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 Break me like porcelain ♦ Amadred II

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : purMessages : 415Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Break me like porcelain ♦ Amadred II Ҩ Dim 19 Fév - 13:42


▿ you break me like porcelain
Insanity is right into your arms again. Stupidity is thinking you’d be different. You walk you talk like you own the place. You play with me like it’s a game.I just fall in line and every time, heartbreak. I just close my eyes, pretend I’m fine. All fake.You break me, over and over again. You break me like porcelain.I can’t escape the sound of you. I hear your voices bleeding through. You’ve become my heroin, nothing but a sick addiction.

   
Ça faisait bien longtemps que les étoiles au fond de ses yeux s’étaient éteintes. Un voile blanc recouvrait sans cesse son regard, hanté par les souvenirs d’un passé qui avait façonné la femme qu’elle était aujourd’hui. Parfois elle aurait aimé disparaître au loin, se fondre dans les couleurs de l’horizon. S’engouffrer dans le vide et laisser le néant reprendre ses droits sur elle, auxquels il n’avait d’ailleurs jamais tout à fait renoncé.  Elle s’imaginait que les nuages lui tendaient les bras, ils l’enveloppaient de leur tendresse et son cœur s’endormait lentement, elle se faisait doucement aspirer par le ciel. Elle n’était pas grand chose, pas plus qu’un oisillon perdu dans l’immensité du monde. Un petit bout de quelqu’un, de quelque chose, qui aurait sûrement dû abandonner plus tôt. Des morceaux de vide empilés les uns sur les autres, et ça formait presque une histoire, presque un visage. Les paupières closes, elle était terrifiée par les trous dans son âme, le noir à l’intérieur d’elle. Ça faisait des années qu’elle attendait qu’on la remplisse avec n’importe quoi, un peu d’essence, de quoi lui tenir chaud. Craquer une allumette et sourire au moment de la déflagration. Au fond elle voulait juste sentir la brûlure lui réchauffer la peau, ressentir plus que ce rien omniprésent.

C’était Eva qui était venue la dénicher, tout à l’heure, après la scène dans le laboratoire. Mordred avait réussi à se procurer l’Ox, ne serait-ce que pour quelques temps, on ne savait pas exactement si le pouvoir allait perdurer. Dès qu’elle avait vu l’expression euphorique de cet abruti fini, elle était partie. Elle s’était doutée qu’il y aurait des effets secondaires, mais elle s’était tirée quand même. Pas le courage de rester là pour admirer celui que tous jalousaient. Au final, ça ne la surprenait même pas que le seul qui ait eu le cran de s’injecter une dose de sang assez forte, ce soit Greengrass. Il fallait que ce soit lui, c’était presque une évidence. Elle n’avait pas supporté le choc, de le voir si confiant, si mauvais, ça lui avait rappelé trop de souvenirs. L’impuissance qu’elle avait ressentie à ce moment-là n’avait pas aidé non plus. Bref, c’était la rouquine qui l’avait informée des dégâts qui avaient suivi la découverte. Les symptômes semblaient violents. Apparemment, Ivanka s’était portée volontaire pour lui octroyer les premiers soins, mais connaissant le caractère du grand blessé, elle devait déjà regretter. Adonis refusait qu’elle reste à son chevet, ce n’était pas elle qu’il voulait. Non, il voulait Amatis.
La jeune femme poussa la porte du laboratoire, de retour là où elle se trouvait quelques heures plus tôt. Sans grande surprise, tout le monde s’activait de tous les côtés. Son repaire avait été réquisité par toute la troupe d’Assaillants. Masquant sa déception de voir tous ces vautours envahir son nid, elle se dirigea droit vers Yasen. Si elle devait s’occuper de Greengrass, elle voulait que quelqu’un de confiance le sache. Quelqu’un qui pourrait faire quelque chose si jamais ça tournait mal. Elle aurait pu prévenir Visenya, mais elle préférait éviter de la mêler à ça. Elle expliqua rapidement la situation à l’assaillant, avant de tourner les talons.

Quelques secondes plus tard, elle transplana pour rejoindre l’hôpital de l’île où son patient avait été transféré. Ça sonnait étrange, ce qualificatif. Son patient. Elle laissa échapper un long soupir, déjà épuisée avant même de commencer. Peut-être qu’elle n’aurait pas à lui parler ? Et pourtant, pourtant, dès qu’elle entra dans sa chambre et qu’elle posa les yeux sur lui, elle comprit pourquoi elle avait accepté. Son teint était très pâle, des traces de sang séché lui coloraient la peau un peu partout. Il était trop faible pour tenter quoi que ce soit contre elle, peut-être même trop faible pour l’empêcher de lui faire du mal. C’était pour ça qu’elle était finalement là, pour avoir ce moment avec lui, pouvoir le regarder dans les yeux pour de vrai, comme autrefois. Sans craindre pour sa vie. Accrocher son regard au sien et essayer de comprendre, de retracer les liens.

D’un pas lent, Amatis s’approcha du lit où il était allongé. Elle remarqua enfin Ivanka, assise à côté de lui, l’air complètement dépassée par la situation. « Tu peux t’en aller, je prends la relève. » Elle n’eut pas à insister pour que la native s’en aille, visiblement impatiente de quitter cette pièce. Un peu tremblante, Amatis se retourna pour farfouiller dans l’étagère, s’accordant quelques minutes de répit avant de devoir lui faire à nouveau face. Ses gestes étaient nerveux, jusqu’à ce qu’elle se focalise sur son travail et qu’elle essaie d’oublier que c’était Adonis qu’elle devrait soigner. Il lui fallait d’abord une potion pour lui redonner des forces, obliger son système immunitaire à travailler. Il était dans un sale état, non pas que ça l’inquiète plus que ça. Au pire, si il ne passait pas la nuit, ce n’était pas son problème. Ce n’était pas parce qu’elle avait accepté de s’occuper de lui que ça voulait dire qu’elle pleurerait si jamais il devait en crever. C’était lui qui l’avait cherché, après tout. Mais pour l’heure, elle se concentrait uniquement sur ce dont il avait besoin. La fiole qu’elle cherchait se dessina devant elle, la médicomage s’en saisit et s’approcha de son patient. Doucement, elle reposa les yeux sur lui. Elle ne savait pas exactement ce qu’elle ressentait, était-ce vraiment important ? Quant à Adonis, il souffrait,  il devait être à peine conscient lorsqu’elle lui fit boire la potion, posant une main sous son menton pour lui soulever la tête. Elle détourna les yeux, c’était plus facile si elle ne réalisait pas ce qu’elle était en train de faire.  Elle constata qu’Ivanka lui avait mis une poche de sang à côté, sans doute pour lui faire une perfusion. Quand elle reposa la fiole, la Lestrange installa correctement le matériel et voulut lui attraper le bras, mais il ne se laissa pas faire. Sa respiration s’intensifia, et il fallut un instant à Amatis avant de comprendre qu’il n’avait probablement pas laissé sa collègue le perfuser  non plus. Ce qui expliquait pourquoi sa guérison était si lente. « Tu as perdu beaucoup de sang, il faut compenser les pertes. » Voix blanche. Elle ne lui laissa pas le temps de protester. Elle fit en sorte que tout soit bien installé, puis elle lui administra un autre calmant pour qu’il s’endorme. Quand il ferma les paupières, elle resta là, à l’observer. C’était à la fois rassurant et terrifiant, de le regarder dormir. Adonis semblait presque mort, avec ce teint verdâtre et la lumière blafarde du néon qui lui éclairait le visage. Comme si la potion l’avait anesthésiée elle aussi, Amatis s’en alla, le cœur sur pause.

Elle s’était assise sur un banc, dans le couloir. La fatigue l’avait gagnée peu à peu, réconfortante, apaisante. Elle venait à peine de se réveiller lorsqu’elle entendit Adonis tousser, dans sa chambre. Elle se retourna pour l’observer à travers la vitre, il crachait du sang. Tous les sens en alerte, la Lestrange se redressa d’un bond, s’engouffra dans sa chambre et, et. Rien. Incapable de bouger, elle attendit qu’il ait fini de vomir son âme. Son cœur s’était remis à battre très vite dans sa poitrine quand elle avait pris conscience qu’Adonis était réveillé. Certes, il n’était pas tiré d’affaire, mais il allait déjà mieux que tout à l’heure. Elle avait tout fait pour ne pas réailser, elle n’avait pas voulu comprendre ce qui se passait. Mais elle l’aidait à rester en vie, aussi absurde que cela puisse paraître. Ça avait si peu de sens que son cerveau refusait de fonctionner, annihilé par sa propre bêtise. La crise de panique lui montait à la gorge, asphyxiante, l’angoisse reprenait le pas sur son calme improbable. Vite, il lui fallait quelque chose pour faire passer la crise. Se donner du courage, elle ne devait pas être tout à fait saine pour s’être propulsée volontairement dans cet enfer. Vite, vite. Attraper un Philtre de Paix, laisser le breuvage lui endormir les nerfs. La gorgée lui brûla quand même la gorge, punition pour avoir imaginé qu’elle serait assez forte pour endurer ce face-à-face. Après quelques minutes, elle était à nouveau capable de penser, de contrôler son propre corps et de s’ordonner toutes ces choses insensées. « Ton corps rejette l’Ox, il se peut que ça dure encore un moment. Je ne sais pas exactement quand est-ce que tu seras rétabli. » Il semblait plus surpris par sa présence que par ses paroles. Elle fit mine de s’occuper, récupéra le récipient dans lequel il venait de cracher du sang et appela un Elfe afin qu’il s’occupe de lui en apporter un neuf. Quand la créature repartit avec la bassine, elle resta plantée au milieu de la pièce sans trop savoir quoi faire. Adonis la regardait, il ne la quittait pas du regard. « C’est Eva qui m’a appelée. » Ou bien convaincue, voire carrément vaincue. Elle ne savait pas trop. A croire qu’elle n’était plus vraiment apte à prendre la moindre décision. Son frère avait sûrement raison de lui hurler qu’elle n’était bonne à rien, si elle l’avait entendu plus tôt, elle aurait arrêté de faire semblant depuis bien longtemps. Comme si quelqu’un y croyait encore, à ce contrôle surfait qu’elle semblait détenir sur sa propre existence. Elle se laissait trop facilement influencer, surtout par les mauvaises personnes. Bon sang mais qu’est-ce qu’elle foutait ici. « Apparemment tu ne supportais pas Ivanka. » Excuse débile, l’autre guérisseusse aurait pu s’occuper de lui tout aussi bien que la Lestrange. Ils l’avaient piégée, elle l’avait vu venir mais n’avait rien fait pour lutter. Elle l’avait laissé venir. Quelle conne. « Je crois qu’il vaut quand même mieux que ce soit elle qui s’occupe de toi. » Faire machine arrière, parce qu’elle avait constaté que ça ne pouvait rien lui apporter de bon. La curiosité l’avait emmenée jusqu’ici, la sagesse lui demandait de rebrousser chemin. Partir, s’enfuir loin de Greengrass et des souvenirs qu’il ramenait à la surface. Et pourtant, quelque chose la retenait, la rattachait à lui. Un pressentiment qu’elle essayait encore de taire, d’ignorer. « On sait tous les deux que je ne veux pas te soigner, alors autant arrêter tout de suite. »

   




don’t take that sinner from me

Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.

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Ҩ Re: Break me like porcelain ♦ Amadred II Ҩ Sam 8 Avr - 16:49

break me like porcelain
Insanity is right into your arms again. Stupidity is thinking you’d be different. You walk you talk like you own the place. You play with me like it’s a game.I just fall in line and every time, heartbreak. I just close my eyes, pretend I’m fine. All fake.You break me, over and over again. You break me like porcelain.I can’t escape the sound of you. I hear your voices bleeding through. You’ve become my heroin, nothing but a sick addiction. ▽ AMADRED II

 

 
L'euphorie s'avère cruellement passagère. Tout ce pouvoir qui l'a rempli d'orgueil quelques minutes plus tôt lui fait recracher ses tripes devant ses spectateurs. La foule laisse échapper un cri de surprise quand le liquide vermeil se met à couler sur le visage blême de Mordred. Il se vide de son essence vitale et aucun de ces imbéciles ne réagit. Son regard croise celui d'Asphalt, l'accroche, l'emprisonne. Comme un appel à l'aide qu'il ne formulera pas, il attend qu'elle se précipite vers lui avant qu'il ne s'effondre. Ça sonne incroyablement creux dans son estomac, il a l'impression de rendre tout ce qu'il a en lui et de l'exposer sur la scène de sa gloire éphémère. Les mains de sa cracmolle agrippent le tissu, s'efforçant de le maintenir droit. L'Ox le matraque au-dedans, ses veines implosent, chassent un sang qui semble soudain si banal à côté de celui, si précieux, du Vainqueur. Il a mal mais ça ne l'empêche pas de sourire, d'un air mauvais, perfide. Il sait que c'est possible, désormais plus rien n'est inaccessible. Dans son malheur, il pense à toutes les possibilités qui s'offrent à lui, à eux. Les paupières à moitié closes se ferment doucement sur l'image d'Asphalt, bientôt rejointe par Eva. Incapable de lutter, il s'enfonce. Mais il est certain qu'il se réveillera. L'aube de son règne vient à peine de débuter, l'histoire ne peut pas s'arrêter maintenant.

Quand il revient brusquement à lui, il suffoque, tremble, panique. Retour agressif d'un guerrier invaincu, il n'a pas dit son dernier mot mais qu'est-ce qu'il souffre, qu'est-ce que ça fait mal. Il hurle, il ne sait pas où il est, ses pupilles cherchent sans comprendre. Elles se posent sur une silhouette qu'il met du temps à reconnaître, sa vision se brouille de plus en plus. « Tiens-toi tranquille, je vais t'aider. » Voix fluette, agaçante. Mal assurée. Est-ce qu'elle sait au moins ce qu'elle fabrique? Ça ne le met pas du tout en confiance, il l'empêche de l'approcher. Il reconnaît enfin Ivanka, ça lui arrache un cri de frustration. Le mal qui lui tord les os est insupportable. Il ne veut pas de cette incapable, il veut la meilleure, il veut Amatis. Du peu de forces qu'il lui reste, il se débat, lutte contre la présence de cette idiote pour laquelle il n'a aucune estime. « Ne bouge pas ! » Il faut qu'elle s'en aille, quelle empotée. Ça l'agace encore plus quand elle s'approche de lui avec ses ustensiles, il ne veut surtout pas qu'elle le touche. Trop proche d'Asgard, trop douteuse. Les lettres formant le prénom de la Lestrange s'impriment dans son esprit. Cicatrice qui le déchire, qui le dévore. Ça le tue presque d'avoir besoin d'elle.
Ses pensées s'éteignent constamment, son état s'aggrave. Il est à la fois encore trop éveillé pour se laisser charcuter par Todorovna et pas assez pour réaliser ce qui se déroule autour de lui. A peine conscient, il n'a pas le temps de protester quand on l'oblige à engloutir une potion. Lorsqu'une main s'approche de son bras, il le retire. Qu'est-ce qu'elle ne comprend pas? Sombre crétine. Il ne l'autorisera pas à le salir avec ses satanées pattes maudites. Mais quand une voix familière s'élève dans les airs, il rend enfin les armes. « Tu as perdu beaucoup de sang, il faut compenser les pertes. » Alors elle est venue, comme c'est étrange. Doucement, son corps renonce à se battre, il cesse de lutter. Aussi ironique que cela puisse paraître, il s'en remet à la médicomage qui lui a un jour presque ôté la vie. Il n'a guère le choix, c'est elle que chacune de ses cellules réclame. Il la sait capable de le guérir, il ne doit pas imaginer le pire. Elle n'est plus capable des mêmes crimes que ceux murmurés autrefois par son frère. Lentement, il s'endort. Dans sa tête, le même refrain tourne en boucle. Il va aller mieux. Il doit aller mieux. Dehors, le monde l'attend. Dehors, il y a Asphalt et leur empire qui se creuse sur la paume de leurs mains. Tant de promesses qui s'étirent devant eux. Ça l'apaise de penser à cet avenir qu'il leur construit. Brique par brique.


Du sang. Partout. Dans sa bouche, puis sur son torse, et par terre. Il crache, il vomit sa douleur, sa déception. Ça lui brûle la trachée. Quelle connerie. Il s'étouffe, il essaie de tousser, jusqu'à se rendre malade. Douleur infernale, monstrueuse. Ça lui semble atrocement long, il se sent lamentable et il exige que ça s'arrête. Ça dure plusieurs minutes. Finalement, elle entre dans la pièce, elle attend que ça passe, sans bouger. Impassible. Et puis elle l'aide comme elle peut, avec une distance qui renferme quelque chose d'assez violent. « Ton corps rejette l’Ox, il se peut que ça dure encore un moment. Je ne sais pas exactement quand est-ce que tu seras rétabli. » Sa présence l'étonne, il se doute qu'elle ne s'est pas portée volontaire. Elle a très certainement des tendances suicidaires mais tout de même, pas au point de se jeter dans la gueule du loup. Elle fait diversion, pensant que ça pourrait peut-être l'aider. Mais il la fixe de son regard vitreux et il refuse qu'elle lui échappe. Prisonnière de ses filets, elle se débat discrètement, fait de son mieux pour ne pas qu'il remarque son malaise. C'est dans son caractère, elle est comme ça, la Lestrange : fière et invincible. Pour avoir essayé maintes fois de la mettre hors jeu, il peut dire qu'il la connait. Ou connaissait. C'est étrange de la voir sans que chacun de ses sens ne soit en alerte, le monstre est comme anesthésié. D'habitude elle mord, elle griffe, elle blesse. Elle vise toujours juste, là où ça fait le plus mal. Pas cette fois. Aujourd'hui elle semble absente, lointaine. Même le regard oppressant de Mordred ne parvient pas à la ramener.
Un elfe s'occupe de lui avant de repartir beaucoup trop vite au goût d'Amatis. Il peine à se concentrer, sa tête va exploser sous la douleur. Il s'efforce de respirer profondément, de ne pas y penser. Le silence prend toute la place entre eux. Il n'entend que ce que son regard vide lui hurle. Elle n'a pas peur, elle a juste atrocement mal, comme lui mais cent fois plus fort. « C'est Eva qui m'a appelée. » Alors voilà l'explication. Mordred se félicite d'avoir choisi une si fidèle alliée, surtout depuis qu'elle lui a prouvé à quel point il peut compter sur elle. « Apparemment tu ne supportais pas Ivanka. » Il ouvre la bouche, encore ferreuse. Sa voix a du mal à être audible. « Une vraie empotée celle-là. » Il se veut cynique mais c'est à peine un murmure qui s'échappe de ses lèvres sèches. Il se racle la gorge, ça l'irrite tellement qu'il doit se faire violence pour ne pas se remettre à tousser. « Je crois qu’il vaut quand même mieux que ce soit elle qui s’occupe de toi. » Ce revirement ne le surprend même pas, évidemment, elle ne peut pas lui faire face. Pas après ce qu'il s'est passé lorsqu'elle s'en est prise à Asphalt. Ça lui a perforé les os quand il a vu le petit corps meurtri de sa cracmolle aux pieds de la Lestrange. Elle n'avait pas le droit de s'en prendre à sa propriété. Elle peut le démolir autant qu'elle veut, mais personne ne touche à sa cracmolle. Personne. Alors forcément, la médicomage se planque depuis ce jour dans l'espoir qu'il oublie son existence infâme. Est-ce qu'elle est venue pour essayer de se racheter? Qu'est-ce qu'elle cherche, qu'est-ce qu'elle veut encore lui arracher? « On sait tous les deux que je ne veux pas te soigner, alors autant arrêter tout de suite. » La précipitation dans sa voix, ce besoin soudain de s'enfuir, ça l'interpelle. Il se souvient de ses dernières paroles, bien ancrées dans sa mémoire. La blessure encore vive d'un mauvais sort qu'elle lui a sauvagement jeté. Comme le poison qu'elle a distillé en lui des années auparavant, ses mots infusent dans son esprit et le détraquent encore un peu plus. Il a besoin de savoir, il faut qu'il la garde dans ses filets. « Non. C'est toi que je veux. »

Lentement, il tente de se redresser. Sa condition s'est un peu améliorée, il se sent reprendre des forces. Il jette un coup d'oeil à la poche de sang à côté de lui avant de revenir vers la médicomage. Amatis s'est raidie, pourtant elle ne bouge pas. Or, il sait que si elle était absolument convaincue de ce qu'elle venait de dire, elle aurait déjà fait demi-tour sans se retourner. « Et je sais que quelque part, tu voulais me voir aussi. Sinon tu ne serais pas là. » Pétrifiée, c'est comme si ses paroles la propulsaient bien loin à l'intérieur d'elle-même. Il se délecte du spectacle que son analyse trop juste a provoqué. Le comportement est enfoui en lui, ça fait partie d'eux, toute cette mascarade abominable qui les condamne à se haïr quoi qu'il leur en coûte. Pourtant, l'espace d'une seconde, il repense à ce qu'ils ont été et il se demande comment ils ont fait pour tout bousiller à ce point. Qu'est-ce qui a foiré. Alazar, putain d'enfoiré. Ils ont chacun leurs chaînes, après tout. Ils savent l'un comme l'autre qu'il est impossible de revenir en arrière. C'est pour ça, au nom de tout ce qu'ils ne sont plus, que Mordred continue à la persécuter du regard. Même si ce vide sidérant dans les prunelles d'Amatis le perturbe plus qu'il ne peut l'admettre. « Tu m'as dit quelque chose que je ne parviens pas à me sortir de la tête. » Elle se retourne, fait probablement semblant de chercher quelque chose qui lui est destiné. De quoi le faire taire, sans doute. Il n'est pas dupe, elle ne lui échappera pas. « Je te connais par coeur, Amatis. Je sais que tu es capable de toutes les bassesses du monde pour arriver à tes fins. » L'empoisonneuse empoisonnée. Il se veut mauvais mais toute la hargne qui les agite d'ordinaire semble avoir quitté leurs corps. Quelque chose d'inavouable se brise en lui, mais c'est trop enfoui dans son inconscient pour qu'il ne s'en rende compte. Pourtant son intonation change, il ne parvient pas à la lacérer comme elle l'a fait en une seule parole. C'est tout ce qu'il lui a fallu. Une seule parole et le cercle vicieux s'est doucement cassé sans qu'ils ne le comprennent. « Mais ça… C'est un mensonge trop cruel, même venant de toi. » Et là, sans le savoir, il donne le première coup de pioche qui détruira leur équilibre.

 
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If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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Ҩ Re: Break me like porcelain ♦ Amadred II Ҩ Sam 2 Déc - 19:43


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Elle était anesthésiée, éteinte. Et pourtant le simple fait de croiser son regard l'obligeait à refaire surface, c'était comme s'il l'appelait alors qu'elle était plongée dans un rêve. Elle entendait sa voix, lointaine, étouffée, mais ne parvenait pas à se réveiller complètement. Elle était piégée entre le rêve et la réalité, ne sachant plus discerner l'un de l'autre. Il ne l'aidait pas vraiment, à se comporter de façon si étrange, si inhabituelle. Sans les cris et les menaces, ils redevenaient ces deux adolescents qu'ils avaient un jour été, des milliers d'années auparavant. Ils redevenaient ces deux personnes dont ils avaient tout oublié, tout bousillé. Que restait-il de leurs rêves, de leurs espoirs? Que restait-il d'humain sous cette épaisse carapace qui leur cabossait la peau? Et pourtant, à le voir dans cet état, il était si facile de se laisser happer par le passé et de croire que l'homme qu'elle avait connu était toujours là, quelque part sous ce masque qu'il portait sans cesse. Elle se gifla mentalement pour avoir ce genre de pensées, n'avait-elle donc rien appris, rien retenu de ce qu'il s'était passé? Elle serait encore une fois bien naïve de se figurer qu'elle s'en sortirait indemne, qu'il ne lui arracherait pas des lambeaux de chair avant d'éventuellement la laisser repartir. Elle avait mieux appris que de baisser la garde simplement parce qu'il donnait l'impression de ne pas être dangereux. L'homme qu'il était devenu, ce Mordred à la con, n'avait rien de miséricordieux. « Non. C'est toi que je veux. » Alors forcément, il ne la laisserait pas lui échapper comme ça.

Le mangemort tenta de se redresser, scène à laquelle elle assista sans bouger, préférant garder ses distances avec lui. C'était elle qu'il voulait, il avait dit. Pourquoi? Pourquoi fallait-il qu'il l'appelle à présent qu'elle avait vraiment quelque chose à lui dire? Pourquoi n'avait-il pas pu ignorer les mots qu'elle lui avait crachés au visage, ce qu'elle regrettait déjà amèrement? Pourquoi maintenant, pourquoi tout se cassait la gueule d'un seul coup? Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, c'était elle qui avait balancé des fragments de vérité, comme des éclats de verre qu'elle avait plantés dans son coeur. « Et je sais que quelque part, tu voulais me voir aussi. Sinon tu ne serais pas là. » Ça la pétrifia d'un coup, lui aussi il savait toujours trouver les mots justes pour frapper là où il fallait. Pour la déstabiliser. Il n'avait que trop conscience des démons de la Lestrange, avec lesquels il s'amusait depuis des années. Rien n'avait donc changé, elle avait toujours autant peur d'elle-même et il le savait. Il le savait et il en jouait, à chaque fois. Elle ne prit même pas la peine de nier, trop enfouie en elle-même pour trouver la force d'en sortir. « Tu m'as dit quelque chose que je ne parviens pas à me sortir de la tête. » Elle se maudit intérieurement, espèce de stupide petite garce. Non mais qu'est-ce qui lui était passé par la tête ce jour-là. Dans sa rage, elle n'avait pas vu à quel point lui dévoiler une partie de son secret la blesserait, elle aussi. Elle n'avait vu que la douleur dans son regard à lui, le jour où il découvrirait tout. Etait-il temps de lui dire, de lui révéler tout ce qu'elle lui cachait, ce qu'elle cachait au monde entier et surtout, à elle-même? Etait-il l'heure d'y penser, de se libérer enfin de ce fardeau qui lui comprimait le coeur et les poumons? Etait-il temps de tout avouer, même s'ils devaient en crever? Même s'ils ne pourraient se pardonner ensuite de s'être détruits avec autant d'acharnement, d'avoir provoqué leur propre malheur? A quel point ça ferait mal, de reconnaître qu'ils étaient tous les deux responsables de ce qu'ils étaient devenus?

Elle se retourna quelques instants, pour retrouver une contenance. Puis elle lui fit à nouveau face, le regard de plus en plus sombre. « Je te connais par coeur, Amatis. Je sais que tu es capable de toutes les bassesses du monde pour arriver à tes fins. Mais ça… C'est un mensonge trop cruel, même venant de toi. » Ses doutes la transpercèrent de part en part. Elle savait qu'il ne la croirait pas, quelque part elle l'avait toujours su ; et pourtant, quand il avait abordé le sujet quelques instants plus tôt, elle avait cru qu'elle s'était trompée. Ça avait l'air de le tracasser bien plus qu'il ne le laissait transparaître, sinon il n'aurait pas pris la peine d'en reparler. Et pourtant il refusait d'entendre ce qu'elle savait déjà qu'elle finirait par lui dire. Eva avait eu raison, tout à l'heure. Bien sûr qu'elle allait accepter de le soigner, bien sûr qu'elle allait y aller, qu'elle allait le voir, parce que ça la dévorait de plus en plus, ce besoin de lui dire la vérité. Ce besoin de prononcer les mots qu'Alazar l'avait toujours empêchée de dire, qu'il avait soigneusement enfermés à double tour dans la poitrine d'Amatis. Et ils avaient pourris, là-dedans, dans leur cage de chair humaine. Ils avaient moisi, et tout le reste de son âme avait suivi. Alors elle savait qu'elle allait le faire, parce qu'il le fallait. Elle en avait besoin pour guérir. Pour revivre.
Elle s'approcha lentement de son lit, à moitié consciente de ce qui était en train de se jouer. « Je ne t'ai pas menti, murmura-t-elle. » Elle ne lui avait plus parlé sur ce ton depuis ce qui lui sembla des siècles. Depuis l'incident, plus jamais elle ne s'était autorisée à paraître faible devant lui. Alors elle sortait les griffes, montrait les crocs, et elle attaquait de front. Mais pas cette fois, cette fois c'était différent. Il fallait que ça s'arrête, qu'elle s'extirpe hors de l'enfer qu'était devenue sa vie depuis qu'elle était tombée enceinte. Il le fallait. « C'est… C'est vrai que je voulais te blesser sur le moment, mais… » Elle fit encore quelques pas vers lui, glissant dans l'abîme qui s'était creusé entre eux. « Quand tu m'as… Après notre dernière rencontre, je suis tombée enceinte. Pendant des mois, je suis restée enfermée dans le manoir familial. Je ne pouvais en parler à personne, de toutes façons je n'en avais pas envie. » Elle planta ses prunelles dans les siennes, cherchant quelque chose, n'importe quoi, à quoi se raccrocher. Mais elle ne trouvait rien, sinon d'autres doutes et d'autres questions. Que fallait-il qu'elle dise pour qu'il sache que c'était la vérité? Que voulait-il lui arracher de plus? Voulait-il qu'elle pleure enfin toutes les larmes qu'elle n'avait jamais pu verser? « Tu ne me crois pas, ce n'est pas très grave. Ce n'est pas comme si j'attendais tes excuses, je voulais juste. » Elle n'était pas certaine de savoir précisément ce à quoi elle s'était attendue. « J'avais simplement besoin de te le dire, je suppose. C'est… C'est pour ça que je suis venue, je crois. » A lui, l'homme qui avait détruit sa vie parce qu'elle avait détruit la sienne. Mais à ce stade, est-ce qu'ils en étaient encore à compter les points? La destruction était leur jeu depuis toujours, et au point où ils en étaient, on pouvait franchement considérer qu'ils avaient tous les deux gagné. Alors à quoi bon continuer? De toutes façons, il ne resterait bientôt plus rien à détruire.  

Amatis fit demi-tour, prête à s'en aller. Ça faisait trop mal, de rester là, devant lui, et d'attendre une solution magique qui n'existait pas. Il ne la comprenait pas, il ne la comprendrait plus jamais. Adonis était mort le jour où Mordred était né. Quant à elle, elle n'était même pas certaine de s'être déjà un seul jour sentie exister.
   




don’t take that sinner from me

Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.

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Break me like porcelain ♦ Amadred II

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