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 Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ?

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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 343Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ? Ҩ Sam 22 Avr - 16:09

C'est agaçant. Ce mal de crâne qui ne passe pas. Distraitement, elle appuie deux doigts sur sa tempe, les yeux délicatement fermés, essayant de combattre cette douleur fantôme qui l'empêche de se concentrer tout à fait. Ses parents ne sont pas ravis qu'elle ait passé la nuit ailleurs qu'au château. Dormir sur place après un bal, ce n'est pas vraiment digne d'elle, il paraît. Tant pis. Alderan lui laisse toujours sa chambre, elle sait que le vieil homme est heureux de l'accueillir. Les Dragonstone ne l'aime pas trop, lui, le vieil aristocrate un peu excentrique, fatigué des ronds de jambe et du poids de ses responsabilité qui a fini par lui voûter le dos. Ca la rassure, parfois, elle se dit qu'il y en aura au moins un pour lui pardonner les quelques rares entorses qu'elle fait à la ligne de conduite rigoureuse qu'elle est censée observer. Le jeune homme, devant elle, s'applique toujours à lui répéter mot pour mot le message que ses parents veulent lui communiquer et, lassée de ces remontrances qu'elle sait uniquement formelles, elle le fait taire d'un regard. « J'ai compris. » Sourire impeccable, tenue impériale. Elle l'impressionne et le pauvre n'ose plus ouvrir la bouche de peur, sûrement, de bégayer. Elle retient un soupir, exaspérée. Sa patience est limitée ce matin ; la faute à la migraine, sûrement, guère arrangée par le monologue redondant du garçon. Elle se demande bien pourquoi Valeryon se sent encore obligé de lui faire part de ce genre de désapprobation. Elle sait bien qu'il ne lui en tient pas réellement rigueur tant qu'elle ne compromet pas sa réputation. Ce n'est certainement pas en une nuit qu'elle y parviendrait, et il le sait, il ne s'inquiète sûrement même pas. Il lui rappelle juste son devoir, parce que ça c'est son rôle à lui exactement comme entretenir l'image de la famille est son rôle à elle. Joie et bonheur. « Il y a autre chose ? » Sûrement pas, et elle compte bien en profiter pour s'en aller avant l'arrivée de Matthew. Pour une raison qui lui échappe, l'idée de croiser son fiancé aujourd'hui lui fait encore plus horreur que d'habitude. Elle n'aura pas besoin de chercher longtemps avant de trouver quelque chose à faire à l'extérieur. A croire qu'elle n'a la paix que quand elle dort. Et encore.

Mais c'était sans compter sur les plans de ses parents, apparemment. « Oui, en fait. » Elle se fige une microseconde, attend la suite en silence. « Votre père descendra tout à l'heure, il y a quelque chose dont il veut vous faire part en personne. Dans le bureau émeraude d'ici trente minutes. » Elle bloque un soupir derrière le rictus impeccable qu'elle dessine en articulant un « très bien » avant de tourner les talons, direction sa chambre. Elle va se changer, et attendre qu'il arrive. Essayer de trouver une solution à ce mal de tête, aussi. A quoi ça peut être dû, elle se demande en montant les escaliers, cherchant dans ses souvenirs de la veille quelque chose qui pourrait justifier ça. Mais c'est un gros brouillard, sa soirée de la veille, en fait. Ca ne la rassure pas beaucoup ; est-ce qu'elle aurait abusé de l'alcool ? Si c'est le cas, elle l'a fait au moins de façon à ce que personne ne le remarque trop, sinon elle en aurait forcément entendu parler. Ca la surprend, pourtant. Elle a l'habitude de boire aux soirées mondaines de ce genre. Jamais le moindre incident n'a été à déplorer. Et hier non plus, sûrement, mais elle aurait préféré pouvoir en être sûre. Les sourcils froncés, elle passe la porte de ses appartements en essayant de se convaincre que si quelque chose d'assez marquant était survenu, elle s'en serait forcément rappelée. Ou bien il y aurait eu quelqu'un pour s'en souvenir à sa place et l'en tenir informée ; si Alderan ne lui a rien signalé, alors elle n'a pas de raison de s'inquiéter. Peut-être la fatigue est-elle simplement venue à bout d'elle, hier.

* ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ *

Lorsqu'elle quitte le bureau, le sourire figé sur ses lèvres lui donne mal dans les joues tant il est forcé. Elle le relâche dès que Valeryon ne risque plus de la voir et vérifie l'heure d'un geste avant de regagner ses appartements pour, une fois de plus, changer de vêtements. Elle lorgne une seconde sur sa tenue d'entraînement et opte finalement pour quelque chose d'un peu plus improvisé. Elle ne doit pas avoir l'air d'être habituée. Elle ne doit surtout pas montrer qu'elle n'a rien à apprendre de cette professeur sortie de nulle part et encore moins que suivre ces cours la fait profondément chier.
Voilà, c'est dit, tant pis, elle est tellement remontée qu'elle décide de se permettre. Visenya pas contente.

Bien sûr qu'elle a entendu parler du retour de Lord Voldemort ; tout le monde a entendu parler de ça, et elle n'est pas sans savoir que bon nombre des fréquentations de ses parents rejoindront ses rangs sans plus tarder. Elle savait que les Dragonstone se tiendraient néanmoins éloignés de ce conflit autant que possible. Pour autant, ce qu'elle n'a pas vu venir, c'est que ses parents s'inquiéteraient qu'elle sache se défendre par elle-même en cas de besoin, tenant compte de la dangerosité du monde en ces temps troublés, et qu'ils lui trouveraient un professeur pour lui apprendre à se défendre. Alors que ça fait six ans qu'elle suit exactement le même entraînement que les Langues de Plomb. Sauf que personne ne le sait. Détail insignifiant.

Ses chaussures claquent en cadence rapide sur les marches de marbre tandis qu'elle descend vers le rez-de-chaussée, avant de s'engager dans un passage plus discret qui conduit au niveau inférieur. Elle n'a aucune envie de faire semblant d'être une incapable. Le châle précieux qui recouvre ses épaules est une insulte à la combattante qu'elle est devenue, dissimulant une musculature bien trop dessinée pour une jeune fille délicate comme elle. Elle a caché ses jambes dans un pantalon un peu trop large, serré sur ses mollets, mais ses bras sont nus et son dos trop visible sous le tee-shirt à bretelles larges qu'elle a enfilé à défaut de savoir exactement comment se vêtir pour une occasion pareille. Pour le coup, elle se dit que son inexpérience sera peut-être crédible. Accrochée au tissu qui la cache encore un peu, cachée derrière une expression dure et impénétrable qui trahit son agacement (franchement, une princesse comme elle n'a-t-elle pas mieux à faire qu'apprendre à se battre ? Il y en a qui feront ça bien mieux qu'elle, voyons voyons), elle pénètre dans la salle d'entraînement aménagée pour l'occasion.

Tu es déjà là, comme son père le lui a indiqué. Un serviteur t'a amenée ici tandis qu'elle s'entretenait avec lui ; apparemment, c'est prévu depuis un moment. Ca ajoute à son irritation. Elle n'est plus une enfant, lui demander son avis ou au moins la prévenir lui aurait semblé la moindre des choses. Tandis qu'elle s'approche à grands pas, impériale et hautaine, elle se laisse te regarder, note très vite qu'elle ne t'a jamais vue. Ca la surprend, même si ton nom ne lui disait rien, elle s'attendait au moins à t'avoir déjà croisée, à ce que tu fasses partie du large cercle des connaissances de sa famille. Ou peut-être ont-il pensé que quelqu'un... comme toi, serait plus efficace, plus pragmatique peut-être, qu'un professeur de duel à proprement parler. Ca n'a pas vraiment d'importance. Les gens qui la connaissent et ceux qui ont simplement entendu parler d'elle ont à peu près la même image de toute façon. « Vous devez être Asya. » elle fait, guère aimable, une fois qu'elle est assez proche. Elle ne tend pas la main, elle ne hoche pas la tête ; ce sont les autres qui s'inclinent, c'est comme ça, c'est elle la princesse, qu'il paraît. « Je suis Visenya. » Bien sûr, qui d'autre ? N'importe qui, elle aurait voulu, qui lui permette d'être ailleurs en cet instant. « J'aimerais bien qu'on fasse vite, je n'ai pas toute la journée. » Elle n'est même pas sèche, pas réellement désagréable, au fond, parce qu'elle est beaucoup trop polie pour ça. Pas sympathique pour autant, son agacement est tangible, elle se cache derrière pour ne pas montrer à quel point elle est tendue. Ce serait si facile de se trahir ici, dans ces circonstances. Les enjeux sont bien plus grands que son petit emploi de femme occupée. C'est moche, quand même, d'en être réduite à se cacher derrière un calendrier.

