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 Pick up the pieces left of us ▽ (MORPHALT III)

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Some men just want to watch the world burn
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Some men just want to watch the world burn

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 07/02/2016Localisation : Domovoï's Rock.
Ҩ Pick up the pieces left of us ▽ (MORPHALT III) Ҩ Dim 12 Nov - 0:40

Pick up the pieces left of us
If you can see me running up to you, you know I'd been running in circles 'round you. If you could turn the hours back in time, you know I'd been running in circles for you. We're burning out. We're burning down. We're the ashes on the ground. The light has fallen from the stars. Now we are sinking through the night. Out of sight we're falling underground. ▽ MORPHALT III


12 mai ▼

Ça lui avait fait plus mal qu'il n'avait pu l'admettre. Ce n'était pas tant d'avoir perdu un duel face à Valkyria qui lui avait le plus coûté, d'une certaine façon il était même fier de la personne qu'elle était devenue. Il l'avait forgée à son image, il avait agrandi la faille qui la déchirerait bientôt en deux. Il lui avait enseigné tout ce qu'elle savait, il avait fait d'elle tout ce qu'elle avait toujours voulu être. Mais aujourd'hui tout ça elle n'en voulait plus ; Visenya, Valkyria, la cassure de l'âme qu'elle avait vue en lui et qui s'était invitée en elle. Elle lui avait craché sa haine, hurlé que tout était de sa faute. C'était à cause de lui qu'elle s'était détraquée, qu'elle avait perdu son identité. A cause de lui qu'elle avait sombré, qu'elle n'arrivait plus à respirer. A cause de lui que sa vie entière s'était brisée. Pourquoi il était parti, elle avait demandé, pourquoi il l'avait laissée comme ça, à moitié morte dans leur salle d'entraînement. Pourquoi il lui avait laissé croire qu'il tenait à elle si c'était pour l'abandonner, s'en désintéresser si cruellement. Pourquoi il n'avait pas posé de questions, pourquoi il s'était barré comme si toutes ces années ne voulaient rien dire. Pourquoi il s'en était allé sans se retourner, ce jour-là. Pourquoi il n'était pas resté pour elle, pourquoi il ne restait jamais pour personne. C'était la violence des non-dits qui lui avait fait le plus de mal. Valkyria lui avait fait payer le prix de ses trop nombreux silences.

Alité, il repensait sans cesse à leur confrontation de la veille, à la mort qu'il avait frôlée du bout des doigts et qu'il avait évitée de justesse. Ce n'était pas passé loin, cette fois-ci. Elle le haïssait si fort Valkyria, qu'il avait cru que ce serait la fin. Et pourtant il avait réussi à la dissuader, à s'en tirer comme il s'en tirait toujours. C'était presque agaçant, cette façon qu'il avait de toujours se faufiler entre les mailles du filet. Combien de temps est-ce que ça durerait encore? Combien de temps avant qu'un autre fantôme de son passé ne revienne le hanter, l'attirer dans une tombe creusée pour lui depuis bien longtemps? Combien de temps avant que l'une des personnes qu'il avait laissée derrière lui ne le rattrape, ne s'agrippe à lui sans qu'il ne puisse lui échapper? Combien d'autres existences devrait-il briser avant de comprendre ce qu'il faisait de travers?
La silhouette d'Asphalt se découpa dans la semi-obscurité, elle s'approcha de lui, s'attendant certainement à ce qu'il lui dise qu'il n'avait pas besoin d'elle, comme il le lui avait répété depuis qu'il était rentré dans cet état. Il se trouvait déjà suffisamment misérable sans avoir besoin de voir son reflet dans le regard de la cracmolle. Elle n'avait pas le droit de le voir comme ça, vaincu, défait. Par son idiote de cousine, qui plus est. De qui pouvait-il la protéger s'il n'était même plus capable de se protéger lui-même? L'échec était tatoué partout sur sa peau exposée, meurtrie. « Va-t-en. Je ne veux pas que tu me voies comme ça. » Il appellerait Amatis d'ici quelques heures, quand il serait en état de supporter ses moqueries et ses petites piques. Et de la revoir, elle aussi, après le terrible secret qu'elle lui avait confié et avec lequel il devait apprendre à vivre. Là encore c'était sa faute, tout était toujours sa faute. « Qu'est-ce que tu fais? Je t'ai dit de me laisser, fit-il, agacé, en constatant qu'elle restait là. » Elle bougea enfin, pour son plus grand soulagement. Mais elle revint quelques minutes plus tard, toutes sortes de potions et d'onguents dans les bras. Elle s'assit sur le lit, à côté de lui, et lui administra quelques remèdes sans se soucier de ses protestations. Depuis quelques semaines, il sentait qu'Asphalt aussi lui échappait. La vraie question était de savoir s'il saurait la garder, s'il serait capable de lui dire les mots qui la feraient rester. Il ne l'avait jamais pu, avec qui que ce soit. Il avait toujours fui toutes les personnes qui comptaient pour lui, comme un lâche, effrayé à l'idée de laisser quelqu'un s'insinuer en lui. Quelque chose dans le geste impossible qu'il esquissa vers elle lui souffla qu'il serait bientôt temps de s'éloigner, mais il n'écoutait pas, préférant se voiler la face. Il se reprit juste à temps, le « merci » resta coincé au fond de sa gorge.
Il emprisonna ses prunelles dans les siennes, lui intimant de rester. Ça lui échappa d'un coup, sans qu'il ne réalise qu'il avait formulé sa pensée à voix haute. « Tu ne parles jamais de Visenya, pourtant elle fait partie de toi aussi. » C'était son histoire, sa fracture autant à elle qu'à Valkyria. « Tu n'en veux pas non plus, n'est-ce pas? »


29 mai ▼

Cela faisait deux semaines que Mateo était chez lui. Deux semaines que le Dolohov avait débarqué chez l'espagnole, fou de rage, et qu'il avait découvert l'existence de l'enfant. Deux semaines qu'il faisait payer à Eva son mensonge, l'infâme affront qu'elle lui avait fait. L'espagnole aurait dû savoir que s'il y avait bien une chose que Mordred ne pardonnait jamais à personne, c'était la trahison. Après autant d'années passées à le servir, il aurait cru qu'elle le connaissait assez pour ne pas commettre un acte aussi stupide. Non seulement elle lui avait menti sur ses origines, jugeant préférable de lui cacher qu'elle était de sang impur. Mais en plus de ça, elle s'était vautrée dans les draps de Valkyria, l'ennemie, celle qui l'avait presque tué. Peut-être même avait-elle planifié son attaque avec elle, indiquant à la Dragonstone où frapper pour viser juste. Peut-être même qu'elle l'avait espionné pour son compte, qu'elle lui mentait depuis des années sans qu'il ne s'en soit aperçu. Elle s'était jouée de lui, elle avait parié contre lui, et elle avait tout perdu. Il ne lui restait plus rien, que des regrets pour lui grignoter le coeur.

Il aurait pu tuer l'enfant, mais il ne l'avait pas fait. Quelque chose l'en avait empêché, il n'était pas certain de savoir exactement quoi. Quand il avait croisé le regard du petit garçon, il avait su qu'il serait incapable de lui faire du mal. Alors il l'avait emmené chez lui, il lui avait aménagé une petite pièce qui deviendrait sa chambre, l'enfant n'avait jamais manqué de rien, si ce n'était de sa mère. Il s'en était occupé comme s'il était le fils qu'il avait perdu, la pièce du puzzle qu'il n'avait jamais su qu'il manquait. Et pourtant c'était devenu évident au fil des jours, à quel point ça lui venait naturellement, ce qu'il fallait faire, ce qu'il fallait dire pour rassurer l'enfant. Quelque chose s'était tissé en secret, un lien sacré qu'Adonis chérissait plus qu'il n'en avait conscience. Il se laissait absorber par la présence de l'enfant, il lui consacrait bien plus de temps qu'il ne le devrait. Il se laissait dangereusement distraire de ses objectifs, sans même s'en rendre compte.

