AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Poster un nouveau sujet  Répondre au sujet
Partagez | 
 

 burdened with glorious purpose || ECKSA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM
avatar
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM

HOMINUM REVELIO ϟ
Messages : 123Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : au manoir velikov probablement
Ҩ burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Mar 13 Mar - 18:01



Il est encore passé devant le cabaret, hier soir. C’est glauque, la Cherna Roza. A chaque fois il espère y trouver un peu plus d’ambition, un peu plus de la dignité caractéristique des Velikov mais il n’y trouve rien. Il ne trouve pas non plus le sang-froid de rentrer, d’aller attraper Zharka par la peau des fesses pour lui demander des comptes. Il s’est toujours dit qu’un jour il le ferait ; un jour, quand il aura assez supporté la mauvaise humeur de son père, les piques et les entailles dans les souvenirs, les balafres familiales. Evgeni a beau l’avoir effacée partout, il y a quelque chose de Zharka d’encore là, quelque chose de petit et de venimeux qui s’introduit dans la demeure immense des Velikov, qui rend dingue le père et qui laisse le fils planté en plein milieu des morceaux de verre.

Pourtant il l’aime cette maison, ce manoir immense, plein d’histoire et de fierté, de cachettes et de recoins, de sueur et de sang. Evgeni a toujours aimé lui raconter les histoires qui se passent de père en fils, les histoires de construction, la revanche de leurs ancêtres. La gloire gagnée dans la peur et dans l’acide, ils se sont façonné un nom à partir de rien, les Velikov, et un manoir à partir de cendres. Echo en aime chaque centimètre carré ; il a passé trop d’heures de sa vie à les parcourir avec Zharka, à apprendre les destinations, les raccourcis, les crevasses et les trappes, les tiroirs fermés et les greniers cachés. Il se souvient parfaitement du jour où il a quitté la maison, et le jour où il y est revenu. Un jour d’hiver où une nouvelle flamme l’animait, puis un jour d’été où il portait tous les hivers du monde dans l’estomac. Un jour un peu comme celui-là.

Quand les gardes lui disent que Leksa est là, quelque chose s’anime de nouveau dans sa poitrine. C’est un don qu’elle a, un don maudit de ramener à la surface tout ce qu’il y a de pire en lui. Il vit pour ça, pour le couteau qu’elle tente de planter dans son cœur et la façon délicieuse qu’elle a de rater son coup à chaque fois. L’été se referme sur lui, chasse le gel et les morceaux de verre, brûle un sourire psychédélique sur son visage extatique. Ça fait beaucoup, beaucoup trop longtemps depuis la dernière fois. Il a dû imaginer, s’inventer des scènes, déformer et gerber en technicolor ce qui lui restait d’elle, jusqu’à ce qu’elle vienne s’empaler d’elle-même sur la dague tendue, se déchirer jusqu’à la moelle juste pour avoir une chance de le griffer, elle aussi.

Il aurait payé extrêmement cher pour l’entendre tomber, pour s’entendre se briser contre son désastre à lui, lorsqu’on lui a dit pour som imbécile de sœur. Aurait tout donné pour qu’elle soit là, qu’elle regarde la Neskova se convulser, prisonnière du poison qui la paralysait, jusqu’à se raidir et cracher enfin ce dernier bout de vie auquel elle se raccrochait. Mais il ne fallait pas qu’elle voie ; il a frappé dans l’ombre, a déposé trois mots au creux d’une oreille et a tourné les talons. Ce n’est pas lui, ce n’est pas lui et pourtant, Leksa le sent sur lui comme s’il portait encore son sang. Il est comme un gamin le soir de Noël, prêt à déchirer le papier de tout ce qu’elle a à lui offrir. « T’as du cran de te pointer ici comme ça, princesse, tu t'es perdue? » il balance, de quelques mètres, ondulant vers elle à l’entrée des jardins. Il doit lui accorder ça ; la Neskova vient le chercher sur son terrain, vient le provoquer jusque dans le nid du reptile, c’en serait presque excitant si ce n’était pas si stupide. Elle essaie de prouver quelque chose de perdu d’avance, Echo sait qu’elle repartira calcinée, qu’elle continuera de nourrir son brasier.

Son princesse, c’est sa marque de mépris la plus sincère, le signe qu’il n’a rien oublié de Durmstrang et des privilèges des Neskov, ça non, ni de sa manière de marcher dans les couloirs en écrasant les autres sous son nom. Il espère que ça la rend dingue, de voir ce qu’il est aujourd’hui, ce qu’il peut faire, ce qu’il pourrait lui faire. Il arrive devant elle et s’arrête à quelques centimètres seulement, juste assez pour sentir son parfum boisé ; elle n’a pas eu le bon sens de reculer. « C’est comme au bon vieux temps, tu ne peux pas résister à l’envie de me voir hein ? » il continue, narquois, s’adosse sur une paroi en pierre, ses iris livrant un combat de dominance à ceux de sa némésis. C’est tout son corps qui est énergisé quand il la voit, tout son esprit qui s’agite à la faveur des milles manières dont il pourrait la ruiner encore, la lacérer pour mieux la soigner, voir sa cruauté prendre tout son essor.


i wonder if they
even bleed
put on your war paint
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM
avatar
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang-PurMessages : 67Date d'inscription : 24/02/2018Localisation : Sofia
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Mar 3 Avr - 14:04

burdened with glorious purpose
echo velikov & leksa neskova

   
« The day will come when your joy will turn to ashes in your mouth and you'll know the debt is paid. »
Elle avait le coeur qui tambourinait un peu trop fort dans sa poitrine. Le tempo assassin de l'organe qui battait, se débattait, enfermé dans sa prison de chair humaine, résonnait à ses oreilles sans toutefois parvenir à l'effrayer. Tout en elle lui hurlait de faire demi-tour mais elle fonçait droit devant, les yeux rivés vers le manoir Velikov. S'accrochant à ses ambitions auto-destructrices. Elle n'était pas anesthésiée pourtant, c'était même plutôt l'inverse ; elle était comme animée par la flamme de la vengeance, qui viendrait bientôt lécher la peau de son ennemi, calciner ses espoirs un à un jusqu'à réduire en cendres tout ce à quoi il accordait de l'importance. Un feu ardent brillait dans son regard, le fit chatoyer quand il se posa sur les hautes grilles en fer forgé frappées de l'écusson sinistre des Velikov. Ses doigts s'accrochèrent aux barreaux, et l'espace d'une infime seconde, elle se mit à hésiter. Qu'allait-il lui arracher d'autre qu'elle pouvait encore se permettre de lui sacrifier?

Elle put presque se sentir tomber Leksa, quand elle fit un pas en avant. Mais la chute était bien trop délicieuse pour quelqu'un qui ne savait faire que voler, et qui s'y refusait pour la première fois. Petit ange aux ailes coupées, elle avançait les yeux grands ouverts pour ne rien manquer du spectacle de sa déchéance. Elle se salissait un peu trop fort en venant ici, elle connaissait les risques. Si quelqu'un au ministère l'apprenait, ça pouvait lui coûter cher. Seulement elle avait déjà trop perdu pour tout arrêter maintenant, elle se fichait pas mal qu'on la vire en cet instant où toutes ses pensées étaient dirigées droit sur sa soeur. C'est à Milena qu'elle pensait tandis qu'elle traversait le jardin d'un pas lent, langoureux. C'est elle qui lui donnait la force d'avancer, la hargne de venir le déterrer jusque dans sa tanière.
Elle était tellement habitée par la vengeance Leksa, que c'était comme si elle lui avait dégagé toute une place dans son coeur pour qu'elle s'y installe définitivement ; si elle cessait de s'y accrocher de toutes ses forces, si elle la laissait s'en aller, elle n'était pas certaine que quoi que ce soit d'autre puisse la remplacer. Et elle avait un peu trop peur du vide Leksa, peur de redevenir la carcasse sans vie qu'elle était autrefois. Alors elle laissait la haine lui grignoter l'âme, se repaître de chacune de ses pensées qu'elle éclaboussait de salissures pourpres. Elle préférait éprouver cette soif insatiable de vengeance plutôt que de se voir à nouveau réduite à un état apathique.

Quand elle vit une silhouette se découper à l'horizon, ça lui arracha un sourire féroce, carnassier. Ça déclencha quelque chose de sombre en elle, quelque chose qu'elle ne réservait qu'à lui. Elle était soudain redevenue incroyablement fière, d'une arrogance qu'elle portait sur le visage comme une armure défiant quiconque de l'approcher. Son aura exhalait d'une suffisance qu'elle ne se connaissait pas, elle faisait preuve d'une assurance infaillible qu'elle ne dut pas même surjouer. « T’as du cran de te pointer ici comme ça, princesse, tu t'es perdue? » Il serpentait à l'horizon, tel un fauve en pleine chasse qui prendrait plaisir à jouer avec sa proie avant de lui tordre la nuque. Sauf qu'il n'avait pas bien compris l'enjeu de cette confrontation ; il n'y avait pas de proie ce soir, seulement deux prédateurs, face à face. C'était à celui qui aurait les crocs les plus tranchantes. « Au contraire, je suis exactement là où il faut. » Pour la première fois depuis des mois, elle retrouvait enfin ses marques, ses repères. Elle retrouvait ce qui lui était devenu cruellement familier, ce qui avait marqué chaque jour de son existence depuis cinq ans.

« C’est comme au bon vieux temps, tu ne peux pas résister à l’envie de me voir hein ? » Il s'était arrêté à quelques centimètres d'elle, se vautrant dans son espace personnel comme s'il s'y sentait chez lui. Mais pour une fois ça ne l'agaçait pas, qu'il ne respecte pas son intimité. Pour une fois elle voulait qu'il sache, qu'il s'approche encore et qu'il sente le parfum âcre des représailles partout sur elle. Qu'il lui plante ses griffes dans la chair comme il savait si bien le faire, et qu'il réalise que sa peau s'était transformée en un acier solide, impénétrable. « Je t'ai manqué tant que ça? » Ils voulaient toujours avoir le dernier mot, sous lequel ils auraient enfin réussi à enterrer l'autre. Elle l'avait eu, à Durmstrang, et ça lui était resté en travers de la gorge, au gamin Velikov.
Elle planta son regard dans le sien, le capturant dans ses iris où une épaisse couche de givre s'était déposée des années plus tôt. Elle crevait d'impatience de lui enfoncer un stalactite dans le coeur ; mais elle savait que plus longue était l'attente, plus délectable serait l'instant où elle lui révèlerait la raison de sa présence. « A vrai dire tu as raison, je suis venue ici rien que pour toi. Tu as droit à un traitement de faveur, quelle chance. » Elle le devançait, anticipait ses répliques. Ne lui laissait pas le temps de rebondir. Fit un pas en avant, provocatrice au possible. Un sourire narquois peint sur les lèvres, en une mimique qui ne lui ressemblait pas ; ou peut-être qu'elle ressemblait à la femme qu'elle était devenue depuis Milena, celle qu'il avait fait d'elle, et à laquelle elle refusait encore de s'identifier. « On a des tas de choses à se dire, toi et moi. Tu ne m'invites pas à entrer, Cevko? Tu traites tous tes invités aussi mal ou seulement ceux qui t'ont fait réaliser à quel point t'étais un raté? »

   
(c) DΛNDELION


YOU'VE GOT THOSE CRUEL INTENTIONS
You are a gunshot aimed at me, and I stumble, I stumble. You are lightning. You strike me and I'm electrified. I start to feel like I'm gonna die.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM
avatar
♛ ABSOLUTUM DOMINIUM

HOMINUM REVELIO ϟ
Messages : 123Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : au manoir velikov probablement
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ Jeu 12 Avr - 12:50



Elle l’exalte, Leksa, elle draine toute la tension autour d’elle ; feu d’artifices mortel qu’est son corps, une putain de chasse au trésor. Elle sourit comme un ange, comme si elle se traînait pas toutes ces chaînes qu’il lui a attachées, comme si ses ailes étaient pas coupées. Echo aime trop jouer, s’insinuer dans les tranchées soigneusement protégées pour aller la chercher. Leksa ne vaccille pas, elle ne tremble pas ; tout son corps semble tendu comme si sa peau se faisait armure, tout faire pour que Echo se heurte à un mur.  « Je t'ai manqué tant que ça? » Le Velikov retrousse ses lèvres en un sourire. Ouais tu m’as manqué, Leksa. Ca m’a trop manqué tes fêlures et tes cassures en tous genres, ça m’a manqué de te voir te consumer, pas assez pour que ça fasse mal mais juste assez pour que ça se remarque. Elle brûle de quelque chose, la Neskova, Echo ne croit pas une seule seconde qu’elle est venue là juste pour lui prouver quelque chose, juste parce qu’elle le peut. Les provocations ne sont jamais gratuites, chez eux ; au contraire, elles se paient très cher, dans le sang et dans le feu. « A vrai dire tu as raison, je suis venue ici rien que pour toi. Tu as droit à un traitement de faveur, quelle chance. » Il la détaille lentement, se pourlèche presque les babines ; voix suave et peau de satin, charmeuse de serpent sibylline. Pas besoin de lui dire, il sait parfaitement qui est sa cible favorite. Elle n’est pas venue pour Evgeni, elle n’est pas venue pour Zharka, pas pour Illiana ni aucun des deux imbéciles. Elle le veut lui, cramera en enfer si elle peut l’emporter avec lui.

Le masque de Leksa est convaincant mais pas assez ; elle n’est provocatrice que pour lui, mutine, ne réserve ces regards qu’à lui. Elle n’est pas ainsi, ça l’amuse un peu trop de savoir qu’elle est prête à se grimer en pensant lui donner ce dont il a envie. Quelque chose qu’elle donne et qu’elle reprendra, pour quoi il reviendra, comme une superbe dose d’iskra. Il l’aime craquelée, Leksa, il l’aime au plus noir de la nuit, il l’aime quand elle se tend et que ses yeux sont rougis. Il l’aime dans ses colères, dans ses désirs les plus sordides. Elle ne peut pas le séduire avec une façade, mais il veut bien jouer s’il peut préparer une embuscade. « On a des tas de choses à se dire, toi et moi. Tu ne m'invites pas à entrer, Cevko? Tu traites tous tes invités aussi mal ou seulement ceux qui t'ont fait réaliser à quel point t'étais un raté? » Il rit doucement, Echo, passe au-dessus de l’affront insolent qu’elle lui fait en l’appelant par son prénom. Qui l’appelle encore comme ça aujourd’hui ? Cevko est un fragment du passé. Quelqu’un qu’il a enterré, quelque part avec ses doutes et ses scrupules, des choses qui ne lui sont d’aucune utilité. Des choses qui remontent à cette ultime soirée passée à Durmstrang, où il a enfin compris qui il était. Enfin, surtout, qui il n’était pas, et qui il ne sera jamais. Ça, d’une certaine manière, il le doit à Leksa. « Je te dirais bien de faire comme chez toi, mais ça a pas l’air d’être l’éclate là-bas en ce moment, j’espère que tu comprends. » Tu veux me faire du mal, Leksa, sois pas ridicule tu saurais pas porter le coup fatal. Elle n’est pas la seule à avoir aiguisé ses armes, Echo a dans son arsenal un poignard nommé Stefan.

Leksa doit bien savoir qu’elle ne rentrera pas. Elle a beau être sa préférée, le manoir Velikov est un refuge privilégié, un endroit qu’il ne lui sacrifiera pas. Il ne lui donnera pas ce pouvoir-là. « Mais je t’en prie, disons nous toutes ces jolies choses. » Il fait un geste de la main, désigne une tonnelle en bois quelques mètres plus loin. Echo se souvient des étés passés avec Zharka à s’y réfugier, lorsque la présence de leur belle-mère et des deux autres devenait trop insupportable, trop étouffante. Le souvenir se heurte à lui tandis qu’il invite ses démons d’adulte à jouer avec ses démons d’enfant ; ça ne colle pas tout à fait, il ne sait pas s’il a envie d’entendre les jolies choses de Leksa là-bas. Il le fait pourtant, parce que c’est ce que font les Velikov ; ils font passer l’intrigue avant l’intime. « Et pour te prouver que je sais recevoir, je t’offre même un daïquiri à la banane, ou quoi que ce soit que vous autres snobs et mondains aiment boire. » Mélange poisseux de mépris et d’amusement, on ne sait pas trop distinguer la fin du commencement. Ça l’excite presque, qu’ils se moquent jusqu’à l’overdose, des taquineries tâchées de sang, du maquillage sur les ecchymoses. Echo lève légèrement la main, prêt à ordonner, n’attend qu’un mot de Leksa pour continuer, voir ce que ça vient remuer. La mascarade est amère, trop absurde et trop tranchante ; il sait que les apparences voleront en éclats dans les plaies béantes.


i wonder if they
even bleed
put on your war paint
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

HOMINUM REVELIO ϟ
Ҩ Re: burdened with glorious purpose || ECKSA Ҩ

Revenir en haut Aller en bas
 

burdened with glorious purpose || ECKSA

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet