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 The Unloved Ones ♆ (Helesza II)

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She was just some little girl who everyone stopped fighting for
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She was just some little girl who everyone stopped fighting for

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur depuis des siècles, les Bàthory sont une des familles les plus respectées et illustres de Hongrie.Messages : 302Date d'inscription : 06/09/2015Localisation : Planquée dans un coin de la salle de réception.
Ҩ The Unloved Ones ♆ (Helesza II) Ҩ Dim 8 Jan - 18:52


♆ the unloved ones
helena & narz

Un éclair de lumière fonça droit sur son adversaire, manquant de peu de le tuer. Seulement ça n'avait aucune importance, parce qu'elle venait de croiser son regard. Trop perturbée pour continuer, elle demanda à faire une pause dans son entraînement. Ça ne rimait à rien, de toutes façons. Si ils voulaient la transformer en soldat, il leur faudrait plus qu'un stupide cours de défense. Elle ne protègerait que les siens, elle se fichait pas mal des autres. Sa mère lui avait toujours dit de se méfier des étrangers. Timea avait raison, ce n'était pas sa fille qui avait déclenché tout ça. Ce pouvoir maudit, elle n'en voulait pas. C'était leur faute.
Quelques minutes plus tard, depuis son coin isolé, la petite Hongroise assista à toute la scène. Ce fut d'abord un hurlement qui lui fit tourner la tête. C'est à ce moment-là qu'elle vit le plafond s'effondrer, faisant trembler toute la salle. Ça lui avait envoyé des électrochocs jusque dans les os, quand elle avait vu qui se trouvait en-dessous. En une demi-seconde, le visage poupin de Ludmila disparut derrière les gravats. Sa poupée était partie en fumée, évaporée dans le chaos. Malgré la panique qui l'envahit toute entière, elle ne put s'empêcher de penser qu'elle l'avait fait exprès, de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Ça devait lui plaire, toute cette agitation autour d'elle. Et puis au moins si elle devait crever maintenant, elle partirait comme elle avait toujours vécu, au centre de l'attention.
Il fallut un moment à Narcisza pour que la vérité se distille dans ses veines. Le choc la ramena à la réalité. Champs de mine dans sa cage thoracique, la terreur ravageait tout à l'intérieur. Elle traversa la pièce comme une météorite pour venir s'écraser contre les rochers, des étincelles dans les yeux. Elle ne savait pas si elle était terrifiée ou en colère, furieuse contre cette destinée qui s'acharnait à lui enlever tout ce qui avait un peu d'importance. Lorsqu'elle ne parvint pas à l'atteindre, Narcisza se rendit compte qu'elles partageaient bien plus qu'un secret, que ça dépassait de loin les squelettes que Ludmila avait laissés derrière elle. Peu importe qui se cachait derrière le masque, l'Iceberg ne pouvait supporter de la laisser l'abandonner à son tour. « S'il-te-plaît, reste avec moi, souffla-t-elle. » Elle suppliait, les lèvres brûlantes qui cherchaient vainement à prononcer un nom qu'elle ne connaissait pas.


Son regard noisette scrutait la chair, avide de la découper aux ciseaux pour savoir ce qui se cachait en-dessous. Cela faisait plusieurs heures qu'elle attendait en silence, sans se décourager. L'infirmière lui avait dit que la blessure guérirait avec le temps, pourvu que Ludmila prenne correctement son traitement. Elle allait se réveiller et elle aurait mal, apparemment. Tant mieux, elle goûterait à sa propre médecine. Narcisza s'était promis de ne pas lui sauter à la gorge dès qu'elle reprendrait conscience, qu'elle se montrerait tendre et patiente, comme n'importe quel autre être humain était censé se comporter. Mais c'était plus facile à dire qu'à faire, il y avait tellement de questions sans réponses. Ça ne l'avait pas dérangée jusqu'à présent parce qu'elle n'avait jamais réalisé à quel point ça la tuerait de ne jamais apprendre la vérité. Pourquoi toutes les personnes qu'elle aimait s'obstinaient à lui mentir? Comme si elle n'avait pas assez d'Arabella et de ses airs torturés, il fallait encore qu'elle s'entiche de quelqu'un qui la ferait souffrir. Sa paranoïa se nourrissait des secrets des autres, des mots qu'on ne lui disait pas, des histoires qu'on ne lui racontait pas. Elle absorbait toute la noirceur des autres mais c'était elle qu'on appelait monstre. Ce monde n'avait aucun sens.

La Belle au Bois dormant ouvrit lentement les yeux, une expression crispée barrant son doux visage. « Venez vite! Elle est réveillée! cria-t-elle à l'intention de l'infirmière. » Aussitôt, quelqu'un accourut pour s'occuper d'elle et Narcisza s'éloigna, le coeur moins lourd. Un énorme poids venait de s'enlever de sa poitrine. Et alors que l'angoisse liée à la perte s'envolait, une place de choix se libérait pour une autre émotion. Plus sombre, plus dangereuse. La rancoeur gonflait dans ses poumons et la petite Hongroise avait du mal à respirer, à la laisser sortir.
Quand la douleur fut anesthésiée et que le calme revint, elle se rapprocha de la blessée et s'assit sur son lit. Dès qu'elle croisa son regard, des milliers de pensées se bousculèrent dans son esprit. Elle finit par grimacer, tirant une croix sur les beaux principes du genre humain. « Tu flirtes dangereusement avec la mort pour quelqu'un qui se targue d'avoir une vie parfaite. » Le ton de sa voix se voulait cassant, chargé de juste assez d'ironie pour en faire trop. Elle n'avait jamais été tendre avec Ludmila, d'ailleurs sa simple présence ici prouvait qu'elle avait compris. Jamais elle n'aurait osé s'approcher de cette garce dans un lieu comme celui-ci, trop exposé, trop public. Ç'aurait été comme de s'allonger sur les rails et d'attendre que le train passe.

Narcisza ne pouvait mettre de mot sur ce qu'elle ressentait, mais elle aurait tout donné pour que ça s'arrête. De toutes manières elle n'avait jamais vraiment su ce que ça voulait dire, toutes ces émotions. On leur donnait des noms mais tout se mélangeait toujours dans sa tête comme dans son coeur. Elle avait mal partout mais elle ne lâcherait rien, elle était venue pour réclamer, exiger qu'on lui rende des comptes. « Ça m'étonne que tu n'y sois pas encore passée. » Tout dans son regard dégoulinait d'amertume. Elle était trop orgueilleuse pour supporter d'avoir été mise à l'écart, comme si elle n'était rien, comme si elle n'avait pas le droit de savoir. Comme si rien ne la reliait à cette inconnue à part une identité volée. « Ce qui me fascine le plus, c'est ta créativité. Je dois reconnaître que tu es pleine de ressources en ce qui concerne les différentes façons de mourir. » Elle soutint son regard, l'emprisonnant entre ses cils. « Mais au fond je me demande si ça me surprend vraiment. Il en faut de l'imagination pour fabriquer tous tes mensonges. »




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TWO-FACE WHORE
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《 TWO-FACE WHORE 》

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : pur de chez purMessages : 209Date d'inscription : 20/09/2014Localisation : Introuvable
Ҩ Re: The Unloved Ones ♆ (Helesza II) Ҩ Mar 31 Jan - 15:57




the unloved ones
“We're creatures of the underworld. We can't afford to love.”



La dernière chose qu’elle voit avant que tout s’assombrisse autour d’elle, c’est les prunelles paniquées de Narcisza. A moitié partie, déjà, elle entend sa voix. Un timbre affolé. Helena a envie de sourire, et elle sait que ce sont les muscles de Ludmila qui étirent ses lèvres. C’est ridicule, que cette fille se soucie encore d’elle. Elle va crever, Helena, elle le sent. Elle va rejoindre sa jumelle, et les parents Buczkowski n’auront plus qu’à embaucher une autre fille de l’ouest pour faire leurs jeux de mimes. La Résistante est profondément fatiguée, lasse. Les gravas sur son corps et le sang poisseux qu’elle sent dégouliner d’elle, ça la soulage. Au moins, elle n’aura plus à faire avec leurs conneries. S’il fallait clamser pour avoir la paix, elle ouvrirait grand les bras. Elle ne se rend même pas compte que le prénom de la Bàthory s’échappe de ses lèvres, une fraction de seconde avant le trou noir.



Le goût du sel la réveille. Elle ouvre les yeux, difficilement, engourdie, comme enveloppée dans une immense tête de coton-tige. Helena passe sa langue sur ses lèvres desséchées et vient y chercher la saveur typique du canal lacrymal qui a trop fait des siennes. Elle est encore là. Le destin ne veut pas la lâcher, ne veut pas lui donner de répit. Plus elle voit clair, et plus la douleur lui fracasse le crâne. Alors que ses yeux sont grands ouverts, elle peine à respirer, ses poumons ne la suivent pas. Prise de panique, elle regarde l’infirmière accourir vers elle, et une silhouette familière reculer. Quelques secondes plus tard, la main qu’elle avait porté à sa poitrine retombe mollement ; elle ne sent plus grand-chose, sa respiration est faible mais l’air passe. La Buzckowski se sent fragile ; elle déteste ça. Surtout quand Narz est là.

Il ne lui a pas fallu attendre de l’avoir devant elle pour la reconnaître. Elle suit l’ancienne Iceberg du regard tandis que cette dernière s’assoit sur son lit, comme si elle avait tous les droits de le faire, comme si elle n’était pas une étrangère. « Tu flirtes dangereusement avec la mort pour quelqu'un qui se targue d'avoir une vie parfaite. » Son ton est dur, mais l’ironie de ses paroles roule sur la peau d’Helena comme du talc. Qu’est-ce qu’elle s’en fiche des apparences à présent. Cela fait quelques temps déjà qu’elle a compris, que d’autres avaient bien mieux connu sa jumelle qu’elle. Que la garce n’en avait pas été à son coup d’essai lorsqu’elle avait enroulé la corde autour de son délicat petit cou, l’été dernier. Helena ne se donne même pas la peine de répondre. Narcisza ne savait-elle pas que la valse avec la Mort était la plus belle des danses au monde ? « Ça m'étonne que tu n'y sois pas encore passée. » Helena veut sourire. Tout en elle veut répondre un ‘moi aussi’ ironique, et vide de sens. Elle a méprisé Ludmila pour son envie de mourir, pendant tous ces mois. L’a dite faible, trop conne pour savoir comment vivre. Pourtant, pourtant. N’a-t-elle pas accueilli le noir autour d’elle comme un cadeau, un peu plus tôt ? N’est-elle vraiment qu’une hypocrite ?

Pour autant, elle reste silencieuse, ne veut pas donner d’armes à cette peste qui se tient près d’elle comme si quelque chose les liait. Pincement au cœur. Connerie. Un truc se tord en elle, la ronge, la fait mentir. Elle sent la brûlure de la main de Narz sur sa peau, sent la pluie sur son visage, l’air frais fouetter son visage. Elle hallucine, elle s’invente des choses. Elle n’a jamais vécu ça. La vérité est logée trop loin dans ses entrailles pour qu’elle ne puisse l’atteindre. « Ce qui me fascine le plus, c'est ta créativité. Je dois reconnaître que tu es pleine de ressources en ce qui concerne les différentes façons de mourir. Mais au fond je me demande si ça me surprend vraiment. Il en faut de l'imagination pour fabriquer tous tes mensonges. » Pour la première fois, Helena a l’impression que sa némésis s’adresse réellement à elle. Elle, de chair et d’os. Pas au bout de fantôme à l’intérieur d’elle. Elle s’aperçoit que la Vainqueur la regarde différemment ; se tient différemment près d’elle. Les pièces du jeu ont déjà volé en éclats ; la Reine a été prise, est-ce qu’on en a toujours quelque chose à foutre du Roi ? « Pas autant que tu crois. Il n’y a rien d’original à se balancer au bout d’une corde, mais je te remercie du compliment. » siffle Helena, détachée et les yeux rivés sur la lampe de sa table de nuit.

Elle a l’image depuis trop longtemps dans sa tête, comme un film qui passe en boucle. Le regard vide de Ludmila, qui l’atteint là où ça fait mal, sans même la voir. Qui fait écho à son propre regard mort. La seule différence, c’est qu’elle, elle respire encore. Les morts ne peuvent pas mentir, et les vivants ne sont pas réels. Qui, d’elles deux, pouvait encore prétendre rester du bon côté du miroir ? « Le mensonge, c’est une question de perspective. C’est seulement la moitié d’une pièce à deux faces. » continue Helena sans regarder l’Iceberg. Elle se sent comme au bord d’un gouffre, les yeux fermés. Une demi-vérité sort de sa bouche, attendant patiemment d’être rejointe par l’autre moitié. Helena sent le mélange étrange du fer mélangé au sel dans sa bouche lorsqu’elle finit enfin, lorsqu’elle saute pour de bon. « Un peu comme moi. » S’écraser en bas, ce sera une putain de belle aventure.







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“ some people are born with thunderstorms in their lives, but constellatons in their eyes. other people are born with stars at their feet, but their souls are lost at sea. ”
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Ҩ Re: The Unloved Ones ♆ (Helesza II) Ҩ Dim 15 Oct - 2:27


♆ the unloved ones
helena & narz

Elle pouvait sentir son parfum mélangé à l'odeur âpre du sang, ça lui prenait à la gorge et ça s'infiltrait sous sa peau. Le poison Ludmila imbibait son coeur vide qui se mit brusquement à cogner trop fort, à se fracasser contre ses côtes. C'était comme les derniers soubresauts d'un animal pris au piège ; elle savait que ça se refermait tout doucement autour d'elle et qu'elle ne pourrait pas y échapper, pourtant elle voulait essayer quand même. Prétendre que c'était rien, que c'était pas important. C'était normal d'avoir eu peur, normal d'être en colère, parce qu'elle aurait pu la perdre sans jamais savoir la vérité. Sans jamais comprendre, sans jamais pouvoir rien lui réclamer. C'était pas important. Ça ne voulait rien dire. Elle ne voulait pas décrypter les signes, de toutes façons elle n'aurait pas eu les moyens de le faire. Elle n'y connaissait presque rien, Narcisza, à ces choses-là. Ce n'était pas pour elle, ça ne le serait jamais.

Pourtant elle attendait, paralysée. Incapable de bouger, encore plus incapable de partir en la laissant là, derrière elle. Comme elle, elle l'avait laissée. Quand elle s'était suicidée pour de bon. Son regard se jeta dans celui de cette étrange inconnue, cherchant des réponses. Ludmila t'a laissée toi aussi, pas vrai? Elle t'a cassée en mille morceaux et elle s'est barrée sans t'expliquer comment réparer son merdier. Classique. Du grand Ludmila. « Pas autant que tu crois. Il n’y a rien d’original à se balancer au bout d’une corde, mais je te remercie du compliment. » Ça se voit qu'elle t'a fait mal pareil qu'à moi. Ça se voit que tu la haïssais pareil que moi, du fond du coeur et puis l'organe il s'est brisé en même temps que le sien. Elle le savait, Narcisza. Elle savait que c'était de l'autre dont la fille parlait. Ludmila était morte. Quelque part elle l'avait toujours su. Un même visage, deux âmes trop différentes pour se confondre mais pas assez pour ne pas se ressembler. Pourtant ce n'était pas la même personne, plus question de se laisser gentiment aveugler.
L'inconnue la privait non seulement de son identité, mais en plus elle avait encore l'audace de lui reprendre son regard. Ça la rendit furieuse, la petite Hongroise. Elle n'avait pas le droit de faire ça, c'était trop facile. « Le mensonge, c’est une question de perspective. C’est seulement la moitié d’une pièce à deux faces. » Elle avait envie de lui hurler de la regarder, mais son cri s'étouffa dans sa gorge lorsque la Flamme reprit. « Un peu comme moi. »  

Pendant longtemps ça fit écho dans sa tête. Comme une mélodie qui tournait en boucle, un refrain détestable et pourtant accrocheur. Ça la foudroya d'un seul coup, parce qu'alors ça voulait dire que c'était vrai, Ludmila était morte, et qu'il allait falloir l'accepter. Et puis d'un autre côté, ça avait quelque chose de rassurant de mettre fin au mensonge. C'était malsain, ces jeux-là ; c'étaient les jeux de Ludmila.
Après plusieurs minutes de silence, l'Iceberg tendit lentement une main vers le visage de cette fille qu'elle reconnaissait sans la connaître. D'un geste délicat, elle l'obligea à planter ses prunelles dans les siennes et à y injecter un peu de cette vérité qu'elle n'avait pas voulu voir. Et pourtant elle s'était étalée sous ses yeux, un soir où la Bàthory avait contemplé les mystères qui s'étalaient sur sa peau ; le sceau. Il n'était plus là. Alors elle avait su, mais elle avait préféré enfuir ce secret dans sa propre chair. Pour ne plus jamais y penser.
Le bout des doigts aimantés à sa joue, Narcisza l'observait sans vergogne, scrutant les moindres millimètres de son doux visage pour déceler une différence. A présent qu'elle acceptait de les voir, elle en comptait quelques unes. « Tu ne lui ressembles pas tant que ça. » Pourtant… Elle retira sa main d'un seul coup, comme si elle avait reçu une violente décharge électrique. « Mais je ne comprends pas. Pourquoi tu prétends être quelqu'un que tu n'es pas? » Peut-être qu'elles avaient plus de points communs qu'elle ne l'imaginait, au final. Peut-être qu'elles aimaient un peu trop se détruire, toutes les deux. « Qu'est-ce que tu essaies de prouver? Que tu es meilleure actrice qu'elle ne l'a jamais été? » Elle était amère, Narcisza. Elle avait mal de toujours s'attacher à des fantômes, à des gens qui n'existaient pas vraiment. Pas entièrement. Des gens qui flirtaient avec la mort, qui se laissaient à moitié aspirer par le néant et qui l'abandonnaient dans l'autre monde. Toute seule. « A trop porter de rôles, elle a fini par s'oublier, Ludmila. Mais toi, tu te souviens encore de qui tu es, pas vrai? » De qui tu n'es pas.



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TWO-FACE WHORE
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《 TWO-FACE WHORE 》

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : pur de chez purMessages : 209Date d'inscription : 20/09/2014Localisation : Introuvable
Ҩ Re: The Unloved Ones ♆ (Helesza II) Ҩ Mer 25 Oct - 11:41




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Helena se rend compte qu’elle n’a même pas redouté de dire la vérité à Narcisza. Tout en sous-entendus et en insinuations, pour pas tout lui cracher à la gueule, comme un défi. Elles sont deux à avoir souffert aux mains de Ludmila, deux à avoir été transies pour elles, écorchées par elle. Une démangeaison sans fin, quelque chose sous la peau qui ronge et dont one ne peut pas se débarrasser. A quel point a-t-elle eu le temps de dévorer avant de se foutre en l’air ? C’est pourtant pas en rendant son dernier souffle qu’elle a libéré ses nombreux prisonniers, alors à quoi bon. Lorsqu’elle sent les doigts de Narcisza contre son visage, c’est tout son corps qui s’électrise. Autant de petites terminaisons nerveuses, d’éclaireurs qui creusent, qui cherchent. Qui cherchent quoi ? « Tu ne lui ressembles pas tant que ça. » Helena ferme les yeux et quelque chose s’échappe de sa poitrine. Comme une plaie béante soudainement cotérisée. Une plaie qui fait encore un mal de chien mais dont l’infection vient de partir. C’est le pus, l’amertume, un petit bout de son désespoir qui la quitte quand Narcisza prononce les mots qui guérissent, les mots qui valident. Les mots qui font du bien. Ceux qui l’autorisent à être une entité dissociée de Ludmila, peut-être pour la première fois de sa vie.

Narcisza se retire et la parenthèse se referme. Elle a des questions, l’Iceberg, elle sait qu’elle va se tailler la peau contre les réponses, mais elle les pose quand même. Helena se dit qu’il faut une sacrée dose de courage, ou de désespoir, pour aller s’abimer contre les fantômes de Ludmila. « Mais je ne comprends pas. Pourquoi tu prétends être quelqu'un que tu n'es pas? » La réponse semblait donnée d’avance. Helena aurait pu répondre presque du tac au tac, qu’on l’avait forcée, balancée dans la fosse aux lions. En haussant les épaules, pour faire bonne mesure. Mais la réponse était bien plus compliquée, bien plus douloureuse que ça. Comment dire toute la peine d’avoir été une seule à exister pour sa famille alors qu’elles étaient deux corps ? Comment dire la haine, la frustration et le venin qui l’a habitée quand elle a été forcé de retracer les pas de sa sœur, de devenir tout ce qu’elle a toujours méprisé ? Comment exprimer la fascination morbide, le gouffre au fond d’elle qu’avait laissé Ludmila, un gouffre au bord duquel elle était restée figée, sans pouvoir admettre l’évidence sous son nez ? « Qu'est-ce que tu essaies de prouver? Que tu es meilleure actrice qu'elle ne l'a jamais été? » Elle entend à peine, Helena, trop confrontée à ce que les interrogations réveillent chez elle, trop occupée à calmer ce qui résonne dans son corps. « A trop porter de rôles, elle a fini par s'oublier, Ludmila. Mais toi, tu te souviens encore de qui tu es, pas vrai? » Cette fois l’Unmarked capte de nouveau le regard de la Bàthory, et un petit rire grave s’échappe de ses lèvres. Un rire qui lui ressemble, un son amer et empoisonné. Un rire qu’elle s’autorise pour la première fois depuis des mois, en dehors de l’intimité de ses draps.

Peu à peu, des éclats de réponse à la Grande Question passent ses lèvres, égratignant et taillant sur leur chemin, laissant quelques gouttes carmin sur l’épiderme pâle. Elle s’est mordue trop fort. « On ne m’a pas trop laissé le choix, à dire vrai. Je crois que mes parents se foutaient pas mal de qui j’étais, et de qui je n’étais pas. » L’important, ça avait été comment elle pourrait se rendre utile. Comment elle pourrait agir pour les Buczkowski, pour une fois. Faire un effort. Un truc qui ne lui coûterait rien du tout, juste un petit bout de son âme et une grande partie de sa santé mentale. Faire une croix sur son propre deuil, et penser un peu moins à sa propre petite pomme. C’est quand même pas compliqué. « Ils auraient préféré que ce soit moi, au bout de la corde. Elle était la plus indispensable des deux. Celle qui rendait fier. Celle qui se pliait aux désirs des autres. Il a fallu que je prenne sa place. » La clarté avec laquelle elle comprend les choses est toute neuve ; comme si enfin, elle voyait clair dans le bordel de sa sœur. L’amertume et la lassitude qu’elle y voit fait écho à sa propre rage. Helena, elle, elle avait été accessoire. Un plan de secours ; dispensable. Jetable. Facilement sacrifiable, pas comparable à la merveille qu’avait été Ludmila. Et pour la première fois, elle voit que sa jumelle a essayé pendanrt des années de se briser pour arrêter de briller. Se salir pour se ternir. Sans jamais se rendre compte que ses efforts étaient vains. Cercle de l’enfer sans fin.

Helena garde ses prunelles dardées sur Narcisza sans vraiment se rendre compte que c’est véritablement Ludmila qu’elle voit au fond de ses yeux. Que c’est enfin le moment de les libérer toutes les deux. « J’imagine qu’elle en a eu marre aussi. De s’ouvrir et de s’écarteler et de s’écorcher sur les envies des autres. Qu’elle a voulu leur dire merde une bonne fois pour toutes. » Qu’elle a voulu en finir, tout simplement. La solution la plus limpide, la plus efficace. C’est une putain de tragédie, se dit Helena, d’avoir été si adorée, et d’avoir crevé si seule. « Elle avait pas prévu qu’elle serait obligée de continuer à vivre à travers moi. Ou moi à travers elle. Je sais plus trop. » C’était là, son aveu à Narcisza. Sa honte de s’être perdue dans les méandres de Ludmila en essayant de comprendre, en essayant vainement de s’extirper de sa propre haine. Au point de ne plus trop savoir qui était qui, qui avait absorbé quelle partie de l’autre. Laquelle des deux se raccrochait à Narcisza comme un phare au milieu de la tempête. Helena sait, maintenant. Elle entrevoit qu’à travers Ludmila, c’est l’Iceberg qu’elle cherche à atteindre.






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