AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Cataloge de la Grosse : OS !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Modératrice
avatar
Modératrice

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Née MoldueMessages : 188Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Animation de l'été // L'héritage du feu |Mateo Esperanza - OS| Ҩ Ven 26 Aoû - 1:31

L'enfant ouvre les yeux pour la première fois.

Fragiles, les petites paumes du garçon battent l'air pour échapper à l'étreinte glaciale d'un air qu'il respire depuis seulement quelques instants. Son corps se met en marche, ses jambes s'agitent, sa poitrine se soulève. Vif, éveillé et fou de colère, le nourisson de quelques minutes attend ce que tous ceux de son âge rêveraient ; retourner là d'où il vient. Son regard balaye le monde, qui s'annonce déjà cruellement fait de désillusions. Et ce sont ensuite à ses cordes vocales de faire le reste du travail. Ses poumons se remplissent, et se vident dans un hurlement. Ses mains se muent en poings serrés. Son visage, rouge, crispé, est aussi laid que tout enfant peut l'être à la naissance. Il se débat, furieux à l'idée d'avoir été sorti d'un cocon chaud et protecteur, d'où s'élevaient, parfois, des chants apaisants calmant ses accès de joie mouvementés. Son premier souvenir est celui de la peur. Le deuxième, celui de deux longs bras se tendant vers lui, de mains fines maquillées de rouge attrapant son corps frêle pour le serrer contre une poitrine rassurante. Son premier souvenir est fait de terreur et d'amertume. Le deuxième l'a convaincu de rester pour voir ce que serait la suite. Lové dans des bras protecteurs et aimants, le nouveau-né l'ignore encore, mais il mettra un nom sur ce visage au sourire épuisé qui se penche vers lui pour embrasser son petit front avec tendresse.
Maman.

L'enfant court dans le jardin public.


Les rues parisiennes sont illuminées par le soleil. A deux ans, le petit garçon ne connait encore que l'insouciance, le jeu, le confort d'une vie régie par deux mots simples à dire et emplis de promesse. Papa et Maman sont, à ses yeux, les seuls dieux encore existants sur Terre ; rien, alors, ne laisse présager ce qui arrivera ensuite. Il poursuit un papillon, les yeux grands ouverts sur un monde qu'il ne voit pas encore comme un milieu hostile et terrifiant ; les deux visages protecteurs et tournés vers lui sont là pour lui éviter toute menace. Maman est debout et l'observe, ses longs cheveux rouges semblant flamboyer avec le soleil. Ses yeux verts et attentifs sont prêts à signaler le moindre problème, une main portant du sable à la bouche, une chute, des pleurs. Mais rien ne se passe. Rien, et le regard attentif d'Eva Esperanza se mue en un autre, plus amusé. Un sourire éclaire ses lèvres fines. Elle est presque en paix.
Presque.

Papa est assis sur le banc, et simule, lui aussi, des sourires éclatants. Ses cernes noires sont le témoin d'un mal que personne ne peut soigner ; ses mains, amaigries par la maladie, serrent une canne au pommeau d'argent pour éviter toute chute. Ses yeux fatigués se posent sur un fils qu'il a du mal à reconnaître, par moment. Sa poitrine se soulève à intervalles réguliers, mais il compte chaque inspiration qu'il soit encore capable de faire par lui-même.
Maman n'est pas une déesse, c'est une femme inquiète cherchant, à tout prix, à sauver sa famille de la souffrance qu'elle s'apprête à endurer. Maman n'est pas aussi forte que l'enfant le croit, elle sait qu'elle ne pourra rien pour le sauver, et que cette sortie est la dernière. Maman a des pouvoirs magiques, mais ils ne sont rien face aux cruautés du destin.
Papa n'est pas un dieu, c'est un homme malade à qui il ne reste plus qu'un mois de sursis avant le grand saut dans le vide. Papa n'est pas aussi fort que l'enfant le croit, il sait que c'est la dernière fois qu'il pourra regarder son fils avec l'assurance de connaître encore son nom. Papa n'a aucun pouvoir, ni celui de guérir, ni celui de ralentir la marche du temps. Papa mourra dans trente jours.
Mais l'enfant court dans le jardin sans savoir. Se souviendra-t-il de lui ? Rien n'est moins sûr. A son âge, on sait seulement que le monde est beau, et c'est la seule chose importante à retenir.

L'enfant écoute à la porte du salon.


"Eva, je t'en prie, tu ne peux pas encore partir, tu n'es là que depuis deux jours !

- Je suis sur un gros coup, il faut que je m'en aille.

- Et ton fils, tu y as pensé ?"

Le petit garçon a six ans. Dans les limbes de son existence, il sait à présent faire léviter un objet, un court instant. Ses colères ont envoyé un coussin valser à travers la pièce. Sa tante, incapable de le voir, n'est capable que de le croire sur parole. Comme on pouvait s'y attendre, ses grands-parents l'ont renié, comme ils ont renié leur maman. Le petit garçon colle son oreille contre la porte. Maman est revenue depuis deux jours. L'étreinte salutaire de cette femme qu'il n'a pas vue depuis deux ans ne lui fait pas autant d'effet qu'il l'aurait imaginé. Il avait toujours vu sa mère comme une femme aimante, forte, présente. Aujourd'hui la seule mère qui compte à ses yeux est cette femme, aveugle, ses yeux pâles fixant le vide, tournée vers la Morgane des temps modernes, ses cheveux d'un rouge carmin inondant la pièce d'une lueur sanguine, inquiétante.

Il n'a que six ans, mais Eva Esperanza lui fait peur.

"C'est pour lui que je fais ça, Aless, et tu le sais !

- Cet enfant n'a pas besoin de la collection d'objets que tu lui rapportes, il n'y touche même pas !

- Il les a, c'est le plus important.

- C'est de sa mère, dont il a besoin.
- Non. C'est de pouvoir."

Mateo passe un oeil curieux par l'interstice de la serrure. Sa mère, assise sur son rocking-chair, ne voit rien mais comprend tout. Elle sait que si Eva ne s'arrête pas, elle le perdra. Elle a déjà commencé ; et la déchirure est incompréhensible, car même sa soeur ne le voit pas. Il ne comprend pas les enjeux bien sûr, mais il sait qu'on parle de lui. Alessandra Esperanza se lève. L'Espagnole attrape maladroitement les mains de sa cadette.

"Tu es en train de perdre bien plus que tout ce que tu as pu laisser derrière toi.

- Tu crois ?"


Le ton est sec, cassant. Inconsciemment, le petit garçon se crispe à l'entente de cette voix, dure. S'il pouvait comprendre, il saurait que sa génitrice est face à un dilemne, et pas des moindres. Rester, ou partir. Aimer son fils, ou le sauver d'une mort qu'elle ne pourrait pas empêcher. Mais Mateo a déjà fait son choix. Sa mère, c'est celle qui le berce tendrement le soir. Sa mère, c'est celle qui l'emmène au parc, au cinéma. Sa mère, elle a l'accent qui chante des berceuses le soir. Sa mère, ce n'est pas cette inconnue qui le serre à l'en étouffer, pour mieux disparaître dans la nuit noire, absente, désespérément absente.

