AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Of This Burning Heart - Roklan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Vainqueurs
avatar
Vainqueurs

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Mar 27 Déc - 7:02

And of this burning heart, he obediently eats


You can live or die
You will go where you decide
We are our best defense
You can kick and scream or plan in silence
You must speak your truth
It all comes down to you and only you.

Roman était en proie à la haine. Il ne cessait de fermer le poing, il se sentait trembler pendant que ses amies tentaient de lui parler de la défense et du château et des récentes évasions. Le meneur ne parvenait pas à revenir à la réalité. Son regard fixait une jeune femme à la chevelure brune. Il ne cherchait même pas à se dérober, lui qui aimait tellement passer ses actions sous silence, qui aimait les morts silencieuses et les applaudissements tonitruants. Pour la première fois depuis trois ans, il ne parvenait pas à réfléchir, il ne parvenait pas à garder la tête froide. Le sceau sur son dos semblait redevenir actif et le pousser à attaquer, le pousser à tout enflammer pour que le nouvel empire de Pavlova ne se réduise en cendres, seulement pour la voir dévastée.

Il n’avait jamais ressenti un sentiment de révolte aussi puissant depuis son bannissement. Le regard perçant du meneur croisait celui de la meneuse intendante. Que celle-ci constate sa fureur et son irritation. Il ne baisserait pas le regard. Se contentant de lui adresser un de ses sourires salaces dont il avait le secret, il alla dans un autre coin de la salle pour ne pas étrangler la nouvelle recrue. Tout dans les gestes de Roman respiraient la haine et le mépris, mais quiconque le connaissait bien verrait un peu de peur. Katerina avait été enlevée. Le Directeur les avait trahis, mais le jeune homme ne se sentait pas vraiment blessé, le vieux voulait protéger l’institution, le travail de toute une vie d’un homme qui avait tout sacrifié.

Elsa le mettait hors de lui.

Il avait tenté de la prévenir pourtant, elle ne serait pas une bonne meneuse, il le savait avant même que la jeune femme ne fasse ses premiers pas dans sa nouvelle position. Il lui avait expliqué les choses avec prudence et diligence, en tentant de lui faire comprendre que même si elle se prétendait protectrice et froide, elle était encore sensible. (Ce qui faisait chier Roman était surtout que la jeune femme lui avait foutu une droite quand il avait tenté de discuter calmement. Malheureusement, pour elle ou pour lui, tout dépendait de la perspective, Roman était du genre rancunier. Sa mauvaise humeur n’était pas de celles qui ne duraient qu’une journée de forte obstination, mais bien cette sorte de cordiale aigreur qui vous fait croire que la situation est réglée, jusqu’à ce qu’il vous plante un couteau dans le dos, et vous rappelle qu’il ne vous a jamais pardonné.)

Roman avait beaucoup de difficulté à accepter le changement de meneur. Cela était ironique quand on connaissait les circonstances dans lesquelles il avait pris le pouvoir. La vérité était que Katerina lui était chère. Il se souvenait encore de ses sourires quand elle lui avait parlé de ce clan qui lui permettrait de développer son intelligence. Il avait froncé ses sourcils en entendant la jeune femme lui vendre la certitude et la perspicacité. Il avait pris peur quand elle lui avait tendu la main en lui promettant une nouvelle famille. Roman voulait voler de ses propres ailes ; son père le retenait comme une entrave, lui rappelait tous les devoirs qui reposaient sur ses épaules afin de redorer le nom de famille si puissant au sein de la communauté serbe. Pour la première fois de sa vie, il avait fui sans jamais expliquer à la reine hivernale les raisons de refus, même s’il avait pu la retrouver plus tard, pas comme un membre, mais comme un égal à part entière.

Peut-être que Roman était en deuil, même s’il ne voulait pas se l’admettre.

Il finit par fausser compagnie à ses camarades, « Je me fiche si c’est dangereux, que je crève. » se contenta-t-il de répondre en claquant la porte, se mordant la lèvre pour ne pas dire des bêtises qui seraient fatales à la cohésion du clan. Son image, c’était tout ce qu’il lui restait, il jouait un jeu dangereux, il devait faire attention, mais personne ne contrôlait la foudre, personne ne contrôlait jamais un éclair. Même Roman ne pouvait contenir l’orage.

Même Roman ne pouvait contenir la rage.

L’œil hagard, le meneur parcourut les couloirs du château pour regagner son Aile Nord. Il avait grandi dans cette aire du château qui abritait les mystères de son clan et du marché noir, qui avait contribué à sa croissance plus que toute chose. Dans les confins du trafic, il était devenu un homme, il avait marchandé, passé des commandes, préparé des plans pour faire tomber ses ennemis. Soupirant de soulagement, le jeune homme ferma les yeux, les mains sur les tempes pour tenter de regagner son calme.

Il avait l’impression que les larmes allaient monter, mais il ne pleurait pas. Un homme ne pleurait pas, pas dans l’enfer de la guerre. Bientôt, la tristesse laissa place à la rancœur. Il en avait marre de ne rien faire. Il en avait marre de travailler sur la défense et de devoir se censurer pour prouver ses bonnes intentions. Roman en avait sa putain de claque de regarder les ennemis prendre du terrain et le bouclier se fissurer sans faire quoi que ce soit. Mais il ne pouvait pas attaquer seul ; la preuve, même les Insurgés et les Assaillants faisaient équipe. Il avait une personne en tête qui serait capable de mener cette bataille avec lui.

Il murmure le mot de passe avant d’entrer dans la taverne. Une ombre est visible au loin et le meneur ne retient pas un sourire en coin qui vient défigurer son visage. Roman a un plan, un plan qu’il ne dira à personne, mais que son camarade pourrait l’aider à réaliser. Il délaissait la sérénité des glaces pour se livrer au tempérament des flammes. Deklan, il paraissait chaleureux, accessible, mais pour que tout feu brûle, il faut un combustible, et cette chaleur devait bien se nourrir de quelque chose. Roman n’avait jamais cherché à approfondir le mystère, il avait beaucoup de respect pour le meneur des flammes, un respect moins solennel, moins tacite, peut-être que le bon mot était « estime » tout compte fait.  

Roman s’approche et se retient pour ne pas dire qu’il savait qu’il le retrouverait dans cette taverne. Il vient s’asseoir sur le tabouret tout proche de lui, sans attendre de se faire inviter. « Tu me passes une clope ? » Roman fait un sourire en prenant une cigarette. Il l’allume simplement par la pensée, la flamme est grande, il ne maîtrise pas encore le pouvoir pour le manier sans concentration. Il ignore le débordement, il prend le bâton entre son pouce et son index, il fait des ronds de fumée dans les airs, un sourire en coin à son camarade. « Je ne fume pas habituellement, mais pour le temps qu’il nous reste. » Que ses poumons s’encrassent, ce ne serait jamais rien comparativement au noir dans sa tête. « C’est ici que j’ai célébré mon retour au sein du clan. Avec Hedda et Priska, nous étions à cette table. Nous avons parlé de mes projets pour mener le clan et la façon dont je légitimerai mon pouvoir. » Il aborde ce sujet comme il pourrait parler d’une banalité, comme il pourrait parler de sa dernière relation ou de la dernière fille avec laquelle il avait couché. Il continue. « La façon dont je suis parvenu à la tête du clan est délicate, mais je tente de racheter mes mauvaises actions. Il arrive parfois que nous devons faire de bonnes choses pour que les gens oublient tout ce que nous avons fait de répréhensible. Tu dois savoir de quoi je parle. » Le bout de la cigarette se consume alors que le meneur regarde son camarade, et si personne ne s’en doutait, Levski et Tatsikov étaient presque les deux côtés d’une même pièce.

Le premier qui baisse son masque perd.



(c) AMIANTE



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Ven 30 Déc - 16:23

Le sentiment d'impuissance était sûrement celui que Deklan avait le plus de mal à gérer, depuis toujours. Étrangement ou pas, c'était celui qui l'étreignait le plus depuis la découverte de l'Ox. D'abord, parce qu'il n'y avait plus rien à faire, parce que c'était trop tard, parce qu'ils avaient perdu. Injustice, frustration mais surtout, impuissance. Surtout en comparaison de ceux qui pouvaient sentir la magie de l'artefact couler dans leurs veines. La toute-puissance.
Après, ça avait été pendant l'attente. Quand les Vainqueurs avaient disparu et que eux, les autres, avaient essayé de comprendre ce qui se passait, à défaut de pouvoir faire quoi que ce soit. C'est à ce moment là qu'il avait aidé Kira à s'échapper, ça lui avait donné l'illusion de pouvoir agir, peser peut-être un peu dans la balance. En plus, grâce à l'ex-meneuse, il avait pu obtenir quelques informations sur ce qui se passait à l'extérieur ; mais très vite, avec la mise en place des protections magiques, la communication avait été coupée. Retour de l'impuissance, plus forte encore. Et là elle s'était enracinée pour de bon. Enchaînée à ses gestes, à ses pensées. La réunion des meneurs ne l'avait pas beaucoup repoussée ; les autres avaient pris son besoin désespéré d'agir pour une sorte de soumission au pouvoir des Vainqueurs. Une naïveté exacerbée, aussi. Ca l'avait exaspéré, mais il n'avait pas eu grand chose à répondre. De toute façon, ce n'était pas franchement le moment de se chamailler. Les enjeux étaient trop grands, et il aurait été reconnaissant aux autres d'avoir bien voulu être assez malins pour s'en rendre compte, en retenant leurs commentaires inutiles.
Puis il y avait eu l'entraînement tragique à la salle de duels. Aksanna l'avait prévenu, pourtant, que c'était une mauvaise idée. Il avait insisté ; c'était primordial, il fallait se préparer, faire quelque chose ; n'importe quoi, pourvu qu'ils ne restent pas juste là, à attendre l'inévitable. Même si c'était risqué, ça lui semblait nécessaire. Quand ils se décidaient à agir, ça finissait en catastrophe. Et maintenant Katerina avait disparu.


Sur le coup, il n'avait pas beaucoup réagi. Il avait encaissé. C'est Rojanice qui était venue le prévenir : on ne la trouvait plus nulle part. Il avait participé aux recherches mais la conclusion était vite tombée : elle avait été capturée par les insurgés.
Le meneur ne savait pas trop quoi penser, il avait ressenti le besoin de s'isoler. Ystrinov avait pris sa place à la salle de réception, pour la soirée. A bien y réfléchir, c'était la première fois qu'il s'accordait un peu de temps libre depuis le début de tout ça. Comme tout le monde, évidemment ; il n'était pas le seul à être en deuil ce soir. Parce qu'il devait bien être question de ça.


Sa relation avec Katerina s'était terminée il y a plusieurs mois maintenant, il avait réussi à ne plus y penser. Sa disparition l'atteignait plus que ce qu'il n'aurait pu imaginer. Il n'avait pourtant pas partagé avec elle plus de choses qu'avec un nombre incroyable d'autres femmes. Mais, sans qu'il puisse l'expliquer, elle avait laissé sa marque sur lui Indélébile.
Un peu hagard, il se rendit dans l'aile Nord, prononça le mot de passe de son second repère et pénétra dans la salle. Déserte, comme il s'y attendait. Igor n'était visible nulle part. Le jeune homme passa par-dessus le bar et dégotta une bouteille de Vodka avant de revenir s'asseoir sur un tabouret. Il se servit un verre, sortit un paquet de cigarettes de sa veste et l'ouvrit pour regarder à l'intérieur. Il lui restait quelques moldues, et toutes les sorcières étaient encore à leur place. Guère étonnant, quand on savait qu'elles étaient estampillées du sceau de sa famille. Il ne les aimait pas beaucoup. Extirpant une tige de tabac, il l'alluma en passant ses doigts sur le bout avant de la porter à ses lèvres. Dommage qu'il faille les consommer lentement ; il ne pourrait plus s'en procurer avant un moment.


Il recracha la fumée lentement, savourant la sensation de ses poumons qui se vidaient. Dommage qu'il ne puisse pas faire comme ça avec tout. Inspirer, puis recracher ce qui est nocif. Se débarrasser de ce dont il ne voulait pas, d'un geste aussi simple et naturel que l'expiration. Mais puisqu'il devait être un peu maso, il recommençait. Il approchait la cigarette, il tirait dessus. Il s'empoisonnait un peu. Au moins ça, c'est quelque chose qu'il pouvait décider.


Deklan entendit la porte s'ouvrir et il empoigna immédiatement sa baguette, en se tournant vers l'entrée. Il espérait presque que ce soit un insurgé. Là il pourrait agir, faire quelque chose d'utile. Expirer la colère cachée sous sa peau.


Il reconnut Roman, et replaça son arme à sa place, sans vraiment se détendre pour autant. Il en était incapable, bien qu'il ait conscience de – ou qu'en tout cas il pense – ne pas être directement menacé. Attendant que le meneur s'approche, il prit une gorgée de son verre. Roman et lui avaient toujours eu des rapports relativement cordiaux. Ils ne s'étaient pas beaucoup adressé la parole en dehors des concertations entre meneurs, de l'organisation de leur petite coalition, mais Deklan avait évidemment entendu parler de son homologue. S'il ne cautionnait pas vraiment ses méthodes, il ne pouvait que reconnaître l'efficacité de l'Eclair, ses qualités de sorcier et de meneur. Il était un allié précieux, et un sorcier dangereux. Bien qu'il soit un peu méfiant, Deklan avait beaucoup de respect pour lui.


« Tu me passes une clope ? » fit-il en s'installant à côté du Flamme. Celui-ci lui tendit le paquet ouvert pour le laisser choisir. « Elles sont moldues à droite, si tu veux. » Précisa-t-il simplement, en tirant sur la sienne. Un éclat lui fit relever les yeux et il eut juste le temps de voir disparaître la flamme magique. Au final il s'estimait plutôt heureux de ne pas faire partie des Vainqueurs. Il était beaucoup trop attaché à ses pouvoirs à lui, à sa magie, qu'il contrôlait presque parfaitement au prix de longues années de travail. Il aurait détesté devoir tout recommencer, même si aujourd'hui, sa petite puissance magique n'était plus grand chose à côté du pouvoir de l'Ox.


« Je ne fume pas habituellement, mais pour le temps qu’il nous reste. » Deklan eut un petit rire. Il avait refusé pendant de longues semaines de réfléchir de cette façon. Aujourd'hui, il voyait les choses différemment. Ca n'avait rien d'étonnant, à la réflexion. « C’est ici que j’ai célébré mon retour au sein du clan. Avec Hedda et Priska, nous étions à cette table. Nous avons parlé de mes projets pour mener le clan et la façon dont je légitimerai mon pouvoir. » Deklan ne dit rien. Il avait entendu parler de ça, évidemment, et ne savait pas trop quoi penser du ton détaché de son homologue. « La façon dont je suis parvenu à la tête du clan est délicate, mais je tente de racheter mes mauvaises actions. Il arrive parfois que nous devons faire de bonnes choses pour que les gens oublient tout ce que nous avons fait de répréhensible. Tu dois savoir de quoi je parle. » Il eut un léger sourire sans joie. « C'est ici que j'ai rencontré Iris. » Il était beaucoup trop inexpressif pour sembler naturel, mais ses paroles sonnèrent presque comme une approbation. Il savait de quoi l'Eclair parlait. « Tu as su donner du sens à ce que tu as fait. Après tout, Nikolas n'aurait jamais pu mener votre clan jusqu'à l'Ox. Est-ce qu'on peut vraiment parler de quelque chose de répréhensible ? » Le suicide d'Iris n'avait pas plus de sens aujourd'hui qu'à l'époque. Et lui il n'avait jamais été accusé. Tout le monde avait fermé les yeux à une vitesse hallucinante. La preuve en était qu'il avait été élu meneur dès la rentrée suivante, même si tous les mérites de cette victoire ne lui revenaient pas. « Le jour où j'ai rencontré Iris, Viktor venait d'annoncer son départ pour le tournoi des Trois Sorciers. Il m'a désigné ce jour là pour occuper le poste de chef de clan pendant son absence. » Viktor Krum. Deklan retint un soupir. Son ami aurait peut-être su quoi faire, lui. Peut-être qu'il aurait été capable de protéger les siens. « En faisant ça il m'a offert la victoire aux élections suivante. » Deklan tira une nouvelle taffe et prit son temps avant de la souffler. Un peu distraitement, il modula la fumée, dessina des arabesques qui s'entrecroisaient. « Il était pas con ; ça en faisait au moins un dans la famille. Il m'a dit avant de partir que je serais encore meneur l'année de l'accomplissement de la prophétie. » Il l'avait désigné, lui parmi tous les autres, pour trouver l'Ox et mener le clan à la victoire. Et il avait échoué. Le meneur accrocha son regard à celui de Roman. Il avait toujours été troublé par le calme olympien de l'Eclair. Par son intelligence froide et redoutable. Sous certains aspects, il lui faisait un peu penser à Katerina. Il chassa immédiatement ces pensées. « Tu m'as volé ma victoire, Tatsikov. » Fit-il simplement, sans aucune animosité. C'était à son tour de parler comme s'il évoquait son dernier petit déjeuner. A vrai dire, leur petite guerre pour cet objet de malheur lui semblait à des années lumières d'ici. « Et tu sais parfois, je t'en suis reconnaissant. » Il vida son verre. L'alcool avalé trop vite lui brûla la gorge et seule sa longue expérience des boissons du genre lui permit de ne pas s'étouffer en pleurant. C'était délicieusement désagréable.


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vainqueurs
avatar
Vainqueurs

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Sam 31 Déc - 9:12

And of this burning heart, he obediently eats


You can live or die
You will go where you decide
We are our best defense
You can kick and scream or plan in silence
You must speak your truth
It all comes down to you and only you.

Généralement, quand Roman parle, il a un but (comme toute personne qui parle, il serait malvenu de faire la conversation pour ne rien dire comme je le fais présentement parce cela ne mène à rien si ce n’est une perte de temps et une perte d’énergie). Il oriente la conversation pour parvenir à l’information, le détail, dont il a besoin et il peut tourner autour du pot aussi longtemps que nécessaire pour y parvenir. Ce faisant, il ne pouvait cependant s’empêcher de songer que le processus était beaucoup plus intéressant que le résultat. Les gens lui révélaient des facettes de leur personnalité qu’il n’aurait jamais pu soupçonner, ils retiraient leurs masques et le meneur pouvait voir les choses sous un nouvel angle d’approche. C’était pourquoi il était aussi doué en psychomagie. Il travaillait les gens jusqu’à en retirer l’essence pour ne conserver que les secrets qui lui étaient les plus chers.

Malheureusement, dans la vie, on n’obtient rien sans sacrifice, alors Roman, compréhensif, à la manière du bon thérapeute, se confiait aussi à son interlocuteur. Ainsi, il le contrôlait, de loin, sans que la victime ne voie les fils du marionnettiste accrochés à ses doigts. Il faisait, si on voulait, un peu à la manière de Tom Jedusor qui confiait à ses secrets à Ginny Weasley, versant un peu de son âme dans celles de ses camarades. Par contre, lui, il n’utilise pas de magie, il fait ça à l’ancienne, avec un peu de cassement de tête et une cigarette. Cette dernière avait un but précis, lui rappelant l’importance de chaque seconde. Ni Deklan, ni lui, ne pouvaient rester longtemps loin de la salle de réception. Roman s’éclipsait déjà trop souvent.

Deklan avait pourtant un air terriblement las. Pendant quelques instants, le blond avait perdu la trace du jeune homme si sociable, du chef de clan le plus populaire, probablement le plus adulé de toute l’institution. Il était inexpressif. Roman ne dit rien. Dans ces moments-là, c’était généralement mieux de garder le silence. « C'est ici que j'ai rencontré Iris. » Directement dans le vif du sujet, il était définitivement beaucoup plus efficace que les Éclairs ! Roman ne se plaignait pas de la rapidité de Levski. Il le plaignait un peu, en fait, avec tout ce chagrin, toute cette tristesse, il avait l’air de ces hommes qui en avaient trop sur les épaules alors qu’il n’avait même pas commencé à vivre.

« Tu as su donner du sens à ce que tu as fait. Après tout, Nikolas n'aurait jamais pu mener votre clan jusqu'à l'Ox. Est-ce qu'on peut vraiment parler de quelque chose de répréhensible ? » Ce n’était pas Nikolas le problème. Enfin oui, il l’avait déjà été, il avait même été une sacrée épine dans le pied, merci à l’intervention divine qui avait fait en sorte qu’il se jette de ce balcon. Ce qui était répréhensible, c’était cracher sur une tradition. La tradition des meneurs, c’était une des plus puissantes au sein de Durmstrang. Roman n’était pas conservateur, mais il n’aimait pas pour autant briser les règles. Ce qu’il cherchait, c’était les exceptions, le petit élément qui lui permettrait de montrer qu’il avait tout fait dans les règles de l’art. Il jouait de ses mots pour parvenir à trouver ces petites spécificités, n’était-ce pas naturel, la grammaire, n’était-elle pas le royaume des exceptions ?

« Le jour où j'ai rencontré Iris, Viktor venait d'annoncer son départ pour le tournoi des Trois Sorciers. Il m'a désigné ce jour là pour occuper le poste de chef de clan pendant son absence. En faisant ça il m'a offert la victoire aux élections suivante. Il était pas con ; ça en faisait au moins un dans la famille. Il m'a dit avant de partir que je serais encore meneur l'année de l'accomplissement de la prophétie. » Roman soutient le regard du meneur sans flancher. Il y avait une grande douleur dans les yeux du brun. Que celui-ci reste souffrant. La flamme, elle vacille, mais quand elle se réveille, quand elle est nourrie par la bonne personne, par le bon élément, elle devient encore plus forte et elle ravagera tout. Pour le moment, il faut simplement conserver la chaleur en attendant que le feu ne redevienne fatal.

« Tu m'as volé ma victoire, Tatsikov. » Trop calme, Levski, ne put-il s’empêcher de songer. Ça ne lui ressemblait pas et ce n’était pas ça qu’il était venu chercher. Roman écoutait attentivement et fit un sourire compatissant, mais dans lequel ne tardait pas à se mêler l’amusement et l’ironie, mais pas la moindre touche de regret. Roman ne regrettait jamais ses gestes. Que l’on ne s’apitoie pas sur le passé et qu’on l’utilise pour forger le présent. « Et tu sais parfois, je t'en suis reconnaissant. »

C’est au tour de Roman de rire avant de reporter la cigarette à ses lèvres. Avec le plaisir sadique de l’authenticité, il lui admet la vérité. « Vous n’aviez aucune chance. » Il n’avait pas tort. Même lui, prévoyant au possible, avec tous ses plans, tout son talent pour l’improvisation, n’avait jamais effleuré l’idée que les Flammes puissent trouver l’Ox. Il avait toujours eu des inquiétudes pour Irina et Dmitri, nobles et puissants, au clan doué d’une grande cohésion, de meneurs reconnus pour être parmi les plus influents de ce château. Il avait eu des sueurs froides et des angoisses, durant les derniers mois, avec les récentes avancées des Icebergs. Mais les Flammes… bonne blague.

« Je ne t’ai rien volé, Levski. À armes égales, j’ai simplement été meilleur que toi. » Ces mots, jamais il ne les avait prononcés aussi honnêtement. Roman faisait toujours tout pour cacher son jeu, mais même sa douceur, elle était fade, déplaisante. Deklan avait ce que personne n’avait jamais eu : la véracité et la véridicité des mots de Roman Tatsikov.  

C'était beaucoup.

Ça signifiait le respect.

« Nous avons eu le pouvoir dans des circonstances qui se ressemblent. Viktor t’a confié son clan. Nikolas me l’a… délégué. » . Comme c’était un suicide, on pourrait dire que cela a été fait de pleine volonté. Il savait que Roman reviendrait, mais ça ne l’avait pas empêché de faire le grand saut. Krum, il avait toujours été comme ça, rien ne lui importait plus que sa minable petit personne. Il avait fait un saut de l’ange pour livrer son clan aux démons. Une chance que Roman savait faire face aux flammes de l’Enfer, il compensait pour des personnes qui en était incapables, comme Levski, par exemple. Le meneur exhale la fumée, pensif.

« Tu sais quel est le mot que l'on utiliserait en anglais pour décrire leur acte ? » Il fixait son camarade dans les yeux, une étincelle de folie dans le regard. Il en oubliait complètement la cigarette. Ce n’était qu’un prétexte, qu’une façon de s’assurer que tout allait selon ses plans, qu’une autre façon pour lui de jouer avec le feu.

« Legacy. » L’accent serbe a disparu alors que le meneur prononce les mots, il est totalement américain maintenant. Comme quoi même les meilleurs pouvaient se faire manipuler, Roman succombait aux plans de son maître, mais il voulait devenir quelqu’un, il voulait devenir quelque chose, il était sa meilleure œuvre d’art. Il continua, sur ce même élan solennel, vibrant, claironnant, comme s’il se retrouvait encore en train de plaider sa cause. « C’est un devoir qui nous a été transmis par nos anciens meneurs : celui de faire survivre le clan et de supporter ses idéaux. C'est un devoir, encore plus fort que l'héritage. » Même Roman, il n’aurait jamais cru que Deklan et lui étaient aussi semblables. Encore une fois, Krum venait de sauver la situation.

« Tu n’as pas changé les techniques, tu es resté fidèle à ce que l’on t’a inculqué. Même au sein de ton propre clan, ce n’est pas toi qui a réussi à ramener la cohésion. C’est Varenkova. » Tout le monde avait entendu parler de cette jeune femme qui avait la force des glaces et la résolution des flammes. Roman lui-même reconnaissait son talent, même s’il ne la portait pas dans son cœur. Deklan, il avait le cœur sensible, il avait suivi la décision du clan, abandonnant Erika, soutenant Sasha, adorable petite girouette, oubliant au passage qui était le chef du clan. Bon petit toutou, bon petit Deklan, toujours là pour obéir, et cette obéissance, c’est probablement ce qui lui donnait un tel sentiment d’impuissance. Ce n’était pas de l’injustice. La véritable injustice était qu’une adolescente soit morte avec sa chevalière et qu’il n’en ait jamais subi les conséquences. Mais la justice, parfois, elle a le goût de la vengeance, Levski, et elle a décidé de te rattraper là, dans la Taverne des Trois Trolls. Peut-être que la justice est juste un gros troll, après tout.

« Mais tu dois savoir mieux que quiconque qu’une cigarette que l’on allume de nouveau n’aura jamais le même goût. Mieux vaut commencer avec une page blanche et un tout nouveau tabac. » Roman avait promis du renouveau à son clan printanier et il avait tenu ses promesses. Il avait redonné au clan une nouvelle direction. Il était plus proactif que jamais. Même ses détracteurs avaient commencé à changer leur opinion sur lui. Laymon, bien malgré elle, avait donné le coup d’envoi au règne de Tatsikov.

« J’ai gagné parce que je ne me suis pas laissé dépasser par la guerre civile. J’ai pris des risques en revenant, mais j’ai réussi à donner à mon clan ce qu’il désirait. » Il montre la cigarette noircie à son camarade. « Cette cigarette, même si elle est complètement calcinée, elle a ce goût, celui que j’aime, celui de la victoire. » Il ne maîtrisait pas son pouvoir, mais il allait apprendre à composer avec ce dernier. Deklan vivrait toujours avec le sentiment de ne pas être parvenu à ses buts. Il allait se réconforter en disant qu'il était attaché à son pouvoir, à sa magie, et qu'il ne voulait pas recommencer. C'était l'excuse des faibles. Qu’il se conforte avec des mots vides si ça l’enchantait, si ça pouvait l'aider à se défaire du sentiment de cruauté et...

d'injustice ?

Roman pointa du menton la boisson. « Ça, c’est le goût de la défaite. »

Peut-être qu’il s’était trompé.

Peut-être que le feu qu’il avait cru voir en Levski n’était qu’une chaleur artificielle, créée par un peu de tristesse et beaucoup de boisson.

(c) AMIANTE



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Dim 1 Jan - 20:05

Il était calme, Deklan. Il était las, surtout. Il se souvenait douloureusement de l'effet que Katerina avait toujours eu sur lui, depuis la première année qu'ils avaient passée à Durmstrang. Opposés depuis le premier jour, rivaux acharnés qui avaient fait trembler les murs de l'école. Le mépris s'était changé en respect, au fur et à mesure des batailles que ni l'un ni l'autre ne parvenait à remporter. Il était incapable de se souvenir du nombre de duels qui avaient fini en retenue pour tous les deux. Elle avait toujours eu ce don de changer l'exaspération en colère, de le faire sortir de ses gonds comme personne. Il avait un sacré don pour lui rendre la pareille ; il réchauffait la glace. Il l'avait même fait fondre, une fois ; deux fois. Il ne savait plus vraiment, il avait préféré oublier. La guerre qu'ils s'étaient menée avait perdu son sens, avec le temps. On dit souvent qu'il n'y a qu'un pas de la haine à l'amour ; ça l'avait toujours fait rire. Finalement c'est ce pas là qui avait fait s'éteindre leur flamme à eux. Quand elle l'avait trahi, pour ce maudit journal, il avait été tellement déçu qu'il n'était même pas parvenu à la détester comme avant. Il était juste las, un peu éteint.
Temporairement. Ca n'avait pas été si difficile de repartir, le temps de digérer la défaite. Il était un Flamme, et il était meneur. Il avait trouvé un autre combustible à brûler, d'autres combats à mener. Tant pis pour la Kniasev ; il était passé à autre chose. Ce n'était pas la première fois, il arrivait plutôt bien à laisser derrière lui ce qui devait l'être. Comme la cendre consumée dont on se débarrassait d'une pichenette. Il ne s'attendait pas à ce que sa disparition, après tout ça, l'affecte de cette façon.

« Vous n’aviez aucune chance. » Il fronça légèrement les sourcils. Le ton sans appel de son homologue l'irrita légèrement, même s'il s'appliqua à ne pas le montrer. Il avait perdu, et il était le premier à reconnaître qu'il avait été trop peu impliqué pour arracher la victoire. De là à dire qu'ils n'avaient aucune chance ? Il n'était pas d'accord. « Je ne t’ai rien volé, Levski. À armes égales, j’ai simplement été meilleur que toi. » Il sourit pour ne pas répliquer, en tirant sur sa cigarette. De toute façon il ne voyait pas bien ce qu'il aurait pu répondre, Roman était si catégorique qu'il serait difficile de le contredire ; si persuadé de sa supériorité qu'il n'avait pas grand chose à envier à son prédécesseur. « Nous avons eu le pouvoir dans des circonstances qui se ressemblent. Viktor t’a confié son clan. Nikolas me l’a… délégué. » Délégué. Nikolas n'avait sûrement pas beaucoup pensé à ce qui adviendrait de son clan après son saut dans le vide. De toute évidence, il n'avait pas pensé à grand chose. « Tu sais quel est le mot que l'on utiliserait en anglais pour décrire leur acte ? Legacy. » Deklan ne parlait pas anglais ; ou alors il balbutiait quelques mots pour se faire comprendre, ça suffisait. Il ne comprenait pas le mot que prononça Roman dans son accent parfait - qui aurait aussi bien pu être espagnol que le Flamme n'aurait pas vraiment fait la différence -, mais il en saisit le sens. « C’est un devoir qui nous a été transmis par nos anciens meneurs : celui de faire survivre le clan et de supporter ses idéaux. C'est un devoir, encore plus fort que l'héritage. » Le meneur retint un rire. Il se demanda ce que signifiait exactement l'Héritage pour Roman. Plus de choses que pour lui, de toute évidence. Il ne lui serait jamais venu à l'esprit de comparer ça au geste de Viktor, à ce que prendre en charge le clan à sa suite représentait. Plus qu'un Héritage, en effet. « Tu n’as pas changé les techniques, tu es resté fidèle à ce que l’on t’a inculqué. Même au sein de ton propre clan, ce n’est pas toi qui a réussi à ramener la cohésion. C’est Varenkova. »

Deklan ne dit rien. Il commençait à se demander un peu où Roman voulait en venir. Son verre était vide et il songeait sérieusement à le remplir à nouveau. La bouteille était juste à côté, mais il n'avait pas envie que Roman pense que la boisson était tout ce qu'il avait à lui répondre. La vérité était loin, si loin de là. Il avait conscience d'avoir manqué à son rôle de meneur pendant quelques temps, et le fait qu'on oublie tout ce qu'il avait fait de bien pour le clan pendant trois ans à cause de cette unique erreur avait un peu tendance à le mettre hors de lui. Il y avait peu de personnes dans cette école qui puissent recevoir les explications qu'il avait à donner et Tatsikov n'en faisait pas partie. Pas plus que Varenkova d'ailleurs.

