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 Plunge into darkness ● Blalyx

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Vainqueurs
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Vainqueurs

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Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 441Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 1 Juin - 19:16

Plunge into darkness
Everything around is black, entombed where no light shines. Solitude is my friend in the depths imprisoned in darkness. Burn the candles. Everything has to be dark. Here is no warmth, this is darkness.


Blaise ne sembla pas hésiter une seule seconde. Se redressant, il se dirigea vers la porte de la salle, sur la pointe des pieds, talonnée par Alyx. Leurs pas résonnèrent dans les couloirs silencieux, tandis qu’ils s’enfonçaient dans les souterrains du château bulgare. Ca paraissait si simple de se laisser guider de la sorte, de quémander, et qu’on prenne les choses en main à sa place. Elle n’en avait pas encore la force, elle restait encore bien trop effrayée par elle-même, par Lilith qui sommeillait en elle depuis trop longtemps. Elle craignait de faire demi-tour, de peser trop longtemps le pour et le contre, pour finalement ne prendre aucune décision. Alors elle se reposait entièrement sur l’ancien serpentard, elle attendait qu’il lui dise quoi faire, comme une âme perdue, déboussolée, incapable de retrouver l’endroit d’où elle vient. Perdue sur l’autre rive,  elle suppliait sans cesse, silencieusement, qu’on lui vienne en aide. Si elle s’aventurait seule dans cette mer déchaînée de souvenirs, elle se noierait dans les flots ténébreux, sans aucune main pour la tirer de son mauvais sort. Et elle n’était pas prête à sombrer, pas encore, elle voulait lutter encore un peu. Elle attendait qu’on l’aide à traverser l’océan qui la séparait d’elle-même.  
Allumant les torches de la pièce sombre et froide, Alyx resta immobile, un instant. Elle avait tellement voulu revenir ici, être libre de faire ce que ses plus sombres envies lui demandaient d’accomplir. Mais maintenant qu’elle se retrouvait là, elle hésitait, incertaine. L’anglaise rencontra le regard de Blaise, muette. Elle fut surprise de l’entendre répondre à ses pensées, comme s’il parvenait à comprendre ce qu’il se tramait dans son esprit : «  Je suppose que tu ne sais pas ce que tu as envie de faire ? » Bien que son ton fût plutôt glacial, la jeune femme se contenta d’acquiescer, regardant autour elle, tripotant sa baguette dans sa poche.  Qu’avait-elle envie de faire ici, cachée de tous ? Mais Blaise ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus, qu’il effectua plusieurs mouvements avec sa baguette pour faire apparaître un pantin. Un pantin aux allures morbides, aux traits sombres, aux yeux ténébreux, quasi-inexistant. Un pantin sans lèvres, contraint de garder le silence. Alyx fixait la chose qui se trouvait devant elle, immobile. «  Tu peux lui faire tout ce que tu veux, il ne réagira pas. Amuse-toi. » C’était sordide, créer un pantin juste pour le plaisir de lui faire du mal, assouvir ses pulsions passagères. Elle s’était de nombreuses fois entraînée face à une marionnette, mais articulées, qui rendaient les coups, qui ne se contentaient pas de les encaisser. Elle ne l’entendrait même pas pleurer ou crier, ça serait comme frapper son oreiller. A ses côtés Blaise finit par faire apparaître une chaise, et y prendre place. Il plongea son regard dans le sien et rajouta : «  Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une illusion. Tu peux être toi-même sans crainte, personne ne viendra te le reprocher ici. » Être soi-même. Retour aux sources, à l’ancienne mangemort qui aurait ri face à ce pantin désarticulé. Alyx reporte son attention sur le pantin, hésite, tripote sa baguette nerveusement. Plus elle se rend dans cette grotte macabre, plus elle replonge dans ses vieilles habitudes. Et elle en est tiraillée, à la fois excitée et à la fois craintive. Elle sait que c’est trop tard, qu’elle a déjà franchi la première limite la dernière fois, alors pourquoi reculer maintenant ?


Elle s’approche du pantin, cherche un regard qui n’existe pas. Deux trous obscurs lui font face, la fixent sévèrement, lui donnent l’impression qu’il la déteste.  Quel autre regard pourrait-il lui accorder ? Il sait qu’il n’est là que pour un temps, créé pour mourir. On l’empêche de parler en ne lui donnant pas de lèvres. Mais même avec une bouche, dirait-il quelque chose ? A-t-elle dit quelque chose durant toutes ces années ? Elle n’était aussi qu’un pantin, toute sa vie, on lui a insufflé ce qu’elle devait penser, dire ou faire. Petite marionnette facile à manipuler. Aurait-elle rejoint les rangs du Maître si son oncle et sa tante ne l’avaient pas entraînée là-dedans ? S’ils n’avaient pas toujours souhaité la voir s’élever comme mangemort, en serait-elle devenue une ? Tout semblait si simple à Poudlard, elle savait quoi faire, elle savait quel était son but. Aujourd’hui, elle était ignorante au possible, elle se brisait encore et encore, attendant qu’on lui souffle à l’oreille qui elle était et qui elle devait être. Alors elle lève sa baguette, doucement, comme une fatalité. Elle a l’impression que son bras pèse une tonne, cela fait longtemps qu’elle n’a blessé personne. Certains visages lui reviennent en mémoire, lui rappelant ses faits et gestes, lui remémorant ce qui l’animait durant moment-là. Le pantin tombe à genoux face à elle, un autre coup de baguette et il se contorsionne violemment. Il ne crie pas. Il est là, à ses pieds, et ne supplie pas. Son corps est mou, se tend et se tord au gré de son envie, elle fait tourner sa baguette dans les airs, lance les premiers sorts informulés qui lui viennent en tête, ceux qu’elle n’a plus utilisés depuis des mois. Etait-ce si facile que ça face à un être humain ? Avait-elle ce même visage stoïque, comme si elle était incapable d’éprouver le moindre remord ? Elle se souvient des cris, des larmes, des supplications, du visage qui se fige dans un air de détresse, pour s’endormir à jamais. Simplement parce qu’elle a levé sa baguette, parce qu’elle a eu le pouvoir et l’envie de retirer la vie. Elle a donné la mort sans ciller, sans une seule once de peine dans le cœur. Est-ce que la personne qui a tué ses parents a réagi comme elle ? Peut-on être humain et ne rien ressentir à la fois ?
Le pantin s’écroule mollement à ses pieds, toujours silencieux. Ce maudit silence, elle voudrait qu’il crie, qu’il hurle, qu’il ressente les choses aussi fortes qu’elle en cet instant. Pourquoi restait-il inerte, le visage figé ? Elle s’acharna un peu plus sur la marionnette disloquée, superposant sur son visage ombragé, ceux qui hantaient sa mémoire. Tout ce sang sur ses mains, toute cette haine qui la faisait vivre et fonctionner, que lui restait-il aujourd’hui ? Un vulgaire pantin sur lequel s’acharner, un pantin qui ne lui donnait pas ce qu’elle voulait, qui l’empêchait de culpabiliser, d’avoir un quelconque remord. Elle l’envoya valser à travers la pièce en lâchant un cri de rage. Le pantin s’écrasa contre le mur de pierre, et tomba au sol, inerte. La jeune femme se fige, essoufflée, une boule en travers de la gorge. Elle se tourne vers Blaise qui la regarde, muet. « Pourquoi t’as fait apparaître ce truc ? Murmure-t-elle. Il ne ressent rien. Il s’écroule en silence. Si tu donnes à un chat une souris morte, il n’a aucun intérêt de jouer avec. » Elle lève de nouveau sa baguette, lévite le pantin jusque devant ses yeux. Elle le fait tourner, l’assomme contre les murs, le visage sombre, le regard vide et souffle : « Il est déjà mort, comme tous les autres. » Il ne restait plus qu’elle, petite orpheline. Elle repose le pantin au sol, et tout en le fixant, se laisse glisser contre le mur derrière elle. Elle prend son visage entre ses mains, enfonce ses ongles dans la peau, étouffe une plainte. C’était une mauvaise idée de revenir ici, elle n’aurait pas dû, elle est encore plus paumée qu’avant. « Je ne veux plus revenir ici, ajoute-t-elle, telle une dernière supplique. »



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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 2 Juin - 2:10

Il est de ces soleils qui naissent entre les pierres et  s’éteignent avant même d’avoir commencé à briller, des astres qui se vendent au vide et fissurent l’espace qui les enferme. Condamnés à brûler sans remède. C’était encore trouble, là, au fond du cœur, vide, quand la lassitude le rejoignait à nouveau, plongeant des éclats de verres dans sa tête. Parce que Blaise il était fatigué, simplement fatigué , fatigué par la corde raide sur laquelle il se tenait toujours perché, fatigué par ce néant engendrant la cruauté, fatigué par les souvenirs enterrés, les abîmes oubliés. Alyx pourtant elle s’acharnait, il y avait sa violence qui s’évadait sans l’apaiser, disloquant les traces d’elle-même, fragmentant son identité. Car au fond elle n’était ni son présent ni son passé, ni Alyx ni Lilith, perdue quelque part entre les deux, mais personne ne lui avait laissé le choix alors elle errait désormais, petite fille perdue qui ne percevait plus vraiment les fissures du monde tant elle était occupée à contempler les siennes.

