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 Plunge into darkness ● Blalyx

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Vainqueurs
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Vainqueurs

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Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 441Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Dim 26 Mar - 18:22

Plunge into darkness
 
Everything around is black, entombed where no light shines. Solitude is my friend in the depths imprisoned in darkness. Burn the candles. Everything has to be dark. Here is no warmth, this is darkness.


Le 4 avril 1999

Elle étouffe, elle suffoque, elle est prisonnière. Prisonnière d’une salle pleine de gens qu’elle déteste. Elle voudrait tous les voir tomber un à un, qu’ils lui laissent un peu d’oxygène, un peu d’espace. Elle ferme les yeux, et écoute l’éternel brouhaha qui emplit la pièce. Où est passé le silence de ces nuits calmes, où l’on n’entend pas même le bruit d’une respiration ? Ses oreilles bourdonnent, sa tête est prête à exploser. Du bruit, toujours du bruit, et des gens qui parlent, qui crient, qui rient, qui pleurent. Qu’ils la ferment tous autant qu’ils sont, qu’ils se taisent. Elle serre les poings, se bloque contre le mur de pierres qui lui sert de renfort. Qu’est-ce qu’elle fout là ? Ce n’est pas sa guerre, ce n’est pas sa bataille. Elle a déjà tout donné dans une guerre perdue d’avance, son combat est terminé depuis bien longtemps. L’Ox, les vainqueurs, les assaillants, tout ça ce n’est pas son monde, ce n’est pas ce qu’elle cherchait en venant ici. Elle s’est faite avoir, elle s’est laissée amadouée par Danslav, par son dialogue de meneur, ses beaux discours. Comment a-t-elle pu croire qu’elle trouverait sa place ici ? Comment a-t-elle pu croire qu’elle ne serait pas touchée par l’Ox ? Trop naïve ou trop idiote ? Elle a cru en elle-même, juste une fois, juste un quart de secondes, mais ça n’avait pas fonctionné. Ca ne fonctionnait jamais. Rien dans sa vie n’était fait pour durer, tout s’écroulait, toujours. Tout ce qu’elle touchait, elle le détruisait, ça ne cessait jamais. Et ça s’ancrait en elle, dans chaque parcelle de son corps, de son être. Elle traînait son passé, ses erreurs comme une pierre lourde accrochée à son pied. Prisonnière de ses erreurs passées, lui rappelant dès qu’elle l’oublie qui elle était.
Elle ouvre les paupières, un instant. Elle fixe les élèves qui s’agglutinent les uns sur les autres, qui discutent ou s’ignorent. Son regard balaie la salle, elle aperçoit Danslav accompagné d’Elsa. Il ne lui adresse plus un seul regard depuis trop longtemps. Elle a tout fichu par terre, elle a tout détruit une fois encore. Et elle le savait pourtant, que cela finirait ainsi, qu’ils n’étaient pas faits pour rester ensemble. C’était si évident. Mais elle avait voulu être égoïste, même si ça n’avait duré qu’un instant éphémère. Elle soupire. Elle repense à Poudlard. Tout paraissait si simple à cette époque, elle savait qui elle était, quel chemin elle devait suivre. Sa baguette lui était fidèle, elle savait ce qu’elle voulait, et quand elle le voulait. La magie noire faisait partie d’elle,  c’était grâce à elle qu’elle survivait alors. Elle coulait dans chacune de ses veines, elle était là, elle la rendait forte, quasiment indestructible. Elle n’avait peur de rien ni de personne à cette époque. Qu’était-elle devenue ? Recroquevillée dans un coin de la salle, seule à ruminer ses sombres pensées, à se faire violence pour ne pas étrangler chaque personne qui s’approchait un peu trop près d’elle. Elle croise le regard de Cassie, mais détourne rapidement la tête. Tout a changé entre elles deux depuis si longtemps, rien ne pourra jamais les ramener à leur amitié de jeunesse. Et c’était sa faute, encore et toujours.

Alyx passe une main sur son visage. Elle n’en peut plus. Elle s’enfonce dans des souvenirs trop douloureux. Elle ressasse encore et toujours les mêmes choses, elle tourne en rond, comme un oiseau en cage qu’on empêche de voler et de retrouver sa liberté. C’est ce dont elle a besoin, retrouver un semblant de liberté, ne pas rester ici comme si elle avait quelque chose à se reprocher, comme si elle tenait autant à sa vie, comme si elle craignait de tomber dans les mains des assaillants. C’était loin d’être sa plus grande peur.
L’anglaise finit par se redresser. Elle parcourt la salle, un air impassible figé sur son visage. Elle veut sortir d’ici, même un court instant. Elle regarde autour d’elle. Sa baguette est dans sa poche. Personne ne semble lui prêter attention. Avec précaution, elle se dirige vers la porte. Elle jette un coup d’œil, ouvre et disparait derrière la porte. Enfin seule. Elle souffle, soulagée. Mais elle n’a pas le temps de faire quelques pas, qu’une main se pose sur son épaule. Elle sursaute, attrape la main de la personne et se retourne. Se retrouvant face à Blaise, elle secoue la tête, et lâche : « Tu m’as foutu la frousse Zabini ! » L’anglaise relâche la main du jeune homme. Elle le dévisage et finit par rajouter : « Tu me suis ou quoi ? »

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Dernière édition par L. Alyx Carrow le Ven 14 Avr - 11:00, édité 1 fois
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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Mer 29 Mar - 2:54


Plunge into darkness

Blalyx


Il  y avait l’ennui comme un virus poisseux qui l'étourdissait chaque jour un peu plus et cette immobilité paresseuse qui le contraignait à toujours tout ressasser. Tout structurer. Trop souvent ces derniers temps il s’était surpris à avoir envie de les tester, à observer les autres comme tant de cobayes potentiels, à  laisser patiemment s'éteindre toute la pseudo moralité dont il avait jusqu'alors tenté de se draper, dévisageant ses camarades tout en imaginant comment les transformer en toute nouvelle source de distraction. Non pas qu’il soit réellement cruel, mais il disposait de bien trop de temps pour lui, d'une marge de pensée qui le poussait à envisager des possibilités qui n'auraient même pas du l'effleurer. Car tout était trop long, trop las, trop insensé. Il n’avait jamais signé pour ça, lui, jamais eu envie de devenir cette créature que l’on masque de peur de la voir s'éteindre ou exploser, ce petit animal enfermé quand d’autres moins puissants disposaient encore et toujours de leur foutue liberté. Son esprit vagabondait, dévoilant des pensées qu’il avait pourtant cherché à entraver. Lointains lui semblaient désormais les idéaux auxquels il avait tenté de se convertir, de façon plus ou moins passive. Le sens de l’honneur déroutant des Iceberg, l’honnêteté, le bon côté. Trop de fumée noire errant dans sa tête, d'indifférence enracinée. Et puis ce vide, ce vide parfait, cette destruction lente de tous les liens qu'il avait cru nouer à Durmstrang et qui aujourd'hui le dégoûtaient. 
Tout a saveur de mirage aujourd'hui.
Elle avait traversé la pièce d’un pas vif et mal assuré à la fois. Lilith, Alyx, celle qui corrigeait ses idéaux aussi brusquement qu'elle changeait de couleur de cheveux, celle qui comme lui a décidé de se délier du passé et qui comme lui n’y parvenait qu’à moitié. Ancienne mangemort, elle était celle qui avait failli le convaincre de plonger lui aussi, à cette époque où ses manquements l’avait laissé presque influençable tant était grand son désir d’effacer le fait qu’il avait trahi les valeurs au creux desquelles il avait été élevé. Alors Lilith elle en avait profité, Lilith elle avait cherché à le manipuler.
A Durmstrang,pourtant, ils avaient su oublier leur différends, réunis par un besoin commun d’oubli et de rédemption. Une amitié trouble s’était glissée entre eux, mais ces derniers temps, la belle semblait davantage occupée à se perdre au fond d’elle-même qu'à désirer la compagnie d’autrui. Quant à lui…la colère et l’amertume le surprenaient bien souvent, et il ne pouvait s’empêcher de se ressasser le fait qu’elle ai été  l’une des seules personnes à avoir su semer dans son  esprit des ambitions qui n’était pas les siennes. Deux bonnes années les séparaient de ces événements, mais son ressentiment ne l’avait jamais vraiment quitté, et alors même que Zabini se montrait aimable, compréhensif, qu’il l’épaulait dans ses troubles, il se souvenait. C'est pourquoi une idée s'obstinait à lui effleurer l'esprit, trop tentante, trop délicieuse, trop prometteuse si elle venait à fonctionner. 



