AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Plunge into darkness ● Blalyx

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
VAINQUEURS
avatar
VAINQUEURS

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 427Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 1 Juin - 19:16

Plunge into darkness
Everything around is black, entombed where no light shines. Solitude is my friend in the depths imprisoned in darkness. Burn the candles. Everything has to be dark. Here is no warmth, this is darkness.


Blaise ne sembla pas hésiter une seule seconde. Se redressant, il se dirigea vers la porte de la salle, sur la pointe des pieds, talonnée par Alyx. Leurs pas résonnèrent dans les couloirs silencieux, tandis qu’ils s’enfonçaient dans les souterrains du château bulgare. Ca paraissait si simple de se laisser guider de la sorte, de quémander, et qu’on prenne les choses en main à sa place. Elle n’en avait pas encore la force, elle restait encore bien trop effrayée par elle-même, par Lilith qui sommeillait en elle depuis trop longtemps. Elle craignait de faire demi-tour, de peser trop longtemps le pour et le contre, pour finalement ne prendre aucune décision. Alors elle se reposait entièrement sur l’ancien serpentard, elle attendait qu’il lui dise quoi faire, comme une âme perdue, déboussolée, incapable de retrouver l’endroit d’où elle vient. Perdue sur l’autre rive,  elle suppliait sans cesse, silencieusement, qu’on lui vienne en aide. Si elle s’aventurait seule dans cette mer déchaînée de souvenirs, elle se noierait dans les flots ténébreux, sans aucune main pour la tirer de son mauvais sort. Et elle n’était pas prête à sombrer, pas encore, elle voulait lutter encore un peu. Elle attendait qu’on l’aide à traverser l’océan qui la séparait d’elle-même.  
Allumant les torches de la pièce sombre et froide, Alyx resta immobile, un instant. Elle avait tellement voulu revenir ici, être libre de faire ce que ses plus sombres envies lui demandaient d’accomplir. Mais maintenant qu’elle se retrouvait là, elle hésitait, incertaine. L’anglaise rencontra le regard de Blaise, muette. Elle fut surprise de l’entendre répondre à ses pensées, comme s’il parvenait à comprendre ce qu’il se tramait dans son esprit : «  Je suppose que tu ne sais pas ce que tu as envie de faire ? » Bien que son ton fût plutôt glacial, la jeune femme se contenta d’acquiescer, regardant autour elle, tripotant sa baguette dans sa poche.  Qu’avait-elle envie de faire ici, cachée de tous ? Mais Blaise ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus, qu’il effectua plusieurs mouvements avec sa baguette pour faire apparaître un pantin. Un pantin aux allures morbides, aux traits sombres, aux yeux ténébreux, quasi-inexistant. Un pantin sans lèvres, contraint de garder le silence. Alyx fixait la chose qui se trouvait devant elle, immobile. «  Tu peux lui faire tout ce que tu veux, il ne réagira pas. Amuse-toi. » C’était sordide, créer un pantin juste pour le plaisir de lui faire du mal, assouvir ses pulsions passagères. Elle s’était de nombreuses fois entraînée face à une marionnette, mais articulées, qui rendaient les coups, qui ne se contentaient pas de les encaisser. Elle ne l’entendrait même pas pleurer ou crier, ça serait comme frapper son oreiller. A ses côtés Blaise finit par faire apparaître une chaise, et y prendre place. Il plongea son regard dans le sien et rajouta : «  Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une illusion. Tu peux être toi-même sans crainte, personne ne viendra te le reprocher ici. » Être soi-même. Retour aux sources, à l’ancienne mangemort qui aurait ri face à ce pantin désarticulé. Alyx reporte son attention sur le pantin, hésite, tripote sa baguette nerveusement. Plus elle se rend dans cette grotte macabre, plus elle replonge dans ses vieilles habitudes. Et elle en est tiraillée, à la fois excitée et à la fois craintive. Elle sait que c’est trop tard, qu’elle a déjà franchi la première limite la dernière fois, alors pourquoi reculer maintenant ?


