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  — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V

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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES
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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES ☽

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Statut du sang : résolument purMessages : 3473Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Mar 28 Fév - 16:09


your white skin has never been a stranger to me
you've been dating my dreams, 'cause you're like an angel, your white skin has never been a stranger to me, can't forget you anymore, can't forget you anymore




Un autre monde s’était ouvert à Irina. Un autre monde avec de nouvelles possibilités, de nouvelles dynamiques. D’autres choix. On l’avait acculée contre un mur et elle s’en était sortie. The only way out is through. L’Ombre avait souvent eu peur de tomber, ces derniers jours, à marcher trop vite, à trébucher sur des chaînes et des boulets imaginaires. Une prison qui l’avait trop souvent ralentie et trop souvent entendue hurler ; c’était la chose la plus étrange, que de passer sa main dans les airs sans en sentir les barreaux. Arachna était toujours là, toujours tapis dans l’ombre, prête à guetter la moindre de ses faiblesses, mais Irina avait l’impression de lui donner moins de matière à apparaître. Elle l’avait affrontée, et elle avait gagné. C’était un petit pas sur une petite route (après tout, elle avait quand même failli tuer quelqu’un !) mais c’était le début de quelque chose d’autre, pas d’un nouveau paysage, mais d’une nouvelle couleur sur un tableau existant. Une couleur qui rendait les ténèbres un peu plus supportables.

C’était du rouge. C’était l’embrasement de quelque chose au creux de sa peau, des flammes qui lui léchaient le corps tout entier, et pour la première fois elle n’en avait pas peur. L’Ombre s’accoutumait à la chaleur, au brasier sous sa peau. Deklan ne l’avait pas quittée plus de quelques secondes depuis la soirée funeste où il avait failli y rester, la soirée qui avait tout changé, et son contact permanent aidait certainement à rendre le processus plus facile. Ils avaient repoussé la grande discussion à « plus tard » ; Irina la première avait demandé à rester un peu, juste là, comme ça, et c’était ainsi qu’ils étaient restés pendant quatre jours. Deklan gardait la main sur elle, constamment, effleurant son bras, tenant sa main, caressant son cou, comme s’il ne croyait pas encore vraiment à la réalité de la chose. Irina savait, elle, elle savait qu’en l’ayant repoussé de toutes ses forces pendant si longtemps, il ne pouvait pas en être autrement. S’il avait peur de la voir partir en fumée comme une chimère, ce n’était rien comparé à la panique dont elle était transie à la perspective de la fin du répit qu’Arachna lui accordait.

C’était une trêve que le monde leur accordait. Par miracle, aucune tragédie ne s’était déroulée sous leurs yeux dans les quatre jours qui avaient suivi le Jugement ultime, aucune disparition, aucune mort, pas de développement majeur dans les plans de leur ennemi. C’était une bulle, une bulle offerte gracieusement, dont ils comptaient profiter pleinement. C’était étrange, Irina faisait pourtant exactement tout ce qu’elle faisait avant, elle ne le faisait juste plus toute seule, et ça faisait toute la différence. Les deux meneurs avaient pris l’habitude de rester dans la Salle de Réception pour la nuit, parmi les autres, au cas où, juste au cas où. Etre sur place au cas où la bulle éclaterait. Irina ne pouvait pas s’en empêcher. Et pourtant, c’était elle qui entraînait Deklan dehors, ce soir-là. Elle encore, qui lui avait attrapé la main pour l’emmener au Puits à Vœux. Juste parce que ce soir, elle voulait être seule avec lui. Profiter de cette espère de sentiment d’invincibilité. La réalité la rattraperait sûrement plus vite qu’elle ne le pensait ; et tout en Deklan lui hurlait de se réchauffer à sa Flamme avant que l’orage ne gronde.

Ils arrivèrent rapidement devant la pierre nue et froide, qui exigeait son dû, son lot de sang. Le prix à payer pour l’illusion de l’intimité. Sans hésitation, Irina leva sa baguette et prononça le sortilège. « Il vaut mieux que ce soit moi » fit-elle avec un demi-sourire, et elle savait, et il savait. Ils n’avaient pas besoin de le dire à voix haute, c’était presque une plaisanterie, quelque chose entre eux. Quelques gouttes d’hémoglobine tombèrent ; le puits était satisfait. Engloutis par le tourbillon, ils se relevèrent en même temps. Irina secoua légèrement la tête, elle n’était pas venue se réfugier ici depuis des années. Au début, au tout début de sa scolarité, elle avait passé tout son temps ici, mangé ici, dormi ici, en évitant les autres comme la peste, par peur de reproduire ce qui était arrivé au pensionnat. Peu après, elle avait rejoint les Ombres, et avait trouvé un nouveau foyer. Peu après encore, elle avait rencontré Nikolas, et sa vie avait commencé.

La meneuse des Ombres s’assit sur le canapé couleur taupe – à dix ans, ses goûts en matière de décoration étaient déjà pointus – et jeta un regard circulaire autour d’elle. « Ca fait bien longtemps que je n’ai pas mis les pieds ici », dit-elle, la voix à peine plus haute qu’un murmure. Tout ça datait d’avant la forteresse, avant la glace et le froid. C’était venu rapidement, et c’était venu facilement, mais autour d’elle se trouvaient les vestiges de quelques jours d’innocence, de peur simple et légitime, avant d’affronter l’extérieur et de commencer à façonner l’armure. En baissant légèrement les yeux, elle croisa le regard de Deklan, et eut un petit rictus. « Je n’aurais jamais pensé avoir l’occasion d’emmener un homme dans ma chambre d’enfant un jour » tenta t-elle en ponctuant sa phrase d’un petit rire. Un cliché pour rien, un cliché pour rire. Elle savait que de nombreuses choses devaient être dites ce soir, et elle devait les dire avant d’exploser, avant que ça pourrisse pour de bon. Avant de trouver ça trop confortable d’être avec lui sans devoir totalement se mettre à nu, en lui donnant juste le nécessaire. Cela ne rendait pas ces choses plus faciles à dire pour autant.









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“The one thing that always tore us apart is the one thing I won't touch again. In my sick way I wanna thank you for holding my hand up late at night, when I was busy waging wars on myself you were trying to stop the fight.”
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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Jeu 23 Mar - 16:03

Ca commençait à devenir louche, qu'aucune tragédie ne leur soit tombée sur le coin de la tronche depuis autant de jours. Quarte, ça n'était pas tellement ; c'était exceptionnel, pourtant. Inespéré, surtout. En temps normal, l'attente aurait rendu Deklan encore un peu plus fou, il aurait participé à deux fois plus de patrouilles, proposé des investigations pour repérer les Insurgés... Mais non. Aussi naïf que ça puisse paraître, il préférait profiter de la trêve que le destin leur accordait plutôt que de préparer le contre-coup qui ne tarderait pas. Il restait le plus souvent dans la salle de réception, malgré tout, parce qu'il gardait à l'esprit que la bulle salvatrice pouvait être percée à tout moment ; il fallait être sur place, au cas où. Concrètement, les choses n'avaient pas bougé d'un pouce depuis son escapade en forêt, mais tout avait une dimension différente, comme s'il voyait la situation avec un autre angle de vue. Un qui lui faisait voir un petit bout d'un petit coin de fenêtre ouvert sur le ciel. Une infime petite lueur, et une bonne raison de vouloir la saisir.
Il avait encore du mal à y croire ; et sans doute Irina le sentait-elle très bien. Le temps qu'ils s'étaient accordé avant de revenir sur ce qui s'était passé l'autre soir dans la forêt ne cessait de s'allonger et chaque minute qui passait était une minute durant laquelle il ne pouvait se détacher d'elle. Comme s'il avait peur qu'elle s'évapore à nouveau ; encore, encore une fois. Il était fatigué mais il n'était pas idiot ; même si ça recommençait, il savait qu'il retournerait la chercher. Mais pour l'instant elle était là et, presque sans y penser, juste parce que c'était naturel, il avait sa main sur son épaule, sa paume au creux de la sienne, ses doigts qui frôlaient sa peau. Il la suppliait en silence de ne plus jamais partir, même quand le monde reviendrait leur tomber sur la gueule.

Ce n'était pas encore pour ce soir, pourtant. Deklan se laissa guider hors de la salle de réception, sans poser de question. Irina avait l'air déterminé. Il la suivit dans le dédale de couloirs jusqu'à l'aile Ouest. Un regard un peu nostalgique traîna sur le mur qui bordait son ancien Quartier Général. Le lieu était quasiment abandonné. Il y avait encore accès mais sa peur de quitter trop longtemps la salle de réception l'avait poussé à déserter, lui ainsi que tous les autres Flammes. Il déglutit et continua dans le couloir, réalisant que la Droskaïa le menait vers le Puit à Vœux. Lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce, il verrouilla par réflexe la porte derrière eux, après avoir ensorcelé le seuil avec un sortilège d'alarme qui les préviendrait immédiatement en cas d'approche extérieure. Aussitôt, il rejoignit la jeune femme près du gouffre. Il fit semblant de protester quand elle leva sa baguette, mais il se retint, faisant appel aux onces de jugeote qui subsistaient quelque part dans sa tête. « Il vaut mieux que ce soit moi » Il lui rendit son sourire, même si savoir qu'elle se régénérait ne l'empêchait pas de grimacer quand elle s'ouvrait la peau. Pourtant il savait, oui ; il ne protesta pas. Cette soirée où tout avait basculé était devenue sujet de références qu'ils étaient les seuls à pouvoir saisir. Deklan était quasiment sûr que rien ne lui ferait jamais oublier le regard que lui avait jeté Irina quand elle l'avait retrouvé assis dans un coin, en train de coudre laborieusement un morceau de cuir pour combler le trou laissé dans l'épaule de sa veste.

Les lieux commencèrent à se transformer et il observa le spectacle, silencieux, sans interrompre la meneuse qui semblait perdue dans ses pensées. La pièce se dessina rapidement, il la parcourut du regard tandis qu'Irina s'installait sur le canapé. « Ca fait bien longtemps que je n’ai pas mis les pieds ici » Il l'entendit à peine, mais tourna la tête vers elle en s'approchant lentement, attentif. Elle avait sûrement tiré le dessin de cette pièce d'un coin de sa mémoire dans lequel elle ne s'aventurait pas souvent. Il n'osait toucher à rien, comme s'il avait peur de perturber quelque chose. Il avait comme l'impression d'être dans un sanctuaire. Le regard azuré de la Droskaïa tomba dans le sien. « Je n’aurais jamais pensé avoir l’occasion d’emmener un homme dans ma chambre d’enfant un jour ». Il lui rendit son sourire en venant s'asseoir aussi précautionneusement que possible à côté d'elle, comme s'il avait peur de faire s'effondrer le canapé avec son poids d'homme adulte sur un objet censé accueillir la petite fille qu'elle avait été. Il fit obliquer son sourire au coin de ses lèvres en répondant, pour ne pas avoir l'air trop sérieux. « Tu m'en vois honoré. » C'était vrai, profondément, mais il n'avait pas envie de se montrer trop cérémonieux. Il la voyait déjà lever les yeux au ciel. Ce qu'elle lui livrait en l'amenant ici, il était convaincu qu'il était la toute première personne à poser les yeux dessus, en dehors d'elle. Il se sentait privilégié, et à raison. Ca l'impressionnait beaucoup plus que ce qu'il aurait pensé, de mettre les pieds dans le passé de l'Ombre, surtout de façon aussi littérale. Il réalisait que même s'il avait le sentiment de la connaître depuis toujours, il y avait des milliers de choses qu'il ne savait pas. L'autre nuit en était un bon exemple, mais c'était très loin de représenter la totalité de ce qu'il ignorait encore. Irina était bien d'autres choses que cette malédiction. Il en était déjà convaincu, peut-être plus qu'elle-même.

Le meneur regarda à nouveau tout autour de lui et il dessina une petite grimace gênée sur ses lèvres. « Rappelle-moi de faire un peu de rangement dans ma propre chambre avant de t'y emmener. Tu risques de ne pas vouloir entrer. Ou de pas pouvoir... » Il rit légèrement, se tourna vers elle sur le canapé et tendit le bras pour saisir sa main et l'attirer un peu plus près. C'était la première fois qu'ils étaient véritablement seuls tous les deux depuis l'autre soir. Il ne réalisait que maintenant à quel point ça le soulageait d'un poids. Ne restait qu'à espérer que le monde voudrait bien leur accorder encore un soir de trêve. Lorsqu'elle s'installa entre ses bras, il vint loger son visage près du sien. Leurs joues se frôlèrent, il sentit quelques mèches blondes lui chatouiller le nez alors qu'il inspirait son effluve devenue familière. Deklan déposa ses lèvres sur sa tempe, furtivement, avant de s'écarter légèrement pour la regarder. Il savait que le moment de parler était venu. Ses souvenirs de la soirée au lac n'avaient jamais été aussi nets et il brûlait de savoir : ça faisait des années qu'il tournait ses questions dans tous les sens pour trouver des réponses qu'elle était la seule à pouvoir lui livrer. Pour autant, il ne voulait pas la forcer à révéler trop vite ce qu'elle gardait enfoui en elle depuis un temps qu'il n'était même pas capable d'estimer. Au moins plusieurs années. Un instant, il caressa sa joue du dos de ses doigts, se voulant rassurant. Et puis il plongea à nouveau son regard dans les prunelles d'Irina. « Tu sais que j'écoute. Mais si c'est trop difficile, j'attendrai pour entendre. Je ne vais nulle part. »


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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Ven 13 Oct - 16:21






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Deklan rentre dans son jeu, calme et bienveillant. S’assoit près d’elle, caressa sa joue. Etrange, de ne plus frissonner au contact d’une autre personne, de ne pas avoir l’instinct violent de s’en aller immédiatement. Au contraire, se laisser aller à la caresse, aller chercher l’épiderme béni, la peau qui fait du bien. « Tu m'en vois honoré. » il dit, sans malice. Irina a du mla à ne pas laisser échapper un rire. C’est cliché, c’est liquoreux. C’est trop doux, c’est absolument horrible. Et pourtant elle paierait cher pour rester dans ce cocon encore un peu, quelques heures, quelques jours, quelques semaines. Une parenthèse. Une bonne, cette fois. « Rappelle-moi de faire un peu de rangement dans ma propre chambre avant de t'y emmener. Tu risques de ne pas vouloir entrer. Ou de pas pouvoir... » L’ainée des Droskaïa étire ses lèvres en un sourire. Elle connait la réputation des Flammes, Deklan ne doit pas échapper à la règle. La phrase a un goût amer ; impossible de déterminer si l’ironie de la chose a effleuré le meneur, mais il y a de grandes chances pour que jamais ils ne puissent retourner passer une soirée tranquille dans la fameuse chambre. La Salle de Réception est leur lieu sûr, maintenant. Passer la nuit ailleurs est déjà un luxe, et plus les jours passent, moins ils pourront se le permettre, pour leur propre sécurité.

Irina se rend compte qu’elle n’a pas répondu. Ne sait pas si elle aurait du. Pas encore habituée aux règles d’une relation privilégiée. Les secondes s’éternisent, s’égrènent, dansent devant elle. Elle sait pourquoi elle est venue, et le regard bienveillant que pose Deklan sur elle lui confirme que c’est elle qu’ils attendent. « Tu sais que j'écoute. Mais si c'est trop difficile, j'attendrai pour entendre. Je ne vais nulle part. » Irina laisse échapper un sourire. Elle se sent comme on se sent au bord d’un précipice, tremblante, étrangement déconnectée. Evidemment que Deklan l’attendra ; au fond elle sait qu’il l’a attendue longtemps, qu’il a essayé, qu’il a combattu contre elle sans comprendre, et qu’il a continué de venir la chercher. Malgré elle. Maintenant qu’il a des éléments de réponse, elle pourrait certainement mettre des années avant de tout lui dire. Mais elle a envie de faire mieux, pour lui, et surtout pour elle. L’Ombre sait, au fond, qu’après de longues années enfermées au fond d’elle-même, il est temps de démonter les barreaux de sa cage, un à un. « Ca l’est, trop difficile. Mais néanmoins nécessaire. Si ça ne sort pas maintenant, ça ne sortira jamais, et si ce n’est pas toi, ce ne sera sûrement personne. » Le Flamme avait tout risqué pour eux, il avait su qui elle était quand elle-même avait oublié. Ce sont des choses qui se repaient.

Alors Irina plante ses prunelles de glace dans celles, brûlantes, de Deklan. Innocente, mutine. Faire semblant qu’on est pas en train de parler de ses transformations inopportunes en monstre velu. « Tu dois avoir un million de questions. » Elle en a peut-être peur, au fond. Il y a un certain nombre d’entre elles auxquelles elle ne pourra pas apporter de réponses. Tarvonen, le professeur de magie noire, a commencé à creuser dans son histoire pour combler les trous, mais un mystère glacial continue de planer sur cette malédiction. Elle est prête à parler de ce qu’elle sait, de ce qu’elle devine. De ce qu’elle a fait. Irina déglutit légèrement, baisse les yeux. Elle peut parler de Cevko, s’il demande. Brusque froid qui lui envahit les poumons alors que le goût ferreux commence à remonter à ses lèvres. Ne pas se laisser aller. Elle prend les deux mains de Deklan, garde les yeux entre son menton et sa clavicule. « Mais au moins tu sais que cette nuit au lac, et toutes celles qui ont suivi… Je ne voulais pas fuir. J’avais juste peur. Pour toi. Pour moi. Pour tout le monde. » L’Ombre n’ose imaginer la direction qu’aurait pris sa vie, si elle n’avait pas nagé pour laisser Deklan en vie cette nuit là. Elle ne peut non plus imaginer sa vie si elle n’était pas sortie au lac, si elle n’avait pas déchiré sa robe. Aurait-elle été ce qu’elle est aujourd’hui, sans Deklan ?






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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Lun 6 Nov - 0:36

Deklan était concentré. Attentif. Pourtant, il ne prenait pas encore l’exacte mesure de ce que s’apprêtait à lui révéler Irina, ce soir. Ces réponses, après tout ce temps, il s’était peut-être fait à l’idée qu’elle ne les lui donnerait jamais. Et pourtant, il était encore là. Évidemment. Ils savaient l’un comme l’autre qu’au fond, ce n’était pas la réponse à ses questions qu’il attendait depuis si longtemps.
Il n’avait pas vraiment fait exprès, ce soir-là, quand il avait accueilli ce morceau d’être qu’elle avait laissé au fond de lui. Comme un bout d’organe vital qu’elle était revenue chercher, quatre ans plus tard, en échange de la chemise avec laquelle elle s’était enfuie. Il aurait pu avoir le temps d’oublier ; d’ailleurs, ça faisait déjà un moment qu’il avait cessé de réclamer des réponses, qu’il avait arrêté de la chercher. Il pensait avoir renoncé, mais pas du tout. C’est peut-être pour ça qu’en la trouvant devant son QG avec sa chemise, il avait tout de suite compris qu’elle n’était pas juste en train de faire du tri dans son dressing. Il n’avait pas vraiment fait exprès, ce soir là, quand il avait gardé ce petit morceau d’être qu’elle était pourtant revenue chercher. C’était déjà trop tard pour qu’il la laisse partir, même s’il ne l’avait pas réalisé. Il était revenu la chercher à chaque fois. Et il était resté, quand elle lui avait crié de partir.
A la façon dont elle lui sourit, il comprit qu’elle le savait déjà : il n’irait nulle part, réponses ou pas. « Ca l’est, trop difficile. Mais néanmoins nécessaire. Si ça ne sort pas maintenant, ça ne sortira jamais, et si ce n’est pas toi, ce ne sera sûrement personne. » Ce n’était pas vraiment pour lui, qu’ils avaient besoin d’avoir cette conversation. C’était d’autant plus important. Il soutint le regard d’Irina, laissa le coin de ses lèvres s’étirer furtivement en avisant son expression presque mutine. Ce serait peut-être plus facile s’il avait l’air de s’attendre à ce qu’elle lui parle de son horoscope ; l’alignement des planètes, tout ça. « Tu dois avoir un million de questions. » C’était le cas ; il ne les avait pas oubliées tant que ça, finalement. A vrai dire, il n’avait rien oublié tant que ça. La nuit dans la forêt se serait chargée de lui rafraîchir la mémoire, de toute façon. C’est à ça qu’il avait échappé le soir du lac, alors ? C’était pour ça qu’elle avait fui, cette fois-ci et les autres ? Depuis combien de temps ? Pourquoi ; pour quoi ? Et est-ce que ce qu’elle craignait tant s’était déjà produit ? Le regard de la meneuse lui échappa, et il fit immédiatement taire le flot de questions qui assaillaient son esprit. Ils avaient le temps, ce soir. Rien ne pressait, elle pouvait raconter à son rythme. Il n’allait nulle part.

Irina prit ses mains tandis qu’il cherchait à capter à nouveau son regard. « Mais au moins tu sais que cette nuit au lac, et toutes celles qui ont suivi… Je ne voulais pas fuir. J’avais juste peur. Pour toi. Pour moi. Pour tout le monde. » C’était peut-être évident, aujourd’hui, après l’autre nuit - après tout, son amie poilue n’avait pas eu l’air très pressée de le voir s’en aller comme la meneuse le lui avait ordonné. Avec tout ce qui s’était passé ensuite, il savait qu’elle n’avait pas voulu fuir, oui ; aussi fut-il pris par surprise lorsque le soulagement dégagea de ses épaules un poids devenu fantôme. Il ne s’était même pas rendu compte de la force avec laquelle il avait dû s’accrocher ; d’à quel point il avait eu peur, au fond, que tout ça, ce soit pour rien. Une chimère, comme elle l’avait elle-même dit. Peur que rien de ce qu’il avait cru voir n’ait été réel et qu’à la fin, il soit tout seul ; ou qu’il l’ait été depuis le début. Les quelques mots d’Irina, même s’ils énonçaient presque une évidence, venaient de le délivrer d’angoisses dont il n’avait pas mesuré l’ampleur. Il l’avait, maintenant, la certitude qui lui avait manqué au début. Celle qu’il n’avait pas rêvé. Que tout avait voulu dire quelque chose, et qu’il en avait compris le sens. Même au cœur de la tempête.

Maintenant, Deklan savait de quoi elle avait eu peur. Pourquoi elle avait eu peur, et pourquoi elle ne pouvait pas parler. Impossible pour Irina de deviner qu’elle ne risquait rien en lui disant la vérité. Et d’ailleurs, peut-être qu’à l’époque ce n’aurait pas été vrai. Qui sait comment il aurait réagi. Il aurait eu peur, probablement. Jamais ils n’en auraient été là aujourd’hui. Peut-être que les choses s’étaient véritablement passées pour le mieux, alors ? L’une après l’autre, au bon moment ? Si elle ne s’était pas enfuie au lac, et si le fantôme d’Iris n’était pas apparu à Halloween ? Et si Irina ne s’était pas fiancée à Ashtakhov, si Kniasev n’avait pas trahi les Flammes, et si Hedda n’avait pas trouvé l’Ox la première ? Si l’Ox n’avait pas été trouvé du tout, d’ailleurs ?
Deklan serra les mains d’Irina dans les siennes, pencha la tête pour intercepter son regard fixé un peu plus bas.

« Je comprends pourquoi tu ne pouvais rien me dire. » commença-t-il, la voix douce. « Et puis, avec un minimum de jugeote j’aurais compris plus vite que c’était plus compliqué que ça n’en avait l’air. » Il laissa un léger sourire planer sur ses lèvres en poursuivant « Je ne devrais peut-être pas te le dire mais quand tu t’es enfuie, j’ai failli te crier de pas avoir peur, que j’allais pas te manger. » Il était loin du compte, décidément. Pour sa défense, il aurait difficilement pu se douter que ce qui lui avait en réalité fait peur, c’est qu’une acromentule géante sorte de son ventre pour le dévorer lui. S’il faisait pas d’effort, aussi, on pouvait plus rien pour lui.
Pourquoi n’avait-il pas crié, déjà ? Ah, oui. Elle avait glissé et elle s’était ouvert le crâne contre un rocher, ce qui ne l’avait manifestement pas beaucoup ralentie. Sans doute l’acromentule avait-elle quelque chose à voir là-dedans ; à moins que ce ne soit la constitution solide de la Droskaïa, mais il avait comme quelques doutes.
Il devinait sans mal, aujourd’hui, la complexité de la… situation. Irina ne savait probablement pas par où commencer et elle attendait sans doute qu’il formule l’une de ses nombreuses questions. « C’est de la magie noire, n’est-ce pas ? » à moins qu’elle soit née avec huit pattes et une paire de pinces, mais encore une fois, il en doutait. La puissance magique du monstre ne laissait pas de place au doute : rien de tout ça n’était naturel. Donc ça lui avait été infligé par quelqu’un. « Ca fait combien de temps ? » Il ne pouvait pas estimer ; demeuraient encore trop de zones d’ombres. Elle levait le voile progressivement et il ne voulait pas la presser. Ce devait déjà être assez traumatisant comme ça d’avoir un monstre pareil à l’intérieur de soi, pas la peine d’en rajouter.


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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Lun 6 Nov - 16:52






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La profonde indulgence qu’Irina lisait dans les yeux de Deklan l’enveloppait d’une certaine douceur, une Flamme rassurante à laquelle se réchauffeur. Le danger inverse était présent, pourtant. A trop la ménager, à trop vouloir la comprendre, il ne pousserait pas assez, et rien ne sortirait. C’était tellement vital que ça sorte, pourtant. Viscéral, à ce stade-là. Irina se redressa, se raidit quelque peu tandis que les mains du Levski entouraient les siennes. Ne pas avoir l’air trop fragile, trop vulnérable. Pour commencer, il fallait que Deklan ait l’impression qu’elle pouvait l’encaisser. C’était là l’erreur que trop de gens faisaient à propos des Droskaïa ; ils supposaient qu’il y avait une limite à ce qu’ils pouvaient encaisser, à tout ce qu’ils pouvaient endurer, si cela rassurait les autres. Ce n’était pas le cas ; la limite n’existait pas. « Je comprends pourquoi tu ne pouvais rien me dire. Et puis, avec un minimum de jugeote j’aurais compris plus vite que c’était plus compliqué que ça n’en avait l’air. » Mais, aussi compliqué que ça ? Non, il n’aurait pas pu le deviner. Irina était profondément convaincue que sa patience et sa persévérance ne connaissaient pas d’égal. Dès le début, il avait fallu qu’il soit diantrement lié à elle pour poursuivre alors qu’elle lui glissait inexorablement entre les doigts. « Je ne devrais peut-être pas te le dire mais quand tu t’es enfuie, j’ai failli te crier de pas avoir peur, que j’allais pas te manger. » Irina voulait sourire à l’ironie profonde de la chose –c’était objectivement drôle– mais rien ne vint. Quelque chose la tenait contractée, formait des nœuds dans tous les muscles. Trop difficile de plaisanter avant qu’elle ait craché tout ce qu’elle avait besoin de cracher.

Prudent, Deklan lança les hostilités, tout en suppositions voilées. « C’est de la magie noire, n’est-ce pas ? » Irina acquiesca doucement sans le regarder dans les yeux. Elle ne pourrait pas aller beaucoup plus loin dans les explications, elle y travaillait encore avec Oskari Tarvonen, mais ça c’était un fait. C’était une certitude acquise dans un champ de mines de doutes. C’était de la magie noire. Peut-être était-ce logique, étant donné ses dispositions en la matière. Ses affinités particulières avec ce côté obscur de la magie, ça l’avait toujours fasciné. Elle avait toujours cherché à comprendre là où la subtilité de cet art faisait défaut aux autres. Elle comprenait mieux que personne ses nuances et ses atours, depuis trop longtemps. « Ca fait combien de temps ? » Irina ne se souvenait pas d’un temps sans Arachna, sans contrôle, sans censure. Elle ne se rappelait pas passer du temps en la compagnie de quelqu’un sans être tentée par les arômes de son hémoglobine. Aussi loin qu’elle se souvenait, elle avait toujours été un monstre. « Longtemps. J’étais toute petite quand ça a commencé mais je ne me souviens pas bien. Je crois que ma mère venait d’avoir Aby. » Elles avaient trois ans de différence, cela devait être à peu près ça. Longtemps elle était restée seule dans la nurserie, silencieuse et tranquille ; cela avait rendu les choses plus faciles, Irina n’avait jamais été sujette aux colères et aux tempêtes. Elle attendait qu’on vienne la chercher. Elle attendait longtemps. Elle attendait tout le temps.

Cela avait continué jusqu’à ce qu’Elia se rende compte qu’Abygail était un bébé bruyant, difficile, épuisant pour quelqu’un a la santé fragile. Très vite, elle avait préféré Irina, plus calme, plus douce. Une enfant témoin qu’elle avait créée de toutes pièces et à laquelle elle apprit à ne surtout jamais dire un mot plus haut que l’autre. Il fallait préserver maman, il ne fallait pas être un petit monstre comme la cadette. Quelle ironie. « Elle apparaît lorsque je perds le contrôle de mes émotions. C’est la clé de tout, le contrôle. Si elle repère une faille, elle s’engouffre, et c’est terminé. Tant que je ne me laisse pas perturber, c’est sans danger. » Un léger sourire étira les lèvres de l’Ombre. Elle avait été un peu trop douée pour ça, justement, faire la statue. Se durcir quand les autres faiblissaient. Elle n’avait jamais été vulnérable ; et c’était peut-être pour ça qu’elle courrait à présent un plus grand danger que les autres. « Du moins personne ne se fait dévorer » précisa-t-elle, certaine que Deklan saurait faire la différence entre les deux termes utilisés. « En quelque sorte, tu représentes un plus grand risque pour moi que ce que tu ne peux imaginer » tenta-t-elle en guise de plaisanterie déguisée. C’était un fait ; il avait déclenché quelque chose en elle. Pas seulement récemment, lorsqu’elle avait été prête à le remarquer, à agir. Aussi durant toutes ces années où il l’avait cherchée, peut-être même sans le vouloir, inconsciemment. Toutes ces fois où il ne l’avait pas abandonnée, en dépit de tous les signes. Toutes les fois où son cœur avait battu un tantinet plus vite quand elle passait à côté. C’était la promesse effilochée ; la garantie qu’un jour, les choses changeraient et qu’elle n’en mourrait pas pour autant. Qu’elle ne serait pas toute seule.