****


D’un mouvement souple il se lève, quittant la pièce à son tour puis l’attrape doucement par l’épaule. Elle se retourne, instant d’incompréhension glissé dans les yeux, ces yeux si souvent troublés ces derniers temps, ces yeux torturés, enfermés dans un passé qu’elle ne semblait pas parvenir à oublier.Tu m’as foutu la frousse Zabini ! Tu me suis ou quoi ? Elle est bien arrogante, et ça l'agace même si dans l'absolu elle n'a pas tout à fait tort, alors il commence par lever les yeux au ciel avant de désigner les hautes portes qui les surplombent d'un léger signe de tête. « Si tu crois que t’es la seule à étouffer là dedans. » Il la sait fatiguée, fatiguée par l'enfermement, éreintée  par la promiscuité , étouffée sous l’atmosphère oppressante de cette salle aux allures de mouroir doré. Blaise hausse les épaules, comme pour lui signifier qu'au fond peu lui importe qu'elle décide de le croire ou non. « J’avais juste besoin de prendre l’air aussi, c’était l’occasion ». L’occasion de jouer un peu, l’occasion de tester tes limites pour de bon.

Il l’entraîne vers les galeries souterraines et elle suit, comme dénuée de volonté, comme une toute nouvelle disciple de la passivité. Lui ça l’amuse quand il se prend à l’observer, Lilith, Alyx si ça lui plait. Elle ressemble à une petite chose sur le point de s'éteindre, mais pas assez, elle est  recroquevillée au fond d’elle-même et Blaise se demande souvent où est parti se cacher Lilith, la Lilith qui croyait si fort en l’œuvre des mangemorts, celle qui avait fait de l’obscur sa plus belle parure. Il ouvre la porte d’une petite pièce aux allures de grottes souterraine mal éclairée, dotée d'un plafond étrangement irrégulier. Allume quatre flambeauc d’un coup de baguette, contemple un instant la pénombre s'estomper. Au fond, une petite table vaguement encrassée qu’il purifie avant d’y prendre place, observant Lilith plantée au milieu de la pièce, désorientée. Il aime cette atmosphère, ce sentiment d'être maître de la situation en plein cœur des ténèbres, tourne sa baguette entre ses doigts, comme en proie à une profonde réflexion. « C’est marrant ce pouvoir non ? On en a tous un peu rêvé, et maintenant on s’y sent enchaînés. » Il marque un silence, laisse les mots s’écouler. « On s’entraine, on s’entraine, mais ça n’avance pas, au fond on est toujours pas conscients du pouvoir dont on a hérité. »  Il retient le sourire qui menace de s’étirer sur ses lèvres , lève la tête vers les flambeaux quelques instants, vaguement fasciné par les lueurs dansantes et les ombres qu’elles projettent. «  Parce que tout ce qu'on teste est trop lisse, trop confortable, trop contrôlable, c’est devenu d’un ennui… » Il a envie d'essayer, envie de la voir céder, envie de la confronter à chacun de ces démons qu’elle s’obstine à fuir, envie de voir renaître l’ombre de Lilith sur les traits figés d’Alyx.« Mais on peut y remédier. Parce que toi et moi savons bien que c’est avec un tout autre type de magie que ça peut devenir amusant. » Il sourit franchement maintenant, fixant la jeune femme de son regard sombre, séduit par l'idée de lire quelque chose sur ses traits. Tu t’en souviens Lilith ? De toute cette douleur que tu as semé, de tout ce que tu adorais si fort que tu as failli m'y faire sombrer? Il l’apprécie, au fond, mais en cet instant il a envie de la regarder basculer, envie de la pousser à se noyer dans ce qu’elle était, envie de reprendre un instant l’ascendant qu’elle a pu avoir sur lui par le passé. Après tout, il ne lui veut aucun mal, juste lui offrir une petite virée au cœur de ces ténèbres qui l'ont jadis si bien contrôlée. 


Et tu sais bien que c'est la seule chose à faire, 
Toi et moi on est pas faits pour la lumière.



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Dernière édition par Blaise Zabini le Sam 15 Avr - 12:50, édité 5 fois
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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Lun 3 Avr - 13:21

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Lorsqu'elle s'adresse à Blaise, elle a cette impression que ce n'est pas elle qui parle. Elle entend Lilith et son ton sec voire hargneux, Lilith sur la défensive, prête à attaquer au moindre regard en biais, au moindre mot qui la ferait frémir. Elle a cette sensation, bizarre, que l'on a parfois en rêve, celle où l'on se voit de loin, spectateur et non plus acteur de son propre personnage. Pourtant c'est Blaise qui se tient face à elle, il n'est pas une menace. Elle le fixe, attend sa réponse. Lui aussi doit souffrir de l'enfermement, de cet espace confiné qui les empêche de respirer confortablement. Ils ont tous besoin de s'échapper de toute cette tension, de toutes ces histoires qui au fond, ne les concernent pas. Elle le voit lever les yeux au ciel, comme si elle l'irritait. « Si tu crois que t’es la seule à étouffer là-dedans. » Non, elle s'en doute. Qui est réellement à l'aise là-dedans, coincés avec des meneurs qui ne trouvent pas de solutions, et qui pensent que les laisser enfermés finira par tout résoudre. S'ils connaissaient l'ampleur de la bombe à retardement qu'ils venaient d'enclencher, si seulement ils pouvaient se douter que quand tout leur péterai à la gueule, ils s'en mordraient les doigts. Mais personne ne prenait le temps de les prévenir, eux qui pensaient si bien tout savoir. Alyx ne répond rien, se contente de se murer dans ce silence qui l'accompagne depuis des jours. Le jeune homme hausse les épaules, il a ce même air "je-m'en-foutisme" que lorsqu'ils se sont rencontrés à Poudlard il y a des années. « J’avais juste besoin de prendre l’air aussi, c’était l’occasion ». L'anglaise hausse légèrement les sourcils. Peu importe qu'il soit là alors qu'elle cherchait la solitude, la présence de Blaise ne l'agaçait pas autant que celles des autres.
Puis, elle ne sut comment, il parvint à l'entraîner dans les galeries souterraines. C'était loin d'être son endroit favoris de Durmstrang, mais docilement, elle se laissa entraînée dans les profondeurs du château. C'est glauque, c'est sombre, ça sent la moisissure mêlée à la poussière, quelques bruits étranges emplissent les lieux, et la seule bribe de lumière qui éclaire leur chemin se trouve être de faibles torches. Alyx avance, en silence. Leurs pas résonnent dans ces couloirs étroits, ils ne croisent pas âme qui vive. Pourquoi ici ? Pourquoi cet endroit ? Ils sortent d'une prison pour en trouver une autre. Blaise finit par se stopper devant une vieille porte en bois, qui émet un grincement strident lorsqu'il l'ouvre. La jeune femme entre, précédée de l'ancien serpentard. Elle stoppe ses pas, découvre d'un œil peu assuré une sorte de vieille grotte sombre, humide. Blaise allume quelques torches qui éclairent l'endroit, et accentuent l'ambiance lugubre. Elle découvre pour unique meuble une table en bois qui semble tenir à peine debout. Alyx fronce les sourcils, s'interroge. Ça sentirait le traquenard à plein nez si elle se méfiait de Blaise. Mais elle a confiance en ce dernier, pas vrai ? Ils avaient mis leur passé derrière eux, ils étaient repartis sur de bonnes bases, comme si tout était effacé. Elle lui avait fait comprendre son envie de changer, de laisser Lilith et ses démons derrière elle, et il avait semblé la comprendre, au contraire d'Hemera.