Elle s’approche du pantin, cherche un regard qui n’existe pas. Deux trous obscurs lui font face, la fixent sévèrement, lui donnent l’impression qu’il la déteste.  Quel autre regard pourrait-il lui accorder ? Il sait qu’il n’est là que pour un temps, créé pour mourir. On l’empêche de parler en ne lui donnant pas de lèvres. Mais même avec une bouche, dirait-il quelque chose ? A-t-elle dit quelque chose durant toutes ces années ? Elle n’était aussi qu’un pantin, toute sa vie, on lui a insufflé ce qu’elle devait penser, dire ou faire. Petite marionnette facile à manipuler. Aurait-elle rejoint les rangs du Maître si son oncle et sa tante ne l’avaient pas entraînée là-dedans ? S’ils n’avaient pas toujours souhaité la voir s’élever comme mangemort, en serait-elle devenue une ? Tout semblait si simple à Poudlard, elle savait quoi faire, elle savait quel était son but. Aujourd’hui, elle était ignorante au possible, elle se brisait encore et encore, attendant qu’on lui souffle à l’oreille qui elle était et qui elle devait être. Alors elle lève sa baguette, doucement, comme une fatalité. Elle a l’impression que son bras pèse une tonne, cela fait longtemps qu’elle n’a blessé personne. Certains visages lui reviennent en mémoire, lui rappelant ses faits et gestes, lui remémorant ce qui l’animait durant moment-là. Le pantin tombe à genoux face à elle, un autre coup de baguette et il se contorsionne violemment. Il ne crie pas. Il est là, à ses pieds, et ne supplie pas. Son corps est mou, se tend et se tord au gré de son envie, elle fait tourner sa baguette dans les airs, lance les premiers sorts informulés qui lui viennent en tête, ceux qu’elle n’a plus utilisés depuis des mois. Etait-ce si facile que ça face à un être humain ? Avait-elle ce même visage stoïque, comme si elle était incapable d’éprouver le moindre remord ? Elle se souvient des cris, des larmes, des supplications, du visage qui se fige dans un air de détresse, pour s’endormir à jamais. Simplement parce qu’elle a levé sa baguette, parce qu’elle a eu le pouvoir et l’envie de retirer la vie. Elle a donné la mort sans ciller, sans une seule once de peine dans le cœur. Est-ce que la personne qui a tué ses parents a réagi comme elle ? Peut-on être humain et ne rien ressentir à la fois ?
Le pantin s’écroule mollement à ses pieds, toujours silencieux. Ce maudit silence, elle voudrait qu’il crie, qu’il hurle, qu’il ressente les choses aussi fortes qu’elle en cet instant. Pourquoi restait-il inerte, le visage figé ? Elle s’acharna un peu plus sur la marionnette disloquée, superposant sur son visage ombragé, ceux qui hantaient sa mémoire. Tout ce sang sur ses mains, toute cette haine qui la faisait vivre et fonctionner, que lui restait-il aujourd’hui ? Un vulgaire pantin sur lequel s’acharner, un pantin qui ne lui donnait pas ce qu’elle voulait, qui l’empêchait de culpabiliser, d’avoir un quelconque remord. Elle l’envoya valser à travers la pièce en lâchant un cri de rage. Le pantin s’écrasa contre le mur de pierre, et tomba au sol, inerte. La jeune femme se fige, essoufflée, une boule en travers de la gorge. Elle se tourne vers Blaise qui la regarde, muet. « Pourquoi t’as fait apparaître ce truc ? Murmure-t-elle. Il ne ressent rien. Il s’écroule en silence. Si tu donnes à un chat une souris morte, il n’a aucun intérêt de jouer avec. » Elle lève de nouveau sa baguette, lévite le pantin jusque devant ses yeux. Elle le fait tourner, l’assomme contre les murs, le visage sombre, le regard vide et souffle : « Il est déjà mort, comme tous les autres. » Il ne restait plus qu’elle, petite orpheline. Elle repose le pantin au sol, et tout en le fixant, se laisse glisser contre le mur derrière elle. Elle prend son visage entre ses mains, enfonce ses ongles dans la peau, étouffe une plainte. C’était une mauvaise idée de revenir ici, elle n’aurait pas dû, elle est encore plus paumée qu’avant. « Je ne veux plus revenir ici, ajoute-t-elle, telle une dernière supplique. »



crackle bones

________________
   
darkness growing on me
I'm being punished for all my offenses I want to touch you but I'm afraid of the consequences I want to banish you from whence you came but you're part of me now and I've only got myself to blame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
VAINQUEURS
avatar
VAINQUEURS

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : pur, bien entenduMessages : 338Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 2 Juin - 2:10

Il est de ces soleils qui naissent entre les pierres et  s’éteignent avant même d’avoir commencé à briller, des astres qui se vendent au vide et fissurent l’espace qui les enferme. Condamnés à brûler sans remède. C’était encore trouble, là, au fond du cœur, vide, quand la lassitude le rejoignait à nouveau, plongeant des éclats de verres dans sa tête. Parce que Blaise il était fatigué, simplement fatigué , fatigué par la corde raide sur laquelle il se tenait toujours perché, fatigué par ce néant engendrant la cruauté, fatigué par les souvenirs enterrés, les abîmes oubliés. Alyx pourtant elle s’acharnait, il y avait sa violence qui s’évadait sans l’apaiser, disloquant les traces d’elle-même, fragmentant son identité. Car au fond elle n’était ni son présent ni son passé, ni Alyx ni Lilith, perdue quelque part entre les deux, mais personne ne lui avait laissé le choix alors elle errait désormais, petite fille perdue qui ne percevait plus vraiment les fissures du monde tant elle était occupée à contempler les siennes.

La silhouette du pantin avait quelque chose d’immonde quand elle ondulait, se tordait sous leurs yeux. Blaise la fixait toujours, détaché de la réalité de la scène, simplement insensible à la torture d’une illusion de plus. Dégoût, pourtant, qui s’allongeait et traînait en effleurant la silhouette molle de la chose, sa douleur muette. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? C’était la voix d’un souvenir qui résonnait dans son esprit, épouse factice, cette chimère d’un été emporté par la guerre, désormais enterrée. Enfin pas vraiment. Parce qu’elle existait  encore quelque part, morte ou vive et sans doute glissée à l’autre bout du monde, disparue sans qu’il y pense réellement. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? Il ne saisissait pas vraiment pourquoi c’était en cet instant que les bribes le rejoingnaient, pourquoi se trouver dans le sordide de cette pièce close lui rappelait la figure cette fille qui avait cru  pouvoir lire en lui, eu la prétention de pouvoir comprendre. Le cri de rage d’Alyx l’arracha à ses divagations. Le pantin de nuit s’écrasa contre un mur, un bruit écœurant d’os brisés s’en échappant. « Pourquoi t’as fait apparaître ce truc ?  Il ne ressent rien. Il s’écroule en silence. Si tu donnes à un chat une souris morte, il n’a aucun intérêt de jouer avec. » Les paroles sonnaient comme un reproche. Était-elle vraiment en train de sous-entendre qu’elle aurait préféré qu’on lui offre un distraction plus vivante ? Sans lui laisser le temps de réfléchir, la jeune femme leva sa baguette à nouveau, faisant léviter le pantin sous ses yeux avant de l’envoyer percuter les mur. Un acte vide de sens, un de plus, rien que les ruines maquillés de ce qu’elle avait été, et pourtant bien assez. Blaise sentit une vague amertume l’envahir lorsque la jeune femme murmura, le regard vide, comme impactée trop profondément pour se lier à la réalité. « Il est déjà mort, comme tous les autres. » Elle soufflait, en cendres, s’évaporant tandis qu’elle se laissait glisser contre le mur le plus proche, le visage ravagé par un chagrin qui n’avait sans doute pas grand-chose à voir avec le pantin. Peut-être qu’elle était bien plus fragile qu’il ne l’imaginait, peut-être que pour elle, la cruauté n’avait pas grand-chose de naturel. Peut-être qu’elle aurait rêvé d’autre chose Alyx, d’une vie plus saine si elle avait grandit loin de cette famille de cinglés qui était la sienne. En cela, il ne pouvait que la comprendre. Englués, l’un et l’autre, mazoutés par l’aura malsaine dans laquelle ils avaient été élevés, différents et semblables dans leur incapacité à saisir ce qu’ils désiraient réellement. Blaise avait prit l’habitude d’être la cible d’idées mouvantes, s’efforçant de moins en moins de lutter contre, affrontant les paradoxes qu’elles engendraient. Déraillé, mais un peu plus lui-même quand tout menaçait de lui échapper.

