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 You should have bet on me || Adonyria II

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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 384Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Mer 15 Fév - 0:08

11 Mai 1999 C'est presque malsain, la façon dont elle est excitée. Si longtemps qu'elle attend ce moment ; un peu moins de trois ans, il lui semble. Elle ne sait pas encore ce qu'elle attend de sa victoire, quel effet elle veut que ça lui fasse. Mais elle compte au moins sur le sentiment du travail bien fait, de la justice rendue. Elle aurait pu être juge au mangemagot. La Justice, ça lui tient à cœur. Elle aime qu'on rende ce qu'on doit. Et toi, tu lui dois neuf ans de sa vie. Sans parler de ce que tu dois à Amatis, sûrement à Asphalt aussi. Sur combien d'existences pensais-tu pouvoir t'essuyer les pieds sans que ça te retombe un jour sur le coin de la gueule ?
C'est elle qui vient, qui va te tomber dessus, qui va te faire payer tout ce qu'il y a à payer. Elle te l'a promis la dernière fois : tu t'en tireras pas comme ça. Ça a bien dû te faire rire, d'entendre cette menace pendant que tu t'éloignais, tranquille et  triomphant ; elle devait pas te paraître très menaçante, Visenya, blessée et gisante sur le sol de cette salle d'entraînement. Elle n'a plus trop souvenir de la suite ; peut-être qu'elle a perdu connaissance. Tu t'en es pas beaucoup soucié, tu savais qu'elle était pas assez découpée pour que ça mette sa vie en danger. Elle a compris, depuis, que c'est comme ça que tu fais. Que les gens tu ne les tues pas, tu t'arranges juste pour qu'ils gardent ta marque jusqu'à la fin, l'emprunte de ton passage. Pour qu'ils restent juste un peu cassés ; un peu plus. De quelque manière que ce soit.

Pour elle, ça a été des nuits entières sans dormir, à se demander pourquoi. A essayer de trouver une raison à tout ça ; à essayer de comprendre comment tu as pu lui voir que tout ce en quoi elle croyait pour sa nouvelle vie ne valait rien du tout, puis lui montrer qu'elle pouvait se hisser au-dessus, valoir plus que tout ça. Et enfin changer d'avis en cours de route, en la laissant là, avec sa chair déchirée, sa vie calcinée entre les mains, son estime de soi plus écorchée que jamais et son identité abandonnée accrochée à ses tripes. Coincée à l'intérieur d'elle, grignotant petit à petit ses restes 'humanité. Peut-être qu'à terme elle finira par être exactement comme toi.
Peu importe, elle se dit. Peu importe si c'est toi qui lui as donné les armes qu'elle s'apprête à utiliser. L'important, c'est ce qu'elle en fait, et la façon dont elle les affûtées, elle-même, avec le temps. Elles s'enfonceront dans ta chair comme dans du beurre. Tu seras plus amer que fier en voyant à quel point ton enseignement a porté ses fruits. Tu verras que c'est sur elle que tu aurais dû parier. Tu verras qu'elle est au-dessus de tous. Et que Valkyria n'a rien à voir avec ça.

Elle garde un œil sur toi depuis qu'elle t'a repéré avec Asphalt à son arrivée, parce qu'elle se méfie. Depuis quelques semaines, son observation avait un but bien différent. Elle te surveille ; elle attend le bon moment. L'Ox dans ton sang aurait pu être une aubaine parfaite, si elle n'en avait pas su si peu sur l'étendue de ce pouvoir, et surtout sur tes capacités à le maîtriser. Elle a vu un homme se tuer à cause de la puissance de l'artefact. Sous ses yeux, il est mort d'un seul coup, comme s'il avait implosé, et que l'intégralité de ce qui était à l'intérieur de sa tête se déversait par ses yeux, ses oreilles, son nez, sa bouche. Que tu meurs comme ça l'aurait plutôt arrangée, ça lui aurait évité de devoir masquer sa responsabilité dans l'affaire de ta disparition. Ce qui l'a arrêtée, c'est surtout la prudence. L'Ox est un pouvoir puissant. Elle préfère t'affronter en sachant contre quoi elle se bat. Découvrir ton degré de dangerosité sur le moment aurait été beaucoup trop risqué.
Comme si t'affronter à armes égales n'était pas déjà assez risqué en soi, d'ailleurs. Ca fait des années qu'elle a juré de se venger. Elle s'est entraînée depuis, pour se prouver que tu avais tort, sans jamais perdre tout à fait de vue la promesse qu'elle avait faite, mais le souvenir de la défaite passée reste en travers de sa gorge. Même si elle refuse d'envisager l'échec, elle sait ce qu'elle risque. Elle ne laissera pas ça arriver. Sa victoire compte trop, pour plusieurs personnes. A commencer par elle. Ou par Valk, même si elle n'arrive pas encore trop à faire le tri là-dedans. Depuis sa conversation avec Amatis, elle a compris que la personne qu'elle avait été il y a si longtemps avait peut-être un petit rôle à jouer là-dedans. Même si ce serait reconnaître que tu avais raison, en invoquant ce foutu prénom qu'elle s'était acharnée à enterrer.

Au moment où elle sortait du réfectoire ce soir-là, quelqu'un a annoncé que les alertes magiques à l'entrée du port s'étaient désactivées et qu'il fallait que quelqu'un s'en occupe avant que d'éventuels réfugiés n'en profitent pour se cacher dans les bateaux abandonnés. Impassible, elle n'a pas cillé. Comme si elle n'était pas responsable des problèmes réguliers qui désactivent les sortilèges de protection autour du camp. Elle n'a pas fait mine de relever mais du coin de l’œil, elle t'a vu acquiescer, et te lever de table – forcément, il faut quelqu'un de compétent s'en occupe, ce n'est pas le dernier clampin qui irait s'occuper de la sécurité du camp. Il n'en a pas fallu plus pour que les engrenages se mettent en marche dans son crâne. Elle tient la parfaite occasion ; son plan n'était pas supposé marcher aussi bien. Elle désactive les alerte pour aider les réfugiés et faire chier les assaillants. Ce soir, ça constitue l'embuscade parfaite. En sortant, elle croise le regard de Dagmar. Le message passe. Un transplannage plus tard, elle arrive au port après s'être assurée que personne ne la verrait disparaître si brusquement. Puisque les alertes ne fonctionnent pas, elle te prendra par surprise, et personne ne sera prévenu. Elle se débrouillera. Ca ira. Il faut que ça aille.

Visenya est un peu fébrile, à cause de l'impatience et de l'appréhension. Elle se laisse l'être en attendant que tu arrives ; mieux vaut l'être maintenant que quand tu te tiendras face à elle. Elle sera intransigeante avec sa propre discipline dès l'instant où tu apparaîtras dans son champ de vision. Ses yeux se posent sur les rochers qui surplombe les quais, dans lesquels se trouve un petit renfoncement où elle pourrait aisément s'asseoir pour éviter que tu la repères trop vite. Le parallèle la fait sourire ; ça fait bien longtemps qu'elle ne t'a pas attendu, hissée sur son perchoir, le visage fermé et tous les sens en alerte. Symboliquement, ça lui permettrait de rattraper ses erreurs de la dernière fois. Insonorisant la zone d'un sortilège informulé, elle grimpe rapidement jusqu'en haut, s'installe dans le trône improvisé et surplombe à son tour les environs. Ca lui fait un drôle d'effet, elle n'est pas sûre que ça lui plaise. Son regard se perd, au loin. Vivement qu'elle se casse d'ici. Vivement que tout ce cirque soit fini, même si elle n'est pas trop sure que ça simplifie sa situation – elle reste une Dragonstone, elle ne peut pas juste faire une croix sur tout, et disparaître à l'autre bout du monde. Elle a des responsabilités. Trouver l'Ox, pour commencer. Est-ce que tout ça a encore un tout petit peu de sens ?

Il ne passe que quelques minutes avant que ta silhouette ne se dessine dans le crépuscule. Les ombres étirées des bateaux baignant dans la lumière donnent à l'ambiance un caractère un peu étrange. On pourrait se croire sur n'importe quel petit port de n'importe quel village côtier. La normalité du spectacle est presque affligeante, quand on sait ce qui se passe en ces lieux et quand on se projette déjà dans les prochaines minutes. Celles qui promettent d'être décisives.
Elle sait que tu ne risques pas de t'en aller dans un autre coin du port : c'est ici que les sortilèges de surveillance ont été défaits. Elle a conscience que l'exactitude de ses informations est suspecte et que sa présence ici l'incrimine clairement. Mais elle s'en fiche. Ce n'est pas comme si elle avait l'intention de te laisser en état de l'accuser de quoi que ce soit.

Lorsque tu arrives enfin devant les quais, elle prend le temps de t'observer quelques secondes. Ton visage aussi fermé qu'à l'ordinaire ne l'étonne pas beaucoup. Mais ton immobilité la surprend ; d'ici, on dirait que tu regardes au loin. Un instant, elle se demande à quoi sont occupées tes pensées. Elle aimerait croire qu'elle s'en fiche, mais ne sera pas aveugle au point d'essayer de s'en persuader. Tu l'as toujours intriguée, depuis qu'elle est gamine. Il est des choses qui ne changent pas. Elle aurait aimé pouvoir te comprendre, fut un temps. Maintenant, la simple idée d'être un peu comme toi la révulse. Pourtant, elle sait que c'est sa force. « Quel regard perçant. C'est l'Ox qui t'a rendu mélancolique ? » elle lance, froide et forte, le sarcasme en fer de lance. Elle n'a pas peur de faire du bruit, le sortilège d'insonorisation vous isole. Elle fait taire les tremblements qui la saisissaient un peu plus tôt, elle calme le fourmillement incessant de ses pensées. Du haut de son rocher, elle doit paraître inaccessible. Tu sauras que ce n'est qu'une image. Mais peu importe : seules les apparences comptent.
Elle ne descend pas encore, te darde de son regard encore trop flamboyant, derrière la couche de glace. Celle-ci ne se fendra que le temps de laisser jaillir la déflagration. Et de réduire ses ennemis en cendres. « Je constate que tu me fais la grâce de ne pas sembler surpris de me voir. » elle poursuit, savourant peut-être un peu trop l'instant. Elle l'a tellement attendu. Elle ne peut pas se permettre de laisser le doute altérer sa détermination. « Tu dois savoir pourquoi je suis là. »
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Statut du sang : PurMessages : 253Date d'inscription : 07/02/2016Localisation : Domovoï's Rock.
Ҩ Re: You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Mar 21 Fév - 18:43


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Did you ever lose yourself to get what you want? Did you ever get on a ride, then wanna get off?Did you ever push away the ones you should've held close? Did you ever let go? Did you ever not know? ▽ ADONYRIA II


Le regard fixe, il attend qu’elle passe la porte. Partout, tout le temps, il attend de la croiser. Le monde qui l’entoure s’est effacé depuis leur dernière conversation. Il n’entend plus que les mots qu’elle a enfin su prononcer, il ne voit plus que la douleur au fond de ses yeux. La haine que la Lestrange lui inspire se dissipe pour laisser place à un sentiment nouveau, encore mal accepté, renié : le chagrin. Si il y a bien une chose à laquelle il ne s’attend plus depuis des années, c’est de ressentir autre chose pour Amatis qu’un mépris absolu. Ça le surprend quand la souffrance s’accroche à ses tripes, si fort qu’il doit rassembler toutes ses forces pour respirer. C’était mille fois plus facile quand il ne savait rien, elle aurait dû emporter son secret dans sa tombe. A ce stade il ne sait même plus si elle lui a tout avoué pour le blesser ou pour les réparer, tous les deux. Elle a fait de lui le même homme que son père. C’est tout ce qui le marque, en cet instant.
Amatis ne vient pas, elle a plus ou moins disparu depuis de longues semaines. Il le sait parce qu’il écoute souvent les conversations d’Ivanka, qui prononce presque les mêmes mots tous les soirs « elle travaille encore, je lui ai dit qu’il fallait qu’elle s’arrête, qu’elle fasse une pause, mais elle est obsédée par les Vainqueurs. » Lui, il sait comment elle fonctionne. Il sait qu’elle a besoin de ça pour aller de l’avant. Elle se crée des obsessions pour garder l’esprit occupé, elle s’interdit de réfléchir à ce qui la touche. Parfois il trouve qu’ils se ressemblent beaucoup, mais là c’est elle qui le dépasse. Depuis des années, elle garde ce secret enfoui en elle. Il se demande à quel point il n’aurait pas eu envie de se trancher la gorge, à sa place. Elle y a sûrement pensé, c’est même une certitude. Pourtant elle s’est toujours retenue, il a du mal à imaginer pourquoi. Et si c’était pour lui ? Après tout ça n’a rien de juste, cette histoire. C’est elle qui a tout enduré, jour après jour, pendant qu’il continuait de vivre sa vie comme si c’était quelqu’un d’important. Elle devait remettre les choses à leur place, coûte que coûte. C’est sûr qu’elle l’a salement remis à la sienne, lui rappelant cruellement d’où il vient.

C’est à peine si il remarque qu’il vient de se lever quand on demande un volontaire pour aller réactiver des alarmes dans le secteur du port. Machinalement, il quitte le campement et se dirige vers l’endroit indiqué. La situation ne l’inquiète même pas, il se doute depuis un moment qu’il se passe quelque chose de louche avec ces alarmes. Il est d’ailleurs persuadé qu’il y a une taupe parmi eux, mais c’est loin de le préoccuper lorsqu’il arrive à destination. A vrai dire, il ne sait même pas exactement pourquoi il se laisse terrasser par tout ça aujourd’hui. Il a réussi à éloigner les angoisses au début, et puis plus le temps passe et plus ça le tracasse. Ça le torture.
Peut-être qu’il a une mince idée de ce qui a foiré. Si la bulle éclate seulement maintenant, c’est sans doute parce qu’il a reçu un message de Daphne lui annonçant qu’elle maîtrise de mieux en mieux les portoloins. Il va falloir rentrer dans Durmstrang, affronter la demi-sœur tant méprisée et tout mettre à feu et à sang. Briser d’autres vies. Détruire. La notification aurait dû le faire jubiler. Mais il sait qu’il n’est pas prêt et ça l’agace au plus haut point. Dernièrement, son univers parfaitement orchestré se casse la gueule et ça l’atteint plus qu’il ne veut bien l’admettre. Sauf aujourd’hui, aujourd’hui il s’accorde trente secondes pour cesser d’exister. Là, devant l’horizon, il reconnaît qu’il a de sérieuses faiblesses et qu’il va devoir redoubler d’efforts pour mieux les camoufler. Ça le dégoûte d’être si faible, ça ne lui est plus arrivé depuis longtemps. Pourtant il laisse cette sensation d’impuissance s’accaparer de tout son être. Pendant quelques infimes secondes, il redevient ce gamin invisible dont il s’est débarrassé sans un regard en arrière.

Il ne sursaute pas quand elle l'interpelle. C'est presque logique, au fond, qu'elle soit là pile au bon moment. « Quel regard perçant. C'est l'Ox qui t'a rendu mélancolique ? » Elle doit jubiler de le voir dans un sale état, il sait qu'il ne peut pas lui cacher ça, elle doit déjà être au courant. Il n'est pas certain de ce qu'elle sait précisément, mais elle est assez proche du noyau du drame pour connaître les détails qui le blessent. « Je constate que tu me fais la grâce de ne pas sembler surpris de me voir. » Pourtant il ne se retourne pas encore, il sent que son air trop satisfait va le titiller là où ça fait mal. Elle attend ce face-à-face depuis longtemps, ça s'entend rien qu'au son de sa voix. Trop fébrile, excitée comme une gamine de quinze ans. Ça le fait presque rire quand il constate qu'elle en est restée au même stade. N'a-t-elle donc rien appris, rien retenu? « Tu dois savoir pourquoi je suis là. » Un rictus se dessine sur ses lèvres fines, qui se retroussent subtilement. « Tu veux dire, à part parce que c'est toi qui as désactivé les alarmes? il rétorque, sans même paraître faussement surpris. » Ça non plus, ça ne l'étonne pas. Depuis qu'il a appris la présence de son ancienne apprentie sur l'île, il s'interroge sur ses véritables motivations. Il la connaît par coeur, elle semble l'avoir oublié. Mais les souvenirs sont toujours bien ancrés dans sa mémoire, il se souvient de comment sa mâchoire se crispe très légèrement quand quelque chose la contrarie. Détail à peine visible qu'il est sans aucun doute le seul capable de percevoir. Il a remarqué la tension dans ses épaules dès qu'elle entre dans le hangar, même si elle disparaît après deux secondes. Elle croit peut-être pouvoir tromper tout le monde, mais pas lui. Jamais.
Il sait pourquoi elle est vraiment là. D'un geste lent, calculé, il se retourne et lève la tête vers son trône de pacotille. Il plante ses prunelles dans les siennes, comme ça, d'un coup. Comme on arrache un pansement très vite pour que ça pique moins. « Descends, qu'on en finisse. » Le contact visuel les brûle, ça cogne fort à l'intérieur. Elle ne tarde pas à s'exécuter, se plaçant à quelques mètres de lui. Mordred sait ce qu'elle veut et si c'est ce qu'il lui faut pour se débarrasser d'elle, il est prêt à le lui offrir. Sa main gauche se referme machinalement sur sa baguette, réflexe familier, surtout face à elle. Elle qui lui doit tout et qui a encore le cran de venir le provoquer. Ça le rend dingue, et fou de rage. Espèce de petite ingrate. Tu sais très bien d'où tu viens. « Make me proud. »

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If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 384Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ Re: You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Jeu 2 Mar - 23:02

Tu souris du bout des lèvres ; elle réprime un frisson le long de son échine. Elle n'a rien oublié de tout ça, non, de la façon dont tu ourles ta bouche, de manière très délicate, maîtrisée, la façon dont ton regard reste fixe tant que tu n'as pas décidé de le déplacer du moindre millimètre. Contrôle absolu du moindre geste, elle est prête à parier que tu sais de combien de centimètres se décale sur le côté la commissure de tes lèvres. Que le moindre battement de cœur est un ordre que tu lances à ton propre corps, sans passer par la mécanique automatique du cerveau.
Elle te transperce de son regard, écrase ton visage du poids de ses prunelles en attendant que tu daignes affronter ses yeux, jadis avides, à la fois farouches et reconnaissants ; aujourd'hui inquisiteurs, durs. Trop fébriles pourtant, elle le sait. L'excitation la déconcentre, lui fait vouloir tout, trop vite. Elle savoure déjà le moment où elle te coincera sa baguette contre la gorge et où elle attendra que tu lui demandes de ne pas t'achever comme le misérable animal que tu es. Un animal sous son propre contrôle, peut-être ; mais un animal quand même. Quel genre d'homme se comporte comme ça avec ses semblables. Quel genre d'homme viole et bat sans scrupule. Brise la vie des gens en un misérable mot et les laisse passer le restant de leur vie à contempler leur reflet brisé dans les innombrables éclats abandonnés sur le sol. Le genre qui mérite de crever ; c'est un mot que tu aimais bien, ça, mérite.
Elle mérite sa place, elle mérite son titre, elle mérite son nom. Pour ça elle a oublié d'où elle venait, par deux fois. Elle a oublié Valkyria puis elle t'a oublié toi. Aujourd'hui, les deux lui reviennent dans la gueule. Elle compte bien les utiliser pour gagner. Ton entraînement méthodique qu'elle a poussé à l'extrême, conjugué à l'effroyable rage de Valkyria, même si elle ne la sent que sous la forme d'une pulsion sous sa peau. Ca lui donne la force de tout, la peur de rien, l'assurance de te regarder comme si tu n'étais qu'un insecte à écraser. Qu'importe si Amatis lui a demandé de ne pas se mêler de ça, qu'importe si Asphalt la détestera jusqu'à la fin de sa vie. Elles méritent mieux que ça. Toutes les quatre.

 « Tu veux dire, à part parce que c'est toi qui as désactivé les alarmes? »

Elle a envie de hausser les épaules mais elle aussi a opté pour l'immobilité totale. Si elle avait voulu se cacher de ce méfait-là, elle l'aurait coincé ailleurs pour régler ses comptes. Elle te sait assez intelligent pour faire le lien, et ça ne lui a pas fait peur ; ta déduction est logique, attendue même. Si avant, ça l'aurait  impressionnée, intimidée peut-être (elle aurait tout fait pour que tu ne le voies pas et tu l'aurais vu quand même), aujourd'hui il n'en est rien. Elle est satisfaite, presque. Jusqu'à présent, tout se passe comme prévu. Les sortilèges d'isolement sonique sont en place, Dagmar surveille les alentours pour que personne ne débarque. C'est là que tout se joue, c'est maintenant, les minutes décisives. Alors, que tu saches qui désactive les alarmes ? Aucune importance ; pas la moindre. Si elle gagne, tu ne pourras jamais le dire à personne. Si elle perd, ses problèmes iront bien au-delà d'une accusation de traîtrise. Aucun de vous n'aura la clémence (ou la cruauté, selon le contexte) dont tu as fait preuve en l'abandonnant, gisante dans un coin du hangar. Elle aurait préféré être morte ce jour-là. Aujourd'hui, elle est forte des leçons qu'elle a tirées de cette défaite. Forte, aussi, de toutes les victoires qu'elle a remportées par la suite. Seule.

Tu te retournes enfin et tes yeux heurtent les siens avec violence. Elle tient le coup, fièrement, pas ébranlée du tout. Il faudra faire mieux. Comme un fantôme pourtant, un frisson d'irritation glisse sur ses poignets. C'est Visenya qui réclame qu'on ait une autre expression que celle-là quand on lève la tête pour la contempler. C'est la Visenya indignée d'autrefois, perchée sur sa poutre dans la salle d'entraînement, qui vient d'apprendre que le seul homme pour lequel elle a de l'estime lui a préféré sa cracmolle de cousine. Ca alimente un peu sa colère de ce soir. Elle n'est plus cette personne-là. Il va falloir faire mieux ; et elle ne s'adresse pas qu'à toi. « Descends, qu'on en finisse. »  Le calme brutal de ta voix résonne en elle comme un écho,  familier et inconnu. Cette fois, cette fois enfin ce n'est plus un entraînement. Cette confrontation n'est peut-être pas la première, mais sera probablement la dernière. On ne joue plus. Le sourire sec qui te répond avant qu'elle ne saute souplement de son promontoire n'a plus rien du rictus jubilatoire de tout à l'heure. C'est la haine, c'est la rage et la rancoeur. Mais pas dans les cris, pas dans les gestes brusques et incontrôlés. Juste dans la violence du sourire. Tu vois, elle pense. Tu vois, j'ai fini par apprendre. Et j'ai pas eu besoin de toi.