Son regard se pose sur Blaise, assit sur la table bancale, faisant tourner sa baguette entre les doigts d'un air nonchalant. Il semble sûr de lui, la moitié du visage éclairé par la faible lueur des flambeaux, l'autre moitié cachée dans l'ombre. Il aurait été un si bon partisan du Lord s'il l'avait laissée faire, s'il avait cru en ses paroles. Où peut-être se trompait-elle, peut-être avait-il fait le meilleur choix en ne la suivant pas, en ne laissant pas le Maître graver sur sa peau une soumission qui restera indélébile. « C’est marrant ce pouvoir non ? On en a tous un peu rêvé, et maintenant on s’y sent enchaînés. » Elle l'écoute, silencieuse. Il laisse passer un temps, comme si sa prochaine phrase allait être décisive, importante. « On s’entraine, on s’entraine, mais ça n’avance pas, au fond on est toujours pas conscients du pouvoir dont on a hérité. » Un pouvoir bien trop puissant pour qu'ils ne puissent le contrôler. Les meneurs n'ont de cesse de leur répéter qu'ils doivent prendre des précautions, que les effets de l'Ox peuvent être néfastes, qu'ils pourraient blesser quelqu'un. Un pouvoir dont Alyx se serait bien passé. Il la ronge, il empiète sur sa raison un peu plus chaque jour qui passe. Elle le sent, au fond d'elle, qui bouillonne, qui gronde, avide de sortir, de lâcher prise. L'anglaise n'est pas stupide, elle comprend bien vite le sous-entendu de Blaise, malgré tout, sa bouche reste fermée. Peut-être trop effrayée, peut-être trop désireuse, est-ce bien ou est-ce mal ? Elle ne sait plus, sa raison se tait tandis que le jeune reprend, le regard fixé sur les torches : « Parce que tout ce qu'on teste est trop lisse, trop confortable, trop contrôlable, c’est devenu d’un ennui… » Les mots de l'iceberg résonnent dans l'antre glaciale, rebondissent dans l'esprit d'Alyx, la font frémir. Son regard se perd dans le vide. Elle sait où il veut en venir, cela ne fait plus aucun doute, mais elle ne veut pas l'écouter davantage. Il la tente, la prépare avant de prononcer clairement sa pensée. Durant un court instant, elle est tétanisée. Blaise reporte son regard sur elle, et finit par lâcher : « Mais on peut y remédier. Parce que toi et moi savons bien que c’est avec un tout autre type de magie que ça peut devenir amusant. » A présent, elle perçoit un grand sourire sur ses lèvres, comme soulagé d'avoir enfin lâché la bombe.
Non, elle a tout laissé derrière elle, elle a tout mis de côté, et s’est jurée de ne plus jamais user de la magie noire. Elle a une trop grande emprise sur elle. C’est à cause d’elle si elle a tout perdu, si elle se retrouve seule, sans réelle identité. Par le passé la magie noire était sa meilleure amie, sa plus fidèle arme. Mais arrivée à Durmstrang, elle l’avait laissée tomber, elle ne voulait plus de son pouvoir. Tout du moins, elle essayait de s’en convaincre. Elle plante son regard dans celui de Blaise, et secoue la tête. «    Arrête ça Blaise, c’est hors de question. » L’anglaise tente de se montrer ferme, mais sa voix tremble, laisse percevoir ses doutes et ses peurs. Elle se fait violence, refuse d’accepter de replonger là-dedans. De plus, rien n’est sûr avec l’Ox, ni Blaise ni elle, ne savent vraiment ce que cela pourrait produire : la magie noire mêlée au pouvoir de l’Ox. Elle regarde autour d’elle, et rajoute : «   Pourquoi tu m’as emmenée ici ? » Il l’avait suivie, sa petite idée en tête, l’avait traînée au fin fond du château bulgare pour tenter de lui faire reprendre ses vieilles habitudes. Alyx hésite à partir, à le laisser dans sa grotte sinistre. « Viens, on s’en va. S’il-te-plaît. » Elle murmure la fin, telle une dernière supplique, à deux doigts d’abdiquer à sa demande. Il faut qu’elle sorte d’ici, avant qu’elle ne franchisse la ligne et qu’aucun retour en arrière ne soit possible.


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Sam 8 Avr - 19:42


Plunge into darkness

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« Arrête ça Blaise, c’est hors de question. » Elle avait cette voix vacillante, et ses yeux plantés dans les siens. Un refus prévisible, mais déjà presque chancelant, trop violent pour être convaincant. Parce que sans doute qu’elle avait simplement peur au fond, qu’elle savait ce qui l’attendait si elle venait à céder. Désormais Alyx détaillait l’espace qui les entouraient en semblant seulement le découvrir et prendre conscience de l’étrangeté des lieux. «  Pourquoi tu m’as emmenée ici ? Viens, on s’en va. S’il-te-plaît.» Ça sonnait presque plus comme une supplique que comme un reproche. Comme si elle lui demandait inconsciemment de se montrer raisonnable pour eux deux en se sachant incapable de l’être elle-même. Ce ne serait pas tellement surprenant. Lui aussi, au fond, avait réellement envie d’essayer, mais pas seul, besoin d’épancher cette curiosité sans pour autant prendre de véritable risque. Blaise baignait dans la magie noire depuis maintenant trop longtemps pour qu’elle puisse encore le troubler, du moins était-ce qu’il espérait. Il s’était bien laissé emporter une ou deux fois,  mais n’était globalement pas la personne la plus sensible à l’attrait de cette magie qui au fond lui paraissait bien peu différente des autres. Juste une partie d’un tout, au même titre que toutes les autres matières. Pourtant la possession de l’Ox aurait du tendre à ébranler ses certitudes, et à lui faire ravaler cet orgueil qui l'incitait à penser qu’il résisterait sans la moindre difficulté.

Il lui fallait convaincre Alyx, mais pas la faire fuir non plus. Sa réaction lui avait au moins prouvé une chose : c’était la peur qui retenait l’Iceberg, cette peur vague, détachée et pourtant paralysante qui avait fait d’elle cette fille écrasée par sa conscience. Blaise hésita un instant à se lever, décida qu’il n'était finalement pas si mal installé. Se montrer rassurant surtout. Bien que ça n'ai jamais vraiment été sa spécialité. « Tu ne crois pas que ta petite tentative de fuite a assez duré ? Que tu devrais affronter au lieu de te cacher, de te terrer comme une gamine effrayée à l’idée de tout détruire par une magie mal contrôlée ? » Trop sec, Blaise en était conscient, mais il en avait assez au fond, assez qu’elle panique à l’idée de ne pas pouvoir faire face, assez qu'elle se gâche. Et puis, ça l’aurait bien ennuyé de voir sa petite idée s’effondrer.  Parfois, Alyx il la prenait en pitié. Parce qu’elle souffrait. Qu’elle regrettait. Il avait un peu de mal à concevoir ce brusque changement d’idéaux, mais il pouvait s’efforcer d’en imaginer les raisons. Elle avait été faible de suivre le Lord, faible de s’abaisser devant lui, d'en devenir une esclave dont la servitude serait à jamais gravée sur sa peau, mais aujourd’hui c’était bien pire, alors qu’elle faisait tout pour oublier. Lucide quant à la dureté de ses paroles, Blaise se jura de faire quelques efforts pour se radoucir. « C’est sûr qu’on ne peut pas vraiment dire que tu as toujours été l’incarnation de la gentillesse et de la bonté. » Mais elle avait été forte. Soumise à ses démons ou non, elle avait été forte et aux yeux de Blaise c’était tout ce qui comptait. Pourquoi s’obstinait-elle à vouloir adopter des valeurs qui visiblement ne voulaient pas d’elle ? « Mais je pense que tu as suffisamment payé... » Il avait prononcé ces derniers mots avec plus de douceur que les précédents. Peut-être parce qu’il ne s’agissait que de la vérité. La sorcière s’infligeait bien des souffrances pour quelques actes peu vertueux. C’était d’autant plus frappant qu’ils se trouvaient à Durmstrang, une école réputée à bien des aspects, mais pas pour sa moralité. « Il faut bien que tu comprennes que tu n’es pas pire que les autre. Les trois quarts des élèves de ce château auraient agit exactement comme tu l’as fait. On est plus en Angleterre, ici on a tous du sang sur les mains. » Il se demanda un instant si elle relèverait le fait qu’il s’était inclus dans cette description. Après tout comme tous les autres elle ne savait pas grand-chose, mais les rumeurs qui entouraient la famille Zabini avaient bien du l’atteindre un jour ou l’autre.
Plus tellement confortable cette table. Frisson de dégoût lorsqu’il aperçu non loin de sa tête une araignée pâle d’une taille assez conséquente pour le motiver à se lever. « Pourtant tu en vois combien être bouffés par la culpabilité ? Tu crois vraiment que Théo et Hemera se morfondent comme tu le fais, qu’ils s’effacent et s’oublient eux-même juste par peur de recommencer ?  Rappelle moi, Lilith, c’est bien la même marque que vous portez ?» Blaise n’avait pas cité les deux Serpentard de bon cœur. Leurs discordes s’étaient ébauchées il y a des années et n’avaient fait que s’aggraver avec le temps. Malgré tout le mépris qu’il tendait à leur porter, on ne pouvait pas dire que ces deux là se torturaient l’âme autant que la pauvre Alyx à propos d’actions pourtant partagées. C’était étrange dans le fond. Même parcours, même ambitions, trois façons de toucher le fond. « Enfin pour eux c’est foutu de toutes façons. Mais toi tu as prouvé que tu étais capable de changer. La seule qui ne le voit pas c’est toi, t’as réellement besoin de ça pour en prendre conscience. La magie noire quand on la fréquente assez, elle devient une alliée, une subordonnée, ce n'est plus elle qui te maîtrise mais toi qui en fait ce qu'il te plaît. » Il mentait à demi. Peu de sorciers étaient capables de faire de cette magie une utilisation fréquente sans se laisser influencer un minimum par tout ce qu’elle renfermait. Il s’était approché d’elle, lui faisant face posant ses deux mains sur ses épaules, adoptant une attitude trop assurée. « Tu es devenue bien assez forte pour essayer. Et puis je suis là tu sais. Fais moi confiance, jamais je ne te laisserai sombrer. »




