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 I Won't give up ( Gabrilith II)

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 14 Mar - 14:31



L'étau se resserrait. Voilà quelques mois déjà qu'ils préparaient minutieusement leur coups. Des mois de solitudes, de retranchements l'un sans l'autre. Il fallait que cette mission soit des plus capitales, sans quoi jamais ils n'auraient acceptés. Jamais.  Halo était parti le premier au château, Cendre avait du faire avec. Elle faisait avec, mettant entre parenthèse sa propre existence depuis lors. Le moins que l'on puisse dire c'était que les négociations avaient été compliqués. Pour avoir passé des semaines auprès de ces autres qu'elle détestait, elle avait compris qu'ils ne s'arrêteraient jamais. A aucun moment. Certains avaient été plus malin qu'elle ne l'aurait pensé, d'autres se cachaient derrières de faux-semblants alors qu'ils maîtrisaient parfaitement le jeu. D'autres n'étaient que des pions qu'elle réussissait à balayer d'un coup de main. Puis y'avait Valkyria.
Lorsque les décisions avaient été prises, elle avait regagné sa chambre. Évidemment, leur supérieur n'avait pas tardé à se manifester et les ordres étaient clair : elle devait laisser passer quelques jours avant de se rendre à Durmstrang. Qu'il en soit ainsi. Elle trépignait d'impatience de passer aux choses sérieuses et d'enfin pouvoir retrouver Halo pour agir avec lui, comme ils avaient l'habitude de le faire. Parce qu'a deux ils étaient invincibles mais que l'un sans l'autre, ce n'était pas possible. La guerrière qu'elle était faisait beaucoup trop d'erreurs ces derniers temps, elle ne savait pas si elle aurait pu tenir un mois de plus dans ce trou à rats dans lequel elle était terrée à feindre une animosité violente pour les vainqueurs de l'Ox.

Aller au château. Les assaillants. Evidemment, personne n'aurait pu empêcher cela. Pas même Lucifer et les 4 cavaliers de l'apocalypses. Elle même aurait préféré affronter les cavaliers de l'apocalypse d'ailleurs, plutôt qu'eux. Après tout ils avaient la guerre dans la tête, la famine qui grondait dans le ventre, la maladie dans le regard et la mort au creux de leurs mains. Telles des marionnettes, ils étaient tous guidés par la jalousie l'envie, et l'orgueil leur faisant croire qu'ils méritait la puissance de l'Ox plus que n'importe qui d'autres. Que les morts qu'ils entassaient étaient justifiés. Des marionnettes. Dont Lilith espérait bientôt couper les fils une bonne fois pour toute. Parce qu'elle n'en pouvait plus. Et plus elle mettait un pas après l'autre, plus la colère dévorait ses entrailles.
Elle pénétra dans sa tente, Essouflée d'avoir couru jusque là pour se vider la tête de toutes ces idées noires qui l'acculait dans ses retranchements les plus sombres. Elle. Les. Détestait. Et elle faisait des erreurs, trop d'erreurs. D'abord Asphalt, après la rixe avec les gardes, puis maintenant le piège se refermait tout doucement autour de sa gorge, savoir que bientôt elle retrouverait Halo en chair et en os la rassurait. Il saurait quoi faire. Il savait toujours quoi faire. Il la gronderait sans nul doute mais il la sauverait toujours, parce que jamais personne n'avait eu raison d'eux. La Brune enleva sa veste en cuir et la posa machinalement sur le fauteuil. Sa baguette dans la main, elle fit le tour de la pièce afin d'être sûre que personne n'avait pénétré là pendant son absence. Puis, avec souplesse, elle vint s'asseoir sur son lit, sortit la montre à gousset de sous ses vêtements et tourna les aiguilles en se concentra sur l'image d'Halo. Ses yeux. Son sourire enfantin. Son air placide. La manière qu'il avait de la regarder chaque jour. La beauté de son regard, le goût de ses lèvres, la chaleurs de ses mains sur ses hanches. L'odeur qui l'envoûtait, ses cheveux impossible à maîtriser. Bon Dieu, qu'est ce qu'il lui manquait, elle avait tellement de mal à respirer sans lui. Trop de mal à respirer sans lui. Halo. Cet Halo qu'elle avait dans la peau. Presque aussitôt elle s'écrasa sur le matelas du lit, plongée dans un sommeil profond.
Dans l'autre pièce elle était seule. Le feu crépitait dans la cheminée, la chaleur l'enveloppait et pourtant elle se sentait vide. Si vide. Au fil du temps qu'ils avaient passé dans la pièce astrale, ils avaient ajouté de quoi travailler. Des armes pour le combat au corps à corps, des livres de magie sur une bibliothèque, et toutes autres choses pour leur rappeler ne serait-ce qu'un simulacre de leur maison, celle qu'ils n'avaient jamais vraiment habité mais dans lequel ils pouvaient danser à leur guise et réapprendre du monde qui les entourait. Quand tout ceci serait fini, elle avait hâte de retrouver son foyer et son mari entièrement auprès d'elle. Alors qu'elle attendait Halo, Elle attrapa un livre au hasard sur l'étagère et l'ouvrit pour en lire le contenu. Un craquement lui fit lever les yeux vers la source du bruit. Il se tenait là. L'air piteux, le visage émacié, des cernes sous les yeux, le regard  perdu. Aussitôt, la brune lâcha le livre qui tomba dans un grand fracas et se précipita contre lui pour écraser ses lèvres contre les siennes sans demander le reste. S'enivrer de sa présence, oublier quelques seconde la guerre qui se préparait autour d'eux. Elle laissa les flammes se manifester, fouilla ses cheveux avec ses mains. Pour rien au monde elle n'aurait échangé cette place là. Sa place. Ses lèvres passaient sur sa peau faisant abstraction de tout ce qui l'entourait.

Puis, les quelques minutes terminées à se gorger de son image, elle recula d'un pas pour l'observer. L'observer véritablement. Il n'avait pas fière allure. Et la silhouette qu'il renvoyait lui brisa le coeur. Lilith serra la mâchoire et passa une main sur sa joue, les sourcils fronçait. «  Bon sang Halo… Pourquoi ? » Une question dont elle connaissait parfaitement la réponse  mais qui retournait son coeur : Ses yeux scrutait ses traits tirés, l'inquiétude avait creusé son visage et cela devenait de pire en pire à chaque fois qu'ils se revoyaient. Si elle n'aurait plus tenir un mois de plus sans lui, il était clair que la réciproque était vrai pour eux deux également. Lilith se mettait en danger inutilement lorsqu'il n'était pas là, frappait avant même de parler, s'imposait avant même d'observer. Sans se préoccuper des conséquences, elle n'avait jamais été douée pour ça de toute manière. Elle perdait pieds, son monde tout entier s'écroulait lorsqu'il n'était pas là. Ce stupide Yassen pouvait bien la tester, la trouver à son goût il ne perdait rien pour attendre, Asphalt quant à elle paierait de son insolence tôt ou tard, et même ce psychopathe de Mordred ne pourrait rien faire. Tous, souffrirait de lui avoir rendu la tâche difficile, il était hors de questions qu'ils s'en sortent indemne alors qu'elle avait du vivre sans Halo ces derniers mois. Elle était devenue redoutable, Cendre. Sans Halo pour contenir la rage en elle, elle devenait de plus en plus impitoyable, plus obscure, plus noire, plus combative qu'elle ne l'avait jamais été. Les erreurs qu'elle faisait, elle les faisait payer aux autres au grand désarroi d'Halo. «  J'ai reçu des instructions. J'arrive dans deux jours, le temps de régler quelques détails et d'observer encore quelques unes de ces...Vermines. »  Elle soupira, cela lui semblait être une éternité. Le regard noir, elle songeait aux expériences sur le peu de vainqueurs trouvés, les tortures qu'ils subissaient sans qu'elle ne puisse rien faire pour empêcher un tel massacre. Valkyria était sa seule alliée. «  Deux jours à tenir… Halo dis moi que ça va aller. Dis moi que tout ce qu'on a fait jusque là à un sens. Je n'y arrive plus sans toi. Ils sont...» Sa voix se brisa. C'était la première fois qu'elle se rendait compte à quel point cette mission la brisait, à quel point agir sans Halo était bien plus difficile qu'affronter un magyar en pointe, une horde de loups garou, des inferis et tout cela en même temps


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 16 Mar - 0:29


Les choses se mettaient en mouvement. Assis sur le rebord du balcon de l'Aurore, devenu un fief après de nombreux mois à errer comme un fantôme, Halo avisait le paysage, une cigarette coincée dans la bouche sur laquelle il tirait sans véritablement y croire. Il n'avait plus vraiment d'espoir, et à dire vrai, s'il y avait cru au départ cela n'avait été l'affaire dequelques jours ; en faisant tourner le bâton cancérigène entre ses doigts fins, il poussa un long soupir, passant une main dans ses cheveux. Il était seul, et il était perdu ; depuis le mois de septembre, jamais ses journées ne lui avaient parues aussi longues. Alors chaque soir, il allait fumer une cigarette sur le rebord du balcon ; là où il l'avait demandée en mariage, là où tout s'était joué un soir. Elle avait fait le voeu de lui appartenir pour une vie entière. Il était à elle, lui aussi, mais Cendre n'était pas là, et c'était un véritable cauchemar. Un cauchemar atroce. Le regard vague, il se laissa dériver le long de la ligne d'horizon. Elle lui manquait à chaque instant, à chaque minute. En son absence il s'était fait l'effet de ne rien valoir.

Il avait posé ses valises à la rentrée et les choses s'étaient peu à peu accéllérées. Droskaïevitch était persuadé que la prophétie se réaliserait, et il avait eu raison ; dans l'ombre, Halo avait oeuvré, observant chaque professeur, chaque membre de chaque clan, dissimulé sous l'apparence d'un malingre petit assistant en magie noire que Tarvonen avait fini par mépriser. Il avait accompli son oeuvre jusqu'au bout, et lorsque l'Ox avait fini par être découvert, il avait fait un choix. Prenant des initiatives, Halo avait rejoint les insurgés pour les étudier de l'intérieur, patient ; il avait vu de quoi ils étaient capables et s'était senti minuscule à la simple idée qu'il ne pourrait jamais les en empêcher seul. Les choses allaient beaucoup trop vite. Il ne pouvait pas agir, témoin de tout ce que les jaloux mettaient en oeuvre pour mettre la main sur l'Ox. Observateur de la cruauté humaine, de l'envie, de la cupidité qui leur donnait des aspects de démons sordides que Halo se trouvait bien incapable de comprendre. Elle, elle l'aurait sans doute aidé. Mais il était seul, désespérément seul ; et bien incapable de savoir ce qu'il pouvait faire pour que cela change. C'était la mission qui leur avait été confiée. Chaque soir il s'endormait difficilement, cherchant un corps chaud à sa gauche qui jamais ne lui apparaissait ; et chaque matin, ce rituel revenait. Il en trembla presque, en lâchant son mégot dans le vide, avant de se lever, les mains dans les poches, et de partir.

Elle l'avait informée de son départ pour Domovoï de longues semaines plus tôt, et chaque jour il cherchait à apercevoir le rocher. Il fallait qu'il sache si elle allait bien, puisque leurs alliances avaient été rangées dans un écrin avant leur départ en mission. Ils étaient des inconnus aux yeux des autres, rien de plus. Gabriel Everwade, petit assistant en potions à Poudlard, venant donner la main à Durmstrang après la bataille. Il traversa les couloirs, amer. Il ne mangeait pas beaucoup, dormait peu. En son absence, il se fanait, tout simplement. Il devenait son ombre, et il la cherchait, désespérément ; et alors que les choses s'accélleraient, il devenait de moins en moins fort. Elle possédait toute l'énergie. Il avait la réflexion. Il parlait, mais peu ; mangeait, mais presque pas. Il attendait. Il attendait ce qui viendrait ce soir là, il en était sûr.

Il la voyait bien sûr, mais c'était beaucoup trop rare. La chose était très dangereuse et ils ne se le permettaient pas toujours ; mais ces moments privilégiés, à eux seuls, donnaient à Halo la force de se lever, chaque matin. Alors, lorsque la montre vibra dans sa poche, il la sortit vivement, les yeux fixés sur les aiguilles changeantes ; puis, entrant dans le QG des insurgés, il s'allongea dans l'angle de la pièce, dans un coin d'ombre qu'il avait choisi dès leur arrivée dans la salle des trophées, recouvrant faussement son corps d'une couverture pour faire croire au sommeil. Ses mains tremblèrent quand il tourna les aiguilles pour rejoindre le plan parallèle ; Il tomba sur l'oreiller, très vite, sitôt que l'image de Cendre s'imposait à elle, magnifique, combattante. A lui. Ses yeux se fermèrent et il sombra, inconscient. Vulnérable, mais pas autant que s'il ne la voyait plus.

Il la trouva dans la pièce qu'ils avaient transformé en simulacre de vie commune. Des bibliothèques remplies de livres, des armes, une table avec des chaises, des endroits pour s'assoir, d'autres pour s'allonger. Ils enlèveraient tout cela en rendant la montre, mais en attendant, cela les rassurait. Elle avait le nez dans un ouvrage et quand le craquement retentit, elle releva brutalement la tête et le lâcha ; le livre tomba, il s'en moqua, et il n'eut qu'à tendre les bras pour l'accueillir, elle, celle dont il rêvait jour et nuit. Sa femme. Plus belle que jamais, fatiguée apparemment, mais déjà soudée à sa bouche comme si sa vie en dépendait. Parce que leur vie en dépendait, finalement. Il glissa une main ses cheveux, laissa quelques doigts passer sur ses hanches et il l'enlaça, pour rattraper tout le retard qu'ils avaient pris après plusieurs semaines à la chercher et à ne tomber que sur du vide. Sa peau, satinée, même si elle n'était pas vraiment là, l'odeur de ses cheveux, et sa chaleur, terrible, qui lui donnait terriblement envie de la garder avec lui pour toujours, une nouvelle fois. Il la laissa se rassasier de lui, comme il le faisait de son côté, plus avide d'elle que jamais. Quand elle se détacha, elle croisa son regard. L'inquiétude se lisait dans ses prunelles sombres. Une main glissa sur sa joue, et il ferma les yeux.

«  Bon sang Halo… Pourquoi ? »
parce que tu es loin. C'était aussi simple. En vingt ans, Halo avait appris à ne dépendre que de son image pour survivre. Elle n'était pas là et c'était cruel ; il n'avait désiré qu'une seule chose dans sa vie, et on la lui avait arrachée. On lui avait volé son passé, son présent, et son avenir. Sans elle, il n'était qu'une coquille vide. Elle était dehors à affronter tous les dangers quand lui était là, enfermé dans le château, loin de ceux qui auraient pu lui faire du mal. Elle semblait aller bien, pourtant. En silence, il la détailla, sans répondre à sa question. Elle savait pourquoi il allait mal, et il était inutile d'en parler. De toute manière, rien de ce qu'ils pourraient dire ne changerait quoi que ce soit.

«  J'ai reçu des instructions. J'arrive dans deux jours, le temps de régler quelques détails et d'observer encore quelques uns de ces...Vermines. »  Elle poussa un soupir et il fronça les sourcils. Qu'est ce qu'elle pouvait bien voir là bas ? Avec qui avait elle échangé ? Elle lui avait déjà parlé d'Asphalt Dragonstone, de Mordred, de Valyria. Tous ces noms, qui sonnaient atrocement à son oreille, insupportables. Si jamais ils lui faisaient du mal, combien de temps faudrait-il pour qu'il la rejoigne ? La vengeance, il la connaissait; Il l'avait déjà expérimenté. «  Deux jours à tenir… Halo dis moi que ça va aller. Dis moi que tout ce qu'on a fait jusque là à un sens. Je n'y arrive plus sans toi. Ils sont...» Horribles, inhumains. D'après ce qu'elle lui avait dit en tout cas, il le savait. Il baissa la tête, et il l'enlaça, enfin, respirant une nouvelle fois l'odeur de ses cheveux.

"Il faut que tu tiennes, Cendre. Je sais que c'est dur, et j'aimerais être là. En attendant, il faut que tu tiennes. Sois discrète. Ne parle qu'à ton alliée et ne te fais pas remarquer." Il la connaissait. Elle avait sans doute déjà eu un accident, et elle n'avait surement pas osé le lui dire. Il caressa quelques mèches brunes, patient. Et malheureux de la savoir si loin. "Quand tu viendras, je te protègerais. Mais il faut que nous sachions quelle attitude adopter." Ils allaient venir. Il n'y avait pas d'autre issue, et même si Zahnna avait lutté, ils avaient été impuissants. "Il va falloir attendre les instructions concernant les Vainqueurs. D'ici là, reste éloignée du laboratoire." il passa les mains sur ses poignets et attrapa ses mains. "S'il te plait." cette réunion avait été un cauchemar. Obligé de la regarder en la prenant pour une inconnue. Forcé de souffrir. C'était tellement injuste. Il posa son front contre le sien. Buvant son souffle. "S'il te plait."



