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 Your golden day has turned to night ♠ Halosya

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Statut du sang : PurMessages : 197Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Your golden day has turned to night ♠ Halosya Ҩ Ven 8 Sep - 1:25

Elle entre en scène comme voltigeuse usée qui ne sait plus où poser les pieds pour ne pas perdre l’équilibre. Égarée sur le fil qui la maintien en vie, à peine, Asya s’agrippe aux sentiments qui lui tournent autour de la tête. Des oiseaux noirs soucieux de la voir sombrer pour bon, des sensations dont elle sera enfin exempte lorsqu'elle s’abandonnera au vide de la destruction, celui qu’elle a tant chéri par le passé. Avant Deirdre. Avant Lilith. Ce nom lui perfore le cœur encore une fois alors la louve elle presse la pas et le fond lui paraît encore plus flou. Une heure. Une heure et ses crocs se tromperont de cible. Parce que c’est Lilith qu’elle aurait du mordre, pas son époux. Pour embellir une vie –quelle drôle d’idée- pas pour en casser une. Elle est bien placée Asya, pour savoir quel genre de poison elle s’apprête à offrir, les tourments de la vie de lycan elle ne connaît que trop, alors quelque part dans le creux de sa tête il y a cette petite voix qui lui hurle de renoncer mais ça ne couvre pas les rires gelés de celle qui se délecte par avance de voir cet homme écoper de la même peine que la sienne. Pour la vie prisonnier au fond de lui-même.

Il est là, elle le reconnaîtrait entre mille et c’est étrange, un peu, il la fait vaciller comme un quelqu’un qui lui aurait coupé le cœur pour le plonger dans la mer, et maintenant l’eau salée en déferlante n’en fini plus de brûler la plaie béante. Elle s’approche Asya, pas à pas, tout doucement puis en courant. Elle peint la panique feinte sur ses trait, si bien, si bien, que le fil sur lequel elle est perchée menace de se briser sous le poids des mensonges venu la recouvrir, mais tant pis, c’est pas si grave du moment qu’il chute avec elle, alors elle se plante devant lui, presque trop secouée pour jouer correctement la petite pièce qu'elle a élaborée. S’il la connaissait vraiment, peut-être qu’il pourrait lire là tout le faux qui transcende ses pas.  « Toi… » Yeux qui papillonnent, visage défait. Perles au bord des yeux qu’elle n’a presque pas besoin de simuler.  « Lilith… » Elle balbutie, comme une gamine malgré ses trente-deux ans et ça a l’air de fonctionner, elle la voit l’inquiétude qui envahit les yeux de l’autre. Elle y jette les siens et ça lui tort presque un peu l’âme parce qu’il n’a pas l’air si mauvais qu’elle se l’était figuré. Un peu comme Deirdre. Il faudrait qu’on lui explique pourquoi tous ceux qu’elle décide de mordre semblent baignés de la même bonté. Est-ce que ça fait d’elle la méchante de l’histoire ? Le monstre sur lequel on a peur de tomber ? Est-ce que c’est plus grave que de torturer à mort des  hommes à l’âme souillée ?  « Elle est blessée » Elle prononce des mensonges courts, comme si ça pouvait rendre les choses plus simples, avec la voix qui s’étrangle au fond de la gorge. Dans ce contexte, c’est plutôt approprié.  « Viens. »  Il y a bien trop de désespoir dans sa voix pour qu’on ne la suive pas.

****
Les couloirs se dessinent en ombres coupantes.
Elle aimerait s’y déchirer.
Et oublier.
Aucune faiblesse.
La voix elle est là. Elle ne l'abandonne pas.
Aucune faiblesse.
Une formule magique glissée sous le bûcher.
Aucune faiblesse.
Et dire qu'avant tout ça, ça fonctionnait.
Asya elle n’hésitait jamais.

