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 What you eclipse makes your mesure || Blaisora

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 474Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Ven 6 Jan - 2:43

Les longs couloirs de Poudlard semblaient s'étirer à l'infini devant la petite fille qui hésitait sur la direction à emprunter. Les murs étaient hauts et les armures qui s'alignaient à leur pied jaugeaient la gamine qui levait vers eux des yeux presque défiants. Des armures ? Même pas peur ; elle en avait vu de pires dans les ruelles de l'Allée des Embrumes. Enora était une Barjow et elle le revendiquait encore sans la moindre honte – elle ne savait pas encore à quel point sa fierté serait de courte durée – ; rien ne lui faisait peur dans ce château, du haut de son très jeune âge elle avait déjà vu bien pire que tout ce qui pourrait s'y dérouler ; pensait-elle avec la conviction inébranlable de l'adolescence à peine effleurée. Si seulement elle savait. Combien de certitudes s'effondreraient entre ces murs ? Elles seraient achevées pendant le réveillon de Noël quatre ans plus tard, mais la petite fille s'y accrochait comme si elles allaient durer toute la vie. Ca lui donnait l'assurance de traverser les couloirs comme si le château lui appartenait, bien qu'elle soit la seule à se savoir dotée d'une telle volonté ; et bien que ça ne l'empêche pas d'hésiter sur la direction à emprunter pour rejoindre les toilettes des filles.

Elle devait y retrouver Blaise Zabini, dans la maison de qui elle ne s'était malheureusement pas retrouvée. Ca aurait été bien plus pratique pour lui prodiguer les soins dont leurs parents l'avaient chargée. Elle n'était pas encore trop sûre du pourquoi du comment, mais le jeune garçon avait été blessé par une force obscure quelques jours avant la rentrée et sa mère l'avait amené dans la boutique. Enora était là, comme souvent. Elle avait assisté à l'échange entre Edgar Barjow et Liviana Zabini sans piper mot, n'indiquant sa présence que lorsque s'était posée la question de la continuité des soins à prodiguer dans les semaines à venir. Même si elle n'avait pas tous les détails, la petite fille avait compris que quelque chose de pas très net s'était passé chez les Zabini ce jour-là. Malgré son très jeune âge, elle saisissait la subtilité de ce genre d'informations et la délicatesse avec laquelle les sujets de cet ordre devait être abordés. Elle n'était pas assez à l'aise avec Blaise (ahahahah) pour amener la question sur le tapis ; et puis, ça ne la perturbait pas vraiment. Des trucs étranges et pas très clairs, elle en avait vu un paquet, en avait même provoqué certains. Contrairement à beaucoup de personnes, l'intérêt qu'elle portait à la magie noire, et donc à ce qui s'était passé ce soir-là dans le manoir Zabini, n'avait rien d'une petite curiosité déplacée et intrusive. Mais elle n'était pas sure que son interlocuteur ait assez confiance en elle et la connaisse assez pour s'en rendre compte. La méfiance était encore de mise ; elle retenait ses questions.

Enora débarqua finalement dans les toilettes, serrant contre elle le petit pot qui contenait le cataplasme apaisant ; ils étaient abandonnés et c'était le seul endroit où ils pourraient être tranquilles pour ce qu'ils devaient faire. Le couvre-feu serait sonné dans une heure, ils avaient un peu de temps devant eux. Mais elle ne voyait le garçon nulle part. « Blaise ? » lança-t-elle, écoutant sa voix se répercuter légèrement contre le carrelage et les céramiques. Elle entendit un bruit un peu plus loin et, rapidement, la silhouette du Zabini sortit de derrière l'immense robinet central. Forcément, il ne restait pas en plein dans l'entrée ; ils n'étaient pas vraiment supposés être ici. « J'ai mis un peu de temps à trouver, je me souviens jamais par où il faut passer. » lâcha-t-elle en guise d'explication pour son retard, une petite grimace sur les lèvres et les épaules un peu haussées, avant de brandir le pot comme pour se faire pardonner « Mais j'ai ça, tout va bien. » Ca lui était déjà arrivé de l'oublier. Il faut savoir que la Enora jeune n'était pas franchement consciencieuse et avait une légère tendance à être dissipée. Et était autant capable d'être plus subtile que certains adultes, que de manquer cruellement de tact dans certaines situations. « Tu enlèves ta robe ? » D'autre part elle était assez intelligente pour comprendre que la magie noire est un sujet qui ne s'aborde pas n'importe où et n'importe comment – et surtout pas avec n'importe qui – mais était capable de demander à un garçon de se déshabiller - ou en tout cas d'enlever sa robe de sorcier - dans les toilettes des filles le plus normalement du monde. Avoir vécu pendant onze ans principalement dans l'Allée des Embrumes ne lui avait finalement peut-être pas donné toutes les armes pour affronter ce genre de situations.

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Statut du sang : pur, bien entenduMessages : 330Date d'inscription : 16/11/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Sam 28 Jan - 23:25


What you eclipse makes your mesure

Blaisora


Le jeune Blaise Zabini patientait, songeur, dissimulé à demi par le robinet central des toilettes des filles. La journée s'était étirée longuement avant d'enfin daigner s'éteindre, et déjà, les cours dispensés dans le château tendaient à lasser le petit Serpentard. Cette première année, il l'avait attendue longuement, avec une sorte d'impatience frénétique et inavouée. Finalement, tout se déroulait sans surprise. Envoyé chez les verts et argent, comme prévu, il s'y était rapidement mêlé sans trace de difficulté ou d'affection, comme prévu et s'était bien vite montré doué dans ces matières qui toujours se répétaient, comme prévu.
Blaise avait compris dès l'enfance que la maîtrise des apparences était probablement la clef de toute chose, que chaque relation s'apparentait à une représentation. Mère l'avait suffisamment prouvé par le passé, l'associant sans arrêt à ses artifices quotidiens.  Mais ça lui paraissait un peu étrange, dans le fond, de tant côtoyer d'autres enfants. Bien sûr, il connaissait d'avance quelques uns de ses camarades de classe, mais de façon bien plus sommaire que les autres sang-purs. Car la Zabini ne souhaitait pas souvent se mêler à d’autres qu'à ceux qu'elle entendait épouser, vipère solitaire à la paranoïa venimeuse.
Alors il avait fallu que Blaise use d'un peu d'esprit pour étouffer avant qu'elles ne naissent vraiment les drôles de rumeurs entourant sa naissance et son nom. Parfois  il lui arrivait encore de faire des erreurs, ses hésitations d'enfant épinglées à ses mots, mais bien assez vite, il apprendrait.

