AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Protect me from what I want ♠ Asylith I

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Assaillants
avatar
Assaillants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 163Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Protect me from what I want ♠ Asylith I Ҩ Mar 18 Avr - 3:27


Protect me from what I want

Asylith


Il y a des jours comme ça, des jours où tout semble gelé à l’intérieur, des jours où tu ondules sans savoir où aller, où le vide te recouvre de l’âme à l’os, où t’as envie de disparaître et pourquoi pas de t’éteindre, des jours où ça fait mal, simplement mal, les nuages qui entourent tes pensées, l’incohérence qui les animent et puis cette nuit dans ta tête, des jours où tu sais plus vraiment si t’as déjà vu l’soleil, où ça hurle tout au fond. Des heures où la bête t’abandonne et s’amuse à laisser la culpabilité  s’installer, doucereuse, venir te caresser. Envie de vomir et réveil trop douloureux, lumière qui filtre à travers la toile de tente, et le parfum lourd qui t’entoure, ce besoin d’air quand tu étouffes, écrasée par ta propre présence. T’as envie de courir, de partir, de t’enfuir, loin, jusqu’à un point d’eau glacée et d’y plonger la tête pour retrouver la lucidité et plus laisser cette douleur t’empoisonner, envie de te secouer, de dompter les pensées qui s’accumulent amusées pour toujours mieux te blesser. Mais c’est comme ça, c’est le prix du silence. L’esprit apaisée mais le cœur en morceaux. Faut choisir, Asya, soit t’es forte soit t’es comme ça, réduite à t’envelopper dans ta tunique un peu usée, genoux repliés contre ta poitrine et cheveux emmêlés, image trop vraie de la cinglée que tu incarnes.
Il y a des jours comme ça où tu préférerais que la que la lumière s’éteigne et que tes paupières se ferment, des jours où tu voudrais bien plonger dans un sommeil artificiel ou dans l’inconscience de ta propre sauvagerie, des jours où t’as le corps trop lourd, écrasé par ce que tu as été, envahi par ce mal. Des moments où tu souhaiterais presque t'abandonner à la voix, la laisser te murmurer quoi faire pour que ça cesse, tuer si ça lui plait et laisser le sang d’autrui colmater tes propres plaies.  Mais tu le feras pas. C’est pas aujourd’hui que tu céderas, hein, Asya, aujourd’hui c’est toi qui gagne cette bataille. Tu te lèves et tu apprends à vivre ainsi parce qu’au fond tu auras toujours un peu trop mal, et que laisser la colère te dominer c’est placer un pansement qui infecte au lieu de soigner, une corde de plus passée autour de ton cou. Pourtant y’a plus vraiment de refuge quand Deirdre est loin de toi, presque plus d’apaisement, où que tu sois car au fond les douleurs brûlent partout pareil. Partout sauf avec elle. Lilith.C'est vers cette femme qu'il faut que tes pas te mènent.


****

Asya a tressé ses cheveux, encore, toujours, par commodité. Après toutes ces années, se contempler dans un miroir et voir son démon intérieur à ses côtés l’effraie toujours autant. C’est malsain, désagréable, comme sensation, entre entendre et observer il y a un monde, toute une réalité. Mais ça importe peu, au fond, elle a apprit à faire sans. Enfile un pantalon près du corps, une tunique bleu sombre et des bottes de cuir noir. Pas de maquillage, pas aujourd’hui, et puis de toutes façons, elle n’est pas censée s’apprêter, juste rendre visite à la seule personne capable de la maintenir à la surface les jours comme ceux-là. Pourtant elle hésite, et se saisit du petit rouge à lèvres que Deirdre lui a laissé, tachant de l’étaler sur ses lèvres, maladroitement. Loupé. Elle nettoie son visage et sent la colère la secouer un peu quand elle entend un rire se répercuter contre les paroi de son crâne. L'autre est toujours là.

La louve s'extirpe de la tente, vaguement enragée et traverse le campement d’un pas vif, en direction de celle de Lilith. Elle fusille du regard les quelques âmes qu’elle croise, et heureusement, personne ne se résout à lui parler. On commence à la connaître ici, et la russe ne sait pas vraiment si c’est une bonne ou une mauvaise chose en vérité. Dommage. Elle aurait bien aimé passer sa colère sur quelqu’un, s’acharner, déverser un peu la douleur avant de la retrouver. Elle s’arrête un instant devant la tente, appréhende. Après tout c’est stupide, que pourrait-elle bien lui raconter à Lilith? « Bonjour, j’ai une bestiole dans la tête et quand je suis triste je tue des gens. » Pas sûr que ce soit très séduisant. Elle soupire. Maintenant qu’elle est là, autant entrer, après tout la simple présence de la brune suffira peut-être à l'apaiser.