Alyx attrapa son visage entre ses mains, enfonçant les ongles dans sa peau comme si elle cherchait à arracher quelque chose qui y serait accroché, fragilisé, humaine dans la folie qui l’animait à nouveau. Plongée dans le passé, elle ne pouvait que se ruiner encore un peu, jamais une lumière ne serait assez forte pour l’éclairer ou faire miroiter sous ses yeux la vie qu’elle aurait pu caresser dans un monde différent du sien. « Je ne veux plus revenir ici » Éclat de culpabilité quand elle sembla se tenir au bord des larmes. C’était toujours la même histoire. Planifier, facile, exécuter tout autant, mais c’était lorsqu’il percevait les conséquences de ses actes que Blaise réalisait parfois leur gravité. Elle était brisé Alyx, assise par terre comme ayant égaré toute dignité. Sans trop savoir pourquoi, il s’approcha, se plaçant à sa hauteur pour lui saisir les mains, histoire qu’elle cesse un peu d’abîmer ses joues par nervosité. « Calme-toi. » Il y avait de l’honnêteté dans sa voix, un besoin de réparer un peu ce qu’il a provoqué. Qu’est ce qui déraille chez toi Zabini ? Tout. Absolument tout quand le sens de ses actes lui échappait, tout quand il ne faisait qu’avancer et reculer, funambule perché sur le fil d’un destin qu’il s’efforçait vainement de maîtriser. « Je pensais que ça t’apaiserait de comprendre que tu en es toujours capable. » Les tremblements d’Alyx le poussèrent à s’asseoir lui aussi contre le mur glacé, laissant glisser la frêle silhouette de la jeune femme entre ses bras. Sa détresse le mettait plus mal à l’aise qu’il ne l’aurait imaginé. Peut-être parce qu’il en avait sous-estimé la profondeur, se contentant de se souvenir de Lilith dans tout ce qu’elle avait de plus mauvais. « Pourquoi ça te fait si mal ? Quels morceaux de toi est-ce que tu cherches à éviter ? » Il lui semblait presque pouvoir voir les décombres de son esprit dispersés sur le sol.


________________


Amid the whirlwind and commotion
I find myself losing control




(c) crackle bones

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
VAINQUEURS
avatar
VAINQUEURS

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 427Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 2 Juin - 23:43

Plunge into darkness
Everything around is black, entombed where no light shines. Solitude is my friend in the depths imprisoned in darkness. Burn the candles. Everything has to be dark. Here is no warmth, this is darkness.


Elle sombre doucement, s’écroule sous le poids de la solitude qui l’accable un peu plus chaque jour. Les poids qu’elle traîne à ses pieds sont de plus en plus lourds, ils l’enfoncent dans la pénombre, et l’empêchent de voir la faible lueur qui lui permettrait de renaître. Elle devrait arracher le pansement vite, pour ça fasse moins mal. Laisser tomber ce masque de faux semblants qu’elle arbore depuis des mois, et redevenir qui elle a été. Mais elle ne sait plus, elle ne sait plus rien. Elle a tout oublié, amnésique de sa propre identité, qui se cache quelques parts sous les gravats de ses erreurs passées. Elle porte des blessures plus profondes qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Il lui faut se reconstruire, mais comment, et dans quel but ? Culpabiliser, regretter ses faits et gestes ne lui permettent pas de se retrouver. Elle pensait qu’en plaidant coupable, qu’en gagnant des points, elle retrouverait une place, dans un futur paradis peut-être flou et incertain. Mais en réalité son âme est toujours aussi sombre, elle est salie, et aucun produit miracle ne lui permettra de la rendre immaculée de nouveau. Jamais elle ne retrouvera l’innocence de l’enfant qui découvre les premiers flocons de neige, qui laisse la possibilité aux nuages d’imager ses rêveries féériques, qui s’émerveille d’un rien, et sait différencier ce qui est bien ou mal. Aujourd’hui elle est là, coincée dans un gouffre sombre, profond, elle est prise au piège par ses propres démons.
Des larmes roulent sur ses joues sèches, elle martyrise un peu plus son visage blême, espérant que ça apaisera les tourments qui la hantent. Rien ne fait taire le grondement sourd qui s’éveille en elle, rien ne vient stopper les vents douloureux qui la blessent encore et encore. Seule, dans la tempête, elle ne se bat même plus. Puis, deux mains froides se posent sur les siennes, l’obligent à révéler son visage à la lueur des torches. «  Calme-toi. » La voix de Blaise résonne dans la pièce à l’ambiance lourde. Elle le regarde sans le voir, trop focalisée sur l’ouragan qui détruit tout en elle. Elle a besoin d’air, elle étouffe avec ses pensées qui l’enserrent de leurs bras glacés. «  Je pensais que ça t’apaiserait de comprendre que tu en es toujours capable. » Capable de passer ses nerfs sur un pantin muet, sans regard pour la juger. Capable de lever sa baguette sans sentir son cœur battre si fort à en faire péter sa cage thoracique. Capable d’être le monstre qu’elle était et qu’elle resterait. Peut-être était-ce ce qu’elle faisait de mieux. Le jeune homme se laisse glisser à ses côtés, l’accueillant  au creux de ses bras. Elle se laisse faire, docile, inapte à repousser l’aide offerte. On lui a si peu tendu la main, qui le ferait et pourquoi ? Pour quelle cause perdue pouvait-on réellement offrir un peu de soutien ?  «  Pourquoi ça te fait si mal ? Quels morceaux de toi est-ce que tu cherches à éviter ? » Pouvait-elle simplement mettre des mots sur ses émotions ? Aucune traduction sensée n’existait pour expliquer ce qu’elle ressentait. C’était un amoncellement de choses diverses et variées, qui blessent sous la surface et la vident de toute envie de vivre.

Son visage se pose sur l’épaule de Blaise, la tête trop lourde, pleine à craquer. Elle se mue dans un faible silence, se concentre sur ses pulsations cardiaques qui se calment petit à petit. La situation est étrange et n’a rien d’habituelle. Elle comprend difficilement le comportement de l’ancien serpentard à son égard, incertaine de savoir s’il lui veut du bien ou du mal. Doit-elle se méfier, ou lui laisser le bénéfice du doute, et abattre une barrière entre eux ? Alyx ne sait pas s’il peut comprendre ce trop vide et ce trop-plein qui l’emplissent en même temps. Ils sont issus du même milieu, ils ont grandi dans les couleurs de Salazar Serpentard, mais au final leurs chemins se sont séparés quand il a fallu choisir un camp. Blaise n’a pas choisi, elle a échoué dans son argumentation pour le convaincre de rejoindre les rangs du Maître. Sans doute a-t-il pris la bonne décision, il aura moins de regrets à tirer derrière lui durant le reste de sa vie. « Je ne sais pas…, souffle-t-elle d’une voix cassée. Je ne sais pas qui garder avec moi, Alyx ou Lilith. » Laquelle des deux lui permettra de se relever ? Laquelle des deux lui redonnera l’envie de vivre ? Alyx est trop faible, trop transparente, tout est faux chez elle, elle ment constamment. Lilith est trop envieuse, trop intense, son but premier est de sauver sa propre vie, le reste n’a pas à être important. Les deux savent survivre, mais laquelle d’entre elle sait véritablement vivre ? Elles finissent toujours par se tourner vers leur seule et unique alliée ; la solitude. Elles sont seules, peu importe leurs actions. Alyx finit par reprendre la parole, lentement, d’une voix faible: « Le pantin, il se brise, il encaisse les coups dans son silence morbide. On ne sait pas s’il veut vivre ou mourir. Il reste dans le noir, tout le temps. Sa propre prison, c’est lui. » On est à l’étroit dans sa propre prison, on ne voit que les barreaux, il n’y a rien à l’horizon, seulement les ténèbres.
Alyx a rouvert les yeux, elle fixe l’ombre que projettent les torches sur les murs de pierres. Elle avait cru à un repère la première fois qu’elle avait mis les pieds ici, à ces cachettes secrètes, ces châteaux faits de draps que construisent les enfants pour s’extraire de la réalité, juste un temps. Ceux qui font oublier un instant qui on est vraiment. Une ancienne mangemort, à présent vainqueur, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Une sorte de malédiction, ce qu’elle est, ce qu’elle touche se transforme en cendres et finit par mourir. «   Je voulais me persuader que redevenir celle que j’étais était la meilleure solution. J’en avais tellement envie … Mais je me dis sans cesse qu’il faut que je regrette mon passé, que j’éprouve de la culpabilité parce que c’est ce que tout être humain est censé faire, n'est-ce pas ? » Elle relève la tête, croise le regard sombre du jeune homme contre lequel elle est assise, et souffle : «  Dis-moi quoi faire Blaise. »


crackle bones

________________
   
darkness growing on me
I'm being punished for all my offenses I want to touch you but I'm afraid of the consequences I want to banish you from whence you came but you're part of me now and I've only got myself to blame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
VAINQUEURS
avatar
VAINQUEURS

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : pur, bien entenduMessages : 338Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 6 Juil - 0:50

Les yeux fixés sur un vide dans lequel il aurait presque aimé se fondre, Blaise ne pu que constater que la situation lui avait encore échappé. Car au fond, dans l'obscurité de cette salle ils n'étaient plus que deux gamins perdus dans le ventre d'un monde trop écrasant, comme vêtus d'une parure d'or si lourde à porter. Deux gosses capricieux décidés à s'amuser un peu, dépassés par la stupidité simple de leurs expériences. Il y avait comme une fissure quelque part, qui ne cessait plus de croître, des arcanes encrées au creux d'un esprit ravagé, des idées qui flottaient et s'incrustant dans la moindre réflexion. Un serpent glissé dans la chair. Tout avait toujours été si simple pourtant. Si simple de demeurer sourd aux lointains échos de la conscience, simple de cesser de rechercher du sens , simple de laisser les soleils et les nuits s'entremêler, se dissoudre tous entiers. Il faisait trop sombre dans cette grotte, bien que baignée dans des lueurs artificielles, trop nuit pour que la cohérence et la logique reprennent le dessus. Un refuge à double-tranchant, illuminé un instant par la chaleur chancelante d'Alyx. Sans doute que le destin s'amuse bien de temps en temps. Dans quelle dimension parallèle Blaise aurait-il pu envisager que ses rares échappatoires, il les devrait à cette chère Carrow? La jeune femme semblait hésiter, comme mue par un dernier sursaut de méfiance qui n'avait pas grand chose de flatteur. Pourtant, très vite, elle esquissa quelques mots « Je ne sais pas…. Je ne sais pas qui garder avec moi, Alyx ou Lilith. » C'était bien ça, au fond, son principal problème, cette identité fragmentée.  Alyx n'était certes pas un modèle de vertu, mais elle traînait les chaînes de la culpabilité et par extension, d'une bonté qu'elle peinerait toujours à assumer. Parce que ce n'est pas ce qu'on attendait d'une fille comme elle. Lilith, pourtant, elle existait, réellement; désirant renaître et étouffer par sa simple présence cette autre part d'elle même envahissante. Le garçon hésita, un instant, tant les idées s'emmêlaient dans son esprit. «Peut-être que tu n'as pas besoin de choisir, que tu ne le peux même pas. Que tu es tant Lilith que Alyx, et qu'il serait bon qu'elles se décident à faire la paix.»  Il était pourtant peu probable que cette paix soit possible. Et quand bien même elle adviendrait, quand bien même l'équilibre serait trouvé, les choses n'en serait pas nécessairement plus simples. Mais ça, il se gardait bien de le lui signifier.

C'était une chose étrange, la culpabilité; une sensation tellement violente que Blaise se demandait sérieusement comment le petit corps d'Alyx était en mesure d'en contenir autant.« Le pantin, il se brise, il encaisse les coups dans son silence morbide. On ne sait pas s’il veut vivre ou mourir. Il reste dans le noir, tout le temps. Sa propre prison, c’est lui. » Elle avait reprit, Alyx, de cette voix faible qui semblait échappée du monde intérieur au creux duquel elle s'est retranché. Sans doute parlait-elle autant d'elle-même que du pantin brisé. Sa propre prison, c'est lui. Étrange comme les mots s’immisçaient, prenant du sens soudainement, étrange comme ça le percutait peu à peu lui aussi. Pourtant sa propre geôle ne contenait sans doute plus grand chose. Trop tôt tapissée d'indifférence, elle a finit par en imprégner profondément le petit prince enterré derrière ses barreaux, le déliant de l'empathie et de ses tentations stupides. Suffirait de colmater la brisure et tout serait terminé, ce serait si simple pour eux, si simple, de laisser la magie noire les envelopper, encore, joyaux d'ivresse jamais vraiment arraché.« Je suppose qu’il faut vivre longtemps avec les ombres pour réellement apprécier le goût de la lumière. » Un murmure, un mensonge auquel lui même ne croit pas vraiment. Parce que les ombres elles aveuglent, elles étouffent, elles ne laissent même plus place à quelques soleils souillés. Des éclats vide de sens, une chaleur qui n'existe pas vraiment. Des sentiments qui disparaissent bien assez vite pour ne jamais nous pousser à changer. «Je voulais me persuader que redevenir celle que j’étais était la meilleure solution. J’en avais tellement envie … Mais je me dis sans cesse qu’il faut que je regrette mon passé, que j’éprouve de la culpabilité parce que c’est ce que tout être humain est censé faire, n'est-ce pas ? » Elle leva la tête, crochetant son regard pour mieux appuyer sa demande «  Dis-moi quoi faire Blaise. » Il avait envie de rire Blaise, de lui rappeler que sa vie à lui était au moins aussi foirée que la sienne, en dépit des apparences. Que la paix avec lui même, il ne la trouvait qu'en surface et que sitôt qu'il y songeait, les monstres tentaient de s'évader. «Tu te poses beaucoup trop de question sur la façon dont tu devrais agir. Essaie de voir quelles émotions t'appartiennent, à toi, et les choses te paraitrons déjà moins compliquées.» Comme si elle n'avait pas assez de problèmes de dédoublement comme ça. «Ce qui est certain, c'est que ta culpabilité est réelle. C'est elle qui t'empêche d'être totalement Lilith. De même que ton désir de retourner à cet état fait que tu n'es plus vraiment Alyx non plus.» Un sourire traversa les lèvres de Blaise, lorsqu'il perçu à quel point ses explications étaient embrouillées, à quel point cette discussion paraîtrait étrange si quelqu'un était en mesure de l'entendre; encore que Dursmtrang n'en finissait jamais de le surprendre. Sans y penser, il se mit à jouer négligemment avec les mèches brunes dAlyx, tandis que songeur, il achevait  « Mais je pense que tu as encore le choix . Parce qu’un jour tu as été différente ». Lui n'avait jamais vraiment eu cette chance.

________________


Amid the whirlwind and commotion
I find myself losing control




(c) crackle bones

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
VAINQUEURS
avatar
VAINQUEURS

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 427Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 17 Aoû - 23:23

Plunge into darkness
Everything around is black, entombed where no light shines. Solitude is my friend in the depths imprisoned in darkness. Burn the candles. Everything has to be dark. Here is no warmth, this is darkness.


Que voulait-elle l’entendre dire ? Qu’avait-elle besoin qu’il lui murmure au creux de l’oreille ? Il faudrait qu’il lui raconte des histoires, des tas d’histoires inconcevables, pour qu’elle puisse enfin croire combien c’est beau de vivre.  Des histoires qui prennent aux tripes, des histoires qui la feraient frémir, et lui donneraient envie de tout laisser tomber pour recommencer, une fois encore. Elle déciderait elle-même de la fin à donner à l’histoire murmurée, qui n’existerait que dans sa tête, et qui aurait des airs d’autrefois. Elle a besoin qu’on lui indique la voie à suivre, qu’on lui donne l’intitulé du prochain chapitre à découvrir. Elle a besoin de lumière dans sa prison des ténèbres. Elle a besoin de beauté dans tout ce truc sale dans lequel elle est embourbée. Encore un peu de magie pour lui insuffler de la vie. Son regard s’ancre dans celui du serpentard, elle patiente, elle espère que les mots qui vont franchir ses lèvres, vont lui permettre de respirer à nouveau. «Tu te poses beaucoup trop de question sur la façon dont tu devrais agir. Essaie de voir quelles émotions t'appartiennent, à toi, et les choses te paraitront déjà moins compliquées.» En réalité, elle était ensevelie par ses émotions, par tous ses sentiments contradictoires qui prenaient racine en elle depuis des mois et des mois. Et elle était incapable de s’en défaire. Elle avait cru pouvoir se détacher de tout ceci en usant de magie noire de nouveau, s’empêcher d’éprouver de la culpabilité, d’éprouver le moindre sentiment qui pourrait la rendre plus faible. Au fond, elle pensait que Blaise pouvait l’aider à ne plus rien ressentir, seulement, il s’était produit tout le contraire. Une tempête se démenait là, tout au fond d’elle, et rien ni personne ne pouvait faire taire ce vent puissant qui détruisait tout sur son passage. Elle implorait pour qu’on lui vienne en aide, pour qu’on la comprenne et qu’on trouve le moyen d’apaiser cette tornade dévastatrice.
Elle fixait Blaise, les yeux brillants, persuadée qu’il la sortirait du gouffre dans lequel elle se trouvait. «Ce qui est certain, c'est que ta culpabilité est réelle. C'est elle qui t'empêche d'être totalement Lilith. De même que ton désir de retourner à cet état fait que tu n'es plus vraiment Alyx non plus.» Alyx tourna légèrement la tête, fixant les ombres qui dansaient sur le mur face à elle. Elle écoutait les mots de Blaise, les laissait tourner dans sa tête, essayant de trouver une solution à tout ceci. Mais elle était fatiguée, elle était lasse, elle n’avait plus envie de se battre contre elle-même. Tout lâcher, tout abandonner, se laisser aller, ça semblait si facile, si reposant, et elle ne demandait que ça. Alors qu’elle se terrait dans un long silence, elle sentit l’ancien serpentard jouer avec ses cheveux, comme si c’était un geste habituel, mécanique. Cette grotte était étrange, elle était à la fois similaire à une prison, et à la fois accueillante, comme une vieille demeure dans laquelle on revient des années après l'avoir quitté. Ses murs de pierres gardaient des secrets bien trop sombres pour les exposer à la lumière du jour. « Mais je pense que tu as encore le choix. Parce qu’un jour tu as été différente. » Elle ne savait pas si elle devait croire aux paroles de Blaise, si elle avait vraiment été différente comme il le lui affirmait. Différente par rapport à quoi, à qui ? A elle aujourd’hui ? Aux autres mangemorts ? Aux autres serpentards ? A sa famille ? Différente en bien ou en mal ? C’était comme un gros mot qu’on interdisait aux enfants de répéter, c’était l’insulte qu’elle recevait dans la figure quand elle était jeune. « T’es différente de nous. » Elle n’en avait jamais fait une force, et c’était peut-être son erreur.

