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 I Won't give up ( Gabrilith II)

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♔ DURA LEX SED LEX
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♔ DURA LEX SED LEX

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 4 Avr - 1:35




Les nuages se rapprochaient. Vite. trop vite. Mais son attention s'était déjà détaché du paysage changeant. Pourtant, il semblait que ce qui se tramait au dessus de sa tête traduisait des émotions qui la subjuguait. Des nuages noirs. Menaçants. Sombres. Dangereux. Comme ce qui brillait au fond de ses prunelles, à elle. l'air était vibrant, emplie d'une énergie électrique qu'elle n'avait jamais ressentie. Mais peut-être était-ce parce qu'elle ne se souvenait de rien. Oui. Peut-être était-ce cela. Lilith était Orpheline du passé. Orpheline de sa propre identité qui avait filé entre ses doigts. Mais malgré tout ça, il y avait quelque chose qui lui appartenait : le présent.
Alors les nuages pouvaient bien danser au dessus de sa tête dans cette noirceur infinie et vaporeuse. Le ciel pouvait bien s'écrouler sur elle à présent, peu lui importait parce qu'au final, ce moment lui appartenait et la ferait sentir vivante.  Pas morte. Pas dénuée de cette vie qu'elle avait laissé là bas dans les méandres de sa mémoire. Mais vivante. un mot qu'elle voulait comprendre, là tout de suite, entourée par les épais nuages. Là tout de suite, sous le regard sombre de l'inconnu qui la fixait sans encombre.

l'air vibrait. Electrique. Frémissant. ça lui donnait du courage, le courage de faire face à ce monde dans lequel il n'y avait pas de place pour elle. Tant pis ; s'il fallait prendre, elle prendrait par la force, par le sang, par les larmes. Lilith - parce que c'était le nom qu'on lui avait donné - n'abandonnerait pas. Lilith - parce que c'était un nom qu'elle devrait porter comme un glaive face à tous les Dieux qui s'opposerait à elle - montrerait à tous qu'on pouvait  avoir été en enfer et en revenir plus vivant que jamais. Il n'y avait rien, absolument rien qui la retiendrait de brûler et d'emporter avec elle tout ceux qui se placerait sur sa route. Parce qu'elle n'avait rien. Parce qu'en vérité elle était une morte, animée par des desseins qui lui échappait. et c'était affreusement douloureux, elle avait cette impression d'avancer avec une épine enfoncée dans le pieds.
Il lui fallait tout balayer : Ses faiblesses, elle les cacherait. Ses failles, elle les renierait. Elle n'avait pas le choix, il en allait de sa vie. Et si elle était perdue, alors elle retrouverait son chemin c'était aussi simple que cela. Et il y avait un trou béant dans sa poitrine. Quelque chose qui la rongeait et la consumait de l’intérieur sans qu'elle ne sache l'expliquer. Elle avait mal. Terriblement mal et la souffrance se propageait jusque dans sa bouche dans laquelle elle pouvait goûter l'amertume de l'oubli. Et cette tristesse, le seul moyen qu'elle avait trouvé pour le dissimuler : c'était la lutte. Prendre et ne laisser que des miettes.
Et ça commencerait avec lui s'il s'opposait à elle.

Il avait le regard perdu. Quelque chose s'était brisé en lui, elle aurait pu parier sur ça. Elle le connaissait d'avant, c'était une certitude. Quant à la nature de leur relation, elle n'en avait pas la moindre idée. Ce qu'elle savait néanmoins c'était qu'ils n'étaient pas dans le même camp. Elle ne l'avait pas vu aux côtés des assaillants et elle ne ressentait pas une forme de magie particulière vibrer en lui ; il n'était pas un de ces voleurs. Il était quelqu'un d'autre. Asphalt lui avait expliqué la situation, elle fouilla dans son esprit pour déduire le camp dans lequel il était.  S'il se baladait dans le château ainsi, tout seul, allant à son encontre sans lui tendre de piège, il ne pouvait être qu'un insurgé. Un autre voulant récupérer ce qui avait été volé. Lilith n'avait pas bien comprit en quoi ce conflit les concernait, mais peu importait : elle ne devait pas lui fournir d'information et devait se méfier de chacune de ses paroles.
Mais il y avait quelque chose chez lui. ça lui retournait les entrailles, griffait les parois de ses intestins, piquait ses pensées meurtries par la vision de cet homme qui avait titillé ses sens. Et la tristesse fulgurante revenait à grand galop s'incruster dans son coeur.  Elle était partagée. Partagée entre l'envie de croire qu'il pourrait l'éclairer sur ce qu'elle était et le besoin de s'en aller en courant pour ne pas avoir à l'affronter. elle ne ferait ni l'un ni l'autre. Au lieu de ça elle l'observa. Longuement. l'analysa sous toutes ses coutures. Il paraissait fatigué et pas de cette fatigue physique dû au manque de sommeil. Non, cette fatigue qui retournait l'esprit et brouillait les sens, s'accumulant peu à peu sur la peau, dans le regard et sur tout ce qui était vital. Cet homme là, n'était plus que l'ombre de lui même. Alors c'était cela que faisait cette guerre? Elle effritait même un homme incroyablement beau? Parce que sous ses traits tirés, sa barbe de trois jours, son teint cireux, ses cernes marquées, Lilith devinait un bel homme. Peut-être même celui qu'elle avait aperçu dans son esprit quelques minutes avant. Elle n'en était pas sûre. Il était different. elle n'etait pas sûre que ce soit lui.
Pendant un court instant, elle aurait été prête à le croire sur parole. Mais la vraie raison de sa présence ici la gifla de plein fouet, lui rappelant qu'il y avait une bataille qui se profilait. Et qu'elle n'avait pas d'amis ici. Même s'il la connaissait. Il n’était pas de son camp.
Quelle sotte. Se laisser aller ainsi. être bernée par sa mémoire lui faisant défaut. se laisser happée par la voix de l'inconnu et les flash qui lui été parvenu. Mais si vraiment ils se connaissait d'avant, où diable était-il à son réveil? Pourquoi n'était-ce pas son visage à lui qu'elle avait vu en premier? Une seule réponse possible : parce qu'il mentait dans la place qu'il semblait vouloir s'octroyer. et si... il était responsable de tout ses maux qui la rongeait?
ça l'enerva. Un peu. Elle détestait qu'on se plume sa tête. Elle s’énerva contre elle même d'avoir été influencé par le regard de l'homme alors qu'elle aurait du rester sur ses gardes. Il s'en balançait de savoir comment elle allait. Il s'en fichait bien qu'il y ait un Banshee qui crie au fond de son coeur. Il n’était pas là pour ça. Il se servait simplement de l'écho qu'il avait eu dans sa vie passé pour en tirer profit. Pourtant, il savait qu'elle n'avait plus sa mémoire : c’était indéniable. Mais comment? Qui?
"Une menace, Lilith ? Ecoute-toi..." Elle raffermit un peu plus la prise sur sa baguette et fuit le regard de l'Homme. Elle n'arrivait pas à le soutenir pour l'instant. N'arrivait pas à croire qu'elle avait été si bête malgré les multitudes de conseils qu'Asphalt lui avait donné. Il se recula et elle n'eut pas le coeur à l'accompagner dans son pas pour garder la proximité. Alors, elle leva un peu plus haut sa baguette, gardant la face malgré la peine qui s'insinuait dans tout son être sans qu'elle n'en comprenne une quelconque signification. "Et si je n'accède pas à ta demande, tu vas me jeter un sort ? Je serais curieux de te voir le faire. Être menacé par toi, c'est bien une première." Elle se figea. Et elle serra la mâchoire. Ne pas savoir la rendait dingue. Elle ne comprenait pas, ne comprenait plus et sa tête lui tournait. " Ne me tente pas. tu ne sais pas ce dont je suis capable" siffla t-elle à travers ses dents. Pour qui se prenait-il? Quelle place lui avait-elle donné un jour pour qu'il ose ainsi parler de ce qu'elle avait fait jadis ou non. Essayait-il de la manipuler?  "En fait je ne me souviens pas que tu m'aies jeté un regard comme celui-là un jour." Lilith se sentait bouillonner. Elle avait l'impression d'imploser à l'interieur. Que le volcan qui sommeillait en elle était prêt à se réveiller. l'homme s'avançait sur un terrain dangereux. trop glissant pour qu'il réussisse à en sortir indemne. Elle releva le regard vers lui pour l'observer tendre sa baguette vers elle à son tour. Bien. Les hostilités était donc officiellement ouvertes. Lilith ne s'était pas trompée, ils n'étaient pas dans le même camp et ce peu importait ce qu'ils avaient été l'un pour l'autre dans le passé, ça n'avait plus aucune importance maintenant qu'il lui faisait front lui aussi.  " tais toi." dit elle sur un ton qu'elle espérait calme mais sec. Il ne comprenait pas? Lilith était dans un état émotionnel instable et tout ce qu'il trouvait à dire, c'était ça? " Ne t'avises pas de m'inventer une vie. Je ne..." Elle avait mal. Tout ses membres la brûlait à présent. Sa main tenant sa baguette pointée vers l'homme tremblait. Pourquoi cherchait-il à la heurter de la sorte? Pourquoi n'abandonnait-il juste pas le combat pour repartir avec tout ses petits amis. Elle se sentit incroyablement fatiguée d'un coup. Et pourtant, elle devait continuer. Elle devait aller au bout.  "C'est cela que tu voulais ? Te battre ?" Ce qu'elle voulait? non. Simplement qu'on la laisse en paix. ou qu'on la sauve. Il n'était venu ni pour l'un ni pour l'autre. Ils se battraient donc. " Je te laisse une dernière chance de me dire ce que tu sais. Une dernière chance et je te laisserais partir sans aucun dommage. t'auras juste perdu au jeu. ça arrive après tout" un rictus. et elle s'avança, sûre d'elle, s'imposant de toute sa masse devant le brun qui la regardait l'oeil mauvais. ça lui pinça le coeur, mais elle repoussa cette sensation au fin fonds de ses tripes, espérant qu'elle y resterait.  " Comment sais-tu pour ma mémoire? Visiblement, tu essaies de t'en servir pour obtenir ce que tu souhaites. Je veux des réponses et je les veux maintenant. qui te l'as dit? ou alors... tu es peut être responsable. " son ton était toujours calme. mais le monstre qui sommeillait en elle s'éveillait peu à peu. il avait faim de chair fraiche. Soif de sang
"Tu crois que les Vainqueurs sont des voleurs ? La femme que j'ai connu aurait donné sa vie pour sauver la leur. Je ne sais pas ce qu'ils t'ont dit... mais tu ne dois pas les croire." classique. Elle soupira. N'avait-elle pas été claire? " CA SUFFIT." Lilith grinça des dents, et baissa la tête vers sa poitrine, haletante. Tout ses membres s'étaient mit à trembler. Elle bouillonnait, prises d'une vague de rage qui vint l'animer comme une enfant possédée par le démon.
Lorsqu'elle releva le regard, c'était déjà trop tard, elle n'ecoutait plus.  "Baisse ta baguette Cendre... j'ai des réponses, laisse-moi te les donner autrement que par la force." Cendre... Cendre.

Flash : Moi je serais Cendre. le visage sauvage d'une petite fille. Celui doux d'un garçonnet.

Un éclair qui traversa son esprit. Une douleur dans la tête. Elle avait perdu pieds, n'avait rien pour se raccrocher. Rien que le feu qui se déchainait dans sa cage thoracique empoignant avec lui le peu de raison qui lui restait.

" Pour... qui... tu... TE PRENDS?!" un premier éclair rouge jaillit de sa baguette pour venir frapper le mur derrière l'homme et  faire s'écrouler quelques pierre. l'homme en fut Surprit, Lilith l'observa faire quelques pas en arrière. Mais il était trop tard : elle était déchainée. " JE T'INTERDIS DE ME MANIPULER DE LA SORTE !" un nouvel éclair jaillit de sa baguette pour venir frapper le brun en pleine poitrine. Il tituba seulement et renonça à se servir de sa baguette " BAT TOI !" . Elle avançait. Aussi vénéneuse que l'arsenic. Aussi noire que la mort. Hurlant comme une damnée, expulsant le mal qu'elle avait en elle depuis qu'elle errait sans ses souvenirs.  Lilith tenait le destin de l'homme entre ses doigts et le troisième sort l'atteignit dans le ventre, cette fois, il s'écroula à terre mais cela ne suffit pas à ralentir les enjambées de la femme qui continuait sa course vers lui les yeux remplis de larmes. Lorsqu'elle arriva à son niveau, son ventre était déchiré. Elle n'arrivait plus à respirer. ne voyait même plus le visage désespéré de cet autre qui la regardait sans bouger, suppliant qu'elle abrège ses souffrances comme un animal aurait supplier son bourreau de l'abattre.
Le monstre n’était pourtant pas rassasié de vengeance. Et peu importait qu'il y soit pour quelque chose. Alors elle frappa. Son pieds repoussa le corps déjà affaiblis de l'homme. Et elle frappa encore, son poing sur son visage. Son autre poing dans ses cotes. Jusqu’à ce que ses larmes lui brouille totalement la vue et qu'elle ne voit plus rien d'autre que des éclats de couleurs difformes. " C'EST TOI !" elle criait. encore et encore. " C'EST TOI QUI M'AS FAIT CA! POURQUOI?" et elle s'arrêta. suffocant. elle l'avait pourtant prévenu. Personne ne devait se jouer d'elle. " Traître."


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Statut du sang : PurMessages : 82Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Certainement à la maison avec Jake. ❤️
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 4 Avr - 13:32




Elle le regardait. Fixe, immobile et en colère, elle le regardait malgré tout. Il ne devait pas avoir l'air de cet homme qu'elle avait épousé ; il n'en était plus que l'ombre portée, un reste de ce qu'il était auparavant ; un homme heureux. Sans elle, cela n'avait pas le moindre sens. Sans elle, il n'était plus rien, seulement le fossile d'un amour qui avait transcendé sa vie, métamorphosé ses besoins. Il avait été heureux pendant trente ans. On lui avait dit, un jour, que cela ne durerait pas ; que l'être humain était né pour souffrir. Que la douleur était ce qui faisait d'eux des êtres pensants. Il avait songé, ce jour là, qu'une seule chose pourrait le rendre malheureux à ce point. Une seule chose. Et elle était arrivée. Pas de la manière dont il l'avait cru, mais le résultat était là ; Lilith le regardait, mais elle ne voyait  plus en lui ce mari aimant avec lequel elle avait partagé trente années de sa vie. Des jeux d'enfants aux amours adolescentes, un mariage à la campagne et de longues missions éprouvantes. Tout avait toujours tourné autour d'eux. Si on l'en privait, que restait-il au final ? Rien. De la poussière. Des cendres.

Il était en colère, bien sûr. En colère contre ceux qui avaient volé les souvenirs de son épouse et avec eux, tout ce qui faisait d'eux un couple sain et heureux ; il était en colère contre lui, qui n'avait pas pu la protéger de cette attaque ; il était en colère contre le monde entier, qui le privait d'oxygène. Et en colère contre elle, cette étrangère qui le menaçait, à qui il se savait incapable de faire le moindre mal. Lever la main sur elle, la baguette ou quoi que ce soit d'autre ? Il l'avait déjà fait, quand elle l'entraînait. Ils en ressortaient couverts de bleus et de bosses ; mais dans les yeux de Cendre, c'était toujours un amusement enfantin qui brillait quand elle le regardait serrer les poings pour se défendre. Et elle retenait ses coups. Il le savait très bien, tout simplement parce qu'il l'avait déjà vue cogner les autres. Il s'était senti très heureux d'être ainsi privilégié. Mais étais-ce toujours le cas ? Au vu du regard mauvais qu'elle lui jeta, il comprit que non. Si jamais elle décidait de l'attaquer, il y avait peu de chances pour qu'il en ressorte vivant. Le coeur brisé, il soutint son regard, comme si la défier pouvait lui rendre sa mémoire ; il avait déjà abandonné la lutte. Elle le prenait pour un étranger, pourquoi le croirait-elle s'il lui disait la vérité ?

" Ne me tente pas. tu ne sais pas ce dont je suis capable"
Si, il le savait. Il l'avait vue faire des centaines de fois face à ceux qu'ils considéraient comme des ennemis. Il avait combattu à ses côtés, il l'avait suivie, partout, depuis des années. Il savait qu'elle pourrait lui faire suffisament de mal pour qu'il regrette amèrement sa bravade ; mais il l'avait toujours fait. Les colères de sa femme, il les connaissait. Ce fut d'ailleurs son erreur la plus fatale ; s'imaginer qu'il parviendrait à la résonner, simplement parce que c'était lui, et qu'il avait toujours su apaiser sa colère. C'était effectif, lorsqu'elle savait qui il était. Cela ne l'était plus. Elle n'aurait aucun scrupules, et toutes les plus douces paroles du monde n'y changeraient rien. Et pourtant, il la provoquait. Un excès de masochisme, ou simplement un espoir terrible de la voir cligner des yeux et recouvrer ses esprits ? On en était loin, tout de même. Vraiment très loin. Pourtant, il tendit sa baguette ; les yeux de Lilith Whelan s'étrécirent. "tais toi." Il fallait qu'il se taise. Il pouvait faire demi tour et partir, la laisser là avec ses questions sans réponses, lui dire d'aller se faire voir. Il pouvait ? Non, il ne pouvait pas. C'était sa femme, sa seule raison d'exister. Il l'aimait de toutes ses forces, et elle l'avait aimée, elle aussi. Il fallait seulement qu'elle s'en souvienne. Il y arriverait. Si elle lui passait sur le corps, tant pis. Elle était trop en colère, et Halo en avait totalement conscience. Il était allé trop loin. Il n'avait jamais été capable de doser cela lorsqu'elle s'en prenait aux autres. Mais jamais, jamais la baguette de sa femme n'avait parue si menaçante. " Ne t'avises pas de m'inventer une vie. Je ne..." Sa main tremblait sur la baguette. Est-ce qu'elle s'interrogeait ? Il fronça les sourcils. Qu'elle baisse son arme. Qu'elle baisse sa putain d'arme.

"Je te laisse une dernière chance de me dire ce que tu sais. Une dernière chance et je te laisserais partir sans aucun dommage. t'auras juste perdu au jeu. ça arrive après tout" "J'ai déjà perdu." Il murmura cette réponse, pas certain qu'elle l'ait entendue. Cela n'avait pas vraiment d'importance. Il avait déjà perdu, mais elle ne le savait pas, seulement. Comme cela lui déchirait les entrailles, à chaque fois qu'il posait un regard sur elle. Comme il avait mal, rien que de croiser son regard étranger. Comme il aurait voulu lui hurler qu'elle lui appartenait, qu'elle n'avait pas le droit de se détourner de lui. Que si elle le faisait malgré tout, il en mourrait, tout simplement. Et elle, elle lui souriait. C'était insupportable. Qu'elle arrête. Qu'elle s'en aille. "Comment sais-tu pour ma mémoire? Visiblement, tu essaies de t'en servir pour obtenir ce que tu souhaites. Je veux des réponses et je les veux maintenant. qui te l'as dit? ou alors... tu es peut être responsable." Il écarquilla les yeux. La main sur sa baguette hésita. Il connaissait les signaux. Elle allait l'attaquer, cela ne serait qu'une question de secondes. Elle allait l'attaquer, et si elle le laissait en vie, il aurait beaucoup de chance. Il tenta, bien sûr, d'apaiser les choses ; de lui dire que tout cela n'était pas vrai, qu'elle n'était pas cette femme solitaire et désespérée qu'elle imaginait. Qu'il avait toujours été là. Mais trop tard. Il avait réagi beaucoup trop tard.

"Tu crois que les Vainqueurs sont des voleurs ? La femme que j'ai connu aurait donné sa vie pour sauver la leur. Je ne sais pas ce qu'ils t'ont dit... mais tu ne dois pas les croire."
" CA SUFFIT." Non, non. Non pas ça, tout mais pas ça...
Mais ses tremblements étaient suffisamment clairs. Il ne s'en sortirait pas.

" Pour... qui... tu... TE PRENDS?!"
Le premier sort le rata, mais de très peu. Il fit un pas en arrière, surpris, les yeux écarquillés. Il était en train de tout foutre en l'air, incapable de trouver les mots, incapable de se défendre. La désarmer, lui jeter un sort ? Cela paraissait totalement absurde. Jamais il ne ferait une chose pareille. Il avait tué pour elle. Il aurait pu le faire encore. Pour elle il acceptait de mourir. Qu'elle le fasse, qu'elle le tue, de toute manière cela n'avait aucune importance. Impuissant, il se savait déjà vaincu. Il tituba choqué ; face à lui, elle brûlait de rage, et le torrent de lave était dirigé vers lui, cette fois. Pour la première fois, en trente ans. "JE T'INTERDIS DE ME MANIPULER DE LA SORTE !" Le sortilège suivant le frappa en pleine poitrine. Il manqua de tomber ; Halo en lâcha sa baguette. Non, non, c'était impossible. Il nageait en plein cauchemar. "BATS TOI !" Jamais. Jamais il ne se battrait contre elle. Il avait déjà renoncé, déjà abandonné. Il n'avait pas assez de courage pour l'affronter. Alors, en silence, une main sur la poitrine, il releva les yeux vers elle ; seulement le temps de la voir lever sa baguette une nouvelle fois. Elle poussa un cri de rage ; il s'écroula, une main sur le ventre, déchiré,  fendu sur la largeur. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres lorsque son corps heurta le sol. Tremblant, impuissant, désespéré, il attendit seulement qu'elle l'achève.

Mais ce n'était pas terminé. Elle le surplomba de toute sa hauteur, le regard fou, incapable de le reconnaître, incapable de savoir ce qu'elle faisait, et à qui elle le faisait. Un coup de pied le retourna, et il détourna les yeux. Non, il ne la regarderait pas faire. Recroquevillé sur lui-même, il attendit simplement le coup de grâce, de longues larmes roulant sur ses joues. Il s'était réveillé tant de fois à côté d'elle. Il avait veillé sur son sommeil, pansé ses blessures, soigné ses doutes et ses chagrins. Il lui avait tenu la main dans le noir. Cette même main qu'elle abattit sur son visage, violemment, fendant son arcade sourcilière. Le coup suivant l'atteignit dans les côtes. Soudain, il eut cinq ans. On venait de lui arracher son livre des mains et on le torturait, simplement. La sauveuse était devenu le bourreau.

" C'EST TOI !" Non, pitié, arrête, je t'en supplie... " C'EST TOI QUI M'AS FAIT CA! POURQUOI?" Elle s'immobilisa. Face à elle, au sol, le spectre de Gabriel haletait, le regard luisant de souffrance. Jamais, jamais il n'aurait pu faire une chose pareille. Il était faible. Elle lui crachait cela à la figure. "Traître." Après tout, elle avait raison. Il l'avait trahie, quelque part, non ? Il n'avait pas été là lorsqu'elle avait ouvert les yeux, et elle avait été manipulée. Il s'était juré de prendre soin d'elle jusqu'au bout, et il n'en avait pas eu les moyens. Gémissant de douleur, la vision brouillée, il reporta son regard sur elle, quittant l'horizon de son ventre dont l'entaille suintait le sang. Il avait mal. Mais ce n'était rien à côté de ce qu'elle lui faisait subir.



"Je t'en supplie..."
pitoyable. Faible. Fragile. Incapable. Il serra les dents, au supplice, fermant les yeux pour se donner un peu de courage. Posant une main sur le sol, il tenta de se redresser, tremblant de tous ses membres ; elle le dominait de toute sa hauteur, attendant des réponses, prête à le frapper encore, sans doute, s'il ne soignait pas convenablement ses mots. Mais en était il encore capable ? Il lui donnerait la réponse qu'elle voulait. Si elle ne l'acceptait pas, elle l'achèverait et poursuivrait sa route seule. Si le destin en avait voulu ainsi, alors il n'irait pas à l'encontre. Haletant, les membres tremblant, il rampa sur le sol, à la recherche d'une prise pour s'assoir, au moins s'assoir. La douleur de son ventre et de ses côtes lui fit serrer les dents. Jamais il n'avait été en aussi mauvaise posture. "Jamais... jamais je ne t'aurais fait cela, jamais. Jamais." il tenta d'y voir clair, malgré les larmes roulant sur ses joues. Il se tourna vers elle, croisa son regard. Ses grands yeux sombres. "Je n'ai rien pu faire, j'étais coincé ici... c'était notre mission, seulement notre mission" seulement leur mission. Et cette mission avait tout mis en péril. "J'ai passé... tellement de mois à t'attendre." il n'arrivait plus à respirer, articuler une phrase devenait compliqué. Ses grands yeux noirs. Son regard furieux. Et belle, incroyablement belle. Son bourreau était magnifique.

Enfin, il parvint à se mettre sur ses genoux ; en pêcheur devant elle, il supplia tous les dieux du monde pour que son calvaire s'arrête. Il releva le regard vers elle, ignorant la plaie, ignorant son oeil qui prenait une teinte noire. Son visage ravagé par la souffrance. "Tu t'appelles Lilith Whelan. Tu travailles pour les services secrets bulgares, et notre mission était de nous infiltrer au coeur du conflit pour... pour sauver les Vainqueurs et les protéger de ceux qui t'ont fait perdre la mémoire." elle écarquilla les yeux. Elle ne le croyait pas, il en était sûr. Pourtant, il continua. Il continua, parce que c'était vital, parce qu'elle devait comprendre. Le regard qu'il lui jeta fut suppliant. Seulement suppliant. "Pourquoi t'aurais-je fait du mal ? Tu es..." il tendit une main. Pitoyable. "Tu es tout ce que j'ai au monde, Cendre... tout ce que j'ai depuis trente ans." un pauvre sourire. Elle avait de nouveau pointé sa baguette vers lui. "Et je suis ton mari." son mari qu'elle avait blessé, frappé, incapable de le reconnaître. Il grimaça lorsqu'un mouvement envoya une onde de douleur contre son ventre blessé. Quelque part elle avait raison. C'était de sa faute. A lui.



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 4 Avr - 19:30

Il parait que dans la vie il y a 5 étapes qui permettent de se reconstruire après un choc émotionnel intense ou la perte d'un être cher. 5 foutues étapes paraissant toutes insurmontables au premier abord. Certaines phases perdurent. D'autres ne font que passer. Certains n'atteignent jamais la dernière. C'est ainsi. 5 étapes pour se reconstruire toutes aussi difficiles les unes que les autres. Et pourtant.

Déni. Des flashbacks furtifs volé aux méandres de sa mémoire effacée. Impossible pour autant de s'y attacher. Elle ne voulait se résigner à écouter son coeur qui battait contre sa poitrine avec démence. et ça faisait mal, ça la brûlait à chaque fois que les yeux de l'homme la perçait à jour, voulant l'asservir à ses paroles qu'elle avait failli boire comme on boit l'eau d'une fontaine. Impossible. Il la connaissait oui. Elle l'avait connu. Mais aujourd'hui elle n'était plus cette femme qu'il cherchait à trouver dans son visage à elle. Et ça l'avait agacé. ça la mettait hors d'elle qu'on se serve d'un quelconque prétexte venue des limbes de son passé pour l'opprimer dans une réalité dont elle ne voulait pas croire. Elle l'avait connue. Mais Il ne pouvait pas avoir été important. Parce qu'il n'avait pas été là à son réveil. Ni les 6 jours suivants sa résurrection. Il n'avait pas été là. Il ne la connaissait pas assez pour savoir qu'elle aurait eu besoin d'être sauvée. Il ne la connaissait pas assez pour savoir que lorsque la solitude lui était tombée dessus elle s'était réfugiée vers le seul visage qu'elle avait vu à son réveil. Et cela n'avait pas été le sien. Alors il pouvait bien faire croire qu'il la connaissait, ça ne prendrait pas. Il jouait bien la comédie. Assez pour que ça fasse écho en elle et la pousse à accepter son image comme celle d'un fantôme venue d'ailleurs, d'une autre vie. C'était tout ce qu'elle lui devait après tout. Pas sa loyauté. Pas son allégeance promise à une autre. Non,  Il n'était pas le héros qui était venue la tirer de ce cauchemar dans lequel elle vivait depuis 3 jours. Il n'était pas ce qu'il prétendait être et avait beau essayer de lui persuader du contraire, il mentait. Menteur ! menteur. Cesse de te jouer de moi. mon coeur ne le supporte pas. Alors laisse moi.  Va t-en. J'ignore qui tu es. J'ignore ce que tu veux mais par pitié arrête tout ça. Arrête ça immédiatement. Elle voulait être en paix. Elle voulait que cet intrus se volatilise de son regard. Que tout les mirages qui tentait de lui imposer disparaissent eux aussi et l'emporte loin d'elle. Mais il restait là. Touché. Piqué. Tremblant face à elle qui refusait de laisser cet autre s'immiscer en elle et de prendre possession de ses pensées. "J'ai déjà perdu." Elle l'avait poussé dans ses retranchements lorsqu'il s'était risqué à se servir de sa faiblesse contre elle, pour son simple profit. Enfin, admettait-il sa défaite?. Il ne pouvait pas gagner cette bataille là. Parce qu'il n'avait pas été là à son réveil. Il n'aurait aucun argument valable.
Mais il restait là. Refusant de se taire. refusant simplement de se soumettre à l'idée qu'elle avait vu clair dans son jeu et qu'a présent il ne lui restait plus qu'a faire demi tour. L'homme était désavoué, répudiée par une Lilith plus méprisante que jamais. Mais il faisait front du peu de force qu'il lui restait sans savoir que cela faisait naître un brasier en elle. Un incendie ravageur qui aurait tôt fait de l'engloutir, le calciner lui et son regard noir qui la hantait. s'il ne cessait pas immédiatement de se moquer d'elle, il allait tomber et c'est elle même qui le pousserait. Une parole de plus et c'était la fin.

Colère.  La rage frappait. Il n'y avait que ça qu'elle écoutait à présent. Un monstre assoiffé de sang hurlait en elle. Il ravageait tout sur son passage. Griffait, lacérait jusqu’à la moindre particule de raison qu'elle avait eut. envolée, très loin d'elle. Elle voulait qu'il ait mal, comme elle avait mal à en crever. C'était ce qu'il méritait à avoir essayé de s'approprier ses souvenirs de la sorte. C'était ce qu'il lui fallait pour que la bête en elle se rassasie de violence et finisse par la laisser tranquille, seule, terrée dans un coin de sa tête. Il n'aurait jamais du la provoquer. Parce qu'a présent, elle n'était plus qu'une saleté de démon. Une furie maudite qui ne s'arrêterait de hurler qu'une fois la douleur passée. L'homme ne se rendait pas compte de ce qu'il avait fait : il avait lâcher les chiens de l'enfer sur son pauvre corps déjà ensanglanté par ses attaques qu'elle n'arrivait plus à contrôler. Il tombait sous ses coups. Refusait même de se relever pour répondre. Pourquoi? la brune continuait de faire régner la violence et de sévir. Plus fort encore. Comme un ouragan qui balayerait tout en quelques secondes. Comme les coulées d'une lave corrosive qui prendrait chaque vie se trouvant sur son passage. Comme des flots impétueux d'un torrent refusant obstinément de se soumettre au moindre barrage. Comme un séisme mortel ouvrant la terre en deux pour ensevelir les pauvres âmes errantes qui se seraient trouver là. Elle était la terre. Elle était le feu. Elle était l'air. Elle était l'eau. Sous leur formes les plus destructrices qui soit. meurt. toi qui essaie de me réduire en poussière! meurt toi qui m'a privée de ma vie! puisque tu n'as pas été capable de te débarrasser de moi convenablement, je me chargerais de nous séparer de monde ; toi dans l'autre. moi dans celui-ci. Parce que ça ne pouvait être que lui qui lui avait fait ça. C'était indéniable à présent. Pour cette stupide guerre? Parce qu'il avait eut peur d'elle? Peur qu'elle ne gagne? Elle n'en savait rien mais c'était lui.
le goût de l'amertume inonda. Elle s'aperçut alors qu'elle s'était mordu la lèvre jusqu'au sang et qu'a présent le liquide écarlate affluait sous son palais. Lui aussi saignait. Elle ne se souvenait déjà plus de la blessure qu'elle lui avait infligé, sa colère l'ayant rendue trop aveugle pour y accorder la moindre attention. Lilith haletait à présent. Penchée au dessus de l'homme qui la suppliait du regard, le visage tuméfié, du sang sur son torse, Lilith tremblait. De tout ses membres. Une dernière fois elle leva sa baguette prête à lui asséner le coup de grâce qu'il méritait. Et elle resta là pendant des secondes bien trop longues, à le regarder. Sa baguette posée sur sa tempe. prise de spasmes.
Quand enfin il n'y avait plus rien à mordre, plus rien qu'elle pourrait déchiqueter dans son esprit vibrant de cette folie meurtrière qu'elle n'arrivait pas à maîtriser. Elle s'abandonna aux ténèbres et baissa sa baguette dans un sanglot.


Tristesse. "Je t'en supplie..." Il la suppliait à voix haute, mais elle avait comprit dans son regard bien avant qu'il ne le formule. Elle le laissa se redresser un peu, le regard perdu. Incapable de bouger ni de continuer à frapper de ses crocs acérés. La créature de violence s'était adoucie quelque part en elle, et Lilith se refusa à aller la chercher. Elle en avait eut assez, il n'y avait plus suffisamment de force dans son poignet pour qu'elle agite la baguette qu'elle tenait pourtant encore le long de son corps ; mais elle ne devait  pas perdre la face devant lui. Et elle avait mal. Comme jamais personne n'avait eut mal. Cette cruauté dont elle était capable lui fit peur ; était-ce là la personne qu'elle avait été par le passé? Ce monstre d'excès. Cette chimère venue des bas fonds de l'enfer pour tout calciner sur son passage? L'homme rampait dans une traînée de sang. Elle, ne bougeait toujours pas, se contentant de le suivre du regard. Les larmes. Le chagrin. La peine. Le vide. j'ai mal... Ce n'est pas juste. Pourquoi moi? pourquoi ça? pourquoi... Que cela cesse. Et elle aurait tout donné pour que cela s'arrête enfin. "Jamais... jamais je ne t'aurais fait cela, jamais. Jamais." Mais elle ne l'écoutait pas, parce qu'a présent elle n'arrivait plus à respirer. Le souffle court elle sentit l'angoisse la prendre et la soumettre. Plus forte que la colère. Plus imprévisible que sa fureur. Elle rendait les armes face à tant de désespoir. L'homme avait réussi à retourner toutes ses pensées, même les plus tumultueuses, même les plus meurtrières. Et maintenant il restait des cendres du champs de bataille sur lequel elle s'était faite valkyrie. Elle avait épargné cet homme qui la regardait encore avec cet air qu'elle ne comprenait pas. il ne fuyait pas. Lilith aurait pourtant pensé qu'il rassemblerait le peu de force qu'elle lui avait laissé pour partir loin d'elle, trouver un refuge pour panser ses blessures. Son arcade coulait le sang. Son ventre était ouvert et noyait ses vêtements dans une tâche écarlate. Mais il continuait à l'observer, les larmes coulant sur ses joues noircies par la poussière. " Pour...Pourquoi?" C'était tout ce qu'elle avait réussi à dire. Il lui fallait savoir, c'était une question de vie ou de mort.


Dépression. Ses forces s'amenuisaient. Elle pouvait sentir son énergie vitale la quitter. Véritablement la quitter. Et là, perdue dans ses pensées, elle n'attendait qu'une seule chose ; que l'inertie vienne envelopper et la priver de tout ses sens. Elle pourrait se reposer. Quitter ce monde d'opprobres. De toute façon, elle n'était qu'une morte sans son identité. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence ; elle n'était pas assez forte pour retrouver celle qu'elle avait été. Pas assez forte pour faire faire à la mélancolie qui obscurcissait son coeur un peu plus à chaque souffle qu'elle prenait.  "Je n'ai rien pu faire, j'étais coincé ici... c'était notre mission, seulement notre mission".  De l'oxygène. Il lui fallait respirer. Elle n'y arrivait plus. chaque bouffée d'air qu'elle prenait lui faisait tourner la tête. Lilith releva le regard vers l'homme dont elle ignorait tout. Ses prunelles s'accrochèrent aux siennes avec engouement. Elle aurait tant aimé le croire. Mais ça n'avait pas d'importance, elle n'était que de la chair à canon qu'on avait envoyé au combat. Une poupée de porcelaine brisée dont on tentait vainement de recoller les morceaux. Mais ça laissait des marques ; comme des stigmates. l'épuisait à présent. Lilith aurait voulu dormir. Et ne plus se réveiller. Car ici rien n'avait de sens. Ni ce conflit. Ni les traîtres qui l'avait brisée. Ni même ce pourquoi elle respirait encore. d'ailleurs pourquoi respirait-elle? celui qui lui enlevé sa mémoire lui avait réservé un sort bien plus douloureux que la mort. Parce que sans ça elle n'était rien. Rien qu'une ombre. Un fantôme. Sans passé, il n'y avait pas d'avenir. Pendant une fraction de seconde, elle se demanda si choisir la chute 30 mètres plus bas ne serait pas plus rapide et satisfaisante que de tenter d'assumer ce qu'elle était vraiment au fond d'elle. Le menton penché vers le sol, elle pleurait. N'osant relever la tête pour ne pas complètement sombrer. L'homme parlait encore et dans ses grands yeux, elle y trouva de la force. Mais il ne comprenait pas qu'à présent, Lilith se posait des questions beaucoup plus importantes. "J'ai passé... tellement de mois à t'attendre." Lilith releva les yeux vers lui. A l'attendre? Elle? Pourquoi s'obstiner à mentir de la sorte. Il était soit fou, soit suicidaire. " Personne ne m'attend. Nul part." Mais l'homme ne s'arrêta pas là et c'est avec surprise qu'elle le regarda se mettre à genou devant elle, son visage gonflé par les larmes et les coups.

Flash : "Je peux garder le bleu en trophée ?" Un visage souriant. Un regard doux. Des baisers. et une odeur persistante.

ça ne dura pas. Et sa tête lui tourna. Comme si un venin venait empoisonner le peu de pensées qu'il lui restait. Lilith plaqua une main sur sa tête et serra la mâchoire sous le coup de la douleur qui la submergeait. Et elle ferma les yeux en espérant que lorsqu'elle les ouvriraient, l'homme face à elle ne serait plus là. "Tu t'appelles Lilith Whelan. Tu travailles pour les services secrets bulgares, et notre mission était de nous infiltrer au coeur du conflit pour... pour sauver les Vainqueurs et les protéger de ceux qui t'ont fait perdre la mémoire." Comment pourrait-il en être ainsi?

flash : " parfois j'ai peur que tu oublies." une voix. une simple voix qui résonnait dans la nuit mais qui donnait un sens à tout le reste.


Acceptation. Elle avait mal. Ne savait plus où était son nord, son sud, son est et son ouest. Elle était là, poupée de chiffon du destin qui s'amusait à la déchirer. Cette voix qu'elle entendait dans sa tête et qui venait la percuter en plein visage. C'était celle de l'homme qui la suppliait à genou. Ses yeux cherchèrent les siens instinctivement. Elle ne le trouvait pas dans sa mémoire. Elle fouillait, se démenait dans son esprit comme une damner pour trouver de la cohérence dans ce qu'il disait mais tout était flou. Il n'y avait que cette impression de déjà vu qui l'attirait. Mais rien d'autre.   "Pourquoi t'aurais-je fait du mal ? Tu es..." sa baguette pendait le long de son bras à présent. Elle ne s'en servirait plus. Le chaos l'avait ensevelit. S'il voulait se servir d'elle, alors qu'il le fasse et que sa chute soit longue. Elle s'en fichait. Plus rien n'avait d'importance. Qu'il se serve de ce qu'il avait été, oui qu'il le fasse et qu'on en finisse. Il fallait en finir. Elle ne pouvait plus supporter tant de maux qui la tourmentait. Ne savait pas faire la différence entre le bien et le mal. " Tu es tout ce que j'ai au monde, Cendre... tout ce que j'ai depuis trente ans.". La mélancolie se propageant dans son coeur. Elle observait les blessures qu'elle lui avait infligé. " Non. Je ne suis rien. Je ne..." elle détourna son regard de lui, lâcha sa baguette sur le sol et lui tourna le dos pour ne plus avoir à supporter cette vision qui la hantait. " Laisse moi. Je ne te ferais plus de mal à présent. Tu peux t'en aller." Elle refusait de le voir. Était-ce parce que s'il disait vrai jamais elle ne se remettrait de ce qu'elle venait de faire? Ou bien parce que ce qu'elle devinait être ne lui convenait pas? et puis, il y avait ses yeux à lui qui l'emprisonnait et la piégeait. Dans son regard, elle combattait. Parce qu'elle le savait au fond : il aurait le pouvoir de la faire basculer avec lui. Silencieuse, le dos tourné à l'inconnu - pas si inconnu - elle pleurait. "Et je suis ton mari." Son sanglot resta coincé dans sa gorge.

flash.  « Et t'épouser, si c'est ce que tu veux aussi. » un genou à terre, c'était un homme heureux, jeune, fringuant qui la regardait avec un regard amoureux. Il était magnifique, incroyablement magnifique avec ses cheveux en bataille et l'amour qui suintait de chaque pore de sa peau. Elle l'aimait. Plus que tout au monde



Elle lâcha prise. Et se fut à elle de tomber à terre. Qu'avait-elle fait? sa mémoire lui jouait-elle des tours ? Où était la vérité dans tout ça? Qu'est ce qu'on lui avait fait? " Tu dois..." sa voix se brisa. Oui, il avait eu une place dans sa vie, mais elle ignorait encore pourquoi leurs chemins s'étaient séparés. Si ce qu'il disait était vrai, alors il l'avait abandonné. Simplement abandonnée à un sort funeste. Et elle lui en voulait à présent. " Si ce que tu dis est vrai... Pourquoi?" elle tourna un regard empli de peine vers l'homme, par dessus son épaule et pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés, elle était immensément fragile. " Pourquoi m'as-tu abandonnée... ?" Sa mémoire était bloquée. Fermée. Et rien ne semblait pouvoir lui faire retrouver le chemin duquel elle s'était éloigné. Malgré les flashbacks enchainés. Malgré le regard honnête de l'autre.
Puis. La pluie tomba. L'orage gronda. Les éclairs fendirent le ciel noir. Instinctivement, elle enleva sa veste en cuir qu'elle jeta par dessus son épaule. Se laver de ses pêchés, c'était tout ce qui lui restait à présent. Elle ferma les yeux, les paumes ouvertes vers le ciel. " Tu dois partir à présent. mais cela n'efface en rien ce qu'il y a eu entre nous." elle chuchota. Le croire ou non n'avait pas d'importance. Elle avait été seule. Trop seule. Fébrile. Sous les flots qui tombaient en trombe sur sa peau. noyant le tatouage de la rose rouge gravé du nom de celui qu'elle avait toujours aimé.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.



Dernière édition par Lilith Von Woodsen le Jeu 6 Avr - 15:37, édité 1 fois
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mer 5 Avr - 23:33




Pour affronter les situations les plus dures, il était fréquent de dire que l'homme passait par cinq étapes émotionnelles. Elles aidaient à la reconstruction du mental et permettaient au sujet concerné d'accepter les moments compliqués, voire insurmontables ; dans un ordre comme dans un autre, il fallait passer par elles pour finir par vivre, de nouveau. Dans le cas de Halo, parler de ces étapes lui paraissait tout simplement ridicule ; tout simplement parce qu'il n'y croyait pas. Il n'y croyait pas, et pourtant, lorsqu'il la regardait, il savait que chaque étape finirait par arriver, l'une après l'autre. A l'exception seule d'une, qui ne viendrait sans doute jamais.

  Déni. Deux jours avant, cela avait commencé. C'était impossible ; elle n'avait pas pu lui échapper de cette manière. Tout était devenu noir, tout avait disparu, et elle avec ; sa femme, sa raison de vivre, celle près de qui il se levait chaque matin et qui se glissait dans ses bras le soir ; cette brune qu'il avait aimée de toutes les fureurs de son être jusqu'à finir réduit à moins qu'une ombre qui la suivait, docilement, presque aussi dévoué et affectueux qu'un chien. Et pourtant elle était partie. Elle était partie, et il avait songé devenir complètement fou. En fait, quelque part, c'était arrivé. Le déni, cela avait été refuser l'évidence ; en la revoyant, il avait continué dans cette voix, n'acceptant pas simplement qu'elle avait perdu la mémoire, qu'il l'avait perdue, elle. Et même au sol, le ventre en sang, le corps brisé, cassé en deux, il refusait l'évidence. Elle le regardait comme on regardait un étranger ; avec colère, avec incompréhension, elle qui lui avait juré que jamais elle n'oublierait, elle qui avait promis, elle qui lui avait dit "oui". Un bref instant, en croisant son regard, il se demanda ce qui se passerait, si jamais elle le quittait définitivement. Que deviendrait-il ? Que serait son avenir ? Et puis son regard se reporta sur son ventre blessé et il ferma les yeux, le visage couvert d'une rivière de larmes salies par la poussière. Cela n'arriverait pas. Tôt ou tard, elle lui reviendrait. Halo et Cendre ne vivaient pas l'un sans l'autre. Deux cygnes pouvaient se laisser mourir si l'un d'entre eux abandonnait cette longue bataille de l'existence qu'ils avaient décidé de passer ensemble. Il devait avoir l'air d'un faible, d'un imbécile. Pourtant, il n'en ressentait aucune honte. Elle venait de le jeter à terre, de faire de lui bien moins qu'un être humain ; alors ce qu'elle pensait de lui, il s'en foutait, tout simplement.

Si seulement elle pouvait comprendre. Il y songea lorsque les coups s'arrêtèrent de pleuvoir ; si seulement elle pouvait comprendre que jamais, jamais il ne lui ferait de mal, jamais. C'était impensable ; c'était comme vouloir détruire une oeuvre d'art, il fallait être fou. Elle était à elle seule, pour lui, la chose la plus précieuse qu'il ait jamais osé posséder. Elle était belle. Elle était un volcan en contrôle constant et absolu. Elle était totale, entière, elle était un soleil brûlant dans le désert. Elle était la chaleur d'un feu qui l'emmenait avec elle, loin, au delà de la simple pensée, au delà du temps. Qu'elle parte ? Elle avait toujours été avec lui, aussi loin qu'il s'en souvienne. Qu'elle parte ? C'était ridicule, absolument ridicule. Il prit une inspiration, et une douleur au niveau des côtes le fit tousser. Elle avait frappé fort, vraiment fort. Comme jamais elle ne l'avait frappé.

Colère. Il releva le nez, niant simplement. Elle n'avait pas le droit. Personne n'avait le droit. Elle n'avait pas le droit de se détourner, elle était à lui, elle lui appartenait. Elle pourrait bien le frapper si cela l'amusait, le jour où elle se rendrait compte de son erreur, elle reviendrait tout simplement. La rage lui brûla le ventre, l'injustice le frappa plus violemment que toutes les tempêtes qu'elle lui envoyait au visage. Et elle pleurait, pourquoi ? Il avait les réponses, il lui aurait suffi d'écouter. Amer, furieux, il la revit, elle et son beau sourire, son air inquiet, passer quelques doigts sur ses joues, lui promettre qu'ils seraient bientôt réunis. On avait empêché cela, tout simplement. On lui avait volé sa vie et son existence, rien ne l'empêcherait de se venger, rien. Pas même elle, si jamais elle finissait par recouvrer sa raison. La vague lui donna presque la nausée. Il était là, malheureux et suppliant face à elle, en parodie de pêcheur là où il n'avait pas fait la moindre erreur, convaincu, pourtant, que tout était de sa faute. Il nageait dans le chagrin et le malheur et chercha, à tout prix, à se sortir du mutisme ; la supplique ne servirait à rien, et il le savait. Alors que devait-il faire ? Se lever, hurler ? Lui qui n'était capable que de se mettre à genoux devant elle. Il avait mal, tout simplement mal. Physiquement, c'était un fait ; la blessure de son ventre se soignerait, sa vie n'était pas en danger ; mais il perdait du sang, affaibli. Il serra les dents, les poings serrés. C'était injuste.

L'injustice. Celle qui l'avait frappé quand elle s'était tordue de douleur, avant de l'abandonner, avant de tomber loin de lui. C'était injuste. Ils n'avaient jamais fait de mal à personne. Ils avaient toujours agi avec et pour les autres, altruistes, bienveillants ; ils s'étaient inquiétés pour des vies qui n'étaient pas les leurs, ils avaient passé leur vie avec un seul but ; créer un monde meilleur, et participer à sa construction. On les avait brisés seulement à cause de cela. Le monde était injuste, tout simplement injuste. Et elle l'était d'autant plus. " Pour...Pourquoi?" Parce qu'il l'aimait. Parce qu'il aurait tout donné pour elle, et qu'elle lui avait craché au visage. Elle l'avait rejeté, comme un cancrelat. Comme une chose répugnante. Cette peur qu'il avait eu lorsqu'ils étaient adolescents le frappa en plein ventre. Qu'elle ne veuille pas de lui. Qu'elle l'abandonne. Mais il resta silencieux. Pourquoi ? Parce que sans elle, mourir sonnait encore comme une simple libération.

Négociation. Elle ne voulait plus de lui parce qu'elle ne le croyait pas. Alors, son esprit s'emplit soudainement de si, de justifications. "Personne ne m'attend. Nul part." Si, lui. Il l'attendait depuis des mois, il se languissait de sa présence, de l'air qu'elle exhalait qui lui rendait son propre souffle. Si elle l'écoutait, si elle acceptait simplement de le croire... s'il lui expliquait, elle reviendrait vers lui, il la sauverait. C'était son rôle à elle, mais les choses s'inversaient. Elle était en détresse. Toutes les blessures du monde pouvaient bien le frapper si c'était le destin qui le demandait. Du moment qu'elle revenait à ses côtés, c'était une nécessité. Alors il essaya. Vraiment, il essaya de lui dire, de lui faire comprendre. Jusqu'à ses dernières forces, soignant chaque mot, chaque phrase. S'il s'expliquait convenablement, elle lui reviendrait. Elle lui sourirait, dirait que c'était une blague, et elle le serrerait contre lui. Lentement, les prémices de la folie lui firent songer des choses absurdes. Qu'elle le torture, pourvu qu'elle reste à ses côtés. Et ses larmes, impossibles à tarir, roulant sur ses joues pour aller s'écraser au sol, mêlant son chagrin au sang sur le carrelage. S'il était convaincant, elle reviendrait. Elle lui reviendrait, et ils oublieraient tout cela. Il n'y aurait aucun problème. Tout irait bien.

Un sanglot s'échappa de ses lèvres entrouvertes.



" Tu es tout ce que j'ai au monde, Cendre... tout ce que j'ai depuis trente ans.".


Dépression. L'évidence le frappa soudainement, lorsque son regard se porta à ses blessures... avant de se détourner. Elle était perturbée, elle avait peur et il était là, à ressasser son chagrin comme une vague, impossible à contenir. Il aurait dû avoir honte, seulement honte de s'être comporté comme un tel imbécile. Mais il avait ce besoin, égoïste, de la faire revenir auprès de lui. " Non. Je ne suis rien. Je ne..." Il regarda son dos. Les courbes de ses hanches, et ses mains, serrées, contre lui. Rien ? Elle était son absolu, sa vie, la seule raison de son existence. Elle était une main tendue dans le noir. Elle était sa voie, son but, son rêve. Comment pouvait-elle seulement l'ignorer ? Il baissa la tête, pleurant dans le silence. Elle ne reviendrait pas. Il avait merdé. Il était condamné à l'ombre, à l'obscurité, à rien. A rien de moins qu'un pantin articulé sans ficelles. Devenu moins que rien, moins qu'un objet, seulement un muet. Silencieux face à l'évidence. Happé. Muselé. Désespéré quand la voix tremblante de sa femme résonna dans l'air. Lourde. Il passa une main rougie par le sang dans ses cheveux. Et il tira. Son crâne était en feu, simplement en feu.

" Laisse moi. Je ne te ferais plus de mal à présent. Tu peux t'en aller."
Non. Non il ne s'en irait pas. Elle pourrait le chasser cent fois, il reviendrait. Ce n'était pas vraiment de sa faute ; c'était de la sienne, presque. Elle lui était apparue, elle était restée, elle l'avait aimé. Il n'en avait jamais douté, il n'avait jamais eu peur qu'elle le quitte, qu'elle en regarde un autre. Il n'avait pas compris sa chance, mais il l'avait acceptée ; un gémissement de douleur passa la barrière de ses lèvres serrées jusqu'à en devenir blanches.
Elle tomba à genoux, dos à lui. Il tendit la main, sans qu'elle le voie, et se fit violence pour se redresser. La sauver. Se mettre debout, et la sauver. Prendre soin d'elle, veiller sur ses nuits, surveiller ses rêves, apprivoiser son destin. Il aurait pu tout faire pour elle, absolument tout.
" Tu dois..." De toutes ses forces il essaya de se remettre debout. Mais, condamné à rester au sol, il se contenta seulement de ramper, lentement, vers elle. Silencieusement. Ne pas lui faire peur.

" Si ce que tu dis est vrai... Pourquoi?"
Elle se tourna, et son regard chargé de rancoeur l'immobilisa dans son geste. Il écarquilla les yeux ; pensait-elle vraiment qu'elle... " Pourquoi m'as-tu abandonnée... ?" Non. Non, non non. Non il ne l'avait pas abandonné, elle ne pouvait pas croire ça, elle n'avait pas le droit. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. L'abandonner ? La seule manière qu'il aurait eue de l'abandonner aurait été de perdre la vie. Il n'en avait pas l'intention tout de suite, au final. Et puis... et puis elle se redressa. Un éclair frappa le ciel, masquant son visage dans l'ombre ; elle attrapa sa veste. " Tu dois partir à présent. mais cela n'efface en rien ce qu'il y a eu entre nous."

Acceptation. Il se redressa, le coeur battant, fébrile et pauvre, acceptant l'évidence. Il devrait se trouver un autre chemin, sans elle. Il releva la tête, pour la regarder une dernière fois ; puis, le coeur lourd de regrets, il se détourna. Quitter les lieux, en faisant quelques pas tremblants ; elle ne reviendrait pas. Elle ne voulait pas de lui, même en connaissant la vérité. C'était trop tard.

Non.



Bien sûr qu'il ne ferait pas cela. Il fronça les sourcils, et serra la mâchoire quand il se remit debout, titubant sous la douleur, qui lui arracha à peine une plainte. "Non." ce n'était qu'un grondement, et pourtant elle se figea. Non, il ne partirait pas. Il fit un pas, puis deux vers elle ; elle lui tournait le dos, et il s'en moquait bien pour le moment. Accepter ? Il ne passerait pas cette étape là. Elle reviendrait, il donnerait tout pour cela. "Je ne t'ai pas abandonnée." elle se tourna pour le fixer ; il soutint son regard, défiant, fragile. C'était elle qui tenait les rênes de leur force. Si elle abandonnait, il coulait avec elle, tout simplement. Il lui fallut tout le courage du monde pour la héler, pour se justifier. De sa poche, il tira la montre magique, qu'il jeta au sol.

"Si tu tournes les aiguilles dans un sens bien précis, elle envoie ton esprit dans une autre dimension que celle-ci. Nous avons communiqué de cette façon depuis Septembre."
sa voix tremblait. Il allait s'évanouir ; son visage vira au blanc. Il fit un pas de plus. "Il y a deux jours, ton corps a été attaqué sur l'île pendant que tu étais avec moi. Je t'ai vue disparaître. J'ai cru que tu étais morte." Un pas supplémentaire. Il se rapprochait d'elle, lentement. Qu'elle recule. Il ne s'arrêterait que lorsqu'il serait incapable de faire un pas de plus. "Je n'avais aucun moyen de savoir, je ne pouvais pas sortir... oh Cendre j'ai eu tellement peur." mais elle était vivante. L'espoir fit briller ses yeux de nouveau. Elle était vivante, il pouvait encore faire quelque chose. "Regarde-moi... mon amour, regarde moi."

Et elle le fit. Elle se tourna vers lui, adressant à ses yeux pleins d'espoir un regard vague de femme brisée ; deux pas de plus et elle serait près de lui. Il tendit une main, en avançant lentement, un bras autour du ventre. "Tu n'es pas seule... tu ne l'as jamais été. Et tu ne le seras jamais. Jamais, Lilith..." un doigt, puis deux, glissèrent sur sa joue ravagée par le chagrin. "Danser jusqu'au matin..." chanter à son oreille, jouer une valse au piano rien que pour elle. Composer des opéras à son image. "Marcher au bord d'un gouffre, sans lumière..." Il se mit à trembler. S'il ne faisait rien, il allait s'effondrer. Sa voix blanchit. Il avait perdu un peu trop de sang, et cela n'arrivait pas assez souvent pour qu'il y résiste. "Traverser des blizzards et des torrents pour te retrouver, combattre des hydres, des dragons, des centaures et des... des..." des géants. Des géants, Halo. Sa voix se brisa. L'homme détruit qui lui faisait face était pâle, si pâle en comparaison de l'homme qui l'avait demandée en mariage ce soir là. Il leva sa baguette, tremblant ; le sortilège informulé fit jaillir un cygne blanc qui alla tournoyer autour d'eux. Il toucha la joue de son épouse, chaleureux, rassurant ; il l'entoura, simplement. "Partager ta vie..." il ferma les yeux. Il allait s'effondrer.



   
Your true colors are beautiful
L'amour est un roman du cœur dont le récit n'appartient qu'aux amants.
Just call me up, 'cause I will always be there.


Dernière édition par Gabriel H. Everwade le Ven 14 Avr - 17:29, édité 1 fois
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 6 Avr - 4:18


Une comptine résonnait au loin dans sa tête. Quelque chose qui n'avait encore aucune forme, aucune cohérence. C'était doux. Bien loin de l'abysse dans laquelle elle était plongée sans pouvoir remonter. Et elle ne voyait rien, strictement rien, c'était le noir. Le noir absolu comme le gouffre de l'enfer. ça avait rongé son âme, et creusait un trou à l'intérieur de son coeur, se propageant jusqu'a la moindre de ses pensées. Funeste sort qu'on lui avait réservé et qui ne lui donnait aucune possibilité de rédemption.  Elle était prisonnière dans sa tête. acculée par tout ses démons qui la poussait dans les flammes déchaînées, de leur fourches incandescente. Une douleur sans pareille s'était emparée d'elle pour ne plus la lâcher, pour la mordre jusqu'au sang. Sang qu'elle verserait volontiers si c'était le seul moyen pour elle de se sortir de cet impitoyable univers.
Une comptine résonnait au loin dans sa tête. Quelques notes qu'elle put enfin percevoir mais trop faible pour s'imposer en Sonate,  ensevelit sous un tas de cendres. Et ça frappait, cognait dans tout les sens. Des cris, des voix qui la bousculait et la piétinait pour ne faire d'elle qu'une pauvre poupée de chiffon. Rapiécée, il faudrait qu'elle le soit un jour, sans quoi il ne resterait plus rien de son corps défraichit.

La femme ferma les yeux. Elle voulait qu'il disparaisse de son champ de vision pour toujours. Cet autre qui s'insinuait en elle de manière à lui faire douter de tout, c'est à dire de pas grand chose puisqu'elle n'avait plus rien. Oh oui, elle voulait qu'il disparaisse et qu'il la laisse en paix parce qu'il ne la sauverait pas. Il ne pouvait pas la sauver. Personne ne pouvait sauver une damnée. Personne ne pouvait sauver une âme de l'enfer. Même Orphée avait essayé de libérer Euridyce de l'univers soutterain et avait échoué, alors, qu'il la laisse. Qu'il s'en aille. Qu'il parte et que plus jamais elle ne le revoit. Parce que son visage était sa faiblesse.
Une comptine résonnait dans son esprit perdu dans les affres d'un passé qu'elle n'avait plus. Elle aurait voulu se souvenirs. Lui dire qu'elle le reconnaissait. Mais rien. Rien que l'écho de sa propre voix qui ricochait sur le fond putride et caverneux de sa tête. Et Elle lui en voulait de faire naitre en elle ce besoin de savoir par delà les limites de son ignorance. Elle lui en voulait de sentir la colère pointer le bout de son nez dès qu'elle posait ses yeux clairs sur lui et que ça lui retournait les entrailles. Elle lui en voulait d'avoir planté cette graine de volonté et d'espoir qu'il arrosait de son regard pénétrant. Lilith aurait tout donné pour le croire lui plutôt qu'elle. Tout.

Mais la vérité c'était qu'elle était trop faible pour faire face à son destin. Elle préférait encore subir et renoncer à retrouver un sens à tout cela. C'était trop dur. Pendant un instant elle avait cru voir un moyen de se sortir du piège qu'on lui avait tendu, mais cet espoir nourrit par l'homme avait été factice. Un simple artifice qui l'avait lapidée, coupée en deux. Et maintenant que lui restait-il? rien d'autres que des mensonges et des illusions. Elle n'en voulait pas. Abandonner semblait être la meilleure solution pour s'épargner des peines.
Et pourtant.
La comptine continuait de résonner dans le noir. Persistante. Mélodieuse. Faible mais époustouflante sous son habit de vulnérabilité. essouflée, Lilith avait Les mains posées sur le sol en pierre, elle laissait les gouttes s'effondrer sur elle. C'était une pluie diluvienne. L'eau pour la laver et le feu à l'interieur d'elle qui ravageait tout pour la purifier. la pécheresse fermait les yeux, attendant son heure comme au seuil du jugement dernier. Les cor sonneraient. Les cavaliers de l'apocalypse viendrait. Elle succomberait percée par la lance du destin. Qu'avait-elle fait? Il ne lui restait plus qu'a mourir à présent. Elle n'était pas une bonne personne, pas de ces saints dont on racontait l'histoire dans les livres sacrés. Elle n'était rien d'autre qu'une pauvre âme déglinguée. Un automates auquel il manquait des pièces pour fonctionner. Une moins que rien que le monde aurait tôt fait d'oublier. A présent, elle le savait et ça lui déchira le coeur. Qu'avait-elle fait? " Pardon." murmurra t-elle sans vraiment trouver d'interlocuteur à ces paroles. " Je regrette. Je ne suis pas à la hauteur." Ces paroles qu'elle sortait du coeur. Pour lui à qui elle avait fait du tort dans sa fureur. Pour elle même qui n'était pas assez forte pour lui donner ce qu'il voulait obtenir. Et elle le sentait dans son dos. derrière elle. Toujours là alors qu'elle l'avait déchiré, humilié, réduit en pièce. Il était là. Et elle ne voulait plus le voir. "Non." va t-en je t'en supplie. Et elle pleurait. Elle ne pouvait s'en empêcher à présent. "Je ne t'ai pas abandonnée." Le coeur en lambeaux écarlates. il la frappait de sa voix pleine d'assurance. Sans savoir qu'elle vivait dans un tombeau entouré de toutes ces personnes qu'elle auraient pu être, mortes avant même de voir le jour. Et puis, il y avait elle, qui ne bougeait pas, fébrile, tremblante comme une feuille morte sous l'air d'un vent d'automne. Alors, elle se retourna pour le fixer d'un regard immensément triste. C'était un combat qu'il ne pouvait pas gagner. Même s'il creusait un puit en pleins milieu d'un désert ou  qu'il s'évertuait à bâtir un pont entre eux deux au dessus de l'infini ; il ne pourrait toujours récuperer que quelques miettes de ce qu'elle avait été jadis. Elle ne voulait pas ça. Elle l'avait blessé. de toutes les manières qu'il était possible de blesser quelqu'un. Elle l'avait haït et elle le haïssait toujours de révéler tant de choses en elle. Il fallait qu'il parte.

Puis il jeta une montre sur le sol.


La comptine se manifesta encore dans son esprit. Cette fois, elle avait redoublé d'intensité.
Surprise, Lilith observa l'objet sur le sol et tendit la main en avant pour la ramasser et la regarder sous tout les angles. Un simple mouvement du pouce lui permit d'enclencher un mécanisme, et un clic singulier retentit. Elle était brisée. Brisée comme elle. Ses yeux scrutait la surface dorée de l'objet qu'elle caressait jalousement entre les paumes de sa mains, espérant que cela illuminerait quelque chose en elle. Et la comptine faisait écho un peu plus fort.  "Si tu tournes les aiguilles dans un sens bien précis, elle envoie ton esprit dans une autre dimension que celle-ci. Nous avons communiqué de cette façon depuis Septembre." son esprit. Le même qu'elle avait perdu? Cet esprit là? Elle leva les yeux vers lui, la bouche entrouverte de surprise, ses prunelles tentant de trouver des réponses auxquelles même lui serait incapable de répondre. Elle était perdue. Tout simplement. Le croire oui. Mais après? Qu'adviendrait-il même si elle le croyait? de quoi serait rythmé leur lendemain? Et malgré tout ça, il avançait. Tentant de faire fit du mal qu'il avait. Cette vision tranperça son coeur d'une épine venimeuse. L'homme était blanc. Aussi blanc que le linceul qui le couvrirait bientôt s'il se refusait à soigner cette saleté d'entaille dans le ventre qu'elle lui avait faite sous le coup de la colère. "Il y a deux jours, ton corps a été attaqué sur l'île pendant que tu étais avec moi. Je t'ai vue disparaître. J'ai cru que tu étais morte." Lilith détourna le regard, une fois de plus. " Mais je suis morte." un murmure. presque inaudible mais assez pour lui faire affronter la dure réalité des choses.  "Je n'avais aucun moyen de savoir, je ne pouvais pas sortir... oh Cendre j'ai eu tellement peur." Celle qu'elle était, n'était plus. Elle s'en était allée, peut-être à tout jamais et il cherchait sur elle une femme qui restait emmurée derrière un mur qu'elle n'arrivait pas à abattre malgré tout ses efforts, en vain. " Je ne suis plus celle-là. Je ne suis même pas sûre que ce que tu dises soit vrai. tu.. comprends? elle ne reviendra pas, ta femme." et elle secoua la tête et passa une main dans ses cheveux en tentant de retenir un sanglot. " J'aurais tellement aimé te la rendre." Puis son menton s'abaissa une fois de plus sur le sol. les larmes s'écrasant, mêlée à la pluie qui continuait de tomber.  "Regarde-moi... mon amour, regarde moi." Un poignard qui creva son coeur. Ces mots si affectueux n'étaient pas pour elle. Ils étaient pour une autre, profondément enfouit quelque part sous les gravats d'une vie annihilée par la violence d'un ennemi encore inconnu. Malgré le mal que ça lui faisait, elle releva la tête et affronta ce supplice avec courage.
Et la comptine. Toujours vibrante dans sa tête. Quelque part.
"Tu n'es pas seule... tu ne l'as jamais été. Et tu ne le seras jamais. Jamais, Lilith..." Le croire. C'était tout ce qu'elle voulait. Pourtant seule, elle l'était. plus que jamais en affrontant le visage tendre de l'homme qu'elle avait failli envoyé 6 pieds sous terre. La solitude était devenue maitresse en sa demeure depuis qu'elle était revenue sans son identité, sans doute  expiait-elle des erreurs qu'elle avait commises. Une solitude dans laquelle elle se réfugiait pour trouver une échappatoire à ce monde de folie. Il avançait. la main tendue vers sa joue. Et elle du mettre toutes les forces du monde pour se reculer d'un demi pas afin qu'il n'atteigne pas son visage. " Ne me touche pas. S'il te plait." mais si. touche moi. Enflamme mon coeur. Je ne suis pas celle que tu attends mais je veux bien être celle là, même quelques instants si c'est pour sauver ma misérable existence de ce calvaire dans lequel j'erre depuis 3 jours.
Elle n'eut pas la force de lutter lorsque sa main vint se poser sur sa joue. Elle ferma les yeux au contact de ses doigts contre sa peau.  Un frisson se propagea le long de son échine et le feu consuma son corps en une fraction de seconde. Elle ne respirait plus. Ne pensait plus à rien d'autre que sa main sur sa peau, comme pour l'ancrer à jamais dans son esprit, comme un mantra duquel elle ne voudrait plus jamais se délivrer. Lilith n'était pas la femme qu'il voulait. Et elle pleurait. Sans savoir que faire d'autre que de verser des larmes espérant que cela apaiserait sa douleur.  "Danser jusqu'au matin..." un frisson. La comptine qui emplissait toute sa tête à présent et se repandait en elle, calcinante. BOUM. ça cogna contre sa tête. Elle ignora la souffrance engendrée, campant son regard sur l'homme dont elle avait l'impression de découvrir les traits pour la première fois. Sous son teint dangereusement blanc, il y avait deux yeux qui l'observait avide d'en obtenir plus. La douleur le terrassant dans son ventre l'oppressait, Lilith pouvait sentir qu'il luttait pour ne pas tomber. Mais il restait debout. pour elle. Pour celle qu'elle n’était pas. "Marcher au bord d'un gouffre, sans lumière..." De la chaleur l'irradia et elle était bien incapable de détourner ses iris sombre du visage ensanglanté de l'homme. Sa chair la brûlait. Le monstre de colère était vaincu, terrassée par les flèches que lui avait envoyé l'homme. Elle ferma les yeux, abandonnant tout. Lorsqu'elle ouvrit les paupières, elle vit qu' Il tremblait. Et elle s'inquiéta. Instinctivement. Une vague de panique déferla alors sur elle. La brune l'avait mit dans un sale état, et lui, il continuait pourtant elle lui faire face. BOUM. ça cogna plus fort dans sa tête. La comptine était plus pressante à présent, elle envahissait tout, et il lui était impossible de trouver la source du son qui rebondissait. "Traverser des blizzards et des torrents pour te retrouver, combattre des hydres, des dragons, des centaures et des... des..." Elle était une fillette. Une chatte. Une lionne domptée à cet instant. elle ouvrit la bouche sans pouvoir prononcer le moindre mot. Mais lui... Lui s'en allait. à chaque seconde qui défilait il perdait de l’énergie. Pourtant, dans un dernier élan de force de la part de l'homme qui leva sa baguette, naquit un cygne qui vola avec elegance autour de leurs corps qui se frôlaient. Puis sa main. Touchant encore une fois sa peau mouillée, l'emmenant bien loin de toute cette mascarade. Ailleurs. Loin. "Partager ta vie..." Puis il tomba à la renverse. Instantanément, elle le retint dans sa chut et l'accompagna au sol, se tenant près de lui, serrant sa main dans la sienne comme si ce simple geste suffisait à lui seul à lui offrir sa propre vitalité. "No...Non..." balbutia t-elle d'une voix blanche et posant ses yeux sur la blessure qui lui semblait bien plus profonde à présent. Diablement plus profonde. " Mais qu'est ce que j'ai fais..." Il la fixait avec ses yeux incroyablement doux. Si doux qu'elle en vint à étaler un sourire triste sur son visage. " Je t'en prie reste avec... Moi. D'accord? " L'angoisse.  il était mal en point, bien plus qu'elle ne l'aurait imaginé. Ses mains arrachèrent le tissu du ventre de l'homme qui  semblait déjà ailleurs. D'un geste vif elle sorti une fiole d'antidote de sa poche qu'elle vida sur la plaie qui s'arrêta de saigner. Pour l'instant. Cela reprendrait de plus belle s'il s'agitait. " Ne dis plus rien. S'il te plait. Garde tes forces. Tu ne dois... Tu ne..."
BOUM cette fois, le déchirement dans son crâne emporta tout avec lui. Un cri strident passa dans sa tête et aussitôt elle plaqua ses deux mains sur son crâne en baissant le visage. La comptine. Elle devait la trouver. Vite. Alors, elle fouilla, chercha, encore et encore retournant ainsi chaque particule de sa mémoire endormie. Elle luttait et s'acharnait dans une guerre dans pitié qu'elle refusait de perdre. pas cette fois. Pas comme ça. Et les tribulations qui la meurtrissaient n'auraient jamais raison de sa détermination. Dans son âme, tout  était noir. Jusqu’à ce qu'enfin elle trouve une boite à musique. Le coffret était en bois, orné de quelques ornements dorés qui luisaient dans le noir. C'était cela qu'elle cherchait depuis le début, relique du passé, porte vers le renouveau? Peut-être.  Elle l'ouvrit. Le front contre le torse de l'homme, désespérée elle se mit à chantonner dans quelques murmures  "In a rose tattoo... In a rose tattoo... I've got your name written here in a rose tattoo..." Elle ne savait pas d'où. Elle ne savait pas comment. Elle savait simplement que cette musique était importante. Puis l'image de la rose qu'elle avait vue gravée sur sa peau la fit sursauter. Un nom était inscrit. " Halo?" elle se redressa quelque peu pour observer le visage de l'homme qui la dévorait des yeux, l'espoir brûlant ses iris. " Tu... es... Halo?"


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Ven 14 Avr - 19:27





Halo se tenait debout, face à la cruelle évidence.

Un regard creux et chargé de chagrin, l'incompréhension, le désespoir. Face à lui, elle était vide ; sa force avait disparu, son expression rieuse était morte en même temps que les derniers souvenirs, envolés dans la pénombre, l'angoisse et la colère ; elle était devenue un animal instable dont les réactions, imprévisibles, auraient tout simplement pu l'effrayer. Mais il n'en était rien, absolument rien ; ce n'était pas cela qu'il voyait dans les yeux sombres de sa femme. Il releva le nez, au comble de la douleur ; se tenir débout tenait simplement de l'épreuve de force, et il était prêt à la passer encore. En silence, il la détaillait. Il ne l'avait pas vue depuis de longs mois, et il avait passé des jours entiers à la croire morte. Alors la savoir là, bien vivante devant lui, c'était déjà une récompense suffisante. Elle était une rose couverte d'épines, et il avait approché la main sans prudence ; en sa compagnie, le chat avait toujours rentré les griffes. Mais le chat se souvenait. Mais à cet instant, elle n'était qu'une bête fauve perdue au milieu de la foule, sans comprendre pourquoi elle se trouvait là, comment elle y était parvenue. Qui lui avait fait cela ? Qui avait condamné sa femme à la souffrance de ne même plus savoir qui elle était ? Il trouverait le responsable. Intérieurement, il se jura qu'il le tuerait. S'il survivait, il le tuerait, et sans la moindre once de pitié. Il ne la perdrait pas ; il se battrait, même s'il devait y laisser sa peau. Il n'y avait rien qu'il puisse faire sans elle. Respirer devenait même difficile. Elle était essentielle, et lorsqu'il la regarda, il sut. Il sut que tous les souvenirs du monde ne vaudraient jamais ce lien, ténu et indétectable, qui les liaient ostensiblement à un destin commun. Partager sa vie. Se battre pour elle. Tuer pour la sauver. Mourir si seulement c'était cela qu'elle voulait. Il était enchaîné, pieds et poings liés, à elle et au moindre de ses désirs auxquels il disait oui sans formuler la moindre objection ; et cela durait depuis trente ans. Trente ans qu'il avait vu filer comme le temps d'un éclair, derrière la chappe de brouillard où elle était prisonnière. Cette femme, sa femme, avait sa place à côté de lui ; contre son épaule, nouée à son bras, la main dans la sienne, cela n'avait pas la moindre importance.

" Pardon." Un murmure, un soupir. Son visage baissé vers le sol, ses cheveux, trempés par l'orage et ses yeux, éteints là où auparavant ils brillaient de malice et de joie. Le regard de Gabriel Whelan se voilà face à un spectacle aussi flagrant de chagrin, de douleur. Comment avaient-ils seulement osé faire une chose pareille ? Comment avaient-ils pu la torturer jusqu'à lui faire oublier simplement jusqu'à son nom, son identité ? Comment accepter de vivre lorsqu'on ne se rappelait même pas ce ce qu'on aimait ? Il tendit une main, fragile, tremblante ; et lui, que valait-il finalement ? Un pauvre type tout juste bon à être tabassé. Un rien. Seulement une brise qu'elle sentait dans ses cheveux quand elle sortait savourer l'air du soir. Seulement son regard assombri par le déni, et ces paroles, dénuées de sens, qu'il refusa d'entendre. Le poing serré retourna contre sa hanche. Son ventre se mit à saigner. " Je regrette. Je ne suis pas à la hauteur." Elle l'avait toujours été, toujours. Bien plus que lui, qui avait toujours compté sur sa témérité et sa force ; c'était à lui de lui donner le courage de se battre, et il ne s'en sentait tout simplement pas capable. Comment insuffler ce genre de choses, lorsqu'on était pas foutu de le ressentir soi-même ? Un moment, il songea que tout était perdu. Elle allait tourner les talons, partir. Elle allait s'en aller, et il ne pourrait rien faire. Il aurait pu renoncer, s'avouer vaincu ; se laisser mourir sur le sol, vidé de son sang, et tout oublier. Mais elle, elle était encore vivante. Elle exigeait des réponses ; alors sa voix claqua dans le silence, parce que c'était la seule solution, parce qu'il n'avait pas le choix. Parce qu'il l'aimait, suffisamment en tout cas pour renoncer à la mort pour elle.

Elle ramassa la montre entre ses doigts fins, et la fit tourner dans ses mains. L'objet, brisé, ne leur servirait plus ; mais pour Halo, elle avait été une alliée fidèle durant tous ces longs mois d'absence. Elle lui avait permis de la retrouver, et il savait qu'il la garderait s'il le pouvait ; toute la douleur du monde pouvait bien aller se faire voir. Elle actionna le mécanisme, qui sauta ; elle était devenue inutile, tout avait été détruit. Cendre avait perdu une vie entière. Une vie de bonheur et de rêves exaucés, une vie qu'ils avaient construite, à deux, faite de promesses et de mots enchanteurs. Que restait-il de cela ? Rien. Absolument rien. De la poussière, des débris. Il retint un sanglot, la tête basse. Elle l'acheva, en une seule et simple phrase. "Mais je suis morte." non elle ne l'était pas. Elle se tenait là, debout, devant lui, et tant qu'il restait un espoir alors il s'y accrocherait. Jusqu'à son dernier souffle, jusqu'à la voir s'éteindre. Jusqu'à ce que son âme accepte de partir. Et il n'en était pas si loin au final. Chaque pas qu'il faisait était plus difficile, en son absence.

" Je ne suis plus celle-là. Je ne suis même pas sûre que ce que tu dises soit vrai. tu.. comprends? elle ne reviendra pas, ta femme." Elle est face à moi, ma femme. Elle est belle, et elle est à moi. Tu peux porter toutes les oeillères que tu voudras, Lilith. J'y arriverais. Elle secoua la tête, malheureuse, misérable. " J'aurais tellement aimé te la rendre." Alors, reviens. Il l'appela, et elle releva le nez vers lui, brisée. Ces mots, ils étaient pour elle. Pour elle et pour personne d'autre ; pour cette femme qu'il reconnaissait malgré cette mémoire défaillante, la sienne. Elle était là, inchangée. Elle s'était seulement perdue, et il tendrait simplement la main pour la retrouver, l'accompagner à la lumière. Il lui ferait redécouvrir tout ce qu'il fallait. Il y passerait le temps qu'il faudrait. Pâle comme la mort, à deux doigts de défaillir, Gabriel Whelan esquissa les derniers pas pour la rejoindre. Ses mots, d'une douceur infinie, semblaient rebondir sur elle sans l'atteindre ; ou pas de la manière dont il l'imaginait. Il posa une main sur sa joue, malgré l'interdiction ; le cygne les enlaça, tous les deux, et il comprit que la lutte n'avait pas été vaine. Il y avait mis toute son énergie, simplement pour voir son regard s'éclairer ; elle avait mal, mais elle affrontait ses yeux clairs, malgré tout. Condamnée par ses propres émotions, Cendre cherchait une réponse ; une réponse qui ne viendrait pas maintenant. Ses jambes se dérobèrent sous lui, sans qu'il puisse contrôler quoi que ce soit. Il vacilla, affaibli par sa blessure ; la respiration rauque, il tomba. Deux bras se refermèrent aussitôt autour de lui. Il ne se sentit même pas tomber. Le monde porta un masque noir ; la fin, peut-être, il ne savait pas. Au moins, il avait pu la voir. Peu importait ce qu'elle avait fait.



Une voix, une plainte, un écho dans le silence. "No...Non..." Ses bras de femme refermés autour de lui et il se sentit plus pitoyable que jamais. Il manquait cruellement de courage et de force. Il n'était pas digne d'elle. Pourquoi s'accrocher autant ? Pourquoi ne pas la laisser partir ? La raison était purement égoiste. Sans elle, la vie n'avait plus aucun sens. " Mais qu'est ce que j'ai fais..." Il ouvrit les yeux, pour la regarder. La silhouette floue de sa femme se tenait près de lui, et il esquissa un sourire, pauvre, sans répondre. Il n'en avait pas vraiment la force. Elle n'avait rien fait. Il n'avait pas approché correctement, il aurait dû s'en douter. Son imprudence était venue de son aveuglement, cette volonté qu'il avait eue de la convaincre. Sans peur de la voir se mettre en colère. Il n'avait pas cherché à se mettre à sa place, et il s'était comporté comme un idiot. En réponse à son sourire, elle lui en offrit un, vide. Pourquoi avait-elle peur de le perdre, soudain ? Lui faisait-elle autant pitié ? Il avait essayé. Quel dommage d'échouer si près du but. " Je t'en prie reste avec... Moi. D'accord? " Craquement de tissus. Il grimaça lorsqu'il sentit un liquide se poser sur sa chair blessée. Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres serrées, et il ferma les yeux, tremblant. La douleur s'estompa, à peine ; suffisamment en tout cas pour lui laisser quelques pensées libres. Il tenta de bouger ; d'un geste de main, elle le repoussa lentement contre lui. Ses mains, qui l'avaient frappé quelques instants auparavant, se firent plus délicates.

" Ne dis plus rien. S'il te plait. Garde tes forces. Tu ne dois... Tu ne..." Elle s'immobilisa. Elle plaqua ses mains contre son visage et il essaya de se redresser, une seconde fois ; il l'avait déjà vue faire cela, juste avant de disparaitre. L'inquiétude, l'angoisse, lui broyèret le ventre ; le regard voilé, là où il ne pouvait rien apercevoir, Cendre sembla recouvrer une partie de ses esprits, la respiration haletante. Elle posa son front contre lui ; un geste faible, et il glissa la main dans ses cheveux. Il fallait qu'elle lui revienne. Il pria tous les dieux en un instant pour être entendu. Exaucé. Si la magie existait, alors qu'elle la ramène à lui. C'était tout ce qu'il demandait.

"In a rose tattoo... In a rose tattoo... I've got your name written here in a rose tattoo..." La chanson, murmurée, le fit frissonner violemment. Elle ne pouvait pas l'avoir trouvée par hasard. Son regard s'anima, plein d'espoir ; elle avait relevé son visage, et elle l'observait, sans comprendre. Il resta muet ; trop heureux, sans doute, de voir qu'elle se souvenait de quelque chose. Les yeux perdus de sa femme se posèrent dans les siens, et son nom, le vrai, lui arracha un sourire plein de larmes. " Halo?" Halo. Il prit appui sur ses coudes, se redressant pour la rejoindre, à sa hauteur. Peu importait la douleur. Elle se souvenait. C'étaient des bribes, mais elle se souvenait.

" Tu... es... Halo?" "Oui." son sourire s'agrandit. Elle avait fait faire ce tatouage quelques temps après leur mariage. Elle avait gravé son nom sur sa peau, et même s'il avait désapprouvé à mi-voix, il avait ressenti une fierté immense à l'idée de savoir qu'elle lui appartiendrait toujours, même si ce n'était que par ce biais. Il se pencha ; son front se posa contre le sien. "Un enfant de cinq ans... misérable. Qui lisait une histoire de super héros." un sorcier aux pouvoirs incroyables, servant le bien. Un simple conte pour enfants. "Sauvé par une petite brune au pantalon troué." près d'une clôture, elle lui était apparue et elle l'avait sauvé. Quand elle croisa son regard, elle trouva deux yeux clairs, chargés de tendresse. "Est-ce que... tu me crois maintenant ?" un rire sans joie lui échappa, et la grimace qui suivit lui rappela qu'elle lui avait laissé un cadeau sur le ventre. Cela n'avait aucune importance, quand une main tremblante se leva et alla se poser sur sa joue. "Ma femme est là, en face de moi. Laisse moi t'aider. Laisse moi prendre soin de toi." Quoi qu'il en coûterait. Il serait là tout de même.

Don't be afraid to let them show, your true colors are beautiful...

Son front se posa contre le sien. "Reviens-moi."



   
Your true colors are beautiful
L'amour est un roman du cœur dont le récit n'appartient qu'aux amants.
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Sam 15 Avr - 2:47



L'univers est étranger. L'univers est étranger tant que l'on a pas apprit à le connaitre. C'est ainsi que les enfants découvrent le monde ; avec l'expérience. On ne connait l'univers qu'en le parcourant de ses doigts, qu'en goûtant aux fruits  qu'il a à offrir, qu'en observant chaque particule de terre que les pieds foulent, qu'en s’enivrant de l'odeur qu'il dégage, qu'en écoutant le moindre bruit circulant dans ce flot de son, cette houle sentimentale. On ne découvre réellement l'univers dans son intégralité que par la force de ses sens.



Halo, Aujourd'hui j'ai 5 ans.

Hearing. La tête posée sur le torse de l'homme, la brune ne bougeait plus. Boum. Boum. Boum. Ainsi était la musique du coeur de l'autre dont le souffle ralentissait. Hymne Trop lent. bien trop lent. Elle sentit la peur s'insinuer en elle et la frapper au visage pour lui déchirer l'âme en deux. Lilith avait peur. Son ignorance sur l'identité de celui qu'elle serrait tout contre elle n'avait d'égal que la crainte de le perdre avant même d'avoir apprit tout ce qu'il y avait à apprendre de lui, peut-être même d'elle. Et là, aussi pâle que le fantôme de souvenir qui la persécutait, ce fut difficile pour elle d'admettre : Elle ne savait rien. Rien du tout. Sauf ces quelques petites complaintes qui gémissaient au fond d'elle. elle avait apprit à tenir tête aux autres sur l'ile. Elle avait apprit à narguer les langues venimeuses qui tentaient de la soumettre, en 6 jours seulement. Elle avait apprit à faire bonne figure, à montrer les crocs bien plus que des sourires.  Elle savait ce que la solitude voulait dire ; l'amertume qu'il laissait une fois qu'il rebondissait contre la cage thoracique en écho. Elle savait que le sang ne se lavait qu'avec de l'eau, impossible à trouver sur ce foutu rocher. Elle connaissait l'appel du chaos et la poésie ennivrante de l'inertie. Connaissait les abysses de l'incompréhension, ses teintes de désespoir qui parsemait les murs de colère. Elle connaissait le son du requiem des regrets. Mais vivre. ça, elle ne connaissait pas. Lorsqu'elle se réveillait , et ce depuis 6 jours, rien ne semblait réel. Pas même elle. Boum. Boum. Boum. Mais lui, peut-être qu'il pourrait lui apprendre. Boum. Boum. Boum. Et elle restait là. Figée. Espérant que le simple fait de le tenir contre elle raviverait quelque chose dans le gouffre qui s'était creusé plus prodondément. Boum. Boum. Boum. Et au loin cette mélodie qui continuait à s'étoffer aux accords de plus en plus vifs et incandescent. Lilith était à l'affût du moindre mouvement de l'homme. Elle comptait ses souffles. Analysait son battement de coeur. acceuillait ses soupirs. N'osait respirer elle même de peur que la vie se propage dans ses veines plutôt que dans celles de l'homme. Elle écoutait. simplement. Anéantie par son propre geste. Tremblante d'avoir commit l'irréparable. Boum. Boum. Boum. Elle avait besoin de lui. Il fallait qu'il lui apprenne. Il fallait qu'il lui parle. Qu'il lui dise. Qu'il lui murmure ce qu'elle ne savait pas encore. Parce que les qu'on lui avait jadis apprit avaient disparu. Et qu'elle avait besoin de croire en d'autres.
Tétanisée, assommée, incapable de rien. Elle n'en pouvait plus d'entendre le son de sa propre voix qui résonnait en boucle en elle comme un vieux disque rayé. Non, ça n'avait pas de sens tout ça. Lilith avait besoin d'une autre voix, une qui viendrait donner un sens à tout ce qui ricochait quelque part sous les cendre d'un feu qu'elle avait elle même enflammé. Et ça vibrait quelque part en elle. Cette chanson. Cette musique. Ces danses. Elle se frotta la tête. ça venait de partout à présent. ça faisait mal. ça venait en vague. En tsunami. en séïsme dans son esprit. ça engloutissait doucement les doutes. Boum. Boum. Boum. Un son ; ça lui donnait envie de se battre, de relever la tête, de cogner plus fort qu'elle n'avait jamais cogner. Et c'est beau le son de ton coeur qui bat dans ta poitrine. C'est beau le son de la vie en toi. Je ne sais pas pourquoi mais c'est beau de sentir tout ça. Et puis tes souffles. Et puis ta respiration. Je ne veux pas que ça s'arrête alors continue. Continue. Ne t'arrête pas. laisse moi écouter. Laisse moi découvrir. et cette musique qu'elle découvrit, cachée derrière une porte qui a grincé lorsqu'elle l'a poussée de ses mains faibles. Et ça a appuyé contre son crâne. ça s'est imposé doucement. Et son coeur s'est agité. il a frappé contre sa propre poitrine, au rythme des  battements de coeur de l'homme. Elle veut découvrir à présent. Elle veut laisser de côté ce qu'elle est. Elle n'est pas un fantôme. elle refuse.  Tu m'entends Tristesse? Tu m'entends ? écoute moi. écoute moi bien parce que je ne vais pas te laisser gagner. Non jamais je ne te laisserais gagner. Je veux comprendre. Je veux savoir. Ignorance, je ne te laisserais pas gagner. Je ne me tairais pas. Je ne me tairais plus. Et je ne desserrerait la mâchoire que pour montrer les crocs. Alors écoute moi bien tristesse ; je n'abandonnerais pas. tout ça c'est fini !
et son visage se releva. Les pupilles dilatées. un éclair qui traversa son regard. La musique était là.


Halo, Aujourd'hui j'ai 5 ans.

Sight. Et puis elle l'observa. Comme si elle le découvrait pour la première fois. Elle décortiqua le moindre de ses mouvements. Le flou. Le vague. Remplacé par l'éclaircissement de ses pensées qui commencèrent à se restructurer dans sa tête. la complainte de son coeur qui commença à s'adoucir. Elle le trouva magnifique et pendant un instant elle cru qu'elle ne s'en remettrait jamais. Que l'univers tout entier ne s'en remettrait jamais. Son image l'asservit et pénétra instantanément dans sa tête, elle aurait pu lever les mains au ciel et se laisser frapper par la punition divine pour avoir oser blasphemer un tel être. Au lieu de ça, elle l'observa encore ;  Les lèvres ouvertes de ses coups. L'arcade entaillée. L'oeil gonflé, noir.  il était beau même dans la misère. Bien trop beau pour qu'il n'ait rien été avant. Alors évidemment, elle avait murmuré son nom, comme une évidence. Maintenant, elle avait l'impression de sortir d'un long sommeil. Parce que même si elle avait oublié ce qui se cachait sous le tas de cendres de son esprit, sa vue ne la trompait pas. Sa mémoire pouvait bien se heurter à son coeur. ça n'avait plus grande importance. Elle voulait... non, plus que ça, c'était une nécessité à présent, il lui fallait trouver une identité puisque ses souvenirs lui cachait la vérité. Parfait, ce qu'elle ignorait, elle l'apprendrait de ses yeux. "Oui." Le scintillement de ses yeux qui raviva un brasier éteint. Un nom. Le sien. Qui courrait sous sa peau laiteuse. Elle se souvint. Elle se souvint de la douleur de l'aiguille sur sa peau tandis qu'elle se mordait la lèvre sous le regard austère d'un homme. le sien? lui. Elle se souvint du sourire de provocation qu'elle lui lança. Elle se souvint des mots prononcé " Dans certaines cultures, le tatouage marque le passage d'un état à un autre. C'est une marque de courage. De dévotion. Un mantra. Un hymne sacré. Religieux. Une philosophie." et elle se souvint de l'avoir vu rouler des yeux. "tu es impossible Cendre " Elle se souvint aussi du petit sourire presque imperceptible qu'elle traduisit comme de la fierté. Parce qu'il est sa religion. Il est sa philosophie. Il est sa dévotion. et que, maintenant, sa chair est ancré de son nom. Elle se souvint d'avoir haussé les épaules, faussement naïve, comme si elle s'en fichait. Parfaite petite gamine arrogante.  " Tu verras, un jour tu comprendras." Et son regard tendre,  à lui qui s'égara sur sa peau suintant le sang. Et puis Ses cris, ses jurons qui brisèrent le bruit de tremblement de l'aiguille dans la salle et qu'elle répéta juste pour lui, comme un chant guerrier.
Le souvenir la gifla en pleine tête. Elle en eut le souffle coupé. Elle revoyait tout clairement de cet instant où la rose avait prit place sur son corps. Elle revit ses cheveux ébouriffée. Et les yeux qui la transpercerent de part et d'autres furent ceux qu'elle cherchait avidement dans sa tête. Elle transposa tout. l'éclair dans ses rétines. La couleur de sa chevelure. Son corps meurtri, fragile d'avoir été frappé. Ce n'était pas tout à fait le même. Mais c’était lui. Elle en était sûre.. "Un enfant de cinq ans... misérable. Qui lisait une histoire de super héros." et ça continua  "Sauvé par une petite brune au pantalon troué." et ça brûla sa tête. Instantanément, elle plaqua une main sur son front et laissa un petit cri de surprise s'échapper de ses lèvres humides. " Moi je serais Cendre." Elle. Devant un garçonnet pas plus haut que 3 pommes. Le poing serré de l'injustice dont elle s' appropria l'issue. Et l'image se répéta en boucle à présent. Elle le vit rire au ralenti. Elle le vit la regarder comme si elle était la chose la plus magnifique qu'il n'ait jamais vu. Comme maintenant. Maintenant alors qu'elle l'avait affligé "  une gamine qui aurait porté le monde entier sur ses épaule pour toi." . C'est grand ce que je vois. C'est grand ce qu'il y a dans tes yeux. C'est beau ce moment avec toi lorsque nous étions gosses. Et je te revois te relever vers moi, plus rayonnant que le soleil. C'est limpide à présent. Je vois le vent dans tes cheveux déjà ébouriffé. Je vois l'eau coulant le long de ta nuque. Je vois tes larmes se mêler à la pluie. Les images se superposent au détail de ton visage, mais je te vois. Je te découvre. Et elle continua de l'observer, incapable de parler. Estomaquée par cette vision qui s’immisça dans sa tête à vitesse grand V pour finalement tout remplir et reprendre sa place initiale. Deux souvenirs qu'elle repassa encore et encore, pour ne pas qu'on les lui ôte. Mais son regard s'assombrit sur son ventre, ses yeux qui s’attardèrent sur l'entaille et le rouge écarlate de sa peau. Retour à la réalité. Elle pleura. Toute une rivière qui tomba sur le sol. Elle etait un monstre. Mais elle se battrait. pour lui.

Halo, aujourd'hui j'ai 5 ans,

Smell. Son front était posé contre le sien. Et son odeur sur sa peau envenima toutes ses pensées. Subjuguée, les larmes coulant sur ses joues rouges de fatigue, de chagrin, d'espoir, et de tout ces sentiments qu'elle ne comprenait pas encore et qui la privait de son souffle, elle se laisser mourir doucement pour avoir oser frapper dans sa chair. Son instinct pourtant la poussa à reprendre le contrôle, et elle se saoula de son parfum jusqu’à ce que cela envahisse l'intégralité de ses poumons. Pour réapprendre à respirer. Pour réapprendre à inhaler et exhaler selon son souffle à lui. et rien d'autre. Ivre, complètement chamboulée par le monde qu'elle commençait à entrevoir, elle se tenait là, pécheresse repentie. Espérant que le ciel lui offrirait sa grâce  "Est-ce que... tu me crois maintenant ?" Le croire? Qu'aurait-elle pu bien faire d'autre à cet instant? Son coeur tambourinant contre sa cage thoracique, les bribes de souvenirs qui commençaient à effleurer sa mémoire meurtrie. Cette odeur persistante qui la faisait frissonner. Le croire? Non bien sûr que non. elle n'avait pas besoin de le croire, elle le devinait. Ses larmes tombaient encore à torrent. Lilith lui avait fait mal. Terriblement mal. Et ça, elle ne pourrait pas l'oublier ; à jamais sa mémoire marquerait ce geste au fer rouge " Comment pourrais-je vivre en sachant ce que je t'ai fais?" dit-elle dans une voix pleine de détresse, attachée à une culpabilité nouvelle qui griffait jusqu'au moindre centimètre de son corps. Et son odeur qui l'apprivoisait, domptait la fillette aux pantalon troué. Son odeur qui s'introduisait partout. Son odeur qu'elle devinait tout autour d'elle malgré ses yeux clos. Son odeur qui la calmait. Les effluves qui percutait ses narines avec violence, lui rappelant ce pour quoi elle existait. Plus de nord. Plus de sud. Plus rien d'autre que cette incroyable fragrance qui nourrissait son appétit incommensurable. Et la brune quémanda un peu plus. Pour laver ses fautes et expier ses péchés. Avec une douceur naissant de l'apprentissage qu'il lui octroyait,  Elle passa sa main dans la chevelure de l'Homme, tirant doucement sa tête en arrière pour laisser de la place sous son visage tuméfié. Instinctivement, elle vint glisser son nez sur la peau mouillée de son cou et perdit ce qu'il lui restait de raison. Elle devait apprendre. Elle devait tout comprendre. Ou bien mourir. Son odeur était sa rédemption. " Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais plus qui je suis... ça se mélange dans ma tête. Halo... j'ai mal. J'ai tellement mal. Dis moi... Dis moi qui je suis. Raconte moi. " Parce que je n'ai plus rien d'autre que ce que tu compose chez moi. Parce que je sais à présent que pour toi je pourrais plonger du haut de cette tour sans aucune crainte. Parce que tes mots ça vaut bien plus que tout ce que j'ai cru depuis que je suis revenue. Apprend moi à être moi. Toi qui me connais mieux que personne. " Raconte moi l'histoire de ce petit garçon qui résonne dans ma tête..."

Halo, Aujourd'hui j'ai 5 ans,


Touch. Ses doigts s'égarèrent sur sa joue. Sa peau était mouillée et fragile. Les yeux fermés, la brune devinait ses contours au fur et à mesure qu' elle laissait ses doigts glisser sur la surface lisse de son visage. Elle ne put cependant retenir un soupir lorsqu'elle s'arrêta sur son oeil clos par le coup qu'elle lui avait donné. Elle n'y était pas allé de main morte.  "Ma femme est là, en face de moi. Laisse moi t'aider. Laisse moi prendre soin de toi." Sa femme. Oui elle était là. Elle se réveillait doucement de sa torpeur, trop difficilement. Reviendrait-elle complètement ? Et comment ferait-elle si elle restait enfouit quelque part, loin, ne lui laissant que quelques échos de leur vie passée? Elle ne pourrait pas vivre avec ça. Jamais. J'ai besoin de toi comme d'un antidote. J'ai besoin que tu répares ma tête qui fonctionne plus trop bien et que tu fasse de ma vie quelque chose de mieux, de bien plus grand que ce à quoi on m'a cantonné sur cette île de malheur. Je sais bien que ça ne seras pas facile, c'est comme apprendre à respirer sous l'eau. Mais Halo, tu es mon oxygène. Avec toi à mes côtés, rien ne peut arriver. Avec toi à mes côtés, je ne crains rien. " Et si... " Un soupir rauque s'échappa de ses lèvres. " Et si je ne reste que l'ombre de celle que j'ai été ? "  Lilith ouvrit les yeux et les plongea dans ceux d'Halo avec force. Je veux que tu brodes nos souvenirs sur ma peau pour mes les rappeler et que plus jamais je ne les oublies. Pour que plus jamais je ne sombre dans la folie. Sans toi. " Prend tout. Prend tout ce que tu veux. sauve moi... "
Toute une silhouette qu'elle dessina de son index, perdu sur son cou, son visage, sa nuque. Elle inscrivait dans sa tête la forme de cet homme pour que plus jamais il n'en sorte. elle voulait l'apprendre. Parcourir chaque recoin de lui. Frénétiquement, c'était un besoin qu'elle implanta dans la paume de sa main. Pour y trouver a vérité. Pour partager le secret qu'il gardait précieusement dans son coeur. Un vertige l’accueillit et elle lutta pour ne pas sombrer dans les limbes de l'ivresse quo l'engloutissait.

Puis ses doigts qui s'égarèrent sur la blessure d'Halo tandis que  sa mâchoire se crispa sous le contact des doigts froid de la sorcière. Les yeux pleins de tristesse, elle sentit son coeur se contracter. " Je te demande pardon." Il était pâle. Trop pâle. l'antidote avait stoppé l'écoulement du sang mais la douleur était là, elle pouvait le voir sur son visage. La mine triste, Lilith avala difficilement sa salive et laissa encore quelques larmes rouler le long de sa joue.  " Rien ne pourra jamais me faire oublier ça." Une phrase qui résonna dans sa tête. Et elle le vit encore. Son visage à lui. Lilith ne voulait plus être lâche, elle ne voulait pas être impuissante. Ces derniers jours elle avait traversé l'enfer et il était hors de question qu'elle se laisse aller au désespoir une fois de plus. " Halo." un murmure pour se persuader de son nom. Un souffle pour se rappeler qu'elle n'avait pas tout perdu.Halo, la lueur venue des profondeurs. Halo, l'image qui dansaient derrière l'épais brouillard dans lequel elle s'était perdu. Halo, cet homme qu'elle effleura de sa main moite. Halo, cet homme qui porterait à jamais les stigmates de ce qu'on avait fait d'elle.

Halo, Aujourd'hui j'ai 5 ans,

Taste. Un chuchotement " Reviens-moi" " Ramènes moi..." Et ce fut tout ce qu'il fallait pour lui insuffler le courage de poser ses lèvres contre les siennes et d'entourer sa nuque de ses mains avide de lui. Emmène moi.

Halo, aujourd'hui j'ai 5 ans et je veux tout apprendre de toi. Soit mon univers.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Statut du sang : PurMessages : 82Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Certainement à la maison avec Jake. ❤️
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Lun 17 Avr - 21:11




Une danse dans un bar irlandais.

Les bras levés, le sourire aux lèvres, les paumes ouvertes, ils étaient des enfants qui fêtaient simplement la joie d'exister, de vivre, de respirer. Sous les violons, les accordéons et les guitares s'élevait le chant du bonheur, le plus pur, le plus beau qui soit ; simplement celui de se savoir entier et complet. Combien de fois s'était-il accroché à cette pensée pour simplement ne plus avoir à réfléchir ? Combien de temps avait-il mis à se dire que rien n'avait de valeur, si ce n'était elle ? Il avait suffi de quelques verres pour comprendre que tout ce qu'il pensait était faux ; la raison elle était là, autour de lui, vibrante, vivante, chaude. La Terre était un être vivant, respirant, le coeur battant pour tous ceux qui savaient la sentir sous leurs mains. La joie de pouvoir se souvenir du meilleur comme du pire, celle d'inspirer, un grand coup, sentir l'air s'infiltrer dans les poumons. L'idée de la paix, celle de danser jusqu'au matin sans se soucier de l'état du lendemain. Sans savoir de quoi les jours suivants seraient faits. A chaque fois qu'il faisait apparaître son Patronus, cette sensation le traversait ; celle d'être invincible. Celle de ne plus avoir peur de rien et de se laisser entraîner par le courant. C'était elle qui lui avait insufflé  cette fureur de vivre, jusqu'à le laisser fou et muet face à l'évidence. Elle qui l'avait convaincu de lever la tête, que la terre était jolie oui, mais que le ciel aussi faisait partie des évidences magnifiques. Elle lui avait fait passer la main par dessus le feu en lui montrant qu'il ne brûlait pas toujours. Elle avait chassé sa peur, calmé son esprit. Etendu sur le sol, il y repensa, mélancolique ; c'étaient les temps heureux où les journées en vallaient mille, ou chaque nuit qui tombait était la promesse d'un lendemain encore plus beau ; c'était le temps où ils ne se posaient aucunes questions, allant au gré des vents en sachant qu'ils se retrouveraient toujours. C'était l'époque des danses et des chants, des querelles à peine marquées, d'abandon total. Ils avaient été heureux. Très heureux.

Mille années auparavant.

Le coup de massue était tombé, et avec lui la fin de leurs jeux d'enfants. A trente cinq ans, ils avaient grandi et mûri ensemble ; l'horizon était mort derrière leurs yeux, ils n'avaient qu'eux comme seul futur. Alors les séparer ? C'était de la torture. Et pourtant, on avait tranché à vif le nerf de leur relation ; cette proximité qui faisait d'eux des gens complets. Des gens bien. Les gens parfaitement heureux étaient, la plupart du temps, toujours des gens biens. Il aurait donné jusqu'à l'essence de son âme pour la sauver ; il aurait affronté tous les dangers pour la voir sourire. Au lieu de cela, il avait été condamné à l'exil ; à errer d'un monde à l'autre, du château à une vulgaire montre, frustré, incapable de se convaincre qu'elle le rejoindrait bientôt, que tout irait bien. Il s'était laissé tomber au coeur d'une profonde déchéance, excusant sa décrépitude par son absence à elle, qui avait si bien su le faire sourire les jours où il avait été convaincu que c'était impossible. Ils étaient fusionnels, complémentaires ; il passait des heures à la regarder, et elle d'autres, à le coucher sur une feuille de papier pour ne perdre aucun détails de ses traits. Que deviendrait-il sans elle ? Le monde se teintait de noir lorsqu'il y songeait. Il avait passé des mois à l'attendre. Six jours, convaincu qu'il l'avait perdue à jamais. Six jours à se laisser mourir, à petits feux, ne se levant et ne respirant que pour une seule chose : la vengeance.

Et puis il avait fini par la retrouver. La promesse était venue six jours auparavant, scellée ; ils allaient se revoir, les choses allaient reprendre leur cours. Il s'était convaincu qu'ensuite, ils partiraient loin, tous les deux ; loin des guerres, des conflits, de tout ce qui aurait pu un jour les séparer de nouveau. Ils allaient se reclure quelque part et ne plus en sortir pendant quelques temps ; abandonner la lutte. Renoncer à un rêve d'enfance pour se retrouver ; ils avaient fait beaucoup de sacrifices, mais celui là était trop difficile à supporter et à accepter. C'était comme mourir. Elle lui avait promis qu'elle lui reviendrait. Et on lui avait arraché sa seule raison d'exister. Pendant six jours il avait attendu, erré comme un Inferi, à se demander combien de temps ce cauchemar allait durer. Il l'avait perdue. Cela s'était lu dans ses yeux sombres quand elle l'avait frappé. Il ne trouverait pas les mots, c'était terminé. Mais renoncer ? Il l'aurait voulu. Il n'avait tout simplement pas pu. Renoncer à elle, c'était renoncer à vivre. Renoncer à elle, c'était comme s'empêcher de respirer. Impossible.

"  une gamine qui aurait porté le monde entier sur ses épaule pour toi."
Le savait-elle déjà à cette époque, qu'ils finiraient leur vie ensemble ? Lilith avait été son amour d'enfance, puis celui de l'adolescence ; enfin il avait été le dernier, plus adulte, plus réfléchi. Elle avait évolué en même temps que lui ; et à présent elle était là, la tête contre son épaule, repentante, honteuse. La femme qu'il avait épousée ne lui aurait jamais fait le moindre mal. Mais elle ne savait plus. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Elle se redressa, pour le regarder ; il devait faire peine à voir. Son oeil, tuméfié, lui faisait mal mais ce n'était rien en comparaison de la douleur que la blessure de son ventre provoquait. Des frissons glacés, un voile devant les yeux. Et pourtant, il se pencha, pour poser son front contre le sien. Elle lui avait tellement manqué.

" Comment pourrais-je vivre en sachant ce que je t'ai fais?"
Elle avait le timbre brisé de celle qui n'y comprenait plus rien. En silence, sans répondre, il inspira son odeur à pleins poumons ; dans un an, ou deux, ou même dans quelques mois ils en riraient. Il en était certain ; ils ressortiraient de cela plus forts, plus grands.  Il passa une main dans ses cheveux trempés, le regard pointé sur elle ; elle lui avait manqué. Ses blessures n'avaient absolument aucune importance. Aucune. Elle se réfugia contre son cou, et le reste de ses forces allèrent dans l'étreinte qu'il lui offrit, chaude, rassurante. Réconfortante, parce que c'était exactement ce dont elle avait besoin. En silence, il la serra contre lui. Son odeur, partout. Ses cheveux mouillés. Ses larmes de détresse. Il fallait qu'il la sauve. Il fallait qu'elle revienne.

" Je ne sais pas qui je suis. Je ne sais plus qui je suis... ça se mélange dans ma tête. Halo... j'ai mal. J'ai tellement mal. Dis moi... Dis moi qui je suis. Raconte moi. " Qu'il lui raconte ? Mais qu'il lui raconte quoi, trente cinq années de vie ? Il le ferait, si c'était ce qu'elle voulait. Jamais Halo ne parlait de ce qu'il éprouvait pour elle, il n'en avait jamais eu besoin. Son regard était un livre ouvert ; face à elle, il n'était qu'adoration et affection. Pas besoin de lui dire je t'aime. Il ne le faisait d'ailleurs jamais. Ce n'étaient que des mots ; et chaque geste tendre témoignait simplement de l'amour qu'il éprouvait pour elle. " Raconte moi l'histoire de ce petit garçon qui résonne dans ma tête..."



"Tu sais, c'est le genre d'histoire qu'on ne trouve que dans les contes." il lui adressa un sourire. Elle ne le croierait sans doute pas. Mais il ouvrit pourtant la bouche, pour tout lui dire. La rencontre d'un petit garçon timide, et puis elle, sa sauveuse. Les entrainements répétés durant toutes les vacances, leur entrée à Durmstrang. Leur promesse, celle de ne jamais se séparer. Et puis leur vie entière. Il lui parla de leurs voyages, des épreuves qu'ils avaient subis pour arriver au bout de leur envie ; et ils avaient réussi. Il lui murmura tout cela, et bien plus encore ; Il aurait pu lui parler d'eux jusqu'au bout de la nuit. Il lui parla d'une petite fille devenue femme, qu'il avait épousé dans le jardin de sa famille. D'un voyage en Norvège qui n'aurait pas dû connaître de fin. De trente années à s'aimer, sans jamais s'arrêter. "Il n'y a que toi qui compte, dans ma vie." il lui raconta une danse en Amérique Centrale, il lui parla de sa cicatrice, là sur son ventre, témoignant de la vie qu'elle avait bien manqué de lui donner. Et il lui parla du reste. Quand ils s'étaient retrouvés séparés. "Je ne veux plus jamais avoir à faire ce sacrifice. ça n'a pas de sens sans toi. Plus rien n'a de sens sans toi." c'était vrai. Elle était tout. Absolue. Authentique. Et bien là, dans ses bras, alors qu'elle se souvenait à peine de lui. Elle l'écoutait.

" Et si...  et si je ne reste que l'ombre de celle que j'ai été ? "
Il secoua la tête, à peine. "ça n'a aucune importance." il ne l'aimait pas pour les souvenirs qu'ils avaient ensemble. Il l'aimait parce que c'était elle. Seulement elle.  Elle pouvait bien se souvenir de rien ; ce qui brillait dans ses yeux, Halo savait ce que c'était. Il lui jeta un regard plein de tendresse. Elle était sa femme. La sienne. Elle ouvrit les yeux et le regarda, sans comprendre ; cela n'avait pas d'importance, elle comprendrait plus tard. A quel point il l'aimait, et ce de manière totalement inconditionnelle. "Prend tout. Prend tout ce que tu veux. sauve moi... " "Je te le promets." il le ferait. Inutile qu'il prenne quoi que ce soit ; c'était elle qu'il voulait, son rire retentissant dans le noir, sa bonne humeur, son mauvais caractère. Il voulait ses mains sur elle, son sourire imprimé contre sa bouche. Il la voulait tatouée sur son coeur.
Il voulait fermer les yeux à jamais avec elle, pour l'accompagner.

" Halo."
Ses doigts s'égarèrent sur la plaie de son ventre et il serra les dents, luttant contre la douleur. Cette blessure guérirait, comme les autres qu'il avait pu se faire. Cela n'avait aucune importance. Elle approcha son visage ; une main se posa sur sa joue de femme. Le murmure, ce fut comme un dernier salut ; il avait été exaucé. Il allait pouvoir la sauver. Elle se souviendrait et tout reprendrait comme avant. Elle ne se souviendrait pas, et il construirait quelque chose d'autre avec elle. Au final, est ce que c'était véritablement important ?

" Reviens-moi"
" Ramène moi..." Il perdit pied à ce moment là, quand ses mains se posèrent contre sa nuque ; quand elle l'entraina contre lui et qu'elle laissa sa bouche se poser contre la sienne. Les larmes brulantes lui montèrent aux yeux ; il n'y avait pas d'avenir sans elle, et elle lui apportait suffisamment de courage pour supporter cela. Une main glissa dans ses cheveux, il la serra, aussi fort que ses maigres ressources le pouvaient encore ; il oublia jusqu'à la manière de respirer pour laisser une nouvelle fois ses lèvres contre les siennes. Il oublia même qu'il n'avait pas le droit, que la mission dépendait de leur secret. Il oublia d'ailleurs l'endroit où ils étaient. C'était comme un premier souffle d'air après de longues minutes d'asphyxie. Il recula, pour respirer, la dévora du regard, les yeux écarquillés. Et il y revint, encore et encore, jusqu'à ne sentir qu'elle, jusqu'à en pleurer de soulagement, jusqu'à laisser ses poumons se remplir, difficilement, d'un air qu'il n'avait plus. "Je t'aime" il répéta ces mots, une fois, puis deux, trois, entre chaque baiser comme si cela allait la ramener plus vite. Qu'elle lui revienne, qu'elle retourne à la place qui lui était prévue, là, à ses côtés. Qu'elle ne l'abandonne plus jamais. "Tu m'as tellement manqué. J'ai eu tellement peur." jamais Halo ne prononçait ce genre de paroles. Jamais au point de la regarder avec un grin de folie dans les yeux ; le besoin qu'il avait d'elle se faisait oppressant, implacable. Il passa les mains sur son visage. Des mois sans pouvoir la toucher véritablement, et elle était là. Et il était bien incapable de trouver les mots justes.

"Ne t'en vas plus jamais loin de moi.



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 18 Avr - 1:41


"Tu sais, c'est le genre d'histoire qu'on ne trouve que dans les contes."
La pluie s'était arrêtée. L'orage ne grondait plus. Et le froid était revenu. Le froid, un mois de juin. Cela semblait surréaliste et pourtant. Pourtant, elle tremblait de tout ses membres. Mouillée jusque dans l'os, incapable de bouger d'un pouce, elle se laissait percutée par toutes les pensées venues d'une autre vie qu'elle recevait à présent en bribes incohérentes. Patchwork émotionnel qui la heurtait encore et encore/ La douleur revenait. Lancinante. Lapidant son esprit trop longtemps endormie. Et elle ne cillait pas, restant complètement happée par la voix douce d'Halo comme s'il s'agissait là d'une berceuse capable de lui redonner ses souvenirs intégralement. Quelques soupirs s'égarèrent sur la peau humide de cet homme qui lui racontait ce que jamais elle n'aurait cru capable de vivre.
Et elle se voyait courir vers le garçon en riant pour lui sauter dans les bras. Elle avait 8 ans. Et elle se voyait, fixer un Halo bien plus jeune trop concentré sur ses livres pour faire attention à elle dans cette bibliothèque lugubre où il avait l'habitude de se réfugier. Et elle se voyait résister à l'envie d'égorger la moindre fille passant sous son regard sous son air de parfait crétin. Elle se voyait lui dire oui à l'endroit même où elle se tenait à cet instant. ça la frappa de plein fouet, plus fort que si on lui avait arraché le coeur encore chaud de sa poitrine. Alors, elle pleura. Parce qu'il n'y avait rien à faire d'autres. Parce qu'il y avait eu lui. Il y avait eut elle et toute l'eternité pour se le dire. Toute l'eternité pour se rappeller. Toute l'éternité pour se l'ancrer sur la peau. Eternité qu'on avait voulu lui voler. Eternité qu'on avait bafouée avec une perversion extrême. Elle pleura parce que recevoir autant d'amour de quelqu'un était beaucoup trop grand pour que son coeur le supporte sans déborder. Elle pleura parce qu'au fond dans ses bras c'est tout ce qu'elle était ; une poupée de porcelaine brisée priant pour qu'il répare tout ce qui avait été cassé. A cet instant, elle sentit la tristesse l'engloutir. Comment pourrait-elle donner à cet homme le dixième de l'amour qu'il lui offrait si elle n'était pas fichue de se rappeler de tout ce qui faisait qu'il l'aimait tant? Lilith avait le souffle coupé. Elle hoquetait. Respirait fort et ne pouvait s'empêcher de frémir de chagrin. Se sentant impuissante. Sans force. ce qu'il lui racontait était d'une beauté sans nom et elle ne se rappelait même pas le quart de ce qu'il était en train de dessiner de sa bouche bien trop parfaite pour elle. Mais elle s'accrocha aux sensations, aux bribes qui traversaient ses pensées dans ce tumulte qui se déchaînait à n'en plus finir. Elle gardait la petite fille qui passait en éclair dans sa tête. Elle gardait la jeune fille jalouse qui dormait sous sa peau. Elle gardait la jeune femme qui lui avait dit oui sous un sourire que jamais elle ne pourrait plu oublier. Elle gardait lui, jusqu'au moindre détail qui lui revenait. De la couleur de ses cheveux ébouriffes aux nuances de ses yeux. Puis, elle se dit que si elle ne devait se souvenirs que de cette image, alors, elle aurait une raison de vivre. Une raison de se battre bien plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant. ça serait suffisant pour repousser la tristesse et la solitude.

"Il n'y a que toi qui compte, dans ma vie." Elle qui avait cru être seule au monde depuis qu'elle était revenue de l'enfer, ne l'avait jamais été. Ne le serait jamais. C'était une certitude qui s'imposa à elle lorsque l'homme prononça ces paroles :  "ça n'a aucune importance." Non. ça n'avait pas d'importance parce qu'il l'aimait. Il l'aimait bien plus qu'elle n'aurait put le dire. Assez pour pardonner ses attaques meurtrières et assez pour la garder près de lui quand bien même elle aurait été incapable de se souvenir de qui elle était. Mais elle, elle ne le concevait pas. Non. Ses gestes étaient impardonnables. Et ça lui retomba dessus d'un coup ; ce besoin d'être réparée. Par lui. Les yeux suppliant, Lilith observa le visage épanoui de l'homme. Il était là, dans un état lamentable, celui dans lequel elle l'avait mit avec un acharnement cruel et pourtant elle pouvait sentir la plénitude absolue suinter de chaque pore de sa peau lorsqu'il parlait d'elle, d'eux.  Il avait cette étincelle dans les yeux qui brillait, dansait et emportait tout les doutes que la brune avait à cet instant. Son regard lui promettait le monde. Non. Son regard lui promettait leur monde, celui duquel elle s'était éloigné. Face à tant de sentiments, Lilith n'osait parler. Le mystère de ce qui les liait était trop important pour qu'elle le saccage avec des ombres. Et elle voulait qu'il parle. à tout jamais. Jusqu'a ce que ses os s’effritent. Jusqu'a que sa peau tombe en lambeau. Jusqu'a ce qu'elle ne soit plus que des cendres. Lilith n'avait plus peur à présent. Parce qu'elle savait qu'il aurait affronté n'importe quoi pour elle.


De ces ombres qui se dessinaient sous ses yeux elle devinait leur longue histoire. Sa mémoire avait flanché mais lui s'était tenu devant elle, acceptant la mort si elle ne lui revenait pas. Et bien qu'elle tente encore d'assembler les pièces du puzzle des diverses images effleurant ses souvenirs, elle savait qu'il n'existait pas de plus belle preuve d'amour dans ce monde. Alors, elle l'embrassa. Ses lèvres se languirent des siennes avec une avidité dont elle ne s'était cru capable. Ses mains fouillèrent sa chevelure mouillée et elle s'abandonna. Et son corps se réveilla. Vibra. s'embrasa. ça tambourina sous sa peau et grouilla dans ses veines. Et l'inonda. Un flot de souvenirs lui revint en mémoire. Tout. Jusqu'a la moindre seconde passée à ses côté, jusqu'au moindre de ses sourires. Et son rire qu'elle n'entendait que trop peu mais qui avait eu raison de son coeur ce jour là. Il y avait eu lui. Il y avait eu elle. deux gamins qui s'étaient attachés l'un à l'autre sans jamais rompre le lien qui les unissait se frayant un passage dans la vie, affrontant le monde entier sans aucune peur. Pour lui, elle était devenue tout ce qu'il voulait ; et elle aurait fait tellement plus. Les bribes de ses souvenirs laissèrent place à l'intégralité d'une vie qu'elle avait tout bonnement refuser de perdre. Agrippée à son cou, Lilith refusait de le lâcher. Et elle tremblait de tout son corps. Pas à cause du froid cette fois-ci. Ni même de la peur. Lilith tremblait parce que la violence de ses souvenirs la percuta tellement fort qu'elle failli mourir sur le champs. Tout était là, à la place. s éclats de rires enfantins lors de leurs chasses au trésors à leurs soupirs fiévreux l'un contre l'autre ces nuits où ils se refusaient à dormir, ce qui arrivait très souvent à Lilith car jamais elle n'avait pu être repu de son mari. Jamais. Elle respirait à nouveau. Voyait le monde à sa façon. Pendant 6 malheureux jours elle avait été aveugle, privée de chacun de ses sens, errant comme une damnée dans l'un des 9 cercles de l'enfer. Et lui, il était venu la chercher. L'avait attrapé par la main et l'avait tiré de là en affrontant les flammes infernales. Comme il le faisait toujours.
Lorsqu'il se recula de leur baiser. Cendre se refusa à ouvrir les yeux.  "Je t'aime" ça sonna tellement doux qu'elle en oublia tout le reste.  Elle était de retour. Il ne le savait pas encore et pourtant il l'aimait toujours aussi fort, avec une intensité démesurée qui l'empli d'une fierté hors norme. Cet homme la surprendrait toujours. Un petit éclat de rire et elle ouvrit les yeux. Malicieuse. Trop heureuse de cette résurrection " Je vous aime aussi Gabriel Whelan. " Il comprendrait dès lors qu'il entendrait ce prénom qu'elle ne prononçait jamais. Tout comme les je t'aime qui se traduisait très souvent par des choses beaucoup plus factuelles.  "Tu m'as tellement manqué. J'ai eu tellement peur." " Homme de peu de foi. Jamais je ne t'aurais abandonné.  " Et elle souriait, caressant le visage de son mari, le front contre le sien, incapable de s'en défaire, mettant entre parenthèse tout le reste." Ne t'en vas plus jamais loin de moi." " C'est promis." Quelques baisers qui se perdirent sur son nez et déjà ses reflexes revinrent au galop, elle ne résistait pas à son envie de le toucher, de l'asservir à ses gestes fievreux. Piégée par ce qu'elle était, ce qu'elle avait toujours été même si elle avait cru se perdre en chemin. Cette torpeur dans laquelle elle avait été plongée n'avait que trop durer, il était temps qu'elle revienne embraser quiconque s'était mit en travers de sa route. Les fous. Ils paieraient chers.


Mais le bonheur n'arrivant jamais seul, le ventre de Lilith se contracta instantanément en observant la blessure d'Halo. Elle passa quelques doigts dessus. Le retour à cette réalité qui la gifla en plein visage, retour de bâton bien trop violent qui disloqua ce moment de sérénité. Lilith se recula pour observer l'ampleur des dégâts qu'elle lui avait causé. " Halo... Je..." que dire? Qu'elle était désolée? Désolé ne serait jamais suffisant pour réparer ce geste. Elle se recula un peu plus, ravagée par la culpabilité qui déjà l'attaquait et la rongeait de l'interieur comme de l'acide. La sorcière serra les dents son regard se fit noir. Instinctivement elle se releva et plaqua ses deux mains sur sa tête espérant stopper la colère qui se répandait comme une incendie dans tout son corps. Comment avait-elle put faire ça? Comment avait-elle pu lui causer autant de douleur? Comment? Elle s'en voulait et déjà la rage l'envahissait. Elle avait failli le tuer. Elle aurait pu le tuer. " Il faut que tu rentres te soigner. Je ne..." et sa phrase resta en suspend parce qu'une voix frappa derrière eux. " Recule toi Lilith." Et elle fit volte face instantanément pour se retrouver face à un autre des assaillants, le même qu'elle avait laissé avec les autres espérant qu'il lui ficherait la paix. Il tenait sa baguette directement pointée sur Halo. le monstre de colère commença à se réveiller quelque part en elle. " Eloigne toi de lui." Hors de question. tout ses instincts à l'affût du moindre faux pas de l'homme, Lilith vint se placer devant son mari. " Votre scène était très touchante, j'ai failli y croire moi aussi. Tu ne vois pas qu'il te manipule? On reglera ton moment de faiblesse plus tard, J'peux comprendre que tu sois paumée Lilith mais il faudra t'expliquer devant les autres. " Depuis combien de temps était-il là à les observer? Qu'avait-il entendu. " Baisse ta baguette Karoff." Mais ce qui brillait dans les yeux de l'homme était tout sauf de la conciliation. Il n'y aurait pas de concession. Pas ce soir. Doucement, Lilith glissa sa main dans sa poche espérant y trouver sa baguette avant de se souvenir qu'elle l'avait lâché après avoir attaqué Halo. " C'est un traitre. Es-tu complètement idiote? Il se sert de ta perte de mémoire pour t'inventer de faux souvenirs afin que tu le rejoigne avec les autres. Et je l'avoue, il est très doué avec sa gueule de gamin candide. Aller Pousse toi que je mette un terme à tout ça. " Le goût amer qui se répandit dans sa bouche. Lilith savait ce que cela signifiait. La guerre. Le combat. Ses yeux se tournèrent vers Halo. ça lui arracha le coeur de savoir qu'il s'était mit en danger à cause d'elle.  Et elle laissa le champ libre à l'autre faignant la croyance en ses propos. Il ne lui faudrait qu'une seule seconde d’inattention sur elle pour tenter une attaque. C'était le seul moyen qu'elle avait pour se débarrasser de lui. Lorsqu'il s'approcha d'Halo, Elle bondit sur sa baguette et se tourna vers l'homme qui se tourna plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. " Experliamus!" Sa baguette sauta de ses mains pour aller s'écraser un peu plus loin, le regard mauvais elle le defiait des yeux à présent. " Je me doutais que ce que disait ce gringalet était peut-être vrai. " Touche le et tu es mort." siffla la femme à travers ses dents. Le sorcier etira un large sourire sur son visage et pointa sa baguette sur son mari. " En fait, Je vais le tuer sous tes yeux. Et après je te ramènerais au camps accroché au corps pourissant de ton cher mari pour leur expliquer à quel point t'es une salope de traitresse."  Et Il leva sa baguette. Ce fut là son erreur " Avada Ke..." Un geste, un seul et Lilith avait déjà envoyé les lames de son boomerang désarmé l'assaillant dans un cri de rage. Sa baguette tomba au sol sous son regard désorienté. Dans le même temps, Sa main passa sur le manche de son Katana qu'elle dégaina Une expression meurtrière sur le visage. La brune n'était plus que colère à présent, possédée par la Banshee qui criait en elle depuis bien trop longtemps, domptée par une valkyrie menaçante et assoiffée de sang. Plus dangereuse que jamais, elle rejoignit l'homme en un seul saut.
Et le sang gicla. La lame traversa le corps de l'homme qui avait osé menacer Halo. Sa chair se fendit comme du beurre lorsqu'elle empoigna la lame un peu plus profondément en lui, brisant sa colonne vertébrale sous la violence du coup. " Va en enfer Enfoiré. ". Elle retira la lame aussi vite qu'elle lui avait traversé le corps, déchaînant un flot de  écarlate visqueux qui se répandit sur le sol. Et l'homme tomba à genoux, les mains sur son ventre d'où le sang de cessait d'affluer. Il en avait pleins la bouche, pleins les mains et elle, le regardait agoniser avec fureur. Un coup de pieds, et l'homme s'écroula sur le sol, quittant cette vie à tout jamais. Aussitôt, Lilith lâcha le Katana qui tomba dans un bruit métallique et se précipita sur Halo " Il faut que tu partes maintenant Halo! Les autres vont arriver ! s'ils te trouvent ici ils comprendront."  son regard se posa sur le corps sans vie de l'assaillant. " Si je suis seule, ils me croiront. Je vais aller à leur rencontrer et  ramener le corps à Domovoï's rock. Je leur expliquerais qu'il cherchait à prévenir la resistance. " Elle aida Gabriel à se relever et lui pris les mains. " Fais moi confiance..." Enfin, elle brisa le contact de ses mains dans les siennes et s'éloigna de lui. " Un jour j'ai fais un voeu avec mon sang. Pour toi. Retrouve moi y dans 2 jours."

****

La mort de l'homme ne sembla pas peiner qui que ce soit. Chacun étant trop concentré sur sa propre besogne et ses intêrets concernant les vainqueurs. Aussi, personne n'eut de mal à croire à son histoire. Ce qui lui causa beaucoup plus de difficultés fut de Feindre d'avoir encore la mémoire perdue. Evidemment Visenya savait. Mais Asphalt ne devrait en aucun cas savoir, il en allait de la réussite de sa vendetta.
Alors, lorsque les deux jours s'écoulèrent, Lilith se proposa pour une toute nouvelle excursion entre les murs du chateau. Une fois de plus, elle proposa de prendre des routes différentes et veillant à ce que personne ne la suive. Deux fois la même erreur? certainement pas ! Lilith  trouva la salle du puit à voeux sans aucune difficultés, errer dans les couloirs de Durmstrang avait été son passe temps favori jadis. Une fois à l'interieur, La silhouette d'Halo se découpait à quelques mètres d'elle, il était déjà là. L'attendant. Depuis combien de temps?  Et son coeur tambourina contre sa poitrine. Lilith s'en voulait encore affreusement du mal qu'elle lui avait fait. ça grattait en elle depuis qu'elle avait réaliser les dommages causés et maintenant elle se sentait tout simplement indigne de cet homme. Indigne de l'amour qu'il lui portait et qu'elle avait entâché de sa propre colère. Bassesse des plus horribles. Lorsqu'il tourna ses yeux heureux de la retrouver vers elle, elle baissa le regard, honteuse. Plus honteuse qu'elle ne l'avait jamais été. Et sa gorge se serra instantanément. Comprenant que quelque chose n'allait pas, Halo s'avança vers elle jusqu'a arriver à sa hauteur et soulever son menton pour poser un baiser sur ses lèvres. Il s'inquiétait. Le contact de ses doigts et ses lèvres sur sa peau la fit frissonner. Et la culpabilité l'empêcha presque de respirer. " Les autres  m'ont cru il semblerait..." Lilith n'osait pas regarder Gabriel dans les yeux.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Statut du sang : PurMessages : 82Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Certainement à la maison avec Jake. ❤️
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 10 Aoû - 23:07


Une vie entière avait été radiée de sa mémoire.

Une vie entière faite de rêves accomplis, d’espoirs devenus réalités. Une vie douce, une vie belle, une vie dont n’importe qui était capable de rêver en secret. Quand il y repensait, Halo songeait qu’il n’y avait sans doute aucun cadeau plus beau que sa femme ait un jour pu lui offrir que ce “oui” qu’elle avait prononcé du bout des lèvres, devant un autel de bois blanc. Elle lui avait accordé ainsi l’assurance de connaître une vie pleine, riche ; et même s’ils ne réalisaient pas ces désirs brûlants qu’ils portaient à bout de bras depuis l’enfance, Halo s’en moquait. Cela aurait eu si peu d’importance. Il aurait été capable d’accepter n’importe quelle existence, à partir du moment où elle l’accompagnerait ; sa main fraîche tenant la sienne pour une éternité à suivre ses pas. Un jeu auquel il adorerait sans doute jouer. Poursuivre son regard aux lueurs de l’aube, la suivre jusqu’au bout de l’éternité. Ne voir le futur que dans ses yeux sombres et se promettre le monde, même s’ils ne pourraient jamais se l’offrir. Elle vivait sur un piédestal qu’il avait élevé pour elle ; à la mesure de sa grandeur et de sa beauté. Et cette vie là, ce présent incroyable et ce passé aux allures de conte s’était effacé cruellement de sa mémoire. La gorge serrée, épuisé par l’effort que lui avait demandé cette lutte contre son esprit en pleine rébellion, Halo savoura simplement l’instant incroyable des lèvres de son épouse contre les siennes, véritablement, pour la première fois depuis six longs mois. Pour eux qui n’avaient jamais été séparés aussi longtemps, cela sonnait comme une délivrance ; et aux yeux de Gabriel, cela en était presque devenu vital. Elle l’avait écarté de son existence pendant des jours, incapable de se souvenir qu’elle lui avait accordé sa confiance absolue. Rien n’aurait pu le briser plus que cela et pourtant, ce fut sans doute l’espoir qui le conduisit à insister. Lui qui s’était imaginé dépourvu du moindre courage, il se tenait pourtant là, blessé, exsangue, mais fier d’avoir réussi à convaincre Lilith que l’éternité n’avait de sens que s’ils se trouvaient dans les bras l’un de l’autre.

C’était comme la voir revenir à la vie ; c’était comme la voir renaitre et s’épanouir de nouveau, fleur noire de ses pensées dont les pétales odorantes avaient envahi la totalité de son esprit. Elle grandissait dans son rêve et mourait dans ses silences ; elle était son avenir et son passé, son présent gravé dans leurs chairs pour ne plus jamais oublier qu’un jour, ils avaient failli être séparés pour toujours. Il ne l’aurait jamais accepté. Si lui avait perdu la mémoire, comment aurait-elle réagi ? Si cela avait soudainement été lui, celui qui ne l’avait pas reconnue, aurait-elle lutté de toutes ses forces pour le retrouver, aurait-elle supplié comme lui l’avait fait ? Oui, sans doute. Halo n’avait aucune honte de se mettre à genoux devant elle ; ils étaient conscients tous les deux que rien n’avait de sens si leurs mains ne se joignaient pas pour affronter les cruelles perturbations de leur vie. Ils avaient des promesses à la bouche, murmures invisibles et chuchotants qu’ils échangeaient dans le secret le plus absolu. Se séparer pour se retrouver plus fort. Le prix à payer pour cette félicité était beaucoup trop lourd. Plus jamais il ne serait séparé d’elle aussi longtemps. Plus jamais il ne se sentirait nu face au monde. Elle était son seul point d’ancrage.

Alors, quand Halo se détacha lentement d’un baiser flamboyant, il recouvra un souffle perdu depuis de longs mois. Peu importaient les blessures, peu importaient les cicatrices, cela n’avait aucune importance. Elle aurait pu lui arracher un membre, c’était peu, si peu en comparaison du besoin d’elle qu’il ressentait. Silencieux d’abord, il caressa sa joue, ébloui par l’aura claire qui se dégageait d’elle de nouveau. Elle était belle, elle était magnifique sous la lune, dans cet endroit où s’étaient scellées les promesses d’une vie heureuse. Elle avait les yeux clos, et si la peur avait pu paralyser ses membres, à cet instant ce ne fut qu’un bonheur corrodant qui lui incendia les veines quand il l’observa, fasciné par les traits de son visage. Au milieu du danger qui rôdait, elle n’avait jamais été plus incroyable. Dans son élément.

Elle ouvrit les yeux, et il comprit qu’elle était revenue avant même qu’elle ouvre la bouche. Son sourire illumina sa peau de porcelaine, et la caresse sur sa joue se fit plus tendre encore lorsqu’il en prit conscience. Son coeur rata un battement dans sa poitrine ; les sens à l’affut, il la dévora simplement du regard. Ce rire qu’il avait entendu tant de fois dans son esprit épuisé par le manque d’elle. " Je vous aime aussi Gabriel Whelan. " Et ces mots qui résonnèrent comme mille promesses. Elle n’avait pas le droit d’oublier. On oubliait pas quinze années de mariage, tout comme il était impossible d’effacer de sa mémoire les précédentes. Celles faites de jeux et de douceur, dans une enfance candide qui les avaient noués l’un contre l’autre plus fort encore que tout ce qu’ils avaient connu. Il avait eu tellement peur de la perdre que le soulagement manqua bien de faire monter des larmes brûlantes à ses yeux. " Homme de peu de foi. Jamais je ne t'aurais abandonné.  " Ses doigts fins en promenade sur son visage, résonnant comme mille mots qu’elle lui taisait. Un sourire éclaira le visage fatigué de Gabriel Whelan. Ils étaient ensemble, et ensemble, rien ne pourrait leur faire barrage. Tous ces mois perdus à la chercher sans la voir. Elle était enfin revenue. La merveille de sa vie, le diamant ornant un bijou délicat.

Elle jura. Elle jura et ce fut sans doute ce qui déclencha la fièvre ; elle laissa quelques baisers délicats effleurer son nez, mais déjà le regard clair de Halo ne la quittait plus. Saisissant sa nuque d’une main ferme, il l’attira contre lui de nouveau ; elle lui appartenait, et elle lui appartiendrait toujours. Ceux qui osaient se mettre entre eux étaient des fous ; et personne ne pourrait jamais échapper à la vendetta qu’il mettrait en place pour leur faire payer cette souffrance qu’ils avaient ressentie tous les deux d’avoir ainsi été arrachés l’un à l’autre. Il n’y avait plus de demi mesure. Plus de mensonges, plus de déchirure ; il avait recousu la plaie béante de ses doigts agiles et à présent, plus rien d’autre ne compterait que ces retrouvailles qu’ils feraient durer des heures. Le chateau pourrait s’écrouler. La guerre pourrait rugir à leurs oreilles, cela n’avait aucune importance. Ils lieraient une nouvelle fois leur destins à la force de leurs mains sur leurs peaux.

Et lorsqu’il se détacha une nouvelle fois d’elle, ce fut l’hésitation dans son regard d’ébène qui lui fit froncer les sourcils. Silencieuse d’abord, elle laissa quelques doigts trainer sur la blessure cuisante de son ventre. Elle n’y avait pas été de main morte, mais il s’en moquait ; elle aurait pu lui faire pire pourvu qu’elle retrouve toujours la chaleur de ses bras. Il aurait pu mourir de sa main si cela l’avait préservée, elle. S’il avait eu l’assurance que sans lui, Lilith aurait pu continuer à vivre. S’il s’était battu, c’était simplement parce que pour le moment, elle en était très loin. Elle recula, s’écarta de son étreinte. Les yeux voilés par une culpabilité qu’il s’apprêta à gommer. " Halo... Je..." Elle fit un pas de plus en arrière. Il l’appela simplement du regard, promettant sans rien dire qu’il ne lui en voudrait absolument jamais pour cela. “Cendre, écoute…” Je ne t’en veux pas. Je ne t’en voudrais jamais. Ces stigmates nous rappelleront chaque jour que rien ne pourra jamais nous séparer, pas même l’oubli. Ne laisse pas ton coeur sombrer dans les limbes de la honte. Je serais fier de porter chaque cicatrice pour toi. " Il faut que tu rentres te soigner. Je ne..." Il s’apprêta à lui répondre qu’il ne quitterait pas cette pièce sans elle lorsqu’un éclat de voix résonna dans le silence. Surpris, il se tourna vivement. Il n’était pas capable de se battre, pas capable de lutter contre qui que ce soit ; cette bataille là avait épuisé la totalité de son énergie. La voix résonna, dans son dos, et il se figea immédiatement, reportant son attention sur ce qui perturbait des retrouvailles attendues depuis beaucoup trop longtemps. " Recule toi Lilith." Un homme qu’il ne connaissait pas, un assaillant sans doute, le menaçait de sa baguette. Cendre se tourna, vivement ; et Halo eut à peine le temps de dégainer la sienne, en sachant parfaitement qu’il ne serait jamais capable de s’en servir. Les dents serrées, le regard noirci par la rancoeur, il le jaugea. “Eloigne toi de lui." Elle était parvenue à se bâtir une carapace solide. Sa couverture avait tenu, malgré lui et malgré tout ce qu’ils représentaient ; pourtant, lorsqu’elle se plaça devant lui, il sut qu’elle ferait tomber les masques si cela pouvait sauver sa vie.

" Votre scène était très touchante, j'ai failli y croire moi aussi. Tu ne vois pas qu'il te manipule? On reglera ton moment de faiblesse plus tard, J'peux comprendre que tu sois paumée Lilith mais il faudra t'expliquer devant les autres. " Depuis combien de temps écoutait-il ? A quel point cet homme pouvait-il représenter un danger pour la mission qu’on lui avait confié ; les sourcils froncés, Halo ne bougea pas. Il n’avait de toute manière pas la force de lutter contre qui que ce soit. " Baisse ta baguette Karoff." Il ne le ferait pas. Cela brillait dans ses yeux, qu’il ne les laisseraient pas s’en tirer de cette manière. Deux options s’offraient à eux ; il le tuerait, et Cendre serait protégée de la trahison ; ou il vivait, et cet homme devrait alors mourir. Il sut immédiatement quel choix son épouse fit, alors qu’elle cherchait désespérément une baguette perdue dans sa poche. Elle gisait au sol, inutile. La gorge de Gabriel se serra. " C'est un traitre. Es-tu complètement idiote? Il se sert de ta perte de mémoire pour t'inventer de faux souvenirs afin que tu le rejoigne avec les autres. Et je l'avoue, il est très doué avec sa gueule de gamin candide. Aller Pousse toi que je mette un terme à tout ça. " Il avait donc tout entendu. Serrant les dents, Halo leva sa baguette un peu plus haut. Dans une parodie de courage qu’il lui était impossible de trouver. Il ne pourrait jamais se battre contre lui. Ses talents au combat avaient déjà été sévèrement entamés par la blessure et la perte de sang ; et de toute manière, il n’avait jamais été véritablement doué pour cela. L’étranger fit un pas, hargneux ; il n’eut pas le temps de réagir que déjà, Lilith se précipitait en avant pour récupérer sa baguette. L’homme avait déjà bougé. “Lilith, attention !”

" Experliamus!" Son effort fut avorté avant même qu’elle ait pu en faire quelque chose. Le coeur battant de peur, Halo avança d’un pas, prêt à la défendre ; s’il devait mourir pour elle, alors il le ferait. D’un geste de la main, elle lui intima de rester en arrière. " Je me doutais que ce que disait ce gringalet était peut-être vrai." " Touche le et tu es mort." La menace de la baguette revint, plus forte. L'intimidation ne servait à rien ; elle lui avait simplement laissé une chance de vivre, rien de plus. " En fait, Je vais le tuer sous tes yeux. Et après je te ramènerais au camps accroché au corps pourissant de ton cher mari pour leur expliquer à quel point t'es une salope de traitresse." Qu’il essaye. Halo jeta un regard à son épouse, dérobé ; il eut à peine le temps de lever sa baguette qu’elle avait déjà dégainé son arme favorite. Si Cendre s’était toujours montrée douée en sort de combat, c’était avec les armes blanches qu’elle excellait. Le boomerang magique s’envola, faisant valser l’arme de l’assaillant qui poussa un cri, enragé. Spectateur de cette scène dangereuse, incapable de bouger ou de dire le moindre mot, il assista, impuissant, au spectacle de la danse mortelle que Lilith entamma, meurtrière. Cette lueur sauvage dans son regard, il la connaissait par coeur. C’était elle qui l’avait animée la première fois qu’elle avait pris sa défense. Soudain, il se fit l’impression de n’être qu’un petit gringalet de cinq ans à qui on avait dérobé le livre. Et dans un geste souple et empli de rage, elle fit passer la lame de son katana au travers du corps de l’homme dans un craquement sonore. Le sang gicla. Et il s’effondra sous une gerbe écarlate. " Va en enfer Enfoiré. ". Elle avait toujours été comme ça Lilith. Elle agissait avant de réfléchir. Mais elle venait de lui sauver la vie, et il ne comptait plus vraiment le nombre de fois où elle l’avait fait pour lui. Alors, silencieux, il observa l’étranger chuter sur le sol, sous l’impulsion d’un dernier coup de pied ; un dernier gargouillement, et il mourut. Il poussa un soupir de soulagement. Elle était vivante, et lui aussi, bien que ses jambes ne supportent plus son poids. Les mains tremblantes, il l’accueillit quand elle vint à sa hauteur, ses grands yeux d’ombre chargés d’angoisse. Son katana tomba sur le sol de pierre. Et elle saisit ses mains.

" Il faut que tu partes maintenant Halo ! Les autres vont arriver ! s'ils te trouvent ici ils comprendront."
Il était encore question de couverture. Ce n’était absolument pas le moment de se trahir. Elle n’avait pas passé tous ces mois au milieu des rats pour prendre le risque de perdre sa crédibilité maintenant. Mais l’envie de la retrouver était bien plus forte que sa raison ; il fallut qu’elle insiste pour qu’il accepte de reculer d’un pas, sa baguette fermement serrée dans sa main moite. " Si je suis seule, ils me croiront. Je vais aller à leur rencontrer et  ramener le corps à Domovoï's rock. Je leur expliquerais qu'il cherchait à prévenir la resistance. " “Cendre, il faut que…” Il prit une longue inspiration. Rangeant son arme, il attrapa son visage à deux mains pour la forcer à le regarder. “J’ai eu beaucoup trop peur de te perdre pour que cela arrive maintenant. Si tu dois les convaincre, montre toi assurée et calme. Dissimule le fait que tu te souviens de tout. Et trouve les responsables de ton attaque pour les faire taire.” Impossible de s’empêcher de donner des instructions. Si loin de lui, elle faisait des erreurs et il le savait. Il en faisait aussi. Lorsqu’il ne posait pas son regard sur elle, Halo savait qu’elle se mettait en danger. Il n’avait pas compté le nombre de fois qu’elle lui était revenue avec des cicatrices. Alors, elle saisit ses mains, rassurante bien que paniquée.  " Fais moi confiance..." Et il soupira. “Je te fais confiance. Je t’ai toujours fait confiance. Mais sois prudente.” Il ne la perdrait pas, pas si près du but. Si elle devait retourner sur l’île… “Promets moi de revenir vite.” et ce n’était absolument pas pour la mission qu’il lui demanda cette faveur. Ce fut pour ce manque lancinant d’elle qui lui lacérait le ventre. Elle le relâcha, de la détermination brûlant dans ses yeux noirs. " Un jour j'ai fais un voeu avec mon sang. Pour toi. Retrouve moi y dans 2 jours." Elle tourna les talons, pour s’en aller ; et une main se referma vivement sur son bras pour l’attirer contre lui. “Cendre…” Sa bouche s’écrasa une dernière fois contre la sienne. Il y mit ses dernières forces, toute son énergie. Deux jours. Il pouvait se passer tellement de choses. Alors il lui transmit toute la force de son affection, la puissance du besoin qui le liait à elle depuis l’enfance. Ne m’oublie plus jamais. “Sois sage mon amour.”

****


Il passa deux jours caché dans le château ; impossible de rejoindre le QG des insurgés sans devoir tenir informés ses membres des origines de sa blessure. Préférant garder le silence, Halo se réfugia dans un recoin de Durmstrang, soignant sommairement la plaie de quelques sortilèges pour la faire cicatriser plus vite. Alternant des moments de somnolence et de sommeil, il fit tomber la fièvre au premier jour, et prit le repos nécessaire à sa récupération au second. L’entaille était profonde, et laisserait une longue cicatrice avec le temps ; et celle-ci, il ne la ferait pas disparaître. Elle lui rappellerait chaque jour comme il avait failli la perdre. Pas suffisamment fort pour la protéger, pour prendre soin d’elle, il l’avait laissée se plonger dans l’oubli. Amer, il changea son bandage au matin du troisième jour, après être allé puiser ce qui lui manquait dans l’infirmerie. Il fallait que tout s’arrête. Cette ambiance, il ne la supportait plus ; combien de temps devrait-il encore rester loin d’elle, combien de mois durerait cette terrible et longue mise à mort des pauvres fous qui avaient déclenché l’apocalypse en découvrant l’Ox ? D’humeur massacrante, l’homme se redressa. Il boiterait sûrement encore un jour ou deux, puis cet épisode ne serait plus qu’un mauvais souvenir. Passant la porte de la salle de classe lui servant de refuge, Halo jeta un sort pour vérifier que la voix était libre ; satisfait de ne rencontrer aucune ronde, il traversa un couloir envahi par les ténèbres avant de s’engager dans les différentes ailes du château. Un endroit comme celui qu’elle avait mentionné, il n’en existait qu’un. Déterminé, le souffle court d’inquiétude, incapable de savoir dans quel état elle serait, Halo accélléra le pas. Les montres avaient été détruites durant l’attaque perpétrée sur sa femme. Il lui était impossible de savoir comment elle allait, et ce simple fait lui était insupportable.

La pièce était encore vide lorsqu’il poussa la porte ; au centre, le puits dans lequel sa Cendre avait versé son sang, pour un voeu chuchoté dans le noir. Pour lui. Ils avaient seize ans, et il n’avait pas cru à sa chance. Silencieux, immobile devant la foule de souvenirs qui se mit soudainement à l’envahir, Halo laissa sa main glisser sur la pierre froide du puits. Et lui, quel voeu aurait-il bien pu faire pour épargner sa vie à elle ? Il prit quelques minutes pour y réfléchir. L’occasion était trop belle. Il n’avait jamais véritablement cru à cela, mais dans le cas de Lilith, cela avait fonctionné. Alors, tirant sa baguette de sa poche, il jeta un sortilège informulé au creux de sa main. Sa paume se fendit, laissant quelques gouttes écarlates s’écraser sur le sol ; le poing serré, seul, Gabriel Whelan ferma les yeux. Je souhaite que la vie de Lilith soit longue et pleine d’espoir. Qu’elle ne s’agenouille jamais devant les épreuves que la vie lui infligera ; et que son sourire ne quitte jamais sa bouche tant qu’elle pourra y croire encore. Je lui souhaite un futur paisible, une mort douce. Il laissa son sang chuter dans le trou sans fond ; avec un soupir, il ouvrit les yeux et referma la plaie sans un mot. Il eut à peine le temps de le faire que le bruit de la porte le fit violemment sursauter ; et lorsqu’elle lui apparut enfin, il éclaira sa mine inquiète d’un sourire éclatant. Elle baissa le nez, visiblement rongée par la honte ; déterminé à ne pas la laisser faire, il avança de quelques pas, franchissant les derniers mètres le séparant d’elle pour la rejoindre. Sa main se posa délicatement sous son menton, relevant son visage pour croiser ses yeux sombres. “Où est donc passée la combattante chevronnée que je connais ?” Un sourire encourageant, chargé de tendresse. Il déposa un baiser léger sur ses lèvres. Il était heureux de la retrouver ; et ce qu’elle pourrait bien prétendre n’avait pas vraiment d’importance. Caressant lentement sa joue, il l’observa, attentif. Elle lui avait beaucoup trop manqué.

" Les autres  m'ont cru il semblerait..." “Bien sûr qu’ils t’ont crue. Je savais que tu y arriverais.” Elle baissa de nouveau les yeux, et cette fois l’homme fronça les sourcils. Sa main remonta lentement sur son visage pour atteindre ses cheveux noirs, dans lesquels il laissa se promener quelques doigts agiles. Apprivoisant de nouveau cette silhouette qu’il connaissait par coeur, il avança pour séparer cette distance qu’elle imposait, malheureuse à l’idée de lui avoir fait du mal. C’était à lui de la rassurer ; et il n’accepterait pas la moindre trace de culpabilité alors qu’il y avait bien plus intéressant que tout cela. Il la serra contre lui avec un soupir ; les bras enroulés autour d’elle, protecteur. “Ce n’était pas de ta faute, Cendre.” Un murmure, léger, quand il embrassa lentement son front. “Je ne m’y suis pas pris correctement. Ta réaction était prévisible, c’est moi qui en suis le responsable.” Il l’écarta à peine de lui pour chercher son regard. Noyé dans l’encre de ses yeux, il se pencha pour laisser son souffle s’échouer contre elle. Elle paraissait tellement fragile. Un oiseau aux ailes brisées cherchant désespérément à s’envoler de nouveau. Elle ne le pourrait jamais sans lui. “La seule chose qui compte à mes yeux c’est de t’avoir retrouvée. Peu importe le reste. Je retrouverai les coupables, et crois-moi. Ils paieront pour chaque blessure qu’ils ont pu un jour nous infliger. Je te le promets.” Mortellement sérieux, il dessina les traits de ses lèvres d’un pouce, avant de l’embrasser de nouveau. Il l’aimait plus que tout au monde, et rien, ni personne, pas même elle, ne pourrait jamais lui enlever ce sentiment brûlant. Elle était tout. Et elle le serait toujours.



   
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I Won't give up ( Gabrilith II)

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