Asya aime bien cet endroit, le sac de frappe, le katana.. Et puis les dessins aussi,  cet art étrange qui la fascine outre-mesure, que Lilith maîtrise au même titre que l'homme qui a détruit sa vie en plantant ses crocs au creux de sa hanche, empoisonnant son sang et son esprit d’un même mouvement. Elle ne peut pas s’empêcher de s’en souvenir lorsqu’elle entre ici, et pourtant tout est tellement différent. Lilith est allongée sur le lit et Asya sent bien que quelque chose cloche. « Lilith ? » Il y a cette odeur, ténue mais perceptible par ses sens un peu plus développés que la moyenne, et cette position courbée que l’autre a adopté. Ta dulcinée est en train de crever. La louve ignore le sarcasme et l’emploi de ce terme plus que déplacé pour se précipiter vers le lit, apercevant Lilith aux prises avec un bandage qu’elle peine à appliquer.Soulagement, tellement intense qu’elle-même se sent plus que stupide en cet instant, pas besoin d'un double pour le lui rappeler. « Attend, laisse-moi faire ». Elle a la voix douce, Asya, pour une fois, un peu trop et elle n'attend pas l'autorisation de Lilith pour se pencher sur ses plaies. Sourire aux lèvres elle cherche à croiser ses yeux.«Qu'est ce que tu t'es encore fait?» Étrangement, tout va déjà beaucoup mieux.





I remember all of the things that I thought I wanted to be. So desperate to find a way out of my world and finally breathe right before my eyes I saw, my heart it came to life. This ain't easy, it's not meant to be, every story has its scars  

(c) crackle bones


Dernière édition par Asya Sadovski le Sam 22 Avr - 16:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Infiltrés
avatar
Infiltrés

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 239Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ Re: Protect me from what I want ♠ Asylith I Ҩ Mer 19 Avr - 14:17

L’air était frais. Humide. Condensé dans l’atmosphère. Ça lui piquait la peau, à vif. Pourtant elle ne s’arrêtait pas de courir, surmontant le froid qui la pénétrait de part et d’autre comme des poignards bafouant sa chair. La respiration saccadée, c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour ne pas sombrer dans la démence qui grappillait son esprit depuis qu’elle était ici. Souffrir pour se sentir vivante. Repousser les limites pour ne pas avoir à étouffer, suffoquer de l’atmosphère putride qui se dégageait sur le rocher. Et elle avait mal. Pas physiquement. Psychologiquement, elle se sentait épuisée. Fatiguée. Lasse de toute cette guerre dont elle n’entrevoyait pas la fin, alors même que rien ne s’était encore joué. Et pourtant, elle savait qu’il y aurait une fin, c’est sur cette vérité que s’était fondée sa mission. c’est sur cette vérité qu’on les avait séparés, l’un de l’autre les plongeant dans les ténèbres d’une solitude vive et impétueuse. Et les jours se ressemblaient, s’enchaînaient les uns les autres sans aucune cohérence. Mais rien n’avait de cohérence sans lui de toute manière.
Alors elle courrait. Retenant ses cris de colère venir briser le bruit des feuilles qui craquaient sous ses pas de courses. Elle courrait à en perdre haleine. Jusqu’à ce que son souffle s’amenuise. Jusqu’à ce que l’oxygène sillonnant ses veines n’abreuve plus assez son cerveau pour nourrir ses pensées perfides. Jusqu’à ce que sa tête lui tourne et qu’elle n’ait plus d’autres choix que de s’arrêter, un goût ferreux dans la bouche. L’adrénaline. Et c’est là, à bout de force que l’image d’un visage au sourire d’enfant s’installa dans sa conscience. Lui. Instantanément, elle s’apaisa et le mécanisme de son corps se réajusta, emboîtant à nouveau toute ses idées, sa lucidité oubliée pour laisser libre court à ses instincts.
Lilith sentit un liquide chaud couler le long de son bras. Puis une douleur qu’elle avait répudiée dans sa longue course effrénée revenant la persécuter avec grand entrain.  What the fucking hell ?  Ses yeux de chattes s’agrandirent de surprise lorsqu’elle posa le regard sur l’entaille écarlate de son épaule. Plus tôt, l’Irlandaise s’était vue menacée par une saleté de ces vermines sur le camp. Elle n’avait pas apprécié. Tellement pas apprécié que les choses avaient mal tournées, la langue venimeuse de la brune n’aidant pas. Et Lilith avait sortie son boomerang à lames aiguisées et  Taokashi, son Katana. Mais c’est lui qui avait attaqué le premier de son long poignard, y voyant là un intérêt plus intéressant que la baguette qu’il avait laissée à sa ceinture. Qu’a cela ne tienne, Lilith préférait le corps à corps, ça l’amusait beaucoup plus. Evidemment,  Elle n’avait pas mit longtemps à maîtriser l’autre et à lui faire mordre la poussière. Pourtant, dans un dernier élan d’orgueil, l’assaillant avait fendu l’air de sa main pour frapper le haut de son bras au moment où Lilith tournait les talons pour reprendre son chemin. Le combat avait prit fin là, lorsqu’il s’était relevé et enfuit loin d’elle, la laissant une étoile rouge sur l’épaule. Le sang roulant à grosse gouttes sur le sol. Ça l’avait agacé, elle détestait être blessée de manière aussi déloyale.  Un peu d’essence de dictame avait suffit à calmer la contraction de ses muscles pliés sous le déchirement en deux de sa chair carmin. Une cicatrice de plus ou de moins sur son corps ne changerait pas grand-chose. Elle s’y était habituée à la longue, à ces stigmates de guerrière qu’elle arborait fièrement sur sa silhouette svelte et musclée.
Et puis elle était partie courir. Parce que la rage brûlait encore. Parce que le manque du seul être capable de l’empêcher de piquer une crise de nerf et d’alimenter le brasier qui sévissait déjà, était bien plus douloureux que la dague qui avait écorché sa peau. Alors, elle ignorait si c’était le froid ou l’exercice qui était à l’origine de la réouverture de la plaie, mais celle-ci était bien plus meurtrie qu’a l’origine à présent.
Lilith passa ses doigts autour de l’entaille de sa peau incandescente  ; une contusion pourpre s’étendait là, ravagée par l’absence de soins et sa négligence. C’est contrariée que l’espionne était rentrée sous sa tente, jurant et pestiférant contre l’enfoiré qui l’avait touchée. Ne pas faire de vague. Rester discrète. Qu’ils disaient. Elle aurait bien aimé les voir à sa place. Ils n’auraient pas tenu 5 minutes, elle en était persuadée. Et Halo s’inquiéterait. Encore. Comme toujours il chercherait sur son corps les nouveaux indices de ses altercations houleuses. Et comme d’habitude elle serait bien incapable de lui mentir. La tête lui tournait encore lorsque la brune se posa sur son lit après avoir attrapé quelques bandages avec lesquels elle se débattait grossièrement en râlant. Il ne perdait rien pour attendre, petite raclure. Elle l’aurait.  «  Lilith ? » Une voix la tira alors de son acharnement,  elle releva la tête en se maudissant de ne pas avoir entendu les pas arriver, trop concentrée sur sa blessure. En voyant le visage de la jeune femme, elle se détendit immédiatement. Il n’y aurait pas d’altercation avec elle. Ce visage, elle avait apprit à le connaître depuis qu’elle était sur l’île. Asya. Un prénom qui sonnerait sans doute comme un poison pour beaucoup au vue de la réputation qu’elle se faisait. Pour Lilith, il n’en était rien. Asya. Un nom qu’elle avait apprit non seulement à respecter mais aussi à graver un peu plus fort dans son coeur. Asya. Le lien de fraternité qui lui avait toujours manqué pour compenser  ses longues heures de solitude enfantine avant qu’Halo ne prenne sa vie pour en faire quelque chose de beau, de fort. Asya. Un prénom qu’elle aimait à attendre, lui rappelant qu’un gant de fer pouvait finalement recouvrir une patte plus douce qu’elle n’y paraissait. Comme elle. Son visage sonnait en écho quelque part en elle, et bien qu’elle sente le caractère tumultueux de la femme dans ses yeux, jamais elle n’avait tourné le dos à celle-là. Parce qu’au final, elles n’étaient pas si différentes. Halo l’avait sauvé de l’animal sauvage qui dormait en elle, autrement, le monde aurait été son terrain de chasse permanent. Elle le savait. Asya. Une assaillante qu’elle n’avait jamais réussit à Haïr malgré toutes les promesses qu’elle s’était faite pour ne jamais s’attacher à qui que ce soit sur ce foutu rocher. Parce que Lilith savait. Oui elle savait que cette femme n’était pas comme eux. Ils pouvaient bien dire ce qu’ils voulaient, Lilith lui montrerait le chemin quitte à faire couler son propre sang. Et c’est comme ça qu’un lien indéfectible s’était  peu à peu tissées entre les deux prédatrices.
En quelques pas, elle l’avait rejoint et avant même qu’elle ne dise quoi que ce soit, la femme s’était emparée du bandage et observait sa plaie. « Attends laisse-moi faire. »  un sourire en coin s’étala sur son visage. La confiance.  «  Qu’est-ce que tu t’es encore fait ? ». Une grimace. Un regard qui se campa dans celui de la jeune femme. Cet imbécile lui avait offert un cadeau qu’elle ne tarderait pas à lui rendre. Mieux valait pour lui qu’il trace sa route et évite de croiser la sienne ou il lui en cuirait.  «  Cet enfoiré de Devissovitch m’a attaqué . Mais c’est rien par rapport aux mutilations que je lui aie laissé. » Elle eut un petit rire et  haussa les épaules. C’était stupide lorsqu’on y pensait. Ici, on pouvait mourir pour un oui ou pour un non, comme si la loi du plus fort prédominait sur tout le reste. Mais elle était prête. Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Son regard s’attarda sur son entaille, elle avait prit une couleur qui ne lui plaisait guère.   « C’est moche non ?  » Ses yeux se relevèrent pour venir croiser ceux de la blonde.   «  Mais je vais survivre. » un petit rictus s’égara sur son visage.


