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 This is War. [Halina]

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Statut du sang : PurMessages : 74Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ This is War. [Halina] Ҩ Jeu 1 Juin - 16:09

C’était un cauchemar dans lequel il avait été fait prisonnier contre son gré.

Marchant comme un Inferi dans les couloirs du château, Gabriel Whelan regardait le sol. Ses yeux froids, inertes, se posaient sur la pierre froide sans vraiment la voir. Cet environnement, auparavant si familier, avait des allures de cimetière. Ou de no man’s land avant la tempête. Quelle importance  Cela n’en avait aucune. Il marchait sans vraiment savoir ce qu’il faisait, les repères perdus. Halo avait toujours été un homme de raison ; chaque chose avait une logique, une justification. Aucun de ses actes n’était jamais laissé au hasard, rien de ce qu’il faisait était dénué de sens. Sa vie avait été régie, milimétrée, prévue. Ou quasiment. Dans cette fresque qu’il avait peinte de couleurs froides, elle s’était imbriquée dès le départ, pour perturber l’équilibre stable et sur du petit garçon qu’il était à l’époque. Elle avait modifié tous ses repères pour en créer de nouveau. Dès lors, il n’avait plus jamais vécu que pour son image ; mais que restait-il de tout cela maintenant ? Que restait-il de toutes ces heures passées avec elle, à se jurer le monde entier ? Il soupira, épuisé. Il n’avait pas dormi depuis l’incident; Il avait évolué comme un fantôme, perdu entre le chagrin et la rage, traversant des périodes de désespoir où il était convaincu que Lilith était morte ; que sa Cendre ne reviendrait jamais, qu’elle l’avait abandonné. Puis d’autres moments, de fureur, durant lesquels il se jurait de retrouver le responsable pour lui faire la peau. Il tuerait celui ou celle qui lui avait fait du mal, là bas sur le rocher ; et, songeait-il, c’était sa seule raison de rester en vie.

Dans sa détresse, il en avait même oublié les raisons de son retour à Durmstrang. Cela n’avait aucun sens. Pourquoi faire encore tous ces efforts ? Pour sauver des vies ? Qu’en avait-il à faire, finalement, des autres, quand la seule vie qui comptait pour lui lui avait filé entre les doigts, là, sous ses yeux ? Pourquoi faire encore des efforts ? Il en avait fait toute sa vie. Depuis l’enfance, il avait suivi un rêve et un seul ; celui d’arriver à la place qu’il occupait à cet instant. Devenir un homme de l’ombre, invisible mais indispensable. Il avait prié avec ferveur tous les dieux existant pour qu’on lui accorde cela. Mais le prix était trop lourd à payer. En suivant cette voie, il avait fini par perdre sa nouvelle raison d’exister. Lilith. Lilith avait disparu. Il avait l’impression d’avoir été privé d’une moitié de lui même. On lui avait arraché la seule chose qui comptait vraiment pour lui. Il n’était plus qu’un homme au désir de vengeance, brûlant. Il n’était plus qu’une ombre, qui ne suivait aucun pas et qui avait perdu sa simple raison d’être présent dans ce monde. Il tuerait le responsable de cette tragédie. Ensuite, il se tuerait aussi. Il irait simplement la rejoindre. Car même si Halo tentait de s’accrocher de toutes ses forces à l’idée que son épouse était vivante, quelque part, une partie de lui même n’y croyait déjà plus. Il était déjà perdu.

Et puis quelque part dans son esprit, sa raison s’était animée. Durant ces longues heures de silence où ses pensées noires avaient invoqué la simple idée de partir, de tout quitter sans regrets, il avait quand même eu la force de se poser les bonnes questions. Qu’aurait-elle fait ? Aurait-elle abandonné cette mission, si c’était lui qui avait disparu sous ses yeux ? Il avait revu la souffrance dans ses yeux sombres lorsqu’elle avait évoqué quelles atrocités les assaillants faisaient subir aux malheureux porteurs de l’Ox. Et il avait su que jamais elle ne les aurait abandonné. Elle avait toujours été la plus altruiste, la plus humaine des deux. C’était toujours elle qui parlait en premier. Elle était capable de se fondre dans n’importe quel environnement. Avec un sourire amer, il songea que d’eux deux, c’était elle et elle seule qui méritait le mieux ce poste.