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 16 Mar - 17:08


Il y avait des cris qui résonnaient dans sa tête. Ceux des vainqueurs qu’elle n’avait pas eu le pouvoir de sauver. Ça la tuait à l’intérieur. C’était comme de l’acide balancé sur son cœur, comme du poison coulant dans ses veines. Elle les haïssait ces assaillants, comme jamais elle n’avait Haït qui que ce soit. Et elle devenait folle, hantée par des voix qui lui murmurait de mettre le camp à feu et à sang sans tenir compte des instructions données par Droskaïevitch. Elle aurait voulu être cet ange vengeur et répandre la terreur parmi ces infâmes créatures. Mais elle n’en avait rien fait. Et maintenant, elle devait vivre avec l’espoir que tout ça n’avait pas été en vain. Mais elle l’aurait sa revanche, dans ce monde ou dans l’autre elle les ferait payer de leur cupidité et de leur avidité de pouvoir. Pauvres fous qu’ils étaient. Torturer, tuer pour la gloire, pour la suprématie… Elle les tuerait. Et puis, les choses bougeaient, les pions commençaient à se déplacer sur l’échiquier, tous cherchant à faire échec et mat. Des alliances s’étaient créées, des conflits d’intérêts aussi. Elle l’avait vu venir gros comme une maison et à force de partager la vie commune de ces êtres détestables, elle savait qu’ils n’auraient jamais pu abandonner une part du gâteau sans être sûr de grappiller les miettes qui tomberaient des bouches affamées des élèves lésés de ne pas avoir eut l’Ox. Mais à eux, elle leur accordait le bénéfice du doute : Après tout, ils étaient jeunes pour la plupart, ils voulaient sauver leurs peaux, peut-être dans leur naïveté avaient-ils cru qu’ils pourraient inverser la tendance et rentrer dans l’Histoire.  Pauvres sots. Ils se feraient doublés par les assaillants avant même qu’ils n’aient eut le temps de croire aux inepties qui parcourraient leur petite tête creuse. Et c’est là qu’Halo et elle intervenaient, pour éviter que cela n’arrive, pour éviter que des vies ne soient balayées de la surface de la planète pour une simple question de puissance magique.
Leurs vie contre leur santé mentale. Leurs vies contre leur force vitale. Leurs vies. Précieuses. Jamais un combat n’avait paru aussi périlleux, comme un équilibriste marchant sur le fil du destin.

Être séparée d’Halo était la chose la plus difficile qu’on lui ait demandé de faire. Elle aurait préféré vaincre l’hydre de lerne, préféré être brûlée vivre, préféré subir le martyr de saint Sebastien. Mais pas être séparé de lui. Rien n’était pire qu’être loin de lui de toute façon. C’était comme être séparée de la moitié la plus importante de son âme. Et elle ne pouvait pas vivre sans son souffle de vie. Elle ne pouvait pas être elle-même sans lui à ses côtés pour partager ce monde qui leur était étranger dès lors qu’ils avançaient l’un sans l’autre. Alors oui, elle faisait bonne figure, tentant désespérément de ne pas inquiéter plus son mari qui pataugeait déjà dans l’eau noire que la séparation leur infligeait. Il se noyait. Il souffrait, ça se voyait dans son regard, ses yeux avaient déjà perdu la teinte lumineuse qu’elle aimait tant. Cette vision lui était horriblement douloureuse. Supplice qu’elle ne réussit pas à cacher. Cendre connaissait par coeur l’Homme qu’elle avait épousé : s’il n’était déjà pas d’une nature très avenante, elle savait que leur séparation avait eu un impact important sur sa vie quotidienne sans elle. Tout comme, sans lui, elle ne réussissait pas à arpenter le camp avec calme et sérénité. Son absence trop longue. Son odeur qui lui manquait au quotidien. Ses pensées qui devenaient de plus en plus incontrôlables sans lui. Pendant si longtemps, Halo avait été le harnais qui l’empêchait de balayer tout sur son passage. De ses mains ils avaient trop de fois réparé ce qu’elle avait cassé, jusqu’ici ça avait suffit. Mais maintenant, elle était seule, complètement seule sur cette stupide île. Pourquoi avaient-ils accepté d’être séparés ? Maintenant qu’ils en arrivaient à mourir l’un sans l’autre, elle se rendait compte à quel point ce métier était éprouvant. Il était une fois des gamins qui avaient partagé un rêve. Il était une fois des gamins qui n’avaient vécu que pour leur rêve, s’accrochant l’un à l’autre pour ne pas sombrer. Il était une fois des gamins qui avaient accompli leur rêve. Il était une fois des âmes errantes qui avaient subit leur rêve comme on reçoit une gifle en plein visage.

Quand tout cela serait fini, elle s’enfermerait avec lui dans une pièce des jours durant pour rattraper les jours perdus à ne pas pouvoir le toucher, l’embrasser, créer le monde au fond de leur lit. Quand tout cela serait fini, elle ne laisserait plus un seul jour défiler sans être à ses côtés. « Il faut que tu tiennes Cendre. Je sais que c’est dur, et j’aimerais être là. En attendant, il faut que tu tiennes. Sois discrète. Ne parle qu’à ton alliée et ne te fais pas remarquer. » Cendre grimaça. Tout ce en quoi elle n’excellait pas. Malgré tous les efforts d’Halo pour lui apprendre à être furtive, elle ne réussissait qu’a survivre sans véritablement mener la danse. Seules ses capacités de manipulation et de combat avaient put lui octroyer une certaine place au sein des assaillants. Discrétion non. Ne pas se faire remarquer, non.  Son regard s’attrista. Elle se mordit la lèvre inférieure. « J’ai fais des erreurs ...Je...»  Elle soupira songeant à tout ses visages qui étaient devenu son quotidien, qui la hantait jusque dans ses pensées lorsqu’elle imaginait ses mains serrant leur cou. E n’était pourtant pas son genre d’habitude, certes Cendre n’était pas la femme la plus docile qui soit mais jamais elle n’avait songé à faire mal à quelqu’un gratuitement. Chaque jour qui défilait devenait difficile pour maintenir le secret. «  je suis fatiguée. »  Et lorsque Cendre était fatiguée ce n’était jamais bon signe. Elle, l’ouragan. Elle qui brûlait de mille flammes sans cesse. Mais il fallait qu’elle se rende à l’évidence, sans lui elle était tétanisée, comme assommée, incapable de rien.  « C’est cet endroit. Il me rend folle Halo. J’ai envie de les briser. Véritablement les briser. »  Ses doigts vinrent caresser une mèche de ses cheveux. Elle frissonna. Après autant d’années elle n’arrivait toujours pas fleurir sans lui. Il était son soleil. Sans lui, tout était terne et monotone. Et son soleil était loin, trop loin d’elle. Cendre ferma les yeux et vint intercepter la main d’Halo pour la plaquer doucement contre sa joue brûlante. «  Quand tu viendras, je te protégerais. Mais il faut que nous sachions quelle attitude adopter. » Le regard de Lilith se fit plus sombre encore. Elle n’avait pas suffisamment d’instructions pour la guider à prendre tel ou tel chemin. Elle imaginait que leur autorité leur faisait suffisamment confiance pour prendre des libertés quant à la manière de parvenir aux fins. Une moue sur ses lèvres. « Il faut que je continue à berner Yassen et Mordred jusqu’à mon arrivée à Durmstrang. Ils deviennent de plus en plus intrusifs. Surtout avec les soupçons d’Asphalt. Mais elle ne dira rien, elle a trop peur que la vérité sur son absence de magie dans les veines soit dévoilée. Une fois sur place tu connais mieux les habitudes des uns ou des autres, tu sauras quoi faire j’en suis sûre. »  Ses yeux fouillèrent ceux d’Halo. Ça lui donna du courage. De ce courage qui lui manquait depuis quelque temps temps. Il réussissait à lui redonner foi. Réussissait même là où elle-même échouait. Et elle l’aimait pour ça, bon Dieu qu’est-ce qu’elle l’aimait.  « Il va falloir attendre les instructions concernant les vainqueurs. d’ici là, reste éloignée du laboratoire. » Lilith retroussa son nez. Il passa les mains autour de ses poignets et campa son regard dans le sien, elle pouvait y lire toutes les craintes du monde. « s’il te plaît. » Son coeur cessa de battre un instant. Elle détestait le savoir si nerveux. Elle sourit, se voulant rassurante et vint passer une main sur sa joue. Dans un second temps, elle glissa ses mains sur sa nuque lorsqu’il posa son front contre le sien. Halo n’appréciait pas qu’elle se mette en danger, et ce soir, il avait pu voir jusqu’où les assaillants étaient près à aller.  Oui, Lilith le savait, s’il lui arrivait quelque chose, il en serait détruit. « D’accord. Mais s’il m’arrive quelque chose... »  Elle détestait envisager le pire, et Halo fuyait toujours ce genre de conversation. Mais ce soir l’heure était grave. Il secoua la tête et recula d’un pas, le visage fermé. Lilith le retint par le bras l’obligeant à y faire face.  «  Écoute-moi… Juste un instant… Au cas ou ! S’il m’arrive quelque chose, il te faudra les sauver. Ils font des choses affreuses dans le laboratoire. Des choses sans nom. Je refuse qu’ils gagnent. Promet moi.»  Un soupir. Son visage se rapprochant du sien, le cœur exsangue. Ses lèvres ne résistèrent pas à plonger sur celle d’Halo. Passionnée, Violente. Elle retrouvait un peu d’énergie dans ce baiser volé au temps et à l’espace. Ses mains fouillèrent sa chevelure d’ébène. Elle se détacha un peu, ivre de lui et revint aussitôt contre ses lèvres qu’elle vint mordre doucement. Il lui avait manqué.
«  J’ai constamment peur pour toi. Je brûlerais dans les flammes de l’enfer pour te protéger. Tu sais ça n’est-ce pas ?  » soupira  t-elle en imaginant ce qui arriverait si son secret venait à être découvert et qu’on veuille s’en prendre à lui. Halo était tout ce qu’elle avait au monde, elle ne laisserait personne s’en prendre à lui. Jamais.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 21 Mar - 0:02

Agents secrets. Ils avaient rêvé de l'être tous les deux depuis l'enfance. Ils avaient suivi ce projet, passé des heures à travailler avec acharnement pour obtenir les meilleurs résultats. Ils n'avaient pas seulement cherché la réussite, ils avaient voulu l'excellence. En Chapeau Melon et Bottes de Cuir, ils avaient gravi les marches, main dans la main. Leur amour était venu de là. Ils en étaient persuadés. Et c'était dans leur union que les services secrets avaient trouvé leur compte. L'une, sauvage, se battait avec hargne et préférait agir instinctivement, prenant souvent l'avantage ; l'autre, calculateur et réfléchi, prenait les décisions avec calme et tempérait le feu en y ajoutant une puissante dose de lucidité et d'apaisement. Ensemble ils faisaient l'argent parfait ; et le succès de leur curriculum vitae pouvait en démontrer. Ensembe ils faisaient des merveilles, parce que c'était encore ensemble qu'ils étaient les plus heureux. Le monde tournait autour de leurs images réunies. C'était grisant lorsqu'ils se trouvaient tous les deux. Mais la séparation déchirait les mille couleurs et ne laissait alors qu'un goût fort d'amertume et de peur qui les suivaient, inlassablement. Séparés, ils se fanaient, séchaient et se mourraient. Il en avait toujours été ainsi. Et cela faisait de longs mois que le dépérissement les prenait, cherchant l'odeur et l'âme de l'autre sans jamais la retrouver. Ils couraient dans la brume mais ne voyaient que des ombres. Sans Cendre, Halo n'était plus qu'un pâle effet de lumière, tremblante dans le noir. Sans Halo, Cendre n'était que le cadavre d'une flamme, poussière grise et sale rendant l'environnement irrespirable. Ensemble, le feu inondait de chaleur et de lumière l'espace et le reste du temps.

Alors il la regarda. Avec admiration, avec dévotion, parce qu'elle était tout ce qui lui importait, tout ce qu'il désirait. L'épouvantard était devenu son cadavre depuis l'accident ; jamais Halo n'avait eu aussi peur de la perdre. Et alors qu'elle était loin de lui, ses pensées n'étaient faites que de doute et d'angoisse. S'il lui arrivait malheur, il ne pourrait pas la protéger. Il serait beaucoup trop loin. Et que deviendrait-il si jamais elle l'abandonnait ? Halo n'était Halo que grâce à elle. Sans elle, il n'était que Gabriel Whelan, ce petit garçon timide et réservé qui passait son temps le nez dans les livres, pour ne pas affronter le réel. Il devenait sourd, muet et aveugle face au monde et s'enfermait dans une bulle chaude et protectrice pour que personne ne puisse jamais le rejoindre. Sans Cendre, c'était un cauchemar. Alors il la regarda. Elle avait les cheveux en bataille, le regard apeuré par les horreurs qu'elle devait affronter sur le rocher. Elle avait maigri, elle aussi, et ses vêtements étaient troués. Est ce qu'elle avait eu des ennuis ? Il l'observa sous toutes les coutures. Non, pas de marques, pas de cicatrices visibles. De toute évidence, si ennuis il y avait eu, ils n'étaient pas très récents.

« J’ai fais des erreurs ...Je...» Il la regarda, caressa lentement sa joue. Oui mais lui aussi, sans doute. Les Insurgés ne l'aimaient pas beaucoup. Il parlait peu et se contentait d'obéir, et il n'avait pas vraiment trouvé de connaissance agréable qui lui faisait confiance. Non, lui aussi ne réussissait pas autant qu'il l'aurait souhaité. Il lui fallait des instructions. Et il ne les respectait pas toujours. «  je suis fatiguée. » Cela se voyait. Elle était aussi fragile que la flamme d'une bougie. Elle semblait faible, là où d'eux deux, elle avait toujours été la plus résistante et la plus tenace. « C’est cet endroit. Il me rend folle Halo. J’ai envie de les briser. Véritablement les briser. » Elle passa un doigt dans ses cheveux et il baissa la tête. Il aurait tellemennt aimé faire quelque chose pour la délivrer de ce poids. Mais il ne pouvait rien, absolument rien. C'était un cauchemar. Ils essayaient de se voir le plus souvent possible, mais c'était rare, tellement rare. « Il faut que je continue à berner Yassen et Mordred jusqu’à mon arrivée à Durmstrang. Ils deviennent de plus en plus intrusifs. Surtout avec les soupçons d’Asphalt. Mais elle ne dira rien, elle a trop peur que la vérité sur son absence de magie dans les veines soit dévoilée. Une fois sur place tu connais mieux les habitudes des uns ou des autres, tu sauras quoi faire j’en suis sûre. » Mordred, c'était un nom qui revenait souvent. Un homme très mystérieux qu'elle n'avait pas approché de trop près mais qui la surveillait, comme il surveillait tous ceux qui se trouvaiet sur l'ile. Yassen était de la même tempe. La faiblesse de Mordred résidait dans la cracmolle qu'il emmenait partout avec lui.   Ces gens étaient horribles. Tous autant les uns ue les autres. Il fallait qu'elle évite de s'en approcher, c'était trop dangereux. Alors il la supplia, simplement.

Elle répondit par un sourire, les doigts glissant sur sa joue. Son front se posa contre le sien et il eut l'impression de respirer de nouveau, comme à chaque fois qu'elle le touchait. Ils étaient ailleurs que dans leurs corps, mais ils se connaissaient jusqu'aux derniers bouts de leur âme. « D’accord. Mais s’il m’arrive quelque chose... »  Non, il ne lui arriverait rien. Il ne pouvait pas lui arriver quoi que ce soit si elle faisait attention. Il se dégagea lentement, secouant la tête. Il n'envisagerait pas ce cas de figure, autant se tuer tout de suite. Mais une main se referma sur son poignet, et il leva les yeux, épuisé. «  Écoute-moi… Juste un instant… Au cas ou ! S’il m’arrive quelque chose, il te faudra les sauver. Ils font des choses affreuses dans le laboratoire. Des choses sans nom. Je refuse qu’ils gagnent. Promet moi.»  Bien sûr qu'il le ferait. Si elle le lui demandait alors il le ferait. Mais il était hors de question de la perdre ; personne ne pouvait se permettre de le faire. Non, ils sortiraient de là vivants, tous les deux. Ils avaient vécu pire. Il fit tout, au moins, pour s'en persuader. Elle l'embrassa et il l'aggripa, pour retrouver son oxygène ; il l'enlaça en silence, incapable de résister. Il plaqua les mains sur ses joues pour l'attirer de nouveau, exigeant, plus qu'il ne l'avait jamais été ; et elle lui manquait. Elle lui manquait terriblement.

«  J’ai constamment peur pour toi. Je brûlerais dans les flammes de l’enfer pour te protéger. Tu sais ça n’est-ce pas ?  » elle avait murmuré cela contre ses lèvres et il la regarda, longuement. Lui aussi avait peur pour elle. Mais lui ne craignait pas grand chose. Alors il attrapa sa main, la posa contre sa poitrine. "C'est toi qu'il faut protéger. Je ne risque pas grand chose dans le château, Cendre. Je me contente simplement d'attendre." ils arrivaient. Ils arrivaient, et le danger viendrait d'eux dès lors. "Mordred n'a pas l'air d'être un homme qui apprécie la trahison. Reste éloigné de lui. Prends toutes les informations qu'il te faut du côté de Visenya." Cette femme était apparemment leur seule alliée. Alors il fallait qu'elle la garde. "J'aurais aimé être à ta place pour que tu n'aies pas à subir ça, crois moi." mais s'ils réussissaient, ils pourraient peut être bien partir et laisser le métier quelques temps. Ils n'auraient aucun mal à en retrouver, et il le savait. Alors il la serra contre lui. "Et prends soin de toi je t'en prie. Je n'ai aucune envie de te perdre." s'il lui arrivait quelque chose, à lui ? Il chercha à ne pas y penser non plus. "Tiens bon, et je te verrai de nouveau." ils trouveraient un moyen. Ils n'en avaient absolument pas le droit, mais si elle venait au château alors il s'éclipserait avec elle. Hors des yeux de tous, mais il le ferait. Sans hésiter. Il l'embrassa, encore une fois. Beaucoup plus doucement qu'elle.

"Azarov ne voulait pas faire entrer les Assaillants et elle n'était pas la seule. Il va y avoir des conflits. Les Vainqueurs sont éparpillés un peu partout, on commençait à peine à les localiser. Je vais contacter Irina Droskaïa maintenant. Il faut que les résistants soient prévenus."
il poussa un soupir en reculant, et en passant une main dans ses cheveux. "J'aimerais qu'on agisse. Les enjeux sont trop importants, ils sont devenus fous."



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mar 21 Mar - 16:02

Les jours s’enchaînaient les uns aux autres. Mais ils n'avaient aucun sens. Rien n'avait de sens sans lui. Sans son regard doux posé sur elle, sans ses bras qui lui enserrait la taille pour lui éviter de chuter. Sans sa main pour tenir la sienne lorsqu'elle était à deux doigts d'exploser. Non vraiment, rien n'avait le moindre sens et elle luttait contre un courant qui la ramenait sans cesse face à ses propres erreurs. Imbécile qu'elle était, elle n'avait pas pris de gants (comme à son habitude) et maintenant elle se retrouver là à se languir de passer aux choses sérieuses, à mordre au lieu de simplement montrer les crocs comme un loup affamé. La phase observation n'était pas une franche réussite, elle avait néanmoins pu récolter assez d'informations importantes pour gérer les choses de manière à ne pas être totalement dépourvue de plan d'action.
Mais malgré tout ça il fallait se rendre à l'évidence : la seule chose qui faisait qu'elle était une bonne espionne c'était lui. Ça en avait toujours été ainsi, depuis leur premiers regards, depuis leur premier échange. Parce qu'en vérité Cendre s'était faite espionne  pour mieux entrer dans sa vie, elle avait refusé d'échapper aux rêves qu'ils s'étaient créer. Elle avait refusé de se cloîtrer dans une vie sans lui et pour ça elle serait devenu tout ce qu'il voulait, elle s'en fichait bien du moment qu'elle voyait des étoiles dans ses yeux. Et aujourd'hui, on lui avait arraché la seule chose qui au fond était ce qui lui importait le plus au monde : Vadrouiller le monde avec lui, lutter contre le monde oui mais avec lui. Pas seule. Parce qu'elle ne savait pas être seule. Elle se sentait perdue lorsqu'il n'était pas là. Parfaitement incomplète, comme un morceau d'argile attendant des doigts qui viendrait la façonner.  
A chaque fois qu'il était absent, elle dessinait le contour de son visage dans son esprit. Elle en connaissait le moindre détail. Jusqu'aux la tâches ambrés autour de ses rétines sur un iris vert bleuté. Jusqu’à la petite ride qu'il avait au coin de l'oeil droit lorsqu'il lui souriait. Jusqu’à la fossette discrète de son menton. Cendre avait tout apprit de lui, en un regard elle pouvait différencier l'ennui de l'exaspération alors même que pour d'autres il aurait apparu comme impassible.
Alors elle l'observait, encore et encore jusqu'à ce que son image prenne possession de tout son corps et de tout son être. Comme si elle était incapable de respirer autrement. C'était tout ce qui lui restait à présent : le regarder. Le regarder jusqu'à ce que le réveil la ramène à la réalité. L'heure était grave et pourtant son cœur battait la chamade pour cet homme. En vérité, il n'avait jamais cessé de s'épuiser à la tâche. De cogner plus fort encore, lui donnant l'adrénaline nécessaire pour mettre un pas après l'autre. Pour lui. C'était pour lui qu'elle faisait tout ce qu'elle faisait. Pour lui qu'elle retenait certains coups. Pour lui qu'elle tentait de ne pas se mettre en danger... Même si cela s'avérait souvent être des échecs cuisants.

Que ferait-elle sans lui ? Que ferait-elle s'il n'était plus là pour guider ses pas ? Elle mettrait le monde en charpie sans doute. Elle écraserait quiconque se retrouverait sur sa route. Lilith avait apprit bien des choses pendant ces années à s’entraîner. Mais elle n'avait jamais su se passer de lui. Jamais. A aucun moment ce foutu univers n'avait été capable de lui inculquer une autre règle que celle-ci : Halo et Cendre était une seule et même personne, les deux faces de la lune, L'une brillante, impériale, l'autre baignée par le mystère et la beauté de la discrétion. Et si même l'univers n'avait pas trouvé de moyen de les séparé il était hors de question que des hommes ne le fasse. Elle ne le permettrait pas. Elle ne permettrait rien de tout ceci. Parce qu'elle n'abandonnerait pas. Elle n'abandonnerait jamais de se battre pour lui.
Les traits d'Halo étaient tirés, elle devinait les démons qui le hanter. Cendre pouvait voir les fantômes de la peur courir dans ses magnifiques yeux. Elle lui épargnait certains détails qui lui causerait bien du soucis mais malgré ça, Halo ne pouvait s'empêcher de dépérir. Comme elle. Elle se rappelait leur dernière nuit passée ensemble. Leur dernière étreinte où il était si beau dans le lit, ses lèvres contre les siennes teintée de force et de vigueur, son regard lumineux la dévorant, brillant comme la première fois où il l'avait vu. Elle se remémorait leurs soupirs exaltés. Leur rires d'enfants qui résonnaient contre les parois du cocon dans lequel ils s'était reclus. A ce moment là, ils ignoraient à quel point cette mission serait un supplice. A quel point il serait difficile pour eux d'abattre leur cartes sur la table en menant le jeu. Piètres jouets du destins qu'ils étaient. Ils étaient parti confiant, et avaient vu leurs enthousiasme se faire traîner dans la boue au fur et à mesure que le temps les séparaient.
Elle restait près de lui. Incapable de s'éloigner d'Halo ne serait-ce que quelques seconde. Gorgée de son image, vivant de son souffle sur elle. Ses yeux fouillait les siens avec vigueur et avidité. Ignorant jusqu'au changements physiques causés par leur éloignement l'un de l'autre. Pour elle, il serait toujours magnifique. Et pourtant... elle devait se résoudre à le retrouver dans cette pièce astrale qui n'existait que dans un état métaphysique, connecté par leur affection. Ça la rendit triste de songer à cela.

Gabriel avait acquiescé à sa demande. Sans un mot de plus. Mais dans ses yeux elle avait bien vu qu'il refusait d'imaginer qu'il puisse devoir accomplir une telle chose sans elle. Il avait failli la perdre une fois, et jamais elle ne l'avait vu si malheureux. Jamais elle en l'avait vu si rassurer de quelque chose lorsqu'elle avait ouvert les yeux. Lorsqu'on lui avait expliqué qu'il était resté jours et nuits près d'elle, même lorsque les medicomages l'avait prise en charge, même lorsque on lui avait juré que son état était tel qu'elle ne pouvait rien entendre. Même lorsque son état était stationnaire. Il était resté près d'elle, avait pleuré toute les larmes de son corps. N'avait pas dormi. Et il avait tué pour elle. Il le referait s'il lui arrivé quelque chose. Il était la première chose qu'elle avait vu lorsqu'elle avait ouvert les yeux pour  lui sourire comme si elle n'avait pas traversé les enfers à la manière d'Orphée, comme s'ils étaient dans leur chambre conjugale. C'était lui qui la guidait. Alors, elle ne permettrait à personne ne toucher à un seul de ses cheveux. Cendre savait danser dans le feu, et elle se damnerait avant qu'il ne lui arrive quelque chose.
Elle se laissa faire. Poupée de chiffon brûlante, lorsque ses lèvres revinrent agripper les siennes avec un empressement qu'elle ne lui connaissait pas. Ses mains glissèrent dans ses cheveux, machinalement. Ses mains attrapèrent les siennes. Il tremblait à présent. Pas beaucoup. Mais assez pour qu'elle s'en rende compte. Le voir plongé dans un tel état d'angoisse lui brisait le cœur. Quand cette torture allait-elle finir ? Où était leurs escapades amoureuses dans le monde ? Les promesses qu'ils s'étaient faites en haut du Machu Picchu ? les aurores boréales ? Les nuits à se fondrent l'un dans l'autre ? Les rires complices ? Et cet entrain d'aller de l'avant sans jamais faiblir ? Il fallait qu'elle le retrouve. Il fallait qu'elle se tienne à ses côté pour affronter tout ça, elle ne survivra pas un mois de plus sans lui.
«  c'est toi qu'il faut protéger. Je ne risque pas grand chose dans le château, Cendre. Je me contente simplement d'attendre. » oui mais à quel prix ? Que se passait-il lorsqu'elle n'était pas là ? Halo ne savait pas ce que pensait les autres. Il ne voyait rien des jeux de manipulations qui pouvaient se créer. Depuis qu'ils était gosses il fallait toujours que Lilith lui ouvre les yeux. Oui Halo était doué pour tout, les sortilèges, les runes, les potions, tout ce qui exigeait un travail méticuleux, un esprit brillant mais lorsqu'il s'agissait des relations humaines il était à côté de la plaque. Alors qu'est ce qui lui disait qu'il était réellement en sécurité ? Rien. Et c'est pourquoi elle se dépêcherait d'arriver au château. Lilith soupira «  J'ai essayé aussi je te le jure.. Je ne m'attendais pas à ce que les assaillants soient si fanatiques. Certains sont vraiment dangereux, ils déplacent des pions à leur guise, ils ont de vrai plans. Et je suis obligée de rester là, à les observer faire en me comportant comme la dernière des... Des... Je n'en peux plus.  » j'ai lamentablement échoué. Sa mâchoire se serra en songeant au rôle qu'elle avait crée sur mesure pour feinter Yassen et Mordred. " J'ai beau frapper encore et encore dans mon sac d’entraînement, rien n'enlève cette envie irrépressible de les réduire en poussière. Rien. » Cendre baissa les yeux et passa une main dans ses cheveux pour relever sa chevelure. Merde. Craque pas. Une longue respiration. Elle ferma les yeux un instant. Lorsqu'elle les rouvrit elle trouva le regard inquiet d'Halo. «  Mais je vais tenir Halo. Je te le promet. » Une main qui se perdit sur sa joue, sa barbe avait poussé. Ses cheveux aussi. Il portait divinement bien cette virilité. «  Mordred n'a pas l'air d'être un homme qui apprécie la trahison. Reste éloigné de lui. Prends toutes les informations qu'il te faut du côté de Visenya. » Oui Valkyria, connue de tous sous le nom de Visenya était sa seule alliée. Elle ne savait pas tout d'elle mais suffisamment pour savoir qu'elle était loyale aux valeurs qu'elle défendait. «  Visenya m'a laissé sous entendre qu'il est pire que ce qu'on peut penser. » Elle fronça les sourcils. Cela n'était pas une nouvelle qui la rassurait d'ailleurs puisqu'il avait décidé de la confondre et qu'ils s'étaient plusieurs fois titillé l'un l'autre pour se tester mutuellement. Choses qu'elle avait évidemment évité de trop dire à Halo. «  J'ai pu rencontré d'autres alliés grâce à Visenya. Tu en as d'ailleurs de ton côté aussi avec qui elle communique régulièrement grâce à un miroir. Il s'agit de Swarovski qui est en fait le dernier des Iliev.  » le frère de Yassen et de Nayden avait suivit le second dans sa lutte contre les oppresseurs. Savoir que certains avaient assez de cran pour ne pas laissé la guerre être menée de façon aussi injuste la rassurait. Eux aussi prenez beaucoup de risques de leur côté et Cendre se réjouissait d'avoir réussi à trouver des combattants aussi engagés dans la lutte. Grâce à Valkyria, elle se sentait prête à gagner ce conflit. «  J'aurais aimé être à ta place pour pas que tu n'aies pas à subir ça crois moi. » Évidemment. Pour elle, Halo aurait pris tout les risques. Mais il n'aurait pas pu supporter un tel fardeau, elle aurait défendu qu'une telle chose arrive. Non, Pour rien au monde Lilith n'aurait échangé sa place avec lui. Cette cruauté, elle voulait lui épargné à n'importe quel prix, même si elle n'en sortait pas indemne. « Jamais je ne t'aurais laissé prendre cette place. Ja-mais. » Un petit sourire qui se voulait rassurant et la voilà qui était déjà collée contre le torse chaud d'Halo, les yeux fermés, tentant de se soustraire à la réalité pour n'être plus qu'à lui. Rien qu'a lui comme elle savait si bien le faire.. « Et prends soin de toi je t'en prie. Je n'ai aucune envie de te perdre. » moi non plus, j'en crèverais s'il t'arrivait quelque chose. Le monde à feu et à sang s'il lui arrivait quelque chose. « seulement si tu me jure que tu feras de même. ». Des idées pleins la tête, c'était lors de ces moments que Lilith songeait qu'il était peut être temps d'envisager à poser de nouvelles briques sur l'édifice de leur vie. Ils avaient survécu à tant de choses, tant de peines, tant de  d'obstacles. Tout cela ne pouvait être en vain.  « Tiens bon, et je te verrais de nouveau. » Elle acquiesça. Dans deux jours elle pourrait être à ses côtés, le monde pourrait bien s'effondrer alors ils seraient plus fort. Cette idée lui réchauffa le cœur et doucement des forces revinrent s'insinuer en elle. Le temps ne lui serait pas suffisamment court jusque là. Oh bien sûr elle savait que cela serait le réel début pour eux, le véritable sens de leur présence ici mais sa main tiendrait celle d'Halo comme ils l'avaient toujours fait pour toutes leurs missions. «  Azarov ne voulait pas faire entrer les assaillants et elle n'était pas la seule. Il va y avoir des conflits. Les vainqueurs sont éparpillés un peu partout, on commençait à peine à les localiser. Je vais contacter Irina Droskaïa maintenant . Il faut que les résistants soient prévenus. » Nouveau hochement de tête. Cela ne lui plaisait pas qu'il prenne ce risque là tout seul. Et s'il était suivit ? Et si les choses tournaient mal ? Elle tenta vainement de balayer cette idée de sa tête. Il était le seul à pouvoir agir à présent. Son héros.  « J'ai vu de quoi ils sont capables... Jamais ils n'auraient accepté cette idée. Ils valaient mieux que le droit de pénétrer dans l'enceinte du château leur soit octroyé de façon volontaire. Ça aurait été un véritable massacre sinon, et je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit. » L'idée qu'on lui fasse du mal lui était insupportable. Et eux, ils étaient trop fous pour faire demi tour, Lilith l'avait apprit à ses dépends. Elle se mordit la lèvre.   « Droskaïa ne te croiras pas si facilement... Il va falloir que tu sois persuasif. Il va falloir que tu fasses attention, je t'en supplie Halo... Garde les deux yeux ouverts et si jamais c'est trop dangereux ne prend pas de risques inutiles et attends mon arrivée. » Combien de temps encore à faire semblant ? Combien de temps encore à tenter de sauver l'école ? A présent elle espérait que le gouvernement allait envoyer de nouveaux pions sur le plateau de ce jeu infernal. Qu'ils protégeraient comme promis les vainqueurs. «  J'aimerais qu'on agisse. Les enjeux sont trop importants, ils sont devenus fous. » fous était un euphémisme. Ce qu'ils faisaient dépassaient les pires horreurs. Leur comportement n'avait rien de moral, ils étaient prêt à tout. Tout. Perdre ne serait pas une alternative qu'ils envisageraient.  «  Et on va agir. Dans deux jours nous serons ensemble. Dans deux jours tout ce pour quoi on a souffert prendra une nouvelle tournure.  Tenons nous en à nos missions. Les ordres vont tomber pour la suite » Cendre effleura ses lèvres avec les siennes  «  Tu te souviens. Lorsqu'on a prononcé nos vœux tout en haut du machu Picchu, je t'ai promis que ma main ne lâcherait jamais la tienne et que tant que je respirerais je me battrais pour toi. Pour nous. » Un baiser de courage. Un soupir pour se donner le cœur à la persévérance.  «  On va réussir à les sauver. Et après ça, tu me suivras où je voudrais comme tu me l'as promis jadis. »


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Mer 29 Mar - 11:02

Halo se souvenait de la dernière fois qu'ils s'étaient véritablement vus.