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Ҩ Re: Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ? Ҩ Sam 22 Avr - 16:38


And if there's something wrong,
who would have guessed it ?

Askyria


Elle a essayé de s’arranger, un peu Asya, mais sans miroir c’est toujours compliqué. Deirdre a tressé ses cheveux, glissé un peu de noir autour de ses yeux. Comme si c’était nécessaire. Mais ça lui plaît à la gamine, apparemment, elle elle aime quand les choses sont belles, douces comme dans un conte de fée. C’est touchant, apaisant, le plus souvent mais ça dépasse un peu sa demi-soeur. Disons plutôt que c'est un peu de sa faute, qu'elle n'a pas toute à fait la tête à se transformer en petite poupée parfaite, non, aujourd'hui, elle songe surtout à l'endroit où elle se trouvera bien assez tôt, à ceux qui on miraculeusement accepté de l'engager pour qu'elle enseigne à leur héritière une forme d'art auquel les gentilles fille ne sont pas censées s’intéresser. Dragonstone. Et leur air de vieille royauté enfermée dans les mondanités et les châteaux trop grands, noyés sous l’argent. Asya elle ne sait pas vraiment comment un professeur de combat est tenu de s'habiller lorsqu'il oeuvre auprès de ces gens là, il faut bien qu’elle soit suffisamment à l’aise pour être efficace, mais, peut-être aussi qu’elle ressemble un minimum à une jeune femme honorable. Alors elle hésite, longtemps puis décide que peu importe les regards qu’elle attirera sur elle, l’essentiel c’est de faire ce pour quoi elle a été engagée. C'est donc un pantalon près du corps qu'elle saisit, tenue bien vite complétée par un t-shirt ample et foncé, un peu abîmé puis des chaussures légères qui lui permettront de tournoyer à son grès.  Elle plaque sur son visage un sourire de commodité: la voilà prête, semble –t-il, à rencontrer la petite princesse qu’elle est censée former.


****


Asya elle n’est pas très à l’aise en ces lieux, tout est trop, trop beau, trop grand, trop riche, trop tout. Elle a la sensation d’être d’être une bête curieuse que les autres regardent d’un air désapprobateur, contemplée comme une sang-de-bourbe glissée au milieu des sang-purs. Pourtant il l’est aussi le sien, vraiment, et sa famille pas si pauvre que son actuel besoin d’argent pourrait le laisser penser, mais papa maman aimaient trop dépenser et dix années d’errance ont suffit à la louve pour dilapider tout ce dont elle a hérité. Bien sûr elle pourrait demander de l’aide aux autres, à ces figures lointaines dont elle se souvient à peine mais quelque chose comme de l’orgueil l’empêche de s’y résoudre. Ils ne l’aiment pas, ils la méprisent, elle et la morsure qui abîme sa hanche, elle et sa curieuse façon de disparaître pendant de trop nombreuses années, elle qu’ils accusent sans hésiter du meurtre de ses parents. Ce n'est pas si faux en vérité, mais Asya préfère se dire que ce n'est pas vraiment elle, plutôt la bête, la louve, celle qui sort et s'amuse à sa façon lorsque la lune est pleine. Elle n'a pas sa place ici, elle le sent aux regards qu’on lui jette mais elle lève la tête et distribue les sourires un peu figés tout en suivant le serviteur qui la conduit à la salle d’entraînement.

Visenya est en retard, et Asya s'agace. C’est trop long, pendant ce temps Deirdre est seule à la maison, qui sait ce qui pourrait lui arriver... Au bout d’une demi-heure, la petite princesse arrive, avec sa figure trop impérieuse, accrochée à son châle luxueux comme à un bouclier. Ces filles là ont décidément du mal à comprendre qu'aucune parure ne saurait sauver leurs précieuses peaux. Elle porte une tenue vaguement débraillée, comme si elle avait essayé de faire un effort, soldé par un succès modéré. Asya retient un soupir. Elle a déjà bien assez à faire avec Deirdre et son incapacité à tenir une épée...  « Vous devez être Asya. » Asya. Son prénom pas son nom. Pas un signe, pas un salut, rien, comme si elle n’était qu’une subalterne ne méritant pas le moindre respect. «Je suis Visenya.» Ce n’est pas tout à fait comme si elle avait besoin de le préciser, la gamine elle empeste la royauté plus que quiconque dans ce foutu château, avec ses beaux cheveux, son petit châle et sa façon de se tenir trop droite, de la regarder de haut sans même sembler en prendre conscience. Dégoûtante dans son mépris semi-voilé.