Alors il s’était mis en chemin, la mort dans l’âme, en sachant ce qui lui restait à faire. S’il y avait une mince chance de les sauver, c’était lui qui la tenait entre ses mains. Et il ne pouvait se résoudre à ne rien en faire. Alors il était parti en chasse ; cherchant à éviter ses pensées troubles, se concentrant uniquement sur la mission qui lui avait été confiée. Il avait surveillé les rondes des résistants, habilement dissimulé, durant la journée qui avait précédé l’incident. Sans trop y croire. Mais en le faisant tout de même.

C’était le moment. Tapi dans un recoin du couloir, il tira sa baguette de sa poche, les sens aux aguets. Sa cible serait forcément accompagnée ; par les temps qui couraient, les résistants ne sortaient jamais que par deux pour éviter les mauvaises rencontres. C’était un jeu de patience ; et il en avait beaucoup. II en avait toujours eu plus qu’elle. Cette pensée crispa sa main contre le bois de sa baguette. Le cygne avait chanté, cette nuit là, avant de partir. Perdre sa compagne, équivalait à mourir.

Lorsqu’enfin des éclats de voix retentirent dans l’angle du couloir, il se redressa, les sourcils froncés. Gabriel Whelan était prêt. Ce n’était pas la première fois qu’il tendait des embuscades de ce genre ; mais auparavant, il était toujours accompagné. Seul sans elle, il se sentait insipide, mauvais. Ils n’étaient jamais aussi forts que lorsqu’ils étaient ensemble. Seuls, ils perdaient une partie d’eux même. Cela ne l’empêcha pas de jaillir du couloir lorsque la silhouette d’Irina Droskaïa s’y découpa, accompagnée d’un autre jeune sorcier ; aucun des deux n’eut le temps de dégainer lorsqu’un Stupéfix informulé vint frapper la poitrine du garçon, qui s’effondra lourdement sur le sol, les bras le long du corps. Aucun mal ne serait fait à personne. Ce n’était pas le but. Sortant de l’ombre, la baguette brandie, Halo fit face à la jeune fille, qui tendait à son tour son arme, la pointant droit sur lui.

“Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, Miss Droskaïa.”
Sa voix résonna entre les pierres alors qu’il avançait d’un pas. S’immobilisant enfin, il fronça les sourcils. Il se doutait qu’elle avait compris que la menace était un peu trop grande pour elle. Il était entrainé. C’était son métier. Il ne serait cependant pas assez fou pour baisser son arme devant elle. Cette fille avait des allures de chat sauvage. “Votre compagnon n’a rien. J’avais besoin de vous parler seul à seul.” Comme si elle allait le croire. Ils se connaissaient, bien sûr ; Halo avait pris sa couverture en connaissance de cause. Elle était son seul contact avec l’homme qui l’employait.  Et si elle était aussi méfiante que son père… “Je sais que rien ne joue en ma faveur pour obtenir votre confiance, mais il va falloir me croire. “ Il contrerait un sort si jamais elle en jetait un. Il n’avait pas l’intention de se battre avec elle. De toute manière, il n’avait l’intention de se battre avec personne.



   
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Statut du sang : résolument purMessages : 3488Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Mar 10 Oct - 16:33




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Quelque chose lui tordait le ventre. Quelque chose de vicieux, d’acide, de profondément mauvais. Ca l’avait prise aux entrailles ce matin, dès son réveil. Irina avait passé la journée à l’extérieur de la Salle de Réception, accompagnée des volontaires les plus téméraires mais jamais avec ses proches. Son intuition la tiraillait ; la journée annonçait des horreurs, et elle ne voulait pas être aux côtés des siens lorsqu’elle allait les découvrir. D’une salle à l’autre, elle s’attendait presque à trouver des amoncellements de cadavres. La résistance avait rapporté chaque mot de sa conversation avec Meredith aux autres, mais elle était convaincue de son double-jeu. Elle ne pouvait pas lui faire confiance et par conséquent, ne savait pas dans quelle mesure il avait tenté de lui couper l’herbe sous le pied. Elle était plutôt bon juge de caractère, mais les deux jeunes gens s’étaient livrées une bataille spirituelle et verbale, chacun très conscient des enjeux de cette conversation. Meredith ne pouvait pas être passé à côté de ses soupçons. La sorcière voulait impérativement retrouver les portoloins et les détruire avant que les Insurgés puissent en faire usage, mais elle savait. Au fond. Les heures avaient trop tourné, les aiguilles étaient sanglantes et pointaient toutes à la même heure : l’heure du combat, l’heure de mourir, pour la plupart d’entre eux.

Pour ne pas laisser la panique l’emporter, ils n’avaient pas organisé de recherches collectives. Après tout, c’était peut-être là ce qu’avaient cherché les Insurgés en envoyant Meredith informer la meneuse des Ombres ; de les avoir tous hors de la salle de réception, et de tendre une myriade de petites embuscades, autant de pièges qui allaient se refermer sur eux. C’était hors de question. « Il est temps de rentrer, on a rien trouvé, la nuit va tomber et il y a fort à parier que les renforts insurgés vont débarquer. » Irina entendit à peine la remarque de son acolyte, un Ombre de sixième année qui l’avait toujours tenue en haute estime. Kygo était à bout de nerfs et à bout de souffle, la meneuse pouvait le sentir à vingt mètres. Elle acquiesça, acceptant de revenir vers la Salle de Réception, juste le temps de déposer Kygo et de repartir avec quelqu’un d’autre. Elle savait que de toute manière, elle ne dormirait pas ce soir.
La sueur et le souffle court de son allié étaient distrayants, elles avaient marché trop longtemps. La Résistante pestait mentalement, malgré tous ses efforts, tous ses sens en alerte, elle ne sentait que ça. La sueur, le sang, la peur. Sa paranoïa s’était accrue régulièrement au cours de la journée, elle sentait la chair déchiquetée et l’hémoglobine versée à chaque nouveau pas, et ne savait faire la différence entre ce qu’elle imaginait sentir, et ce qui se trouvait véritablement devant elle.

La réalité ne s’imposa brusquement à elle que lorsqu’elle sentir le corps de Kygo se raidir en un battement de cœur, et basculer en arrière pour s’écraser sur le sol de pierre. Un quart de seconde plus tard, sa baguette était sortie et sa concentration, douloureusement précise. Irina fronça les sourcils en reconnaissant l’assistant d’Oskari Tarvonen, qui avait rejoint les Insurgés à sa plus grande surprise lorsque l’Ox avait été découvert. Elle avait toujours trouvé la présence de Gabriel plus apaisante, moins douloureuse que celle d’Oskari, qui la scrutait, la décortiquait, l’épuisait. La rendait meilleure, à terme, mais faisait des dégâts néanmoins. Pour un assistant en magie noire, lui, avait toujours fait preuve de plus de bienveillance. Totalement dénué de la moindre fibre pédagogique, c’était à se demander ce qu’il foutait là. Mais une présence un tant soit peu rassurante néanmoins. Du moins jusqu’à son brusque revirement de bord. Peu importait à l’Ombre qui il avait été, l’important était ce qu’il représentait à présent : l’ennemi.

Irina le toisa, silencieuse. Elle avait remarqué qu’il avait stupéfixé Kygo, pas blessé. S’il avait voulu faire des dégâts, il aurait choisi un sort différent. Et il l’aurait attaquée dans la foulée. Hésitait-il ?  « Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, Miss Droskaïa. » Il s’avança, tandis qu’Irina ne bougeait pas d’un milimètre, sa prise sur sa baguette se faisant plus tendue. Elle espérait qu’il n’attaquerait pas. Sa dernière transformation avait miraculeusement évité de finir en drame, mais à l’époque, Deklan avait été en face. Là, c’était le camp adverse. Elle ne pourrait pas se contrôler. Alors, elle attendait qu’il ouvre à nouveau la bouche, qu’il explique l’impasse dans laquelle ils se trouvaient. « Votre compagnon n’a rien. J’avais besoin de vous parler seul à seul. » Jusque-là, elle avait plutôt bien deviné. Irina n’était pas naïve ; elle savait sa position au sein des Résistants privilégiés. L’avait-il traquée jusqu’à pouvoir l’approcher seul ? « Je sais que rien ne joue en ma faveur pour obtenir votre confiance, mais il va falloir me croire. » C’était le moins qu’il puisse dire ; la confiance ne coulait pas exactement de source dans le sang des Droskaïa. L’aînée l’avait appris de la plus dure des manières, bercée par les tests continuels de son père. La cadette se serait élancée vers le danger, idiote trop curieuse.

C’était à elle de parler, à présent. Il lui avait au moins donné une carte à jouer. « Vous avez raison, je ne vous fais pas confiance. Ne perdons pas de temps et venez en aux faits. » L’Ombre était inflexible, gardait son regard dardé sur lui. Prête à réagir au moins mouvement suspect. Elle ne se laisserait pas piégé par un stratagème à moitié pensé ; c’était une Droskaïa, elle valait mieux que ça. Et elle espérait sincèrement que son ancien professeur ne lui ferait pas l’affront de croire qu’il était aussi facile de la berner. Qu’il choisisse avec soin les prochains mots qu’il allait prononcer ; ils seraient déterminants pour la suite.






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Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Mer 25 Oct - 18:54


Halo avait toujours été absolument lamentable dans le rôle que les services secrets lui avaient attribué.

En observant la jeune femme, il se revit quelques mois plus tôt ; seul, invisible et triste aux yeux de tous, un petit bonhomme que la magie noire dégoûtait profondément et qui s’était révélé être, dès lors, un piètre second pour l’enseignant titulaire, qui n’avait eu de cesse que de réclamer qu’on lui donne quelqu’un d’autre. Mais ce n’était pas pour cela que Halo était là ; il avait donc gentiment gardé sa place, approchant à pas de chat quelques élèves timorés et d’autres, téméraires. Il avait appris à mettre des noms sur les visages juvéniles qu’il croisait, et celui de la jeune Droskaïa avait bien sûr été celui qu’il avait observé au plus près. Elle était méfiante, cette jeune femme, terriblement méfiante ; mais si le contact rude d’Oskari Tarvonen semblait la rendre nerveuse celui, plus doux, de Gabriel faisait fondre à petites gouttes la glace qu’il voyait briller dans ses yeux. Elle l’observait à présent, avec cette même détermination farouche, cela et une pointe de curiosité à peine visible qui la fit rester là, immobile, comprenant que quelque chose clochait. Un ennemi aurait sans douté tué le garçon avec qui elle se trouvait.

Il aperçut la main de la jeune femme se serrer sur sa baguette. Son pas se fit plus lent, à peine alors qu’il avançait doucement, progressant lentement pour la rejoindre. Il était sur ses gardes ; elle lui paraissait imprévisible, et extrêmement déterminée. Au moindre faux pas, elle lui jetterait un sort sans toute autre forme de procès. Et sa mission serait compromise. Il se souvint, soudain, de ce qui lui plaisait tant dans ce métier ; c’était cela. Il approchait du danger comme un gamin devant une flamme, et s’il craignait de se brûler il avait toujours été profondément attiré par ce qui était, malgré tout, susceptible de lui faire du mal. Il adorait le feu. Il en avait gardé quelques morsures, mais cela ne l’avait jamais fait reculer suffisamment loin. Avec Cendre.

Il chassa son épouse de ses pensées. Morte, vivante, il n’en savait rien et cette simple question le tuait de l’intérieur, enflammait ses entrailles ; mais il ne pouvait pas s’accorder le loisir de laisser ses pensées s’égarer vers elle maintenant. Il risquait beaucoup trop. Et quelque part, n’étais-ce pas pour Cendre qu’il prenait tous ces risques ? « Vous avez raison, je ne vous fais pas confiance. Ne perdons pas de temps et venez en aux faits. » Il savait au regard de la Droskaïa qu’il n’aurait qu’une seule chance. Une seule de bien se faire comprendre. S’il ne choisissait pas le moindre de ses mots, elle tournerait les talons, et le neutraliserait sans doute avant. Mais il était le seul à détenir la vérité ; le seul qui pouvait encore les aider. Alors il releva le nez vers elle, abaissant sa baguette magique, qu’il conserva tout de même dans sa main, prudent. “Je suis venu vous avertir.” Il soutint son regard chargé de questions, étrangement calme. Il n’avait rien à perdre. Il n’y avait que le manque d’elle, dans ses yeux. “Les insurgés ont trouvé un moyen de contacter Domovoï, et de faire entrer les Assaillants dans le château. Ils seront là dans une semaine.” Le croirait-elle ? Et s’il disait vrai, songea-t-il, pourquoi la prévenait-elle, lui qui portait la cape de l’ennemi sur ses épaules ? “Je travaille pour votre père, Miss Droskaïa. Le gouvernement connaissait la date de la prophétie, il m’a envoyé ici au cas où l’Ox serait trouvé. J’ai une coéquipière sur l’île. Elle a infiltré les Assaillants lorsqu’ils sont arrivés.” Et elle en avait payé le prix fort. La gorge nouée, Halo sentit sa main sur sa baguette trembler, à peine. Où était-elle maintenant ? “Vous n’êtes pas obligée de me croire pour tout. Mais vous devez prendre des dispositions. Une fois rentrés, ils vont rafler chaque vainqueur qu’ils trouveront.” Il répondrait à chacune de ses questions ensuite. Pour l’heure, il fallait agir. Bouger, s’activer, pour ne plus avoir à penser. Pour ne plus la voir le hanter.