SpyGame
Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Assaillants
avatar
Assaillants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 163Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: Protect me from what I want ♠ Asylith I Ҩ Mer 31 Mai - 22:59

Lilith grimaçait, mais cela n’altérait en rien la beauté de ses traits. C’était tout de même assez extra-ordinnaire d’être tant sublimée par un sourire que par un rictus mal ajusté. Mais c’était toujours ainsi avec elle, et Asya finirait bien par s’y accoutumer, en surface, en surface seulement parce qu’il y aurait toujours au fond de son cœur ce  petit quelque chose qui lui collait un sourire de gamine sur les lèvres, qui l’effleurait là, quelque part tout au fond d’elle-même. La louve se disait souvent que c’était un peu trop beau pour la laideur de ce qui y était dissimulé, mais il y avait ces heures fabuleuses qui s’écoulaient suspendues aux rires de Lilith, à ses sourires et sa façon de lui faire croire que le monde n’était pas si sale qu’elle l’avait toujours imaginé, et que même elle pourrait un jour contribuer à sa beauté. C’était implicite au fond, mais suffisamment clair pour la percuter toute entière. Elle apprenait lentement à lire sous l’armure que portait la jeune femme mais subsistaient ces zones d’ombre justes bonnes à l’angoisser alors la russe préférait souvent faire comme si elles n’avaient jamais existé, se complaisant dans la douceur goût rêve que dispersait en elle cette relation sur laquelle elle peinait encore à placer des mots. Ça l’apaisait. Réellement. Écrasant ses démons au lieu de les nourrir, les affamant pour qu’ils finissent par s’effacer pour de bon. «  Cet enfoiré de Devissovitch m’a attaqué . Mais c’est rien par rapport aux mutilations que je lui aie laissé. »  Frisson. Trou dans le cœur et courroux qui ondule comme un serpent maladif. De quoi la rendre folle, tout simplement. Asya savait pertinemment que Lilith était loin d’avoir besoin de sa protection, mais rien n’y faisait, la louve elle sentait la rancœur ramper sous sa peau, malveillance insensée qu’il lui faudrait bien assez tôt épancher. « C’est moche non ?» Lilith avait déjà abordé des entailles bien plus profondes, bien plus sales mais à chaque fois c’était la même chose, Asya elle détestait. Elle acheva le bandage, un instant, passant et repassant patiemment, laissant ses mains effleurer la peau vaguement dorée de la blessée. Ne pas se laisser distraire surtout. La russe avait souvent regardé les filles, mais elle s’était jusque là efforcée, sans trop savoir pourquoi, de ne pas tout à fait contempler Lilith sous cet angle là. Trop dangereux sans doute, susceptible de briser le fragile équilibre dont elles s’étaient toutes les deux enveloppées.« J’ai vu pire. » Pas question de laisser deviner l’inquiétude qui faisait déraper son esprit alors qu’elle sortait sa baguette. Grâce à Deirdre, elle s’était peu à peu intéressée à l’art de soigner, c’était bien le minimum quand elle risquait si fort de la blesser. Elle murmura la formule tout doucement et un éclair bleu sombre enveloppa un instant l’entaille. « Voilà, ça devrait aller déjà mieux » Elle souriait toujours, naturellement pour une fois, le corps détendu et l’esprit éparpillé en  rêveries fines, soufflée comme un pantin de verre, réchauffée par la beauté de ces instants partagés. «  Mais je vais survivre. » Bien entendu. Elle était forte Lilith, solide aussi, et il en faudrait bien plus que ça pour l’abîmer pour de vrai.« Toi oui, lui peut-être pas.» Ça lui avait échappé, sifflement rageur égaré entre les dents, alors elle tenta de se rattraper par un sourire un peu faux, un peu stupide, espérant que le masque suffise. Après tout, elle n’était pas certaine que Lilith apprécierait qu’une furie dévaste tous les salauds qui se plaisaient à la provoquer.

