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 Beneath the ashes ♠ Blalyx III

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Statut du sang : Pur, bien entenduMessages : 456Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Beneath the ashes ♠ Blalyx III Ҩ Mar 6 Mar - 2:56

Juin 1999-Suède


Nia S. Åström

Il y a le soleil qui danse contre sa peau, chaleur douce et bienfaisante, éblouissante, la douceur de l’histoire sur laquelle ses yeux divaguent page après page quand elle se perd entre les lignes Nia, glissée dans son jardin de poupée, le sourire accroché aux lèvres qui s’efface quand elle entend frapper. Haussant les épaules, vaguement, elle décide de l’ignorer, trop absorbée par le livre un peu stupide qu’elle se plaît à dévorer. Elle aime trop ça, Nia, la lecture, elle connaît tout par cœur, les grimoires et les histoires, la science, le passé, l’amour, tout ce qu’on a toujours refusé de lui enseigner. Parfois elle descend dans le village moldu du dessous, figure étincelante et vêtements trop courts, à sentir le regard de tous les hommes se heurter à son innocence, elle s’arrête à la librairie, passe trop de temps entre les étalages et demande pardon, parce qu’elle n’a jamais de quoi payer Nia, vu que même son argent sorcier lui a été confisqué, c’est devenu comme un jeu doucereux entre elle et le jeune libraire amoureux, Nia elle emprunte les ouvrages, paie avec un sourire, quelques mots qu’elle esquisse maladroitement, et ça suffit généralement. Fille nuage elle tangue un peu trop souvent avec le sentiment de ne pas être à sa place, Nia, l’impression d’être enfermée, princesse ratée enfermée dans son donjon parfumé.Parce qu’autour d’elle ils ont tous le cœur gelé, de son père avec son air austère à sa terrible belle-mère, celle sur qui elle est censé veiller. Liviana Zabini et sa malédiction, le coma artificiel dans lequel son époux l’a plongée ; en absence c’est à Nia de s’en occuper. Ça fait parader tous ses pires souvenirs d’enfance lorsqu’elle doit la contempler, la nourrir, la déplacer, cette femme inanimée qui l’a toujours détestée. Parfois Nia elle a eu l’idée de l’empoisonner, en douceur, d’en profiter mais elle n’y arrive pas, pas comme ça, alors elle continue à jouer son rôle en attendant qu’on vienne la sauver, comme dans les contes, les histoires, Nia elle veut son petit morceau de paradis, un prince charmant assez puissant pour la venger, défaire tous ceux qui ont cru bon de la dissimuler juste à cause de l’impureté de son sang.

Ça frappe encore alors Nia elle soupire, quitte son tranzat et enfile la première robe légère qui lui tombe sous la main, ajustant sa tenue devant le grand miroir de l’entrée, ses boucles blondes, sa peau dorée. Il y a un parfum de vanille qui flotte dans l’air, un goût de bonbon sur les lèvres quand elle s’approche de la porte d’entrée, le cœur battant à l’idée de voir des inconnus perforer l’univers doux et colorée qu’elle a eu tant de mal à façonner. Quand la porte s'ouvre, Nia elle offre son plus beau sourire, le sent légèrement se figer. Blaise. Elle l’appréciait, enfant, au grand désespoir de Liviana mais elle le sent jusque dans ses os, cette visite soudaine ne présage rien de bon. Au côté de son ancien ami se tient une jeune fille de son âge environ. « Est-ce qu’on pourrait entrer ? » Elle sursaute Nia, à force de les observer elle en a oublié de regarder le temps défiler. Murmurant quelques excuses elle s’écarte, les regarde se déployer. Il y a Blaise qui s’approche, la salue sans la toucher. Il sait. « Voici Sofia Åström, la…fille de Noak. » Sofia, Sofia, foutu prénom, comme pour rejeter en bloc le vrai, celui que sa moldue de mère lui a donné. «  Sofia, je te présente Lilith Carrow. Elle est avec moi maintenant, donc traite-là comme une invitée de marque. » Elle est avec toi maintenant ? ça veut dire quoi exactement ? Il faut être plus précis Zabini. Elle dégage trop d’intensité Lilith, avec son air froid et sa beauté, trop brusque lorsqu’elle lui tend la main. Elle hésite Nia, jette un regard désespéré à Blaise qui se plaît à l’ignorer. Alors elle s’en saisit, timidement et ça ne manque pas, comme à chaque fois qu’elle a le malheur d’effleurer quelqu’un il y a le roulement entêtant des souvenirs, ceux de Lilith qui la percute de plein fouet, l’écho des fracas de son existence. Parce que c’est son don et sa malédiction, voir dans le passé des gens, les horreurs et les bonheurs qui les ont marqués. Nia elle déteste ça, ça la renverse à chaque fois. « Va nous préparer quelque chose à boire, on doit discuter. » Le cœur de la jeune fille se met à vibrer, un sentiment d’humiliation se propageant vivement. Il était différent Blaise pourtant. à ne pas la traiter comme une servante, à se démarquer des autres. Mais elle obéit, Nia, file dans la cuisine et commence à préparer du thé en maudissant les invités. Ça a toujours été son rôle, dans les réceptions de son père, une servante, disait-il, une cracmolle qu’il avait adopté dans sa grande amabilité. Parce que Noak il a toujours eu honte d’elle et de son sang souillé. Arrangeant le plateau, elle les entend murmurer dans la pièce d’à côté, l’inquiétude virevoltant désormais dans l’air, parce que Nia elle en sait assez sur les évènements de Durmstrang pour comprendre ce qui va bientôt se passer.

De retour elle sourit, trop fort, laisse ses yeux déraper sur le bras dénudé d’Alyx. La marque des ténèbres et soudain il y a l’envie d’éclater de rire qui la transperce. Zabini avec ce type de fille, comme c’est étonnant. Il aurait pu faire preuve d’un peu plus d’originalité, ça n’aurait rien gâché. Posant le plateau, disposant les tasses, négligemment, Nia laisse les mots s’échapper, tentant de dissimuler sa nervosité derrière un sourire trop éclatant. « Tu es une ancienne mangemort ? » Elle ne la regarde pas Nia, attrape sa tasse et entreprend de verser. « Tu aurais détesté ma mère. » Elle plonge ses yeux clairs dans ceux de Lilith cette fois, la férocité de son regard mal accordé avec la douceur simulée de sa voix « C’était une moldue, une américaine. J’ai cru comprendre qu’il ne s’agissait pas des humains préférés de votre petit mouvement. » Elle rit Nia et ça fait trembler son bras, disperse le thé sur la table, le fait couler contre les vêtements de Lilith « Désolée » elle ne l’est pas quand elle cherche sa baguette dans sa poche, que Blaise lève les yeux au ciel et lui intime de se dépêcher. La suédoise finit par s’asseoir à son tour, la cœur tremblant, à attendre la sentence, celle qui à coup sûr poussera son petit univers à s’effondrer.

***


Elle ne voulait pas pleurer Nia, pas devant eux, fichues larmes qui ont pourtant refusé de rester cacher. Et ça fait mal, là, dans le cœur tu dois t’en aller Sofia, foutue dehors par l’une des rares personnes qu’elle imaginait être son ami. Mais elle est seule Nia et le pire c’est que son père a approuvé. Alors il y a l’eau de ses yeux qui mouille le sol, se mélange à la tasse de thé qu’elle avale avant de courir s’enfermer dans sa chambre. Sortant la baguette sommaire que son oncle a fabriqué pour elle elle essaie, elle réfléchit, incapable de se souvenir d’une formule capable de l’aider à préparer ses affaires plus vite. Ce n’est pas ça qu’il lui a appris son oncle - la médecine, la divination, la magie vikings - pas à préparer une foutue valise. Alors elle fait tout à la main Nia, y passe deux longues heures en entendant les deux autres comploter à côté. Réveiller Liviana. Quelle stupidité. Quand un démon trouve le sommeil, on évite d’aller le secouer. Elle frissonne Nia, elle pense au dehors, à ce qui l’attend. Seule. Parce que dans son isolement elle n’a jamais eu d’amis Nia, nulle part où se réfugier. Même pas un vrai foutu talent à exploiter. Elle songe à retourner chez son oncle mais soudain son cœur se serre lorsqu’elle repense à ce qu’elle a vu en effleurant son visage, l’horreur dans l’existence de l’homme qu’elle admirait plus que tout au monde. Tu es seule maintenant.

Lourde valise qu’elle peine à soulever jusqu’à l’entrée, le regard de Lilith qui la dissèque et l’envie de leur jeter leur foutue théière en pleine figure. Alors il y a Blaise qui pose la main sur son épaule, protégée par le gilet qu’elle a enfilé à la hâte. L’air vaguement désolé. « ce n’est vraiment pas contre toi tu sais. C’est même pour ta sécurité. Si je me fichais vraiment de toi je t’aurais dit de rester. » Alors elle rit Nia, ça la secoue si fort, elle rit sans plus savoir si ce qui tombe de ses yeux découle de la peine ou de l’hilarité. « Pour ma sécurité. » et l’acidité dans sa voix, quand comme un serpent elle se dresse sur la pointe des pieds, s’accroche au cou de Blaise pour pouvoir lui murmurer à l’oreille. Elle tremble un peu Nia de peur que leurs peaux s’effleure et qu’elle soit contrainte de plonger dans son passé. Elle sent le regard de Lilith posé sur elle, espère qu’elle pourra y lire quelque chose qui s’approche de la jalousie,  menue revanche sur celle qui vient en partie de détruire sa vie.  « Ton père aurait honte de toi. » Murmure coupant quand elle le sent se tendre, la repousser, alors Nia elle rit encore, elle pleure encore  « Demande-lui à ta cinglée de mère qui il était, ce qui lui est arrivé » Elle sait tout Nia, elle en a trop vu, toutes les aspérités de l’âme de celle sur qui elle était censé veiller.« Va-t’en maintenant. Je croyais me souvenir que tu avais un minimum de fierté. » Et le rouge qui monte aux joues de Nia, l’envie de s’effacer. Elle s’approche encore de la porte, mais féroce, plonge ses yeux dans ceux de Lilith.  « Tu sais pourtant toi, ce que ça fait d’être rejetée. T'as déjà oublié ce temps où tout le monde te méprisait? » Nia elle sourit, l’air un peu folle sans doute, avec ses boucles en bataille et les traces de larmes qui maculent son visage. Mais ça lui importe peu désormais, il y a toute cette rage qu’elle accumule depuis des années qui voudrait s’échapper. Sans réel succès. Nia elle n’a jamais su mordre correctement.  « Lui au moins il ne risque pas de t’abandonner parce que tu assassiné un membre de sa famille. Il a le cœur aussi gelé que le tien. » Il a changé Blaise, il est devenu exactement ce qu’on attendait de lui.  « Bon courage avec Liviana » Nia elle esquisse une courbette ironique puis claque la porte. Pas à pas elle s’éloigne du château qui l’a si longtemps retenue prisonnière, passant le portail argenté pour suivre la route. Elle est dehors maintenant, le vrai dehors, et ça frole l’hallucination toute cette immensité, le monde qui s’étend devant elle. Tu es seule Nia. Il y a l’angoisse qui se dessine, qui l’enveloppe. La terreur douce à l’idée de se retrouver glissée entre les griffes des étrangers. Mais aussi ce sentiment nouveau, qui illumine son cœur tout en douceur. Tu es libre Nia, désormais plus personne ne sera en mesure de t’enfermer. Alors elle avance Nia, elle rêve un peu.

Dès ce soir, elle s’envolera, jouera avec ses propres ailes, percutera le ciel jusqu’à ce que quelqu’un se décide à les lui arracher.


Blaise Zabini

C’est étrange, la Suède, un souvenir qui se dessine, les vacances chez l’amant de Liviana et la beauté du domaine qui l’a toujours fasciné, l’enfance si lointaine et les rires de Sofia, sa foutue joie de vivre alors même que son propre père la traitait comme une esclave. Sofia la servante, la bâtarde, la râtée, celle de qui il ne fallait pas s’approcher. Pourtant l’esquisse d’une amitié s’était lentement tissé entre lui et la sang-mêlée. Tout est achevé désormais, la suédoise enterrée. Donner puis reprendre il a l’habitude Blaise, sans jamais vraiment prendre conscience de l’effet que ça peut produire sur les gens, tout ce que ça peut briser. Et il ne sait plus que penser quand il la regarde s’éloigner, sûrement que c’était l’unique solution. Liviana aurait fini par la tuer.

Il se tourne vers Lilith, un instant. Terminé Durmstrang et l'obscur dansant contre les murs de leur souterrain, ici c’est plongés dans la lumière qu’ils vont se retrouver. Essayer de construire, de comprendre. Mais il y aura Liviana. Liviana et ses ombres aiguisées par le temps, ses envies de vengeance qu’il perçoit déjà s'esquisser. Il le sait Blaise, ce n’est pas ici qu’ils trouveront la paix. Mais c’est un premier refuge et ça fera du bien de ne plus vivre dans l’urgence, la sensation de voir le piège se refermer sans la moindre perspective de s’échapper.

Doucement, il saisit la main de la jeune femme, sans trop savoir quoi penser quand il contemple la perfection de ses traits. Le lien qui les unit pourrait leur coûter la vie. Emprisonnés l’un et l’autre, à ne plus comprendre quoi éprouver, l’amitié, l’amour, la haine tous assemblés comme une chaîne de plus passée à leur poignet. «  Lorsqu’elle sera réanimée, pas un mot sur le serment ou ça pourrait mal terminer. » C’est un peu trop abrupt, un peu trop froid mais il est tendu Blaise, il y a l’incertitude qui serpente entre chacun de ses atomes à mesure que l’heure approche. Il repense aux mots de Sofia, ceux qu’elle a craché pour essayer de le percuter. Ton père aurait honte de toi. Pourtant il sait que ça ne devrait pas lui importer, qu’il ne s’agit que d’un étranger. « Sofia a un don. C’est une voyante, mais elle lit le passé de ceux qu’elle touche. Ça aussi il ne faudra pas en parler. » Il se relève soudain, contemple l’extérieur et la nuit tomber, saisit la taille de la jeune femme avant de lui indiquer le principal escalier.« Allons-y. Il est temps d'aller la réveiller »


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Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 452Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Sofia, dans les rues sombres de la ville.
Ҩ Re: Beneath the ashes ♠ Blalyx III Ҩ Lun 12 Mar - 13:39

Beneath the ashes
Wars erupting like volcanoes blood streaming down the walls. It's out of our hands, so baby let go. Let go, and take it off, hit me hard like a drum, this must be paradise.



La Suède et ses fjords, la Suède et sa nature sauvage, presque irréelle. Ca ne ressemble à aucun pays qu’elle a pu visiter jusqu’à aujourd’hui. Elle a l’impression d’être dans un autre temps, un autre monde aux maisons colorées qui se reflètent dans l’eau. C’est beau les pays nordiques, ça vous transporte au creux de la nature, le ciel bien souvent gris contraste avec toutes ces couleurs et le vert des sapins. En plein été, le soleil se montre moins timide, et il vous réveille bien tôt le matin, pour ne vous laisser que quelques heures en compagnie de la lune. Il est clément et réchauffe les terres trop souvent humides. Alyx a toujours eu l’habitude de la pluie en Angleterre, ce n’est pas un temps qui la dérange, elle a appris à vivre avec et  à l’apprivoiser. Mais la Suède change la donne, et l’ambiance qui y règne n’a rien à voir avec le Royaume-Uni.
Quand ils arrivent au manoir des Astrom, le ventre de l’anglaise se contracte. Qu’est-ce qu’elle fout ici ? N’est-ce pas une grossière erreur d’être là ? Elle n’est pas à sa place. Son visage reste figé sur le même air impassible qu’elle porte depuis qu’ils ont quitté la Bulgarie. Alyx elle tergiverse toute la journée, pèse le pour et le contre, et ne cesse de tout remettre en question. Blaise à ses côtés a beau lui donner maintes explications sur ce pays, sur sa famille, la jeune femme n’est toujours pas entièrement convaincue. Elle sait qu’elle ne peut le quitter, que ce serment qui les lie est trop puissant, trop fort pour eux pour pouvoir le contrer d’une quelconque manière. Alors elle reste, un peu contre son gré, juste parce que l’ancien serpentard est là. Quand la porte s’ouvre, elle laisse apparaître une jeune femme à la peau pâle, aux cheveux blonds bouclés, portant une robe fine, découvrant l’une de ses épaules. Elle est rayonnante devant eux, un sourire un peu figé sur ses lèvres. Alyx étudie la réaction de Blaise. Mais son visage reste stoïque, et d’une voix un peu froide lui demande de les laisser entrer. Sofia. Drôle de fille, qui semble tout droit sortie d’un conte de fées moldu. Par politesse, l’anglaise lui tend une main peu ferme, peu sûre d’elle. Elle laisse Blaise parler, la présenter. Elle n’a rien à dire de toute façon, elle  n’est pas chez elle ici, elle n’est que l’invité.

« Tu es une ancienne mangemort ? » Alyx la fixe, haussant les sourcils. « Tu aurais détesté ma mère. C’était une moldue, une américaine. J’ai cru comprendre qu’il ne s’agissait pas des humains préférés de votre petit mouvement. » Elle rit, comme si c’était une bonne blague, comme s’il n’y avait rien de sérieux dans ses propos. L’anglaise reste imperturbable, se mue dans un silence affligé. Mais son visage se crispe quand Nia elle renverse du thé brûlant sur elle. Petite idiote. Alyx laisse une insulte glisser sur ses lèvres. L’eau bouillante lui brûle la peau, transperce son tee-shirt. Nia s’excuse, cherche maladroitement sa baguette pour réparer les dégâts. L’anglaise la fixe d’un regard noir, mais ne rajoute rien. Elle lui fait presque pitié Nia avec sa maladresse, sa fausse délicatesse, elle ne semble pas être à sa place, encore moins qu’elle.  Et à son contraire, Alyx sait ce qu’il va advenir d’elle, alors elle prend son mal en patience.
Nia elle traîne sa grosse valise derrière elle, détruite, contrainte de quitter son domicile. L’anglaise reste muette, analyse la scène comme si elle n’en faisait pas partie, laisse Blaise gérer tout ça. Mais avant de quitter le manoir, la jeune femme se retourne vers elle, pose un regard dur, rempli de larmes.  « Tu sais pourtant toi, ce que ça fait d’être rejetée. T'as déjà oublié ce temps où tout le monde te méprisait? » Le cœur d’Alyx loupe un battement. On la ramène à cette époque lointaine où elle se cachait dans les toilettes, détestée par tous. Les vieilles moqueries résonne à ses oreilles, et elle ne voit que la rage de Nia qui s’abat sur elle.  « Lui au moins il ne risque pas de t’abandonner parce que tu assassiné un membre de sa famille. Il a le cœur aussi gelé que le tien. » L’anglaise se retrouve incapable de répliquer, elle est de nouveau la petite fille meurtrie qui encaisse les coups sans les rendre. Elle a lu en elle, elle a volé ses souvenirs, se les est appropriés sans lui demander une quelconque autorisation. Alyx la déteste un peu plus, et veut juste la voir partir d’ici. Elle ne veut plus entendre ses mots, ni voir son sourire un peu trop hypocrite pour qu’il soit réel. Qu’elle parte Nia, avec sa rancœur et sa douceur maladroite.  « Bon courage avec Liviana. » Elle se penche avec moquerie devant eux, et la porte claque derrière elle. Le silence s’impose, Alyx fixe la porte en bois, se remémorant les paroles de cette fille étrange. Blaise la sort de ses pensées, et la tire loin du hall d’entrée. Elle entend au loin les paroles du jeune homme, tentant vainement de faire disparaître les derniers mots de Nia qui ont eu un peu trop d’impact sur elle.

La nuit tombe doucement derrière les fenêtres, Alyx contemple l’extérieur, ses pensées en pleine ébullition. Elle n’entend pas Blaise s’approcher, et elle sursaute légèrement lorsqu’il s’empare de sa main. Elle lève le regard, fixe ce visage aux traits parfaits qui la contemple longuement. «  Lorsqu’elle sera réanimée, pas un mot sur le serment ou ça pourrait mal terminer. » L’anglaise acquiesce, silencieuse. Elle angoisse légèrement à l’idée de réveiller Liviana, elle repense aux mots de Nia, et hésite. Mais elle le fera, pour Blaise, parce qu’il lui a demandé, parce qu’il est à présent le seul à partager son univers. Alors elle le fera, même si elle n’est pas certaine que ce soit une bonne idée, même si elle ne sait pas ce qui l’attend après. Elle aidera Blaise. « Sofia a un don. C’est une voyante, mais elle lit le passé de ceux qu’elle touche. Ça aussi il ne faudra pas en parler. » La jeune femme comprend mieux. Elle s’était trop demandée comment Nia avait fait pour connaître l’une de ses plus anciennes blessures sans vraiment discuter avec elle. Trop de secrets à porter, et à cacher les prochaines semaines à venir. Alyx a toujours vécu au milieu des mensonges et des faux semblants. On pourrait croire que c’est facile avec les années, de toujours mentir, de toujours dire le contraire de ce que l’on ressent. Mais ça demande un effort surhumain, ça l’oblige à faire attention, à prendre garde au moindre mot qui sort de sa bouche. Blaise se redresse, et l’attrape doucement par la taille. « Allons-y. Il est temps d'aller la réveiller. » L’anglaise obtempère, se lève à son tour, et suit Blaise jusqu’à la chambre dans laquelle Liviana repose. Alyx contemple le visage endormi, elle paraît sereine, en sécurité dans un endroit lointain, où personne ne peut la rencontrer. Blaise se rapproche de sa mère, la fixe longuement, comme s’il hésitait encore. L’anglaise se met à sa place, tente de savoir ce qu’il peut ressentir en ce moment. Elle qui a perdu ses parents, elle donnerait tout pour pouvoir les faire revenir à ses côtés. Par l’Ox, ou n’importe quel moyen. Petite orpheline qui regarde jalousement la scène qui se déroule sous ses yeux. Douce, elle se rapproche de Blaise, pose sa main sur sa nuque. «  Ta mère va être contente de te revoir. » Il lève le visage vers elle, et l’anglaise lui sourit timidement. Elle n’est pas douée avec les mots, elle ne l’a jamais été. Elle ne saurait pas trouver les mots justes, les mots réconfortants qu’on crève d’entendre pour nous rassurer.
Le regard d’Alyx se pose sur la table, sur le matériel qu’il leur faut pour réveiller Liviana de sa malédiction. Elle a l’impression qu’elle va assister à une grosse opération médicale, et qu’en même temps, elle ne sait absolument pas ce qu’elle fait, qu’elle va faire tout ça à l’aveuglette. L’Ox va permettre de réveiller la mère de Blaise, mais y aura-t-il des effets secondaires ? Des choses qu’ils n’ont pas pu prédire, et qui les mettraient en danger ? Comment être certain de ce que l’on fait quand on a vingt ans, et qu’on ne cesse de prendre les mauvaises décisions ? La jeune femme regarde Blaise, et souffle «  Tu veux que je commence ? » Elle pose son gilet sur la chaise, donnant totale liberté sur ses bras nus. Elle tire la chaise à côté du lit et s’assoit dessus, fixant la femme qui va recevoir son sang. Elle repose son attention sur Blaise. Elle le fera, pour lui, donner son sang à une parfaite inconnue. Elle le fera pour Blaise, juste pour lui.


crackle bones


Delirious ☾
I told you not to come, my victim number one. I love the pain, I love the game, come into my arms. You say that I'm delirious, but I'm not the one holding the gun. I love the pain.
©crackintime
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Statut du sang : Pur, bien entenduMessages : 456Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: Beneath the ashes ♠ Blalyx III Ҩ Mer 25 Avr - 9:24

La main d’Alyx dans la sienne lui donne du courage, comme un repère dans un monde qui devrait être le sien mais qu’il ne reconnaît pas vraiment. Les tableaux suspendus dans les couloirs les observent d’un air froid, déblatèrent dans un Suédois qu’il ne saisit pas. Ils finissent par trouver la bonne pièce dans ce labyrinthe blanc, par se retrouver face à Liviana. Alors il la contemple Blaise, hésitant, sans trop savoir s’il a ou non envie de la revoir. C’est pour elle qu’il a rejoint Durmstrang, pour la sauver, toujours avec sa fidélité un peu stupide, cette incapacité à cesser de lui pardonner ses excès. Il porte les cicatrices des folies de Liviana, sur la peau, dans l’esprit, vacille sur les ruines qui l’ont construit. Sans elle, tout aurait été tellement différent. Est-ce qu’il est encore capable de l’aimer, ou est-ce que le temps a déjà tout arraché ? Il ne sait pas, il ne sait plus, la tension qui le submerge s’épaissit à mesure que le moment approche. Besoin de réfléchir, de figer le temps, tordre les aiguilles qui lui rappelle qu’elle devrait déjà être éveillée.

Une main douce se pose sur sa nuque, caresse légère qui lui arrache un frisson mais ne l’apaise pas tout à fait.   «  Ta mère va être contente de te revoir. » Fixant Alyx il se souvient qu’elle est orpheline, depuis longtemps, que peut-être que ça lui fait mal de voir qu’il hésite alors qu’elle donnerait sans doute tout pour être à sa place. Après tout, qui pourrait comprendre ce rejet qui le déchire, cet instinct violent qui lui murmure de ne surtout pas partager son sang ? Il hausse les épaules, laisse son regard se perdre contre le mur «  J’en sais rien. On verra bien. » Oh elle fera comme si Liviana, mais il pourra lire le poison dans ses yeux, dans son esprit. C’est pour Alyx qu’il s’inquiète, bien incapable d’anticiper la façon dont la sorcière la percevra, Alyx qui ôte son gilet, dénude son bras, Alyx qui le dévore de son regard brûlant.  «  Tu veux que je commence ? » Alors elle est prête à ça. Capable d’aller jusque là, de foncer, de le suivre à l’aveuglette. Un élan de gratitude s’étend, quand il prend place à ses côtés. «  Non, je vais m’en occuper, je suis compatible, toi pas forcément. Et puis… » Il grimace, contemple la silhouette inanimée sur le lit. « …il y a peut-être des risques, je ne sais pas. » Sa main glisse dans ses cheveux, sur son visage. Etrange comme elle a su si vite se rendre indispensable. Même si leur lien est scellé par un serment, au fond, il ne peut pas vraiment douter de sa sincérité. C’est ça qui importe pour le moment, disposer d’une véritable alliée. «  En tout cas merci d’être là. » elle n’a pas vraiment le choix, ils le savent l’un comme l’autre mais se gardent bien de le préciser. Ce n’est pas le moment de briser cette alchimie soudaine qui les unit.
Retour à la réalité, l’Iceberg sort de son sac le matériel qu’il s’est procuré, stérilise le tout d’un coup de baguette. Il ne sait pas tout à fait comment procéder, quelle quantité transfuser. De tout son cœur, il espère ne pas s’être trompé dans ses calculs, ses analyses, ne pas tout louper par négligence. Mais après tout, si les scientifiques assaillants y sont parvenus, pourquoi pas lui ? Sous le regard d’Alyx, il offre son sang, gère le flux précautionneusement. Une erreur, une seule et les conséquences pourraient s’avérer dramatiques. Quelques minutes, le cœur battant, à contempler la silhouette endormie. Jusqu’à ce que les yeux sombres s’ouvre, agrippe l’air et la lumière comme pour se raccrocher au monde des vivants.J’ai réussi.


***


Ils se sont installés dans la chambre de Nia pour qu’Alyx puisse trouver quelques vêtements parmi ceux que la Suédoise n’a pas pu emporter. Deux heures que Liviana s’est éveillée, désorientée, besoin de se retrouver un peu seule, de se ré apprivoiser. Mais bientôt ils dineront et il faudra bien se résoudre à faire les présentations. Assis sur le lit, à contempler la silhouette de la jeune fille qui se regarde dans le miroir, dubitative, il analyse les yeux Blaise, s’amuse de cette parenthèse. C’est trop beau, trop pastel, trop décoré, comme un foutu conte de fée. Un bol d’oursons à la guimauve à moitié vide trône sur la commode, posé sur un carnet à dessin, qu’il saisit pour s’occuper. Des créatures magiques, des palais, des vêtements et un visage, récurrent, toujours le même qui attire son attention parce que le trait est différent, plus tranchant, plus réaliste. Une femme, blonde, les yeux clairs, le visage dur et sous le portrait toujours la même légende « La fille des rêves. » Sans trop comprendre pourquoi quelque chose le trouble, il repose le calepin comme s’il était brûlant, éloigne son regard de celui, trop réel de la jeune femme figée sur le papier.Presque comme s’il la connaissait.« Il faut qu’on descende. Ça va bien se passer. »
Il l’espère, réellement, même n’y croit qu’à moitié.

En bas Liviana est presque aussi belle qu’au départ, elle a prit le temps d’arranger ses cheveux, de maquiller ses grands yeux noirs, haute et fine silhouette encore mal assurée, amaigrie au point de presque vaciller. Son regard cogne contre le sien, son sourire d’apparat mal ajusté, ça se lit dans ses yeux toute la colère qui la ravage, le désir de vengeance dans lequel il sent qu’il va devoir un peu trop s’impliquer, ça se voit qu’elle est désorientée, besoin de se raccrocher au désir de voir sombrer ceux qui ont osé essayer de la faire tomber. Elle fait les cent pas Liviana, avec sa longue robe noire et dorée, dévisage Alyx d’un air froid. « Qui est-ce ? » Il sursaute Blaise, en entendant cette langue qu’il ne maîtrise pas, dont il ignore même le nom. Quelque mots c’est tout ce qui lui reste de ses racines, lui qui ne s’y est jamais vraiment intéressé. «  Je te présente Lilith Carrow. » Il répond en anglais, puis hésite, un instant, se perd de le regard glacé de sa génitrice avant d’ajouter «  Elle est avec moi. » un sourire sarcastique s’étire sur les lèvres de Liviana quand elle analyse Alyx, de haut en bas, presque grossièrement. « Je te rappelle que tu es promis à la Vrenskaya. » Masha, Masha et son sang aussi dangereux que le sien, l’Ox dans les veines, la liberté compromise. «  Elle est porteuse de l’Ox. Je doute qu’elle puisse circuler librement avant un bon moment. Et de toute façon je ne compte pas me marier maintenant. » Il est glacial Blaise, parce qu’elle l’agace avec ses grands airs, son incapacité à remercier ou à simplement demander comment il va, depuis tout ce temps. Elle se tourne enfin vers Lilith, affiche un sourire trop grand, trop chaleureux qui, telle qu’il la connaît est sans doute encore plus dangereux que son silence. « Alors enchantée Lilith, surtout fais comme chez toi. » Elle attrape ses mains dans les siennes, pression légère qui pourtant la maintien prisonnière. « J’ai hâte de voir jusqu’où tu seras prête à aller pour me prouver ta fidélité. » Et ce sourire, toujours ce sourire qui fait comprendre à Blaise que ses craintes seront bientôt vérifiées : elle veut jouer Liviana, s’amuser à sa façon, et Alyx sera la toute première qu’elle disloquera sur l’échiquier.
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