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 OS ► SWAP DE PERSONNAGES !

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : aussi pur qu'un diamantMessages : 1998Date d'inscription : 15/07/2014Localisation : Durmstrang.
Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:43

DEKLAN LEVSKI



Je tiens à préciser que la majorité des dialogues ont bien été prononcés par Deklan Levski.



L’upper east side – Deklan, 17 ans

J’ouvre mon casier, c’est le bordel. Qu’est-ce que j’ai comme cours aujourd’hui ? Je ne sais plus, toutes mes pensées sont toujours dirigées vers la même chose depuis des semaines : le bal de fin d’année. Enfin je vais être le roi, enfin tous ses élèves, plus idiots les uns que les autres, avouons-le, vont me reconnaître en tant que roi de la promo. Certes, je suis plus que populaire, je suis hyper populaire. Je jette un œil dans la glace que j’ai collé contre la porte de mon casier. Toujours aussi beau gosse. Je m’accorde un petit clin d’œil, avant de me recoiffer, puis je claque mon casier. Bien, il ne reste qu’une chose à faire : être certain que je vais gagner, et qu’Irina sera elle aussi reine de la promo. A vrai dire je n’ai pas le choix, elle ne cesse de menacer de raconter à tout le monde que je fais des Uv. Et puis, elle est terrifiante.
Je vois Dragomir au loin, je lui fais un signe de la main. Pas loin derrière, c’est Arsenic qui débarque. Mes deux acolytes !
-Ah les mecs ! Après les cours, rendez-vous au QG.
Sous- entendu, notre bar à sushi du moment. Dragomir et Arsenic acquiescent, et nous nous dirigeons à notre premier cours de la journée.

**
Bar à sushis

Une fois tous assis, je regarde mes deux amis. Je prends un air très sérieux, et leur dit :
-Bien les gars, il faut que je sois élu roi du bal de promo.
- Evidemment Dek’. Comment tu comptes t’y prendre ?
-On va truquer les votes.

Arsenic me fixe comme si j’étais dingue.
-Mais c’est hyper dangereux !
- C'est un risque qu'il faut prendre. Je ne suis pas rassuré non plus, je n'ai pas envie de mettre qui que ce soit en danger, mais le fait est qu'on est tous menacés, et l'urgence est de se préparer à contrer cette menace-là. On n'a pas le choix.

Dragomir et Arsenic me regardent, ont un temps d’arrêt.
- Vous inquiétez pas les gars, j’ai un plan. Mon intelligence à moi, je l'utilise.
-Ok, je te crois mec,
me répond Dragomir.
-Bien. Tout ce qu’on aura à faire avant le soir du bal c’est préparer plusieurs votes à mon nom. Puis, on fera diversion vers ceux qui s’occupent des votes, Arsenic je compte sur toi à ce moment-là. Pendant ce temps, Drago et moi on remplira l’urne avec nos votes, et hop ni vu, ni connu, je suis roi, et Irina reine.
-Irina ? Demande Drago une mine dégoûtée
- Il fallait bien lui donner une chance, la pauvre Irina, si ça se trouve je suis le seul mec canon qu'elle aura jamais eu dans son lit.
-Pas faux, me répond Arsenic.
-Ouais mais tu crois pas que les autres vont devenir qu’on a triché ?
Je fixe Drago, et secoue la tête :
-Ils croient qu'ils ont le pouvoir, avec leurs victoires politiques et le nombre de gens qui connaissent leur nom. Mais c'est moi qui l'ai. J'ai le pouvoir de faire ce que je veux, de me détacher de toute leur connerie.
Mes deux amis ne semblent pas trop comprendre ce que je leur dis, mais pour moi ça a du sens, c’est tout ce qui compte. De toute façon, je ne les ai pas choisis pour leur intelligence, c’est moi le cerveau. J’attrape un sushi, que j’engloutis directement.
-Moi je pense que les autres vont être déçus que ce ne soit pas Roman l’élu, réplique Arsenic.
- Roman ? T’es sérieux ?
-Oui, pourquoi tu le détestes ? Il est sympa, et il joue bien au baseball.
- Parce qu'il est méprisable et qu'il se prend pour le roi du monde. Ca lui fait pas de mal de descendre un peu de son piédestal.
-Oui mais je pense que ça va être suspect.
- Tu ne m'apprends rien du tout, et j'ai autre chose à faire que de t'entendre pleurnicher comme un enfant.

Arsenic semble vexé, et se concentre sur sa soupe miso. Je regarde Dragomir, attendant sa réaction.
-T’inquiète je te suis.
- Nous voilà quittes, j'espère que tu es fière de toi. Tu fais honneur aux Dark boys, en tout cas. L'exemple même de la sagesse et de l'intelligence.

Ouais les Dark boys c’est notre nom de groupe, la classe je sais, c’est moi qui l’ai trouvé. Tout à coup, j’aperçois Tom arriver. Il est bizarre dans son genre, c’est con parce que son style collerait carrément à notre groupe de rebelles. Arsenic me lance :
-On pourrait lui demander de nous aider.
- J'imagine que ça peut attendre la fin du tea time.

Arsenic et Dragomir me regardent, et je leurs lance :
-C’est une expression familiale.
Je finis par me lever, et aller voir Tom assis tout seul à sa table.
- J'ai une proposition à te faire. Si tu peux accorder un peu de crédit à une vraie chiffe molle parmi le célèbre clan des Dark boys, je pense que tu aurais ta place parmi nous.
Tom semble surpris, et ne répond rien. Je me demande s’il sait parler d’ailleurs, je ne me souviens pas avoir déjà entendu le son de sa voix.
- Tu as l'air de cacher pas mal de surprises. C'est curieux, en général il y a peu de défauts de fabrication chez les produits hauts de gamme.
J’essaie de l’amadouer, mais il semble ne pas réagir.
-Ok, je veux être nommé roi au bal de promo, et j’ai besoin d’un mec comme toi pour nous aider.
Plus on est et mieux c’est. Tom me grogne quelque chose, mais je ne comprends pas.
-Je vais prendre ça comme un accord. On se retrouve le soir du bal !
Je lui donne une tape sur l’épaule, et rejoins Arsenic –qui boude toujours- et Dragomir qui fixe son maki à l’avocat d’un air bizarre. Mais rien ne m’arrêtera à présent, je serai roi.

**

Soir du bal

Mais qu’est-ce qu’ils foutent ? C’est dingue je leur donne un horaire et un lieu précis, mais ils ne sont toujours pas là. Je réajuste ma coiffure rapidement grâce à mon miroir de poche. Bon, parfait, je suis plus que séduisant, et la couronne m’ira à ravir. J’espère qu’Irina ne s’est pas habillée comme un sac, on risquerait de faire tâche sinon. Enfin j’aperçois Arsenic et Dragomir arriver.
-Ah quand même !
-Désolé Dek, Arsenic a eu un dilemme de chaussettes.

Arsenic lance un regard mauvais à Dragomir, et me lance :
-Oui mais c’est bon, on est là, on a le temps !
- Mais on n'a pas l'éternité devant nous. Ca m'étonnerait que dehors, ils attendent tranquillement qu'on ait fini de se préparer.

Je tente de me calmer. Respire Deklan, respire, tout va bien se passer, tu es le cerveau, tu es le cerveau.
-Bon, vous avez les tickets avec mon nom ?
Dragomir tapote le sac en toile qu’il tient à la main. Je lui fais un clin d’œil entendu.
-Parfait. Allons faire une petite ronde de reconnaissance, surtout : fondez-vous dans la foule, et on se retrouve dans trente minutes derrière le rideau pour les votes.
Arsenic et Dragomir acquiescent, puis nous rentrons dans le gymnase décoré pour l’occasion. J’aperçois Irina, je lui fais un petit signe, et elle comprend que j’ai la situation en main. Soudain, je vois Tom. Je me dirige droit sur lui.
-Tom ! Je te cherchais. Bon tu es prêt pour ce soir ?
Il me répond, mais je ne comprends pas.
- Je te demande pas la lune, merde. Je veux juste comprendre, ça me semble pourtant pas trop demandé.
Tom s’énerve, parle de nouveau, mais à cause du bruit aux alentours, je ne perçois pas tous les mots. Il me semble qu’il parle de la fille qui s’est jetée du haut du lycée l’an dernier :
-Te fatigue pas. Elle s'est suicidée au début de l'été, c'est ça ?
Non décidemment, c’est pas ça. Je rajoute :
- J'te jure que j'ai. J'ai pas voulu qu'elle meure. Tom j'ai jamais voulu lui faire de mal.
On est dans une impasse.
-Laisse tomber Tom. Dans trente minutes rejoins-nous derrière le rideau pour les votes ok.
Je le laisse, et alors que j’allais faire un tour vers le buffet, je rentre dans Roman. Agacé, je le dévisage de haut en bas. C’est ma technique d’intimidation. Je prends mon air le plus furax, et comme ça les gens savent à qui ils ont à faire.
-Prêt à savourer ta défaite Roman ?
-Je gagne toujours Deklan.
- Toi tu continues de triompher, tu tires sur ta cigarette et quand tu balanceras ton mégot au goût de victoire consumée, tu te rendras peut-être compte de tout ce que tu as fait brûler.

Il me fixe, sourcils froncés. Oui j’aime bien faire de grandes phrases que les gens ne comprennent pas, ça me donne l’air intelligent.
-Si tu veux, en tout cas, je ne vois pas pourquoi ce serait moi qui perdrait ce soir ?
- Parce qu'avant, t'avais pas de vie à toi. Tu risquais pas de mourir. Parce que pour mourir il faut avoir vécu.