Assise sur le lit de son amie, Asya observa un instant le rugueux de la tente étouffer le soleil qui tentait de s’infiltrer dans l’espace clôt, songeuse. « C’est quand même fou qu’on en vienne à se déchirer entre nous. » Les paroles sonneraient sans doute étrangement venant d’elle si ce n’avait pas été à Lilith qu’elles étaient adressées, mais le visage de l’irlandaise lui inspirait cette sensation de confiance particulière, le sentiment que quoi qu’elle dise, les choses demeureraient belles, et elle était douce, presque fiévreuse cette impression délicieuse qui s’évadait à chacun de ses mouvements. Il y avait cette timidité étrange qui lui serrait le cœur quand elle effleurait sa peau, un peu trop longuement peut-être, l’envie de glisser ses mains dans les cheveux sombres et de relever le visage sublime vers le sien, la dévorer des yeux, encore et encore, jusqu’à ce que ce qui émergeait en elle finisse par s’éteindre ou par en contaminer la source. Laissant promener son regard dans la pièce de peur que Lilith ne finisse consumée par l’intensité de celui dont elle la recouvrait, Asya se surprit à songer à l’instant où elles pénétreraient dans le château, ensemble. Pour quoi ? Retrouver Deirdre oui, mais après ? Le temps qui s’était écoulé depuis leur arrivée sur l’île avait laissé lentement faner ses ambitions, de plus en plus fort elle perdait l’espoir de se soigner de cette façon là, secouée parfois par quelque chose qu’elle identifiait comme une forme ténue de pitié. Manque du prudence ou instinct pur, c’est devant Lilith que pour la toute première fois s’exprimèrent les doutes qui la ruinaient un de temps en temps. « Je me demande à quoi ils pensent dans leur château. S’ils ont conscience que… Enfin s’ils savent ce qui va leur tomber dessus, ce dont ils, enfin ce dont on est capable. » Ils. Ça lui avait échappé comme si elle cherchait à se délier de ce groupe auquel pourtant elle avait tout pour appartenir, de la violence à son ancienne obsession pour cet objet qu’elle commençait à moins désirer. Elle se laissa recouvrir d’un petit rire, plus nerveuse qu’elle ne l’aurait voulu. « Ce que je veux dire c’est que certains vont bientôt mourir. Enfin, s’ils ont plus de chance que les gamins du labo. ». Frisson de dégoût, profond. Elle en avait vu des horreurs, commises aussi, mais ce qui se tramait en ces lieux avait quelque chose de malsain qui la mettait terriblement mal à l’aise. La violence brute était à ses yeux très différente de ce chaos orchestré que les vainqueurs subissaient. « Mais bon. C’est le jeu.» Elle s’en voulait désormais d’avoir laissé transparaître ses doutes, ce qu’elle percevait comme de la faiblesse. Plus le temps passait et plus elle se laissait happer par l’empathie, sensation dont elle ignorait encore tout il y a quelques années. De quoi l’effrayer. Mais ici c’était différent, avec Lilith et la douceur de ses yeux, la certitude que jamais elle ne la trahirait, que ce lien qu’elles avaient lentement tissé aurait bientôt un goût d’éternité.


I remember all of the things that I thought I wanted to be. So desperate to find a way out of my world and finally breathe right before my eyes I saw, my heart it came to life. This ain't easy, it's not meant to be, every story has its scars  

(c) crackle bones
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Protect me from what I want ♠ Asylith I

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Haiti and the Danger of the Responsibility to Protect
» Protect me from what I want (pv Mione)
» Poison + Rune protect + Repos = Poison
» Je sais... vous en avez marre de mes problèmes de site web...
» Protecting myself, to protect my friends (pv) -Terminé-

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum