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 burdened with glorious purpose || ECKSA

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Messages : 170Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : au manoir velikov probablement
Ҩ burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Mar 13 Mar - 18:01



Il est encore passé devant le cabaret, hier soir. C’est glauque, la Cherna Roza. A chaque fois il espère y trouver un peu plus d’ambition, un peu plus de la dignité caractéristique des Velikov mais il n’y trouve rien. Il ne trouve pas non plus le sang-froid de rentrer, d’aller attraper Zharka par la peau des fesses pour lui demander des comptes. Il s’est toujours dit qu’un jour il le ferait ; un jour, quand il aura assez supporté la mauvaise humeur de son père, les piques et les entailles dans les souvenirs, les balafres familiales. Evgeni a beau l’avoir effacée partout, il y a quelque chose de Zharka d’encore là, quelque chose de petit et de venimeux qui s’introduit dans la demeure immense des Velikov, qui rend dingue le père et qui laisse le fils planté en plein milieu des morceaux de verre.

Pourtant il l’aime cette maison, ce manoir immense, plein d’histoire et de fierté, de cachettes et de recoins, de sueur et de sang. Evgeni a toujours aimé lui raconter les histoires qui se passent de père en fils, les histoires de construction, la revanche de leurs ancêtres. La gloire gagnée dans la peur et dans l’acide, ils se sont façonné un nom à partir de rien, les Velikov, et un manoir à partir de cendres. Echo en aime chaque centimètre carré ; il a passé trop d’heures de sa vie à les parcourir avec Zharka, à apprendre les destinations, les raccourcis, les crevasses et les trappes, les tiroirs fermés et les greniers cachés. Il se souvient parfaitement du jour où il a quitté la maison, et le jour où il y est revenu. Un jour d’hiver où une nouvelle flamme l’animait, puis un jour d’été où il portait tous les hivers du monde dans l’estomac. Un jour un peu comme celui-là.

Quand les gardes lui disent que Leksa est là, quelque chose s’anime de nouveau dans sa poitrine. C’est un don qu’elle a, un don maudit de ramener à la surface tout ce qu’il y a de pire en lui. Il vit pour ça, pour le couteau qu’elle tente de planter dans son cœur et la façon délicieuse qu’elle a de rater son coup à chaque fois. L’été se referme sur lui, chasse le gel et les morceaux de verre, brûle un sourire psychédélique sur son visage extatique. Ça fait beaucoup, beaucoup trop longtemps depuis la dernière fois. Il a dû imaginer, s’inventer des scènes, déformer et gerber en technicolor ce qui lui restait d’elle, jusqu’à ce qu’elle vienne s’empaler d’elle-même sur la dague tendue, se déchirer jusqu’à la moelle juste pour avoir une chance de le griffer, elle aussi.

Il aurait payé extrêmement cher pour l’entendre tomber, pour s’entendre se briser contre son désastre à lui, lorsqu’on lui a dit pour som imbécile de sœur. Aurait tout donné pour qu’elle soit là, qu’elle regarde la Neskova se convulser, prisonnière du poison qui la paralysait, jusqu’à se raidir et cracher enfin ce dernier bout de vie auquel elle se raccrochait. Mais il ne fallait pas qu’elle voie ; il a frappé dans l’ombre, a déposé trois mots au creux d’une oreille et a tourné les talons. Ce n’est pas lui, ce n’est pas lui et pourtant, Leksa le sent sur lui comme s’il portait encore son sang. Il est comme un gamin le soir de Noël, prêt à déchirer le papier de tout ce qu’elle a à lui offrir. « T’as du cran de te pointer ici comme ça, princesse, tu t'es perdue? » il balance, de quelques mètres, ondulant vers elle à l’entrée des jardins. Il doit lui accorder ça ; la Neskova vient le chercher sur son terrain, vient le provoquer jusque dans le nid du reptile, c’en serait presque excitant si ce n’était pas si stupide. Elle essaie de prouver quelque chose de perdu d’avance, Echo sait qu’elle repartira calcinée, qu’elle continuera de nourrir son brasier.