La silhouette du pantin avait quelque chose d’immonde quand elle ondulait, se tordait sous leurs yeux. Blaise la fixait toujours, détaché de la réalité de la scène, simplement insensible à la torture d’une illusion de plus. Dégoût, pourtant, qui s’allongeait et traînait en effleurant la silhouette molle de la chose, sa douleur muette. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? C’était la voix d’un souvenir qui résonnait dans son esprit, épouse factice, cette chimère d’un été emporté par la guerre, désormais enterrée. Enfin pas vraiment. Parce qu’elle existait  encore quelque part, morte ou vive et sans doute glissée à l’autre bout du monde, disparue sans qu’il y pense réellement. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? Il ne saisissait pas vraiment pourquoi c’était en cet instant que les bribes le rejoingnaient, pourquoi se trouver dans le sordide de cette pièce close lui rappelait la figure cette fille qui avait cru  pouvoir lire en lui, eu la prétention de pouvoir comprendre. Le cri de rage d’Alyx l’arracha à ses divagations. Le pantin de nuit s’écrasa contre un mur, un bruit écœurant d’os brisés s’en échappant. « Pourquoi t’as fait apparaître ce truc ?  Il ne ressent rien. Il s’écroule en silence. Si tu donnes à un chat une souris morte, il n’a aucun intérêt de jouer avec. » Les paroles sonnaient comme un reproche. Était-elle vraiment en train de sous-entendre qu’elle aurait préféré qu’on lui offre un distraction plus vivante ? Sans lui laisser le temps de réfléchir, la jeune femme leva sa baguette à nouveau, faisant léviter le pantin sous ses yeux avant de l’envoyer percuter les mur. Un acte vide de sens, un de plus, rien que les ruines maquillés de ce qu’elle avait été, et pourtant bien assez. Blaise sentit une vague amertume l’envahir lorsque la jeune femme murmura, le regard vide, comme impactée trop profondément pour se lier à la réalité. « Il est déjà mort, comme tous les autres. » Elle soufflait, en cendres, s’évaporant tandis qu’elle se laissait glisser contre le mur le plus proche, le visage ravagé par un chagrin qui n’avait sans doute pas grand-chose à voir avec le pantin. Peut-être qu’elle était bien plus fragile qu’il ne l’imaginait, peut-être que pour elle, la cruauté n’avait pas grand-chose de naturel. Peut-être qu’elle aurait rêvé d’autre chose Alyx, d’une vie plus saine si elle avait grandit loin de cette famille de cinglés qui était la sienne. En cela, il ne pouvait que la comprendre. Englués, l’un et l’autre, mazoutés par l’aura malsaine dans laquelle ils avaient été élevés, différents et semblables dans leur incapacité à saisir ce qu’ils désiraient réellement. Blaise avait prit l’habitude d’être la cible d’idées mouvantes, s’efforçant de moins en moins de lutter contre, affrontant les paradoxes qu’elles engendraient. Déraillé, mais un peu plus lui-même quand tout menaçait de lui échapper.

Alyx attrapa son visage entre ses mains, enfonçant les ongles dans sa peau comme si elle cherchait à arracher quelque chose qui y serait accroché, fragilisé, humaine dans la folie qui l’animait à nouveau. Plongée dans le passé, elle ne pouvait que se ruiner encore un peu, jamais une lumière ne serait assez forte pour l’éclairer ou faire miroiter sous ses yeux la vie qu’elle aurait pu caresser dans un monde différent du sien. « Je ne veux plus revenir ici » Éclat de culpabilité quand elle sembla se tenir au bord des larmes. C’était toujours la même histoire. Planifier, facile, exécuter tout autant, mais c’était lorsqu’il percevait les conséquences de ses actes que Blaise réalisait parfois leur gravité. Elle était brisé Alyx, assise par terre comme ayant égaré toute dignité. Sans trop savoir pourquoi, il s’approcha, se plaçant à sa hauteur pour lui saisir les mains, histoire qu’elle cesse un peu d’abîmer ses joues par nervosité. « Calme-toi. » Il y avait de l’honnêteté dans sa voix, un besoin de réparer un peu ce qu’il a provoqué. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? Tout. Absolument tout quand le sens de ses actes lui échappait, tout quand il ne faisait qu’avancer et reculer, funambule perché sur le fil d’un destin qu’il s’efforçait vainement de maîtriser. « Je pensais que ça t’apaiserait de comprendre que tu en es toujours capable. » Les tremblements d’Alyx le poussèrent à s’asseoir lui aussi contre le mur glacé, laissant glisser la frêle silhouette de la jeune femme entre ses bras. Sa détresse le mettait plus mal à l’aise qu’il ne l’aurait imaginé. Peut-être parce qu’il en avait sous-estimé la profondeur, se contentant de se souvenir de Lilith dans tout ce qu’elle avait de plus mauvais. « Pourquoi ça te fait si mal ? Quels morceaux de toi est-ce que tu cherches à éviter ? » Il lui semblait presque pouvoir voir les décombres de son esprit dispersés sur le sol.



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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 2 Juin - 23:43

Plunge into darkness
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Elle sombre doucement, s’écroule sous le poids de la solitude qui l’accable un peu plus chaque jour. Les poids qu’elle traîne à ses pieds sont de plus en plus lourds, ils l’enfoncent dans la pénombre, et l’empêchent de voir la faible lueur qui lui permettrait de renaître. Elle devrait arracher le pansement vite, pour ça fasse moins mal. Laisser tomber ce masque de faux semblants qu’elle arbore depuis des mois, et redevenir qui elle a été. Mais elle ne sait plus, elle ne sait plus rien. Elle a tout oublié, amnésique de sa propre identité, qui se cache quelques parts sous les gravats de ses erreurs passées. Elle porte des blessures plus profondes qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Il lui faut se reconstruire, mais comment, et dans quel but ? Culpabiliser, regretter ses faits et gestes ne lui permettent pas de se retrouver. Elle pensait qu’en plaidant coupable, qu’en gagnant des points, elle retrouverait une place, dans un futur paradis peut-être flou et incertain. Mais en réalité son âme est toujours aussi sombre, elle est salie, et aucun produit miracle ne lui permettra de la rendre immaculée de nouveau. Jamais elle ne retrouvera l’innocence de l’enfant qui découvre les premiers flocons de neige, qui laisse la possibilité aux nuages d’imager ses rêveries féériques, qui s’émerveille d’un rien, et sait différencier ce qui est bien ou mal. Aujourd’hui elle est là, coincée dans un gouffre sombre, profond, elle est prise au piège par ses propres démons.
Des larmes roulent sur ses joues sèches, elle martyrise un peu plus son visage blême, espérant que ça apaisera les tourments qui la hantent. Rien ne fait taire le grondement sourd qui s’éveille en elle, rien ne vient stopper les vents douloureux qui la blessent encore et encore. Seule, dans la tempête, elle ne se bat même plus. Puis, deux mains froides se posent sur les siennes, l’obligent à révéler son visage à la lueur des torches. «  Calme-toi. » La voix de Blaise résonne dans la pièce à l’ambiance lourde. Elle le regarde sans le voir, trop focalisée sur l’ouragan qui détruit tout en elle. Elle a besoin d’air, elle étouffe avec ses pensées qui l’enserrent de leurs bras glacés. «  Je pensais que ça t’apaiserait de comprendre que tu en es toujours capable. » Capable de passer ses nerfs sur un pantin muet, sans regard pour la juger. Capable de lever sa baguette sans sentir son cœur battre si fort à en faire péter sa cage thoracique. Capable d’être le monstre qu’elle était et qu’elle resterait. Peut-être était-ce ce qu’elle faisait de mieux. Le jeune homme se laisse glisser à ses côtés, l’accueillant  au creux de ses bras. Elle se laisse faire, docile, inapte à repousser l’aide offerte. On lui a si peu tendu la main, qui le ferait et pourquoi ? Pour quelle cause perdue pouvait-on réellement offrir un peu de soutien ?  «  Pourquoi ça te fait si mal ? Quels morceaux de toi est-ce que tu cherches à éviter ? » Pouvait-elle simplement mettre des mots sur ses émotions ? Aucune traduction sensée n’existait pour expliquer ce qu’elle ressentait. C’était un amoncellement de choses diverses et variées, qui blessent sous la surface et la vident de toute envie de vivre.

Son visage se pose sur l’épaule de Blaise, la tête trop lourde, pleine à craquer. Elle se mue dans un faible silence, se concentre sur ses pulsations cardiaques qui se calment petit à petit. La situation est étrange et n’a rien d’habituelle. Elle comprend difficilement le comportement de l’ancien serpentard à son égard, incertaine de savoir s’il lui veut du bien ou du mal. Doit-elle se méfier, ou lui laisser le bénéfice du doute, et abattre une barrière entre eux ? Alyx ne sait pas s’il peut comprendre ce trop vide et ce trop-plein qui l’emplissent en même temps. Ils sont issus du même milieu, ils ont grandi dans les couleurs de Salazar Serpentard, mais au final leurs chemins se sont séparés quand il a fallu choisir un camp. Blaise n’a pas choisi, elle a échoué dans son argumentation pour le convaincre de rejoindre les rangs du Maître. Sans doute a-t-il pris la bonne décision, il aura moins de regrets à tirer derrière lui durant le reste de sa vie. « Je ne sais pas…, souffle-t-elle d’une voix cassée. Je ne sais pas qui garder avec moi, Alyx ou Lilith. » Laquelle des deux lui permettra de se relever ? Laquelle des deux lui redonnera l’envie de vivre ? Alyx est trop faible, trop transparente, tout est faux chez elle, elle ment constamment. Lilith est trop envieuse, trop intense, son but premier est de sauver sa propre vie, le reste n’a pas à être important. Les deux savent survivre, mais laquelle d’entre elle sait véritablement vivre ? Elles finissent toujours par se tourner vers leur seule et unique alliée ; la solitude. Elles sont seules, peu importe leurs actions. Alyx finit par reprendre la parole, lentement, d’une voix faible: « Le pantin, il se brise, il encaisse les coups dans son silence morbide. On ne sait pas s’il veut vivre ou mourir. Il reste dans le noir, tout le temps. Sa propre prison, c’est lui. » On est à l’étroit dans sa propre prison, on ne voit que les barreaux, il n’y a rien à l’horizon, seulement les ténèbres.
Alyx a rouvert les yeux, elle fixe l’ombre que projettent les torches sur les murs de pierres. Elle avait cru à un repère la première fois qu’elle avait mis les pieds ici, à ces cachettes secrètes, ces châteaux faits de draps que construisent les enfants pour s’extraire de la réalité, juste un temps. Ceux qui font oublier un instant qui on est vraiment. Une ancienne mangemort, à présent vainqueur, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une sorte de malédiction, ce qu’elle est, ce qu’elle touche se transforme en cendres et finit par mourir. «   Je voulais me persuader que redevenir celle que j’étais était la meilleure solution. J’en avais tellement envie … Mais je me dis sans cesse qu’il faut que je regrette mon passé, que j’éprouve de la culpabilité parce que c’est ce que tout être humain est censé faire, n'est-ce pas ? » Elle relève la tête, croise le regard sombre du jeune homme contre lequel elle est assise, et souffle : «  Dis-moi quoi faire Blaise. »


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 6 Juil - 0:50

Les yeux fixés sur un vide dans lequel il aurait presque aimé se fondre, Blaise ne pu que constater que la situation lui avait encore échappé. Car au fond, dans l'obscurité de cette salle ils n'étaient plus que deux gamins perdus dans le ventre d'un monde trop écrasant, comme vêtus d'une parure d'or si lourde à porter. Deux gosses capricieux décidés à s'amuser un peu, dépassés par la stupidité simple de leurs expériences. Il y avait comme une fissure quelque part, qui ne cessait plus de croître, des arcanes encrées au creux d'un esprit ravagé, des idées qui flottaient et s'incrustant dans la moindre réflexion. Un serpent glissé dans la chair. Tout avait toujours été si simple pourtant. Si simple de demeurer sourd aux lointains échos de la conscience, simple de cesser de rechercher du sens , simple de laisser les soleils et les nuits s'entremêler, se dissoudre tous entiers. Il faisait trop sombre dans cette grotte, bien que baignée dans des lueurs artificielles, trop nuit pour que la cohérence et la logique reprennent le dessus. Un refuge à double-tranchant, illuminé un instant par la chaleur chancelante d'Alyx. Sans doute que le destin s'amuse bien de temps en temps. Dans quelle dimension parallèle Blaise aurait-il pu envisager que ses rares échappatoires, il les devrait à cette chère Carrow? La jeune femme semblait hésiter, comme mue par un dernier sursaut de méfiance qui n'avait pas grand chose de flatteur. Pourtant, très vite, elle esquissa quelques mots « Je ne sais pas…. Je ne sais pas qui garder avec moi, Alyx ou Lilith. » C'était bien ça, au fond, son principal problème, cette identité fragmentée.  Alyx n'était certes pas un modèle de vertu, mais elle traînait les chaînes de la culpabilité et par extension, d'une bonté qu'elle peinerait toujours à assumer. Parce que ce n'est pas ce qu'on attendait d'une fille comme elle. Lilith, pourtant, elle existait, réellement; désirant renaître et étouffer par sa simple présence cette autre part d'elle même envahissante. Le garçon hésita, un instant, tant les idées s'emmêlaient dans son esprit. «Peut-être que tu n'as pas besoin de choisir, que tu ne le peux même pas. Que tu es tant Lilith que Alyx, et qu'il serait bon qu'elles se décident à faire la paix.»  Il était pourtant peu probable que cette paix soit possible. Et quand bien même elle adviendrait, quand bien même l'équilibre serait trouvé, les choses n'en serait pas nécessairement plus simples. Mais ça, il se gardait bien de le lui signifier.

C'était une chose étrange, la culpabilité; une sensation tellement violente que Blaise se demandait sérieusement comment le petit corps d'Alyx était en mesure d'en contenir autant.« Le pantin, il se brise, il encaisse les coups dans son silence morbide. On ne sait pas s’il veut vivre ou mourir. Il reste dans le noir, tout le temps. Sa propre prison, c’est lui. » Elle avait reprit, Alyx, de cette voix faible qui semblait échappée du monde intérieur au creux duquel elle s'est retranché. Sans doute parlait-elle autant d'elle-même que du pantin brisé. Sa propre prison, c'est lui. Étrange comme les mots s’immisçaient, prenant du sens soudainement, étrange comme ça le percutait peu à peu lui aussi. Pourtant sa propre geôle ne contenait sans doute plus grand chose. Trop tôt tapissée d'indifférence, elle a finit par en imprégner profondément le petit prince enterré derrière ses barreaux, le déliant de l'empathie et de ses tentations stupides. Suffirait de colmater la brisure et tout serait terminé, ce serait si simple pour eux, si simple, de laisser la magie noire les envelopper, encore, joyaux d'ivresse jamais vraiment arraché.« Je suppose qu’il faut vivre longtemps avec les ombres pour réellement apprécier le goût de la lumière. » Un murmure, un mensonge auquel lui même ne croit pas vraiment. Parce que les ombres elles aveuglent, elles étouffent, elles ne laissent même plus place à quelques soleils souillés. Des éclats vide de sens, une chaleur qui n'existe pas vraiment. Des sentiments qui disparaissent bien assez vite pour ne jamais nous pousser à changer. «Je voulais me persuader que redevenir celle que j’étais était la meilleure solution. J’en avais tellement envie … Mais je me dis sans cesse qu’il faut que je regrette mon passé, que j’éprouve de la culpabilité parce que c’est ce que tout être humain est censé faire, n'est-ce pas ? » Elle leva la tête, crochetant son regard pour mieux appuyer sa demande «  Dis-moi quoi faire Blaise. » Il avait envie de rire Blaise, de lui rappeler que sa vie à lui était au moins aussi foirée que la sienne, en dépit des apparences. Que la paix avec lui même, il ne la trouvait qu'en surface et que sitôt qu'il y songeait, les monstres tentaient de s'évader. «Tu te poses beaucoup trop de question sur la façon dont tu devrais agir. Essaie de voir quelles émotions t'appartiennent, à toi, et les choses te paraitrons déjà moins compliquées.» Comme si elle n'avait pas assez de problèmes de dédoublement comme ça. «Ce qui est certain, c'est que ta culpabilité est réelle. C'est elle qui t'empêche d'être totalement Lilith. De même que ton désir de retourner à cet état fait que tu n'es plus vraiment Alyx non plus.» Un sourire traversa les lèvres de Blaise, lorsqu'il perçu à quel point ses explications étaient embrouillées, à quel point cette discussion paraîtrait étrange si quelqu'un était en mesure de l'entendre; encore que Dursmtrang n'en finissait jamais de le surprendre. Sans y penser, il se mit à jouer négligemment avec les mèches brunes dAlyx, tandis que songeur, il achevait  « Mais je pense que tu as encore le choix . Parce qu’un jour tu as été différente ». Lui n'avait jamais vraiment eu cette chance.


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 17 Aoû - 23:23

Plunge into darkness
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Que voulait-elle l’entendre dire ? Qu’avait-elle besoin qu’il lui murmure au creux de l’oreille ? Il faudrait qu’il lui raconte des histoires, des tas d’histoires inconcevables, pour qu’elle puisse enfin croire combien c’est beau de vivre.  Des histoires qui prennent aux tripes, des histoires qui la feraient frémir, et lui donneraient envie de tout laisser tomber pour recommencer, une fois encore. Elle déciderait elle-même de la fin à donner à l’histoire murmurée, qui n’existerait que dans sa tête, et qui aurait des airs d’autrefois. Elle a besoin qu’on lui indique la voie à suivre, qu’on lui donne l’intitulé du prochain chapitre à découvrir. Elle a besoin de lumière dans sa prison des ténèbres. Elle a besoin de beauté dans tout ce truc sale dans lequel elle est embourbée. Encore un peu de magie pour lui insuffler de la vie. Son regard s’ancre dans celui du serpentard, elle patiente, elle espère que les mots qui vont franchir ses lèvres, vont lui permettre de respirer à nouveau. «Tu te poses beaucoup trop de question sur la façon dont tu devrais agir. Essaie de voir quelles émotions t'appartiennent, à toi, et les choses te paraitront déjà moins compliquées.» En réalité, elle était ensevelie par ses émotions, par tous ses sentiments contradictoires qui prenaient racine en elle depuis des mois et des mois. Et elle était incapable de s’en défaire. Elle avait cru pouvoir se détacher de tout ceci en usant de magie noire de nouveau, s’empêcher d’éprouver de la culpabilité, d’éprouver le moindre sentiment qui pourrait la rendre plus faible. Au fond, elle pensait que Blaise pouvait l’aider à ne plus rien ressentir, seulement, il s’était produit tout le contraire. Une tempête se démenait là, tout au fond d’elle, et rien ni personne ne pouvait faire taire ce vent puissant qui détruisait tout sur son passage. Elle implorait pour qu’on lui vienne en aide, pour qu’on la comprenne et qu’on trouve le moyen d’apaiser cette tornade dévastatrice.
Elle fixait Blaise, les yeux brillants, persuadée qu’il la sortirait du gouffre dans lequel elle se trouvait. «Ce qui est certain, c'est que ta culpabilité est réelle. C'est elle qui t'empêche d'être totalement Lilith. De même que ton désir de retourner à cet état fait que tu n'es plus vraiment Alyx non plus.» Alyx tourna légèrement la tête, fixant les ombres qui dansaient sur le mur face à elle. Elle écoutait les mots de Blaise, les laissait tourner dans sa tête, essayant de trouver une solution à tout ceci. Mais elle était fatiguée, elle était lasse, elle n’avait plus envie de se battre contre elle-même. Tout lâcher, tout abandonner, se laisser aller, ça semblait si facile, si reposant, et elle ne demandait que ça. Alors qu’elle se terrait dans un long silence, elle sentit l’ancien serpentard jouer avec ses cheveux, comme si c’était un geste habituel, mécanique. Cette grotte était étrange, elle était à la fois similaire à une prison, et à la fois accueillante, comme une vieille demeure dans laquelle on revient des années après l'avoir quitté. Ses murs de pierres gardaient des secrets bien trop sombres pour les exposer à la lumière du jour. « Mais je pense que tu as encore le choix. Parce qu’un jour tu as été différente. » Elle ne savait pas si elle devait croire aux paroles de Blaise, si elle avait vraiment été différente comme il le lui affirmait. Différente par rapport à quoi, à qui ? A elle aujourd’hui ? Aux autres mangemorts ? Aux autres serpentards ? A sa famille ? Différente en bien ou en mal ? C’était comme un gros mot qu’on interdisait aux enfants de répéter, c’était l’insulte qu’elle recevait dans la figure quand elle était jeune. « T’es différente de nous. » Elle n’en avait jamais fait une force, et c’était peut-être son erreur.

**
Ses pas la menèrent mécaniquement à la cave exiguë. C’était un chemin qu’elle n’avait que trop emprunté ces dernières semaines, elle le connaissait par cœur. Aveugle, elle aurait pu s’y rendre sans encombre. Elle ne sut comment ces rendez-vous interdits étaient devenus presque vitaux. Elle avait repoussé ses limites un peu plus chaque fois, elle avait laissé la magie noire revenir dans sa vie, une vieille amie qu’elle avait laissée sur le pas de la porte un peu trop longtemps dans le froid. Au début elle avait toujours cette boule dans le ventre qui lui donnait la nausée, et l’empêchait de respirer correctement. Elle appréhendait, ne se faisait plus confiance, laissait la nervosité la gagner. Puis, au fil des jours, l’envie devenait plus forte que la peur, le désir, l’adrénaline de l’interdit, ce frémissement qui remontait le long de son échine lorsqu’elle arpentait les couloirs sombres de l’école. Chaque jour elle en voulait plus, chaque jour elle se dépassait elle-même. Blaise était toujours là, quand il ne testait pas différents sorts avec elle, il restait là, dans un coin de la salle, à la fixer sans sourciller. Il lui permettait de retrouver ce sentiment de sécurité, de force. Il était devenu comme son ombre, et s’il lui avait dit de se jeter du haut d’une falaise, elle ne l’aurait pas contredis. Elle avait besoin qu’il soit là, qu’il lui dise quoi faire, ça la rassurait, elle n’était plus seule.
Arrivée à destination, elle regarda autour d’elle. L’ancien serpentard lui avait fait passer un mot dans la journée, l’informant de se rendre au lieu habituel ce soir. Cela l’avait étonné, c’était elle qui d’ordinaire quémandait ces petites séances clandestines. De plus, elle n’avait aucune idée de ce qu’il lui voulait, il lui avait juste donné l’heure, sans autres formules de politesse. Vérifiant que personne d’autre ne se trouvait dans les parages, elle rentra dans l’antre froid qui lui servait de refuge. Blaise était là, assis sur une table, l’attendant patiemment. Alyx haussa ses sourcils bruns, et dévisagea le jeune homme. «  On fait des cachotteries Blaise Zabini ? »



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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Mar 12 Sep - 0:28

Ses yeux se balancent contre les volutes de fumée pourpre qui s'échappent du petit chaudron sur lequel il est perché, les teintes s'entremêlant contre le plafond bas en dizaine de mirages colorées. Ça donne à ce trou noir une allure de ciel qui expire, comme si une nuée d'étoiles avait soudain décidé d'exploser entre ces murs, un ballet chaotique trop sublime pour qu'on s'en détache. Un horizon en ruine, le sien, hypnotique. Faut dire qu'ici les jours ont un goût étrange, du soleil et des cendres qui se marrent ensemble en le regardant s'enfoncer. Y'a le réel qui s'en va par instant, dans la vie de Blaise les astres s'entrechoquent toujours un peu trop fort, libèrent leur violence dans l'espace clôt qui lui sert de conscience. Deirdre c'est le soleil lointain nouvellement retrouvé, une lumière trop vive qui lui agresse le visage, la clef d'un changement auquel il n'est pas capable de se livrer. Parce que ses pas finissent toujours par le mener ici, inlassablement. Alyx c'est l'étoile sombre qui n'a plus brillé depuis des siècles, qui semblent avoir même oublié comment faire, parfois des éclats semblent sur le point des prendre vie, des lueurs malades qui pourraient laisser un peu d'espoir se dessiner. Mais toujours tout fini par s'étouffer dans cette pièce qui leur donne la sensation d'enfin respirer tout en les tenant enfermé. C'est comme une magie noire trop profonde qui les aurait enchaînés à ces lieux, quoi qu'ils en disent ils finissent toujours par s'y retrouver, Blaise il se sent lié à l'Iceberg par cette ombre qui les enveloppe ensemble, c'est pas de l'amitié c'est du poison qu'ils inhalent l'un et l'autre, patiemment, comme si salir leurs consciences un peu plus fort pouvait soigner ces blessures dont ils ont perdu le sens.
Et dire qu'il ne voulait que se venger.
La nuit il y prend goût avec le temps, il sait, il contrôle, il ne sombrera pas.
C'est ce qu'il se répète à chaque fois.

Un parfum lourd  oscille dans l'air quand les pas d'Alyx se mettent à résonner dans les galeries toujours vides, une senteur étrange à la violence douce  déjà occupée à creuser sous son âme, à en délier les contours. Il sait que c'est elle sans avoir à regarder, leurs rendez-vous nocturnes sont devenus depuis quelques temps furieusement habituels. En ces lieux tout est différent. Comme un refuge construit maladroitement pour apprendre à ne plus tomber, une réalité fragmentée. Pas vraiment plus jolie que l'ancienne, mais suffisamment tranchante pour qu'il se sentent à nouveau exister. Alyx c'est ce double nocif, ce presque miroir qu'il s'efforce de garder à distance, une poupée hantée aux yeux trop grands. Elle l'interroge du regard en arrivant. On fait des cachotteries Blaise Zabini ? Un sourire en coin s'ébauche, l'idée est amusante. Chacun des actes perpétré ici est un secret gardé précieusement, des instants dangereux qui finissent par donner du sens, qui pansent un peu les plaies béantes à défaut de les soigner. Il sourit toujours Zabini, étrangement de bonne humeur quand il verse le contenu du chaudron dans les deux récipients prévus à cet effet « Ce n'est pas le plus déplaisant des secrets, tu verras. » D'un geste vif il saisit les deux fioles puis les agite légèrement. Le pourpre prend de l'éclat, les poussières dorées qu'il contient se mettant à danser. « C’est prêt. »

Adolescent il s'était pourtant juré de ne jamais absorber ce genre de potion. C'est cette formule là qui était à l'origine de la fortune de son avant-dernier beau-père, paradoxalement celui qu'il méprisait le plus et l'un des seuls qu'il n'ait pas contribué à l'éliminer. Simple, euphorisante, libératrice, les effets ne sont jamais tout à fait les mêmes mais suffisamment puissants pour pousser des imbéciles fortunés à en redemander. L'été de ses seize ans, lassé de voir le sud-américain se pavaner, Blaise la lui avait dérobée. Le conflit alors engendré avait sans doute légèrement précipité la fin tragique de cet homme là mais peu importe, aujourd'hui un dérivé du précieux liquide tournoie dans les deux fioles entre ses doigts, une version allégée, épurée, axant la libération de l'esprit plutôt que la stupidité. Il y a déjà goûté, une ou deux fois, il y a longtemps, trop longtemps. Puisqu'Alyx et lui ont fait de la magie noire un art bien particulier, autant laisser libre court à leur créativité, débloquer des retranchements encore inexplorés. Il suffira de laisser l'esprit s'envoler en s'extirpant des ronces édifiées tout autour et peut-être que leur apparaitront des solutions, des pensées qui auraient pu leur échapper. Se plaçant face à elle Blaise détaille son visage un instant avant de lui glisser l'une des fiole dans la main. Au contact de la paume de la jeune femme, le potion pourpre se mue en liquide azurée mais toujours ondulent ces étranges paillettes d'or. Alyx elle est figé, comme hésitante, un court instant. « Tu sais, ça ne m’intéresse pas spécialement de t'empoisonner » Soupir. C'est agaçant de toujours devoir se justifier lorsqu'il tend une potion à quelqu'un. S'il s'était mis à semer des cadavres derrière lui, quelqu'un aurait bien fini par le remarquer. Tandis que le tourbillon doré s'agite encore, Blaise lève sa fiole le premier, faisant mine de trinquer . « à la tienne » Une seconde, et la voilà qui semble décidée, accompagnant son mouvement. Un bruit de verre qu'on entrechoque épouse le silence trop pesant de la pièce désormais privée de ses lumières.
Le garçon porte la potion à ses lèvres, avale les premières gorgées.
Ça a un goût étrange.
Un goût de soleil et de cendres.


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Mar 12 Sep - 23:44

Plunge into darkness
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Un léger silence s’installe, Alyx cherche un indice dans le regard brillant de Blaise. Il laisse un petit sourire en coin apparaître sur ses lèvres, comme s’il était amusé par la situation. L’anglaise avait à peine remarqué le chaudron qui trônait au milieu d’une table, laissant s’échapper des volutes étranges. Elle le voit déverser un liquide d’une drôle de couleur dans deux récipients, mais il reste toujours silencieux, énigmatique. La brunette s’interroge, ne reconnaît pas la potion qu’il a préparé.  « Ce n'est pas le plus déplaisant des secrets, tu verras. »  Il agite les deux fioles, il lui semble que la couleur change, mais dans l’ombre, elle distingue à peine ce que fait Blaise. « C’est prêt. » Il lance ces deux mots comme s’il l’invitait tout simplement à manger quelque chose. Elle ne l’avait jamais vu préparer une potion, ou un filtre, et elle ne comprend pas ce qu’il attend d’elle ce soir. D’habitude c’est toujours clair, ils formulent tel ou tel sortilège, poussent leurs limites, tombent dans  magie bien noire, presque sale, mais avec leur simple et unique baguette. L’anglais se rapproche d’elle, et lui tend une des fioles. Attrapant le récipient entre ses doigts fins, elle lance un regard hésitant au liquide qui semble s’animer de lui-même. De minuscules paillettes d’or créent une danse hypnotique dans cette potion aux couleurs pourpres. « Tu sais, ça ne m’intéresse pas spécialement de t'empoisonner » Elle relève la tête, et croise le regard de Blaise. Il semble agacé qu’elle doute autant de lui. Mais il ne lui donne aucun autre élément. Il faudrait donc qu’elle boive cette chose sans demander une seule explication ? Qu’est-ce qui l’attendait derrière ces paillettes dorées ? Elle n’aurait pas été une bonne mangemort si elle avait accepté n’importe quoi, de la part de n’importe qui, sans s’inquiéter ne serait-ce qu’un peu. Elle avait appris bien vite qu’elle ne devait faire confiance à personne. Alyx fixe toujours l’ancien serpentard qui finit par lever sa fiole, et lui lance : « A la tienne. » S’il boit aussi sa préparation, ça ne doit pas être pas bien violent, se dit-elle, comme pour se convaincre de faire le bon choix. Elle ne sait si c’est d’avoir passé autant de temps avec lui ces dernières semaines, mais elle se sent bel et bien capable de boire cette chose, en lui accordant une confiance aveugle, presque stupide. Elle a une demi-seconde de réflexion, d’hésitation, puis, dans un mouvement mécanique, elle imite Blaise, cogne son récipient contre le sien, et porte le liquide à ses lèvres. Le goût est étrange, et elle se force à boire cul-sec cette drôle de mixture dorée. Les paupières closes, elle finit sa fiole et la repose violemment sur une table non loin d’elle. Elle grimace. L’arrière-goût est bizarre, ça pique et c’est doux en même temps.
Alyx laisse quelques secondes passer. Rien. Elle regarde Blaise, et lance, presque déçue : « Tu peux me dire ce que je viens de boire maintenant ? » Elle jette un oeil autour d’elle, plisse les yeux en s’attardant sur les ombres que projettent les torches contre les murs de pierres. Soudainement, elle a chaud et froid en même temps, elle ne sait si elle doit se déshabiller ou faire apparaître une couverture. Son regard tombe à nouveau sur Blaise, elle aperçoit difficilement son visage, et se demande s’il a répondu à sa question précédente. Question dont elle ne se souvient plus. Quel était leur sujet de conversation déjà ? Elle ne sait plus, et elle s’en fiche. Sa tête tangue, tout comme la pièce autour d’elle. Elle doit s’assoir, juste un instant. L’anglaise se laisse glisser au sol, et elle se surprend à sourire.

Tout semble remuer autour d’elle, la pièce est vide et pleine en même temps, ça la terrifie autant que ça la captive. Son cœur résonne férocement à ses oreilles, des battements sourds et saccadés qui pourraient la rendre dingue. Son esprit divague, elle passe d’une pensée à une autre, revoit des visages, des lieux qui hantent ses pensées, et remémorent des souvenirs douloureux. Le sourire aimant de sa mère, le regard sévère du Lord, l’éclair vert qui sort de sa baguette et frappe un corps déjà mort, ça s’accumule dans son esprit, ça lui maintient la tête au fond de l’eau, elle se noie. Elle pleure et sourit en même temps, c’est une drôle de sensation, elle voudrait que ça s’arrête, qu’on la laisse se noyer, qu’elle puisse se reposer. Elle ne sait plus où elle est, et ce qu’elle fait là. Elle est dépassée, elle perd pieds, elle cherche sa baguette mais ne la trouve pas. Qu’est-ce qu’elle en a fait ? Alyx, Alyx la lui a prise, elle ne lui rendra pas. Elle la déteste, elle est tout ce qu’elle haït, tout ce qui la répugne. Elle l’entraîne dans sa chute, mais elle ne la laissera plus faire, c’est fini, il faut qu’elle se débarrasse d’elle. Lilith se redresse, chancèle, se rattrape à la table. Elle aperçoit Blaise, non loin d’elle. Il a le regard hagard, les yeux qui brillent, il la fixe mais ne semble pas la voir. La jeune femme s’approche, d’une démarche maladroite, comme si elle venait tout juste d’apprendre à marcher. Proche de l’anglais, elle pose ses deux mains sur son tee-shirt, et s’accroche férocement au tissu. « Blaise, murmure-t-elle. » Il pose ses yeux sombres sur elle, la dévisage un instant. Lilith patiente quelques secondes, et rajoute, presque plaintive : « C’est trop obscur, on doit allumer les lumières, on ne peut pas laisser les ombres nous attraper. Elles nous arracheront le cœur, tu sais, même si on n’en a plus, elles le prendront quand même. » Lilith recule, elle tourne le dos à Blaise, et regarde autour d’elle. Elle murmure des phrases qui n’ont ni queue ni tête, tandis qu’elle se perd dans ses sombres pensées. « Le Maître ne m’aurait pas laissée toute seule. Il ne m’aurait pas laissée, jamais. Il le sait, il sait tout, je suis importante, Lilith tu es importante. » Elle l’entend encore lui souffler ses mots réconfortants, qui la font se sentir si unique, si puissante. Elle n’est pas qu’un grain de poussière parfaitement inintéressant, elle n’est pas perdue parmi les autres, elle n’est pas inutile. Non, jamais elle ne le sera. Il fait toujours beaucoup trop sombre autour d’elle. Elle attrape une chaise, la coince sous son pied, et donne un grand coup. Le bois se brise, Lilith continue de la casser comme elle peut, avec toute la force dont elle est capable. Des échardes se plantent dans ses mains, mais elle ne ressent rien. Elle attrape une torche, et la jette sur le petit tas de bois.
Muette, elle s’installe en tailleur face au feu. Les flammes lèchent avidement le bois qui craque sous la chaleur. Elle sent Blaise s’assoir à côté d’elle. Elle tourne la tête, pose ses prunelles brillantes sur son visage, elle voit les lueurs des flammes danser sur sa peau ténébreuse. « Je nous ai sauvés, souffle-t-elle en tournant de nouveau la tête. » Et là, en une seconde, c’est comme si tous ses malheurs s’accumulaient sur ses frêles épaules. Elle se sent lourde, elle se sent malheureuse, elle se sent seule. Le Maître l’a abandonnée. Où est-il ? Où sont les autres ? Où est Théodore ? Où est Hemera ? Où est Danslav ? Elle est de nouveau seule, et sa souffrance grandit alors que le feu s’éteint petit à petit. Elle se penche en arrière, et s’allonge sur le sol froid de l’antre glacial. Sa tête lui fait un mal de chien, tout tourne encore autour d'elle, et son coeur bat toujours aussi fort. Elle regarde le plafond, elle sent les larmes inonder ses joues, et un ciel étoilé semble apparaître sous ses yeux. Elle le voit comme si elle se trouvait dehors, il n’y a pas un seul nuage, et tout à coup, elle ne se souvient plus pourquoi elle pleurait, seuls les étoiles comptent. « Il n’y a que ces idiots de moldus pour croire que les vœux se réalisent grâce aux étoiles filantes … »




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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Mer 13 Sep - 20:23

Perdu dans la marée noire c’est l’enfer qu’il goûte du bout des lèvres, une promesse évanouie quand la fiole s’eteint sur le sol. Comme une noyade soudaine, le sel au fond des yeux et la tête contre le roc. Il tangue. Un peu. Il y a des fissures sur le murs et quelque chose qui s’en écoule, quelque chose d’épais qui vient s’aggriper aux lumières pour mieux les avaler. Rien n'était censé se dérouler ainsi. Blaise il entend la voix d’Alyx, lointaine, si lointaine et la paume contre les parois qui saignent toujours autant, et soudain il y distingue des visages qu’il croyait enterré, le sang coule contre le sable qu’il croit toucher, puis il se souvient, le feulement d’une panthère puis le meurtre d’un père, il se souvient, les suppliques, les regards qu’il ne sait plus nommer, il se souvient, les mensonges d’un oncle dont le cœur fut arraché il se souvient, et toute les tâches sur ses mains. Ça fait mal. Là, au creux de la tête, ces souvenirs trop anciens pour être vraiment les siens, ces images qu’il rencontre presque pour la première fois. Parfois il y a la nuit qui se met à briller et ses longs doigts qui creusent en tremblant sous le cœur, elle a le même air que les ombres qui se promène contre les murs. Elles ont l’air plus tristes que menaçantes pourtant alors Blaise il les contemple en se demandant pourquoi l’euphorie n’est pas encore là, se souvenant qu’il n’est pas le seul à être enfermé ici. « Alyx ? » Elle est perdue, totalement et Blaise l’entend sans la voir, essaie de l’attraper mais c’est comme de la poussière qu’il percute, il n’y plus rien, rien que lui et les monstres qui courent après Alyx. Il perçoit sa voix, ses pleurs, se demande ce qui découle encore du réel ou de l’illusion, et soudain il sent quelque chose s’aggriper à l’étoffe de ses vêtements, des ongles s’enfoncer dans sa peau. « Blaise » Le regard se pose sur les traits fins de la jeune femme dont les yeux ne tiennent plus en place. Elle a le visage hanté, halluciné, et ses paroles au ralenti se décomposent dans son esprit. C’est trop obscur, on doit allumer les lumières Quelles lumières ? Il n’y en a jamais eu. La haine a survécu lentement. Comme un volcan en sommeil depuis des siècles qui crache au ciel toute sa fumée noire. Il lui en veut, il lui en veut de le pousser à se perdre si bas, il lui en veut de ne pas avoir été assez forte pour deux. On ne peut pas laisser les ombres nous attraper. Il a l’esprit qui se glace, un instant, puis parvient à faire le tri, à se souvenir que tout ça n’est qu’une immense illusion, il voudrait pouvoir le lui dire pourtant il voit les silhouettes étouffer Alyx, leurs longs doigts rampant tout le long de sa peau claire.  Elles nous arracheront le cœur, tu sais, même si on n’en a plus, elles le prendront quand même. Blaise laisse son regard déraper vers les poings fermés contre son cœur et soudain tout se fige parce qu’Alyx elle retire ses mains et là, en plein milieu de l’étoffe il n’y a plus rien, juste un trou béant et du vent à travers qui brûle comme une lame chauffée à blanc. Tu as vu les impacts ? Les tiens, les cicatrices, si près de l’os qu’on pourrait presque le voir briller ? Alyx elle tangue, mais c’est Lilith qui s’égare, Lilith qui murmure « Le Maître ne m’aurait pas laissée toute seule. Il ne m’aurait pas laissée, jamais. Il le sait, il sait tout, je suis importante, Lilith tu es importante. » Un bruit de bois qu’on brise avec acharnement et la lumière qui jaillit, destructrice. Les ombres se mettent à hurler et tous les trous se referment d’un seul coup, certaines s’accrochent à sa peau et l’éraflent de leur crocs d’or mais sitôt que les flammes prennent de l’ampleur, toutes s’évanouissent dans la pénombre. « Je nous ai sauvés »
C’est comme ça qu’elle brille Lilith.
Par la destruction.

Prenant place à ses côtés au coin du feu, Blaise lève la tête et se dit que peut-être, halluciner peut avoir du bon. Seules quelques tâches de lumières illuminent un ciel si beau qu’il voudrait être capable de le toucher. Lilith est allongée sur le sol gelé, mannequin brisé qui semble enfin comprendre qu’il a le droit de sourire lui aussi, que ce n’est pas seulement réservé à ceux dont le cœur bat encore. Même la pluie dans ses yeux semble sur le point de se tarir quand l’ébauche d’un sourire déborde de ses lèvres. L’une des étoiles se met à tanguer. « Il n’y a que ces idiots de moldus pour croire que les vœux se réalisent grâce aux étoiles filantes … » C’est vrai qu’il est stupide ce spectacle, même pas plus beau que l’amas de lumière qui les éclaire tout en douceur. « Pourtant tu as l’air d’être redevenue toi-même. » Pas tout à fait mais presque. Lilith elle semble plus forte désormais, libérée de ses entraves pour de bon. Il y a le silence qui s’installe, à peine un instant, puis le ciel perd de l’éclat et quelque chose se dessine s'y dessine, quelque chose qu’ils ne connaissent que trop  bien. « Tu la vois ? »  Sa voix est calme, pourtant c'est la marque des ténèbres qui flotte sous leurs yeux, fantôme imposant abreuvant la scène de sa lueur verte. Il fixe Lilith, qui acquiesce doucement, une expression indéchiffrable imprégnée sur ses traits, alors sans trop savoir pourquoi, Blaise éclate de rire, pour la première fois depuis longtemps. « C’est pour Alyx. Tu l’as brûlée avec le reste. » Vaguement euphorique, Blaise saisit le bras de la jeune femme puis remonte sa manche pour dévoiler ce qui s’y cache. Ses yeux lâchent un peu le ciel pour se concentrer sur la marque, il effleure le tatouage et le trouve presque beau, ironiquement, se demande ce que ça aurait donné sur sa peau. C’est Lilith, c’est Lilith qui se tient à ses côtés, celle qu’il ferait mieux de haïr mais qu’il ne peut s’empêcher de contempler. Lui qui pensait assister à son naufrage l’a inconsciemment guidée à la surface.
Et tout d’un coup il prend conscience que le seul monde qui lui paraît réel, c’est celui qu’ils se sont créé.


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Mer 13 Sep - 22:44

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Allongée sur le sol gelé, elle continue inlassablement à fixer ce faux ciel qui s’étend devant elle. Elle ne sait plus ce qui est réel, elle ne sait plus si c’est possible de voir les étoiles d’ici, elle ne sait plus ce qu’elle fait ici. « Pourtant tu as l’air d’être redevenue toi-même. » Elle n’en est pas certaine, est-ce qu’elle a été elle-même ne serait-ce qu’un jour depuis la chute du Lord ? Elle se perd dans ses identités, incapable de se définir seule, incapable de savoir quel chemin emprunter. Qu’elle soit blonde, qu’elle soit brune, elle traine derrière elle ses maux et ses erreurs, on la suit à la trace, on sait qu’elle se dirige à tâtons dans le bordel qu’est devenu sa vie. Tout est toujours noir, les flammes s’estompent à côté d’elle, et les ombres reprennent leur place. Elles reviennent toujours, elles gardent un œil sur elle, et dès qu’elles sentent sa faiblesse, elles l’attaquent à coup de douleur, à coup de culpabilité. Le ciel change sous ses yeux, une forme apparaît, une forme qu’elle ne connaît que trop bien. « Tu la vois ? »  Elle ne dit rien, se mue dans ce silence qui la protège encore quelques instants. Elle est là, face à elle, elle lui rappelle tout ce qu’elle a été. Lilith acquiesce sans pour autant regarder Blaise à ses côtés. La marque des ténèbres. Elle lui paraît encore belle au milieu de ce ciel trop terne. L’anglaise se souvient toujours de la sensation électrique qui la paralysait quand le maître les appelait. C’était ordonné, rien n’était dit, mais au fond d’eux, chaque mangemort savait que c’était une obligation, leur place de fidèle. Et ils rappliquaient tous, sans une minute de retard, sans prendre une seconde pour réfléchir. Ce lien qu’ils entretenaient avec  le Maître était unique, et personne ne pouvait comprendre cette liaison qui avait des allures d’interdits et de sadisme.
Le rire de Blaise la ramène à l’instant présent. Elle ne comprend pas pourquoi il rit, mais au fond, elle ne comprend pas vraiment grand chose à cette lugubre nuit qui les encercle de ses bras chaleureusement glacials. «  C’est pour Alyx. Tu l’as brûlée avec le reste. » Si seulement il ne pouvait en rester que des cendres. Elle soufflerait dessus, priant pour qu’elle ne revienne jamais plus l’accabler de ses propres crimes. Qu’elle parte en poussière, qu’elle se perde dans le vent froid des pays nordiques, dans le souffle chaud du désert, elle s’en fiche, elle ne veut plus du fardeau que constitue Alyx dans sa vie. Soudain, elle sent Blaise lui attraper son avant-bras gauche. Il relève sa manche, et pose des yeux brillants de curiosité sur le tatouage qui marque sa peau. Docile, elle le laisse faire, ne le repousse pas. Elle qui n’aime pourtant pas le moindre contact, elle n’a pas envie de se battre contre lui en cet instant. Ses doigts glissent sur sa peau, redessinent la marque qui noircit son épiderme pâle. Lilith fixe l’ancien serpentard, silencieuse, elle le laisse effectuer son analyse minutieuse.

