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 If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II

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Statut du sang : Sang PurMessages : 643Date d'inscription : 27/10/2014Localisation : Au centre de toutes les attentions.
Ҩ If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II Ҩ Dim 12 Fév - 2:01



▿ Lay me down on a bed of roses

Sink me in the river at dawn. Send me away with the words of a love song. The sharp knife of a short life, oh well, I've had just enough time. And I'll be wearing white, when I come into your kingdom.


La vie avait quelque chose d'extrêmement fragile. Tout le monde jouait sa part, comme les acteurs d'une pièce de théâtre ; à ceci près que personne ne savait quand les rideaux allaient se refermer. Tout pouvait basculer à tout moment. Si bien qu'au final, nous n'étions tous que des équilibristes sur un fil, attendant la chute ultime. Parfois la vie ne nous accordait même pas une dernière révérence. Autant de tristes pensées qui occupaient l’esprit de la Droganov lorsqu’elle observait les élèves cachés dans la salle de réception. Ça lui brisait le cœur d’imaginer que parmi la foule, tous ne sortiraient pas de cette guerre vivants. Ils ne méritaient pas que des êtres inhumains les découpent en petits morceaux. La plupart d’entre eux n’avaient d’ailleurs rien demandé, ils s’étaient simplement retrouvés condamnés à cause d’un pouvoir qu’ils n’avaient jamais pensé réel. Mais la légende de l’Ox était cruellement vraie. Si on avait pu prédire ce qui allait se passer, l’histoire aurait peut-être été différente. Désormais c’était trop tard, le cauchemar avait déjà commencé et certains monstres refusaient qu’il ne s’arrête. Les mécanismes de la destruction étaient en marche, Erika se sentait bien impuissante face à tout ce chaos.
Pourtant elle aurait voulu crier, protester. Sa voix se perdrait dans le silence des âmes meurtries. A quoi bon se révolter, puisque de toutes façons, elle ne pouvait rien y changer. La cupidité des uns avait provoqué le malheur des autres. Maintenant on ne pouvait plus revenir en arrière, il n’y avait plus de retour possible, sinon ça se saurait su. C’était juste que ça la dégoûtait encore, toutes ces injustices. Elle regardait les élèves regroupés devant elle et elle ne voyait que de la peur. Des existences brisées, des enfants terrifiés. Elle aurait aimé leur dessiner des sourires à la craie, mais elle aussi, elle se laissait peu à peu dévorer par les ténèbres.

Erika fut tirée de ses pensées lorsqu’elle entendit quelqu’un demander l’heure à côté d’elle. Vingt heures treize. Elle était en retard. D’un pas rapide, elle rejoignit la sortie de la pièce où elle aurait dû rejoindre Enora précisément treize minutes plus tôt. Rien de très grave, elle comprendrait. Son amie avait l’air ailleurs, ces temps-ci, c’était l’occasion pour la meneuse de lui demander des explications. Elle réalisa que ça faisait un moment qu’elles n’avaient plus discuté, réellement discuté. Autrefois, elles avaient l’habitude de parler pendant des heures, jusqu’à ce que la fatigue ne vienne à bout de leurs drames personnels. Leur proximité lui manquait énormément, mais c’était un luxe que la Flamme ne pouvait pas s’offrir en ces temps de crise.  La petite Anglaise ne lui en voulait pas, elle en était persuadée. Erika était très sollicitée en ce moment, elle ne pouvait pas faire autrement ; elle voulait être présente auprès de ceux qui avaient besoin d’aide. Elle protégeait les siens, comme elle l’avait toujours fait, même si le troupeau s’était largement agrandi.
Quand elle arriva au lieu de rendez-vous, elle fut surprise de ne pas y trouver Enora. Jamais son amie n’oublierait qu’elle s’était inscrite pour une ronde, ça ne lui ressemblait pas. Quelques minutes plus tard, la Bulgare décida de se renseigner auprès de son co-meneur. « Deklan ! » Celui-ci était adossé contre un mur, quelques mètres plus loin. Il tourna la tête vers elle, un peu distrait. « Tu n’aurais pas vu Enora ? On devait faire une ronde ensemble mais elle n’est pas là. » Elle savait que ce n’était pas franchement la personne qu’il appréciait le plus au monde, sans trop savoir pourquoi ces deux meilleurs amis semblaient si peu s’entendre. Mais il pouvait lire son inquiétude sur son visage, alors il fit un effort pour réfléchir avant de lui répondre. « Non, en fait ça fait longtemps que je ne l’ai plus vue dans la salle, maintenant que tu m’en parles. » Sa réponse ne plut pas à Erika, qui afficha une mine perplexe, voire carrément anxieuse. Ça ne ressemblait pas du tout à son amie de disparaître comme ça. Qu’est-ce qu’elle fabriquait ? Et si son psychopathe de petit-ami s’en était pris à elle ? Son sang ne fit qu’un tour, elle se mit à paniquer. « Bon, je vais essayer de la retrouver. » Elle n’était pas à son aise, elle s’en voulait de ne pas avoir remarqué son absence plus tôt. Deklan ne semblait pas si étonné qu’elle manque à l’appel, sans doute avait-il lui aussi fait le rapprochement entre son absence et sa relation avec Onisim. Toutefois il ne tenta pas de la retenir, sachant pertinemment qu’elle partirait quand même. Il la connaissait par cœur, son tempérament était loin d’être facile à gérer. Pour en avoir fait plusieurs fois les frais, il ne s’avança pas trop à la contredire, mais il tenta de la rassurer quand même. « Ne t’en fais pas trop, elle ne doit pas être bien loin. » Il avait certainement raison, mais elle préférait en avoir le cœur net. Elle lui sourit légèrement, pour le remercier d’être cet appui solide sur lequel elle pouvait se reposer. Son monde ne serait pas le même sans lui, il rendait toute cette situation un peu plus supportable. « Tu as sans doute raison. » Elle s’éloigna quand même, déjà accaparée par ses soupçons. Et puis elle ne voulait pas le déranger davantage, il avait l'esprit ailleurs. « On se voit tout à l’heure ! lança-t-elle tandis qu’elle était déjà loin. »

Son cœur tambourinait dans sa poitrine en parcourant l’assemblée du regard. Aucune trace d’Enora. Inquiète, Erika fit rapidement le tour de la salle avant d’en sortir, déterminée à la retrouver. Son instinct lui murmurait que son amie ne devait pas être dans son état normal, ou du moins que quelque chose ne tournait pas rond. Elle avait un mauvais pressentiment, elle s’en voulait d’avoir délaissé leur amitié au point de ne même pas avoir remarqué qu’elle avait déserté leur planque.
Une heure plus tard, la Droganov s’apprêtait à demander de l’aide pour que ses recherches s’avèrent plus fructueuses, mais elle réalisa alors l’endroit où elle se trouvait. L’entrée de son ancien QG se dessinait devant elle, familière, réconfortante. Ça avait été sa maison pendant des années, ça avait sans doute été plus sa maison que n’importe quel autre endroit sur Terre. Sans réfléchir, elle écouta son cœur et pénétra à l’intérieur, laissant ses émotions la saisir à la gorge. Il s’était passé tellement de choses entre ces murs, elle en gardait tellement de souvenirs.  
Elle ne fut presque pas surprise de retrouver la Barjow recroquevillée sur le fauteuil, la baguette levée droit vers elle, comme si elle s’attendait à devoir lutter pour sa vie. Lorsqu’elle reconnut celle qui venait d’entrer, elle baissa les armes et baissa la tête. Erika s’approcha doucement, elle vint s’asseoir à côté d’elle et l’attira contre sa poitrine. Ses bras l’entourèrent lentement, avec une tendresse fraternelle. Le petit corps de la Barjow se mit à trembler contre son cœur. « Je suis là, tu peux me parler. » Elle ne bougerait pas, elle ne partirait nulle part.





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    You got those scissors from the drawer, you never dug so deep before. If I stop trying, we start dying, you're cutting me out, baby who you fighting? You make we wanna love, hate, cry, take, every part of you. You make me wanna scream, burn, touch, learn, every part of you.
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Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II Ҩ Jeu 16 Fév - 16:58

Enora entendait presque le bruit, en fond, derrière chacun des sons qu'elle percevait, comme une acouphène gênante et persistante, tenace. Un petit craquement, léger, progressif. Comme la déchirure qui s'élargissait lentement à l'intérieur, un peu plus à chaque jour qui passait. Chaque fois qu'elle quittait la salle de réception, c'était plus dur d'y revenir. Elle n'était plus à sa place, parmi eux. Elle était une infâme traîtresse qui était en train de participer à la ruine de toutes les personnes qu'elle côtoyait tous les jours, qu'elle regardait dans les yeux, à qui elle souriait, parfois. Son seul réconfort, c'était le regard d'Onisim posé sur elle, comme une approbation, un encouragement, même. Il appuyait avec force dans son dos et il la poussait en avant, il l'empêchait de reculer. Elle savait que ça allait être difficile, mais elle n'imaginait pas à quel point. Aujourd'hui, elle n'était plus sûre d'avoir pris la bonne décision. Elle s'était trompée de voie, elle s'était trompée de personne. La Enora qu'elle était ne faisait pas ce genre de choses. Elle ne trahissait pas ses amis, elle ne renonçait pas à ses valeurs. Elle ne se reconnaissait plus. Onisim avait peut-être l'impression de la voir pour la première fois comme elle était au fond d'elle-même ; une rigueur chirurgicale, un visage fermé, une efficacité exemplaire, bien qu'elle reste discrète. Les Insurgés lui avaient bien fait comprendre qu'il n'y avait pas de place pour elle dans leur camp. Ca ne l'avait pas beaucoup étonnée, mais ça ne rendait pas les choses plus faciles. S'ils avaient accepté le changement, peut-être qu'elle-même aurait été capable de se tenir à la décision qu'elle avait prise. mais le monde, le monde entier à part Onisim lui faisait comprendre que ce n'était pas pour elle, tout ça ; pas comme ça. Qu'elle s'était perdue en arrivant ici, que ce n'était plus son univers. Elle aussi, c'est le sentiment qu'elle avait, dès qu'elle ne sentait plus les yeux de son petit-ami sur elle. Elle pétait les plombs, l'équilibre avait été totalement rompu quand elle avait passé la frontière sur laquelle elle se tenait depuis des années. Un pied d'un côté, un pied de l'autre. Sans l'un des deux, elle n'était pas entière, elle ne tenait pas debout. Elle s'en rendait compte beaucoup trop tard.

Et si ça marchait, tout ça ? Si les conseils qu'elle glissait discrètement à Onisim lors des réunions, si les idées, aussi insignifiantes soient-elles, qu'elle lâchait dans la masse en ne laissant surtout pas croire aux autres que ça pouvait venir d'elle - sinon ils l'auraient éliminée avant même d'y réfléchir -, si ça avait le moindre petit impact sur le cours des choses ; si elle était responsable de la mort des Résistants, de la capture des Vainqueurs qu'elle avait juré de protéger ? Elle était déjà allée trop loin pour faire demi-tour mais elle n'avait pas la force de continuer à avancer dans ce sens là. Encore moins de faire semblant auprès des autres. Ca faisait des jours qu'elle n'arrivait plus à regarder personne dans les yeux.
Deux jours plus tôt, la meneuse des Ombres avait annoncé que la rumeur qui circulait au sujet du directeur de l'Institut était fondée. Tout le monde avait commencé à paniquer et plusieurs élèves avaient pris la parole. Dont Helena. A cette simple pensée, la jeune femme se recroquevilla un peu plus sur son fauteuil. Elle n'avait appris que son amie était en vie que quelques semaines plus tôt. Tout de suite après le soulagement de la savoir saine et sauve, c'est la honte qui l'avait assaillie, qui lui était tombée sur les épaules, lourde, imposante et impitoyable. Elle s'était éclipsée très vite, incapable d'affronter son regard. Quand la jeune femme avait pris la parole au milieu des autres, Enora s'était enfuie de la salle de réception. Discrètement, elle s'était tirée, tout simplement. Pas pour rapporter des informations à qui que ce soit, pas pour faire un tour de garde ; juste pour mettre le plus de distance possible entre eux et elle ; entre Helena, Hedda, Erika, Harmo, et l'horrible traîtresse qu'elle était, elle, la digne fille d'Edgar Barjow. Elle était un danger pour chacun de ces gens, et à défaut d'avoir assez de force ou de courage pour revenir en arrière, elle leur - ou se - ferait la grâce de ne pas continuer à leur mentir. Aussi discrètement que possible, elle s'était réfugiée dans son ancien QG. Elle aurait pu chercher Onisim, sûrement, mais elle n'en avait pas envie. Il essaierait de la convaincre de rester en sécurité à l'intérieur, ou bien il lui proposerait de rejoindre pour de bon les Insurgés en sachant pertinemment qu'ils ne voulaient pas d'elle. Et puis en fait peut-être qu'il ne le lui aurait même pas proposé, Viktor s'y serait opposé. Elle ne voulait pas entendre parler de l'aîné Vassilev, et son nom se glissait systématiquement dans chacune des conversations qu'elle avait avec son petit-ami. Elle ne voulait pas entendre parler de l'Ox, des Insurgés, des revenants et des enjeux de cette guerre. Elle ne voulait pas. Elle n'avait plus la force d'entendre ça. Alors elle avait trouvé refuge ici, et depuis, n'avait pas bougé ou presque. Elle avait fini le paquet de cigarettes d'Ethan. Penser à lui lui donnait une sale envie de chialer. Mais elle résistait.

Le passage secret s'ouvrit et elle releva la tête dans un sursaut, récupérant immédiatement sa baguette pour la pointer vers l'entrée. Qui ça pouvait être ? Plus personne ne venait ici. Que ce soit un Insurgé ou un Résistant, elle était considérée comme une ennemie. Surtout que ça faisait maintenant plus de vingt-quatre heures qu'elle n'avait pas mis un pied dans la salle de réception. Peut-être que Deklan avait finalement décidé que sa seule suspicion n'était plus suffisante. Qu'il fallait se débarrasser d'elle pour de bon, puisqu'elle n'était pas digne de confiance. La jeune femme s'apprêtait déjà à formuler un sortilège lorsqu'elle reconnut la silhouette qui s'avançait doucement dans la pièce. L'éclat flamboyant qui brillait à l'extrémité du bois mourut instantanément. Enora baissa la tête aussitôt. Elle n'avait pas le courage d'affronter son regard. Beaucoup trop honte, beaucoup trop peur de ce qu'elle pourrait y lire. Elle aurait voulu disparaître dans les renfoncements du fauteuil ; à la place, elle écouta anxieusement son amie se rapprocher, frissonna en la sentant s'installer contre elle pour la prendre dans ses bras. Enora se recroquevilla un peu plus, se mit à trembler de façon incontrôlable. Elle avait honte, tellement honte et tellement mal. « Je suis là, tu peux me parler. » La jeune femme fit non de la tête, aussitôt. Non, elle ne pouvait pas parler, elle ne voulait pas non plus. Si Erika savait, si elle avait une toute petite idée de ce que son amie avait fait, elle ne serait pas là, elle n'essaierait pas de l'aider, de la consoler. La londonienne avait tout àfait conscience de ne pas mériter l'amitié et la confiance de la Droganov. Elle avait tout gâché, encore une fois. « Tu ferais mieux de t'en aller » souffla-t-elle d'une voix rauque, songeant que c'est de toute façon ce qu'elle ferait si elle avouait ses crimes. Pourtant, un peu misérablement, elle s'agrippa d'autant plus à la taille de son amie. Elle n'avait plus le courage de supporter ça toute seule, plus la force de s'affronter elle-même. Un pauvre soupir étranglé glissa difficilement entre ses lèvres, « Je suis désolée, tu sais » on dirait une ombre, se dit-elle ; sa voix, son corps, même sa posture. Elle avait totalement été absorbée par les ténèbres dans lesquelles elle avait essayé de se réfugier. Son amie ne louperait pas ça. Peut-être qu'elle avait même déjà compris. Pourtant, elle n'avait pu qu'apercevoir cette facette d'elle, pendant les mois qui avaient passé. Elle avait sûrement entendu parler de son passé, de son père, de sa famille. Elle avait pu apercevoir parfois l'ombre au fond de ses yeux, les démons qui ne lui fichaient jamais totalement la paix ; mais ne s'était sûrement pas douté de la place qu'ils occupaient à l'intérieur. « Je sais pas à quoi j'ai pensé, je. J'suis désolée. » Elle avait besoin de toute sa volonté pour ne pas fondre en larmes. Elle en avait assez, assez de se foutre toujours dans des situations comme ça, et de se retrouver comme une idiot, à passer son temps à pleurer, à souffrir à cause de ses propres conneries. Elle ne comprenait pas comment c'était possible qu'elle en soit encore là. Alors qu'elle faisait vraiment de son mieux, alors qu'elle se tuait à essayer d'être heureuse en faisant le moins de mal possible autour d'elle. Cette fois, elle s'était bien plantée. Et les conséquences la dépassaient déjà. « Tu devrais t'en aller, Eka, pars maintenant, ça sert à rien, c'est trop tard. »


Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.
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Statut du sang : Sang PurMessages : 643Date d'inscription : 27/10/2014Localisation : Au centre de toutes les attentions.
Ҩ Re: If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II Ҩ Sam 22 Avr - 1:16



▿ Lay me down on a bed of roses

Sink me in the river at dawn. Send me away with the words of a love song. The sharp knife of a short life, oh well, I've had just enough time. And I'll be wearing white, when I come into your kingdom.


Elle se demandait comment c'était possible qu'elle n'ait rien vu. Avait-elle été à ce point absorbée par la guerre qui se profilait à l'horizon? Au départ, il ne s'agissait que de quelques gestes, de quelques paroles trop sérieuses pour des adolescents échangées avec les autres meneurs. Elle n'avait pas compris que son quotidien s'était transformé en un champs de mine, et du jour au lendemain, il avait fallu apprendre à éviter les bombes. Depuis trop longtemps, elle marchait sur un fil suspendu au-dessus des flammes de l'enfer. Elle n'avait pas droit au moindre faux pas, ni en tant que meneuse, ni en tant qu'être humain. Il fallait se souvenir à qui on pouvait faire confiance, une tâche qui s'avérait particulièrement difficile pour nombre d'entre eux ; mais pas pour Erika. On l'avait déjà trahie, elle n'avait pas oublié la vitesse à laquelle les siens lui avaient planté un couteau dans le dos sans le moindre scrupule. Il n'était même pas question d'une situation aussi délicate, à l'époque. Alors quand elle pensait à ce dont ils étaient capable de faire pour une stupide querelle, elle n'osait imaginer ce qui pouvait se produire dans un contexte comme celui-ci. La nature humaine était une chose aussi fascinante que dangereuse. Elle se méfiait de beaucoup de gens, mais certainement pas d'Enora. Pourtant, le regard de son amie s'était paré d'un voile opaque, comme si elle s'était perdue en elle-même. « Tu ferais mieux de t'en aller, souffla-t-elle. » Elle n'eut pas besoin d'en dire plus, Erika avait déjà deviné, retracé les liens. Onisim. Elle serra un peu plus fort Enora contre elle, un sentiment de culpabilité lui nouant l'estomac. Elle aurait dû être là. Elle aurait dû la retenir.

Les mots se noyèrent dans le flot de ses pensées. La meneuse s'en voulait énormément de ne pas avoir réagi plus tôt, mais il n'était pas trop tard. Tout irait mieux maintenant qu'elle l'avait retrouvée. Elle prendrait soin d'elle, elle l'aiderait à retrouver sa voie. Elle avait envie de lui dire comment parfois il arrivait que quelqu'un s'égare, emprunte un chemin qui ne le mène pas là où il l'aurait voulu, mais que la plupart du temps, il suffisait de faire demi-tour. Revenir au début, comprendre pourquoi ça avait foiré. Elle ne pouvait garantir que ce soit aussi simple pour la Barjow, cela dit. Ça ne l'avait pas été pour elle, quand on l'avait bannie de son poste. Mais avec beaucoup d'efforts et encore plus de temps, elle avait fini par comprendre. Son fardeau à elle s'appelait Azalea. Peu importe leurs noms, ces gens-là, pour on sacrifie tout, finissent toujours pas nous mener à notre perte. « Je suis désolée, tu sais. » Elle semblait au bord du gouffre. « Shhhh, ce n'est pas ta faute. » Mais Enora semblait déraisonnablement persuadée du contraire. « Je sais pas à quoi j'ai pensé, je. J'suis désolée. » La meneuse aurait voulu lui dire qu'elle comprenait, qu'i lne fallait pas qu'elle s'en veuille, que rien de tout ce qui leur arrivait n'était simple et qu'il fallait qu'elle se relève, maintenant. Qu'elle revive. Mais aucune de toutes ces belles paroles ne franchit ses lèvres. Sans trop savoir pourquoi, elle ne parvint pas à s'exprimer. Les ténèbres avaient déjà projeté leur ombre sur son coeur, grignotant doucement un espoir sans lequel elle finirait par flancher. Ça lui fit soudain peur, cette paralysie sentimentale, ce froid qui s'était jeté discrètement sur son âme et dont elle ne parvenait pas à se débarrasser.
La voix d'Enora la rendit incroyablement amère, sans trop comprendre pourquoi. « Tu devrais t'en aller, Eka, pars maintenant, ça sert à rien, c'est trop tard. » « Non. » Arraché à ses entrailles, le cri résonnait encore contre les murs. Trop brutal pour ne pas être effrayant, trop catégorique pour laisser place au doute. Elle refusait que son amie abandonne. Pas maintenant, elle n'avait pas le droit de baisser les bras. « Peu importe ce que tu as fait, ça n'a aucune importance. » Sa main se perdit dans les cheveux de sa meilleure amie, la transformant en une sorte de grande soeur certainement trop collante, mais déterminée à prendre soin de ce petit bout de femme qui tremblait encore tout contre elle. « Onisim. Il… Tu n'es pas obligée de le suivre par amour, ou parce que tu crois que c'est aussi ce que tu veux. » Elle chercha le regard de la Barjow, l'attirant comme un aimant. Elle ne le trouva pas, son amie avait la tête tournée, elle fixait le mur, ou peut-être qu'elle fermait les yeux. Elle n'était pas prête, alors Erika lui laissa encore un peu de temps. Mais elle avait besoin de lire en elle, de comprendre ce qui s'était passé pour qu'elle finisse dans un état pareil. Est-ce qu'elle s'était brisée? Est-ce qu'il l'avait découpée en morceaux? Sans doute, mais il y avait autre chose, quelque chose que la jeune femme n'avait jamais pleinement compris mais qu'elle avait toujours su. Enora avait grandi dans les rues malfamées de Londres, et les fantômes de son enfance restaient tatoués sur sa peau de porcelaine. Elle était tout en contrastes et en nuances, la Barjow.  « Ecoute, c'est vrai, je ne sais pas ce que tu veux, qui tu veux être, ni qui tu es vraiment, et sans doute que toi non plus. Mais je suis sûre d'une chose : tu n'es pas une meurtrière. Et dans cette guerre, là, maintenant, c'est tout ce qui compte, d'accord? Je sais que tu es incapable de blesser quelqu'un, je le sais. Et ça, au fond, tu le sais aussi. » Oui, elle en était persuadée. Enora ne tuerait personne. Jamais. Elle lui faisait confiance, plus qu'à n'importe qui d'autre.




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Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II Ҩ Dim 21 Mai - 22:31

« Shhhh, ce n'est pas ta faute. » Ah oui ? La faute à qui alors ; personne ne lui avait forcé la main. Elle avait suivi Onisim, oui, mais on ne lui avait pas mis un couteau sous la gorge pour lui faire prendre cette décision ; elle l'avait prise seule, seule et en parfaite connaissance de cause. A quel moment est-ce que ça avait foiré, dans son crâne, au juste ? Le pire, c'était peut-être que, justement, ça n'avait foiré à aucun moment. Chacune de ses décisions avait été sensée. Peut-être pas réfléchie, mais au moins sensée. Son beau bordel incompréhensible ne tombait clairement pas du ciel, et elle en était la seule et unique instigatrice. Logique qu'elle finisse par en payer les conséquences, après tout. C'était bien fait pour elle. « Tu devrais t'en aller, Eka, pars maintenant, ça sert à rien, c'est trop tard. » « Non. » Elle sursauta, tant la voix de la Droganov raisonna avec force dans la pièce. Enora se recroquevilla un peu plus, presque apeurée. Si elle n'avait pas eu si peur de croiser les yeux de son amie, elle l'aurait implorée du regard de ne pas lui crier après. Elle n'avait vraiment, vraiment pas envie de ça. Les larmes aux yeux, elle serra les mâchoires et fixa le mur en face comme si elle espérait le faire fondre. Mais clairement, ses flammes ne brûlaient plus assez fort pour ça. « Peu importe ce que tu as fait, ça n'a aucune importance. » Le croyait-elle ? Vraiment ? Barjow fille n'en était pas convaincue, elle. Et même si c'était le cas, même si ça n'avait pas d'importance, c'était quand même trop tard, elle avait quand même fait tout ça, elle avait quand même trahi les résistants, les vainqueurs ; ses amis, elle-même aussi. Pas Onisim, non. C'était peut-être le seul qui pourrait se targuer d'avoir sa loyauté entière et totale. Encore faudrait-il qu'il en ait quelque chose à foutre. Mais non. Plus rien ne comptait que son cher et tendre frère.
Ces pensées-là, elles rallumaient quelque chose chez la jeune femme ; les flammes de la colère, elles, elles étaient encore là quelque part. Elles lui donnaient un peu de vie. Mais le reste du temps ? Une ombre, une silhouette tout au plus. Il ne lui restait rien. Elle avait tout laissé, tout accepté et tout abandonné pour... pour lui. Mais il n'était plus vraiment là, lui non-plus. A cause de l'autre Vassilev ; avait-elle véritablement le droit de baisser les bras, alors ? Le laisser aux griffes de ce frère même pas vraiment vivant qui était en train de le vampiriser ? « Onisim. Il… Tu n'es pas obligée de le suivre par amour, ou parce que tu crois que c'est aussi ce que tu veux. » Il a besoin de moi, fut-elle tentée de répondre. Et puis brusquement, elle réalisa que ce n'était pas le cas.

C'était la faute de Viktor, peut-être, qui jouait de la culpabilité de son jeune frère, qui détruisait pas à pas toute la lumière que le jeune homme avait trouvée en lui. Mais finalement, lui-aussi était capable de prendre ses propres décisions. Il n'était pas une brebis égarée, sans elle. Et puis au fond elle le savait depuis le début, qu'il avait déjà choisi avant même qu'elle ne change de camp. Il n'avait pas besoin d'elle. Alors quoi, c'était juste elle qui avait besoin de lui ? Ca, oui ; ça c'était vrai. Mais elle l'avait perdu depuis longtemps. Retourner avec les Résistants ne réglerait rien. Elle était coincée. Coincée et seule, malgré tout, malgré Eka aussi. Les doigts qui passaient dans ses cheveux avec toute la douceur du monde lui tordaient violemment le ventre tellement ça lui faisait mal de recevoir un réconfort qui n'était pas le bon. Aucune réponse ne serait la bonne, dans la bouche de quelqu'un qui n'était pas Onisim. « Ecoute, c'est vrai, je ne sais pas ce que tu veux, qui tu veux être, ni qui tu es vraiment, et sans doute que toi non plus. Mais je suis sûre d'une chose : tu n'es pas une meurtrière. Et dans cette guerre, là, maintenant, c'est tout ce qui compte, d'accord? Je sais que tu es incapable de blesser quelqu'un, je le sais. Et ça, au fond, tu le sais aussi. »

C'était peut-être vrai. Mais qu'est-ce que ça changeait, au fond ? Un tout petit contact sur son bras lui fit baisser la tête ; elle réalisa qu'elle pleurait, que les larmes coulaient de son visage pour s'écraser plus bas, un peu sur elle, un peu sur Eka. D'un seul coup, elle se sentit trembler plus fort ; elle essaya de se crisper pour tarir les tremblements, mais c'était voué à l'échec. Un nœud se noua au fond de sa gorge et elle peina à respirer un instant avant d'éclater en sanglots, écrasant sa grimace douloureuse contre le coussin du fauteuil. Dans sa tête, c'était toujours la même litanie. Pitoyable. T'es pitoyable, si ton père te voyait, bon sang ; et Onisim, pourquoi il s'intéresserait à toi, pourquoi il s'occuperait de toi, t'es pitoyable, tellement misérable, tellement insignifiante. Pitoyable, pitoyable, PITOYABLE, PITOYABLE Elle gémit un no à peine compréhensible en se recroquevillant encore, en disparaissant presque entre les bras revenus l'entourer. Elle tourna le tête, préféra l'épaule d'Erika pour étouffer ses pleurs, entrecoupés de sorry, I'm sorry plus ou moins intelligibles.

Ca dura plusieurs minutes, interminables. Les paroles douces d'Erika, qu'elle comprenait à peine, ses caresses dans ses cheveux et beaucoup de patience vinrent finalement à bout de la vague de désespoir qui venait de l''emporter. La respiration de la Barjow finit par s'apaiser, mais elle resta là, reposant contre son amie. Trop peur de faire encore quelque chose de stupide si jamais elle osait le moindre mouvement, peut-être. Au bout d'un moment, elle finit prendre à deux mains ce qui lui restait de courage, pour essayer de retrouver un simulacre de contenance. Elle avisa la trace plus sombre que ses larmes avaient laissée sur les vêtements de la Droganov, et vint appuyer dessus avec le bout de son index en mimant une moue faussement perplexe. « Je trouvais que t'avais besoin d'une douche. Voilà, maintenant c'est bon, t'es propre. » Elle grimaça un sourire, releva furtivement ses yeux encore rougis vers Erika en attendant un signe de sa part, comme l'autorisation de rire à cette plaisanterie plus que douteuse. Elle avait besoin de ça pour se relever ; un sourire, une plaisanterie, et ça repart. Elle avait toujours fonctionné comme ça, après tout. Elle avait survécu à bien pire, n'est-ce pas ? Son père, Poudlard... l'idée d'ajouter le nom d'Onisim à la liste des cataclysmes qui avaient ravagé sa vie lui tordit violemment l'estomac, et elle s'empressa de penser à autre chose. « Il faut peut-être que tu retournes à la salle de réception » commença-t-elle, en amorçant un geste pour se redresser, pour la libérer un peu de son étreinte désespérée. « Ca fait longtemps que tu es là, ils vont finir par s'inquiéter. » fit-elle en songeant qu'elle, ça faisait deux jours qu'elle était partie, donc qu'elle n'avait pas trop de leçon à donner. Mais elles n'avaient pas la même place au sein de la Résistance. Eka en était un pilier. Elle, elle ressemblait plutôt à cette petite pierre, là, en bas, qui était posée de travers ; assez insignifiante pour qu'on ne la remarque pas, mais suffisamment endommagée pour fragiliser les fondations.


Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.
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If I die young, bury me in satin ♦ Enoka II

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