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 I will never let you die [Thaddevi II]

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Ψ DUM SPIRO SPERO
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Ψ DUM SPIRO SPERO

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 148Date d'inscription : 01/01/2017Localisation : Sofia
Ҩ I will never let you die [Thaddevi II] Ҩ Sam 15 Sep - 11:27

Le camp était calme, beaucoup trop calme. La plupart des résidents étaient à présent au cœur de l'école, à rassembler les élèves touchés par l’Ox et se débarrasser des autres - à coups de sorts à l'éclat vert sans pitié - et peu d'entre eux étaient restés sur place pour garder les prisonniers. Les morts en sursis. En quelques heures, elle avait eu le temps de voir le ballet des assaillants, entrant avec leurs proies et ressortant les mains vides, le regard plus carnassier encore. Ils accumulaient les victimes à une vitesse effrayante - à ce rythme, il leur faudrait peu de temps pour rassembler la totalité des vainqueurs désormais vaincus, cela ne faisait aucun doute. Parce qu'ils étaient plus nombreux, plus forts… et plus acharnés que des prédateurs affamés. Rien ni personne ne pouvait plus les arrêter. Probablement pas même le Ministère, s'il venait jamais à se soucier de leur sort avant que tout soit terminé.

Mais Loevi n'était pas là pour eux. Pas pour tous, en tout cas. Elle était venue ici sur un pur coup de tête, refusant d'attendre des renforts qui tardaient beaucoup trop, de continuer à imaginer les tortures inhumaines qu’ils se plaisaient sans doute à infliger au nom de leur sainte croisade pour le pouvoir - un pouvoir qui n’avait rien à envier au sien, aussi rebelle et indomptable, volatile, insaisissable. Plus destructeur encore, pour ce qu’elle en avait vu. L’inaction la rongeait comme un poison, impossible à ignorer, impossible à combattre. Elle se sentait mourir à petit feu, agoniser lentement, douloureusement, alors que le visage de ses amis - de Thaddeus - continuait de s’imposer à son esprit torturé, comme une litanie faite de cris et de sang.

Elle était là pour lui. Thaddeus. Parce que, désormais, dans le néant obscur qu'était devenu sa vie, cette existence résignée, déclinante, était le seul éclat de lumière capable de la tenir loin de l'abîme.

Depuis qu'elle avait quitté la planque des rebelles évadés de l'école, sur un coup de fureur qui lui ressemblait si peu et n’avait pourtant été rien d'autre qu'un cri surgi du plus profond de son cœur déchiré, la terreur ne l'avait pas quittée une seconde, se mêlant à une détermination féroce dans un combat épuisant, un maelstrom d'une violence étonnante qui la poussait en avant, un pas après l'autre, droit vers l'antre des dragons. Elle n’avait pas hésité, pas une fois, alors même qu'elle n'avait aucune certitude sur la réussite de sa mission. Sur sa propre survie. Elle s'en moquait. Ne comptait désormais que la seule idée, le seul besoin d'essayer, quoi qu'il lui en coûte. Peut-être parce qu'elle n'avait plus rien à perdre, ou peut-être parce que la peur de le perdre, lui, surpassait tout ce à quoi elle pouvait penser. Peut-être aussi la présence de Fitz à ses côtés, fidèle chevalier en fourrure blanche, suffisait-elle à contenir la panique qui menaçait de s'emparer d'elle à chaque instant.

Elle n’avait pas d'autre allié. Pas de plan non plus. Seulement un chat, une baguette plus décorative que véritablement utile plantés dans ses cheveux relevés sur la nuque, et une magie dissidente qui n'avait pas cessé de grésiller sur sa peau depuis les premiers instants de l'invasion, au point qu'elle avait presque fini par s'habituer à ce frisson désagréable qui laissait présager, d'ordinaire, les ennuis les plus improbables,les plus dangereux. Les probabilités d'un échec - de pire encore - étaient plus élevés que celles de l'invasion de Poudlard, des siècles plus tôt - presque une autre vie. Elle avait vaincu ce Mangemort par un coup vicieux de sa magie exacerbée par la peur la plus viscérale.

Aujourd'hui, elle savait ne plus pouvoir compter dessus.

Plaquée contre un mur de pierres froides, elle guettait le moment idéal pour s'infiltrer entre les tentes et les bâtisses où elle savait trouver les prisonniers. Jusqu'à présent, elle n’avait pas repéré la moindre faille, il y avait toujours quelqu'un pour surveiller, pour remplir les prisons ou en retirer des cobayes pour les entraîner un peu plus loin - dans des baraques d'où s'échappaient parfois des cris terribles qui la clouaient sur place, pétrifiée d'horreur. Elle tentait désespérément de garder sa respiration sous contrôle, de ne pas céder à la nausée qui l’affaiblissait, de garder tous ses sens aux aguets, mais les battements frénétiques de son cœur mêlés au bourdonnement sans fin de sa magie la déconcentraient, l’assourdissaient. Elle était trop nerveuse. Trop agitée. Parce qu'il ne faisait aucun doute dans son esprit qu'elle allait rater, faire un mauvais pas qui mettrait tout en péril - sa vie, et celle qu'elle était venue sauver. Parce qu'elle n'avait rien d'une héroïne.

La nuit tomba, s'épaissit ; s'estompa et disparut. Et rien n’avait changé ; au moins les cris avaient-ils cessé, et le va et vient incessant des assaillants également. Elle avait cru sa chance arrivée lorsqu'elle avait constaté cet endormissement relatif du camp, avant qu'elle ne remarque les patrouilles nombreuses et discrètes qui glissaient silencieusement aux frontières de son champ de vision. Elle s'était arrêtée à temps, le souffle court, avant de se faire repérer - il n'aurait suffi que d'une seconde pour qu'ils la voient, silhouette tremblante au milieu des tentes immobiles, petite souris traquée par les chats.

Il lui fallut attendre le petit matin ; alors seulement, les tours de garde s’espacèrent, et tout parut sombrer dans un sommeil alangui, comme si les premières lueurs du jour leur offrait une nouvelle protection, comme si rien, à cette heure, ne pouvait prendre leur puissance à revers. C'était inespéré, complètement fou - c'était parfait.

Jetant autour d'elle d'innombrables coups d'œil anxieux, Loevi quitta sa cachette pour s'avancer à pas de loup entre les tentes. Elle n'était pas assez discrète ; elle respirait trop fort et son rythme cardiaque furieux tonnait violemment à ses oreilles vrombissantes. Dans le silence qui l'entourait, chaque bruit prenait des allures de coups de tonnerre, y compris le bruissement léger de ses pas sur la pierre. Elle devait pourtant se presser, car l'accalmie dont elle profitait ne durerait pas longtemps, elle le savait, et s'infiltrer dans les prisons ne constituait que la toute première partie de sa mission - la plus facile.

C'est malgré tout sans encombres qu'elle parvint au premier bâtiment. Elle se colla contre le mur, près de la porte, arrêtant de respirer un instant, le temps de s'assurer qu'il n'y avait personne à l'intérieur, personne d'autre que ceux qui ne devraient pas être là. Elle laissa échapper un hoquet de stupeur en découvrant les cages, les corps enfermés comme des animaux dans ces espaces trop étriqués, et la pâleur, la maigreur de ces adolescents maltraités, torturés - brisés. La nausée la saisit à nouveau tandis qu'elle combattait l'élan viscéral qui lui intimait de les libérer, tous, d'ouvrir les cages une à une sans en oublier une seule.

Elle ne pouvait pas faire ça, elle le savait. Elle n'aurait jamais le temps d'y parvenir, et elle ne pourrait pas tous les protéger, une fois sortis de là. Ils étaient bien trop faibles pour s'enfuir. Elle ne pouvait aider qu'une seule personne - et son choix était déjà fait depuis longtemps.

La honte et la culpabilité la submergèrent lorsqu'elle se détourna de la première pièce, l'esprit rempli de ces excuses qui sonnaient comme d'ineptes justifications. Elle n'était pas une héroïne, se répéta-t-elle alors qu'elle continuait à chercher Thaddeus parmi les visages hâves qui se succédaient comme autant de fantômes harassés. Elle était faible et inutile, parfaitement incapable de les sauver. Elle n'était pas même sûre de pouvoir sauver un seul être… mais il lui fallait essayer. Une chose à la fois ; il serait temps de se confronter au doute et au remords plus tard. Si elle s'en sortait.

Elle manqua ne pas le voir ; silhouette trop frêle tournant le dos à la porte, avachie au fond de sa cage comme s'il avait déjà à demi franchi le Voile. Elle faillit s'éloigner, avant que quelque chose ne l'appelle, ne l'attire, comme un crochet agrippé à son âme pour l'empêcher de se détourner de la misère dans laquelle il se trouvait. Elle s'approcha d'un pas vif et chancelant, le corps tremblant, le cœur broyé, et se laissa tomber devant la cage, se cramponnant aux barreaux comme s'ils pouvaient l'empêcher de sombrer dans l'effroi le plus total.

Il était si maigre, presque décharné, ses cheveux sombres ressortant sur la blancheur cadavérique de sa peau… Sa posture relâchée, léthargique, laissait imaginer le pire - était-il seulement encore en vie ? Ou avait-il finalement baissé les bras au point de s'éteindre au milieu des siens dans l'ignorance et l'indifférence générales ?

-Thaddeus… appela-t-elle, la voix brisée, en secouant mollement les barreaux. Thaddeus, réponds-moi…

Alors, lentement, trop lentement, il tourna vers elle un visage creusé, émacié, pour lever sur elle un regard éteint. Résigné. Elle le savait, il était prêt à mourir ici. Il avait abandonné la lutte avant même qu'elle ne commence, et rien, pas même elle, ne pouvait plus le tirer de cet abîme de résignation dans lequel il se noyait. Elle voulut dire quelque chose, son nom peut-être, mais son corps la trahit et elle éclata en sanglots.


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