Il y avait ce détail, cependant, ce léger accident venu perturber l'euphorie de son entrée à l'école. Blaise avait fait preuve de bêtise, refusant d'effectuer la mission sale que lui avait confié sa génitrice. La colère de celle-ci s'était muée en un maléfice un peu trop douloureux pour qu'il ne puisse tout à fait l'oublier, ce qui l'avait conduit droit chez le père Barjow, lequel s'était efforcé d'apaiser soufffrance et cicatrices.
Pour un temps.
Car l'inflammation le surprenait encore bien souvent, si fort qu'il ne pouvait que détester celle qui le lui avait infligé. Si encore il n'y avait eu que ça. Il connaissait l'amour étrange que lui portait Liviana, intense et blessant par instant, il y était habitué. Mais la veuve noire lui avait menti, encore, le poussant à recouvrir de sang ses petites mains déjà trop abîmées pour un première année; et plus il s'éloignait de son ombre envahissante, plus il se surprenait à la mépriser.

Et dire que sa furie le poursuivait jusqu'ici. Le hasard et ses envies parfois idiotes avaient pour le coup fait en sorte que Blaise et Enora, la fille Barjow entrent tous les deux à Poudlard la même année. Cette idée l'avait d'abord alarmé, car la demoiselle savait sûrement à son sujet quelques petites choses qu'il aurait préféré pouvoir dissimuler. Mais bien vite, il s'était aperçu que sa présence au creux du château tenait plus d'une bénédiction. Visiblement, elle s'y connaissait suffisamment et avait été chargée de poursuivre le traitement à l'école. Zabini avait commencé par s'y opposer, mais les marques sombres entaillant son dos  lui avait rappelé qu'il s'agissait sans doute de l'unique solution décente. Il aurait bien voulu pouvoir faire payer à Enora sa propre honte, laisser le givre le plus complet infester sa voix, ses yeux, ses moindres gestes, mais la fille savait, et sans doute s'interrogeait-elle un peu, comme n'importe qui l'aurait fait. Alors Blaise avait ravalé son orgueil, et s'était efforcé de se montrer le plus sympathique possible lors de leurs premières entrevues. Depuis quelques temps cependant, il n'avait plus à faire semblant.

La voix d'Enora gambada dans toute la pièce lorsqu'elle l'interpella, et Blaise émergea de sa cachette imparfaite. Un sourire traversa ses lèvres lorsqu'elle lui annonça avec fierté ne pas avoir oublié le petit pot qui les liait. C'était arrivé quelquefois, donnant lieu à une légère gêne sur le coup, mais tout deux étaient aujourd'hui capables d'en rire.

«Pas de souci, je viens juste d'arriver.»

Ce n'était pas tout à fait vrai, mais il était inutile de la culpabiliser.
Le moment de se dévêtir, il ne l'appréciait pas vraiment. C'était toujours un peu humiliant à ses yeux d'être contraint de se faire assister par une fille de son âge pour une blessure telle que celle-ci. Une pointe de rancoeur pure dirigée contre Liviana l'agita tandis qu'il s’exécutait, dévoilant sa peau nue et abîmée à Enora.

Souvent, il lui arrivait de se demander à quoi pouvait bien ressembler la vie de la petite fille. Il la savait à Gryffondor, et ça suffisait à les placer dans deux univers radicalement opposés. Tous vivaient dans une même école, mais quatre mondes distincts semblaient s'y lover, aux couleurs, coutumes, symboles et idéaux trop éloignés pour pouvoir bien s'entremêler. C'était ainsi et sans doute mieux. Après tout, Enora partageait chaque jour dortoir et repas avec des sang-de-bourbes. De quoi permettre à Blaise de se réjouir de tout son coeur d'avoir été envoyé à Serpentard.

Les questions n'étaient jamais de mise entre eux, chacun conservant soigneusement ses quelques secrets. Leurs deux univers personnels s'étaient pourtant percutés, mais l'un comme l'autre demeurait trop gêné pour oser se lancer. Alors ils se complaisaient quelque part entre silence et banalités. Il sentait les mains, légères et appliquées courir contre sa peau, et l’onguent brûler froidement les longues marques.
Blaise, qui s'était jusqu'alors toujours contenté de se demander ce qu'Enora savait de lui s'interrogeait désormais sur celle qui le soignait. Que dissimulait-elle sous cette espèce de semi-maturité dont elle semblait déjà dotée?

« Tu as l’impression que ça s’améliore ? »

Le contact n’était pas désagréable, un peu rude parfois. Mais elle se débrouillait plutôt bien. Le garçon n’était pas d’une curiosité déplacé, mais aimait comprendre ceux qui l’entouraient. Or, le cas Enora, lui paraissait un peu complexe à appréhender. Hésitant, il se risqua à la questionner, d'une manière qu'il espérait suffisamment détournée.

« C’est ton père qui t’a appris tout ça ? Il a l’air de connaître pas mal de choses. »

En magie noire.
Le jeune Serpentard était loin d'être idiot: si Mère traitait avec un homme tel que Barjow sur des sujets aussi glorieux qu'une blessure infligée à son fils de ses propres mains, c'est qu'elle lui accordait une certaine confiance et qu'ils se connaissaient depuis quelques temps déjà. Dans tous les cas, l'homme ne devait pas être détenteur d'une parfaite moralité, mais ça, il se garderait bien de le faire remarquer à Enora.


   



Dernière édition par Blaise Zabini le Sam 15 Avr - 3:56, édité 1 fois
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 474Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Mer 8 Fév - 19:19

Enora fixa Blaise pendant quelques secondes après avoir formulé sa requête, s'interrogeant sur les raisons de l'hésitation qu'il lui sembla remarquer. Il lui fallut quelques instants encore pour se dire que peut-être, il était mal à l'aise. Elle n'avait pas trop fait attention les fois précédentes mais à y réfléchir, c'était peut-être compréhensible. Elle ne savait pas trop mais, dans le doute, trouva plus approprié de se tourner et d'observer les joins un peu noircis en haut des murs. De toute évidence, ces toilettes étaient à l'abandon depuis longtemps. C'était le genre de choses qu'elle était plus à même de remarquer - et d'être certaine - que la gêne ou l'embarras auprès des autres personnes. La petite fille apprenait déjà à jongler entre les deux aspects de sa vie. Celui déjà trop mûr pour son âge, qui la rendait capable de passer des heures concentrée sur quelque chose, enfermée dans une petite pièce éclairée par une simple bougie, sans formuler la moindre parole ; et l'autre, qu'elle semblait découvrir, qui la rendait plus joviale encore qu'à l'accoutumée, exacerbant sa curiosité du monde, sa curiosité des autres. La situation actuelle mélangeait étrangement les deux facettes. Elle compensait les lacunes de l'une avec les forces de l'autre ; dans le cas présent, ça voulait dire remarquer les joins abîmés pour être sûre de ne pas commettre d'impair en rendant son petit camarade plus mal à l'aise encore. Quand elle n'entendit plus le bruit de frottement des vêtements contre la peau, elle reposa les yeux sur Blaise, qui lui tournait le dos.

La blessure était moche ; elle n'avait jamais rien vu de pareil. Les traces noirâtres avaient marqué la peau et malgré le traitement, le jeune garçon risquait d'en porter les cicatrices toute sa vie. Elle s'approcha pour inspecter le tout de plus près, débouchant mécaniquement le pot d'onguent. Quand on regardait de très près, on voyait les rainures noires onduler tout doucement. Alors, le lien avec la magie noire ne pouvait qu'être fait. La peau qui s'était refermée par-dessus la blessure ne l'avait pas guérie ; c'est la magie qui l'en empêchait. Même si ce n'était plus ouvert, ce n'était pas refermé non plus. Ca devait lui faire affreusement mal dès lors que les antidouleurs qu'on lui administrait ne faisaient plus effets. Les matins devaient être particulièrement difficiles ; elle compatissait sincèrement. En plus, ça devait le démanger, sous la peau. En silence, elle commença à appliquer le cataplasme, aussi doucement que possible bien qu'elle manque clairement de pratique, et une rudesse presque naturelle. Elle faisait des efforts pour ne pas lui faire mal. Elle avait appris à être précise et délicate, mais pas avec les gens ; plutôt avec les objets. De fait, elle essayait de traiter son dos comme s'il s'agissait d'un petit objet très fragile. C'est l'image qu'elle gardait en tête.

« Tu as l’impression que ça s’améliore ? » Elle ne répondit pas tout de suite, concentrée sur ses gestes, prenant le temps de réfléchir pour ne pas lui dire de bêtise. Il en profita pour risquer une autre question qui, cette-fois, la remplit de fierté ; tellement qu'elle en oublia un instant les pincettes dont elle essayait de se munir "en société". « Je crois que ça s'améliore oui. C'est un peu plus long que les autres fois parce que maintenant ta peau est refermée, donc il faut que le produit imprègne ta chair pour atteindre les résidus magiques qui sont restés dans ton dos. Je pense que ça irait plus vite si on rouvrait ta peau pour arriver directement au maléfice. » Elle fit, d'une voix tout à fait neutre, froide. Sursautant presque en se rappelant qu'elle venait réellement de le traiter comme s'il était l'un de ces objets qu'elle décortiquait dans tous les sens pour les réparer (quitte à les cabosser un peu), elle s'empressa d'ajouter « Mais je compte pas le faire, évidemment. Ca ferait sûrement mal. Alors, non, on attend c'est tout. » Elle fut un peu soulagée que le jeune garçon soit de dos. Il ne pouvait pas voir à quel point elle était devenue rouge. Quelle idiote, se dit-elle, avant de repenser à sa seconde question pour ne pas rester coincée sur ses conneries. Un petit sourire se glissa tout seul au coin de ses lèvres. Elle comprit le sous-entendu sans même y penser, comme si ça allait de soi.

« Je crois qu'il y a pas grand chose qu'il sait pas, mon père. Et il a promis de m'apprendre tout ce qu'il savait. Enfin il a déjà commencé. Et puis j'apprends aussi toute seule, y'a tellement de trésors dans la boutique ; on a de nouveaux arrivages toutes les semaines. C'est passionnant. » Elle n'essaie même pas de tarir la fierté dont elle déborde. Elle sait que c'est un monde à part, dans lequel tout le monde ne peut pas aller. Ca fait peur à la plupart des gens ; d'ailleurs, vu la blessure, elle se serait attendue assez naturellement à ce que ça fasse peur à Blaise aussi. Barjow père n'avait jamais utilisé la magie noire contre elle, ni contre son frère. C'était un homme merveilleux qui lui transmettait sa passion. Pas un monstre cruel qui la testait sur ses enfants. Un narrateur un peu moins interne aurait sûrement fait remarquer que c'est très amusant de raconter la façon très manichéenne qu'a Enora de voir le monde alors qu'elle se trouve du côté de ce qu'on pourrait appeler les méchants, si on voyait le monde de manière aussi manichéenne qu'elle. C'est mignon la vision des enfants. Elle a envie de poser des questions elle-aussi. Elle n'ose pas trop, mais la curiosité est la plus forte. Et puis, c'est lui qui a commencé à la questionner, après tout. « Ta mère en connait un rayon aussi, non ? » Elle hésite à préciser qu'il n'est pas obligé de répondre, puis se dit finalement que s'il ne veut rien dire et bien il ne dira rien. Sans penser, encore une fois, que ce qu'on appelle dans le vrai monde les "bonnes manières" peuvent parfois conduire les gens dans des situations très embarrassantes, parce qu'ils se sentent obligés de répondre. Si elle en avait eu un peu notion elle aurait sûrement essayé de faire preuve de délicatesse, comme il l'avait fait, en détournant la question.

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Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Mer 15 Mar - 3:26


What you eclipse makes your mesure

Blaisora


I
Spoiler:
 

Des semaines qu'ils appliquaient l'onguent, inlassablement mais la guérison tardait, la douleur persistait. Ça avait quelque chose d'agaçant, de frustrant, qui ne faisait que raviver la rancœur que Blaise éprouvait pour sa génitrice. Il l'avait adorée, Liviana, bien trop admirée, elle et sa façon de toujours donner l'impression d'avoir raison, elle et ses baisers douceur colibri déposés son front lorsqu'il obéissait. Il avait toujours tout fait rien que pour ces rares instants où les lèvres de sa mère s'étiraient en un sourire bienveillant, rien que pour l'entendre clamer sa fierté à demi-mot. Et peu lui importait, petit enfant, que les hommes demeurent à jamais inanimés.

Progressivement ses illusions s'étaient éloignées, et ça avait été presque par habitude qu'il s'était soumis aux caprices de Liviana. Il avait assez vite compris qu'elle l'aimerait toujours de cette façon: saccadée et conditionnée à son obéissance aveugle, pourtant jamais, jamais il ne se serait attendu à ce qu'elle lui fasse autant de mal. Lui s'était longtemps promis de la protéger de ces hommes sales qui empoissaient son lit, juré de veiller sur elle lorsqu'il serait devenu assez grand pour la défendre de tous ceux qu'elle lui présentait comme les méchants, mais le temps filait et cette idée s'éloignait progressivement. Blaise ne s'était jamais offusqué, jusqu'à ce qu'il subisse cette double trahison. La fameuse correction suffisant déjà à le troubler avait été suivi de mensonges graves l'ayant poussé à exécuter une tâche qui le répugnait. Pourtant, il y avait cru, à la vérité de l'amour maternel, elle qui répétait sans arrêt qu'ils ne formaient qu'un, unis contre la malveillance du monde. Mais elle avait menti, Liviana elle était seule contre tous les autres et lui ne serait jamais rien d'autre qu'un passe temps amusant que l'on adore et couvre de présents du moment qu'il se tait, que l'on abîme comme un objet sans valeur dès lors qu'il s'oppose. Il lui était encore difficile, à son âge de réellement faire la part des choses, de creuser les nuances de cette personnalité trouble, de percevoir l'amour dissimulée dans la cruauté passagère de sa mère. Pour l'heure il s'en fichait, du moins il essayait mais chaque déchirure de sa chair lui rappelait celles de son cœur, quand sa plus grande douleur, au fond, était d'avoir été blessé de la sorte par quelqu'un censé l'aimer.


« Je crois que ça s'améliore oui. C'est un peu plus long que les autres fois parce que maintenant ta peau est refermée, donc il faut que le produit imprègne ta chair pour atteindre les résidus magiques qui sont restés dans ton dos. Je pense que ça irait plus vite si on rouvrait ta peau pour arriver directement au maléfice. » D'accord. Voilà qui était rassurant. Apparemment il n'était pas le seul à porter quelques traumatismes. « Mais je compte pas le faire, évidemment. Ça ferait sûrement mal. Alors, non, on attend c'est tout. » C'était bien sympa de s'en apercevoir, mais ça n'enlevait pas grand chose au caractère légèrement psychopathique de la déclaration précédente. « Je crois qu'il y a pas grand chose qu'il sait pas, mon père. Et il a promis de m'apprendre tout ce qu'il savait. Enfin il a déjà commencé. Et puis j'apprends aussi toute seule, y'a tellement de trésors dans la boutique ; on a de nouveaux arrivages toutes les semaines. C'est passionnant. » L'étrange réponse d'Enora lui avait fait quelque peu perdre le fil de la conversation, mais il ne put que noter l'admiration presque touchante que sa camarade offrait à son père. C'était un peu triste, un peu douloureux aussi pour le petit garçon, tout d'un coup d'humeur mélancolique sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il réalisait qu'il n'avait personne à admirer de la sorte, et puis même pas de papa. Difficile pour lui d'écouter ce discours sans envier un peu Enora, elle qui avait toujours eu le droit de s'amuser dans une boutique pleine de secrets tandis que lui était occupé à prendre un peu trop jeune la saleté de la nature humaine en pleine gueule. « Ta mère en connait un rayon aussi, non ? » Haussement d'épaule,un peu trop brusque sans doute. Il sentait l'onguent qui avait dépassé de ses plaies dégouliner avec lenteur le long de son dos. Il n'avait pour l'instant nulle envie de louer les talents de sa mère, bien qu'il ne puisse que les entendre défiler dans sa petite tête car après tout bien sûr qu'elle s'y connaissait, et mieux que personne, elle, toujours la plus maligne, la plus belle, la plus douée, celle qu'il se surprenait toujours encore un peu à admirer, celle qui pourtant l'avait trahi, traité comme rien de plus que l'un de ses imbéciles de mari. « J’en sais rien. » Il aurait du être un peu plus loquace pour ne pas gêner sa camarade, mais l'heure n'était plus vraiment aux convenance. Le garçon regrettait presque sa question, maintenant que c'était à lui de se livrer. « Disons qu’elle sait comment obtenir tout ce qu’elle veut. » Oui toujours. Chaque être lui cédait, faut dire qu'elle savait exactement quoi faire pour se faire aimer. «  Elle sait bien mentir, un peu comme tout le monde. Les gens qui viennent lui disent toujours qu'elle est belle et parlent de ses potions, c'est tout.»  Et déjà bien assez, Blaise en avait trop dit et le savait. Dans le fond, le petit garçon avait aussi un peu honte, honte parce qu'Enora elle savait bien d'où venait cette fichue blessure, honte parce que la gamine vantait les mérites de son père tandis qu'il ne rêvait que de descendre sa mère, honte, honte d'être ce gamin endolori, submergé par la tristesse d'avoir été symboliquement abandonné par la seule personne qu'on lui avait donné le droit d'aimer.


   


________________


Amid the whirlwind and commotion
I find myself losing control




(c) crackle bones



Dernière édition par Blaise Zabini le Sam 15 Avr - 3:56, édité 1 fois
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Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Ven 24 Mar - 1:35

Alors qu'elle était à la fois concentrée sur la blessure de Blaise et sur les mots qu'il allait prononcer pour lui répondre, Enora sursauta légèrement quand elle vit la peau tressaillir suite au haussement d'épaules du jeune garçon. Elle fronça les sourcils ; le cataplasme avait débordé, elle s'appliqua à replacer la mixture sur la blessure, utilisant la tranche de sa main. Voilà qu'elle en avait partout. Bon. Un léger soupir s'échappa de ses lèvres ; elle se dit que faire ça dans les salles de bains était finalement la meilleure idée qu'ils aient eue. « J'en sais rien. » Entre le haussement d'épaules trop soudain et la voix trop sèche, il était facile pour la jeune fille de repérer le mensonge ; ou du moins, la vérité qui était tue. Elle aurait sûrement dû se sentir un peu mal d'avoir été si curieuse, intrusive, mais ce ne fut même pas tellement le cas. Elle haussa elle aussi les épaules, en se disant que quand même, c'est lui qui avait commencé avec ses questions. « Disons qu’elle sait comment obtenir tout ce qu’elle veut. » Barjow fille tendit l'oreille ; elle s'était presque attendue à ce que son camarade ne pipe plus un mot, mais il tentait visiblement de se rattraper un peu. Le son de sa voix, pourtant, interpellait un peu la petite fille. Elle était trop jeune pour comprendre exactement que c'était la rancoeur qu'elle percevait, mais elle la sentait chargée de quelque chose de lourd, qui pesait dans ta gorge. Elle attendit la suite, bizarrement plus anxieuse. « Elle sait bien mentir, un peu comme tout le monde. Les gens qui viennent lui disent toujours qu'elle est belle et parlent de ses potions, c'est tout. » Une fois de plus, elle ne dit rien, concentrée. Elle ne savait pas quel sortilège avait été utilisé pour le blesser de la sorte mais ce n'était clairement pas une potion. D'autre part, pour qu'Edgar Barjow propose à cette femme que sa propre fille applique le traitement, il la considérait et l'estimait de toute évidence bien plus qu'une simple potionniste. Mais peut-être que le jeune Zabini n'avait pas envie qu'elle relève, qu'elle montre qu'elle savait. Et peut-être qu'il savait qu'elle savait mais qu'il s'était senti obligé de mentir pour couvrir sa mère, au cas où, parce qu'on ne savait jamais. Elle n'en savait rien, elle ne savait pas quoi faire. Onze ans, et les subtilités de la sociabilisation la fatiguaient déjà. « Je vois » fit-elle finalement, parce qu'elle avait plusieurs fois entendu les grandes personnes dire ça et qu'elle avait bien compris que c'était le genre de choses qu'on dit quand on ne sait pas quoi répondre.

Le silence s'étira derrière ses mots et elle s'appliqua à frotter la peau du jeune homme aussi doucement que possible pour que l'onguent imprègne sans lui faire mal. Ca dura encore de longues minutes avant que, finalement, elle n'écarte ses mains de son dos. « Je peux rien faire de plus aujourd'hui. Ca devrait déjà te soulager un peu. Les marques disparaissent progressivement mais je pense que tu garderas des cicatrices. La douleur partira pour de bon bientôt, je pense, il faut continuer le traitement. » à nouveau ce ton beaucoup trop adulte pour une gamine de son âge, mais il avait sûrement pris l'habitude. Ses traits se détendirent presque soudainement, dès lors qu'elle ne parlait plus "boulot", comme disait son père. Un sourire étira même ses lèvres ; elle redevenait Enora, laissait la Barjow de l'autre côté de son visage. « Ca va aller ? On se retrouve ici après-demain soir ? »

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Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Sam 8 Avr - 18:43


What you eclipse makes your mesure

Blaisora


« Je vois » Voilà, il en avait trop dit, elle s’en fichait, articulant des banalités, distillant du paraître et rien de plus. Au fond Blaise savait qu’il aurait mieux fait de se taire au lieu de laisser se répandre tous ces mots, comme ça, un peu trop mais pas assez. Peut-être Enora était-elle simplement perplexe, peut-être l'avait-elle pris en pitié. Rien de bien agréable dans tous les cas. Le silence s’étira, trop longtemps, pesant et porteur de trop d’incompréhensions de la part du petit garçon. C’était bien difficile de percevoir la façon dont raisonnaient les autres, bien trop compliqué, et ce n’était pas aujourd’hui qu’il allait s’y atteler. Enora faisait preuve d’un peu plus de douceur qu’à l’accoutumé, et bien vite, elle pu écarter ses mains de son dos, tandis qu’il se pressait d’enfiler à nouveau sa robe de sorcier. « Je peux rien faire de plus aujourd'hui. Ça devrait déjà te soulager un peu. Les marques disparaissent progressivement mais je pense que tu garderas des cicatrices. La douleur partira pour de bon bientôt, je pense, il faut continuer le traitement.» Ces mots n’avaient rien de bien réjouissant. Dépendant, encore. D’une autre. D’une Gryffondor. Lui qui espérait que Poudlard lui offrirait un monde totalement délié de tout ce qu’il avait toujours connu jusqu’à présent s’apercevait progressivement que les choses ne pourraient jamais être aussi simples. On n’abandonne pas ses ombres à l’entrée du château, non, elles viennent avec et s’y plaisent, grandissent et enveloppent tous ceux qui en sont dotés « Ça va aller ? On se retrouve ici après-demain soir ? » Un ton bien plus allègre cette fois, comme si Enora avait soudain abandonné son masque de professionnalisme pour retrouver sa figure joyeuse de première année. Décidément il avait du mal à la comprendre. Maîtresse de deux visages, de deux attitudes à la fois. Pourtant il savait qu’elle n’avait jamais été mal intentionnée Enora, et au fond c’était bien ça le plus important, et puis, ce n’était qu’une question de temps, le traitement finirait bien par s’achever. Alors il lui adressa un sourire léger, haussa  les épaules et acquiesça doucement, soudain vêtu de cette nonchalance qui deviendrait pas la suite une de ses spécialités. Les couloirs les séparèrent bien vite, et Blaise laissa ses pas le porter jusqu’à la salle commune des Serpentard, là où attendaient ces élèves qu’ils ne connaissaient pas encore assez, mais avec qui il passerait une part de son existence. Tous ces gamins à l’innocence relative et pourtant bien souvent élevés par des sorciers à la moralité défaillante ; eux qui ignoraient que dans quelques années ils se retrouveraient plongés bien trop jeunes dans un conflit qui les toucheraient à jamais. Mais pour l’heure, ni Blaise ni les autres ne pouvaient l’imaginer, et c'est avec le cœur presque léger qu'il était finalement allé se coucher.




****

Novembre 1995


Blaise maudissait son inconscience, incapable de saisir pourquoi il se laissait aller à tant de faiblesse, d'absurdité pour en plus continuer toujours un à peu plus à s'y enfoncer. Deirdre. La poupée rousse trop touchante, trop infantile, trop naïve et presque désarmée, la sang-de-bourbe glissée entre ses bras dans le plus grand des secrets. Le Serpentard avait beau apprécier plus que de raison le sourire qui toujours éclairait sa figure, ces yeux qui s'illuminaient à la moindre promesse qu’il lui susurrait, cette façon qu'elle avait d'être...déroutante, par des actes, par des mots et des histoires qui le laissaient souvent un peu sceptique, il était sans cesse tenté de s'esquiver, de la laisser, de l’oublier. Car après tout ce n’était qu’une passade, il le savait, et aucun avenir ne serait possible avec cette fille dont le sang le répugnait. Malgré toutes les jolies choses qu’il lui murmurait, malgré cette façon qu’il avait de lui répéter qu’un jour tout changerait, qu’elle n’aurait plus vraiment besoin de se cacher. Mais ça aurait été stupide, ridicule. Lui qui avait passé des années à cracher son mépris au visage de tous ces élèves couverts d’impureté, se retrouver avec une née-moldue cramponnée à ses bras ? Voilà qui en aurait fait rire plus d’un. Alors il attendait. Que ça passe, que le destin se charge de prendre une décision à sa place. Patientait tandis que la rouquine se chargeait d’espoir et l'ensoleillait un peu trop fort pour qu’il puisse vraiment la repousser. Et pourtant, malgré tous les efforts qu’il avait fait pour la dissimuler, un petit accident était arrivé l’autre soir, alors qu’ils s’étaient tous les deux réfugiés dans une salle de classe abandonnée. Une exclamation les avait surpris tous les deux et Blaise avait senti son sang se glacer lorsqu’il avait croisé le regard hébété d’Enora Barjow. Comme si elle ne connaissait pas déjà suffisamment de secrets à son sujet.
   

Après l’avoir cherché une bonne partie de l’après-midi, il avait fini par la trouver dans un petit coin de la Bibliothèque, apparemment en train de travailler. Vaguement nerveux, Blaise s'installa à ses côté, faisant mine d’entamer une conversation plutôt conventionnelle, telle que celles qu'ils tenaient assez régulièrement depuis quelques années. Avec le temps une amitié discrète s’était ainsi édifiée, rien de bien fusionnel, mais suffisamment pour qu’elle ne cherche théoriquement pas à lui nuire en révélant certains détails avec lesquels il ne saurait trop comment se débrouiller. La voyant perchée sur un devoir de potions, il sauta sur l’occasion pour aborder le sujet qui lui tenait réellement à cœur, cherchant à feindre l'extrême morosité. « Rogue est insupportable en ce moment. Il a osé me coller O’Kent comme binôme. Jamais vu une fille plus nulle avec un chaudron. » C’était bien loin de son sarcasme habituel, mais à vrai dire, il lui apparaissait déjà suffisamment étrange de descendre une fille avec qui il passait désormais une grande partie de son temps. Et puis ce n’était pas tout à fait faux. Deirdre avait une sérieuse tendance à le désespérer lorsqu’elle essayait de l’assister pendant les cours de Potions. « Comme je tiens à rester en vie et accessoirement à ne pas foirer mes examens, je l’aide un peu à bosser en dehors des cours. Elle a tellement à rattraper, ça me prend vraiment trop de temps.» Il parlait beaucoup trop, ce qui, chez lui était trop rare pour ne pas être relevé . Alors, il leva les yeux au ciel puis croisa le regard d’Enora. Qui visiblement, semblait beaucoup s’amuser, et ne pas tout à fait le croire. « Quoi ? » Elle le dévisageait toujours, et lui sentait la panique le gagner, alors il laissa passer un temps, fit mine de comprendre quelque chose, puis éclata d’un rire un peu surfait. « Non ? Tu ne penses quand même pas que...Enfin, Enora, ne va pas imaginer n’importe quoi. S'il te plaît, un peu de respect. » Voyant que son petit numéro ne faisait pas grand effet, il se contenta de contempler un livre qui tentait de s’échapper de la bibliothèque et de marmonner une série de mots incompréhensibles, en dehors d'un sang-de-bourbe plusieurs fois répété. Décidément, le destin semblait prendre un malin plaisir à avertir la Barjow de tout ce qu'il cherchait à dissimuler.



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Amid the whirlwind and commotion
I find myself losing control




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Ҩ Re: What you eclipse makes your mesure || Blaisora Ҩ Mar 16 Mai - 16:57

« Il t'a pas dit ? » Enora fit non de la tête, le regard un peu fixe tandis qu'elle marchait dans le couloir, l'esprit à des lieux de la conversation qu'elle était en train de tenir. Rain s'en rendait bien compte, d'ailleurs, et si la britannique avait été un peu moins perdue dans ses pensées, elle mettrait assurément un peu plus de bonne volonté à apprécier les efforts que faisait son amie pour la maintenir à l'instant présent. Elle se sentait un peu coupable, mais parfois c'était tout simplement plus fort qu'elle. Ses pensées, ça lui semblait bien la seule chose contre laquelle elle ne pouvait pas luter. « Il a été repéré cet été, pendant qu'il jouait dans un coin de Londres. Un prof de l'université de Westminster. J'imagine trop bien ce que ça lui a coûté de dire non. » Le lettre dans sa poche pesait lourd, elle n'arrivait pas vraiment à en éloigner son esprit. Les derniers mots qu'elle y avait tracés lui traînaient dans la tête, l'encre maculait encore le bout de ses doigts. « ..se revoit très vite. Tu me manques, et je t'embrasse. With all my love. » Soupir. « Enora. » « Oui ? » Comme si c'était crédible. Elle avait eu la même voix que celle qui lui échappait lorsque Bins la surprenait en train de dormir au fond de la classe. Un peu gênée, elle se gratta le bras et offrit un sourire coupable à l'islandaise qui lâcha un petit soupir dépité. En un quart de seconde, elle retraça mentalement les paroles qu'elle avait quand même entendues d'une oreille. « Elle a quoi de spécial cette université ? » fit-elle, en enfermant Harmorica et sa lettre dans un coin de son esprit. Barjow fille se fondait totalement incognito parmi les moldus mais certains éléments lui faisaient quand même drôlement défaut. « C'est la meilleure fac de musicologie du pays. » Heureusement, la Eivordottir était patiente et elle comblait pas à pas les lacunes de son amie. Laquelle acquiesça, dorénavant concentrée. « Il ne m'en a pas parlé. Je crois. » elle pinça les lèvres. Décidément, elle faisait une bien piètre amie. Et d'un autre côté ce n'était pas si étonnant que ça qu'Ethan ne se soit pas étendu sur la question, vue l'ambiance qui régnait à Poudlard. « Je suppose qu'il regrette. On serait mieux dehors, c'est pas pour ce qu'on nous apprend ici. » Rain eut un petit rire nerveux, et leurs regards se croisèrent brièvement. Autant ne pas trop parler, les murs avaient tendance à avoir des oreilles. Mais elles s'étaient comprises. « Harmorica va bien ? » La question aurait pu la repropulser dans ses pensées si la jeune femme ne faisait pas preuve d'autant de délicatesse. La douceur de sa voix arracha un léger sourire à Enora. « Elle va bien, elle s'inquiète. Je crois qu'elle voudrait être ici. » Elle haussa les épaules, consciente que Rain essayait de se montrer attentive même si elle n'approuvait pas du tout cette situation. Elle laissait la Barjow faire ses propres choix sans commentaire du moment que ça ne lui faisait pas de mal. En attendant, la correspondance avec la Serpentard lui permettait de s'échapper mentalement de ce château qui prenait des allures de prison, un peu plus à chaque nouveau décret planté sur le mur du hall d'entrée. « Au moins à Beauxbatons elle a de vrais cours et elle ne perd pas son temps. » maugréa-t-elle, sifflante. « Ca devrait pas être un luxe. » Elles échangèrent un autre regard avant de passer à autre chose d'un commun accord tacite. « Tu repasses chercher Ethan à la salle commune ? Je vous attends dans la salle vide à l'angle entre des ailes Est et Nord au deuxième. J'ai vu Rusard rôder près de là où on va d'habitude et j'aime autant être sûre qu'on aura la paix. » Rain acquiesça et continua à grimper les escaliers lorsque la britannique s'arrêta au second étage.

Elle s'engagea dans les couloirs, en prenant son temps, et rejoignit finalement la salle à laquelle elle avait pensé. Ca faisait des années maintenant que les trois Gryffondors s'isolaient dans des pièces inutilisées pour jouer de la musique. C'était devenu un poil plus risqué depuis que les décrets pleuvaient comme des petits pains mais il en faudrait bien plus pour les en empêcher. C'était leur monde à eux et il faudrait plus qu'une pétasse rose bonbon pour endommager ça.
D'un geste, elle ouvrit silencieusement la lourde porte de bois et se glissa à l'intérieur de la pièce, saisissant sa baguette en prévision du ménage qui serait sûrement à faire à l'intérieur histoire de pouvoir respirer sans virer immédiatement asthmatique. Mais un... bruit la fit s'immobiliser immédiatement, les sens aux aguets. Personne n'était supposé être ici, et elle non-plus ; si elle se faisait pincer... Elle se retourna lentement pour balayer la pièce du regard et lorsque ses yeux rencontrèrent les deux silhouettes entremêlées, elle eut un sursaut de surprise. « Oh ! Pardon. » lâcha-t-elle en plaquant une main sur sa bouche. Idiote, se dit-elle en voyant les deux élèves sursauter à leur tour ; ils ne l'avaient pas vue, elle aurait mieux fait de repartir sans rien dire. Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur lorsqu'elle reconnut Blaise Zabini, soudain écarté de la jeune O'Kent dont il ne semblait pourtant pas pressé de s'éloigner une seconde plus tôt.
Bon visiblement, elle était de trop. Enora fila sans demander son reste, referma la porte derrière elle et, alors seulement, laissa un sourire étirer ses lèvres. Zabini. Avec une née moldue. Eh ben, on aura tout vu. Elle s'éloigna un peu dans le couloir et s'adossa au mur en attendant Ethan et Rain à proximité de la pièce, histoire d'être sûre de ne pas les louper. Manquerait plus qu'ils débarquent eux-aussi dans la pièce... ça allait finir par être mauvais pour la réputation du Serpentard, se dit-elle en ricanant intérieurement. Elle pouvait bien lui épargner ça. « Hep ! » fit-elle, se redressant d'un bond, en les apercevant. « Demi-tour, on va changer d'étage. La place est prise. »

* ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ *

Ils avaient joué une grosse partie de la journée, sautant même le repas pour ne pas interrompre leur moment de répit. Ils avaient chanté, parlé, beaucoup ri. Oublié pour quelques instants à quel point le monde était en train de se casser la gueule autour d'eux et fait semblant qu'ils n'étaient pas de cette galaxie là, mais plutôt d'une autre, lointaine, très lointaine. Le retour à la réalité était toujours un petit peu difficile, mais au moins il leur laissait le cœur relativement léger. Enora s'était rendue à la bibliothèque avec ses affaires de potions, pour faire semblant de travailler un peu. Ca lui coûtait cher de le reconnaître mais si elle ne se mettait pas à travailler sérieusement elle n'aurait jamais ces foutus BUSEs dont on leur rabâchait les oreilles à longueur de temps. Elle était plongée dans son exercice lorsque le raclement d'une chaise près d'elle lui fit relever le nez. Blaise. Tiens donc. Elle sourit, plus malicieuse qu'elle ne l'aurait voulu, et répondit un peu distraitement à ses banalités d'usage, attendant patiemment qu'il aborde le vif du sujet. Comment tu vas te débrouiller, cette fois, Zabini ? Elle continua à travailler en l'écoutant s'embourber dans ses explications foireuses et sa mauvaise foi tenace. Luttant contre le rire. En plus il parlait beaucoup trop pour être crédible. Comme si elle ne le connaissait pas, c'était presque vexant. Depuis le temps, quand même. "Ca lui prenait vraiment trop de temps", olala, le pauvre. Elle leva la tête vers lui et fit une petite moue faussement compatissante, avant de sourire de toutes ses dents malgré elle. « Quoi ? » Elle le dévisageait, observant son changement d'expression surjoué avec un petit air curieux. Il se débattait vraiment, visiblement convaincu qu'il réussirait à lui faire avaler le Basilic. « Non ? Tu ne penses quand même pas que...Enfin, Enora, ne va pas imaginer n’importe quoi. S'il te plaît, un peu de respect. » Un peu de respect ? Elle eut un soupir excédé ; mais se força à ne pas trop se fermer. Lequel manquait de respect à quelqu'un avec ce genre de remarques exactement ? Il ne se rendait pas compte, voilà tout. Voilà tout. "Sang de bourbe", entendit-elle distinctement une fois ou deux dans le charabia qu'il articulait à peine. La jeune femme finit par secouer la tête. « Ecoute Zabini. Un mot de plus pour faire semblant de me prendre pour une imbécile et je t'assure que je vais me fâcher. » Elle haussa un sourcil, faussement menaçante - quoique vues les informations qu'elle avait, il la prenait sûrement très au sérieux - avant de laisser le silence s'étirer une seconde ou deux, le temps de mettre un point final à la dernière ligne de son parchemin. Faire durer le suspense, le laisser paniquer un petit peu. Ca l'amusait beaucoup trop. Elle releva la tête pour le dévisager, l'ombre d'un sourire au coin des lèvres. Puisqu'il ne disait plus rien, elle considéra qu'il avait compris. « Très bien. Et puisque tu as plus parlé là en une minute que pendant tout le mois précédent, je vais te faire une réponse en trois parties argumentées, accroche-toi. » peut-être qu'elle en faisait un peu trop ? Boarf, si peu, après tout. Au moins, elle lui fit la grâce de parler de façon à ce que lui-seul l'entende. « Primo, O'Kent est ra-vis-san-te. Je suis très contente pour toi. » clin d'oeil pour la route tandis que – elle le jurerait – il vendrait mère et amis pour disparaître sous terre. « Secundo, tu sais que je ne dirai rien et c'est presque insultant de voir que tu te sens obligé de venir t'assurer de mon silence. » Les lèvres pincées, elle secoua doucement la tête dans une expression faussement contrite. Mais la comédie s'arrêtait là, et son regard se fit perceptiblement plus dur lorsqu'elle reprit. « Tertio, "sang de bourbe" c'est une insulte ; on dit "née moldue". Et par la barbe de Merlin, pour la dix millième fois, le sang de cette fille n'est PAS un crime, Zabini.  » C'est affolant ce que les préjugés ont la vie dure, même chez les gens intelligents. Ca désolait profondément Enora, mais elle espérait qu'à défaut d'ouvrir les yeux sur l'absurdité de certains aspects de son éducation, le jeune homme ne se laisserait pas absorber par les valeurs que supposaient les aspects en question. Elle savait à quel point il était facile de perdre pieds dans ce genre de profondeurs et elle était contente d'avoir les amis nécessaires pour la maintenir à la surface quand elle menaçait de couler. Puisse Blaise avoir les mêmes appuis quand il en aurait besoin.

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Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.
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