   
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Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Jeu 26 Oct - 17:39




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Irina pouvait lire dans les yeux d’Everwade qu’il savait la valeur des mots qu’il devait prononcer. Les enjeux étaient d’une évidence douloureuse. Il parla sans perdre de temps, ferme et sans trembler. « Les insurgés ont trouvé un moyen de contacter Domovoï, et de faire entrer les Assaillants dans le château. Ils seront là dans une semaine. » Aussitôt, l’esprit de l’Ombre voyagea jusqu’à Meredith et les portoloins. L’enflure avait bien joué son coup, n’avait pas perdu une seule seconde. Avaient-ils déjà établi le contact avec Domovoï lorsque le traître était venu la trouver ? Elle darda sur son professeur ses prunelles insistantes, inflexibles. Etait-ce encore une autre ruse, pour remuer le couteau dans la plaie ? Leur rappeler leur impuissance ? Malgré les équipes de recherche, ils n’avaient après tout pas été capables de détecter les brèches. L’Ombre sentait son propre sang affluer vers sa gorge ; les premiers signes de colère commençaient à se manifester.

Une semaine. Qu’avaient-ils le temps de faire en une semaine, en admettant que l’assistant de magie noire dise la vérité ? Et surtout, pourquoi ce revirement ? Imperceptiblement, Irina leva un peu plus sa baguette. Il avait visiblement marché avec l’ennemi, pourquoi revenir sur ses pas ? « Je travaille pour votre père, Miss Droskaïa. Le gouvernement connaissait la date de la prophétie, il m’a envoyé ici au cas où l’Ox serait trouvé. J’ai une coéquipière sur l’île. Elle a infiltré les Assaillants lorsqu’ils sont arrivés. » Irina secoua légèrement la tête sous le flot d’informations. Son père ? Qu’est-ce que son père venait faire dans cette discussion ? Kovar Droskaïevitch ne lui avait strictement jamais parlé de l’Ox. L’artéfact était venu dans la conversation une seule fois, des années auparavant, lorsque sa fille était arrivée au leadership des Ombres. Il n’avait jamais semblé prendre l’Ox au sérieux, et on lui annonçait qu’il avait envoyé deux de ses agents en observation au cas où une prophétie s’accomplirait ? C’était du délire.

En outre, que penser du deuxième agent, supposément implanté sur l’île de Domovoï ? Qui était donc au cœur des plans de l’ennemi, n’avait-elle pas pu empêcher tout cela sans se compromettre ? Everwade poursuivit. « Vous n’êtes pas obligée de me croire pour tout. Mais vous devez prendre des dispositions. Une fois rentrés, ils vont rafler chaque vainqueur qu’ils trouveront. » Irina eut un petit rire. Des dispositions. Il lui lâchait une bombe comme ça sans plus d’explications, et lui conseillait de prendre des « dispositions » pour empêcher un génocide de vainqueurs ? Fort généreux de sa part. Fort généreux de la part de son père. Toute cette situation était surréaliste. « Et vous allez me faire croire que si mon père vous avait vraiment envoyé, il n’aurait rien fait pour empêcher l’invasion ? Il aurait laissé Durmstrang se défendre seule contre ses ennemis ? » Au fond, Irina se doutait que c’était plus compliqué que ça. C’était ce que son père lui avait toujours rétorqué, lorsqu’elle posait des questions, lorsqu’elle mettait le doigt sur des concepts simples, comme rentrer à la maison pour dîner le soir, éventuellement. C’était plus compliqué que ça. La politique, Irina, c’est très compliqué. « En admettant que tout ça soit vrai, et non pas une ruse des Assaillants, je serais curieuse de savoir de quelles dispositions vous parler. Etablir des défenses ? On l’a fait. Entraîner les élèves au combat ? Fait également. Tout ce qu’il était possible de faire, on a fait. Et vous voulez savoir pourquoi ça n’a pas marché ? Parce que personne parmi les élèves n’a plus de 21 ans. » Chaque mot d’Irina claquait comme un fouet ; l’amertume qui suintait de sa gorge était impossible à contenir. L’Ox, c’était bien beau, mais ça ne valait pas la tonne d’emmerdes qui leur était tombé dessus à cause de ce foutu objet. Visiblement personne n’avait de problèmes avec le fait d’attaquer des enfants.

L’Ombre se reprit. Elle n’avait pas le temps de se lamenter sur l’injustice de la situation. Elle était une Droskaïa, par Svarog, et il fallait agir avant de se laisser paralyser. Elle s’était jurée de ne jamais se laisser prendre par l’inertie, ce n’était certainement pas là qu’elle allait commencer. A son tour, elle avança vers son ancien professeur, ennemi, allié ; peu importait. S’il était celui qu’il prétendait, il saurait quoi faire. De marbre, déterminée, elle lança comme un couperet : « Prouvez-moi que vous êtes de mon côté, et on pourra s’entretenir sur les dispositions à prendre. » L’argument de son père ne marcherait que s’il savait l’utiliser.






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Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Dim 29 Oct - 13:38

Gabriel savait que la jeune Droskaïa serait difficile à convaincre.

Elle l'observait, son regard de glace planté dans le sien. La main tenant fermement sa baguette magique, prête à frapper à la moindre phrase qu'elle jugerait dangereuse. Il n'était pas étonnant qu'elle ne lui fasse pas confiance ; à l'instant même où l'Ox avait été trouvé, il avait fait le choix de rejoindre le camp adverse. Personne ne lui avait donné la moindre indication. Les barrières magiques l'avait coupé de l'extérieur, et il savait que Cendre ne pourrait jamais envoyer discrètement le moindre rapport au gouvernement bulgare, perdue au milieu des Assaillants. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient autant acculés. Mais si Halo avait fait un autre choix, comment auraient-ils pu prévenir la menace ? « Et vous allez me faire croire que si mon père vous avait vraiment envoyé, il n’aurait rien fait pour empêcher l’invasion ? Il aurait laissé Durmstrang se défendre seule contre ses ennemis ? » Bien sûr que non. L'homme fronça les sourcils, le corps raidi devant la jeune fille. Il se retrouvait confronté à la colère d'une adolescente, parce qu'ils n'avaient pas de solution, parce qu'ils étaient totalement impuissants. Les Assaillants les attraperaient, les uns après les autres, et s'il ne trouvait pas le moyen de contacter rapidement ses supérieurs, Gabriel ne pourrait pas faire grand chose pour les en empêcher.

« En admettant que tout ça soit vrai, et non pas une ruse des Assaillants, je serais curieuse de savoir de quelles dispositions vous parler. Etablir des défenses ? On l’a fait. Entraîner les élèves au combat ? Fait également. Tout ce qu’il était possible de faire, on a fait. Et vous voulez savoir pourquoi ça n’a pas marché ? Parce que personne parmi les élèves n’a plus de 21 ans. » Elle était en colère la jeune Droskaïa, et pour cause. L'Ox avait été une source de convoitise durant de longs années, des siècles, mais au final il n'avait apporté que son lot  de malheur et de désillusion. Les Vainqueurs souffraient de ce pouvoir qu'ils n'étaient pas capables de maîtriser, les résistants établissaient des défenses fragiles qui tomberaient aussitôt que les Assaillants rentreraient. Les Insurgés jalousaient le pouvoir, sans comprendre qu'il s'agissait bien plus d'une malédiction que d'une aide salutaire. Il le savait. Il le savait et il savait aussi que seul, il ne serait d'aucune aide. Elle lui jeta un regard glacial qu'il soutint, en silence. Elle n'avait pas terminé ; autant la laisser cracher sa rancoeur, il verrait pour le reste après. Elle fit un bras, la baguette toujours brandie. Imperturbable.

« Prouvez-moi que vous êtes de mon côté, et on pourra s’entretenir sur les dispositions à prendre. » "Très bien." Il fallait s'y attendre. La fille de Kovar Droskaïevitch allait forcément avoir besoin d'une preuve tangible. D'un geste précautionneux et lent, il rangea sa baguette dans le fourreau accroché à sa ceinture. D'un autre, il fouilla dans sa poche, et en tira lentement une petite bourse en peau de Mocke. Encore un cadeau du gouvernement, songea-t-il avec amertume avant d'en extraite un petit flacon. "C'est du Veritaserum. Je pensais l'utiliser en cas de capture d'un Assaillant, mais à l'évidence vous ne me croirez pas sans cela." Retirant le bouchon de liège, il le porta à ses lèvres et en but une longue gorgée ; se penchant ensuite en avant, il fit rouler la fiole à moitié vide jusqu'à la jeune femme. Ensuite, il se redressa ; figeant ses yeux clairs dans ceux de l'étudiante, il reprit la parole.

"Mon vrai nom est Gabriel Whelan, mais on me connait au gouvernement sous le nom de Halo. C'est mon épouse qui a été envoyée sur Domovoï, nous travaillons ensemble depuis dix ans. Elle a subi une attaque sur l'île, et je n'ai aucune nouvelle depuis. Mais elle a eu le temps de m'informer de l'invasion avant de disparaître." Une lueur douloureuse passa dans son regard. Il était inquiet, terriblement inquiet, conscient que s'il la perdait, il perdrait tout. "Nous savions que l'Ox serait trouvé, mais nous n'avions aucune idée de ce qui se passerait ensuite. Les barrières magiques de Durmstrang ont empêché tout moyen de communication avec le gouvernement. J'ai pris la décision de rejoindre les Insurgés de mon plein gré, pour prévoir une attaque, connaître leurs plans. Je n'aurais été d'aucune utilité en m'enfermant dans la salle de réception avec vous, et vous le savez." Protégé par le sortilège Fidelitas, certes, mais les mains liées par le manque de moyens. Il aurait tout laissé sur les épaules de Cendre, et ne l'aurait jamais supporté. "Vous êtes à l'heure actuelle la seule personne qui me permette d'entrer en contact avec votre père. La seule qui puisse m'aider à savoir si ma femme est vivante. Ce sont nos informations que le gouvernement attend pour pouvoir intervenir. Si vous ne me permettez pas de le faire, dans une semaine Durmstrang ne sera plus qu'un champ de ruines." Et chaque Vainqueur serait capturé, livré, torturé et tué. "Je ne suis pas un ennemi, Miss Droskaïa. La seule chose qui m'importe aujourd'hui, c'est de vous sauver. Et pour ça, j'ai besoin de votre aide." Pour les sortir de l'impasse, pour sauver Cendre, si c'était encore possible. Son regard alla vers le sol. Il était seul depuis beaucoup trop longtemps. Seul, faible et impuissant.



   
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Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Lun 6 Nov - 15:35




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Everwade ne perdit pas une seule seconde. Irina leva un sourcil ; sa détermination sentait le désespoir, l’arôme acre du dernier recours. Doucement, il rangea sa baguette ; l’Ombre garda la sienne bien leveée, bien droite. Patiente, légèrement fébrile, elle le laissa tatônner dans sa poche, triturer une bourse et en sortir une fiole d’un liquide transparent. Avant qu’il ne le confirme, la meneuse sut de quoi il s’agissait. « C'est du Veritaserum. Je pensais l'utiliser en cas de capture d'un Assaillant, mais à l'évidence vous ne me croirez pas sans cela. » Irina resta silencieuse, ne démentit pas. Elle ne se sentirait pas coupable de lui faire perdre sa précieuse potion durant un temps où il était si difficile de se fier les uns aux autres. L’assistant avala une gorgée avant de faire rouler la fiole vers elle, afin qu’elle puisse en vérifier le contenu. La Droskaïa n’était pas particulièrement douée dans la préparation de potion, trop manuelle pour elle, mais son odorat était sans faille. Elle aurait pu reconnaître n’importe quel ingrédient à trois mètres rien qu’à l’odeur, petit cadeau utile d’Arachna. Ce ne pouvait être que du veritaserum ; l’absence totale d’odeur le confirmait.

Quels que soient les prochains mots qui passeraient les lèvres d’Everwade, Irina était sûre qu’ils étaient sincères. « Mon vrai nom est Gabriel Whelan, mais on me connait au gouvernement sous le nom de Halo. C'est mon épouse qui a été envoyée sur Domovoï, nous travaillons ensemble depuis dix ans. Elle a subi une attaque sur l'île, et je n'ai aucune nouvelle depuis. Mais elle a eu le temps de m'informer de l'invasion avant de disparaître. » Whelan, Everwade, Halo, tant de noms pour un seul homme. Irina comprenait mieux le désespoir ; si son acolyte était son épouse, il n’avait pas le choix. Il devait briser sa couverture, c’était trop lourd à porter pour un seul agent. Cela voulait-il dire qu’il était réellement au service de son père ? Kovar avait-il tant dissimulé à sa fille ? « Nous savions que l'Ox serait trouvé, mais nous n'avions aucune idée de ce qui se passerait ensuite. Les barrières magiques de Durmstrang ont empêché tout moyen de communication avec le gouvernement. J'ai pris la décision de rejoindre les Insurgés de mon plein gré, pour prévoir une attaque, connaître leurs plans. Je n'aurais été d'aucune utilité en m'enfermant dans la salle de réception avec vous, et vous le savez. » Irina tiqua. L’Ox avait fait l’objet d’une prophétie, certes, mais l’implication et les précautions mises en place par le gouvernement la prenaient totalement par surprise. Qu’ils aient cru en une vieille légende au point de poster des agents au sein de l’école cette année, c’était une grande dépense pour une chance de résultat faible. Brusquement, elle pensa à son propre sceau, inactif, gravé dans sa nuque. Après tout, Durmstrang même reposait sur cette légende, et tous les clans qui la composaient. En remettant les choses en perspective, ce n’était pas si étonnant. Kovar Droskaïevitch portait également le sceau des Ombres, après tout.

La jeune femme acquiesça doucement. Elle ne pouvait pas le nier ; grâce à lui, ils avaient une toute petite longueur d’avance. Ils ne seraient pas pris par surprise. Il aurait certainement pu empêcher certaines choses, il avait gagné certaines batailles pour l’autre camp. Mais il préparait la guerre avec eux, avant qu’il ne soit trop tard. « Vous êtes à l'heure actuelle la seule personne qui me permette d'entrer en contact avec votre père. La seule qui puisse m'aider à savoir si ma femme est vivante. Ce sont nos informations que le gouvernement attend pour pouvoir intervenir. Si vous ne me permettez pas de le faire, dans une semaine Durmstrang ne sera plus qu'un champ de ruines. Je ne suis pas un ennemi, Miss Droskaïa. La seule chose qui m'importe aujourd'hui, c'est de vous sauver. Et pour ça, j'ai besoin de votre aide. » L’Ombre prit quelques secondes pour réfléchir avant de répondre. Les protections de Durmstrang avaient fait leur effet pendant un temps, mais elles n’étaient plus impénétrables, de toute évidence. Il n’y avait aucune raison que cela profite seulement à leurs ennemis. Elle n’avait pas eu le temps de courir après les portoloins avec les fausses indications de Meredith, mais à présent elle avait un réel allié. Cela comptait.

La priorité, néanmoins, était ailleurs. « Il faut que je retourne à la Salle de Réception avertir les autres. On a pas une minute à perdre, il faut renforcer la protection des lieux, et surtout faire sortir les plus jeunes. » Malgré leurs beaux discours et les entraînements, la détermination des enfants du nord ne faisait pas le poids face à la menace qui grondait. Elle ne forcerait personne à partir ; nombre d’eux souhaitaient rester, quand bien même leur mort était inévitable. Mais c’était leur choix, et elle refusait de leur prendre. « Les portoloins créés par les Insurgés doivent nous être utiles à nous aussi, il faut juste se les approprier assez longtemps pour pouvoir s’en servir. A la fois pour faire évacuer ceux qui ne peuvent pas se battre, et pour faire passer un message à mon père. On a besoin de lui. » Il se demanderait peut-être comment elle savait pour les portoloins, et peut-être que ce n’était pas important. Elle savait que Meredith les avait trahis, c’était ce qui comptait. Son père ne les laisserait pas dans cette situation : il était coriace, implacable et sans détours. Il avait toujours beaucoup exigé de ses enfants, mais contrairement à Elia, Irina ne doutait pas une seule seconde de son affection. Il avait simplement des priorités, et la famille n’en faisait pas toujours partie. C’était ainsi.







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“The one thing that always tore us apart is the one thing I won't touch again. In my sick way I wanna thank you for holding my hand up late at night, when I was busy waging wars on myself you were trying to stop the fight.”
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