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 Wicked Game – Lucista I

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♠ AD ASTRA PER ASPERA
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♠ AD ASTRA PER ASPERA

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : mêlé. il n'a de toute manière jamais comprit en quoi cela pouvait être une gêne.Messages : 45Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : loin dans l'éther de ses visions
Ҩ Wicked Game – Lucista I Ҩ Sam 24 Mar - 16:18



Il y a une fracture dans ses idées. Et puis des morceaux de sa raison qui se détachent en lambeaux ;  Ça s’entremêle, ricoche, égratigne les parois pourtant solide de son crâne pour finir par exploser en milliers d'éclats venant se ficher dans chacune de ses pensées. Il se perd là, sous les vagues de sensations qui écrasent sa lucidité. Ce saisissement, il le connaît bien ;  c'est celui de l'opium qui contamine son système nerveux et vint connecter ses synapses pour l'envoyer loin dans  l'éther de ses folie douces. C'est étrange, il n'y a pourtant plus touché depuis longtemps. Il s'agit d'un autre poison cette fois-ci. De ceux dont on a aucun besoin d'inhaler les toxines pour en être atomisé.  Parce que L'esprit de Lucian est délavé par une image encore incandescente, brûlante comme le venin qu'il avait l'habitude de s'injecter dans les veines. Réminiscence soudaine, subite qu'il n'attendait pas. Arrière goût d'une première entrevue qui revient infester sa bouche de ce parfum dont il n'a pu se débarrasser. Depuis, Elle danse sous ses paupières et lui, il esquisse sa silhouette dans ses rêveries éphémère. Il a essayé de s'en détacher. Essayé de laver l'ineffable sentiment qui parcours sa mémoire depuis lors. Mais rien n'y a fait. De toute façon, il n'a jamais été bon à cela ; Lucian a toujours été une créature émotionnelle, pollinisée par les attaques incessantes de son coeur, de son âme et de toutes ces croyances auxquelles il s'est asservit. Il ne lutte plus. Il se laisse aller à chacun des ouragans qui le chamboulent, il se laisse piquer par toute les lames qui le traversent s'ajoutant aux cicatrices qu'il porte fièrement dans sa chair, il se laisse persécuté par tout les sentiments taillant ses idées : les bons, les mauvais. Il est ce qu'il est, Lucian ; avec la force d'être entier et fidèle à chaque stigmate l'ayant façonné.

Ça va et ça vient ; sa vie est faite du patchwork de ses expériences. Et à ce tissu passionnel, un nom s'est ajouté. Un nom accompagné d'une latente corrosive de la voir réapparaître devant lui pour lui administrer elle même les soins palliatifs au virus qu'elle a semé dans son cerveau. Alors, Il s'accroche aux quelques mots qu'elle à jeté dans son monde sans savoir qu'ils deviendraient des dogmes et se repasse en boucle les discours enflammés qu'ils ont échangés, laissant doucement tout le reste disparaître derrière le voile de leur passion commune. La symbiose parfaite de deux âmes transporté par les couleurs, les formes, les mystères dilués dans la peinture. La revoir, pour ne plus se sentir seul derrière les murs de sa différence. La revoir, pour s'émanciper de la monotonie de cette société qu'il ne comprend pas très bien. La revoir, pour se sentir encore libre de la condition étroite qu'on l'oblige à revêtir. La revoir, et qu'elle reste toujours un peu plus.
Elle est partie en jurant de revenir. Lucian sait qu'elle ne lui a pas menti ;  parce que dans son regard il y avait de la lumière irradiant ses prunelles bleues. La clarté de son visage, la douleur sombre qu'elle disparaisse de sa vie aussi vite qu'elle y était entré. Il n'avait pas était prêt pour son arrivée, et désormais il ne l'était plus pour son départ. Alors il espère que ce qu'il a croisé en tombant dans l'abysse de ses pupilles n'était pas encore l'une de ces illusions ternes et .

Le peintre arrange ses cheveux et les tire en arrière, l'air concentré. Les heures s’enchaînent et se ressemblent. Dans le quotidien de ses jours, traîne encore le fantôme du sourire de cette femme aux cheveux d'or. Parfois, il met des couleurs sur les mots qu'il aimerait pouvoir lui dire si elle revenait. Parfois, il aimerait peindre l'inexplicable de cette exaltation qui s'empare de son âme lorsqu'il songe à nouveau à l'entrevue que le destin à mit sur sa route. Lui qui était pourtant sûr d'être prêt à faire face aux fourberies de la fatalité. Ses armes ne lui avait servit à rien ce jour là pourtant, même le troisième œil n'avait rien prévu de tout cela. On est jamais prêt à rien. La véritable force c'est de savoir faire face à l'imprévisible sans perdre sa foi en ses croyances. Elle reviendra. Il le sent. Et cette assurance n'a rien à voir avec une quelconque vision. Cette fois-ci, l'instinct surpasse tout le reste et il est prêt à griffer le temps qu'elle mettra à revenir, rien n'aura d'influence sur cette intime conviction. Pas même la raison qui tente de meurtrir ses attentes.
Lucian jette un regard par la fenêtre, les couleurs du crépuscule marque le début du règne de la nuit.   Dans la galerie silencieuse, un soupir s'échappe ; un jour de plus au royaume des dévots de l'espoir. Et alors qu'il s'apprête à éteindre la dernière lumière de la pièce, des bruits de pas résonnent sur le parvis du long corridor d'oeuvres. Lucian n'a pas besoin de se retourner, il sait. «  Vous êtes revenue. » dit-il à mi mot entre ses lèvres entrouvertes. Il sent le regard de l'intruse parcourir sa silhouette dans son dos. Lentement, l'homme se tourne et fait face à la jeune femme. Aussitôt, ses yeux le perforent et électrisent à nouveau ses sens. Elle avait quelque chose de puissant, cette fille. Quelque chose de véritable, de naturel, de terriblement pur dans un monde qui lui avait toujours paru artificiel. Et c'était incroyablement séduisant de voir qu'il existait encore la place pour un tel paradoxe même dans la réalité de l'univers. Les nuances, voilà encore ce qui l’intéressait le plus. Lucian ne bougea pas tandis qu'il observait la silhouette gracile et élégante de la blonde glisser jusqu’à lui. Krista était comme une étoile filante ayant traversé sa nuit, laissant une traînée de poussière lumineuse et l'implacable certitude qu'elle pourrait exaucer ses rêves muets : intouchable et pourtant si brillante. « Vous êtes venue me rendre votre décision concernant ma proposition, n'est-ce pas ? ». Un pas de plus et il se rapprocha d'elle, attirée par l'incroyable connexion qu'il sentait palpitait sous sa peau. «  Et vous êtes venue me dire oui. » Dit-il, la voix éraillée par le trouble que la présence de la jeune femme lui imposait. «  J'espérais que vous reviendriez. »


❝ Beneath this Mask❞ Même si l’on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et pour ceux qui les écouteront l’énonciation de la vérité. Et la vérité c’est que quelque chose va très mal dans ce pays, n’est ce pas ?.
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♔ DURA LEX SED LEX
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HOMINUM REVELIO ϟ
Messages : 11Date d'inscription : 17/03/2018Localisation : Sofia, Bulgarie
Ҩ Re: Wicked Game – Lucista I Ҩ Mar 3 Avr - 21:28

WHAT A WICKED GAME TO PLAY
TO MAKE ME FEEL THIS WAY



Pendant des années Krista avait tenté de définir ses limites, des sortes de barrières invisibles mais qu’elle aurait voulu extrêmement rigides, indestructibles. Des limites à ce qu’elle accepterait de sacrifier pour plaire à ses parents, dont l’appétit s’était avéré impossible à satisfaire. Elle leur avait jeté son enfance en pâture, ses sourires timides et ses rêves trop fragiles qu’ils avaient brisés sous leurs crocs acérés. Elle s’était approchée de leur cage dorée, s’était doucement laissée enfermer à l’intérieur ; elle ne savait pas encore que les monstres pouvaient prendre toutes les formes, jusqu’à se parer d’élégance et revêtir les plus beaux atours. Sous le faste des parures elle n’avait pas vu l’épaisse couche de goudron qui tapissait leur âme, et qu’aucun plaisir simple, facile, ne pourrait jamais essuyer. Ils étaient avides de gloire, de notoriété. Un désir ardent qu’ils reportaient sur leur fille aînée, devenue l’égérie de leur sacre prochain, imminent. Leur grande réhabilitation, l’instant triomphant où ils auraient enfin réussi à laver leur nom de toutes les souillures qui en avaient terni l’éclat. C’était un vice dont ils n’avaient pas même conscience, les Vrensky, et quelque part, Krista les enviait ; elle enviait leur insensibilité, leur sécheresse, elle qui était remplie de larmes à ras bord. Elle n’avait pas hérité de leur froideur, ni de cette aisance avec laquelle ils semblaient mener une vie sans bavure. La perfection n’avait rien de simple, à ses yeux. C’était son combat quotidien, acharné ; et elle mourrait d’envie de rendre les armes, mais elle était terrifiée à l’idée de se retrouver démunie face à un monde aux mille et unes tentations.

Et pourtant, depuis quelques jours, elle s'accrochait à la faible lueur d'espoir qu'avaient fait naître dans son esprit les paroles d'un inconnu. Il n'avait pas eu besoin de fioritures, de sophistication particulière pour lui parler et que ses mots atteignent son coeur, où ils avaient laissé leur marque. Il lui avait simplement dit ce qu'il avait voulu lui dire, sans tergiverser afin de trouver la manière la plus éloquente de tenir ses propos. Il avait cette simplicité, ce naturel qu'on ne rencontrait que rarement dans le monde doré de Krista. Ça l'avait immédiatement interpellée, la facilité avec laquelle il lui racontait sa passion pour la peinture, pour l'art dans toutes ses formes, sans qu'il ne soit obligé de cacher cet aspect de sa personnalité. Non, ça se voyait dans son regard, qu'il avait embrassé sa passion, qu'elle faisait partie intégrante de la personne qu'il était. Il avait l'air heureux, et ça l'avait frappée plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Elle avait essayé de se souvenir, s'était acharnée afin de retrouver un seul instant de sa vie où elle avait ressenti le même bonheur évident, flagrant, que celui qu'il lui avait craché au visage sans aucune vergogne. Mais là encore elle avait trouvé ses pensées bien injustes, puisqu'il n'avait pas à avoir honte de parler de ce qu'il aimait, de ce qui l'animait tout entier. Il n'avait pas à avoir honte d'être un artiste, cet homme, et alors une idée saugrenue, tenace, avait germé dans son esprit. Pourquoi faudrait-il qu'il en soit autrement pour elle, après tout? N'avait-elle pas déjà trop sacrifié pour plaire à cette famille qui n'en portait plus que le nom, carcasse vide de la signification qu'un tel mot devrait porter pour une jeune fille de son âge? Ne devraient-ils pas la soutenir, à présent qu'elle avait passé toutes ces années à agir exactement comme ils le souhaitaient? N'était-ce pas à elle de prendre sa vie en mains, au lieu de sans cesse attendre de ses parents qu'ils lui dictent ses prochaines actions?

Elle était partie de chez elle, ce matin-là, avec une étrange sensation au creux de l'estomac, comme un volcan en ébullition après des années d'un sommeil profond. Elle avait flâné un peu dans l'allée commerçante, incertaine, hésitante, prisonnière des dogmes ancestraux et de l'image qu'elle avait toujours dû soigneusement préserver. Et puis elle avait fini par s'agacer elle-même, à jouer aux imbéciles qui ne savent pas ce qu'elles veulent. Parce qu'elle, elle savait. Au fond, elle n'avait jamais hésité, pas même une seule seconde.
Elle s'était élancée dans la ruelle indiquée sur le bout de papier qu'il lui avait remis, l'autre jour, au musée. Elle marchait un peu trop vite, comme pour s'empêcher de faire demi-tour. Quand elle poussa la porte de la petite galerie, sa main resta crispée sur la poignée pendant de longues secondes avant qu'elle ne trouve enfin le courage de s'avancer dans la pièce, d'annoncer sa présence au son de ses talons claquant froidement sur le paquet. Elle jeta un coup d'oeil aux alentours et se trouva soudain bien fade, bien terne, dans sa tenue sobre et pleine d'élégance, pleine d'illusions qui restaient incrustées dans sa chair même après qu'elle ait ôté ces vêtements stricts. Comme si le gris de son blazer déteignait sur sa peau, le blanc éclatant de son chemisier sur ses rêves, qu'il lavait de toutes leurs belles couleurs. « Vous êtes revenue. » La voix de l'artiste résonna contre ses tympans, dispersant en elle des éclats de rêves en lesquels elle n'avait jamais osé croire. Comme un feu d'artifices dans sa poitrine, qui fit battre son coeur un peu plus vite, l'espoir d'une vie où elle serait libre se distillait dans ses veines.

Il se retourna en douceur pour lui faire face, elle resta une seconde clouée sur place avant de faire quelques pas vers lui, vers ce monde aux mille possibilités qu'il lui proposait. « Vous êtes venue me rendre votre décision concernant ma proposition, n'est-ce pas ? » Elle fut soudain incapable d'arrêter de marcher, trop nerveuse à l'idée de ce qui se passerait dès l'instant où elle se poserait enfin, tel un papillon, et déploierait ses ailes pour conquérir le ciel. Et s'il s'avérait qu'elle ne savait pas voler, ou qu'elle avait le vertige? Et si elle s'écrasait par terre, se brisait les os et se faisait écraser par la cruauté du monde? « Et vous êtes venue me dire oui. J'espérais que vous reviendriez. » Il fit à son tour un pas vers elle, la forçant à arrêter brusquement son avancée. « Je » Elle avait du mal à respirer, à trouver les mots, à réfléchir. Elle referma la bouche, se sentit vaciller, comme si le peu de volonté qu'elle avait réussi à rassembler s'écroulait dans un fracas assourdissant, qu'elle fut la seule à entendre. Elle tenta de retrouver une contenance, sans trop savoir précisément ce qu'il fallait qu'elle fasse, désormais qu'il avait tout déchiffrer pour elle. Qu'il avait su rendre sa décision plus facile, quelque part, puisqu'elle n'avait pas eu à admettre à voix haute sa trahison des valeurs familiales. « Je suppose que oui, je suis revenue vous dire que j'acceptais le poste. » Elle fut choquée de se l'entendre dire, ça devait se lire sur son visage. Elle tanguait un peu, du haut de ses talons aiguilles. Elle voulut chercher une prise à laquelle s'agripper, et finit par la trouver dans le regard du jeune homme, qu'elle osa enfin soutenir pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans sa galerie. Elle se perdit dans cet océan de promesses, et finit par lui décocher un fin sourire avant de détourner les yeux, légèrement intimidée. « Enfin, s'il est toujours disponible. » Elle laissa traîner son regard bleuté aux quatre coins de la pièce, apprivoiser les lieux. Une ambiance assez étrange se dégageait de cet endroit poussiéreux, c'était à la fois chaleureux, plein de vie, et pourtant curieusement, il lui sembla que la galerie manquait d'âme, de ce petit quelque chose qu'elle avait furtivement vu dans les pupilles du jeune artiste. « Est-ce que je suis là pour décorer? fit-elle d'une petite voix, avant de réaliser à quel point sa phrase pouvait être mal interprétée. Je veux dire, décorer la galerie, évidemment. Vous n'avez pas été très spécifique concernant les détails de votre proposition, et je suis un peu confuse. Pourquoi avez-vous besoin de moi, exactement? » Elle planta à nouveau son regard dans le sien, jetant l'ancre dans la mer calme qui dormait au fond de ses iris. Quelque chose en lui avait le don de la désarçonner, sans qu'elle ne parvienne à comprendre pourquoi. Peut-être était-ce simplement parce qu'il était différent de tout ceux qu'elle connaissait, et que Krista avait toujours eu peur de se heurter à l'inconnu. Peur des mystères, des énigmes dansant dans ses yeux et qu'elle ne parvenait pas encore à déchiffrer.



 
 
QUIET REBELLION
If I am good enough and quiet enough, perhaps after all they will let me go; but it’s not easy being quiet and good, it’s like hanging on to the edge of a bridge when you’ve already fallen over; you don’t seem to be moving, just dangling there, and yet it is taking all your strength. ☽
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Statut du sang : mêlé. il n'a de toute manière jamais comprit en quoi cela pouvait être une gêne.Messages : 45Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : loin dans l'éther de ses visions
Ҩ Re: Wicked Game – Lucista I Ҩ Ven 13 Avr - 21:27

Alors il en était là. A poursuivre ses rêves jusqu'aux limites même de sa raison. A imaginer des horizons là où les murs tentaient désespérément d'arrêter sa course effrénée pour la liberté. A collectionner des cicatrices encore lancinante sur son coeur animal ; de celles qu'on ne regrettait jamais la douleur parce qu'elles portaient en elles une histoire qui ne se racontait pas à haute voix.  Et puis finalement, le mieux qu'il puisse encore faire c'était de trébucher dans un regard qui lui laisserait mirages derrières les paupières lorsqu'il les fermeraient et du désordre dans ses idées. Et c'est ce qu'il avait fait lorsqu'il s'était jeté tête la première en avant, poussé par un instinct soudain de peindre sa vie de nouvelles nuances : Et elle en serait le pinceau. La suite, il ne l'avait pas prévu, avait préféré jeté les dès sans pour autant regarder le résultat, croyant fermement en sa chance. Lucian était comme ça. Un peu fêlé, pour faire passer la lumière. Un peu impulsif, pour ne pas avoir de regrets. Et follement sauvage.  C'était toujours mieux que d'avoir des bleus à l'âme, des déchirures dans ses souvenirs et une existence peuplé de désirs avorté avant l'heure. Lucian prenait tout, s'accaparait chaque morceau de ses envies pour bâtir son empire, griffant les opinions douteuses de ce monde malade d'idéaux artificiels comme un lion refusant de se soumettre au fouet de son dompteur. Exsangue de discipline, tissé par ses passions jusque dans les dernières fibres de sa chair, et puis Ivre. Ivre d'inconscience. Ivre d'aspirations. Ivre d'impudence.

Tout semblait facile avec lui. Où peut-être l'était-ce vraiment. Probablement parce que c'était sur l'intégralité de son existence qu'il voulait peindre, non pas sur quelques toiles blanches et qu'il avait de ce fait trouvé un moyen de ne plus mélanger les pensées étriquées de la société sur le tableau de son indépendance.  Lucian voulait apprendre à repousser les orages, à ne plus redouter les jours pluvieux qui passaient et à se nourrir de la lumière des arc en ciel qui en naissaient lorsque la dernière goutte s'était écrasée.  Oser vivre là où d'autres ne faisaient qu'exister. Et apprendre encore et encore. Apprendre que la beauté était partout à qui savait la voir. C'etait exactement le sentiment qu'il avait eut lorsque ses yeux s'étaient posés sur le visage de la jeune femme malgré les barreaux derrière lesquels elle paraissait être piégée. Comme un moineau perdu dans un ouragan.
Trébucher. Parce que de certains regard, on ne se relève pas vraiment. Et qu'il est beaucoup plus simple alors de se laisser aller au vertige de la chute sans même redouter le choc de l’atterrissage. Cette fille à quelque chose de profondément vrai, d'intensément réel, dans un monde noyé par l'artifice et le mensonge. Et c'est probablement pour cela qu'elle doit souffrir. Quelque chose lui avait manqué dans cette vie, il l'avait vu à l'instant même où ses yeux s'étaient perdu dans son regard d'hiver. Derrière ses longs cils, ses sourires maîtrisés, sa peau poudrée de bienséance, Lucian avait entendu le cri de sa solitude. C'était un son qu'il connaissait par coeur, et le sien avait fait écho à celui qu'il avait étouffé dans son art quelques années auparavant. Elle souffrait. Peut-être n'en était-elle pas consciente. Peut-être ne se rendait-elle pas compte à quel point elle différait des autres par la lumière et la candeur qui émanait d'elle là où l'univers entier n'était parsemé que de vices.  Peut-être. Mais elle était revenue, cette inconnue. Elle était revenue alors même qu'il ne lui avait rien promis. Rien de plus que l'intégralité de leur passion, façonné jusqu'à la folie sans aucune limite de raison. Pas d'argent. Pas de gloire. Pas de toutes ces choses que les Hommes cherchent désespérément dans leur quête vaine du bonheur. Lucian avait fait mieux que ça ; Il avait frôler du doigt ses désirs d'évasion inavoués. Il était venu peupler ses pensées d'une soif encore jamais épanchée de liberté.  A ses pieds, il avait jeté les clés de la serrure de cette cage asservissant ses rêves ; Et c'est elle qui avait choisit de s'en émanciper. Comme une libellule virevoltant entre les royaumes de la terre et de l'air, elle avait décidé d'étendre plus longtemps ses ailes pour se laisser bercer par le vent.


Lucian venait de lui offrir un refuge. Pour que ces quelques étincelles dorés qu'il voyait scintiller derrière la barrière humide de ses prunelles puissent croître en un intense brasier. Elle n'était pas faite pour ce monde, Krista. Ça suintait de chaque pore de sa peau, qu'elle se raccrochait, qu'elle luttait en permanence contre les revendications amère que la société exigeait d'elle. C'est vrai, il ne la connaissait pas, et pourtant, elle ne lui était pas étrangère parce qu'il il pouvait découvrir son histoire sans qu'elle n'ai un quelconque besoin de parler. Elle avait tangué avant d'arriver là ; ballotée par les aspirations creuses qu'on lui avait attaché aux chevilles. Il devinait le spectre de ces jours sombre à endosser le second rôle de sa propre vie rien qu'a la manière qu'elle avait de détourner les yeux à chaque fois qu'il persistait à vouloir s'attacher à son regard. Comme si elle ne cherchait simplement qu'a se faire spectatrice de son existence. A cet instant, Lucian aurait voulu tout lui faire oublier de ses doutes, de ces peurs qu'elle camouflait à la perfection sous un masque de petit soldat fier, maquillant avec soin par un sourire les quelques craintes s'étalant sur ses lèvres tremblantes. Il la sentait si fragile, si chancelante, sans point d’amarrage.

«  Je suppose que oui, je suis revenue vous dire que j'acceptais le poste. » Elle murmura, comme si le prononcer à trop haute voix pouvait lui nuire. Lucian comprit l'errance de la jeune femme, la contradiction de son coeur, les règles qu'elle transgressait pour une volonté impulsive de s'émanciper du carcan à présent trop étroit pour ses idéaux. Et lui, au milieu, ne voulait pas la changer, tout ce qu'il souhaitait d'elle était d'une nature simple. : il voulait qu'elle se reconnaisse, et puis qu'elle fasse la paix avec elle même pour enfin cesser d'être à la dérive entre passion et raison. «  Enfin. S'il est toujours disponible. » D'un sourire, Lucian acquiesça de la tête. «  Est-ce que je suis là pour décorer ? » la maladresse de la phrase provoqua un rire doux de la part du peintre qui se redressa un peu pour observer le visage de la jeune femme s'empourprer. Il avait lu en elle avec une facilé déconcertante, et c'est peut-être d'ailleurs pour cette raison qu'elle était revenue : parce qu'elle avait un besoin irrépressible, vital, nécessaire d'être sauvée par tout les moyens.  Je veux dire, décorer la galerie, évidemment. Vous n'avez pas été très spécifique concernant les détails de votre proposition, et je suis un peu confuse. Pourquoi avez-vous besoin de moi, exactement? » Les détails. Il n'en avait aucun. Sa proposition était simplement sortie de sa bouche sans qu'il n'y réfléchisse maintenant. Parce qu'il ne croyait pas au hasard, ni aux coincidences. Il croyait fermement que tout ce qui arrivait avait un sens et qu'il fallait parfois être assez courageux pour ne pas laisser l'instant filer entre les doigts. Prendre tout les risques. Tout miser sur le même numéro. Et espérer. Lucian songeait que la vie c'était un peu comme la peinture ; on ne trouve jamais ce que l'on cherche, on essaie, on tente de mettre d'autres couleurs, de les superposer les unes aux autres, et finalement on trouve autre chose. Et c'est cette autre chose surprenante, inattendue, imprévue, mystérieuse et troublante qui en fait toute la beauté.  Il n'y avait pas de place pour les « plus tard » dans la vie de Lucian, parce qu'ils menaient inexorablement aux « trop tard ». Et ça, il ne le permettrait jamais. Alors il se planta devant elle, approchant d'un pas de plus pour étreindre l'espace qui les séparait. «  Qu'est ce que vous cherchez dans l'art, Krista ? » La jeune femme ne s'attendait probablement pas à une telle question. Mais lorsque Lucian agrippa ses prunelles saphir, il sut que sa question ferait écho jusqu'au plus profond de son coeur. «  Je veux simplement que vous m'aidiez à montrer aux autres toutes ces choses que l'art peut faire. » L'homme se recula d'un pas et fit un geste du bras en montrant la galerie. «  Aidez-moi à donner une âme à cet endroit ! » Il souriait. Encore. Heureux. Des idées pleins la tête grignotant sa raison avec une passion dévorante. «  Je crois… Que vous êtes la seule à pouvoir le faire. Il faut que ça soit vous. Je veux que ça soit vous. Vous comprenez ? »  Et les pensées de Lucian s'entrechoquaient, instables. Ça allait vite dans son crâne. Trop vite pour qu'elle ne  puisse comprendre, mais cela n'avait aucune importance.


❝ Beneath this Mask❞ Même si l’on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et pour ceux qui les écouteront l’énonciation de la vérité. Et la vérité c’est que quelque chose va très mal dans ce pays, n’est ce pas ?.
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