Son princesse, c’est sa marque de mépris la plus sincère, le signe qu’il n’a rien oublié de Durmstrang et des privilèges des Neskov, ça non, ni de sa manière de marcher dans les couloirs en écrasant les autres sous son nom. Il espère que ça la rend dingue, de voir ce qu’il est aujourd’hui, ce qu’il peut faire, ce qu’il pourrait lui faire. Il arrive devant elle et s’arrête à quelques centimètres seulement, juste assez pour sentir son parfum boisé ; elle n’a pas eu le bon sens de reculer. « C’est comme au bon vieux temps, tu ne peux pas résister à l’envie de me voir hein ? » il continue, narquois, s’adosse sur une paroi en pierre, ses iris livrant un combat de dominance à ceux de sa némésis. C’est tout son corps qui est énergisé quand il la voit, tout son esprit qui s’agite à la faveur des milles manières dont il pourrait la ruiner encore, la lacérer pour mieux la soigner, voir sa cruauté prendre tout son essor.


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Statut du sang : Sang-PurMessages : 138Date d'inscription : 24/02/2018Localisation : Sofia
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Mar 3 Avr - 14:04

burdened with glorious purpose
echo velikov & leksa neskova

   
« The day will come when your joy will turn to ashes in your mouth and you'll know the debt is paid. »
Elle avait le coeur qui tambourinait un peu trop fort dans sa poitrine. Le tempo assassin de l'organe qui battait, se débattait, enfermé dans sa prison de chair humaine, résonnait à ses oreilles sans toutefois parvenir à l'effrayer. Tout en elle lui hurlait de faire demi-tour mais elle fonçait droit devant, les yeux rivés vers le manoir Velikov. S'accrochant à ses ambitions auto-destructrices. Elle n'était pas anesthésiée pourtant, c'était même plutôt l'inverse ; elle était comme animée par la flamme de la vengeance, qui viendrait bientôt lécher la peau de son ennemi, calciner ses espoirs un à un jusqu'à réduire en cendres tout ce à quoi il accordait de l'importance. Un feu ardent brillait dans son regard, le fit chatoyer quand il se posa sur les hautes grilles en fer forgé frappées de l'écusson sinistre des Velikov. Ses doigts s'accrochèrent aux barreaux, et l'espace d'une infime seconde, elle se mit à hésiter. Qu'allait-il lui arracher d'autre qu'elle pouvait encore se permettre de lui sacrifier?

Elle put presque se sentir tomber Leksa, quand elle fit un pas en avant. Mais la chute était bien trop délicieuse pour quelqu'un qui ne savait faire que voler, et qui s'y refusait pour la première fois. Petit ange aux ailes coupées, elle avançait les yeux grands ouverts pour ne rien manquer du spectacle de sa déchéance. Elle se salissait un peu trop fort en venant ici, elle connaissait les risques. Si quelqu'un au ministère l'apprenait, ça pouvait lui coûter cher. Seulement elle avait déjà trop perdu pour tout arrêter maintenant, elle se fichait pas mal qu'on la vire en cet instant où toutes ses pensées étaient dirigées droit sur sa soeur. C'est à Milena qu'elle pensait tandis qu'elle traversait le jardin d'un pas lent, langoureux. C'est elle qui lui donnait la force d'avancer, la hargne de venir le déterrer jusque dans sa tanière.
Elle était tellement habitée par la vengeance Leksa, que c'était comme si elle lui avait dégagé toute une place dans son coeur pour qu'elle s'y installe définitivement ; si elle cessait de s'y accrocher de toutes ses forces, si elle la laissait s'en aller, elle n'était pas certaine que quoi que ce soit d'autre puisse la remplacer. Et elle avait un peu trop peur du vide Leksa, peur de redevenir la carcasse sans vie qu'elle était autrefois. Alors elle laissait la haine lui grignoter l'âme, se repaître de chacune de ses pensées qu'elle éclaboussait de salissures pourpres. Elle préférait éprouver cette soif insatiable de vengeance plutôt que de se voir à nouveau réduite à un état apathique.

Quand elle vit une silhouette se découper à l'horizon, ça lui arracha un sourire féroce, carnassier. Ça déclencha quelque chose de sombre en elle, quelque chose qu'elle ne réservait qu'à lui. Elle était soudain redevenue incroyablement fière, d'une arrogance qu'elle portait sur le visage comme une armure défiant quiconque de l'approcher. Son aura exhalait d'une suffisance qu'elle ne se connaissait pas, elle faisait preuve d'une assurance infaillible qu'elle ne dut pas même surjouer. « T’as du cran de te pointer ici comme ça, princesse, tu t'es perdue? » Il serpentait à l'horizon, tel un fauve en pleine chasse qui prendrait plaisir à jouer avec sa proie avant de lui tordre la nuque. Sauf qu'il n'avait pas bien compris l'enjeu de cette confrontation ; il n'y avait pas de proie ce soir, seulement deux prédateurs, face à face. C'était à celui qui aurait les crocs les plus tranchantes. « Au contraire, je suis exactement là où il faut. » Pour la première fois depuis des mois, elle retrouvait enfin ses marques, ses repères. Elle retrouvait ce qui lui était devenu cruellement familier, ce qui avait marqué chaque jour de son existence depuis cinq ans.

« C’est comme au bon vieux temps, tu ne peux pas résister à l’envie de me voir hein ? » Il s'était arrêté à quelques centimètres d'elle, se vautrant dans son espace personnel comme s'il s'y sentait chez lui. Mais pour une fois ça ne l'agaçait pas, qu'il ne respecte pas son intimité. Pour une fois elle voulait qu'il sache, qu'il s'approche encore et qu'il sente le parfum âcre des représailles partout sur elle. Qu'il lui plante ses griffes dans la chair comme il savait si bien le faire, et qu'il réalise que sa peau s'était transformée en un acier solide, impénétrable. « Je t'ai manqué tant que ça? » Ils voulaient toujours avoir le dernier mot, sous lequel ils auraient enfin réussi à enterrer l'autre. Elle l'avait eu, à Durmstrang, et ça lui était resté en travers de la gorge, au gamin Velikov.
Elle planta son regard dans le sien, le capturant dans ses iris où une épaisse couche de givre s'était déposée des années plus tôt. Elle crevait d'impatience de lui enfoncer un stalactite dans le coeur ; mais elle savait que plus longue était l'attente, plus délectable serait l'instant où elle lui révèlerait la raison de sa présence. « A vrai dire tu as raison, je suis venue ici rien que pour toi. Tu as droit à un traitement de faveur, quelle chance. » Elle le devançait, anticipait ses répliques. Ne lui laissait pas le temps de rebondir. Fit un pas en avant, provocatrice au possible. Un sourire narquois peint sur les lèvres, en une mimique qui ne lui ressemblait pas ; ou peut-être qu'elle ressemblait à la femme qu'elle était devenue depuis Milena, celle qu'il avait fait d'elle, et à laquelle elle refusait encore de s'identifier. « On a des tas de choses à se dire, toi et moi. Tu ne m'invites pas à entrer, Cevko? Tu traites tous tes invités aussi mal ou seulement ceux qui t'ont fait réaliser à quel point t'étais un raté? »

   
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Messages : 170Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : au manoir velikov probablement
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Jeu 12 Avr - 12:50



Elle l’exalte, Leksa, elle draine toute la tension autour d’elle ; feu d’artifices mortel qu’est son corps, une putain de chasse au trésor. Elle sourit comme un ange, comme si elle se traînait pas toutes ces chaînes qu’il lui a attachées, comme si ses ailes étaient pas coupées. Echo aime trop jouer, s’insinuer dans les tranchées soigneusement protégées pour aller la chercher. Leksa ne vaccille pas, elle ne tremble pas ; tout son corps semble tendu comme si sa peau se faisait armure, tout faire pour que Echo se heurte à un mur.  « Je t'ai manqué tant que ça? » Le Velikov retrousse ses lèvres en un sourire. Ouais tu m’as manqué, Leksa. Ca m’a trop manqué tes fêlures et tes cassures en tous genres, ça m’a manqué de te voir te consumer, pas assez pour que ça fasse mal mais juste assez pour que ça se remarque. Elle brûle de quelque chose, la Neskova, Echo ne croit pas une seule seconde qu’elle est venue là juste pour lui prouver quelque chose, juste parce qu’elle le peut. Les provocations ne sont jamais gratuites, chez eux ; au contraire, elles se paient très cher, dans le sang et dans le feu. « A vrai dire tu as raison, je suis venue ici rien que pour toi. Tu as droit à un traitement de faveur, quelle chance. » Il la détaille lentement, se pourlèche presque les babines ; voix suave et peau de satin, charmeuse de serpent sibylline. Pas besoin de lui dire, il sait parfaitement qui est sa cible favorite. Elle n’est pas venue pour Evgeni, elle n’est pas venue pour Zharka, pas pour Illiana ni aucun des deux imbéciles. Elle le veut lui, cramera en enfer si elle peut l’emporter avec lui.

Le masque de Leksa est convaincant mais pas assez ; elle n’est provocatrice que pour lui, mutine, ne réserve ces regards qu’à lui. Elle n’est pas ainsi, ça l’amuse un peu trop de savoir qu’elle est prête à se grimer en pensant lui donner ce dont il a envie. Quelque chose qu’elle donne et qu’elle reprendra, pour quoi il reviendra, comme une superbe dose d’iskra. Il l’aime craquelée, Leksa, il l’aime au plus noir de la nuit, il l’aime quand elle se tend et que ses yeux sont rougis. Il l’aime dans ses colères, dans ses désirs les plus sordides. Elle ne peut pas le séduire avec une façade, mais il veut bien jouer s’il peut préparer une embuscade. « On a des tas de choses à se dire, toi et moi. Tu ne m'invites pas à entrer, Cevko? Tu traites tous tes invités aussi mal ou seulement ceux qui t'ont fait réaliser à quel point t'étais un raté? » Il rit doucement, Echo, passe au-dessus de l’affront insolent qu’elle lui fait en l’appelant par son prénom. Qui l’appelle encore comme ça aujourd’hui ? Cevko est un fragment du passé. Quelqu’un qu’il a enterré, quelque part avec ses doutes et ses scrupules, des choses qui ne lui sont d’aucune utilité. Des choses qui remontent à cette ultime soirée passée à Durmstrang, où il a enfin compris qui il était. Enfin, surtout, qui il n’était pas, et qui il ne sera jamais. Ça, d’une certaine manière, il le doit à Leksa. « Je te dirais bien de faire comme chez toi, mais ça a pas l’air d’être l’éclate là-bas en ce moment, j’espère que tu comprends. » Tu veux me faire du mal, Leksa, sois pas ridicule tu saurais pas porter le coup fatal. Elle n’est pas la seule à avoir aiguisé ses armes, Echo a dans son arsenal un poignard nommé Stefan.

Leksa doit bien savoir qu’elle ne rentrera pas. Elle a beau être sa préférée, le manoir Velikov est un refuge privilégié, un endroit qu’il ne lui sacrifiera pas. Il ne lui donnera pas ce pouvoir-là. « Mais je t’en prie, disons nous toutes ces jolies choses. » Il fait un geste de la main, désigne une tonnelle en bois quelques mètres plus loin. Echo se souvient des étés passés avec Zharka à s’y réfugier, lorsque la présence de leur belle-mère et des deux autres devenait trop insupportable, trop étouffante. Le souvenir se heurte à lui tandis qu’il invite ses démons d’adulte à jouer avec ses démons d’enfant ; ça ne colle pas tout à fait, il ne sait pas s’il a envie d’entendre les jolies choses de Leksa là-bas. Il le fait pourtant, parce que c’est ce que font les Velikov ; ils font passer l’intrigue avant l’intime. « Et pour te prouver que je sais recevoir, je t’offre même un daïquiri à la banane, ou quoi que ce soit que vous autres snobs et mondains aiment boire. » Mélange poisseux de mépris et d’amusement, on ne sait pas trop distinguer la fin du commencement. Ça l’excite presque, qu’ils se moquent jusqu’à l’overdose, des taquineries tâchées de sang, du maquillage sur les ecchymoses. Echo lève légèrement la main, prêt à ordonner, n’attend qu’un mot de Leksa pour continuer, voir ce que ça vient remuer. La mascarade est amère, trop absurde et trop tranchante ; il sait que les apparences voleront en éclats dans les plaies béantes.


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Statut du sang : Sang-PurMessages : 138Date d'inscription : 24/02/2018Localisation : Sofia
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Lun 2 Juil - 17:30

burdened with glorious purpose
echo velikov & leksa neskova

   
« The day will come when your joy will turn to ashes in your mouth and you'll know the debt is paid. »
Elle agrippe son regard, l’empoigne de toutes ses forces. Elle veut lire sur son visage la même expression que celle qu’elle lui a arrachée des années auparavant, quand elle lui a craché une vérité qu’il refusait alors d’entendre. Mais il le sait désormais, qu’il ne sera jamais rien d’autre que ce que ce que son nom fait de lui ; ça se voit dans le regard qu’il lui lance, qu’il a un peu trop compris. De l’ironie plein les pupilles quand ses yeux sombres lui murmurent en silence, que c’est sa faute à elle si Cevko s’est fait enterrer sous le poids de cet autre, ce monstre autrement cruel qu’il est devenu. Sa réplique ne l’atteint même pas, et ça l’agace Leksa, de ne pas savoir avec quelles armes il faut qu’elle se batte. Elle doit se réajuster, sans cesse, il la pousse dans ses retranchements. Il sait qu’elle déteste ça la parfaite petite Neskova, être acculée contre un mur et forcée de sortir les griffes, recracher toutes les horreurs qu’elle garde poliment enfuies au fond de son coeur. Elle tient bien trop précieusement à ses principes, à ses valeurs. Elle n’est pas comme ça Leksa, elle n’est pas comme lui. C’est pas son genre, de se ternir l’innocence.

Il y a son regard reptilien qui se glisse dans le sien, et elle ressent l'intrusion du plus profond de son être, mais elle le laisse se perdre dans les méandres de ses yeux clairs. Elle le laisse chercher, creuser, s'épuiser à vouloir mettre le doigt sur toutes ses faiblesses. Il ne sait pas qu'elle les porte en armure Leksa, qu'elle ne soigne aucune de ses blessures pour ne jamais oublier combien ça fait mal quand l'âme se déchire. Elle n'a pas besoin de points de suture, elle se préfère comme ça, avec ses cassures et ses souvenirs brûlants. Au moins elle sait pourquoi elle se bat. « Je te dirais bien de faire comme chez toi, mais ça a pas l’air d’être l’éclate là-bas en ce moment, j’espère que tu comprends. » Ses prunelles se fracassent contre les pierres froides du manoir Velikov, scrutent l'immense demeure en rêvant d'un jour se hisser jusqu'à l'intérieur. Elle ignore encore comment elle s'y prendra, mais ce moment viendra, qu'il en soit assuré. Ce soir elle risque un pas prudent sur son territoire, mais elle a soif de savoir les secrets qu'il cache dans son beau manoir, d'exposer les cadavres qu'il planque dans ses placards.
D'un geste, il lui présente une tonnelle en bois un peu plus loin, et elle grignote quelques mètres de plus de son terrain de jeu. « Mais je t’en prie, disons nous toutes ces jolies choses. » Elle a envie de rire parce que ce qu'elle s'apprête à lui dire n'a rien de joli, c'est même tout le contraire ; c'est sinistre et sordide, amer et tordu, un peu comme toi Echo. Elle se demande encore comment elle va faire pour prononcer ces mots sans qu'ils ne lui tranchent les cordes vocales. Elle n'a pas l'habitude de détruire les autres Leksa, c'est toujours elle qui les répare. Mais pas cette fois, ce soir c'est sa langue qui abîme, qui écorche.

Echo n'a pas conscience de ce qui l'attend, il croit qu'il est le chat et que c'est elle la souris. Il n'a pas encore compris qu'aujourd'hui c'est différent, qu'elle est différente. « Et pour te prouver que je sais recevoir, je t’offre même un daïquiri à la banane, ou quoi que ce soit que vous autres snobs et mondains aiment boire. » Elle peut presque sentir ses mains puissantes lui palper la peau, à la recherche d'un hématome sur lequel appuyer pour lui arracher une grimace, un cri de douleur, un soupir, n'importe quoi d'autre que cette sérénité étrange qui l'habite toute entière. Elle est d'une patience infinie Leksa, mais elle n'a jamais été aussi calme qu'en cet instant, d'un calme angoissant, meurtrier ; alors qu'à l'intérieur tout explose et tout fout le camp. « Une prochaine fois, peut-être. » Je reviendrai. Faux sourire et regard perçant, ce n'est pas une valse qu'ils sont en train de danser, c'est un tango au rythme endiablé, ça n'a rien de lisse, de beau, de propre. Tous les coups sont permis, pourvu de pousser l'autre à bout de souffle, de l'éjecter en dehors de la piste. « Tu connais incroyablement bien les goûts des riches, pour quelqu'un qui fait mine de les abhorrer.  » Elle darde à nouveau un coup d'oeil sur la demeure familiale, imposante, gigantesque. Puis elle revient chercher son regard, sans trop savoir où elle trouve le courage de fixer sans ciller l'assassin de sa soeur. Elle a envie de vomir, de dégueuler tout ce qu'Echo remue en elle et qu'elle dérobe à sa vue. Elle ne cédera pas, pourtant. Pas si près du but. « Cela n'a rien de curieux j'imagine, puisqu'ils constituent votre entière clientèle. » Elle résiste, s'accroche. Elle bloque la douleur avant qu'elle n'atteigne son coeur, elle ne pense qu'à lui, ne laisse aucune autre pensée filtrer dans son esprit. « Ta soeur fait les choses différemment, de ce que j'ai cru comprendre. Zharka, c'est ça? » Comme si elle ne le savait pas. Elle veut juste voir ce que ça déclenche, elle n'est pas vraiment sûre de connaître ce qui les lie, et ce qui les a déchirés. Elle veut trouver une nouvelle faille, un nouveau point faible à exploiter. C'est déroutant que ça lui plaise autant, de chercher à le torturer. Elle ne veut pas savoir ce que ça dit d'elle, elle ferme les yeux sur ses pêchés, c'est bien plus facile de laisser docilement la haine l'aveugler. « Moi qui pensais que la famille comptait plus que tout pour le clan Velikov, imagine ma déception en apprenant que ta propre soeur vous avait tous trahis. » Le dernier mot résonne un peu trop fort, elle espère qu'il le percute, qu'il le fasse vriller. Et s'il lui en faut plus alors elle va le lui en donner, elle veut le transpercer de part en part, l'achever, démolir tous ses remparts. Elle a des doutes Leksa, des questions dangereuses à poser. « Je me souviens d'elle, à Durmstrang. Elle n'avait pas grand chose à faire chez les Ombres, d'ailleurs je me demande si je l'ai déjà vue ne serait-ce qu'une seule fois dans notre salle commune. » Elle dépose la bombe à ses pieds, il n'a qu'un seul faux pas à faire pour tout faire exploser.

   
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Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Mar 7 Aoû - 17:17


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« The day will come when your joy will turn to ashes in your mouth and you'll know the debt is paid. »
Il aurait été agréablement surpris qu’elle accepte son offre, comme un défi accepté, une provocation facile à contrer. Il est un peu déçu qu’elle se tienne à distance, qu’elle ne rentre pas dans son jeu. « Une prochaine fois, peut-être. » Trop sérieuse, trop sournoise, la Neskova, on sent qu’elle ronge un os depuis longtemps, qu’elle a préparé toutes ses cartes méthodiquement et que rien ne peut s’échapper du plan. C’est un combat, pas un jeu, pas de place à l’improvisation ou aux plaisanteries. Leur ballet est une affaire sérieuse, des enjeux trop meurtriers trop difficiles à envoyer valser. Qu’importe, Echo n’aura aucun mal à survivre là où elle veut l’entraîner. « Tu connais incroyablement bien les goûts des riches, pour quelqu'un qui fait mine de les abhorrer. » L’amusement dessine un pli près des lèvres du Velikov ; n’a-t-elle pas encore compris ? Ce n’est pas la richesse qu’il condamne, c’est le message qui va avec. S’il est si fier de sa famille, ce n’est pas pour l’argent qu’ils ont amassé, c’est pour leurs origines et les rôles qu’ils ont réussi à renverser. Pas besoin d’être mendiant pour connaître la valeur de la vie. Ce n’est pas l’argent qui rend les gens détestables, c’est la manière dont ils s’en servent. « Cela n'a rien de curieux j'imagine, puisqu'ils constituent votre entière clientèle. » Echo acquiesce, doucement, apprécie les préliminaires. Il ne pourrait se résoudre à croire qu’il s’agit ainsi du cœur de son attaque, ce serait trop médiocre. Elle lui sert l’entrée, le reste est encore à venir. Elle place ses pions sur l’échiquier, commence à composer les notes qui formeront la mélodie. Le cobra se dresse d’avance d’entendre la symphonie. « Ta sœur fait les choses différemment, de ce que j'ai cru comprendre. Zharka, c'est ça? » Les choses sérieuses commencent. Echo se redresse, intrigué, piqué au vif. Leksa va aller plus loin, creuser, décortiquer, il le sait. Elle n’attend pas de réponse, pas encore, elle veut d’abord le pousser, l’acculer contre un mur pour s’assurer qu’il n’ait aucune issue.

De quelles armes va-t-elle se munir pour tenter de le détruire ? Elle a vu que l’attaque de front ne marchait pas, alors elle ondule autour de lui, pathétique mascarade de ses propres mouvements, son pendulum qui lui est si cher, sa marque de fabrique. Elle est trop blanche, Leksa, trop détraquée et pas assez cruelle pour s’enrouler autour de lui comme il faudrait. Echo accueille son regard avec trop de plaisir, elle lui martèle encore et encore tout en silence qu’elle signera sa perte, qu’elle sera sa fin. Que ce sera elle, qui le poussera de la falaise et le regardera s’échouer, décharné, sur la rive. Alors il attend qu’elle porte les vrais coups, il est assez maso pour la laisser avancer pourvu qu’il assène le dernier. « Moi qui pensais que la famille comptait plus que tout pour le clan Velikov, imagine ma déception en apprenant que ta propre sœur vous avait tous trahis. » Elle est bien informée, la Neskova, et elle insiste sur le mot trahis, observe ce que ça évoque chez lui. Il ne lui permettra pas d’ouvrir ce pan-là, c’est auprès d’Evgeni qu’elle devrait partir en guerre avec ça. La partie de lui que Zharka blesse est trop intime, trop crue, trop enfouie. Purulante, presque. Les pierres que sa némésis lui lance sur une trahison qu’il ne comprend que trop bien ricochent sur la surface de son visage. Prêt pour la prochaine attaque, prêt pour la prochaine parade. « Je me souviens d'elle, à Durmstrang. Elle n'avait pas grand-chose à faire chez les Ombres, d'ailleurs je me demande si je l'ai déjà vue ne serait-ce qu'une seule fois dans notre salle commune. » Un battement de cœur raté. Un seul. C’est un fait : Leksa ne connaît pas aussi bien Zharka qu’elle le devrait. C’est la tradition, les Velikov ont toujours été des Ombres, et des Ombres actives, des Ombres meneuses la plupart du temps. Seule Zharka a dérogé à la règle – et de façon magistrale. Echo l’a couvert, des années durant, a fait perdurer le mensonge et a protégé sa cadette de l’infamie d’être découverte. Aujourd’hui il se rend compte que c’est la clé de tout, la pièce du puzzle manquante pour ceux qui traquent les mafias. Personne n’a posé de question, jusque-là. Mais Leksa n’a pas assez peur, trop envie de se jeter dans la gueule du cobra, toute entière, jusqu’à être recouverte de poison pourvu qu’elle en voit l’intérieur.

L’aîné des Velikov soutient le regard de l’aventureuse, la laisser tâtonner dans le noir, ne pas s’incruster sous sa peau comme un insecte avide. « Peut-être que si tu avais été une meilleure meneuse elle aurait été plus impliquée dans notre clan » il répond, sans y toucher. Zharka ne doit pas être un sujet sérieux ; une simple excuse pour répliquer, encore et encore, pour rebondir sans la laisser rentrer. C’est attendrissant, il a vraiment l’impression qu’elle pense gagner. « Ce qu’il faut retenir de la Svaboda qu’a créé ma sœur c’est qu’elle a du succès, si tu me demandes, je te dirais plutôt qu’il n’y a pas plus Velikov que ça, partir de rien et construire un empire. Quand bien même ce n’est pas tout à fait ce que mon père avait en tête. » il susurre, tête penchée sur le côté et regard dans le vide, il s’offre même le luxe de dire la vérité. Il a bien des désaccords avec Zharka, avec tout ce qu’elle a créé dans leur dos, dans son dos à lui, mais il ne lui reprochera jamais d’être partie. Juste d’être partie sans un mot. Ca le fend en deux, de voir l’empire Velikov divisé, ça rend Evgeni fou de rage de savoir que le nom qu’il s’est efforcé de continuer à dorer est associé à cette traîtrise. Sur les tapisseries de famille, Zharka a été effacée, comme si elle n’avait jamais existé. Evgeni y a soigneusement veillé.

Echo revient croiser le regard de Leksa, met ses cartouches une à une dans son arme. Pour elle il ferait parler la poudre jusqu’à ce que son chargeur soit vide. « Je suis très touché de tout cet intérêt autour de moi et ma famille, Leksa. Pas étonné, cela dit. Quand on voit à quel point tu as réussi à bousiller la tienne, c’est assez compréhensible. » C’est à lui, maintenant. Son tour de frapper, d’espérer la voir tituber, de jouir à la voir se contenir, ne pas lui donner la satisfaction de la toucher. Ils sont plus similaires qu’ils ne le croient, dommage qu’il soit si important de rester de marbre alors qu’Echo n’aime rien de plus qu’un bon gros carnage. « Comment va la petite Emilia ? Si tu l’as vue récemment, bien sûr. » Menace voilée, doucereuse et trop vile. Il sait de fait que ce n’est pas le cas, merci Stefan et sa naïveté, ça le rassure, au fond, de savoir que la vie de Leksa n’est qu’un immense champ de fleurs fanées sans lui.


   
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