**
Ses pas la menèrent mécaniquement à la cave exiguë. C’était un chemin qu’elle n’avait que trop emprunté ces dernières semaines, elle le connaissait par cœur. Aveugle, elle aurait pu s’y rendre sans encombre. Elle ne sut comment ces rendez-vous interdits étaient devenus presque vitaux. Elle avait repoussé ses limites un peu plus chaque fois, elle avait laissé la magie noire revenir dans sa vie, une vieille amie qu’elle avait laissée sur le pas de la porte un peu trop longtemps dans le froid. Au début elle avait toujours cette boule dans le ventre qui lui donnait la nausée, et l’empêchait de respirer correctement. Elle appréhendait, ne se faisait plus confiance, laissait la nervosité la gagner. Puis, au fil des jours, l’envie devenait plus forte que la peur, le désir, l’adrénaline de l’interdit, ce frémissement qui remontait le long de son échine lorsqu’elle arpentait les couloirs sombres de l’école. Chaque jour elle en voulait plus, chaque jour elle se dépassait elle-même. Blaise était toujours là, quand il ne testait pas différents sorts avec elle, il restait là, dans un coin de la salle, à la fixer sans sourciller. Il lui permettait de retrouver ce sentiment de sécurité, de force. Il était devenu comme son ombre, et s’il lui avait dit de se jeter du haut d’une falaise, elle ne l’aurait pas contredis. Elle avait besoin qu’il soit là, qu’il lui dise quoi faire, ça la rassurait, elle n’était plus seule.
Arrivée à destination, elle regarda autour d’elle. L’ancien serpentard lui avait fait passer un mot dans la journée, l’informant de se rendre au lieu habituel ce soir. Cela l’avait étonné, c’était elle qui d’ordinaire quémandait ces petites séances clandestines. De plus, elle n’avait aucune idée de ce qu’il lui voulait, il lui avait juste donné l’heure, sans autres formules de politesse. Vérifiant que personne d’autre ne se trouvait dans les parages, elle rentra dans l’antre froid qui lui servait de refuge. Blaise était là, assis sur une table, l’attendant patiemment. Alyx haussa ses sourcils bruns, et dévisagea le jeune homme. «  On fait des cachotteries Blaise Zabini ? »



crackle bones

________________
   
darkness growing on me
I'm being punished for all my offenses I want to touch you but I'm afraid of the consequences I want to banish you from whence you came but you're part of me now and I've only got myself to blame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Plunge into darkness ● Blalyx

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» | When Darkness Falls
» Star Wars KotOR : Age Of Darkness V2
» mansion of darkness
» HEAVENSBEE ► hello darkness, my old friend
» « born in the darkness. » Ϟ WILLOW&OZ.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum