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 Get me through these sleepless nights || Kaylena

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : MêléMessages : 81Date d'inscription : 22/07/2017Localisation : Domovoï's rock
Ҩ Get me through these sleepless nights || Kaylena Ҩ Ven 11 Aoû - 22:22

RP KLEENEX




Kayla  & Athena

Le titre du RP ici



Noms des personnages : Kayla & Athena
Statut du personnage kleenex : Inventé par Hope/Ludwig
Hors chronologie [ ] Dans la chronologie [ X ]
Epoque du RP : 1996




Ca fait un moment qu'elle est dans cet état, maintenant. Pas inconsciente, mais pas consciente pour autant. Elle est allée beaucoup trop loin, la dernière fois. Elle n'avait pas la force, pas l'énergie, mais elle a essayé quand même d'entrer dans sa tête. Jamais elle ne s'était jetée aussi fort contre le Mur pour le faire flancher. Il a résisté. Elle non.
Probablement qu'elle a failli mourir. Elle s'en serait même pas rendue compte, à peu de choses près. Elle ne réalise plus grand chose, c'est comme si son cerveau était en veille. Elle ne réagit pas, ne semble pas entendre, pas voir. La plupart du temps, de toute façon, elle dort. Alors, puisqu'ils ne voulaient pas la perdre pour de bon – elle leur est plus utile vivante que morte, même si elle n'a toujours pas collaboré –, ils ont bien été obligés de prendre un peu soin d'elle. La garder en vie.
Quand elle reprend pour de bon contact avec la réalité, elle ne sait même pas combien d'heures, combien de jours plus tard, elle comprend un peu brutalement qu'elle est beaucoup moins en sécurité comme ça. 
Ludwig est là. Forcément. Ils échangent quelques mots ; le cynisme est lourd, elle n'a pas la force, pas envie. Il est mécontent, l'occlumens ; elle l'a fichu dans une sale situation avec son coup d'éclat la dernière fois. Elle ne peut pas s'empêcher de se foutre de lui, C'est bien tout ce qui lui reste. Elle n'est pas sûre d'être très contente d'être ressortie en vie de ce petit voyage au plus profond de sa propre tête. De toute façon, elle est fatiguée, elle se retourne vers le mur pour dormir encore un peu – le plus longtemps possible, elle espère.

Elle est encore trop faible pour qu'ils puissent prendre le risque de la perdre à nouveau en ne lui donnant pas à manger ; alors ils la nourrissent, un peu. Assez pour qu'elle ne meure pas mais assez peu pour qu'elle ait faim. C'est pas grave, c'est pas insupportable. Son geôlier s'est enfermé dans le silence depuis qu'elle s'est réveillée ; un silence tellement morbide qu'il commence doucement à la grignoter. Elle perd pied, elle parle toute seule pour ne rien dire, juste pour que ça comble le vide, juste pour faire du bruit.
Elle a froid, souvent, faim aussi, de plus en plus. Elle fait exprès d'avoir l'air de dormir beaucoup, de ne pas parler du tout, même si elle ne sait pas trop si Ludwig est dupe. En tout cas il lui apporte à manger, c'est tout ce qu'elle cherche à obtenir. Ca et quelques mots mais il ne démord pas et elle sait bien que ça ne risque pas de changer. Ca ne l'empêche pas d'essayer ; elle le provoque, elle a même recommencé à se fracasser contre son Mur. Ca l'épuise, elle se repose. Quand elle rêve il y a du bruit, c'est presque encore un peu vivant.
Et puis un matin, il apporte Kayla avec lui. Elle le remarque avant même de les voir arriver en bas de l'escalier ; aujourd'hui, elle entend quelque chose, elle sent une présence, alors que quand il est seul, c'est comme s'il n'y avait rien. Ca envoie son myocarde cogner partout dans sa poitrine tellement le murmure de pensées qu'elle entend la rend fébrile. Enfin. Enfin quelque chose.

Elle se lève en s'aidant des barreaux, s'y accroche un peu pour garder son équilibre. Alors seulement elle réalise qu'elle ne s'est pas tenue debout depuis des jours, peut-être même des semaines. Elle n'a aucune idée de combien de temps elle est restée dans cet état second. Peu importe. Au final peut-être qu'il ne vaut mieux pas qu'elle sache depuis combien de temps elle est dans cette prison. Ni combien de temps elle va encore y rester.
La vélane et son bourreau arrivent ; Athena se tietn là, elle ignore tout à fait Ludwig et porte aussitôt son regard sur Kayla. Comment ça s'est passé, pour elle, après l'incident de la dernière fois ? Est-ce qu'elle a eu des problèmes à cause d'elle ? Un peu cyniquement, elle se dit que même si c'est le cas, ils ne valent sûrement pas les problèmes que elle, elle a eus à cause de la vélane. Mais bon, elle ne lui avait rien demandé, après tout. Ni de s'interposer la première fois, ni de ne pas la trahir. Elle s'attend sûrement à ce qu'elle crache le morceau d'un instant à l'autre, hein ? Mais non. Non elle tient bon, elle tiendra encore. De toute façon ils ne peuvent la forcer à rien à moins de mettre sa vie en danger, et ils n'ont pas très envie de la tuer pour autant. Ce jeu peut durer longtemps.

Kayla ne la regarde pas, elle regarde Ludwig et elle, ça la rend dingue. Elle ronge son frein en attendant de croiser son regard et elle se demande pourquoi c'est vers lui qu'elle se tourne, pourquoi elle ne la regarde pas elle, elle qui est là parce qu'elle a voulu l'aider, elle qui tient bon depuis des jours. Pourquoi elle ne lui fait pas confiance ? Elle sait pourquoi, évidemment, elle est en vie seulement pour la trahir elle et trahir les autres aussi mais pourtant elle s'accroche et elle n'a rien balancé. Alors elle pourrait au moins faire face et la regarder ; c'est pas elle l'ennemie.
Le vide à l'intérieur d'elle la bouffe doucement, elle s'en rend compte ; elle ne supporte pas d'être seule, totalement, depuis qu'elle a pris l'habitude de se remplir des autres à chaque instant. Leurs pensées, leuenirs. Ca fait partie d'elle, et sans les autres, elle a du mal à voir ce qui lui reste exactement. Elle a besoin. Le le silence la rend folle, complètement. Elle s'invente des voix pour remplir le vide, elle force même parfois la conversation avec Ludwig, lequel ne marche pas vraiment dans ses histoires. Il l'a prévenue, pourtant ; J'espère que tu aimes le silence.
Ca fait trop longtemps qu'elle attend, ça fait trop longtemps qu'elle a mal. « Eh ! » elle lance en cognant contre les barreaux pour lui faire tourner la tête vers elle.

L'avidité de son regard trahit l'absence qu'elle veut remplir ; c'est la preuve qu'elle n'a pas encore renoncé. Qu'elle croit encore qu'il y a quelque chose qui l'attend, de l'autre côté de ces barreaux. C'est Kayla qui le lui apporte, cet espoir, d'une certaine façon, même si elle ne le fait pas exprès. Elle a besoin de ces présences dans son esprit autant qu'elle a besoin de nourriture dans son corps. Elle ne fait même pas exprès, à peine croise-t-elle ses prunelles qu'elle s'est jetée dans son esprit comme on prendrait une inspiration après une apnée trop longue.

Le regard trouble, elle laisse le bruit la remplir avec un soulagement qu'elle n'essaie même pas de masquer, même si elle ne comprend pas tout ce qu'elle entend, même si elle ne regarde pas les images ; elle respire, elle respire et elle reprend un peu de force, un peu de substance. Elle a moins l'impression d'être sur le point de s'effacer d'une seconde à l'autre, comme ça, dans un souffle. Rapidement, la vélane regarde à nouveau Ludwig et Athena elle revient brutalement dans sa propre tête, mais c'est pas grave, elle a eu ce qu'elle voulait, même si elle a un peu l'impression de l'avoir volé. Elle a appuyé son front contre les barreaux et elle se sent même sourire légèrement, soulagée. Mais ça ne dure que deux secondes, à peine ; son estomac se serre. C'était pas assez. Et Ludwig est encore là, à lui réclamer ce qu'elle ne lui donnera jamais ; alors elle lui parle, elle lui dit de lâcher l'affaire, que ça sert à rien. Il répond à peine à ses provocations et il part s'enterrer dans son coin. Tant pis pour lui.

Quand il s'éloigne, Kayla se tourne vers elle ; son expression a changé, elle est déterminée. Son regard devait être farouche, avant ; elle reconnaît ce qu'elle a vu le jour de leur capture. La lassitude a presque tout emporté. « J'ai besoin d'entrer dans ton esprit. » Elle fait, pas très fort, alors qu'elle est déjà en train de rôder près de la frontière, là où elle entend distinctement le murmure de ses pensées. Elle n'en peut plus d'avoir peur, elle sait que ça va se terminer maintenant alors elle prie pour que ça se passe vite. Athena elle voudrait lui dire de pas s'inquiéter, que ça va aller, mais elle sait pas trop comment lui dire et elle se doute que sentir déjà sa présence ne la met pas vraiment en confiance. Elle fait pas exprès, elle voudrait attendre l'autorisation maintenant mais elle n'a pas la force de se tenir loin. C'est aussi essentiel que l'oxygène pour elle. Ici dans le silence, elle ne peut que se remplir de poussière et ça ne peut pas la garder en vie.

Soutenir le regard envoûtant de la vélane sans se précipiter dans son esprit est une véritable épreuve de volonté. Mais elle tient le coup, elle se fait violence. Pas envie de briser le peu de confiance qu'elle a peut-être gagnée en ne balançant pas tout ce qu'elle a vu la première fois. « Si j'avais dû parler je l'aurais fait depuis longtemps, tu sais. Je suis pas ton ennemie. »


The silence scares me 'cause it screams the truth
You hold it in your hands and let it flow, this cruelty of youth as you fall again, alone, in the compromise of truth. It's in the eyes, I can tell you will always be danger. We had it tonight, why do we always seek absolution?


Dernière édition par Athena Walkowska le Lun 11 Sep - 19:15, édité 1 fois
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Ҩ Re: Get me through these sleepless nights || Kaylena Ҩ Dim 10 Sep - 20:51



get me through these sleepless nights




Le froid s'était immiscé en elle petit à petit, il avait doucement gagné son coeur qui s'était mis à grelotter dans sa cage thoracique. Elle avait l'impression que ses organes pourrissaient derrière ses côtes, comme si l'humidité des murs s'était infiltrée sous sa peau. A l'intérieur d'elle, il n'y avait plus que de la rouille. Elle avait mal partout et surtout dans sa tête, à cause des doses de potion anti-vélane qu'on lui forçait à avaler et qui la paralysaient jour après jour. On la privait de son pouvoir, de son unique avantage. Ils savaient les ravages que la furie pouvait occasionner alors ils l'avaient muselée, emprisonnée à l'intérieur d'une enveloppe charnelle qui commençait à l'étouffer dans un silence uniquement brisé par ses cris de rage. La bête était toujours là pourtant, Kayla pouvait encore la sentir. Elle avait faim, elle avait besoin de sortir et de déchirer, de déchiqueter ces hommes qui avaient osé lui manquer de respect. Elle avait besoin de déployer ses ailes qu'ils avaient essayé de lui arracher, d'enfoncer ses plumes couvertes de suie dans le fond de leur gorge jusqu'à ce qu'ils crèvent d’asphyxie.
Mais dans son ventre le monstre n'avait presque plus la force de gronder. Elle n'abandonnait pas, Kayla ; elle s'était jurée de se sortir de là, elle avait bien compris qu'il se passait un truc plutôt exceptionnel, un truc qui n'arrivait pas souvent dans leur business à la con. Ils avaient l'intention de profiter d'elle et de cette légilimens qu'ils avaient capturée en même temps qu'elle, tandis qu'elle avait la ferme intention de tirer profit de la situation également. Les esprits s'échauffaient, elle le voyait bien. Elle pouvait sentir l'atmosphère changer subtilement tout autour d'elle, la fatigue tirait de plus en plus les traits de Ludwig et elle avait remarqué qu'il ne sortait plus beaucoup de cet enfer, lui non plus. En son for intérieur, elle caressait l'espoir qu'il réalise la torture qu'il leur faisait subir et qu'il décide de les libérer pour se libérer lui-même. Mais ce jour miséricordieux n'était pas encore prêt d'arriver. Elle n'abandonnait pas, mais parfois c'était pas facile de ne pas abandonner.

Lorsque le jeune homme descendit dans la cave et s'approcha de sa cage, la vélane se redressa douloureusement. Il avait le regard dur, déterminé. Elle sut immédiatement ce qui l'attendait, bien qu'elle ne fut pas certaine d'avoir envie de croiser à nouveau le regard perçant de la légilimens. On ne lui laissa pas le choix, Ludwig la saisit par le bras, sans trop forcer, et l'emmena dans la pièce où il gardait Athena prisonnière. Ça se voyait qu'il ne l'aimait pas beaucoup, cette fille-là. Kayla l'apercevait souvent revenir de la pièce l'air excédé, parfois il lui décrochait quelques mots en passant, mais elle voyait son regard s'assombrir de jour en jour. Il lui avait dit que ce n'était pas son rôle, de la surveiller ; alors elle lui avait timidement demandé ce que c'était, son rôle, et il n'avait pas vraiment répondu. Il s'était contenté de rétorquer qu'il était le fils de Strugatsky, qu'il valait mieux que ça. Elle, elle savait ce qui le dérangeait, elle savait qu'ici bas tout se payait et c'était chacun pour soi. Les autres profitaient de son isolement pour gagner des points tandis qu'il était coincé avec une fichue vélane et une légilimens invivable, alors franchement, elle avait un peu de peine pour lui aussi. Ironique, n'est-ce pas?
Elle était comme ça Kayla depuis qu'elle était ici, elle absorbait la peine des autres, éponge qui se gonflait de larmes sans trouver la force de les reverser. Elle gardait son chagrin bien enfui sous ses paupières, et puis elle accueillait celui des autres aussi, celui des autres filles ; elle recevait et conservait tout, de la frustration de Ludwig, à la colère des gardes, en passant par le profond désespoir ancré dans les âmes de chacune des prisonnières. C'était comme ça, elle n'y pouvait rien. Elle n'y changerait rien, elle avait bien fini par le comprendre. Ça l'avait rendue un peu plus égoïste à force d'espérer s'en tirer, même si elle devait s'échapper toute seule et abandonner toutes les autres derrière elle. Elle se disait qu'elle n'hésiterait probablement pas, personne n'hésiterait à sa place non plus si l'occasion se présentait de se barrer loin d'ici. Loin de ce royaume maudit où il faisait toujours nuit.