Asya s’apprête à répondre, cherchant comment s’exprimer correctement malgré son anglais encore hésitant, mais Visenya reprend. «J’aimerais bien qu’on fasse vite, je n’ai pas toute la journée.» La russe esquisse un sourire mal dessiné, crispé et un peu trop froid. Montre toi aimable Asya. Après tout, celle qui lui fait face n’est sans doute pas consciemment désagréable, elle doit simplement avoir été conditionnée depuis l'enfance à adopter un tel comportement. « Enchantée » Elle lui adresse un vague signe de la tête, un salut un peu raide. Pas vraiment envie d’être aimable, et puis ce n’est pas non plus comme si c’était sa spécialité. La louve se retourne, attrape deux épées de bois, simples bâtons au fond, pas trop grands, pas trop lourds, l’idéal pour commencer. Ils sont pourtant gravés de motifs dorés. Apparemment cette famille est tellement riche que même les armes factices sont décorées. Elle fait volte-face « Tiens, prend ça » en envoie une à Visenya, qui parvient à l’attraper. Bon, c’est déjà ça.« T’as déjà quelques bases ou il faut vraiment tout t’enseigner ? ». Elle fait à peu près attention Asya, mais son accent est trop prononcé, et ses mots mal assurés. Au moins elle parvient à aligner une phrase cohérente ; elle se sait trop familière mais ce n’est pas si mal, ça préparera peut-être son altesse à chuter de son piédestal. Faudrait d’ailleurs qu’elle enlève ce foutu châle. « Aller tiens toi prête. Si t’es si  pressée, on va pas perdre de temps pour commencer. » Elle est sarcastique mais Visenya l’agace déjà. Alors la jeune femme se met en position et attend, patiemment, que l’autre daigne en faire autant. Elle la corrigera si nécessaire, mais pour l’heure Asya souhaite avant tout commencer par la tester, lui prouver que même les petites princesses peuvent saigner.




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Ҩ Re: Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ? Ҩ Sam 22 Avr - 17:03

« Enchantée. » Elle hausse un sourcil, presque sans le faire exprès, inspecte ton hochement de tête en essayant de déterminer si le ton de ta voix est volontairement inadapté ou si tu es juste maladroite. Elle reconnaît sans effort l'accent des pays de l'Est et s'étonne d'autant plus que ses parents se soient donnés la peine de t'engager. Une soudaine envie d'exotisme ou un simple manque de temps ; peu importe, tu es là, avec ton anglais approximatif, tes fringues en vrac et tes tresses venues d'un autre temps. Il faut de tout sur Terre, qu'on dit ; elle est d'accord, mais ne s'imaginait simplement pas que les Dragonstone voudraient adapter cet adage au simple cadre de leur domaine. Tu es probablement la première personne de ta... condition, dirons-nous, à mettre les pieds ici. Et le plus drôle c'est que tu n'as même pas l'air de te rendre compte de l'honneur que ce simple fait constitue. Au mieux tu es un peu mal à l'aise. Elle veut bien le croire. A ta place elle n'aurait sûrement même pas osé mettre un seul pied devant l'autre après avoir passé le portail. Mais elle n'est pas à ta place, et, l'espace d'un instant, elle remercie le ciel d'être née dans la bonne famille. Et Asphalt d'être née sans magie, aussi, ça a joué un petit rôle.

