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 Tears of Blacks walls

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☾ MEMENTO MORI
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☾ MEMENTO MORI

HOMINUM REVELIO ϟ
Messages : 29Date d'inscription : 29/05/2018Localisation : À l'intérieur de mon pyjama de chair
Ҩ Tears of Blacks walls Ҩ Mar 12 Juin - 18:46



Tears of Blacks walls

Feat. V. Asphalt Dragonstone








Les pans se redressent sur ce mur jauni par le temps et la misère. Ils se pèlent telle de la chair. Pourrissent sur ce bois noir sous leur peau. Un peu comme moi. Si j’arrache ma peau blanc Os, je risque d’apercevoir mon esprit en lambeaux, calciné et perdu dans le néant. Ce mur, ce pauvre mur dépérit sans que personne n’écoute ses gémissements et ses peines. Un peu comme moi. Mais, moi et le mur, nous voulons que personne ne nous entende. Nous sommes masochistes, le dépérissement nous tient en vie. Des bulles de lumières flottent au plafond, des gémissements étouffés bondissent sur les murs, sur mon corps pour finalement se répondre entre eux. Oh, lekarstvo squat, ce très cher endroit. Cette odeur de sueur, d’espoir volée et ce petit soupçon d’étincelle imprègnent les lieux. Nous sommes là, les paumés, les marginaux, les rejets de la société. Tous collés à notre coin de mur entrain de se shooter de notre Ox, de planer, voler au-delà des constellations puis la chute. S’écraser à nouveau en miettes. Ressentir nos déchirures, notre mort lente et constante dans la peau. Être que de la bouse de dragon et rester qu’une profonde merde souillée.

Dépendance et joie. Obligation et chérissement. Chérir chaque petit moment où je vole à nouveau. Où je peux sentir Hiroshi rire en moi, se mouvoir comme autrefois. Le voir pointer une constellation et raconter comment elle a été créée, me faire des grimaces avant de noircir. Avant d’ouvrir grand la bouche pour cracher des pétales de roses.

Je laisse glisser mon walkman de la poche de mon kangourou noir. Question de m’effacer encore plus. J’insère un écouteur dans mon oreille, j’appuie sur play. Je m’en balance des poils du balai de ce que les sorciers peuvent penser de la technologie mordue. J’ai grandi avec et ils manquent beaucoup de choses. Detroit Blues Band - Tears From My Eyes caresse mes oreilles, mes sens. Je sors mon Ox de mon autre poche, observe le liquide rouge. Le fixe jusqu’à ce que cette tâche se brouille, s’entremêle au décor. Je revis ce moment d’innocence. Cet instant où j’ai pris peu à peu la place d’Hiroshi. Où  il a  cessé d’exister. Les magnifiques roses rouges traversant ses lèvres. Un râle mourant soufflant entre elles. «Pitié… Pitié...» Solo de guitare, batterie en sourdine. ♫ I don't know 'bout you, honey
But it sure is killin' me~♪
Les yeux coincés à analyser le ciel. Larmes s’échappant des coins pour inonder les joues. ♫ I remember, baby We were sayin' this can't go on ♪

Ma tête mollie, guimauve grillée. Mon corps se balance doucement aux valses musicales. Je sursaute en apercevant une femme juste à côté de mon spot de mur. Je la contemple les yeux vides. Lève mon Ox vers elle.

-Kampaï!

Je tourne la tête de l’autre sens en repliant mes genoux vers mon corps. N’aime pas qu’on pénètre ma bulle. Je contemple à nouveau ma fiole. Rituel masochiste, mais si important. La guitare se lamente, pleure dans mon oreille aux côtés de petits coups de cymbales. Le piano s’élève, berce mon corps aussi vieillot que les murs. Je me balance de droite à gauche, déposséder de moi-même. Hiroshi crache de la bave rouge de ses lèvres, la tête révulsée. Ma main tenant l’Ox glisse vers mon autre bras. Je ferme à demi les yeux. Ma tête glisse à nouveau vers cette femme dans mon espace… Je lui tends l’autre écouteur. Balance ma tête vers l’arrière, contemple le plafond.

