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 — when all is said and done and dead ◐ THADDEVI

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♔ The things we lost in the fire
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HOMINUM REVELIO ϟ
Messages : 245Date d'inscription : 10/03/2015Localisation : quelque part où on lui foutra la paix
Ҩ — when all is said and done and dead ◐ THADDEVI Ҩ Mar 21 Fév - 23:49




when all is said and done and dead ◐
“Only people who are capable of loving strongly can also suffer great sorrow, but this same necessity of loving serves to counteract their grief and heals them.”



Si Thaddeus était assis sur l’un des rochers au Clos de l’Ox, c’était par obligation. Il ne se souvenait même pas de la route qu’il avait prise, s’il avait rencontré des gens. S’il s’était fait attaquer. Sûrement pas. Le Vainqueur, depuis quelques jours, traversait le château comme un fantôme. Il était cassé, son œil au beurre noir n’avait pas complètement disparu, ses fêlures aux côtés lui faisaient mal, mais il n’avait pas pris le risque de demander à l’un de ses camarades Vainqueurs de le rafistoler, quand bien même certains d’entre eux auraient sûrement pu le faire. Ca n’en valait pas la peine. Tout partirait, tout s’effacerait. Et si ça devait laisser des marques, alors tant mieux. Thaddeus n’avait pas de problème avec le fait de porter sa misère sur sa gueule. Il attendait que les jours passent ; quel intérêt y avait-il à faire quoi que ce soit à présent ?

Il était là, au rendez-vous pour Loevi parce qu’il l’avait promis, la dernière fois qu’il l’avait vue, et l’Iceberg lui devait au moins une explication avant de disparaître complètement. Avant de tomber de la surface de la terre, de s’effacer du monde connu. Son entrevue avec Hemera l’avait laissé salement amoché, autant physiquement que psychologiquement. Et au fond, s’il refusait de se soigner, c’était peut-être parce qu’il était tout à fait conscient, au fond, que tout était de sa faute. Il n’avait pas réussi à sortir lorsqu’il avait pu, il s’était laissé retenir par Ivanna, par ses grands yeux bleus et son ton suppliant, par ses belles promesses et le souvenir des étreintes qu’ils partageaient. Par la perspective d’un futur plus brillant et plus heureux que celui qu’ils avaient eu jusqu’à présent. Si Thaddeus était parti cette nuit là, il aurait peut-être réussi à rejoindre Boston, il aurait pu aller jusqu’à sa mère, à l’hôpital. Il aurait pu la sauver. Et à cause de lui, elle n’avait pas eu assez de temps. Elle ne l’avait pas attendu pour rendre son dernier souffle, et vu comment les choses étaient parties, il ne la reverrait plus jamais. Il était coincé dans ce putain de château avec son putain de pouvoir et les putains d’Assaillants au dehors. Ils le voulaient ? Qu’ils viennent. Après tout, il ne voyait pas pourquoi il avait donné tant de difficultés à Hemera. Il aurait du la pousser encore plus à bout, peut-être qu’elle l’aurait tué. Une porte de sortie facile. Il n’aurait pas craché sur une chose facile dans sa vie, merde.

Thaddeus était profondément las. Il ne savait pas quoi espérer de la part de Loevi, lorsqu’elle serait devant lui, lorsqu’elle verrait l’état pitoyable dans lequel il était. Dommage, elle commençait pourtant à pas mal compter, pour lui. Dommage, qu’un trou intersidéral ait avalé tout rond ce qui lui restait de cœur, tels des sables mouvants. Peut-être crierait-elle ? Peut-être même qu’elle pourrait l’achever ? S’il lui demandait gentiment. Par Merlin, c’était pathétique. C’était complètement écœurant de s’écouter penser, et il n’esquissait pas le moindre geste pour se redresser. Il n’était pas encore passé à la phase suivante de son deuil. Il attendait le coup dans la gueule. Un coup un peu plus métaphorique, un peu plus électrique. Deux personnes seulement dans cette école le provoqueraient, il le savait.

Un craquement de branches se fit entendre, signalant l’arrivée de Loevi. Il était l’impression d’être là depuis des heures ; peut-être l’était-il ? Il n’avait plus exactement la notion du temps. Il crut entendre quelque chose sortir de la bouche de la jeune femme, mais il pouvait tout aussi bien l’avoir rêvé. Sortir de sa propre torpeur était devenu quelque chose d’un peu impossible, et pourtant, il allait devoir prendre son courage à deux mains pour lui balancer ce qu’il avait à lui dire. « Ca va pas marcher, Loevi, ce qu’on a prévu. Ca rime à rien, je veux plus en être. » Il savait qu’il avait l’air drogué ou alcoolique ; ses paroles était hachées, son discours presque incohérent, mais il ne savait pas comment formuler cette funeste envie d’arrêter de vivre qui l’avait pris aux tripes. Depuis quelques temps déjà ils avaient échafaudé leurs plans, envisagé les failles, comblé les manques. Et en ce faisant, peut-être qu’ils avaient aussi réussi à combler quelque chose l’un chez l’autre. Ce soir là, Thaddeus ne voyait même plus ce qui, en lui, avait bien pu déclencher quelque chose chez elle. « Je m’en fous, de partir du château. Je resterai là jusqu’à ce que les autres trouvent un moyen de rentrer, et quand ça arrivera, eh bien tant pis. » Il voulut ajouter qu’il était désolé, pour la forme. Il savait que l’apothéose du plan était justement de l’aider elle, de lui fournir une légitimité auprès de ses parents, de ne pas la laisser comme deux ronds de flan devant les opinions de ses géniteurs auxquels elle n’adhérait pas. Il s’en était préoccupé, Thad. Plus qu’il ne l’aurait dû, sûrement. L’image fantasmée du cadavre raide et blanc de sa mère passa devant ses yeux, et soudainement il ne se souvint même plus pourquoi. N’avait-il pas appris de longues années auparavant qu’il ne servait à rien de faire des plans, que la vie et la mort se faisaient un trop grand plaisir de les contrecarrer ? Voilà ce qu’il avait gagné, à essayer de prendre son destin en main, il arrêtait. Il arrêtait là. Loevi ferait bien de prendre son exemple avant de crever à l’intérieur, elle aussi.






the rains weep o'er his hall
and who are you, the proud lord said, that i must bow so low? only a cat of a different coat, that's all the truth i know. in a coat of gold or a coat of red, a lion still has claws. and so he spoke, and so he spoke, that lord of Castamere, but now the rains weep o'er his hall, with no one there to hear.
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 115Date d'inscription : 01/01/2017Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: — when all is said and done and dead ◐ THADDEVI Ҩ Mer 15 Mar - 18:29

Depuis quelques temps, Loevi dormait mieux. Ce n'était pas flagrant au premier abord, et elle-même ne s'en rendait pas forcément compte, mais elle avait constaté une légère amélioration de son humeur - autant que cela était possible au sein d'une école assiégée, bien sûr, aussi dangereuse au-dedans qu’au-dehors, et dont il était, après tout, impossible de sortir pour l’heure. Si elle craignait toujours férocement l'instant où les digues protectrices céderaient pour de bon, au moins la peur qu'elle ressentait pour elle-même s'était-elle atténuée, ravivant en elle un semblant de confiance en soi qu'elle croyait éteint depuis longtemps. Et tout cela, grâce à la promesse d'une seule personne.

Loevi n'était pourtant définitivement pas du genre à accorder sa confiance, pas sans de vraies bonnes raisons, et elle s'étonnait parfois de la facilité avec laquelle elle avait monté ce plan audacieux avec un parfait inconnu. Depuis les événements tragiques qui les avaient poussés, elle et sa famille, hors d’Angleterre, depuis qu’elle avait rejoint Durmstrang malgré elle, ils avaient été très peu, dans sa vie, à lui donner une raison de se fier à eux - en vérité, elle avait plutôt appris à se méfier de tout le monde, à les soupçonner de cacher des plans sous les plans, de fomenter des trahisons sous couvert d'alliances d'intérêt.

Après tout, c’était ce qu’elle avait vécu sa vie entière - et c’était aussi ce que sa cousine Aleksandra, fine connaisseuse de l'histoire de Durmstrang et de toute la Russie, lui avait appris.

La vérité, c'était qu’elle conservait encore beaucoup trop de bienveillance dans son caractère pourtant malmené par les circonstances, et que Thaddeus avait su l'atteindre par la sincérité qui se dégageait de lui ; et probablement surtout par l'audace de son idée, hautement avantageuse pour elle et si risquée pour lui-même. Il lui avait accordé sa confiance sans hésiter, avait remis sa vie entre ses mains maladroites. Elle lui avait dit, redit, répété cent fois, qu’elle ne pouvait lui assurer la coopération totale de sa famille, s'ils devaient en arriver là - si elle pensait connaître un tant soit peu son propre père, elle ne pouvait pour autant pas promettre que l’accord qu’ils se proposaient de lui soumettre lui conviendrait.

Patrick Leroy voulait le pouvoir, plus que n’importe quoi sur terre. Elle n’était pas certaine, en revanche, de savoir s’il préférait l’argent et l’influence - ou le pouvoir brut d’une magie incontrôlable. Le seul élément qui la mettait sur la voie, et elle le trouvait bien faible en comparaison de la puissance de l’Ox, était sa propre magie, parfois destructrice, souvent indomptable, dont il n’avait pas même paru songer à faire usage.

Elle soupçonnait les Kerriakov de faire pression, de profiter d’un ascendant de choix sur une dynastie en disgrâce, en fuite. Elle ne dédouanait pas pour autant son père de toutes ses erreurs et ses manipulations. Il avait seulement trouvé plus fort que lui, alors même qu’il plongeait dans le déshonneur.

Voir ses parents asservis à la cause d’un autre, non par volonté mais par déchéance, était bien le seul point positif qu’elle pouvait accorder à la mort disgracieuse de Marshall.

L’incertitude de l’entreprise n’avait pas paru ébranler la résolution de Thaddeus - il voulait rejoindre sa mère, et tous les moyens étaient bons pour y parvenir. Elle lui enviait cette détermination à rejoindre un proche. Elle-même n’en avait pas tant fait pour Killian, le seul qu’elle ait voulu rejoindre au-dehors… dont elle ignorait, en vérité, s’il était vivant ou mort. C’était sans doute ce fond d’envie qui l’avait décidée à apporter sans réserve son aide au jeune homme.

Elle l'aperçut de loin, assis sur un rocher, le regard dans le vague, alors qu’elle rejoignait le clos où ils avaient rendez-vous. Comme chaque fois qu'elle le retrouvait ici, dans le plus grand secret, une bouffée de gratitude l'envahit à sa seule vue. Grâce à lui, elle allait pouvoir tirer son épingle du jeu - si seulement elle pouvait avoir l'assurance qu'il en serait de même pour lui… Elle força un sourire sur son visage trop habitué à la gravité du s'approcha d'un pas plus vif. Avant de ralentir, le sourire terni, en décelant l’ombre qui s’étendait sur le côté de son visage. D’où sortait-il ce bleu ? Il ne datait pas d’aujourd’hui - quelques jours, peut-être… L’inquiétude la saisit peu à peu. Quelque chose s’était passé, et pas seulement cet œil abîmé. Thaddeus lui-même paraissait différent. Détaché. Absent.

-Thaddeus ? Que t’est-il arrivé ?

Il ne releva pas le regard vers elle - c’est à peine s’il donnait l’impression de l’avoir entendue, d’avoir même seulement conscience de sa présence. Elle crut un instant qu’il était trop loin à l’intérieur de lui-même, comme perdu pour le monde des vivants, un fantôme déjà avant même d’avoir quitté son corps ; cela lui rappelait ces heures creuses de sa vie, lorsque le désespoir l’emportait sur la crainte et qu’elle se sentait étouffer, mourir peu à peu. Lorsque la seule issue possible prenait l’éclat froid d’une lame d’argent… Elle prit peur, voulut saisir sa main, son épaule, le ramener de force à la vie, lui rappeler qu’elle était là, s’il avait besoin, qu’ils étaient deux dans la tourmente, désormais, et que cela avait un sens.

Mais il finit par prendre la parole, et elle sentit le soulagement poindre, jusqu’à ce que le sens des mots parvienne à sa conscience trop ancrée sur lui. Elle se figea, incertaine. Avait-elle bien entendu ? Il… renonçait ? Aussi simplement ? Elle ressentit un brusque élan de colère - aussitôt mêlé d’une angoisse sourde et imprécise qui engourdit chacun de ses muscles, la priva de son souffle. Il l’abandonnait, purement et simplement. Elle aurait dû s’en douter. Pourquoi avait-elle espéré ? Elle resta là, les bras ballants, hébétée, à imaginer sa mort prochaine, littérale ou non, le mépris et le dégoût de son père, de son entière famille, à voir les portes d’acier de sa prison se refermer sur elle au lieu de s’entrouvrir sur une liberté retrouvée...

Pourtant, une part d’elle refusait d’y croire. Elle ne doutait pas une seconde qu’il ait perdu l’envie d’essayer, qu’il ait perdu toute envie - mais c’était justement le ton de sa voix, si faible, instable, apathique même, qui lui criait qu’il y avait autre chose, qu’il ne l’avait pas trahie. Il avait seulement perdu l’envie de vivre. Trop bouleversée par ses propres émotions, trop chamboulée par le fil chaotique de ses pensées, elle sentit les larmes commencer à lui brouiller la vue, lentement. Elle avait la sensation de se retrouver face à elle-même, quelques années plus tôt. Et elle détestait ça.

Elle tendit la main, hésita, le bras tremblant. Qu’était-elle censée faire ? Qu’aurait-elle voulu que l’on fasse pour elle, dans ces moments de détresse ? Que pouvait-elle faire tant qu’elle ignorait ce qui se passait derrière ces yeux absents, rivés sur un cauchemar intérieur qui refusait de s’effacer ?

-Que s’est-il passé ? demanda-t-elle à nouveau, la voix vacillante.

Elle approcha la main, effleura son bras, incapable de nouer le contact avec ce miroir déformant qui lui faisait face. Elle n’avait rien trouvé d’autre à dire, à faire. Elle voulait percer ce mur de glace qui s’était érigé autour de son âme, mais elle ne pouvait le faire sans son aide.




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Messages : 245Date d'inscription : 10/03/2015Localisation : quelque part où on lui foutra la paix
Ҩ Re: — when all is said and done and dead ◐ THADDEVI Ҩ Mer 12 Avr - 12:43




when all is said and done and dead ◐
“Only people who are capable of loving strongly can also suffer great sorrow, but this same necessity of loving serves to counteract their grief and heals them.”



Il sentait son amie décontenancée, tremblante, impuissante face à la détresse qu’elle devinait chez lui. S’il avait eu la force de s’en préoccuper, il aurait peut-être essayé de la rassurer. Il lui semblait bien avoir entendu sa voix, avant qu’il ne prenne lui-même la parole, mais Thaddeus était trop déconnecté de la réalité pour l’écouter véritablement. Il refusait de songer à la façon dont elle se sentirait, quand elle comprendrait qu’il n’y avait pas de retour en arrière possible. « Que s’est-il passé ? » demanda-t-elle, sans surprise. Evidemment qu’elle demandait des comptes. Parce qu’elle ne pouvait pas tout simplement accepter que tout ce pour quoi ils avaient travaillé partait en fumée, et aussi, il l’imaginait, par amitié. Ce qui avait commencé par une simple alliance s’était étendu jusqu’à gagner ses entrailles. Là, tout au fond, un sentiment qui n’aurait pas dû être : la culpabilité. Le Vainqueur ne voulait pas répondre, ne pouvait pas. La voix de la jeune femme avait été vacillante, troublée. Il savait que s’il commençait à parler, à expliquer, sa magie prendrait le dessus, il ne pouvait pas la contrôler. Aussi hors du monde qu’il se sentait à présent, il ne pouvait prendre le risque de la blesser.

La main de Loevi sur son bras, à peine une caresse, lui fit l’effet d’un électrochoc. Brusquement ramené à la réalité par un autre être humain. Depuis qu’il avait appris la nouvelle, aux dépens de la cruauté de la Lestrange, il avait soigneusement évité toute compagnie. La pierre avait pris possession de lui, doucement, ses organes se durcissaient douloureusement, comme s’il avait avalé du ciment. Loevi venait avec un son petit piolet pour tenter de percer l’armure. Thaddeus voulait soupirer, mais l’air était comprimé dans ses poumons. « La personne pour qui je devais sortir. Elle n’est plus là. » Il y avait bien d’autres moyens plus simples pour énoncer ce qu’il s’était passé. Loevi savait parfaitement que c’était pour retrouver sa mère que l’ancien Iceberg aurait retourné ciel et terre, pour aller la guérir avec ses nouveaux pouvoirs, sa puissance tant attendue. L’Infiltrée pouvait également se douter que si elle n’était « plus loin » c’était tout simplement parce qu’il était déjà trop tard et que Daisy Romanovski n’avait pas attendu son fils pour succomber à sa maladie. Il arrivait trop tard. Il était resté coincé comme un con dans ce château avec tous ces Assaillants au cul, et tout ça pour rien. Alors pouvait-elle vraiment le blâmer pour sa mine de défaite ? Ne pouvait-elle comprendre que plus rien n’avait de sens pour lui ?

Thaddeus était très longtemps resté Unmarked. Lors de son premier passage à Durmstrang, il n’avait vu aucun intérêt à rejoindre l’un de ces groupuscules que tout le monde s’appelait à appeler « clans » même si pour lui, cela ressemblait plus à des sectes. Lorsqu’il était revenu, après son temps à Salem, c’était là que le changement s’était opéré. Après tout ce qui lui était arrivé, il n’avait plus eu que deux buts en tête : rejoindre le clan qui trouverait l’Ox, et trouver une famille véritable, quelque chose de définitif, qui ne partirait pas. Qui ne l’abandonnerait pas. Ivanna l’avait dirigé vers les Icebergs, et elle avait finir par la rejoindre au sein de la secte des glaçons. Cela semblait à l’époque un choix avisé, ils étaient après tout réputés pour être les plus avancés sur la quête de l’Ox. Si tout s’était déroulé selon son plan, Thaddeus n’aurait jamais eu à regretter ce choix. Mais le destin et les forces de l’univers s’étaient fait un malin plaisir de jouer contre lui et de contrecarrer tout ce qu’il avait pu imaginer jusque-là. Thad n’avait pas été naïf au point de penser que la découverte de l’Ox serait sans conséquence ; il avait juste pensé avoir le temps de se barrer avant que tout ne commence. Et Ivanna, qui avait été la première à le diriger vers sa nouvelle famille, était également responsable de son emprisonnement. Ils en revenaient toujours au même point. Elle l’avait empêché de partir, ce soir-là. Etant donné les conséquences qui s’étaient égrenées une à une devant ses yeux… Il n’était pas sûr de jamais pouvoir la pardonner.

Tout ça ne passerait jamais sa bouche. Il aurait eu besoin que Loevi ait tous ces éléments en main pour comprendre exactement pourquoi il était en train d’abandonner. Mais il se sentait tout aussi impuissant qu’elle face à ce qui leur arrivait. « Ca n’a plus aucun sens pour moi de sortir. Il n’y a rien qui m’attend dehors. Autant crever en étant utile, en essayant de défendre ce que je peux, plutôt que de me tirer comme un lâche. » Ce n’était pas tout à fait exact, et Loevi ne manquerait pas de lui faire remarquer, il en était certain. Ils avaient convenu de ce plan ensemble, il ne serait pas étonnant qu’elle défende ses propres intérêts dans l’histoire, et il ne pourrait, lui non plus, pas la blâmer.

Spoiler:
 





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Statut du sang : PurMessages : 115Date d'inscription : 01/01/2017Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: — when all is said and done and dead ◐ THADDEVI Ҩ Jeu 18 Mai - 17:41

Son geste eut l’effet escompté - sur un bref sursaut, il parut revenir à la réalité, émerger de son royaume intérieur pour enfin prendre conscience de sa présence. Désormais, Loevi pouvait lire la détresse dans son regard, qui éveillait un drôle d’écho en elle-même. Elle savait déjà que leur pacte était compromis - anéanti - mais elle craignait ce qui restait encore à venir, craignait d’entendre la suite. Pour briser ainsi la détermination de Thaddeus à sortir d’ici, il fallait…

-La personne pour qui je devais sortir. Elle n’est plus là.

… quelque chose de grave.

Il fallut une longue seconde à Loevi pour comprendre le sens de ces paroles, peut-être deux. Peut-être trois. Parce que la signification de ces quelques mots dépassait de loin ce qu’elle pouvait, voulait, envisager. Ses yeux s’agrandirent lentement d’horreur avant que sa compréhension ne soit entière, et elle avait déjà les mains sur les lèvres quand la réalité la frappa de plein fouet. Les larmes qu’il ne semblait pas avoir versé se bousculaient à la lisière de ses propres cils, déformant le visage blême de son ami.

Elle le savait pourtant, ne jamais, jamais, poser de question dont on n’était pas prêt à entendre la réponse - mais elle n’avait guère eu le choix : elle devait savoir, quelle que soit la difficulté à encaisser la vérité. Elle n’aurait pas accepté une excuse faible pour mettre fin de cette façon à ses espoirs déjà si fragiles - elle n’aurait pas accepté moins que ça. Et c’était peut-être le pire. Lui non plus n’aurait pas renoncé pour moins que ça.

[i]Je suis désolée[i], voulait-elle dire. Les mots se pressaient pour sortir de sa bouche, se hurlaient à l’intérieur de sa tête avec tant de force qu’ils en assourdissaient son esprit, tétanisaient le moindre de ses muscles.

Elle avait vaguement conscience de ressentir la peine de Thaddeus avec plus de force que lui-même, avec plus de force qu’elle n’en avait même le droit, alors qu’elle n’était pas directement concernée, alors même qu’elle ne connaissait pas cette femme qui venait de disparaître, à l’autre bout de la Terre - mais cette apathie qu’il opposait au monde, à sa propre peine, la mettait dans un état de détresse absolue, parce qu’elle se sentait impuissante, inutile - tenue à distance. Thaddeus lui échappait, glissait simplement entre ses doigts tendus vers lui - c’était toute la situation qui lui échappait, glissait entre ses doigts tendus dans le vide.

En concentrant toute son attention sur le chagrin refoulé de son ami, elle tenait sa propre angoisse à distance, oubliait, avec toute la force de sa volonté, la tempête qui ne manquerait pas de s’abattre sur elle. La vérité était que, par instinct, par frayeur, elle se projetait entièrement dans le drame qui se jouait sous ses yeux pour oublier celui à venir - le sien propre.

-Ca n’a plus aucun sens pour moi de sortir. Il n’y a rien qui m’attend dehors. Autant crever en étant utile, en essayant de défendre ce que je peux, plutôt que de me tirer comme un lâche.

Elle comprenait ce qu'il éprouvait, ce vide béant, terrifiant, là où auparavant vibrait l'espoir et la détermination les plus vifs. Elle se reconnaissait dans ces paroles, un peu, au fond d'elle-même - mais les mots sonnaient étrangement creux, comme vidés de substance, de passion. C'était là la nouvelle volonté que l'on attendait de lui, mais c'était comme suivre un chemin pavé, indiqué par les autres, quand on n'aspirait soi-même qu'à s'arrêter au bord de la route pour ne plus jamais repartir. Les mots frôlaient la perfection de l'idéal romanesque - le message se délitait dans la conscience éperdue, absente. Elle n'entendait plus dès lors qu'un profond désespoir, l'héroïsme servant de masque pour dissimuler le désir d'en finir.

La lâcheté n'était vraisemblablement pas toujours là où l'on s'attendait à la trouver.

-Je ne veux pas que tu meures.

Les mots étaient sortis d'eux-mêmes, sans préméditation, empreints d'une vérité qu'elle peinait encore à admettre tout à fait. Elle avait suffisamment côtoyé la mort pour ne plus vouloir la croiser​ de nouveau, ne plus vouloir perdre quiconque - y compris ceux qu'elle ne connaissait même pas, y compris ceux qu'elle n'avait jamais pu aimer. Mais ce qu'elle venait de formuler dépassait cette idée, dépassait la crainte générale pour n'englober que lui, cet ami imprévu qui prenait plus de place dans sa vie qu'elle ne l'avait envisagé, accepté. Alors qu’il semblait disparaître progressivement devant ses yeux, elle réalisait qu’elle se souciait plus de lui qu’elle n’aurait jamais pu le croire.

Elle n’avait pas signé pour ça.

-Je me battrai à tes côtés si c’est ce que tu décides de faire, ajouta-t-elle enfin, reprenant le contrôle d’elle-même. Parce que tu as raison, quitte à rester enfermés ici, autant défendre ce qui doit être défendu.

Sans doute que, si elle n’avait pas été prise au piège de l’amitié avant même de s’en rendre compte, elle aurait fui depuis longtemps, sans se retourner, devant l’ampleur de ce qu’elle se découvrait capable de faire pour un autre qu’elle-même. Elle s’était refusée à toute forme d’attachement avant même d’apprendre à interagir avec le reste du monde - toute sa scolarité n'avait été qu'un rappel amer que la confiance était une illusion, un rêve à jamais irréalisable.

Pourtant, cela ne l’empêcha pas de poursuivre. Plus loin, toujours plus loin. Parce qu’elle se trouvait désormais incapable de faire marche arrière - à son plus grand désarroi. Parce que, ces dernières années, depuis que la guerre s'était mêlée de leurs vies, elle avait découvert autre chose. Une autre vérité. Une autre elle-même.

-Mais il faut que tu me promettes de vivre, dit-elle fermement, et de tout faire pour éviter de te faire tuer. Je sais que ça te semble impossible aujourd’hui, que tu n’en as plus rien à faire, que tout te paraît complètement vain, mais si tu ne le fais pas pour toi, alors… Si je suis devenue ton amie comme tu es devenu le mien, alors… alors fais ça pour moi. S’il te plaît.

Et cette nouvelle elle-même n'existait que pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être - tout comme ce qui ne pouvait pas.




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