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 — can the child within my heart rise above? || IRILIA

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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES
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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES ☽

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Statut du sang : résolument purMessages : 3488Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Mer 8 Fév - 15:23

RP KLEENEX




IRINA ET ELIA DROSKAÏA

Can the child within my heart rise above?



Noms des personnages : Irina Droskaïa et Elia Droskaïa
Statut du personnage kleenex : PNJ
Hors chronologie [ ] Dans la chronologie [x]
Epoque du RP : Juin 1999




hate me for all the things i didn't do for you Ψ
“The one thing that always tore us apart is the one thing I won't touch again. In my sick way I wanna thank you for holding my hand up late at night, when I was busy waging wars on myself you were trying to stop the fight.”
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Statut du sang : résolument purMessages : 3488Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Mer 8 Fév - 15:31


can the child within my heart rise above?
and i've been afraid of changing, cause i built my life around you, but times makes you bolder and children get older, and i'm getting older too




Cela avait pris des semaines, pour en arriver là. Des jours et des jours à se demander si elle en était capable, si c’était vraiment nécessaire. Oskari lui avait dit, pourtant, que le fond du problème, c’était la mère. Il avait posé les poses questions, le professeur de magie noire, et en même temps, elles lui avaient fait plus mal les unes que les autres. Ce n’était pas pour rien qu’Irina avait choisi la Salle des Souvenirs, avec tous ces miroirs, ces miroirs enchantés qui revenaient dans le passé. Trop souvent, l’Ombre avait été spectatrice de sa propre vie, et jamais elle ne s’était embêtée à regarder en arrière, à tenter de voir une autre version que la sienne. Trop dangereux, de remettre en question ses certitudes. D’ébranler des vérités qui devraient soigneusement rester cachées.

La jeune femme avait longtemps dû faire face à sa cadette, Abygail, qui cognait contre la porte de sa chambre, résolument fermée à clé. S’en était-elle vraiment souvenue avant de revoir les scènes qui semblaient s’égrener sans fin à l’intérieur du miroir ? Reflétaient-elles vraiment la réalité, ou une perception malsaine de ce qui pouvait lui faire le plus de mal ? Aby lui avait hurlé, hurlé à travers la porte pendant des années de ne pas la laisser seule. L’avait suppliée de se rendre compte que c’était leur mère, la coupable, et qu’elle n’avait pas le droit de se couper de tout le monde sous prétexte qu’Elia l’avait demandé, l’avait poussée à le faire. Le cœur d’Irina se serrait en pensant aux années d’isolement qu’elle avait fait subir à l’enfant, par obligation. Pour la protéger. Pour protéger une illusion, aussi. L’illusion selon laquelle, la seule responsable de ses actes, c’était elle-même.

Irina n’avait pas voulu continuer. C’était Oskari, puis Deklan, qui l’avaient poussé à en regarder davantage. A se souvenir de son premier meurtre, du goût du sang qui l’avait poursuivie pendant des mois sans qu’elle ne puisse s’en débarrasser. De l’aide qu’elle avait demandé, supplié, sans une seule réponse de sa mère. Par la suite, elle avait rapidement compris qu’il ne servait à rien de chercher de l’affection auprès d’une statue de glace. Peu à peu, c’était aussi ce qu’elle était devenue, telle mère, telle mère. On récolte ce que l’on sème, et la noirceur qu’Elia avait planté à l’intérieur de sa fille n’avait que grandir, jusqu’au point de non-retour. Pourtant, quelques jours auparavant, pour la première fois, Irina avait réussi à prendre le pas sur cette malédiction qui lui pourrissait la vie, qui avait fait d’elle un monstre. Elle avait pris le parti de se battre, pour sauver la vie de Deklan. C’était à ce moment-là qu’elle avait compris, vraiment. Compris qui elle était, et qui elle ne voulait plus être. Compris que rien dans sa vie n'avait jamais été produit de sa propre volonté, que son libre arbitre lui avait été volé dès la naissance par quelqu’un dont les motivations égoïstes l’avaient privé de la moindre chance d’épanouissement, de sentiment.

Si c’était la magie noire, si chère à sa mère, qui avait créé le problème, alors ce serait aussi la magie noire qui la libérerait, Oskari Tarvonen lui avait dit, en lui confiant les secrets du coffret. Irina ne cilla pas en faisant sauter le loquet, ni en voyant la boule de lumière bleue en sortir. La confrontation avec Aby, quelques temps auparavant, l’avait habituée aux mécanismes du sortilège. Elle resta de marbre, tandis que Elia Droskaïa se matérialisait devant elle, d’abord les yeux fermés et les membres raides, puis plus souple, enfin éveillée. Alors que leurs yeux se croisèrent, Irina avait l’impression de la voir réellement pour la première fois. Elles se toisaient, Irina avait la distincte impression d’être une étudiante qui avait oublié toutes ses notes pour un oral important. L’Ombre resta silencieuse de longues secondes, évaluant ses angles d’attaques. Il était plus difficile de bouillir seule que de vomir son ressentiment sur la personne concernée. « Je ne t’ai jamais rien demandé, maman. Je suis toujours allée là où tu voulais que j’aille, j’ai suivi dans les traces que tu m’as données. Et ce, même si ça m’a conduit dans une impasse. Aujourd’hui, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi » finit-elle par dire d’un seul souffle, comme si les mots brûlaient ses lèvres. Son dos était droit, sa posture assurée, mais elle ne pouvait empêcher ses mains de trembler légèrement. « J’ai besoin que tu me demandes pardon. »  continua-t-elle, en fermant les yeux pour ne pas voir l’air offusqué qui ne tarderait certainement pas à peindre les traits de sa génitrice. Elle ne comprendrait pas d’où cela sortirait, après tant d’années de silence et d’obéissance, et pourtant… Elle comprendrait exactement de quoi il était question, Irina en était certaine. Quant à lui donner ce dont elle avait besoin… Elia n’avait jamais été particulièrement douée pour ça, et quelque chose lui disait que ce n’était pas aujourd’hui qu’elle allait commencer, et ce, même si la Elia devant elle n’était qu’une image, une nuance de la vraie seulement.  








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Dernière édition par Irina Droskaïa le Mar 28 Fév - 16:08, édité 1 fois
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Vainqueurs
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Vainqueurs

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Statut du sang : pur, bien entenduMessages : 400Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Mer 22 Fév - 2:38


can the child within my heart rise above?

Irilia


Ça avait commencé par un sentiment de paresse inattendue, par un épuisement tel qu'elle n'en avait plus subi depuis bien des années. La tête lourde, Elia Droskaïa sentait l'air environnant s'épaissir. Ses membres étrangement ankylosés réclamaient un peu de repos. Elle ne s'allongerait que quelques instants, deux ou trois minutes à peine et...le tissu précieux du canapé pâli écrasé sur sa joue, elle s'abandonna à la vague angoisse qui l'avait soudain saisie.
Faiblesse.
Ça raisonnait froidement dans l'abri raide de son esprit, ça s'immisçait au creux de sa conscience comme un serpent vicié. Qui ondulait, dansait sous ses yeux altérés par la noirceur et les ténèbres qui peu à peu l'engloutissaient. Alors, elle cessa de lutter, et le sommeil se plut à l'aspirer dans son ventre creux.

Endormie, lui semblait-t-il. Encore emmurée dans l'obscurité de ses paupières closes. Voilà que son cerveau se plaisait à se jouer d'elle, l'emprisonnant dans des songes trop réalistes pour qu'elle ne puisse que demeurer passive. Elia ne savait pas vraiment si elle rêvait, imaginait la fraîcheur nocturne apposée à sa peau, la sensation lourde de l'étoffe sombre modelant un peu plus encore la perfection de son corps. Alors elle entrouvrit ses yeux, tout en douceur, et la silhouette qui lui faisait face lui fit oublier immédiatement l'absence de réalité de l'instant.
Irina.

Les traits de son aînée se peignaient d'une détermination étrange, d'expressions qu'elle ne lui connaissait pas. Elia la contempla sans mot dire, épiant toutes les failles qui altéraient le marbre de son visage. Quelque chose clochait, mais la Droskaïa feignait pour l'heure de ne pas s'en apercevoir. Après tout, Irina s'était toujours inclinée, bien plus docilement qu'Abygail, alors que pourrait-elle craindre d'elle? Chaque entrevue, pourtant, agitait sous les yeux d'Elia le spectre d'une culpabilité timide, bien vite effacée par la certitude d'avoir fait exactement ce qu'il fallait. Parfois, cependant, un vague dégoût venait ramper dans le cœur d'Elia lorsqu'elle songeait à la chose qui habitait sa fille, à cette bête immonde qu’elle y avait elle-même glissé. Ça enlaidissait chacun de ses traits, ternissait l'éclat de la jeune beauté. Celle que sa mère s'obstinait à lui dérober. Elle la toisait désormais ,tête haute, regard sévère, forte de cette implacabilité qui était devenue sienne. Ses yeux luisaient d'une détermination nouvelle qui ne présageait rien de bon, il en faudrait sans doute peu pour que le rêve étrange ne se pare d'une allure cauchemardesque. Mais peu importait. Nulle parole d'Irina ne pourrait atteindre Elia ce soir là.

«Je ne t’ai jamais rien demandé, maman. Je suis toujours allée là où tu voulais que j’aille, j’ai suivi dans les traces que tu m’as données. Et ce, même si ça m’a conduit dans une impasse. Aujourd’hui, j’ai besoin que tu fasses quelque chose pour moi » Silence visqueux. «J’ai besoin que tu me demandes pardon.» Le regard d'Elia s'était durcit en même temps que son cœur. Elle n'avait pas réellement envie de saisir la véritable portée des paroles d'Irina. Comme si elle n'en avait pas déjà assez fait pour elle. Les chemins qu'elle lui avait indiqué lui permettrait d’acquérir puissance et réussite, évitant tous les pièges sinistres au creux desquels sombraient bien trop de jeunes sorciers. C'était donc ça que dissimulaient les silences et l'obéissance presque parfaite d'Irina. Cette rancœur muette venue germer dans son  esprit, plante vénéneuse l’asphyxiant peu à peu. Elia sentait l'agacement la gagner. Voilà qu'on se mettait à lui demander de faire ses excuses, ignorant délibérément chacun de ses sacrifices. Oh,ça n'était sans doute que le fruit d'une instant d’égarement, et Irina finirait par rentrer dans le rang. Mais ça n'ôtait en rien à ses mots leur injustice.
Demander pardon...
Elia laissa détaler de la clarté de ses yeux tout le dédain qu'elle éprouvait. Comment Irina osait-elle. La jeune femme aurait du être flattée d'avoir offert à sa mère la possibilité de faire de sa vie ce qu'elle désirait, de lui accorder une partie de sa beauté, flattée de lui avoir permis de demeurer suffisamment forte pour l'élever. Au lieu de ça, elle préférait lui reprocher un détail issu du sortilège.Car Elia savait, ne comprenait que trop ce à quoi Irina faisait allusion. «Tu es bien arrogante si tu estimes que je te dois un quelconque pardon.» Elle portait sa voix la plus impérieuse, la laissant  glisser jusqu'au visage de sa fille. Le venin de ces paroles tout prêt à s'écouler. «J'ai toujours agi pour nous, pour notre famille. Chacun a eu son rôle à jouer, toi aussi et tu devrais en être fière au lieu de le déplorer. »
Mensonge.
Même égarée tout au fond de ses rêves, Elia continuait de façonner la vérité comme elle l'entendait. Sans doute parce qu'agir autrement reviendrait à admettre l'ampleur du mal qu'elle avait infligé à son premier enfant.
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Dernière édition par Blaise Zabini le Sam 15 Avr - 12:37, édité 2 fois
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Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Lun 10 Avr - 15:24




can the child within my heart rise above?
and i've been afraid of changing, cause i built my life around you, but times makes you bolder and children get older, and i'm getting older too




A l’instar de la vraie, cette représentation d’Elia se tenait droite comme un i, le sourcil gauche légèrement haussé, signe distinctif de son mépris et de son dédain. Sa réaction ne tarda pas.  « Tu es bien arrogante si tu estimes que je te dois un quelconque pardon. » Sans surprise. Irina ne répliqua pas ; elle savait que le poison continuerait de s’insinuer. Il ne suffisait pas à sa mère de la refuser, il fallait qu’elle insiste, qu’elle justifie. Qu’elle creuse, qu’elle continue de façonner la statue de pierre à l’aide de son petit piolet tranchant.  « J'ai toujours agi pour nous, pour notre famille. Chacun a eu son rôle à jouer, toi aussi et tu devrais en être fière au lieu de le déplorer. » Une enfant ingrate, voilà ce comme quoi Irina était considérée, à oser s’élever contre sa figure maternelle. Après tout, Elia lui avait donné la vie. Ce n’était peut-être pas la vie qu’elle aurait voulu, mais qui pouvait prétendre avoir ce luxe de nos jours, après tout ? Irina n’entendait que trop bien ces arguments, elle se tenait là, pas tout à fait sûre de sa légitimité mais paralysée par la douleur, une souffrance diffuse qu’elle avait autorisé à sortir, et dont elle n’arrivait plus à se débarrasser. Une souffrance dont le point d’origine était connu. Il lui fallait agir, au moins essayer.

Le sacrifice d’Irina permettait toujours à sa mère de mieux briller en société, il était vrai. Aux côtés de Kovar, elle rayonnait. Mille éclats de beauté, de jeunesse, d’une force ténue, d’une aura dont personne ne pouvait percevoir l’origine. Elia Droskaïa était spéciale, chacun s’accordait à le dire. Sa première fille avait hérité de ses traits fins, aristocratiques, quoi qu’un peu plus froide, la peau un peu plus pâle. Des années et des années enfermée à ne vouloir voir personne. C’était ça, qu’Elia lui avait volé. N’auraient-ils pas pu être heureux avec une enfant normale, dénuée de traces de magie noire ? Tout était arrivé en cascade ; Abygail n’était si sauvage qu’en opposition au calme glacial d’Irina. Peut-être même qu’Irina aurait pu vivre avec, apprendre à le gérer, à ne pas avoir peur de cette chose à l’intérieur d’elle.  « Je déplore seulement que personne ne m’ait demandé mon avis. Tu as forcé quelque chose en moi, quelque chose avec quoi j’ai dû vivre. Je n’ai jamais eu le choix. » Si on avait pris le temps de lui expliquer, de la préparer, de la protéger, de l’écouter. Au lieu de la jeter au milieu de centaines d’élèves qu’elle mourrait d’envie de dévorer sans trop bien comprendre pourquoi. Au lieu de la laisser figée, les mains pleines de sang, pendant des années, à attendre qu’elle s’en remette d’elle-même. Au lieu de la laisser trouver toute seule les moyens de se protéger, de protéger tout le monde en s’en coupant complètement. Au lieu de la laisser vivre dans la terreur qu’un jour, elle tuerait à nouveau.

L’Ombre ne voulait pas se contenter de cracher sa tristesse, c’était inattendu et trop pour une seule fois. Ses mains tremblaient encore, et elle ne se sentait pas tout à fait elle-même, à se tenir devant sa mère, à oser lui faire ce genre de reproches. Ce n’était plus dans sa nature. On était bien loin des petits actes de rébellion, des robes déchirées et des bains de minuit. La gorge sèche, Irina reprit la parole, soucieuse de mettre de l’onguent sur les paroles trop rugueuses qu’elle venait de prononcer. Mais là encore, n’était-elle pas la seule à en être touchée ? « Je suis fière d’appartenir aux Droskaïa. Je suis prête à beaucoup pour notre famille, je l’ai déjà démontré. Mais tout le monde semble avoir quelque chose en retour, pendant que je suis vide. » Elle avait failli ajouter « la plupart du temps », mais s’était retenue. La plupart du temps, elle était fière d’être une Droskaïa. Longtemps, elle avait considéré cela comme un honneur, un privilège. Depuis quelques temps maintenant elle ne voyait que trop bien les jeux de pouvoir qui se dessinaient, les manipulations, les mondanités futiles et les secrets que son père cachait au gouvernement. Aujourd’hui encore, elle avait trop peur pour creuser, mais elle savait de quoi les Droskaïa étaient capables ; elle en avait une expérience de première main.

Cependant, Irina était plus futée que de sous-entendre une telle chose. La priorité était de faire comprendre à Elia comment elle pouvait se sentir, alors que cette dernière n’avait jamais voulu l’entendre. Il fallait impérativement le dire. Confesser enfin à quel point ça faisait mal, maintenant, d’être sa fille. Lui dire enfin qu’elle ne comprenait pas. Qu’elle était seule, et qu’elle mourrait de froid. « J’ai tué pour toi. Et tu n’étais pas là. » L’aînée des Droskaïa voulait épargner sa mère ; pour elle, et non pas à cause d’elle, comme elle avait voulu le dire au départ. Pour lui faire la grâce de l’accuser d’un crime qui lui incombait, elle devait en être consciente, à une certaine échelle. C’était le cri étouffé de tout ce qu’on lui avait dérobé ; une lame en travers de la gorge qui menaçait de trancher à la moindre plainte échappée. Peut-être qu’elle aurait pu tout encaisser, si seulement elle n’avait pas eu à l’affronter seule, livrée à elle-même au tendre âge de huit ans, et pour toutes les années à venir.

Spoiler:
 





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Assaillants
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Statut du sang : PurMessages : 197Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Lun 29 Mai - 3:10

Elle n’avait pas envie Elia, pas envie d’entendre tout ça, pas envie de laisser les mots de sa fille creuser lentement sous son armure toujours gelée, pas envie de voir s’étioler ses certitudes, qu’on fasse mal à ses illusions, au fond, simplement pas envie qu’on l’oblige à regarder.  La vérité. Il lui paraissait bien plus normal de demeurer cacher, d’oublier et après tout Irina finirait bien par s’y faire, c’était ainsi que le monde fonctionnait. Elle se trompait, la petite ombre, elle se trompait quand elle dénudait son âme de cette façon  là. Pas correct, pas convenable, mieux valait se terrer au fond d’un château de glace et s’y laisser durcir le cœur et l’âme plutôt que de se confronter à la réalité des décisions que l’on prend parfois. Et pourtant. Pourtant elle se tient là la vérité, nichée quelque part dans la commissure des lèvres d’Irina, dans sa curieuse façon de la défier, Irina, son regard et puis le tremblement de sa voix. « Je déplore seulement que personne ne m’ait demandé mon avis. Tu as forcé quelque chose en moi, quelque chose avec quoi j’ai dû vivre. Je n’ai jamais eu le choix. » Parfois il y a le cœur qui surnage et l’envie de s’enterrer mais là c’était surtout la colère qui l’enlaçait. Non elle n’avait pas eu le choix la gamine mais combien d’enfants issus de famille de sang-pur pouvaient-ils se vanter d’en avoir un jour disposé ? Nul n’était en mesure de faire ce qui lui plaisait, on agissait comme ça, simplement, par confort, par convention, presque par facilité. « Je suis fière d’appartenir aux Droskaïa. Je suis prête à beaucoup pour notre famille, je l’ai déjà démontré. Mais tout le monde semble avoir quelque chose en retour, pendant que je suis vide. » Vide. Pauvre petite, avec son sens du drame assez développé pour en devenir un. C'était presque désolant. Elle se trompait, Irina, elle obtenait tout elle aussi, à travers le rayonnement d’Elia, baignant dans ll’honneur, la richesse et le prestige issu des Droskaïa. De quoi façonner un avenir à la hauteur de toutes les espérances. Mais Irina semblait étrangement déterminée à se faire entendre, laissant glisser ses derniers mots, empreints d'une êtrange forme de violence soulignée par leur presque douceur. « J’ai tué pour toi. Et tu n’étais pas là. » Elle n’avait pas tué pour elle, non, mais tué parce qu’elle n’avait pas été capable de contrôler la chose qui l’habitait, parce qu’elle avait simplement manqué de volonté. C’était le plus facile à croire, à espérer. Elle sentait, Elia, une sensation étrange ramper en elle, comme lorsque la brume se dissipe pour dévoiler le sordide qu’elle dissimulait, cette envie de réparer les fissures bien avant que les certitudes ne se décident à voler en éclat pour de bon. Le monde ne fonctionnait pas ainsi, Elia l’avait bien appris. Mieux valait ne pas imaginer quel goût avait la vie des autres, apprendre à s’en défaire, à se détacher de toute empathie envahissante , celle qui affaiblit l’esprit, qui dévore, qui entaille le cœur et y glisse l’acide de la culpabilité. C’était bien trop laid, bien trop froid pour la reine Droskaïa qui ne pouvait que s’obstiner à ne rien entendre. Une fois de plus.

Était-ce bien un simple rêve ? Ou bien un signe mystérieux, une chose à laquelle elle devrait se raccrocher, une voix intérieure non identifiée vouée à lui délivrer un message ? Elle n’en voulait pas. Fermant son cœur à double tour, encore une fois. Il faudrait qu’Irina réapprenne à se taire, comme elle l’avait toujours fait, ici on étouffe ses émotions quitte à les laisser nous déchirer. Alors Elia elle continuait à s’égarer dans trop de suppositions. Rien qu’un songe, une presque hallucination. Pas de risque donc, elle aurait pu simplement se libérer un peu, délier son cœur puis le lui livrer sur un plateau  mais même dans ces circonstances elle ne le pouvait pas, ça l’obligerait à remettre sa propre existence en cause et à cela elle ne pouvait se résoudre.Et pourtant il y avait ce tourbillon dans sa tête qui l’emportait, sa voix beaucoup trop froide quand elle se prit à murmurer. « Moi non plus je n’ai pas eu le choix. » Jamais Irina, jamais, jamais, jamais, moi j’ai du porter sur des épaules trop frêles tout l’empire que j’incarnais, moi j’ai du trouver un moyen de ne plus m’effondrer. Alors par pitié, contente toi d’être celle que tu as toujours été, celle qui accepte ce sacrifice et puis se tait. Elia se refusait à entendre la détresse dans a voix de son aînée, de même imaginer ce qu’elle avait pu endurer. « C’était ce sortilège ou le déshonneur, ou l’impossibilité d’obtenir tout ça. » Elle avait esquissé un geste pour entourer la pièce, vide, vide, vide. Tout ça quoi? Force était d’admettre que le monde ne lui appartenait toujours pas, continuait trop souvent à lui échapper. Ne pas y penser, quand elle contemplait la blondeur de son enfant, refréner l’envie de la prendre la prendre un peu dans ses bras et puis de lui murmurer que désormais tout irait bien. A la place, Elia se contenta de faire ce pour quoi elle était douée,  porter son masque froid, s’y brûler vive et puis attendre, refuser d’entendre. « Ça en valait la peine. » qu’elle murmure, le cœur au bord du vide. Envie d'échapper à ce rêve sordide. « Tu le sais tout autant que moi. » La voix est ferme, mais l'esprit ploie.


I'm against myself again

 
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Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Jeu 19 Oct - 12:53




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Pour la première fois depuis des années, Irina sent la brulure de l’attente, la douleur que cela procure aux ongles et au cœur de s’accrocher si fort, d’être pendu désespérément aux lèvres de quelqu’un. Elle a besoin s’en sortir plus forte, d’en sortir maîtresse d’elle-même et non pas cheftaine d’une enveloppe vide telle qu’elle est maintenant. L’Ombre se doute que la mère ne pliera pas si facilement, que ça fait bien longtemps qu’elle est murée dans ses propres convictions –vains mirages en technicolor– pour donner à son aînée ce qu’elle désire si ardemment. « Moi non plus je n’ai pas eu le choix. » Elia murmure et pourtant la voix résonne dans tout le corps de la fille ; les échardes de glace la transpercent de toutes parts. Ne pas avoir le choix, ça, elles connaissent bien, les femmes de la Droskaïa. Tant et si bien qu’il est de plus en plus difficile de faire la différence entre réalité tragique et mensonge rassurant. Irina commence à réaliser que si elle a désespérément besoin de parler, d’obtenir quelque chose de sa mère, Elia, elle, a encore plus besoin de rester murée dans le silence. Besoin que sa fille ne remette pas en question quelque chose qu’elle ne pouvait pas changer. « C’était ce sortilège ou le déshonneur, ou l’impossibilité d’obtenir tout ça. » La meneuse des Ombres suit des yeux le geste circulaire de sa génitrice, dans l’espoir d’y voir une subite apparition, autre chose que du vent, qui viendrait justifier la vaste plaisanterie que cette famille était devenue. C’est quoi tout ça, maman, dis-moi ? C’est le statut, la richesse ? Le pouvoir ? Qu’est-ce qui comptait tant pour toi que tu m’as laissée disparaître comme un fantôme ?

Aucune autre explication ne vient. Il faudra s’en contenter, comme toujours. « Ça en valait la peine. Tu le sais tout autant que moi. » Irina acquiesce, la force de l’habitude. Maman a raison, maman sait mieux que toi. Après tout, ils ne sont pas trop mal aujourd’hui ? A part le père qui vit au Ministère, la statue de glace maternelle, le monstre et l’animal sauvage, ils ne sont pas si tordus dans la famille, c’est plutôt fonctionnel, hein ? C’en est presque risible à quel point les apparences commencent à se craqueler. C’est peut-être la robe de taffetas prune déchirée qui a tout amorcé. Qui sait. « Peut-être », concède t-elle, pour ne pas hurler. « Mais ça aurait du se passer autrement. » Quelque chose gratte au fond d’elle, menace de sortir. Pour une fois, ce n’est pas Arachna. C’est le spectre de la gamine qu’elle a été, la gamine aux yeux rougis d’avoir tant pleuré pour rien. Tant de larmes gâchées, de lacrymales usées avant de comprendre que ça ne servirait jamais à rien. « Tu sais que je ne t’aurais rien refusé. Même si tu me l’avais demandé. » Ce que tu n’as pas fait, elle voudrait rajouter. Il faut savoir choisir ses batailles, et Irina ne veut pas remettre en cause la décision de sa mère. La toute première. Après tout, ce n’est pas celle ça qui les avait déchirées. C’était la deuxième, celle de s’emmurer dans le silence et le froid. De réduire la maisonnée esclave et complice de son absence
.
Irina reprend, inflexible. Quitte à tout gâcher, autant aller jusqu’au bout. « Tu avais le choix d’être là pour moi, de m’aider et de m’accompagner dans ce que je traversais pour toi. Mais tu as préféré me laisser me démmerder. » Je te demandais même pas de m’aimer, merde. Elia n’appréciera pas le langage, elle le sait d’avance. Elle l’a mieux élevée que ça. Il ne manquerait plus que sa sœur déteigne sur elle. L’Ombre sait que c’est pire pour la cadette, Abygail n’a même pas eu Irina pour l’aimer à sa place. Elle sait qu’Elia méprise l’enfant sauvage et ses obscénités, ses demandes desespérées pour l’attention qu’elle lui refuse. Au moins, jusque-là, Irina a eu la décence de la suivre sans se plaindre, de rejoindre les Ombres et d’honorer sa famille. De faire tout bien comme il faut. Jusqu’à l’explosion. Irina veut avancer, arracher à mains nues le marbre et la banquise autour d’Elia, mais elle n’est pas sûre d’en ressortir indemne, de ne pas s’empaler sur les stalagmites de son indifférence





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Statut du sang : PurMessages : 197Date d'inscription : 25/03/2017Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: — can the child within my heart rise above? || IRILIA Ҩ Dim 3 Déc - 22:42

Comme un palais de glace qui s’effondrerait sur elle sans qu’elle puisse échapper aux échardes gelées qui s’impriment dans sa chair, en abîment les contours. Le cœur qui palpite trop fort et l’esprit qui tourne en rond, qui percute les parois, les barrières, cherche à tout morceler. Parce que même quand elle expose sa vérité, Irina elle est encore en train de l’épargner, elle garde bien précieusement cette prudence, cette façon d’amener les choses qui creuse sous l’armure au lieu de la cabosser, de l’enfoncer encore un peu plus fort. Pourtant Elia elle se sent empêtrée, statue cassée depuis si longtemps, trop bien décorée pour qu’on puisse encore en percevoir les fissures, enjolivée jusqu’à ce que tous ses éclats soit si bien polis que même dans la peine elle ne puisse que briller.« Peut-être » elle accepte faussement Irina, mais même Elia est en mesure de saisir qu’elle attend autre chose, quelque chose qu’elle n’est pas certaine d’être en mesure de pouvoir lui accorder. Que ça lui fait mal de se heurter à quelqu’un qui fait mine d’être incapable de comprendre, d’entendre toute l’horreur qu’elle a enduré en silence, sans jamais risquer de laisser la brûlure de sa rancœur disloquer l’empire gelé des Droskaïa. « Mais ça aurait du se passer autrement. » Comme un poignard qui s’agrippe, qui fait des allers-retours dans le cœur, dans la tête, comme une impossibilité à ignorer ces mots qui coulent trop vite, trop fort, mais aussi à les assumer, y répondre sans se défiler. « Tu sais que je ne t’aurais rien refusé. Même si tu me l’avais demandé. » Et toujours ce masque qu’Elia ne parvient pas à ôter. Parce que ça a fini par se confondre à ses traits, l’indifférence, la muraille si bien dressée. Le lui demander ? En un sens ça lui aurait paru encore plus cruel, devoir recueillir le consentement d’une petite fille, dis, est-ce que tu acceptes que je brises ta vie pour embellir la mienne ? Mais ce n’est pas fini, pas encore, Irina elle a les mots qui s’écoulent comme si elle avait soudain fait sauter tout ce qui l’avait toujours empêché de s’exprimer. « Tu avais le choix d’être là pour moi, de m’aider et de m’accompagner dans ce que je traversais pour toi. Mais tu as préféré me laisser me démmerder. » C’est piquant, douloureux, cette vulgarité déplacé, ces allégations qui différent de tout ce qu’Elia pouvait bien imaginer. Se voir reprocher son choix, oui, elle s’y attendait, mais son absence ? « Irina.. » La voix qui s’étrangle dans la gorge, la sensation de percuter le sol alors même qu’elle tient toujours droite, tête haute comme sculptée dans le marbre. Essayant de raccorder les morceaux. « Je sais ce que je fais. J’en ai conscience. » Est-ce qu’elle a honte Elia ? Pas vraiment, elle ne sait pas. Elle a tellement désiré ce qu’elle possède, cette force qui sans le sacrifice de son aînée, n’aurait jamais cessé de lui manquer. Mais ça casse quelque chose en elle d’entendre tout ça. Comme si pendant toutes ces années, le silence lui avait simplement permis d’ignorer les souffrances d’Irina, de se voiler la face. « Affreusement conscience. Je sais ce que tu es. Qui tu es. » Vraiment Elia ? Est-ce que tu sais vraiment ? Est-ce que tu as déjà essayé de la contempler à travers la mascarade que vous vous offriez mutuellement, est-ce que tu as déjà essayé de comprendre, d’entendre, de deviner qui était réellement celle avec qui tu partages bien plus que le sang ? La Droskaïa laisse son regard glisser contre les murs, cette pièce dont elle tente de mesurer la réalité. Ce n’est qu’un rêve après tout ? Elle peut bien essayer ? Elle n’a plus vraiment le choix de toute façon, tant tout menace de la déborder. « Tu voulais que je t’aide, que je t’accompagne. Mais comment aurais-je pu simplement regarder, assumer ce que j’avais fais de toi? Comment aurais-je pu continuer à exister correctement si je n’avais pas su oublier la chose que j’ai moi-même précipité dans le corps de ma fille aînée ? » Comment est-ce qu’elle a pu oui, comment est-ce qu’elle a fait ? Pour supporter cette culpabilité timide qui n’osait pas réellement l’effleurer mais se dessinait de temps en temps, pour fermer les yeux encore et encore, supporter tout le vide du royaume dont elle était devenue reine, s’apercevoir que tout ce dont elle avait toujours rêvé n’apportait qu’un bonheur mesuré, jamais tout à fait suffisant pour la combler vraiment. Elle sait qu’elle devrait continuer, mais c’est déjà trop, beaucoup trop quand elle regarde Irina, laisse ses mots la percuter pour la première fois. « Je… » Je suis désolée. Pas encore, pas assez. « J’avais pris l’habitude de voir tous mes rêves me glisser entre les doigts mais… j’espérais tellement mieux pour toi, pour vous. Pour nous tous. » C’est inutile Elia. Ce n’est même pas ça qu’elle te reproche Irina et tu le sais désormais. Plutôt cette absence, cette incapacité à entendre ; à te comporter comme la mère que tu aurais pu être mais que tu as préféré lentement laisser s’effacer.


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