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Dernière édition par Blaise Zabini le Sam 15 Avr - 12:51, édité 2 fois
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Elle était littéralement effrayée. Effrayée de commettre l’irréparable, de retrouver Lilith plus forte qu’avant. Elle avait fait tant d’efforts, elle avait repoussé ses démons, les avait enfouis au plus profond d’elle. Ça serait un terrible gâchis. Tout foutre en l’air, pour une seule petite expérience qui risquait de la mener trop loin pour qu’elle n’en revienne indemne. Alyx fixe Blaise, implore silencieusement pour qu’il se lève, et qu’ils quittent cet endroit lugubre. Mais l’ancien serpentard ne semble pas avoir dit son dernier mot. « Tu ne crois pas que ta petite tentative de fuite a assez duré ? Que tu devrais affronter au lieu de te cacher, de te terrer comme une gamine effrayée à l’idée de tout détruire par une magie mal contrôlée ? » Son ton est sec, froid. Il s’adresse à elle comme un parent fâcherait son enfant, sûrement dans l’espoir de la faire réagir. Oui elle est terrifiée de ce qu’elle pourrait faire avec la magie noire aujourd’hui, de ce que cette dernière la pousserait à commettre mêlée au pouvoir de l’Ox. Si elle veut pouvoir un jour vivre en paix avec sa conscience, elle doit continuer dans cette voie, n’est-ce pas ? « C’est sûr qu’on ne peut pas vraiment dire que tu as toujours été l’incarnation de la gentillesse et de la bonté. » Que cherche-t-il à faire ? Que cherche-t-il à lui prouver ? Elle sait tout ça, elle n’est pas une sainte, loin de là. Elle finira certainement par brûler dans les Enfers s’ils existent. C’est justement pour tous ses anciens actes commis, qu’elle tente vainement de se racheter. Personne ne peut lui dire que ça fonctionnera, qu’on lui pardonnera ses fautes, car ce n’est pas le cas. Danslav ne lui pardonnait pas, et il ne le ferait pas,  tout comme les autres. Et elle ne le blâmait pas, elle comprenait, elle ne se pardonnait pas elle-même. « Mais je pense que tu as suffisamment payé... » Blaise sembla s’être radoucit un instant. L’anglaise le regarde, muette, cherchant à comprendre le but final de ses paroles. Elle secoue légèrement la tête, et dévie son regard sur le reste de la grotte. Il ne comprend pas. Jamais elle ne pourra payer ses fautes, jamais elle ne pourra mettre de côté ses souvenirs monstrueux qui la hantent jour et nuit. Ils sont là, toujours dans un coin de sa tête, lui rappelant encore et encore qui elle a été. Un monstre. C’est le terme qu’Onisim avait utilisé pour la qualifier. Il n’avait pas tort. Mais est-ce qu’un monstre éprouve du remord ? « Il faut bien que tu comprennes que tu n’es pas pire que les autre. Les trois quarts des élèves de ce château auraient agit exactement comme tu l’as fait. On est plus en Angleterre, ici on a tous du sang sur les mains. » Tous. Qu’avait-il fait pour s’inclure parmi les coupables ? Elle avait bien entendu des rumeurs à son propos, particulièrement sur sa famille, mais Alyx n’y avait jamais prêté plus attention, incertaine de leurs véracités. Elle fut curieuse, durant un instant, de connaître les actes qu’il avait pu commettre et dans quelles conditions. Elle avait toujours tué pour servir le Maître, pour répondre à ses idéologies, pour exterminer les sangs-de-bourbes, mais jamais pour causes personnelles. Elle aurait voulu, à la perte de ses parents elle avait voulu retrouver les coupables et les tuer de ses propres mains. Mais elle s’était éloignée de ses recherches en entrant dans les rangs de Voldemort, et avait épanché sa soif de vengeance autrement.

Blaise finit par se lever de la table, et de s’en éloigner de quelques pas. Il continue, inlassable. « Pourtant tu en vois combien être bouffés par la culpabilité ? Tu crois vraiment que Théo et Hemera se morfondent comme tu le fais, qu’ils s’effacent et s’oublient eux-même juste par peur de recommencer ?  Rappelle moi, Lilith, c’est bien la même marque que vous portez ?» Elle ne sait pas si l’utilisation de son prénom est voulue, ou si c’est une vieille habitude. Elle voudrait qu’il arrête de parler, qu’il se taise, et la laisse filer. Mais ses mots la rendent immobile, ses pieds s’ancrent dans le sol et l’empêchent de fuir. Alyx sait qu’elle fait partie des seuls à avoir retournés leurs vestes. Ca semble illogique, elle est celle qui a poussé Théodore à enlacer son destin de mangemort, elle a été l’une des premières à se soumettre au Lord, à adhérer à ses idéologies. Elle s’est éloignée d’Hemera et Théodore, persuadée qu’en mettant un gouffre entre elle et ceux avec qui elle avait partagé son passé, l’aiderait à s’en sortir. Si elle pouvait voir à quel point elle s’est fourvoyée. « Enfin pour eux c’est foutu de toutes façons. Mais toi tu as prouvé que tu étais capable de changer. La seule qui ne le voit pas c’est toi, t’as réellement besoin de ça pour en prendre conscience. La magie noire quand on la fréquente assez, elle devient une alliée, une subordonnée, ce n'est plus elle qui te maîtrise mais toi qui en fait ce qu'il te plaît. » Elle l’écoute, attentive, hésitante. Blaise s’approche d’elle, pose ses mains sur ses épaules, ancre son regard dans le sien et rajoute : « Tu es devenue bien assez forte pour essayer. Et puis je suis là tu sais. Fais moi confiance, jamais je ne te laisserai sombrer. »
Les mots du jeune homme tournent dans sa tête, y prennent un sens, développent maintes idées qui lui traversent l’esprit. Et s’il avait raison ? Si elle s’empêchait de goûter de nouveau à la magie noire sans réelle raison valable ? Elle sait que depuis que le pouvoir de l’Ox coule dans ses veines, de sombres idées ont pris doucement racines en elle. Mais elle est terrifiée à l’idée de foutre en l’air le peu qu’elle est parvenue à reconstruire.  Si Blaise se leurrait, et qu’elle n’était plus aussi forte, que la magie noire n’était plus son alliée comme avant, mais devenait son ennemie ? Elle ne savait à quoi s’attendre, elle n’avait aucune idée de la direction à suivre. Elle craignait tant de se tromper, et de tout détruire. Mais n’avait-elle pas déjà réussi à tout détruire toute seule, sans magie noire ? Alyx savait combien elle était seule aujourd’hui, plus personne ne se tenait de son côté. Elle avait déjà tout foiré après tout, alors qu’avait-elle à perdre ? Plus elle réfléchissait, plus elle doutait. « Je n’en suis pas sûre Blaise. On ne sait pas ce que l’Ox pourrait provoquer au contact de la magie noire. C’est peut-être trop fort, trop puissant pour qu’on puisse le gérer. » Elle se cherchait des excuses, tentait encore un peu de repousser l’échéance. Parce qu’elle finirait par y retomber, elle le savait. C’était une douce tentation qu’il lui proposait avec tant de détermination. L’anglaise recule légèrement, se détache de l’emprise de Blaise. Elle pèse le pour, le contre, tente de se rappeler l’effet que la magie noire avait sur elle quand elle l’utilisait encore. «  Tu sais ce qui nous attend si on se fait prendre par les autres vainqueurs ? » Elle ne le sait pas elle-même, mais se doute des répercussions. Certainement exclus de la salle, ce qui signifie plus aucune protection, autant se jeter dans la gueule du loup tout de suite. « Et pourquoi tu ne le fais pas seul ? Pour quelles raisons tu as besoin de moi ? »


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 14 Avr - 1:16


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Elle doute. Encore. Alors, ça rampe dans l'esprit de Blaise, il y a cette idée qui s'étire comme une évidence, quelque chose qui lui donne envie de plonger dans l’immédiat puis de l'entraîner dans son sillage sans lui laisser le choix.   «Je n’en suis pas sûre Blaise. On ne sait pas ce que l’Ox pourrait provoquer au contact de la magie noire. C’est peut-être trop fort, trop puissant pour qu’on puisse le gérer. » Des excuses; rien d’autre, et Blaise il s’agace car au fond il sait, il sait qu’ils vont se mettre en danger mais aussi que le risque vaut le coup d’être pris. Il devrait parvenir à maîtriser les dérives pour deux, et puis au fond l’un comme l’autre ils n’ont pas tant à perdre, si ce n'est la raison peut-être. Est-elle encore présente, pourtant,  quand tout semble voué à l'immobilité?