Il n'y avait pas beaucoup de place pour la lumière, chez Strugatsky. C'était ce qu'elle se disait en entrant dans la pièce où Athena était gardée. C'est vrai, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne, la vélane n'avait jamais vu un endroit qui possédait si peu de fenêtre. Ou bien était-ce simplement dû au fait que les cages se situaient au sous-sol, ou sous une carapace épaisse de protections magiques? Elle y pensait souvent, au manque de fenêtres. Elle n'aurait jamais cru qu'un détail si peu important en temps normal pourrait la heurter de plein fouet à ce point-là. Ça lui manquait. Si elle se tirait de ce taudis, elle passerait toutes ses journées dehors, à l'air libre. Et plus tard, elle achèterait une grande maison avec plein de fenêtres. Des fenêtres partout, qui donneraient sur le paysage extérieur. Des arbres et des fleurs. Elle aimerait bien vivre près d'un bois. Une forêt c'était plus compliqué, parce qu'elle aimait bien aussi le bourdonnement des grandes villes. Mais peut-être qu'après Strugatsky, ça aurait changé, après tout. Ou alors au contraire, elle ne supporterait plus le silence et elle voudrait que sa maison ait vue sur une grande allée avec beaucoup de passages. Pour que le bruit de la ville la berce avant de s'endormir et qu'elle se réveille au son des travailleurs qui partiraient au bureau tôt le matin. Et elle se tiendrait devant la baie vitrée, une tasse de thé à la main, emmitouflée dans le pull-over que sa grand-mère lui avait tricoté pour Noël l'année dernière - qu'est-ce qu'elle avait horreur de ce pull d'ailleurs, mais plus maintenant, non, à présent la douceur de la laine lui manquait, et puis il avait une odeur particulière aussi, celle du cocon familial, celle des soirées au coin du feu et des hivers mille fois plus chauds qu'ici - oui, elle se tiendrait là et elle regarderait les passants dans la rue en s'imaginant leurs histoires. Elle aurait un mari auprès d'elle et peut-être même quelques enfants, elle ne savait pas trop. Mais pour le mari ça c'était certain, elle devait se fiancer bientôt, normalement. un bon parti de ce qu'on lui en avait dit, en tout cas c'était clair qu'il avait assez d'argent pour lui construire une grande maison avec une immense baie vitrée dans le salon. Et plein d'autres fenêtres aussi. Ne pas oublier les fenêtres. Partout. Au moins quatre dans chaque pièce. Et elle ferait en sorte d'orienter sa maison de façon à ce que le soleil la fasse baigner dans ses rayons de l'aube au crépuscule. Il ne restait plus qu'à choisir alors. La campagne ou la ville? Une maison ou un grand appartement? Oh, elle aurait tout le temps d'y réfléchir de toutes façons. C'était pas vraiment urgent.

Ludwig et Athena échangèrent quelques mots. Elle, elle s'était retournée pour fixer le jeune homme, en quête d'un petit quelque chose qui lui souffle quoi faire. Elle ne savait pas trop ce qui devait se passer, juste que l'autre fille allait la trahir et que Ludwig allait être obligé de balancer les informations obtenues à son boss. Ils allaient la trahir tous les deux, en fait. Mais c'était pas très grave, elle s'était faite à cette idée. Au fond ça lui crevait juste le coeur pour sa famille, mais pour son sort à elle c'était pas la mer à boire. Ça serait un soulagement, même. Une putain de fin à cette histoire qui virait au tragique. Elle commençait à trouver ça long, elle aurait tout donné pour que les pages se tournent plus vite et qu'on arrive déjà au bout du livre.
Elle tourna enfin le visage vers la légilimens, accrochant brutalement son regard au sien comme si elle l'incitait à s'insinuer dans ses pensées. Qu'on en finisse, vite. Qu'elle la trahisse, qu'elle arrête de faire semblant. Qu'elle arrête de faire comme si elle pouvait tenir encore longtemps. Athena était au bord du gouffre elle aussi. « J'ai besoin d'entrer dans ton esprit. » Elle suppliait d'une voix claire, qui se mit à résonner en elle comme un cri strident. Elle était déjà là, dans sa tête. Elle pouvait la sentir. « Si j'avais dû parler je l'aurais fait depuis longtemps, tu sais. Je suis pas ton ennemie. » Et au fond Kayla ne trouva pas de raison concrète d'en douter, après tout cette inconnue avait trop sacrifié pour elle sans aucune raison valable. Ça dépassait tout entendement, à ce stade. Elle avait du mal à la comprendre, à déterminer pourquoi est-ce qu'elle s'attachait autant à la sauver alors qu'il n'y avait plus d'espoir ; c'était sans issue, ce cauchemar éveillé. « Je comprends pas, dit-elle. » Et peut-être qu'il était temps que ça change, peut-être qu'il était temps de lui poser enfin les bonnes questions, celles qui lui brûlaient les lèvres depuis le début. « Tu es ici à cause de moi, tu devrais me détester. Tu devrais parler. » Mais elle ne l'avait pas encore fait, comme elle venait de le lui rappeler. « Ça n'a aucun sens, on ne se connait même pas. Tu dois être un peu cinglée pour sacrifier autant pour protéger une inconnue. » Mais elle ne détourna pas le regard, elle la laissait fouiller à la recherche de ce qu'elle savait qu'elle avait besoin de trouver. Pas un nom, pas les informations qu'on lui avait demandé de dénicher. Non, c'était autre chose dont elle avait besoin. Une fenêtre. Un peu de lumière. Le soleil qui se reflétait sur la baie vitrée de sa future très très grande maison. Et le bruit du feu qui crépitait dans la cheminée.


