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 What you did in the dark ♦ Ameva

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : purMessages : 409Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Ven 24 Mar - 18:11



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AMATIS & EVA

 

Lorsqu'un sourire monstrueux déchire les lèvres du jeune homme, Amatis ferme les yeux. Elle refuse d'assister à la consécration de tout ce pour quoi elle a pourtant travaillé depuis des mois. En quelques secondes, Adonis a sali ses rêves, réduit à néant ses ambitions. L'Ox est enfin à eux, mais elle n'a plus franchement envie de s'en réjouir. Soudain elle n'en veut plus, ça lui soulève même le coeur quand elle réalise brutalement ce que cette découverte signifie. Elle ne pense qu'à ce monstre devenu un peu plus puissant et à tout le mal qu'il pourra infliger à n'importe qui. Putain mais c'est n'importe quoi, elle pense. Ça gueule dans son âme qui se tord, qui se débat. Drapée dans le peu de dignité qu'il lui reste, Amatis se fait violence pour ne pas hurler. L'angoisse la prend aux tripes dès qu'elle entend ce type, son rire hystérique la transperce de partout. C'est comme si elle l'entendait pour la millième fois mais elle ne s'y fait toujours pas, comment pourrait-elle s'habituer à ça. Elle ne peut pas rester là, assister au sacre de l'empereur du Mal. Quel con, comment il fait pour obtenir ce qu'il veut à tous les coups? Pourquoi est-ce que le monde entier semble être de son côté à lui, alors que le sien est si vide. Si vide que le creux dans son ventre se met presque à lui faire mal, comme pour lui rappeler que ça aurait pu être différent, si elle avait gardé l'enfant.
Elle rouvre violemment les paupières. Tous, ils applaudissent leur messie. Des cris de victoire secouent l'assemblée et Amatis a de plus en plus de mal à surmonter ce nouveau sentiment d'échec. Amère, elle ravale sa rancoeur. Elle essaie de se souvenir qu'il ne lui fait plus peur, c'est ce dont elle tente désespérément de se convaincre. Mais il a goûté à ce pouvoir immense et bientôt plus personne ne sera capable de l'arrêter. Surtout pas elle. Alors finalement elle s'accorde trente secondes de panique. Paralysée, elle voudrait fuir mais son corps ne réagit pas. Est-ce qu'il va la tuer tout de suite? Elle se demande comme pour se faire du mal, et puis des tas de sombres pensées la submergent.

La Lestrange ne bouge pas, jusqu'à ce que le corps entier d'Adonis ne se mette à trembler. La réaction est brutale, d'un coup, elle se retourne et disparaît. Ses pas sont hésitants, mal assurés. Au final, peut-être que c'est son cadavre à lui qu'on retrouvera demain matin. Elle ne va pas mentir : clairement, ça l'arrange. Mais elle a du mal à gérer le chaos qui lui broie les os. Après s'être éloignée du groupe de quelques mètres, elle réalise seulement à quel point son rythme cardiaque est élevé. Haletante, elle s'oblige à pousser la lourde porte du laboratoire pour s'échapper de cet enfer. Dès qu'elle met un pied dehors, le vent lui fouette le visage, et alors seulement elle sent monter la bile, elle crache, vomit ce mélange de haine et de terreur qui lui bloquait les poumons. Elle prend une grande inspiration, se dit que c'est terminé, que ça va aller. Il est très probablement en train de crever, pas vrai? Allez, respire. Dans un craquement sonore, elle se volatilise.

Ça fait presque une semaine qu'elle n'est plus entrée dans sa propre tente, elle a presque oublié qu'elle est sensée vivre là-dedans. Elle a quelques affaires au laboratoire et quelques autres chez Yasen, ça lui suffit. Mais elle n'a pas eu le temps de réfléchir alors c'est chez elle qu'elle atterrit. Son corps vacille, elle se retient d'une main contre le mur du salon. Vertige. Après quelques minutes, la sensation désagréable finit par passer. Mais elle a toujours ce goût de bile dans la bouche. Un peu trop précipitamment, elle se dirige vers la salle de bain, ouvre les vannes d'eau froide et se glisse sous la douche, déconnectée de la réalité. Ses vêtements lui collent à la peau, pourtant elle reste plantée là, sans bouger.
Après quelques petites minutes, la Lestrange sort enfin de sa léthargie. Elle arrête tout, voudrait pouvoir penser à autre chose qu'au regard d'Adonis, celui qu'il avait au moment où il a compris qu'il avait gagné, qu'il était en position de force. Là, dans le laboratoire, il avait la même expression cruellement satisfaite que lorsqu'il l'avait plaquée contre un mur, le soir où il a bousillé sa vie. Et bon sang qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour oublier. Mais elle a beau essayer, elle n'y arrive pas. Ce souvenir reste salement accroché à sa peau, incrusté en elle. Douleur indélébile.

Des pas s'approchent, Amatis panique. Elle récupère sa baguette, change magiquement de vêtements, et avance doucement vers la pièce principale. Elle est encore à moitié anesthésiée, mais son pouls accélère et ça la tire vers la surface. Plantée droit devant elle, une jeune femme aux cheveux rouges la jauge du regard. « Dégage, elle gueule, mauvaise. » Arme pointée sur l'ennemie, la médicomage retrouve lentement ses marques. Elle ne la connait pas vraiment mais elle sait pour qui elle travaille. Les nerfs à vifs, son visage se crispe quand son adversaire risque un pas en avant. « Je ne vais pas le répéter. » Pas le temps pour ces conneries. Pas envie de chercher à s'expliquer la présence d'Eva ici, non, c'est forcément mauvais signe. Putain mais pourquoi elle ne dégage pas. Amatis se rapproche dangereusement de la rouquine, jusqu'à ce que le bout de bois finisse par appuyer contre sa gorge. Leurs regards froids se croisent, s'affrontent presque instantanément.
 
 




don’t take that sinner from me

Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.



