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 Broken crown || Viktora

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Statut du sang : PurMessages : 480Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Broken crown || Viktora Ҩ Lun 22 Mai - 22:53

Le silence s'étirait lentement depuis le départ d'Onisim. Enora aurait déjà dû bouger, sans doute ; elle n'était pas supposée rester au même endroit trop longtemps, surtout quand elle était seule. Et à présent, elle l'était. La pleine lune lui ravissait le Vassilev ; ce n'était pas la première fois, mais les circonstances étaient tellement différentes qu'elle se sentait quelque peu abandonnée, livrée à elle-même. C'était la première fois qu'elle passerait la nuit seule depuis la mort d'Erika. Ce soir, elle ne pourrait compter que sur elle-même pour affronter ses cauchemars.
Tant pis ; après tout, ils n'étaient pas supposés être dangereux.

Elle tira sa baguette de la sangle qui la retenait sur sa cuisse et effaça toutes les traces de son passage dans cette salle de classe abandonnée, avant de repartir en refermant la porte derrière elle, ses quelques affaires au fond d'un sac sur son épaule. Obera le lui avait apporté quelques jours après son expulsion de la salle de réception. Persuader la jeune femme de retourner avec les autres et de la laisser là n'avait pas été une mince affaire, mais la Lakota s'était rendue à l'évidence. Elle avait juste récupéré ses maigres affaires qui traînaient dans la salle de réception pour les lui rapporter dans ce sac sans fond qui s'avérait bien pratique, bien qu'elle n'ait pas grand chose à mettre dedans. Quelques vêtements, simplement ; un ou deux bouquins, son recueil de partitions. Ce qu'elle avait de plus cher, elle le portait sur elle en permanence. Sa baguette, le collier de ses quinze ans et le vieux briquet d'Ethan, qu'il lui avait laissé avec un paquet de cigarettes. Celui-ci n'avait pas fait long feu. Le petit objet moldu lui apportait plus que ce qu'elle n'aurait pu imaginer. Elle s'était promis de le rapporter à son ami. Alors il fallait qu'elle tienne. Malgré le danger, malgré la peur et le désespoir ; malgré elle-même, surtout.

Elle-même, parce que c'était bien là que ça clochait, non ? Elle ne s'était même pas vraiment posé la question ; c'était toujours comme ça. La rancœur, pourtant, avait rapidement trouvé sa place, quelque part au coin du vide laissé au fond de sa cage thoracique. Viktor l'avait alimentée, sûrement sans même le savoir, au début. Quand il avait attiré pour de bon son frère chez les Insurgés, quand il avait recommencé à entretenir sa culpabilité, à lui faire croire que s'il était responsable de sa mort, il lui devait bien de tout faire pour lui redonner vie. Quand il avait étouffé les unes après les autres toutes les lumières que le lycanthrope commençait à dénicher au fond de lui-même. Quand il l'avait tiré loin d'elle, doucement mais sûrement. Pas une seule de leurs conversation n'était épargnée d'une mention de Viktor ; Onisim revenait de plus en plus tard, le soir, tandis qu'elle crevait à petit feu dans un coin du château, dévorée par des démons contre lesquels elle n'était plus capable de se défendre toute seule. Et lui ; lui, Onisim, qui avait juré de ne plus l'abandonner, au final, est-ce qu'il n'était pas responsable de la situation dans laquelle elle se trouvait ? C'est pour lui qu'elle avait tout abandonné, qu'elle avait trahi à la fois ses amis et ses valeurs, qu'elle avait conduit malgré elle Erika jusqu'à sa fin. S'il n'avait pas été là ; si elle ne l'avait pas aimé, tout serait tellement différent. Préférable, sûrement. Ca ne pouvait pas être pire de toute façon.
Quand ce genre de pensées la surprenait, elle s'en voulait aussitôt. Qui était-elle exactement pour oser lui faire des reproches pareils ? Il voulait aider son frère ; c'était louable, elle ne pouvait que comprendre. N'aurait-elle pas sacrifié jusqu'à sa vie pour sauver celle de Garrett ? La question ne se posait pas. Elle n'aurait même pas cillé. Sa vie à elle, oui, elle l'aurait sacrifiée ; de toute façon elle avait toujours été persuadée qu'au fond, elle ne valait pas grand chose. Mais celles de la moitié des élèves de l'école ? Celle de la personne qu'elle aimait ? Elle ne pouvait se résoudre à répondre à cette question. Elle ne pouvait se résoudre à le détester lui-aussi, à le trouver aussi monstrueux que ce qu'il avait voulu lui faire croire, au tout début. Elle avait accepté, elle avait continué ; l'avait aimé malgré tout. Malgré lui et presque malgré elle, encore une fois. Elle s'était crue capable de tout supporter pour lui et aujourd'hui elle ne savait plus où elle en était. Elle l'aimait, c'était une certitude, sa dernière peut-être. Et bon sang ce que ça lui faisait mal.

