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 I Won't give up ( Gabrilith II)

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♔ DURA LEX SED LEX
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mer 16 Aoû - 16:17


j’ai survécu parce que le feu brûlant autour de moi était bien moins fort que le feu brûlant en moi.

Le katana pendant le long de son corps, la main crispée sur les lanières en cuir du manche, Lilith avisa le corps étendu de l’homme sur le sol. Du sang, inonda les pavés humide du balcon de l’aurore, s’infiltrant à travers les pierres froides  pour nourrir un château assoiffée de violence. Elle frissonna tentant de calmer le martèlement sourd dans sa tête une main posée contre son front. Lilith avait l’impression d’être de retour du purgatoire après avoir passé un séjour en enfer à errer dans le noir, léchée par les flammes arides de chaque bolge, de chacun des cercles. Mais elle était de retour, debout bien que blessée, affligée par l’opprobre et sa honte en guise de repentance. C’était difficile de ré enclencher le mécanisme de son esprit avili par le poison. Difficile de sortir de cette torpeur lancinante qui avait creusé un tombeau dans ses souvenirs les plus clairs. Un léger cri rauque s’échappa de sa gorge tandis que son coeur lapidait sa poitrine de grands accoups brutaux. l’espionne pouvait sentir son pouls battre plus fort dans ses veines, injectant des impulsions électriques à l’intégralité de son corps, pour le réanimer de la semie mort par laquelle elle s’était faite piégée. Halo. Halo. Halo. Elle le chercha encore dans sa tête : pour le retenir. Pour ne plus qui s’échappe. Jamais.  un écho qui se propagea en cri dans son crâne, irriguant à nouveau chacune de ses pensées nécrosées par le sommeil infernal qui l’avait emprisonné derrière sa propre conscience. Tout se réajusta, s'emboîta dans le bruit de verres brisés de ses souvenirs disloqués.  Il resterait une fissure sur la mémoire éreintée de la brune, quelques fragiles éclats dans sa tête, lui rappelant que sa main avait failli causer la mort du seul être qui lui importait sur cette terre. Un retour amer à la réalité qui lui laisserait un goût ferreux dans la bouche et une vive cicatrice dans le coeur.

La brune tenta difficilement de reprendre son souffle, elle se redressa et tourna son visage vers Halo. Le sauver d’une mort lente ne rachetait pas sa faute d’avoir causé autant de dégâts à son visage et à son corps mais pour l’heure elle estima qu’il était préférable de ne pas trop y songer. Alors, elle se précipita dans ses bras pour poser ses lèvres sur les siennes : elle était de retour et avec elle cette envie furieuse de déraciné et écorcher chaque ennemi qui l’avait éloignée de lui. Le temps pressait, elle devait faire vite, rien n’était sûr ici ; l’air était empli de traîtrise et de manigances et les autres avaient sans doute déjà été alertés par les cris. nerveuse, Lilith rangea le Katana dans son fourreau et récupéra son boomerang à l’aide de son bracelet. S’il lui arrivait quelque chose, elle ne se le pardonnerait jamais. S’il lui arrivait quelque chose, elle deviendrait la pire menace que cette terre n'ait jamais portée. La détermination et la colère revenant à flot dans ses veines, Lilith fouilla son esprit pour chercher un plan qu’il leur permettrait de se sortir de ce pétrin sans trop de dommages. Il faudrait qu’elle mente, qu’elle joue ses dernières cartes en espérant que le gouvernement Bulgare se décide enfin à intervenir dans la partie.  “Cendre, il faut que…” Lilith sentit les deux mains de son mari se poser contre ses joues humides. Elle ferma les yeux quelques secondes avant de les rouvrir et plonger son regard triste dans celui beaucoup plus doux de Halo. Il était inquiet. Un frisson se répandit le long de sa colonne vertébrale. Comment avait-elle pu oublier ces deux yeux là? 30 ans. 30 années à connaître chaque détail de son visage, à apprendre par coeur chaque expression, chaque courbe et chaque grain de beauté de son corps. Tétanisée, apaisée par le contact de ses doigts caressant ses pommettes, Lilith laissa une vague de chaleur réchauffer le givre de ses pensées. “J’ai eu beaucoup trop peur de te perdre pour que cela arrive maintenant. Si tu dois les convaincre, montre toi assurée et calme. Dissimule le fait que tu te souviens de tout. Et trouve les responsables de ton attaque pour les faire taire.”  Elle acquiesça. Pour lui, elle ferait n’importe quoi. Il était évident qu’elle s’était bien trop mise en danger et que prétendre ne pas avoir retrouvé la mémoire serait un moyen stratégique de se protéger des erreurs qu’elle avait faite. Surtout si cela lui permettait de mettre en place un moyen de faire chuter l’ennemi. Elle lui sourit. C’était toujours lui l’instigateur. Toujours lui qui savait trouver les mots pour canaliser ses ardeurs les plus violentes. toujours lui savait étouffer le feu avant qu’il ne ravage tout.  “Je te fais confiance. Je t’ai toujours fait confiance. Mais sois prudente.” Prudence. Un mot qui lui avait trop échappé et l’avait menée à tomber entre les griffes des ennemis. C’était terminé. Lilith hocha la tête, la mine renfrognée à l’idée de devoir s’arracher une fois de plus à lui. “Promets moi de revenir vite.”.C’est elle même qui fixa le rendez-vous. 2 jours. 2 jours où tout pouvait encore arriver. Mais cette fois-ci elle ne permettrait plus qu’on les sépare. Deux jours pour régler les derniers détails et après cela, elle ne passerait plus une seule nuit sans la chaleur de ses bras, sans ses lèvres rassurantes contre les siennes. le laisser était difficile et incroyablement injuste alors qu’elle venait tout juste de le retrouver. Elle recula pourtant d’un pas pour se détacher de lui et récupérer le corps déjà pourrissant de l’assaillant. Une main la retint par le bras.“Cendre…” Elle eut à peine le temps de tourner la tête vers Halo que déjà sa bouche froissait la sienne. Une décharge magnétique éclipsa tout le reste. Elle était revenue, il l’avait ramenée des limbes dans lesquels elle était restée cachée. Buvant son souffle, s’arrimant à ses lèvres comme s’il s’agissait d’une vie ou de mort, Cendre passa ses doigts de velours dans ses cheveux. Ils ne se détachèrent qu’une fois l’oxygène leur manquant.  “Sois sage mon amour.” Elle esquissa quelques pas et tourna son visage vers lui. Un dernier regard audacieux pour rassurer son agitation. “ Je le suis toujours.” Deux jours et plus jamais ils ne pourraient oser les séparer.


*

Et elle se tenait là. épuisée. Profondément exténuée de cette mascarade qui la privait de son énergie vitale. C’était un combat qui la mettait en pièce  et griffait le reste de raison qu’elle avait encore. Pendant deux jours elle avait continué de faire semblant. Convaincre les autres que Karoff n’était pas ce qu’il prétendait être n’avait pas été bien difficile ; il était insignifiant. Quant à elle, elle avait moins réussi à faire son trou. De plus, sa mémoire perdue lui avait valu de ne pas attirer l’attention outre mesure et Asphalt avait été trop sotte pour s’apercevoir de quoi que ce soit. Jouer la comédie, jusqu'à ce que  ses pas la ramène vers Halo. 6 jours étaient passés depuis qu’elle avait perdu la mémoire. 6 jours qui avaient suffit à froisser considérablement l'âme de Lilith.Elle se le repassait en boucle ; ce moment où ses poings s’étaient écrasés sur les pommettes d’Halo, faisant craquer douloureusement sa mâchoire. Elle le revoyait encore et encore : le visage tuméfié de son mari, et le sang coulant de sa bouche éclatée. A la manière de son coeur lorsque la solitude était revenue la hanter.  

Elle avait passé deux jours dans le noir. Les cauchemars raccourcissant ses nuits et la jetant à nouveau dans l'atmosphère putride de domovoi’s rock. Ses souvenirs étaient revenus et avec eux le manque insistant de l’homme qui se trouvait encore de l’autre côté du lac. La honte dévorant son coeur, Lilith s'était reclue dans sa tente, à attendre que l’horizon bouge et qu’elle retrouve le seul repère de son existence. C'était douloureux. Ca lui brûlait le ventre. Jamais elle n’aurait pensé que cela puisse être si lourd. Elle, la combattante se retrouvait pourtant en rupture avec le monde qu’elle avait toujours prit malin plaisir à écraser. Vulnérable comme jamais, elle avait traîné sa carcasse meurtrie par ses propres actes sur une terre amère dont elle aurait simplement voulu se détacher à tout jamais. retrouver les plaines vertes d’irlande. Danser sans fin dans les bras de Gabriel sans se préoccuper de tout ces fous qui se faisaient la guerre. Elle connaissait son devoir, aussi bien qu’elle connaissait sa férocité, mais ses yeux avaient vu trop d’horreurs pour qu’elle daigne trouver un sens au rôle qui lui avait été octroyé. C’était vide de sens ; cette guerre n’aurait pas de fin. la violence attisait la violence, et le prix des larmes se payait toujours du sang. Perdue, les pensées nébuleuses, Cendre s’était contentée de compter les secondes imposant une distance douloureuse entre elle et son mari. A présent qu’elle se retrouvait là, il lui semblait qu’elle n’était plus rien d’autre qu’un pantin désarticulé. Le regarder seulement était une torture qu’elle avait bien du mal à supporter.

Lilith amorça quelques pas jusqu'à Halo qui la rejoignit rapidement. La salle était encore vierge, aucun meuble ne leur était apparu ; l’esprit de Lilith ne chercha pas à leur créer un espace factice, elle était égarée. Le regard fuyant, Lilith baissa la tête en se mordant la lèvre, le coeur exsangue. D’un seul geste, la main douce de gabriel lui releva le menton pour croiser son regard sombre. “Où est donc passée la combattante chevronnée que je connais ?” brisée comme une vulgaire poupée de porcelaine Elle ne dit rien, la mort dans l’âme.Il lui avait terriblement manqué, elle avait rêvé de cet instant durant de longs mois et à présent qu’elle se tenait là, devant lui, la seule chose à laquelle elle fut encore capable de penser ce fut cette douleur colorant son coeur en des nuances noires. La caresse de l’homme sur sa  sa peau de quelques frissons. Comment pouvait-il être si doux avec elle après les blessures qu’elle lui avait infligé. Sa voix était cassée. cassée comme son coeur qui soupirait dans sa poitrine.  “Bien sûr qu’ils t’ont crue. Je savais que tu y arriverais.” Oui mais pour combien de temps? Combien de temps encore avant que quelqu’un ne se décide à se débarrasser d’elle ou pire, s’en prendre à lui? Combien de temps encore à maintenir un mensonge qui s’effritait chaque jour passant ? combien de temps à prendre des risques pour une cause qu’elle ne comprenait plus ? Elle n’était plus que l’ombre d’elle même depuis deux jours. Une simple image floue de la guerrière qu’elle avait été. C’était cette île de malheur, elle aspirait le bonheur pour le remplacer par du désespoir. Son coeur était rempli de cet air toxique qui la privait de tout ses sens.

Il la prit dans ses bras. Cendre ne chercha pas à s’en défaire, prisonnière d’une étreinte qu’elle avait attendu trop longtemps mais qu’elle ne pensait pas mériter. Un refuge chaud qui, le temps de quelques battements de coeur, lui fit tout oublier. même le poids de sa culpabilité. les doigtsde l’Homme frôlèrent ses cheveux, puis sa joue, elle ferma simplement les paupières pour se laisser porter par l’accalmie qu’il lui ordonnait de prendre. “Ce n’était pas de ta faute, Cendre.”  bien sûr que si. Elle avait été sotte. Et imprudente. Elle les avaient tous les deux mis en danger et en avait payé le prix fort. Que serait-il arrivé si sa main avait été plus violente? Que serait-il arrivé si elle n’avait jamais retrouvé la mémoire ? un frisson glacé se répandit sous sa peau, piquant sa chair. “Je ne m’y suis pas pris correctement. Ta réaction était prévisible, c’est moi qui en suis le responsable.”  guidée par la main d’Halo, Cendre releva le regard vers lui, les sourcils froncés, le regard noyé par la tristesse. “La seule chose qui compte à mes yeux c’est de t’avoir retrouvée. Peu importe le reste. Je retrouverai les coupables, et crois-moi. Ils paieront pour chaque blessure qu’ils ont pu un jour nous infliger. Je te le promets.” un soupir s’échappa de ses lèvres lorsque les doigts graciles d’Halo caressèrent la surface asséchée de ses lèvres. Le regard brumeux, elle chercha le sien avec une détresse qui en lui ressemblait pas . “ J’aurai pu te tuer.”  Lilith secoua frénétiquement la tête et recula d’un pas.  “ Comment peux-tu dire que ce n’est pas de ma faute ? absolument TOUT est de ma faute !”  Quelques larmes lui brouillèrent la vue et elle posa une main sur son front fiévreux.  “ qu’est ce que j’aurais fais sans toi ? Comment aurais-je pu vivre avec ça ?” La désolation se lisait sur son visage. Mais la brune ne savait comment stopper les paroles qui sortaient à torrent de sa bouche. Elle avait eu peur. Tellement peur.  “ j’y arrive plus sans toi. J’y arrive plus. je peux plus faire semblant. je peux plus ! Et  je n’en ai pas envie ! parce que sans toi rien ne vaut la peine Gabriel. Absolument rien ! pas même cette foutue guerre ! tu comprends ?! ”  Tétanisée, paralysée par ses propres sentiments l’affligeant , elle baissa la tête et répéta d’une voix blanche.  “ J’aurais pu te tuer.”


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Statut du sang : PurMessages : 79Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Certainement à la maison avec Jake. ❤️
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Ven 1 Sep - 20:53


Lilith O’Hara avait toujours été une femme forte.

Depuis l’enfance, Halo avait pu en témoigner ; ses larmes d’enfant étaient déjà rare pour une fille de son âge, et sa force de caractère n’avait d’égale que les coups qu’elle mettait à sa vie pour avancer plus vite, plus fort. Lorsqu’il l’admirait sans un mot, c’était cette force que le jeune garçon avait toujours admiré le plus ; les épreuves de son existence glissaient sur elle comme des gouttes d’eau sur le plumage d’un cygne ; elle ne craignait pas la douleur, aimait le risque plus que tout. Elle repoussait ses peurs en forçant son esprit à gagner face aux pires situations. Elle se mettait dans des situations délicates parce qu’il semblait qu’il n’y avait que de cette manière qu’elle pourrait respirer ; Lilith, Cendre, cette fille aux yeux sombres et sauvages qui ne se laisserait jamais apprivoiser ni dompter par personne. Halo voyait en elle un jaguar aux griffes acérées, solitaire et énergique, ne vivant que pour respirer un peu plus fort à chaque secondes. C’était ainsi qu’il la voyait, ainsi qu’il l’admirait, lui qui avait passé toute son enfance caché dans les recoins de ses rêves et de son imagination, incapable de se défendre face à ceux qui lui auraient voulu du mal. Il savait cette compagne de toujours impossible à dresser, et pourtant c’était dans ses bras que le félin avait décidé de devenir un doux chat ronronnant. Les coups de colère de Lilith étaient dévastateurs, et pourtant il avait toujours su garder la tête froide face à elle ; impressionné par son courage mais déterminé à apaiser les tourments qui vibraient dans son regard et explosaient dans sa gorge. Elle n’avait peur de rien Lilith. Mais sa rage avait toujours été son seul moyen de défense.

Et voilà qu’elle baissait les bras, pour la première fois. En trente ans, jamais Halo n’avait vu son épouse flancher. Jamais il ne l’avait vue abandonner la lutte, jamais parce qu’il ne l’avait pas permis. Si elle trébuchait, il la rattrapait avec douceur, et la relançait sur le terrain. Courir, c’était tout ce qu’elle aimait, et c’était aussi ce qu’il aimait chez elle ; cette énergie qu’il n’avait pas, cette férocité dans son besoin d’exister, et ces rêves qu’elle suivait en plantant ses crocs dedans comme un chasseur en quête de proie. Il avait épousé cette femme, lui qui était persuadé de ne pas la mériter. Elle avait besoin de quelqu’un d’aussi fort qu’elle pour la suivre, et il était loin de tenir la cadence ; lui qui trouvait refuge dans les livres et le calme d’une soirée au coin du feu ne pouvait pas satisfaire une créature comme elle, elle et son besoin d’espace, son besoin de nouveauté. Son besoin de vivre. Pourtant cela avait marché. Cela faisait vingt ans qu’ils suivaient leurs traces dans le sable, qu’ils se tenaient la main. Cela avait marché parce que Cendre avait su respecter le tempérament doux et patient de Halo là où lui avait toujours accepté de la suivre, peu importe où elle voulait aller. Mais séparés de tout, que devenaient-ils ? Des êtres fragiles. Les épaules solides, mais les jambes cassantes menaçant de s’effondrer. Ils étaient leur seule faiblesse ; il suffisait qu’on touche à un seul cheveu de sa femme pour faire de Halo un esclave de volontés autres, capable de prendre les plus folles décisions pour la sauver. Il savait qu’elle serait allée le chercher jusqu’au bout du temps. Alors ce qui leur était arrivé ne pouvait tirer sa conclusion que d’un cruel cauchemar dont ils avaient été les victimes.

Et elle était là. Face à lui, sa figure repentante cherchant à tout prix la sécurité de ses bras tout en la fuyant par absolument tous les moyens dans le même temps. Elle ne savait pas ce qu’elle voulait, devina-t-il ; partagée entre le besoin de le rejoindre et celui de le fuir à cause de ce qu’elle avait fait. Quels mots pourrait-il prononcer pour la rassurer ? En trouverait-il des suffisamment forts pour lui montrer à quel point il l’aimait et à quel point le reste n’avait absolument aucune importance ? Il essayerait, en tout cas. La voir s’écarter de cette manière, c’était comme recevoir un coup de poignard en plein coeur. Elle s’était brisée en miliers de tout petits éclats, parce qu’elle avait touché à la seule chose qu’elle aurait voulu laisser blanche de toute marque pour l’éternité. Le destin en avait décidé autrement ; et il s’en moquait. Il s’en moquait éperdument. Elle était la femme de sa vie, de ses jours et de ses nuits, elle était cette chasseresse de l’ombre avec qui chaque jour était un merveilleux imprévu ; elle lui avait été arrachée durant des mois et maintenant qu’il l’avait retrouvée, il ne laisserait absolument personne lui voler l’instant merveilleux de ces retrouvailles qu’il n’avait que trop attendu. Pas même elle. Dans son regard clair ne brillait que la pureté d’un amour sans taches. Jamais il ne lui en aurait voulu.

Alors quand elle soupira au contact de sa main contre sa joue, il la regarda plus intensément encore, dans l’attente d’un seul mot de sa part, une seule phrase pour qu’il comprenne à quel point tout cela lui avait fait du mal. Il avait la colle dans la main pour réparer son coeur brisé ; il ramasserait chaque miette de son âme pour refaire d’elle cette femme déterminée et fière qu’elle avait toujours été. Elle était un idéal, et si elle sombrait, bien, qu’elle fasse. Il tomberait avec elle, et ils se relèveraient ensemble. Et lorsque ses yeux sombres se posèrent une nouvelle fois sur lui, la détresse qu’il put y lire fut comme un coup de poignard porté en pleine poitrine. Non. Je t’interdis de sombrer. “ J’aurai pu te tuer.”  Elle recula, les yeux baissés et Halo resta là, un court instant, la main encore tendue pour la cueillir alors qu’elle le fuyait, à regret. Il était convaincu du contraire. Lorsqu’il l’avait retrouvée, elle aurait pu lui faire subir bien pire, jamais il ne serait parti. Elle ne l’avait pas fait. Elle ne l’avait pas tué. Et c’était la seule chose qui comptait. “ Comment peux-tu dire que ce n’est pas de ma faute ? absolument TOUT est de ma faute !”  Des larmes brûlantes perlèrent sur son regard d’obsidienne et Gabriel esquissa un pas en avant, ne supportant pas cette vue. Elle pouvait pleurer, autant qu’elle le voulait, autant qu’elle en aurait besoin ; mais que jamais elle ne repousse cette étreinte consolatrice qu’il lui offrait. “Cendre…”  “ qu’est ce que j’aurais fais sans toi ? Comment aurais-je pu vivre avec ça ?” Elle n’aurait pas pu. Il n’en aurait pas été capable non plus de toute manière, s’il avait posé le moindre doigt sur elle. Ils étaient ensemble, ou bien ils n’étaient rien du tout. Pour la première fois, ce fut de la peur qu’il lut dans son regard. Jamais elle n’avait flanché. Jamais elle n’avait failli.

 “ j’y arrive plus sans toi. J’y arrive plus. je peux plus faire semblant. je peux plus ! Et  je n’en ai pas envie ! parce que sans toi rien ne vaut la peine Gabriel. Absolument rien ! pas même cette foutue guerre ! tu comprends ?! ”  Alors qu’elle ne recule pas. Elle baissa la tête alors qu’il s’avançait, déterminé. Si c’était à son tour de la rassurer, alors il le ferait. Elle avait passé tant de temps à le faire avec lui. Lorsque son dernier murmure lui échappa, Gabriel était déjà à sa hauteur ; une main levée en direction de sa joue pour redresser lentement son menton.  “ J’aurais pu te tuer.” “Bien sûr que non.” Les sourcils froncés, il s’apprêtait presque à la sermonner ; presque fou d’entendre de telles paroles s’échapper de ses lèvres, elle qui avait tant pris soin de lui durant toutes ces années. Pourtant, il ne le fit pas ; son regard chargé de douceur croisa le sien, déchiré. “Je sais que tu ne l’aurais pas fait. Tu ne l’as pas fait alors que tu en avais toutes les raisons. Et tu sais pourquoi.” Il caressa lentement sa joue, entourant d’autorité sa taille de femme de ses bras, dévoué. Enchaîné à elle se toutes les façons possibles. “Il y avait dans ton esprit quelque chose qui a empêché cette main d’aller plus loin. Je l’ai vu dans tes yeux. Je sais que je ne me suis pas trompé.” La caresse s’évada jusqu’à son cou alors qu’il murmurait chaque parole près de ses lèvres, lié à elle jusqu’aux dernières fibres de son être. Lui non plus, il n’était rien sans elle. “C’est la seule chose qui compte. Ils t’ont fait du mal, ce n’est pas toi la responsable. Jamais je ne pourrais t’en vouloir. Je porterai chaque blessure comme le gage que nous avons tenu face à tout ça.” Une épreuve plus difficile que toutes les autres. Il garderait sur lui les stigmates de ce dur passage de leur vie, qu’ils avaient bravé comme tous les autres. Il la prit dans ses bras, lentement, posant sa joue contre sa tête brune ; recueillant ses larmes de son pouce, il embrassa son front, plus tendre et plus rassurant que jamais. “Lorsque tout cela sera réglé, je veux tout arrêter.” Elle le regarda, sans comprendre d’abord ; mais cette détermination à elle revint briller dans les yeux clairs de son époux qui la fixa. “C’était un rêve d’enfant. Aujourd’hui tu es tout ce qui compte. Et il n’est plus question que la moindre mission nous sépare encore. Je ne veux plus prendre le risque.” Il avait suivi  Cendre partout, sans jamais lui imposer ses choix ; parce qu’il était avec elle et que le reste n’avait aucune importance. Il lui faisait cette demande, parce qu’il avait cru la perdre ; et que cette idée lui était insupportable. “J’ai de nouveaux rêves désormais, et ils ne sont qu’avec toi. N’aie pas peur. N’aie pas peur de ce que tu aurais pu me faire, de ce qui pourrait arriver. Nous n’avons jamais craint le futur. Je ne veux pas que ce jour fasse exception.” Pas alors qu’il venait de la retrouver. Il la serra plus étroitement contre lui, inspirant son parfum, longuement. Elle était son univers. Si elle avait peur, alors il la consolerait. Si elle craignait les jours à venir, alors il lui ouvrirait le chemin de leur nouvel horizon. Celui où aucun lieu n’importait, s’ils se tenaient la main. Il mettrait fin à son cauchemar.

Et il ferait fleurir ses rêves.



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 7 Sep - 16:55

Elle était cassée. Déglinguée. Brisée. C’était comme si on avait enlevé une pièce au mécanisme qui l’avait si longtemps maintenue debout. A présent, les rouages étaient rouillés et sans qu'elle ne puisse rien y faire, elle tombait pièce par pièce. Cette femme qui avait jadis été façonné par l’acier s’emiettait comme de la poudre d’argent, oxydée par toutes ces choses qui la rongeait de l'intérieur.
ça l’avait transpercé de part en part cette détresse. Lilith ne l’avait pas vu arriver, même lorsqu’elle était arrivée sur l’île et qu’elle s’était retrouvée plongée dans le noir. Elle y avait cru et avait croisé le fer de nombreuses fois avec le désespoir qui écorchaient les âmes ici bas. Mais le pire était arrivé, et elle ne s’en remettrait pas. Pourtant, Elle avait essayé de ne pas y penser pendant ces quelques jours. Elle avait essayé de ne pas pensé à ce qui se serait passé si sa violence s’était déchaînée encore et encore sur le corps de son mari. Mais la vérité, c’était que dès qu’elle fermait les yeux ; elle voyait le corps sanguinolant de Halo à genou devant elle, le regard suppliant. ça lui arrachait le coeur à chaque fois qu’elle y songeait et laissait une profonde entaille dans l’âme. A présent elle se sentait salie, souillée jusqu'à la moelle de la noirceur  qui se dissimulait dans sa chair.

Que serait-il arrivé si elle n’avait jamais retrouvé la mémoire ? Comment aurait-elle vécue loin de cet homme qui était pourtant tout pour elle ? Elle imagina son corps inerte étendu sur le sol, et ça empoisonna un peu plus son esprit d’une boue noire, toxique. ça faisait terriblement mal dans sa poitrine lorsque le visage de Halo rompu par sa propre main s’affichait devant ses iris bleutés. Plus rien ne serait jamais plus comme avant, il suffisait qu’elle se regarde dans un miroir pour comprendre qu’il affichait le reflet d’une femme étouffée par une solitude, griffée par l’obscurité, noyée par la cruauté de ces autres.  il y avait tout son monde baignée à présent d’une lumière crasseuse et sordide asphyxiant cette fleur rouge écarlate qui avait si longtemps grandit dans son âme. Fânée, c’était ce qu’elle était à présent. La douleur, la vraie, Lilith avait apprit à la connaitre : elle vivait avec une écharde dans la peau depuis que cette fichue île faite d’opprobres et de larmes  l’avait accueillie contre sa poitrine pour la nourrir d’un lait nocif et privé de la présence de son mari.

En rentrant sous sa tente, elle avait pleuré : beaucoup. Elle avait sangloté jusqu'à ce que le sel de ses larmes efface les traces de sang sur sa peau, lui brûle les joues et lui tire l’épiderme de ses pommettes. Elle avait tant pleuré qu’un résidus blanc s’était éparpillé autour de ses yeux. Elle avait tout pleuré de ces mois à tenter d’être forte, de mener à bien une mission à laquelle elle ne trouvait plus aucun sens. C’était comme si la première larme avait amorcé toutes ces autres qu’elle avait retenues ; et elle avait pleuré  sa vie sans lui. Jamais encore elle ne s’était sentie aussi malheureuse, alors elle s’était effondrée en secret, sans être vue, et une banshee avait hurlé toute la nuit en elle.
Les matins s’étaient succédés sur des angoisses fait du spectre  de l’image sanglante de Halo. Tout avait volé en éclat quelque part dans sa tête. du verre brisés incrustait à présent son âme, incisant douloureusement ses pensées dans des idées noires, trop noire pour elle qui avait tant été heureuse, elle qui avait été faite du chatoiement de ses propres flammes. Mais sans son Halo de lumière, qui était-elle finalement ? Elle s’étiolait, La guerrière. Elle ne trouvait plus la force de lever le bras qui maniait le glaive, alors elle restait là sur le champs de bataille, les épaules affaissées.

Alors, elle s’était remémorée toute sa vie ; comme s’il s’agissait du seul radeau encore capable de l’emmener vers des rivages moins tumultueux. Elle avait revu toutes ces années et elles  étaient entrées en l’espionne comme la pluie s’infiltrant dans une terre aride, desséchée par la sécheresse de ces heures passées sur le roc. Pendant 3 jours elle avait essayé désespérément d’abreuver ses instinct meurtriers de souvenirs rafraichissant, pour ne pas perdre la raison, pour ne pas perdre les derniers souffles qui la maintenait en vie. Mais la morsure de son acte s’était infectée trop loin en elle et ses erreurs gangrenaient sa chair d’un profond sentiment de dégoût. Malade. Ereintée. Lilith aurait tant préféré s’allonger sur le bord de cette route pour s’endormir jusqu'à ce que des cieux plus favorable la berce de nouveaux espoirs. Ou bien que ce cauchemar dans lequel elle s’était perdue disparaisse pour ne laisser que Gabriel et elle dans un monde épuré de misère. Elle ne le supportait plus.
Son rêve était devenue une corde, et elle, elle s’était pendue avec.

“Cendre” Mais elle ne l’écoutait pas, épuisée et tiraillée par ses sentiments : le besoin de se blottir dans ses bras, celui de s’éloigner pour ne pas avoir à affronter ce qu’elle avait fait. Des larmes inondant ses joues, elle se sentait comme un oiseau tombé de son nid ; sans repère, blessé et effrayé par le monde qui l’entourait. Et elle avait failli tuer le seul être qui aie compté dans sa vie ; celui qui l’avait sauvé de son propre feu.“ Bien sûr que non” Mais si. Si. Quelque chose l’avait arrêté, mais il s’en était fallu de peu. De trop peu. tuer n’était pas si difficile, et elle, elle l’avait oublié. Pendant quelques jours il était devenu un étranger qu’elle aurait pu tout aussi bien écraser de la paume de sa main. Comment se remettait-on de ça ? La question trouva une solution simple mais venimeuse : on ne s’en remettait pas. “ Je sais que tu ne l’aurais pas fait.Tu ne l’as pas fait alors que tu en avais toutes les raisons. Et tu sais pourquoi.” Et il s’approcha plus près encore, envahissant son espace, inonda son oxygène de son odeur. Instinctivement, la brune ferma les yeux, tentant toujours de réprimer les spasmes qui agitaient son corps meurtrie par la tristesse.
“ Il y avait dans ton esprit quelque chose qui a empêché cette main d’aller plus loin. Je l’ai vu dans tes yeux. Je sais que je ne me suis pas trompé.” sa main balaya sa peau. Il y eut un frisson sur son échine. Elle s’en voulait tellement. Il était toute sa vie. Absolument tout ce qu’elle avait. Elle serait morte sans regrets pour une seule caresse de lui. Celle la même qui gomina son cou. Il se rapprocha dangereusement de ses lèvres, et déjà elle suffoquait du trop plein de lui. Halo était là. Halo avait toujours été là. “ C’est la seule chose qui compte. Ils t’ont fait du mal. Ce n’est pas toi la responsable. Jamais je ne pourrais t’en vouloir. Je porterais chaque blessure comme le gage que nous avons tenu face à tout ça.” Et elle rouvrit les yeux, soupirant au travers de ses dents. “ Mais moi je m’en veux. Moi je ne pourrais jamais accepté ces blessures que je t’ai infligées. comment le pourrais-je ? Comment apprendre à vivre en sachant tout ça ?” Elle accueillit l'étreinte, tremblante de tout ses muscles, le regard façonné par la détresse, infesté d’une brume liquide. La chaleur de son corps tout contre le sien la rassura, et machinalement, elle grignota un peu plus l’espace entre eux.

“ Lorsque tout cela sera réglé, je veux tout arrêter.” Lilith releva un regard sombre vers son mari. Être espion était le rêve de toute la vie de Halo, et elle l’avait suivit dès l’instant où sa route avait croisée la sienne. la vérité était que Gabriel aurait tout autant choisir d’être n’importe quoi d’autre, elle n’aurait jamais lâché sa main. Elle réalisa soudain que cet homme qui la tenait entre ses bras pour l’empêcher de s’écraser sur le sol avait été son seul rêve depuis bien plus longtemps qu’elle n’aurait été capable de le dire. Elle l’avait aimé dès le premier regard, sans le savoir, et lorsqu’ils s’étaient engagés ensemble sur la longue route de leur vie, elle l’avait guidé au travers de ces rêves qu’il redoutait d’atteindre. Lilith l’avait fait pour lui. Toutes ces années elle l’avait pousser plus fort, elle lui avait rappelé chaque matins même lorsque lui n’y croyait plus. Et ils avaient réussi. Mais à présent, ils s’apercevaient tout deux qu’ils avaient déjà l’essentiel depuis bien longtemps.
“ C’était un rêve d’enfant. Aujourd’hui tu es tout ce qui compte.Et il n’est plus question que la moindre mission nous sépare encore.  Je ne veux plus prendre le risque.” Elle non plus, pas si cela signifiait être séparé de lui. Sans Gabriel, Lilith n’était qu’une coquille vide, une âme égarée sur le bord du styx. De nouvelles larmes affluèrent devant ses yeux.
“ j’ai de nouveaux rêves désormais, et ils ne sont qu’avec toi. n’aie pas peur. n’aie pas peur de ce que tu aurais pu me faire, de ce qui pourrait arriver. Nous n’avons jamais craint le futur. Je ne veux pas que ce jour fasse exception.”. Sa voix se brisa.  “ Je n’ai pas peur du futur lorsque je suis avec toi Halo. J’ai peur d'être hantée par ce que je t'ai fais” Elle trembla encore, et secoua la tête, butée. Comment pouvait-il ne pas lui en vouloir après ce qu’elle avait fait. Comment pouvait-il envisager de l’aimer encore plus fort malgré cela?  “ Il y a quelque chose de brisé, la. dans mon coeur.” D’un geste, elle lui attrapa la main qu’elle posa délicatement sur sa poitrine à l’emplacement exact où battait son coeur et elle le fixa, d’un oeil tourmenté. “ C’était quoi les jours sans peur Halo ? Dis moi… C’était comment quand il n’y avait que nous ? Toi et moi. Contre le reste du monde.” La détresse. Et le besoin vital, nécessaire d’être sauvée une fois de plus des eaux troubles de ses doutes. Et elle chuchota, éperdue. “ Réapprends moi. parce que je ne sais plus ce que je suis...” rappelle moi nos promesses et ces rêves d’éternité qui nous ont forgés


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Ven 15 Sep - 1:11

Il la regardait, détaillant son visage sans la moindre retenue.

Au fil des années, Halo avait appris les traits de Cendre par coeur. Il était capable, au simple mince éclat de son regard, de dire si elle allait bien ou non ; il lisait en elle comme un livre ouvert, de ces doutes qui envahissaient son esprit quand son regard brillait vers le dehors ; à sa joie immense quand ses yeux sombres se posaient parfois sur lui, ou l’attendrissement doux d’une femme aimante enroulant ses bras fins autour de son mari. Il la connaissait suffisamment pour savoir à quel moment parler et à quel instant se taire ; il savait quels mots prononcer pour apaiser sa peur, et les autres pour la pousser à faire preuve de plus de courage encore que tout celui qu’elle offrait déjà. Il avait traversé une existence avec elle sans craindre le moindre pas ; parce qu’elle lui tenait la main, et parce qu’elle l’avait poussé doucement en avant, une marche après l’autre. Elle était le soleil de sa vie, les étoiles rieuses éclairant ses nuits ; il n’avait jamais été malheureux, et pour cause. Cendre effaçait le chagrin d’un simple revers de la main, transformant son quotidien d’enfant timide en un monde fait d’aventures exaltantes et de promesses d’un futur où aucun jour ne ressemblerait à l’autre.

Et ils y étaient parvenus. Leur plus belle victoire sur l’avenir avait été lorsqu’ils avaient rejoint, ensemble, les services secrets bulgares ; leur rêve d’enfant, ils l’avaient tenu là entre leurs mains, et ne l’avaient ensuite, dès lors, plus jamais lâché. Son monde se construisait autour d’elle et de ses murmures secrets qu’ils dérobaient au coeur de la nuit. Elle avait tissé le fil de sa vie et n’avait laissé aucun noeud entre ses doigts experts. Elle était belle, belle comme une aube se levant sur un jour nouveau. Ils avaient eu tout ce qu’ils voulaient, et pourtant, elle se tenait près de lui, lovée dans ses bras, plus fragile que jamais il ne l’avait vue. Pour la première fois, Gabriel Whelan était incapable de savoir ce qu’il pourrait lui dire pour la rassurer. Les mots restaient bloqués dans sa gorge mince. Il avait peur pour elle, peur pour eux, peur pour tout ce qui ferait d’eux les émissaires fatigués de ce destin qu’ils avaient tant voulu et qui à cet instant n’était plus qu’une cruelle punition. Un accident brutal qui avait entamé ce fil solide qu’elle avait enroulé autour d’eux. Il ne la laisserait pas le briser ; il ne la laisserait pas sombrer dans le regret et la culpabilité. Pas alors qu’ils étaient enfin réunis, après des mois de solitude. Il avait vécu tous ces jours avec le spectre du regard sombre de sa femme posé près du sien ; sa main avait cherché tant de fois sa présence dans ses draps froids qu’il ne les comptait plus. Il fallait y mettre un terme ; plus rien ne comptait plus qu’elle, comme cela avait toujours été le cas. Il effaça sans remords la mission et tout ce qu’elle impliquait. Si elle faisait souffrir Lilith, alors ils n’avaient plus aucune raison de la poursuivre.

L’entendrait-elle ? Croirait-elle à ses paroles ? Il ne pouvait pas le savoir. Lorsque son visage se releva vers lui, il croisa un regard hanté de tant de fantômes qu’il se sentit soudainement submergé. Un noeud dans sa poitrine, comprimant son assurance feinte. Il tomberait avec elle, ou il la relèverait pour la voir courir et rire de nouveau. Il aimait son rire plus que n’importe quel autre son. La perfection de ses traits et la beauté de sa voix, il aimait tout ; et lorsque tout cela serait fini, ils partiraient loin. Plus jamais on ne les reverrait. Alors, il la serra plus fort contre lui ; murmurant ces promesses auxquelles elle ne croyait pas. Elle se noyait dans son désespoir, dans sa honte de lui avoir fait du mal. Mais il porterait chaque blessure avec fierté. Elles témoigneraient de leurs épreuves, et de leur force. Ils ne cèderaient ni à la peur, ni à la colère, ni aux regrets. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, il joignit le geste à la parole, accompagnant son regard fatigué par un autre, qui se voulut plus assuré que jamais.

Mais moi je m’en veux. Moi je ne pourrais jamais accepté ces blessures que je t’ai infligées. comment le pourrais-je ? Comment apprendre à vivre en sachant tout ça ?Tu le pourras, Cendre. Tu vivras à mes côtés de longues années encore et un jour, ces cicatrices ne seront plus que des anecdotes dont nous ne parlerons jamais, si tu n’en as pas envie. Je jetterais ces souvenirs au fond d’un puits si tu me le demandes. Je gommerais ces blessures, je ferai de ta vie un paradis plus beau que tous ceux que nous avons déjà connu. Il ne répondit d’abord rien. Ils partiraient ensemble, et un nouvel avenir se construirait autour de leurs mains liées. Ils avaient trente cinq ans tous les deux ; il n’était pas trop tard pour tout reprendre de zéro. Il l’épouserait de nouveau si elle le désirait ; il l’avait déjà fait. Il l’emmènerait dans une maison isolée de tout et de tous et ensemble, ils trouveraient de nouveaux rêves. Il en avait déjà certains en tête ; mais ce genre de sujet n’avait jamais été abordé. Pourtant, il l’aurait voulu.

Il aurait voulu lui murmurer comme il aurait aimé mélanger un jour son sang avec le sien. Voir des yeux sombres autres que ceux de son épouse le regarder. Des yeux d’enfant. Un souvenir d’eux lorsqu’ils ne seraient plus là, une trace d’un amour sans frontière et sans âge qu’il porterait sur son grand sourire à la pensée de ses parents. Leur métier ne l’avait jamais permis ; ils y avaient renoncé sans même avoir besoin d’en parler. Et pourtant, lorsqu’il la regarda, ce projet ne lui parut plus aussi fou que lorsqu’il en avait fait le deuil, les bras enroulés autour du corps fin de son épouse. Peut-être que les choses pouvaient changer encore une fois. Ils n’avaient plus besoin de missions ou de quoi que ce soit d’autre qu’eux pour être heureux. Je t’emmènerai loin d’ici, et alors ta vie ne sera plus qu’un second rêve duquel jamais tu ne te réveilleras.

Il parlait, et elle avait les larmes aux yeux. Il en cueillit une du pouce, sa main refermée sur sa joue. Ses yeux ne la quittait pas ; il était beaucoup trop heureux de la retrouver. Elle était brisée, soir. Il allait donc la réparer. La voix tremblante de chagrin de Lilith s’éleva dans la pièce ; et il eut soudainement envie de l’étreindre beaucoup plus fort. “ Je n’ai pas peur du futur lorsque je suis avec toi Halo. J’ai peur d'être hantée par ce que je t'ai fais” Elle l’était déjà. Il ne répondit rien d’abord, se contentant simplement de la fixer. Ses yeux clairs posés sur elle, à la recherche de cette fine particule d’espoir tremblant encore derrière ses paupières alourdies par la douleur ; et l’angoisse le submergea lorsqu’il ne la trouva pas. “ Il y a quelque chose de brisé, la. dans mon coeur.” Elle se saisit lentement de sa main, qu’elle pressa contre sa poitrine. Le geste, délicat, lui arracha un frisson ; incapable de dire le moindre mot, il ouvrit la bouche pourtant, dans l’espoir que son esprit s’apaise et qu’il trouve les paroles justes. Mas il ne fut capable que d’un murmure rendu rauque par l’émotion et la peur. “Lilith…” Il était rare qu’il l’appelle par son véritable nom ; pour lui, elle avait toujours été Cendre, ce petit bout de gamine au pantalon troué qui l’avait sorti à de nombreuses reprises du pétrin. Elle était un pilier solide, et alors que ses fondations s’effondraient, il ne trouvait pas les mots suffisamment forts pour que sa peur meure, pour que son angoisse s’apaise. Il les chercha, de toutes ses forces. N’osant la quitter des yeux alors qu’elle le regardait, cherchant désespérément les paroles rassurantes qu’il avait toujours si bien su murmurer à son oreille. Comment lui dire qu’il ne cesserait jamais de l’aimer ? Qu’elle aurait pu faire bien pire, et que cela n’aurait rien changé à cette évidence ?

C’était quoi les jours sans peur Halo ? Dis moi… C’était comment quand il n’y avait que nous ? Toi et moi. Contre le reste du monde.” Il caressa lentement sa joue, sa paume quittant son coeur pour venir se poser contre son visage. Elle était belle, dans la joie comme dans la douleur, dans la colère comme dans la terreur. Et là, elle était comme un verre de cristal venu s’écraser sur le sol. Elle n’était plus Cendre ; elle était Lilith. Cette petite fille solitaire que personne n’avait jamais compris mieux que lui. Cette fragilité qu’elle dissimulait chaque jour, à chaque instant. “ Réapprends moi. parce que je ne sais plus ce que je suis...” “Un jour sans peur est un jour comme celui-ci.” Les mots s’échappèrent de ses lèvres alors qu’elle relevait le regard vers lui. Il saisit ses deux mains qu’il pressa doucement, dans une volonté farouche de lui montrer que rien, ni personne, ne pourrait jamais lui retirer ce bienfait incroyable que la vie lui avait offert : elle. Son seul cadeau, le plus précieux qu’il ait jamais reçu.

C’est un jour où je te regarde et où je te trouve encore plus belle qu’hier.” L’une de ses mains quitta la sienne et vint errer en caresse volage sur son bras, remontant jusqu’à son épaule puis son cou. “Un jour où je vois les prochains défiler dans tes yeux et où je ne vois qu’un ciel clair et sans nuages.” Il lui sourit. Ses doigts vinrent délicatement cueillir son menton, relevant son visage blêmi par l’affliction. Il lui rendrait son rire, même s’il faudrait pour cela déchirer son âme en deux. Il lui aurait tout donné, pour voir ses dents blanches mordre de nouveau son existence à pleines dents. “C’est un jour où je croise ton regard, et où je me souviens.” Il lui suffisait de se rappeler de chaque instant passé à ses côtés. Saisissant sa taille, il l’entraina sur quelques doux pas de danse d’une musique silencieuse, berçant tendrement son corps de femme. “De chaque nuit où je me suis endormi près de toi en sachant qu’au matin, tu serais la première chose que je verrais. De chaque jour passé à tes côtés, de la parenthèse que dessine ton sourire au coin de ta bouche. De la lumière qui me porte à chaque fois que j’entends ton rire. De nos nuits qui ne s’achevaient qu’à l’aube, et où rien d’autre ne comptait que nous.” Rien n’était perdu. Le soleil se lèverait à nouveau. Il l’entraina doucement sur des pas qu’ils avaient dansé tant de fois ensemble ; la première était le jour où elle lui avait dit oui. “Rien ne va changer, Cendre… aujourd’hui est un jour sans peur parce que rien ne pourra ternir ma joie de t’avoir enfin retrouvée. Tu m’as tant manqué.” A chaque heure passé sans elle, à chaque minute sans sa présence rassurante et impétueuse. Elle était son ouragan, et dans l’oeil de ce cyclone, il avait trouvé son destin. “Tu es ma femme. Tu es à moi. Et je t’aime comme au jour où j’ai posé les yeux sur toi pour la première fois. Que le reste du monde aille se faire voir.” Et lorsqu’il se pencha près de ses lèvres, il lui insuffla en un baiser tout ce qu’il n’était pas capable de lui dire. Cet amour dévastateur qui en avait fait un muet face à sa silhouette de femme. Son bonheur de la tenir dans ses bras après tous ces mois à simplement l’espérer. Et ses yeux levés vers le futur, laissant le passé mourir moins d’eux.

Si son coeur était brisé, alors il arracherait le sien de sa poitrine pour le remplacer.



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Dim 5 Nov - 13:53


Elle avait mal. C'était comme respirer de l'ammoniaque a chaque fois qu’elle prenait une inspiration longue. Ça brûlait ses poumons et embrumait ses pensées d’une épaisse fumée noire impossible à dissiper. Lilith c'était le nom d’une guerrière qui était tombée au combat et qui se vidait lentement de son sang sur le champ de bataille. Il y avait des idées noires qui s'étaient faufilées sous son crâne et à présent elle se sentait tétanisée, délavé comme un drap passé sous la javel, l’esprit lavée par le plomb du revolver de l’infortune. Il y avait une blessure ouverte, infectant peau à peu sa chair d’un poison mortel : celui de devoir faire face à la créature destructrice qui faisait partie d’elle.
Jamais elle n’avait pensé devoir affronter l’hydre sommeillant là depuis tout ce temps. c’était quelque chose de tapis dans l’ombre, avide et assoiffé qui engloutissait chacune de ses croyances qui lui avait permis de garder la tête hors de l’eau. Lilith n’était plus de ces amazones qui savaient manier le glaive, elle était le titan difforme, rejeté et voué à tomber dans l’oubli, ne vivant que pour le désir mortel de prendre sa revanche. Et puis elle se sentait à l’étroit dans son propre corps à présent, étriquée dans un esprit meurtri par l’ombre de violence qui avait eut raison d’elle. J’ai failli à mon devoir. j’ai failli à mon honneur et pire que tout j’ai failli à l’amour que je te porte, Halo. J’ai le goût du sang dans la bouche, et la fureur qui gronde quelque part sous ma peau, déchainé à présent. J’ai longtemps cru que je pourrais retenir cette partie de mon être forgé de ravage et de désolation, mais mes mains sont écarlates à présent et la violence qui coule dans mes veines appelle à nouveau à la destruction. Je suis le chaos. Je suis le cataclysme. Je suis ma propre ennemie, je l’ai toujours été ; et aujourd’hui elle a gagné.

La brune baissa les yeux à nouveau et recula d’un pas, enfouissant son visage dans ses mains qu’elle secoua frénétiquement faisant voler sa chevelure ébène. Depuis que tout avait basculé, elle se voyait sans cesse au fond d’un gouffre, regardant un ciel aussi sombre et aussi menaçant que ses pensées. C’était toujours effrayant cet univers sans limite qu’était le désespoir ; jamais elle n’avait eut aussi besoin d’aide qu’à cet instant précis. Y’avait-il des rivages plus calme derrière cet ouragan de douleur ? Y’avait-il des cieux plus clément au dessus de ces nuages sombre qui obscurcissait l’horizon?
Elle abandonnait simplement. elle posait les armes à ses pieds. Elle, la guerrière qui n’avait jamais ployé le genou que pour jurer fidélité à sa foi, finissait par tourner le dos à ses propres dieux. De la miséricorde? En avaient-ils seulement eut pour elle? ça ne comptait plus à présent. Lilith, debout, tremblante n’était plus ce qu’elle avait été. L’espionne retirait ses cartes de la partie, sans réclamer ni gains ni joker dans ce jeu infernal auquel elle n’aurait jamais été gagnante. Et puis il y avait lui en face d’elle. Proche, trop proche, comme il l’avait toujours été. Elle releva un regard vers Halo avec un besoin nécessaire, vital de trouver une étincelle qui la rassurerait un peu. Elle y trouva un brasier. Halo l’avait aimé depuis l’instant où il l’avait vu. Il l’avait aimé dans le silence de ces années à passer l’un avec l’autre. Il l’avait aimé lorsqu’il avait cru à son indifférence. Il l’avait aimé assez fort pour lui offrir une place dans ce monde. Et il avait continué de l’aimer lorsqu’elle l’avait oublié, prêt à sacrifier sa vie pour elle. Au final, Halo avait toujours été la sève vivifiant ses racines, même lorsqu’elle n’y croyait plus.  C’était trop. Une larme coula le long de sa joue, à nouveau, Gabriel l’essuya de son pouce et se rapprocha plus dangereusement d’elle. Il y avait son odeur partout, infestant chaque particule d’air qu’elle respirait. Et les mots restaient toujours coincés dans sa gorge, prit au piège des regrets qu’elle avait tissé de sa culpabilité. Elle gardait les mots en elle, comme s’ils étaient rare et conjugua ses silences au pluriel de ses regrets. Regards, gestes, non dits ; tout ce langage qui n’avait besoin d’aucun sujet, d’aucun verbe et d’aucun complément. Le seul vocabulaire qu’elle ait toujours connu était celui qui éclatait les iris clair de Halo. et puis qu’aurait-elle pu dire de toute façon? Les mots ça ne répare jamais rien.

Un pas lui aurait suffit. Un seul pas vers lui pour s’écrouler dans ses bras et le supplier de de lui enlever cette ineffable sentiment de honte qui la rongeait. Mais la barrière des et si était bien trop forte. Et si elle n’avait jamais retrouvé la mémoire ? Et si elle avait continué de frappé ? Et si elle avait retrouvé la mémoire après avoir souillée son âme du sang de son mari ? Et si elle avait été plus discrète ? Et si… Et s’ils avaient choisit un autre rêve ?
Un court instant, Lilith imagina ce qu’aurait put être leur vie. Un goût amer inondant sa bouche. Ils n’auraient jamais eut cette adrénaline remplaçant le sang qui circulait sous leur peau, mais ils auraient eut une longue vie paisible dans un manoir en Irlande, peut-être entouré de quelques enfants qu’ils auraient choyés et aimés bien plus que leur force aurait pu le permettre. Jamais leurs mains ne se seraient déliées. Jamais leur promesses auraient été entâchés de ses propres erreurs. Cette vie là, c’était encore celle qui aurait pu la sauver des tumultes animant son coeur.

Comment en étaient-ils arrivé là? Il avait suffit de simples jeux et de promesses infantiles pour que le jeu devienne un rêve et ce rêve une vocation. Et maintenant que restait-il de ces choix ? Des miettes, et des désillusions implacables. Halo passa une main sur sa joue, et instinctivement, la femme ferma les yeux. Ma peau est froide, elle craque. Comme toutes ces choses que j’ai accumulé. J’ai le mal dans l’os. La misère dans la moelle. Je voudrais passer le balais sur mes idées noires mais elle se mêlent et s’entassent les unes aux autres. Et j’ai trop lavé mes rancoeurs de ces larmes qui ne cessent de couler.  Pourtant elles sont toujours aussi sales, pleines de ce goudron qui colmate ma peine. Il faut encore des larmes pour que tu me serres plus fort contre toi. Des larmes pour ne pas me noyer tout à fait. Des larmes qui seront comme l’écume de ces jours que nous aurions pu avoir.

“Un jour sans peur est un jour comme celui-ci.” Il lui saisit les mains et Lilith laissa échapper un hoquet. “C’est un jour où je te regarde et où je te trouve encore plus belle qu’hier.” La caresse que l’homme perdit sur sa peau déclencha quelques frissons le long de l’ échine de la brune. “Un jour où je vois les prochains défiler dans tes yeux et où je ne vois qu’un ciel clair et sans nuages.” Les doigts graciles d’Halo relevèrent son menton, Lilith se laissa convaincre par ce sourire qu’elle aimait tant. Il était incroyable cet homme. Si doux et si carnassier à la fois lorsqu’il s’agissait de réparer les éclats tranchants qui lacérait son âmes en plusieurs morceaux.  “C’est un jour où je croise ton regard, et où je me souviens.” Il la rapprocha de lui, et une larme s’écoula à nouveau sur sa peau fade et desséchée. Il la fit tourner d’un pas dansant, comme ils l’avaient fait de nombreuses fois à la demande de l’espionne.  Elle se souvint de leur mariage ; du monde qui s’était eclipsé à l’instant même où il l’avait entrainé dans cette valse douce et incroyablement vibrante d’amour. Elle se souvint de cette danse qu’elle lui avait volé encore, lorsqu’ils avaient échangé une fois de plus leurs voeux. Et elle se souvint de toutes ces fois où, sans aucune raison, elle lui avait prit la main au milieu de leur salon pour danser jusqu’a en avoir le tourni.
De chaque nuit où je me suis endormi près de toi en sachant qu’au matin, tu serais la première chose que je verrais. De chaque jour passé à tes côtés, de la parenthèse que dessine ton sourire au coin de ta bouche. De la lumière qui me porte à chaque fois que j’entends ton rire. De nos nuits qui ne s’achevaient qu’à l’aube, et où rien d’autre ne comptait que nous.” Ses mots étaient comme un baume adoucissant ses moeurs. La chaleur de ses paroles effrayèrent la glace plantée en stalactite dans son coeur gelé par l’amertume.
“Rien ne va changer, Cendre… aujourd’hui est un jour sans peur parce que rien ne pourra ternir ma joie de t’avoir enfin retrouvée. Tu m’as tant manqué.” Et il lui avait manqué aussi. ça avait été insoutenable. Il n’y avait plus eut de lune dans la nuit. Plus de soleil dans ses jours. Et sa vie avait ressemblé à un puit noir sans fond. Lorsqu’Halo n’était pas là, il n’y avait rien pour rallumer les étoiles de son ciel.
"Tu es ma femme. Tu es à moi. Et je t’aime comme au jour où j’ai posé les yeux sur toi pour la première fois. Que le reste du monde aille se faire voir.”
Il se pencha. Et elle le laissa faire. Elle n’avait plus la force de se flageller, ni celle s’échapper du bonheur qu’il lui offrait à nouveau ; en offrande de tout ce qu’ils avaient vécu ensemble. La douleur, il fallait qu’il la prenne, qu’il la plie et qu’il en fasse un origami pour que plus jamais elle n’en ai peur. Les lèvres chaudes de Gabriel rencontrèrent les siennes, et son coeur se mit à battre plus fort encore qu’il ne l’avait jamais fait. Lilith aspira la vie au travers de son haleine qui lui insufflait pour ne pas qu’elle s’étouffe. Ses bras s’enroulèrent autour de son cou et ses mains cherchèrent désespérément un point d’ancrage contre ses épaules.  Il lui donnait tout ce qu’il avait, et dans ce baiser, elle sut que tout ce qu’il avait c’était elle.

Lilith s’arracha à la bouche de son mari, difficilement et laissa une main fébrile se poser contre sa joue pour le regarder comme si elle le voyait pour la première fois. La brune balaya son visage, apprenant à nouveau chaque pore de sa peau, chaque glacis dans ses yeux, chaque courbe de son sourire. La bonté était inscrite sur chacun de ses traits, l’amour dans chacun de ses regards. “ Après tout ce temps… Mon coeur bats toujours la chamade à chaque fois que tu me touches.”  les larmes continuèrent de couler, elle ne les sentaient plus désormais. “ J’ai eu peur Halo.” et ses lèvres effleurèrent les siennes à nouveau. “ Comment j’aurais fais sans toi? Et comment le monde il aurait fait sans toi? Il serait tombé en ruine. Y’a rien qui fonctionne quand tu n’es pas là.”  les mains de l’irlandaise glissèrent le long du cou de l’homme. “ Et je….” Elle fut prise de l’envie soudaine de vivre sous son regard. D’incendier ces pensées venimeuses acidifiant son esprit et de se relever, de s’échapper, de brûler plus fort. “ Embrasse moi encore. Sauve moi comme tu as toujours sut le faire.” Il y avait la fureur de vivre griffant son âme lorsqu’elle le serra un peu plus fort contre son corps. “ Si je suis à toi. Il faut que tu me répares de tes mains. Il faut que tu me façonne de tes baisers. Que tu me montres où est ma place… à nouveau.”  Et pour la première fois, de murmurrer, suppliante : “ s’il te plait. fais moi oublier le monde.”  


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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 9 Nov - 22:56

Toi et moi, contre le reste du monde.

C’étaient ces mots secrets qu’ils avaient gardé en mémoire comme les promesses d’un autre temps, d’une autre époque. Ils n’étaient que des enfants, assis en tailleurs dans une cabane de bois perchée dans un chêne centenaire. Dans le parc de la maison familiale des Whelan, ils avaient signé ce pacte de sang sans savoir qu’il resterait vif et éternel pour le reste de leur vie. Il se souvenait de la morsure du couteau sur sa paume, des yeux sombres et déterminés de cette petite fille face à lui qui le regardait, qui lui disait qu’elle n’avait jamais rencontré plus courageux que lui. Il se rappelait des gouttes de sang sur le plancher. Il se rappelait de ce serment qui les avait ensuite liés profondément pour les années à venir ; ils s’étaient jurés que rien ni personne ne pourrait jamais les séparer. Des promesses d’enfants que personne ne tenait ; mais eux l’avaient fait. Ils avaient traversé le temps, main dans la main, leurs paumes liées à jamais par des promesses auxquelles ils avaient toujours voulu croire. Elle et lui, contre le monde et lui, elle et lui face aux vents, aux tempêtes, aux épreuves. Elle et lui pour vivre leurs rêves et y croire de toutes leurs forces, cette terrible volonté d’avoir enfin un point de repère solide, une épaule sur laquelle se reposer lorsque les temps étaient trop durs.

Il avait tout vu d’elle, il avait connu chacune de ses expressions. Il avait connu ses larmes, ses rires, il avait connu sa rage et sa désillusion, il l’avait vue pleine de courage et parfois, emportée par le poids des responsabilités. Il l’avait soutenue et elle avait fait de même. Les aiguilles de la montre s’étaient si souvent arrêtées pour eux qu’il avait cessé de la regarder. Toi et moi, contre le reste du monde. Et ils avaient mis ce monde à genoux, pour eux, et pour tout ce qu’ils avaient eu à bâtir. Ils avaient construit un ciel à leurs couleurs, et ne juraient plus que par leurs regards ; ce petit garçon était déjà fou d’elle à l’époque, et c’était toujours le cas. Lorsqu’il la regardait, il revoyait son jean troué, son air de garçon manqué. Elle était devenue une femme magnifique, mais dans son coeur, elle était toujours là. Cette enfant qui lui avait souri et qui lui avait donné une raison de se battre. Celle qui à présent lui faisait face et vacillait, chutait au sol. Il était là pour la rattraper. Il serait toujours là pour la rattraper. Parce que sans elle, la vie ne valait pas la peine d’être vécue, et il le savait ; il avait déjà manqué de la perdre par deux fois. Il n’en tolèrerait pas de troisième. Son regard caressait lentement son visage, étudiait ses traits affaissés par le chagrin et le regret. Elle était belle, sa femme, dans la joie comme dans l’adversité. Elle était belle, quand elle se laissait emporter par sa danse silencieuse, lui qui n’avait jamais aimé cela mais qui le faisait quand même pour elle. Il aurait voulu tout lui promettre. Mais la seule chose qu’il pouvait encore lui jurer, c’était qu’il ne laisserait plus rien ni personne les séparer désormais.

Il la faisait tourner dans la pièce sombre, au milieu du grondement de la guerre et des responsabilités qu’ils devraient tenir à un moment ou à un autre. Il la faisait danser pour effacer le paysage morbide qui s’étendait sous ses yeux noirs, la peur, la mort, la douleur, la torture, la souffrance. Il gomma tout ce qu’elle avait vu, tout ce qu’elle avait fait, pour lui rappeler que sa vie n’était pas là, elle était ailleurs avec lui. Que cela finirait par se terminer et que ce jour-là, ils reprendraient le cours de leur existence sans se soucier de savoir si c’était bien ou mal. C’était eux. Il l’aimait à en mourir. Et il ne laisserait rien ni personne la lui prendre. Lentement, il laissa son parfum envahir ses sens, ses lèvres de femme caresser doucement les siennes. Il laissa le monde là où il était, et n’accorda d’importance qu’à la caresse de leurs visages. Parce que c’était la seule chose qui comptait. Parce qu’elle faisait mourir tout le reste. Parce qu’elle était magnifique. Et parce qu’elle lui appartenait encore.

La paume chaude de sa femme se posa sur sa joue, et il ferma les yeux, quelques secondes. Elle lui avait cruellement manqué. Leurs visites secrètes par le  biais de la montre avaient été beaucoup trop rares, et ne rattrapaient jamais cette absence qu’ils avaient essuyé comme une terrible tempête. Lui qui avait pris l’habitude de se lever chaque matin à ses côtés, n’avait pas supporté l’angoisse de cette terrible séparation. La retrouver après tout ce temps le faisait presque trembler. “ Après tout ce temps… Mon coeur bats toujours la chamade à chaque fois que tu me touches.”  Il en était exactement de même pour le sien. Elle lui avait beaucoup trop manqué, c’était comme au premier jour. Comme la première fois qu’il avait osé lui avouer la vérité, simplement pour voir briller son regard autrement, simplement pour s’assurer qu’elle n’en aimerait jamais aucun autre que lui. “ J’ai eu peur Halo.” “J’ai eu peur, moi aussi.” chuchota-t-il du bout des lèvres, à quelques encablures des siennes. Il pouvait sentir son souffle contre ses joues. Il l’avait vue disparaître, et son monde s’était effondré. Il s’était senti partir, loin, si loin qu’il en avait perdu toute notion du temps et de l’espace. Le manque d’elle s’était fait plus fort encore que jamais, alors qu’il avait fini par la croire morte. La retrouver ensuite avait simplement été le plus immense des soulagements. Six jours après. Six jours à l’attendre désespérément.

Comment j’aurais fais sans toi? Et comment le monde il aurait fait sans toi? Il serait tombé en ruine. Y’a rien qui fonctionne quand tu n’es pas là.”  ses mains glissèrent le long de son cou, lui arrachant un frisson presque douloureux. Sans elle, sa vie n’aurait plus aucun sens. Il la dévora du regard soudain, comprenant enfin qu’elle lui était revenue, qu’elle était à lui. “ Et je….” “Cendre…” Il connaissait ce regard. Il savait parfaitement ce qu’elle voulait. Il savait que c’était dangereux, que n’importe qui pourrait ouvrir la porte. Pourtant, ses yeux noirs brillaient de promesses ; depuis combien de temps n’avait-il pas pu poser les mains sur elle, serait-il encore capable de se souvenir de sa silhouette ? “ Embrasse moi encore. Sauve moi comme tu as toujours sut le faire.” Ses mains s’accrochèrent à ses épaules, plus fort, et il sut qu’il ne pourrait jamais lui dire non. Pas après tout ce temps, pas après tous ces mois à l’espérer, à l’attendre, à rêver d’elle et son corps endormi près de lui, le parfum de ses cheveux bruns, la beauté de son sourire. Il sut qu’il ne lui refuserait jamais cela. Alors, l’attirant par les hanches, il la rapprocha lentement de lui. La danse s’interrompit aussitôt, dans un coin de la pièce. Dans cet endroit, il lui avait souhaité une vie longue et heureuse, en silence. Et c’était ce qu’elle aurait. C’était ce qu’ils voulaient, tous les deux.  “ Si je suis à toi. Il faut que tu me répares de tes mains. Il faut que tu me façonne de tes baisers. Que tu me montres où est ma place… à nouveau.”  Elle était auprès de lui, sa place, elle l’avait toujours été. Il n’aurait jamais supporté qu’elle en prenne un autre à son bras, elle qui était toute sa vie, son seul bonheur, son seul espoir. Il n’aurait jamais supporté la vue d’un homme à ses côtés qui la tienne comme il la tenait, lui, protecteur, possessif. Jamais il ne lui refuserait cette supplique, il en avait beaucoup trop besoin, lui aussi. “ s’il te plait. fais moi oublier le monde.”  Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Il se précipita presque contre elle, empressé, tout calme évanoui quand il la sentit frémir et répondre avec fièvre, les mains accrochées à ses cheveux, à lui corps et âme sans concessions, sans conditions. C’était simplement la continuité des choses. Elle, et lui, contre le reste du monde.

D’un geste, il la repoussa contre le mur. Son dos rencontra la pierre froide, mais c’était presque comme si elle ne sentait rien au vu de la rage qu’elle mettait à défaire le noeud de sa cravate, les premiers boutons de sa chemise. Il pouvait sentir son parfum sauvage, sa peau trop chaude, il pouvait voir ses yeux sombres le transpercer de part en part. Il l’aimait comme un fou, jusqu’à la déraison. “On va partir. Toi et moi.” Ils referaient le tour du monde, ils iraient voir les pays qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de connaître. Ils marcheraient dans des lieux solitaires, ils oublieraient ce qu’ils avaient vu. Il construiraient un avenir. Ils en avaient encore le temps. Accroché à sa bouche, il laissa ses mains dériver sous un vêtement beaucoup trop inutile à ses yeux, les paumes en caresses lentes sur son ventre de femme. “Je pourrais t’épouser une troisième fois. En Chine peut-être. Ou au Tibet. Ou en Islande.” Et fonder une famille. Il n’avait jamais osé mentionner cela, il n’avait jamais osé lui dire que ça le pesait, maintenant, à trente cinq ans de s’apercevoir que leur métier ne lui donnerait peut être jamais l’occasion de goûter à la paternité. Il n’imaginait aucune autre qu’elle pour tenir ce rôle, mais le voudrait-elle ? Jamais ils n’en avaient parlé. Pourtant, quand il se détacha d’elle, il le lui hurla presque en supplique. En silence, dans ses yeux, il lui murmura tout ce qu’il lui avait tu pendant des années. Son souffle se coupa quand il sentit sa veste glisser au sol, retirée par des mains habiles, empressées. Un sourire plein de joie illumina son visage. Elle était magnifique.

Lentement, son visage descendit contre sa gorge blanche. Son nez passa sur sa peau nue, chaude, et son odeur lui arracha un long frisson. Il laissa ses dents trainer contre son épaule, prenant lentement appui contre le mur pour la faire prisonnière, plus forte, plus vite. “Tu es à moi, Lilith Whelan. Je ne laisserai rien ni personne te séparer de moi. Plus jamais. Plus jamais…” enivré par elle, par sa peau, ses mains, son corps contre le sien, il balbutia la dernière phrase avant d’abandonner. Lentement, il la fit glisser jusqu’au sol. “Plus jamais.” un dernier murmure. Et sa raison s’évapora. Sa peau nue frissonna de froid lorsqu’elle jeta sa chemise un peu plus loin. Pour un temps, ils allaient simplement oublier qui ils étaient.



   
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Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Dim 21 Jan - 11:54


Elle aurait voulu remonter le temps. Retourner voir ces deux enfants qui, jadis, n'avaient que ce rêve en tête : devenir des espions. Elle aurait voulu leur dire que ce rêve deviendrait leur cauchemar s'il le suivait sans limite et que comme Icare ils finiraient par se brûler les ailes à trop vouloir se réchauffer près du soleil. Ils avaient été sots de croire qu'ils seraient assez fort pour supporter cette séparation :après tout ils n'en avaient jamais été capable en 30 ans. Lilith s'était accrochée à Halo toute sa vie durant, et il était devenu le gardien de chacun de ses soupirs, chacune de ses pensées.  Elle n'avait jamais eu besoin de quoi que cela soit de plus et aujourd'hui elle payait le prix fort de cet écart de conduite. C'était pourtant prévisible : seule, elle n'était rien de plus que Lilith, la jeune femme perdue, éteinte alors qu'aux côtés d'Halo elle était Cendre, la guerrière intrépide et impitoyable qui ne reculait devant rien tant que sa main tenait la sienne.
C'était ainsi que ça avait toujours fonctionné entre eux : il était la force qui battait dans son coeur. L'essence même qui abreuvait ses veines d'assez de courage pour faire face à tout les ennemis du monde, le glaive levé vers le ciel, des chants de guerre pleins la bouche et la volonté de vaincre gorgeant son corps. Cendre avait toujours eut ce feu destructeur ravageant ses doutes capable d'asseoir n'importe quelle conviction par la seule force de sa poigne, trouvant sa source dans le regard de l'homme qui avait bien voulu parcourir le chemin avec elle.

Puis, on lui avait arraché sa raison d'être, comme ça, sans qu'elle ne soit prête.  

Sans lui, elle avait été privée de tout ses sens : comme aveugle, obligée d'errer à taton dans le noir à la recherche d'un refuge où se cacher en attendant la fin à la manière d'une bête blessée. Et maintenant elle ressemblait à ces poupées désarticulées qu'on laissait pourrir sur le recoin d'une étagère et dont on avait finit par oublier l'existence. Son air cassé avait déteint sur ses pommettes, et elle se sentit soudain fracassée, abîmée jusque dans l'os. Il y avait tant de choses qu'elle aurait voulu lui dire à cet instant précis, lorsque son regard croisa le sien : lui demander pardon d'abord, et ensuite le supplier de l'éloigner de cette misère qu'elle n'était plus capable de supporter. Parce que lui seul était capable de rapiécer les pièces déchirées qu'elle portait sur elle en haillon dans son âme. Ça faisait mal. Et puis ça cognait sous sa peau. Ça laissait des entailles sanglantes qui ne cicatriseraient jamais vraiment.  
Tétanisée, assommée par les voix en échos dans sa tête, Lilith faisait face à la détresse ; pour la première fois de sa vie, il y avait la noirceur qui déchirait ses idées jusqu’à ce qu'il ne reste que des pensées pourpres dans son crâne. L'échec. La débâcle. L'indicible sentiment d'avoir fait naufrage, d'être à la dérive sur des flots inconstants et de ne rien pouvoir faire pour tenter de retrouver un cap. Lilith avait la sensation de ne plus appartenir à ce monde, d'en être totalement détachée, étrangère en tout point. A l'instant T, l'espionne ne comprenait plus ces guerres qui faisaient rage et pour lesquelles elle s'était battue toute sa vie. Il n'y avait rien. Rien que cette affliction funeste qui se répandait dans son sang et envenimait toute sa raison d'un poison mortel dont elle n'avait aucun antidote. Se laisser aller au chagrin. Ne pas lutter. Faire que tout s'arrête, tout s'estompe et  oublier cette honte qui lui martelait l'esprit.

Elle avait été incapable de sauver ces enfants, prisonniers du laboratoire ; et leurs cris résonnaient encore dans sa tête faisant vibrer sa culpabilité jusqu’à ce que son âme toute entière en soit lacérée. Incapable d'aller au bout de ce qu'elle s'était promis d'accomplir avec force et dignité. Incapable de se sauver elle même.
Il y avait le silence qui s'imposa entre eux. Lourd. Fécond de regrets. Et terriblement affligeant laissant en suspend tout ces non dits qui ne trouveraient jamais leur place dans les paroles de la brune. Foudroyée par des milliers de stridulations, Lilith n'osait poser son regard sur l'homme qui se tenait face à elle.  Il y avait quelques diables malicieux qui dansaient dans ses iris sombres et dont elle était bien incapable de repousser dans leur pandémonium. Il y avait aussi des fantômes qui hurlaient, prisonniers dans les rétines dilatées par la peur que la jeune femme offrait en armistice de son existence.

C'était étrange de voir à quelle vitesse la honte s'était propagée en elle. Une épidémie qui l'avait contaminée et développait sous son épiderme un virus mortel, incurable. Une agonie lente et douloureuse qui lui collait à la peau depuis qu'elle avait été réanimée de ce semi sommeil dans lequel l'ennemi l'avait plongée. Après ce jour, elle ne serait plus la même, c'était une certitude. Le givre. La glace. Et l'implacable hiver. Qui suis-je à présent ? On l'avait traquée. On l'avait blessée en plein coeur. Et elle s'était laissée vidée de son sang lorsqu'elle avait elle même attaqué le mauvais bourreau.
Pourtant elle s'accrocha à son regard pour ne pas sombrer. Espérant qu'il referait le pleins de sérotonine dans sa tête et raviverait la flamme essoufflée quelque part dans son coeur. Il pouvait encore la sauver. Il pouvait encore la tirer des limbes dans lesquelles on l'avait jetée. Parce que dans ses yeux à lui, il y avait l'envie vorace et pugnace de la faire revenir d'entre les morts, de ressusciter tous les rêves qui s'étaient effacées de ses prunelles. Fais moi revenir. Ranime la courbe de l’encéphalogramme de ma vie. Reprend ta place et déchire ces heures que j'ai passé sans tes mains pour tenir les miennes. Pendant longtemps ils avaient essayer de changer le monde. Aujourd'hui elle s'apercevait qu'il n'y avait absolument aucun moyen de le faire tourner dans le bon sens : parce que c'était trop tard, il était bien trop corrompu, avilie et salit par ce que l'humanité en avait fait.


Ne restait qu'a rejoindre leur univers. Celui qui n'admettrait aucune autre présence que la leur. Les yeux de la femme fouillèrent ceux de l'homme, suppliant d'en finir avec tout ces châtiments qu'elle s'imposait pour ne pas avoir à affronter la réalité. La dernière supplique franchit le bout de ses lèvres en murmure éraillé. Et l'instant d'après celle d'Halo scella une promesse contre sa bouche. Ce fut comme si une décharge électrique venait de traverser son corps pour la piquer de part en part dans sa chair afin de réveiller sa peau engourdie de son absence. L'écho de ces heures passées à griffer la nuit de leurs étreinte résonna dans sa tête et elle s'abandonna simplement à ce serment qu'il   prononça dans le silence de son baiser imprégné de fièvre. Il y aurait bien un matin, mais ils ne seraient pas là pour le cueillir. Pas cette fois.
A nouveau, Lilith sentit battre la vie sous son épiderme. Et ça explosait en milliers d'éclats dans l'intégralité de son corps qu'elle laissa choir contre le torse de l'homme lorsqu'il la repoussa contre le mur derrière elle.  Alors,  les mains fébriles de l'espionne cherchèrent à arracher le nœud autour du cou d'Halo, reprenant l'assurance qui lui avait toujours été propre. Il lui lança un regard enflammé et elle ne put que se perdre dans son parfum en réponse à la brûlure qui lui lécha le bas ventre. Il était magnifique : Lui, qui était si souvent venu marcher dans chacun de ses fantasme et dont elle avait peint chacune des nuances une fois le sommeil envolé. Lui qui l'avait suivit dans chacune de ses danses pourpres jusqu’à ce que leur raisons vacillent. Il était le seul nom qu'elle connaisse, bien plus fort que le sien. Le seul nom qu'elle avait gravé dans chacune des cellules de son corps pour inonder   ses veines et gorger ses tissus fibreux de lui. Halo. Un nom dont elle se souvenait à présent que son esprit était corrompu par l'appel de sa bouche, de ses mains pressantes sur ses hanches et de ses yeux qui la dévorait. «  On va partir, Toi et moi. » Elle bu la promesse, assoiffée de lui et de ce qu'il lui jurait contre ses lèvres avides. Lilith ferma les yeux en se laissant embraser par l'incendie ravageant chacun de ses sens. Lorsque les mains de l'homme la débarrassèrent de ses vêtements, elle perdit définitivement pieds. «  Loin. » chuchota t-elle au creux de son oreille en traçant du doigts quelques sillons sur sa gorge déployée contre laquelle elle sema des baisers et des caresses lascives. « Je pourrais t'épouser une troisième fois. En Chine peut-être. Ou au Tibet. Ou en Islande. » N'importe où. Ça n'avait pas la moindre importance. Rien n'avait jamais eu la moindre importance lorsqu'ils avaient été tous les deux. Elle avait mit longtemps à le comprendre, désormais elle ne voulait que d'une vie imprégnée de lui et de rien d'autre. Construire leur royaume loin de la folie humaine, loin de ce fanatisme qui n'apportait qu'horreur et destructeur. Lui donner un fils qui aurait ses yeux. Où une fille qui aurait son regard.

Ses yeux croisèrent une fois de plus les siens, et elle sut dès lors qu'ils étaient comme connectés. Le temps se suspendit à leur mains empressées d'eux. L'espace se disloqua autour d'eux. Plus rien n'existait à présent. Il lui fallu un seul geste pour le débarrasser du reste de tissu qui recouvrait son corps. Et déjà, elle enroula ses jambes autour de sa taille pour le faire prisonnier de son corps alangui contre la pierre. Une main ferme passa derrière la tête de Gabriel pour le ramener vers son front contre lequel elle colla le sien, la respiration saccadée. «  Tu es à moi, Lilith Whelan. Et je ne laisserai rien ni personne te séparer de moi. Plus jamais. Plus jamais... » Des frissons se répandirent sur la courbe de son dos nu. Toute son âme le réclamait. Si fort. Plus fort. Le coeur cognant contre sa cage thoracique, Lilith écrasa sa bouche sur ses lèvres salées, le suppliant d'en finir avec cette attente presque douloureuse de lui. Délivre moi, maintenant. Le ventre lacéré par un désir ardent de se fondre dans son odeur et coudre son âme à la sienne, indéchirable, la femme jeta les derniers bris de son chagrin dans les affres de l'oubli. Sans un mot de plus, heurtée par les soupirs corrosifs d'Halo, Lilith se laissa tomber sur le sol, la raison griffées de convoitise, l'haleine brûlante se perdant sur le cou de son amant. «  Plus jamais. ». Dans ses bras, il n'y avait rien qui ne puisse l'effrayer. Dans ses bras, elle savait se perdre pour mieux se retrouver. Dans ses bras, elle savait qui elle était parce que c'était là qu'avait toujours été sa place quoi qu'il se passe. « Appartiens moi, comme si c'était la dernière fois. » Un murmure, incandescent. Le besoin irascible d'être à lui.

Les mains d'Halo passèrent sur ses hanches pour l'arrimer plus fort à lui. Instintinctivement, la brune courba l'echine pour offrir sa poitrine en offrande à sa bouche languissante qui déjà s'evertuait à apprendre chaque détail de sa peau moite, en manque de lui. les ongles de la femme griffèrent la surface humide du dos d'Halo laissant une trainée rouge le long de sa colonne vertébrale alors qu'un râle chaud s'échappait de sa gorge. Elle se fit fauve entre ses bras, sauvage, libérée de ces chaines qui l'avait retenue trop longtemps. Ses cuisses frémissantes se serrèrent contre  le bas ventre de l'homme qui l'observait, l'oeil incendiaire prêt à en découdre avec cette frénésie qui s'était emparée d'eux. L'espionne perdit une caresse sur le front de d'Halo et s'accrocha à ses iris bleutés  lorsqu'elle esquissa les premiers mouvements de cette danse qui les emporteraient au-delà de ce monde. Elle sentit les muscles de l'homme se raidir contre elle, tremblants. Elle sentit son bassin s'agiter de spasmes et elle ferma les yeux, contractée par l'exaltation qu'il semait au creux de ses reins «  Ne t'arrête plus. » Parce qu'il lui faisait tout oublier. Parce qu'il gommait toutes ses peurs. Et parce qu'il était la seule liberté qu'elle connaisse.

Je suis Lilith Whelan. Je suis à lui.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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I Won't give up ( Gabrilith II)

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