Et boum ! Deuxième grosse phrase. Là je le vois son air perplexe, son air idiot. Ah ça me fait plaisir. Mais le temps passe, et je dois m’occuper des votes.
- L'humble crétin que je suis peut donc te conseiller d'arrêter un peu de râler pour rien et d'aller trouver un endroit un peu plus adapté pour ta personne. Je te ferai coucou du podium.
Et je le laisse sur ces mots. Allez, il faut que je rejoigne Arsenic et Dragomir, c’est là que tout se joue. Je me glisse derrière les rideaux. Personne, je vois la grosse boite en bois sur la table. J’attends. Qu’est-ce qu’ils foutent ? J’attends. Ils finissent par arriver, je m’exclame, énervé :
- On vous aurait pensé évaporés dans la nature si ça n'avait pas été encore plus dangereux à l'extérieur qu'ici-même.
-Dangereux ? Mais putain t’avais dit que tu gérais, répond Arsenic.
-C’est bon, panique pas,
lance Dragomir.
-Allez assez discuter. Sors les votes Dragomir, et toi Arsenic va vite faire diversion vers la fille qui s’occupe des votes, elle va bientôt revenir pour compter je penser.
Arsenic hoche la tête, et disparais derrière le rideau.
-Bon, à nous !
Dragomir s’approche de la boîte, la regarde, et essaie de l’ouvrir, en vain.
-Il faut les clés.
-Quoi ?
-J’ai besoin des clés, je peux pas ouvrir la boîte sinon.
- En tant que membre du Dark boys responsable je suppose que tu aurais quelque chose d'un peu plus intéressant à me proposer.

Dragomir secoue la tête, et réplique :
-Aide moi au lieu de faire des leçons !
- Je peux finir par me balancer au bout d'une corde que ça nous fera pas avancer d'un centimètre !

Je sais, j’ai toujours de grandes phrases dans toutes les circonstances.
-Mais je sais pas Drago, pète la serrure.
-Non, Arsenic doit revenir, il sait comment ouvrir n’importe quelle serrure. Je vais le chercher.
-Bon ok mais grouille !

J’en ai marre, c’est pas ce que j’avais prévu. Je tape du pied, j’attends, ils reviennent.
-Alors, vous n’arrivez pas à ouvrir la boîte? questionne Arsenic.
- Si tu penses que ça a été facile tu te fous la baguette dans l'oeil jusqu'au coude.
Drago me fixe, et demande :
-De quelle baguette tu parles ?
-Rien, c’est une expression familiale. Allez Arsenic, ouvre cette putain de boîte.

Il s’exécute. Puis on entend parler derrière le rideau.
-Merde, ils arrivent.
Arsenic accélère, et parvient à ouvrir la boîte.
-Allez les gars, les papiers.
-Oui, oui,
réplique Dragomir.
-  Je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas l'intention de leur offrir du thé quand ils arriveront tous dans le but de vous faire la peau.
-T’as un soucis avec le thé mec,
me lance Arsenic.

Je ne réponds pas, légèrement vexé. Décidemment, ils ne comprennent pas mes expressions. C’est enfin bon, les votes dans la boîte, nous retournons discrètement dans la salle bondée. Je retombe sur Roman un verre à la main, et en me glissant à côté de lui, lui souffle :
- En tout cas j'espère que ça ne te montera pas à la tête trop vite ; j'attends juste que tu profites de la soirée avant de t'avouer que j’ai gagné parce que j'ai trafiqué les votes … merde, ça m'a échappé ?
Un petit sourire de vainqueur sur le visage, je le laisse en plan, comme un idiot. Puis, vient le moment tant attendu. Je rejoins Irina, l’air de rien. Bon elle est pas trop mal, même si sa robe d’une couleur violette presque vomitive n’est pas fameuse, elle fera l’affaire. Roulement de tambour, la directrice s’avance, et annonce :
-Le roi du bal de fin d’année, j’ai nommé : Deklan !
Je prends mon air surpris, souris, et monte sur l’estrade.
-Et la reine du bal : Irina !
Tout le monde nous acclame, Irina me rejoint. Enfin, le moment absolu, celui que j’attendais tant.
-Deklan, voudriez-vous nous dire quelques mots sur Irina ?
Je suis hyper nerveux en fait. Je prends le micro, les mains moites. Je regarde devant moi, et je lance :
- Plus j'apprenais à la connaître et plus j'avais peur qu'elle me prenne pour un imbécile de rustre ignorant.
Ok, c’est pas ce que je voulais dire. Raté. Silence. Je rajoute :
- Je ne sais même pas trop comment la décrire. C'est dur de la décrire avec des mots.
La directrice vole à ma rescousse, et relance :
-Et qu’est-ce que cela vous fait d’être roi du bal ?
-Je suis très fier d’être ici ce soir. En tant que roi, je tiens à prouver mon intégrité dans ce lycée. Mon aide, je ne vous la propose ni par pitié, ni par générosité. Et encore moins par crainte. Ca ressemble plutôt à de l'humanité de base. Il faut qu'on fasse front ensemble, je ne vois aucune autre solution.  On crèvera sûrement tous avant d'avoir revu le monde extérieur. La seule à qui vous devez encore quelque chose, c'est vous-même. Faites votre devoir et restez digne si ça vous chante, mais faites-le pour vous.

Je les laisse sur ces mots, ma couronne sur la tête. Je n'écoute pas ce que dit Irina, de toute façon ce n'est jamais très intéressant. Je suis populaire, je suis Roi : c’est le plus beau jour de ma vie.


say you'll still be by my side


If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.


Dernière édition par Onisim Vassilev le Mar 28 Mar - 15:12, édité 2 fois
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:45

ASPHALT DRAGONSTONE

Elle danse et elle danse et elle danse comme une route sur laquelle tout le monde passe, la princesse, la pierre, l’ultime pierre sur un diadème qui ne se posera jamais sur sa tête. Depuis sa naissance, la princesse est entourée, dans les robes sinueuses où les sourires sont des parures et où les mains ne sont que des prolongements amoureux.

Dans ses sourires, dans ses doutes, elle tend les bras, mais personne ne sait à qui, personne ne sait à quoi, au public qui l’a renié en apprenant que ce n’était que de la comédie, comédie dans laquelle elle se fait étoile et spectatrice en même temps, elle, petite étoile tombée du ciel. Le météore est passé, les parents ont fait des plans sur la comète et la victoire doit céder le nom à la cousine, doit vivre dans l’ombre, mais elle tend encore les bras, dans l’espoir qu’un jour, un Dieu lui donnerait la puissance qu’elle voulait, la magie, le rêve d’enfant, elle qui était encore une fillette en son âme, qui marchait sur les pointes, autant ceux de ses chaussons que de ses talons, femme-enfant qui n’avait jamais vraiment abandonné ses illusions.

La salle est vide ; l’asphalte, elle se fait écraser, tout le monde lui passe dessus parce que la circulation est défaillante. Elle entend les cris sur les routes et elle ne peut pas crier parce que personne ne se soucie d’elle, qui se soucie quand on écrase l’asphalte, quand la colombe se fait tâcher les ailes par les approches de goudrons. Si elle pouvait voler, elle volerait les moments de sa jeunesse.

Elle a pourtant tout mis en place, les fleurs sont belles, le mousseux est sur les tables, les bouteilles de vin sont ouvertes, et toutes les couleurs sont là pour compenser celle le carmin incolore de ses veines. Mais elle continue de danser et elle tournoie, et elle sourit, comme si pour une fois, le monde tournait véritablement autour d’elle, comme si elle redevenait l’étoile de ses parents, comme si elle reprenait la place de sa cousine, comme si elle devenait enfin la danseuse, la première danseuse.

Elle entend les applaudissements, elle se tourne, et elle le voit le regarder comme si elle était son étoile, comme si le Soleil la reconnaissait, elle qui était une petite étoile face à cette lumineuse noirceur. C’était comme si le monde s’ouvrait devant elle, comme si en voyant sa souffrance, il avait compris sa force.

La danseuse savait qu’elle ne serait plus jamais seule.

L’étoile savait qu’elle retrouverait sa place.


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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:45

VALKYRIA DRAGONSTONE

« so thanks for making me a fighter »

After all you put me through, you think I'd despise you. But in the end I wanna thank you, cause you've made me that much stronger. It makes me work a little bit harder. It makes me that much wiser. So thanks for making me a fighter. Made me learn a little bit faster. Made my skin a little bit thicker.


Le soleil lui brûlait la peau mais elle risqua quand même un coup d'oeil vers le ciel, trop bleu, trop synonyme d'été. Elle lâcha un soupir d'exaspération, se demandant à quel moment est-ce qu'elle avait arrêté de s'émerveiller pour des choses simples. Etait-elle encore seulement capable de s'émerveiller? Probablement pas, la faute à qui, la faute à quoi ; elle ne savait pas, elle ne voulait plus savoir. Tout ça, c'était de l'histoire ancienne. Elle était de l'histoire ancienne. Paroles cruelles qui ne la faisaient pas même frémir, elle se souvenait parfaitement des raisons qui l'avait poussée à les prononcer, dix ans plus tôt. Et même si parfois, au détour d'un souvenir, d'un visage, d'un parfum, les fantômes qu'elle avait choisi d'oublier revenaient la hanter, ils finissaient toujours par repartir. Les mains vides, le coeur en bandoulière. Ils hurlaient, tassés au fond de ses poumons, des cris qu'elle refusait de pousser. C'était plus simple de les ignorer, ça semblait impossible au début mais avec le temps, les plaintes s'étaient étouffées. Oui, c'était plus facile de vivre comme ça. Parfois, elle se demandait ce qu'étaient devenues Valkyria et Visenya. Juste comme ça, par curiosité. Trente secondes de nostalgie et toute une vie à réinventer, qui s'étalait juste sous ses yeux. Peut-être bien que l'accumulation de ses existences passées avait laissé des traces, creusé une faille dans son coeur d'acier. Peut-être bien qu'elle se trouvait incapable de se réjouir un jour d'été, mais au fond, elle se fichait bien de savoir en quoi son système était défaillant. Il était suffisant pour se reconstruire, et être un peu heureuse. C'était tout ce qu'elle demandait, un trois fois rien qui signifiait pourtant beaucoup. Un trois fois rien dont on l'avait toujours privée.

Ce matin, elle était partie en vitesse, et les draps imbibés de son odeur s'étaient aussitôt refroidis. Si elle avait pu, elle serait partie la veille, mais Eva avait insisté. Malgré leur dispute, elle était restée. Après tout, sa chère et tendre avait raison ; ce n'était pas à elle de lui dire comment éduquer son fils. Elles s'entendaient plus ou moins sur tout sauf sur ce qui concernait Mateo. Terrain glissant, hier encore l'avalanche avait tout ravagé sur son passage. D'habitude elle se tenait à l'écart, mais là, sa couverture risquait d'être compromise. Depuis que le fils prodige maîtrisait des forces qu'il ne comprenait pas encore tout à fait, il se croyait tout permis. De toutes façons, sa mère débordait trop d'amour pour lui imposer des limites, alors elle avait préféré s'en aller. Une journée loin d'eux, de ces bouts de vie qu'elle s'était efforcée de recoller. Assembler les pièces de leurs puzzles décousus, remplacer celles qui manquaient, ajuster, redécouper, parfois, se tromper ; et prier pour qu'une fois terminé, ça ressemble à quelque chose. Ce qu'ils partageaient n'était pas parfait, ça ne le serait probablement jamais, mais c'était à eux. Rien qu'à eux. Et ça, là, ça n'avait pas de prix.
Il fallait qu'elle s'occupe pendant quelques heures, en attendant qu'Eva se calme. Alors elle s'était aventurée dans les rues de Londres, dans le centre sorcier, bien loin des quartiers résidentiels moldus où se situait leur appartement. Pour les deux jeunes femmes, ce style de vie avait fini par devenir une évidence, une issue de secours. Après la guerre, lorsqu'il avait fallu fuir, prétendre avoir encore quelque chose à quoi se raccrocher, elle n'avait pu se résoudre à rentrer chez elle. Eva non plus, de toutes manières, un chez soi, Eva n'en avait plus depuis longtemps. Elles s'étaient terrées dans le monde des autres, et elles avaient tout fait pour que ça devienne leur monde à elles. Oh, c'était compliqué, surtout avec l'adolescent. Mais elles s'en tiraient plutôt bien. Sachant que l'Espagnole était à ses côtés, elle se sentait en sécurité, et dès lors ça devenait presque facile de mettre un pas devant l'autre, de défier le vide avec un sourire presque provocateur. Avec Eva, elle se sentait entière, bien plus que Valkyria et Visenya ne l'avaient jamais été. Elle pouvait lui faire la gueule de temps en temps si elle le voulait, apparemment c'était sa méthode de communication préférée, mais à la fin de la journée, elles avaient besoin de la chaleur de l'autre.
D'ailleurs, elle n'allait pas tarder à rentrer, cela faisait plusieurs heures qu'elle flânait dans la ville et ses pas la guidaient sans cesse vers le Chemin de Traverse. A chaque fois, elle hésitait, et puis elle calculait les risques que quelqu'un la reconnaisse et elle faisait demi-tour. Pourtant, la lumière du jour commençait doucement à décliner lorsqu'elle réalisa qu'elle se trouvait encore une fois trop près du sentier interdit. Les fantômes se mirent à hurler dans sa cage thoracique. Elle ferma les yeux, se dit que ça ne la réussissait franchement pas d'être revenue s'installer dans son pays natal. Mais qu'est-ce qui lui arrivait, aujourd'hui? Allez, reprends-toi. C'est plus ta vie, c'est plus toi.

Elle allait repartir quand elle te vit. Soudain, tu étais là, sorti de nulle part, du vide, de ses entrailles, de cette cage dans laquelle elle t'avait pourtant enfermé depuis des années. Plus un signe de vie, plus rien, comme tu le lui avais demandé. Elle t'avait oublié, à force de se convaincre que tu n'existais plus, elle avait peut-être même fini par y croire. Alors ça la pulvérisa d'un coup, de te revoir, même de loin. Impossible de se tromper : le tailleur, la silhouette, cet air d'être à sa place n'importe où, parce que tu avais toujours eu cette aura qui l'avait tant fascinée, cette assurance que l'on ne pourrait jamais te confisquer. Parfois elle aimerait penser que tout était faux, que tu n'étais qu'une illusion, qu'un cauchemar mille fois répété. Mais tu te tenais devant elle, et les réminiscences des existences que tu avais autrefois effleurées, façonnées, brisées entre tes mains, tout lui revenait et se mettait à valser dans son âme. Rythme effréné, ça la prit par surprise et en une seconde, elle avait tout oublié de ces dernières années. Pendant une seconde, elle était redevenue cette gamine curieuse, attirée par ta prestance et désireuse d'imiter ton parcours, sans se douter qu'il était jonché de ronces. Mais quand elle reprit son souffle, la haine faisait battre plus vite les battements de son coeur que tu avais émietté. Tu lui avais tellement pris, espèce d'enflure. L'aversion profonde qu'elle ressentait encore pour toi, elle te l'aurait bien crachée à la gueule. Elle fit un pas en avant, déterminée.
Et puis. Et puis elle la vit arriver. Tu l'avais toujours éclipsée mais à présent c'était elle, le soleil. Éblouissant, éclatant. Aveuglant. Asphalt. Est-ce que c'était encore son prénom? Ou bien est-ce que, comme elle, elle en avait changé? Son regard se posa instinctivement sur la silhouette trop large de sa cousine. Toi aussi, tu regardais son ventre rond, et étrangement, elle aurait juré que ton sourire était sincère. Quelque chose en toi avait changé. Elle n'avait pas encore remarqué le petit garçon qui attendait un peu plus loin, juste en face de toi, jusqu'à ce que tu ne lui donnes le signal qu'il attendait ; il courut et vint s'écraser contre ton torse, tu le serras dans tes bras. Ça faisait un peu cliché, en soi. Mais n'était-ce pas la famille dont tu avais toujours rêvé? Elle se surprit d'être encore capable de te déchiffrer, certaines habitudes étaient difficiles à perdre. Tu avais l'air heureux, aux côtés d'Asphalt. Et puis, comme ça, d'un coup, la colère retomba. Sans trop savoir pourquoi, après autant de temps, la cicatrice que tu avais laissée n'avait plus tellement d'importance. Ce n'était plus qu'un fantôme parmi tant d'autres, le dernier auquel elle se rattachait encore. Elle acceptait de le laisser partir. Parce qu'au final, ressasser un passé qui ne lui appartenait plus vraiment, ça ne lui apportait rien de bon. Elle était forte, désormais. Elle existait à sa manière, selon ses propres règles, n'obéissant qu'à ses propres lois. Elle était heureuse, elle avait réussi. Et si tu l'étais aussi, dans un monde où elle n'existait plus, peut-être que ce n'était pas si grave, peut-être qu'elle pouvait l'accepter. Tu l'avais transformée en guerrière par le passé mais aujourd'hui, elle ne te devait plus rien. Et si elle était capable de te pardonner, ça devait vouloir dire qu'elle avait dépassé ton enseignement. Qu'elle avait fait son deuil de toi, de vous. Elle était enfin devenue la personne qu'elle était réellement au fond de son coeur, et qu'elle avait eu tant de mal à découvrir, autrefois, quand son identité la faisait encore tant souffrir. Elle sentit comme un poids s'envoler de sa poitrine, et elle sut qu'elle avait enfin trouvé sa place.  


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Dernière édition par Onisim Vassilev le Mar 28 Mar - 15:21, édité 3 fois
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:48

OSKAR ASGRIMSSON

Je tiens à préciser que la majorité des dialogues ont été prononcés par Oskar Asgrimsson.

Oskar – vendeur en animalerie, monde moldu

Je déteste mon travail. Sincèrement, qui peut avoir besoin d’une sale bête idiote, sale et qui coûte cher ? Qui sont ces idiots qui viennent aussi, dépenser des cents et des milles, pour des trucs plein de poils et qui savent pas parler. Ca me dépite. Le monde me dépite. Une cliente s’approche, me demande :
-Mon petit monsieur ?
- C’est comme ça que les gens m’appellent.

Ca m’énerve d’avance.
-Quelle race de chien me conseillerez-vous ?
-Je déteste les chiens.
-Ah bon ?
- Je déteste les chats aussi.
-Il n’y a même pas un animal plus votre goût ?
- Je n’ai pas de goût, je suis mort.

Je la fixe, très sérieusement. Elle me regarde comme si j’étais dingue, et finit par s’éloigner. Je la vois discuter avec l’un de mes collègues qui me regardent d’un air sévère. Il se dirige dans ma direction, et me lance :
-Oskar ! Tu dois être plus aimable avec la clientèle. Qu’est-ce que tu lui as dit à cette pauvre dame ?
- C’était vraiment une tête d’endive celle-là !

Mon collègue secoue la tête, indigné.
-Faut que t’arrête ça, sinon le chef va finir par te virer.
Et en quoi ça serait mal ? Bon, j’aurais plus de thunes, donc plus de quoi payer le loyer, donc finir par squatter chez quelqu’un, peut-être chez Zora si elle veut bien de moi. Au moins, je ne verrai plus tous ces clients aussi stupides les uns que les autres. Je n’aurais plus d’efforts à faire. Je souffle, et rétorque :
-Je m’ennuie.
-Va du côté des rongeurs, ça te changera.

Waow, oui gros changement ! Si j’étais expressif, je sourirais presque tiens. D’un pas traînant, je vais du côté des nouveaux animaux de compagnie. C’est encore plus ennuyant que les chats et chiens. Ca dort, ça fait bêtement de la roue, et ça mange. Quel intérêt ? Aucun. Et puis ça meurt bêtement, ça finit tout raide, tu ne sais pas pourquoi. Une jeune fille s’approche de la cage des hamsters. Elle me regarde, et me demande :
-Ils mangent quoi ?
-Des graines.
-Ca vit longtemps ?
-Ca dépend. Tu peux le tuer toi-même. Peut-être avec du poison. Mais le poison c’est trop aléatoire. Il faudrait qu’on essaye d’y mettre le feu, un jour.

Un air effrayé se dessine sur le visage de la fillette, qui finit par rejoindre ses parents, choquée. Je lève les yeux au ciel. Faites que quelque chose se produise, un truc intéressant. Je retourne du côté des chiens. Ca serait presque triste de les voir derrière ces vitres, les uns sur les autres, à s’exciter dès que quelqu’un rentre dans la boutique, espérant trouver une âme charitable. Je suis bien content de ne pas être un chien.
-Oskar est demandé à la caisse. Merci.
Je soupire, et me traîne jusqu’aux caisses. Ma collège me jette un rapide coup d’œil, une dizaine de clients attendent.
-Tu peux ouvrir l’autre caisse s’il-te-plaît ?
J’acquiesce mais ne répond pas. Je m’installe derrière la caisse, et accueille le client. Il est accompagné d’un petit garçon qui commence à me faire la conversation. Qu’est-ce que c’est agaçant ces gamins qui causent de rien. Oui il est content d’avoir son poisson, sa vie est géniale. Je perds patience et lance :
-J’suis pas ton pote, ferme-la.
Le père réplique, un air outré :
-Votre langage jeune homme. Je ne vous permets pas de parler à mon fils de cette façon !
- Je vais te tomber dessus et je ne m’excuserais pas, parce que tu auras été prévenu.

La menace sort de ma bouche avec une telle facilité, que le type en face est carrément choqué. Il ouvre la bouche, puis vire au rouge.
-Non mais vous êtes pas bien ?!
- Je vous jure que je suis pas dangereux. Pas tout de suite. Pas là.

Les gens autour écoutent avec attention notre conversation. J’encaisse sans broncher, et lance au type :
-Six euros pour votre poisson.
-Avant, je vais vous demander de vous excuser jeune homme, et de changer de ton.
- Il y aura toujours des choses désobligeantes à dire à quelqu’un de si pathétique.

Le petit garçon regarde son père et lance :
-Papa, il est méchant le monsieur.
-Vous êtes détestables vous les enfants.
-Non mais c’est scandaleux d’entendre des choses pareilles ! Je demande à parler à votre responsable !

Je me redresse, le regarde droit dans les yeux, et d’un ton sérieux voire presque glauque, je lui balance :
-Si tu racontes quoi que ce soit, je viendrais jouer de l’accordéon devant ton lit toutes les nuits. Sache-le.
Le client se stoppe un instant, me regarde de haut en bas, et tout en me balançant les six euros, réplique :
-Vous êtes malade monsieur, allez-vous faire soigner.
- Je n’ai peur de rien. Vous allez crever. Vous n’avez pas un rasoir, sur vous ? Ça accélérerait les choses.

Le client ne rajoute rien, et part. Je me rassois, et subis le reste de la journée de la même façon. En fin d’après-midi mon collègue vient me voir, et me lance :
-Ca roule Oskar ?
-J’ai la rage et je m’ennuie.

Je me lève, et sans un mot, je quitte la boutique que je déteste tant, et que je retrouverai demain.


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If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:50

LUDMILA HORVATH




Elle n’avait jamais réellement cru qu’un jour les cauchemars puissent se tarir… mais elle y avait cru, par moment. Elle s’était accrochée à cet espoir, comme on s’accroche à ses souvenirs. Les siens étaient tous tellement douloureux, tellement présents… Cela remontait à des années, et pourtant, elle n’oubliait pas. Pas une seule seconde. Cette culpabilité qui la rongeait faisait partie d’elle. C’était ancré dans sa chair, tatoué sur son âme. Elle ne cesserait d’être que le jour où elle serait à jamais débarrassée de cette douleur. Celle qui rongeait son esprit, grignotait son cœur mutilé, comme l’était Leif. Elle avait cru, qu’avec le temps, elle cesserait de voir le petit garçon allongé dans ce lit d’hôpital, immobile, comme sans vie, pour ne se souvenir que de l’enfant qui riait en courant dans la prairie, un jouet de Lucjan en main, le brandissant avec fierté tandis que son frère le pourchassait en râlant.

Quelques minutes plus tard, il abandonnait sa colère dans le vent et elle les regardait au loin, écoutant leurs rires s’envoler. On les lui avait confiés trop jeune. Elle était devenue mère, sans même l’avoir demandé, sans même savoir ce que cela impliquait, n’ayant elle-même jamais réellement pu compter sur la sienne pour lui donner l’exemple. Elle avait été catapultée responsable de deux vies innocentes, en plus de sa propre vie. Et elle avait beau les aimer plus que tout au monde, elle demeurait une âme sauvage, insoumise.
Elle se rappelait chaque détail ; les visages de ses parents, lorsqu’elle était entrée dans le manoir, ce soir là, après son escapade interdite. Le teint blême que Lucjan, ses yeux emplis de tristesse et de rage, tandis qu’il les plongeait dans les siens. Elle se souvenait la souffrance qui irradiait dans son cœur, alors que les mots de son père claquaient, énonçant l’insoutenable réalité, l’irrévocable vérité. Elle était coupable. D’avoir laissé ses frères seuls. D’avoir à supporter la haine de l’un d’eux chaque jour qui passait, inlassable, interminable, tandis que l’autre se battait, entre vie et trépas, à des milles d’ici.

Un miracle qu’il n’ait pas succombé avaient-ils dits. Oui, un vrai miracle. Ou une malédiction. Comme la sienne, à ce soir. Peut-être qu’au fond, elle parvenait à survivre, à continuer d’avancer, parce qu’elle savait qu’un peu de la douleur de Leif était à présent la sienne. Qu’elle s’était punie de son irresponsabilité. En partie.
Ludmila laissa échapper un vague soupir, fixa ses poignets. Vierges et lisses aujourd’hui. Pourtant hier encore, tatoués l’un du sceau des Eclairs, l’autre de celui des Icebergs. La foudre et la glace, enserrant son cœur, espoir vain d’un salut qu’elle ne méritait sans doute pas… Elle avait cru que peut-être, trouver l’Ox pourrait la faire se sentir moins coupable… mais l’évidence était pire. Elle avait l’insupportable impression d’avoir été dupée par la vie, une fois de plus. Deux sceaux. L’interdit. L’inimaginable. Elle avait franchit les limites pour sauver son frère. Pour le voir vivant à nouveau. Pour se racheter. Pouvoir respirer sans craindre d’entendre au loin Leif rendre son dernier souffle.
Elle aurait fait pire, s’il avait fallut.
Mais sa témérité avait suffit. Aujourd’hui, le pouvoir infini de l’Ox coulait dans ses veines et avait le goût de l’espoir. Celui auquel elle s’était parfois raccrochée, duquel elle s’était parfois détournée. Aujourd’hui, sa lutte payait enfin. Ses années à subir la haine de deux clans à son égard paraissaient en valoir la peine. Elle avait été la clé. Mourante un jour, héroïne le lendemain. Traîtresse pour certain, bénédiction pour d’autres. Ludmila ne demeurait pourtant que cette fille perdue, dévorée par la douleur, le chagrin et la culpabilité, qui avait choisi de se damner pour sauver la vie de son frère adoré. Elle pouvait jurer se moquer du reste, de l’avis des autres, elle avait pourtant du traverser bien des tempêtes avant d’en arriver à ce jour où enfin, tout prendrait son sens.

Mais à présent qu’elle était là, les yeux rivés sur la peau immaculée de ses poignets, adossée contre un mur parmi une foule d’autres élèves en proie au désespoir, elle comprenait ; que tout ceci n’était pas sans conséquences. Que sa folie d’un jour n’avait ni estompée, ni annihilée par la découverte de l’Ox par les Eclairs, et sa contribution à sa diffusion aux Icebergs. Elle avait entendu les voix dire qu’elle avait sauvé la vie de son premier clan, en permettant à une magie trop puissante de se diluer à travers d’autres réceptacles. Certains n’étaient pas d’accord, et déplorait ce partage forcé. Elle, tout ce qu’elle voyait, c’était ce qu’elle avait entre les mains. Un nouveau départ, une nouvelle force, de nouvelles perspectives.

Si elle s’en sortait vivante… S’ils s’en sortaient tous. Ils avaient gagné l’Ox mais leur vie étaient menacées ; jalousie, pouvoir, haine. Les sentiments communs, puissants, sans contraintes… Elle les comprenait, en un sens. Ils avaient tous désiré cette magie légendaire, pour autant de raisons qu’ils étaient d’âmes. Des raisons, pour certains, sans doute aussi valables que la sienne. Mais tous  n’avaient pu être comblés. Et à bien des égards, l’injustice frappait encore.

Une personne en particulier, continuait à nourrir la culpabilité de Ludmila, en ces temps difficiles, durant lesquels elle aurait du savourer sa victoire, et se précipiter au chevet de Leif, pour dire pardon. Pour le sauver.
Mais il lui restait à faire ici. Il lui restait à sauver. Ou à défaut, à soutenir, à aider… Certains visages la réconfortaient, dans ce tourbillon incompréhensible. Hope s’était approchée, et la jeune femme ne  put s’empêcher de sourire en la voyant ; une personne chère à cœur, que l’Ox avait sauvée, elle aussi. Alors pourquoi, lorsqu’elle regardait autour d’elle, ne voyait-elle que la crainte et la tristesse, l’oubli et la douleur ? Ils étaient assaillis, menacés, mais tous ici avaient une raison de vivre, une raison de se battre, comme elle s’était battue contre le monde entier pendant si longtemps, et comme elle continuerait à se battre aujourd’hui, pour ses amis. Pour ceux qu’elle aimait. Hope était à sa hauteur à présent, et son visage rassurant l’interrogeait. Ludmila se redressa et sourit à son amie. « Si Assen me cherche, dis lui que j’avais besoin de prendre mes distances. Sa tête me donne des envies de meurtre. » Elle eut un petit rire alors qu’au loin, son regard tombait sur le bras droit des Icebergs qui était en pleine discussion – plutôt véhémente apparemment – avec Danslav. Hope tenta de la retenir, l’air inquiet « Ludmila… tu ne devrais pas… » Mais elle était déjà partie.

La jeune femme profita de l’ignorance générale pour s’éclipser. Elle fit taire les inquiétudes de Hope en lui assurant qu’elle maîtrisait l’Ox, et qu’en cas de problèmes, elle saurait se défendre. En vérité, elle l’ignorait… et elle s’en moquait. Ce qu’elle ne voulait pas, c’était mener l’ennemi jusqu’à ses camarades et mettre à nouveau des vies en danger.
Elle se faufila le plus discrètement possible à l’extérieur de la Salle de Réception, et sortit sa baguette pour former son patronus. Depuis peu, elle osait s’en resservir. Il demeurait inchangé, et alors qu’elle regardait le Basilic scintillant se fondre dans les ombres pour rejoindre sa cible, le silence lui parût étrangement apaisant, et effrayant.
Bientôt cependant, la lumière revint, sous la forme d’une silhouette familière, enveloppée d’un sombre lumos, qui irradiait le couloir en vacillant. Lorsqu’il fut assez près pour que Ludmila puisse voir son visage, elle se figea. Il avait le teint encore plus pâle que la dernière fois qu’elle l’avait vu, des cernes marquaient le contour de ses yeux rougis, et il semblait faible, terriblement faible. A le voir ainsi, toute forme de fierté ou même de victoire semblait parfaitement indécente à Ludmila.

Elle avait juré de l’aider. Juré qu’ils se soutiendraient. Lui aussi avait tout sacrifié pour l’être qu’il aimait le plus au monde. Mais dans cette guerre impitoyable de la vie, on ne pouvait jamais prévoir qui sortirait vainqueur. Son regard fatigué tomba dans celui de la jeune femme, et à cet instant, elle cessa de respirer. « Tu ne devrais pas être là. C’est trop dangereux. » Chacun de ses mots sonnait faux, un mensonge éhonté. Et pourtant, il avait raison… elle aurait du partir, retourner avec les autres, en sécurité. Mais elle n’en avait pas envie. Elle n’avait envie que d’être avec lui, sentir sa chaleur la bercer, calmer ses doutes, ses craintes… Alors que sa baguette s’éteignait, les plongeant dans les ténèbres, elle resta là, à fixer les contours de son visage dans la pénombre.
Sa main trouva sa juste place sur sa joue, et elle manqua de la retirer, tant sa peau était bouillante. Il était fiévreux. Mourant. Elle le savait. Elle avait juré de l’aider. Et pourtant… elle ne savait quoi faire. Une douleur sourde enserrait son cœur, alors que se doigts glissaient dans sa nuque et l’approchaient doucement de son visage à elle. Elle ferma les yeux un instant, son front brûlant collé au sien. « Plus rien n’est dangereux pour moi… même mon cœur est déjà brisé… la seule chose qui pourrait me tuer, c’est que tu disparaisses... »

Son autre main avait trouvé ses lèvres, et lorsqu’elle les caressa doucement, elle sentit un vague sourire les étirer. L’instant d’après, il n’était plus. Plus qu’ombre et poussière, entre ses doigts tremblants. Le vide l’envahi et elle se mit à trembler, glissant contre le mur glacial. Elle avait envie de hurler. Hurler jusqu’à plus souffle. Qu’on lui rende sa raison d’être. Qu’elle n’ait jamais trouvé l’Ox, qu’elle ait au moins pu le partager avec lui… lui sauver la vie.

Mais une fois encore, elle avait échoué. Une fois encore, elle était coupable. Elle était une traîtresse, comme on aimait à l’appeler. Ludmila Horvath la traîtresse.
Elle n’avait même plus de larmes pour le pleurer. Son cœur n’était qu’une coquille vide, et son âme cherchait à faire écho à la sienne en permanence.
Alors qu’elle le savait, plus jamais elle ne sentirait sa peau sur la sienne, n’entendrait le son de sa voix, ne le verrait lui sourire, lui caresser les joues. Plus jamais elle ne pourrait s’abandonner dans son étreinte réconfortante.
Ne lui restaient que ses souvenirs, douloureux, insoutenables. Des souvenirs où résonnaient ses accusations. Elle avait juré de le protéger. Jusqu’au bout, de le soutenir. Elle avait juré de protéger ses frères aussi, bien des années auparavant. Mais de ça aussi, elle avait été incapable. Et aujourd’hui, même la plus puissante magie du monde ne pouvait lui ramener celui qu’elle aimait. Cette foutue magie l’avait tué. C’était ça, la vérité. C’était ça, sa réalité… C’était ce qu’elle était.


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Dernière édition par Onisim Vassilev le Mar 28 Mar - 15:08, édité 1 fois
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:51

ASSEN VRAKINOV


Seven steps to remember

La première étape n’est guère plus qu’un regard insistant, à travers des yeux d’enfant. Il te voit, un an de plus que lui, les yeux comme deux billes bleues comme l’océan rivées qui appellent au large. Ca lui donne des envies d’évasion, au gamin. Gabriel. C’est pas commun comme prénom, de là où il vient. Ca l’intrigue, ça fait danser quelque chose en lui. Il est fier, le gosse Vrakinov, déjà plein d’ambition, avec un plan A, et un plan B, et un plan C et tous les plans de l’alphabet pour réussir dans cette école. Il a décidé que tu seras le plan G, et pendant longtemps ce sera un petit nom de code entre lui et lui-même.

La deuxième, c’est le tremblement dans sa voix quand il te demande ce que ça fait d’être un Iceberg. Ca fait un moment qu’il se triture les méninges, que son cœur bat comme un dératé. Boum, boum, boum. Qu’est-ce qu’il allait bien pouvoir te dire ? Il avait décidé que ce serait aujourd’hui. Il est déterminé, il a tous ses projets comme des comètes dans les yeux. Pendant des heures il a rassemblé son courage avant de venir te chercher. Lui qui est si intelligent d’habitude. Il débarque à peine, et se sent comme l’enfant le plus chanceux du monde ; il a déjà trouvé son but. L’ambition, c’est toi.

Le troisième palier, il le franchit lorsqu’il avale sa première gorgée de Whisky Pur Feu en ta compagnie. Il s’en souviendra toujours comme du premier moment où vous avez partagé quelque chose. Où ce n’était pas juste lui qui te suivait partout en roulant des épaules, en ravalant ses étoiles au fin fond de la trachée pour ne pas les avoir dans les yeux. Ce soir là, c’est toi qui t’ouvres. C’est le glaçon qui fond. Tu lui parles du poids sur tes épaules, de la vie et des cauchemars que tu fais la nuit. Quelque chose se passe, quelque chose d’indicible. Vous avez peut-être ri trop fort, vous avez peint les murs d’une intimité qui vous appartenait, sans trop savoir ce que c’était. Le début de quelque chose de vrai.

La quatrième étape a la violence du pain dans la gueule qu’il envoie au type qui a osé critiquer ton ascension en tant que meneur. Tu l’as mérité, merde. Personne d’autre que toi ne le méritait plus. Il bouillonne, ça l’énerve et il ne sait même pas pourquoi. Tu as été élu à quasi majorité, tu n’as aucun doute vis-à-vis de toi-même. Et pourtant, Assen, ça le fout en rogne. Il est rationnel, d’ordinaire. C’est la tête froide et le mystère de la réflexion. Tu es au cœur de ses accès de sang chaud à chaque fois, en refusant de comprendre pourquoi.

La cinquième, c’est l’amertume de la jalousie qui le prend quand il te voit à la sauterie organisée par les Flammes. Tu ne vas jamais à ces soirées là, mais là il y a Erika à ton bras. Tu n’as pas pensé une seule seconde à ce qui se passait dans ses entrailles quand tu lui as proposé de venir ; il ne sait pas ce qu’il a imaginé, ou peut-être qu’il le sait sans pouvoir se l’admettre, mais en tout cas ce n’était pas ça. Quand vous allez vous coucher au dortoir, à l’aube, il n’arrive pas à fermer les yeux sans voir tes mains partout sur le corps de la Flamme. Pendant de nombreuses semaines, tu te demanderas pourquoi il n’arrive pas à dormir. Pendant de nombreuses semaines, il restera désespérément muet, et tu resteras amèrement aveugle.

La sixième étape a le goût de sang qui s’écrase sur la pierre froide après l’annonce du nouveau meneur. De l’héritage. Trahison. Cela faisait déjà quelques temps qu’Assen était irritable ; t’allais te tirer, le laisser seul dans cette grande bâtisse pour aller vivre ta vie sans lui, et rien que ça ça lui donnait envie de hurler. Mais choisir Danslav pour te succéder, c’était ça la vraie trahison. Incompréhension. Mots qui se bousculent dans la gorge, relents de hurlements dans l’estomac. Bouts de peau qui s’égrènent contre le mur lorsqu’il le caresse un peu trop fort. Cette fois il sait pourquoi il a mal, et c’est autant un soulagement que c’est une sentence. Tu lui as officiellement préféré quelqu’un d’autre, et la douleur de ne pas être celui qu’il te faut se propage jusque dans ses os.

La septième, le final, c’est l’instant volé dans le dortoir avant de te regarder partir. Vous n’êtes plus des gosses, vos voix sont graves et vos cœurs en bandoulière. La septième, c’est un aveu à demi-mots et une poignée de mains un peu trop tendre. C’est le bout de cœur que tu lui as arraché quand tu t’es penché un peu trop près. C’est la bouteille à la mer qu’il a lancée lorsqu’il a fait croire à un accident, lorsqu’il a posé ses lèvres sur les tiennes. Peut-être que ton erreur, ça a été de faire semblant de le croire. Peut-être que son erreur, c’était d’avoir les joues trop rouges et la voix trop bégayante. Peut-être qu’il aurait du se tirer avec toi. Peut-être que t’aurais du lui proposer. Au lieu de ça, il y avait encore des choses à dire, mais aucun mot n’a été prononcé. Pourtant, vous avez traversé vos sept étapes. Vous savez. Vous pouvez sortir ces putains d’étoiles de vos trachées. C’est comme ça qu’on vit ; en ne laissant aucun regret. Mais lorsque tu passes les grandes portes du domaine, tu te retournes une dernière fois, et il sait que c’est lui qui a gagné.


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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:55

THEODORE NOTT



Tu clignes des yeux plusieurs fois, comme pour vérifier que le flou qui masquait ta vue a disparu.  Tu dois reconnaître que t’as une sale tête. Encore une fois. Un soupir s’échappe d’entre tes lèvres, créant de la buée sur le miroir face à toi. D’un geste rageur, tu trace une traînée dans les gouttelettes, révélant une partie de ton visage. Tes traits son tirés, ton teint trop pâle… plus que d’habitude. Tu as l’air d’un cadavre ambulant, et c’est loin de te réjouir. Au fond, tu sais très bien que les choses ne s’amélioreront pas… et pourtant, quand tu vois certaines autres pauvres âmes errantes, comme ce cher Maksim, tu te sens plutôt chanceux. Tu n’es pas mourant. Et tu n’as aucune intention de rejoindre la terre tout de suite. Tu as survécu à bien pire que ce qui t’attend, et en réalité, tu n’as pas tellement peur… ce serait plutôt à eux, d’avoir peur. Tous ces autres, ces vainqueurs, ces résistants… ils se moquent de vous, ils se moquent de toi. Aucun d’eux ne mérite ce pouvoir qui coule dans leurs veines, aucun d’eux n’a la force, le courage, ni même suffisamment de volonté pour posséder une telle puissance.

Ça aurait dû être toi. Ton clan. Vous, les Ombres. Mais à nouveau, mis de côtés. Comme les Serpentards, à l’époque de l’ascension du Maître des Ténèbres. Ton regards tombe sur ton avant bras, où s’enroule un serpent autour d’un crâne. Sombre, défiant. Cette Marque, tu la portes autant comme une fierté que comme un fardeau. Comme un moyen de te souvenir. Qu’à l’époque, vous avez perdu, mais qu’à bien des égards, vous avez gagné. Tous, ils avaient sous-estimé les Serpents, et beaucoup d’entre eux se sont fait berner par leur malice, leur fourberie. Le Lion d’or a peut-être vaincu, à la fin, toi et les tiens vous étiez battus jusqu’au bout. Et vous le referiez.
Tu te moquais bien de savoir combien ils étaient, l’étendue de leur magie. Ils étaient faibles, meurtris, prostrés, rassemblés par besoin et non par désir. Alors que toi, toi, comme tous les autres insurgés, vous aviez fait le choix conscient de rejoindre cette sombre rébellion. Comme tu avais été seul maître de ta décision des années auparavant.

En réalité, par moment, tu t’interrogeais encore… sur la légitimité de toute cette mascarade, de toute cette folie… Il t’arrivait de rêver d’autre chose. De n’avoir jamais reçu cette Marque maudite. De n’avoir jamais vu ton père finir subir le souffle des Détraqueurs. De pouvoir fuir loin, avec Avalon, loin de ce monde en proie à une guerre qui n’en finirait jamais… De pouvoir dormir, sans voir sans cesse le visage de cette Serdaigle s’imprimer sur ta rétine, entendre son cri résonner dans le silence, le laisser te hanter… Pouvoir être quelqu’un d’autre. Quelqu’un d’innocent, de normal, de banal.

Mais à la vérité… tu n’étais pas fait pour tant de simplicité. Tu étais né pour être exceptionnel. Simplement la vie s’amusait à poser des obstacles sur ta route, et c’était de bonne guerre. Parce qu’on ne devient pas fort, et puissant, sans s’être battu pour obtenir ce que l’on désire. On ne devient pas le roi sans avoir écrasé le précédent. On ne devient pas invincible, sans avoir prouvé l’être auparavant.
Et toi, tu étais prêt à tout ça. Plus que jamais. Tu étais prêt à en découdre, à leur prouver, à tous, que tu n’étais pas qu’un déchu, qu’un inutile, sans pitié et sans âme. Tes plus proches amis se tenaient à tes côtés ; Hemera te soutiendrait, tout comme tu la soutiendrais. Ta fiancé était de la partie, elle aussi, ainsi que ton meneur, même si à ce stade, tu espérais bien profiter de la situation et de l’implosion du duo leader pour enfin avoir ta part du butin. Irina avait changé de camp. Quelques autres Ombres également. Et bien que tu les méprisasses pour ça, le respect demeurait, bien malgré toi, et ils étaient, parmi tes adversaires, ceux de qui tu te méfierais le plus.

Perdu dans le fil de tes pensées, tu manquas de sursauter lorsqu’une voix familière t’interpella. « Tu viens ? On va pas tarder à commencer. » Tu te retournais vers la jeune femme en souriant, avant de t’approcher. « J’arrive. Ne t’en fais pas… » Hemera était bien plus pour toi que personne ne l’avait jamais été. Elle était ton pilier, ton ancre, et tu n’imaginais pas ce que tu aurais pu devenir sans elle… D’un geste naturellement doux – un peu à l’encontre de ce que tu aimais laisser voir de toi au monde – tu lui embrasses le front, avant de la laisser faire demi-tour, te retrouvant à nouveau seul dans la salle d’eau.

Tu pousses un nouveau soupir, avant de retourner près des bains attraper tes vêtements. Tu enfiles le haut avant de te glisser dans ton jean. Depuis la découverte de l’Ox, plus de tunique obligatoire, personne n’en a plus rien à faire… et à la vérité, ça m’arrange. Ces trucs étaient un peu trop « similaires » à ton goût. Pour quelqu’un qui aime se démarquer, pouvoir porter ce qu’il désir sans conformisme est une chance. Tu termines de mettre tes bottines, acharné sur ces foutus lacets. N’est-ce pas un comble pour un guerrier sans pitié d’être incapable de nouer deux bouts de ficelle ? Tu étouffes un juron, cherchant ta baguette pour t’aider dans l’opération, comme chaque fois. Cette situation t’a toujours embarrassé, mais fort heureusement, seule Hemera est au courant de la vérité. C’est même elle qui te les faisait toujours, à une époque qui te paraît bien lointaine aujourd’hui…

Tes doigts pensent se refermer sur ta baguette et balance le sort sans attendre. Quelque chose cloche pourtant. Une sensation étrange… La pression sur tes doigts ne t’est pas familière. Elle t’est même totalement inconnue. Tu te lèves d’un bond, fixant le bout de bois qui gît, inerte, dans ta main tremblante. Ce n’est qu’une vulgaire brindille. Pas ta baguette. Soudain furieux et paniqué, tu te mets à la chercher partout. Comment a-t-elle pu disparaître ? Quelqu’un se serait-il glissé dans les bains pendant que tu ne faisais pas attention pour te la voler ? Tu n’y crois pas. Tu es la vigilance incarnée, et tu la garde toujours à portée de main, en cas de problème…
Ta panique te transforme peu à peu en une terreur sourde, mêlée de rage. BORDEL, elle ne peut pas avoir disparue… Elle est tout pour toi… elle est l’extension de toi-même. Ta plus fidèle alliée, ta plus grande confidente… et voilà qu’on ose te l’arracher ?

Tu te rus dehors, claquant la porte en te retenant de hurler. Tu traverses le dortoir désert, fonçant rejoindre la petite réception d’insurgés à laquelle tu as été convié. Tu déboules en furie, portant immédiatement l’attention sur toi. Ton regard se pose sur chaque membre de l’assemblée, les jaugeant pour tenter de savoir lequel d’entre eux ment, lequel d’entre eux cache ta baguette. Tous te regardent d’un air étrange, leurs yeux interrogateurs. Tu croises celui d’Avalon, puis d’Hemera et tu t’approches du groupe d’un air décidé. « Lequel d’entre vous a ma baguette ? Et je lui conseille de très vite se manifester. Je ne suis pas d’humeur à plaisanter… » Quelques visages parurent confus, d’autres l’ignorèrent simplement, alors qu’Hemera s’approchait de toi prudemment. « Théo… tu ne te souviens pas ? » Tu la fixais sans comprendre. Te prenait-elle pour un fou à ne plus savoir ce que tu faisais ? Tu allais répliquer, mais en réalité, tu fus incapable de dire quoi que ce soit, ni même de trouver quoi dire… « Tu n’as plus de baguette. » Ton corps se figea, horrifié, alors qu’elle poursuivait avec une infinie patience, sa main posée sur ton épaule comme pour prévenir un éventuel dérapage. « Ta baguette a été brisée le jour où tu as… » Tu sentais que la vérité serait dure… sans savoir pourquoi. D’un regard, tu l’incitais à poursuivre, même si c’était visiblement assez dur pour elle aussi. Certains visages étaient toujours rivés sur vous, mais ça t’était complètement égal. Sa voix vint rompre le calme à nouveau. « Elle s’est brisée quand tu as attaqué Lilith Carrow… » Tu l’entendais, sans la comprendre, sans assimiler tous les mots… Etait-ce simplement possible ? Etait-ce une illusion ? Mais les yeux d’Hemera ne te trahissaient jamais… tu y lisais sa sincérité, sa compassion, alors qu’elle caressait doucement ta joue, sans cesser de te regarder. Tu revenais doucement à la réalité, comme on sort d’un cauchemar. Tu les voyais, tous, appuyer les dires de ton amie. La dure réalité s’imprégnait dans ton cœur, alors que tu réalisais ce que tu avais fait… l’horreur de la situation. « Le pouvoir de l’Ox était trop puissant… sa magie était incontrôlable, ça a fusé et… ta baguette n’a pas résisté au choc. Je suis désolée… » C’était irrévocable. Tu te sentais défaillir, tes nerfs réagissant enfin. Ton cerveau avait totalement effacé ce moment, preuve qu’il était tout simplement insoutenable. Et à présent qu’il resurgissait, c’était comme revivre l’horreur à nouveau. L’imagine de cet instant funeste vint te frapper de plein fouet. Tu revoyais Lilith, sa magie exploser, s’immiscer dans le bois clair de ta baguette et la réduire en cendres. De la poussière. A tes pieds. Alors qu’elle fuyait. Tu avais alors vu le vent emporter les derniers lambeaux d’une vie brisée.

Qu’étais-tu à présent ? Qui étais-tu, sans cette baguette qui te définissait tout entier ? « Tu es Théodore Nott. Un grand sorcier. Un grand guerrier. » La voix d’Hemera était pleine de force, de détermination. Avais-tu parlé tout haut ? Ton cœur saignait, alors que tu te réveillais de ta torpeur et plongeais tes yeux dans les siens, posais ta main sur la sienne. Elle avait raison. Tu étais un Nott. Tu étais fort, légitime, et tu ne laisserais pas cette nouvelle épreuve t’anéantir.

Tu retrouvais un peu de ta contenance, alors que ton regard balayait l’assemblée et s’arrêtait sur Avalon. « Nous vaincrons. Comme nous l’avons toujours fait. » Tes mots gonflaient les cœurs, et ta belle te sourit alors que contre toi, Hemera semblait se détendre. Tu les vis se lancer un regard entendu, et t’interrogeas sur leur nouvelle amitié. Etais-tu la raison de leur trêve ? Au fond, tu t’en moquais, ça te gonflait de fierté et ça t’apaisait de l’imaginer. Parce qu’au fond, c’était tout ce que tu avais jamais désiré ; que ceux qui tu aimais soient auprès de toi, toujours. Et si pour cela tu devais mettre le monde à genoux, tu n’hésiterais pas.  Ne plus avoir baguette pour t’y aider était un coup dur, mais tu n’étais pas seul. Et c’était suffisant pour mener l’assaut avec confiance, et détermination.

C’était suffisant pour gagner.


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If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.


Dernière édition par Onisim Vassilev le Mar 28 Mar - 15:09, édité 1 fois
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 14:59

ADONIS GREENGRASS (MOMO)

  Les éclats de rire explosent contre les murs de pierre de la salle de classe, et c'est comme si les éclats se plantaient dans ses os. Il essaie de passer outre, comme à chaque fois. C'est une habitude qui s'est prise, peu à peu ; il inspire à fond, essaie de fermer toutes les fissures de son être par lesquelles ces esprits perfides qui l'entourent pourraient se glisser pour lui faire du mal. Mais ils en trouvent sans cesse de nouvelles. Pas difficile, quand chacun de ses sentiments s'arrache de son intérieur pour s'exposer au monde. Les couleurs de sa carnation pourraient presque former une cible de tir ; celui qui tire dans le jaune, il marque dix points, plein dans le mile.
Une cible, une attraction ambulante. Dire qu'ils ne s'en lassent même pas, ces abrutis ; pourtant ça fait des années que c'est comme ça. C'est lui qui rampe mais ce sont eux les vers de terre. Quelle putain d'injustice. Ca le répugne, ils le répugnent, il se répugne à cause de cette foutue... malédiction. « Eh, keep calm Greengrass. Non mais regardez-le, on dirait un chapeaurouge ! » Et les rires, encore. Il n'en peut plus, il a envie de hurler. Mais il n'en fait rien, il ne relève même pas les yeux vers eux ; ça servirait à quoi ? Voir leurs regards méprisants, il sait ce que ça va donner : du rouge colère, il va passer au jaune, pâle ; celui de la honte, et de la peur, aussi, un peu. Il sait ce qu'ils sont capables de faire quand il fait semblant de se rebeller, quand il essaie de se cabrer pour dégager ce poids insupportable de ses épaules. Ses lèvres se pincent pour retenir le soupir, ou le cri, il ne sait pas trop ; ses paupières se ferment lorsqu'il inspire à fond, essaie de se couper des autres et de leur cruauté face à laquelle il ne peut rien du tout. Ouvrir la bouche pour leur répondre dévoilerait de nouvelles faiblesses qu'ils s'empresseraient d'exploiter. Tout ce qu'il peut faire, c'est attendre que le professeur arrive et appelle au calme. Il en a assez de tendre le dos pour recevoir les coups en attendant que ça s'arrête. Alors que ça ne s'arrête jamais. Même le regard de l'adulte n'est pas le bon. Toute cette compassion, cette pitié. Ca aussi ça le répugne.

Les deux heures se passent dans un calme relatif. Même ses cheveux se tiennent tranquilles ; il est concentré, c'est un élève appliqué aux résultats irréprochables. Comme quoi toute sa scolarité dans ce foutu château n'aura pas été synonyme que d'échec.
Lorsqu'il quitte la salle, comme une ombre, il prie presque pour ne pas se faire remarquer. Ses espoirs s'envolent lorsqu'un de ses camarades de classe, Botletom, sûrement le plus virulent de tous ses détracteurs, le bouscule violemment d'un coup d'épaule avant de lui jeter un regard mauvais. « Regarde où tu vas, Yolkgrass. » Il se poste juste devant le jeune garçon, le forçant à s'arrêter. « Quand on bouscule les gens, on s'excuse. » Adonis serre les dents, ferme ses poings, essaie de rester calme, de contrôler ses émotions. « Excuse-toi. » Il ne faut surtout pas que- le rire de l'autre éclate dans sa tête. « Redgrass, alors ? T'avais envie de changement ? » Un coup contre son épaule le fait tituber en arrière, sous le regard goguenard de l'autre vert et argent. Il retrouve vite son équilibre, malgré les tremblements venus agiter ses membres. Il boue de colère, de dégoût ; de peur aussi. En relevant la tête, il comprend que l'autre n'en a pas fini ; il se sent pâlir, d'un seul coup. Ca va mal se terminer. « Je t'ai dit de t'excus- » quelque chose siffle dans l'air et explose contre le mur entre les deux élèves, qui sursautent d'un même mouvement. « Faudrait penser à sortir du bac à sable, un jour, Botletom. » lance une voix presque chantante, mais trop ferme pour que la menace ne soit pas décelable.

Elle marche dans le couloir comme si Poudlard lui appartenait, alors même qu'elle est plus jeune que les deux garçons. Pourtant c'est clairement elle la moins impressionnée des trois. La baguette qu'elle tient dans sa main libère encore quelques étincelles colorées. « Si tu veux pas te retrouver avec la gueule pleine de furoncles je te conseille de dégager tout de suite. » subtile et délicate, la jeune femme, en plus de ça. Botletom lui jette un regard mauvais mais il sait déjà qu'il vaut mieux ne pas jouer avec cette fille là. C'est une Lestrange après tout, mieux vaut être prudent. Il a trop à perdre pour jouer cette partie là. « Tu perds rien pour attendre » il grogne vers Adonis avant de tourner les talons, se dirigeant furieusement vers les cachots. Le jeune Greengrass n'a pas bougé. Il regarde Amatis en essayant de rester calme ; ça marche relativement, il est quasiment sûr que son visage ne trahit pas sa reconnaissance. Et puis ce n'est pas un sentiment qui l'étreint assez souvent pour que qui que ce soit puisse l'associer à la couleur de ses cheveux. En revanche, il se tend un peu quand elle pose enfin le regard sur lui ; il n'a rien de bienveillant. « Si tu les laisses faire ils s'arrêteront pas, hein. » elle lâche, un peu moins durement. Plutôt exaspérée, en fait. Ce n'est pas dans ses habitudes de venir au secours des pauvres élèves en détresse. Ca aurait pu le froisser, l'effrayer. Mais en fait il ne sait pas comment réagir exactement. L'absence totale d'empathie dans le regard et l'attitude de la Lestrange lui réchauffe étrangement le cœur. Il ne sait pas franchement ce que ça veut dire. Son silence, en tout cas, s'éternise visiblement trop au goût de son interlocutrice, qui commence à froncer les sourcils, alors il ouvre la bouche pour lâcher quelques mots « Qu'est-ce que tu veux que je fasse, c'est pas comme si ils avaient tort. » Elle a presque l'air amusé, et il se renfrogne intérieurement. Elle aussi elle va s'y mettre ? « Ah oui ? Bon bah si tes cheveux t'empêchent de prendre ta baguette ou d'élever un peu la voix alors effectivement, y'a pas grand chose à faire pour toi. Reste là et sois d'accord avec eux. T'iras loin dans la vie. » Il sursaute, croise à nouveau son regard indéchiffrable. Décèle l'ombre d'un sourire sur ses lèvres fines. C'est ses yeux qu'elle regarde, et pas au-dessus, pas ses cheveux. D'ailleurs il n'a aucune idée de leur couleur puisqu'il n'a aucune idée de ce qu'il est en train de ressentir. « Vu comme ça » il tente, incertain, et elle sourit. On dirait presque une prédatrice. « De toute façon les choses seront toujours subjectives, quoi que tu fasses. Autant les voir de la manière qui t'arrange. Et après tu les changes, pour avoir eu raison. »
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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 15:05

DMITRI ASHTAKHOV

La tension est palpable dans la pièce, tout le monde se regarde avec inquiétude, envie parfois. Ils attendent le verdict, ça ne devrait plus tarder. Au centre, l'urne magique vibre toujours, doucement, et Dmitri se dit distraitement qu'elle doit le faire exprès, pour les faire angoisser un peu. Il est sûr que le résultat est déjà préparé et que le sortilège laisse juste la tension monter. Le Quartier Général des Ombres est rarement très bruyant, mais le silence qui règne en cet instant n'a rien de comparable ; c'est presque religieux.
Les vibrations s'arrêtent brutalement et le Ashtakhov brûle un peu plus d'appréhension. Une voix grave s'élève dans la pièce, annonçant que les meneurs ont été choisis par l'ensemble du clan, que chaque vote est pris en compte. La voix rappelle cérémonieusement les devoirs des chefs de clan ; Dmitri les connaît déjà par cœur, il n'écoute pas, il a envie de savoir tout de suite. C'est un jeune homme plutôt patient, mais il n'en peut plus d'attendre ; cette élection, s'il la remporte, ce sera le début de son accomplissement. Il n'a pas le droit de manquer cette opportunité. La voix résonne dans son crâne ; on raconte que c'est le premier meneur du clan qui aurait ensorcelé l'urne dans laquelle chaque Ombre a déposé un bout de papier avec le nom de deux membres du clan : un homme, et une femme. Tous n'attendent plus que le verdict. Dmitri plus que les autres.

« La meneuse du clan des Ombres sera dorénavant Irina Droskaïa. » Tous les regards se tournent vers la jeune fille au regard empli de fierté. Le sourire ourle à peine ses lèvres fines, elle est digne dans sa robe de taffetas, et malgré ses quatorze ans Dmitri ne peut s'empêcher de la trouver désirable. La plus jeune chef de clan depuis... longtemps. Depuis toujours, peut-être même. Elle est impressionnante. On dirait une adulte. Elle est incroyable. Il se perd un peu dans sa contemplation.
« A ses côtés, le meneur du clan des Ombres » la voix le ramène à lui, il serre les poings, les dents, les fesses, attend l'annonce avec appréhension. « sera dorénavant Dmitri Ashtakhov. »

Il faut une grosse seconde à son cerveau pour assimiler l'information. Le jeune homme voit tous les regards tournés vers lui et alors, alors seulement, le sourire victorieux étire ses lèvres, son regard se renforce, il inspire à fond et ses poumons se remplissent d'orgueil. Il croise le regard d'Irina et s'approche rapidement d'elle pour lui tendre la main, la faire passer devant lui pour grimper sur la petite estrade centrale, devant l'urne magique revenue au silence. Alors qu'ils se hissent tous deux sur le promontoire, les applaudissements commencent à retentir, il serre dans la sienne la main blanche de sa co-meneuse et son sourire reflète toute la gloire qu'il tire de cet instant. Le silence se fait dans la pièce progressivement, c'est le moment. Il se racle discrètement la gorge, jette un regard à sa voisine pour vérifier qu'il ne va pas lui couper la parole, et élève la voix pour se faire entendre de tous. « Je suis plus que fier que vous m'ayez désigné pour vous diriger, et vous promets de me montrer à la hauteur de l'honneur que vous me faites. Les Ombres sont » il se retint de dire "une grande nation", réalisant au dernier moment qu'il ne venait pas d'être élu président de la Bulgarie « le clan le plus à même de trouver l'Ox ; nous sommes soudés et déterminés. La victoire sera notre, je m'y engage. » Son sourire s'est réduit à un léger plissement au coin des lèvres ; il est concentré, fier et prêt à tout. Quelqu'un aurait dû prendre une photo. Faire un avant/après découverte de l'Ox. Histoire qu'on puisse comparer ce visage-là avec la gueule qu'il tirera quand il apprendra que ce sont les Eclairs qui ont mis le doigt sur l'artefact.


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Ҩ Re: OS ► SWAP DE PERSONNAGES ! Ҩ Mar 28 Mar - 15:05

PRISKA VON LICHNOWSKY

La main partit à toute vitesse et la gifle retentit comme un coup de tonnerre au milieu du couloir désert. La brunette qui venait de se prendre le coup regardait la folle qui la retenait bloquée contre le mur avec un regard qui mêlait stupéfaction et douleur ; elle voulut dire quelque chose mais une autre gifle lui fit pincer les lèvres en retenant ses larmes ; elle essaya de se protéger le visage avec ses bras. « Tu crois que je t'ai pas vue ?! Espèce de coureuse de remparts ! » A défaut de pouvoir la gifler, Priska attrapa la jeune femme par le col de son uniforme et se mit à la secouer dans tous les sens en la cognant contre le mur. Cette fille était une traîtresse, une sournoise, une fourbe. Elle pensait être discrète ? Pfeuh, n'importe quoi. Rien ne lui échappait, à elle, la demoiselle Von Lichnowsky. Rien. Jamais. « Mais de quoi tu parles » gémissait l'autre en se ramassant sur elle-même, effrayée, pour ne pas dire terrorisée. Il fallait dire que Priska avait déjà une petite réputation de fille imprévisible et violente ; elle s'était déjà faite remarquer plusieurs fois par le personnel de l'Institut et plus particulièrement par la bibliothécaire, qui avait dû, une ou deux fois, prendre les mesures nécessaires au calme dans son espace de travail, et l'avait virée sans ménagement de la bibliothèque, elle et sa victime du jour. Laquelle était d'ailleurs moins innocente que celle qui, tétanisée par les grognements de rage de la prétendue meneuse, se recroquevillait de plus en plus. « Me prends pas pour une idiote ! Je t'ai vue je te dis ! » « Mais arrêtez-la ! » se mit à crier l'autre entre deux sanglots « Elle est complètement tarée, au secours ! »

Les hurlements de détresse ne restèrent pas sans réponse et rapidement, un jeune homme apparut à l'angle du couloir et accourut jusqu'au lieu de l'esclandre. Il entoura la taille de Priska de ses bras et la souleva de terre pour qu'elle arrête d'agresser la pauvre jeune fille innocente, et ce fut alors à mademoiselle Von Lichnowsky de se débattre de toutes ses forces en hurlant comme une dinde qu'on égorge. La brunette, pendant ce temps, détala sans demander son reste. « Lâche-moi espèce de scrout à pétards mal léché je te dis de me poser par terre tout de suite tu vas voir quand je t'aurais mis la main dessus pauvre détraqueur défraîchi tu t'en tireras pas comme ça pose moi j'ai dit relâche moi tout de suite » « Mais Priska, qu'est-ce qui t'arrive ? » la voix douce du jeune homme la calma instantanément, elle cessa de se débattre, laissant ses bras pendre le long de son corps comme si elle n'était qu'une poupée de chiffon. Alors seulement, Darcy la déposa au sol et elle se tourna vers lui pour se jeter dans ses bras. « Oh mon Darcy » fit-elle, à moitié désespérée qu'il l'ait vue dans cet état et à la fois soulagée de le savoir ici avec elle. Elle tremblait un peu, la rage parcourait ses membres. « Eh, calme-toi, tout va bien. » Ils restèrent ainsi un moment, enlacés, seuls dans le couloir. Peu à peu, la jeune femme se calma. Alors, il la prit par les épaules et s'écarta légèrement pour la regarder. « Qu'est-ce qu'elle avait fait, cette fille ? » Les yeux de Priska se remplirent instantanément de larmes et elle serra les poings sur le t-shirt de son petit-ami. « Ca fait des mois qu'elle t'observe, Darcynouchet, elle te regarde comme si elle allait te manger, je le sais, je l'ai pas lâchée du regard pendant tout ce temps, je la surveillais tu sais, et elle te regardait, elle arrêtait pas de te regarder » ses paroles furent noyées par ses sanglots tandis qu'elle enfouissait son visage dans le cou du Rookwood qui, un peu désemparé, referma ses bras autour d'elle. « Allez, calme-toi, je suis là, personne ne m'a mangé » et en entendant ce mot, la jeune femme pleura de plus belle. Darcy s'en voulut et se dit qu'il aurait dû mieux choisir ses mots. Ahlala, quel maladroit ce Darcy. En lui caressant doucement le dos, il se demanda quel hôpital sorcier serait le plus à même d'aider sa petite-amie à guérir de sa maladie, bien que l'idée d'être séparée d'elle trop longtemps lui brise déjà le cœur. Il eut soudain une solution pour lui changer les idées en attendant de pouvoir faire quelque chose pour elle : « Eh, si on allait travailler sur ton prototype de lanceur de patates pour repousser les assaillants ? C'est le moment de le tester, on pourra en parler aux autres comme ça, tu vas voir, ils vont trouver ça formidable. » Un peu timidement, Priska s'écarta de lui et le regarda droit dans les yeux. Un sourire éclatant illumina son visage, et Darcy retint un soupir de soulagement. Voilà qui était pour le mieux.


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