Silencieuse, la jeune femme avançait dans le couloir en rasant les murs, l'oreille aux aguets, la baguette bien ancrée dans sa main. Elle détestait se battre ; ça faisait bien longtemps qu'elle ne supportait plus la violence et qu'il fallait qu'elle atteigne un degré extrême de rage ou de haine pour qu'elle fasse usage de sa baguette la première. En des circonstances normales, du moins. Avec les assaillants dans le château, elle n'avait pas l'intention de jouer les pacifistes convaincues.
Elle sursauta presque en croyant percevoir une démarche qui s'approchait en sens inverse, depuis l'angle du corridor, juste quelques mètres plus loin. Un peu précipitamment, elle s'enfonça dans un couloir plus petit, perpendiculaire à l'aile qu'elle était en train de longer. Réalisant qu'elle n'avait aucun moyen de se cacher ici, et pas le temps de traverser le couloir pour ressortir de l'autre côté, elle saisit sa baguette à deux mains et fit volte-face pour voir venir le danger. Son cœur battait beaucoup trop vite et elle s'efforçait de garder une respiration égale, mais ce n'était pas franchement gagné. Alors elle s'accrochait à son arme, comme si sa vie en dépendait, à défaut d'avoir quoi que ce soit de plus solide sous la main qui puisse l'empêcher de se casser la gueule, et de se briser en bas.

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ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.
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Statut du sang : purMessages : 58Date d'inscription : 15/05/2017Localisation : Ici et là
Ҩ Re: Broken crown || Viktora Ҩ Mar 23 Mai - 15:41


Broken crown
Enora Barjow &
Viktor Vassilev



Il lui semblait déjà entendre le hurlement du loup résonner dans la nuit, la lune pleine montante se reflétant dans ses iris vides. Il frissonna un instant, transporté des années auparavant. Il sentait encore les crocs sur sa chair, le sang sur son corps. C'était quelque chose qu'il ne pourrait oublier, jamais. Il l'avait vécu, encore et encore, incapable de trouver la paix après la mort, errant dans cet entre-deux torturé et sombre. Il en était revenu changé, bien plus qu'ils ne le pensaient tous. La glace morbide glaçait son sang, durcissait son regard et rendait son coeur insensible à la moindre émotion positive. Il n'était plus le Vassilev que tous avaient aimé et admiré. Il n'était plus ce gamin faible qui s'était laissé mourir pour pouvoir sauver son frère. Plus jamais.

Au loin, Onisim se mettrait à hurler - ou peut-être serait-ce un autre loup. Un rictus mauvais prit place sur son visage au souvenir de son départ, quelques heures plus tôt. Son air coupable, sa tête baissée. Viktor s'était beaucoup amusé à lui rappeler que c'était de sa faute. Qu'il méritait la douleur de la transformation, l'horreur de sa nature. Et que s'il y avait bien quelqu'un qui le méritait plus que lui, c'était la Barjow. Qu'Onisim ait pu s'enticher de cette gamine dépassait son entendement. Elle était faible, sans aucune volonté : la preuve, elle avait tout abandonné pour suivre son frère, par amour. Et elle l'affaiblissait, le rendait doux comme un agneau alors qu'il lui fallait la férocité du loup pour parvenir à leurs fins. Elle n'était qu'un obstacle, une gêne. Il avait tenté de l'écarter, de lui faire comprendre gentiment qu'elle n'avait pas sa place auprès de leur famille, mais elle semblait aussi bête qu'elle était énervante. L'éloigner d'Onisim n'avait pas suffi. Lui faire peur en tuant son amie non plus. Viktor finissait par penser que la mule était irrécupérable.