Il n'avait pas remarqué les regards noirs que lui lançait Asphalt lorsqu'elle le voyait s'occuper de l'enfant, ni la tension que son arrivée avait suscitée entre eux. Sans doute ne s'en serait-il d'ailleurs jamais rendu compte si la cracmolle ne l'avait pas forcé à le remarquer. Un soir, après qu'il soit resté à côté de Mateo jusqu'à ce qu'il s'endorme, Adonis revint dans sa propre chambre pour y trouver un lit vide. L'étrangeté de la scène le frappa de plein fouet ; Asphalt devrait être là, elle était toujours là. C'était sa place, dans la froideur de ses draps et la chaleur de ses bras. Où était-elle? Où était-elle, bon sang? Son absence le glaça de l'intérieur, il avait horreur qu'elle lui désobéisse. Elle devrait connaître son rôle par coeur, après toutes ces années.
Il fonça droit dans le salon, prêt à aller la récupérer dans le village, où qu'elle soit, il la trouverait. Mais alors il la vit, assise sur le canapé, les lumières éteintes. Sa silhouette se découpait à peine dans l'obscurité. Agacé, il se planta droit devant elle. « Je pourrais savoir ce que tu fiches ici toute seule? »


22 juin ▼

« Suis-moi, ordonna-t-il en l'entraînant par le bras. » Dans son regard s'était rallumée la flamme de l'ambition. Tout ce qu'il lui avait promis était à portée de main, il n'y avait plus qu'à savoir s'en saisir. Les défenses de Durmstrang étaient tombées, l'heure de la traque avait sonné. L'annonce avait réveillé le monstre qui sommeillait en lui, ça l'avait aspiré vers la surface et le Greengrass s'était avéré bien incapable de le repousser dans les tréfonds de son âme. Il avait soif de pouvoir, Mordred. Il allait enfin prendre sa revanche sur le monde, sur ceux qui n'avaient jamais cru en lui, sur ceux qui l'avaient rabaissé, ceux qui l'avaient rejeté, moqué, méprisé. A présent il allait reprendre tout ce qu'on lui avait arraché, tous ses rêves qu'on avait toujours sauvagement piétinés. Il allait leur donner ce qu'ils méritaient, à tous les deux. Il allait leur offrir cet avenir en lequel le destin les avait toujours empêchés de croire. Le monde allait recracher les trésors qu'il avait volés au fond de leurs yeux.
D'un pas énergique, il emmena Asphalt jusqu'à une pièce annexe au laboratoire. Une jeune fille se trouvait déjà là, attachée à une table, le regard hagard et des cicatrices partout sur le corps. La Dragonstone le considéra d'un air interrogateur, elle n'était pas certaine de comprendre. Elle hésitait, ne savait pas vraiment si c'était ce qu'elle espérait en silence. Alors il ancra son regard bleuté dans le sien, laissant ses démons à lui faire écho à ses démons à elle. « Tu vois je ne t'ai pas menti, je ne t'ai pas oubliée. » Sa voix se fit plus pressante, une expédition était prévue et ils devraient bientôt se joindre à la partie. « Je t'emmène avec moi à l'intérieur du château, on va en capturer d'autres. Tu me serais plus utile avec un peu de magie dans tes veines. » La vérité c'était qu'il mourrait d'envie de voir si ça allait fonctionner sur elle, si l'Ox allait lui apporter un peu de ce qu'elle manquait cruellement. Si ça allait la faire se sentir entière, si elle allait avoir l'impression de respirer pour la première fois. Si elle allait exister un peu par elle-même plutôt qu'à travers lui. « C'est ce que tu as toujours voulu, c'est trop tard pour reculer. » Ça allait marcher. Il fallait que ça marche. Il ne supporterait pas que tout échoue, pas maintenant, pas alors qu'il était si proche du but. Si proche de posséder enfin absolument tout ce qu'il avait toujours voulu.

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Welcome to my world of fun
If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : sang-pur, mais malheureusement incapable de faire de la magieMessages : 267Date d'inscription : 31/12/2015Localisation : à domovoï's rock, en train de comploter salement pour voler la victoire à ces gamins boutonneux
Ҩ Re: Pick up the pieces left of us ▽ (MORPHALT III) Ҩ Jeu 23 Nov - 18:09





Pick up the pieces left of us

If you can see me running up to you, you know I'd been running in circles 'round you. If you could turn the hours back in time, you know I'd been running in circles for you. We're burning out. We're burning down. We're the ashes on the ground. The light has fallen from the stars. Now we are sinking through the night. Out of sight we're falling underground






12 mai ▼

Asphalt ne l’avait pas poussé à parler. Quand il était rentré dans cet état, prêt à grimper dans la barque de Charon, elle l’avait forcé à rester du bon côté de la rive. Elle n’avait pas des mains magiques, la cracmolle, mais Mordred avait refusé qu’elle appelle qui que ce soit. Ca se voyait dans ses yeux que c’était déjà assez douloureux comme ça, assez humiliant. Dans un souffle, avant de fermer les yeux un peu trop longtemps, les dents serrées, il avait donné le nom de Valkyria, sans plus d’explications. Asphalt n’en avait pas demandé plus. Elle avait réussi à faire en sorte qu’il s’allonge sur le canapé, et rien de plus. Elle restait dans l’ombre, chassée continuellement par son amant, par le poison qui sortait de ses lèvres quand il lui hurlait de lui foutre la paix. Elle revenait, à chaque fois, doucement, pour le regarder, l’embrasser. Comme un chien à qui on jette des pierres, et qui continue de revenir vers son maître. Une putain de tragédie. « Va-t-en. Je ne veux pas que tu me voies comme ça. » Qu’est-ce qui lui traversait l’esprit, à ce moment-là ? La Dragonstone continuait de le fixer, rêvait d’ouvrir un peu plus son crâne fracassé, d’en extirper les morceaux. Elle voulait comprendre, dévorer les idées sombres, s’en repaître et en gerber d’autres, plus saines, en technicolor.

Elle était trop givrée, la cracmolle, trop sidérée, même pas en colère contre Valkyria. Quand il était arrivé, elle avait pensé à Amatis. Mais la Lestrange n’était pas la seule femme que son amant avait détruite avant de s’emparer de sa vie à elle ; il y avait Valkyria aussi. Elle préférait oublier, le ranger soigneusement sous clé dans un coin de son cervelet, le coin qui fait peur, celui qu’on ne doit jamais ouvrir. Le coffre des horreurs. Avant Amatis, Asphalt serait allée chercher la personne responsable, l’aurait déchiquetée à mains nues pour cet affront. Aujourd’hui, elle était immobile. Boule de haine glacée contre elle-même. Ne pas pouvoir s’empêcher de penser, he had it coming. « Qu'est-ce que tu fais? Je t'ai dit de me laisser » il continua, la voix rauque d’un animal blessé, et elle de partie, enfin. D’arriver à mettre un pied devant l’autre, assez pour le défier. Rien de tout cela ne lui paraissait naturel, la paralysie, l’incapacité d’aller foutre une lame dans les poumons de la responsable, le fait d’aller à l’encontre des ordres de Mordred. Pourtant, une vérité s’insinuait, de plus en plus douloureusement dans ses veines. S’il voulait qu’elle lui obéisse encore, il allait falloir qu’il le mérite un peu plus que ça.

Lorsqu’elle retourna auprès de lui, quelques minutes plus tard, les bras chargés de fioles et d’onguents, il ne la chassa pas. Avait-il enfin réussi à comprendre qu’elle ne partirait pas, qu’importe le nombre de fois où il la pousserait dehors ? Asphalt tremblait un peu. Même avec ses soins, Mordred aurait rapidement besoin d’une aide médicale magique. There was only so much she could do. Ca faisait mal, ça aussi, d’être profondément inadéquate, jamais suffisante. Le silence s’installa, le temps qu’elle débouche ses fioles une à une, qu’elle évalue les plaies les plus urgentes. Mordred ne laissait rien transparaître. Pourtant, elle le sentait plus calme ; résigné. « Tu ne parles jamais de Visenya, pourtant elle fait partie de toi aussi. » Asphalt ne leva pas les yeux, refusait de laisser transparaître quoi que ce soit, elle aussi. Ils n’en parlaient pas, des Dragonstone, la cracmolle avait tiré un trait depuis longtemps. « Tu n'en veux pas non plus, n'est-ce pas? » Asphalt choisit de s’occuper de la plaie à l’abdomen en premier, la coupure était effrayante, sujet à infection. Si elle voulait de Visenya ? Elle avait été Visenya. L’originale, la première, avant qu’elle ne devienne un idéal, un concept. Les Dragonstone avait écarté une petite fille pour faire naître une idée. Il y avait bien longtemps qu’elle avait arrêté d’y correspondre. « Ils ne voulaient pas de moi, alors pourquoi devrais-je ? » Sa voix était rauque, expéditive. Elle n’aimait pas en parler ; c’était peut-être l’équivalent des blessures de Mordred, elle ne voulait pas qu’il voit cette partie d’elle, plus maintenant. Elle avait trop peur qu’il se souvienne pourquoi sa famille avait considéré qu’elle était dispensable, et qu’il décide de se trouver sa propre incarnation de Visenya. Une version améliorée, une Asphalt 2.0 plus belle, plus forte. Un peu plus magique. « Visenya est un mirage, un fantasme. Je suis la dure réalité. Ca ne va pas ensemble. » termina-t-elle, en avalant sa salive un peu trop vite.

Elle aurait voulu lui demander, pourquoi elle. Pourquoi il la tolérait encore ici, alors qu’elle était plus débris, fêlures et rêves calcinés qu’elle n’était guerrière, puissante et cœur ouvert. Elle aurait demandé, si elle n’avait pas si peur de la réponse.



29 mai ▼


Une étrangère. Un fantôme. Un courant d’air. Asphalt n’était rien de plus, depuis deux semaines, depuis qu’il avait ramené l’enfant. Elle ne comprenait pas. Elle aurait compris s’il avait choisi de s’en débarrasser, de faire du chantage, de le menacer. C’étaient là les ingrédients parfaits d’une vengeance, et Eva méritait le châtiment. Néanmoins, rien ne criait moins « punition » que de nourrir, choyer et blanchir le fils de la Némésis. Mordred n’avait d’yeux que pour lui. Longtemps, Asphalt avait été son secret, la chose que personne ne comprenait, qui n’appartenait qu’à eux. Aujourd’hui, elle était la babysitter, celle dont on pouvait disposer librement. Dolohov avait toujours tout obtenu d’elle, mais il ne lui avait jamais rien imposé qu’elle n’avait pas eu envie de faire, pas vraiment. Jusque maintenant. Les choses empiraient, le ressentiment s’infiltrait en elle, sous sa peau, au fond de ses yeux. Elle avait mal et il ne s’en souciait pas. Il ne le remarquait même pas. Pour la première fois depuis longtemps, Asphalt avait l’impression que personne ne la voyait. Personne. Elle en aurait crevé. C’était ridicule, d’être jalouse d’un enfant. Mais c’était bien plus que cela.

Cette nuit-là, Asphalt n’alla pas attendre Mordred dans leur lit. Il était encore avec Mateo, après tout, elle ne savait pas à quelle heure il la rejoindrait, la prendrait sans la regarder, puis passerait la nuit à se relever, comme d’habitude. Quelque chose changeait, prenait le pas sur elle, gagnait du terrain en faisant la guerre à sa dévotion, un regard manqué à la fois. Quelques heures plus tard, Asphalt entendit ses pas lourds et rapides se diriger vers le salon. Elle sentit la furie émaner de lui avant même qu’il n’ouvre la bouche. La pénombre dissimulait quelque peu ses yeux, soigneusement fixés sur la toile devant elle. Il se planta devant, inflexible. « Je pourrais savoir ce que tu fiches ici toute seule? » Asphalt ne déporta pas son regard ; elle allait à travers lui. La cracmolle savait qu’il lui ferait payer, qu’elle jouait à un jeu dangereux, mais au fond, n’avait-elle pas déjà perdu un bout de ce qu’elle avait avec lui au profit du gamin et de sa traîtresse de mère ? Neutre, ferme, Asphalt s’efforça de ne pas trembler. « Je suis surprise que tu aies remarqué mon absence. Tu ne sembles pas t’encombrer de savoir où je suis, ces derniers temps. » Jamais elle ne lui a tenu tête comme ça, jamais. Elle lâchait prise, regardait son empire s’écrouler, comme elle avait regardé la vie s’effriter lentement dans les yeux de cette Vainqueur l’autre jour, au laboratoire.

Elle revoyait l’éclair, l’explosion de magie, la vague les mettre presque tous à terre. Elle la revoyait elle, puissante et reine, prête à déchaîner tout son pouvoir sur Mordred. Elle se revoyait aussi, les cordes vocales brisées d’avoir trop hurlé, la lame qui plonge encore et encore, l’essence carmin qui coule le long de sa manche tandis qu’elle plante inlassablement sa dague dans le cœur de la sorcière, dans son ventre, dans son cou, partout où elle peut l’atteindre. Elle ne pouvait pas perdre Mordred, alors elle a perdu autre chose. Une petite partie d’elle-même, sacrifiée sur l’autel de sa dévotion. Asphalt en avait fait des cauchemars, à s’en arracher les cheveux, à ne plus pouvoir bouger, terrifiée par le visage fantomatique de la Vainqueur qui revenait lui rendre visite, la nuit. Au moment où elle avait eu le plus besoin de lui, Mordred lui avait préféré l’enfant. Cela ne justifierait pas l’affront qu’elle était en train de lui faire. Mais c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour ne pas aller étranger le petit dans son sommeil pour récupérer ce qui lui appartenait.



22 juin ▼

Son palpitant battait comme une souris affolée, une souris de laboratoire. « Suis-moi » avait ordonné Mordred, implacable, sans trop lui demander si elle était prête. Elle doutait trop, n’osait pas supposer. Elle avait entendu les bruits, les rumeurs, mais elle avait aussi appris de ses erreurs. Peut-être qu’une partie d’elle trouvait tout cela trop soudain, alors qu’elle s’y était préparée toute sa vie. Asphalt resta silencieuse, sage, avant la confirmation de Mordred. Rester à sa place, ne pas espérer trop vite ; ça fait moins mal quand il s’arrache. La Vainqueur est sur la table, dans une pièce trop blanche à côté du laboratoire. La Dragonstone lève les yeux vers Mordred, vers toute sa destinée qui s’accomplit. « Tu vois je ne t'ai pas menti, je ne t'ai pas oubliée. Je t'emmène avec moi à l'intérieur du château, on va en capturer d'autres. Tu me serais plus utile avec un peu de magie dans tes veines. » C’était le moment, c’était ce qu’elle avait toujours attendu. Elle ne resterait pas tranquillement dans la tente tandis que les autres allaient au combat. Mordred avait besoin d’elle à l’intérieur du château ; besoin d’elle, dans ce sens-là. Il ne l’avait pas dit avec ces mots là mais elle choisissait d’y croire. Elle choisissait de ne pas traîner des pieds alors qu’elle avait plus peur aujourd’hui que jamais. Mordred le voulait encore plus qu’elle ; il avait ce fantasme, cette idée précise de où était leur place, et l’image était tellement belle qu’Asphalt l’avait fait sienne. Elle était tombée amoureuse de cette version d’elle-même rêvée, magique et combattante, régale aux côtés de son amant. Ils allaient tout reprendre, leur faire regretter. Alors pourquoi faisait-elle tant d’efforts pour ne pas trembler ? « C'est ce que tu as toujours voulu, c'est trop tard pour reculer. » Et si ça ne marchait pas ? Si ses veines à elle rejetaient toute forme de magie ? Si c’était une catastrophe ? Finalement, Asphalt comprit pourquoi elle avait si peur, alors que son unique souhait était sur le point de devenir réalité.

L’échec mettrait fin à tout. Mordred et elle, surtout Mordred, avaient placé tous leurs espoirs dans ce moment précis, le moment où enfin, Asphalt prendrait sa revanche sur la vie, sur l’ordre de l’univers. Le moment où elle deviendrait enfin digne de lui. Et si ça foirait ? Si tout cela avait été vain, le Dolohov la laisserait il enfin, en voyant qu’il avait parié sur le mauvais dragon de course ? Asphalt refusait de se laisser paralyser. En serrant les poings, elle décida de céder à l’évidence qui s’incrustait dans chaque parcelle de sa peau ; elle décida de lui faire confiance. « Tout va changer. Ca va aller. » assura t-elle, grimpant sur le fauteuil à côté de la Vainqueur, laissant Mordred attacher les fils aux aiguilles, et les aiguilles à son corps. Il saurait faire, il avait été le premier à se porter volontaire. Elle lui arrêta la main, rien qu’un instant. Plongea son regard dans le sien. Elle ne lui dirait pas qu’elle avait peur. Ne demanderait pas à ce qu’il lui tienne la main pendant que le sang magique affluerait dans ses veines. Mais elle voulait qu’il la regarde. Le Dolohov savait bien tout ce que cela voulait dire pour elle. « Je suis prête. » Asphalt se força à détourner le regard, s’affaira à regarder le sang dans le tuyau. C’était donc ça qui allait changer sa vie ? Bring it on.





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