Tu lui tournes le dos sans autre forme de cérémonie et elle croise les bras sur sa poitrine, clairement perplexe face à la situation à laquelle elle est confrontée. Jamais elle n'aurait imaginé ça. Et d'ailleurs n'importe qui qui regarderait la scène pourrait trouver cette dernière quelque peut irréaliste ; quoique, elle l'est toujours plus que si, comme elle l'aurait fait en d'autres circonstances, l'Héritière se montrait enthousiasTe à la perspective de cet entraînement. « Tiens, prends-ça » Lorsque tu lui jettes l'arme, elle referme ses doigts dessus avant même d'avoir pu réfléchir à ce qu'elle allait faire, la main bien placée à quelques centimètres du bout pour équilibrer le bâton correctement ancré au creux de sa paume, l'autre pointe déjà dressée dans une amorce de garde simple. Son cerveau rattrape ses réflexes et, le ventre un peu tordu, elle casse son poignet vers le sol en laissant finalement l'arme pendre mollement dans sa main. Comme si elle ne savait pas quoi en faire. Ok, tout va bien. Tout. Va. Bien. « T'as déjà quelques bases ou il faut vraiment tout t'enseigner ? » Elle angoisse un peu à l'idée que tu aies pu trop en voir, déjà, mais laisse l'idée derrière en décidant que de toute façon, il est trop tard pour se rattraper. Il faut faire diversion. Le ton de ta voix en est une parfaite, elle pince les lèvres en relevant le menton, comme si elle se sentait offensée. Ca aurait dû être le cas, d'ailleurs – non mais d'où est-ce que tu te permets de lui parler comme ça ? –  mais le fait est qu'elle n'est pas assez à l'aise pour réagir tout à fait normalement. Visenya n'est pas exactement dans sa zone de confort. C'est pas ton monde, princesse. Le murmure lui vient de l'intérieur et elle fronce les sourcils furtivement. Adonis, ou qui que ce soit – Eva, Valkyria – ne doit surtout pas interférer maintenant. Trop d'enjeux, hein ? Elle risque trop, sans savoir quoi exactement. Le mélange inquiétant de ces deux univers ne la rassure pas du tout. La coupure doit rester nette. Le véritable danger n'est pas du tout concret, elle réalise, avant de s'exaspérer elle-même. Stop. Arrête de penser. « A ton avis. » elle grogne, défiante, voire un peu méprisante. Une noble comme elle n'a pas de temps à perdre avec ce genre d'activités, elle a l'air de dire. Elle devrait dire, sûrement. Non mais quelle hypocrisie. Même elle, ça la défrise. Elle se retient pour ne pas lever les yeux au ciel. « Allez tiens-toi prête. Si t'es si pressée, on va pas perdre de temps pour commencer. » Visenya grince des dents, Valkyria s'intéresse un peu trop ; c'est le genre d'attitude qu'elle aime alors que l'autre ne supporte pas vraiment qu'on s'adresse à elle comme ça. Tu t'es mise en position, elle observe le placement de tes mains, de tes pieds. Vu que l'anglais semble un peu compliqué, quoique relativement maîtrisé quand même, elle comprend aussitôt que tu seras le genre de professeur plus partisane de la démonstration que de l'explication. Valkyria fonctionne comme ça aussi. Pas elle. C'est con, Valkyria elle est pas là. Visenya lève bêtement le bras sans bouger ses appuis, amène la pointe de son arme en bois au niveau de son visage, un peu plus loin dans ta direction. Son poignet est raide, son bras crispé. Ca lui demande des efforts de ne pas adopter une position devenue relativement naturelle. Des efforts, aussi, pour ne pas serrer les mâchoires. Elle sait feindre beaucoup de choses, mais pas la médiocrité. Ca, c'est prohibé. Depuis dix ans. Sa deuxième main est toujours fermée sur son châle. « Je me permets de supposer qu'il y a une posture spécifique à adopter ? » Elle fait exprès d'être encore plus pompeuse que d'habitude. Cette attitude dans une salle d'entraînement lui semble complètement ridicule ; il y a une claire incompatibilité dans cette pièce et contrairement à ce qu'elle s'est dit un peu plus tôt, ce n'est pas toi au milieu du domaine Dragonstone.

Elle soupire. Visenya n'a absolument pas sa place dans cet endroit. « Honnêtement, sans vouloir sembler circonspecte » - le vocabulaire qui tue - « je m'interroge sur la réelle utilité de cet entraînement ; j'estimerais plus pertinent que » Tu fait un pas en avant, brusquement, comme ça, et l'arme que tu tiens fermement dans ta main fuse sur elle avec une précision qui ne lui laisse pas le temps de réfléchir ; d'un seul coup, ses appuis ont bougé, elle a reculé le pied gauche et raffermi sa garde, assez pour parer le premier coup et repousser le bâton qui claque contre le sien tandis que le tissu qui la couvrait glisse de ses épaules. Ses muscles se sont bandés, elle s'apprête déjà à contre-attaquer lorsqu'elle se fige, casse à nouveau son poignet pour baisser légèrement son arme, recule de plusieurs pas faussement précipités, les yeux écarquillés. Elle feint mal la peur, la surprise ; tant pis. La colère c'est plus facile, elle la place sur son visage comme un masque intégral. Ca lui va comme un gant. « Ca va pas non ?! Tu pourrais prévenir, l'objectif est de m'apprendre à me défendre, pas de me passer à tabac avant que j'apprenne quoi que ce soit ! » Ridicule. C'est ridicule, cette attitude de petite précieuse insupportable. Sa voix outragée l'horripile elle-même, et encore, elle ne peut pas voir son visage, son expression princière, hautaine et indignée. Elle ne se rend même pas encore compte qu'un monde sépare les airs qu'elle se donne et le corps relativement athlétique discernable sous ses vêtements. Elle aurait mieux fait de mettre quelque chose de ample, en haut. Le problème c'est qu'elle n'a rien de tel en réserve. Le problème, c'est surtout qu'elle ne supportera plus longtemps de se cacher en vain derrière une identité dont, pour la toute première fois de sa vie, elle a profondément honte, même si elle ne l'avouera jamais.