Dernière édition par Amatis Lestrange le Mer 19 Avr - 22:59, édité 1 fois
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Née MoldueMessages : 193Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Dim 2 Avr - 15:25

Les notes discrètes de la comptine résonnèrent dans la pièce close. Assise en tailleurs, Eva le dévorait du regard. Face à elle, il battait de ses petites mains, ses grands yeux verts tournés vers elle dans une expression d'amour et d'adoration ; elle qui avait passé trois années loin de lui apprenait, jour après jour, au milieu des monstres, le petit garçon qu'il était devenu. Elle attrapa ses petits doigts et les embrassa, avec un sourire. Sous le regard de l'enfant, la lionne devenait chatte de salon, étendant ses longues pattes contre lui, maternelle et protectrice. Personne n'y toucherait et personne ne lui ferait de mal ; elle se l'était promis, le jour où elle avait décidé de le ramener auprès d'elle. Mateo Esperanza répéta les paroles de la chansonnette, dans sa langue natale. Elle le félicita, un sourire immense aux lèvres, en passant ses doigts aux ongles rouges dans une masse de cheveux bouclés et indisciplinés. Cet enfant ressemblait affreusement à son père. La seule chose qu'il tenait d'elle, c'était son regard d'émeraude. Il la glaçait, souvent, quand il la fixait un peu trop longuement. Mateo était un enfant intelligent. Et plus tard, il serait un grand sorcier.

Elle se leva, après deux heures passées en la compagnie de son fils ; lorsqu'il se mit à bailler, elle sauta sur l'occasion pour le prendre dans ses bras, et l'allonger dans son lit. Elle ne pouvait pas se permettre de le laisser seul trop longtemps mais ses obligations la retenaient à l'extérieur, sous l'ombre de Mordred. La menace lui avait fait faire un choix difficile, lorsque l'enfant attrapa son auriculaire qu'il serra contre son poing fermé ; rassurante, elle l'enlaça. "Pórtate bien, mamá vuelve tan pronto como sea posible." Elle embrassa son front, puis le repoussa gentiment contre le matelas et tira la couverture ; enfin, lorsqu'il ferma les yeux, elle fit volte face et sortit, verrouillant derrière elle la porte magique qu'elle scella, les sourcils froncés.

C'était avant la découverte, avant le laboratoire, avant la folie.

C'était trois jours après que son fils soit arrivé sur Domovoï, dans le plus grand des secrets. Il était là parce qu'elle n'avait pas eu le choix, et elle avait fini par l'accepter ; lorsque, face à elle, les traits de Mordred se tordirent sous les assauts de l'Ox, elle pensa immédiatement à lui. Si Dolohov parvenait à acquérir ce pouvoir, il n'aurait sans doute aucun scrupule à tuer son garçon, seulement pour l'atteindre elle. Il y avait Asphalt et son regard langoureux, avide. Cette femme méprisable qui aurait vendu son cul et bien plus pour une goutte de pouvoir - ce qu'elle faisait, d'ailleurs - tout cela pour être acceptée. Elle vivait dans l'ombre d'un monstre et, songea Eva avec un mince sourire, elle s'y complaisait comme la petite serpillère qu'elle était devenue. Rien à voir avec sa cousine. Elle pinça les lèvres. Pas maintenant.

Et puis, il y avait Amatis. La Lestrange observait le spectacle, le regard indéchiffrable, les yeux pleins d'horreur à l'entente du rire de dément du mangemort prenant conscience de son pouvoir. Ils applaudirent, les imbéciles, quand Eva et elle restèrent silencieuses. Donner ce pouvoir à Mordred, c'était lui accorder une hégémonie totale sur les autres. Comme s'il ne l'avait pas assez. Comme s'ils pouvaient se permettre de voir apparaître un nouveau Lord là où le cadavre de l'ancien était encore chaud. Non, c'était impossible. Pourtant, Eva savait qu'elle n'aurait pas le choix. Elle croisa un regard chargé de panique lorsque les effets secondaires se firent sentir. En un instant, elle se volatilisa ; Amatis Lestrange, emportée par son grand courage, prit tout simplement ses jambes à son cou. Les lèvres d'Eva se pincèrent alors qu'elle se précipitait en avant pour maintenir l'autre imbécile sur ses deux jambes flageolantes, accompagnée d'Asphalt. Pourquoi ?

Il fallait qu'elle ait une réponse ; les inimités entre Mordred et les autres risquait de compromettre leur éventuelle unité. Alors qu'elle entrainait Greengrass au dehors pour l'emmener dans sa tente, elle se mit à réfléchir à toute vitesse. Personne ne savait quels effets aurait l'Ox sur le mangemort, personne. Pour pouvoir les analyser, les comprendre et éviter que cet idiot imprudent passe l'arme à gauche, il fallait un médicomage. Et un bon.
Ivanka ? C'était hors de question. La native passait beaucoup trop de temps avec Hawthorne, c'était beaucoup trop dangereux. Alors qu'elle laissait Mordred aux bons soins de sa cracmolle de compagnie, elle quitta la tente, alluma une cigarette. Amatis ferait l'affaire. Mais Amatis avait courageusement pris la fuite.

Elle écrasa le mégot devant la tente de Mordred avant de se diriger vers une autre. Elle y serait, ou peut être pas ; cela n'avait pas d'importance, au besoin elle laisserait un message. Elle pénétra dans les lieux en silence, un poignard à la main ; elle ne connaissait pas suffisamment la Lestrange pour connaitre la teneur de son accueil mais elle se doutait qu'il serait relativement mauvais. Elle s'avança dans la pièce, aux aguets ; puis lorsque la brune apparut, son regard furieux lui fit immédiatement comprendre qu'elle avait raison. Elle la détailla en silence. Les cheveux trempés, l'air furieux, Amatis Lestrange ouvrit bien grand la bouche, la baguette pointée dans sa direction. « Dégage. »

Elle osa un sourire. Et répondit à l'ordre par une provocation en avançant d'un pas ; la médicomage répliqua, menaçante. Comme si cela allait la faire reculer. « Je ne vais pas le répéter. » Quelques pas en avant et une baguette pointée contre son cou. Elle fronça les sourcils, et la pointe de son poignard alla, du même geste, se poser contre le ventre de la brune. "Vous les anglais, vous avez vraiment un sens bien à vous de l'accueil." un sourire se dessina sur ses lèvres rouges. "Je ne viens pas en ennemie, baisse cette baguette. Les gens civilisés, ils discutent." Un regard entendu. Elle ne bougerait pas tant qu'une conversation n'aurait pas lieu. La baguette s'enfonça un peu plus contre son cou ; le poignard envoya exactement la même menace. Si Lestrange voulait se battre, elles se battraient. Mais dans l'idéal, mieux vallait l'éviter.