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Ҩ Re: Get me through these sleepless nights || Kaylena Ҩ Lun 11 Sep - 23:13

Elle a peur, ça se voit et Athena n'a même pas besoin d'entrer pour de bon dans son esprit pour s'en apercevoir. Quoi de plus normal ? Est-ce qu'elle n'a pas peur, elle-aussi, après tout ? Elle n'est pas trop sure, elle n'a pas l'impression de ressentir grand chose, ici. Ou, peut-être que si, sous l'épaisse couche de poussière qui la recouvre, comme tout en est recouvert dans ce foutu sous-sol. Et puis, elle a sûrement plus de sang-froid que la vélane. Elle est probablement moins en danger ; après tout, seul Ludwig entre dans cette pièce et il n'a pas fait semblant de vouloir s'approcher d'elle pour l'instant. Ce n'est sûrement pas le cas des autres gardes dans la cellule de la jeune femme. Jeune, oui, elle réalise seulement. Elle est trop jolie et trop désirable pour que ça se remarque directement mais là, dans ce contexte, c'est différent. Elle ne doit pas avoir vingt ans, ou pas beaucoup plus. Ca la fait frémir. Elle ne peut pas avoir les armes pour lutter ici toute seule. D'ailleurs même la Walkowska elle ne les a pas ; personne ne peut gérer ça, évidemment. Elle peut juste se défendre un peu plus, elle est un peu plus vieille, peut-être un peu plus résistante. Endurcie, aussi. Ses années en RDA sont une défense autant qu'un enfer revenu de son passé. L'avantage, c'est qu'elle ne risque plus d'en rêver et de se réveiller en sursaut dans tous ses états. La réalité est devenue pire que ses cauchemars.

C’est probablement aussi le cas de la vélane. Au milieu du cauchemar on ne s’attend plus à tomber sur autre chose qu’un autre danger ou qu’un autre ennemi. C’est chacun pour soi ici, même elle elle l’a bien compris alors qu’elle n’a pas vu grand monde. Les geôliers aussi le savent bien, sinon ils ne s’appliqueraient pas à persuader chacune de leur prisonnière qu’elle est toute seule dans son enfer et qu’elle ne peut compter sur personne pour la faire sortir d’ici. Mais elles, elles sont deux. Elles peuvent être ensemble contre les autres et ça peut les sauver, elle en est sure. Elle en est sure.

« Je comprends pas. » Elle sait, ça se voit, ça s’entend aussi, même sans entrer dans sa tête. Elles ont toutes les deux vu ce que les hommes sont capables de faire de pire. Croiser un peu de lumière, même faible, dans cet endroit, c’est tellement surprenant qu’on croit d’abord à un mirage. Ca lui rappelle un peu Agnes, les questions qu’elle lui a posées quand les cours ont commencé. Avant d’accepter son aide elle a eu besoin de comprendre pourquoi elle la lui proposait. L’habitude du pire se prend vite et il n’en faut pas beaucoup pour que ça tourne en méfiance constante. Mais elle entend que la petite réfléchit, qu’elle ne se laisse pas paralyser par la peur et par le raccourci trop évident de la considérer comme son ennemie sans se poser de question. Parce qu’effectivement, elle n’a aucune raison de douter de ses intentions. Peut-être qu’elle a aussi désespérément besoin de lui faire confiance. De pas être seule dans son cauchemar.

« Tu es ici à cause de moi, tu devrais me détester. Tu devrais parler. » Est-ce qu’elle devrait ? Non elle ne devrait pas, ce qui est anormal ce n’est pas de ne être trahie, c’est de s’en étonner. Elle a toujours connu l’humanité comme ça, Athena aussi, elle a grandi dans un monde où il fallait se méfier de tout le monde mais où on lui a expliqué que c’est pas comme ça que ça devrait être, qu’avant c’était différent. Son père était un idéaliste, presque un utopiste. Il a pas caché la réalité à ses filles, il leur a montré comment c’était et il leur a montré la différence avec ce que ça devait être. Elle, elle y a mis les nuances qui manquaient à Henryk. Elle n’a pas laissé sa famille mourir de faim sous prétexte que son moyen de gagner de l’argent était totalement malhonnête. Brusquement, elle se demande si cette prison n’est pas pour elle ce que le Mur de Berlin a été à son père. Il a préféré mourir en essayant de le passer plutôt que de subir la dictature et de vivre comme un animal un seul mois de plus. Elle préfère mourir sans avoir trahi personne plutôt que vivre le reste de sa vie normalement en sachant pertinemment qu’elle doit sa liberté à la destruction de toute une famille. Alors que de toute façon ils ne la laisseront pas sortir même si elle balance Kayla. Au final elle n’a pas grand chose à perdre.

« Ça n'a aucun sens, on ne se connait même pas. Tu dois être un peu cinglée pour sacrifier autant pour protéger une inconnue. » Un sourire un triste étire douloureusement ses lèvres avant qu’elle réponde « Sous prétexte que je te connais pas, je devrais livrer toute ta famille à ces gens là et pour quoi ? Une cellule plus grande ? » elle ricane, du même rire sale que tout à l’heure, comme si elle avait de la poussière plein les poumons. « Quoi que je sois en train de sacrifier pour te protéger, c’est moins que ce que je perdrais si je te trahissais. » Après tout, ses valeurs, c’est bien tout ce qui lui reste au fond de ce trou. Peut-être bien qu’elles ne survivront pas, mais pour l’instant elles sont là.
Elle soutient son regard, Kayla, elle ne bronche pas. La legilimens commence à se dire que c’est sûrement une façon de lui dire qu’elle peut aller chercher ce qu’elle veut dans sa tête, mais elle ne se précipite pas. Avant, elle veut la laisser comprendre. « Et puis si je leur dis ce qu’ils veulent savoir, ils te vendent et ils me gardent. Entre nous j’ai pas super envie de moisir ici toute seule. » elle ne sait pas exactement où elle trouve la force de plaisanter mais ça a l’air de marcher ; elle s’autorise même un clin d’oeil. Faire comme si elle n’était pas en train de construire un radeau de brindilles sur une mer de lave.

Puisque la vélane n’a toujours pas détourné la tête, elle la prévient d’un regard, et puis elle se projette dans son esprit le plus lentement possible, elle essaie de se faire une place discrète dans un coin, là où elle peut voir et entendre sans trop se faire remarquer. Mais très vite, elle change ses plans. La lumière l’aveugle presque. Cette baie vitrée est immense, elle n’a jamais rien vu de pareil, alors elle s’approche doucement et elle regarde dehors, le vent qui agite les branches des arbres et le ciel, immense, à perte de vue. Comment elle fait pour rêver ici ? Elle elle a l’impression que son esprit s’écrase contre le plafond dès qu’elle essaie de s’évader. Elle avait oublié la couleur du monde, ou en tout cas elle se la rappelait différemment.
Elle est soufflée, interloquée. Emerveillée. Elle se retourne pour regarder autour d’elle et elle aperçoit la jeune Kayla recroquevillée dans un fauteuil immense au coin du feu de cheminée, avec une couverture sur les épaules. Il fait nuit, elle remarque, alors que l’instant d’avant le soleil brillait par la fenêtre. La pièce dans laquelle elles se trouvent est immense, la hauteur du plafond digne d’un château. Mais elle sent que ce refuge est très différent du palais de la Belle au Bois Dormant. Elle s’approche, en oubliant presque que ce n’est pas réel, et elle remarque l’énorme pull que porte la vélane sous le plaid. Il est immonde, mais elle sent la douceur sur sa peau aussi, et elle sourit, comme ça.

« J’adore ton pull. » elle fait, à voix haute. Comme si c’était normal de faire cette remarque, comme si elles n’étaient pas enfermées dans une prison souterraine au milieu de nulle part mais qu’elles étaient juste en train de parler shopping et tricots de grand-mères. « Par contre le fauteuil serait mieux en taupe. Et il faudrait rajouter un canapé. C'est un peu vide. »


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