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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Mar 7 Nov - 1:00

Irina n’était pas du tout tranquille, et encore moins détendue, en dépit de ses tentatives pour la rassurer. Deklan n’était pas vraiment surpris, il était surtout désolé de ne pas pouvoir faire plus pour l’aider. Quelque part, il savait que c’était loin d’être la dernière fois qu’il serait confronté à sa propre impuissance, que toute cette histoire le dépassait, et de très loin. Il n’y avait rien qu’il puisse faire, rien d’autre qu’attendre, toujours. Faire semblant qu’il ne l’avait pas vue se crisper quand il avait serré ses doigts entre les siens. Continuer à sourire un petit peu, même si elle n’avait pas vraiment réagi à sa plaisanterie. Comme si tout ça n’avait rien d’inhabituel, comme s’ils n’étaient pas à des lieux de se comporter comme n’importe qui l’aurait fait. Elle lui répondait une fois sur deux quand il parlait, quand il racontait que sa chambre était en bordel ou qu’il essayait de la faire rire mais que ça ne marchait absolument pas ? C’était pas grave, il savait qu’elle l’avait entendu. Il n’attendait rien, juste qu’elle sache, qu’elle sache qu’il était là, qu’il s’en fichait si elle savait pas comment faire ou comment être quand ils étaient tous les deux. Ils étaient tous les deux et déjà, c’était inespéré.

« Longtemps. J’étais toute petite quand ça a commencé mais je ne me souviens pas bien. Je crois que ma mère venait d’avoir Aby. »

Rapide calcul pour retrouver l’âge de la cadette des Droskaïa ; il resta silencieux devant le résultat. Presque seize ans. Quelque chose se froissa dans son ventre, il relâcha légèrement sa prise sur les mains de la meneuse en s’apercevant qu’il les serrait un peu plus fort. Il n’était pas en colère, il n’aurait pas su contre qui la diriger, mais un sentiment de profonde injustice s’était accroché à ses entrailles. Depuis qu’elle avait trois ans, elle risquait de se transformer en monstre et de dévorer quelqu’un. Quinze ans ; Deklan n’avait même pas de souvenir qui puisse remonter si loin. Irina avait été forcée d’en avoir, alors ; forcée d’être consciente d’elle-même et de ce qu’elle avait à l’intérieur, forcée d’être responsable, responsable de la vie ou de la mort de ceux qui l’entouraient quand elle n’était qu’une toute petite fille. Le pire s’était forcément produit. Au moins une fois, pour qu’elle sache ce qu’elle risquait et ce qu’elle faisait risquer aux autres. C’était un poids beaucoup trop lourd à porter pour une enfant.

« Elle apparaît lorsque je perds le contrôle de mes émotions. C’est la clé de tout, le contrôle. Si elle repère une faille, elle s’engouffre, et c’est terminé. Tant que je ne me laisse pas perturber, c’est sans danger. » Mais quel enfant ne se laisse pas perturber ? Quel enfant n’a jamais pleuré ou piqué une crise ou fait un caprice ? Il réalisait doucement tout ce que cette malédiction avait impliqué. Impliquait aujourd’hui encore. Il discernait progressivement les couches et les couches de protection qui s’accumulaient sous cette unique carapace visible de l’extérieur, et qui ressemblait à l’exact inverse de ce qu’elle était en réalité. La distance qu’imposait Irina à l’univers entier lui avait, au tout début, semblé être une armure contre le reste du monde. Alors qu’en réalité, c’est le reste du monde qu’elle protégeait du monstre au fond de ses entrailles. Même si ça impliquait de tuer dans l’oeuf toute émotion. Et tout contact avec ce qui se trouvait de l’autre côté du rempart. « Du moins personne ne se fait dévorer » Il observa l’ombre du sourire qui planait sur ses lèvres et il y répondit faiblement, même s’il n’avait pas très envie de sourire. Même quand personne ne se faisait dévorer elle se considérait comme un danger pour les autres. Et elle n’avait pas fondamentalement tort.
Pourtant, lui, elle ne l’avait pas dévoré. C’était objectivement une bonne nouvelle. « En quelque sorte, tu représentes un plus grand risque pour moi que ce que tu ne peux imaginer »
Tiens donc. Il haussa un sourcil avant d’avoir pu s’en empêcher. Est-ce que ça devait le rassurer ? De toute façon, il n’avait pas fondamentalement besoin d’être rassuré. Il n’était pas effrayé. Juste légèrement abasourdi. « Je te dirais bien que j’en suis désolé mais j’ai bien peur que ce soit un affreux mensonge. » Non, il n’était pas désolé d’avoir fracassé son empire de solitude, même si ça le mettait en danger lui-aussi.
Ce n’était pas pour autant qu’il avait très envie de retrouver l’amie poilue, qu’on s’entende bien. Surtout étant donnée la douleur que ça lui infligeait à elle. Il se demanda s’il existait un point d’équilibre, un endroit où il pourrait se positionner, un compromis entre le risque qu’il acceptait de prendre et celui qu’il aurait voulu ne pas lui faire courir. Et puis il décida que ce n’était pas à lui de décréter quel risque elle était prête à prendre ou pas. Après tout, elle était encore là. Avec lui. Ca voulait bien dire quelque chose.
Elle avait probablement eu à peu près le même cheminement de pensées, se dit-il. Quel risque elle prenait, et celui qu’elle était prête à le laisser encourir. Il était grand lui-aussi et il prenait ses décisions tout seul. Il était encore là, et n’irait nulle part. Ou bien peut-être à sa suite, quand elle tournerait à nouveau les talons pour essayer de le laisser derrière et qu’elle n’y arriverait pas ; pas tant que c’était pour lui qu’elle s’acharnait à prendre cette décision.
« Si c’était après la naissance d’Aby ça veut dire que… qu’elle est “arrivée”. » Il ne savait pas comment formuler sa question. Je suppose qu’elle ne s’est pas retrouvée à l’intérieur de toi parce qu’elle s’est dit que tu serais confortable ? « Comment c’est possible, pourquoi ? » Qui a laissé ça arriver à une gamine de trois ans. Qui l’a permis, qui l’a voulu. De quel dessein sa vie a-t-elle été le sacrifice ?


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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Mar 7 Nov - 16:43






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Irina le regardait, à présent. Maintenant qu’elle avait fini de parler, que les mots avaient franchi le seuil de ses lèvres, elle voulait observer ses réactions. Déceler les signes que c’en était trop pour lui. Elle le savait résistant ; il lui avait déjà prouvé. Cependant, toute cette histoire était d’un niveau supérieur. Il n’était pas trop tard pour décider qu’il avait mis les pieds dans un nid de vipères et qu’il allait gentiment se retirer avant de le regretter. Mais penser cela n’aurait pas été lui rendre justice. « Je te dirais bien que j’en suis désolé mais j’ai bien peur que ce soit un affreux mensonge. » Deklan n’était pas désolé pour grand-chose, en règle générale. Cela faisait partie des nombreuses choses que l’Ombre admirait chez lui ; il ne savait pas faire dans la demi-mesure. Il assumait tout, quitte à se montrer têtu comme un dragon, et portait ses convictions malgré les conséquences. Ou alors, la culpabilité le dévorait et le consumait tout entier. Toute notion de subtilité et de compromis lui échappait ; Deklan Levski aurait fait un piètre Ombre. Inversement, l’idée d’Irina en Flamme relevait du paroxysme de l’absurde.

Deklan semblait bien déterminer à rester solidement planté là où il était, en tout cas. Le géranium avait pris racine. Il était soucieux, faisait sûrement le même rapide calcul qu’elle avait opéré quelques secondes plus tôt. « Si c’était après la naissance d’Aby ça veut dire que… qu’elle est “arrivée”. » Irina fronça les sourcils, peinant à comprendre là où il voulait en venir ; Levski dansait autour de la question, marchait sur des œufs. Irina sourit légèrement ; il avait peur de tout casser, d’agir comme un Abraxan dans un magasin de porcelaine. Ses nombreuses précautions étaient louables, mais elles allaient certainement rendre la conversation beaucoup plus confuse. Avait-il pensé jusque-là que l’aînée Droskaïa était née avec l’acromentule ? Après tout, pourquoi pas. La malédiction aurait pu être héréditaire. Mais non. Evidemment, non. « Comment c’est possible, pourquoi ? » La jeune femme resta silencieuse quelques secondes. Longues, tranchantes, douloureuses, les secondes. Autant de chaînes qui roulaient autour de ses poignets, faisant soigneusement le tour du cadran. Comment expliquer l’inexplicable ? Comment raconter alors que tout est flou, encore pour elle ? « Ma mère avait besoin d’un… réceptacle. » L’Ombre avait ajouté son dernier mot quelques secondes après, consciente qu’il n’était pas tout à fait exact mais à court d’un terme plus approprié. Ce n’était pas tout à fait ça. « C’est un peu compliqué, c’est un échange. Elle a déposé quelque chose de monstrueux en moi, de laid, de brisé, d’agressif. C’est la symbolique d’une partie d’elle, certainement. » Encore une fois, elle avait cessé de regarder Deklan. Quand elle expliquait, elle ne supportait pas la chaleur de son regard. Elle devait cracher avant, et se préoccuper du reste après. Le ton qu’elle employait était presque badin, comme si elle discutait la position de Mars dans le ciel. Comme si c’était normal, quelque chose que toutes les mères feraient.

Un de ces jours, Irina Droskaïa affronterait sa mère. Mais pour l’instant, elle était encore bien incapable d’en parler sur un autre ton que celui-là, incapable de faire ressentir la gravité, l’amertume, la rancœur. Le désespoir. Il était trop présent, trop durci, trop pourri au fond d’elle. Ce n’était pas encore le moment. « Elle aspire la jeunesse, la santé, le contrôle, une certaine forme de vie, qui sont en moi, à travers l'acromentule. Elle reste en pleine santé, jeune et… à couper le souffle. » A nouveau, Irina avait cherché ses mots. De plus en plus, elle apprenait à mettre des mots sur le processus. Les recherches qu’elle faisait avec Tarvonen n’étaient pas vaines. L’Ombre aurait du mal à lui en dire plus sur la mécanique, mais elle savait ce qu’elle recevait, et elle savait ce qu’elle donnait. Le qualificatif qu’elle avait attribué à Elia lui avait coûté, aussi. Dire que sa mère était belle n’était pas tout à fait vrai. Elle était sublime, de toute évidence. Elle le tirait d’elles deux. Mais il y avait plus que ça ; elle semblait venue d’un autre monde, elle rayonnait –ou plutôt, elle éclatait. Elia Droskaïa n’était pas solaire, elle tirait sa beauté froide de la pâleur de la lune ; elle envoûtait.

Irina se demanda subitement si Deklan aurait un jour l’opportunité de la rencontrer. Elia et Kovar n’auraient pas craché sur un Levski, à priori, quand bien même ils auraient préféré un bulgare. Après tout, Dmitri n’avait pas été un scandale, malgré son sang. A quel point ces préoccupations semblaient futiles aujourd’hui ; la bulle empoisonnée de la guerre ne durerait pas longtemps. D’une manière ou d’une autre, tout prendrait fin. Pour Irina, c’était inévitable, inéluctable, et quand bien même elle survivait à la bataille de Durmstrang, elle se savait condamnée. « Ma vie prendra fin avant la sienne, c’est certain. » L’Ombre avait hésité, avant de délivrer l’information finale, le sous-entendu à peine voilée. Après tout, c’était juste. Il fallait que Deklan sache que s’il choisissait de ne pas s’enfuir toutes jambes dehors et qu’ils étaient un peu sérieux à propos de ce qu’ils étaient en train de construire, il signait pour dix années, quinze tout au plus. Après cela, la vie aspirée par sa mère la quitterait. Ca faisait partie des règles. La première moitié des cartes étaient jouées. Il appartenait à Deklan de savoir quoi faire avec les siennes.







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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Mer 8 Nov - 2:11

En observant Irina chercher ses mots pour lui répondre, Deklan se demanda si elle s’était attendue à ce qu’il rebondisse davantage sur les informations qu’elle lui avait déjà livrées. Il prenait son temps pour réagir, étrangement ; ça ne lui ressemblait pas beaucoup, à lui qui était plutôt du genre à balancer les réactions aussi vite qu’elles se présentaient à lui. Aujourd’hui était un cas particulier. La Droskaïa levait les voiles un à un, découvrant des pièces de puzzle qu’il s’efforçait d’assembler sans faire d’erreur. Il n’osait rien penser avant d’avoir reconstitué l’ensemble du tableau ; et puis de toute façon ce n’était pas comme si elle lui demandait d’avoir un avis sur la question. Irina était en train de démolir une à une des défenses qu’elle avait érigées et fortifiées pendant des années et des années, pour les laisser s’approcher, lui, et ses gros sabots, plus près que personne ne l’avait jamais fait. Ce n’était très certainement pas pour qu’il se fende d’un avis ou qu’il ponctue le discours de la jeune femme de petits commentaires. Il était question de ce qu’elle avait de plus enfoui, de plus secret ; de plus inavouable, aussi. Son avis, même s’il en avait un, n’avait aucune place dans l’équation. Les choses étaient ce qu’elles étaient, et ni lui ni elle ne pouvaient y changer quoi que ce soit : elle lui expliquait comment c’était, et lui, il n’aurait plus qu’à décider quelle place il voulait avoir dans ce complexe mécanisme.
Impossible de n’en penser rien, pourtant. Evidemment. Il attendait juste d’avoir toutes les informations pour se positionner, et, de toute façon, il se garderait bien d’émettre le moindre jugement. Araignée poilue ou pas, il n’avait jamais été là pour ça.

« Ma mère avait besoin d’un… réceptacle. » Elle ne le regardait pas, alors elle ne le vit pas écarquiller les yeux. Sa mère ? Il était abasourdi. Encore un peu plus. Irina avait l’air de chercher ses mots, et il ne l’interrompit pas. Malgré le ton de sa voix étrangement désinvolte, il devinait que les phrases étaient bien plus lourdes qu’elles n’en avaient l’air. Que c’était bien plus difficile que des mots mis à la suite les uns des autres en regardant ailleurs. « C’est un peu compliqué, c’est un échange. Elle a déposé quelque chose de monstrueux en moi, de laid, de brisé, d’agressif. C’est la symbolique d’une partie d’elle, certainement. » Il s’efforçait de rester tranquille mais son esprit s’emballait un peu. Sa mère. Sa mère lui avait jeté un sort de magie noire qui. « Elle aspire la jeunesse, la santé, le contrôle, une certaine forme de vie, qui sont en moi, à travers l'acromentule. Elle reste en pleine santé, jeune et… à couper le souffle. »

Couper le souffle. C’était presque littéralement ça, même si en l’instant, Deklan n’avait pas la moindre image d’Elia Droskaïa à l’esprit. Il avait du mal à se figurer comment on puisse trouver une quelconque forme de beauté en quelqu’un d’aussi monstrueux. Ses pensées tournaient à vide ; la colère embrouillait un peu son esprit et faisait couler les secondes plus vite. « Ma vie prendra fin avant la sienne, c’est certain. » « Cette chose est en train de te tuer ? »

Ca avait sonné comme une question mais ce n’en était pas une. C’était plutôt de la consternation. Vaguement, pendant la seconde de battement qui suivit ses paroles, il se rendit compte du léger tremblement qui agitait ses mains et il se raidit soudainement pour les immobiliser. La colère crispait gravement son visage ; il fixait les yeux d’Irina, sans bouger, attendant qu’elle délaisse sa clavicule pour le regarder à son tour. Il se sentait fébrile, cruellement impuissant. Quand il croisa finalement les prunelles azurées de la meneuse, il se rendit compte qu’il l’obligeait à abandonner l’armure d’indifférence - au sujet de son propre sort - dans laquelle elle s’était réfugiée pour lui raconter tout ça. Sa colère fracassait la fausse désinvolture dont elle était parée, et ça ne l’aidait pas du tout ; alors, la mâchoire serrée, ce fut lui qui détourna la tête, plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu. Il ne savait même pas quoi dire ; c’était injuste, c’était monstrueux, mais tout ça elle le savait déjà. Il ne supportait pas de rester silencieux, pourtant. Plusieurs fois, il ouvrit la bouche, prêt à dire quelque chose, mais il la refermait sans avoir lâché la moindre syllabe. Sa voix grondait dans sa gorge, rauque, crispée, et s’éteignait instantanément. Il ne savait pas quoi dire, rien en tout cas qu’elle ne se soit déjà dit elle-même, du moins le supposait-il. Pour le coup, il avait largement oublié de s’abstenir d’avoir un avis.

Il finit par souffler, et même son murmure ne sut éteindre les accents courroucés de sa voix. « Qui infligerait ça à une enfant.. quelle mère infligerait ça à sa fille. » Pourtant, il n’y connaissait pas grand chose en amour parental, Deklan. Il ne connaissait même pas très bien ses parents, tout court. Il s’était contenté de les détester, ça avait facilité les choses. Il les avait hais d’abord pour leur absence, et puis pour leur présence, pour leurs attentes, leurs croyances. Aujourd’hui, il n’y avait pas grand chose de ce qu’ils étaient qu’il ne méprisait pas. Pourtant, jamais il n’avait simplement songé qu’ils puissent faire preuve d’une pareille cruauté. Et même alors qu’il se posait la question, il lui sembla que la réponse serait non. Capturer des enfants pour voler le pouvoir dans leur sang, peut-être. Mais enfermer tout ce qu’il y avait de plus sale et de plus monstrueux en eux dans le corps d’un enfant ? Le priver de ses sentiments, le forcer à se tenir en cage ; sacrifier sa vie, d’une certaine façon, sur l’autel de leur ambition ? Il avait peine à le croire. Ca dépassait son entendement.
Mais il n’y pouvait rien, encore une fois. La colère n’aiderait personne. Lentement, il desserra les mâchoires et ramena ses pupilles jusqu’à celles d’Irina. En effet, il avait fini par se douter que c’était plus compliqué que ça, le soir où elle l’avait laissé dans le lac. Mais non, vraiment, pas à ce point là.

Qu’est-ce que ça changeait, alors ? Tout, pas grand chose. La voyait-il de la même façon ? Pas exactement, quand bien même il l’aurait voulu. Ce qui lui était arrivé était affreux, d’une cruauté innommable. Il ne ressentait pas de pitié, pourtant, vraiment pas. Il était sidéré, dépassé ; impressionné, d’une certaine façon, même si c’était beaucoup trop horrible pour appeler ça de l’admiration, de quelque forme que ce soit. Le poids qu’elle portait sur ses fines épaules était si imposant, et elle le traînait depuis si longtemps. Jamais il n’en aurait été capable, lui. Jamais. « Et dire que c’est toi qui te penses monstrueuse. » lâcha-t-il, la voix un peu cassée. Elle avait dû tellement souffrir, se dit-il, avant de réaliser que même ça, elle n’avait probablement pas pu se l’autoriser.
Deklan regarda Irina, s’attarda un instant sur les traits délicats de son visage, qu’il aurait pu dessiner les yeux fermés. Elle était belle à en mourir et pourtant, ce n’était plus vraiment ça qu’il voyait, maintenant ; il voyait ce qu’il y avait derrière, ce qu’elle ne montrait à personne, ce qu’il était le seul à savoir, maintenant qu’elle lui avait tout raconté. Elle ne pouvait plus faire semblant, maintenant qu’il savait toute la vérité. Maintenant qu’il savait à quel point elle était courageuse et à quel point elle était forte. Elle n’avait pas eu le choix, peut-être, elle n’avait pas choisi d’endurer tout ça ; mais elle était encore là, et ça, c’était de son fait. D’autres auraient renoncé, mais elle elle s’était accrochée. Elle s’accrochait encore. Elle se battait toujours.
Maintenant, il la voyait vraiment.

And he had never seen anyone so brave.


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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Mar 14 Nov - 17:33






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Pas deux secondes ne passèrent avant qu’Irina ne voie les yeux de Deklan s’écarquiller, accuser le coup. « Cette chose est en train de te tuer ? » L’ombre aurait voulu répondre à la panique sourde qu’elle sentait vibrer, à la tension qui soudainement avait pris place entre eux, mais aucune parole réconfortante ne passa le seuil de ses lèvres. Qu’aurait-elle pu dire ? Il était déjà fébrile, alors que le plus dur à encaisser était à venir. En vérité, Irina n’avait jamais envisagé les choses de la sorte. Elle n’avait jamais considéré que la créature était en train de la tuer, de manière active. Au contraire, lorsque tout était sous contrôle, Arachna la protégeait. Lorsqu’elle se blessait, elle guérissait toujours rapidement. Elle n’était jamais malade, n’attrapait jamais froid. Ne pouvait d’ailleurs même pas sentir le froid. Tout n’était que nuances tièdes et sans saveur, mais elle était en sécurité. La malédiction prélevait seulement quelques poignées d’années en échange du cocon qu’elle construisait autour d’elle, pour les insuffler à Elia. Pour Irina, c’était tout bonnement le prix à payer pour l’illusion de la vie.

Cette révélation semblait faire bien plus d’effet à Deklan que ce que l’Ombre avait anticipé. Elle le regardait à présent, légèrement intriguée par la force de sa réaction. « Qui infligerait ça à une enfant. Quelle mère infligerait ça à sa fille. » Irina resta silencieuse. La mère qui estime que la fin justifie les moyens, j’imagine. C’était au tour de Deklan de fuir son regard, à présent. Il semblait fulminer, torrent de lave à côté d’une banquise. La porte était-elle fermée avant même que la Droskaïa n’ait pu cracher tout ce qu’elle avait sur le cœur ? Improbable. Lorsqu’elle capta à nouveau les prunelles du meneur des Flammes, elles étaient dénuées de peur, de dégoût, ou de jugement. N’y étaient lisibles qu’une profonde empathie et une tristesse à peine voilée ; un soupçon d’injustice. « Et dire que c’est toi qui te penses monstrueuse. » La douceur du Flamme la fit se raidir. Il ne comprenait pas. Tout allait de travers ; elle n’était pas en train de se poser en pauvre petit flocon de neige qui avait subi la malédiction, Sainte Irina Courageuse A Travers Tous Les Maux. L’Ombre prenait subitement conscience de l’allure de son discours, et de l’image qu’il renvoyait d’elle.

La Droskaïa n’avait pas pris la décision de révéler tous ses péchés pour en être absolue, au contraire, elle voudrait se battre enfin avec les démons qui l’habitaient depuis trop longtemps. Affronter les sentiments qu’elle ne s’était pas autorisée à avoir, ceux qui faisaient mal. La culpabilité. La colère. La frustration. La rancœur. Que des jolies choses sous un ruban de velours. « Tu ne vois qu’un seul côté du miroir. Tu vois l’innocente victime et non pas le bourreau. » A l’instar de toutes les fois précédentes, elle le fixait à présent droit dans les yeux. Elle voulait qu’il voie ce qu’elle ressentait, à quel point ça creusait sous sa peau. Comme elle crevait d’envie qu’il la voie vraiment, pas la colombe blanche à travers le prisme du déni. « Tu ne veux pas savoir ? Si le pire est déjà arrivé ? Si d’autres ont été moins chanceux que toi ? » Il avait du se poser la question, forcément. Irina aurait été surprise si ça n’avait pas été une de ses premières pensées ; il était juste trop délicat, loin d’être assez frontal pour la mettre volontairement dans une position comme celle-ci, où elle serait mal à l’aise. Mais il fallait qu’il sache, qu’il déguste l’horreur en même temps qu’elle parce que ce qu’elle allait dire, elle ne pourrait pas le reprendre. Ça leur appartiendrait à tous les deux, et si Deklan pouvait l’aimer ainsi, alors il l’aimerait à travers tout. Il fallait qu’elle sache. Si elle devait reprendre son combat seule, autant s’armer. « Il a fallu que ça arrive pour que je sache faire en sorte que jamais ça ne se reproduise. La nuit je me réveille avec le goût de la chair de ce gamin dans la bouche. Tu veux continuer à me dire que je ne suis pas un monstre ? » Irina était inutilement agressive, sur la défensive ; presque comme si elle le mettait au défi d’être compréhensif et tendre après tout ça. C’était une meurtrière, la pilule la plus grosse à avaler. Après ça, est-ce que ça compterait réellement, que son nombre d’anniversaires soit compté ?







hate me for all the things i didn't do for you Ψ
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Ҩ Re: — your white skin has never been a stranger to me || IRIKLAN V Ҩ Lun 27 Nov - 15:14

Deklan avait beaucoup de mal à réaliser ; tout ceci le dépassait complètement. Il ne savait pas comment agir, encore moins comment réagir. C'était facile, la colère, c'était souvent la solution la plus simple, la plus directe. La plus frontale ; ironiquement, puisque ça l'empêchait de s'attaquer au cœur du problème. Il était blessé ? C'était la colère. Il était triste, inquiet, impuissant ? Toujours pareil. Mais ça ne menait à rien, même lui ne pouvait plus faire semblant de ne pas s'en rendre compte. Ce cocktail de sentiments commençait à devenir familier, vue la situation du château ; ça avait une saveur différente, ce soir, un goût amer plus violent que toutes les autres fois.

« Tu ne vois qu’un seul côté du miroir. Tu vois l’innocente victime et non pas le bourreau. »
Cette fois Irina avait planté ses yeux dans les siens, elle le fixait plus intensément que jamais, comme si elle voulait lui montrer quelque chose. Elle semblait le supplier de voir, de comprendre ; c'était urgent, brusque, presque. Il soutenait ses prunelles azurées sans ciller. Il n'avait pas peur, pas peur d'elle en tout cas. Peur pour elle, pour des choses qui avaient déjà eu lieu, des crimes déjà commis dont elle n'était pas la coupable. Quoi qu'elle en dise. « Tu ne veux pas savoir ? Si le pire est déjà arrivé ? Si d’autres ont été moins chanceux que toi ? » Le meneur était quasiment sûr de connaître déjà la réponse. Ce n'était pas les pattes et les poils qui la poussaient à se considérer comme un monstre. C'était autre chose qu'une histoire de forme, c'était une histoire d'actes. Et aussi une histoire de volonté, même si de ça, Irina n'en tenait probablement pas compte.

« Il a fallu que ça arrive pour que je sache faire en sorte que jamais ça ne se reproduise. La nuit je me réveille avec le goût de la chair de ce gamin dans la bouche. Tu veux continuer à me dire que je ne suis pas un monstre ? »

Le ton plus expéditif de sa voix le surprit, ainsi que l'expression de son visage, défiante, presque hargneuse. Elle grondait derrière le masque, elle montrait les dents pour voir s'il allait partir en courant. Mais non, il n'allait pas céder. Il allait être à la hauteur, il n'avait pas peur. « Oui. » Il n'était ni idiot ni aveugle ; il ne décidait pas de fermer les yeux sur la partie d'elle qu'elle lui dévoilait enfin. Ce n'était pas ça, mais il savait déjà que c'est ce qu'elle voudrait comprendre. Son innocence n'était plus envisageable depuis longtemps ; ce n'était pas vraiment étonnant, étant donnée la façon dont elle lui avait été arrachée quand elle n'était qu'une enfant. « Tu n'as pas choisi de le tuer. Tu ne l'as pas voulu. Ce n'était pas ta volonté, ce n'était même pas ton corps. » Elle était réduite à l'état de réceptacle pour la malédiction. Et elle s'en sentait quand même responsable. « Tu dis toi-même que c'est un morceau d'elle que ta mère a placé dans toi. Quand tu perds le contrôle c'est elle qui commande, c'est elle la responsable, c'est elle le monstre. » Elia s'était juste suffisamment bien débrouillée pour qu'en plus de sa malédiction et de sa mort, sa fille porte aussi la responsabilité de ses crimes.

Deklan vint rechercher les mains de la Droskaïa qu'il serra entre ses doigts, fermement. Il prit le temps de fermer les paupières une seconde avant de reprendre, en revenant chercher son regard. Sa voix s'était radoucie, il s'efforçait d'étouffer la colère qui grondait toujours au fond de sa poitrine. D'une façon que, peut-être, il aurait préféré ignorer, il comprenait ce qu'elle lui avait dit. La culpabilité ne lui était pas totalement étrangère. « Je ne suis pas en train de détourner les yeux, Irina. Je t'ai entendue. » Il se fit violence pour ne pas détourner le regard - ses propres crimes lui faisaient beaucoup plus peur que ceux dont Irina se pensait responsable. « Si tu étais un monstre, ça n'aurait pas eu lieu qu'une seule fois. Et je ne serais pas là pour en parler. Tu as réussi à la contrôler et tu l'empêches de tuer depuis toutes ces années. Ca veut dire quelque chose, ça aussi, plus que la mort de cet enfant : ça c'était un accident. Ce ne sont pas tes erreurs qui te définissent, Irina. » They tell you who you're not.


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

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