Une chambre dans une maison irlandaise, au bord de la falaise. Elle avait choisi ce lieu parce qu'elle adorait les lieux escarpés, les falaises, les sentiers dangereux et tout ce qui pourrait lui donner une dose suffisante d'adrénaline. Il avait accepté à cause du bruit de la mer ; le ronronnement constant des vagues s'écrasant contre les falaises d'Irlande, le jardin sentant l'iode et le sel, le soleil, illuminant de lumière les landes vertes lorsque la pluie les laissait en paix. Ce jour-là avait été un jour pluvieux. Il s'en souvenait comme si cela avait été la veille ; c'était pourtant il y a plusieurs mois. L'été touchait à sa fin ; il commençait à faire plus frais. Elle l'avait aidé à faire sa valise, le coeur lourd ; il savait qu'il ne la reverrait pas pendant des mois et lorsqu'il en avait pris conscience, le courage l'avait abandonné. Elle s'était faite rassurante, douce, attentive et prévenante ; mais est-ce que cela avait changé quelque chose au final ? Non, bien sur que non. Il était coincé au château en ne voyant que le fantasme de son image, cette femme qui avait suivi chacun de ses pas depuis qu'il avait cinq ans. Cette femme qu'il avait épousée et qui ne s'était jamais tenue si loin de lui. Cet artifice qu'on leur avait donné avait été inutile, à ses yeux ; elle n'était qu'une image qu'elle étreignait, et même si elle paraissait plus vraie que nature, il avait conscience qu'un corps endormi reposait au milieu des démons, là-bas, sur le rocher. Loin de lui. Loin de tout. Le coeur lourd, il était parti pourtant. La réussite de leur mission était primordiale. Ensuite, ils partiraient. Ils prendraient peut-être leur retraite ; ils iraient en voyage, ou ils passeraient plusieurs semaines à la maison. Sans sortir. Pour Halo, c'était une option tout à fait raisonnable.

L'irlandais regardait souvent aux fenêtres. Le paysage de la Bulgarie lui était étranger malgré son appartenance à l'ancienne école ; son pays natal lui manquait. L'anglais lui manquait, l'air marin, tout ce qui lui rappelait encore son enfance et les souvenirs heureux qu'il avait avec elle. Le sort avait été cruel. Eux qui avaient tout fait pour devenir des "espions" comme ils aimaient à le dire, avaient connu un très sévère retour de bâton. Pour le bien de leur rêve, on avait commis l'irréparable ; les séparer. Privés l'un de l'autre, ils s'étaient retrouvés muselés. La moitié d'eux-mêmes vivant en solitaire. Deux cygnes que le destin avait cruellement séparé. Les stigmates étaient visibles sur leurs visages ; Halo, amaigri, ne s'alimentait que parce que c'était nécessaire pour vivre et passait le plus clair de son temps à réfléchir, sans dire le moindre mot ; il avait craint d'échouer en constatant que personne ne lui parlait vraiment parmi les Insurgés. Cendre, mince elle aussi, avait le regard voilé de celle qui avançait sans comprendre la véritable raison. Son corps était marqué, et il le savait ; elle se battait, dehors, c'était forcé. Avec qui, et pourquoi ? Il était certain qu'elle lui cachait certaines choses pour ne pas avoir à subir ses remontrances. Halo avait peur pour elle, et cette peur se muait en colère à chaque fois qu'une nouvelle marque apparaissait et qu'il songeait, impuissant, qu'il n'avait pas été là pour la protéger.

«  J'ai essayé aussi je te le jure.. Je ne m'attendais pas à ce que les assaillants soient si fanatiques. Certains sont vraiment dangereux, ils déplacent des pions à leur guise, ils ont de vrai plans. Et je suis obligée de rester là, à les observer faire en me comportant comme la dernière des... Des... Je n'en peux plus.  » Oui, il comprenait. Elle était spectatrice des horreurs qu'elle voyait quotidiennement et elle était incapable d'intervenir. Elle attendait, comme lui, des instructions qui n'arrivaient pas ; comment pouvaient-ils seulement élaborer un plan si personne ne leur donnait un chemin, une voie à suivre ? Ils circulaient en roue libre. Lilith avait horreur des injustices. Cendre était une femme d'action. La voir ainsi terrifiée par les actes des autres lui donna envie de partir. Baisser les bras, jeter l'éponge, abandonner la lutte, tant pis pour leurs rêves. Il avait comprs depuis longtemps que c'était elle, son nouveau but, et qu'il ne s'en était jamais détourné jusqu'à ce jour. Jusqu'à ce qu'on lui dise qu'il ne la reverrait plus pendant des mois.


" J'ai beau frapper encore et encore dans mon sac d’entraînement, rien n'enlève cette envie irrépressible de les réduire en poussière. Rien. » Il esquissa un sourire mince en la voyant baisser les yeux. A sa place, comment aurait-il agi au milieu des loups ? Oh, on ne l'y aurait jamais mis. Halo avait ces allures de jeune homme sage et tranquille qui ne convenait absolument pas à l'atmosphère du rocher. Cendre était plus vive, plus colérique, plus encline à l'ambition mordante qui leur correspondait. C'était une question de normalité. Il aurait été découvert deux jours après son arrivée, et tous le savaient. Son profil... c'était celui de faire le planton dans ce maudit château. Face à lui, Cendre prit une inspiration, longue.  «  Mais je vais tenir Halo. Je te le promet. » Il ferma les yeux, au contact de sa main fraiche contre sa joue. Il ressemblait à un clochard, c'était affligeant. Et pourtant, elle le regardait encore ; cette femme était un véritable mystère.  

«  Visenya m'a laissé sous entendre qu'il est pire que ce qu'on peut penser. »
Peu étonnant, lorsqu'on portait le nom de Dolohov. Les lèvres pincées, Halo détourna le regard. La communauté des Mangemorts avait diablement bien sû se reconvertir. Entre cela et les Lestrange, tous ces rats grouillants pour une petite parcelle de pouvoir... le Lord était mort mais cela ne leur avait pas servi de leçon. A trop vouloir s'approcher  de la flamme, on finissait par se brûler. Jamais Gabriel n'avait eu de l'ambition autrement que pour trouver le métier de ses rêves. La richesse ? La grandeur ? Il réservait cela aux héros. Il savait depuis longtemps qu'il était très loin d'en être un, de toute manière.
«  J'ai pu rencontré d'autres alliés grâce à Visenya. Tu en as d'ailleurs de ton côté aussi avec qui elle communique régulièrement grâce à un miroir. Il s'agit de Swarovski qui est en fait le dernier des Iliev.  » Il hocha la tête. Visenya semblait être une femme de confiance. Elle avait trouvé une compagnie rassurante là où lui s'interrogeait encore sur la place véritable qu'il occuperait durant sa mission. Il soupira à son tour. Approcher Swarovski, donc. Une lignée de trois frères dont l'un avait trahi. Les élèves se liguaient, eux aussi. Peut être que tout n'était pas perdu ; s'il arrivait à approcher les Vainqueurs, il trouverait sans doute une solution. Ou du moins, c'était à espérer.

« J'ai vu de quoi ils sont capables... Jamais ils n'auraient accepté cette idée. Ils valaient mieux que le droit de pénétrer dans l'enceinte du château leur soit octroyé de façon volontaire. Ça aurait été un véritable massacre sinon, et je refuse qu'il t'arrive quoi que ce soit. » Bien sûr. Mais Zahnna avait cette faculté de percevoir le danger que Halo respectait. Cette femme n'avait absolument pas l'étoffe d'une leadeuse, et pourtant, elle prenait le taureau par les cornes pour tenter de trouver des arrangements. Sa voix n'avait pas été écoutée, et les assaillants allaient entrer. C'était sûrement mieux de cette façon. Les allées et venues seraient contrôlées, et tous n'entreraient pas. Cendre, elle, entrerait. Si cela pouvait permettre de la revoir, alors il voulait bien signer tout de suite, peu importait où se trouvait le papier. Mais voir Dolohov traverser les couloirs du château était une option qui ne lui plaisait pas. Vraiment pas.

« Droskaïa ne te croiras pas si facilement... Il va falloir que tu sois persuasif. Il va falloir que tu fasses attention, je t'en supplie Halo... Garde les deux yeux ouverts et si jamais c'est trop dangereux ne prend pas de risques inutiles et attends mon arrivée. »
"Ne t'en fais pas Cendre. Droskaïa ne me fera aucun mal." Il l'espérait, tout du moins. La meneuse des Ombres était une jeune fille imprévisible. Il avait pris le temps de l'observer depuis le mois de Septembre, lui adresser quelques mots tout au plus ; mais lui avouer la vérité ? Comment le prendrait-elle ? Il supposa que de toute manière, il le fallat. Pour le bien de la mission, c'était une nécessité. S'il parvenait à gagner sa confiance, Irina Droskaïa serait une alliée de taille.

«  J'aimerais qu'on agisse. Les enjeux sont trop importants, ils sont devenus fous. »
«  Et on va agir. Dans deux jours nous serons ensemble. Dans deux jours tout ce pour quoi on a souffert prendra une nouvelle tournure.  Tenons nous en à nos missions. Les ordres vont tomber pour la suite » Il hocha la tête, accueillit son visage comme à chaque fois qu'elle s'approchait. En silence, il l'enlaça, glissa une main dans ses cheveux d'ébène. Elle était belle, même épuisée, même blessée. Elle était sa femme et elle l'avait confirmé. Deux fois.

«  Tu te souviens. Lorsqu'on a prononcé nos vœux tout en haut du machu Picchu, je t'ai promis que ma main ne lâcherait jamais la tienne et que tant que je respirerais je me battrais pour toi. Pour nous. »
Il l'aimait exactement comme au premier jour. Le monde avait toujours tourné autour d'elle, et maintenant qu'il était seul, elle était devenue sa faiblesse. Si quelqu'un lui faisait du mal, que quelque chose arrivait... que deviendrait-il ? Que ferait-il de sa vie, si sa seule raison de se lever n'était plus à ses côtés ? Elle l'embrassa, et l'idée le glaça encore plus fort.

«  On va réussir à les sauver. Et après ça, tu me suivras où je voudrais comme tu me l'as promis jadis. »
"Fais attention à toi." Il parla d'une voix blanche, en la regardant ; elle n'était pas vraiment là, et cette pensée lui fit baisser les yeux. Deux jours. Dans deux jours, il la reverrait et il pourrait enfin se dire que leur mission avait un sens. Ces moments, troubles, qu'il passait seul dans le château disparaitraient. Il trouverait bien un moyen de la contacter. Eviter les autres, c'était tout ce qu'il fallait. "Essaie de savoir qui va entrer dans Durmstrang. Il faudra surveiller les plus dangereux, cela pourrait éviter les pertes." les limiter, tout au plus. Beaucoup de vainqueurs risquaient de finir capturés. Il n'avait pas vraiment de doutes à ce sujet, malheureusement. "Cendre... si on s'en sort, je pense qu'on pourrait arrêter un moment, tu ne crois pas ?" ils sillonnaient le monde depuis plusieurs années maintenant. Dix années, presque, à servir la Bulgarie comme pays d'adoption, ne méritaient-ils pas un peu de repos ? "Retourner à la maison, repartir en voyage, c'est comme tu veux." à vrai dire, il s'en moquait, pourvu qu'elle suive ses pas. Il recula, à peine, seulement le temps de la détailler. Leurs parents les tannaient depuis des années pour avoir un héritier. Malheureusement, c'était une idée que leur métier ne permettait pas. Ils avaient trente cinq ans tous les deux ; et l'horloge tournait. Il était peut être temps de faire une pause. "Toi, moi, et le reste du monde." un murmure, contre ses lèvres. Tout irait bien, elle l'avait promis.



   
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Statut du sang : PurMessages : 254Date d'inscription : 11/02/2017Localisation : toujours dans ton ombre
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Jeu 30 Mar - 13:24




Ses baisers sur sa peau, sur ses lèvres sèches. Ses muscles qui se détendirent instantanément. Un regard aura suffit à lui redonner courage. Un seul regard aura suffit à illuminer le chemin sur lequel elle s’était perdue. Il ne s'en rendait pas compte, il ne s'en était jamais rendu compte.  pourtant c'est vrai, il avait toujours été le maître de ses pensées, le guide de ses routes ; de la plus escarpée à la plus douce à arpenter. Sa raison. Son souffle de vie. Gabriel Whelan n'avait jamais eu une seule idée d’à quel point il lui était indispensable. Pas seulement parce qu'elle l'aimait de tout son être, qu’elle l'avait dans la peau, ni même parce qu'il était son âme sœur. Mais essentiellement parce que sans lui, elle ne savait pas exister. Véritablement ; Sans lui pour la dompter, elle était asservie à la fureur, et à l'emportement. Sans lui pour la retenir, pour réparer ce qu'elle cassait, elle ne laissait qu'une traînée de charbon partout où elle mettait les pieds. Il était sa tour de garde. Celui qui veillait à ce que rien ne tombe. Que l'incendie reste éloigné. Il assurait sa protection contre toute âme imprudente qui aurait osé vouloir croiser le fer. Garantissait que la tempête ne fasse que passer et effleurer le mur qu'ils avaient battit ensemble. Et le long de la tour de garde, rien ne pouvait arriver tant qu'il était là, Protecteur.
Mais la tempête ne faisait pas que passer sans lui. Elle perdurait encore et encore, inépuisable. Ondulait, s'acharnait même lorsqu’elle n'avait aucune raison de hurler. Et l'incendie calcinait tout sur son passage pas même la pluie n'aurait pu l'arrêter à présent. Il n'y avait que dans ses bras que Lilith retrouvait la sérénité. Sa tour de garde. Son refuge. Le seul et unique être capable de lui offrir une place pour vivre sans construire quoi que ce soit. Et elle aurait pu rester là, la vie durant, à profiter de ses mains contre elle jusqu'à ce qu'elle rende son dernier souffle. Oh, ça aurait été une fin bien plus qu'acceptable. Depuis combien de temps déjà était-il loin ? Son esprit refusait de lui soumettre cette information. Son corps tout entier se refuser à admettre qu'il soit éloigné d'elle. Parce que Lilith n'avait jamais existé sans lui. Et elle ne savait pas quand cette mission serait terminée, ni même s'ils pourraient reprendre une vie normale après ça mais une chose était sûre : Cendre ne lâcherait plus une seule seconde la main d'Halo. Jamais. Elle préférait crever plutôt que de devoir errer comme un fantôme sans but sur cette foutue planète, une fois de plus. Il pourraient bien essayer de tenter de la séparer de lui. Qu'ils se ramènent tous, elle les affronterait un à un s'il le fallait.

Sa respiration reprit un rythme normal. Son visage posé sur le torse d'Halo, Lilith ne bougeait plus, les yeux clos. La brune s'évadait au delà de l'horizon, plus loin que l'entendement et que les barreaux derrières lesquels on les avaient emprisonné. Son corps était resté derrière mais son âme toute entière se fondait dans celle d'Halo en espérant que les heures passeraient plus vite jusqu'à ce qu'elle puisse enfin le toucher, véritablement cette fois. Mais pour l'instant, l'issue de ce conflit restait flou. Au delà de ça, elle se refusait à ce qu'Halo prennent tout les risques sans elle. Dans le passé, Lilith n'avait pas hésité à offrir sa vie en échange de la sienne, aujourd'hui elle resterait borné à ce qu'il ne lui arrive rien quitte à ce qu'elle prenne les coups à sa place. Gabriel était, restait et demeurerait toujours sa priorité, la seule chose pour laquelle elle était prête à toutes les folies. Même les plus insensées.

« Ne t’en fais pas Cendre. Droskoïa ne me fera aucun mal. » Elle releva la tête vers lui et chercha le réconfort de ses yeux clairs. Il voulait la rassurer, elle en était sûre.  « Ce n’est pas elle que je crains… Ce sont ceux qui mentent. » Et il y en avait. Bien trop. S’il y avait bien une chose que la brune avait apprit, c’etait que tout le monde avait un secret, sans exception. Un secret qui pouvait les faire changer de camp en moins de temps qu’il ne fallait pour dire « trahison ». Et ça lui faisait peur. Halo était trop intègre et doux pour faire face à ce genre d’individus carnassiers. Oui, Lilith craignait chaque seconde pour son mari. Et cette peur se nourrissait de l’amour qu’elle avait pour cet homme face à elle. Grandissant dans sa poitrine à chaque jour qui passait, à chaque fois que l’étau se resserrait. Se propageait sous sa peau, grignotant peu à peu les pensées de la femme.
Halo avait la mine sombre, le regard obscur. Quelque chose grouillait dans son esprit sans qu’elle ne sache de quoi il s’agissait vraiment. Quelque chose de bien plus fort que de l’inquiétude. De l’angoisse ?
« Fais attention à toi. » Il avait dit ça en plantant son regard dans le sien, profondément inquiet de ce qui pourrait se passer pendant ces 2 jours. 2 foutus jours qui semblaient durer 30 années d'agonie.  « Je fais toujours attention. » dit-elle avec un sourire sur les lèvres. C’était totalement faux bien sûr, mais elle avait espéré que la dérision et la naissance d’un réel sourire sur son visage l’apaiserait. Halo était le point faible de Lilith, mais la réciproque était vraie. Leur destin avait toujours été intrinsèquement lié alors cela paraissait logique qu'ils soient leur propre faiblesse après tout. Leur propre force. Leur propre faiblesse. Et puis, jamais les deux espions ne s'étaient senti aussi vulnérable. Leurs corps endormi quelque part loin l'un de l'autre lui rappelait sans cesse qu'ils vivaient avec une épée de Damoclès au dessus de la tête. Le simulacre de vie de ce côté-ci ne les soustrayait pas à la réalité brute et dangereuse de l'autre côté. "Essaie de savoir qui va entrer dans Durmstrang. Il faudra surveiller les plus dangereux, cela pourrait éviter les pertes." Lilith acquiesça.  " Si les paroles des uns et des autres sont tenues, nous seront réunis pour agir ensemble. Et on pourra mettre en place certaines stratégies comme on l'a toujours fait. Fais moi confiance Halo, le monde n'est pas assez grand pour me séparer de toi." elle posa un baiser sur son nez. Jamais Lilith n'abandonnerait Gabriel. C'est de lui qu'elle puisait son courage et de rien d'autres. Même lorsque les insurgés les avaient rejoints, même si elle avait assisté à la pire conversation de sa vie, les choses leurs permettraient d'agir. Pour autant elle n'était pas sûre de la bonne foi de certains.  " Les choses vont bouger bientôt. " c'était un constat. Un simple constat. Le tonnerre gronderait bientôt et la seule satisfaction qu'elle avait était de savoir que les vainqueurs avaient réussi à se retrancher quelques parts et qu'ils ne seraient pas tous à la merci des assaillants, du moins pas de suite. Oh il y aurait des dommages, ça c'était inévitable, mais il leur restait un peu de temps pour mettre en place ce qu'il leur fallait. Combien en sauveraient-ils? Combien n'arriveraient-ils pas à garder à l'abris? Cette idée hantait Cendre. Elle se souvenait de la fois où avec Visenya elle avait découvert la prison. De cette fois fois où à peine rentrée dans sa tente elle avait tout casser de son poing ne supportant pas de les savoir dans un tel état de souffrance. ça l'avait écoeuré jusque dans sa chair. C'était la première fois qu'elle avait perdu pieds et qu'Halo l'avait vue dans un état pitoyable cette nuit là. Un frisson parcouru son échine. Oui, si les paroles des uns et des autres étaient tenues, ils leur restait un espoir de pouvoir reprendre du poil de la bête et de vaincre cette frénésie meurtrière.
Puis la voix d'Halo se fit un peu plus douce.  "Cendre... si on s'en sort, je pense qu'on pourrait arrêter un moment, tu ne crois pas ?" Instantanément, la main de l'espionne se posa sur la joue de son mari. Sans le lâcher du regard. Avec une tendresse extrême elle se rapprocha de ses lèvres se voulant conquérante. " Évidemment que nous allons nous en sortir." un regard chaud, brûlant. Des prunelles qui scintillent. Lilith le dévisageait comme si elle le voyait pour la première fois ; il était tout pour elle. Un mât erigé lorsqu'elle se sentait couler. Un phare s'imposant de toute sa masse contre l'obscurité écrasante de la nuit. Sa tour de garde. " Cela me convient, il faudra m'épuiser afin que je reste sage. Tu sais ce qui t'attends. " Elle se mit à sourire, lorsqu'il se recula légèrement pour la jauger. Il y avait une flamme qui dansait dans son regard, ça l’entraînait avec lui dans ce tumulte amoureux qu'elle ne connaissait que trop bien. Parce qu'il était son oxygène et que l'aimer était ce qu'elle savait faire de mieux. L'amour et la guerre. "Retourner à la maison, repartir en voyage, c'est comme tu veux." " Et si pour une fois nous faisions ce que TOI tu veux." elle observa sa réaction, infiniment mutine. " je suis toute ouïe " Halo avait toujours suivit ses règles à la lettre, malgré ses exigences d'enfant capricieuse, malgré les obstacles qu'elle mettait par amusement sur leur route, et les bâtons que le destin tentait de leur imposer. Il avait toujours été là. Sans rechigner à la suivre jusque dans les pires bourbiers du monde. Tel Orphée venant chercher Eurydice dans les enfers, il avait traversé chaque étapes, guidé par l'adoration et la dévotion qu'il avait pour elle. C'était un homme magique. Et c'était le sien. Il l'avait juré par deux fois et elle comptait bien passer tout le reste de sa vie à lui rappeler ces promesses parce qu’il méritait qu'elle le suive n’importe où.
En son for intérieur elle se jura que si cette mission tournait de la manière dont il l'avait planifié, elle serait prête à se poser. Elle se jura que s’ils sortaient indemne de cette guerre, pour lui, elle ne se mettrait plus en danger inutilement. Parce qu'ils garderaient les stigmates de cette séparation. La cicatrice d'avoir été éloigné l'un de l'autre ne pourraient être remplacé que par une overdose de l'un de l'autre, chose qui n'arriverait probablement jamais d'ailleurs.

"Toi, moi, et le reste du monde.". Une phrase qu'ils n'avaient eu de cesse de se répéter. Lorsqu'ils étaient enfants et qu'ils avaient été bercés par l'innocence de jours abondants de malice. Lorsqu'ils s'étaient lancé à corps perdu dans leur rêve. Lorsqu'ils s'étaient retrouvés seuls face aux autres qui n'avaient pas cru un seul instant que deux gamins puissent devenir les espions les plus acharnés de la Bulgarie. Lorsqu'ils se regardaient droit dans les yeux à chaque fois que leurs corps s'entremêlaient dans de doux soupirs. Lorsqu'ils n'y avait plus que ça à penser, graver dans leurs pensées comme un tatouage sous la peau.
Dans un baiser, elle s'abandonna totalement. Si la terre s'écroulait, il resterait toujours eux deux pour le reconstruire. Ou vivre sur les ruines. Peu importait.
Elle se recula de quelques pas en tenant la main d'Halo jusqu’à ce que leurs deux bras soient parfaitement tendus. Poussant le contact jusqu’à son paroxysme, Lilith finit par le lâcher avec un sourire brûlant avant de se diriger vers le gramophone qui trônait là. Quelques disques étaient posés près de l'appareil à musique, elle ignorait lesquels et ça lui était totalement égal. Cendre en attrapa un au hasard, qu'elle posa doucement sur le plateau qui se mit à tourner quasiment instantanément. Sans attendre de savoir quel morceau elle avait choisit ni même écouter le début des notes, Lilith tendit la main vers son mari, le regard infiniment tendre.  " Danse avec moi." Ce n'était pas une question. C'était un besoin. Un besoin d'oublier le reste du monde pour créer le leur. Peu importait que cela dure Quelques minutes ou même quelques secondes. Il lui fallait de lui et uniquement de lui pour remplir son cœur de cette passion dévorante. Alors, Lorsqu'il se pressa contre elle, les mains légères de la femme vinrent chercher la nuque du brun pour l'attirer jusqu’à ses lèvres. Lilith se faisait puissante contre sa bouche, incandescente. Ses doigts agrippaient la chevelure de l'homme avec avidité comme si le simple fait de les sentir sous ses doigts lui octroyait une ivresse insondable. Un baiser Long, langoureux, aussi intense que la gifle d'un géant. Et puis son coeur battait dans sa poitrine. C'est à contrecoeur que la brune se recula de quelques centimètres pour reprendre le souffle qui lui manquait. " Je t'aime " susurra t-elle contre la commissure de ses lèvres. C’était simple. Et ils ne se le disaient pratiquement jamais. Pourtant, ils ne vivaient que pour cette vérité absolue. Bien sûr qu'ils le savaient, bien sûr que d'autres mots remplaçaient ceux-là puisque Lilith se faisait chatte sous son regard et que l'homme était un condensé de douceur. Mais malgré tout ça ces quelques mots résidaient dans leurs yeux. Il n’y avait rien d'autre à dire à présent. Les mots n'étaient plus nécessaires et les paroles auraient tôt fait de détruire cet instant qui coulait entre les mailles du filet temporel. Ainsi, elle se laissait aller aux notes enchanteresses qui adoucissaient son esprit impétueux. Elle riait.

Et ce fut là que ça frappa. L’épée tomba sur son crâne. Le crin de cheval venait de lâcher au milieu des notes de musiques qui faisait vibrer l’air.

Lilith s’arrêta net de danser. La douleur se propagea en une fraction de seconde dans son crâne. Le feu brûlait, se répandait comme de l’acide dans chaque particule de son corps. Un cri de surprise s’échappa de sa gorge et un regard de désespoir s’attarda sur son mari tandis qu’elle plaquait ses mains contre sa tête essayant de comprimer le mal. La souffrance, elle ne pouvait rien ressentir d’autre que la souffrance qui la capturait et jouait avec son esprit comme on jouerait avec un vulgaire pantin de bois. L’oppression fut tellement forte qu’elle mit un genou à terre, puis deux. La guerrière tombait  sous le poids de ce tourment implacable. Cendre ne sentait même plus les mains d’Halo qui l’entourait. Elle ne voyait plus rien, n’entendait plus que le brouhaha de sa tête la plongeant dans un chaos infernal.
Un combat faisait rage dans son esprit. Elle ignorait qu’elle était la cause de l’affliction qui lui avait fait courber l’échine mais elle ne renoncerait pas, elle ne se soumettrait pas sans se battre comme elle le faisait toujours. Les mains toujours plaquées sur son front, elle essayait d’échapper au supplice en tentant de trouver le courage de vaincre sur le visage crispé d’Halo. Malgré les larmes qui brouillait sa vue et rendait sa silhouette floue, elle pouvait deviner son angoisse. Alors elle fouilla. Fouilla encore et encore, se repassant les meilleurs moments passés avec lui. Elle fouilla pour repousser le mal qui l’asservissait. leur dernière nuit passée ensemble, tapis dans l’ombre enchaînés l’un à l’autre. Leur échange de vœux tout là-haut sur le machu picchu ; sa beauté irradiant toute la montagne lorsqu’elle était arrivée vers lui pour la seconde fois de leur vie. Leur St Patrick avant d’entreprendre leur voyage où elle revoyait le visage d’un Halo plus fiévreux que jamais. Le moment où ils avaient apprit qu’ils avaient été choisis pour cette mission. Le moment où… où… Les yeux de Lilith s’écarquillèrent lorsqu’elle réalisa ce qui était vraiment en train de se passer. Elle ne trouvait plus Halo dans sa mémoire. Même en cherchant minutieusement chaque parcelle de ses souvenirs, elle ne pouvait remonter plus loin.
La panique l’inonda et la plongea dans un profond désespoir, elle était au fond du gouffre à présent. Son épée mentale tomba à terre dans un bruit sourd. Ses yeux embués de larmes se posèrent sur Gabriel, son Gabriel, Halo, le héros de toute une vie qu’on lui prenait comme ça, sans explications. Cendre ne se souvenait plus comment ils en étaient arrivés là. Elle se souvenait qu’elle l’aimait, se souvenait qu’il était beau, se souvenait de son odeur réconfortante, se souvenait qu’il avait toujours été auprès d’elle, mais elle ne souvenait pas depuis quand - et bientôt elle ignorerait tout ça.  il ne lui restait pas beaucoup de temps. «  Je suis désolée… Pardonne-moi. » Pardonne-moi. Tu es l’amour de ma vie et j’ai échoué… N’abandonne pas... N’abandonne pas. Lui pardonner d’avoir prit des risques. Lui pardonner qu’elle lui soit arrachée de la sorte. Lui pardonner de ne pas pouvoir lui dire ce qui lui arrivait. Lui pardonner de ne devenir qu’une âme errante sur le bord du styx à présent. C’était drôle, elle avait toujours pensé que le danger viendrait de front, que si elle mourrait c’était l’épée à la main. Jamais elle n’avait pensé une seule seconde que la véritable tragédie était ce qui pouvait mourir à l’intérieur alors qu’on respirait encore.  Mais pourquoi ? Qui ? Des questions qu’elle ne pourrait jamais résoudre. Elle s’était fait trop d’ennemis pour savoir lequel avait frappé en premier.

Elle allait mourir.

C’était une certitude. Elle avait beau s’acharner dans ce combat qui la privait de tout ses instincts, elle mourrait. Parce que l’oublier c’était mourir.  Elle Agonisait sur le sol, attendant le coup fatal. Se disloquait  pliée en deux au fur et à mesure que les secondes passaient et l’éloignait de Gabriel  ; dont elle avait oublié le nom à présent. Un autre cri perça l’atmosphère déjà angoissée qui régnait en maîtresse et les noyait sous une vague de peur. Un goût métallique inonda furieusement sa bouche et un filet écarlate coula le long de ses lèvres humides. Son nez saignait lui aussi. Des fissures se répandirent alors sur les murs de la pièce agrandissant de plus en plus les trous qui s’ouvraient sur le néant. le gramophone avait disparu mais la musique retentissait toujours comme une murmure, devenant de moins en moins audible comme étouffé derrière une porte. Le feu de cheminée s’arrêta de brûler ; ce qui plongea la pièce dans une obscurité presque apocalyptique. Et puis le plafond s’effrita un peu plus pour constituer des tas de gravats poussiéreux. Autour d’eux tout commençait à tomber en ruine. Leurs photos se mirent à brûler pour  ne laisser que des cendres, emportant avec elles les souvenirs de ces moments précieux où ils n’y avaient qu’eux. La bibliothèque d’Halo était tombée dans un fracas assourdissant et s’était dissolue presque aussitôt. Les armes de Cendre s’étaient rouillées et déjà, la terre les engloutissaient comme de vieilles reliques tentant d’échapper à la curiosité humaine. L’ombre frappait. Le vent hurlait. Ses cris résonnaient en écho contre le reste des parois du mur alors qu’elle n’ouvrait plus la bouche. Et elle eut froid. La morsure de l’air aigre lui déclencha des frissons sur tout le corps. Plus loin, son alliance ne s’était pas encore dissipée dans les limbes de leurs rêves. C’était la dernière chose qu’il restait.
Alors, dans le reste de force qu’elle avait, elle releva les yeux une dernière fois vers Halo et lâcha son crâne  pour venir prendre les mains de l’homme. C’était ce qu’il lui restait à faire, le moment était venu. Elle ne pouvait plus parler à présent. Elle ne savait même plus quel était le nom de cet autre qui la regardait avec douleur. Tout ce qu’elle savait était qu’elle l’avait aimé comme personne, et que si elle avait pu, elle aurait préféré s’arracher le coeur elle-même plutôt que de l’abandonner. Un dernier regard de tristesse et de regret. Adieu..

Et c’était fini. Un clignement de paupière et lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle n’était plus là.
Elle eut un sursaut lorsqu’elle trouva le visage de cet inconnu près d’elle. Instinctivement, elle se recula pour se défaire de l’homme et jaugea la pièce où elle se trouvait. Perdue, elle était perdue. «  Où est-ce que je suis? ». Dans son esprit c’était le vide. Il n’y avait rien. Pas la moindre trace d’une vie passée. Quelques idées seulement qui rebondissaient lui laissant un goût amer dans la bouche. Des pensées instinctives, initiales qu’elle essaya d’emboîter mais rien qui n’éclaire réellement toute une vie. Lilith regarda ses mains, puis l’Homme, sans comprendre comment elle avait atterrit dans ce capharnaüm «  Qu’est ce que vous m’avez fait? » Et ce fut tout. Elle tomba comme une feuille tombe en automne ; silencieuse, souple. Et la musique s’arrêta.

Elle ouvrit les yeux.

************



Elle s’observait dans le miroir. Une brassière maintenait une poitrine ferme et musclée tandis qu’elle passait ses doigts sur sa peau saturée de petites cicatrices. Elle n’arrivait pas à croire que cette femme au teint diaphane, aux yeux clairs et à la chevelure d’ébène, c’était elle. Elle se rapprocha un peu plus près de son reflet. Les yeux de Lilith scrutaient son reflet avec une curiosité obsessionnelle ;  Elle aurait put être belle si les cernes qu’elle avait sous ses yeux ne lui donnait pas l’allure d’être malade et si ses lèvres n’accueillaient pas toute la sécheresse du monde. Son corps était bien bâtit lui, svelte gardant ce qu’il fallait de courbes féminines. C’était une bonne combattante, comme le lui avait affirmé Asphalt.
Elle tourna sur elle-même pour apprécier sa silhouette vu de dos. Des éraflures de lames sur sa nuque, sans doute du à l’entraînement de l’objet qui traînait non loin de là. Quelques grains de beautés. Rien de très importants. Un élément attira pourtant son attention et elle se contorsionna pour déchiffrer celui-ci. Une rose rouge flambante tatouée sur son omoplate gauche avec un mot inscrit en son coeur dont elle lut difficilement le sens. « Halo ? » Ses doigts caressèrent la surface lisse du dessin. Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Elle n’en avait pas la moindre foutue idée et ça l’agaçait. Toute cette situation l’agaçait. Lorsqu’elle avait ouvert les yeux et qu’elle s’était retrouvée face à une blonde qui semblait la connaître plus qu’elle-même ne se connaissait, elle avait paniqué.
Alors, elle lui avait tout raconté. Qui elle était. Ce qu’elle faisait là. Pourquoi il était tant nécessaire qu’elle fasse attention à elle lorsqu’elle irait dans ce foutu château dont elle avait déjà oublié le nom. Les seules pensées qui l’intéressaient de toute façon étaient celles qui concernaient ces voleurs de petits sorciers qui leur avait usurpé ce qui ne leur appartenait pas. Lilith détestait les voleurs. Lilith irait chercher ce qui n’était pas à eux et ce même si elle devait employer la force. Asphalt s’était inquiétée pour elle, elle était le premier visage qu’elle avait vu lorsqu’elle s’était réveillée de cet étrange rêve. Et lui avait dit qu’elles étaient amies de longues dates et que la voir dans cet état lui brisait le coeur. Pourtant, la blonde n’avait pas su lui dire ce qui lui était arrivé. Personne n’avait su dire ce qui lui était arrivée, même lorsque cette autre blonde qui semblait elle aussi la connaître s’était pointée sous sa tente, l’air affolé. Peu importait. En 6 jours jours elle avait dû assimiler plus d’informations que son cerveau n’était capable d’en supporter. En 6 jours elle avait piqué des crises. Et devoir cacher ses carences de mémoire aux autres était la chose la plus difficile qu’elle ait eu à faire. La magie coulait dans ses veines, elle n’avait pas mit longtemps avant que ses réflexes de combats ne reviennent lorsqu’il s’agissait de manier sa baguette. Pour autant, la lame restait encore un mystère pour elle lorsqu’elle la saisissait de ses mains. Ça reviendrait sans doute avec le temps si elle s’entraînait.
C’était l’heure. Elle devait rejoindre le groupe d’assaillants pour atteindre le château. Il paraissait que ces lâches s’étaient retranchés là-bas, cachés de tous. Lilith bouillonnait ; non seulement ils les avaient volés, mais en plus ils n’avaient pas eut la courage de se battre. Pathétique. Aucune fierté.
Pourtant, tout ça lui paraissait absurde, comme si elle manquait de certaines pièces du Puzzle. En six  jours elle avait constaté à quel point les habitants de l’île étaient acharnés. Comment de tels sorciers avaient-ils pu laisser des enfants de capacités moindre leur prendre une telle puissance ? Ça n’avait pas de sens. A moins d’avoir été bernés, mais là encore elle avait eu l’occasion de voir des esprits brillant mettre en place des stratégies trop bien ficelés pour des esprits aussi faibles que ceux d’étudiants encore en formation. Elle laissa cette pensée dans un coin de son cerveau. Pas la peine de parasiter la mission qu’Asphalt lui avait donné avec des détails qui n’avaient pas grande importances : Elle allait rentrer. Récupérer quelques-uns de ces morveux et revenir avec pour leur soustraire l’Ox. Point. Elle ne devait pas commencer à fouiller son esprit, Asphalt lui avait dit que ça risquait de l’affecter.
La brune enfila sa veste en cuir et attrapa son fourreau qu’elle peina à mettre sur son dos avant d’y insérer la longue lame. Puisqu’elle devait faire semblant il était impératif qu’elle se comporte exactement comme on lui avait dit qu’elle le faisait avant d’oublier ses habitudes. Fin prête, elle sortit rejoindre le groupe, sans un mot à leur égard. Ici, quelques minutes lui avait suffit à comprendre qu’elle ne devait pas leur faire confiance.

Quelques minutes plus tard, le petit groupe se retrouvaient déjà entre les murs du château. C’était la premiere  fois qu’elle entrait dans ce lieu. C’était sale et humide, une odeur de renfermé pénétra instantanément ses narines. Ils marchèrent un peu dans les couloirs. Déserts, certains insurgés les accompagnants afin d’être sûrs qu’ils ne feraient rien qui compromette leur arrangement. Être obligé de progresser avec eux la rendait furieuse sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Arrivée à une intersection de plusieurs couloirs elle prit alors la parole dans l’espoir de se soustraire à leur joug et de pouvoir emprunter le chemin de la liberté de mouvements qu’il lui fallait. «  Séparons-nous. Ça ne mène à rien de parcourir le château aussi nombreux, on perd un temps qui nous est précieux. » ce n’était pas une question, elle ne leur laissait pas le choix. Les autres acquiescèrent, et Lilith s’en rassura. Seul l’un d’entre eux connaissait ses déficiences de mémoire, Asphalt lui avait confié afin qu’il veille sur elle. Mais même lui ne pouvait renoncer à l’appel du sang. Bien plus fort que celui de la loyauté. Un rictus s’installa confortablement sur ses lèvres. Asphalt lui pardonnerait bien ça. «  Si l’un d’entre vous à un problème pensez à utiliser le sortilège d’appel à l’aide. Si vous voyez un vainqueur, faite de même. » conclu la brune avant d’emprunter le chemin de gauche, sa baguette toujours en main.
Elle monta les escaliers, comme guidée par une force métaphysique. Sans réfléchir.
Au fur et à mesure qu’elle montait, une impression de déjà vu prit possession d’elle. Si bien qu’elle en eu le vertige. Ce fut quand elle poussa la dernière porte en bois bien plus lourde que les autres, qu’elle se stoppa net, le souffle coupé par la vue qui s’offrait à elle.
Un lancement dans sa tête. Ça lui arrivait régulièrement depuis deux jours mais cette fois-ci était différente. Plus intense. Doucement, elle glissa sur le balcon de pierre et observa les couleurs du crépuscule se fondre l’une dans l’autre. Elle adorait ce moment-là de la journée. C’était d’une beauté sans nom. Pourtant, étrangement, elle se sentit vide. Tristement vide. Lilith avait beau savoir pourquoi elle se trouvait ici, à cet instant précis elle se sentit privée de toute force. Sous le spectacle qui vivait sous ses yeux, tout ce jeu auquel elle s’adonnait depuis deux jours lui paraissait futil. Incohérent. Désuet d’intérêt.  
Alors elle s’assit sur rebord du balcon et se laissa happé par les couleurs qui dansaient. Profondément triste. Si bien qu’elle se dit qu’il était impossible qu’elle se soit déjà sentie aussi mélancolique par le passé. La brune se sentait faible, vulnérable et un profond sentiment de lassitude l’envahie. Comment pouvait-on être lassée alors qu’elle n’avait aucune mémoire de sa vie d’antan ?
Le chagrin se mouvait dans son coeur. Et elle le laissa faire, priant pour que le poison se répande un peu plus vite et la prenne loin de tout ça. Cet endroit. C’était cet endroit qui voulait lui parler. Pourtant elle n’était jamais venue ici. De ce qu’elle savait, elle avait été dans une autre école de magie en Angleterre. En quelques minutes pourtant, le lieu avait eu raison de toutes idées et son dessein n’avait plus aucun sens. Elle n’était rien. Une simple ombre qui tentait de trouver une place qui lui avait été arrachée. Dans son coeur c’était le blizzard. Dans ses yeux c’était la mort. Et elle se retrouvait piégée d’une vie dont elle ignorait tout. Et du haut de la tour, Lilith se serrait bien abandonner au vide si ça pouvait lui rendre ce qu’elle avait perdu.
Un craquement derrière elle la fit sursauter. Presque aussi instantanément elle pointa sa baguette vers l’intrus. Sans voir son visage et rectifia sa position, les sens en alerte. Puis un visage se detacha.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.



Dernière édition par Lilith Von Woodsen le Jeu 6 Avr - 15:32, édité 1 fois
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Ven 31 Mar - 1:38





"Cendre... si on s'en sort, je pense qu'on pourrait arrêter un moment, tu ne crois pas ?"


Prendre des vacances, décrocher, comme elle le voulait. S'arrêter, souffler, profiter des années de jeunesse qu'il leur restait. Il l'espérait, au fond de lui, suffisamment fort en tout cas pour ne pas perdre de vue son objectif ; mener à bien la mission avec elle. Ensuite, ils auraient leur récompense. Il se rendit soudain compte que le prix était bien trop cher pour ce qu'on lui demandait. Suivre son rêve, oui. Mais le faire sans elle était devenu une idée complètement stupide à ses yeux. A cinq ans, ou à quatre même, il avait eu cette ambition d'enfant ; mais c'était pour une autre raison, une excuse donnée, une idée, simple, qui avait germé dans sa tête ; le petit garçon malingre et fragile qu'il était ne rêvait que d'aventures pour échapper à la dure réalité ; si jamais il ne suivait pas cette voie, il finirait dans un bureau à gratter du papier, désespérément. Suffisamment en tout cas pour perdre son identité. Il avait pensé à cela, aux moqueries qu'on lui infligerait, aux autres qui le pointeraient du doigt ; il s'était rebellé, déjà à son âge, de cette injustice qui lui incendiait le ventre. Et puis elle était arrivée. Elle avait attrapé sa main et elle l'avait sauvé. Tout simplement. Elle avait permis que cela arrive, tout simplement. Il la détailla, alors qu'elle répondait. Elle était belle. Aussi belle que cette gamine aux genoux sales qui lui avait sauvé la peau, mille ans auparavant.

" Évidemment que nous allons nous en sortir."
ses yeux promettaient, et il y crut, tout simplement. Son regard le consumait, tout simplement ; comme il l'avait consumé depuis le début. Elle avait ce feu dans les yeux que jamais il n'aurait. Une folie sauvage et fascinante dont il ne pouvait plus se passer. Elle était sa drogue, son excès. Elle était à la fois son jour et sa nuit, sa chaleur, son destin. Elle était tout, et s'il la perdait, il n'avait plus qu'à se jeter du haut de la falaise de Domovoï plutôt que de se condamner à une vie d'errance. Oh il n'y pensa pas, su rle moment ; de toute manière, cela n'avait aucune importance, absolument aucune. " Cela me convient, il faudra m'épuiser afin que je reste sage. Tu sais ce qui t'attends. " Et il y mettrait du coeur. Il répondit à son sourire par un autre. Lui qui passait son temps à la rassurer, c'était à son tour, à elle, d'apaiser la peur qui grondait dans son ventre. Il se calma, très vite ; il avait peur pour elle à chaque instant. Ses pensées ne la quittaient jamais. Elle était là à chaque pas qu'il faisait et son absence rendait la mission plus difficile que toutes celles qu'il avait eu à affronter avant.

"Retourner à la maison, repartir en voyage, c'est comme tu veux."
" Et si pour une fois nous faisions ce que TOI tu veux. Je suis toute ouïe " Il savait très bien ce qu'il voulait. "Une maison au bord de la mer." il détourna le regard, gêné. "Une semaine, peut être deux, ou trois... dans le calme et le silence. Et des livres." des promenades dans un jardin, des plaisirs simples, des matins un peu trop longs se terminant à la fin de la journée, à se réveiller près d'elle sans penser à rien d'autre qu'à ce qu'ils avaient vécu, sans songer au lendemains incertains, sans se dire qu'ils devraient repartir. Rester là, dans le calme. Lire à l'ombre d'un arbre, avec elle dans ses bras. Il en avait rêvé sans jamais oser en parler. Pourtant, quand il la regarda, il sut qu'elle dirait oui. Il l'avait suivie partout sans jamais rien demander, en quinze années de mariage ; alors, oui, elle aurait sans doute besoin de calme, elle aussi.

"Toi, moi, et le reste du monde."
Lui, elle, et en vérité le monde, il s'en foutait pas mal. Elle recula, tenant sa main ; elle était loin de lui mais il pouvait sentir la chaleur de sa paume, la douceur de son regard. Il ne la lâcha que lorsque le contact ne fut plus possible ; elle recula jusqu'au grammophone et lança la musique. Ils avaient installé des objets au fil de leur visite ; une simple pensée et ils apparaissaient, pour rendre les lieux plus confortables. Des livres sur les étagères, des photos d'eux dansant sous les flocons de neige ou sous le soleil, près de la falaise. Ils avaient fabriqué un nid là où ils ne pouvaient pas véritablement se toucher ; pour quelques temps, cela suffisait. Mais Halo trouvait le temps long. Loin d'elle, le monde se fanait. Il dépérissait, tout simplement. " Danse avec moi." Il avait horreur de danser, mais il n'eut pas la moindre hésitation quand il attrapa la main tendue, qu'il lui rendit un regard chargé de tendresse. Elle l'embrassa et il perdit pied, l'entrainant malgré lui dans un ballet qui n'appartenait qu'à l'instant ; il oublia, en la tenant contre lui, où il se trouvait et pourquoi. Ces moments privilégiés étaient dangereux, et il le savait. Leur enveloppe charnelle était vulnérable, tout pouvait arriver ; on leur avait conseillé des contacts très courts, mais ils en étaient tout bonnement incapables.

"Je t'aime" "Je t'aime aussi." ce n'étaient pas des mots qu'ils se disaient souvent. En fait ils n'en avaient pas véritablement besoin. Ils étaient nombreux, ces couples qui avaient besoin de le répéter chaque jour pour se persuader de la véracité de leurs propos ; mais lui savait parfaitement qu'il n'avait pas besoin de prononcer cette phrase pour la convaincre. Il la regardait comme un objet précieux, à chaque fois qu'elle passait devant lui. Comme un tableau de maître qu'il aurait accroché dans chaque pièce pour ne jamais avoir à le quitter des yeux. Elle était son portrait de Dorian Grey ; grâce à elle, il survivait. Alors, il dansa avec elle, simplement. Il oublia ce qu'il était et pourquoi il était là ; oublier. C'était un mot qu'il utilisait souvent quand il la regardait. Mais s'il avait su...



Et puis ses yeux s'écarquillèrent, soudain. Le monde bascula, et cela prit une fraction de secondes.

Elle s'immobilisa, d'abord ; puis un frisson la fit reculer, violemment. "Cendre ?" Il lui tenait toujours la main, et lorsqu'elle poussa un cri, il ne put être que le spectateur terrorisé de sa décadence, la paume serrée dans la sienne, trop fort, sans doute. Elle se détacha de lui, fit deux pas en arrière, les mains crispées dans ses cheveux ; les yeux révulsés, il la regarda se tordre. Que lui arrivait-il ? Pourquoi ? Que se passait-il ? Comment avait-il pu faire preuve d'autant de négligence ? Il pensa immédiatement qu'il s'était passé quelque chose, de l'autre côté. Quelqu'un était en train de lui faire du mal et il ne pouvait rien faire. Il se précipita sur elle, paniqué, l'entourant de ses bras, sentant ses tremblements et sa souffrance comme si c'était la sienne. Elle pleurait. Cette vision était absolument insupportable. Ses larmes, il essaya de les effacer de son visage ; mais elle se débattait, sans le voir, presque, dominée par ce qu'il devinait être une douleur insoutenable, insupportable. Il était paniqué, simplement paniqué. Qu'allait-il faire s'il n'était pas capable de la protéger ? Elle était trop loin. Trop loin de lui, et si quelqu'un avait décidé de la tuer, il ne pourrait qu'y assister. Ses yeux s'agrandirent sous la panique et la terreur. "CENDRE !" le cri lui déchira la gorge en deux, comme une bête blessée ; ses mains tremblaient sur les épaules de sa femme.

Il savait qu'elle luttait. Contre quoi, cependant, il l'ignorait ; elle luttait contre la douleur, contre la peur qu'il sentit poindre dans son esprit, brillant dans ses yeux noirs. Il chercha son regard, les doigts crispés sur son corps. Elle ne pouvait pas, ce n'était pas possible, c'était un cauchemar... comment avaient-ils pu faire preuve d'autant d'imprudence et de bêtise ? «  Je suis désolée… Pardonne-moi. » "Non Cendre attends, ATTENDS !" elle faiblissait, c'était visible. Son regard se voilait, partait loin de lui ; elle le regardait encore, mais pour combien de temps ? Combien de temps avant de la voir disparaître ? Combien de temps passeraient-ils à les torturer, quels qu'ils soient ? Il allait la regarder mourir, il le savait. Elle allait mourir, et elle ne pouvait pas retourner dans la réalité tout de suite. Cette réalité qui était en train de s'écrouler autour d'eux. Il serra les mains autour des siennes, alors qu'elle cherchait son regard, paniquée. Que ferait-il ensuite, comment pourrait-il seulement songer à survivre en son absence ?

Le cri suivant arracha une plainte de terreur à Gabriel qui, médusé, assista à la destruction du lieu qu'ils avaient mis plusieurs mois à construire pour se sentir chez eux. Elle tomba, et il ne sut plus où poser son regard ; elle saignait, il y avait du rouge sur ses doigts qu'il voyait déjà flou. Le monde s'écroulait autour de lui, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur ; sa femme agonisait dans un lieu qui partait en fumée, les fissures et craquelures au mur, la musique, devenant seulement l'écho de sa peur là où le grammophone lui même avait disparu. L'obscurité, la pénombre et les grands yeux de Lilith brillants dans le noir, sa femme, la seule chose qui lui permettait de respirer. Il n'avait plus suffisamment d'air pour survivre, alors il haleta, en essayant vainement de la sauver, comme si la serrer contre lui permettrait de tout remettre en ordre, de la voir se mettre debout et lui sourire de nouveau comme si cela n'avait été qu'une mauvaise blague. Mais tout partait en fumée. Le plafond, le mur, les photographies et cette phrase qu'elle avait échappé de ses lèvres craquelées, un "désolé" qui avait résonné comme un adieu. Elle tenait son crâne à deux mains, hurlant pour échapper à la souffrance quand lui la serrait, des larmes plein les yeux. Epouvanté, il la regarda relever le visage vers lui ; mais elle ne le voyait plus. Il le savait. Il avait suffi d'une simple fraction de secondes pour que le monde s'écroule. Le regard qu'elle lui lança le brisa en mille morceaux. Tout le chagrin que jamais il n'avait vu, déforma son visage en une grimace de folie pure qui s'évanouit lorsqu'elle ferma les yeux et abandonna, simplement. Elle abandonna, emportant avec lui la raison de Gabriel Whelan, qui avait fait d'elle sa seule raison d'exister vraiment.

Puis elle les ouvrit de nouveau, et une bouffée d'espoir l'envahit. Il releva le nez vers elle pour l'observer, déformé par l'inquiétude, l'angoisse. Au milieu des gravats de leur nid, il n'était devenu qu'un ver qu'on jetait aux oiseaux. Il but son regard. Mais elle était déjà trop loin. «  Où est-ce que je suis? » Elle chercha, dans le vide, quelque chose pour se raccrocher à la réalité, mais ne trouva rien. Absolument rien. Il serra ses mains un peu plus fort, devenu muet, incapable de répondre ; elle posa les yeux sur leurs mains nouées, puis lui, sans le reconnaître. Il le savait. C'était ce voile là devant ses paupières qui l'avait parfois réveillé en sursaut dans la nuit. Quand il rêvait qu'elle l'oubliait.  «  Qu’est ce que vous m’avez fait? » Un dernier crachat musical, et elle tomba. Elle tomba, et le tourbillon l'emporta quand il se sentit happé, malgré lui, à l'extérieur de l'endroit, et qu'un cri l'arracha à elle pour ce qu'il crut être une ultime fois.

Il ouvrit les yeux au milieu des autres ; allongé dans une couchette de fortune, la montre dans son poing serré, il se redressa d'un bond, le regard paniqué, hagard ; elle était tombée, elle avait saigné, elle... il se mit debout, trop vite sans doute, lorsqu'il constata le vertige qui manqua de le faire chuter. "Non..." un murmure, simplement un murmure, quand il tituba jusqu'à la sortie et qu'il marcha, comme un automate, vers le Balcon de l'Aurore. C'était instinctif, il n'eut pas vraiment besoin de réfléchir ; en fait, il avait perdu la raison en même temps qu'elle lorsque, blanc et hagard, il grimpa les escaliers sans vraiment comprendre comment il faisait simplement pour marcher. On venait de lui couper son air. La respiration réduite à un filet, il repassa, en images kaléidoscopiques, la vision terrifiante de son épouse partant loin de lui ; tout ce dont il avait eu peur, tout ce dont il avait craint, cela venait d'arriver. Les mains tremblantes, Halo prit appui sur le mur, pour essayer de calmer une nausée grandissante. Pâle, frissonnant, il prit une longue inspiration d'un air dont il ne voulait pas ; puis rejoignant enfin le balcon, il regarda autour de lui, sans comprendre. Dehors, il faisait nuit noire ; le rocher, invisible, dissimulait ce qu'il voulait voir à tout prix ; Cendre. Sa Cendre, son rayon de soleil. Elle était partie, comme ça, loin de lui, et cela n'avait duré que quelques minutes, à peine. Seulement le temps d'un clignement de paupières. Les yeux écarquillés par l'horreur, il tomba à genoux ; Halo n'était plus rien sans elle. Seulement Gabriel Whelan, ce garçon insignifiant et sans avenir qu'elle avait porté à bout de bras et qu'elle avait hissé, là haut, sur un piédestal. Et elle n'était plus là. Tout simplement plus là. A bout de forces, il posa les poings sur le sol. "Non... non..." c'était un murmure que personne d'autre que lui n'entendit ; relevant les yeux vers le ciel sans nuages, il supplia, intérieurement, pour qu'on la lui rende. Mais personne ne répondit.

Alors, dans le silence de la nuit, il laissa un cri déchirer l'air du soir, la tête levée vers le ciel, les yeux fermés, le visage coupé en deux par la souffrance. C'était sa vie qu'on venait de lui arracher, sa vie, qu'on lui prenait. La plainte fendit l'air et alla s'écraser dans le silence. Il hurla, pour la première fois de sa vie ; il hurla comme il n'avait jamais hurlé, comme le dernier chant d'un cygne, il hurla et même si on pouvait l'entendre, il s'en moqua éperdument. Il hurla, parce que sans cela, il serait sans doute mort.

Il hurla, mais de l'autre côté du voile, il sut qu'elle ne l'entendrait pas.

************



Troisième jour. Il avait cessé de les compter.

Ils arrivaient. Il le savait, et il s'en moquait. Ou peut être pas tant que cela, finalement ; lorsque Gabriel Whelan ouvrit les yeux, ce fut encore sa première pensée qui le délogea du sommeil, au petit matin. Ils arrivaient. Ils arrivaient, et avec eux, les responsables de la douleur, de la perte, et de son ire, épouvantable, grondant en lui comme une lave brûlante dormant au creux de son ventre. En disparaissant, elle lui avait légué sa haine ; cette femme qu'il avait aimée pendant trente ans et qui n'avait laissé derrière elle qu'un abominable goût de cendres. Cendre. Sa femme. Sa vie.

Il se leva et étira ses pauvres muscles, sans vraiment y croire. Il attrapa sa baguette, qu'il fourra dans sa poche, en sachant que de toute manière il n'aurait pas la force ni le courage de s'en servir. Comme un pantin articulé, il avança dans le QG, observant les autres qui, fébriles, se préparaient à voir les Assaillants débarquer. Ils venaient en nombre et Halo avait parfaitement conscience que de toute manière, leur surveillance serait vaine. Ils étaient capables de tout et surtout du pire ; il en avait eu un exemple plus que concluant, trois jours plus tôt. Qu'est ce qui les avait trahis ? Pourquoi ? Qu'avait-elle fait pour qu'on l'attaque, pour qu'on s'en prenne à elle ? Et Visenya, où était-elle ? Oh, oui, il avait reçu un message la veille ; elle avait des explications à lui fournir, mais ils devraient trouver un endroit discret. La main se crispa contre le bois de sa baguette. Si elle était responsable de la tragédie qui l'avait frappé, alors elle le payerait de sa vie, il le jura. Les yeux noircis autant par la rage que par le chagrin, il se jura ne trouver aucun répit tant qu'il ne l'aurait pas vengée. Il traversa les couloirs, le parchemin froissé dans sa main. Il rencontrerait Visenya Dragonstone, oui ; si elle ne lui donnait pas d'informations satisfaisantes, si elle lui disait qu'elle était morte, elle le payerait très cher, il se le jura. Halo n'avait pas l'instinct grégaire de sa femme. Mais convaincu qu'il l'avait perdu, il se moqua bien du calme dont elle le flattait à chaque coup de colère qu'elle piquait. Il n'y en aurait peut être plus. Etait-elle seulement en vie ? Il passa une main dans ses cheveux, puis sur sa barbe de trois jours, le regard luisant de rancoeur et de haine. Halo avait disparu. Gabriel Whelan souffrait et hurlait en silence.

Amnésique. C'était tombé comme un couperet ; elle ne se souvenait plus de rien. Qu'est ce que vous m'avez fait ? Cela prenait sens, bien sûr. Il traversa les couloirs à grands pas, aussi soulagé que terrifié ; elle lui avait dit quelle direction Cendre avait prise, en lui demandant d'être prudent. Prudent, il le serait, il savait qui se tenait en face de lui. Mais songer seulement que sa femme avait perdu trente années de sa vie, sans lui, sans souvenirs, sans but, le glaça. Il fallait agir, faire quelque chose. Quelqu'un l'avait empoisonnée. Elle était vivante. Vivante, et cela avait suffi pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'il fasse quelque chose. Rester dans l'ombre ne servirait à rien ; elle lui appartenait, et s'il fallait le lui rappeler, alors il le ferait. Il pensait encore manquer cruellement de témérité ; mais aller à l'encontre d'une femme qui le considérait comme un inconnu, braver la tempête, était la plus belle preuve de courage qu'il n'eut jamais à démontrer dans sa vie. Il grimpa les escaliers quatre à quatre, convaincu, sans le comprendre, qu'elle serait là bas. S'il y avait encore un espoir, elle serait là bas. Si elle avait encore un peu de conscience, alors elle s'en rappellerait. C'était là bas que tout avait commencé. Là-bas qu'il l'avait demandée  en mariage, là-bas qu'elle avait dit oui. Et ces soirées passées à regarder le dehors...

Lorsqu'il atteignit le balcon, la silhouette familière le fit frissonner. Visenya l'avait averti ; elle ne se rappelait ni de lui ni de tout ce qui la concernait. On aurait pu lui donner un autre nom, elle l'aurait accepté. Un sortilège ? Un poison ? Qui était responsable de cela ? Il fit un pas, puis un autre, hésitant. Que pouvait-il bien lui dire, lui qui n'avait jamais su parler aux autres ? Lui qui ne supportait pas de peser chaque mot, lui qui n'en avait jamais eu besoin pour l'aimer ? Son pied heurta une brindille, qui craqua ; un sursaut, et ses yeux noirs se posèrent sur l'ombre qu'il représentait, la baguette levée. Elle le menaçait. Ses sourcils étaient froncés, les sens en alerte ; il fit un pas de plus. S'il devait mourir, autant que ce soit elle qui le tue.

"Lilith..." sa voix, brisée, n'était réduite qu'à un filet lorsqu'il sortit de la pénombre pour se montrer. Plus maigre que jamais, les pommettes saillantes, le regard sombre, il n'était plus que la moitié de ce qu'il fut auparavant. Rien de plus qu'un muet. Sans elle, il disparaissait. Alors, il la dévora du regard ; cherchant frénétiquement une marque de plus sur son corps, quelque chose prouvant qu'il lui était arrivé malheur. "Je ne  suis pas ton ennemi." il tira sa baguette de sa poche, lentement ; elle leva la sienne plus haut alors qu'il la posait sur le sol. "Tu vois ? Tout va bien." il la repoussa d'un coup de pied. Il se mettait volontairement en danger... et cela n'avait pas la moindre importance. Il s'en moquait. "Je voudrais juste savoir comment tu vas." elle ne le connaissait pas. C'était visible dans son regard. "Et si tu connais les raisons qui te poussent à rejoindre les Assaillants et la quête qui les motive." d'abord parler de cela. Ensuite de lui. Gagner sa confiance. Malgré ses yeux brillants de peur, de chagrin et de regret. Il devait la réparer, et à tout prix, s'il ne voulait pas, lui, disparaître dans les limbes de son oubli et y mourir.



   
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Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Dim 2 Avr - 23:25




l'air était humide. Les lumières dansaient au delà de l'horizon. ça accrochait son regard, la rendait bien plus mélancolique qu'elle ne l'aurait cru. pourquoi? Elle n'en savait rien. à cet instant il y avait un poids dans son coeur et une lame qui taillait en pièce son esprit embrumé. Elle ne trouvait aucun sens à ce qui se tramait. Aucun sens à sa présence ici. Et elle avait beau tenter de garder le cap, depuis deux jours il lui semblait que le temps s'écoulait au ralenti. Les heures s'annonçaient sombres, elle pouvait le sentir jusque dans sa moelle épinière, jusque dans son sang qui bouillait dans ses veines. Et elle n'avait aucun moyen d'échapper aux desseins qui pesaient sur ses épaules. Aucun.
Alors le regard perdu dans les couleurs qui s'étalaient comme un tableau impressionniste sous son regard, elle tentait de faire le vide dans ses pensées qui s'entrechoquaient les unes aux autres. Du rose, de l'orange, du bleu. La nuit se glissait doucement dans le ciel  pour éclipser le jour avec une indescriptible prestance. Elle aimait cette vision transcendante, quelque chose se calma instantanément dans son coeur meurtri par l'absence de passé. Faiblesse qu'elle faisait taire du mieux qu'elle pouvait sans se résoudre à l'affronter. Les yeux perdu dans le vague, la brune constata que de gros nuages noirs se profilaient. Il allait pleuvoir.
Un bruit lui fit tourner la tête, malgré son manque de mémoire elle n'avait pas oublié ses réflexes d'antan. La baguette levée, elle scrutait l'obscurité pour mettre un visage sur la silhouette que l'ombre engloutissait encore. Elle l'observa alors marcher en sa direction. Asphalt l'avait prévenue, elle n'avait pas que des amis dans l'enceinte du château et il lui faudrait peut-être affronter quelques danger. Qu'a cela ne tienne, elle était prête à faire face à son destin si cela devait en être ainsi. Les voleurs, elle ne les craignaient pas. Les insurgés qui tenteraient de les doubler non plus. Ce conflit n'avait pas grand intérêt pour elle, mais il lui fallait bien trouver sa place ici bas.
La lumière dorée du jour qui s'en allait dévoila les traits de l'inconnu. Elle sursauta de façon presque imperceptible.

Flash : Les mêmes yeux. Avec un éclat à l'intérieur. Quelque chose qui brillait au fond de prunelles claires et pénétrantes, il y avait de la vie dans son regard. Un sourire doux, infiniment bienveillant qui lui promettait le monde. Il était magnifique.

Puis rien d'autre. Le noir. Le flou de son esprit revenant prendre toute la place.

ça dura une fraction de seconde, elle cru un instant avoir rêvé. Il n'y avait rien qui luisait dans le regard de celui qu'elle observait. Il n'y avait pas ce sourire qu'elle avait cru apercevoir dans son esprit. Pourtant son visage, elle l'avait déjà vu dans son rêve. Celui juste avant qu'elle ne se réveille auprès d'Asphalt. Lui, Malgré son teint fané, ses cheveux emmelé et sa barbe de trois jours qui entourait son visage de façon négligée, avait quelque chose qui lui brûla le ventre. Cet homme venait de son passé et elle le comprit avant même qu'il n'ouvre la bouche pour lui parler. Ami? Ennemi?

"Lilith..."
c'etait son nom. On lui avait dit, répété. Pourtant, prononcé dans sa voix à lui déclencha Un frisson qui parcouru toute son échine sans qu'elle ne puisse le réprimer. C'est ainsi qu'elle s’appelait et pourtant. Pourtant elle ne l'avait entendu que quelques rares fois dans la bouche des autres et avait encore du mal à l'assimiler comme étant son identité. Le frisson se propagea sur sa nuque, et une vague de chaleur envenima son esprit. " Je..." ça s'échappa de sa gorge sans qu'elle ne puisse retenir le son. Et sans s'en rendre compte, elle avait abaissé sa baguette une seconde. une seule petite seconde avant de se reprendre le contrôle de son être et la tendre un peu plus haut en sa direction, le regard noir.  Cet homme la connaissait. Et elle ne pouvait pas prendre de risques. Il sortit sa baguette de sa poche et elle suivit avec attention le mouvement, prête à lui jeter un sort dès lors qu'il s'attarderait trop longtemps. Il n'en fit rien. Au lieu d'attaquer, l'homme se contenta de poser la baguette au sol et de la faire rouler vers elle.  "Tu vois ? Tout va bien." Le nez de la brune se retroussa, sa baguette était toujours pointée dans sa direction. Reprendre. Le. Contrôle. Ne pas laisser apparaître ses failles et garder la tête bien droite. En d'autres terme faire semblant. On lui avait dit qu'elle était une guerrière. Une femme prête à se battre à n'importe quel heure du jour ou de la nuit. Elle ne devait pas montrer les fissures que la perte de mémoire avait laissé sur elle.
" Sérieusement, ai-je l'air d'une jument que l'on apprivoiserait de la sorte? " railla t-elle en l'observant. Dans ce monde qu'elle ne comprenait pas, c'était la seule manière qu'elle avait trouvé pour se défendre du reste de l'univers. C'était injuste, terriblement injuste, mais malheureusement c'était tout ce qui lui restait d'une vie qu'elle n'avait plus, d'une vie qui était partie en Cendres. Alors elle se redressa un peu, cachant sa vulnérabilité au yeux de cet homme, reprenant le peu de fierté qu'il lui restait encore. " Reprend ta baguette. Si nous devons nous battre, je préférerais que cela soit sans aucune lâcheté de ma part. J'aurais beaucoup trop de scrupules à t'attaquer si tu n'es pas armé." ça claqua comme un coup de fouet. Lilith refusa de se baisser pour attraper la baguette qui avait roulé jusqu’à elle et d'un coup  de poignet de la sienne,  la renvoya vers lui. Lilith avait peut-être perdu sa mémoire, mais elle n’était toujours pas de ces femmes que l'on pouvait asservir d'une seule parole. Elle voulait vivre. Vivre et montrer qu'elle ne comptait pas fuir. Jamais. "Je voudrais juste savoir comment tu vas." Comment elle allait? Elle avait perdu toute sa vie. Ne savait rien d'elle ni de ceux qui l'entourait, se sentait profondément triste emplie d'un désarroi qu'elle ne comprenait pas. Elle ne répondit pas et pourtant la question la toucha et rebondit en elle comme un écho. Comment tu vas? C'était une poupée disloquée, façonnée par des idées qui ne lui appartenait plus. réparée à l'aide de belles paroles qu'elle devait croire sans poser de questions. Mais elle préférait mourir plutôt que d'admettre ça, surtout face à un inconnu qui aurait tôt fait de s'en servir contre elle. Néanmoins, Depuis qu'elle avait ouvert les yeux, il était le premier qui lui poser cette question. Comment tu vas? Mal. j'ai l'impression de me noyer dans un torrent et de ne pas savoir nager. J'ai l'impression qu'on m'écrase la tête de plus en plus fort contre le sol. J'ai l'impression que le manège sur lequel on m'a mise tourne encore et encore sans que je ne puisse en descendre. Je vais mal. Mais personne ne peut me sauver. Parce que la seule à pouvoir me sauver, c'est moi. Moi qui ne suis plus qu'une ombre.

Lilith serra la mâchoire. Elle n'avait confiance en personne. Pas même en elle même, alors il était bien evident qu'elle ne laisserait rien paraître à cet autre qu'elle toisait de stout son être pour éviter de montrer son malaise. Parce que quelque chose la touchait. Quelque chose qu'elle n'admettrait pas.
"Et si tu connais les raisons qui te poussent à rejoindre les Assaillants et la quête qui les motive." c'était donc ça. Au final, peu lui importait comment elle allait, il essayait simplement de s'enquêrir de certaines informations. Asphalt l'avait prévenue qu'on tenterait de lui soutirer quelques paroles sur ce qu'ils avaient l'intention de faire. Quelle idiote. Pendant un instant, elle avait pensé que l'homme devant elle avait vraiment été sincère. Instantanément, Le regard de Lilith se fit plus sombre. Plus noir. Plus sévère. Elle sauta du mur sur lequel elle était assise et s'imposa de toute sa silhouette face à l'insurgé qui la regardait, l'oeil éteint. " Si tu attends de moi que je te fournisse des informations sur les plans des assaillants concernant les voleurs qui se cachent, tu te trompes de proie. tu n'obtiendras absolument rien de moi." En vérité, que pouvait-elle bien dire? Elle tombait au beau milieu d'une guerre qui avait avancé sans elle et avait du apprendre en deux jours ce qui se préparait depuis des mois. Au loin, la bataille était attendue, les cor des guerriers s'élèveraient bientôt. Le glas des voleurs retentirait. ça, c'est ce qu'elle comprenait. Mais Que savait- véritablement au final? Et lui? que savait-il? il lui parlait comme si il la connaissait. Comme s'il savait qu'elle avait perdu ses souvenirs. Comment l'aurait-il put? personne à part Asphalt, un de ceux à qui elle avait confié sa surveillance et l'autre blonde qui était venue la voir, ne savait.
Alors elle s'avança rapide comme l’éclair, la baguette pointé sur le torse de l'homme jusqu’à n'être qu'a quelques centimètres de lui. Il y avait de la tristesse qui voilait ses yeux. Pourquoi? puis son odeur qui l'emporta.

flash : Une odeur sucrée vibrante, un soupçon boisé sur l'oreiller dans laquelle elle fourra son visage afin de se s'imprégner de cette fragrance.

Elle battit des paupières. Sa tête lui tournait comme si elle avait bu trop d'alcool, elle se sentit ivre pendant un instant et eut du mal à reprendre son souffle. Ne pas tomber. Lilith secoua la tête pour reprendre le contrôle de la réalité. " Pourquoi est-ce que ça t'interesse? Vous avez eu ce que vous vouliez non? " simple question rhétorique. Elle avait parlé fermement. Froidement. Comme Asphalt lui avait conseillé de se comporter.  D'après ce que son amie lui avait dit, les insurgés avait obtenu des faveurs de la part des assaillants, à son grand désespoir. Elle craignait que certains soient en fait de faux insurgés venant récolter des informations pour les transmettre ensuite aux voleurs afin qu'ils organisent la défense. était-ce son cas à lui? Pour autant, d'autres questions prenaient possession de toutes ses pensées à présent. qui était-il et pourquoi diable l'avait-elle vu dans son rêve? était-il responsable de ce qu'elle vivait actuellement? Elle ne voyait que ça comme solution. ça expliquait tout : expliquait pourquoi elle l'avait vu dans son rêve, pourquoi il semblait la connaitre et pourquoi il semblait deviner qu'il ne lui restait aucun souvenir. La brune appuya sur la baguette pour l'enfoncer un peu plus dans la peau du torse de l'Homme. S'il était responsable de son état, il le paierait cher. " Je te conseille de me parler. tu as l'air de savoir beaucoup de choses que j'ignore et je ne suis guère disposée à répondre à tes questions. Par contre j'apprécierais beaucoup que tu répondes aux miennes." Elle serra la mâchoire. Impitoyable. " Et oui, au cas où tu te poserais la question, c'est bien une menace."
Elle ne comprenait pas. Ne comprenait rien. Qui était-il? Que lui voulait-il? Pourquoi semblait-il sortir de son esprit à chaque fois qu'elle posait son regard sur lui. Pourquoi avait-elle deja vu son visage ? pourquoi? ça allait la rendre folle.


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Je savais le silence depuis longtemps, j'en sais la violence, son goût de sang. Rouges colères, sombres douleurs, je sais ces guerres, j'en ai pas peur. Je sais me défendre, j'ai bien appris, on est pas des tendres par ici. Je sais les hivers. Je sais le froid. Mais la vie sans toi, je sais pas.©️lazare.

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Statut du sang : PurMessages : 82Date d'inscription : 12/02/2017Localisation : Certainement à la maison avec Jake. ❤️
Ҩ Re: I Won't give up ( Gabrilith II) Ҩ Lun 3 Avr - 21:35




Elle avait le regard fauve, ce genre d'oeillades que jamais elle ne lui avait adressées. Elle faisait cette tête lorsque face à elle, un étranger la toisait ; quand elle devait se battre, ou lorsqu'elle était méfiante. C'était le visage de la femme qu'il avait épousée, ce masque de sévérité et d'entêtement qu'elle affichait aux yeux de tous, sauf des siens. Sauf des siens, jusqu'à cet instant. Il soutint son regard quelques secondes, puis baissa les yeux, choqué. Halo venait de la perdre, tout simplement. Elle ne se souvenait pas de lui, et rien ne garantissait qu'elle le fasse un jour. Il était tout simplement impuissant face à la dure réalité. Quelqu'un lui avait fait du mal, et il n'avait pas été là pour la protéger, tout simplement. Elle s'était éloignée, elle n'était plus là ; dans ses yeux sombres il n'y avait plus cette tendresse qu'elle affichait à chaque fois que son regard se posait sur elle. A chaque fois qu'il y pensait, son coeur se brisait en deux. Il se cassait, s'effritait et disparaissait un peu plus à mesure qu'il en prenait conscience. Il avait disparu de sa mémoire. Trente années de joie et de jeux, trente années durant lesquelles ils avaient tenu, main dans la main, tout cela pour qu'un instant suffise à tout balancer dans le feu. Elle tenait sa baguette levée bien haut devant lui, menaçante. Avec un sourire intérieur, il songea qu'elle pouvait bien lui jeter un sort s'il le voulait. Il ne ferait pas preuve de la moindre résistance. Il la laisserait le tuer, si c'était ce qu'elle voulait. Sans elle, il était déjà mort de toute manière.

" Sérieusement, ai-je l'air d'une jument que l'on apprivoiserait de la sorte? "
Oh non bien sûr, elle était bien plus que cela. Elle afficha un sourire railleur, et il ferma les yeux, le nez baissé. Soumis. Comprenait-elle seulement ce qu'elle était en train de lui faire ? Bien sûr que non. Aux yeux de la jeune femme, elle ne devait rien faire de mal ; il devait avoir l'air du plus parfait des imbéciles. Un idiot qu'elle toisait, plus faible qu'elle, plus fragile aussi, un homme qu'elle aurait sans doute détesté rencontrer. S'ils s'étaient connus plus vieux, l'alchimie aurait-elle fonctionné ? Avec un air amer, Halo sut que non. Jamais elle n'aurait tourné son regard vers lui. Jamais elle ne lui aurait dit qu'elle l'aimait ; et jamais elle ne lui aurait adressé le moindre regard tendre. En silence, il releva la tête, fixant une femme telle qu'elle aurait été s'il n'avait jamais posé un pied dans sa vie. Il n'y avait pas sa place. Elle était sûre d'elle, et elle se mettrait en danger, il le savait. La protéger ? Et comment y serait-il seulement parvenu ? Il n'avait aucun pouvoir. Sans elle, il était incapable de quoi que ce soit. Même de vivre. Il la regarda se redresser, le toiser une nouvelle fois. Un pieu dans la poitrine. Son souffle devint difficile, très difficile.

"Reprends ta baguette. Si nous devons nous battre, je préférerais que cela soit sans aucune lâcheté de ma part. J'aurais beaucoup trop de scrupules à t'attaquer si tu n'es pas armé."
L'attaquer, hein ? Un sourire mince déchira les lèvres sèches de Gabriel Whelan en deux. Sa femme n'aurait jamais dit cela. Il se rappela de ce jour où elle s'était jetée devant lui pour le protéger. Elle avait failli perdre la vie. C'était une belle ironie. Deux jours. Deux jours et voilà ce qu'elle était devenue. Deux jours sans nouvelles, convaincu qu'elle était morte. Au moins, elle était là ; ne restait qu'à la convaincre que sa vie à elle était à ses côtés, à lui. Sans doute la partie la plus difficile. Et pourtant celle qui demeurait impérative s'il désirait survivre. D'un coup de pied, il renvoya sa baguette magique ; il se pencha et l'attrapa lentement, la main tremblante, le regard sombre. Lui qui avait voulu désamorcer la chose se rendit soudainement compte qu'il était incapable de savoir comment réagir. Comment allait-elle ? Comment se sentait elle ? Que se passait-il lorsqu'on oubliait tout ? Comment le vivait-elle ? Il aurait aimé lui poser toutes ces questions. La vérité, c'était qu'elle lui faisait peur. Il avait passé des mois à l'attendre, des mois à patienter pour le moment où elle serait là, face à lui. Ironie du sort, elle était bien là ; mais elle le considérait comme un inconnu, là où il aurait tant rêvé de l'étreindre.

Et puis, la phrase de trop. Elle s'était presque détendue, prête à répondre ; et il avait fait une erreur grossière. Il s'en voulut immédiatement lorsqu'elle fronça les sourcils. Ses yeux s'assombrirent ; et elle se mit debout, le surplombant. Elle était encore loin, mais elle s'approchait. " Si tu attends de moi que je te fournisse des informations sur les plans des assaillants concernant les voleurs qui se cachent, tu te trompes de proie. tu n'obtiendras absolument rien de moi." Il retint un rire moqueur. Comme si c'était cela qu'il voulait. Comme si leur mission avait une quelconque importance, désormais. Le monde pouvait bien s'écrouler, il n'en avait strictement rien à foutre. Son regard éteint se posa sur elle. Asphalt Dragonstone avait rempli son office à merveille. Cette femme, il ne la connaissait pas ; mais alors qu'elle avançait vers lui, vite, trop vite, il se jura qu'il aurait sa peau, son sang, tout ce qui lui permettrait de se venger suffisamment fort pour qu'il en soit rassasié. Elle eut un mouvement de recul une fois arrivé à sa hauteur ; il se fit violence pour ne pas la serrer contre lui, pour ne pas la supplier de se souvenir. Elle n'avait pas pu oublier. On oubliait pas de respirer.

" Pourquoi est-ce que ça t'interesse? Vous avez eu ce que vous vouliez non? "
Il resta silencieux. C'était encore ce qu'il faisait de mieux, après tout. Cet idiot n'avait même pas été capable de garder son épouse. Il avait suffi de quelques minutes. Sa gorge se serra ; ses mains se mirent à trembler, peu à peu. La baguette se leva ; puis se pointa sur son torse. Il eut un frisson, d'abord. Elle le menaçait, pour la première fois. Elle le menaçait et elle lui ferait du mal, sans doute, s'il la laissait faire.

" Je te conseille de me parler. tu as l'air de savoir beaucoup de choses que j'ignore et je ne suis guère disposée à répondre à tes questions. Par contre j'apprécierais beaucoup que tu répondes aux miennes." Regard noir. Il baissa de nouveau la tête. Il n'était pas capable de lutter contre elle. Elle était sa plus grande faiblesse. " Et oui, au cas où tu te poserais la question, c'est bien une menace." "Une menace, Lilith ? Ecoute-toi..." il recula, d'un pas. La baguette quitta son buste, mais elle la pointa un peu plus haut. Il releva le nez, offrant à son regard menaçant un autre, plein de défiance. Les sourcils froncés, les dents serrées, il la toisa à son tour. Elle n'avait pas le droit. C'était de la torture.

"Et si je n'accède pas à ta demande, tu vas me jeter un sort ? Je serais curieux de te voir le faire. Être menacé par toi, c'est bien une première."
il avait lâché la phrase sur un ton sec. Et elle écarquilla les yeux. "En fait je ne me souviens pas que tu m'aies jeté un regard comme celui-là un jour." il esquissa un pauvre sourire. Maintenant c'était fait. Et il se sentit pitoyable. Il leva sa baguette, à son tour ; le geste fut vif en réponse, elle se mit immédiatement en garde. "C'est cela que tu voulais ? Te battre ?" il tourna autour d'elle, la détaillant, simplement. Elle était belle, sauvage. Inaccessible. Lui qui avait toujours cru qu'elle lui appartiendrait à jamais. C'était écrit. Mais s'il ratait cela... Elle ne danserait plus jamais que dans son sommeil, où se mêleraient rêves et cauchemars à son image.

"Tu crois que les Vainqueurs sont des voleurs ? La femme que j'ai connu aurait donné sa vie pour sauver la leur. Je ne sais pas ce qu'ils t'ont dit... mais tu ne dois pas les croire."
non elle ne devait pas. Jamais il ne lui ferait du mal, pas même si elle l'attaquait de toute manière. "Baisse ta baguette Cendre... j'ai des réponses, laisse-moi te les donner autrement que par la force." il lui jeta un regard suppliant. Il fallait que cela s'arrête. Et vite.  



   
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I Won't give up ( Gabrilith II)

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