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 Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business.

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Statut du sang : PurMessages : 5Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : Bien au chaud dans son fric.
Ҩ Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Lun 12 Mar - 19:51


Evgeni Velikov

Ne me raconte plus que tu es innocent parce que c’est une insulte à mon intelligence et ça me rend de mauvaise humeur.

ft.  Viggo Mortensen

Crédits © Abandon - Bazzart  

Prénom & nom Evgeni Velikov, un nom sans tache, un nom de pouvoir, un nom dont il est fier et dont il confie l'héritage avec le plus grand des soins. Velikov, pas seulement un nom mais un symbole ; prospérité et puissance, dominance subtile dans un monde sombre d'où il a appris à tirer tous les profits.
Âge & lieu de naissance 65 ans. Il est né à Sofia et y a toujours vécu. Il y est toujours revenu, Evgeni, parce que c'est là que son empire prospère, parce que cette ville lui appartient, à lui, et plus généralement à sa famille entière.  
Statut du sang Pur comme le cristal, ou du moins c'est ce que tout le monde s'imagine ; personne ne pose ce genre de questions à Evgeni, personne ne remet en cause sa légitimité.
Scolarité Durmstrang, bien entendu, l'école dans laquelle il a passé dix années aux côtés des Ombres, un clan fermé, soudé et uni, un peu comme une grande famille où la solidarité est reine, où les liens sont réels, concrets.
Carrière A la sortie de l'école, Evgeni a travaillé pour la Bratva, se donnant corps et âme à la gérance des affaires que son père lui laissa petit à petit, lui accordant un peu plus de responsabilités chaque année, jusqu'à ce qu'il hérite à son tour du très lucratif empire familial.
Groupe Crucio
A savoir Evgeni est le chef de la Bratva, la principale mafia de Bulgarie. Il est extrêmement fier de l'empire que ses aïeuls lui ont laissé, et prône par conséquent une conduite irreprochable au sein de la pègre qu'il dirige. Les valeurs familiales sont mises en avant jusqu'à l'excès, le respect des aînés, des traditions séculaires qui ne doivent jamais être oubliées et surtout, surtout, cet étrange culte du secret alimenté par le respect et la crainte qu'il inspire. Evgeni a le bras extrêmement long ; et son expérience dans les affaires le rendent redoutable.





Dig beyond the surface

It's not an easy thing admitting to yourself what you really are


TOI & LE GOUVERNEMENT Evgeni ne sait pas véritablement quoi penser du gouvernement. Par essence, il représente un ennemi, assurément, un frein très net à ses activités si jamais les sorciers du ministère venaient à mettre leur nez dans ses affaires ; mais sur un autre plan, il sait néanmoins qu'il ne risque pas grand chose, pour plusieurs raisons. D'abord, parce que quelques membres haut placés du gouvernement sont de fervents consommateurs d'Iskra ; ensuite, parce qu'un accord passé avec Todor Mladenov lui permet de continuer son trafic sans être inquiété. Il s'amuse généralement de l'acharnement que mettent certains sorciers à remonter des pistes qui ne mènent absolument nulle part, et encourage d'avantage la traque des membres de la Svaboda sur ses plates bandes. C'est une sorte de jeu, pour lui, et s'il sait faire preuve de prudence, il apprécie néanmoins le zèle que ces hommes de loi mettent à protéger ses affaires, et à perturber celles de Zarkha.


TOI, LES SANG-NOIRS & LES REVENANTS Une manne. Un véritable filon d'or, la richesse si seulement on sait exploiter toutes les possibilités. Evgeni se moque bien du pouvoir coulant dans leurs veines, à son sens, le véritable pouvoir ne réside pas dans la force. Il apprécie grandement ces fournisseurs directs de matière première pour faire son Iskra, et veille sur ceux qui se portent volontaires pour ce faire. Il les observe, il les étudie, réclame en permanence des études sur leur sang, les autres composantes de la drogue, demande des rapports du gouvernement sur les effets de l'Ox. C'est pas un homme d'action, Evgeni, c'est un homme de connaissances. Tout ce qu'il ignore le passionne. Quand aux Revenants, pour le moment, il ne les comprend pas. Pire, il en a peur ; des morts, revenus à la vie, rattachés à des vivants, des êtres étranges qui ne devraient pas être là, qui sait qui pourrait encore traverser le voile, qui sait qui pourrait revenir le hanter ?

TOI & LES ACTIVITÉS ILLÉGALES Les activités illégales, c'est ce qui a toujours défini Evgeni. Observer le monde et y trouver les failles, déterminer à quel moment frapper, à quel moment rester tranquille ; créer les bonnes alliances et supprimer les rivaux, c'est ce qu'il a appris à faire, et c'est ce qu'il fait bien. Il veille à la bonne marche de ses affaires et s'assure de la fidélité d'une clientèle de prestige ; il ne reste jamais en retrait, Evgeni, il ne se salit pas les mains mais n'a jamais eu peur de voir ce que ses hommes étaient capables de faire pour lui. Il va sur le terrain, s'occupe de certains clients en personne. Il n'a jamais pris d'Iskra lui-même, trop apeuré à l'idée de devenir dépendant, et peu intéressé par ses effets. Il conseille les forts et méprise les faibles, et plus que tout au monde, il hait cette odieuse concurrence que sa fille représente, cette traîtresse, cette gamine qui a tué sa femme et qui aujourd'hui la trahit.  








Travelling through time

It matters not what someone is born but what they grow to be

03.05.1939 Naissance d'Evgeni Velikov, à Sofia.
01.09.1949 Entrée à Durmstrang. Il rejoint le clan des Ombres.
1953 Evgeni s'affiche avec Anya, une jeune fille de son Clan.
06.1959 Evgeni demande Anya en mariage, à la sortie de l'école. Ils se marient quelques mois plus tard.
01.1964 Il prend la tête de la Bratva et en devient le nouveau chef de famille incontesté.
14.11.1966 Naissance de son premier fils, Cevko Velikov, dit Echo.
04.12.1967 Naissance de Zarkha Velikov, et décès d'Anya.
1973 Evgeni rencontre Illiana Bronskaya et en tombe amoureux. Malgré l'hostilité manifeste d'Echo, il la présente à sa famille et l'affiche à son bras.
Février 1974 Second mariage avec Illiana, devenue Illiana Velikova.
Avril 1995 Son fils Echo épouse Nika Ondronskova. Evgeni voit cet union d'un mauvais oeil, et craint l'emportement de son fils.
Juin 1996 Lorsqu'Echo parle de quitter la Bratva, Evgeni entre dans une colère noire. Dans les six mois précédant cette annonce, il orchestre la fausse couche de son épouse.
Décembre 1996 Empoisonnement de Nika. Echo retrouve sa place dans la Bratva, malgré les blessures que la mort de sa femme et son enfant ont laissé.
Avril 1999 Découverte de l'Ox.
Automne 1999 Conscient que les Sangs-Noirs représentent un centre d'intérêt potentiel, Evgeni profite du chaos pour capturer les premiers cobayes. Les premiers balbutiements de la création de l'Iskra sont mis au point.
Mars 2000 Zarkha quitte la Bratva.
Année 2001 Changement de ministre de la magie. Découvrant l'existence d'une mafia secondaire, la Svaboda, Evgeni décide de se rapprocher de Todor Mladenov, et lui propose un marché. Le ministère n'interviendra pas dans les affaires de la Bratva si cette dernière offre des informations sur leur rivale.
Février 2002 Evgeni découvre que sa propre fille a monté , la Svaboda. Sa colère, sans limite, lui fait commettre ses premières erreurs dans les mois qui suivront.
Année 2004 Contexte actuel. Evgeni prépare la succession d'Echo à la tête de la Bratva, et mène une guerre ouverte contre sa fille, qu'il n'a pas revu depuis quatre ans.




The muggle behind the screen

Lower your wand

PSEUDO Eva What a Face
ÂGE 24. Sans commentaires ♥️
RÉGION OH MON AUVERGNEUH
PERSONNAGE inventé [ ] scéna/pré-lien [ ] pv [X]
COMMENT AS-TU DÉCOUVERT AK? En regardant par une fenêtre. Il y a plus de trois ans maintenant What a Face
LE MOT DE LA FIN ET C'EST QUI QUI VIENT FOUTRE SON PETIT BRONX, C'EST QUI ?  





Dernière édition par Evgeni Velikov le Lun 9 Avr - 14:22, édité 9 fois
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Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Lun 12 Mar - 19:51


Plume à papote

It is our choices that show what we truly are


Tu seras parfait, mon fils entend-t-il murmurer dans les couloirs de son immense maison, cet enfant qui n’a jamais rien connu qu’un prestige secret et dissimulé entre les murs du manoir Velikov, dans lequel il vit une jeunesse faite d’apprentissage rigoureux et d’affection familiale. Evgeni, le fils aîné du clan, préparé dès le plus jeune âge à prendre, un jour, la tête de la Bratva. Ils n’ont que ce mot au coin des lèvres, tous, les oncles, les tantes, ses parents et même son petit frère, qui a compris depuis longtemps que cette place de choix n’est que le fruit de l’ordre filial. Le respect, les traditions, les valeurs familiales, un moule dans lequel Evgeni se glisse doucement, calme, curieux de tout. C’est comme si le destin le voulait, comme si sa seule venue au monde lui donnait ces droits fondamentaux faits pour lui. Evgeni, ils n’ont que ce nom aux lèvres ; il fera la fierté de ses parents, il suivra la voie des Velikov, il sera un grand, un fort, un puissant. Il apprendra à diriger, mais d’abord il doit savoir obéir ; et obéir, Evgeni le fait très bien. Ses jeux d’enfants, en chassé-croisé avec son cadet, ne sont que des prétextes, tromperies pour chercher encore plus fort cette place qu’il accepte déjà avec ses yeux teintés d’innocence. Il vit dans un monde où tout est fait pour lui, où tout tourne autour de la branche principale de la famille dont il représente la digne succession. Un lourd poids, sur ses épaules de petit garçon et pourtant, il accepte de le hisser sans broncher. Tu seras un puissant, mon fils, et un jour tu feras la fierté de notre famille. Entre les mots encourageants de son père et la douceur de sa mère, Evgeni grandit doucement et sans accroc, attendant avec impatience l’âge où à son tour, il dirigera, donnera des ordres. Peu conscient encore, des enjeux que cela implique, il sait seulement qu’on attend de lui des choses qu’il est capable d’offrir ; et c’est déjà bien suffisant.

Il grandit, Evgeni, s’affirme lentement au fil des années. Il se construit sous le modèle de l’enfant parfait qu’il doit absolument représenter, parce qu’il en va de son avenir, parce que c’est ce qu’on attend de lui. Apprendre, retenir, être un exemple pour tous, ne jamais sortir de ce chemin qu’on a tracé pour lui, jalonnant son existence. Il rejoint Durmstrang, et le clan des Ombres, comme son père, son grand-père, ses aïeux avant lui. Il devient un nom, et il le sait. Son menton droit et fier d’enfant qui grandit ne flanche pas au milieu des autres, cette seconde famille dans laquelle il se fait d’abord la main. Apprendre à obéir, puis à commander, voilà ce que Durmstrang lui apporte, avec la connaissance qu’il dévore un peu plus chaque jour. Etudiant studieux, membre actif de son clan, il en prend la tête aux dernières années de ses études. Une main de fer, dans un gant de velours. Autoritaire mais à l’écoute, patient mais pas laxiste. Il retient les leçons de ses erreurs, se forge un caractère de meneur chevronné. Il n’a pas peur d’un avenir tracé. Il ne craint rien, Evgeni, conscient que la famille est la seule chose qui importe, celle qu’il a déjà, celle qu’il construira. C’est ensemble qu’ils bâtiront leur nouvelle route ; qu’ils se protègeront les uns des autres, comme cela a toujours été.

~~~

Anya. Une fleur d’hiver au centre de la multitude, de grands yeux clairs, une moue boudeuse. Une fille silencieuse, Anya, la douceur incarnée, la tendresse dans son regard et ses petites mains qu’il voudrait loger au creux des siennes. Anya, qu’il a déjà choisie sans jamais le lui avoir dit, soudainement devenu muet, lui qui a pourtant toujours quelque chose à dire, qui trouve toujours les mots justes. Il devient statue de sel devant elle sans qu’elle s’en aperçoive, d’abord, elle qui le voit comme un ami, appréciable et dévoué, elle qui ne voit d’abord rien, qui n’entend pas son appel derrière ses silences timides. Anya, la femme de sa vie, l’adolescente studieuse et calme dont la présence lui devient soudainement plus nécessaire que tout ce qui lui est cher. Il est tombé amoureux d’elle, comme ça, trop vite, comme tous les adolescents, avec une violence fracassante qui n’a, pourtant, pas fait le moindre bruit.

Un bal hivernal, quelques verres, des occasions qu’il a choisi de saisir. Elle est magnifique, dans sa robe bleu nuit, magnifique et discrète, elle qui pense se mêler à la foule alors qu’elle brille au centre de tous, irradiante, merveilleuse. Une main tendue, quelques mots timides qu’il ose enfin lui avouer, quelques pas de danse. En l’espace d’un instant, sa vie se teinte des couleurs bleues de son regard, l’odeur de ses cheveux, le goût intense de ses lèvres quand il ose enfin les poser contre les siennes. Elle lui appartient, ce soir et pour tous les autres, quand elle lui avoue à demi-mots qu’elle n’a jamais vu personne d’autre que lui. Deux âmes silencieuses qui se sont frôlées durant des années et qui se rejoignent, sous les yeux de tous, fiers de se tenir au bras de l’autre, d’avancer ensemble. Il lui dit tout, ne lui cache rien ; elle accepte chaque mot, chaque phrase, dans la douceur candide de son adolescence. Plongé dans l’océan de son regard, il lui promet un avenir d’abondance, du haut de ses quinze ans ; il lui jure qu’il ne lâchera jamais sa main, qu’il en fera sa reine. Elle promet qu’elle se tiendra à ses côtés, si c’est ce qu’il veut, et ensemble, ils laissent les années défiler. Main dans la main, ils avancent, conscients de leur objectif commun ; faire vivre la Bratva, construire le futur. Avec elle, il sait que tout est possible.

Elle est belle, Anya, quand ses yeux brillants de larmes se posent sur sa silhouette agenouillée. Elle murmure un oui dont il rêvera des jours, des semaines et des mois durant, empressé à la sortie de l’école, impatient de lui offrir son nom, de lui donner tout ce qu’elle voudra pourvu qu’elle reste. Elle est sublime, Anya, quand elle se jette dans ses bras, et irréelle quand elle s’avance dans l’allée à la fin de l’automne, dans sa robe immaculée, sous le voile de son innocence qu’il relève lentement pour la contempler. Elle est à lui, il est à elle ; tous en sont conscients et les accueillent à bras ouverts. Elle est la bienvenue. Ils savent que c’est elle, qui portera la relève de leur famille.


~~~

Il n’a jamais cru que le monde pourrait être merveilleux un jour, terrifiant le lendemain. Pourtant, c’est exactement ce qui se passe, quand il pose son regard sur l’enfant frêle et couvert de sang qu’on lui a collé dans les bras. Une fille, c’est une fille avait-elle murmuré six mois plus tôt, la silhouette inerte qu’il a vue mourir dans ses bras, qui s’est éteinte comme un pâle matin de printemps, laissant sur son coeur une couche de givre qui ne partira jamais. Il n’arrive pas même à la regarder, ses cris lui donnent envie de la jeter contre un mur. Cette petite créature qu’il aurait dû aimer de toutes ses forces et dont il ne supporte pourtant pas le contact, tremblant d’une souffrance qui le comprime, des pieds à la tête, qui lui donne envie de s’enfuir en courant. Il se souvient de son sourire, à Anya, quand elle lui a annoncé sa seconde grossesse, le bonheur qu’il a ressenti à l’idée d’agrandir sa famille d’un second enfant. Il se souvient de la naissance d’Echo, des larmes qui ont coulé sur ses joues d’homme quand il a tenu son fils aîné dans ses bras pour la première fois, en miroir à celles qui roulent maintenant jusqu’à son menton à la simple pensée que cette fois, il aurait voulu que les choses se passent autrement.

Si on la sauve, on perd l’enfant. Il aurait voulu hurler, quelques heures plus tôt, hurler de la sauver elle, que des enfants, ils pourraient en avoir d’autres et que s’ils n’en avaient pas, tant pis, tant pis il s’en fout, il ne veut pas la perdre, il ne veut pas la voir mourir. Elle est toute sa vie, toute son existence, tout ce qu’il construit, il le fait pour elle ; mais il n’a rien dit, il s’est tu, parce que la décision lui revenait, parce qu’il ne la forcerait à rien, parce qu’il l’aimait trop pour l’obliger à renoncer à la petite créature qui était en train de la tuer. Il s’est condamné à la regarder partir, loin de lui, loin de l’avenir, au bénéfice d’une enfant qu’il ne serait jamais capable d’aimer. Il le sait, il l’a compris dès l’instant où on l’a posée entre ses bras. Cette petite a tué sa mère. Quel crédit peutt-il lui donner alors, quelle légitimité ? Il n’en sait rien. Ses pensées s’embrouillent dans le chagrin grandissant au creux de sa poitrine alors qu’il détourne les yeux, qu’il tente de rester digne face à l’assemblée silencieuse qui observe la scène. Les draps pleins de sang, cette foutue magie inutile qui n’a pas suffi à la sauver. Il pense au futur, qu’il n’est plus capable de voir, noirci par le spectre de la Mort. Il pense à Echo, qui dort dans la chambre à côté, insouciant, qui n’aura jamais le moindre souvenir de sa mère, qui ne saura jamais comme elle était douce, comme elle était bonne, comme elle était dévouée à sa famille et à ses enfants, comme elle a soutenu son époux à travers chaque nid-de-poule que la vie avait tenté de mettre entre eux. Tout ça, il ne le saura pas. Il serre les dents, pose de nouveau ses yeux sur le bébé braillant dans ses bras, qu’il refuse de consoler. Il se tourne vers la sage-femme, statue de métal froid qui dépose le corps du petit monstre dans d’autres bras que les siens. “Emmenez-la. Et sortez, tous.”

Ils s’inclinent, murmurent des paroles désolées, n’osent pas le féliciter pour cette seconde naissance. Ils s’éloignent à petits pas, et le dernier fait grincer la porte de la chambre en la refermant. Elle voulait accoucher dans la maison, et il sait désormais qu’il ne dormira plus jamais dans cette pièce. Ses yeux se posent sur le corps sans vie d’Anya, sa Anya, qui a choisi de mourir pour sauver une vie. Il n’en est pas étonné. Il n’arrive même pas à la haïr de l’avoir abandonné, quand enfin le silence retombe sur la scène macabre, et qu’il s’effondre, à genoux, au pied de ce lit qu’ils ont partagé durant des années. Il revoit les rêves, cherche son parfum mais seule la réponse métallique du sang le prend à la gorge. Il chute, il bascule, lui qui a toujours été si fort, si digne, n’est désormais plus qu’une forme fragile échouée, tendant la main pour saisir celle de sa femme, froide, inerte. J’aurais préféré que tu restes. Il ne prononçce pas un mot, la gorge coupée des sanglots qu’il ose enfin laisser s’échapper de ses lèvres tremblantes, réduit pour la première fois à moins qu’une ombre, une poussière. Elle est partie, et il est persuadé qu’il ne s’en relèvera jamais.


Est-ce la trahir ? Ou n’est-ce que la marque d’un nouveau changement ? Il n’en sait rien, il n’a pas envie de se poser la question. Cette femme, à son bras, ce n’est pas Anya, c’est même son opposé le plus strict. Elle est belle, Illiana, elle présente terriblement bien. Ses gestes sont calculés, maîtrisés, sa présence est bénéfique à ce père solitaire, qui ne sait plus comment élever ses enfants. La rebuffade d’Echo est douloureuse, lui qui n’a pourtant jamais connu sa mère, refuse qu’une autre femme prenne sa place. Mais ce n’est pas lui qui décide ; ce n’est pas encore lui qui commande. Ton tour viendra, lui dit Evgeni avec ce ton du père attentionné qu’il prend à chaque fois qu’ils ne sont que tous les deux ; le dernier vestige d’Anya grandit beaucoup trop vite, et avec beaucoup trop d’impatience. Il a ça de parfait, Echo, qu’en tant qu’aîné, c’est lui qui héritera de l’empire Velikov ; il n’aurait pas pu rêver de meilleur avenir pour celui qu’il considère comme un véritable enfant prodige.

Et puis, il y a Zarkha. Il y a Zarkha, et il aimerait qu’elle n’y soit pas, c’est ça la vérité ; il y a Zarkha et son obligation de prendre soin d’elle, parce qu’Anya n’aurait jamais accepté ce sacrifice pour rien. Mais il n’y arrive pas Evgeni, il n’y arrive pas du tout, il est incapable de regarder cette enfant dans les yeux et de la considérer autrement que comme une petite meurtrière, malgré Illiana, malgré les enfants que cette seconde épouse a fini par lui donner. Parce qu’elle est méfiante, Zarkha, elle connait l’hostilité et le mépris, elle n’a vécu que chaperonnée par son frère et personne d’autre. Ce père qui aurait dû prendre soin d’elle n’a jamais été qu’une ombre, à peine un souffle, un murmure dans les couloirs de l’immense bâtisse. Pas maintenant. Je travaille. Va-t-en, ne traîne pas dans mes jambes. Des phrases glacées en guise d’encouragement, voilà tout ce qu’elle a récolté, tout ce qu’elle récoltera jamais ; il lui semble que son père a le coeur trop petit pour ses enfants, et qu’il confie ses seuls gages d’amour à son aîné. Echo ne manque de rien ; il n’a jamais manqué de rien. Zarkha non plus, quelque part, sauf l’amour d’un père et la présence d’une mère. Il devrait se sentir coupable, mais ce n’est pas le cas ; Evgeni sait reconnaître la défaite quand il la voit, et sa fille en est incontestablement une.

L’Ox a été trouvé. Lorsque la nouvelle lui parvient, il a d’abord du mal à y croire. Ses yeux se posent à l’emplacement du vieux sceau de son clan, dubitatifs. Un pouvoir incroyable grondant dans les veines des chanceux qui sont parvenus à le découvrir, une magie nouvelle et puissante coulant dans leur sang. Une nouvelle manne exploitable, une nouvelle chance de voir grandir ses profits. Cela lui vient très vite, cette idée, et il sait qu’il doit absolument en faire quelque chose. Il suit, de loin, les premières échauffourées, les combats ridicules menés sur Domovoï, par tous ces parvenus qui cherchent à se procurer ce pouvoir, trop vite, beaucoup trop vite. Tapis dans l’ombre, Evgeni attend, conscient que Sofia ne restera jamais silencieuse face à cette menace. Quand les premiers Sang Noir arrivent à la capitale, le fauve caché finit par sauter, toutes griffes dehors. Les premières captures, les premières expériences dans l’usine. Il s’entoure, Evgeni, il fait étudier chaque cas, chaque possibilité, et se moque bien des cadavres qu’il laisse derrière lui au départ. Ce n’est même pas l’argent qui l’intéresse au départ, mais bien sa réputation ; s’il parvient à en faire quelque chose, la Bratva prospèrera encore de longues années.

La drogue coule dans les veines des premiers cobayes, et il en observe les effets, soigneusement. Il est toujours dans les parages, le boss, il regarde tout, il pose beaucoup de questions auxquelles il vaut mieux répondre vite. Combien de temps les effets durent-ils, à qui peut-on le vendre, qu’est-ce qu’un consommateur peut risquer. La recette de l’Iskra est minutieusement mise au point, vue et revue, corrigée, puis vendue. Il vise le haut du panier, les “grands sorciers” avides de plus de pouvoir encore, ceux qui aspirent à se sentir au-dessus de tous sans jamais parvenir à l’être. Il leur offre cette illusion pourtant, moyennant une somme coquette. Quelque part, c’est leur rendre service, voilà comment il oeuvre pour le bien. Lui, il n’a pas besoin de ça. Il sait que la force ne réside pas dans le flot de magie coulant dans les veines des uns et des autres ; elle gronde dans l’intelligence, dans le silence, dans les décisions, les choix et l’entourage, l’unité d’une famille. C’est drôle, pense-t-il, de se dire qu’il a toujours aspiré à suivre la trace irréprochable de son père de ce côté-là. S’il est capable de faire prospérer la Bratva, la famille reste sans doute son seul échec. Et alors que les affaires deviennent plus florissantes encore, sa famille, elle, se craquelle doucement, menaçant de s’effondrer.


La Bratva. C’est le seul mot d’ordre, la seule chose qui compte. Il y a consacré sa vie, son temps, son énergie ; l’empire que son père lui a laissé doit prospérer, s’agrandir. Une main de fer, dans un gant de velours. Evgeni ne vit désormais plus que pour cela, chacune de ses décisions ne sont prises que dans ce but. L’oeuvre de sa vie tient dans le creux de sa main, et la préserver est sa seule priorité. Former son fils, lui apprendre, lui donner la même direction que lui ; Tu seras au-dessus des autres, Echo, c’est l’avenir que je te donne. Et il ne recule devant rien pour l’amener à ce but ; il écarte tous les dangers, minutieux, quitte à le briser en mille morceaux, quitte à faire éclater l’âme de son aîné, c’est pour ton bien, pour le bien de tous, pense-t-il en donnant ses ordres, en empoisonnant son épouse, en lui volant son avenir loin du clan familial, son enfant, la femme qu’il aime. Il aurait pu, Evgeni, ressentir de la culpabilité, mais il n’en est absolument rien. Il a appris depuis longtemps que la fin justifie les moyens, et que si Nika l’écartait de son but, à présent, c’est terminé. Les blessures guérissent, les plaies se ferment, voilà ce qu’il murmure à un enfant brisé aux funérailles de son avenir. Tu ne t’en relèveras que plus grand et plus fort. Il sait de quoi il parle, Evgeni. Il l’a vécu lui-même, mille années auparavant, quand son propre sang lui a arraché ce qu’il avait de plus précieux. Nika, Anya, ce ne sont que des victimes du destin et de l’évidence.

Mais il y a toujours une punition, il y a toujours un prix à payer ; tout se paie, Evgeni, l’aurais-tu oublié ? Le départ de sa fille, fracassant, laisse dans sa poitrine ce même vide qu’il a ressenti au moment de la mort de sa femme. Il aurait voulu prétendre que ça ne lui faisait rien, que de toute manière, il n’a jamais aimé cette gamine, qu’il n’en a jamais été capable. Qu’elle les quitte, cela n’a finalement rien de surprenant. Mais qu’elle cherche à le doubler, c’est tout autre chose, songe-t-il avec rage, dans la chaleur étouffante de son bureau. La trahison est amère, douloureuse, comme un ultime coup de poignard que Zarkha lui aurait planté dans le dos. Partir, oui, il s’en serait douté. Il lui a suffisamment fait comprendre toutes ces années, qu’elle n’a absolument pas sa place parmi eux. Qu’elle les quitte, ça n’a pas été une surprise. Une déchirure supplémentaire pour Echo, un pas entre le soulagement et la culpabilité pour leur père. Mais lorsque la rumeur lui vient aux oreilles, les murmures, que la Svaboda pour laquelle il a tant de mépris est chapeautée par sa propre fille, ce départ prend alors des airs de très mauvaise blague qui ne le fait absolument pas rire.

La lutte commence, acharnée, intestine. Si Zarkha veut jouer, alors il jouera ; puisqu’il a été incapable de l’aimer, peut-être saura-t-il beaucoup mieux la haïr. Se détruire, c’est encore tout ce qu’ils ont été capables de se faire durant toutes ces années, et quand il y réfléchit bien, ce n’est que la suite logique, non ? C’est de ta faute, mon vieux se dit-il à lui-même, pour se flageller un peu plus fort, pour s’accuser, s’offrant par la même les mérites de l’intelligence de sa fille, qui enchaîne les victoires quand lui se met à tituber, à flancher, pour la première fois. Hébété par la trahison, il a d’abord du mal à riposter. Puis les rouages se remettent doucement en place, face à elle, parce qu’elle peut bien être sa fille ou non si elle le désire, c’est lui qui leur a tout appris. Elle joue avec des cartes qu’il connaît et qu’il maîtrise, un grand Jeu auquel il a finalement toujours adoré jouer. Regarde-moi, ma fille, et continue la lutte ; un jour on se retrouvera, et tu seras punie.

 





Dernière édition par Evgeni Velikov le Lun 9 Avr - 11:55, édité 6 fois
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Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Lun 12 Mar - 21:22

Alors si j'ai bien suivi et que c'est le papa de Zharka, je peux déjà t'annoncer que tu vas ADORER ta future "belle-fille" (pas Asya je te rassure :mdr: )

Sinon baaah avatar parfait, personnage parfait, début parfait, comme d'habitude quoi.
J'ai hâte de te lire


† Woken up like an animal, teeth ready for sinking, my mind's lost in bleak visions. I've tried to escape but keep sinking. because monsters are not under your bed, they are all inside my head.
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Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Mar 13 Mar - 0:28

Fais-le souffrir avec  Nia #teamZhania :perv:

Bon et sinon. Bienvenue gros moche. Je t'aime pas. Voilà. Je te maudis. Je te crache dessus. Je. Adieu.  madekamadeka



Welcome to my world of fun
If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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Messages : 132Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : au manoir velikov probablement
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Mar 13 Mar - 10:09

HELLO DADDY DEAREST
Régnons sur cette ville de bouseux
J'ai hâte de t'avoir à mes cotés
(même si en vrai tu as un peu ruiné ma vie mais on en reparle )


i wonder if they
even bleed
put on your war paint
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Statut du sang : purMessages : 546Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Sofia
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Mar 13 Mar - 13:08

Je suis si heureuse que tu aies craqué pour ce PV :rainheart:
On va véritablement faire de beaux rp bien crève-coeur quand je créerai Zharka, je me languis de voir comment tu décriras leur relation dans ta fiche. :please: Je sais déjà que ce personnage va t'aller comme un gant. (et ton titre le prouve déjà d'ailleurs, cette référence )


I AM THE MONSTER YOU CREATED
Oh when you look at me like that, my darling, what did you expect? I'd probably still adore you with your hands around my neck.


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Ҩ LUX IN TENEBRIS
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Statut du sang : Sang purMessages : 413Date d'inscription : 03/07/2014Localisation : Là où tu voudrais qu'il soit.
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Mar 13 Mar - 13:32

Ce perso Sous ta plume Il va tellement t'aller comme un gant
Bref je suis en kiff et j'ai hâte d'en lire plus
Re bienvenue
Bon courage pour ta fiche, je viendrais t'embêter pour un lien


« rules the world »
Welcome to your life, there's no turning back, even while we sleep, we will find You acting on your best behavior ! Everybody wants to rule the world
©crackintime
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Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 452Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Sofia, dans les rues sombres de la ville.
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Mar 13 Mar - 14:15

Re-bienvenue chachat
Un personnage qui promet d'envoyer du pâté !!
Hâte de lire ta fiche !


Delirious ☾
I told you not to come, my victim number one. I love the pain, I love the game, come into my arms. You say that I'm delirious, but I'm not the one holding the gun. I love the pain.
©crackintime
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Statut du sang : Née MoldueMessages : 208Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Sofia
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Jeu 15 Mar - 10:43

Huhuhu merci les dindes j'avance lentement mais sûrement !


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
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Statut du sang : purMessages : 546Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Sofia
Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ Ven 30 Mar - 19:21

PLUS VITE. :sm:


I AM THE MONSTER YOU CREATED
Oh when you look at me like that, my darling, what did you expect? I'd probably still adore you with your hands around my neck.


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Ҩ Re: Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business. Ҩ

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Evgeni - It’s not personal, Sonny. It’s strictly business.

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