« Mais tu dois savoir mieux que quiconque qu’une cigarette que l’on allume de nouveau n’aura jamais le même goût. Mieux vaut commencer avec une page blanche et un tout nouveau tabac. J’ai gagné parce que je ne me suis pas laissé dépasser par la guerre civile. J’ai pris des risques en revenant, mais j’ai réussi à donner à mon clan ce qu’il désirait. Cette cigarette, même si elle est complètement calcinée, elle a ce goût, celui que j’aime, celui de la victoire. » Deklan suivit des yeux le geste de Roman, rencontra le verre qu'il avait hésité à remplir à nouveau. « Ca, c'est celui de la défaite. » Lorsqu'il releva le visage vers l'Eclair, son regard s'était durci. « Je ne vois pas trop où tu veux en venir, Tatsikov. Tu as gagné la guerre des clans et tu portes l'Ox comme un trophée. Tu veux quoi, des félicitations ? » Il aurait voulu être sec mais il grondait plus qu'il ne parlait. Deklan avait beaucoup de respect pour Roman mais sa vanité, surtout dans ces circonstance, ébranlait un peu les gonds dans lesquels il s'efforçait de rester. Le feu se ravivait ; la colère pour combustible. « L'avantage de la défaite, c'est qu'on s'en remet plus vite que de la victoire. » Ses jointures blanchissaient chaque fois qu'il resserrait les doigts sur le verre qu'il faisait tourner dans sa main. Concentrer sur quelque chose la tension qui faisait bouillir son sang. « Toi tu continues de triompher, tu tires sur ta cigarette et quand tu balanceras ton mégot au goût de victoire consumée, tu te rendras peut-être compte de tout ce que tu as fait brûler. » Il scrutait son vis à vis comme s'il risquait de trahir la moindre émotion, même s'il se doutait que c'était peine perdue. Il avait conscience d'être en train de perdre son calme et il se doutait que ce n'était pas une solution avec Roman ; pourtant il était bien incapable de faire machine arrière. Il n'en avait même pas vraiment envie ; même si ça ne servait à rien, même s'il n'était qu'un feu qui se retournait dans son âtre en hurlant de protestation. Au moins il se sentait un peu vivant. « C'est quoi ta victoire, alors ? Des gamins qui risquent de se faire sauter tout seuls, des murs qui explosent et des gens qui crèvent dans tous les sens ? Mary qui se fait enlever, Katerina qui disparaît ?! » D'un geste brusque, presque compulsif ; irrépressible, il tendit le bras sur le comptoir - « C'est ça ta victoire, Tatsikov ?! » - et envoya le verre se briser contre le mur. Le fracas du verre qui éclate lacéra l'écho de son cri. Deklan se rendit compte qu'il s'était levé, que ses deux poings étaient serrés. « Des cendres et des cadavres, c'est ça qu'il restera. » Il avait serré les mâchoires, s'était remis à gronder pour ne pas exploser à nouveau. « Je sais que tu n'es pas responsable de ce qui lui est arrivé. Mais de toutes les promesses qu'avait faites l'Ox, la seule que je vois réalisée, pour l'instant, c'est celle-là. » Il écrasa sa cigarette directement sur le comptoir, étouffant les restes du tabac brûlant sous ses doigts. « Tu es le seul pour lequel, ça, c'est le goût de la victoire. »


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vainqueurs
avatar
Vainqueurs

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Lun 2 Jan - 6:39

And of this burning heart, he obediently eats


You can live or die
You will go where you decide
We are our best defense
You can kick and scream or plan in silence
You must speak your truth
It all comes down to you and only you.

La déception, elle prenait plusieurs formes, afin de décontenancer et briser les piliers sur lesquels reposaient les croyances. Elle portait les apparats de la contrariété, du petit détail qui venait saboter un plan savamment rôdé, du déboire, de la stratégie excessive, du dégrisement, du douloureux retour à la réalité. La déception, Roman la connaissait, elle avait pris la forme des êtres qui lui étaient les plus chers, en commençant par la forme de son père, en terminant sur la forme de son premier amour.

Hedda, bordel, il ne lui avait jamais dit, mais il l’avait aimé, même quand elle l’avait abandonné, quand elle l’avait laissé devant le meneur, seul, pour recevoir la sentence, le rejet de son propre clan. Et là, à genoux devant le prince, le roi qui n’en était pas encore un s’était juré de ne plus jamais confier ses espoirs à quiconque. Il ne voulait plus de désappointement, il ne voulait plus d’amertume, chaque roche de son empire, il la déposerait lui-même pour que s’élèvent ses triomphes. Roman connaissait les échecs, et tous les échecs lui permettaient de transformer les pions en roi.

Malheureusement, certaines personnes seraient condamnées à ne jamais aller sur le plateau de jeu, car incapables de faire face à la vérité ou à leurs actions. Il avait cru trouver en son camarade un allié pour les batailles à venir, mais malheureusement, le cavalier, il hennissait, il ruait. Tout cela n’était que le signe de la vie, il ne fallait que panser les blessures et l’étalon serait prêt à affronter les batailles, à l’allure du plus vaillants des chevaux de guerre.  

Roman retenait un rictus en apercevant l’éclat métallique dans les yeux du meneur. Malgré l’abattement, le manège tournait encore, le feu dans le cœur de son camarade n’était pas encore mort. C’était ce dont il avait besoin, et il allait continuer de nourrir le brandon de la colère, peu importe le nombre de provocations auxquelles il devrait faire appel. Roman avait l’habitude de faire dans la subtilité, mais il pouvait changer ses méthodes, même sans étrier, même sans selle, il pouvait monter sur ses grands chevaux. Bientôt, le cavalier partirait à la bataille, tout comme sur le terrain, il se déplacerait en L aussitôt que ses pensées ne tourneront qu’autour d’elle.

Qu’autour de la Kniasev.

Pour cela, il fallait surpasser le dépassement de son camarade qui avait de la difficulté à simplement trotter. Il fallait réchauffer la glace. Roman ne la ferait pas fondre, il allait laisser le cheval partir dans la nature, mais ce cheval n’aurait plus que l’apparence de l’inoffensif. Il allait le modeler pour qu’il réponde à ses idéaux. Il avait perdu, mais le plus important n’avait pas été perdu.

Roman scrutait son camarade. Il n’avait pas rempli de nouveau son verre. Il y avait encore un peu de l’ancien meneur dans cette carcasse sans vie, celui qui n’avait pas besoin de la boisson pour briller, celui qui menait simplement en ouvrant la bouche, celui dont le charisme aurait permis de mettre le monde à ses pieds. Roman, il détestait les gens qui avaient une addiction, il détestait les gens soumis à leurs envies, mais Deklan n’en était pas un, ou s’il en était un, il en était un différent. Il était plein de bonnes intentions, mais il était accro à la bonne entente, lui, le bon pacificateur. Roman, il ne s’était jamais arrêté pour penser, maintenant, il se demandait si cela était pour compenser un crime, une erreur du passé que Deklan ne voulait pas se débarrasser de la selle, de la muselière, de tout ce qui le retenait.

« Je ne vois pas trop où tu veux en venir, Tatsikov. Tu as gagné la guerre des clans et tu portes l'Ox comme un trophée. Tu veux quoi, des félicitations ? » Non, ce qu’il voulait, personne ne pourrait le lui donner, il en voulait plus, il en voulait toujours plus, il ne se contentait pas de rien maintenant qu’il savait ce qu’il valait. Avec son sourire moqueur, il fit tomber la cendre de sa cigarette sur le comptoir. « L'avantage de la défaite, c'est qu'on s'en remet plus vite que de la victoire. » Il ricana devant la sensation de déjà-vu. C’était exactement la même chose que la dernière fois, avec Ashtakhov ; il avait fait sa petite provocation, on lui avait demandé s’il voulait des félicitations et on avait conclu par l’apologie de la défaite. Dmitri lui avait dit que c’était un simple défi à relever en oubliant que la défaite était un châtiment pour ne pas s’être suffisamment forcé. Deklan lui disait que l’on s’en remettait bien, normal, il ne savait pas à quel point la victoire était savoureuse.

C'est ce qui arrive quand on porte la muselière trop longtemps.

Franchement, Roman, il pouvait bien se vanter. Tout le monde s’affirmait différent, mais devant lui, tout le monde répondait toujours de la même manière. Tout le monde se vautrait dans la médiocrité comme des cochons se roulaient dans la boue, mais on oubliait que ces adorables petites bêtes roses finissaient dans nos assiettes. Au moins, Roman se battait, battait, et abattait, au lieu de finir abattu comme certaines personnes de sa connaissance.