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Ҩ Re: Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ? Ҩ Mar 18 Juil - 17:28

Visenya laissa l’arme pendre mollement entre ses mains, la figure ravagée par quelque chose qu’Asya prit pour de l’incompréhension et ça l’agaçait, la louve, ça l’agaçait si fort que ça lui faisait presque mal, là, d’être méprisée par une incapable dont elle aurait pu fendre le crâne en quelques mouvements. Cette scène avait quelque chose d’absurde, de répugnant, de presque humiliant qui faisait poindre une colère qu’Asya peinait à contenir. Le ton cinglant de Visenya lui déplaisait plus encore que son allure de petite poupée bourgeoise mais elle contint le soupir contrarié qui menaçait de lui échapper. Un sourire moqueur aussi. Parce que la Dragonstone elle avait l’air tellement stupide, à tenir son épée du bout des doigts le visage crispé par cet effort qui n'en était  même pas vraiment un, stupide avec son petit châle qu’elle ne daignait toujours pas lâcher et ses poignets si raides qu’Asya aurait presque pu la prendre en pitié. Non, vraiment, ce n’était pas tant la médiocrité de la jeune femme qui posait problème, mais l’attitude méprisante qui ne semblait que trop décidée à accompagner ses moindres faits et gestes. . « Je me permets de supposer qu'il y a une posture spécifique à adopter ? » Ne pas tout gâcher par manque de patience surtout. Ça vibrait dans l’esprit d’Asya mais ne parvenait pas à atteindre sa cible, alors plutôt que de se laisser envahir par une fureur qu’elle peinerait à maîtriser, la louve préféra essayer de prendre les choses avec psychologie. Même si voir Visenya comme une pauvre enfant victime de son éducation ne lui paraissait pour le moment pas la chose la plus évidente qui soit, c’était sans nul doute la plus sage.  Remballer sa froideur et son sarcasme surtout, dieu qu'elle y tenait à ce foutu boulot.  « Oui. » Elle n’y arrivait pas vraiment, avec ce ton presque gelé et sur ses lèvres une grimace déterminée à s’étaler. Patience Asya.

« Honnêtement, sans vouloir sembler circonspecte  je m'interroge sur la réelle utilité de cet entraînement ; j'estimerais plus pertinent que » C’en était trop. Beaucoup trop. Le désarroi enveloppant la jeune sorcière, celle-ci n’hésita qu’un instant, désireuse de faire en sorte que son élève ne perçoive pas son incapacité à la comprendre. Impossible de savoir si la Dragonstone employait volontairement un vocabulaire de nature à la dérouter ou si c’était sa façon naturelle de s’exprimer. Sans réfléchir, et dans le but d’étouffer les soupçons plutôt que de réellement faire du mal à cette élève qui représentait sa seule façon de gagner un peu sa vie de manière plus honnête que de coutume, Asya laissa son bras fuser, sans y glisser trop de force de sorte de ne pas trop abîmer Visenya-non pas qu’elle appréciait sa conversation, mais la rendre infirme sur un coup de colère mal contrôlé n'était pas non plus l'idée du siècle. Cependant, à la grande surprise d’Asya, Visenya parvient à parer, avec une vivacité déconcertante. Interloquée, la louve ne songea même pas à réattaquer lorsque son élève cassa à nouveau son poignet, adoptant une attitude faiblarde qui soudain se peignait d’un air aussi faux que son apparente fragilité. Peur, surprise, outrancièrement affichées sur son visage blafard furent vite remplacées par une colère que Visenya semblait éprouver autant pour son maître d’armes que pour elle-même « Ça va pas non ?! Tu pourrais prévenir, l'objectif est de m'apprendre à me défendre, pas de me passer à tabac avant que j'apprenne quoi que ce soit ! » Voilà pour la question du langage : la fureur déshabille souvent les mots de leurs jolis atours, et Asya ça la faisait sourire un peu désormais, insolemment. Elle préférait ça. Ignorant les airs indignés de la demoiselle, elle l’examina avec un peu plus d’attention, essayant de voir au-delà du masque qu’elle paraissait si habituée à porter. Il y avait les muscles qui se dessinaient sous l'étroitesse des vêtements, cette vivacité dans les gestes dont une fille de son rang n'aurait jamais du être dotée, et puis ce petit quelque chose dans le regard qui contrastait un peu trop fort avec l’attitude de petite précieuse qu’elle semblait si encline à adopter. De quoi troubler Asya plus qu'elle ne le laissait paraître. « Je voulais savoir qui tu étais, c’est tout. » Elle sourit, franchement moqueuse pour le coup, amusée par ce retournement de situation. « Ça te pose un problème ? » qu’elle lance, cherchant à gagner du temps, et à aligner un raisonnement cohérent. Songer à une coïncidence serait bien trop simpliste, vraiment, alors il lui fallait au plus vite attaquer à nouveau, pousser la Dragonstone à se révéler plus encore, quitte à y aller un peu trop fort. « Puisque tu y tiens, je te préviens que je vais attaquer. » Sarcasme encore, qu’elle commençait tout juste à maîtriser dans cette langue étrange qu’est l’anglais. Alors elle fonce Asya, elle lève son arme et l’éclate contre la hanche de Visenya d’un geste froid, elle danse et assaille, attendant la faille qui poussera encore une fois la jeune femme à brandir ses armes. Cette fois elle se permet de dévorer des yeux le moindre détail.