****
La porte claque.  « Elle est là bas » Toujours cette voix qui tremble et ne lui ressemble pas. Tandis que l’homme se dirige vers le tas de chiffon qu’elle a enchanté pour maladroitement leur faire prendre forme humaine, Asya verrouille la porte d’un coup de baguette, et alors qu’il lève les yeux vers elle, semblant comprendre, vaguement, elle prononce un peu trop vite   « Expelliarmus». Il est prit au dépourvu et ça fonctionne alors elle se penche et ramasse la dernière arme du sorcier. Elle a longtemps hésité à la lui laisser, de peur de le tuer, mais au fond mort ou vivant ça ne change pas grand-chose, le vide de la vengeance sera le même, assez puissant pour enfin la libérer de cette faiblesse que l’amour l'a contrainte à porter.

La lune ne va plus tarder. Silhouette qui se dessine. Lentement. « Ça ne sera plus très long » Elle a l’air si calme Asya, salement sereine. Pourtant il y a ses yeux qui hurlent pardon. Le fil va se briser pour de bon.


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Statut du sang : PurMessages : 74Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ Re: Your golden day has turned to night ♠ Halosya Ҩ Mar 26 Sep - 18:06

Il regardait à la fenêtre, les yeux fixés sur les ombres des feux au dehors.

Face à lui, le parc de Durmstrang s’étendait, et un peu plus loin, les silhouettes des maisons de Domovoï. Il connaissait ces endroits par coeur, pour avoir arpenté ces couloirs pendant dix ans ; il n’en avait pas découvert tous les secrets, mais pour Cendre et lui, cela avait été un jeu continuel, de partir à la poursuite des trésors cachés. Eux aussi étaient partis à la poursuite de l’Ox étant adolescents, leur premier échec, et le seul. Il se souvenait de ces cavalcades dans les couloirs, de l’éclat de rire de la jeune fille qui résonnait à ses oreilles comme la plus incroyable des musiques. Il se souvenait de leurs longues marches au dehors, de leurs escapades dans la forêt noire. Des week-ends à Domovoï, au milieu de la population maudite qui accueillait avec soin les étudiants de l’école. Il se souvenait de tout cela, de toutes ces belles années qu’il avait laissé filer.Sa mémoire le rappelait à lui, et lui faisait momentanément oublier la douleur, la peur, et tout ce qu’ils avaient ressenti en arrivant sur les lieux. La séparation, difficile, devenant insupportable au fil des mois. Le poids de sa solitude. En six mois, il ne fut plus capable de ressentir la moindre joie, même dans un endroit qu’il avait pourtant chéri jusqu’aux dernières limites.

Avec un soupir, il tira lentement sur sa cigarette. Lilith était partie faire une ronde avec les autres ; ils avaient sécurisé cette partie du couloir et c’était un groupe restreint qui prenait soin des quelques pauvres créatures qu’ils avaient trouvé dans le château. Ils avaient perdu leur couverture, mais cela n’avait que peu d’importance ; ils restaient cachés, et lorsqu’Irina viendrait à lui, ils se dévoileraient au grand jour. Leur mission, la dernière, se poursuivrait comme ils l’avaient prévu. Il recracha la fumée, lentement. Ensuite, ils s’en iraient. Ils oublieraient tout cela, ils oublieraient les visages, les voix. Ils ne feraient plus qu’un de nouveau, et c’était encore la seule chose à laquelle il se raccrochait, désespérément.

Mais ce n’était pas terminé, loin de là. Alors qu’il oubliait l’absence de Cendre par de longues secondes à rêver de ce futur sans nuages, ce furent quelques pas précipités qui lui firent jeter rapidement sa cigarette, et se retourner. Elle. Elle. Cette étrange fille, cette louve qui les avait suivis même après leur défection. Il la fixa, sur ses gardes ; elle était dangereuse, et il n’avait absolument pas confiance en elle. Quelque chose brillait dans ses yeux lorsqu’elle le regardait. Quelque chose qui le glaçait. Une haine inexplicable. ça brûlait, dans ses iris sombres. Pourtant lorsqu’il la fixa, ce ne fut pas ce qu’il vit. Mais une angoisse, sourde, qui le figea de part en part. Une peur qu’il sentit grandir à son tour quand elle l’invectiva. «  Toi… » Elle avait les larmes aux yeux, les mains tremblantes. Sans comprendre, il fit un pas en avant. Et il n’eut pas le temps d’en faire un second lorsqu’elle leva la tête, et que sa voix balbutiante murmura un nom qui lui fit immédiatement tirer sa baguette de sa poche. «  Lilith… » ça le prit aux tripes, soudain, la terreur, celle de la perdre de nouveau, celle de ne pas arriver à temps. La perdre, c’était comme se tuer lui même. Alors, la bouche entrouverte par l’angoisse qui lui déchira la poitrine, il demanda à son tour. “Où est-elle ? Que s’est-il passé ?” Où était sa femme ? Que savait-elle ? Et la phrase suivante le fit avancer jusqu’à elle pour atteindre sa hauteur. « Elle est blessée » “Emmène moi.” Peu importait la confiance à cet instant, il s’en moquait bien. Il s’agissait de Lilith ; et ce fut cela qui signa sa perte. L’amour démesuré qu’il éprouvait pour elle, et qui lui faisait perdre toute prudence lorsqu’il la croyait en danger. «  Viens. »  

***

Il l’avait suivie, longeant les couloirs, courant presque, la baguette à la main sans dire le moindre mot. Que s’était-il passé, pourquoi ? Il l’ignorait, et pour l’heure il s’en moquait. La voir d’abord, il poserait les questions ensuite ; et plus jamais il n’accepterait d’être séparé d’elle, même pour une simple patrouille. Pourquoi l’avait-il laissée partir, bon sang ? L’angoisse lui broyait les reins. Et alors qu’il entrait dans la pièce désignée, avisant la masse de draps cachant le corps de son épouse, il en oublia les règles élémentaires de la survie et de la méfiance. Jamais il n’aurait dû faire cela.

 «  Elle est là bas » La nuit tombait doucement sur le château, il avait peine à la distinguer dans la pénombre. Illuminant sa baguette pour aviser la silhouette étendue au fond de la pièce, ce fut cependant le bruit du verrou qui lui fit enfin prendre conscience du danger. Ses yeux se posèrent sur la masse informe de draps, comprenant enfin la supercherie. Lilith n’était pas là. Elle n’avait jamais été là, et elle allait sans doute très bien. Cette fille ne lui aurait jamais fait le moindre mal, c’était au moins la seule chose qu’il savait à son sujet. Il leva la main, baguette brandie ; trop tard, beaucoup trop tard. « Expelliarmus». La baguette lui sauta des mains, et il écarquilla les yeux. Cette adversaire était plus forte que lui au corps à corps. Bien plus fort. Et son regard allant à la fenêtre… Elle venait simplement de lui tendre un piège.

«  Ça ne sera plus très long » Toute trace de peur disparue, seulement là, face à lui, le menaçant de sa baguette. La lueur de haine était revenue ; et une autre, impossible à déchiffrer. “Pourquoi.” Pourquoi lui ? Pourquoi l’avait-elle attiré dans un piège alors qu’elle aurait pu le tuer, lui et Cendre, dans leur sommeil ? Pourquoi ce subterfuge, et surtout… “Dis-moi que tu n’as rien fait à Lilith.” Finalement, c’était la seule chose qui importait. Elle attendait la pleine lune pour décharger sa rage sur lui ; si sa femme s’en tirait sans rien subir, alors il accepterait le châtiment. Il avait été stupide. Stupide et imprudent. “Tu n’es pas obligée de faire ça. Personne ne t’y oblige.” Elle pouvait choisir de les aider. Elle pouvait encore changer d’avis et de destin. Si seulement elle renonçait à cette folie. Son regard doux la frôla ; il n’éprouvait aucune haine envers elle. Elle avait pris soin de Cendre en son absence, elle avait été là lorsque lui n’en avait pas été capable. Il y avait encore un espoir.



   
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Statut du sang : PurMessages : 197Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: Your golden day has turned to night ♠ Halosya Ҩ Dim 22 Oct - 1:31