Tu saisis ta baguette et la sienne apparaît dans sa main du même mouvement. Pourtant elle ne veut pas en découdre tout de suite ; même si elle en meurt d'envie. Elle est trop consciente de son empressement. Il faut qu'elle prenne son temps, qu'elle garde le contrôle ; sur la situation et sur elle-même. « Make me proud. » C'est dur pourtant, c'est dur de résister, de ne pas envoyer dans la seconde un sortilège qui te fera ravaler ta suffisance. Elle n'a pas oublié, elle n'a rien oublié ; mais peut-être te sens-tu obligé de le lui rappeler quand même. Ca te rassurerait, de savoir que c'est toi qui l'as entraînée, si elle t'écrase ? Ca te rassurera de savoir que c'est ta faute si tu crèves comme un chien ce soir ? Perspective intéressante ; elle se dit, pour se calmer, pour faire taire la colère. Elle préfère te trouver ridicule plutôt que de reconnaître à quel point tes mots touchent juste. En voilà une, de chose qui n'a pas changé.

On pourrait presque distinguer un champ électrique entre vos regards si on y regardait de plus près. Un truc violent qui crépite silencieusement dans l'air. Une déflagration invisible. Elle n'est pas en position de combat encore, pourtant ; sa main gauche glisse dans l'une de ses poches sans qu'elle ne détache une seconde ses prunelles des tiennes. « Un peu de patience » elle commence, en articulant méthodiquement sa phrase, avec une lenteur dans laquelle elle emploie un peu trop d'énergie tant elle voudrait déjà se jeter sur toi pour t'arracher les yeux. « J'ai quelque chose pour toi. Je sais que tu as renoncé à l'idée de le récupérer : aucun autre de tes sbires ne s'est introduit dans mes appartements depuis que la première a été obligée de s'enfuir. » La petite cordelette qu'elle tire de sa poche finit par se tendre pour extirper un pendentif argenté des tissus de son pantalon. Celui que la cambrioleuse n'a pas réussi à dérober cette nuit de l'été 1996. « Mais on ne sait jamais. » D'un geste sec, elle l'envoie dans ta direction et utilise sans un mouvement un sortilège informulé de lévitation pour le faire flotter jusqu'à toi. « Tu pourrais en avoir besoin. » Ce collier est un bouclier, que tu lui as donné après quelques semaines d'entraînement. Après ses premiers progrès, sans cesse freinés par sa baguette qui se refusait à la protéger quand elle s'y essayait. Elle n'a jamais trop su comment interpréter ton regard lorsque tu le lui as donné en invoquant son incapacité à se défendre seule. Tu n'avais pas l'air aussi assassin que l'étaient tes paroles. Peu importe. Aujourd'hui elle te le rend. Elle n'a plus besoin de ça pour se protéger de toi.

La jeune femme attend que tu sois prêt à combattre pour se mettre en garde. Visenya se concentre, contrôle sa respiration, laisse les tensions se regrouper dans son poignet qu'elle inclinera à peine en laissant le premier sortilège fuser dans quelques secondes. Valkyria, elle, ne lâche pas ton regard, contre lequel elle ne cesse de cogner, de marteler comme une dingue, comme pour te crever les yeux. Elle est brutale, véritable ouragan sous contrôle et pour la première fois, c'est elle aussi qui tient la baguette dans sa main. C'est pour cette raison que ce soir, plus que jamais, elle est effroyablement dangereuse. « You should have bet on me. » C'est aride et froid, brûlant et orageux. Douloureux et violent, peut-être surtout pour elle, même si elle ne l'avouera jamais.
Silence, derrière. Même les vagues se sont tues, en attendant le plus petit battement de tes paupières qui fera fondre sur toi la première gerbe des flammes de sa vengeance.
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Ҩ Re: You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Ven 7 Avr - 4:25


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Il l'observe en silence, elle est tellement prévisible qu'il sait d'avance ce qui est sur le point de se produire. Une explosion lente, des bouts de leurs identités mutilées qui vont se fracasser les uns contre les autres dans une valse interminable. Ça dure depuis trop longtemps, ils sont indéniablement liés et pourtant ils se débattent encore pour prétendre le contraire. Pendant des années, Adonis a rejeté le souvenir de Visenya, il l'a enfoui au fin fond de ses entrailles. Ne surtout pas y penser. Il n'a retenu que la violence de la dispute, la douleur de leur au revoir. Quelque part, il a toujours su qu'il l'avait poussée à s'en aller, parce qu'il n'a jamais été doué pour s'exprimer et qu'il a appris très jeune à ne surtout pas se laisser atteindre par quoi que ce soit. Plus jamais, il se l'est promis. Depuis que son don n'expose plus systématiquement ce qu'il ressent, il garde ses émotions bien cachées sous des milliers de carapaces d'acier. Alors forcément il n'a pas su quoi dire, comment la retenir, l'empêcher de tout bousiller. A l'époque, c'était pourtant plus facile de la blâmer elle. Il lui en veut encore, sans doute plus qu'il ne l'imagine. Sa trahison l'a pulvérisé, chacun de ses mots a été comme un couteau enfoncé dans sa poitrine. Mais il n'a pas été tendre, cruellement moins que d'ordinaire. Il a prononcé certaines choses qu'il n'aurait pas dû, qu'il ne pensait certainement pas, sinon à peine. Le plus blessant, ça avait sûrement été ce qu'ils ne s'étaient pas dit. Peut-être que s'ils avaient été moins handicapés des sentiments, ils n'en seraient pas là aujourd'hui. A se cracher au visage comme deux lions dans une cage.
Il la regarde et il réalise petit à petit que, s'il est encore furieux contre elle, il n'a cependant rien oublié de ce qu'ils ont un jour partagé. Et ça, ça lui fait atrocement mal. Leur complicité perdue, des heures de conversation dont chaque mot peut se retourner contre eux à présent. Ça ne rime à rien, il pense, amer. Franchement, quelle perte de temps abominable. De se donner autant dans quelque chose qui au final s'avère si assassin, dangereux. Devant lui, elle fait la fière, non mais à quoi ça sert. « Un peu de patience. » Il a oublié le son de sa voix, à quel point le grain des Dragonstone se ressemble tout en restant particulièrement différent. Il n'a de cesse de les comparer, là, tout à coup. Il pense à Asphalt et il se demande pourquoi elle est encore là, à vrai dire, puisque sa chère cousine a sans doute fait une scène pour la renvoyer d'où elle vient. Elle est comme ça, Visenya. Impétueuse. Elle n'aime pas qu'on la dérange, qu'on la secoue dans tous les sens. Il sait que quand elle était gamine, elle se posait bien trop de questions. Curieux, il se demande si elle a su trouver son équilibre. Ou bien si, comme lui, elle tangue au-dessus de sa double vie. Il penche plutôt pour la deuxième option, ça se voit qu'elle a des bleus à l'âme. Son intérêt pour cette traîtresse le prend un peu par surprise, à croire que peu importe à quel point il a essayé de la renier, elle reste ancrée en lui. Six ans. Six ans et pendant longtemps, il ne s'est accroché qu'à la rage dans sa voix quand elle lui a craché son mépris à la figure.

Dans le royaume des souvenirs enterrés, les cadavres remuent dans leurs tombes. La jeune femme se fait un plaisir de le narguer. « J'ai quelque chose pour toi. Je sais que tu as renoncé à l'idée de le récupérer : aucun autre de tes sbires ne s'est introduit dans mes appartements depuis que la première a été obligée de s'enfuir. » Eva. Il sait de quoi elle parle avant même qu'elle ne le montre. Il lui a offert ce cadeau au tout début, quand sa maladresse et son incompétence l'exaspéraient tellement qu'il avait été obligé de trouver une solution. Au fond, il se plaignait beaucoup mais il avait apprécié chaque seconde de leurs sessions d'entraînement. Quand son regard se pose sur le pendentif, son coeur se serre. Il a envie de vomir sa déception, son dégoût de cette adversaire qui aurait dû être à ses côtés. Il déteste le gaspillage et ça l'agace qu'elle se tienne face à lui, contre lui. Putain d'ingrate. « Mais on ne sait jamais. Tu pourrais en avoir besoin. » Subitement, elle envoie l'objet vers lui. Ça lui arracherait presque un rictus moqueur, elle a attrapé l'orgueil de son espèce. Noblesse à la con. Au final ça lui pourrit dans l'âme, toutes ses convictions d'antan. Qu'est-ce qu'il reste de la femme qu'il a connue? Les cendres de Visenya sont encore fumantes à ses pieds. C'est lui qui a contribué à tout ça, il le sait très bien. Mais elle se perd et elle ne cesse de se tordre, elle a mal et elle cherche un coupable, alors qu'elle est la principale responsable de sa crise identitaire à deux gallions. Il ne sait même pas qui se trouve devant lui, elle est trop imbue d'elle-même pour être le début de Valkyria qu'il a commencé à dessiner, et pas assez lisse pour n'être que cette fade Visenya. Il cherche, il creuse sous la surface. « You should have bet on me. » Mais au final ça n'a pas d'importance. Elle est celle qu'ils ont façonnée à deux.

Il range le souvenir d'une autre époque dans la poche de sa veste, ça le brûle tellement la blessure est encore vive. Elle n'a jamais compris. Il n'a pas la force de lui expliquer, de toutes manières. Comment il a souffert à cause de ce père qui ne voulait pas de lui. Comment ça l'a retourné, comment ça l'a changé. Pourquoi il n'a pas pu lui dire de rester, ce jour-là. Pourquoi ça a foiré comme ça. Il la regarde et il n'a même pas envie qu'elle sache, combien elle a compté et combien ça le transperce de partout qu'elle le déteste à ce point-là. Il se dit qu'il la déteste aussi, au final c'est même la vérité. Il est juste un peu confus, c'est une putain de sale période. Evidemment, l'image d'Amatis se dresse dans son esprit. Trop tard, il n'arrive plus à s'en débarrasser. Son esprit se laisse encore embarquer sur d'autres rivages, plus tumultueux, plus risqués. Il songe encore et toujours à cet enfant. Mais où est-il, que fait-il, est-ce que lui aussi il se demande pourquoi il n'a pas de père? Mordred secoue la tête, il faut qu'il se reprenne. Juste quelques minutes, le temps d'un dernier duel. Salvateur ou mortel.
D'un pas rapide, il s'avance. Baguette en main, droite et menaçante, il lance un premier sortilège qu'elle évite aussitôt. Elle renchérit, ça ne le touche absolument pas. Ils s'attaquent sans succès pendant un moment, deux êtres extrêmement doués qui s'affrontent et on s'attend à ce qu'il y ait des étincelles. Mais il faut attendre avant que ça n'explose, déflagration bruyante, assourdissante. C'est Mordred qui la touche en premier, à la jambe, elle a légèrement trébuché sur un rocher. Il se concentre, profite de son étourdissement et de son sortilège qu'il vient d'éviter pour la propulser contre le mur de pierre un peu plus loin. Son dos se fracasse, l'impact est brutal, violent. Elle retombe comme une vulgaire marionnette dont on a coupé les fils. Face contre terre, et le temps qu'elle se relève, il s'est déjà jeté sur elle, lui a balancé un méchant diffindo sur le cou. Elle saigne. Il suffoque un peu. Il a du mal à se reprendre, il a l'impression que toutes les doses d'Ox qu'il s'est administrées l'ont plus affaibli qu'autre chose. Mais il s'avance assez vite, veut éloigner sa baguette mais elle est plus rapide que lui. Elle veut se relever, il l'attrape par son vêtement et la plaque contre le mur, mauvais. Elle s'accroche fermement à sa baguette mais il lui bloque les poignets, s'appuie de tout son corps contre le sien. « Pourquoi maintenant? il murmure, par curiosité. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour finalement te venger comme ça, sans raison apparente? » Elle se débat, finit par lui enfoncer sa baguette dans les côtes et lui envoyer un sortilège qui le propulse à son tour dans les airs. La chute lui démolit la colonne vertébrale. Il a toujours sa baguette, ses réflexes sont intacts, il se protège de son attaque. Mais elle se jette sur lui avec tellement de véhémence et d'acharnement qu'après avoir résisté un moment, il se sent abandonner, sans trop savoir pourquoi. Fichu Ox, ça l'a rouillé. Il n'est pas assez habitué, bon sang. En une fraction de seconde, il est déconcentré et elle l'a salement amoché. Douleur lancinante. Il porte la main à son torse, ses doigts se tâchent du liquide visqueux. Elle attaque, il évite et renchérit, ça lui laisse tout juste le temps de plus ou moins se relever. Il chancèle, elle l'a vachement démoli, il est obligé de se tenir penché pour ne pas se vider de son sang. Leurs regards se croisent, se toisent, s'anéantissent. « Je ne sais pas qui tu es devenue mais tu ne peux pas me le reprocher. J'ai jamais voulu faire de toi une meurtrière, alors ne me dis pas que tu te venges pour tout ça. » Ça le brûle, il grimace. Elle lui balance encore un sortilège qu'il ne peut esquiver, déjà plié en deux. En plus de son torse lacéré, cette garce vient de l'envoyer contre un rocher, son dos est comme brisé en deux. Encore. Ça commence à devenir atroce, insupportable. Et toujours le sang qui s'écoule de sa blessure, il ne pense pas avoir le temps de la soigner correctement, là, tout de suite. Il sent qu'elle marche vers lui, il la devine pleine d'assurance. Oh elle doit être fière, elle doit jubiler. Il se relève doucement en s'aidant de ses mains. « Allez, réponds. De quoi tu m'accuses à ta place, hein? Pourquoi maintenant, Valkyria? Pourquoi? il hurle, au bord de l'hystérie nerveuse. » Il perd trop de sang, il le sait. Il doit gagner du temps mais elle avance à grands pas, il tente discrètement de se soigner, il lui tourne le dos. Elle ne l'attaquera pas si il ne la regarde pas, ce n'est pas comme ça qu'il lui a appris à se battre. Il sait que dès l'instant où il lui fera face, elle lui déchirera encore la peau, elle lui trouera les os. Tout ça au nom de quoi? Au nom de qui?
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Welcome to my world of fun
If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 384Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ Re: You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Sam 15 Avr - 3:34

Ca n'a rien à voir avec les autres fois. Pourtant, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Six ans, c'est long, ça a laissé le temps à de très nombreuses sessions d'entraînement. Elle a pris beaucoup de raclées, mais aucune n'a été inutile. Les humiliations et les commentaires acerbes, exaspérés, elle a fini par les connaître, savoir les interpréter, déceler les petites nuances dans ton regard qui lui faisaient voir comme un compliment ce que n'importe qui aurait compris comme une énième réprobation. Peu à peu, elle a fini par savoir te déchiffrer, par savoir regarder, entendre, comprendre. Elle était tellement impressionnée qu'elle ne s'en est même pas vraiment rendue compte, sur le coup, d'à quel point elle devenait bonne à ces jeux-là. Beaucoup trop concentrée sur le fait de ne surtout pas te décevoir encore pour s'apercevoir qu'elle comprenait la petite litanie morbide de ton âme fracassée. Loin de se douter qu'elle traînerait la même quelques années plus tard, et que l'ultime crise, celle de la dernière fois, c'était son âme à elle qui refusait cette ressemblance. Dire qu'elle se pensait prête à tout pour te ressembler. Elle n'imaginait certainement pas y arriver si bien. Le pire c'est qu'elle ne peut le comprendre que maintenant ; c'est vraiment du gâchis. Si elle avait su se connaître aussi bien qu'elle te connaissait, jamais vous n'en seriez là aujourd'hui.
Les sortilèges fusent et crépitent, précis. Pas d'explosions dans tous les sens, pas de grands éclats flamboyants qui fusent comme des feux d'artifices. Juste une ligne, d'un adversaire à l'autre, dans les deux sens ; les trajectoires sont parfaites, tellement que parfois, les sorts explosent au milieu, interceptés par l'attaque adverse. Ca dure un moment ; elle redouble d'ingéniosité, se déplace plus vite, ralentit, vise les genoux, le buste, mais tu sais, tu prévois, elle n'arrive pas à percer ta défense. La colère la fait serrer les mâchoires, elle se force à respirer calmement ; sa main ne tremble pas, elle tient la cadence, les lèvres pincées, sans te lâcher une seconde du regard. Elle est méthodique, implacable ; tout est sous contrôle. Tout. Surtout ses pensées. Elle ne doit pas se laisser déconcentrer. Elle peut gagner, elle en est certaine ; elle va te battre, elle va te faire regretter ça ; tout, tout ça.

Ses yeux s'écarquillent, elle chancelle. Même pas le temps de pester, même pas le temps d'avoir le vertige à cause du déséquilibre, même pas le temps d'avoir peur de la brèche ouverte dans sa défense. Elle est déjà touchée, et sa cuisse se fige, elle sent sa chair se cristalliser et a à peine le temps d'articuler le contre-sort pour éviter de se retrouver paralysée avant qu'un impact au creux du ventre ne l'envoie directement se fracasser contre les rochers. Son dos, son crâne, ça claque comme des os qui se brisent et elle retombe au sol, sonnée, la douleur diffusée partout dans son corps. Il lui faut plusieurs secondes pour bouger, agiter les doigts, vérifier dans un sursaut catastrophé qu'elle a toujours sa baguette dans sa main, et c'est après seulement qu'elle se crispe, qu'elle se recroqueville en plaquant ses mains sur sa tête parce que ça fait trop mal ; elle souffle, longuement, son ventre se tord, elle doit se relever, et faire face, avant que tu n'en profites ; sauf que tu en profite déjà. Elle entend sa peau se déchirer et la douleur lui arrache un cri tandis qu'elle porte les main à son cou, là où le liquide poisseux dégouline sur sa peau. Son cerveau se remet en place, l'adrénaline court dans son sang et ses habitudes de combattante reviennent au galop ; il faut penser pratique, dans l'ordre. Une main à sa gorge, elle palpe la blessure, histoire d'avoir une vague idée de combien de temps il lui reste avant de se vider de son sang. La plaie est sur le côté de son cou, elle n'a pas l'impression d'être en danger de mort pour l'instant ou en tout cas, pas à cause de cette blessure-là. Le danger mortel, c'est toi. Elle n'a pas réussi à prendre l'avantage. Tâchant de se relever, agrippée à sa baguette, elle n'a même pas le temps de déplier ses jambes qu'elle se sent empoignée par ses vêtements et plaquée contre la falaise. Un grondement rauque s'échappe de ses lèvres, elle se débat, cherche à diriger sa baguette vers toi mais tu lui attrapes les poignets et tu l'immobilises en coinçant son corps entre le tien et le rocher. Elle peine à respirer. « Pourquoi maintenant ? Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour finalement te venger comme ça, sans raison apparente ? » Sans raison apparente ? Non c'est vrai, tu t'es bien tenue loin d'elle jusqu'à présent, c'est plus à elle que tu fais du mal, de toute façon tu savais très bien qu'elle te laisserait plus t'approcher. Tu lui en as assez fait. Tu as d'autres victimes préférées, d'autres gens pour se traîner à tes pieds. Elle te cracherait bien à la gueule mais son souffle est trop rare et précieux pour qu'elle le gaspille comme ça. Les dents serrées, elle échappe un grognement de colère et d'efforts pour se libérer de ton emprise et t'enfoncer la pointe de sa baguette dans les côtes. Tu décolles, balancé dans les airs par le sortilège et elle retombe au sol, le souffle court. Il faudrait qu'elle s'occupe de sa blessure mais elle n'a pas le temps. Hors de question qu'elle perde son avantage ; forçant sur ses jambes, elle se relève d'un mouvement, avançant vers toi à grands pas, expédiant déjà une première salve de sortilèges droit sur toi. Son cou lui fait mal, ça la lance, elle repousse la douleur de toutes ses forces en s'acharnant sur toi, avançant toujours ; le rythme de tes répliques ralentit, et très vite, tu ne fais plus que te défendre. Elle est trop proche, la cadence est trop soutenue. Ta parade est tardive, ton bras est repoussé et tu n'as pas le temps de te replacer en garde ; les deux sortilèges s'écrasent sur ton torse, tailladant tissus et chairs. Tu te plies en deux, un sourire douloureux barre son visage. Prends ça, connard.

C'est facile de te haïr. C'est rassurant d'avoir un ennemi identifié. Tu as déglingué ses certitudes il y a trois ans, tu as tout dégommé et jusqu'à ce qu'elle arrive sur cette île maudite elle était persuadée que la totalité de ses angoisses, de ses peurs et de ses pulsions, ses colères incontrôlées, étaient le fruit de ça, de tes mots. Elle t'a tenu responsable de blessures que tu n'as fait que lui montrer, elle t'en a voulu comme si tu les avais tracées, ouvertes directement sur son âme. Mais c'était déjà là. Elle le sait maintenant. Elle le sait parce qu'il y a eu Eva, pas si longtemps après toi. « Je ne sais pas qui tu es devenue mais tu ne peux pas me le reprocher. J'ai jamais voulu faire de toi une meurtrière, alors ne me dis pas que tu te venges pour tout ça. » Ce qu'elle est devenue ? Ca lui donne presque envie de rire, mais elle n'a pas envie de t'écouter, et encore moins d'entendre. Alors elle redouble d'efforts, les sortilèges deviennent flamboyants, moins contrôlés ; la colère et la douleur prennent le pas, lentement mais sûrement. Elle va te démolir, elle va te faire payer. Te faire payer tout. T'as jamais voulu faire d'elle une meurtrière c'est vrai, tu voulais même pas l'entraîner. C'est pas ton monde, princesse. Tu l'as bien regardée, ta princesse ? Elle ne ressemble pas trop à ces dames de la cour, hein ? Le sort te frappe au milieu du ventre, tu t'écrases sur un rocher plus loin. Elle va te tuer, elle se dit, en regardant ton corps se tordre sous l'impact. Une meurtrière, elle ? C'est pas vraiment ce qu'elle est, mais elle se fiche un peu de ce qu'elle pourra devenir. Elle s'empêche de réfléchir à tout ça depuis des semaines, elle refuse de voir et d'entendre, elle s'assourdit elle-même, et ce soir au milieu des explosions ne demeure que l'écrasant sentiment de n'avoir plus rien à perdre. Alors elle marche vers toi, elle s'avance, conquérante. Elle arrache sa victoire, elle t'arrache les années de remises en question, les nuits passées à regarder le plafond en cherchant des réponses qui ne sont jamais venues. Les neufs mois de la vie d'Amatis, même si elle ne dira rien ; les années de celle d'Asphalt, même si elle est trop aveuglée pour voir tout ce que tu lui prends. Tu mériterais de t'étouffer avec les éclats des vies que tu pulvérises. Bon sang oui, c'est facile de te haïr. Comme une cruelle et nécessaire diversion, de toutes les choses qui font trop mal sur lesquelles elle n'arrive plus à fermer les yeux.

« Allez, réponds. De quoi tu m'accuses à ta place, hein? Pourquoi maintenant, Valkyria? Pourquoi? » Valkyria, son prénom lui fout une gifle et elle se fait violence pour ne pas fermer les yeux, parce qu'elle en a assez de prendre ce coup, ce même coup, tout le temps, qu'elle n'arrive pas à esquiver, parce qu'elle n'en peut plus de ce mot qui plonge tout au fond en elle et qui va chercher des fantômes qui lacèrent tout à l'intérieur quand ils remontent vers la surface. La dernière à avoir utilisé ce prénom c'est Eva. Eva qui lui a découpé le dos d'un coup de sabre et qui a fini par lui rendre les souvenirs qu'elle avait pris. Elle inspire, souffle longuement. C'est pas le moment, c'est pas le moment mais c'est trop tard. Mentalement, elle entend la mélodie, la voix, elle a envie de hurler. Stop. Pourquoi est-ce que son esprit refuse de rester compartimenté correctement. Elle a toujours très bien réussi à faire ça, bordel, elle a toujours su ignorer Valkyria, alors... alors pourquoi elle y arrive plus. C'est la faute de la violoniste, c'est elle qui a tout remis en question, encore, c'est elle qui a tout détraqué. Elle a continué sur la voie que tu avais commencé à tracer, c'est bien, vous travaillez de concert, ça vous réussit. Mais fichez-lui la paix, ok ? Elle pense ça, puis elle se dit que c'est elle qui est venue ce soir, et ta question résonne dans sa tête ; pourquoi ? Pourquoi elle est là, pourquoi elle se bat, pourquoi elle est déterminée à t'arracher la peau même si ça doit lui coûter les dernières miettes de son intégrité. La vérité c'est peut-être qu'elle s'accroche à des combats qui n'ont plus de sens juste parce qu'elle veut se persuader qu'elle croit encore en les mêmes choses et que tout n'a pas encore été fracassé. Ses dents sont serrées, elle chasse ses pensées ; elle n'a pas à rendre de compte, et sûrement pas à toi. « Regarde moi » elle crache, en s'approchant, elle n'est plus qu'à quelques pas et tu continues de lui tourner le dos. « Regarde-moi ! » elle ordonne, elle crie elle-aussi, elle refuse de t'attaquer par derrière. Alors elle s'approche plus et d'un coup sur ton épaule elle te force à te redresser. « T'oses me demander pourquoi » elle continue, écumante de rage, en préparant un bouclier pour contrer ta prochaine attaque, quand tu penseras la prendre par surprise. « Tu m'as dit pourquoi, toi ? » on dirait qu'elle va mordre tellement elle est véhémente, tellement elle a l'air hors d'elle ; mais elle a encore un peu de contrôle, et le sortilège que tu lui lances meurt contre la défense qu'elle a préparée. Tu pares la première contre-attaque mais la seconde te lacère le poignet ; elle te voit lutter pour garder les doigts serrés sur ta baguette. « Pourquoi tu m'as laissée me vider de mon sang dans un coin de cette salle » L'attaque suivante trace une nouvelle ligne de feu sur ton bras ; elle va finir par te faire lâcher ton arme. « Pourquoi t'as pulvérisé tout, pourquoi t'as juste décidé que je, que ça valait pas le coup » Elle attaque encore, inlassable, elle te fait reculer, elle matraque, de sorts et de mots, sans s'arrêter « Après tout ce que t'as brisé, sans jamais me dire pourquoi, t'oses me demander une explication ? » Elle ne se rend même pas compte des larmes de rage qui brillent derrière ses yeux, elle s'aperçoit à peine d'à quel point ses paroles trahissent un mal qu'elle n'a jamais voulu regarder en face. La façon dont elle s'est sentie abandonnée quand t'es parti, et dont, maintenant, elle se rend compte que c'était trop bête, elle s'aperçoit que t'avais raison. Alors pourquoi vous en êtes là ? Parce qu'elle était trop bête pour comprendre, parce que t'as été trop con pour pas lui expliquer ? Elle se connaissait pas, mais toi oui. Elle s'est trompée sur toute la ligne et elle a eu besoin d'une tornade aux cheveux rouges pour réaliser à quel point ça avait pas de sens. Ce soir elle a déjà compris, oui. Mais c'est plus facile de te haïr, quand même, c'est plus facile de s'accrocher à ses certitudes, même s'il n'en reste que des miettes. C'est mieux que rien du tout. Parce que si elle n'a plus ça, elle n'a plus rien du tout. « Va crever, Adonis, tu mérites que ça » elle crache. Le sort suivant fait mouche, ton arme tombe, cette fois ça y est, c'est terminé. Ca lui déchire le ventre et ça n'a aucun sens. Où est-ce qu'elle est, la satisfaction ? Putain mais qu'est-ce que ça veut dire. « Donne-moi une seule bonne raison de pas t'achever sur le champ. » Elle sait déjà que ça la soulagerait même pas. Que rien ne soulagera ça. C'est pire que tout ; finalement, elle a peut-être retrouvé une certitude. Celle que sa vie n'est qu'une énorme suite de gâchis plus énormes les uns que les autres. Son ventre se tord un peu plus. Ca lui fait mal, bordel. Tu dois bien mériter de payer au moins pour ça.


Shadows settle on the place that you left
And if you're still bleeding, you're the lucky one. 'Cause most of our feelings, they are dead and they are gone. We're setting fire to our insides for fun, collecting pictures from the flood that wrecked our home. It was a flood that wrecked this. And you caused it.
And if you're in love, then you are the lucky one, 'cause most of us are bitter over someone. Setting fire to our insides for fun, to distract our hearts from ever missing them. But I'm forever missing you. And I caused it.
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Ҩ Re: You should have bet on me || Adonyria II Ҩ Dim 12 Nov - 18:29


Blame the world and never blame you
Did you ever lose yourself to get what you want? Did you ever get on a ride, then wanna get off?Did you ever push away the ones you should've held close? Did you ever let go? Did you ever not know? ▽ ADONYRIA II


« Regarde moi. » Elle hurle, comme s'il avait besoin de se retourner pour voir son visage. Il l'a gardé intact dans sa mémoire, parfois il le laisse s'imprimer sur ses paupières closes et il se demande comment elle s'en sort. Maintenant il le sait, il sait qu'elle va mal et qu'elle n'ira sans doute plus jamais bien. Il s'en doutait déjà, lui il a vu les failles dans son âme avant même qu'elle n'en ait conscience. Il a vu leurs ressemblances, il a vu tout ce qu'elle était incapable de voir. C'est pour ça qu'elle lui en veut, c'est pour ça qu'elle s'avance vers lui si déterminée, tellement persuadée d'être dans son droit. « Regarde-moi ! » D'un geste, elle l'oblige à se tourner vers elle. Il a presque envie de lui cracher à la figure, de lui vomir tout son mépris. Il avait des projets pour elle, et elle a tout gâché. Sur un coup de tête, comme la gamine capricieuse qu'elle prétend ne pas être. C'est pas son monde, à la Princesse. Il l'a prévenue mais elle n'a rien écouté, elle a balayé d'un revers de la main tous ses avertissements. Ce n'était tout de même pas à Visenya Dragonstone qu'il faisait des leçons. Non, elle, elle valait mieux que tout le monde, mieux que ceux qui la méprisaient et encore plus que ceux qu'elle essayait d'impressionner. Mieux que le reste de sa famille, mieux que sa cousine, mieux que lui. Elle, elle allait tout réussir, accomplir tous les exploits. Elle allait être plus encore que ce qu'on attendait d'elle, parce que se contenter d'usurper la place de l'héritière ça ne lui ressemblait pas ; non, elle, elle n'était pas comme ça. Elle ne volait rien, Visenya, elle méritait tout.  « T'oses me demander pourquoi » Qui est-il pour oser interroger son Altesse royale sur ses intentions? Qui est-il pour lui demander des comptes? De quel droit l'oblige-t-il à se remettre en questions? C'est pas son rôle, ses yeux lui hurlent. Elle n'a pas fait appel à lui pour ça, ses conseils à la con elle n'en voulait pas. Ni hier, ni aujourd'hui. Alors quoi? Pourquoi elle est revenue le chercher, le provoquer? Ce n'est pas pour qu'il lui répète les vérités qu'elle a toujours refusé d'entendre, non, bien sûr que non. Elle est trop fière pour ça Visenya, elle n'est pas là pour reconnaître qu'il avait raison depuis le début, qu'elle s'était paumée quelque part entre ce qu'elle devait faire et ce qu'elle voulait faire. Celle qu'elle avait toujours cru vouloir être et celle qu'elle n'avait jamais su qu'elle était. Non, tout ça c'est faux, il a lâché ça pour la déstabiliser, lui faire mal comme le putain d'enfoiré qu'il avait toujours été. Comme s'il avait un jour voulu l'aider, même dans l'Allée des Embrumes il aurait préféré se barrer plutôt que de lui sauver la vie. Ses regards froids, ses mots tranchants, tout ça elle l'a bien retenu. Du reste, elle n'a rien vu. Tout le reste c'était que du vent de toutes manières, que des illusions qu'il projetait dans ses yeux pour la manipuler, évidemment. Qu'est-ce que ça pourrait être d'autre? C'est pas le genre d'Adonis de s'attacher, elle, elle le sait. Elle, elle sait tout. Ne lui dites surtout pas qu'elle ne comprend pas, elle a horreur de ça, Visenya.

Elle lance un nouveau sort, qu'il parvient à contrer, mais il n'a pas le temps de parer le suivant. « Tu m'as dit pourquoi, toi ? » Il s'accroche à sa baguette, aux miettes de fierté qu'il lui reste. A lui non plus, il ne faut surtout pas lui dire qu'il n'aurait jamais dû partir. Il le sait, au fond il l'a toujours regretté. De toutes façons c'était trop tard, hein, Valkyria? Il n'y avait déjà plus rien à réparer, il avait déjà tout bousillé. C'est sa faute, ça s'entend qu'elle en est persuadée. « Pourquoi tu m'as laissée me vider de mon sang dans un coin de cette salle » Elle envoie un autre sort qui lui lacère le bras, le piège se referme doucement autour de lui. Il faut qu'il l'arrête, seulement il a déjà essayé et ça n'a pas marché. Et elle continue, virulente, elle s'approche de lui telle une tornade dévastatrice. Une guerrière dévastée.  « Pourquoi t'as pulvérisé tout, pourquoi t'as juste décidé que je, que ça valait pas le coup » Il prend les coups, il encaisse, tout ce qu'elle lui envoie, il le reçoit de plein fouet.  « J'ai rien décidé du tout, c'est toi qui t'es retournée contre moi, il crie, sur la défensive. » « Après tout ce que t'as brisé, sans jamais me dire pourquoi, t'oses me demander une explication ? » Il voit les larmes dans ses yeux et ça l'achève, ça le crève. « Parce que toi tu m'as expliqué pourquoi tu m'en voulais? Tu m'as dit pourquoi tu m'attaquais ce jour-là? » Il feule, comme un lion pris au piège. Il sait que s'il prononce un mot de plus, elle va le tuer. Elle est venue pour ça, elle croit que sa mort va la soulager, lui apporter un peu de répit, une certaine satisfaction. Il décide de parler quand même, les dés sont jetés depuis longtemps. Lui il ne pourrait jamais la tuer, il sait qu'il a perdu depuis depuis le début. « Tu me dis pourquoi tu m'attaques, là, maintenant? » Il recule encore un peu, mais il a déjà cruellement conscience de sa propre défaite. « C'est pratique, ta version des faits. Plus pratique que la vérité. »

Mais la vérité c'est la sienne, alors Visenya attaque, une dernière fois, avant qu'il ne lui cède enfin la victoire. Il a perdu, elle a gagné. Si ça c'est pas la preuve qu'elle a raison, franchement. « Va crever, Adonis, tu mérites que ça » L'ironie veut que ce soit de sa main à elle qu'il perde la vie. Il a presque envie de la prévenir qu'elle va le regretter, ça aussi, qu'elle ne pourra pas plus vivre avec le fait de l'avoir tué qu'avec le fait qu'il l'ait laissée en vie, ce jour-là. Est-ce que c'est pour ça qu'elle lui en veut? Parce qu'il ne l'a pas laissée emprunter la voie de la facilité? Parce qu'il lui a appris à se relever et à se battre, à ne jamais abandonner? Est-ce qu'elle aurait préféré en finir, qu'il la libère au lieu de la condamner à cette vie-là? « Donne-moi une seule bonne raison de pas t'achever sur le champ. » C'est là que ça lui revient, à Mordred, le souvenir d'une autre époque, encore une preuve de la naïveté de la Dragonstone. Il n'a même plus la force de sourire, de hurler de rire tellement c'est ridicule. Ça n'a pas de sens, vraiment aucun ; mais il a du mal à se souvenir d'un temps où ils en avaient, tous les deux.
Il se redresse péniblement, il est recouvert d'hémoglobine mais c'est à l'intérieur que tout fait mal, que tout se tord. « Tu me dois une faveur, tu te souviens? » Le visage de Visenya se décompose, ça la prend par surprise. Qu'est-ce qu'elle espérait qu'il lui dise, hein? Qu'il la supplie de ne pas le faire, de ne pas l'achever? Il a trop d'égo pour ça, il ne l'aurait jamais fait. « Une chance que nous ayons fait un Serment inviolable, sinon ce détail aurait été effacé de ta mémoire, comme tant d'autres. » Peut-être qu'il le sait depuis toujours, qu'ils sont destinés à en arriver là. Peut-être que pendant six ans, il a essayé de se voiler la face, de se dire qu'il s'était trompé, qu'elle allait vraiment résister, tenir le coup, qu'elle n'allait pas craquer sous la pression, se briser sous le poids de ses deux identités. Peut-être qu'il espérait qu'elle s'en sortirait mieux que lui, qu'elle ne commettrait pas les mêmes erreurs. Qu'il pourrait la guider, la protéger. Mais il ne s'est pas trompé. Il n'a jamais autant détesté avoir raison. « Je veux que tu disparaisses de ma vie, Visenya. Je veux que tu t'en ailles et que cette fois-ci, tu ne reviennes pas. Je ne veux plus que tu te mêles de mes affaires, plus jamais. Tu vas nous laisser tranquilles, Asphalt et moi. » Son regard la transperce. « T'as qu'à trouver quelqu'un d'autre à blâmer pour tes problèmes. Ce ne sera plus moi. » Sa voix tremble légèrement, ça lui coûte plus qu'il ne peut l'admettre. Plus qu'il ne pourra jamais lui dire et encore plus qu'elle ne voudra jamais l'entendre. C'était rien, de toutes façons. C'était six ans de leurs vies mais c'était rien. « Fous-moi la paix, j'ai trop donné. Maintenant ça suffit, je ne veux plus jamais te revoir, est-ce que c'est clair? » La douleur lui arrache une grimace, il s'agrippe au rocher pour ne pas tomber à ses pieds. C'est presque ironique qu'elle pense qu'elle ait gagné, il a envie de lui prouver le contraire mais cette fois il se tait, il se contente de le penser. Tu vois moi j'ai toujours su qui tu étais, j'ai toujours été prêt. Tu vois je te l'avais dit, t'aurais mieux fait de m'écouter ; on ne sait jamais quand un duel a vraiment commencé. Le début du nôtre remonte à des années, et il s'achève ici, maintenant. C'était ton plus gros coup et je l'ai contré. Tu l'avais pas vu venir, celle-là, hein? Bien sûr que non, t'as jamais rien vu venir, t'as jamais rien compris et tu ne comprendras jamais rien. C'est pas ton monde, Princesse, c'est le mien.


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If it feels good, tastes good, it must be mine. Heroes always get remembered but you know legends never die. And if you don't know now you know, I'm taking back the crown. I'm all dressed up and naked. I see what's mine and take it. The crown, so close I can taste it.


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You should have bet on me || Adonyria II

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