« Tu aurais pu porter la même marque, finit-elle par souffler. » Blaise redresse son visage, et croise son regard. Tous deux se rappellent de ces interminables discussions autour des mangemorts, des sang-de-bourbe et de cette guerre, que Lilith avait crue gagnée d‘avance par le Lord. Il avait été celui qui lui avait donné le plus de difficultés à convaincre, et elle n’y était jamais parvenue, il ne l’avait pas suivie, il avait pris un autre chemin. Lilith se redresse, peut-être trop vite car sa tête cri de douleur. Ca bouge de nouveau autour d’elle, et elle hésite à se recoucher. Elle fixe le vide un instant, se remémorant différents souvenirs de l’époque de Poudlard, elle sourit faiblement. Puis, elle reprend rapidement conscience de l’endroit où elle se trouve, elle n’est plus dans le château écossais, elle est à Durmstrang, coincée entre quatre murs, prisonnière de l’Ox. Il n’y a que cette cave macabre qui leur fait office de refuge, qui les protège du danger. Dehors, c’est l’horreur qui les attend, une nouvelle guerre, mais une guerre qu’ils n’avaient pas demandé. Elle porte son regard sur la porte en bois, qu’elle espère tout à coup bien fermée. « On ne doit jamais sortir d’ici Blaise, jamais. » Lilith reporte son attention sur le concerné qui ne dit rien. Elle cherche une réponse, un tout petit acquiescement qui l’empêcherait de paniquer. Elle s’est tellement remise à lui ces dernières semaines, qu’elle n’est pas sûre de vaincre seule les ombres qui se cachent derrière la porte. C’en est presque devenu vital, elle avait besoin qu’il soit là, qu’il lui dise quoi faire, quelle direction prendre. Il était devenu son nouveau pilier sans qu’elle ne s’en rende compte, il était les fondations de son retour au sein de la magie noire, et elle ne s’en sortirait pas s’il la laissait seule. Il faisait revivre Lilith grâce à des sortilèges trop sombres, et trop malsains pour que la lumière ne revienne réchauffer son cœur meurtri. « Blaise, rappelle-t-elle, inquiète. » La brunette plonge son regard dans celui du jeune homme face à elle. Cherchant son approbation, elle encercle délicatement le visage du serpentard entre ses mains. « Tu resteras ? Si je sombre dans les ténèbres avant toi, tu resteras ? » Elle l’aurait presque supplié pour qu’il lui promette une telle chose. Mais est-ce qu’une simple promesse lui paraissait suffisante ? De simples mots pouvaient-ils la rendre moins craintive, moins peureuse à l’idée de retourner de nouveau à sa solitude maladive ? Ses yeux accrochent les siens avec une telle ferveur, qu’elle voudrait qu’il puisse lire ses pensées en cet instant. Elle rapproche son visage du sien, colle sa joue contre la sienne, et murmure à son oreille : « Promets-le Blaise, promets-le moi avec un serment inviolable. »

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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Lun 2 Oct - 0:06

Il fait froid désormais, comme si l’hiver de son esprit avait soudain décidé de déborder pour anesthésier lentement la beauté froide de l’instant. Combien de temps ? Combien de temps déjà glissés derrière cette porte close loin, si loin du réel et de sa silhouette hautaine, combien de temps que les frontières s’effacent, que la nuit est devenue un refuge parfait.«Tu aurais pu porter la même marque » Il lâche son bras, soutient le regard de la jeune femme. Elle aussi elle se souvient. De sa faiblesse passagère, du chemin sale qu’il avait éphèrement envisagé d’emprunter. Pour donner du sens, et puis laver ce sentiment persistant de n’être rien d’autre qu’un traitre à son sang ayant vécu dans le mensonge durant près d’un an. Ce n’est pas si loin, Poudlard et sa laideur, et ses splendeurs, ses tentations qui chaque fois mettaient son détachement à rude épreuve. Pourtant quand il contemple Lilith, Blaise ne regrette rien. Ces ténèbres là auraient été une chaîne trop lourde à porter, une entrave trop profonde à cette liberté dont il aimait s’imaginer dôté.« Je n’aurais jamais voulu de ça. » Murmure glaçial que la jeune femme ne perçoit sans doute pas, occupée à se lever, douloureusement. Il la regarde fixer le vide, un instant. Au sommet c’est l’orage qui sévit désormais, laissant les gouttes illusoires courir contre sa peau, et puis glisser dans les cheveux d’Alyx, y rester figées comme des diamants. Son regard à elle cogne contre la lourde porte de bois et un instant elle semble perdre pied, paniquer doucement.« On ne doit jamais sortir d’ici Blaise, jamais. » Silence. Il ne peut que se taire Blaise, l’esprit divague trop loin pour se raccrocher aux mots que Lilith vient de laisser échapper. Pourtant il semble que c’est important, que ça aurait du percuter là, quelque part. La potion a inhibé une part de sa réflexion, censuré sa raison. Enfermés ici à jamais. Ça lui paraitrait presque normal quand les volutes de fumée sombre semblent toujours emprisonnées au dehors. « Blaise »La voix change, suppliante, puis elle s’approche Lilith, saisit son visage entre ses mains. Ses yeux se plantent dans les siens, comme deux poignards mal aiguisés, ça le transperce quand il comprend que tout ça n’a plus grand-chose d’un jeu, que peut-être il serait temps de reculer. Trop tard Zabini. « Tu resteras ? Si je sombre dans les ténèbres avant toi, tu resteras ? » Ça n’a rien d’une demande comme les autres et Blaise il a envie soudain qu’elle se taise, que les mots qu’elle s’apprête à prononcer ne lui parviennent jamais. Sans comprendre, son instinct lui hurle de disparaître, de quitter les lieux avant que l’équilibre ne se brise pour de bon.« Promets-le Blaise, promets-le moi avec un serment inviolable. »

Une lame dans sa tête, qui s’élance et s’allonge, râcle contre le cœur encore un peu plus fort. L’eau fictive qui ruisselaient du plafond semble geler sur le coup, son esprit aussi. Un serment inviolable, un gage d’éternité. Même ici, même ce soir ça ne semble pas si désiroire, alors Blaise il accuse le coup, secoue la tête sans le vouloir. Lilith est devenue encore plus cinglée qu’il ne l’imaginait. « On a pas besoin de ça. Tu sais bien que je serai toujours là. » Mensonge. Sitôt qu’il comprendra à quel point la situation le possède, Blaise il s’en ira, il fuira plutôt que d’avoir à contempler ce qu’il est si bien parvenu à provoquer. Il se lève à son tour et soudain tout l’étouffe, il éprouve le besoin de sortir, de s’évader de cette prison insidieuse qui se joue de lui, qui le pousse à croire que tout ce dont il a besoin se trouve ici. La force des illusions dans lesquelles il s’est laissé glisser le submerge mais c’est comme un magma épais qui l’empêche de s’en aller. Il pourrait accepter. Demeurer ici pour toujours. Maître d’un monde qui l’enchante et le répugne à la fois, qui le berce et l’enterre d’une même voix. Demi-tour et le regard qui s’offre à celui de Lilith, comme pour lui demander, juste une fois, de se montrer raisonnable, de laisser disparaître l’idée venimeuse qu’elle a injecté dans son esprit. « Tu as conscience de ce que ça signifie ? » La tête qui tourne, les lumières qui fusent. Foutues étoiles qui décident de toutes filer en même temps. « On y perdrait plus que la raison cette fois Lilith.» Il ne peut s’empêcher d’être trop dur, trop froid, presque mauvais, il a de l’implacabilité feinte dans sa voix, du mépris dans ses yeux que pourtant il ne parvient pas à ressentir. Va-t'en. Blaise il n’a pas les idées claires lorsqu’il se dirige vers la porte, la main se pose sur la poignée et le brûle si fort qu’on aurait pu la croire tapissées de braises. Quelque chose casse dans ce qu’il reste de son cœur, les morceaux se changent en miettes et l’orage qui ne cesse plus de gronder l’oppresse encore. Comme un fauve qui sent l’épaisseur d’un piège se refermer sur lui, il ne sait plus par quelle issue s’évader et un sentiment qu’il ne connaît pas assez l’assaille férocement. L’angoisse. Ses yeux se posent sur Lilith et il comprend. Qu’il ne peut plus s’en aller, que c’est sa propre âme qui s’y refuse, créant toutes ces illusions douloureuses autour de lui. Emprisonné par sa propre conscience, pris au piège par négligence, par stupidité. « De l’autre côté on étouffe » Le froid lui mord les os quand il abandonne l'idée de disparaître, le sens commence à manquer alors Blaise il ne peut que retourner près du feu, près de Lilith qui semble s’être barricadée au fond d’elle-même à nouveau. Les flammes ondulent, leur crépitement résonnant comme des rires violents à ses oreilles. Ses yeux croisent le regard bleu, qui semble saisir, lentement. Libère-nous.


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ

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