« Toi tu continues de triompher, tu tires sur ta cigarette et quand tu balanceras ton mégot au goût de victoire consumée, tu te rendras peut-être compte de tout ce que tu as fait brûler. » Deklan répondait bien à la colère. Roman le préférait ainsi, beaucoup plus que comme le bon petit cheval toujours là pour répondre aux attentes des autres et trotter pour le bon petit plaisir de ses camarades.

Que tout le monde ne se laisse pas avoir par les apparences du pur-sang, la rage grondait dans sa voix, ne cesse pas, montre-moi l’étendue de ta rage, de ta fulmination. Le verre ne résisterait pas à la pression, mais ce n’est pas différent de l’autre jeune homme, lui aussi ne résisterait pas à la pression, mais c’est avec la pression que l’on fait les plus beaux des diamants. « C'est quoi ta victoire, alors ? Des gamins qui risquent de se faire sauter tout seuls, des murs qui explosent et des gens qui crèvent dans tous les sens ? Mary qui se fait enlever, Katerina qui disparaît ?! C'est ça ta victoire, Tatsikov ?! »

Deklan jeta le verre qui alla se fracasser contre le mur. Roman suivit la trajectoire du projectile avant de regarder celui-ci se briser en éclats. Pendant un moment, il imagina Elsa se briser ainsi. La pensée le détendit, il expira, apaisé, mais où le meneur était d’un calme effarant, Deklan semblait se retenir pour ne pas lui sauter dessus. Au moins, il ne jouait pas de ses muscles comme Dmitri. Deklan, lui, jouait de sa sensibilité.

Roman ne savait pas ce qui était le plus rebutant.

« Je sais que tu n'es pas responsable de ce qui lui est arrivé. Mais de toutes les promesses qu'avait faites l'Ox, la seule que je vois réalisée, pour l'instant, c'est celle-là. Tu es le seul pour lequel, ça, c'est le goût de la victoire. » Roman place sa main sur l’épaule de son camarade, il comprenait la peine de son camarade, mais il ne pouvait pas y souscrire. Avec sympathie, il lui répondit avant de tirer la dernière bouffée qui viendrait lui intoxiquer les poumons.  

« C’est une bien jolie phrase, mais on ne se remet pas toujours de la défaite. Si certaines personnes en deviennent plus fortes, d’autres ne pourront jamais accepter l’échec. » Il écrasait la cigarette contre le comptoir en regardant les cendres encore chaudes. Une faible lueur rouge en émanait ; il pourrait se brûler à son contact (Roman aimait bien tout brûler, il avait commencé avec le dos d'Ielisseï, dommage qu'il ait arrêté, il aurait été un bon pyromane, il aurait tout passé au feu, le feu, ça lui allait presque aussi bien que la foudre.) Roman était sérieux. La raillerie l’avait quitté. Maintenant qu’il savait que Deklan pourrait lui apporter ce qu’il désirait, il n’avait plus envie de se ficher de l’autre chef de clan. Il le respectait trop pour ça.

« Les Insurgés ont perdu et ce sont eux qui vont tout brûler si ça peut leur permettre d’avoir une bouffée de la cigarette. » Roman prenait la cendre entre son pouce et son majeur, ça lui brûlait la peau, mais ça ne lui faisait pas mal, probablement en raison de la barrière de protection. « Ils sont assoiffés de sang. »  Le dualiste, il séparait son corps et son esprit, ce dernier était déjà engagé dans la guerre.

« J’ai des défauts, mais je ne porte pas le pouvoir que pour me vanter. Hâblerie et jactance ne sont que les fausses idées que nous nous faisons de la gloire. » Tout le monde pensait que le renom vit dans les discours, mais le meneur savait que cela était bien différent. La renommée, elle ne se trouvait pas dans la pureté des mots ou l’hémoglobine ; elle se trouvait ailleurs. « À la fin, ce sont toujours nos actions qui parlent pour nous. Ce sont elles qui font de nous ce que nous sommes. » Si tel était le cas, même s’il était un monstre, il avait la possibilité de se racheter. Il savait que le jeune homme se retrouverait lui aussi dans ces mots, lui qui avait craché sur les cigarettes aux armoiries de sa famille, lui qui ne se retrouvait pas dans la noblesse hongroise. Roman continua, avec son ton rigoureux, inébranlable, si loin du ton provocateur qu'il avait adopté précédemment.

« Quand j’ai pris le pouvoir chez les Éclairs, je ne cherchais ni un titre, ni une position. Je cherchais à donner mon clan ce pourquoi il s’est toujours battu. » Il y eut un moment de silence avant qu’il ne continua. Il n’aurait jamais cru prononcer ces mots un jour. Fermant les yeux, il laissa tomber les cendres pour en remuer d’autres. « Je n’avais rien contre Nikolas, si ce n’était son inaction dans la quête de l’Ox. » Ce n’était pas son ennemi. Tout le monde l’oubliait, même lui, mais la mutinerie, elle avait pour but de destituer un ennemi, pas un camarade de clan. Leur évincement avait été nécessaire pour que le clan ne renaisse de ses cendres.  

« Maintenant que j’ai ce pouvoir, je compte l’utiliser pour protéger les Vainqueurs. Je ne le porte pas comme un trophée, mais je ne regrette pas de l’avoir trouvé. C’est peut-être un pouvoir maudit, mais en ces temps de guerre, c’est notre plus grande bénédiction. » Il sourit avant de se lever pour rejoindre le mur où le verre a fini sa course. Il marche le dos droit comme le fait un véritable leader avant de tourner la tête vers son camarade. Le défi brûle dans les yeux du blond.

« Si nous apprenons à le maitriser, nous pourrons l’utiliser pour attaquer ceux qui nous veulent du mal. » Il se penche pour ramasser les débris. Le verre est transparent dans la main meurtrière. Roman le scrute (ou il scrute son reflet, personne ne pourrait le dire). Sa voix ne tremble pas, mais dans toute sa froideur y transparaissait la fureur. « Pour le moment, la réalisation de la prophétie, ce n’est rien, ça n’a que le goût de la victoire, mais ce n’est pas la véritable victoire. Ce verre aussi porte le goût de la défaite sans l’être véritablement. »

Roman ferme son poing sur les éclats, le sang commence à couler. Il est chaud et poisseux contre sa peau. Il se rappelle celui du meurtre et il se rappelle celui de l’infirmerie. Le vermeil faisait grandir les humains et les transformaient en homme. La man sur sa blessure, insensible, il pencha la tête sur le côté, se laissant enivrer par les odeurs métalliques en émanant.

« Il demeure une arme malgré tout. » Il sort un mouchoir de sa poche et en essuie le sang, de façon impeccable, sans accorder trop d’importance. Il l’avait vu, durant sa rencontre avec Avalon, il l’avait même goûté. Il tournait la tête vers Deklan. « Kidnapper Bloodworth, ce n’était que pour passer un message » Il montra sa main au Hongrois, lui traduisit en bulgare ce que voulait dire la signification du nom de famille américain, Bloodworth, au sens littéral, la valeur du sang, mais pas la valeur du sang des Anglais, la valeur du sang des Bulgares, la valeur du sang des Vainqueurs, du pouvoir qui coulait supposément dans leurs veines. « Kniasev, c’est la déclaration de guerre. » Le ton est sans appel. « Pour accéder à la vraie victoire, j’ai besoin de toi Levski. »

Même si pour cela, il fallait mettre le monde à feu et à sang.


(c) AMIANTE



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Dim 8 Jan - 19:41

La cendre chaude lui attaquait la peau, grignotait dans les callosités qui s'étaient formées au bout de ses doigts avec le temps. Ca le brûlait, mais il s'en fichait. Deklan avait toujours beaucoup aimé la chaleur ; un peu trop peut-être. Fut un temps, un feu brûlait continuellement dans son QG. Il avait passé des heures et des heures assis près de l'âtre avec ses camarades, un verre comme celui qu'il venait de briser dans la main, le rire aux lèvres et le monde à leurs pieds. Ca, c'était ce que Durmstrang avait voulu dire il n'y a pas si longtemps. Ce ne serait plus jamais pareil, il n'était plus assez naïf pour continuer à nier l'évidence ; mais il avait encore la rage de vaincre quelque part au fond de sa poitrine. Ils perdraient Durmstrang, c'était une évidence ; mais Durmstrang, ce n'était pas tout. Il y avait encore beaucoup de choses pour lesquelles il était prêt à se battre - c'est ce qu'il avait compris lors de sa discussion avec Irina l'autre fois - Irina qu'il n'avait pas réussi à revoir depuis, d'ailleurs. Il se demanda ce qu'elle penserait si elle le voyait faire la causette à Roman de cette façon ; puis décida que ça n'avait pas d'importance. Il appuya plus fort sur les braises, frémissant légèrement à cause de la brûlure, et acheva de les écraser contre le bois, traçant une traînée de cendre noire sur le comptoir. La main de Roman sur son épaule lui fit relever les yeux vers lui. «C’est une bien jolie phrase, mais on ne se remet pas toujours de la défaite. Si certaines personnes en deviennent plus fortes, d’autres ne pourront jamais accepter l’échec. » Peut-être que le meneur devrait se sentir coupable d'avoir eu si peu de difficultés à accepter sa défaite. Il n'avait pas assez désiré l'Ox pour que le voir lui filer entre les doigts soit pour lui un coup fatal. Bien sûr qu'il avait été en colère, qu'il s'était senti honteux et coupable d'avoir déçu les espoirs que les siens, que Krum avaient placés en lui. Mais lui, pour lui-même ? Non, il n'avait jamais voulu de l'Ox. « Les Insurgés ont perdu et ce sont eux qui vont tout brûler si ça peut leur permettre d’avoir une bouffée de la cigarette. Ils sont assoiffés de sang. » Deklan se retint de demander à son homologue s'il n'aurait pas fait exactement la même chose à leur place. Roman avait déjà prouvé qu'il était prêt à tout pour le bien de son clan ; s'il considérait que le bien pour eux, c'était l'Ox, n'aurait-il pas tout fait pour le récupérer même s'il s'était fait doubler ? Qu'aurait-il sacrifié pour une bouffée de cigarette ? « J’ai des défauts, mais je ne porte pas le pouvoir que pour me vanter. Hâblerie et jactance ne sont que les fausses idées que nous nous faisons de la gloire. À la fin, ce sont toujours nos actions qui parlent pour nous. Ce sont elles qui font de nous ce que nous sommes. » Un homme ne se limitait pourtant pas à ses actions ; Deklan trouvait ça réducteur. Peut-être était-ce parce qu'il refusait de considérer que ce qu'il avait fait ou pas fait - pousser Iris au suicide, abandonner Erika - était révélateur de qui il était. Certains se bornaient à l'appeler "quelqu'un de bien" ; il se demandait si, pour en arriver à cette conclusion, il fallait faire la somme de ses actions, les bonnes et les mauvaises, et voir si le résultat se trouvait inférieur ou supérieur à zéro. Les intentions avaient-elles leur mot à dire dans l'équation ? En théorie sûrement ; en pratique ça ne servait pas à grand chose. L'enfer est pavé de bonnes intentions, il était bien placé pour le savoir. Roman avait peut-être raison, au fond. « Quand j’ai pris le pouvoir chez les Éclairs, je ne cherchais ni un titre, ni une position. Je cherchais à donner mon clan ce pourquoi il s’est toujours battu. Je n’avais rien contre Nikolas, si ce n’était son inaction dans la quête de l’Ox. » Pourtant il y aurait eu de quoi. Nikolas était un gamin présomptueux et inutile. Si désespéré d'exister qu'il avait complètement perdu de vue ce qui était important. Deklan ne l'avait jamais apprécié, jamais estimé, jamais respecté. Mais il ne l'avait pas non plus connu, et ça, ça rendait son jugement absolument déplacé. Il retint ses commentaires. « Maintenant que j’ai ce pouvoir, je compte l’utiliser pour protéger les Vainqueurs. Je ne le porte pas comme un trophée, mais je ne regrette pas de l’avoir trouvé. C’est peut-être un pouvoir maudit, mais en ces temps de guerre, c’est notre plus grande bénédiction. » Ces temps de guerre n'auraient pas eu lieu d'être s'il n'y avait pas eu d'Ox. Deklan n'appelait pas ça une bénédiction, même s'il entendait ce que lui disait le Tatsikov. Il restait pourtant convaincu que la plupart des Vainqueurs ne maîtriseraient pas ce nouveau pouvoir et auraient été bien plus efficaces dans un combat s'ils avaient eu l'entière maîtrise de leur magie.

Deklan suivit des yeux l'Eclair lorsque celui-ci se leva pour rejoindre le mur contre lequel le verre s'était brisé. « Si nous apprenons à le maîtriser, nous pourrons l’utiliser pour attaquer ceux qui nous veulent du mal. » Encore faudrait-il être capable de le maîtriser. La plupart des élèves ne le pourraient pas, le Flamme en était convaincu. c'était trop grand, trop fort. Ca ne faisait pas peur à Roman mais il semblait oublier que nombre des Vainqueurs étaient des enfants, et qu'il était plus puissant que beaucoup d'élèves même plus vieux. Tous ne pourraient pas retrouver leur niveau de maîtrise d'avant l'Ox. Tatsikov ne semblait pas s'en préoccuper pour l'instant. Il fixait l'éclat de verre qu'il venait de ramasser. « Pour le moment, la réalisation de la prophétie, ce n’est rien, ça n’a que le goût de la victoire, mais ce n’est pas la véritable victoire. Ce verre aussi porte le goût de la défaite sans l’être véritablement. Il demeure une arme malgré tout. » En d'autres circonstances, le ton glacial du meneur aurait sûrement fait frissonner Deklan. Au lieu de ça il se sentit légèrement revigoré ; il avait entendu, malgré le calme parfait de Roman, toute la violence contenue dans ses paroles. Ca valait bien la sienne, qui avait brisé le verre avec lequel le Tatsikov était en train de s'ouvrir la peau. C'était un drôle d'écho. Comme s'il avait entendu ses paroles, Roman tourna la tête vers lui. « Kidnapper Bloodworth, ce n’était que pour passer un message. » Il avisa la blessure que lui montrait Roman ; le sang épais qui s'extirpait lentement de la blessure. Ce foutu sang, objet de toutes les convoitises. La valeur de ce sang ne tarderait pas à se compter en nombre de victimes.  « Kniasev, c’est la déclaration de guerre. » Le visage de Deklan se durcit un peu plus. Il regretta de ne plus rien avoir à serrer sous la main. La violence qu'il avait perçue chez son homologue était présente chez lui aussi ; elle le faisait vibrer, c'était irrépressible. Il n'était pas capable de la garder et de la faire mûrir comme Roman semblait le faire. Lui, il fallait qu'il la fasse sortir. « Pour accéder à la vraie victoire, j’ai besoin de toi Levski. »

Deklan ne dit rien, il était concentré. Mauvaise idée, lui criait la part de raison qu'il se bornait à écouter depuis des mois. Il l'entendait mal pourtant. Elle était lointaine, brouillée. Etouffée par la rage qui raisonnait dans sa poitrine. « Comment tu comptes faire ? » S'entendit-il pourtant demander, la voix grave, vibrant de colère. Il voulait se venger, il voulait leur faire payer, leur donner ce qu'ils méritaient. Les faire brûler. Si ce n'était pas l'Ox qui les faisait brûler, ce serait ses flammes à lui. Roman était en train de lui transférer son combustible. Comme un drôle d'écho.


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Vainqueurs
avatar
Vainqueurs

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Sam 14 Jan - 7:35

And of this burning heart, he obediently eats


You can live or die
You will go where you decide
We are our best defense
You can kick and scream or plan in silence
You must speak your truth
It all comes down to you and only you.

Le brun ne disait rien, pourtant sur son visage se lisait l’incertitude, celle que le blond avait lui-même auparavant quand il s’était demandé si cette mutinerie était réellement nécessaire. Il avait rapidement compris ; certaines choses ne pouvaient être prises que par la force. Auparavant, c’était le pouvoir du clan, maintenant, c’était un autre pouvoir, un cri revendicatif pour asseoir leur force et leur autorité, pour prouver que même parmi les brebis se cachaient les béliers, ceux qui enfonceraient les murs et les fortifications, qui briseraient leurs limites pour contrôler leur propre pouvoir. La vengeance est un plat qui se mange froid et aujourd’hui, le buffet était servi en l’honneur de Katerina, de l’unique meneuse des Icebergs que jamais il ne respecterait. (Freya était une véritable blague à laquelle il ne croyait pas, à laquelle il ne donnait aucun crédit, erreur ou non, cela se vérifiera un jour, il pourrait probablement faire une alliance avec elle pour se débarrasser d’Elsa, que dit-on, après tout, les ennemis de mes ennemis sont mes amis.)

La voix, elle ne vient pas de la glace, elle vient de loin, elle vient de la brume et de la fumée, elle vient de la caverne dans laquelle on venait d’allumer un feu pour se réchauffer, mais cette chaleur cachait quelque chose en son cœur. Roman avait le sentiment de voir une autre facette de Deklan, comme si la confrontation, comme si les flammes venaient faire fondre le masque d’argile que le meneur des rouges portait constamment. La voix, elle n’a plus rien de pacifique, elle gronde, un peu comme l’orage, elle menace, elle brûlera, elle brûlera partout, et Roman, il sait pourquoi il fait confiance à Deklan.

Un Éclair, ça vise un endroit en particulier.

Une Flamme, ça brûle tout.

La maison.
Le château.
Les gens qui sont dedans.
Les traîtres.
La nature.
La forêt.
Les Assaillants.
Les Insurgés.

Tout.
Y.
Passera.

« Comment tu comptes faire ? » Ce n’était qu’une question, mais le blond savait par le fait même qu’il venait de gagner un nouvel allié. Il souriait parce qu’il se trouvait devant quelqu’un qu’il estimait et l’avantage avec le feu, c’est que l’on pouvait passer le flambeau. « Pas comment je compte faire… » rectifia le blond avec malice et satisfaction. Il posa sa main sur l’épaule de son camarade avant de continuer. « Comment tu comptes faire ? »

La valeur d’un homme est dans ses actions. Tout ce qu’il dit et tout ce qu’il pense n’a aucune valeur si ce n’est pas réalisé, si ce n’est pas concret, si les autres ne peuvent pas voir ce qu’il croit réellement être. Roman, il s’amusait quand il regardait les plus jeunes de la salle de réception se livrer à l’éternel Action ou Vérité. La simple existence de ce jeu était une aberration, ce n’est pas Action ou Vérité, mais bien Action et Vérité. Les deux sont bien trop liés pour être distingués.

Et Roman, dans son action, il laisse son plan dans les mains d’un autre, un geste qu’il n’a jamais posé pour quiconque auparavant. Le meneur était un maniaque du contrôle, il aimait avoir le pouvoir, il aimait manier les ficelles et les pions pour que tout son jeu ne fonctionne parfaitement, pour que toutes les pièces tombent à la perfection. Il avait fait ça depuis le début, il avait refusé de faire confiance, parce qu’il avait été trop souvent déçu.

Roman, il transférait à Deklan son combustible, maintenant, comme le pyromane, il reculait pour constater l’étendue de l’incendie, pour voir l’empire brûler, il se mettait dans l’ombre, car cette fois-ci, ce ne serait pas lui qui mènerait le mouvement, cette rixe appartenait à quelqu’un d’autre. Deklan était tout indiqué pour mener l’attaque contre les Insurgés. Roman, cette fois-ci, il se poserait comme le cavalier, comme le bras-droit. L’alliance est tacite, elle est présente, l’alliance d’un fantôme avait tout changé, mais l’alliance de deux meneurs changerait encore plus le paysage de l’école, en débalançant les rapports de force auxquels tout le monde croyait fermement.

Ils ne perdraient pas Durmstrang, pas s’ils se battaient, pas s’ils se dressaient contre les ennemis et leur montraient qu’eux aussi, les gentils de l’histoire les « Vainqueurs » et les « Résistants » étaient capables de mordre. On parle toujours des Insurgés qui attaquent, des Assaillants qui ricanent, mais les Vainqueurs aussi avaient leur force et leur force, ils la tireraient du chaos. Le contrôle, c’est surestimé.

Roman avait réussi à se tirer d’un coup d’état, à trouver un artefact de plus de huit siècles dont il maîtrisait le pouvoir de façon exemplaire et à conserver un poste de meneur eu dans les circonstances les plus difficiles.

Deklan avait réussi à se tirer du suicide de son ancienne petite-amie sans avoir la moindre accusation pesant sur ses épaules, devenant même meneur l’année suivante et il bénéficiait du plus grand atout, de celui que Roman lui-même n’aurait pas, de l’effet de surprise.

Le duo serait redoutable.

(c) AMIANTE



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 964Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ Mer 24 Mai - 19:15

Roman semblait extrêmement satisfait, et Deklan n'était pas sûr de savoir ce qu'il en pensait. Il avait posé cette question avec une certaine prudence, comme s'il voulait se faire croire qu'il n'allait peut-être pas foncer tout droit dans la gueule du loup. Au fond, c'était l'évidence même, et sans doute Tatsikov l'avait-il très bien compris : malgré ses fausses précautions, le meneur des Flammes avait déjà commencé à brûler, et il comptait bien laisser le feu se propager. La vengeance, un plat qui se mange froid ? Pas pour lui ; rien n'était froid dans son monde. « Pas comment je compte faire... » la main de l'Eclair se posa sur son épaule et le Levski soutint le regard de son homologue sans ciller. « Comment tu comptes faire. »

Concentré, Deklan prit un moment pour réfléchir. D'un geste automatique, maintes et maintes fois répété, il extirpa à nouveau le paquet de cigarettes de sa poche et en porta une à ses lèvres, qu'il alluma du bout des doigts de sa main libre tandis qu'il en proposait à Roman. « En premier lieu, il faut voir qui est avec nous. » Tous les Vainqueurs n'étaient pas capables de se battre ; le but n'était pas de les balancer dans des missions suicides pour faire sortir les insurgés de leur trou. De même, tous les Résistants n'accepteraient pas de s'exposer ainsi aux tirs ennemis. Quelques noms défilèrent dans son esprit, et il fut satisfait de noter que leur nombre se trouvait être relativement conséquent. « Il faut que ce soit des gens en qui on a une confiance absolue. Les enjeux et les dangers sont trop grands, on ne peut pas se permettre de douter des autres quand on y sera. Informer toute la salle de réception de cette entreprise, c'est prendre le risque que des traîtres préviennent les insurgés et on ne peut pas se permettre ça non-plus. Alors il faudra être discrets, même au sein de notre propre camp. »  Voire, propre clan, songea-t-il. Il n'avait pas confiance en Barjow, ni en O'Connors, qui étaient tous les deux des Flammes. Ca lui coûtait de le reconnaître, mais il n'avait même plus confiance en ceux qu'il considérait comme sa famille il n'y avait même pas si longtemps.

Deklan tira à nouveau sur sa cigarette ; il inhala la fumée, gardant le silence pour quelques secondes. Il s'était rassi sur son tabouret. Penser stratégie le forçait à se calmer, à réfléchir de manière posée. La colère ne le brûlait plus ; il se l'appropriait, il l'utilisait. « On n'aura pas besoin de les chercher partout, ils viendront d'eux-mêmes. Il suffit d'avoir l'air un peu vulnérables et ils s'engouffreront dans la brèche. On n'aura plus qu'à boucher la sortie, et ils seront faits. » il avait retrouvé un peu de hargne en prononçant cette dernière phrase ; sa voix ressemblait à un grondement. Rugissement latent. « Il faudra qu'on en garde quelques-uns, pour les interroger et localiser leur camp. A partir de là, on pourra mener des raids plus ou moins réguliers. Il faudra faire plusieurs groupes, pour qu'on puisse se relayer, ne pas leur laisser de répit. » Son regard dur rencontra celui de Roman. Son sérieux était absolu et sa détermination faisait trembler les murs. « Et ce sera à leur tour de se cacher en tremblant de peur. »


How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

HOMINUM REVELIO ϟ
Ҩ Re: Of This Burning Heart - Roklan Ҩ

Revenir en haut Aller en bas
 

Of This Burning Heart - Roklan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Grimoire Heart n'a pas besoin d'un cookie à la myrthille ( PV Nookie Minasa )
» Legend of the burning sands
» The way of the heart.
» Ces vérités étranges qui parfois vous traversent l'esprit
» ronon&logan ☍ « don't walk away when my world is burning »

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum