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 La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : mêlé. il n'a de toute manière jamais comprit en quoi cela pouvait être une gêne.Messages : 45Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : loin dans l'éther de ses visions
Ҩ La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 13:17


Lucian Aslankov

" Sous ce masque il y a plus que de la chair. sous ce masque il y a une idée Mr. Creedy et les idées sont à l'épreuve des balles."

ft.  Nom de la célbrité

Crédits © indiquer ici  

Prénom & nom écrire ici
Âge & lieu de naissance Né en mars 1968 à Sofia, il a 35 ans.
Statut du sang sang mêlé
Scolarité Lucian a étudié à Durmstrang dans le clan des ombres
Carrière Lucian est peintre et possède une galerie dans laquelle il expose ses oeuvres.
Groupe Expelliarmus
A savoir Lucian possède le don de double vue. Ce qui d'ailleurs lui a valu une certaine rupture avec sa famille qui n'a jamais pu l'accepter. C'est aussi un artiste incompris qui peint ce qu'il voit pour dévelloper un peu plus son don. Depuis la mort de sa meilleure amie, Lucian est profondément persuadé que le ministère de la magie manigance des affaires sales. Il est donc devenu un pilier de la rebellion.





Dig beyond the surface

It's not an easy thing admitting to yourself what you really are


TOI & LE GOUVERNEMENT Lucian aurait put ne pas se mêler de ces affaires là. Avant 2003, c'était un homme si incompris et si différent qu'il en avait fini par abandonné l'idée d'être accepté par la société. Pourtant, lorsque sa meilleure amie, Milena est morte assassinée après lui avoir sous entendu que le ministère cachait certaines choses aux yeux de la population, Lucian a commencé à s'interesser à toute cette mascarade de très près. Il est persuadé que le gouvernement tire de sombres ficelles et qu'il maltraite les sangs noirs ainsi que les revenants. Il n'a aucun confiance en le gouvernement, et participe activement à la protection des fugitifs. C'est un homme qui se bat pour la justice et pour rétablir l'ordre qui a été arraché aux incompris, pour lui, une guerre silencieuse à déjà éclaté et il ne compte pas être un vulgaire pion sur l'échiquier des affaires politiques à présent qu'il s'est réveillé de sa torpeur. Lucian aspire à ce que la vérité éclate enfin et que le gouvernement soit renversé pour laissé place à plus de liberté.

TOI, LES SANG-NOIRS & LES REVENANTS Il est contre toute ces règles qui cherchent à réguler les sangs noirs. Lucian en connaît assez sur la société pour savoir que c'est ainsi que commence une dictature. La liberté meurt dès l'instant où ce que l'on est, fait est sujet de discussion politique. La différence a toujours été un fardeau pour les affaires sociales, il le sait car lui même n'a jamais réussi à trouver sa place. C'est sans doute pour cela qu'il à choisit de défendre bec et ongles tout ceux brimé par les préjugés, par les lois et pointé du doigts parce qu'il ne sont pas comme les autres. Il refuse tout de ce système qui exclue et contrôle les sangs noirs et les revenants. Au contraire, il apporte son aide à tout ceux-là ; les héberge, leur donne de quoi se nourrir et de quoi passer inaperçu. Lucian est un homme de foi, et il reste persuadé qu'en luttant intempestivement contre ces mesures, d'autres finiront par ouvrir les yeux sur les injustices commises par le ministère. En attendant, il façonne un peu plus sa rebellion, aspire à rétablir d'autres idéaux sur le devant de la scène où chacun aurait sa place sans avoir à se fondre dans un moule imposé.

TOI & LES ACTIVITÉS ILLÉGALES Lucian a déjà entendu parlé du marché noir par certains des fugitifs qu'il a hébergé. Mais pour l'instant, il ne s'agit pas de son problème principal. En dehors de ses recherches faites contre le ministère afin de découvrir la vérité, il ne se mêle pas de ce genre de choses. Flirter avec les mafias ne fait pas parti de ses aspirations sauf s'il apprend qu'il y a un quelconque lien avec la mort de Milena. En dehors de cela, il préfère rester éloigné. Si Lucian est bien un ancien toxicomane, il n'a pourtant jamais touché à cette nouvelle drogue nommée iskra, fort heureusement. Il préfère éviter ce genre de substance connaissant sa facilité à retomber dans la dépendance. Concernant ses propres activités illégales, Lucian fait partie de la rebellion. Il héberge des fugitifs ce qui ferait de lui un traître aux yeux du gouvernement s'il venait à le découvrir. Alors, il fait profil bas, reste dans son coin sans jamais avoir un mot plus haut que l'autre, fait semblant d'être un citoyen modèle pour ne pas attirer les soupçons. A ce jeu, il est devenu très fort puisqu'il s'est caché toute sa vie des activités sociales.








Travelling through time

It matters not what someone is born but what they grow to be


10.03.1968 Naissance de Lucian à Sofia
23.07.1973 premières visions de Lucian lors de l'anniversaire de sa mère.  Désireux de s'échapper de tout cela, Lucian découvre alors la peinture.
10.10.1976 Premières manifestations de ses pouvoirs de sorciers.
28.04.1978 Les parents de Lucian l'obligent à consulter un psychomage dans l'espoir que ses visions cessent. Ce qui brise un peu plus sa relation avec ceux-ci. Après ce jour, Lucian sera en perpétuel conflit avec eux, prenant énormément de distance.
septembre 1979 entrée à Dursmtrang, rejoint le clan des ombres et rencontre Milena avec qui il devient très ami.  
1979-1987 scolarité à Durmstrang. Dépendance de celui-ci à la drogue et désintoxication. Il quitte le château sans prendre de spécialisations, quelque peu à la dérive.
1987-1995 Années d'errance sociale où Lucian marchande ses visions pour gagner sa vie.
1995  Lucian quitte son quartier et change littéralement de mode de vie afin de ne pas attirer l'attention sur lui. Il ouvre une petite galerie qui ne rencontre pas de succès mais dans laquelle il peut exposer ses toiles.
Mai 1995 il rencontre une jeune femme du nom de Krista devant l'un de ses tableaux. C'est un coup de foudre pour l'homme qui ne se l'avoue pourtant à aucun moment. Démarre alors une relation intense et riche entre eux qu'il n'arrive pas à nommer. Celle-ci l'aide à étendre sa galerie et lui donne des fond pour améliorer sa prestance. Elle finit par choisir une autre voie et Lucian comprend alors à quel point il en était amoureux. Il l'oublie difficilement en se réfugiant dans le travail et fuit comme la peste toute relation sociale après cela.
avril 1999Découverte de l'Ox. Lucian suit l'affaire de loin sans pour autant vouloir s'en mêler : la traque des criminels, la protection des sangs noirs...Lucian n'est pas un homme à se préoccuper des affaires politique. Pourtant, il ressent comme un certain malaise face à cette nouvelle ère.
2001Mort du ministre de la magie. Un nouveau gouvernement s'installe et quelques visions heurtent Lucian sans qu'il ne s'en préoccupe réellement, trop floue pour qu'il puisse les comprendre.
03.01.2002Lucian retrouve Milena après des années à communiquer par hiboux.
novembre 2003Milena lui confie quelques clichés photographiques sur une affaire concernant une potentielle maltraitance des sangs noirs où le gouvernement serait impliqué. Elle lui confie avoir rendez-vous avec une de ses sources mais ne pas pouvoir en dire plus sur cette affaire qui pourrait changer la donne politique. Le lendemain de cette conversation, Lucian apprend la mort de celle-ci et commence à se poser des questions, se souvenant des quelques visions l'ayant touché lors du changement de gouvernement. Une vision l'assaille alors et lui montre une jeune femme se faisant poignardée qu'il devine  être la source de son amie défunte. Aussitôt il se rend chez elle et la retrouve morte. Le fils du nom de Mihaël, de cette dernière, caché, a assisté à toute la scène. Lucian le prend alors avec lui et jure de le protéger.
2003-2004Lucian marche sur les pas de Milena pour comprendre ce qu'il lui est arrivé et dans quelle mesure le gouvernement est impliqué dans des affaires sombres. Il a perdu toute confiance en le ministère et développe alors une certaine animosité à l'égard du gouvernement et de tout ce qui se trame dans l'ombre. Décidé à faire bouger les choses, Lucian héberge des fugitifs, les protège et leur offre son aide. Son nom arrive aux oreilles de tout ceux qui sont chassés et persécutés par le gouvernement. Dans l'ombre, il devient un des piliers principaux des premiers rebelles.




The muggle behind the screen

Lower your wand

PSEUDO SDL
ÂGE 26 ans depuis quelques jours hihi
RÉGION quelque part en France
PERSONNAGE inventé [ ] scéna/pré-lien [ ] pv [x]
COMMENT AS-TU DÉCOUVERT AK? GENRE JE M'EN SOUVIENS T'SAIS
LE MOT DE LA FIN JE VOUS AIME. LUCIAN LE MAGNIFIQUE ARRIVEEEEE ATTENTIOOOOON





Dernière édition par Lucian Aslankov le Sam 17 Mar - 19:30, édité 4 fois
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Statut du sang : mêlé. il n'a de toute manière jamais comprit en quoi cela pouvait être une gêne.Messages : 45Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : loin dans l'éther de ses visions
Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 13:19


Plume à papote

It is our choices that show what we truly are




Chapitre 1 : "j'étais un enfant, ce monstre que font les adultes avec leurs regrets."


Toi. Tu es différent.
Ça sonne comme une tare dans cette bouche infantile. Une bouche trop douce pour porter les salissures qui en dégoulinent et viennent empoisonner de venin les pensées du gamin qui ne comprend pas vraiment la dimension de ce mot : est-ce une insulte ? Alors il réfléchit. Vite. Peut-être un peu trop vite pour les 9 années à son compteur. Il répète le mot en boucle : mantra de fortune qu'il grave dans idées jusqu’à ce qu'il se révèle enfin. Différent. Comme s'il existait un credo universel façonnant la conduite de tous, de manière à ne tracer que des lignes droites dans la vie. N'importe quoi. Ça n'a aucun sens. Tout droit, on ne va jamais bien loin, n'est-ce pas ? Comment peut-on traverser les âges selon un seul et unique modèle alors que le monde même n'est que le résultat d'une succession de hasards ? Ça lui échappe et il voudrait secouer chaque imbécile qui n'est pas capable de voir plus loin que le bout de son nez et le sortir de sa torpeur faite d'axiomes erronés et de jugements poli par des idées préconçues. Mais même dire la vérité fait de lui un paria de la nature : parce que les gens ne veulent jamais entendre des choses qui les affectent directement, c'est pourquoi, tout ce qui diffèrent de leur propres opinions ne sont rien de plus que des mensonges à leurs yeux. Et ça, c'est la véritable tragédie de sa vie.

Pourquoi t'es différent comme ça ? Le blondinet relève les yeux vers l'enfant qui lui fait face les bras croisés. Parce que sans ça, vous devriez trouver une autre raison de vous haïr les uns les autres. Très vite, il analyse sa posture, et assimile chacun des détails déformant son visage poupin ; la peur est partout. Elle s'éclate en fragments opales dans ses iris bruns et déteint dans son regard sombre, peignant le contour de mots qu'il n'ose prononcer. Elle s'estampille, Elle s’entremêle autour de ses pupilles dilatées jusqu’à gorger son œil d'un voile obscur. Alors, il compatit, le gamin. Il compatit parce que c'est encore la seule chose qu'il lui reste à faire devant l'absurdité de la situation. Ce n'est pas de ta faute. Tu es asservit par l'oppression d'idéaux tissés par ceux qui racontent l'histoire et qui veulent la voir se jouer. Il n'y a aucune place pour l'inconnu. Aucune place pour l'improvisation, et ton rôle t'as été attribué bien avant que tu ne me déteste. Mais le garçon face à lui fronce les sourcils, inflexible. Il s'abaisse, prend une pierre entre ses mains et la jette violemment au visage de Lucian.Le garçon sent le roc frapper les os de son front. Un crac sonore résonne et une douleur lancinante lui coupe la respiration.  Instinctivement, l'enfant porte une main à sa tête mais déjà il sent un liquide chaud lui brouiller la vue. L'autre se fige et comme pour légitimer son geste, il lui fait face une dernière fois et le pointe du doigt, l'oeil mauvais : La prochaine fois que tu dis que ma mère va tomber malade je te tue.
Mais Lucian, il n'écoute pas. Il n'écoute plus. Ça n'a plus d'importance. Il ne sent que le battement de son sang battre sous sa plaie ouverte et ses idées s'engourdir d'une souffrance pourpre.

Trop honnête pour se taire. Trop différent pour parler.

Chapitre 2 : " En dépit de ce que l'on peut vous raconter. Les mots et les idées peuvent changer le monde"


Est-ce que tu connais le mythe de Cassandre, Lucian ?
L'enfant lève les yeux au ciel. Evidemment qu'il connaît cette histoire. Tout ceux qui ont le même don que lui connaissent irrémédiablement cette histoire. Et il est fatigué de l'entendre d'ailleurs. En plus, Lucian trouve ça d'une ironie implacable ; Les troyens ont perdu une guerre parce qu'ils ont préféré l'orgueil plutôt que la parole de la seule âme capable de leur éviter 10 ans de sang et de larmes. Il aurait suffit simplement d'écouter le murmure, d'écouter les supplications, puis d'écouter les cris d'alerte. Mais rien. Croire en autre chose qu'en leur ambition, voilà la seule réalité qui aurait pu les sauver. On aurait presque pu penser qu'après de telles histoires, les hommes seraient devenus un peu plus sage. Mais non.  Aujourd'hui encore, on pointe ceux qui connaissent la vérité sous prétexte qu'elle n'est pas assez belle pour flatter leur égo, et ceci malgré la morale qui revient à chaque fois : La mégalomanie fait rarement bon ménage avec le destin. Et ça se passe toujours de la même manière après ça : il y a des  j'aurais du écouter et des c'est de ta faute ! Tu nous a porté malheur ! Et Au milieu, il y à lui. Lui qui ne fait que retourner les cartes du destin avant qu'il ne les aie jouées. Lui qui peut tromper l'avenir et permettre aux silhouettes traversant son esprit de réécrire l'acte de la tragédie annoncé par le fatum. Lui, qui, comme Cassandre est voué à subir l'obstination amère des Hommes à le voir comme une calamité et non comme une bénédiction.
Alors il est là, devant cet homme au regard inexprimable. C'est un psychomage, il paraît. Il fouille ses yeux mais ne trouve rien de plus que son propre reflet parasitant la surface miroitante de son regard terne. Lucian ne comprend pas ça. Comment on peut autant avoir l'air d'une carcasse vide, sans la moindre émotion ; lui qui brûle. Lui qui est perpétuellement traversé par des enchevêtrements de sentiments. Lucian, quand on regarde dans ses yeux, on y voit cette soif de liberté teintée d'audace. Et puis il y a la fougue qui vibre dans ses prunelles lorsque celles-ci esquisses les contours du monde et façonne des horizons là où il n'y a rien d'autre que des murs pour les autres. Il se pose mille questions, il analyse, calcule, observe, éponge la moindre information comme si elle était vitale et nécessaire à sa vie ; une faim qui fait de lui un garçon entêté, furieux de vivre et de comprendre les mécanisme de cet univers dans lequel il s'émancipe peu à peu.  Il y aussi un air sauvage qu'il porte en bandoulière autour de son regard, injecté d'une passion obsédante presque démente. Ça grouille partout dans son esprit ; des mots, des couleurs, des pensées, des formes, des théories. Un gamin un peu hors norme, déviant des diktats que la société moderne à imposé. Bien sûr, on ne l'accepte pas beaucoup ; ce qui est pour lui une normalité est finalement une anomalie pour les autres. Mais il s'en fiche. Il s'en fiche parce qu'un jour il sait que son intégrité touchera d'autres coeurs.
Et ça, même si ses propres parents ne sont pas de ceux qui laissent une place aux divergences. Lucian soupire. Tes parents ont signalé de violents maux de têtes lorsque tu as des visions. Ils sont inquiets. Agacés serait le terme exact. Mais il hoche la tête, docile pour cette fois-ci. Il doit bien avouer que les tambours dans son crâne le frappant lors de ses visions sont de plus en plus douloureux.
Et pourtant, ça l'est beaucoup moins que ces quelques paroles qui éclatent de la bouche de sa mère.  En vérité, nous espérions que vous pourriez nous fournir un traitement qui puisse bloquer ses visions. Lucian ne respire plus. C'est comme si on venait de lui trancher la jugulaire. Bien sûr, Il sait depuis toujours que son don de double vue n'est pas apprécié de ses parents, mais jusqu'à aujourd'hui, il ignorait en revanche qu'il s'agissait d'un réel poids pour eux. Le gamin tourne la tête pour toiser les deux figures qui prennent bien soins d'ignorer le regard perforant de leur fils. Le psychomage semble mal à l'aise face à cette tension qui s'installe et électrise l'atmosphère de la pièce. Il ne se laissera pas faire. Pas cette fois. Suspendu à la réponse du sorcier, prêt à en découdre avec chacun d'entre eux s'il le faut, Lucian fronce les sourcils.  A ce jour, il n'existe aucun antidote capable d'annihiler complètement l'intervention des visions de ceux qui possèdent la capacité de voir l'avenir. Je peux néanmoins fournir un sérum qui apaise les maux de tête. Aussitôt, les muscles de l'enfant se détendent. Changer ce qu'il est ? Il n'en était pas question. Son regard se pose au nouveau sur le psychomage, profondément reconnaissant. Les migraines,  il peut encore vivre avec, mais bloquer une part de ce qui fait qu'il est ainsi, c'est une toute autre histoire. Malgré le soulagement, Lucian sent quelque chose se contracter dans son coeur. Ses yeux effleurent la silhouette de ses parents et c'est comme s'il les découvrait pour la première fois. Suis-je donc une anormalité de la nature à vos yeux? Un être à museler ? C'est à cet instant qu'il sent une fissure craqueler sa chair. Il refuse.  Il refuse les idéologies décolorées. Il refuse qu'on lui impose une façon de penser. Il refuse qu'on lui dise de quelle manière se comporter. Il refuse d'être de ceux qui ont honte de ce qu'ils sont, sous prétexte qu'ils ne correspondent pas au modèles superficiels qu'on les oblige à revêtir. Et si ça doit être lui contre le reste du monde, alors il est prêt. Sa vie ne sera jamais cousu du fil des paroles des autres. C'est une promesse.


Chapitre 3 : " l'art n'est pas chaste, on devrait l'interdire aux ignorants innocents, ne jamais mettre en contact avec lui ceux qui y sont insuffisamment préparés. Oui, l'art est dangereux. Ou s'il est chaste, ce n'est pas de l'art."


Il sent le pinceau glisser sur la surface granuleuse de la toile. C'est fluide. Limpide sous ses doigts graciles. Les formes se juxtaposent les unes aux autres dans un parfait camaïeu de couleurs rougeâtres et s'étalent dans une harmonie voluptueuse ; des arcs de cercles grenat, des arabesques cinabres, et puis de longues courbes écarlates. Les nuances vermeil ses multiplient, remplissant chaque centimètre de blanc comme pour combler le vide que cela laisse sur son âme : la solitude c'est cela pour lui, du rouge à perte de vue. Du rouge pour toute cette ébullition contre le reste du monde qui le rejette.  Du rouge pour tout ce sang qu'il sent battre sous sa peau lorsqu'il n'y a personne pour l'écouter. Du rouge pour cette passion dévorante qu'on lui refuse par peur qu'elle ne l'emporte dans la folie. Du rouge pour combler ses  nuits blanches et ses visions noires. Et puis, quelques touches de mauves estampillées en tâches épaisses ; le mauve c'est le rouge de sa vie avec le blues de ses pensées. Il s'applique, s'agite, maquille ses sentiments au travers de son outil de création comme s'il s'agissait d'une arme destructrice. Son coeur est là, accroché à ses mains agiles qui ne cessent de se mouvoir pour griffer la toile.
Qu'est ce que ça représente ?  
Elle demande. La main s'arrête de tracer des sillons, et le gamin se retourne vers le visage sévère de sa mère. Il sait qu'elle a demandé par politesse ; probablement un de ces conseils stupides du psychomage qui le suit. Ça représente le nihilisme. Le vide. L'inertie. La solitude. Elle ne comprend pas, bien sûr, et il devine déjà sa réponse avant même qu'elle n'ouvre la bouche. C'est un peu violent de couleurs pour un sentiment pareil, non ?
Violent ? Soudain,l'enfant à envie de crier. Il voudrait lui hurler qu'elle ne peut pas savoir à quel point l'isolation est violente, elle si adorée en société. Elle que tout les hommes admirent et toutes les femmes envient. Elle : le stéréotype parfait de la réussite et de la perfection, se pavanant à la moindre occasion devant la gueule ouverte de tout ceux assez idiots pour se gorger de  son orgueil. Il voudrait lui dire, lui cracher au visage qu'il n'existe rien de plus cruel, de plus féroce que le vide qui s'installe dans l'âme de ceux que personne ne veut écouter. Non, rien n'est plus sanguinaire que l'isolement.
Mais bien sûr, il n'ouvre pas la bouche. Lucian se contente de la regarder, sans un mot, puis à nouveau il se tourne vers le tableau inachevé, laissant la réponse de la femme se perdre dans l'indifférence. Il se fiche bien d'être le seul à croire en son art et ça n'a pas grand importance que le coeur de sa mère soit scellé d'une camisole froide et étroite. Lui il sait que certains langages dépassent de très loin la pauvreté des mots. Il sait que les couleurs peuvent parler, raconter des histoires à qui sait tendre l'oreille et que les figures qui se traces parfois sur quelques morceaux de papiers sont bien plus vivants que le coeur des hommes. La peinture est pour lui comme un savon lui permettant de se laver de l'atonie quotidienne et de la poussière de ces jours futils défilant au ralenti. Au delà du réel, il y a toujours cette petite fêlure qui laisse passer l'espoir de trouver une place loin de ce moule dans lequel il n'est pas prêt à rentrer. Sauvage dans ses idées. Ou peut-être un peu trop avant gardiste pour son âge, Lucian reconnaît néanmoins que sa naissance est alourdie de bien trop de divergences pour être accepté.  Et c'est exactement ce qu'il retrouve dans le regard de sa mère à cet instant précis : l'insensibilité.
Il lui pardonne aujourd'hui pour ce manque de jugement. Il lui pardonnera encore demain. Comme il lui a pardonné de l'avoir traîné de force dans la clinique magique dans l'espoir qu'un  psychomage le prive de sa capacité à voir ce que les autres ne voient pas. Comme s'il s'agissait d'un danger sérieux. Comme s'il s'agissait d'une pestilence gangrenant sa chair. Il lui pardonne de ne pas être la personne qu'il aurait aimé qu'elle soit.

Alors depuis, il s'est construit un refuge au travers les couleurs qu'il appose sur la toile. Un exutoire qui n'est pas seulement un repère mais qui lui permet aussi de traduire les visions qui l'assaillent. Ce qu'il voit, il le dessine, le peint, le crayonne pour ne pas perdre le moindre détail de ces choses qui s'imposent dans son esprit. Tout compte. Tout est important. Il sait qu'un jour ses visions pourront changer le monde alors il ne laisse rien au hasard. Parfois les tambours dans sa tête deviennent insoutenable mais il ne flanche jamais. Lucian est un gamin hors du commun qui a appris à ne plus redouter ce qu'il est ni ce qu'il voit. Il se fiche bien d'être celui qu'on pointe du doigt ; être comme tout les autres ne l'a jamais intéressé de toute manière. C'est un peu ça la liberté : choisir de ne pas écouter les autres qui parlent et continuer la route que l'on souhaite sans se préoccuper des médisances. Ainsi va sa vie. Parce qu'il n'y existe aucune autre manière de vivre que dans l'intégralité de ses passions.


Chapitre 4 : " je survivrais c'est clair, j'ai déjà affronté des tempêtes."


Les années à Durmstrang furent douce amères. Portant le sceau des ombres sur sa peau, Lucian ne réussit pourtant jamais  à trouver sa place dans l'immense château. Heureusement, il y avait elle. Elle c'était un bout de femme avec plus de poigne qu'elle n'y paraissait à premières vue. Milena. L'incarnation de l'audace et de l'intelligence. Mais ce qu'il avait toujours aimé par dessus tout chez elle, c'était sa volonté abrupte à tout connaître des mystères de ce monde quitte à se heurter à la vérité. Evidemment, Milena était le genre de jeune fille qui n'était effrayée de rien, pas même de la différence pesant sur les épaules de Lucian. Alors, ils étaient devenus amis, complices, inséparables. Il était toujours dans son sillage, prêt à monter les crocs à la moindre estocade lui étant faite. Et Elle, elle le regardait toujours avec cette foi aveugle, ça suffisait à lui faire garder confiance même lorsqu'il entendait chuchoter sur son passage.
Milena. Elle était la première personne en qui Lucian avait un jour placé sa confiance. Il n'était pas difficile de croire en elle, elle qui dégageait une volonté de vaincre exceptionnelle et aspirait à faire entendre sa voix partout où elle passait sans jamais faiblir devant l'adversité. C'était quelque chose de bouleversant que Lucian admirait et chérissait jusqu'au plus profond de son coeur. Les années furent plus lumineuses grâce à elle. Milena était devenue une ancre à laquelle il pouvait s'attacher.