Elle aurait tant voulu qu’il soit différent. Pouvoir déceler dans ses yeux des filaments de mépris, de colère ou de haine, n’importe quoi susceptible de lui prouver qu’elle ne s’apprêtait pas à commettre l’erreur de sa vie, à briser une existence par pure folie.
Il demeurait pourtant là à l’écraser de sa sérénité. Avait-il la moindre idée de ce qui allait lui arriver ? "Pourquoi." Elle en avait assez des pourquoi Asya, de toutes ces questions stupides auxquelles elle ne pouvait pas apporter de réponse. Parce que la cohérence avait déserté son existence le jour où les crocs d’un loup-garou avaient transpercé sa peau. Un mauvais homme perché sur son chemin au temps où son cœur à elle était encore trop pur. Les gens n’imaginaient que rarement à quel point un seul choix irraisonné pouvait les contraindre à passer leur vie au bord de l’Enfer, qu’il ne suffisait pas de pleurer, de supplier, de s’incliner. Que l’horreur demeurait là, éternelle, envahissante, installant sa lourde silhouette dans chaque recoin, chaque bonheur accordé par le Ciel. Que tout pouvait finir par être tâché, constamment.

Elle avait cru que Lilith était de ces bonheurs que même sa malédiction ne pourrait pas lui arracher. Mais elle savait au fond, elle percevait à travers ses illusions que tout finirait par s’effondrer. Depuis la première fois qu’elle avait aperçu le visage de cet homme sur l’un des sublimes dessins de l’irlandaise. "Dis-moi que tu n’as rien fait à Lilith." La rage s’étalait lentement, grossière mais presque électrifiante. Asya percevait son âme se déliter, son cœur se verrouiller et pourtant, en entendant ce nom, elle ne pu s’empêcher de cracher, perdant son calme « Je ne l’aurais jamais touchée. Jamais. » S’approchant avec la souplesse d’un fauve, la louve laissa son regard agripper celui de sa future victime mais s’en détacha dans l’instant, incapable de ne pas se laisser submerger par la foule de questions et d’émotions qui y défilaient. Il cherchait à comprendre, à la comprendre. Menaçait d’y parvenir. "Tu n’es pas obligée de faire ça. Personne ne t’y oblige." Mais comment pouvait-il être si calme ? Comment pouvait-il ignorer à quel point ça ferait mal ? Asya ne se souvenait que trop des lendemains qui avaient suivis la morsure de Deirdre, la culpabilité dévorante lorsqu’elle la voyait pleurer, souffrir, se détacher d’elle-même progressivement. Ca avait prit du temps mais elle était parvenue à réparer la gamine, à lui apprendre à faire de cette nouvelle particularité un atout. Elle l’avait soignée de son amour, suffoquée jusqu’à ce qu’elle soit à nouveau capable de respirer par elle-même. Chut Asya. Efface-là.La bête ne manquait jamais à l’appel, haïssant la gamine du plus profond de son cœur, pour toute la faiblesse qu’elle avait apporté, pour tout le pouvoir dont elle disposait sur Asya, pour cette façon dont elle l’avait poussée à changer. Un peu comme Lilith. Et soudain, Asya comprit. Comprit pourquoi cet homme affrontait son destin presque sereinement. Son épouse ne l’abandonnerait jamais. Quoi que la louve lui arrache, Lilith demeurerait à ses côté. Elle le sentait dans les yeux de l’homme, cette dévotion qui surpasse tout, sans failles, sans tâches, trop pure pour ne pas l’écœurer.
Parce qu’Asya, elle crevait de jalousie.

Il aurait presque pu l’amadouer, lui faire croire qu’une autre alternative se présentait. Qu’elle pourrait trouver le bonheur et la sérénité sans lui arracher la sienne. Alors la haine reprit le dessus, lentement, tissant sa toile pour l’y enfermer encore un peu plus fort. Elle évitait toujours ses yeux, tout en s’approchant. Son visage ne laissait deviner aucune émotios, alors sans doute que l’époux de Lilith cru un instant en sa reddition. Arrivée à sa hauteur, elle marqua un arrêt, une brêve hésitation.
Avant de frapper.
Isolée au fond d’elle-même elle contempla l’homme désarmé se plier en deux, s’agenouiller. Se plaçant à sa hauteur, elle attrapa son visage, acceptant enfin de croiser son regard à la recherche de traces de haine qui se seraient perdues dans les diamants de ses yeux.
Rien.
Juste cette incompréhension profonde.
Le reflet du monstre qu’elle redevenait.
« Tu ne pourras plus sauver ta peau. Ne crois pas que j’aurai la faiblesse de t’épargner. » Elle aurait voulu lui fournir l’explication qu’il méritait mais au fond la louve se sentait bien incapable de la formuler. C’était trop subtil, trop personnel. Trop injuste, même si elle ne pouvait se résoudre à l’admettre, préférant trouver une légitimation hasardeuse à l’acte immonde qu’elle allait bientôt perpétrer. Alors il pourrait bien essayer d’aiguiser sa pitié, ça ne fonctionnerait pas. Plus jamais elle ne laisserait quelqu’un la traiter comme l’ombre qu’elle était devenue. Asya renaîtrait de ses cendres, en miette sous son armure cabossée mais plus forte que jamais.
Pardon, pardon, pardon, pardon.


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Statut du sang : PurMessages : 74Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ Re: Your golden day has turned to night ♠ Halosya Ҩ Jeu 9 Nov - 13:07

Il y avait une énigme impossible à résoudre, dans le regard sombre de cette étrange femme.

Qui était-elle, et pourquoi voulait-elle s’en prendre à lui en particulier ? Il n’en savait rien, et alors qu’elle le toisait, n’osant croiser son regard, il chercha désespérément ce qu’il avait pu dire ou faire compromettant ainsi le reste de sa vie. Elle lui avait tendu un piège avec une efficacité redoutable, profitant sans vergogne de son besoin de savoir Cendre en sécurité pour le confondre, le perdre. Ses yeux clairs allaient jusqu’à elle, inquiets. Pas pour lui, et c’était la cruelle ironie de la chose. Il savait ce qui allait lui arriver, et pourtant, c’était encore vers sa femme que ses pensées s’envolaient, chargées d’angoisse. Il croisa un regard furieux ; ce calme factice dont elle faisait preuve s’évapora soudain lorsque le nom de Lilith fut mentionné. « Je ne l’aurais jamais touchée. Jamais. » Il écarquilla les yeux. Que s’était-il passé entre elles sur l’île pour que sa dévotion se manifeste de façon aussi forte ? Il l’observa s’approcher, comme un chat près d’une souris, certaine de sa victoire, persuadée du bien fondé de son action. Cette fille était un mystère, un nuage de brume épais qu’il n’arrivait pas à traverser. S’il avait au moins compris ses motivations, sans doute aurait-il pu lui permettre de revenir en arrière. Mais Halo n’avait plus la force. Les mois passés entre les murs froids du château avaient limé son calme, sa patience, sa réflexion. Il n’était plus qu’une boule de nerfs tendue et épuisée qui attendait simplement que ça s’arrête. Que tout s’arrête.

Elle fuyait son regard. Il y avait encore une chance, s’il parvenait à la raisonner, s’il arrivait à la sortir de cette spirale de violence dans laquelle elle s’était enfermée. Cette inconnue prenait soin de Lilith, et il ne savait pas pourquoi. Il cherchait la vérité dans son regard, dans les crispations de son visage, le léger tremblement de ses mains sur sa baguette magique et ses yeux qui se tournaient vers la fenêtre pour attendre l’heure funeste du lever de la lune, scellant son destin. Il s’était comporté comme un imbécile. Il l’avait suivie comme un aveugle, il s’était laissé désarmer comme un débutant, et elle le tenait à sa merci. Il savait qu’au combat au corps à corps, il ne serait jamais capable de la vaincre. Immobile, raidi sur ses deux jambes, il savait que son calme était encore la dernière arme qu’il ait face à elle.

Elle s’arrêta à sa hauteur, les pupilles impassibles. Un instant, il crut qu’elle allait changer d’avis, qu’elle lui expliquerait pourquoi elle avait décidé de le piéger, lui. C’était à peine s’il lui avait adressé quelques mots depuis qu’elle les avait rejoint ; il s’en méfiait, parce qu’il l’avait senti, le poids de son regard sur lui et cette haine corrosive qu’il avait vu brûler dans ses yeux. Il avait pensé se tromper. Il s’était imaginé qu’elle le détestait pour ce qu’il représentait, un traitre, un homme au camp différent du sien. Mais Lilith était exactement dans la même posture, alors pourquoi étais-ce à lui, qu’elle avait décidé de s’attaquer ? Il pensa qu’elle lui donnerait les réponses. Mais elle n’en fit rien.

Il ne le vit pas venir non plus, le coup de poing qu’elle lui envoya droit dans le plexus. La force du choc lui coupa le souffle. Les yeux écarquillés, il s’effondra à genoux, avec une grimace de douleur, cherchant de l’air, les bras refermés autour de son ventre. Merde.

Elle cueillit son visage d’une main presque trop douce, le forçant à relever la tête. Il croisa un regard sombre qu’il soutint, des questions plein les pupilles. Il était même incapable de la haïr. Comment détester quelqu’un dont les actions étaient totalement incompréhensibles ? « Tu ne pourras plus sauver ta peau. Ne crois pas que j’aurai la faiblesse de t’épargner. » Fronçant les sourcils, il tenta de se redresser. Mais le coup était trop bien placé, elle savait exactement où et comment frapper. Cette fille était beaucoup trop bien entrainée. Il n’avait aucune chance. Il n’aurait jamais dû tomber dans ce piège. Gagner du temps. La convaincre d’arrêter. De faire demi-tour. “Alors quoi. Tu vas me tuer ? Tu sais qu’elle ne te le pardonnera jamais.” Il l’observa, presque paisible. La mort, ce n’était vraiment pas ce qui lui faisait le plus peur. “Alors pourquoi le faire quand même ? Pourquoi prendre ce risque ?” Une étincelle s’alluma dans le regard de la jeune femme. Parce que s'il y avait une toute petite chance de l'avoir rien que pour elle, elle n'hésiterait pas une seule seconde. Et soudain, tout fit sens. Je ne l’aurais jamais touchée. Jamais.Tu l’aimes. C’est ça ?” Il avait prononcé cette phrase comme la cruelle évidence, et soudain, ce fut une compassion intense qui brilla dans son regard clair. Lilith ne l’aimerait jamais. Elle devait sans doute le savoir. Si Halo devait être certain d’une chose dans sa vie, c’était qu’Asya ne survivrait pas si elle le tuait. Cendre le vengerait, peu importait qu’elle l’aimât ou non. Il savait leur lien indéfectible, indesctructible. Et la louve le savait aussi. Pourtant, elle croyait encore à une solution. Qu’aurait-il fait à sa place pour prendre le coeur de son épouse ? La même chose qu’elle, assurément. “Je suis désolé.” Empathique, il laissa un voile de mélancolie recouvrir la douceur de ses yeux. Il était désolé pour elle. Vraiment désolé.

Je suis désolé. Elle ne t’appartiendra jamais.



   
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Ҩ Re: Your golden day has turned to night ♠ Halosya Ҩ Mar 5 Déc - 22:19

Caresser le bord du précipite, y plonger, contempler le sol se rapprocher sans être en mesure de détourner les yeux. Elle sait Asya, que dès demain tout aura changé trop profondément pour être réparé, qu’un morceau de son âme l'aura à nouveau abandonné. Plus rien, juste le vide, comme avant. Parce qu’il y a quelque chose qui grince en elle, des plaques de métal figées entre ses os qui empêchent la bonne connexion entre sa logique et ses émotions, qui crissent sous la peau. Pourtant ça ne fera jamais si mal que d’être repoussée. “Alors quoi. Tu vas me tuer ? Tu sais qu’elle ne te le pardonnera jamais.” Oui elle le sait. Viscéralement. Et elle l’aura bien mérité. C’est le but, au fond, peut-être. Une fois qu’elle aura perdu son âme, sa propre vie ne vaudra plus grand-chose. Elle n’a jamais valu grand-chose de toute façon. Rien de plus que la somme de ses erreurs qui l’écrase chaque jour un peu plus fort, qui l’empêche d’y voir clair, de respirer. “Alors pourquoi le faire quand même ? Pourquoi prendre ce risque ?” Il est trop paisible son regard quand il prononce ces mots, enveloppé par l’assurance que lui confère l’amour éternel de Lilith. Ce bien que même elle ne pourra jamais lui arracher. Quand sa main lâche la mâchoire de l’homme, il y a comme un éclair de lucidité qui soudain transperce les prunelles bleues. “Tu l’aimes. C’est ça ?” Et la pitié dans son regard, brûlante, humiliante, le souffle qui se coupe, le mouvement de violence qu’elle amorce, qui se fige en un instant. Sûrement qu’il peut voir sa peau pâlir à mesure que les couleurs de son âme s’échappent, il n’y a plus que du rouge dans ses yeux pourtant il déserte ses joues beaucoup trop vite, à lui donner le sentiment de vaciller, de perdre pied. T’es devenue si faible Asya. Prisonnière d’une chambre blanche dont tu as égaré la clef, ça t’aveugle toute cette lumière qu’on essaye de te faire émettre, ça ne fonctionne pas. Tu l’aimes. C’est ça ? Tu l’aimes ? Dis Asya tu l’aimes ? Non. Elle voudrait le hurler, lui mentir si fort qu’il finirait par la croire, qu’elle finirait par y croire. Ou bien arracher ce visage qui représente tout ce qu’elle ne possédera jamais. Jamais, jamais, jamais, jamais Asya. " Je suis désolé" Ferme-la. Par pitié ferme-la, tais-toi, disparais, barre-toi. Qu’est-ce que tu es devenue Asya ? Faible au point qu’un inconnu ait su voir, lire, comprendre en quelques mots quel type de mal te dévorait. Pathétique jusqu’au bout des griffes et pourtant tu t’acharnes à vouloir les laisser le déchirer.

Elle le fixe, encore, encore, à vouloir agripper son visage, le disloquer, le disséquer, comprendre, comprendre, ce qu’il peut bien avoir de plus qu’elle cet homme à l’air trop bon pour être fort ; comme la mauvaise incarnation de cette perfection qui irrite la louve au plus haut point. Mais ça s'adoucit soudain, lentement elle retrouve son calme Asya, se laisse envahir par le sérénité que lui procure la sensation de tenir une vie entre ses mains. La promesse de voir le sang couler, ça a toujours eu le foutu don de l’apaiser. Froide, si froide, elle se reprend, trop digne, trop paisible, femme aux mille visage, trop changeante pour qu’il ne saisisse pas à quel point elle est ravagée même quand elle simule la normalité. « Elle a été la seule à vraiment croire en mon humanité, ça ne s’oublie pas. » Pas de souffrance dans sa voix, juste une neutralité qu’elle parvient à maîtriser sans trop savoir comment. Son regard se pose sur l’homme et soudain elle se demande pourquoi elle ne l’a pas assommé dès le départ, pourquoi elle n’a pas trouvé un moyen de provoquer son inconscience comme elle l’a fait il y a trois ans avec Deirdre. C’est déroutant de regarder dans les yeux un homme à qui on s’apprête à tout arracher, Asya, elle oscille, elle hésite, ne saisit pas tout à fait comment il faudrait se comporter. « Tu me détesteras après ça. Plus que tout au monde. » Elle a besoin de le préciser, de l’ajouter. Besoin de se rassurer, de se dire qu’il la haïra bientôt de toute façon, libéré de ses airs si conciliants. Qu’il finira par réagir comme n’importe quelle âme le ferait. Elle contemple la lune Asya, cette ennemie qui tarde à se montrer, avale sa salive, remballe le peu d'émotion qui la secoue encore. « Tu connaîtras la solitude. La vraie. Celle que les gens comme toi n’ont même jamais osé imaginer. Puis le rejet, la haine même si elle te semble aujourd’hui étrangère. Ils te haïront, tu les haïras, tu me haïras. Constamment, jusqu’à me voir tomber et même encore après. » On pourrait presque voir comme ses mains tremblent alors elle se contente de les cacher derrière son dos. Comme elle se sent stupide après avoir prononcé ces mots. Elle se dévoile trop Asya, c’est pas comme ça qu’elle se retrouvera. Pourtant, à mesure qu’elle voit la nuit tomber, l’instant se rapprocher, elle ne peut s’empêcher de le prendre en pitié. Parce qu’elle sait, parce qu’elle comprend. « C’est moi qui suis désolée. Réellement. » Mais elle n’a plus le choix, plus vraiment. Juste bonne à regretter le temps où tuer lui paraissait si simple que ça ne risquait pas de perforer son âme, de la casser encore un peu plus fort.


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