"Je pense que tu sais pourquoi je suis là. Et si tu attrapais gentiment ton attirail médical et que tu me suivais jusqu'à la tente de Greengrass ? ça nous éviterait beaucoup de blablas pour rien."
elle lui jeta un regard mauvais, à son tour. Sourire disparu. "Baisse cette baguette, tout de suite."  


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : purMessages : 409Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Ven 21 Avr - 23:47


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AMATIS & EVA

 


De son regard ombrageux, elle toise son adversaire. L’atmosphère se charge d’électricité, le tonnerre gronde dans les prunelles d’Amatis. La pointe du poignard de l’ennemie vient appuyer contre son ventre. Elle sent le froid de la lame l’envahir, s’emparer de chaque cellule de son corps les unes après les autres. Les souvenirs se déchainent dans son âme frigorifiée tandis que le poignard menace un ventre qu’elle lui dérobe autant qu’elle peut, expirant tout l’air de ses poumons. Elle se souvient de tout ; des premiers signes, de sa silhouette qu’elle voyait se déformer à son insu, des battements de cœur qu’elle était persuadée de ne pas vouloir entendre, et puis du vide. Partout en elle, l’absence d’un être qu’elle ne pensait pas pouvoir aimer. On ne l’a pas laissé décider, alors elle ne saura jamais réellement ce que cette sensation dérangeante signifie. Peut-être que c’est depuis qu’elle a éjecté ce petit être de son ventre qu’aucun adulte ne parvient plus à la faire se sentir entière. Une part d’elle-même s’est volatilisée, elle ne savait même pas ce qu’elle perdait. A vrai dire, elle commence à peine à le réaliser. En revoyant Adonis, trop de blessures se sont rouvertes. Quelle douce ironie que d’être une médicomage incapable de soigner ses propres plaies.
Elle fait un pas en arrière, fuyant la menace qui l’étouffe pour des raisons qu’elle refuse de s’expliquer. « Vous les anglais, vous avez vraiment un sens bien à vous de l'accueil. »  Eva ose un sourire qui agace la jeune femme. « Je ne me rappelle pas de t'avoir invitée, rétorque-t-elle, lui faisant bien sentir que sa présence n'est pas la bienvenue. » Pourtant l'intruse se croit tout permis, elle affiche une expression autoritaire, supérieure, elle est déterminée à lui pourrir la vie. Comme toutes les autres pourritures qui jonchent les ruelles du village. Cette détermination infaillible associée à l'aura dangereuse qui se dégage de la sauvageonne fait trop écho à l'aura d'Adonis. Non, pas Adonis ; Mordred. Le monstre et ses mots cinglants, qui tranchent la chair. Ils se sont bien trouvés, décidément. « Je ne viens pas en ennemie, baisse cette baguette. Les gens civilisés, ils discutent. » Amatis ricane. « Parce que tu t'inclus dans cette catégorie? C'est que tu as de l'humour en plus. » Elle pouffe, narquoise. Elle n'a pas envie de rire mais ça la soulage presque, de cracher, de feuler comme un fauve qu'on égorge.

Elle ne vient pas en ennemie. Alors ça, c'est la meilleure. Ça a quelque chose de malsain, le rictus qui s'étouffe dans sa gorge. Ça redescend le long de la trachée, ça implose dans sa cage thoracique. Ça pousse sur les côtes pour les écarteler, les faire céder dans un craquement sinistre qui sonnerait la fin de sa lamentable existence. Mais elle résiste, Amatis. Elle espère que la gravité suffira à la maintenir en un seul morceau, parce qu'elle a de plus en plus de mal à y arriver toute seule. Elle se cogne à tout, tout le temps. Des bleus naissent sur sa peau diaphane, un pour chaque fois qu'elle a retenu ses larmes depuis son arrivée sur cette île maudite. Et pourtant, face à cette femme qui la fusille du regard, elle ne craque pas. Elle sait qu'elle ne peut pas se permettre d'être faible, même si c'est juste pour un putain de soir, à cause de ce putain d'Ox, et de Greengrass. Ça leur ferait trop plaisir. « Je pense que tu sais pourquoi je suis là. Et si tu attrapais gentiment ton attirail médical et que tu me suivais jusqu'à la tente de Greengrass ? ça nous éviterait beaucoup de blablas pour rien. » Plutôt crever.  « Baisse cette baguette, tout de suite. » Elle sent la rage tournoyer dans son estomac et remonter brutalement, une rancoeur emmagasinée depuis des années dans les tréfonds de son âme et c'est maintenant que ça ressort. Quand l'ennemi est au sommet de sa gloire et qu'elle se sent plus vulnérable que jamais. Nauséeuse, elle se retourne, ses doigts s'accrochent fermement au bord de la table. Elle refuse de laisser la peur la paralyser deux fois dans la même journée. Elle respire lentement, refoule la multitude de sentiments qui se déchirent dans son esprit, et refait face à Eva. « Si tu savais combien de fois j'ai rêvé de sa mort, ça t'aurait évité un déplacement inutile. » Son calme olympien rattrape le coup, elle a l'air forte quand elle vomit tout son mépris. Les barrières se reconstruisent autour de son coeur, la brèche se referme, c'est terminé. En quelques secondes, elle ravale sa douleur aussi subitement qu'elle l'a dégueulée tout à l'heure. Elle se referme, s'enferme en elle-même.

Malgré tous les efforts du monde qu'elle déploie afin que ce masque de fierté reste fixé sur son visage, Amatis n'est pas dupe. L'autre ne partira pas si facilement, la conversation va l'achever, ça va faire mal et la déchiqueter en miettes. Elle a vu la façon dont Eva regarde Adonis, elle ne sait pas exactement ce qui les lie mais les fils sont faits d'acier. Solides, résistants. Peut-être pas incassables, mais la médicomage ne s'aventure plus sur ce terrain-là. Elle a déjà essayé de retourner ses sbires contre lui, ce qui n'a fait que propulser Asphalt un peu plus dans ses mirages. Il le lui a fait payer très cher. Le message s'est imprégné dans sa mémoire, à coup de sorts et à coup de poings. Seulement Eva ne bouge pas et ça l'agace au plus haut point. Elle perd patience, elle ne trouve pas d'issue de secours. Elle est comme une souris prise au piège dans son propre terrier. Les nerfs à vif, elle se jette sur une étagère où elle range quelques potions. Lorsqu'elle trouve le remède à base de plantes qu'elle administre habituellement aux Vainqueurs pour qu'ils se tiennent tranquilles, elle n'hésite pas. Quelques gouttes lui brûlent la langue, mais ça a le mérite d'être efficace. Sous le regard attentif d'Eva, la médicomage se prépare au déluge. « Tu perds ton temps avec moi. Tu ferais mieux de recruter Ivanka. » Elle voit venir la protestation, mais elle est plus rapide, tranchante. « Ou n'importe qui d'autre qui en ait quelque chose à foutre, contrairement à moi. Pour une fois qu'il subit les conséquences de ses actes, je vais me contenter de m'asseoir tranquillement et d'attendre qu'il en crève. » Joignant les mots à la parole, elle part s'installer nonchalamment dans son canapé, pour échapper à la présence oppressante d'Esperanza. « Et honnêtement, tu devrais faire pareil. » Elle parle avec un timbre qui semble au bord de la cassure, mais qu'elle maîtrise juste assez pour que ça s'entende à peine. La fatigue la gagne, un trop plein d'émotions, un trop plein de tout et pourtant elle se sent toujours si vide. Elle ne ressent plus qu'une immense lassitude, elle a hâte qu'Eva s'en aille. Elle a hâte qu'il s'en aille, lui aussi, pour toujours. « Il le mérite, il le mérite tellement. »
 
 




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Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.

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Statut du sang : Née MoldueMessages : 193Date d'inscription : 17/11/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Mar 1 Aoû - 13:35

Elles étaient là, face à face, comme deux lionnes à l’affut, cherchant désespérément une faille à exploiter comme autant de gifles qu’elles se jetaient silencieusement en plein visage.

La morsure du poignard contre le ventre de l’autre, la brûlure implacable d’une baguette magique pointée en direction de son cou. Il était temps de soigner profondément ces mots ; car si la Lestrange avait pris la fuite à la vue de la soudaine prise de pouvoir de Mordred, il y avait forcément des raisons. Elle ne serait pas la bienvenue, elle l’avait su aussitôt que sa décision avait été prise ; mais elle n’avait pas pu faire autrement. Il se tordait dans son lit, abattu par la douleur, entouré par les bras graciles d’Asphalt qui ne pourrait absolument rien pour lui. Elle n’avait jamais pu, jamais. C’était lui qui lui apportait tout, et elle obéissait, comme une chienne en chaleur. Mais prendre soin de lui ? Est-ce que la Dragonstone savait ce que cela signifiait ? Comment pourrait-elle bien faire de toute manière, sans pouvoir, sans jugeote ? Sans prise d’initiative ? C’était toujours Eva qui trouvait les solutions. Eva en qui le mangemort avait placé sa confiance absolue en quelques mois seulement. Elle l’avait remercié en passant sous silence sa naissance, sa vie ; et, songea-t-elle alors qu’Amatis finissait par reculer d’un pas, la main tremblante, elle le payait très cher. Cette haine corrosive qu’elle éprouvait pour Mordred n’était pas justifiée, et elle le savait très bien. Elle était devenue son esclave et elle secouait ses chaînes. Et à elle, à cette femme qui lui faisait face, les yeux brûlants de rage, qu’avait-il fait ? A combien de femmes s’était-il évertué à détruire méthodiquement l’existence ?

« Je ne me rappelle pas de t'avoir invitée. » Non bien sûr. Elle toisa la médicomage, hargneuse. Elle s’était invitée toute seule, c’était toujours ce qu’elle faisait. Lorsque cela le concernait, elle était prête à faire beaucoup. Pourquoi ? Elle ne s’était jamais posé la question. Elle avait préféré l’éviter, de peur d’entrevoir ce qu’elle découvrirait. Non, cela n’avait aucune importance ; tout ce qui comptait, c’était qu’elle la suive, de gré ou de force. Même s’il aurait mieux valu le laisser mourir. Même si cela aurait tout réglé, même si tous s’en seraient mieux portés ; elle ne pouvait pas s’y résoudre. Elle ne pouvait tout simplement s’y résoudre. Face à elle, la jeune femme se mit à ricaner. Et Eva eut soudainement très envie de lui mettre une bonne claque. « Parce que tu t'inclus dans cette catégorie? C'est que tu as de l'humour en plus. » T’as pas idée, ma belle. J’ai tellement d’humour que tu vas finir attachée et emmenée de force, si tu continues.

Elle était perturbée, la Lestrange. Cela se lisait aux différentes lueurs dans son regard mauvais. Eva l’avait observée de loin, dès son arrivée sur l’île. Il était très clair qu’elle et Adonis avaient un compte à régler ; lequel, elle n’en savait rien. Le métamorphomage avait su rester cruellement discret à ce sujet, là où, d’habitude, il ne lui cachait rien. Pourquoi autant de rage, pourquoi cette fuite, pourquoi cette haine ? Qu’est ce qui les liait tous les deux, une ancienne histoire, une rancoeur fossilisée que jamais ils n’avaient réussi à soigner ? Est-ce que c’était important ? Son esprit rationnel lui hurla que non, qu’elle s’en foutait. Qu’elle avait un devoir à accomplir et que le chagrin de cette femme ne l’atteignait pas. Mais une autre voix dans son esprit lui hurlait que c’était faux. Qu’elles souffraient toutes les deux de lui, et qu’il aurait suffi qu’elle fasse demi-tour pour que jamais Mordred ne retrouve ses forces. Qu’elles se soignent toutes les deux des blessures profondes qu’il avait laissé. Cette douleur, qui disparut aussitôt qu’Amatis recula, fit écho à la sienne. Et la peur aussi. Omniprésente.

De la douleur, se mit à naître une colère flamboyante dans le regard sombre de la brune. Eva observait tout cela, en silence ; la main fermement accrochée à son poignard, en cas de coup tordu. Elle ne savait rien d’elle. Ou si peu. Elle ne savait rien et cette tension palpable qui régnait dans la pièce lui faisait peur. Tout pouvait basculer, si elle ne soignait pas correctement ses mots. Aurait-elle la force nécessaire pour l’emmener au chevêt de Mordred, si elle ne parvenait pas à la convaincre ? Elle n’en savait rien. C’était sans doute cela le pire, songea-t-elle alors qu’elle observait silencieusement Amatis poser une main raide sur la table, près d’elle. Une longue inspiration. Et elle lui fit face de nouveau. « Si tu savais combien de fois j'ai rêvé de sa mort, ça t'aurait évité un déplacement inutile. » “C’est absolument pas mon problème. J’en ai rien à foutre de tes histoires.” Mensonge. Elle aurait aimé comprendre. Son visage se ferma à l’autre, pour ne pas laisser entrevoir un début d’empathie ; elle ne savait rien de cette femme, mais cette rage qu’elle expulsait contre le mangemort, elle la connaissait. Elle avait la même.

Alors elle resta immobile, lorsqu’Amatis se précipita vers son étagère, attrapant d’une main fébrile une fiole contenant un liquide dont elle porta quelques gouttes à ses lèvres. L’expression impassible, fermée, Eva se contenta simplement de l’observer, de l’analyser. La présence de l’hispanique rendait la jeune anglaise nerveuse, ou étais-ce cette perspective de n’avoir aucun autre choix que d’aller soigner son bourreau ? C’était l’effet qu’il faisait, Mordred ; il s’insinuait dans les veines des autres comme un lent poison et forçait dès lors chaque victime à ne plus pouvoir détacher son regard de lui. Un jeu malsain dans lequel elles avaient été emportées toutes les deux. Si Eva souffrait de cette impitoyable connexion, qu’en était-il de la Lestrange ? Et pourquoi eut-elle si soudainement envie de savoir ?

« Tu perds ton temps avec moi. Tu ferais mieux de recruter Ivanka. » Elle ouvrit la bouche pour protester. Jamais Ivanka ne serait aussi efficace qu’elle, et de toute manière elle s’en fichait. Ivanka bossait pour un autre, tout aussi dangereux que Mordred, venu de l’autre sôté de la Terre ; elle n’accorderait pas sa confiance à quelqu’un qui bossait pour un connard comme Asgard. Mais déjà, Amatis la devançait. Agressive. Hargneuse. Comme une proie acculée. « Ou n'importe qui d'autre qui en ait quelque chose à foutre, contrairement à moi. Pour une fois qu'il subit les conséquences de ses actes, je vais me contenter de m'asseoir tranquillement et d'attendre qu'il en crève. » Elle joignit le geste à la parole, théâtrale. La médicomage s’installa sur son canapé, le regard fermé à toute discussion ; mais Eva savait lire tout cela, elle savait déceler ce genre de mensonges, pour proférer les mêmes à chaque heure qui passait, pour faire taire ces voix dans son esprit qui lui sommaient de fuir un danger trop grand pour elle. Elles étaient embourbées toutes les deux dans l’ombre subtile de Mordred Dolohov, et elles se débattaient furieusement ; mais c’était vain. Terriblement vain.  « Et honnêtement, tu devrais faire pareil. » Oui, elle devrait. Elle aurait dû renoncer à tout ça, partir tant qu’il en était encore temps. Prendre son fils dans ses bras et fuir, fuir la présence implacable du métamorphomage dans son périmètre de sécurité. Fuir cet homme, fuir le danger, fuir Valkyria puisqu’il n’y avait plus rien à espérer d’elle. Plus rien. « Il le mérite, il le mérite tellement. » “ça n’entre pas en ligne de compte.” Leurs inimitiés n’avait aucune importance. Baissant enfin sa garde, l’espagnole osa poser un soupir. Elle rangea son couteau dans son fourreau, en silence, et avança de quelques pas dans la pièce pour se caler contre le mur. Elle croisa les bras, silencieuse. Il fallait la convaincre. Il fallait lui montrer à quel point elle se mentait, en agissant de la sorte.

“Une personne qui n’en aurait rien eu à foutre m’aurait déjà balancé dehors, Lestrange. La vérité, c’est que tu sais aussi bien que moi que tu vas finir par me suivre. Je n’aurais même pas besoin de te forcer à le faire.” Elle planta ses yeux émeraudes dans ceux, froids, de la jeune femme. Elle restait sur ses gardes ; mais cela n’avait pas une très grande importance, au final. “La vérité c’est que nous savons toutes les deux que ça serait mieux pour tout le monde. Qu’il crève. Qu’on en parle plus.” Pourquoi cela s’était échappé de ses lèvres ? Parce que c’était la vérité. Et parce qu’elle était d’une cruauté sans pareille parce que toutes deux savaient à quel point elles seraient détruites. Détruites sans lui bien plus qu’avec. Emprisonnées. “Mais dis-moi. S’il mourrait, tu te sentirais libre ? Soulagée ? Plus de menaces, plus rien de tout ce qu’il a détruit que des cendres… ton inertie est d’une lâcheté sans nom.” Elle cracha la dernière phrase, et croisa un regard furieux. Un regard qu’elle affronta, les sourcils froncés. “Si tu le laisses mourir de façon aussi pitoyable, tu ne te sentiras jamais satisfaite de ta vengeance. Je sais pas ce qu’il t’a fait, mais c’est vrai. Non ? C’est comme ça que tu veux avoir ta revanche ? En ne faisant rien ?” Un sourire, imperceptible sur ses lèvres. “Quel incroyable courage.


Dead is the new alive
i've died a thousand times ✻ I could cry a thousand tears, I could appease your secret fears... But the louder that I scream the harder your machines close over me. But I don't care, Maybe I'm afraid, but still I swear, If I burn, you will see the fire in your mind when you sleep. And the rain won't wash away the ashes underneath your nails today
'Cause if I burn, so will you.
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Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Sam 11 Nov - 14:37


   
▿ so light 'em up
   i'm on fire
AMATIS & EVA

   
     
Amatis est résignée, elle se replie, s'enferme dans un silence de plomb. « Ça n’entre pas en ligne de compte. »  Eva crache, lacère, creuse sous la surface. Les évènements sont inscrits en elle mais l'espagnole n'a aucune idée de la manière dont ils agissent sur son esprit. Elle ne sait même pas de quoi il est exactement question, à n'en pas douter le parfait petit héritier Greengrass n'a pas cru bon de l'informer de certains détails. Il n'a jamais aimé les bavures, les éclaboussures d'encre sur les pages de son histoire. Tout ce qui ne trouve pas sa place entre les lignes, il l'efface. C'est ainsi qu'il fonctionne, il tient de beaux discours sur ses valeurs, sur la loyauté et l'honneur, mais ce n'est que du vent. Quand on creuse sous la surface, on s'aperçoit bien vite qu'il outrepasse ses propres règles. Il fait comme ça l'arrange, il arrondit toujours les angles. Dans ses costumes trois pièces, il se pare d'élégance, il prône la bienséance comme s'il n'oubliait jamais la définition du terme. Pas question qu'il s'en éloigne, lui, Adonis, non, le mal ça vient d'un autre, les écarts c'est pas sa faute. C'est la seule excuse qu'il s'est trouvée alors, pour justifier ses crimes? Elle n'est pas certaine d'y croire, la Lestrange. Si lui il est divisé en deux alors elle est divisée en mille. Ça n'a pas vraiment de sens, bien sûr ça l'intrigue mais au fond pour elle ça restera toujours le même homme. Il peut porter deux prénoms ou bien deux visages s'il en a envie, pour elle ce sera toujours le même sale type qui a bousillé sa vie. Alors il peut se dédouaner autant qu'il le veut, il peut s'inventer des excuses si ça l'aide à dormir la nuit, elle s'en fout, elle s'en fiche.
Elle veut l'oublier mais il faut croire qu'elle a un rôle à tenir, comme si elle était là pour lui rappeler qui il est vraiment. Parfois elle veut lui dire, qu'il est juste un autre gosse qui a manqué d'amour, qui sait pas ce que c'est, qui ne le saura sans doute jamais. Parfois elle veut lui crier qu'il est juste déglingué mais c'est pas grave, on peut peut-être pas vivre comme ça, comme eux, mais on peut survivre. Mais il est trop obstiné, Greengrass, il croit encore qu'il peut tout avoir et que ça suffira pour tout réparer. Sauf que c'est plus son rôle à elle de lui murmurer toutes ces choses-là, c'est plus à elle de soigner ses blessures. C'est plus à elle de lui dire ce qu'il a besoin d'entendre. Non, elle, tout ce qu'elle doit lui dire ça va le détruire un peu plus. Et les gens comme eux ils deviennent dangereux quand ils ont mal, c'est leur douleur qui les rend monstrueux. Les gens comme eux personne n'en veut, ça fait peur les cicatrices qui leur entaillent la peau, ça éloigne, ça repousse. Alors elle voudrait éviter d'avoir à le recroiser, parce qu'elle sait déjà qu'il y a de fortes chances qu'elle y laisse des morceaux de son coeur. Ils perdraient trop gros, tous les deux. Ça n'en vaut pas la peine. C'est mieux si elle se tait, pas vrai? Pas vrai?

Eva ne lui apporte pas le soulagement qu'elle espère. « Une personne qui n’en aurait rien eu à foutre m’aurait déjà balancé dehors, Lestrange. La vérité, c’est que tu sais aussi bien que moi que tu vas finir par me suivre. Je n’aurais même pas besoin de te forcer à le faire. » Ses prunelles se plongent dans les siennes, Eva s'agrippe à ce qu'elle lit au fond de ses yeux sombres de toutes ses forces. Elle est féroce, elle ne lâchera rien. Elle est persuadée d'avoir déjà tout compris, tout deviné. Et elle se demande comment c'est possible que cette femme voie tout ça dans son regard, la Lestrange. Il y a forcément autre chose, quelque chose qui lui échappe. Pourquoi elle le veut en vie? Pourquoi ça compte si fort pour elle? Elle n'est pas stupide Eva, ni aveugle comme la cracmolle du Dolohov. Elle doit savoir comment il est, dangereux et violent, excessif et cruel. Alors pourquoi elle reste avec lui? Pourquoi elle pleurniche pour que la médicomage aille le soigner? Qu'est-ce que ça peut lui foutre, hein? Elle devrait être ravie elle aussi, l'Ox s'il explose dans ses veines c'est la liberté qu'il leur offre. C'est sans doute mieux comme ça. Amatis sait ce qu'elle a à gagner et à perdre dans la mort du Greengrass, mais cette fille-là, elle a du mal à la comprendre. Eva a tout à y gagner, non? Qu'est-ce qu'elle perdrait qui vaille la peine de se battre à ce point-là pour qu'il ne crève pas?

La Lestrange ne rétorque pas. Ça l'agace, son silence. Elle commence à s'échauffer, sa langue claque dans sa bouche quand elle reprend la parole. « La vérité c’est que nous savons toutes les deux que ça serait mieux pour tout le monde. Qu’il crève. Qu’on en parle plus. »  Enfin une parole sensée. Il lui aura fallu le temps. « Mais dis-moi. S’il mourrait, tu te sentirais libre ? Soulagée ? Plus de menaces, plus rien de tout ce qu’il a détruit que des cendres… ton inertie est d’une lâcheté sans nom. »  Là ça la pique Amatis, ça lui arrache un rictus moqueur. Elle ne sait rien d'elle, rien du tout. « Tu reconnais qu'il mérite de crever et pourtant tu viens me voir en pleurnichant pour que je lui sauve la vie. Ne me parle surtout pas de ce qui doit ou ne doit pas être fait. T'as pas l'air plus avancée que moi sur le sujet. » De quel droit se permet-elle de juger ses actions? De l'insulter alors que c'est elle-même qui sert ce démon depuis des années, en fermant les yeux sur chacun de ses crimes hideux? « Si tu le laisses mourir de façon aussi pitoyable, tu ne te sentiras jamais satisfaite de ta vengeance. Je sais pas ce qu’il t’a fait, mais c’est vrai. Non ? C’est comme ça que tu veux avoir ta revanche ? En ne faisant rien ? » Ça la fait rire un peu plus fort. Elle est incapable de se mettre en colère, le filtre fait toujours effet. « Il n'y aucune vengeance pour ce qu'il m'a fait, elle lâche dans un rictus amer. » Elle est comme anesthésiée, c'est presque frustrant de ne pas ressentir cette rage gronder en elle. Celle qui l'anime tout le temps, quoi qu'elle fasse. « Quel incroyable courage. » Son sourire s'élargit. Dans le regard d'Eva l'incompréhension se fait reine. Amatis la fixe sans ciller, l'air moqueur. « Pauvre petite sotte, je te croyais plus intelligente et surtout moins naïve que sa cracmolle. » Le visage de son opposante se décompose, visiblement la remarque la heurte de plein fouet. « Mais il faut croire que je me suis trompée, vous êtes aussi aveugles l'une que l'autre. Il était temps qu'Adonis apprenne à mieux choisir ses alliées cela dit, je suis ravie de voir qu'il a appris de ses erreurs. » Pourquoi elle ne s'enfuit pas, Eva? Qu'est-ce qui la retient? « Toute cette dévotion, ça doit sacrément lui plaire. Qu'est-ce qu'il te donne en échange à toi, hein? La même récompense qu'à Asphalt? » Le temps se fige entre elles, le monde s'arrête de tourner pendant une seconde où Amatis sent qu'elle va s'en ramasser une. Elle plante ses yeux dans les siens et elle attend que ça vienne, elle attend de la voir s'énerver toute seule et se mettre à gueuler.  
Après quelques secondes, elle détourne son visage du sien. Qui est-elle pour la juger, de toutes façons. Elle l'a aimé aussi, si fort que ça l'a complètement bousillée. Elle se redresse un peu, son sourire se fane doucement tandis qu'elle réalise à quel point il est doué pour obtenir ce qu'il désire. C'est ce qu'il fait, il débarque sans prévenir avec ses grands airs de sauveur et avant qu'on ait le temps de comprendre ce qui se passe, c'est déjà trop tard, il s'est rendu nécessaire, indispensable, et on est juste pris au piège. Pour toujours. « Peu importe ce qui te pousse à rester et à l'aider, crois-moi, tu devrais te barrer pendant qu'il en est encore temps. Tu as l'air d'être quelqu'un de bien, au fond. Ne le laisse pas te détruire. » Parce que c'est ce qui l'attend, inévitablement. « Je t'assure que c'est qui va arriver. C'est ce qu'il sait faire de mieux, blesser ceux qui tiennent à lui. » Ce serait quand même con que tu finisses comme moi.


     
     




don’t take that sinner from me

Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.

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Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ Lun 13 Nov - 0:35

Elle avait rencontré bien des personnalités différentes, Eva, au cours de ses dangereuses escapades.

Le soleil de l’Espagne lui avait fait connaître les sourires factices des gens heureux, des promeneurs avides d’exotisme dans les rues de Grenade. Elle avait vu les peaux tannées par le soleil et les chapeaux de toutes les couleurs, le linge aux fenêtres et l’insouciance d’un été dans un pays chaud. Dans les beaux quartiers de Paris, elle avait rencontré des hommes et femmes passionnés par leur métier, mais dont les réflexions échappaient souvent au commun des mortels. Elle avait cotoyé de riches héritiers et des musiciens de génie, elle avait percé leurs regards pour y voir une passion enflammée, pédante, égoïste. Elle avait vu à quel point l’or pouvait détruire une vie, comme la richesse faisait oublier le sens des réalités. Elle avait vu les visages teintés de chagrin d’une famille en pleine crise lorsque le regard de Lancelot s’était éteint, dans un lit d’hôpital. Cette lueur sauvage qu’elle partageait avec lui avait cessé d’exister, le temps d’un battement de paupières, et la solitude l’avait happée si cruellement qu’elle en avait oublié de vivre pour elle. Elle avait vu, dans les bas fonds de Madrid et de Londres, toutes les nuances de la misère humaine et de la détresse, elle avait reçu la morsure de la cruauté en plein visage et s’était imprégnée de cette étrange essence, croyant que cela la rendrait plus forte. Elle avait toujours pensé être l’agneau au milieu des loups, Eva, elle croyait dur comme fer que sa carapace ne serait jamais suffisamment solide pour affronter le monde qui l’entourait, sans lui. Elle pensait qu’elle passerait sa vie dans les yeux verts de son fils, et qu’elle n’aurait d’inspiration que dans l’attente de son sourire. Au milieu de tous ces visages qu’elle avait croisé, elle s’était sentie unique. Et profondément seule.

Jusqu’à ce qu’elle croise le regard d’Amatis Lestrange.

Il y avait une petite cassure au fond de ses prunelles, quelque chose de brisé et qu’on ne pouvait pas réparer. Une ombre dans ses iris bruns qui la fixaient presque sans ciller, nullement impressionnés par celle, défiante, de l’hispanique qui l’observait, les bras croisés. Elle trouva cette ligne déchirée fascinante, parce que c’était exactement celle qu’elle voyait lorsqu’elle croisait son reflet dans le miroir, jour après jour, depuis quatre années. Ce sentiment qu’il fallait continuer à vivre parce que c’était dans l’ordre naturel des choses, mais que le goût des inspirations avait pris celui d’une bile acide qui leur brûlait la gorge. Elles n’avançaient que pour mieux reculer, les griffes sorties, les dents en avant, parce que c’était leur seule manière de se défendre, parce qu’un jour elles avaient offert leur confiance et qu’elle leur avait été arrachée si violemment que leur peau s’était mise à fondre, dévoilant la chair à vif. La douleur, monstrueuse, les rendait plus agressives que des chiennes enragées. Elles avaient en commun cette souffrance silencieuse et mystérieuse, celle dont on ne parlait pas, celle dont il ne fallait jamais mentionner l’existence. Elles avaient muté en démon, parce que le monde était dur et que pour poursuivre leur route, il fallait qu’elles soient cruelles. Que personne ne puisse plus jamais les atteindre. Elles avaient rangé leur faiblesse dans un tiroir fermé à double tour et elles avaient jeté la clé. Elle voyait tout ça dans les yeux de l’étrangère, et bien plus encore. Ce fut sans doute ce qui lui fit montrer les dents un peu plus vite, un peu plus fort. Si Amatis voyait cela, elle aussi, elle n’hésiterait pas à s’en servir.

La preuve avec ce sourire qui s’échappa de ses lèvres fines, sans joie. Elle l’observa, la toisa presque, la mettant au défi de trouver une seule arme contre elle. Eva n’avait pas peur, elle s’était toujours vantée de ne jamais rien craindre à l’exception de tout ce qui tenait à la sécurité de son fils. C’était pour ça qu’elle l’avait amené ici, pour ça qu’elle le cachait. Amatis ne le savait pas. Personne, ou presque, ne le savait. « Tu reconnais qu'il mérite de crever et pourtant tu viens me voir en pleurnichant pour que je lui sauve la vie. Ne me parle surtout pas de ce qui doit ou ne doit pas être fait. T'as pas l'air plus avancée que moi sur le sujet. » Haussant un sourcil, la jeune femme accusa le coup. Pleurnicher, ce n’était pas exactement ce qu’elle faisait. Elle estima en silence qu’elle n’avait pas besoin de la rectifier, de toute manière, elle ne la croirait pas. Après tout, l’aurait-elle cru, elle ? Et puis quelque part elle avait raison. Eva ne connaissait pas la marche à suivre. Elle savait qu’Adonis avait besoin d’être soigné, que le sang du vainqueur qu’il s’était injecté menaçait de le tuer. Avec un rictus, elle le traita d’imbécile. Il aurait au moins pu essayer sur Asphalt, non ? Cela aurait sans doute été son heure de gloire. Le rire d’Amatis déchira l’atmosphère, déclenchant soudain un frisson le long de son échine. Elle avait peut être fait erreur. Peut être bien que la Lestrange savait parfaitement comment l’atteindre. « Il n'y aucune vengeance pour ce qu'il m'a fait. » Que lui avait-il fait ? Quels étaient ces non dits qui dansaient dans son regard, pourquoi le haïssait-elle autant ? Les prunelles inquisitrices de la jeune femme fixaient les autres, étrangères. Cherchant, fouillant, ce qui avait pu être la cause de cette cassure, de cette fente sur son visage qui s’agrandissait, à mesure que les paroles agressives d’Eva s’élevaient dans la pièce. C’était le seul moyen de communication qu’elle connaissait.