Au fil du temps, ses visions étaient devenues de plus en plus forte, plus oppressantes. Dans sa recherche du détail et des finitions pour chacune des images venant percuter son esprit, Lucian avait du faire face à des maux de têtes redoublant d'intensité jusqu’à lui couper la respiration. Creuser, Pénétrer au plus profond de ses visions avait un coût, et il en payait durement le prix. Alors, inévitablement, le jeune homme chercha un moyen d'y faire face. Ses antidotes n'avaient désormais plus aucun effet sur lui. On lui parla alors d'un tout nouveau sérum ; il s'agissait d'une potion capable d'ouvrir l'esprit tout en bloquant les effets indésirables. Ce ne fut que plus tard qu'il comprit que l'engrenage dans lequel il s'était jeté n'était qu'un piège de plus à son esprit ; la dépendance. Lucian n'avait plus mal à la tête. Et il fallait dire que ses pensées étaient devenues plus claires encore, comme si le simple fait d'ingurgiter un peu d'opium lui permettait non plus seulement de voir mais aussi d'arpenter chacune de ses visions pour en connaître les moindres contours. La substance était devenue vitale, nécessaire à l'émancipation de son don. Plus puissant il devenait dans son art, plus libre il était dans sa tête. Et plus le temps passait plus les psychotropes agissaient sur sa santé mentale comme une toile d'araignée autour d'une vulgaire mouche. Il lui en fallait toujours plus, sans quoi, il devenait irritable, colérique et implacable. Au fur et à mesure, il avait perdu foi en ses propres capacités ; pour lui, ce don qu'il avait si longtemps revendiqué n'était puissant que par l'effet provoqué par la mixture qu'il venait à s'injecter directement dans les veines. Lorsque les dernières bribes de la potion disparaissait, la culpabilité l'affligeant ne faisait qu'accroitre son besoin de s'échapper de la honte qui lui collait à la peau. Et à nouveau il basculait dans ses illusions teintée de ses passions.  
Il fallu elle. Qu'elle intervienne. Qu'elle l'extirpe du goudron noir dans lequel il s'était englué. Que sa main vienne prendre la sienne et l'entoure autour de ses poignets disloqués par la folie douce de pouvoir tout contrôler. Milena. Les idées bafouées par le venin, l'esprit embourbé par cette sensation abjecte de ne plus être lui même ; et elle au milieu, lavant son vice par la force de sa volonté, ramenant la propreté là où il n'y avait eut que salissure pour souiller son âme d'idéaliste obsessionnel. De ce jour, Lucian en garde une cicatrice psychologique. Jamais il n'a pu cesser completement la cure. Malgré tout ses efforts, il n'a pu se résigner qu'a prendre une faible dose lui permettant simplement de garder les maux à labris derrière sa boite cranienne. Une dose trop faible pour dénaturer son organisme mais encore trop élevée pour balayer sa culpabilité d'être autant attaché à un tel poison.
Les années suivants sa sortie de Durmstrang furent laborieuses. Il refusa d'abord de reprendre l'entreprise de chaudronnerie familiale qui avait tant prospéré jusque là ; ce qui fragmenta un peu plus son rapport avec sa famille. Lui qui n'avait vécu que pour l'art n'avait jamais une seule seconde envisagé de poursuivre le travail érigé par un nom qui n'avait pas su l'accepter. Alors, dans un premier temps, il fit ce qu'il savait faire le mieux ; prédire. Son don s'étant renforcé avec l'âge et le travail, Lucian offrit ses services à ceux capables de le payer. Il en parla autour de lui, se fit une petite réputation dans l'ombre ; un travail indépendant lui garantissant une clientèle régulière. Evidemment, Cela ne le rendit pas bien riche mais cela suffit amplement à garder la tête hors de l'eau et à lui octroyer cette liberté qu'il aimait tant.  
Mais, dans un monde en perpétuel changement, il n'y a jamais eu de place pour les oiseaux de son genre. Pointé du doigt comme le fit jadis ses parents, Lucian du apprendre à taire ses capacités de double vue aux autres. Avec l'âge, le jeune homme comprit que pour vivre heureux, il ne suffisait pas simplement de vivre libre ; il fallait aussi être discret. Il renonça donc à vendre ses services et déménagea afin de recommencer une vie plus loin. Loin de la foule curieuse. Loin de la foule écorchées par les diktats.
La peinture le sauva encore. Alors que la solitude s'apprêtait à l'engloutir une fois de plus, Lucian se refugia dans son atelier. Et il ne s'arrêta de peindre qu'après de longues semaines sans voir la lumière du jour, lorsque ses visions se turent dans son esprit et que ses mains ne furent plus capable de porter un pinceau. Ce fut à ce moment qu'il réalisa que des centaines de tableaux emplissaient son espace de travail.
Avec les maigres économies récoltées, il acheta une galerie. Elle n'était pas bien grande, ne possedait aucune renommée, mais il y installa pourtant son travail avec la fierté d'accomplir quelque chose.


Chapitre 5 : " Tu n'es plus là où tu étais mais tu es partout où je suis."


Elle regarde la toile, comme si elle allait s'y fondre. Ses yeux caressent avec douceur la surface granuleuse de la peinture. Des minutes entières où elle ne cille pas, les pupilles dilatées par l'exaltation. De longues secondes où sa respiration semble suspendue aux pigments chromatiques de l'oeuvre.   Et lui, Il l'observe. Imagine sa silhouette gracile et élégante fusionner avec les couleurs de la toile pour absorber sa beauté et la rendre plus lumineuse encore. Elle comprend l'histoire, ça se lit dans son regard hachuré de filaments dorés qui vibrent et s'enroulent autour des teintes éclatées en millions de petits coups de pinceaux. Ses lèvres se pincent et frémissent presque imperceptiblement  à mesure que ses iris se perdent dans la contemplation. Elle en savoure chaque nuance avec une réelle passion, plus pure encore que la sienne lorsque ses doigts ont façonné la peinture. Qui est-elle ? Cette femme qui transpire l'affabilité de chaque pore de sa peau. D'où vient-elle ? Cette femme qui se laisse ainsi rongé par les formes, par les couleurs et les figures sans même se débattre.  Lui, Pauvre diable. Capturé par un instant qui lui échappe déjà, frivole aux secondes qui s'écoulent se laisse aller à une rêverie éphémère. Personne n'a jamais regardé ses œuvres avec autant de fascination et de d'embrasement ; ça le bouleverse de l'intérieur, et l'intimide aussi un peu. Il s'avance de quelques pas et cherche les premiers mots qu'il va prononcer. D'ailleurs, il a déjà imaginé le scénario dans sa tête ; il approche encore d'une démarche sûre et se stoppe à côté d'elle. Il attend alors patiemment qu'elle esquisse le premier coup de tête pour se tourner et lui sourit, détendu. Il dit quelque chose de brillant et aussitôt les yeux de la belle éclatent en mille grelots d'or. Elle se met à rire et ils restent là à discuter des heures.

Mais en réalité, ça ne se passe pas vraiment comme ça.

A la place, Lucian esquisse quelques pas timides avant de se placer à côté de la blonde. Il voudrait parler. Lui raconter toutes ces émotions qu'il à voulu exprimer au travers de ces figures disloquées, s'entrechoquant dans des teintes cyan et turquoises. Lui dire qu'il y a de l'espoir dans chacun des traits qu'il a représenté et que cette vision est l'une des plus belle qu'il ai eu jusqu’à ce jour ; que c'est son âme étendue là, dans chacune des touches qu'il à estampillé sans demie mesure sur le tableau lorsque son esprit s'était envolé, loin au-delà de l'horizon. Mais il ne dit rien. Rien ne sort de sa bouche et il se contente de fixer droit devant lui comme une statue de pierre : pétrifié. De longues secondes de silences passent tandis qu'il se sent un peu plus sombrer dans le néant de ses propres désillusions. Et puis, au moment où Lucian s'apprête à passer son chemin, il se passe quelque chose de surprenant. Je trouve qu'il y a beaucoup de conviction dans cette toile. Comme si le peintre s'était rendu de l'autre côté d'un miroir. L'espoir d'y trouver de nouvelles terres. Vous ne trouvez pas ? Il se fige. Ses yeux s'écarquillent lorsqu'il lui fait enfin face. Il la dévisage, beaucoup, comme si elle était une infraction à l'existence. Mais elle est là ; il ne s'agit pas d'un de ces spectres tissé par son esprit. Elle est là, avec ce sourire satiné de volupté qu'elle lui envoie comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Elle touche. Pique. Traverse sa chair pour venir poser quelques éclats de diamants sur son coeur. Et lui ne parle toujours pas, parce que sa langue est liée par les promesses de sérénité que ses prunelles lui susurre en silence. Elle n'a rien remarqué, plongée dans l’abîme de la représentation. C'est terriblement poignant. C'est à ce moment là qu'il comprend qu'une fissure vient de fragmenter sa vie. C'est moi le peintre. Les mots sortent seuls désormais. Elle se tourne vers lui et l'observe comme si elle cherchait à le déchiffrer. Puis, son visage s'éclaire ; et elle dit quelque chose qui vient le percuter de plein fouet : Je vous en prie. N'arrêtez jamais.  Il sait qu'il y a des histoires qu'on ne peut éviter et à présent il est temps d'écrire celle-ci. De la plume de son destin il grave son nom dans ses pensées : Krista.

Chapitre 6 : " On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s'oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon coeur."


Elle était partie en silence, et son absence avait laissé un écho assourdissant dans son existence. Il ne l'avait pas retenu ; on ne peut agripper le vent entre ses doigts lorsqu'il souffle. Elle était passée dans sa vie comme une tempête, chamboulant tout sur son passage, laissant derrière elle les cendres de ses illusions. D'abord, il avait tenté de se persuader qu'elle n'avait été qu'un spectre ne faisant que tourmenter son esprit jusqu’à finir par s'estomper pour n'être plus qu'un chuchotement à peine audible. Mais pourtant, elle avait délaissé une entaille dans sa poitrine et quelques démons dansant dans ses prunelles. Il songeait à elle tout les jours ; à la douceur de son sourire. A la foi qu'elle avait placé en lui alors que personne n'avait cru en son travail. A la générosité dont elle avait fait preuve en lui permettant de développer sa galerie. Il y avait à présent des fleurs fanées dans la gorge lorsqu'il pensait à elle et une épine dans le coeur en dernier vestige du jardin qu'ils avaient aménagés. Ça s'embrouillait un peu dans sa raison : parce qu'il n'avait pas été capable de comprendre qu'elle avait été bien plus qu'un simple pion sur l'échiquier et qu'en réalité elle en était la reine.  Et puis il y avait aussi toutes ces choses qu'il n'avait pas eu le temps de lui dire qui résonnaient en ricochant contre ses souvenirs. Lucian n'avait jamais eut le courage de faire face à la vérité et lorsqu'il avait réalisé avec amertume qu'elle ne reviendrait pas, il avait nettoyé la plaie avec le sel de ses larmes. C'est donc le vague à l'âme que l'homme avait du reprendre le cours de sa vie en finissant par admettre qu'à chaque histoire il y avait aussi des points.

Des années s'étaient écoulées depuis la dernière fois où il avait vu Milena. Elle n'avait jamais quitté son coeur bien sûr. Leur amitié entretenue avec des lettres régulières et des photos de leur vie respectives. Elle était revenue dans sa vie, aussi brusquement qu'extraordinairement pour gommer les dernières taches de regrets perforant son coeur et lorsqu'enfin il avait pu à nouveau la serrer dans ses bras, Lucian avait été ravi de constaté qu'elle n'avait pas changé. Elle était toujours la même : avec ses airs farouches et sa fougue tenue à bout de bras comme si elle devait à elle seule rétablir toute les injustices de ce monde. C'était d'autant plus séduisant qu'elle y croyait réellement. Ça faisait beaucoup rire Lucian ; cette détermination dans sa voix à chaque fois qu'elle s'exprimait sur un sujet qui la touchait. Jamais le peintre n'avait connu quelqu'un de plus entier que Milena : c'était comme de l'eau de source jeté sur son âme un peu fatiguée. Il réalisait soudain que Milena avait toujours été celle qui lui donnait sa force : sa force d'afficher sa différence, sa force de persévérer dans ses choix et la force de combattre tout les préjugés abjects le concernant. Cette femme était précieuse.
Et puis un jour, elle était venue le trouver. Elle avait posé quelques clichés sur la tables et avait insisté pour qu'il les garde en sécurité. Au cas où. Avait-elle dit. Lorsque Lucian l'avait interrogé, la seule réponse qu'elle lui avait donné l'avait troublé Le gouvernement cache quelque chose dans toute cette histoire d'Ox. Je suis sur un gros coup, je peux pas t'en parler de suite mais il me faut quelqu'un de confiance pour garder les photographies. Je dois voir ma source ce soir. Puis elle était partie, laissant l'homme avec mille questions parcourir ses pensées. Bien sûr, toute cette histoire autour de l'Ox avait chamboulé la Bulgarie depuis quelques années déjà. Il y avait eut ces réformes aussi, et de nouvelles lois en découlant. Mais jamais Lucian ne s'était intéressé aux affaire politiques. Jusqu'à ce jour.


Et puis, elle n'était jamais revenue. Envolée. Le lendemain, alors qu'il s'apprêtait à la voir franchir le seuil de sa maison lorsque quelques coups vinrent frapper, il s'était retrouvé né à né avec des membres du ministère venu lui apprendre la mort prématurée de son amie. Le choc perça son coeur si fort qu'il en perdit la respiration. Il ne l'avait pas vu venir. Ni ses visions ni ses instincts ne l'avait préparé à ça. Le coeur meurtri par le chagrin, il les avaient remercié et était allé s'enfermer dans son atelier, hurlant jusqu'a en déchirer le silence, saccageant chacune de ses toiles jusqu'a ce qu'il n'ai plus assez d’énergie pour se relever. Il était resté là. Sans bouger, recroquevillé dans un coin sombre en laissant toute sa colère couler en larme le long de sa barbe. et cette idée fixe ne quittant pas son esprit : Milena a été assassinnée parce qu'elle savait.. qui était cette femme qui devait l'informer de ce qu'il se passait vraiment derrière le décor structuré par les actuelles lois? Et où se trouvait-elle? Prit par la rage, Lucian se mit à entrevoir des complots, des issues qui heurtèrent vivement sa raison. Pouvait-il croire en cela ? Combien d'ennemis possédaient Milena ? Et pendant toutes ces années où il ne s'étaient pas vus, qu'avaient-elle semé comme trouble sur son paassage?

Le reste, C'était arrivé très vite. Il se trouvait encore accroupit à terre quand son esprit se mit à hurler. Un éclair le frappa de l'intérieur, douloureux. Plus douloureux encore que toutes les autres visions qu'il avait pu avoir. Assaillit par les images, Lucian tomba à terre en se tenant la tête, refrénant quelques cris de souffrance. Du sang sur le sol et les murs. Des ombres. Des jets de lumières. Et les cris d'une femme perforant le silence. La dague qui s'abat encore dans une poitrine déjà écarlate de la femme qui supplie de pardonner, en vain. Le bourreau à les mains rouges et une baguette en écorce noire. Percuté par la panique, l'homme attrapa un bout de papier qui trainait et agita ses doigts pour noter chaque détail. Une ruelle perdue dans le serpentin de pavé rougeâtre. Il connaîssait cette rue. Un numero : le 12. Une heure 23h29. L'homme abat un capuchon sur son visage et sort de l'appartement devenu silencieux.
Le souffle coupé, Lucian se releva le coeur palpitant. Rapidement il jeta un coup d'oeil à l'horloge 23h22. Sans attendre davantage, le sorcier transplana dans la rue et se mit à courir à en perdre haleine, cherchant désespérément le numéro 12 ignorant les cris des badauds. Lorsqu'enfin il trouva le bon chiffre, Lucian s'engouffra dans l'appartement sans même réfléchir. Sa baguette dans sa main,  le peintre franchit le seuil du salon, retenant son souffle, priant pour qu'il ne soit pas trop tard.
Et le monde s'écroula là. Une femme  gisait dans une marre de sang, transpercée de plusieurs coups de couteau, disloquée par la violence lui ayant été faite. Il resta là, à regarder la scène et tomba à genou, détruit de ne pas pu avoir sauvé Milena et cette femme qu'il devina être cette source dont elle lui avait parlé. Ce ne fut que lorsqu'il entendit des reniflements que l'homme se raidit à nouveau et dégagea une main pour pointer sa baguette vers la source du bruit.  Un gamin se tenait là. Les yeux grands ouverts, rougit par les larmes coulant à flot sur ses joues. L'homme baissa sa baguette, interloqué. Il jeta un rapide coup d'oeil dans la pièce pour apercevoir un cadre où une jeune femme et un enfant riaient et s'amusaient sur la photographie. Il ne mit pas longtemps avant de faire le rapprochement entre le cadavre de la femme et le garçonnet qui tremblait de peur devant lui. Maman. Chuchota t-il. Maman se réveille pas.  Comment lui dire. Comment dire à cet enfant que sa mère ne sourira plus ? Lui dire qu'elle ne se réveillera pas. Comment ? Lucian se redressa et s'avança vers le garçon les yeux rivés sur le corps de sa mère. Ne regarde pas. Tenta t-il de signifier de manière maladroite en empoignant la main de l'enfant qui le repoussa aussitôt.  Maman. Je veux maman. Et il se précipita vers le cadavre de la femme pour se logé entre ses bras raidit par la mort. Destabilisé par la situation, la tristesse bloquant son coeur à la raison, Lucian ne put esquisser le moindre geste. Se contentant de regarder autour de lui comme s'il s'agissait d'un cauchemar duquel il allait se réveiller. Ses yeux se posèrent sur le jeune enfant pour y voir une détresse similaire à la sienne. Comment avait-il échappé au meurtrier ? Il n'en savait rien. Avait-il vu toute la scène ? Il n'en savait rien. Etait-il encore en danger ? Il ne savait pas. Ce qu'il savait cependant c'était qu'il y avait là un enfant qui venait de perdre une partie de son coeur ce soir, et que jamais plus il ne serait le même après cette tragédie. Les mécanismes de protection de Lucian se remirent en marche. D'un pas doux, il se déplaça jusqu’à l'enfant et lui caressa les cheveux en l'écartant doucement de celle qui fut jadis sa mère. MAMAN. NON ! MAMAN ! S'il te plait monsieur laisse moi avec maman. Son ventre se tordit de douleur à l'entente de cette supplication infantile. Pourtant, il ne renonça pas, et agrippa un peu plus le garçonnet se débattant, loin de cette image d'épouvante qui viendrait longtemps hanter ses jours, et ses nuits. C'est fini bonhomme. Ta maman est partie au ciel. Et l'enfant arrêta alors de s'agiter, conscient de ce que cela signifiait. Il pleura là, sur l'épaule de Lucian qui l’étreignit un peu plus fort contre sa poitrine et pleura avec lui. Il y avait là un gamin qui avait besoin de lui, et ce fut bien suffisant pour lui donner la volonté de se battre un peu plus fort. Je suis là. Je ne te laisse pas Bonhomme. Je te promet qu'on retrouvera ceux qui ont fait ça.


Après le drame de la mort de Milena et de l'inconnue. Lucian prit le garçon du nom de Mihaël avec lui. Ce fut probablement ce qui enclencha un tout nouveau besoin de connaître la vérité. Sur les pas des recherches de Milena, Lucian comprit que le gouvernement avait quelque chose de malsain. Quelque chose de pas clair. Et puis il y avait ceux qu'on avait écartés de la société ; ceux qu'on craignait pour leur différence. Comme lui. Ces injustices contre lesquelles Milena avaient donné sa vie. Des injustices contre lesquelles Lucian était prêt à se soulever. Pour faire enfin entendre sa voix, et toutes celles qu'on n'avait jamais écouté jusque là.
Il se positionna alors dans cette grande partie de manigances politiques. Sans peur et avec la foi d'accomplir une nouvelle foi ce qui était nécessaire de faire. Très vite, il s'émancipa du carcan rassurant que le gouvernement avait instauré autour de sa population et se mit à voir plus clair encore qu'il n'avait vu jadis grâce à ses visions. Discret aux premiers abords pour ceux qui croisaient son chemin, Lucian amenagea ses ateliers, et un hangar afin de pouvoir recevoir ceux qui avaient été qualifiés de fugitifs au yeux du gouvernement. Son nom fit le tour des sangs noirs en cavale et des revenants rejetés qui virent en lui un socle à une rébellion qui avait commencé à naître doucement sur le devant de ce spectacle gouvernemental.
Quant à Mihaël, la promesse lui étant faite n'avait pas quitté son esprit : il ferait tomber ceux qui avaient ainsi prit la vie de son amie et celle de cette mère qu'il tentait de remplacer tant bien que mal dans le coeur du garçon. Parce qu'il était devenu sa nouvelle force et qu'il n'accepterait plus jamais qu'un seul mal lui soit fait.   




❝ Beneath this Mask❞ Même si l’on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et pour ceux qui les écouteront l’énonciation de la vérité. Et la vérité c’est que quelque chose va très mal dans ce pays, n’est ce pas ?.


Dernière édition par Lucian Aslankov le Sam 17 Mar - 13:27, édité 2 fois
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Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 13:48

REBIENVENUE MON BB D'AMOUR AVEC CE PV QUE J'AIME A LA FOLIE
Tu fais comme chez toi.
(il est beau gosse omg)


say you'll still be by my side


If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.
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Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 13:51

Re bienvenue
Hâte de découvrir ce nouveau perso
Bon courage pour ta fichette


hello from the other side
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Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 14:09

Autant te dire que OH LA LA MUY CALIENTE
Bienvenue à nouveau chez toi, tu nous envoies du rêve avec tes choix de PV


❝ wild beasts wearing human skins❞ are you, are you, coming to the tree, where I told you to run so we'd both be free, strange things did happen here, no stranger would it be if we met at midnight in the hanging tree.
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Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 18:35

Comment ça craque par ici. lizzie Rebienvenue petit coeur ! Excellent choix de pv, il est vraiment génial Lucian et j'ai hâte de voir ce qu'il va devenir sous tes doigts. plzz


life has a cost, death does too
did you lose what won't return? ✻ did you love but never learn? the fire's out but still it burns, and no one cares, there's no one there, did you find it hard to breathe? did you cry so much that you could barely see? in the darkness all alone, and no one cares, there's no one there
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Statut du sang : MêléMessages : 44Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : Sofia
Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 19:06

Re-bienvenue Bonne rédaction de fiche



   
   
Beauty and pain
Quand elle m'emporte au fond de ses yeux bien trop clairs qui ont la couleur d'un Est toujours un peu à l'Ouest elle, elle dit que tout va bien
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Statut du sang : mêlé. il n'a de toute manière jamais comprit en quoi cela pouvait être une gêne.Messages : 45Date d'inscription : 23/02/2018Localisation : loin dans l'éther de ses visions
Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Ven 23 Fév - 19:16

MERCI LES CHATOOOOOOOOOOOOOOOOOOOONS ! j'espère qu'il vous plaira autant qu'il me plait **


❝ Beneath this Mask❞ Même si l’on peut substituer la matraque à la conversation, les mots conserveront leur pouvoir. Les mots sont le support de la compréhension et pour ceux qui les écouteront l’énonciation de la vérité. Et la vérité c’est que quelque chose va très mal dans ce pays, n’est ce pas ?.
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Statut du sang : PurMessages : 121Date d'inscription : 29/10/2017Localisation : Sofia
Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Sam 24 Fév - 0:09

LE PLUS BEAU
Lucian est un personnage magnifique et je sens que tu vas le sublimer (comme d'habitude quoi lizzie )
J'ai hâte de te lire (et de lui glisser Eden entre les bras )


I feel numb in this kingdom
Are you gonna hurt me now? ✻ You don't wanna break me down, you don't wanna say goodbye and you don't wanna turn around, you don't wanna make me cry but you caught me once. Maybe on the flipside I could catch you again. You caught me once. Maybe on the flipside you could catch me again
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Statut du sang : purMessages : 546Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Sofia
Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ Sam 24 Fév - 19:01

BON DEPECHE LA, CA N'AVANCE PAS. *sort*


I AM THE MONSTER YOU CREATED
Oh when you look at me like that, my darling, what did you expect? I'd probably still adore you with your hands around my neck.


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Ҩ Re: La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian Ҩ

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La dictature s'épanouit sur le terreau de l'ignorance - Lucian

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