"Je fais ça pour le protéger, et tu le sais très bien. Je ne supporterais pas de le voir mourir.

- Ce n'est pas parce que tu as vu mourir Lancelot qu'il en sera de même pour ton fils. Il va bien, il est en sécurité.

- Je veux m'assurer qu'il ne manquera de rien.

- C'est de sa mère, dont il a besoin."

Les mains décorées de rouge d'Eva Esperanza se pressent contre celles, fragiles, de sa soeur. L'enfant n'en rate pas une miette. Curieux de revoir cette femme, étrangère, peuplant de frêles souvenirs d'enfant.

"Je reviendrai, Aless, je te le promets. D'ici là, prends-en soin encore un peu, je t'en prie. Il est tout ce qui me reste.

- Eva..."

Mais la plainte s'interrompt dans un soupir. Elle va partir. Elle va encore partir, cette étrangère qui joue les filles de l'air, incapable de rester en place une seule seconde. Elle va partir, laissant le petit garçon convaincu de l'identité de sa vraie mère, sans se rendre compte qu'elle est en train de perdre quelque chose de bien plus précieux qu'une vie.
Elle va partir, en laissant derrière elle l'amour d'un fils.

Le jeune homme lui fait face.

"Alors, ça se passe bien à l'école ?

- Ouais."

Répondre par monosyllabes. Ne rien trahir, ne rien montrer. Les yeux verts de Mateo Esperanza fixent ceux d'un fantôme. D'un geste, il ramène des cheveux indisciplinés en arrière, convaincu d'avoir sa place partout, sauf là où il se trouve. Face à lui, elle est là ; inchangée, quelques cernes sous les yeux, nouvelles, des rides sur le front. Ses cheveux couleur rubis scintillent à la lueur du soleil. Nous sommes en Août, et au coeur de Grenade, c'est l'histoire de l'amour brisé qui se joue. Elle tripote machinalement un verre de gin, mal à l'aise ; l'adolescent de quinze ans ne lui dit rien, ni de sa vie, ni de ce qu'il veut devenir. Elle n'est pas revenue depuis trois ans. Oh, bien sûr, ses étagères sont remplies d'objets hétéroclites, aussi dangereux qu'inutiles, pour lui. Il ne lui dira jamais qu'il est le cancre de sa classe. Il ne lui dira jamais qu'il renoncera, dès la sortie de l'école, à tous ses talents de jeune sorcier.

"Bon et... tu as une petite amie ?

- Non.
- Mateo, s'il te plait."

Le ton dur de celle qui l'a mis au monde lui fait froncer les sourcils. Comment ose-t-elle ? Elle croit pouvoir se comporter comme une mère, là où elle n'a jamais été capable de remplir son rôle comme elle l'aurait dû. L'adolescent en est convaincu, maintenant. La seule chose dont il ait hérité de cette femme, ce sont ses yeux. Rien de plus. Absolument rien de plus.

"Pourquoi t'es venue ?

- Je voulais prendre de tes nouvelles.

- Je vais bien. Tu es satisfaite ?
- Pourquoi tu agis comme ça à chaque fois que je viens te voir ?"

Elle le fusille du regard lorsqu'il lui répond par un ricanement.

"Parce qu'il ne suffit pas d'apparaître pour attiser ma sympathie, Eva.

- Ne m'appelle pas comme ça.
- Ah ! Et comment tu veux que je t'appelle, dis-moi ? "Maman" ?"


Il esquisse un mince sourire, en attrapant son verre de Coca. Un sourire chargé d'ironie et de colère.

"Tu crois que c'est si simple ? Alors que tu n'as jamais été là pour moi ?

- Bien sûr que...
- Quand j'ai fait tomber ma première dent, tu étais là ? Et les Noëls ? Et le jour où j'ai appris à faire du vélo ? Qui est allé avec moi à Paris m'acheter ma baguette magique ? Qui m'a accompagné sur les quais du train pour rejoindre Beauxbâtons ? Qui m'a soigné quand j'étais malade ?

- Je...
- Non, coupe le jeune homme, en se redressant, furieux. Face à lui, un objet, dans une boite, semble vouloir l'agresser. Il recule, écartant sa chaise d'un coup de pied. La personne qui était là dans ce genre de moments, ce n'était pas toi. Tu venais deux jours avec tes putains d'objets à la con, et tu repartais comme une voleuse. Tu crois que c'est un comportement de mère, ça ?
- Je l'ai fait parce que...

- Je ne veux même pas le savoir, je m'en branle. Si tu veux me donner tes conneries, tu me les enverras par hibou. Ne m'approche plus.

- MATEO !"

Mais la colère de l'adolescent ne laisse aucune place à la plainte déchirante de la mère. Il s'écarte, rapidement ; et, les mains dans les poches, il quitte le bar, les sourcils froncés, transpirant sous la chaleur étouffante de l'été. Non, il ne la laissera pas entrer dans sa vie, c'est beaucoup trop tard. Elle lui a fait suffisamment de mal comme cela. Alors, s'éloignant dans les ruelles de la ville andalouse, il la laisse, elle et son amour, elle et ses peurs, elle et ses erreurs ; et Eva, comprenant soudain l'importance de sa bêtise, s'effondre, la tête dans les mains. Son fils l'a abandonné. Sa plus grande peur, la seule ; c'est par elle-même qu'elle l'a réalisée, en voulant le protéger à tout prix. Elle ne pourra jamais plus rien faire pour lui qu'à distance.

Avec, au moins, une centaine de hibous de retard.

Le jeune adulte est habillé en noir.


Au bord du Guadalquivir, le jeune homme de vingt cinq ans regarde le soleil mourir derrière la ville blanche. Il n'a jamais quitté l'Espagne que pour se rendre à l'école ; mais désormais, cette époque est bien loin derrière lui. Ses mains de pianiste touchent sans trop de conviction l'urne d'argent logée au creux de ses paumes. Il sait ce qui lui reste à faire ; mais, le regard plongé dans l'eau bleue du fleuve, il s'interroge. La dernière volonté de sa mère était celle-ci. Cette femme qu'il a reniée il y a dix ans et dont il n'eut plus jamais de nouvelles depuis.

Chaque année, pour son anniversaire, elle lui envoyait une chose nouvelle. Des objets chargés de magie, d'après elle là pour le protéger. Il le sut en lisant une de ses lettres ; chose qu'il ne fit plus jamais ensuite, se contentant de les laisser mourir dans la cheminée. Dans sa poche, une autre, confiée par un sorcier, faisant office de testament. Avec un petit sourire, il penche la tête, pour regarder l'urne funéraire contenant les derniers restes de cette femme dont il ne sait rien. Que lui a-t-elle légué, elle qui est morte comme elle a vécu, vaincue dans les restes de sa dignité, assassinée en pleine rue pour une affaire de vol et de banditisme ? Tuée par un sortilège de mort, alors qu'elle avait encore son couteau dans les mains. Cette mère, morte à quarante cinq ans, de façon aussi foudroyante qu'elle a vécu. Instables, ses mains reposent Eva Esperanza sur le sol. Il prend une inspiration. Puis, de sa poche, il tire une lettre froissée, qu'il accepte de lire, comme cadeau d'adieu.

"Mon fils,

Si tu lis cette lettre, cela voudra dire que je suis morte. Par elle, tu obtiendras ainsi mon testament, et ces explications qui t'ont cruellement manquées pour me comprendre. Je ne prétends pas que cela serve d'excuse à mon comportement ; tout au plus, cela te permettra peut-être de comprendre.

Mon fils, chaque cadeau que je t'ai envoyé, je l'ai obtenu avec mon sang et ma sueur. Chaque objet que je t'ai rapporté m'a fait aller au delà de mes limites ; chaque parcelle de pouvoir que j'ai pu obtenir, je te l'ai offerte. Il est bien malheureux que je ne comprenne que maintenant que tu n'avais pas besoin de cela, mais bien de l'amour d'une mère. Ce que je n'ai jamais réussi à t'offrir.
Mon enfant, je t'ai aimé, à ma façon. Je t'ai aimé si fort que ma peur de te voir partir avant moi m'a faite agir en défiant toutes les conséquences. Jamais je n'aurais cru que je te perdrais. Dans mon égoïsme, j'ai pensé que ta reconnaissance scellerait notre relation, que tu comprendrais sans que j'aie besoin de te l'expliquer ; mais cela n'a pas été le cas, et aujourd'hui je sais pourquoi. Pardon, Mateo, pardon de t'avoir laissé si seul. Pardon de t'avoir fait croire que ta mère était ailleurs. Car je n'ai jamais été loin de toi ; mais dans un autre sens, je n'ai jamais été là.

Mon petit garçon, un jour, tu as eu des parents. Ils vivaient à Paris, loin des hommes et du monde ; ils avaient les arts pour air, la musique pour nourriture. Ils étaient convaincus que l'univers ne pourrait pas tourner sans eux. Ils s'imaginaient être les maîtres d'un tout. Ils étaient convaincus que rien ne pourrait les séparer, qu'ils étaient liés, et que cela ne pourrait jamais se briser. Tu es né dans cette vie de fantasmes et de rêves, et nous avons pris soin de toi, sans faillir, pendant deux ans. Mais je n'ai aimé qu'une fois, mon fils, une seule. Je l'ai aimé si fort que lorsqu'il est parti, j'ai su que je n'aimerais plus jamais autant.

J'ai su que malgré tous mes efforts, je serais incapable de te protéger, comme je n'ai pu le sauver de la mort malgré mes talents de sorcière. J'ai cru que ma quête du pouvoir me permettrait de te protéger de tous les maux du monde. Je voulais faire de toi un roi. Je voulais te rendre invincible. J'ai eu si peur de te voir partir que je n'ai pas imaginé un seul instant que j'étais en train de t'abandonner. Aujourd'hui, je sais ce que j'ai fait, et je sais que je ne pourrais jamais le réparer. Tu lui ressembles, tu sais. Tu as son regard, et ses cheveux. Tu as son cynisme et son intelligence. Tu as son don pour la musique, bien plus que tu as le mien pour la magie.

Je sais que par rancoeur, tu as renié une partie de toi-même. Je sais que tu es bien plus musicien que sorcier. Je sais que tu as brisé ta baguette et brûlé tes grimoires. Je sais que tu ne veux plus en entendre parler. Mais si tu changes d'avis, mon enfant, tu recevras mon violon et mon archet ; joues-en une fois, et peut-être comprendras-tu à quel point tu es unique. Cet instrument te revient de droit. Il est toi. Le mélange parfait entre le son et le pouvoir.

Je t'aime, Mateo. Je n'ai jamais cessé de t'aimer. Dans l'au-delà, où que je sois, puisses-tu un jour me pardonner.

Ta mère,
Eva."

Il lit et relit, trois fois. Son père, ce spectre terrifiant dont il ne savait rien, à part qu'il était mort lorsqu'il avait deux ans. Son père, que sa mère avait trop aimé, et dont le coeur s'était asséché sitôt qu'il s'en était allé. Son père, qu'elle n'avait pu sauver. Et lui, laissé sur le banc de touche comme un chien affamé, attendant vainement de récupérer les dernières miettes d'affection de cette étrangère aux cheveux de feu, qui désirait être appelée "Maman" mais qui n'avait jamais mérité qu'un "Madame". Il replie la lettre, soupirant, une main dans ses cheveux indisciplinés. Puis il se penche. Attrape l'urne, délicatement. Oui, il pourrait sans doute la pardonner. Ce ne serait pas facile, mais personne n'est infaillible. Cette femme l'a aimé à sa façon. Mais elle l'a perdu. Ouvrant l'objet, il met deux pieds dans l'eau froide, près du courant ; et, chantant des airs d'Espagne, il verse la moitié des cendres d'Eva Esperanza dans ce fleuve bouillonnant, aussi sauvage que cette femme dont il ne connaissait presque pas l'histoire.

Il a hésité, mais il le sait ; il ira à Paris dans deux jours. Près de la tombe de Lancelot Perez, il la laissera le rejoindre. Ces deux amants-là n'avaient pas de place pour un enfant.
Mais cet enfant pouvait leur en faire une au creux de sa mémoire.

L'homme trie le commencement de sa vie.


Demain, il doit rejoindre le Bolchoï, à Saint Petersburg. Violonniste dans l'un des plus prestigieux orchestres d'europe, Mateo Esperanza, trente cinq ans, observe en silence ses cartons, et ce qu'il n'y a pas encore mis. Une étagère entière, sur le mur du fond, est peuplée d'objets hétéroclites. Plusieurs bagues. Des coupes, des poignards, des livres anciens, une vieille blague à tabac, un verre d'argent, un miroir brisé. Ce serait ce qu'il rangerait en dernier ; qu'il jetterait, sans doute. Jamais il ne s'était servi de tout cela. Il n'en avait pas l'utilité. Eva, persuadée que sa vie serait périlleuse, l'avait muni de toutes ces protections pour lui garantir une vie longue et paisible. Mais sorcier, il ne le fut que le temps de ses études ; sa vie, c'était la musique.

Il ferme avec soin la sacoche contenant un vieux violon et un archet poussiéreux. Cette seule chose qui lui avait fait grimper les échelons si vite, sans avoir à prononcer la moindre formule. Une seule note, et la salle entière se trouvait là, silencieuse, hypnotisée, admirative ; on entendait que lui. Il soupçonnait, bien sûr, une trouvaille de sa mère pour accomplir de tels exploits ; mais jamais sa place n'aurait été garantie dans l'instrument prodigue. Il laisse l'objet dans un coin de la pièce ; celui-ci prendra l'avion avec lui, sur le siège passager. Le reste sera envoyé plus tard. Récemment divorcé, Mateo jette, pêle-mêle dans un carton, les souvenirs qui lui restent de Joana, la femme avec qui il a partagé neuf années de sa vie, et une petite fille. Elle ne quittera pas l'Espagne. Ces choses-là, il les lui rend. Il verra sa fille une fois par mois, et c'est très bien comme cela.

Sans s'en rendre compte, Mateo suivait le chemin que sa mère lui avait montré.

Enfin, une fois la pièce vidée, il s'intéresse à l'étagère. Effleurant quelques objets de ses longs doigts, il les sent pulser d'une force mystérieuse. Chacun a une utilité, bien sûr, et Eva les avait décrites dans chaque lettre. Mais il est bien incapable de s'en rappeler. Circonspect, il frissonne au contact glacé d'une coupe en verre élégamment ouvragée. Il se brûle un doigt sur un couteau écarlate. Puis ses mains se referment sur le sabre.

Malgré les années sans le toucher, il n'a pas pris un seul grain de poussière. L'objet venaitt de Chine, et avait été dérobé à un sorcier réputé, deux années avant la mort d'Eva. Elle lui avait bien sûr, donné les précautions à prendre en cas d'utilisation ; mais il avait brûlé cette lettre sans la lire, comme les autres. Curieux, Mateo lève le sabre en l'air. Le métal laisse courir des éclats irisés sur la lame. Il y a quelque chose de dangereux là-dedans. Mais il ne saurait dire quoi.

Il agite le sabre dans tous les sens, simulant pour un instant infantile un abordage de bateau, souriant légèrement à l'idée que cette chose est là pour le protéger du malheur. Bien sûr qu'avec ce sabre dans les mains, il se sent plus fort. Mais sa vie, paisible, n'a pas besoin de ce genre de stupidité. Il fend l'air, sans le moindre bruit, répendant une chaleur agréable et puissante dans le bras gauche de l'homme. Cette chose a dû tuer, beaucoup tuer. Quels sont ses pouvoirs ? Alors qu'il laisse l'arme redescendre vers le sol, Mateo songe avec effroi qu'il ne veut pas le savoir. Alors, il s'avance vers l'étagère. Dix ans que ces choses n'ont pas été déplacées. Dix ans, sans le moindre incident, et pourtant, cela arrive aujourd'hui, quand le sabre, bougé un peu trop vite, frappe le miroir brisé qui éclate en mille morceaux, faisant trembler la main de l'espagnol.

La pièce semble fondre.

Des torrents de flammes ardentes provoquées par le Feudeymon, lâché dans la maison, commencent d'abord par dévorer tous les trésors à proximité. Chaque pouvoir est relâché, augmentant violemment la faim inassouvie du maléfice. Mateo n'a même pas le temps de penser à son destin. Il lève simplement les yeux. Puis la chaleur le happe comme un gouffre. Son regard surpris s'éteint dans le brasier de l'Enfer ; à peine a-t-il le temps d'accorder une dernière pensée à sa mère. Les flammes lui évoquent brièvement ses cheveux, avant que sa pensée ne s'éteigne. De la pièce, ne restèrent que des bris de verre et des torrents brûlants. Du violon magique, ne resta qu'un morceau de bois survivant.

Du fils qu'elle avait voulu protéger à tout prix, il n'y eut plus qu'une cendre amère qui s'éparpilla au fil de la brise du vent.

Le Bolchoï attendit l'Espagnol, mais l'Espagnol ne vint pas. Joana attendit l'argent de son divorce, mais jamais il n'arriva. Matilda, sa fille, pleura son père, désespérément. Mais il n'était déjà plus là pour l'entendre. Il n'avait rien senti en mourant. Les choses avaient été bien trop soudaines. Ses pensées n'avaient même pas eu le temps de prendre forme. Les sorciers mirent à nu les dépouilles de tous les objets magiques volés un peu partout dans le monde, écrasés, fondus, détruits. D'Eva et de sa famille, ne resta alors plus qu'un pâle souvenir de scandales et de mort. Mateo n'en fut pas le spectateur.

Mateo Esperanza est mort à 35 ans. A l'âge de son père. Et celui de sa tante.


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Modératrice
avatar
Modératrice

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 67Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ Cataloge de la Grosse : OS ! Ҩ Dim 2 Avr - 21:29

Bonsoiiiiir

Je lance ma petite contribution aux OS du forum n.n j'en ajouterai dès que j'aurais le même courage que ce soir !

J'espère que ça vous plaira ♥️



   
Your true colors are beautiful
L'amour est un roman du cœur dont le récit n'appartient qu'aux amants.
Just call me up, 'cause I will always be there.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Modératrice
avatar
Modératrice

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 67Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Partout, mais tu ne le vois pas ♥
Ҩ Re: Cataloge de la Grosse : OS ! Ҩ Dim 2 Avr - 21:33


"C'est vraiment déprimant, ces films."

Assis sur un canapé de cuir noir, dans une maison de campagne près des falaises d'Irlande, l'homme reposa sa cigarette dans le cendrier de verre, et passa une main dans ses cheveux. Il était près de minuit, et pour lui il était largement l'heure de quitter le bateau et de monter jusqu'à sa chambre ; à dire vrai il préférait même se coucher plus tôt. Avec un soupir, il examina la pile de livres posée sur la table basse près de lui. Il en lisait quatre en même temps, voguant au gré de son envie. Il les finissait tous, plus ou moins lentement selon la qualité de chaque ouvrage. Il ne lirait pas ce soir ; il était trop tard. Ce maudit film avait duré deux heures trente, c'était beaucoup trop long. Il attrapa nonchalamment la télécommande et éteignit l'écran de télévision, avant d'attraper l'autre pour couper la cassette vidéo, qui rembobina sous sa commande. Il soupira, en la reposant ; près de lui, une forme bougea. Une forme fine de femme, dont la tête reposait sur sa cuisse depuis une bonne heure déjà. "Moi j'aime beaucoup ces films." il eut un sourire en glissant une main dans des cheveux d'ébène. Elle était belle, cette fille, il l'avait toujours pensé. Belle depuis un nombre trop important d'années pour qu'il se décide à les compter sans rester silencieux quelques secondes. Il attrapa sa cigarette, qu'il ralluma ; recrachant la fumée dans le grand salon, il se redressa, à peine. Elle suivit, dévoilant un visage de sale gamine, aux grands yeux sombres et au sourire de petite fille. "Sexe, action et beau garçon, je ne vois pas ce que tu leur reproche."

Il se mit debout, et étira ses bras maigres, avec une grimace. Il laissa passer quelques doigts sur sa nuque, et il tendit la main pour qu'elle le suive. Le rituel avait lieu tous les soirs ; ils n'y manquaient que lorsqu'ils avaient envie de faire autre chose. Ou quand elle arrivait à le convaincre de sortir. Ces soirs-là, il attrapait un téléphone pour appeler une gardienne d'enfants et ils revenaient, le soir. Tard. Et éméchés. Ce soir-là, elle avait choisi le film, c'était son tour. Et il fallait admettre qu'il s'était prodigieusement ennuyé. "Bah, disons que je n'ai plus cet émerveillement." Elle éclata de rire. Enroulant ses bras autour de son cou, Lilith Whelan embrassa son nez, moqueuse. "L'enfant que tu étais adorait James Bond." il soupira. "Je suppose que je n'en suis plus un." le sourire de Cendre s'évanouit comme neige au soleil. Il continuait à l'appeler comme cela lorsque les autres se donnaient des surnoms affectueux vides et utilisés par tous. Cendre, c'était elle ; cette femme qui n'était pas devenue ce qu'elle voulait, mais qui était restée tout de même. Elle dissimulait ses regrets derrière des romans policiers et des films d'action, pour oublier que leur tentative avait été un échec.

Pas assez de courage, pas suffisamment de motivation ou seulement un coup du sort, le fait était là ; ces enfants qui avaient désiré à tout prix faire partie des services secrets avaient tout simplement échoué. Oh, ils n'avaient pas raté de concours ou d'examens ; Ils avaient renoncé. Il pinça les lèvres, en la voyant légèrement reculé. L'histoire avait été écrite autrement. A vingt ans, Gabriel Whelan n'avait plus les mêmes rêves. Lorsqu'elle lui était tombée dans les bras, il l'avait récupérée et il avait immédiatement eu ce sentiment d'être complet, de n'avoir besoin de rien d'autre chose. Ils avaient passé leur enfance à n'être que des espions courant dans les jardins familiaux ; et puis l'adolescence les avait frappés. Peu à peu, l'idée s'était écartée de leur esprit jusqu'à ne devenir que l'un des ultimes rêves rangés dans un placard. Elle était devenue entraîneuse dans un club de football féminin et avait rapidement gravi les échelons, à force de volonté et d'énergie, face à une phallocratie qui avait cherché à la briser ; jamais elle n'était tombée. Lui, était entré au conservatoire à onze ans et ne l'avait quitté qu'avec un prestigieux diplôme en main. Devenu concertiste, il avait joué dans les plus grandes salles du monde. Parfois elle le suivait, parfois c'était lui. De temps en temps elle jouait un match dans une ville ; il donnait un concert dans la rue voisine. D'autres fois encore, elle le voyait l'encourager dans les tribunes. Elle était toujours au premier rang pour la Campanella de Liszt. Et puis ils avaient eu un petit garçon. Cendre attendait le deuxième.

Mais des agents, ils n'en avaient jamais été, non.

"Tu as des regrets ?"
il le pensait, à chaque fois que cela se produisait. Si elle aimait toutes ces choses, c'était peut être parce qu'elle aurait aimé avoir un autre avenir. Après tout, c'était cela qui les avait rapprochés au départ. Ces deux enfants qui étaient le noir et le blanc, l'énergie et le calme. Les doigts de Gabriel frôlèrent lentement les touches d'ivoire du piano à queue trônant dans le salon. Elle se glissa derrière lui, ses bras autour de son ventre. "Est-ce que j'en ai l'air ?" Il la devinait sourire. Et il soupira, à peine, de soulagement. Cendre avait toujours été toute sa vie. Et l'avenir qu'ils avaient, il n'en avait jamais rêvé d'autre. Il se retourna, posa les mains sur des hanches plus rondes. Il la regarda avec émerveillement. "Tu aurais voulu que je sois James bond ?" elle se mit à rire, en posant son front contre le sien. "Tu es mieux que James Bond. Il change de femme à chaque film alors que toi, tu me gardes." "C'est parce que James Bond ne t'a jamais rencontrée." Quelques doigts posés sur sa joue et il l'embrassa, simplement. Ceux qui la rencontraient tombaient toujours sous son charme. Mais elle était à lui. Il lui avait passé la bague au doigt vingt années auparavant. Elle était à lui et elle ne partirait pas tant qu'il en prendrait soin. Son index glissa sur sa joue. Elle appuya sur ses épaules pour le faire assoir sur le tabouret du piano. "Je ne t'échangerai pas, même contre Sean Connery." elle laissa une hanche s'appuyer contre l'instrument. Elle ferma les yeux, paisible. Elle était belle, aussi bien quand elle brûlait de colère que lorsqu'elle était calme. Auprès de lui, elle était apaisée. Le feu brûlant dans son ventre s'apaisait, lentement. "Joue-moi la comptine, s'il te plait." il hocha la tête, détournant le regard ; un sourire aux lèvres, il laissa ses mains courir sur les touches blanches et noires. La valse d'été résonna dans la pièce. Ils risquaient de réveiller l'enfant dormant tranquillement dans la chambre du haut... mais ce n'était pas grave. Elle garda les yeux fermés alors qu'il jouait, un sourire apaisé aux lèvres. Elle était superbe.

Lorsque les dernières notes résonnèrent dans le silence, elle ouvrit enfin les paupières. Ses iris sombres se posèrent sur lui, puis elle fit un pas ; s'asseyant sur ses genoux, elle le regarda avec tendresse. "De tous ceux que j'ai entendu, vous êtes le meilleur, Monsieur Whelan. Je suis chanceuse de vous avoir épousée." ils auraient pu avoir une vie palpitante et faites de surprises, d'imprévus, de missions périlleuses. Ils avaient préféré à cela une vie pleine de douceur. Des rituels chaque soirs, des sorties au cinéma. Des enfants. Une famille. Il passa une main dans ses cheveux, puis contre sa joue. Mille vies d'espion n'auraient pas vallu celle-ci. "James Bond est un imbécile, de toute manière." elle éclata de rire, en le serrant contre elle. Il ferma les yeux. Aucun rêve n'était aussi grand qu'elle, de toute manière.



   
Your true colors are beautiful
L'amour est un roman du cœur dont le récit n'appartient qu'aux amants.
Just call me up, 'cause I will always be there.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Modératrice
avatar
Modératrice

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Née MoldueMessages : 188Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: Cataloge de la Grosse : OS ! Ҩ Mar 11 Avr - 2:14



Il recula pour observer son reflet dans la glace.

Le jeune garçon laissa une mèche de ses cheveux dériver sur son front, glissant le long de sa joue en ondulation élégante. Ses yeux d'émeraude scrutèrent les moindres détails de sa tenue, ses vêtements, sa posture ; satisfait, il poussa un léger soupir. Dans l'appartement Londonnien au coeur secret de la ville, il se retourna, pour attraper sa baguette magique, qu'il fit tournoyer entre ses doigts ; Il la rangea, ensuite, dans le fourreau de cuir offert à son dernier anniversaire. Ce genre de cadeau prestigieux arrivait tous les ans depuis qu'il avait six ans ; à chaque Noël, chaque anniversaire. Lorsqu'il allait le fêter ailleurs que dans le foyer éphémère où on l'avait laissé. Il passa une main dans ses cheveux, tranquille. Il faisait beau ce jour là ; c'était suffisamment rare pour être noté. Il traversa sa chambre, décorée de rouge et or ; le lion de Gryffondor était là, un peu partout, sur les murs, accroché un peu partout pour qu'il n'oublie pas. Il fronça les sourcils à cette pensée, en rajustant les plis de sa veste. Oh non il n'oublierait pas. Il passa la porte, calme ; autant qu'il l'avait toujours été. Passant dans le couloir, il croisa le regard de celle qu'il appelait affectueusement "Valk", assise sur un canapé, un livre à la main ; ses yeux bleus croisèrent les siens, et il se détourna. Elle savait parfaitement où il allait ; mais même si ses yeux se chargèrent d'inquiétude, elle ne prononça pas le moindre mot. Elle n'avait pas le droit ; c'était inscrit sur son bras.

Elle l'intercepta à l'entrée. Dans le vestibule, il s'immobilisa, raide, les poings serrés ; Mateo Esperanza ne s'habillait jamais aussi bien que pour ce genre d'occasions. Il suffisait aux deux femmes partageant sa vie de le voir aussi élégant pour comprendre. Des deux, celle qui lui fit face était la plus coriace. Il s'immobilisa, devant la porte ; près de lui, Eva l'arrêta, d'un geste de la main. Mateo tourna la tête, lentement. Si sa mère l'empêchait de sortir, cela risquait de très mal aller. "Laisse-moi passer s'il te plait." le fils parlait d'une voix lente, tendue ; voilà deux semaines qu'il attendait ce moment, il n'allait certainement pas laisser passer cette occasion. Ni elle, ni personne ne pourrait l'en empêcher. Il refoulait la vague de haine et de rancoeur depuis suffisamment longtemps ; il avait eu quinze jours pour y réfléchir. Si elle lui faisait barrage, il la pousserait, et peu importaient les moyens. Le regard brûlant de sa mère accrocha le sien ; elle ouvrit la bouche, il ferma son esprit. "Je ne veux pas que tu y ailles." "Je me moque de ce que tu veux, encore plus de ce que tu ne veux pas. Je vais le voir." "Tu n'es pas obligé d'y aller. Rien ne t'y oblige." Il haussa les sourcils. Oui, bien sûr. S'il décidait de revenir sur ses pas, de retourner dans sa chambre, ce serait de son fait, et c'était tout ce qu'elle espérait. La vérité, et il l'avait compris plusieurs jours avant, c'était qu'elle ne pouvait rien faire d'autre. Il avança d'un pas ; la main tremblante de sa mère se posa sur la porte. "Fais demi-tour."

"Non." la voix calme de l'adolescent résonna, et la main d'Eva Esperanza se crispa sur la poignée de la porte. Les dents serrées, elle luttait contre la souffrance, et il le savait ; ses yeux verts trahissaient la douleur qu'elle éprouvait, cuisante. "Le fait est que je veux et que je vais y aller. Ton avis n'entre pas en ligne de compte, tu n'as pas le choix." les yeux de sa mère se portèrent sur le couloir ; là où la femme qui partageait sa vie lisait, loin du tumulte, loin de la dispute. Elle n'était pas en odeur de sainteté auprès de l'hispanique, alors mieux vallait rester en dehors de ce conflit. "Elle ne t'aidera pas. C'est elle qui m'a tout dit, tu te souviens ?" bien sûr qu'elle se souvenait. Les hurlements de rage de son fils avaient fait trembler les murs. Rien n'avait pu empêcher ni sa rancoeur ni sa haine. C'était inscrit dans le marbre ; et depuis lors, il n'avait plus adressé le moindre mot à sa mère. Il lui en voulait, et c'était corrosif. Comment avait-elle simplement osé lui mentir, et lui trahir de cette façon ? Il fixa la main posée sur la poignée. "Tu es en train de m'empêcher de le voir et tu n'en as pas le droit. Recule." elle serra les dents, ses yeux se chargèrent de peur ; mais aveuglée par la douleur, Eva Esperanza recula ses doigts, les déroulant du métal froid. Il n'en fallut pas plus. Un geste, un regard chargé de mépris, et le garçon franchit la porte, les mains dans les poches.

Il traversa les rues Londonniennes, le visage fermé, sous le soleil qui auparavant l'aurait émerveillé. Mateo était un contemplatif. Observer les paysages, la ville et ses habitants, fixer l'architecture et sourire au soleil ; voilà ce qu'il avait toujours aimé. Mais ce jour là, son regard d'eau sale resta bien fixé sur le sol ; il marcha comme un automate, traversa les rues, bouscula les moldus sans même y prêter la moindre attention. Il fallait qu'il vérifie, il fallait qu'il sache. Il fallait que l'homme qu'il allait voir lui donne une confirmation.

Il passa la grande porte de la résidence sans sourire, sans un regard vers l'avant. Il savait ce qui l'attendait à l'intérieur ; l'image d'une personne qui avait toujours pris soin de lui, jusqu'aux instants les plus durs. Il avait participé activement à son éducation, et lui avait appris tout ce qu'il savait ; l'homme aux multiples visages était, aux yeux de Mateo, une figure d'autorité qu'il respectait et qu'il aimait autant qu'il la craignait. Mais pas la moindre trace de peur ce matin-là ; lorsqu'il traversa les couloirs richement décorés pour rejoindre un petit salon sur la droite. Il poussa la porte, faussement calme ; à l'intérieur, la tempête du sud attendait simplement son heure pour exploser. Il avait le sang de sa mère. Et ce sang là ne supportait pas l'échec. Devant lui, Adonis Greengrass lisait sur un fauteuil, les jambes croisées. "Je t'attendais. Tu es un peu en retard." le jeune homme fronça les sourcils. "Elles ne voulaient pas que je vienne. Comme d'habitude." le visage du métamorphomage se tourna vers lui. Sans un mot, il ferma l'ouvrage, qu'il reposa calmement sur une table ouvragée près de lui ; puis il se redressa, impeccable et soigné, comme à son habitude. Debout, face à lui, il regarda l'adolescent, et esquissa un sourire mince. "Impeccable, comme d'habitude."

"Il faut qu'on parle."
il avança d'un pas, raide comme la justice. Les poings serrés, il soutint le regard d'Adonis, ses yeux clairs fusillant les siens. L'autre croisa les bras, dans une posture de défense ; l'insolence était un trait de caractère qu'il n'appréciait que moyennement. "Je t'écoute."

"Il y a deux semaines, j'ai parlé de ta venue à Londres, à la maison. A Valkyria." les yeux du mangemort s'étrécirent. Oui, il tapait déjà là où cela faisait mal. "Et en quoi cela me concerne ? Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas parler d'e..." "Elle a tout balancé." un sourire mauvais se dessina sur le visage du garçon. Plus que jamais, Mordred Esperanza ressemblait à Lancelot Perez à cet instant. L'air frondeur sur son visage fin, et ses cheveux, impossibles à maitriser, qu'il tentait pourtant de tenir droit pour l'homme qui lui faisait face. Valkyria avait tout dit. Et ce qu'il avait appris était intolérable. "Vous m'avez menti pendant dix ans." "Attention Mateo, tu t'engages sur un terrain glissant." la voix lente de Mordred s'éleva dans la pièce. En temps normal, il se serait tu ; mais le jeune homme se contenta simplement de faire un pas de plus. "Je veux la vérité, et tu vas me la donner." "Et si je refuse ?" nouveau sourire. Comme s'il pouvait négocier quoi que ce soit. "Si tu refuses, je m'en irais. Et tu ne me verras plus jamais." une pâleur, légère, apparut sur le visage de son vis à vis. Oui, il avait gagné. Il aurait ce qu'il voulait.

"Pose tes questions."
raide, Mordred se rassit. D'un geste, il invita Mateo à faire de même ; mais le jeune sorcier ne bougea pas. Son regard harponna le sien. Il n'avait pas peur. La crainte avait disparu, remplacée par une profonde et immense colère. "Tu savais qui était mon père ?" "C'est moi, ton père." le timbre de Greengrass claqua, sec. Et Mateo fronça les sourcils. "Tu sais très bien de quoi je parle." "Si tu veux parler de l'homme qui t'a engendré, je ne l'ai jamais connu. J'en sais seulement de ce que j'ai trouvé." "Mais tu as fait des recherches." "Oui."

Bien sûr qu'il en avait fait. Adonis Greegrass ne laissait jamais rien au hasard, songea l'espagnol, les dents serrées. Il lui apprenait cet adage depuis ses cinq ans. Dix années à lui obéir, à l'aduler comme la personne la plus intelligente qu'il connaisse, avec sa mère. Dix années couvertes de mensonges. "Et tu ne m'en avais jamais parlé." "Ce n'était pas à moi de le faire, mais à Eva." "Elle a toujours refusé et tu le sais. J'ai posé beaucoup de questions quand j'étais petit." "Des questions insupportables." Adonis associa le geste à la phrase, balayant d'un revers de main ces idées incongrues. "Et ennuyeuses. Je n'avais rien à te dire." "Tu t'es bien gardé de me dire la manière dont tu m'as trouvé." le regard de l'autre se chargea de colère. Mateo ne baissa pas les yeux. Valkyria lui avait tout dit. Absolument tout. "Comment tu as fait chanter ma mère pour me garder auprès de toi. Comment tu m'as enfermé dans une cave pour me tenir loin d'elle. Comment tu l'as ensuite forcée à faire ce que TOI tu voulais de moi." il y eut un silence, long. L'homme le fixa, sans dire mot d'abord ; il était en colère, c'était plus que visible. Seulement voilà ; le gamin s'en moquait. L'importance de ces informations avait manqué, toute sa vie. Lorsque le Choixpeau l'avait nommé à Gryffondor, il avait cru à une erreur. Sa mère n'aurait jamais fait partie de cette maison. Et son père... son père ? Mais lequel ? Celui qui s'était autoproclamé comme tel, ou celui qui avait disparu, qui n'avait seulement jamais existé dans son esprit ? Le second, assurément. Le premier n'avait aucunement sa place dans cette maison là. C'était un trait de son esprit qui ne convenait à personne, et cette idée l'avait rendu fou.

Puis il se leva. Adonis lui fit face, tentant, et Mateo le voyait, de dissimuler l'excès de colère menaçant de poindre ; son calme, froid, le glaça. Un calme qu'il avait appris à contrôler lui aussi. "Supposons que je l'aie fait. De quoi te plains tu ?" les yeux de l'adolescent s'agrandirent. Quoi ? Mais déjà, il poursuivait. "Je t'ai élevé, je t'ai appris tout ce que je savais et j'ai participé à ton éducation pour faire de toi un homme. Qu'avais tu à perdre ? Tu n'es pas fier de ce que tu es en train de devenir ? Tu es respecté, apprécié. Que te faut-il de plus ?" "Il me fallait la vérité. Vous n'aviez pas à le cacher." le regard d'Adonis noircit. "Je ne comprends pas de quoi tu te plains. Ton père est mort deux ans après ta naissance, il ne t'a rien apporté. Moi je suis là depuis toujours. J'ai participé à ce que tu es devenu." "Tu as condamné ma mère pour ça." "Et je n'ai aucun regret. En rejoignant Valkyria, elle m'a trahi moi aussi. Nous étions en guerre, les choses étaient différentes." "Je n'avais rien à voir avec ça." des larmes brûlantes apparurent sur les joues du garçon. C'était injuste. "J'étais un instrument de chantage, un jouet." "Tu ne l'as jamais été."

Un instant, quelque chose brilla dans le regard du mangemort. Quelque chose que Mateo chercha à attraper, de toutes ses forces ; les yeux de l'homme se posèrent sur lui, et le détaillèrent. Cet adolescent, il l'avait élevé, et il avait pris cette possibilité par la force. Mais il n'en avait jamais éprouvé le moindre regret. Il lui avait tout appris ; à s'habiller, à se tenir, à devenir plus fort, tous les jours, jusqu'à l'épuiser ; mais la récompense avait toujours été là. Dans le regard chargé d'adoration de cet enfant, Mordred Dolohov avait fini par trouver la rédemption et l'affection qu'il avait cherché toutes ces années. Il s'était trouvé un but, un héritier ; cet héritier qu'il n'aurait jamais soupçonné, pourtant. Et quelque part, même s'il ne l'avait pas choisi, il l'avait aimé. Lui qui avait eu l'impression de perdre une partie de lui lorsqu'Amatis lui avait dit la vérité, dix années auparavant. "Tu n'as jamais été un jouet pour moi." l'adolescent le fixa, indécis, des larmes de rage plein les yeux. "Pourquoi tu m'as menti ?" ["Est-ce que cela t'aurait apporté autre chose que des regrets que de savoir le contexte de ma rencontre avec toi ? Est-ce finalement ce qui compte le plus ?" cette fois, ce fut lui qui approcha. Cette figure paternelle qu'il avait adorée et qui revenait vers lui. Nécessaire. Absolument nécessaire. Il n'avançait pas, sans lui. Et lorsque les bras d'Adonis se refermèrent autour de lui, il accepta, simplement, d'être incapable de connaître la colère. Il lui devait trop. Il était lié à lui, et l'idée de s'en détourner lui parut soudainement ridicule, quand la main rassurante et forte du père passa dans son dos, pour apaiser ses tremblements. "Ou bien est ce tout ce que je t'ai apporté, et tout ce que je vais continuer à t'offrir ? T'ais-je fait du mal une seule fois ?" Non, il ne l'avait jamais fait. Le visage de Mateo se perdit contre une veste impeccablement coupée. "Bien des gens peuvent douter de ma bonne foi mais pas toi. Je ne le permettrais pas. Pas alors que je prends soin de toi depuis dix ans. Tu es important à mes yeux, Mateo." des paroles enrobées de miel et à la sincérité déconcertante. Il se détacha et posa une main sur son épaule. Rassurant. Réconfortant.

"Tu es mon fils, n'en doute jamais. Moi en tout cas, je n'en doute pas."
non, en effet. Mais il était difficile d'y croire quand il voyait ce que cela avait engendré. Jamais Eva ne lui avait parlé de Lancelot. Jamais ce nom, synonyme de douleur et de larmes, n'était sorti de sa bouche. Seul celui de Mordred, chargé de reproches amers et de haine. Pourquoi, il ne l'avait jamais su ; lui qui aimait son père adoptif comme personne d'autre. Ce père, qui lui parla, encore une fois. "Laisse moi te guider, et tu seras un puissant. Tu pourras être fier de ce que tu es devenu grâce à moi." il le croyait, bien sûr. Il suffisait de voir la notoriété d'Adonis aux yeux de tous. Et il lui proposait la même chose. Une vie dénuée de problèmes, truffée de solutions si on savait les chercher. Alors, il baissa sa garde ; oubliant sa mère, oubliant le reste, il laissa son nez rejoindre l'horizon du sol, les yeux fermés. "Je suis désolé." soumis. Flexible. Obéissant. Mordred le regarda, satisfait ; un sourire se dessina sur son visage, alors que d'une pression sur l'épaule, il l'invitait à se mettre en marche. "Viens, maintenant. Il est temps de se remettre au travail." son fils. Un garçon dont il était fier. Une raison d'exister qu'il n'aurait jamais pu soupçonner, et pourtant il était là. Et il le rendrait plus grand, Adonis le savait.

Les conséquences et le passé n'avaient ni importance ni place.


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Some men just want to watch the world burn
avatar
Some men just want to watch the world burn

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 242Date d'inscription : 07/02/2016Localisation : Domovoï's Rock.
Ҩ Re: Cataloge de la Grosse : OS ! Ҩ Mar 11 Avr - 2:31

ADONEO. :rainheart: :rainheart: :rainheart: :rainheart: :rainheart:

Merci pour ce texte, c'est superbe. Et tellement, tellement plein de justesse et d'émotions. Je l'adopte immédiatement.



Welcome to my world of fun
If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Modératrice
avatar
Modératrice

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Née MoldueMessages : 188Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: Cataloge de la Grosse : OS ! Ҩ Mer 19 Avr - 17:41

EXPLICIT.


Noir.

Noir comme ses yeux, comme ses longs cheveux, comme les courbes enfantines qu'elle avait troqué contre des formes de femme. En silence, il la regarda évoluer dans la pièce, mystérieuse, orageuse ; sa soeur cadette avait le caractère de l'orage et le tempérament d'un feu de cheminée, maîtrisé en permanence mais dangereux si on la laissait brûler trop longtemps. La main contre le bois sombre de la porte, caressant le vernis dans une parodie de terribles préludes amoureux, Alazar Lestrange darda ses grands yeux sombres sur elle, sa soeur. C'était drôle, à y repenser ; de se dire qu'il avait cherché ce genre de contacts dans tellement de lits qu'il avait perdu le compte, pour finalement s'apercevoir que la seule et véritable chose qui l'intéressait c'était cette silhouette de femme, sous une robe d'un carmin sombre qu'elle arborait comme une provocation. Il fit un pas en avant, et le plancher craqua lentement ; Amatis se retourna. Elle avait les cheveux lâchés, il pouvait presque en sentir le parfum de là où il était ; prédateur, pris par une envie inassouvie de chair fraîche, il traversa la pièce, un sourire mauvais sur le visage.

Elle était belle, cette jeune soeur. Il l'avait vue grandir, fleurir, s'épanouir ; elle était belle et sans doute qu'elle le savait, la garce, à le regarder avec cette mine provocatrice comme si elle n'attendait que ça. Après tout, elle en avait eu des hommes, avant lui ; elle savait sans doute déjà comment on faisait non ? Le regard mauvais, il la détailla ; ses jambes interminables, ses hanches fines et saillantes, son buste, sa poitrine opulente et ses yeux, sombres, qui le fixaient avec une mine presque amusée ; oh oui, il n'y avait aucun doute là dessus ; ce soir, sa soeur serait dans son lit. "Amatis..."

Elle lui fit face, succube insupportable hantant ses plaisirs solitaires ; l'intouchable sur laquelle il posa la main, d'abord sur sa hanche, presque sage. Elle n'avait pas véritablement envie de dire non, de toute évidence ; ses yeux brillaient d'une luxure qu'il devinait, sans doute bien enfouie. Elle allait adorer, c'était évident.  La main sagement posée s'aventura sous le tissus de la robe de velours, sur la peau brûlante de ses cuisses ; à peine un frémissement, un soupir. "Tu m'as manqué, aujourd'hui" il lui jeta un regard lourd de sens ; la main se sa soeur se posa lentement sur son poignet. Faible. Trop faible. "Non." "Pourquoi ?" un sourire s'échappa de ses lèvres entrouvertes ; il ressemblait à un fauve. Soulevant d'avantage le tissus, ses doigts s'aventurèrent sur le tissus d'un sous vêtement qu'il devinait beaucoup trop léger ; pourquoi faisait-elle ainsi la prude alors qu'elle ne demandait, visiblement, que ce qu'il avait l'intention de lui faire ? "Parce que ce n'est pas bien ?" "Alazar, arrête." la main posée sur son poignet faiblissait. S'abandonnait au contact de son frère aîné qui, dans un geste, l'attira contre lui ; d'un baiser violent il la fit simplement taire.

"C'est sans doute parce que c'est immoral que ça me plait le plus."
sans cesser de sourire, il l'attira vers une table ; la main sur son poignet alla s'enrouler autour de sa nuque quand elle l'attira à nouveau, rendant les armes. Quand il l'allongea, elle ne fut plus capable que de regarder le plafond, la main dans les cheveux de son aîné ; pourquoi, elle n'en savait rien. Et Alazar Lestrange se moquait bien des états d'âme de sa soeur quand, dans un geste et avec un bruit de tissus déchiré, il dévoilà une poitrine qu'il avait vu grandir. "Et maintenant, ne bouge plus." autoritaire, comme il l'avait toujours été. Convaincu de sa force, et de son bon droit ; après tout, les femmes n'avaient jamais été là que pour assouvir les plaisirs des hommes. Sa soeur en était l'exemple le plus juste ; elle écarta simplement les jambes pour lui laisser tout le champ libre. "Gentille fille." un sourire, une morsure sur son épaule ; il n'eut simplement qu'à défaire la boucle de son pantalon.

Il attendait cela depuis bien trop longtemps.



=====> Chachou tu me le paieras.


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Cataloge de la Grosse : OS !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Le taux de grosse a triplé;
» Grosse bébête poilue cherche...
» C'est toujours la p'tite bête qui mange la grosse !
» Hello !La grosse folle arrive !
» Je suis un papillon de nuit, une grosse mite quoi!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum