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 HEDKLAN ◊ battle cry

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : plus que pur.Messages : 443Date d'inscription : 05/04/2015Localisation : fouine partout dans le château.
Ҩ HEDKLAN ◊ battle cry Ҩ Jeu 26 Jan - 0:55

« THE ONLY SOUND IS THE BATTLE CRY »

HEDKLAN // Stars are only visible in darkness. Fear is ever-changing and evolving and I have been poisoned inside. But I, I feel so alive. Nobody can save me now. The king is crowned. It's do or die. [ ]


17 JUIN // « Qu'est-ce qui se passe? » Sa voix était déjà un peu brisée par le regard des autres. Terreur, peur, tristesse. Choc. Surtout le choc. C'était ce qu'on lisait dans leur âme dévastée, entre deux cris, bientôt entre deux larmes. Tout s'était passé très vite et ça se passait encore, on n'aurait rien pu faire pour l'arrêter ; c'était déjà trop tard, les mécanismes étaient en marche. Aucune réponse, partout, des expressions impossible à comprendre. Elle avait un mauvais pressentiment depuis quelques jours, depuis la capture de Katerina pour être plus exacte, ça n'allait visiblement pas s'arranger. Elle avait peur mais elle devait savoir. Comme dans un brouillard épais, Hedda s'avança. Quand elle aperçut un corps inerte par terre, son sang ne fit qu'un tour. Directement, elle avait vu la chevelure blonde, étincelante, trop familière, beaucoup trop familière. Non, ça ne pouvait pas. Encore un mètre pour détruire ses maigres espoirs. Non. Non non non non. « Qu'est-ce que… Mais… C'est… Non… » Pause. « ERIKA ! » déchirante, sa voix fit trembler toute la salle. Incapable d'y croire, ça ne pouvait pas être vrai. Il y avait une explication, elle allait se relever. Elle devait se relever. La Norvégienne courut pour se porter à son chevet, ce fut seulement à cet instant qu'elle vit qu'il y avait déjà Enora pratiquement couchée sur elle. Et Deklan, juste à côté, le regard vide. Il semblait comme propulsé à des kilomètres de la réalité, il prononçait des mots qu'elle n'entendait pas. Elle n'y prêtait pas attention, ni à eux, ni à n'importe qui d'autre dans la pièce. Elle ne voyait que les cheveux blonds d'Erika, déposés en couronne autour de son visage. Les seuls pathétiques mots qui acceptaient de sortir de sa bouche n'avaient aucun sens. « Non non non non pas toi, c'est pas vrai, c'est pas vrai » Les larmes lui montèrent aux yeux. Elles traçaient des sillons au couteau sur ses joues. Elle avait mal partout. Tellement mal qu'elle se demanda une seconde si ça valait vraiment la peine de se relever. Si elle en serait capable. Les côtés brisées, le coeur en pièces, l'âme en vrac. Bon sang mais pourquoi. Pourquoi, Erika? POURQUOI? L'injustice la frappa de plein fouet, la gifle lui fit l'effet d'un pieu enfoncé bien profond dans la poitrine. C'était comme si une part d'elle-même se noyait à l'intérieur, dans toute cette douleur, dans toute cette peur.
Aucune réaction pendant de très longues minutes. Ça bougeait autour d'elle mais elle était absente, plongée en elle-même. Toujours cette question frustrante au bord des lèvres. Pourquoi? Elle voulait qu'on lui explique. Elle exigeait qu'on lui dise pourquoi tout le monde disparaissait soudainement, comme ça, du jour au lendemain. Privant leurs proches d'un au revoir, c'était presque les condamner à souffrir jusqu'à ce qu'ils passent eux aussi de l'autre côté du voile. Pourquoi le monde était si dégueulasse. Non franchement elle aurait bien aimé qu'on lui explique et puis qu'on lui prouve par A + B que c'était pas inévitable, qu'ils n'étaient pas devenus haineux au point de s'entretuer les uns les autres. C'étaient que des gamins, ce monde-là c'était pas le leur. Pas vrai? Allez Eka, réveille-toi. Dis-moi que c'est pas ce qu'on est devenu. Dis-moi que tu n'es pas morte à cause d'une guerre dont t'as jamais voulu.

Elle ne se releva pas. Elle ne se relèverait plus jamais.

Hedda resta immobile encore longtemps. Elle entendit des cris de plus en plus perçants, et alors là seulement elle se reconnecta à sa vie, une vie dont elle n'était plus si sûre de vouloir. Deklan détruisait verbalement Enora. La Meneuse n'était pas sûre de tout comprendre, elle tenta de suivre le fil, de rattacher les bribes d'histoires. Quand elle comprit ce que Deklan reprochait à la Flamme, elle sentit au fond de ses tripes qu'il se trompait. Jamais Barjow n'aurait pu mener Erika dans un piège, jamais. Il y avait forcément une explication, mais ce n'était pas le moment de tergiverser. Une force venue de nulle part la poussa à se relever et à s'approcher de Deklan, un peu trop vite, un peu titubante. Sa main se posa fermement sur son épaule, elle lui murmura de se calmer, elle ne savait pas trop ce qu'elle disait et ça semblait assez peu fonctionner ; elle avait du mal à le retenir d'ajouter une mort à une liste déjà bien trop longue. De toutes ses forces, elle faisait résistance, elle avait les bras entourés autour de son cou et elle le serrait jusqu'à l'étouffer. Elle se disait que c'était pour ne pas qu'il fasse de bêtise, quand elle lui répétait « s'il-te-plaît, arrête, laisse-la partir » mais la vérité c'était qu'elle ne savait même pas si elle parlait d'Enora ou d'Erika. Laisse-la partir. Son coeur battait la chamade, étrangement. Dans sa tête, c'était le néant, elle broyait du noir. Elle avait l'impression que ce n'était qu'une vaste plaisanterie. Humour douteux. Les Dieux se fichaient bien de leur gueule. Elle aurait pu en rire tellement le choc était puissant. De toutes façons plus rien n'avait de sens, alors quelle importance. « Deklan… s'il-te-plaît » murmura-t-elle encore une fois, dans un souffle court, rauque, collée contre sa peau. Elle avait besoin de le sentir trembler entre ses bras pour se dire qu'il tremblait un peu plus qu'elle. Qu'elle allait s'en sortir, qu'il souffrait un peu plus fort qu'elle ; elle voulait égoïstement ne pas être la seule à lutter pour ne pas s'effondrer, ici, maintenant. Ne pas être seule. C'était tout ce qu'elle voulait.

Hedda fit signe à Enora de s'en aller en un regard un peu étrange qui leur ressemblait beaucoup. La Gryffondor avait reçu le message, elle s'enfuit, peu fière, et disparut comme un fantôme laissant Erika derrière elle. Près de sa dépouille, la meneuse demeura dans les bras de Deklan encore un moment. C'était tellement incohérent, bon sang. Ces deux-là ne s'étaient jamais entendu, même si ils se souvenaient tous les deux d'un jour où ils avaient eu la même connexion. Forte, émotionnelle. Besoin d'une attache et c'était encore l'autre qui se trouvait là, mais malgré leurs différences, ils n'eurent pas besoin de se parler, ni même de se regarder pour se comprendre. La douleur était trop forte. Ils n'auraient pas pu prononcer les mots justes, les mots vrais. Les mots pour dire au revoir.

18 JUIN // Hedda était assise à côté de lui depuis des heures. Ils ne s'étaient pas vraiment séparés depuis… ce qu'il s'était passé. Ils avaient passé la soirée à faire semblant d'être encore un peu en vie. Prononcer certaines choses auxquelles ils avaient probablement cessé de croire pour quelques temps. Il fallait bien dire deux mots pour annoncer la… le départ de l'une des leurs. Hedda aurait pu partir à plusieurs moments, tout comme lui ; pourtant aucun des deux n'avait eu la force de trop s'éloigner de l'autre, même si ils n'en parlaient pas. Pas besoin, ça aurait été surfait. Ils étaient tous les deux dévastés, deux êtres qui s'étaient comme perdus sur la route. Deux enfants de bonne famille et bordel qu'est-ce qu'ils auraient aimé qu'on leur dise à quoi ça servait, toutes les conneries de ce monde pitoyable. Toutes ces valeurs, ces jalousies, ces guerres puériles ; au final y avait que des abrutis sur Terre. Ils étaient assis là comme deux cons à se regarder partir vomir de mal chacun à leur tour. Franchement, est-ce que quelque chose avait encore un tout petit peu de sens? Est-ce qu'on pouvait faire son chemin sans se cogner à tout, tout le temps? Sans que ça laisse des bleus sur leur coeur? « C'est tellement injuste, ça m’écœure. » Silence brisé, sa voix les avait fait sursauter tous les deux. Constat banal mais affligeant. Elle fixait le mur devant elle et elle avait envie d'y punaiser des lambeaux de sa vie. Pour voir exactement à quel moment ça avait foiré.



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Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: HEDKLAN ◊ battle cry Ҩ Jeu 26 Jan - 16:34

17 Juin - Elle s’étonnait encore d’être en un seul morceau. La vérité c’était peut-être qu’elle aurait préféré ne pas l’être. Elle ne se souvenait même plus exactement de comment s’étaient déroulées les dernières minutes ; comment elle était revenue à la salle de réception, comment elle avait déplacé Er.. le cor.. comment elle avait fait. La magie, bien sûr, mais les détails ? Peu importe. Elle ne s’en souvenait plus, elle ne voulait plus se souvenir de rien.
C’est seulement une fois à la salle de réception qu’elle avait commencé à trembler. C’est seulement en voyant le regard terrifié des élèves autour d’elle qu’elle avait pris conscience que… qu’elle avait repris conscience. Elle avait été comme hors de son corps. Trop dur d’être dedans, trop mal, trop fort.  Elle n’avait pas eu envie d’y revenir mais cette fois elle était coincée. Elle regardait les autres la regarder, horrifiée autant qu’eux. Ses yeux tombèrent sur le corps inerte qui reposait à présent sur le sol. Ses jambes refusèrent de la porter davantage.
_______

Deklan s’arrêta en entendant qu’on le hélait. Il se retourna, les sourcils froncés, prêt à engueuler celui qui faisait preuve de si peu de discrétion alors qu’il était en train de patrouiller – on n’arrête pas de le leur dire : soyez discrets, faites attention, merde. Il entendait des pas de course qui se rapprochaient et la stature d’Ystrinov déboula d’un couloir perpendiculaire. Il venait directement de la salle de réception. Pour que son bras droit lui-même enfreigne de cette façon toutes les règles de sécurité, il avait dû se passer quelque chose. L’expression totalement décomposée du jeune homme alluma tous les signaux d’alerte chez le Levski. « C’est Erika. »
De sa vie, il n’avait jamais couru si vite. Et ce n’était pas la course qui faisait battre son cœur à cette vitesse. L’angoisse lui comprimait la cage thoracique plus sûrement qu’un étau. Lorsqu’il débarqua dans la salle, ouvrant les portes en grand fracas, et qu’il aperçut la chevelure dorée étalée sur le sol, il s’arrêta d’un bloc. Il voulut prononcer son nom ; ça resta coincé dans sa gorge. Il savait que c’était elle, même si son visage lui était caché par une deuxième silhouette, recroquevillée contre la blonde, secouée par de lourds sanglots.
_______

Enora pleurait, pleurait, pleurait comme elle ne l’avait peut-être jamais fait auparavant. Pas comme ça, pas devant les autres ; mais les autres n’existaient plus. Il n’y avait qu’elle, Eka, son visage pâle, sa peau déjà trop froide et sa mortelle immobilité. Elle pleurait en suppliant, dans sa tête, parce qu’elle ne pouvait pas prononcer le moindre mot, même le plus petit, même le plus simple. Respire, reviens ; c’était dans sa tête, elle ne pouvait pas, elle n’avait plus la force de rien. Elle crevait, elle aussi, elle crevait de chagrin, quand bien même Erika était morte pour la sauver. Elle n’avait rien demandé, elle n’avait pas voulu. T’aurais pas dû.
Elle n’avait même pas entendu les portes s’ouvrir à la volée, puis se refermer plus doucement quand Ystrinov était arrivé derrière le meneur. Elle n’avait rien entendu d’autre que le vide qui résonnait sans un bruit à l’intérieur d’elle. Que le silence affreux d’Erika et sa voix qu’elle n’entendrait plus jamais. Peut-être aussi la discrète dégringolade des débris de son cœur qui tombaient sur le sol. Ce n’était pas très bruyant ; ça ne pesait pas très lourd.
_______

Il les regardait mais il ne les voyait pas ; son regard était vitreux, il attendait que le monde arrête de tourner. Il ne comprenait pas que les choses soient encore en train de bouger autour d’eux, que les gens s’approchent, murmurent, continuent. Eka était morte alors… pourquoi est-ce qu’ils étaient encore là, tous,  avec leurs têtes catastrophées, effrayées ? Pourquoi est-ce que tout ne s’était pas juste arrêté ? Derrière le voile presque opaque qu’était devenue sa cornée, il aperçut Hedda s’effondrer à côté de l’autre brune sur le corps de leur amie. Mais il voulait arrêter, lui. Rester là, recroquevillé profondément à l’intérieur de lui-même, étranger au monde où Erika n’était plus là. Il tenait la douleur à distance, en attendant que les autres s’arrêtent aussi et que tout soit terminé. La réalité revint l’attraper par les tripes pour l’attirer jusqu’à elle. Pour qu’il voie précisément son regard se recentrer sur la petite silhouette qui n’en finissait pas de pleurer sur le corps de sa Eka. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » murmura-t-il, la voix éteinte. Elle ne réagit pas ; peut-être ne l’entendait-elle pas. Il leva la tête, dévisagea les autres. Que quelqu’un lui explique. Mais personne ne savait. C’était juste Enora, qui était arrivée avec elle, et qui était tombée là. C’était juste Barjow.
_______

Elle n’aurait même pas su dire depuis combien de temps elle était là, elle avait à peine senti la secousse lorsqu’Hedda s’était précipitée à son tour sur le corps de la meneuse. Depuis son océan de chagrin, elle entendait les mots prononcés par son amie, elle était presque reconnaissante à la Sorensen de dire ce qui restait coincé dans sa gorge et qui l’étouffait doucement. Elle n’eut pas vraiment le temps de saisir ce qui se passait ensuite. Une poigne d’acier sur son épaule la fit sursauter, elle releva la tête précipitamment et tomba sur le visage contracté de son meneur. Il aurait pu lui déboiter l’omoplate rien qu’en serrant le poing, eut-elle juste le temps de penser avant d’être propulsée violemment en arrière. Roulant une seconde sur le sol, elle reprit contact avec la réalité quand le mur arrêta brusquement sa course à peine entamée. L’impact la sonna un peu plus, mais elle n’avait pas vraiment mal. Approche pas d’elle, entendit-elle ; comment tu oses. Traitresse. Elle se décomposa un peu plus. « Non » fit-elle, faiblement, en appuyant ses bras contre le mur pour essayer de se relever en le voyant amorcer un pas vers elle. La peur s’ancra à son estomac ; qu’est-ce qu’il allait faire ? « C’est pas moi, je l’ai pas »
_______
« Ferme-la, ta gueule, TA GUEULE. » Il criait, il éructait littéralement de rage. C’était sa faute. Il ne la laissait pas en placer une, vociférait ; elle s’imaginait qu’il allait la croire peut-être ; il le savait depuis le début, qu’elle était dans l’autre camp, il avait pas confiance, en elle et en son taré de petit-ami, il aurait jamais dû les laisser entrer dans la salle de réception, c’était de sa faute, elle avait mené Erika dans un piège, une embuscade, elle l’avait tuée, et elle avait le culot de se repointer ici, il allait lui faire payer, elle s’en tirerait pas comme ça.
Il avait senti qu’il pouvait la démolir à mains nues, quand il l’avait balancée, elle ne pesait rien du tout, elle n’était rien qu’une putain de traitresse qui lui avait pris Erika. Il allait la tuer, il allait la venger. Deklan n’avait pas vu qu’Hedda s’était relevée elle-aussi ; il sursauta lorsqu’elle arriva sur lui et appuya une main sur son épaule, avec force ; il se demanda si elle essayait de faire ça pour l’arrêter ou si elle se retenait à lui. Elle essayait de lui dire quelque chose mais il n’entendait pas vraiment, il ne voulait pas entendre, il ne voulait pas se calmer. Lâche-moi il lui disait, lâche-moi, je vais la tuer, elle mérite que ça, je vais la tuer. La norvégienne insistait pourtant, il voulait l’écarter mais il n’avait pas la force de s’en prendre à elle aussi ; il voulait juste venger Eka, et après il retournerait d’où il venait, après tout s’arrêterait à nouveau et ça ne repartirait plus jamais. Il voulut s’emparer de sa baguette mais la petite blonde qui s’opposait toujours à lui enroulait ses bras autour de son cou et le serrait tellement fort qu’il ne fut plus en mesure de l’ignorer. Qu’il la laisse partir ? Comme ça, après ce qu’elle avait fait ? « Elle a tué Eka, elle l’a tuée » s’étranglait-il, sans savoir si c’était de chagrin ou juste parce qu’il manquait d’air, en essayant vainement de faire lâcher prise à Hedda. « Deklan… s'il-te-plaît »
_______

Elle qui était persuadée de ne plus jamais rien ressentir sentait la peur s’infiltrer sous sa peau. Elle pensait qu’elle n’en aurait rien à foutre, de mourir, après ça ; mais c’était plus compliqué, elle voulait pas crever comme ça ; elle serait morte pour Eka sans hésitation mais c’est Eka qui était morte pour elle ; elle avait pas voulu ça, elle avait rien demandé, mais elle pouvait pas se laisser tuer par bêtise, par le chagrin de Deklan. Elle avait pris sa baguette dans sa main mais elle savait qu’elle ne ferait pas le poids si jamais il réussissait à se dégager de la prise de la Sorensen. Elle tremblait de tous ses membres, n’osait même plus bouger. Si elle avait pu elle aurait continué à reculer mais le mur frôlait son dos et il ne pourrait rien pour la protéger.
Enora croisa le regard de Hedda. Tire-toi. Elle ne prit pas le temps de réfléchir. C’était ça ou crever tout de suite. Elle détala, titubante, laissant sur son passage quelques traces de sang d’une blessure qu’elle n’avait même pas remarquée. Elle n’eut même pas le temps de reposer les yeux sur Eka ; elle était déjà dehors, courant dans le couloir, aussi vite que possible. Elle se cassa la gueule plusieurs fois, elle ne savait même pas où aller ; elle courait, c’est tout, loin et vite, pour fuir, sans trop savoir si c’était de sa propre mort dont elle voulait s’éloigner ou si c’était de celle d’Erika.
_______

Top tard. Elle était partie. La prise d’Hedda se desserra toute seule autour de son cou et il ne fut même pas soulagé de sentir l’air circuler à nouveau librement entre ses poumons et l’extérieur. Un peu hagard, il regarda autour de lui une seconde, espérant presque voir que tout le monde était figé et que cette fois ça ne repartirait plus jamais. Mais non. Personne ne bougeait et plus personne ne parlait mais il vit distinctement les quelques larmes silencieuses qui glissaient sur le visage d’Ystrinov, droit comme un I, près du corps de la Droganov. Non, tout ne s’était pas arrêté. Il était forcé de continuer. Ils étaient forcés de continuer. Ses bras se refermèrent sur Hedda et il la serra contre lui, si fort qu’il la fit presque disparaître contre son immense carrure. Il enfouit son visage dans ses cheveux et alors seulement le premier sanglot lui secoua la poitrine. Il la sentait trembler contre lui et même si ça ne le consolait pas beaucoup ça lui donnait un peu l’impression de ne pas être tout seul au milieu de tous ces gens qui ne pourraient jamais comprendre à quel point Eka allait manquer au monde. A quel point elle manquait déjà. Il avait envie de mourir. C’était pas possible. Ca faisait trop mal.

18 Juin – Il ne savait pas trop d’où ça venait et il ne se posait pas la question. Ce n’est même pas tellement que c’était plus facile comme ça qu’autrement ; c’était juste…  comme ça. Il n’avait même pas eu la force d’essayer de s’éloigner d’elle. Il n’avait la force de rien, tout juste avait-il pu se reconstruire un peu de dignité pour annoncer la nouvelle aux autres meneurs, puis prévenir ceux qui n’avaient pas assisté à la scène. Et ils s’étaient murés dans le silence, l’un près de l’autre, enchaînés par tantôt le chagrin, tantôt la colère. La veille, Deklan s’était arraché les phalanges en les cognant contre le mur extérieur de la salle de réception. Ils ne s’étaient pas éloignés, ils étaient juste sortis pour se couper un peu des autres. Tout le monde ne pouvait pas voir ça, c’était déjà trop la panique. Il ne pouvait pas se permettre de perdre davantage les pédales devant les autres.
Il avait cogné, cogné encore, comme si ça ne lui dégommait pas les os, comme si ça n’éclatait pas sa chair. Il s’était retrouvé avec du sang plein les mains et quand il s’était calmé, quand il avait glissé jusqu’au sol, fatigué mais pas soulagé, il les avait contemplées pendant de longues minutes sans dire un mot. Ca coulait le long de ses doigts, sur sa paume. Ce liquide carmin, plus pur qu’il ne l’avait jamais voulu. Dire qu’il avait pensé que personne ne se battrait pour le lui prendre, puisqu’il n’avait pas l’Ox. Erika non plus n’avait pas l’Ox et ils l’avaient tuée quand même. Finalement c’est Roman qui avait raison. Ils étaient assoiffés de sang. Peu importe si le pouvoir de l’Ox s’y était mêlé ou pas. Puis il avait croisé le regard de Hedda, ils s’étaient regardés comme si en s’appuyant l’un sur l’autre ils avaient la moindre chance de se maintenir un petit peu droits. Ils étaient rentrés, ils s’étaient assis dans un coin, une petite alcôve derrière une colonne, et ils étaient encore là. Pas très loin des autres mais relativement tranquilles – Deklan avait jeté un sortilège d’insonorisation presque automatiquement. Ils n’avaient plus bougé, pendant de longues heures qu’il avait consacrées à essayer de s’anesthésier,  à ne plus penser, à se laisser mourir un peu à l’intérieur. La douleur sur ses mains l’aidait un peu. Il avait bien songé à récupérer de quoi rouler un joint dans son QG mais il n’avait pas la force de se trainer jusque là-bas. « C'est tellement injuste, ça m’écœure. »
Deklan sursauta. Il regarda Hedda qui regardait le mur qui ne regardait personne. « Moi ça me rend fou de rage » il fit, la voix rauque et grondante. Ce n’était pas faux mais ce n’était pas vrai non plus. En fait ça le rendait fou de rage et fou de douleur et fou de chagrin. Mais la première seulement pourrait s’avérer utile pour le faire continuer d’avancer. Puisque le monde ne semblait décidément pas décidé à s’arrêter. « C’est ridicule cette situation. On est plus nombreux qu’eux, on n’est pas moins puissants. On ne peut pas tolérer de subir des pertes encore et encore sans réagir. Katerina, maintenant Eka… » Sa voix se brisait légèrement, il se força à garder les yeux ouverts et la tête droite, serrant les mâchoires à s’en faire péter les dents. « Il faut qu’on se venge. Les laisser faire des raids comme ça en nous cantonnant à la défense ça nous met en position de faiblesse.  Il faut répliquer. » Asséna-t-il, implacable. Ca n’allait ramener personne, ça n’allait même pas lui permettre de se sentir mieux, il le savait déjà. Ca ne changeait rien, ils avaient une guerre à gagner. Deklan ne comptait pas se laisser abattre. De toute façon il était déjà à moitié mort.


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

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Ҩ Re: HEDKLAN ◊ battle cry Ҩ Ven 10 Fév - 12:58

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18 JUIN // Elle attendait que le temps passe pour que de sa douleur il emporte quelques traces. Jusqu'alors, Hedda n'avait jamais réalisé à quel point le manque était un sentiment absurde. On passe sa vie à s'attacher aux autres et même si on s'éloigne, on sait qu'ils sont présents, là-bas, quelque part. C'est pas grave si on les perd un peu de vue, si on oublie de leur demander comment ils vont, si tout se passe bien en ce moment, ce genre de banalités du quotidien. On peut les atteindre, ils peuvent réapparaître dans notre vie à tout moment. On a le choix. Et puis il y a ceux qui gravitent autour de nous, sans qui notre monde aurait un peu moins de sens. Ils sont tellement incrustés sous notre chair qu'ils font presque partie de nous. Ils font partie des meubles, comme on dit. Si bien que parfois on oublie même qu'ils existent. Ces êtres chers à qui on tient deviennent des ombres qu'on ne voit plus que lorsque le soleil les inonde. On ne fait plus vraiment attention, on a l'impression qu'ils seront toujours là et que rien ne peut changer. On ne se soucie plus des petits instants passés ensemble, la mémoire trie et la mémoire ne retient que les moments forts. C'est seulement si quelqu'un qu'on aime disparaît à tout jamais qu'on se souvient des détails insignifiants. Et alors chaque regard, chaque sourire, chaque mot prend tout son sens. On s'accroche à des broutilles, aux restes d'un fantôme. Parce qu'on n'a plus le choix, ils sont partis. C'est comme ça, on ne les reverra pas. C'est injuste et révoltant et dégueulasse et bordel qu'est-ce qu'on est triste. On ne peut plus faire autrement que de vivre avec leur absence qui nous creuse les os. On ne réalisait pas qu'ils prenaient autant de place quand ils étaient en vie, mais la mort nous montre à quel point ils étaient importants. A quel point on les avait dans la peau. L'habitude nous aveuglait, on ne les voyait même plus ; mais maintenant qu'ils ne sont plus là, leur absence est tout ce qu'on voit. Partout, tout le temps. On se répète « tiens, et si elle était là, qu'est-ce qu'elle ferait? qu'est-ce qu'elle dirait? » alors qu'on s'en fichait complètement auparavant. C'est comme ça, on n'en peut rien. On croit que tout est éternel mais c'est pas comme ça que ça se passe dans la vraie vie. Des gens meurent. Des gens disparaissent de notre vie dans un écran de fumée blanche. On donnerait n'importe quoi pour qu'ils reviennent, on s'en veut de ne pas avoir fait plus attention à eux avant qu'ils ne partent, on voudrait les revoir mais c'est impossible et bon sang qu'est-ce que ça nous bousille. Le temps devient à la fois notre allié et notre ennemi, on veut à tout prix guérir mais on a trop peur d'oublier. Tout ce qui nous reste en tête, ce sont les petites choses, vraiment, c'est trois fois rien. Mais c'est tout ce qu'on a, alors on se repasse sans cesse les mêmes images en priant pour qu'elles redeviennent réelles. Ça nous fait mal à en crever, on souffre, on souffre tout le temps, constamment. On ne ressent plus que ce vide en nous et on prie pour qu'il nous aspire. On se dit que ce serait plus facile si on disparaissait aussi. On ferme les yeux quelques instants en espérant qu'on n'aura plus jamais à les ouvrir.

Hedda rouvrit les yeux, d'un coup sec, presque brutal. « Moi ça me rend fou de rage. » Elle se retient de ne pas hurler qu'elle aussi, elle était haineuse, dégoûtée par les lâcheté de ces Insurgés qui se terraient dans les ténèbres de Durmstrang et qui attendaient que leurs proies se jettent dans leurs filets.  « C’est ridicule cette situation. On est plus nombreux qu’eux, on n’est pas moins puissants. On ne peut pas tolérer de subir des pertes encore et encore sans réagir. Katerina, maintenant Eka… » La capture de la meneuse des Icebergs avait donné le signal dans le coeur de la Norvégienne. Personne n'était hors d'atteinte, aucune forteresse n'était imprenable. Ils avaient beau se planquer dans la salle de réception, leurs remparts finiraient par tomber. « Il faut qu’on se venge. Les laisser faire des raids comme ça en nous cantonnant à la défense ça nous met en position de faiblesse.  Il faut répliquer. »  Ce n'était pas la première fois que l'idée faisait irruption dans son esprit. Dès qu'elle avait senti le pouvoir de l'Ox lui matraquer les veines, elle avait su que sa vie était en danger comme jamais.

Si les perdants de l'histoire préparaient leur vengeance, elle ne se laisserait pas faire pour autant. D'ailleurs, son visage de marbre n'avait trahi aucune surprise lorsqu'elle avait remarqué que son demi-frère manquait à l'appel aux côtés de la Résistance. La rancoeur d'Elias s'était accentuée depuis qu'il s'était retrouvé propulsé à Salem pour ne pas que son existence entache davantage le nom des Sørensen. Pourtant Hedda aurait accepté de lui accorder une place dans sa famille, si il avait eu assez de respect pour elle pour le lui demander. Qu'espérait-il à présent, en se retournant contre elle? En trahissant la seule vraie victime que l'adultère de son père avait occasionnée? Elle aurait bien voulu savoir ce qu'il aurait ressenti si on lui avait promis un titre, un avenir, seulement pour tout remettre en question avec l'arrivée d'un enfant illégitime. Elle avait su se montrer clémente avec lui au fil du temps, elle avait même appris à masquer sa haine. Mais avec l'Ox, le semblant de relation fraternelle qu'ils avaient réussi à construire n'était plus suffisant. Elias était prêt à tout pour remettre la couronne du trône Sørensen en jeu. Comme tous les Insurgés, il ne reculerait devant rien. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'elle non plus. « J'hésite à attaquer leur campement depuis la capture de Katerina. Seule, je n'aurais jamais réussi, et de toutes façons les autres refusent que m'éloigne trop de la salle de réception sous prétexte que je suis la Gardienne. Mais… Si on unit nos forces et nos compétences, on peut y arriver. » Au fond, la réaction de Deklan ne la surprenait pas vraiment. C'était le meneur des Flammes, et il venait de perdre son binôme. Il faisait un complice idéal pour préparer leur vengeance.
Elle se leva avec agilité, ses muscles n'avaient pourtant plus été sollicités depuis quelques heures, mais sa détermination lui redonnait toute la force dont elle avait besoin. Les jambes engourdies à force de rester assise à se torturer, elle se mit à faire les cent pas dans la pièce. « On ne doit pas se laisser abattre, on passe pour des froussards et ça ne fait que leur donner d'autant plus confiance en eux. » Elle s'approcha de Deklan, déterminée, la colère lui barrant le front. « Rester planqués, ça ne fait que leur rendre service. Mais c'est terminé, il est temps de leur montrer qu'on a des armes, nous aussi. On a l'Ox et on le contrôle de mieux en mieux. » Sa baguette se mit à chauffer contre sa peau, elle s'en saisit et balança un sortilège plutôt complexe contre le mur qui lui faisait face. Le sort laissa comme une marque de brûlure sur la pierre. Hedda se tourna vers Deklan d'un air impatient. Elle lança un sortilège de manière à ce que personne ne les voie, pour qu'ils soient entièrement isolés. « Il nous faut une stratégie d'attaque. »




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Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: HEDKLAN ◊ battle cry Ҩ Jeu 25 Mai - 18:26

Deklan se raccrochait à la colère comme à une bouée. Jamais il n'avait eu aussi peur de se noyer ; les eaux sombres et bouillonnantes dans lesquelles il se débattait menaçaient de le submerger à tout instant. Ses poings serrés, son expression hargneuse, sa voix cassante, ce n'étaient que des chimères ; des déguisement, ou des faux-semblants, plutôt, pour faire croire aux autres ou pour se faire croire à lui qu'il n'était pas aussi dévasté que ça ; qu'à l'intérieur, il restait autre chose que son vide d'elle. Il sentait les larmes, là, encore si proches, coincées dans sa gorge, trop loin pour faire trembler sa voix mais assez près pour ressurgir si d'aventure il avait le malheur de lâcher la bouée, une seule seconde.
Alors il s'accrochait ; la colère le portait, l'emportait. Il hurlait de rage pour de pas gémir de douleur ; celle qui lui brûlait les poings le distrayait de celle qui lui dévorait le cœur. Le distrayait. C'était ça. Une putain de distraction ; sa douleur, sa colère, sa vengeance. Sa vie, une putain de distraction pour oublier qu'elle était plus là. Envie de vomir, subite ; il déglutit, son regard se voila une seconde, il perdait de sa hargne. Et voilà, il lâchait prise. Il se décomposait ; ses pensées refusaient d'obéir à ses injonctions mentales : n'y pense pas, arrête. Non j'arrête pas, ou alors il faut qu'elle revienne ; reviens, reviens. Laisse-la partir. « J'hésite à attaquer leur campement depuis la capture de Katerina. Seule, je n'aurais jamais réussi, et de toutes façons les autres refusent que m'éloigne trop de la salle de réception sous prétexte que je suis la Gardienne. Mais… Si on unit nos forces et nos compétences, on peut y arriver. » Sursaut ; il s'extirpa de ses pensées ou plutôt, Hedda le raccrochait à sa bouée. On peut y arriver, oui. Bien sûr. Il regarda ses poings éclatés, retint un soupir et releva la tête vers elle. Son expression décidée lui insuffla un courage dont il avait cruellement besoin. Elle s'était levée d'un bond, arpentait la petite alcôve en faisant les cents pas. A la voir ainsi décidée, il retrouva un peu de son propre entrain. Et quand il croiserait son regard, il ferait semblant de ne pas savoir lire la souffrance qui y brillerait, au fond, dans un coin. Elle saurait qu'il savait, mais pour l'instant c'était trop dur d'affronter cette réalité là. Plus dur que d'affronter leurs ennemis. « On ne doit pas se laisser abattre, on passe pour des froussards et ça ne fait que leur donner d'autant plus confiance en eux. » Comme s'ils en avaient besoin. Quelle bande de crevards, songea-t-il, une expression de dégoût sur le visage. Il fit face à son air féroce, la mâchoire serrée. Ils allaient le payer. « Rester planqués, ça ne fait que leur rendre service. Mais c'est terminé, il est temps de leur montrer qu'on a des armes, nous aussi. On a l'Ox et on le contrôle de mieux en mieux. »

Il la regarda lancer un sortilège contre le mur, sans mot dire. Lui, il n'avait pas l'Ox, et ça lui allait bien. Pour autant, force était de reconnaître que la puissance de la Sorensen dépassait de loin la sienne. Dire que quand ils étaient gamins, ils se chamaillaient sans cesse pour savoir lequel aurait le dessus. Le strict pied d'égalité sur lequel ils s'étaient tenus pendant des années avait été pulvérisé par la découverte de l'Ox et si les circonstances n'avaient pas rendu si futile sa petite fierté, Deklan aurait sûrement été un peu amer à cette constatation. Mais non, ça le laissait plutôt indifférent. Il s'approcha de la trace sur le mur tandis que l'Eclair les cachait à la vue des autres. Il frotta la marque carbonisée du bout des doigts ; c'était encore brûlant. Il fronça les sourcils. « Il nous faut une stratégie d'attaque. »  Le meneur tourna la tête vers la jeune femme. Il hésita, quelques secondes ; ce qu'il avait en tête était encore secret, totalement imprudent ; ça mûrissait dans un crâne depuis des semaines mais il ne pouvait se résoudre à rendre ça concret parce qu'il ne voulait pas demander aux autres de se mettre en danger sous ses ordres. Mais la détermination de sa camarade portait la sienne. Il n'était plus temps d'hésiter, d'être frileux. Maintenant il fallait agir. Et ils ne manqueraient pas leur coup. « J'ai déjà un plan, en fait. » lâcha-t-il, la voix blanche, avec l'air de confesser un crime qu'il serait prêt à commettre à nouveau, encore et encore, autant de fois que nécessaire. Ses chiens avaient tué Eka. Il les tuerait tous dix fois chacun si c'était possible. « Moi aussi j'y réfléchis depuis que Kniasev a été enlevée. Je pense que leur QG est dans l'aile est, mais il y a encore du mouvement du côté de l'ancien QG des Ombres. » Du bout de sa baguette, au-dessus de la marque laissée par le sort d'Hedda, il traça grossièrement un plan des principaux corridors, puis désigna un point exactement entre les deux lieux qu'il avait cités. « En se plaçant par là, on sera sûrs de tomber sur quelqu'un assez rapidement. Et alors... » il se tut, réalisant que ses traits étaient déformés dans une grimace haineuse qu'il n'avait pas vraiment choisi d'afficher. L'air sombre, il se tourna vers la meneuse. « On ne peut pas y aller que tous les deux. Plusieurs Flammes accepteront de se joindre à nous. Eka... » il déglutit avec difficulté, ferma le poing pour s'empêcher de trembler. « ils voudront la venger. » eux aussi. « Nikolaï se joindra à nous. Ystrinov aussi, mais » mais avait-il envie de mettre son meilleur ami en danger ? Si jamais ça tournait mal, c'était lui qui serait le plus indiqué pour remplacer le Levski. A l'inverse, ce dernier n'était pas sûr de supporter de perdre encore quelqu'un qui lui était cher. Devenu silencieux, il regarda Hedda. Et si elle y restait, elle aussi ? Et s'il perdait encore quelqu'un ?

Ils étaient en guerre, c'était les règles du jeu. Mais lui il n'avait jamais signé pour jouer à ce jeu là. Deklan n'avait pas peur de la mort ; pas de la sienne, en tout cas. Mais il y avait des êtres qu'il n'était pas prêt à voir partir, qu'il refusait de laisser s'en aller. Personne n'avait voulu de ça, Erika n'avait, et Katerina, et les prochaines victimes de la guerre ; personne n'avait envie de mourir, et pourtant il y aurait d'autres catastrophes. C'était tellement injuste que ça lui donnait envie de se remettre à chialer comme un môme, mais il refusait de se laisser dépasser encore un peu plus ; ça ne pouvait pas continuer, il fallait protéger les autres, et le seul moyen d'y parvenir, c'était d'empêcher leurs ennemis de frapper. De toute façon il n'y avait que ça qu'il pouvait faire, et rester inactif n'était plus une option. « Il faut rassembler nos alliés. Ces enflures doivent être en train de célébrer leur victoire, c'est hors de question qu'on tolère ça. »

suite ici


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

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HEDKLAN ◊ battle cry

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