce qu'il était devenu. Le plus simple serait qu'il ne soit pas la même personne, pas le même homme qui avait évolué. Enora aurait pu cracher sa haine et son amertume sur le Darcy d'avant, elle aurait pu le manipuler et lui faire du mal sans tenir compte du travail sur lui-même qu'il avait fait, sans culpabiliser. Elle n'arrivait pas à passer au dessus. Elle ne pouvait pas pardonner aussi facilement, contrairement à ce qu'elle lui avait fait croire. Alors il y aurait des dommages collatéraux. Et puis tant pis. Il l'avait bien cherché, après tout. Et elle préférait se dire que, non, bien sûr que non, il ne méritait pas son pardon. Il ne le méritait pas, ne le méritait pas, méritait pas.

Enora martela et martela si bien qu'elle réussit à enfoncer ces pensées dans un coin de sa tête. Rangées dans un tiroir, elle aurait la paix deux minutes, peut-être. Une paix relative, mais c'était le mieux auquel elle puisse aspirer. « Non vraiment, je suis persuadé que tu peux te montrer plus imaginative. »
Les doigts du Rookwood qui venaient chatouiller la naissance de ses cheveux, dans sa nuque, firent frissonner légèrement Enora. Elle se laissa entraîner lentement vers le visage de Darcy, sans trop oser bouger, de peur qu'il interrompe son geste. Ca aurait été une petite victoire personnelle, qu'il aille jusqu'au bout le premier. Elle savait ce qui arriverait dans les prochaines minutes, et c'est sans trop en avoir conscience qu'elle se raidit légèrement. L'appréhension, l'attente ? Est-ce qu'elle avait envie de ça, pour elle ; pour lui, et pas pour sa pseudo vengeance ? « Surprends-moi. »

Son souffle caressa les lèvres de la Gryffondor. Il était juste à quelques centimètres, elle aurait pu toucher son visage rien qu'en inclinant la tête. Pourtant elle prit le temps de sourire. Au stade où ils en étaient, elle songeait que l'embrasser serait la chose la moins surprenante du monde. Elle avait encore envie de jouer, mais la pression à la fois tendre et implacable qu'exerçait Darcy sur sa nuque réduisait les possibilités. Elle laissa simplement son regard courir sur ses lèvres une seconde de plus, inclina la tête vers l'avant. Les mèches éparses que Darcy s'était employé à remettre en place derrière ses oreilles s'échappèrent à nouveau, venant encadrer leurs deux visages liés par le baiser qu'Enora déposait sur la bouche du jeune homme.

La douce chaleur qu'elle sentit monter dans son ventre lui fit l'effet d'un coup de poignard. Elle le sentait, elle le comprenait. Viscéralement, elle avait l'amère certitude d'être en train de faire une monstrueuse connerie. Parce que Darcy était tendre, parce qu'il était attentionné. Parce que la douceur de son baiser et la délicatesse de ses doigts encadrant son visage lui procurait une affreuse sensation de sécurité. Un putain de bien-être.
Enora écarta son visage de quelques centimètres. Un ou deux, pas plus. Une ou deux secondes, pas plus, avant qu'elle revienne vers lui écraser sa bouche contre la sienne. Elle délirait, c'est tout. Darcy Rookwood était une pourriture et si elle faisait ça, c'est uniquement pour lui rendre coup sur coup tout le mal qu'il lui avait fait. Elle serra fort les paupières, s'invectiva mentalement et se força à se calmer. Dirigea son attention vers la caresse de ses lèvres sur celles du Serdaigle, sans penser au pourquoi du comment du picotement dans son ventre et du léger vertige qui faisait tourner doucement la pelouse autour d'eux. Préférant croire que la délicieuse sensation de ce baiser n'était autre que le goût de sa victoire.


Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.
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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ Ven 14 Aoû - 21:19


▿ some trust in love
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Un sourire à la fois tendre et amer vint se dessiner sur les lèvres de la Gryffondor. Comme cela devait l'agacer, cet air hautain qu'il avait pris en lui lançant ce défi absurde. Pourtant elle semblait bien incapable de lui tenir tête, cette fois il avait vraiment gagné. Elle parcourut les quelques centimètres qui les séparaient encore, la caresse de sa peau contre la sienne le toucha en plein coeur. La douceur de ses lèvres, de ses joues rosies qu'il avait emprisonnées entre ses mains. Il ne voulait plus la lâcher, il ne pourrait plus la laisser partir. C'était trop tard, il était pris au piège de sentiments qu'il n'avait pas eu le temps de réfréner. Leur baiser confirma ce qu'il redoutait le plus : la réalité de ce qu'il ressentait pour elle. Confinée dans l'ombre d'une amitié naissante, cette tendresse n'avait cessé de s'accroître jusqu'à ce qu'il pose les yeux sur Enora comme il l'avait fait tout à l'heure. Comme un homme l'aurait fait, pourvu qu'il ne connaisse pas l'histoire de la tristement célèbre famille Barjow. Pourvu qu'il ne soit pas aussi pourri de l'intérieur qu'un Rookwood. C'était comme si leur nom les entravait, entachait leur vie à l'encre indélébile. Jamais il ne parviendrait à se défaire des valeurs que son père lui avait inculquées, pourtant il avait toujours su, au fond de lui, différencier le bien du mal. Il avait simplement choisi d'écouter la mauvaise personne, peut-être parce qu'il pensait que les liens du sang étaient plus forts que les liens du coeur. L'avenir lui avait appris que les trahisons les plus douloureuses sont celles qui viennent de ceux dont on est le plus proche. De ceux dont on ne doute jamais. Aujourd'hui, à cause de ce géniteur en qui il avait toujours cru et qu'il avait calqué dans les moindres gestes, jamais il ne serait capable de regarder Enora dans les yeux sans avoir honte. Parce qu'il était responsable de ce vide dans son regard, il avait fait de sa vie un enfer et maintenant, elle allait faire de même avec lui. Enfin, pas elle, pas volontairement. Mais une arme bien plus incisive : la culpabilité.

Ce sentiment ne le quitta pas jusqu'à ce que les lèvres de la Barjow ne s'éloignent des siennes, pour de bon cette fois. Il la libéra de son emprise, puis esquissa un pâle sourire. « Ce n'était pas vraiment une surprise, tu sais, osa-t-il la narguer timidement. » Il était moins confiant, le Serdaigle. Il ne savait pas comment réagir maintenant que la frénésie de l'instant s'évaporait doucement. Cette disposition pour l'analyse l'empêchait de se déconnecter du monde. Il était constamment en train de tout décortiquer, de tout retourner dans sa tête. Ce qui le préoccupait désormais, c'était ce couteau qu'elle lui avait planté dans la poitrine. Elle était si belle, si délicate, il avait tant envie de la serrer contre lui et de lui dire ce qu'il n'avait pas le courage de lui avouer. Toutes ces choses qu'il regrettait, cette douleur poignante qu'il comprenait désormais. Mais il ne lui avait pas encore réellement parlé de ce qu'il lui était arrivé cet été, ni les étés précédents d'ailleurs. Elle ne savait rien du cauchemar qu'il avait traversé, sinon des détails futiles. La langue lui brûlait tellement il voulait tout lui raconter, qu'elle le pardonne, surtout. Pour qu'il puisse alors lui demander de rester avec lui, là, tous les deux couchés dans l'herbe. Mais il la regardait à peine, la culpabilité s'était déjà installée dans sa poitrine. Perfide et lancinante.
Elle sembla remarquer que quelque chose le perturbait car elle inclina la tête sur le côté, affichant un air interrogatif. Il passa une main dans ses cheveux, se surprit à vouloir y plonger la tête pour en humer le parfum. Puis il se résigna, vaincu. « Je n'ai pas le droit de m'attacher à toi, je suis loin de te mériter. » Il le pensait tellement fort que ses yeux le hurlaient au monde entier. Il étouffait, il avait du sang sur les mains et un poignard dans le coeur. L'arme du crime? La haine, l'amour, et ce pas qu'ils avaient franchi entre les deux. La victime? Impossible à déterminer, comment savoir qui souffrait le plus de ce carnage? Le passé et le présent se mélangeaient pour former quelque chose d'insupportable, un sentiment accablant qui l'envahissait à la vitesse de l'éclair. L'ancien Darcy ne comprenait pas comment il pouvait traîner avec cette fille instable et de mauvaise famille, tandis que le nouveau chérissait chaque seconde qu'il passait à ses côtés. Dualité perverse, paradoxe. Il était amoureux d'elle mais il ne pouvait pas supporter le mal qu'il lui avait un jour causé. Il s'en voulait énormément, et il n'était pas certain de pouvoir ressentir un amour qui dépasse la honte. Pourtant il le désirait si fort que son corps se raidit, ses bras l'attirèrent contre lui, se refermant autour de sa taille d'un geste automatique. Il les fit basculer sur le côté, enfoui la tête dans son cou pour enfin s'abandonner à elle. Si seulement son seul crime avait été de l'aimer, et non pas de l'avoir détruite.

Les idées brumeuses, Darcy s'accrocha à elle comme si elle allait le sauver de cette situation dont il était le seul responsable. Enora n'avait rien à dire, de toute façon, elle n'avait rien fait de mal, elle. Elle l'avait embrassé et de ce simple baiser, elle l'avait condamné à vivre leur relation dans un regret si immense que ça s'annonçait déjà invivable. Il ne pouvait pas se permettre de passer sa vie à revenir sur ce qu'il avait fait étant encore le sous-fifre de son père. Il lui faudrait des milliers d'années pour réparer tous les torts qu'il avait causés, bien que certains dommages soient à tout jamais irréparables. Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle lui accorde son pardon, ce qu'elle avait prétendu avoir fait un jour, alors qu'ils faisaient leurs devoirs ensemble. Ils avaient un peu discuté et, en parlant sur un ton sarcastique de cette époque où il lui mettait des bâtons dans les roues, elle avait maladroitement prononcé qu'elle ne lui en voulait plus, plus vraiment. Le temps avait passé sous les ponts, depuis. Il doutait toujours de la sincérité de ces paroles, lui qui peinait à accorder son pardon. Ce n'était pas une délivrance que l'on donnait facilement, il fallait la mériter et à ce moment-là, Darcy ne se sentait pas encore prêt à la recevoir. Et peut-être que Enora n'était pas prête à l'excuser, qu'elle avait dit ça sur le ton de la discussion, parce que ça semblait le moment adéquat pour repartir à zéro. En ce moment-même, c'était bien plus que ça, il y avait bien plus de choses en jeu. Il aurait tant aimé l'entendre le retenir, lui dire qu'elle pouvait surmonter leurs antécédents. Qu'elle aussi, elle s'était attachée à lui et qu'elle avait constaté qu'il avait sincèrement changé. Mais il n'avait pas le droit de lui arracher ces mots. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était attendre. Comme un meurtrier devant le jugement final. « Si tu savais à quel point je regrette, à quel point je m'en veux de n'avoir réalisé que trop tard que je ne voulais pas être celui qui te ferait souffrir. » Il murmurait, le visage toujours enfoui dans sa nuque. Il aurait aimé pouvoir rester comme ça toute la soirée, toute la nuit. Décrocher la lune pour illuminer son coeur.





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Ҩ Re: Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy Ҩ

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Some trust in love and some trust in hatred ♦ Enorcy

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