Il se détacha de la fenêtre d'où il appréciait observer l'extérieur et reprit sa route sans destination précise. Comme ses camarades Revenants, il était souvent pris de l'irrépressible besoin d'errer dans le château. Durmstrang. Son territoire, sa seconde demeure - l'unique à présent, son royaume. Sa prison. Mais plus pour longtemps. Il aurait l'Ox, bientôt, enfin. Il aurait l'Ox et la vie. Il était éternel, Viktor, et rien ne pourrait l'empêcher de suivre sa destinée. Il retrouverait leur boutique, écraserait Barjow&Beurk une bonne fois pour toute et rendrait ses parents fiers. Barjow, encore une fois. Toujours au centre de ses problèmes.

Viktor s'apprêtait à tourner au bout d'un couloir lorsqu'il perçut un mouvement précipité. Ses yeux s'allumèrent d'une lueur malsaine : avait-il enfin la chance de tomber sur une proie ? Silencieusement, il observa les alentours, repéra un couloir étroit, presque caché derrière une tapisserie et s'y inséra. Ce qu'il y vit était bien plus que ce qu'il aurait pu demander. Ce n'était pas un porteur de l'Ox, non, mais la silhouette apeurée représentait à ses yeux une cible de choix. Enora Barjow. L'ultime obstacle à son plan. Elle était là, seule, loin du seul allié qui lui restait : son frère. Viktor sourit. « Tut tut tut, ce n'est pas très prudent de se promener seule dans le coin, Barjow. On ne sait pas sur qui on pourrait tomber. » Il s'approcha, jeta un regard sur sa baguette tremblante avant de la fixer durement. Il n'avait peut-être plus sa propre baguette, mais il était loin d'en avoir besoin. D'un main glacée, il vint caresser le contour de son visage dans un semblant de geste affectueux. « Onisim serait vraiment peiné s'il t'arrivait quoi que ce soit. Enfin, je pense... non ? » Il savait qu'elle doutait, la Barjow. Il voyait la souffrance dans son regard, les hésitations dans ses gestes. Et il aimait jouer de ses insécurités, la pousser à toujours plus douter d'elle-même, d'Onisim, d'eux. Mais cela serait-il suffisant ?

Brusquement, la poigne de Viktor se referma sur la mâchoire de la jeune fille, serrant violemment son visage entre ses doigts glacés. La rage brûlait dans ses yeux. « Cela fait bien longtemps que j'attendais l'occasion d'avoir une petite conversation seul à seule, Barjow. On a tellement de choses à se dire, tous les deux. » De son autre main, il parcourut son poignet, murmurant un Incendio tout juste suffisant pour brûler la peau de la jeune fille, lui faisant lâcher sa baguette qui tomba au sol dans un bruit clair. « Tu n'as rien à craindre, souffla-t-il tout prêt de son visage. Je me sens d'humeur magnanime. »

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Ҩ Re: Broken crown || Viktora Ҩ Mar 23 Mai - 19:49

La silhouette sombre se détacha, d'abord dans le halo orangé qui débordait des fenêtres, baignant le couloir principal d'une douce lumière dorée. C'était assez irréaliste, la façon dont le petit couloir dans lequel elle s'était réfugiée semblait glauque et froid, en comparaison. Si elle n'avait pas été si effrayée, Enora en aurait sûrement ri. On se serait cru dans le pire cliché du film d'horreur de base ; ces trucs un peu bidons qu'Ethan avait essayé de leur montrer, à Rain et elle, un soir d'hiver au fin fond de l'Islande. Les deux filles l'avaient regardé installer la télévision d'un air perplexe. Sauf qu'elle était beaucoup trop effrayée pour sourire à ce souvenir et pour trouver la situation un tant soit peu amusante. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'elle plaça un nom sur le visage qu'elle finit par discerner. Viktor. Ca aurait difficilement pu être pire. A croire que quelqu'un, là-haut, s'amusait à placer les différentes pièces de l'échiquier de façon à ce qu'aucune catastrophe ne soit évitée. Elle aurait dû être désabusée, peut-être. Mais le recul lui manquait, clairement. Elle était à peine capable de respirer tellement la terreur comprimait sa poitrine.

« Tut tut tut, ce n'est pas très prudent de se promener seule dans le coin, Barjow. On ne sait pas sur qui on pourrait tomber. » Elle se força à respirer, sans détacher ses yeux du visage fin de son interlocuteur. Son assurance lui glaçait le sang mais elle n'en était pas surprise ; il voulait qu'elle ait peur ; elle s'en rendait compte, et luttait de toutes ses forces pour faire ralentir les battements de son cœur.
Pas très prudent de se promener seule. C'est qu'il était perspicace le garçon. Elle savait pertinemment qu'il était au courant qu'à part Onisim, elle n'avait plus personne. Et qu'Onisim ne serait pas là ce soir. Enora se demanda à quel point est-ce qu'il n'avait pas provoqué cette rencontre, aussi invraisemblable que ce soit. Figée, elle le laissa s'approcher, mais se fit violence pour pencher la tête sur le côté quand il approcha sa main de son visage, incapable de supporter son contact glacé sur sa peau. Sa nonchalance rallumait les flammes de sa colère, son indignation ; au final il était tel qu'elle l'avait imaginé, quoiqu'un peu moins rayonnant. La mort avait ravi l'étincelle de ses prunelles. C'est ça qui le rendait effrayant, en dépit du charme certain qu'il dégageait. Elle était trop haineuse pour y être sensible, mais pas assez aveuglée pour ne pas le remarquer. « Onisim serait vraiment peiné s'il t'arrivait quoi que ce soit. Enfin, je pense... non ? »

Son estomac se tordit violemment ; elle aurait dû le haïr pour ces mots, mais le poison s'insinuait déjà dans ses veines. Elle doutait déjà tellement. Bien sûr qu'elle aurait voulu dire que oui ; lui cracher cette réponse, pleine d'assurance, de confiance en lui ; en eux. Mais elle n'en était pas capable et de ça, elle était seule responsable. Sa baguette tremblait dans sa main ; elle la serra plus fort au creux de sa paume, s'invectivant mentalement à agir. Elle n'en eut même pas vraiment le temps ; le contact gelé revint plus fort, étau implacable qui bloquait sa mâchoire. Elle sursauta, comme si un électrochoc venait de la parcourir, et essaya de se dégager mais la prise du Revenant ne lui laissait aucune chance. « Cela fait bien longtemps que j'attendais l'occasion d'avoir une petite conversation seul à seule, Barjow. On a tellement de choses à se dire, tous les deux. » Il jouait, sauf qu'elle était déjà tellement effrayée que son petit numéro n'avait plus tellement d'effet ; il entretenait surtout la colère qui commençait à prendre le pas sur tout le reste. D'un geste brusque, elle releva sa baguette pour enfin se défendre mais la main du Vassilev se referma sur son poignet et une intense brûlure lui fit vivement ouvrir les doigts. Elle entendit le bruit mat que sa baguette fit en tombant ; imbécile, se dit-elle en retenant sa respiration, dardant sur Viktor un regard brûlant de rage. « Tu n'as rien à craindre, je me sens d'humeur magnanime. » Espèce d'immonde petit con « Lâche-moi immédiatement, Viktor » gronda-t-elle, aussi furieuse qu'effrayée ; et comme il n'avait pas l'air décidé elle essaya de reculer, tirant sur son poignet qu'elle avait saisi de sa main libre « Je t'ai dit de- lâche-moi ! » voyant qu'elle n'arrivait à rien, elle força de plus belle pour se libérer, frappa le visage du Revenant comme elle pouvait, aussi fort que le lui permettait la force de ses petits bras ; la prise sur sa mâchoire ne se desserrait pas, il lui faisait mal mais elle s'acharnait de plus en plus, griffant sa peau, décidée à se libérer coûte que coûte. La rage et l'effort la faisaient gronder ; elle se débattait, et la brûlure sur son poignet semblait se réveiller ; lorsqu'elle parvint enfin à s'écarter, un grognement de douleur s'échappa d'entre ses lèvres et elle recula de plusieurs pas, titubante, le souffle court. « Ne t'approche plus de moi, espèce de malade » fit-elle, tremblante de rage, de peur et de douleur. Elle jeta rapidement un regard derrière elle pour estimer ses chances de s'enfuir, puis reporta immédiatement ses yeux sur le jeune homme devant elle, toujours si calme que c'en était terrifiant. « Dégage, Viktor ! Qu'est-ce que tu cherches, tu veux quoi ?! » Prouver sa supériorité ? Se débarrasser d'elle ? Bon sang, elle ne lui avait rien demandé, elle ne l'avait même jamais approché d'aussi près avant qu'il se pointe ce soir pour l'attaquer. Elle recula d'un pas, cherchant du regard sa baguette tombée sur le sol. Elle devait la récupérer. Ou s'enfuir. Mais quoi qu'il en soit, elle savait déjà qu'il ne la laisserait pas faire.

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Ҩ Re: Broken crown || Viktora Ҩ Dim 25 Juin - 10:30


Broken crown
Enora Barjow &
Viktor Vassilev



Il jubilait. La mort lui avait banni tout sentiment positif, recouvrant son coeur inerte d'un voile sombre et malsain. La compassion, la modestie, l'attention... tant de traits de son caractère qui avaient à tout jamais disparu, laissant place à ses défauts d'antan et à de nouveaux. Il n'était plus heureux Viktor, mais suffisant et avide de plus. Il ne riait plus, mais se moquait et se nourrissait du malheur d'autrui. L'unique sentiment qu'il avait réussi à conserver restait l'amour. L'amour, aussi beau et doux qu'il pouvait être vil et destructeur. Un amour malsain, totalement contrôlé par sa haine. Son amour pour Onisim, mais également celui qu'il avait un jour ressenti pour Hedda. Un amour qu'il parvenait encore à déguiser quand en réalité aucun d'entre eux n'en aurait voulu s'ils avaient su.

Mais l'amour était loin d'être présent ce soir-là. C'était une haine pure et dure, viscérale, qui parcourait ses entrailles. Il jubilait, enfin en mesure de pouvoir mettre fin à cette menace qu'était Enora Barjow. Il serait si simple de l'éliminer. Ils ne savaient pas à quel point la mort l'avait changé. Ils ne savaient pas ce dont il était capable et les pouvoirs qu'il n'hésiterait pas à utiliser. Sa baguette avait brûlé, mais ce n'était qu'un détail. Sa faible connaissance de magie sans baguette lui permettait de s'en sortir, et quand bien même il ne pouvait faire de réels dégâts de cette façon, il se résoudrait à en venir à bout de ses propres mains. « Lâche-moi immédiatement, Viktor. » Il la regarda se débattre, un sourire aux lèvres. Pensait-elle réellement être plus forte que lui ? Pensait-elle lui échapper ? Elle n'était qu'une souris, une petite souris avec laquelle il allait se faire un plaisir de jouer avant de l'achever.

« Je t'ai dit de- lâche-moi ! » Elle le frappa, encore et encore. Il restait de marbre, immobile alors que ses poings s'abattaient sur ses joues et que ses ongles griffaient sa peau glacée. Un faible accès de colère raviva le sortilège qu'il avait déposé sur son poignet et elle grogna alors qu'il la laissait partir, lui faisant croire qu'elle avait réussi. Elle était si naïve. Naïve et effrayée, mettant le plus de distance possible entre eux dans ce couloir étriqué. « Ne t'approche plus de moi, espèce de malade. » Elle tremblait. Ses yeux bougeaient à toute vitesse, cherchant la moindre issue. Viktor se délectait. Qui aurait cru que la chasse pouvait être si vivifiante ? Il en viendrait presque à envier les sensations qu'Onisim devait ressentir lorsqu'il traquait ses proies. Il en comprenait presque ce qui avait poussé les loups à se jeter sur lui, six ans auparavant. Quel bonheur se serait de pouvoir déchiqueter le corps de pantin qui se trouvait sous ses yeux. Il la voyait déjà, désarticulée et ensanglantée, le visage en larmes et le corps tressautant dans un dernier élan de vie. La souffrance, magnifique, qui se lirait dans son regard. Il y avait de la beauté à être un monstre. Et s'il n'était pas un loup, rien ne l'empêchait d'être un monstre.

« Dégage, Viktor ! Qu'est-ce que tu cherches, tu veux quoi ?! » Il ne répondit pas, s'approchant lentement comme un lion prêt à bondir sur une antilope. Ses yeux glacés ne la quittaient pas un seul instant du regard. Elle tremblait et lui se nourrissait de sa peur, toujours plus puissant face à ses pupilles écarquillées. « Pourquoi poser des questions dont tu connais déjà la réponse, Barjow ? Ne sois pas plus idiote que tu ne l'es déjà. » D'un geste de la main, il balaya la baguette de la sorcière qui traînait non loin, l'envoyant à quelques mètres de là d'un faible sortilège de désarmement. Lui faire croire qu'elle avait une chance faisait partie du jeu. Lui en donner une vraie n'était pas envisageable. Elle mourrait ce soir. Oh oui, elle allait périr de ses mains, libérant enfin son frère de son emprise.

Il glissa une main dans ses cheveux emmêlés et sales. Son visage était livide tout près du sien. « Quel dommage que mon frère ne soit pas là. Il aurait adoré dévorer ce qu'il restera de toi, j'en suis certain. » susurra-t-il dans son oreille. Il tira violemment sur les cheveux qu'il avait empoigné, la faisant tomber à genoux devant lui dans un cri de douleur. Une lueur malsaine venait de s'allumer dans ses yeux, enveloppant son visage d'une atmosphère glauque. « Enfin, ma chère Barjow, te voici à ta place. À genoux devant les Vassilev, à genoux devant moi. » Il tira un peu plus alors qu'elle tentait de se débattre, avant de balancer son propre genou vers son visage, lui brisant le nez dans un craquement sourd. Le sang commença à couler, réveillant son envie de mort. Il jubilait. Il jubilait encore et encore.

Viktor se pencha vers elle, le sourire aux lèvres. « Je te demanderais bien ce que ça fait de mourir, mais je le sais déjà. »

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Ҩ Re: Broken crown || Viktora Ҩ Dim 23 Juil - 17:05

Ca se voyait qu'il prenait son pied, même si ses prunelles étaient aussi ternes que celles des poissons morts est séchés sur la berge ne luisaient d'aucun éclat. Ca rendait son sourire encore plus effrayant, et Enora avait de plus en plus de mal à ne pas paniquer. Elle tremblait de tous ses membres, les pensées paralysées par l'angoisse. « Pourquoi poser des questions dont tu connais déjà la réponse, Barjow ? Ne sois pas plus idiote que tu ne l'es déjà. » Elle recula de plusieurs pas à mesure qu'il avançait, sans oser lui tourner le dos. C'était assurément encore plus dangereux que de lui faire face. Ses pupilles écarquillées descendaient régulièrement sur le sol pour qu'elle repère sa baguette, mais remontaient aussitôt sur Viktor qu'elle refusait de quitter des yeux trop longtemps. Comme si voir le danger allait l'en protéger un tant soit peu. Viktor eut un geste de la main et elle entendit son arme rouler sur le sol. Hors de portée. Le temps qu'elle relève la tête, il était juste devant elle et avant qu'elle ait pu reculer, il empoigna ses cheveux. Elle essaya de se soustraire à sa prise mais c'était déjà beaucoup trop tard. « Quel dommage que mon frère ne soit pas là. Il aurait adoré dévorer ce qu'il restera de toi, j'en suis certain. » Son ventre se retourna à cette idée, les images l'assaillirent malgré elle et elle commença à se débattre, tant bien que mal. « Espèce de » la fin de sa phrase mourut dans le cri de douleur qu'elle ne put retenir quand il la força à tomber à genoux en tirant violemment sur ses cheveux. L'excitation morbide que trahissait son expression la dégoûta ; dans un élan de lucidité au milieu de la panique, elle se dit que des deux frères, le monstre, ce n'était assurément pas Onisim.

Si elle se voyait, elle se serait sûrement haïe encore plus qu'elle ne le haïssait lui. Pitoyable, faible et vulnérable ; elle se mépriserait, sûrement, avec un peu de recul. Les larmes sur ses joues, la peur qui la submergeait ; où était la gryffondor qu'elle avait été, fut un temps ? Elle avait cru la retrouver, il y a quelques mois, mais elle s'était trompée : à croire qu'elle était restée quelque part sous les décombres de sa vie d'avant, dans les ruines de Poudlard. « Enfin, ma chère Barjow, te voici à ta place. À genoux devant les Vassilev, à genoux devant moi. » Elle se débattit plus fort, désespérée, et puis la douleur explosa dans son visage. Elle entendit distinctement le bruit de craquellement qui retentit à l'intérieur de sa tête lorsque l'os de son nez se brisa et un nouveau cri de douleur se répercuta dans les couloirs tandis qu'elle tombait en arrière. Le sang se répandit sur son visage, mêlé à ses larmes. Elle se recroquevilla lorsqu'il se pencha vers elle. « Je te demanderais bien ce que ça fait de mourir, mais je le sais déjà. »

Terrorisée, Enora recula sur le sol, rampant en arrière comme elle le pouvait ; elle se surprit à espérer que quelqu'un arrive, que quelqu'un la sauve, puisqu'elle n'était pas capable de se protéger elle-même. De toute façon elle les avait tous trahis, ils n'avaient aucune raison de lui venir en aide. Sauf Onisim, à lui, elle était restée fidèle, elle avait tout sacrifié. Il allait la laisser mourir là ? De la main de son propre frère ? Elle n'arrivait pas à le croire, mais il y avait beaucoup de choses de sa part qu'elle n'arrivait plus à croire depuis longtemps. A commencer par son amour pour l'aîné Vassilev. Lui aussi, il avait tout sacrifié pour quelqu'un. Et ce quelqu'un ne le méritait probablement pas.
Et si elle, il ne la sauvait pas non-plus, c'était peut-être qu'il avait raison, le russe : elle non-plus ne le méritait pas. A quoi ça servait qu'elle essaie de fuir, alors, si rien ne l'attendait après ? Même si elle semait Viktor, elle n'aurait personne à retrouver. Ses seuls soutiens étaient trop loin, elle ne les retrouverait jamais.
Elle allait mourir ce soir.
Ses pleurs se tarirent immédiatement, elle arrêta de reculer, leva seulement vers Viktor son visage déformé par la douleur. Ca ne servait à rien de lutter, pas vrai ? De toute façon, en y songeant une seconde, ça faisait longtemps qu'elle en avait perdu l'envie. Tant bien que mal, elle essaya de se relever, mais sa tête tournait affreusement. « D'humeur magnanime, hein ? » elle fit, la voix toujours tordue par l'angoisse, même si elle s'efforçait de faire face. Un peu comme si c'était sa dernière chance d'être un peu brave. Très crédible, la Barjow. « Arrête de faire ton petit numéro de badboy flippant et finissons-en » Elle passa une main au-dessus de sa bouche, écartant le sang qui coulait toujours, et observa ses doigts rougis une seconde avant de relever la tête vers Viktor. « Tu pourrais faire ça vite, au moins. » Elle aurait préféré que ça ne ressemble pas à une supplication.

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