Alyx s’est écarté de lui, subitement, comme pour échapper à son emprise, ne plus laisser ses paroles inhiber sa volonté, dresser une barrière invisible, se protéger, et il voit bien là, collée sur son visage cette peur constante de replonger, et puis la crainte et l’envie entremêlées, qui la secouent, lui font presque déjà mal en attendant la chute.  « Tu sais ce qui nous attend si on se fait prendre par les autres vainqueurs ? » Non il en sait rien mais ça lui importe peu, au fond lui tout ce qu’il veut c’est s'arracher à cette sensation de stagnation quasi constante, se détacher de l'apathie qui l'avale peu à peu, quand il n’a plus vraiment de but et que l’ennui s’amuse à le lui rappeler.  « Et pourquoi tu ne le fais pas seul ? Pour quelles raisons tu as besoin de moi ? » Seul. Il pourrait oui, il y a même parfois pensé pourtant il faut croire que le mal perd de l’attrait lorsqu’il ne peut être partagé. Zabini c’est vrai ne sait pas vraiment ce qu’il fait là, à stupidement penser à se venger, à risquer de se perdre juste pour piéger cette fille pourtant censée être son alliée. Ça l’amuse un peu cette salle trop sombre, comme dans les histoires qu’on lui a jamais vraiment raconté, cette esthétique sordide presque trop inquiétante pour demeurer crédible. C’est fait exprès, c’est du paraître, c’est pour ça qu’il est doué, lui ça lui plaît quand l'éclat et la pénombre s’emmêlent. Mais pourquoi elle? Sûrement parce qu'il estime qu'elle doit payer et à ce titre être testée. Qu’elle le mérite. Si réellement elle a changé, Alyx abattra Lilith pour de bon et pourra faire de la magie noire une alliée merveilleuse. Mais les choses ne se dérouleront pas ainsi, Blaise le sait alors même qu'il lui promet le contraire, c'est même qu'il espère. La voir sombrer. Envahie, détruite, salie par les mêmes péchés qu’elle a cherché à oublier. Mais c’est stupide en vérité. Comme si noyer cette fille pourrait l’apaiser lui. C’est pas elle le problème, ça l’a jamais été, mais Zabini préférerait s'éteindre plutôt que l'avouer alors il cherchera plutôt à essayer, à faire croire, à expérimenter avant de s’apercevoir que le trou dans son âme est toujours là et qu'il ne partira pas.

Il sourit, légèrement, avec bienveillance, comme s’il ne prenait pas ses questions au sérieux mais qu’elle avait un peu touché juste quand même. « T’as raison. Je pourrais le faire seul et crois moi j’y ai pensé. Mais en réfléchissant j’ai su par quoi je voulais commencer. Un sort que tu connais, c’est même la seule chose que tu peux prétendre m’avoir appris.» Il ment, cette idée vient à peine de l'effleurer, pourtant à mesure que les secondes s’écoulent le garçon prend conscience de l’évidence de ce choix, comprend qu’il n’y a pas de meilleure introduction possible à ce qu’il entend bien leur permettre d’accomplir. Alors la formule est murmurée et avant même qu’il ne lève sa baguette quelque chose s’échappe et les enveloppe Alyx et lui, comme des volutes de fumée noire qui s’évadent de leurs corps et voilent presque l'entièreté de la pièce, des serpents sombres qui valsent sous leurs yeux soudainement embrumés. Pourtant ce n’est pas ça qui importe mais plutôt ce que ça fait là, à l’intérieur, alors que lentement s’en vont les faiblesses et les doutes, exacerbés pour l’occasion. En attendant qu’elle le rejoigne, qu’elle complète cet étrange sortilège voués à les en libérer, à les faire disparaître pour un temps. C’est comme du vide qui s’est étendu partout, l’explosion d’une armure,un scalpel qui creuse sous l'épiderme et il faut que ça cesse, que ça s’en aille, que ça disparaisse, et tant pis si ce n’est qu’une illusion, si ça leur arrache le cœur pour y placer une pierre. Elle en a besoin Alyx, de voir les volutes prendre la forme de toutes ses défaillances, besoin d’y voir clair et d’être débarrassée de tout ce qui la ronge. Quitte à chavirer. « J’ai besoin de toi pour ça et tu le sais. » Blaise n’a plus la voix aussi assurée, et il voit bien qu’elle a mal elle aussi, déchirée par tout ce qu’elle perd, tout ce qu’elle regarde s’en aller, loin d’elle et pourtant si près. Pourtant il suffirait simplement qu'elle se glisse à ses côtés mêlant sa magie à la sienne pour enfin retrouver ce qu'elle prend pour de la liberté.





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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Dim 16 Avr - 22:51

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L’ambiance de cette grotte l’oppresse, elle a peur de ce qu’elle pourrait finir par retrouver ici. En a-t-elle envie ? En a-t-elle besoin ? Parfois ça la démange, parfois elle se dit que ça serait plus simple de retourner à ce qu’elle connaît de mieux. Mais d’autres fois elle doute, elle se renferme, se fait peur elle-même. De quoi a-t-elle véritablement besoin ? Elle sait que ces derniers temps plus rien ne semble avoir de sens, elle n’a plus aucun but si ce n’est survivre. Enfermée jour et nuit, elle a le temps de ressasser ses souvenirs qui la hantent encore et toujours, elle a le temps de réfléchir, et de se remettre en question. Qui est-elle et qu’est-elle devenue ? Petite orpheline perdue, solitaire, effrayée à l’idée de retrouver une vieille amie. Elle sombre, elle coule, et personne ne porte la moindre attention sur elle. Alors pourquoi aurait-il besoin d’elle ? Elle n’est plus celle d’avant, elle n’est plus assez forte, assez déterminée. Elle ne sera pas une bonne alliée. Alyx fixe Blaise, le questionne du regard. Il se trompe. Il n’a aucune idée de ce qu’il lui demande de faire. Il ne sait pas ce qu’il l’oblige à mettre de côté, à anéantir les quelques efforts qu’elle a pu faire ces derniers-mois. Tout laisser tomber, tout abandonner, et retrouver de vieux démons. L’ancien serpentard laisse un fin sourire apparaître sur ses lèvres, comme s’il s’attendait à cette question, comme si elle était trop prévisible et qu’il avait déjà la réponse. « T’as raison. Je pourrais le faire seul et crois moi j’y ai pensé. Mais en réfléchissant j’ai su par quoi je voulais commencer. Un sort que tu connais, c’est même la seule chose que tu peux prétendre m’avoir appris.» Alyx replonge dans ses souvenirs, revient quelques années en arrière. Ce sortilège que son oncle lui a appris, celui qui lui a fait comprendre de quoi elle avait envie alors qu’elle hésitait à rejoindre le Maître. Blaise avait été hésitant, longtemps. Elle avait dû être tellement patiente pour lui faire comprendre qu’il devait les rejoindre. Malheureusement, elle avait échoué, et il n’avait jamais franchi le cap. Elle se souvenait encore de la première fois où elle avait abordé la magie noire avec lui, qu’elle lui avait montré qui il pourrait être s’il devenait un fidèle partisan, s’il laissait la magie noire devenir sa plus fidèle amie. L’anglaise comprend peu à peu pourquoi il veut commencer par ce sort. Il cherche à la convaincre, à l’amadouer afin qu’elle finisse par abdiquer. Elle se mure dans un long silence, mais il n’attend pas de réponse, il a déjà décidé pour elle. Les lèvres de Blaise bougent à peine, et des volutes noires prennent formes, les enveloppent de leurs bras glaciales.
Elle se fige, regarde la fumée l’entourer, lui arracher ce qui lui pèse sur le cœur depuis des mois. On lui retire tout ce qui la torture, tout ce qui la brûle de l’intérieur. Elle souffre encore, plus fort, pour que tout ce qui la ronge s’extirpe de son corps. Ca vient jusque dans ses entrailles, ça creuse la surface, ça jette tout ce qui pourri au fond d’elle. Sa vision se trouble, ses membres tremblent, alors que la douleur se fait plus forte. Elle est incapable de bouger. Les volutes noires continuent de tourner autour d’elle, avides de trouver encore quelques miettes de souffrance, de peine, de colère. Elles s’en nourrissent, elles s’en servent pour prendre forme. Si seulement elle levait sa baguette à son tour. Mais pour juste quelques minutes, elle doit subir toute cette douleur, elle doit se rendre compte de toutes ces faiblesses qui l’habitent, qui grossissent et qui prennent racines en elle. Elles l’empêchent de bouger, de prendre son vol, elles l’empêchent de retrouver sa liberté. Elle est clouée au sol, depuis si longtemps, par toutes ces foutues émotions, tous ces sentiments qui lui brisent ce cœur qui a commencé à fondre. Lui qui s’était endurci, dur comme le roc, ne battant que pour insuffler de la vie et rien d’autre. Les émotions qu’elle s’est permis de ressentir l’ont affaibli, il s’est craquelé, et a laissé la douleur s’infiltrer en elle. Un cœur qui bat, ça vous rend faible, ce n’est que souffrance et tristesse. « J’ai besoin de toi pour ça et tu le sais. » La voix de Blaise la sort de ses réflexions. Il ne paraît plus aussi sûr de lui, il flanche comme elle. Elle sait pourquoi il la supplie, pourquoi il a besoin d’elle, il veut que ça cesse, que ça ne laisse que les émotions les plus fortes, celles qui les poussent à vivre et non à mourir. Elle hésite, serre ses doigts autour de sa baguette. Si elle franchit la ligne, elle n’aura aucun retour en arrière envisageable. Elle sait ce qui l’attend, elle sait qu’elle va se retrouver un court instant, et qu’elle va aimer ça. C’est toute la beauté de ce sortilège, c’est toute cette puissance qu’il permet de ressentir, même durant un moment éphémère. Mais c’est suffisant pour convaincre n’importe qui de laisser la magie noire prendre une place importante à ses côtés.