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Ҩ Re: Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ? Ҩ Dim 3 Sep - 22:39

Tu souris et elle pince les lèvres, provoquée et furieuse. Furieuse contre toi, contre elle surtout, contre cette situation qui lui échappe totalement. Depuis dix ans, on lui apprend à être la meilleure, on lui apprend à être digne, on lui apprend à gagner. A quel moment est-ce que ça a commencé à vouloir dire qu’il fallait qu’elle soit délicate, précieuse et pimbêche ? C’est comme ça qu’elle se sent, c’est comme ça qu’elle pense devoir agir, face à toi, avec cette arme dont elle n’est pas supposée savoir se servir. C’est comme si elle essayait d’enfoncer son visage dans un masque aux traits trop différents des siens. Elle n’a pas envie, elle ne veut pas être faible, comme au début, comme avant l’entraînement. Mais à l’inverse, comment justifier son expérience si elle décide de l’assumer ? Que dira-t-elle à ses parents ? Admets-le, que ça ne te convient pas. C'est bien pour ça que tu as voulu sortir de ta petite zone de confort. Ta vie ne te suffisait déjà plus.
D’un coup, elle se débat avec les larmes qu’il faut refouler. Elle a envie de se tordre, de gratter là, là où ça démange, là où ça dérange, sous la peau. « Je voulais savoir qui tu étais, c’est tout. » C’est son tour de sourire, malgré elle, d’un air un peu amer qu’elle efface aussitôt pour une expression trop neutre pour être vraie. Qui elle est ? Eh beh, si jamais elle a répondu à ta question sans le vouloir, elle aimerait bien que tu lui communiques la réponse. Ca l’aiderait, pour de vrai. « Ça te pose un problème ? » Elle ne te fera pas le plaisir de répondre, ton sourire est déjà bien assez agaçant. Pourtant, il est hors de question qu’elle te montre à quel point elle s’en offusque. Peut-être qu’elle devrait te menacer d’aller prévenir son père ? Elle étouffe un petit rire méprisant ; rien que son écho dans son crâne lui est insupportable. Qu’est-ce qui se passe ? A quel moment est-ce qu’elle a commencé à se détester autant, à haïr ce qu’elle est devenue ? Elle fronce les sourcils, ça ressemble trop à ce qu’Adonis lui a dit ; ses pensées se calquent presque mot pour mot sur les paroles de son ancien professeur et ça la déchire à l’intérieur. Il ne peut pas avoir raison. Il est hors de question qu’elle laisse son monde voler en éclats. Alors elle fait taire ses pensées, simplement. Elle arrête de se demander ce qu’elle pense de ce qu’il faut qu’elle fasse, et elle le fait. C’est pour ça qu’elle est. Faire ce qu’il faut. Comme on lui demande. C’est pour ça qu’elle est la plus douée après tout.

« Puisque tu y tiens, je te préviens que je vais attaquer. » Elle se mord la lèvre pour ne pas répliquer ; bon sang mais qu’est-ce que tu l’énerves, c’est pas possible. C’est pas arrivé depuis longtemps. Le coup part, vite, et elle hésite une seconde, parce qu’elle ne sait pas si elle doit contrer ou prendre le coup, et puis elle se dit que ce serait trop gros qu’elle ne pense pas à parer ce coup là puisqu’elle était prévenue alors elle déplace son arme, avec trop peu de force pour contrer le coup pourtant : son arme est déviée, la tienne cogne sa hanche et elle se laisse tituber sur le côté, un grognement de douleur coincé entre les lèvres. Elle a fermé les yeux sous le coup, et quand elle les ouvre elle s’attend à te retrouver piquée devant elle, prête à lui donner mille conseils pour qu’elle arrête de se faire avoir aussi bêtement ; mais non, tu es déjà en train d’attaquer, et elle bondit en arrière tant bien que mal, esquivant le coup suivant de justesse. Tu l’assailles, elle repousse maladroitement un coup sur deux, le visage parfois défait, parfois concentré, entre deux failles du masque mal placé sur sa figure. Les attaques qu’elle n’arrête pas la cognent de plein fouet ; elle encaisse, les dents serrées, sans réaliser qu’elle aurait déjà dû demander grâce si elle n’avait pas eu l’habitude de prendre des coups. C’est de plus en plus dur, pourtant, de plus en plus violent, aussi ; tu la pousses à bout, elle ne s’aperçoit pas que ta démarche est calculée, s’exhorte mentalement à tenir un peu plus, simplement, mais au fond elle sait déjà qu’elle n’y arrivera pas. Elle vient à bout de sa propre patience, quand elle regarde les coups qu’elle pourrait arrêter mais qui s’écrasent pourtant sur son corps, sur ses avants-bras qu’elle place parfois en barrage, sur ses côtes, ses épaules et ses hanches.
Et puis c’est trop, d’un seul coup. Elle esquive un estoc, le laisse passer tout près et profite du trou dans ta garde pour fracasser son arme contre ton tibia puis dans tes côtes en un fraction de seconde, avant de reculer d’un pas, parfaitement en garde, le souffle court. Elle a mal partout avec ces conneries. « Oh, pardon » elle fait, sarcastique, entre deux inspirations rapides « J’aurais peut-être dû te mettre en garde, moi-aussi : » elle avance d’un bond pour être à portée - « Je te préviens que je vais me défendre. » -, balance quelques coups que tu pares, que tu rends, qu’elle contre à son tour ; les mouvements sont plus rapides, plus puissants, des deux côtés : malgré son efficacité inattendue et l’effet de surprise, elle comprend que ton expérience est de loin supérieure à la sienne et qu’elle ne s’en sortira pas comme ça. Sans prévenir, elle en laisse passer un, décide de ne pas l’arrêter et préfère en profiter pour abattre sa propre arme sur toi, de l’autre côté. Le bois claque en même temps contre vos corps -elle lâche un bref cri de douleur-, mais au lieu de se remettre en garde, elle bloque ton arme dans sa main libre et tire un coup sec pour espérer te désarmer. Tu t’accroches, mais l’effet de surprise a son effet : déséquilibrée, tu titubes vers elle et d’un placement de pieds judicieux, elle parvient à te faire tomber durement au sol. C’était parfaitement déloyal, mais elle n’a vraiment pas honte. Quand elle veut se redresser en inspirant à fond, pourtant, quelque chose se pince dans sa poitrine et elle se plie en deux, le souffle plus court encore, les traits déformés par la douleur. Merde, elle a sûrement une côte cassée. Le dernier coup était dur, elle n’aurait pas dû s’estimer capable de l’encaisser. Elle a lâché son arme, pose ses deux mains sur ses genoux pour se redresser un peu dans un grognement. Elle n’ose pas te regarder, réalisant seulement à quel point exactement est-ce qu’elle vient de se foutre dans la merde.

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And if you're still bleeding, you're the lucky one. 'Cause most of our feelings, they are dead and they are gone. We're setting fire to our insides for fun, collecting pictures from the flood that wrecked our home. It was a flood that wrecked this. And you caused it.
And if you're in love, then you are the lucky one, 'cause most of us are bitter over someone. Setting fire to our insides for fun, to distract our hearts from ever missing them. But I'm forever missing you. And I caused it.
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Askyria || And if there's something wrong, who would have guessed it ?

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