-Tente ça, ça augmente le trip, garantie… Me touche pas par contre.

Presque prêt à me shooter. Mon mental s’y prépare. Je laisse la même chanson en boucle. Ma préférée. Me plonger dans un état second, de pure merde pour ressentir encore mieux l’excitation de l’Ox dans mes veines. Mon astuce de paumé. Mes pieds tapent doucement la poussière sur le sol, mes mains tremblent de manque et de hâte, ils me supplient de me shooter, là, directement. Non, non, pas encore le bon moment. ♫And I could fill a well, girl. With the tears from my eyes. ♪ Hiroshi nu au sol, le sang entre ses cuisses, le regard vague.Une croix invisible se dessine dans l’iris. ♫Baby, baby.How you feel about this being free? ♪
Ma tête reste révulsée vers l’arrière, j’entrouvre les lèvres pour ressentir ces derniers instants… Nous sommes prêts moi et les murs à se shooter, à voler….

-On le fait à trois.

Me parlais-je seul? M’entend-elle? Les sons s’échouent-ils sur mes lèvres ? Je marmonne le rythme, incarne un son pour la guitare en détresse. Les accords en lyrisme.






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♛ ABSOLUTUM DOMINIUM
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♛ ABSOLUTUM DOMINIUM

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : sang-pur, mais malheureusement incapable de faire de la magieMessages : 304Date d'inscription : 31/12/2015Localisation : fourrée dans son laboratoire à siphonner des veines sang-noires
Ҩ Re: Tears of Blacks walls Ҩ Mar 19 Juin - 15:30


tears of black walls
V. Asphalt Dragonstone & Hiroshi Ishii

« So tell me how you're sleeping easy, how you're only thinking of yourself, show me how you justify telling all those lies like second nature. »
Au début, ça la rendait puissante, Asphalt. C’était l’accomplissement d’années à serrer les dents, à forcer son passage pour le simple fait d’exister. Trimer toute sa vie parce que tout est dur, quand t’as pas de magie. Tout est douloureux, quand tu n’es pas tout à fait ce qu’il faut. Aujourd’hui c’est un devoir, une habitude. Une mauvaise addiction qui l’écartèle et embrase ses organes, c’est les putain de feux de la Saint-Jean là-dedans. Elle tient sa fiole et en tremble d’avance, elle est fébrile, a trop traîné depuis la dernière fois. Dans un élan de lucidité, s’est dit que peut-être elle valait mieux que ça. Mais elle ne vaut pas mieux que quoi que ce soit, elle le sait et c’est pour ça qu’elle est là. Avec les camés et les déchets, les victimes d’un système qui naufrage les âmes esseulées sans lancer de bouteille à la mer.

La cracmolle entend qu’on lui parle, à côté, mais elle ne comprend pas bien. Elle peut à peine lever des sourcils intrigués, elle est déjà partie trop loin avant même d’avoir injecté le poison, l’anticipation des douleurs du lendemain et le désespoir à la maison. C’est un régulier, le mec d’à côté, elle l’a vu souvent mais elle s’en tient éloignée ; c’est un Revenant, et aux Revenants elle ne fait pas trop confiance. Porteurs d’une magie qui la fascine et la terrifie, elle a déjà trop de fantômes dans le cœur pour se préoccuper de ceux qui rôdent autour d’elle. Ici, pourtant, ils sont tous égaux. Rien ne compte, ni le nom ni la fortune, ni l’influence ni le statut : seul la défonce compte, l’illusion du pouvoir et la putain d’euphorie qui les relie tous pendant quelques heures funestes et pathétiques. Asphalt se surprend à fixer le Revenant près d’elle, la fiole boueuse dans sa main, client de la Svaboda sans nul doute. Pour lui ce n’est pas seulement pour la magie, c’est une question de survie.

La Dragonstone attrape l’écouteur qu’il lui tend et se laisse aller tête en arrière sur la mélodie qui lui est étrangère. « Tente ça, ça augmente le trip, garantie… Me touche pas par contre. » Asphalt n’a pas l’énergie de sourire, mais son souffle se fait plus saccadé. Que dirait Mordred s’il la voyait comme ça ? Elle est tombée bien bas. « On le fait à trois. » entend-elle murmurer, et elle acquiesce doucement, commence le décompte avec une voix d’outre-tombe, sa fiole bien serrée contre elle, le doigt contre le bouton qui fera sortir l’aiguille. « Trois… » L’Ox des riches de la Bratva rend la déchéance beaucoup trop facile. « Deux… » Son myocarde râte un battement, puis un autre. Est-ce qu’elle respire encore ? « Un… » La mélodie macabre d'achève. Asphalt ferme les yeux, hésite encore un instant : les cendres de son enfance danse devant ses yeux, une enfant qui mord la poussière sur le tapis pour ne pas hurler. Puis l’aiguille pénètre sa peau, et tout se transforme en technicolor.

Elle se sent rire, la Dragonstone, un rire fou, un rire les yeux révulsés. Ca la gratte partout sur le corps, elle a envie de s’arracher la peau pour s’exposer à vif. C’est foudroyant, inexplicable comme l’iskra continue de lui faire cet effet après tout ce temps ; la recette est parfaite. En tant qu’experte du domaine, elle ne peut que s’extasier devant la composition sans faille de la substance qui la traverse de partout. Quand elle arrête enfin de rire, entre deux souffles elle susurre à son voisin « Tu ne devrais pas te fournir à la Svaboda, rien ne vaut l’iskra pure » avant de retourner la tête et d’agoniser dans ses nuages de plomb. Elle crève à petit feu et elle le sait, mais elle doit être magique, c’est une obsession. Chaque goutte d’Ox dans son système la rend enfin comme les autres, enfin spéciale, enfin digne de Mordred et de sa lignée à lui. Enfin digne de tout ce qu’il lui donne. Il lui a martelé pendant des années, l’Ox sur leurs lèvres à tous les deux et eux, debout au bord d’une marée de cadavres en feu ; ceux qui ont osé douter d’eux. Mais pour ça, Asphalt ne doit pas être inutile. S’appeler Dragonstone ne suffit pas quand on sort de taule et qu’on n’a pas de baguette magique.


(c) DΛNDELION



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Messages : 29Date d'inscription : 29/05/2018Localisation : À l'intérieur de mon pyjama de chair
Ҩ Re: Tears of Blacks walls Ҩ Mer 20 Juin - 0:33



Tears of Blacks walls

Feat. V. Asphalt Dragonstone







♫ I don't know 'bout you, honey But it sure is killin' me~♪ La guitare se lamente dans mon oreille. Ma tête bascule à l’arrière. Les yeux à moitié clos, Hiroshi râle une dernière fois. L’étrange femme insère l’autre écouteur dans son oreille. Elle semble aussi délabrée que les murs, que moi. Une trace de folie, de détresse me paraît dans son regard. Une hallucination d’avant drogue? Je n’en sais rien, et je m’en balance les poils du balais. Nous sommes tous des pans de murs jaunis, écaillés par le temps. Relevés à force d’être creuser par les doigts des autres. Les marques du passé, d’un passé hostile qu’on tente d’effacer ou de s’approprier ou même de comprendre, creusent nos traits. Les miennes sont peinturées à jamais de mon ombre arraché. Je ne peux plus m’amuser à esquisser des formes étranges sous une lampe. Mes mains tremblent, chavirent juste à pensée à l’injection de cette drogue dans mes petites veines rigides. Elle commence le décompte au solo des plaintes de la guitare. «Trois...» Le bout de la fiole où sortira l’aiguille reste collée contre l’intérieur de mon coude. ♫ I remember, baby We were sayin' this can't go on ♪ Mes pieds soulèvent la poussière à chaque petits coups sur le sol. Ma tête roule sur le côté. «Deux...» ♫ I remember, babe Yeah, this can't go on ♪ Le piano entremêlent ses larmes à la guitare. Harmonique de la supplice. For the break soul. «Un….» Les pétales rouges s’envolent au vent tandis que les globes oculaires de Hiroshi sont obstrués par les pattes de la mouche de la mort. Aveugle dans le repos éternel et tant souhaité. L’aiguille s’enfonce dans la veine. Mes veines vibrent d’une énergie nouvelle.

Elle rit. Je ris. Mon corps me semble frais, jeune. Vivant. Chaud comme la braise du soleil levant. Je laisse glisser la fiole vide au sol. Mon rire racle ma rate, mes côtes, donne une pulsion à mon cœur noir. J’arrache l’écouteur de mon oreille. Ce son cristallin ne m’appartient pas. Il est là. À nouveau. Je roule la tête vers elle, avec le sourire de chat de Hiroshi collé sur les lèvres.

-Oh. J’aimerais bien le pur. Mais, disons que c’est trop cher.

Des tâches de couleurs dansent sur les murs. J’ai l’impression que chaque pan se recolle. Que chaque brique retrouve sa place. Je me redresse le pas mou. Mon ombre m’apparaît. Je m’amuse à bouger les bras sous la lumière vacillante. J’éclate de rire. J’extirpe ma vieille baguette magique. Celle qui ne m’écoute plus depuis que je ne suis plus le même. Je l’agite dans les airs. Des étincelles en fusent. Je fais apparaître des fleurs multicolores au sol.

-Maintenant, ça me fait rire quand je repense au nom de la potion «Goutte du mort-vivant». Tu ne veux pas de mon sang? Sauf que moi, aucune goutte de Wiggenweld  va me réveiller.

J’éclate de rire en me mordillant la lèvre inférieure. Je plaque mes mains au mur pour me retenir. Ça tourne, ça voltige. Je me sens digne des super-héros moldues. Plus que vivants même. Mes pupilles se dilatent. Brillent. Voltige et vertige.

Les murs tournent et montent. Une montagne russe de sensations. Je me plies en deux, mes tripes se tordent. Oh fuck non. Pas envie de recracher ma substance. Je tourne la tête sur le côté pour laisser échapper des filets rouges sur le coin d’un mur. Mes mains se rappent contre les pans du mur tandis que je glisse au sol. Manque de tonus, baka.

-Pourquoi tu prends de cette drogue, toi?

Je m’essuies les lèvres du revers de ma manche en roulant la tête sur le côté. Je me demande quelle bouse de dragon a été mis dans mon Ox. De la mandragore? Du sang de moldue? De l’armoise? De la drogue moldue? Je pourrais guérir tous les passants dans cet état, appliquer des soins aux pauvres paumés… Construire un jardin et y enterrer à son tour cette pourriture de troll. J’ai l’impression que même les endoloris me ferait rien dans cet état. Je ris à cette pensée en passant mes mains blanches sur le haut de mes cuisses. Que tout le monde me montre enfin le respect et s’abaisse.

- ♫ I wanna tell you a story
Ain't got no characters in it but me
I wanna sing you a sad song
Most of it I don't expect you to believe
It starts off just the Whiskey and Wine
Miles of travel and some real good times
But it ends in a dark corridor
Where there ain't no windows
And there ain't no doors ♪


Je chante en claquant des doigts pour donner le rythme du blues. Le blues brûle dans mes veines, me donne la force. The devil makes three-Graveyard représente bien mon voyage en Bulgarie. Remplie de rêves et d’illusions avant de finir dans l’océan noir. Happé par un sorcier au doxy au plafond… Bulgarie, ma tombe éternelle. Coincé dans ce lieu vide d’humanité et de compassion.





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