Le regard hagard, perdu dans la fumée noire, elle lève légèrement sa baguette, la main tremblante. Les mots sortent de sa bouche avec facilité, et la soulagent. Les volutes prennent vie, forment des silhouettes face à eux. Elle se reconnaît, se fixe longuement. Tout ce qui la détruisait et la faisait tant souffrir s’estompent, et s’engouffrent dans cette autre. Ils la quittent, la délaissent pour une autre enveloppe charnelle, un autre logis à deux doigts de se briser. Elle est tout d’un coup légère. La magie noire s’infiltre en elle, elle frémit. Lilith fixe Alyx face à elle, la regarde. On dirait qu’elle porte tout le poids du monde sur ses frêles épaules, qu’elle est brisée et que rien ne pourra la réparer. Une poupée de chiffon qui a été laissée dans un coin, abandonnée par son propriétaire. Elle ne sert plus à rien, elle prend la poussière, et moisie seule, dans le noir. Plus aucun regard ne se pose sur elle, et c’est la tristesse qui l’envahit. Lilith la fixe, plus forte, une lueur de détermination dans le regard. Elle ne veut plus ressembler à ça, elle ne veut plus se sentir abandonnée, et meurtrie. Il n’y a plus de place pour le chagrin et le désarroi, il ne reste que l’envie de vaincre, et de revenir, plus forte. Revenir à celle qu’elle était avant. Ressentir de nouveau cette puissance qui semblait la rendre immortelle, qui l’empêchait d’être faible. Pathétique. C’est le mot qui lui vient à l’esprit quand elle se regarde, elle pourrait se tuer de ses propres mains. Vision d’horreur, tout ce qu’elle déteste, tout ce qu’elle a rejeté durant tant d’années. Cette petite fille qui pleurait dans les toilettes, qui encaissait en silence les coups et les insultes. Cette petite fille incapable de se défendre, si petite, si invisible. On pouvait la briser en deux si facilement. Ecœurant, à vomir.
Peu à peu le sortilège s’estompe. Blaise à ses côtés est silencieux, mais elle sait qu’il a ressenti la même chose qu’elle. Leurs faiblesses leurs reviennent en pleine face, détruisent ce sentiment de force et d’invincibilité. Ils deviennent de nouveau ces deux icebergs invisibles aux yeux des autres, mais dont la magie bouillonne au fond d’eux. Elle reprend l’identité d’Alyx, et elle se déteste un peu plus à chaque nouvelle seconde qui s’écoule. L’anglaise se tourne vers Blaise, croise son regard et souffle : « Je ne veux plus survivre. Je ne veux plus être Alyx. »


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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Ven 12 Mai - 3:45


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Une idée stupide. C’est ce qu’il se dit un instant, avant qu’Alyx ne lève sa baguette à son tour, c’est l’évidence qui le percute quand les volutes lui tournent autour puis arrachent avec ardeur toute l’armure accrochée à sa peau. Sous le métal il y a des failles qu’il se plaît à ignorer, des monstres enterrés depuis l’enfance qui ont prit le temps de se développer, là, glissés quelques part sous l’abri d’une conscience encore trouée, dévoré par les silhouettes parasites qui n’en finissent plus de s’épaissir. Il y a cette colère vague et la rage au bord des lèvres lorsque les choses le rattrapent, l’envie de tout faire cesser et d’alentir les émotions, de figer l’instant dans une âme de béton. Mais un jour il faut payer, c’est ce que son inconscient se plait à lui murmurer, regarde, regarde la sale couleur des plaies que tu n’as jamais voulu soigner, regarde le vide dans lequel tu t’es noyé, et l’espace clôt où ton cœur étouffe, regarde l’empathie que tu repousses quand parfois elle vient cogner à ta porte, et tous ces visages que t’as égaré quelque part, regarde l’amour que tu ne voulais pas ressentir, ces figures qui s’estompent quand tu t'acharnes à toujours tout oublier. Tu pourras bien rire, encore, balancer tes sarcasmes à la face du monde si tu retrouves quelque part l’énergie qui t’as quitté,  mais ça ne changera jamais rien à ce que tu caches tellement bien que même toi tu en oublies la vérité.

Il ne parvient pas à comprendre pourquoi Alyx laisse durer le supplice. C’est comme si elle se l’infligeait, occupée à observer la fumée noire, mi-horrfiée mi-fascinée. Elle doit avoir mal, pourtant au-delà du supportable alors elle lève sa baguette, enfin et pour de bon. D’abord il y a les nuées qui se groupent et prennent forme, les serpents qui cessent de ramper pour de bon. Puis cette parodie d’eux-même,  il y comme leur faiblesses étalés en tableau disgracieux sous leur yeux, qui transcendent les murs qu’ils ont patiemment érigés. Elles y sont enterrées maintenant, les douleurs, enterrées les terreurs celles qui peignaient de vide le cœur de l’enfant, celles qui avaient le goût de sang. Blaise n’ose pas vraiment contempler son double mais il l’effleure des yeux, silhouette vacillante écrasée par des poids invisibles, des faiblesses risibles. Ils avaient raison tous ceux qui clamaient qu’on vivait mieux le cœur vide, il a eu raison Blaise, lorsque lui-même se plaisait à le répéter. Même en regardant vraiment, le garçon ne saisit pas réellement la nature de ce mal, parce que lui s’est enfermé au fond de lui-même bien trop tôt, peut-être quand le premier cadavre est venu tâcher le tapis trop riche de son domaine, peut-être quand on lui racontait le danger d’aimer, peut-être quand les pleurs d’enfants finissaient enfermés dans le noir, peut-être bien avant. Il ne sait pas vraiment quand il contemple cet étranger aux traits déformés, quand quelque chose cloche au creux de l’uniforme parfait. Mais peu importe désormais, ce qui compte c’est la sensation, la vraie, l’euphorie qui s’installe. Envie d’sourire et de laisser le rire détaler de ses lèvres, de sortir, de s’en aller, de laisser de nouveaux rêves s’esquisser, grandeur et idéaux pleinement assumés. Ne plus jamais permettre à ce  double écœurant de l'approcher, cet être presque effacé par l’indifférence dont il s’est désormais paré, allure faussement fière mais tête et nuque courbées. Moins faible que Lilith mais criblé de failles et là toujours ce trou au creux de l’âme, ce visage qui ne comprends rien et le vague désespoir qui le saisit quand tout s’estompe en déferlante, choc au creux du cœur quand les lueurs d’espoir s’éteignent encore. Plongé dans un magma à l’épaisseur étouffante, dans quelque chose qui mazoute, qui englue, une marée noire de frustration et stupeur entremêlée. Il y a le silence qui prend ses aises et Alyx qui fixe le vide de ses yeux sombres. Et lui qui s’emmêle dans le vif de ses perceptions. Ce n’était qu’un test, qu’un jeu, s’en souvenir c’est l’essentiel. Il ne faut pas qu’il s’y  habitue à nouveau, il ne faut pas qu’il perde de vue son premier objectif. Elle tourne les yeux, agrippe son regard, et au fond ça lui suffit pour savoir. Pour comprendre. « Je ne veux plus survivre. Je ne veux plus être Alyx. » Elle a le souffle qui vacille Alyx, comme une flamme sur le point de s’éteindre. Le retour au réel comme une claque en pleine gueule, agrippés, envahis, suffoqués  par tout ce qu’ils haïssent en eux-même.. Survivre. C’était simplement ça au fond. Alyx, le personnage, le pansement mal appliqué sur une Lilith en ruines, Alyx, douleur muette qui l’avait empêchée de dérailler pour de bon. Il la regarde un instant, laisse les mots s’imprimer. Une victoire dont il ne sait plus vraiment quoi penser. « C’est fini maintenant. » qu’il murmure à son tour «  Fini, terminé pour de bon. La faiblesse, cette obstination à vouloir oublier, ce besoin de changer de peau pour te soigner. Alyx elle n’a rien d’une amie pour toi, si tu veux être à nouveau heureuse un jour, tu vas devoir t'en débarrasser.» Il hésite un instant, laisse sa main s’égarer sur le visage de la jeune femme, la glisse sous son menton pour lui relever la tête, agripper ses yeux à son tour.  Il y a quelque chose de différent dans son regard, un voile léger glissé entre ses cils, ses prunelles sombres encore troublées. Elle est jolie comme ça, belle habillée par son désir de tout laisser s’effondrer. « Mais ne t'inquiète pas. Elle mourra quand on s’élèvera » Ne t'inquiète pas Lilith, c'est pas si grave de saccager l'espoir, la nuit elle ne s'incline que devant les anges aux ailes noires.





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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Dim 14 Mai - 0:03

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Survivre. Tous les jours, à chaque heure, chaque seconde. Espérer que tout ne s’écroule pas, qu’elle se relèvera plus forte, guérie des maux qui l’accablent un  peu plus avec le temps. Effacer les souvenirs qui la hantent et qui l’enfoncent, la font réfléchir, regretter et se haïr. Alors qu’elle devrait faire tout le contraire. Elle aurait dû se relever tout de suite, ne pas avoir honte de qui elle avait été. Créer Alyx avait été une sombre erreur. User d’un masque pour cacher ses faiblesses, pour tromper les curieux, pour croire en un autre jour, meilleur. Alyx ne l’avait pas aidée, elle l’avait poussée dans un gouffre, dans la culpabilité, dans l’envie de vouloir prouver qu’elle était quelqu’un de bien. Quelqu’un de bien. Qu’est-ce que cela voulait dire après tout ? Qu’est-ce que ça lui apportait de faire partie des gentils ? Rien. Absolument rien. On ne l’aimait pas plus, au contraire. On finissait toujours par la détester, par la laisser de côté, abandonnée, qu’elle soit Alyx ou Lilith. Alors autant se séparer d’Alyx, et redevenir Lilith, elle lui permettait de se remettre plus vite de ses déceptions. Plus de cœur meurtri, plus de regrets, plus de chagrin. Elle ne serait plus faible, plus jamais. Blaise finit par murmurer à son encontre : « C’est fini maintenant. Fini, terminé pour de bon. La faiblesse, cette obstination à vouloir oublier, ce besoin de changer de peau pour te soigner. Alyx elle n’a rien d’une amie pour toi, si tu veux être à nouveau heureuse un jour, tu vas devoir t'en débarrasser.» Abandonner Alyx, définitivement. Détruire ce masque, effacer ces derniers mois dans la peau de l’iceberg, et faire ressortir l’ancienne serpentarde, l’ancienne mangemort qui sommeillait en elle. Ca semblait si simple avec le sortilège, une fois que tout disparaissait et qu’il ne restait que l’envie, le désir. Mais ses blessures lui étaient revenues en pleine face, et elle avait l’impression de devoir gravir une montagne à mains nues, pour pouvoir retrouver ce sentiment d’invincibilité.
Blaise tend la main dans sa direction, laisse ses doigts glisser le long de son visage, pour venir attraper doucement son menton. Il l’intime à relever la tête, à croiser ses prunelles obscures. Elle reste muette, le fixe, en attente. Puis, il rajoute, comme une promesse : « Mais ne t'inquiète pas. Elle mourra quand on s’élèvera. »

**

Une semaine plus tard
Cela fait des jours qu’elle rumine de son côté. Depuis sa dernière rencontre dans les cachots avec Blaise, elle n’a pas retenté de toucher à la magie noire. Au fond, elle reste encore effrayée par ce qu’elle pourrait causer avec l’Ox, et craint de s’y aventurer seule. Pourtant ça la démange, ça reste là, dans un coin de son esprit, et ça vient la titiller toute la journée. Elle y pense sans cesse, sa baguette lui brûle les doigts, et les anciens sortilèges remontent dans sa mémoire par vagues. Elle se souvient, chaque jour un peu plus, cette douce sensation que la magie noire lui procure. C’est tentant, mais elle reste bloquée.
Allongée sur son matelas de fortune, dans un coin de la salle, elle fixe le tatouage qui lui barre le bras. Dans l’obscurité de la nuit elle l’aperçoit difficilement, mais elle sait qu’il est là. Il lui rappelle qui elle a été, quel nom elle porte. Marque indélébile, qu’elle portera jusqu’à la fin de ses jours. Ses doigts glissent sur sa peau marquée, elle soupire, rabaisse sa manche, et se tourne sur le dos. Silencieuse, elle fixe le plafond. Il faut qu’elle dorme, qu’elle laisse ses désirs de magie noire de côté. C’est trop dangereux, elle le sait, si on la surprenait, on la bannirait des vainqueurs, c’est certain. Alors elle se force, elle ferme ses paupières, tente de penser à autre chose. Elle se revoit, à Poudlard, dans la salle commune des serpentards. Hemera et Théodore sont là. D’autres visages familiers se trouvent dans la pièce. Puis le décor change, elle est dans le parc, la forêt interdite en feu. Elle ne comprend pas, elle court, mais pas aussi vite qu’elle le souhaiterait. Elle a cette impression d’être en danger, qu’on la poursuit. Elle crie. Pousse sur ses jambes encore un peu. On l’attrape par le bras. Le Maître. Il lui dit qu’elle l’a déçue, qu’il va devoir se débarrasser d’elle, qu’elle ne lui sert plus à rien. Elle supplie, mais il lève sa baguette. La lumière verte l’aveugle, et elle rouvre les paupières. Elle sursaute, se redresse brusquement. Un rêve, ce n’était qu’un rêve. Passant une main sur son visage, elle souffle, et repose sa tête sur l’oreiller. Elle n’est pas capable de dormir paisiblement, sans le moindre rêve qui vienne la tirer des bras de Morphée. En réalité, elle est épuisée. Les yeux à présent grands ouverts, elle prie Merlin pour pouvoir se rendormir. En vain. Elle tourne, se retourne, écoute les bruits de respirations de la salle remplie d’élèves. Elle n’en peut plus de se trouver ici, dans cette maudite salle, cloîtrée avec tous les autres. Les journées sont longues, les nuits aussi, l’ambiance est oppressante, elle veut sortir de cet endroit, même un court instant. L’anglaise repense aux cachots, à cet endroit un peu glauque mais en même temps si silencieux, si solitaire. Elle s’y rendrait bien de ce pas, mais en réalité, elle ne veut pas y aller seule. Alyx se redresse, et dans la pénombre, tente de trouver le seul qui voudra peut-être l’accompagner. Parmi tous ces élèves qui dorment, et dans l'obscurité, c’est compliqué de trouver le jeune homme. Mais elle finit par le repérer, au bout de quelques minutes.
Sur la pointe des pieds, elle se faufile jusqu’à lui, s’agenouille, et le secoue légèrement par l’épaule. Pas de réaction. Elle recommence, et murmure : «  Blaise. » Un grognement. Nouvelle secousse, et il se retourne soudainement, manquant de l’assommer. Surprise, elle recule, et s’empresse de chuchoter : «  C’est Lilith. » Elle ne sait pourquoi, son prénom lui est venu si naturellement, elle qui n’a utilisé seulement qu’Alyx ces derniers mois. « Est-ce que tu peux venir aux cachots avec moi ? » A demander ainsi, elle a l’impression d’être une petite fille effrayée, persuadée que des monstres se cachent dans son placard et veulent lui faire du mal. L’anglaise fixe Blaise un instant, et rajoute en murmurant : «  S'il-te-plaît. »


crackle bones


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Vainqueurs

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Ҩ Re: Plunge into darkness ● Blalyx Ҩ Jeu 1 Juin - 5:22


Il se souvenait de la nuit, de son épaisseur visqueuse dérapant contre sa peau, et puis des lueurs qui faiblissaient à peine lorsque le sommeil vint le trouver. Absorbé par un rêve à l’allure tremblante, enfermé au fond de lui-même, au creux des espaces clôts qui recouvraient ses pensées. C’était l’un de ces songes vides de sens où les éléments s’enchaînent et tournoient jusqu’à s’effacer par eux-même, et Blaise était en cet instant envahi par la vision d’une riche étoffe bleutée étalée sur un sol qu’il identifiait comme celui de son manoir. Un parfum lourd empoissait l’air, des éclats de magie fusaient sous l’abri d’un château qu’il ne connaissait que trop... Il y avait ce vide quand son monde intérieur se figeait peu à peu, le laissant égarer ses prunelles quelques part entre la l’humus et les cieux, avec ce gris tout autour qui ternissait a scène. Puis un gouffre gelé dont s’échappaient des volutes de fumée noire se dessina, les silhouettes ombreuses envahissant son espace pour emprisonner  ses membres, le happant de leur avidité soudaine à l’entraîner vers le fond. « Blaise » Les tentacules assombris resserrèrent leur étreinte, l’emportant au bord du rien dont ils étaient issus. Mouvement brusque pour s’en libérer tendant qu’il sombrait, en chute libre. «  C’est Lilith. » Lorsqu’il ouvrit les yeux, une ombre perchée sur lui assiégeait les dernières lueurs qui émanaient des fenêtres. Rien qu’un rêve, un foutu rêve. Son regard rencontra celui d'une jeune femme agenouillée, presque recroquevillée sur elle-même. Alyx. Blaise ne savait pas vraiment s’il avait envie de la voir ou non maintenant, mais sa voix était toujours plus apaisante que le sombre de cette sale surchargé, alors il se redressa, l’interrogeant du regard.« Est-ce que tu peux venir aux cachots avec moi ? » Elle avait l’attitude tremblante d'une gamine qui supplie ses parents de ne pas éteindre la lumière sans comprendre que les pires monstres sont déjà là, blottis au fond de son esprit. «  S'il-te-plaît. » Elle allait s'éteindre, Alyx,t cette certitude le percuta de plein fouet. Il aurait du en être heureux, mais étrangement, n’éprouvait pas la satisfaction à laquelle il se serait attendu. Plutôt une espèce de vide, un besoin de s’arracher à la torpeur dans laquelle il avait replongé cette semaine. L’idée de retourner faire un tour dans cette salle obscure avait quelque chose de séduisant, qu’il s’agisse d’un sursaut de désespoir ou non, alors sans prendre le temps d’y songer vraiment, il acquiesça et quitta la salle de réception avec discrétion, Alyx dans son sillage.

La fraîcheur des souterrains acheva de l’éveiller et son esprit recouvra bien vite sa vivacité habituelle. Les choses fonctionnaient, un peu trop bien peut-être mais le but initial lui apparaissait un peu flou désormais. Non pas qu’il ait pardonné à Alyx, mais l’indifférence dont il s’était à nouveau vêtu cette semaine anesthésiait un peu la rancœur qu’il lui portait. Pourtant, il la savait toujours présente, vive, cachée sous l’épiderme, prête à trancher tous les liens auxquels Alyx tenterait de se raccrocher lorsqu’elle sombrerait. Garder en mémoire le pourquoi surtout, ne pas imaginer qu’il ne s’agissait que d’une expérience sordide, non, il fallait bien qu’il conserve une certaine forme de conscience. Vengeance,  rien de plus, bouillonnant comme un acide qui l’éclabousserait bien assez tôt.

La  salle au plafond arqué lui paru légèrement plus accueillante que la fois précédente. Il interrogea Alyx du regard, mais la jeune femme semblait attendre de lui qu’il lui indique quoi faire, sans doute un peu effrayée, au fond, par ce chemin qu’elle empruntait déjà pour la seconde fois. « Je suppose que tu ne sais pas ce que tu as envie de faire ? » Il regretta son ton un peu froid, tachant de se rappeler qu’Alyx était son alliée, pas son ennemie. C’était presque plus difficile à appréhender lorsqu’il percevait l’ombre de Lilith perchée dans le regard qu’elle lui adressait, éveillant ce mélange d’intérêt et de presque répulsion que la sorcière avait provoqué chez lui par le passé. Il fallait trouver quelque chose, au plus vite. Vu l’euphorie que lui-même avait éprouvé la dernière fois, il avait conscience que mieux valait éviter tout sortilège qui l’impliquerait directement. C’est en contemplant Alyx qu’une idée lui vint. Ce dont elle avait le plus besoin, c’était de laisser cette partie d’elle-même laissée à l’abandon pendant des mois s’exprimer à nouveau.

Le sortilège en question exigeait de sa part une grande concentration, et cela faisait bien longtemps qu’il ne s’en était pas servi puisque celui-ci n’avait pas de réelle utilité si ce n’était fournir un défouloir un peu malsain dont il avait toujours su se passer. Effectuant des mouvements lents avec sa baguette, il en appelait à ses souvenirs pour créer une silhouette imparfaite, assombrie, les traits brouillés, un pantin de ténèbres les fixant désormais avec ce qui lui servait d’yeux mais s’apparentait davantage à des orbites vides mal dessinés. Enfant, il avait souvent été effrayé par ces choses troublantes que sa mère faisait parfois apparaître, heureuse de pouvoir un peu s’amuser avec ces poupées de ténèbres et leurs silences jamais brisés. Elles se contentaient d’être là, immobiles et muettes, dégageant cette aura malsaine propre aux sortilèges qu’on évoque jamais dans les livres pour enfants.

Il se tourna vers Alyx, lui adressa un sourire dans le but de compenser la froideur de sa première intervention. « Tu peux lui faire tout ce que tu veux, il ne réagira pas. Amuse-toi. » C’était bien là le véritable avantage de ces choses, qui jouaient surtout un rôle de défouloir, mimant des réactions humaines lorsqu’on s’acharnait sur eux. Si lui-même n’avait jamais vraiment éprouvé le besoin de faire mal à un pantin, il concevait parfaitement que cela puisse faire un réel bien à de nombreux sorciers. Alyx la première. D’un coup de baguette, il fit apparaître une chaise et y prit négligemment place, le regard se perdant contre les murs avant de se ficher une fois de plus dans celui de la jeune femme. « Ne t’inquiète pas, ce n’est qu’une illusion. Tu peux être toi-même sans crainte, personne ne viendra te le reprocher ici. » Surtout pas moi. Il observait désormais Alyx, guettant sa réaction avec insistance, sans prêter attention à la silhouette de la chose sortie de sa baguette qui se tenait là, figée dans une position qui n’avait rien d’humain, sans émettre le moindre son. C’était un bien étrange spectacle, dont il ne savait que penser, alors il se contentait de s’en amuser, temps qu’il le pouvait. Il lui paraissait très ironique de voir cette ex-mangemort hésiter à maltraiter une silhouette dénuée d’existence propre. Tu n’auras qu’à faire comme s’il s’agissait de ceux que tu as brisés par le passé. Il retint ces mots afin d’éviter de la brusquer mais quelque chose dans son regard le murmurait à la jeune femme, laquelle trouverait sans doute troublante cette attitude paradoxale si jamais elle la percevait. La pousser au pire pour ensuite le lui reprocher à demi-mot... Alyx était parvenue à s’extirper d’un gouffre dont peu étaient capable de s’échapper et lui la menait au bord comme pour lui murmurer regarde, tu es assez forte maintenant pour affronter ce qui se trouve à l’intérieur. Pourtant, il savait déjà qu’elle ne serait pas capable d’échapper aux chimères qui l’y attendaient.


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