Mais Amatis sembla totalement indifférente face à cette hargne feinte. Son sourire devint plus grand, comme une horrible grimace vissée sur son visage. C’en était presque laid. Elle se foutait d’elle. « Pauvre petite sotte, je te croyais plus intelligente et surtout moins naïve que sa cracmolle. » Et son air défiant la quitta immédiatement. Elle avait toujours été un sujet sensible. Ses sourcils se froncèrent, soudain. Pourquoi parler d’Asphalt maintenant, quel était le rapport avec ce qu’elle lui disait ? La cracmolle n’était pas capable de s’occuper d’Adonis. Elle n’avait pas les compétence, tout juste son regard embrumé par la dévotion pour lui apporter du réconfort à son chevet. Un regard qui la rendait malade. Et l’autre de poursuivre. « Mais il faut croire que je me suis trompée, vous êtes aussi aveugles l'une que l'autre. Il était temps qu'Adonis apprenne à mieux choisir ses alliées cela dit, je suis ravie de voir qu'il a appris de ses erreurs. » “Qu’est ce que tu insinues, exactement ?” siffla la jeune femme, se redressant. Elle décroisa les bras, défiante, dans une posture défensive. Sûr, la Lestrange ne raterait rien du spectacle. Pire encore, elle en jouait.

« Toute cette dévotion, ça doit sacrément lui plaire. Qu'est-ce qu'il te donne en échange à toi, hein? La même récompense qu'à Asphalt? » Sa main se mit à trembler. Asphalt. Elle avait essayé, pourtant, de toutes ses forces, elle avait essayé de supporter la présence de la jeune femme au bras d’Adonis. Elle avait tenté par tous les moyens de se dire qu’après tout, c’était ce qui leur fallait à tous les deux. Il lui fallait un sauveur à elle, et lui avait besoin de cette princesse déchue pour se trouver un nouveau but. Ce n’étaient que des suppositions, bien sûr, un sujet qu’elle avait toujours fui avec lui. Pourquoi ? Elle n’en savait rien. Ou si, elle le savait ; c’était une vérité cruelle qui se murmurait à son oreille comme le miaulement rauque d’un chat, et qu’elle refusait obstinément d’entendre. Tous le voyaient. Sauf eux, bien sûr. Son regard de chatte perdue alla vers le mur. Celui de la Lestrange suivit le même chemin.

« Peu importe ce qui te pousse à rester et à l'aider, crois-moi, tu devrais te barrer pendant qu'il en est encore temps. Tu as l'air d'être quelqu'un de bien, au fond. Ne le laisse pas te détruire. » Elle ricana à son tour, cette fois. Elle était tout, sauf quelqu’un de bien. « Je t'assure que c'est qui va arriver. C'est ce qu'il sait faire de mieux, blesser ceux qui tiennent à lui. » Elle releva le regard, pour l’observer. Tu ne comprends pas ? Je suis déjà comme toi. Il m’a déjà brisée. Et quelque chose me dit que son chantier de démolition n’est pas terminé. Elle croisa une nouvelle fois ce regard hanté qu’elle connaissait, beaucoup trop bien. Et la réponse vint d’elle-même. “J’ai pas le choix.” Elle ne l’avait pas. Elle ne l’avait jamais eu. Elle avait cru l’avoir, mais ce n’était qu’une de ces délicates illusions qu’il avait glissé dans son esprit, insidieusement, comme le venin d’un serpent. Son coeur se serra à cette pensée. Il lui restait encore quelque chose à perdre. Quelque chose de précieux, sur lequel il n’avait pas mis la main. “Je l’ai jamais eu, Amatis.” Pourquoi lui disait-elle cela, à elle ? Elles ne se connaissaient pas. Elles n’avaient que lui en commun, et cette souffrance de l’avoir aimé de toutes leurs forces. Un soupir s’échappa de ses lèvres. Son dos s’appuya une nouvelle fois contre le mur.

Il a des armes contre moi maintenant, et c’est moi qui les lui ais données. Parce que je suis qu’une conne qui a cru qu’il ne s’en servirait pas. Mais il va le faire. Je sais qu’il va le faire.” Parce que si Adonis était capable de la respecter, Mordred lui, ne l’avait jamais vue que comme un objet utile. Comme Asphalt. Non, pas comme Asphalt. Elle, elle n’avait pas besoin de se cacher pour le regarder. Elle se mordit la lèvre. L’empoisonneuse avait tapé exactement là où il ne fallait pas. “J’ai un petit garçon. Personne ne le savait, j'ai fait en sorte que personne ne sache. Et maintenant…” la détresse dans ses yeux, brillante, brûlante, corrosive, frappa la médicomage en plein visage. “J’avais confiance en lui.” Mais leur dernier échange l’avait glacée. Mateo était en danger. Et c’était de sa faute, à elle. Elle n’avait pas su tenir sa langue. “J’ai pas le choix. Je sais pas ce qu’il t’a fait, t’es pas obligée de me le dire. Mais il faut que tu viennes avec moi.” et elle irait. De gré ou de force. Malgré son besoin furieux de lui dire qu’elle avait le choix, elle ne le fit pas. Cela ne dépendait pas que d’elles. Cela ne dépendait pas de cette lueur douloureuse miroitant dans leurs regards, mais de l’avenir de son fils. "S'il te plait."

Cette lueur dans leurs yeux si visible qu’elle était signée du même nom.

Adonis.


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Ҩ Re: What you did in the dark ♦ Ameva Ҩ

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