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 This is War. [Halina]

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 67Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ This is War. [Halina] Ҩ Jeu 1 Juin - 16:09

C’était un cauchemar dans lequel il avait été fait prisonnier contre son gré.

Marchant comme un Inferi dans les couloirs du château, Gabriel Whelan regardait le sol. Ses yeux froids, inertes, se posaient sur la pierre froide sans vraiment la voir. Cet environnement, auparavant si familier, avait des allures de cimetière. Ou de no man’s land avant la tempête. Quelle importance  Cela n’en avait aucune. Il marchait sans vraiment savoir ce qu’il faisait, les repères perdus. Halo avait toujours été un homme de raison ; chaque chose avait une logique, une justification. Aucun de ses actes n’était jamais laissé au hasard, rien de ce qu’il faisait était dénué de sens. Sa vie avait été régie, milimétrée, prévue. Ou quasiment. Dans cette fresque qu’il avait peinte de couleurs froides, elle s’était imbriquée dès le départ, pour perturber l’équilibre stable et sur du petit garçon qu’il était à l’époque. Elle avait modifié tous ses repères pour en créer de nouveau. Dès lors, il n’avait plus jamais vécu que pour son image ; mais que restait-il de tout cela maintenant ? Que restait-il de toutes ces heures passées avec elle, à se jurer le monde entier ? Il soupira, épuisé. Il n’avait pas dormi depuis l’incident; Il avait évolué comme un fantôme, perdu entre le chagrin et la rage, traversant des périodes de désespoir où il était convaincu que Lilith était morte ; que sa Cendre ne reviendrait jamais, qu’elle l’avait abandonné. Puis d’autres moments, de fureur, durant lesquels il se jurait de retrouver le responsable pour lui faire la peau. Il tuerait celui ou celle qui lui avait fait du mal, là bas sur le rocher ; et, songeait-il, c’était sa seule raison de rester en vie.

Dans sa détresse, il en avait même oublié les raisons de son retour à Durmstrang. Cela n’avait aucun sens. Pourquoi faire encore tous ces efforts ? Pour sauver des vies ? Qu’en avait-il à faire, finalement, des autres, quand la seule vie qui comptait pour lui lui avait filé entre les doigts, là, sous ses yeux ? Pourquoi faire encore des efforts ? Il en avait fait toute sa vie. Depuis l’enfance, il avait suivi un rêve et un seul ; celui d’arriver à la place qu’il occupait à cet instant. Devenir un homme de l’ombre, invisible mais indispensable. Il avait prié avec ferveur tous les dieux existant pour qu’on lui accorde cela. Mais le prix était trop lourd à payer. En suivant cette voie, il avait fini par perdre sa nouvelle raison d’exister. Lilith. Lilith avait disparu. Il avait l’impression d’avoir été privé d’une moitié de lui même. On lui avait arraché la seule chose qui comptait vraiment pour lui. Il n’était plus qu’un homme au désir de vengeance, brûlant. Il n’était plus qu’une ombre, qui ne suivait aucun pas et qui avait perdu sa simple raison d’être présent dans ce monde. Il tuerait le responsable de cette tragédie. Ensuite, il se tuerait aussi. Il irait simplement la rejoindre. Car même si Halo tentait de s’accrocher de toutes ses forces à l’idée que son épouse était vivante, quelque part, une partie de lui même n’y croyait déjà plus. Il était déjà perdu.

Et puis quelque part dans son esprit, sa raison s’était animée. Durant ces longues heures de silence où ses pensées noires avaient invoqué la simple idée de partir, de tout quitter sans regrets, il avait quand même eu la force de se poser les bonnes questions. Qu’aurait-elle fait ? Aurait-elle abandonné cette mission, si c’était lui qui avait disparu sous ses yeux ? Il avait revu la souffrance dans ses yeux sombres lorsqu’elle avait évoqué quelles atrocités les assaillants faisaient subir aux malheureux porteurs de l’Ox. Et il avait su que jamais elle ne les aurait abandonné. Elle avait toujours été la plus altruiste, la plus humaine des deux. C’était toujours elle qui parlait en premier. Elle était capable de se fondre dans n’importe quel environnement. Avec un sourire amer, il songea que d’eux deux, c’était elle et elle seule qui méritait le mieux ce poste.

Alors il s’était mis en chemin, la mort dans l’âme, en sachant ce qui lui restait à faire. S’il y avait une mince chance de les sauver, c’était lui qui la tenait entre ses mains. Et il ne pouvait se résoudre à ne rien en faire. Alors il était parti en chasse ; cherchant à éviter ses pensées troubles, se concentrant uniquement sur la mission qui lui avait été confiée. Il avait surveillé les rondes des résistants, habilement dissimulé, durant la journée qui avait précédé l’incident. Sans trop y croire. Mais en le faisant tout de même.

C’était le moment. Tapi dans un recoin du couloir, il tira sa baguette de sa poche, les sens aux aguets. Sa cible serait forcément accompagnée ; par les temps qui couraient, les résistants ne sortaient jamais que par deux pour éviter les mauvaises rencontres. C’était un jeu de patience ; et il en avait beaucoup. II en avait toujours eu plus qu’elle. Cette pensée crispa sa main contre le bois de sa baguette. Le cygne avait chanté, cette nuit là, avant de partir. Perdre sa compagne, équivalait à mourir.

Lorsqu’enfin des éclats de voix retentirent dans l’angle du couloir, il se redressa, les sourcils froncés. Gabriel Whelan était prêt. Ce n’était pas la première fois qu’il tendait des embuscades de ce genre ; mais auparavant, il était toujours accompagné. Seul sans elle, il se sentait insipide, mauvais. Ils n’étaient jamais aussi forts que lorsqu’ils étaient ensemble. Seuls, ils perdaient une partie d’eux même. Cela ne l’empêcha pas de jaillir du couloir lorsque la silhouette d’Irina Droskaïa s’y découpa, accompagnée d’un autre jeune sorcier ; aucun des deux n’eut le temps de dégainer lorsqu’un Stupéfix informulé vint frapper la poitrine du garçon, qui s’effondra lourdement sur le sol, les bras le long du corps. Aucun mal ne serait fait à personne. Ce n’était pas le but. Sortant de l’ombre, la baguette brandie, Halo fit face à la jeune fille, qui tendait à son tour son arme, la pointant droit sur lui.

“Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, Miss Droskaïa.”
Sa voix résonna entre les pierres alors qu’il avançait d’un pas. S’immobilisant enfin, il fronça les sourcils. Il se doutait qu’elle avait compris que la menace était un peu trop grande pour elle. Il était entrainé. C’était son métier. Il ne serait cependant pas assez fou pour baisser son arme devant elle. Cette fille avait des allures de chat sauvage. “Votre compagnon n’a rien. J’avais besoin de vous parler seul à seul.” Comme si elle allait le croire. Ils se connaissaient, bien sûr ; Halo avait pris sa couverture en connaissance de cause. Elle était son seul contact avec l’homme qui l’employait.  Et si elle était aussi méfiante que son père… “Je sais que rien ne joue en ma faveur pour obtenir votre confiance, mais il va falloir me croire. “ Il contrerait un sort si jamais elle en jetait un. Il n’avait pas l’intention de se battre avec elle. De toute manière, il n’avait l’intention de se battre avec personne.



   
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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES
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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES ☽

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : résolument purMessages : 3407Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ Re: This is War. [Halina] Ҩ Mar 10 Oct - 16:33




this is war
to the leader, the pariah, the victor, the messiah, it's the moment of truth and the moment to die and the moment to live and the moment to fight




Quelque chose lui tordait le ventre. Quelque chose de vicieux, d’acide, de profondément mauvais. Ca l’avait prise aux entrailles ce matin, dès son réveil. Irina avait passé la journée à l’extérieur de la Salle de Réception, accompagnée des volontaires les plus téméraires mais jamais avec ses proches. Son intuition la tiraillait ; la journée annonçait des horreurs, et elle ne voulait pas être aux côtés des siens lorsqu’elle allait les découvrir. D’une salle à l’autre, elle s’attendait presque à trouver des amoncellements de cadavres. La résistance avait rapporté chaque mot de sa conversation avec Meredith aux autres, mais elle était convaincue de son double-jeu. Elle ne pouvait pas lui faire confiance et par conséquent, ne savait pas dans quelle mesure il avait tenté de lui couper l’herbe sous le pied. Elle était plutôt bon juge de caractère, mais les deux jeunes gens s’étaient livrées une bataille spirituelle et verbale, chacun très conscient des enjeux de cette conversation. Meredith ne pouvait pas être passé à côté de ses soupçons. La sorcière voulait impérativement retrouver les portoloins et les détruire avant que les Insurgés puissent en faire usage, mais elle savait. Au fond. Les heures avaient trop tourné, les aiguilles étaient sanglantes et pointaient toutes à la même heure : l’heure du combat, l’heure de mourir, pour la plupart d’entre eux.

Pour ne pas laisser la panique l’emporter, ils n’avaient pas organisé de recherches collectives. Après tout, c’était peut-être là ce qu’avaient cherché les Insurgés en envoyant Meredith informer la meneuse des Ombres ; de les avoir tous hors de la salle de réception, et de tendre une myriade de petites embuscades, autant de pièges qui allaient se refermer sur eux. C’était hors de question. « Il est temps de rentrer, on a rien trouvé, la nuit va tomber et il y a fort à parier que les renforts insurgés vont débarquer. » Irina entendit à peine la remarque de son acolyte, un Ombre de sixième année qui l’avait toujours tenue en haute estime. Kygo était à bout de nerfs et à bout de souffle, la meneuse pouvait le sentir à vingt mètres. Elle acquiesça, acceptant de revenir vers la Salle de Réception, juste le temps de déposer Kygo et de repartir avec quelqu’un d’autre. Elle savait que de toute manière, elle ne dormirait pas ce soir.
La sueur et le souffle court de son allié étaient distrayants, elles avaient marché trop longtemps. La Résistante pestait mentalement, malgré tous ses efforts, tous ses sens en alerte, elle ne sentait que ça. La sueur, le sang, la peur. Sa paranoïa s’était accrue régulièrement au cours de la journée, elle sentait la chair déchiquetée et l’hémoglobine versée à chaque nouveau pas, et ne savait faire la différence entre ce qu’elle imaginait sentir, et ce qui se trouvait véritablement devant elle.

La réalité ne s’imposa brusquement à elle que lorsqu’elle sentir le corps de Kygo se raidir en un battement de cœur, et basculer en arrière pour s’écraser sur le sol de pierre. Un quart de seconde plus tard, sa baguette était sortie et sa concentration, douloureusement précise. Irina fronça les sourcils en reconnaissant l’assistant d’Oskari Tarvonen, qui avait rejoint les Insurgés à sa plus grande surprise lorsque l’Ox avait été découvert. Elle avait toujours trouvé la présence de Gabriel plus apaisante, moins douloureuse que celle d’Oskari, qui la scrutait, la décortiquait, l’épuisait. La rendait meilleure, à terme, mais faisait des dégâts néanmoins. Pour un assistant en magie noire, lui, avait toujours fait preuve de plus de bienveillance. Totalement dénué de la moindre fibre pédagogique, c’était à se demander ce qu’il foutait là. Mais une présence un tant soit peu rassurante néanmoins. Du moins jusqu’à son brusque revirement de bord. Peu importait à l’Ombre qui il avait été, l’important était ce qu’il représentait à présent : l’ennemi.

Irina le toisa, silencieuse. Elle avait remarqué qu’il avait stupéfixé Kygo, pas blessé. S’il avait voulu faire des dégâts, il aurait choisi un sort différent. Et il l’aurait attaquée dans la foulée. Hésitait-il ?  « Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, Miss Droskaïa. » Il s’avança, tandis qu’Irina ne bougeait pas d’un milimètre, sa prise sur sa baguette se faisant plus tendue. Elle espérait qu’il n’attaquerait pas. Sa dernière transformation avait miraculeusement évité de finir en drame, mais à l’époque, Deklan avait été en face. Là, c’était le camp adverse. Elle ne pourrait pas se contrôler. Alors, elle attendait qu’il ouvre à nouveau la bouche, qu’il explique l’impasse dans laquelle ils se trouvaient. « Votre compagnon n’a rien. J’avais besoin de vous parler seul à seul. » Jusque-là, elle avait plutôt bien deviné. Irina n’était pas naïve ; elle savait sa position au sein des Résistants privilégiés. L’avait-il traquée jusqu’à pouvoir l’approcher seul ? « Je sais que rien ne joue en ma faveur pour obtenir votre confiance, mais il va falloir me croire. » C’était le moins qu’il puisse dire ; la confiance ne coulait pas exactement de source dans le sang des Droskaïa. L’aînée l’avait appris de la plus dure des manières, bercée par les tests continuels de son père. La cadette se serait élancée vers le danger, idiote trop curieuse.

C’était à elle de parler, à présent. Il lui avait au moins donné une carte à jouer. « Vous avez raison, je ne vous fais pas confiance. Ne perdons pas de temps et venez en aux faits. » L’Ombre était inflexible, gardait son regard dardé sur lui. Prête à réagir au moins mouvement suspect. Elle ne se laisserait pas piégé par un stratagème à moitié pensé ; c’était une Droskaïa, elle valait mieux que ça. Et elle espérait sincèrement que son ancien professeur ne lui ferait pas l’affront de croire qu’il était aussi facile de la berner. Qu’il choisisse avec soin les prochains mots qu’il allait prononcer ; ils seraient déterminants pour la suite.






hate me for all the things i didn't do for you Ψ
“The one thing that always tore us apart is the one thing I won't touch again. In my sick way I wanna thank you for holding my hand up late at night, when I was busy waging wars on myself you were trying to stop the fight.”
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