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 I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim

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Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 7:58


J'avais envie de mettre une image.
Mais je savais pas quoi.
J'ai donc réfléchi.
Et je me suis dit.
Ici, c'est l'antre de Finn.
Finn est ma vie, je suis Finn.

Finn, c'est probablement la seule chose que j'aime plus que Roman. lizzie /ZBAF/

Did there need to be violence at all ?

Petite table des matières pour les fainéants

ROMAN TATSIKOV
x La vie de votre personnage en tant que moldu
x Vous, dans l'univers d'AK
x Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie
x Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie (II)
x La mort de votre personnage
x Si votre personnage avait un enfant aujourd'hui
x Liste de cadeaux de votre personnage au Père Noël  
x Incarner le personnage d'un autre membre du forum - DEKLAN LEVSKI 

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my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.




Dernière édition par Roman V. Tatsikov le Ven 30 Déc - 8:53, édité 6 fois
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Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 797Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 7:59

All for a better life

All along, all along, your intention was to run
You couldn't be somebody else
You longed to be someone,
All your colours running off, and you feel it giving up
You couldn't be somebody else when the miracle came undone.

La vie de votre personnage en tant que moldu.

Il vivait une vie morne.

Il regardait les gens en se demandant comment ceux-ci menaient leur vie. Il leur aurait demandé des conseils pour faire de même, pour être comme tout le monde, parce qu’il avait l’impression d’être hors du lot, de ne pas faire partie du groupe.  Les femmes couraient sur les trottoirs en fouillant dans le fond de leur sac à main alors que les hommes ne cessaient de jeter un regard à leur montre, comme si l’heure allait changer à tout moment. C’était techniquement le cas, mais le jeune homme ne ressentait rien d’autre qu’une profonde lassitude. S’il avait eu un peu plus de contenance, il leur aurait probablement lâché un commentaire caustique. Malheureusement, il n’était pas vraiment à l’aise avec les gens.

Quand il montait dans le bus, il baissait le regard avant de se chercher une place assise. Son thermos dans la main, son sac entre ses jambes, il penchait la tête sur son épaule, se laissant envahir par les images de cette ville. Il aurait tellement aimé pouvoir prendre son envol et quitter cette cage qui le retenait. Ce monde était trop petit pour ses rêves. Mais il avait des chaînes qui le retenaient, alors il ne pouvait faire rien d’autre que de tourner en rond. Le petit oiseau criait, hurlait, pour qu’on le libère, mais les braves humains, prenant ce désespoir pour une chanson, ne le laissait jamais partir. Alors, il se lassait, se laissait lentement dépérir.

Il descendit du bus avant d’entrer dans l’académie. Roman faisait partie des meilleurs de sa promotion, mais cela ne voulait rien dire pour lui. Il avait passé toute sa vie à étudier. Son père avait été renvoyé quand il était jeune. Cette expérience l’avait marqué à jamais. Il avait pris conscience de l’importance de l’argent. Chaque dollar devait être bien investi, maximisé ; Roman l’avait rapidement compris. Il s’était fait la promesse de ne jamais devenir comme son paternel. Alors, chaque soir, il était penché sur ses livres. Sa mère plaisantait en lui demandant si son but était de rendre hommage à son prénom. Roman se contentait de sourire. Quand sa mère quittait sa chambre, il prenait son téléphone pour envoyer un message à ses camarades. Non, il n’irait pas à la fête de ce soir, il préférait se concentrer sur son avenir. La vérité, c'est qu'il n'avait pas assez d'argent pour s'acheter quoi que ce soit.

Une fois dans la classe, il posa son sac à terre, avant de sortir son ordinateur. Il prenait des notes rapidement. Efficace, il suivait son cours avec attention. Lorsque ce fut le moment de prendre la pause, il se sentit perdu. Parce qu’il sortait de son monde, Roman, ce monde où le travail comptait plus que tout. Roman ne savait pas quoi faire quand il ne travaillait pas. Il avait l’impression d’être improductif, de perdre sa vie.

Quand il ne faisait rien, la vision de sa mère malade venait toujours le hanter. Elle avait beau lui dire que tout allait bien, cela ne parvenait pas à dissiper ses doutes. Il avait trouvé un emploi dans un petit café, pour prendre soin d’elle, payer une partie des médicaments. Son gérant lui avait toujours dit qu’il n’avait pas le visage pour travailler dans la restauration. Roman se contentait de sourire, avant de continuer ses commandes. Il était communicateur, il souriait, mais pourtant, il demeurait une impression factice. On avait parfois l’impression qu’il se donnait un rôle. Il gardait son emploi, car il faisait bien son travail. La tête penchée sur les lattés, il les décorait avec patience et minutie. Parfois, des feuilles blanches décoraient les boissons, selon la saison, des cœurs ou des flocons. C’était dans ces moments que l’on pouvait voir son sourire, véritablement authentique.

Quand on lui parlait de ses ambitions, il disait qu’il voulait devenir avocat. Il adorait parler, il adorait s’exprimer. Ce soir-là, il arriva, la mine basse ; il raconta à son patron qu’il avait visé la présidence de son conseil étudiant. Il l’avait perdue, aux mains d’un autre. Ça n’aurait pas dû l’affecter, mais pourtant, il n’avait pas pu s’empêcher de se demander pourquoi. Il avait toutes les qualités pour accéder au pouvoir et pour représenter ses camarades. On lui en avait préféré un autre, qui aimait boire, qui aimait fumer, qui aimait les femmes, qui aimait la célébrité, qui se déclarait le roi de l’école. Une boule se formait dans l’estomac du blond, et il se força à sourire, pour oublier qu’il n’était qu’une blague, that the joke was on him.

Une fois qu’il eut fini son quart de travail, il retourna chez lui. Après avoir mangé, il monta dans la chambre de sa mère. L’embrassant sur le front, il déposa une enveloppe sur sa table de nuit avant de refermer la porte derrière lui. En faisant le moins de bruit possible, il entra dans sa chambre. Les murs étaient blancs, les couvertures aussi. Un livre trônait sur le bureau du jeune homme. Le prenant entre ses mains, il le regardait.

« Harry Potter et le Prince de sang-mêlé. »

Il rêvait lui aussi de devenir un prince. Il en avait marre de vivre dans la pauvreté et de devoir se battre pour que sa mère demeure bien portante. Il rêvait lui aussi de devenir un roi, comme ce président, qui lui avait volé son rôle, qui lui avait volé ses rêves. Il rêvait lui aussi d’avoir le pouvoir, d’avoir des pouvoirs, d’être un sorcier, de vivre dans leur monde. Ouvrant son ordinateur, le jeune homme s’installa devant une page Word. « Si j’étais un sorcier… » murmura-t-il.

Et il commença à écrire une histoire, dans laquelle il étudierait à Durmstrang, dans laquelle il serait le personnage principal. Il serait pauvre parce que ses grands-parents n’avaient pas voulu épauler sa famille, mais il ne travaillerait pas dans un café, il travaillerait au marché noir, pour sauver sa mère. Un sourire se glissa sur les lèvres du jeune homme alors qu’il tapait frénétiquement sur son clavier. Il ne serait pas président, il ne serait pas meneur, mais il n’abandonnerait pas, il reprendrait le pouvoir. Même si les gens ne l’aimeraient pas, ils comprenaient qu’ils avaient besoin de lui pour mener le clan à la victoire. Le jeune homme sourit. Il apprendrait la télékinésie – non, l’hypnose ! – pour parvenir à les convaincre.

Roman ne cessait de sourire, alors qu’il tapait sur son clavier. Accompagné seulement de l’orage grondant derrière lui, il se perdit dans un monde de force et de puissance, dans un monde de magie, où il était, dans un monde où il serait le seul roi, et où les gens l’aimeraient, où les gens l’aduleraient, où les gens le complimenterait, un monde de magie où il s'accomplirait.

(c) AMIANTE

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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 7:59

I shouldn't have said that

I'm not a little kid now
Watch me get big now
Spell my name on the fridge now
With all your alphabet toys
You won the spelling bee now,
But are you smarter than me now?
You're the prince of the playground,
Little alphabet boy.

Vous, dans l'univers d'AK.

Prim est une jeune fille comme on en voit rarement au sein du château bulgare. Calme et douce, elle porte souvent des tresses brunes qui tombent dans son dos ainsi que des collants pour cacher ses jambes. Elle se contente d’aller en cours, ne désirant pas s’impliquer dans les histoires de clan. Tout cela était beaucoup trop compliqué pour elle, de toute façon. Elle préférait étudier. Les lunettes sur le bout du nez, elle se dévouait à ses études, et si elle s’avérait exécrable dans les cours de potion et d’alchimie, elle avait un talent remarquable en histoire de la magie. Sans jamais se tromper, elle retenait toutes les dates et tous les moments importants par cœur. Son cerveau effectuait rapidement le tri. D’emblée, elle savait quelles informations étaient importantes et lesquelles ne l’étaient pas.

Si elle avait un talent, surtout, c’était celui de ne pas se faire remarquer. Silencieuse, discrète, elle passait dans les couloirs et entendait toutes les histoires. Sans porter le moindre tatouage, elle connaissait tous des clans. Elle connaissait l’instabilité des flammes et la soif de vengeance de la glace, la résolution des ombres et l’obstination de la foudre. Parfois, elle consignait ce qu’elle avait entendu, pour ne pas oublier. Assise dans un coin du château, elle se mordillait la lèvre, écrivait à toute vitesse. Plus tard, elle se servirait de ces informations afin d’écrire ses propres histoires. Prim, en effet, désirait devenir écrivaine ; les cours de magie noire ne l’intéressaient nullement. Durmstrang était simplement un exercice pour sa plume, avec des personnes si excessives qu’elles pouvaient se comparer à des personnages, à un moment ou à un autre.

Roman vint la voir un jour. « Je sais que tu sais tout. » Assise dans la bibliothèque, elle leva les yeux vers lui, passant la main dans ses cheveux, balbutiant un simulacre de réponse. Le jeune homme avait son sourire moqueur sur le coin des lèvres en lui proposant de travailler pour lui ; elle serait ses yeux et ses oreilles au sein de l’école. Elle ne pourrait pas avoir de l’argent, mais elle aurait une excuse pour nourrir ses histoires. Cela suffisait pleinement à la jeune fille qui rêvait de mettre un peu d’action dans sa vie. Ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait être une source d’information au marché noir ; elle accepta.

Roman ne tarda pas à connaître toutes les rumeurs de l’école et pouvait même créer les siennes par l’entremise de la jeune fille. Elle était efficace. Comme un fantôme, elle se cachait dans les coins de murs et notait tout ce qui lui tombait sur la main. Cependant, elle ne tarda pas à devenir… trop efficace.  

« Mais tu as fait un coup d’État ! » Il lui expliqua que c’était nécessaire pour que son clan puisse parvenir à ses objectifs et qu’il fallait bien faire le mal. Les gens lui seraient reconnaissants. Prim parut se contenter de cette explication. Elle ne tarda pas à revenir.

« Mais tu l’as fait avec une fille que tu ne connais même pas ! » C’était des choses qui pouvaient arriver, même avec une personne que l’on n’appréciait pas particulièrement et avec laquelle on n’avait jamais eu de réelle conversation. Prim ne semblait pas convaincue. Roman lui lâchait que l’on ne pouvait pas changer le passé. Il y avait des meilleurs moyens de perdre sa virginité, mais une première fois pleine d’amour, c’était un cliché de mauvais films pour adolescente.

« Mais tu l’as tué ! » Il serrait sa mâchoire, lui expliquant à toute vitesse qu’il n’avait pas eu le choix. Sa sécurité avait été menacée, elle avait essayé de l’attaquer à cause de la tentative de mutinerie. Prim réfléchit à toute vitesse avant de hurler. « Mais tu as trahi ton clan ! »

Roman mit sa main sur son front. D’un ton dans lequel on sentait parfaitement la colère et la haine, il la regarda. « Tu n’es pas obligé de parler aussi fort. » Elle se rendit compte que toutes les têtes s’étaient tournés vers eux. La bouche grande ouverte, la jeune fille fit un sourire forcé, dans lequel on ressentait profondément le malaise. « Oh. Pardon. »

C’est à ce moment-là qu’on se dit : « Une chance que Prim n’est pas dans l’univers d’AK ! » Parce que Prim, elle est trop honnête pour se retrouver dans un tel monde. Au moins, derrière l’écran, elle laisse le suspense durer, et ses personnages peuvent accomplir leurs petites magouilles sans être découverts trop rapidement.

Enfin, ça, c'est quand elle cafte pas tout sur Skype.

(c) AMIANTE

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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 8:00

Stand in the rain

So stand in the rain
Stand your ground
Stand up when it's all crashing down
You stand through the pain
You won't drown
And one day, what's lost can be found
You stand in the rain.

Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie.

Ceci n’est pas un texte narratif.
(Il n'y a pas de règle, alors j'abuse.)
(Mais il y a un fil conducteur, faites-moi confiance. I love you )

Cet après-midi, je pensais à ce que je voulais écrire pour une rencontre avec mon personnage dans la vraie vie. Je me suis imaginée de nombreux scénarios, humoristiques, pour la plupart. Roman et moi ne sommes pas du tout pareils. Au point où il cherche à briller, au point où je cherche à m’effacer. Dans la vraie vie, je ne suis pas vraiment passionnante. Je fais des études de droit, je suis passionnée de lecture et d’écriture, je porte des lunettes, je passe des longues heures à me taire. Ça me fait mal de le dire, mais je suis le cliché classique de l’élève modèle. J’étudie ; après les cours, je travaille. Je frotte des lunettes, je frotte, je frotte, je frotte ; comme Cendrillon, je frotte jusqu’à ce que le soir vienne.

Une fois dans ma chambre, je ferme la porte, j’ouvre mon ordinateur et je m’installe. Là, je le sais ; la nuit m’appartient. C’est dans ces moments d’écriture où je sens la présence de ma bonne fée, que je sais que je serais ce que je désire, le temps de quelques heures. Dans un certain sens, je deviens une princesse, moi aussi, jusqu’à ce que le matin ne revienne et me transforme en citrouille.

Mais je deviens plus qu’une princesse ; je deviens ce que je veux, je ne suis limitée que par mon imagination. Certains personnages laissent des traces superficielles, mais d’autres marquent à jamais. C’est quelque chose que les gens qui n’ont pas écrit ne comprendront jamais. Les voir évoluer nous permet de progresser en tant que personne. En écrivant des histoires, en les liant à d’autres personnes, on prend conscience des possibilités, mais surtout, on apprend à voir au-delà des apparences.

J’écris sur des forums depuis l’âge de onze ans. Dans un coin de mon cœur reposent une bonne lignée de personnages, aussi variés les uns que les autres. J’en ai joué des personnages ; des expériences de laboratoires, des scientifiques, des malades mentaux, des rêveurs, des écrivains, des jardiniers, des rebelles, des personnages de série. J’ai mené des guerres, dirigé des batailles, réussi des missions, amené mon équipe à la victoire, sans quitter les confins de ma propre chambre. Tous ces personnages m’ont permis de voir une nouvelle facette de ma personnalité, d'apprendre à mieux me connaître, car chacune de mes interprétations allait me chercher dans le fond de mon coeur.

Je suis tombée sur ce forum en cliquant de partenaire en partenaire, c’est un peu par ennui que je suis passée par les postes vacants. Ludmila était mon premier coup de cœur, mais le courant ne passait pas. J’avais commencé la fiche, mais je me suis rapidement détournée vers un autre personnage, qui me faisait de l’œil, mais qui me faisait peur : un jeune homme qui n’avait que des liens tournant autour de la haine et du mépris. La joie pour s’intégrer, je vous jure. La responsabilité de meneur me faisait peur, mais je me suis dit que je n’avais rien à perdre, au pire des cas, je n’aurais qu’à déserter.

Si on m’avait dit tout ce que je gagnerai, je ne l’aurai jamais cru.

Je n’ai jamais joué de personnage aussi confiant et aussi ambitieux que Roman. Il m’a permis de voir qu’une personne ne se résumait pas seulement à ce qu’elle paraissait. Il me ressemble dans sa sévérité, dans sa rigidité, mais aussi dans son calme, dans son acharnement. Roman est une personne qui a toujours travaillé pour obtenir ce qu’il désirait. Il est intelligent, il est meneur, il est hypnotiseur, mais il n’a jamais rien eu sans se battre. Il est humain, terriblement humain, un peu comme moi, dans le fond.

J’ai eu un parcours scolaire difficile ; j’ai fait des études internationales en sciences de la santé avant de me rendre compte que ce n’était pas pour moi. Un de mes professeurs m’a dit que je ferai mieux d’oublier tout programme contingenté quand je voudrai aller à l’université, parce qu’aucun d’entre eux ne m’accepterait. J’avais des notes trop basses, je ne faisais pas assez d'efforts, ce serait mieux de tout lâcher. J’aurais pu pleurer, mais je suis sortie du bureau en me demandant ce que Roman aurait fait. Je savais qu’il ne se serait jamais laissé atteindre par les propos d’un tiers ; il aurait fait taire les mauvaises langues. Je me suis donc remontée les manches et j’ai travaillé, j’ai travaillé extrêmement fort. C'est avec fierté que je peux affirmer avoir été acceptée dans la meilleure faculté de droit du pays ; je peux vous dire que la professeure qui a voulu me blesser a regretté chacune de ses paroles. Dans un sens, je suis revenue au pouvoir, moi aussi, j’ai repris la couronne qui m’appartenait de plein droit.

Roman m’a permis de voir que j’étais capable d’accomplir de grandes choses. Je me sous-estime beaucoup, mais mon personnage m’a permis de trouver, au fond de moi, une contenance que je ne pensais pas avoir. Grâce à lui, j’ai appris à aller vers les autres et à prendre conscience que je ne devais jamais abandonner, que je devais avoir confiance en moi. Même si je ne suis pas aussi indépendante que lui, j’apprends à ne plus me laisser marcher sur les pieds. Je suis une reine, moi aussi, et que les gens me défient dans l’arène ; ils ne savent pas de quoi je suis capable.

Je ne sais pas si je vais avoir des points pour ce texte parce que je viens de raconter toute ma vie, mais je m’en fiche totalement. Si je devais rencontrer Roman dans la vraie vie, je pense que je lui ferai un câlin. Sur la pointe des pieds (je mesure moins d'un mètre soixante, c'est pour vous dire), je passerai mes bras autour de sa taille, je poserai ma tête sur son épaule, et je lui dirai : « Merci. » Merci d’avoir été là dans ma tristesse, dans ma joie, dans ma colère. Merci d’avoir été présent quand personne ne l’était. Merci de m’avoir appris à ne jamais douter de moi. J’ai du chemin à parcourir, mais la route n’est jamais longue aux côtés d’un ami. Roman est devenue une partie de moi.  

Si je devais rencontrer Roman dans la vraie vie, je lui ferai un câlin, je le remercierai, mais ensuite je le tirerai par l’oreille avant de le réprimander. Ce n’est pas en tuant des gens que l’on résout des problèmes. C’est en leur montrant le tonnerre, en leur pointant l’éclair, en leur soulignant l’orage, en leur faisant sentir la rage, en leur montrant que l’on n’est pas nés de la dernière pluie, que l’on restait debout et que notre rage devenait du courage.

(c) AMIANTE

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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 8:00

Long live the king

La mort de votre personnage.

Tatsikov.
Roman Tatsikov.
Roman Vukola Tatsikov.

And who are you, the proud lord said,
that I must bow so low?

Les voix hurlent, rappellent le prénom, le pouvoir non légitime, l’usurpation, la puissance des piliers de sable, l’écroulement prématuré, la chute de l’empire. Il place ses mains sur ses tempes, hurle à en déchirer les cordes vocales, à en abîmer les tambours de guerre. Rideau de dentelle, la robe que ne porterait jamais sa fiancée, les rêves de descendance inavouées, le royaume qui part en fumée.

Only a cat of a different coat
that's all the truth I know

Différence dans les veines, dans les ruisseaux, dans les sources, dans la magie irriguant les armoiries. Le cadavre pleure, fixe le plafond, les limites de son pouvoir, le bras ne pouvant atteindre les étoiles. La bouche est entrouverte, la porte de son domaine, les saints seront canonisées, les odeurs d’encens perceptibles au travers des milles éclairs.

In a coat of gold or a coat of red
a lion still has claws

La servante, la femme, prend une seringue dans un tiroir, la presse pour la tester. Pauvre enfant ! il n’aura jamais eu le temps de tester, son royaume ne reviendrait à personne, son empire mourrait avec lui. L’homme, majordome, prend des notes. Droit, il ne le regarde pas, il ne le fixe pas. Domestiques gravitent dans le laboratoire comme les pierres cerclent la couronne, mais personne ne prend conscience que le roi est encore en vie. Le monarque tente de bouger son bras, mais rien ne fonctionne, la machine est déréglée, le divin tremble, il sait que la révolution est proche, que la tête serait tranchée.  

And mine are long and sharp, my lord
as long and sharp as yours

La lumière se fait forte, envahit sa rétine. Il est soulagé ! la domestique a remarqué ses pupilles dilatées. Divin humain, la puissance coule dans ses veines, embarrasse ses mains, embrasse ses lèvres au goût d’or, au goût d'encens, au goût de myrrhe.

And so he spoke, and so he spoke
that Lord of Castamere.

Servante approche, le rassure, passe la main dans son cou, monte sur son oreille, caresse ses cheveux sales, s’enfonce dans son crâne, comme les flèches des parties de chasse. Le sang coule, poisseux, chaud, humide, transsubstantiation, le tablier devient uniforme. L’infirmière s’approche du prince, elle lui chuchote. « Crois-tu que nous ne savons pas que tu es réveillé ? »

But now the rains weep o'er his hall
with no one there to hear

Un couteau enfoncé dans le cœur, pour capituler, hache de guerre enterrée dans les entrailles du vainqueur, dont on n’a pas découvert le secret. Air béat, rêveur, le monarque fixé dans un cadre de verre, par une aiguille, mais incapable de s’envoler, les ailes massacrées, le rêve d’indépendance éclaté.

Yes now the rains weep o'er his hall
and not a soul to hear.

(c) AMIANTE

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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 8:00

The devil may cry

The light will shine through the rain
And heaven will hear them call your name
And home will feel like home again.

Si votre personnage avait un enfant aujourd'hui.

« Dépêche-toi. » Roman farfouillait dans le placard à la recherche des chaussures de son enfant. Il ne les trouvait pas. Au milieu des souliers et des chaussures à talon, il avait l’impression de chercher une aiguille dans une botte de foin. Il détestait le manque d’organisation, mais on dirait que cela devenait monnaie courante dès que l’on était plus que deux personnes dans une même maison. Il entendit des cris. Sortant précipitamment du placard, il se cognait la tête contre la porte. Marmonnant un juron, il regardait son enfant pleurer à chaudes larmes. Il pleurait à chaudes larmes, sanglotait : « Je ne veux pas à l’école avec les Moldus ! Maman ! Papa n’a pas le droit de m’y envoyer ! »

Roman eut un moment d’arrêt ; il connaissait ces mots pour les avoir lui-même prononcés quand il était jeune. Son propre père avait voulu l’envoyer dans une école avec des personnes qui n’avaient pas le moindre pouvoir magique. Roman n’avait pas voulu ; il l’avait vue comme une trahison, cette éducation qui n’était pas approprié pour un enfant au sang pur. Pourtant, c’était le plus beau cadeau que son père n’avait jamais pu lui faire. Il avait donc trouvé cela légitime d’offrir cette chance à son enfant. Ce dernier avait un sang mêlé ; il devait apprendre à connaître l’autre monde, à savoir comment les gens normaux se débrouillaient sans magie. Car le monde moldu était un monde authentique, un monde où on fabriquait tout soi-même, un monde où on se confrontait à des limites, qu’on appréciait véritablement ce que l’on pouvait avoir.

Il allait être en retard au travail, mais l’homme ne s’en souciait nullement. Il avait appris à établir ses priorités, compris que la carrière n’était pas ce qu’il y avait de plus important, que le pouvoir devait faire place à la compréhension. Roman se mit à la hauteur de son enfant. Le contraste était amusant, mais il avait toujours eu un respect envers son interlocuteur, quel qu’il soit. Avec douceur, le blond le rappela à l’ordre : « Tu as le choix. » Roman avait mis ses mains sur les épaules de son fils, en lui souriant ; il était devenu un homme droit et fier. Comme tout le monde, il avait fait de nombreuses erreurs dans sa jeunesse, mais il les avait comprises, il avait su en tirer profit. Le tatouage dans son dos lui rappelait que l’important n’était pas d’où on venait, mais où on allait. Au final, on parvenait à trouver son chemin, même au travers des mers les plus agitées.

« Tu as toujours le choix. » Roman regardait son enfant, il lui ressemblait terriblement, mais il avait la douceur farouche de sa mère. Les cheveux bruns étaient en bataille, cerclés de larmes, les yeux bleus brillaient. Roman sortit un mouchoir de sa poche avant de les essuyer. Avec délicatesse, il lui rappela le but de la procédure. « Tu vas aller à l’école pour apprendre et te faire des amis. Ce sera mieux que de rester à la maison. Un grand sorcier doit apprendre à respecter ceux qui ne le sont pas. Car ce n’est pas le sang qui a de l’importance. » Roman mit son doigt sur le torse de son enfant, de façon à pointer le cœur. « C’est ça. » Il fallait qu’il le comprenne rapidement pour ne pas se faire des fausses idées sur le monde qui l’entourait. Si on estimait les gens par la valeur du sang, on passait à côté d’une vie. Bon nombre des meilleures connaissances de l’ancien meneur avait un sang moldu ou mêlé. Roman se releva et prit le manteau de son enfant sur un crochet. Il l’aida à l’enfiler. Un peu maladroitement, mais l’intention y était : « Habille-toi, on va être en retard, et je ne veux surtout pas qu’Edgard l’apprenne. Il m’a offert une montre moche, l’an dernier, je ne veux pas surtout qu’il me dise que je ne l’ai pas utilisée. » Edgard Lennox était ce que l’on appelait un spécialiste des objets mesurant le temps, mais l’appellation était trop éloquente pour les horreurs qu’il fabriquait. Roman conservait sa critique pour lui ; il savait que son beau-père avait vécu des temps difficiles. Au moins, le passé était derrière eux, il était guéri maintenant ; fini les visites à Sainte-Mangouste. La magie de l’Ox avait complété la guérison, plus efficacement que n’importe quel sortilège.

Le gamin cessait de s’habiller, outré devant l’honnêteté de son père (s’il savait que ce dernier avait fait une tentative de mutinerie, admis devant le clan entier avoir pris le pouvoir afin d’accéder à ses propres fins, menacé sa co-meneuse de l’évincer, toute la franchise que son paternel pouvait avoir, il en serait bouche bée.) Avec les sentiments, l’outrage, propre à un enfant de six ans : « Mais Papa, c’est un cadeau ! » Roman fronça les sourcils.  « Oui, mais il n’est pas beau ! » « Mais c’est un cadeau, donc tu dois le porter ! » « L’école moldue, c’est un cadeau aussi, donc tu dois y aller ! »  Le gamin fit la moue, avant de prendre son sac à dos sur ses petites épaules. Laissant son balai-jouet dans l’entrée, il descendit les escaliers afin de monter dans l’autobus jaune. Jetant un dernier regard à son père, il monta dans le véhicule avant de disparaître, dans un coin de la rue. Roman poussa un soupir de soulagement, refermant la porte d’un coup de baguette. Mine de rien, la magie avait aussi ses avantages.

Atanasije Tatsikov sortit de la cuisine. Dans sa robe de chambre, un café à la main, il avait un petit sourire sur ses lèvres usées. « Leif te ressemble beaucoup. » « Pas trop, j’espère. » Roman plaisantait ; il tendit les bras vers son père avant de le serrer contre lui. Il marmonnait, presque comme s'il recherchait l'approbation de l'être qu'il s'était tant borné à détester. « Il fera mieux que moi. » Leif, après tout, avait la chance de bénéficier des enseignements de grands hommes. Il tenait son prénom d’un des professeurs qui avaient permis à Roman de s’épanouir, de prendre confiance en ce monde, mais il tenait son nom de l’homme qui l’avait forcé à aller à l’école moldue, qui l’avait aidé à construire sa force, des années auparavant. « Tout ça, c’est grâce à toi. » Roman se dégagea de l'étreinte. Il parut chercher ses mots, mais les trouva finalement. Ils étaient simples, ils étaient rares dans sa bouche, mais il les pensait, avec plus de sincérité que jamais auparavant. « Merci… Merci, Papa. » L’indépendance était bien belle, mais parfois, elle ne suffisait plus. Il le n’avait jamais compris, il n’avait jamais compris l’importance de la famille, avant d’avoir la sienne, tout près de lui.

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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Dim 25 Déc - 8:33

a time of wonder

Liste de cadeaux de votre personnage au Père Noël  

Jingle bells, jingle bells, jingle all the way.
Oh what fun to kill someone, and end up in jail.

Cher Père Noël

Que nous mettions les choses au clair dès le départ : je déteste cette fête et je ne crois pas en vous. Prim veut que je vous écrive cette lettre parce qu’elle dit que ce sera amusant, mais honnêtement, que signifie Noël mis à part sacrifier des dindes et fêter une résurrection. Je ne vous ferai pas un dessin, mais il y a des gens que je préférerais qui restent morts : les revenants, dont cette folle de Freya, mais aussi Nikolas. Et le fait que vous vous appeliez Saint-Nikolas Saint-Nicolas demeure une horrible blague que je ne trouve pas vraiment drôle.

Cependant, comme les loisirs ne sont pas nombreux quand on est enfermé dans une salle commune où tout le monde est en train de chanter des chansons de renne qui vous donnent envie de vous arracher les cheveux, je prends un peu de mon temps pour vous écrire cette lettre. Ainsi, les gens pensent que je suis occupé et personne ne vient me déranger. Par contre, je ne sais pas trop quoi vous demander. On a perdu contact depuis plusieurs années, vous et moi.

Premièrement, j’aimerais que ma mère aille mieux. Ça fait des années qu’elle est malade et même si je ne le dis pas souvent, j’ai l’impression que tout ce que j’ai fait ces dernières années n’a servi à rien. C’est pour elle que j’ai commencé le trafic au marché noir. Pour lui payer ces putains de médicaments. Parce qu’elle s’épuise. Parce que ses parents ne veulent plus d’elle, tout comme les parents de mon père. J’aimerais qu’elle puisse se lever, qu’elle puisse profiter de la vie, qu’elle puisse profiter de Belgrade. Parce que vous savez, je ne reviendrais probablement jamais à la maison. Pas parce que mes rêves sont ailleurs, mais parce que tout est plus risqué que jamais et que peut-être, je mourrai demain. Je veux que ma mère cesse de s’inquiéter pour moi, car c'est à cause de moi qu'elle est dans cet état.

Ensuite, j’aimerais bien savoir comment j’ai pu tuer une personne et que personne ne soit au courant. J’ai demandé à Prim et elle m’a dit qu’elle s’occupait de tout cela. Quand Prim dit qu’elle se charge de quelque chose, ça ne finit que rarement bien et franchement, ce n’est pas rassurant. Je comprends qu’il y ait des trous dans l’histoire, ces communs « plot holes », mais si une personne meurt et que personne ne s’en rend compte, c’est que l’on a atteint un nouveau seuil de gravité. Mais ce n’est pas grave, puisqu’apparemment « Primou est sur le coup. »

Par après, j’aimerais aussi me débarrasser d'Arsenic de façon permanente. Ce type me tombe sur les nerfs. Prim est en train de râler parce qu’elle dit que l’on est faits l’un pour l’autre et qu’elle nous « shippe » trop, mais les seuls ships que je connais sont les bateaux et je fais couler les bateaux et les larmes. Là, elle est en train de rouler les yeux. Je vous parle d’une joueuse. Je la préférais quand elle pleurait sur ses notes de cours, au moins j’avais la paix.

J’aimerais aussi ne plus jamais revoir mon père. Vous pourrez me dire que c’est injuste et je ne vous blâmerai pas. Mais parfois, je me dis que si mon père n’avait pas perdu son travail, je ne serai jamais devenu que je suis présentement. Si mon père n’avait pas été là, je n’aurais pas eu autant besoin de ce pouvoir. Peut-être que je ne serais jamais allé à la recherche de l’Ox. Peut-être que je ne serais pas dans cette salle de réception, mais à la maison, en train de manger de la dinde et me préparer à ma dernière année de scolarité. Je n’aurais pas eu ce poste de leader européen, mais j’aurais eu un poste de fonctionnaire en Serbie, voire même en Bulgarie ou en Russie, j’aurais eu ma famille, mes enfants et j’aurais été heureux. Nos choix nous forgent, mais j’ai l’impression que dans mon cas, ce sont les choix de mon père qui m’ont forgé. Toute cette histoire, toute mon histoire, elle se base sur les erreurs d’un seul homme. Prim, elle me dit parfois que j’ai des qualités, même si je ne le vois pas, que je suis ouvert d’esprit, que je travaille fort, que je veux atteindre mes buts, même si je n’utilise pas toujours les bons moyens. Si on vise haut, on peut atteindre les étoiles, mais moi, je n’ai atteint rien d’autre qu’un ciel noir, je me suis pendu dans les astres d’un autre. Si je devais tuer à nouveau, je tuerais cet homme qui, en me donnant la vie, me l'a enlevée en même temps.

J’aimerais aussi que Prim se sorte cette petite idée embryonnaire de son esprit, car depuis le début des vacances, elle est en train de faire un sourire diabolique en écrivant sur ses versos de facture au boulot. Elle a un plan en tête et comme d’habitude, qui va se prendre tout le blâme ? C’est moi, encore. D’ailleurs, elle est en train de planifier avec un autre membre que je me prenne une droite, et moi je dois faire semblant que je ne suis au courant de rien. C’est beau le respect.

Père Noël, je ne pense pas que ce soit le genre de vœux auquel vous vous attendiez. Quand on est jeunes, les choses que l’on désire sont souvent matérielles, mais quand on grandit, on se rend compte que l’important n’est pas dans les possessions. Les gens pourraient croire que je veux de l’argent ou des richesses, mais je ne veux rien. Je ne veux pas de couronne et je ne veux pas de diamants. Ce que je veux, pas même vous, vous ne pourriez me le donner. Ce que je veux, c’est laisser ma trace, c’est de l’audace, c’est de la reconnaissance, peut-être. Le problème entre nous deux, ce n’est pas que je ne crois pas en vous, ce n’est pas le prénom que vous portez, mais c’est plutôt que je crois en moi. Avoir ce que je désire qu’une fois par année, ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi je dois travailler aussi fort, Père Noël. S’il n’y a pas d’étoile dans mon ciel noir, alors c’est à moi de briller.  

Je ne peux pas vous laisser d’assiettes de biscuits au raisin, cette année, comme je le faisais à la maison, ni de grand verre de lait. Je sais aussi que je n’ai pas été particulièrement sage cette année, que j’ai trahi, tué, volé non ça c’est les Icebergs et ce foutu journal, usurpé une position qui n’était pas la mienne, mais peut-être que la sagesse, quand on est adulte, elle prend une forme différente, que c’est simplement apprendre à reconnaître ses fautes. Après tout, si vous avez une longue barbe blanche, n’est-ce pas que vous avez été vous-même particulièrement sage ?

Je vais arrêter cette lettre ici, le devoir m’appelle, en attendant je vous souhaite mes meilleurs vœux.

À la prochaine,

Roman Vukola Tatsikov.



**BONUS : Comment j'imagine Roman chanter ses chansons de Noël.

JOYEUX NOËL À VOUS MES POUSSINS ! JE VOUS AIME FORT FORT FORT, PROFITEZ DE VOS PROCHES, DE VOTRE BOUFFE, DE L'AMOUR, ON SE REDIT À TRÈS TRÈS VITE.      
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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Lun 26 Déc - 10:41

You got me looking
so crazy right now

Incarner le personnage d’un autre membre du forum 


Avant de commencer :
GROS DISCLAIMER PARCE QUE JE NE SUIS PAS DEKLAN (merci de nous prévenir meuf, personne n’était au courant :schei: ). J’ai écrit ce truc parce que je me suis toujours demandé ce que cela ferait de ne pas avoir un Deklan Bisounours, alors voilà, j’ai mis ma patte, bien évidemment, tout ce que je touche se transforme en monstre, rien de cela n’est réel, et une chance bordelou, même moi, je pouvais pas, sérieux Coco, choisir des personnages comme ça, ça va pas la tête.   Dans tous les cas, j’espère que ça vous plaira, c'était franchement difficile à écrire, j'ai pleuré à la fin, enfin voilà, voici la bête, sinon, ouais, joyeux Noël.  


Got me hoping you save me right now your kiss
Got me hoping you save me right now
Looking so crazy, your love's got me looking
Got me looking so crazy in love.

L’aristocrate, il se pavane dans les murs du château comme si tout lui appartenait. Il a le sourire suffisant, il fait un signe de la main à ses camarades dans les couloirs, mais il ne leur fait pas confiance. Ils sont mauvais, ils sont menteurs, ils font semblant d’être son ami, mais ils n’hésiteront pas à lui planter un couteau dans le dos au premier indice en faveur du clan, au premier signe de supériorité en faveur des flammes. Le meneur, il les méprise, ces faux visages, presque autant qu’il ne méprise sa propre famille, ses parents qui sont si fiers d’une richesse qui ne leur appartient pas, son frère qui a eu pour seul mérite de naître en premier et d’avoir l’héritage.

Il ne s’en soucie pas, que son aîné prenne tout l’argent, lui il ne veut pas suivre le même chemin, il est différent, il l’a proclamé devant les invités, devant les parents, devant le frère prodige. Couteau relevé, malice malsaine dans le fond du cristallin, dans le fond de l’iris, il avait pris des cours d’alchimie, tout ce qu’il touche se transforme en or, surtout elle, surtout sa petite amie, elle était si chanceuse de l’avoir.

Deklan, il avait aussi choisi la magie noire, parce qu’il la trouvait fascinante, parce qu’il était le danger, parce qu’il aimait jouer le feu, et c’était dans ses moments de liberté que les dragons lui ouvraient leur monde. Pourtant, Deklan, il dit tout cela avec politesse. Il essuie sa bouche avec le revers de la serviette, complaisant, courtois, bien élevé, tout comme elle dans le parc aux pierres précieuses, sans se douter qu’elle était sa plus belle richesse, sa plus belle réussite. Deklan, il connaît les gens, il connaît les ficelles, il connaît la façon dont il faut les tirer, il connaît même la façon dont il faut les tirer pour ne pas s’en tirer, lui, témoin ultime du meurtre le plus sacré, du meurtre fait pour lui.

Il regarde avec plaisir la veine palpiter sur le cou de son paternel en espérant qu’elle explose, pour se faire recouvrir de ce sang qui est le même que celui qui coule dans ses propres veines, de ce sang qui est si parfait, parce qu’il est le sien. Les politiques sorcières et les relations internationales ne l’intéressent pas, le monde tourne autour de lui. Les gens sont pendus à ses basques ; il le sait, il est populaire, il est aimé, il ne répondrait aux attentes de personne, il vivait pour lui et seulement pour lui.

Il marche dans cette école comme si ces murs lui appartenaient, car il n’est pas aussi raté que ses parents ne l’admettent, même si malheureusement pour eux, il n’est pas aussi raffiné. Il pousse la porte de la taverne en lâchant un hurlement animal, brutal, primal. Acclamé, les gens se tournent vers lui, lui répondent en levant leurs verres, plus haut, plus haut pour moi, plus haut encore, ne vous arrêtez pas, ne vous arrêtez jamais. Beau parleur, charmeur, mais le cadet de la richesse hongroise, même s’il affirme sa différence, il porte toujours la chevalière de la famille, il est arrogant, il expose tout ce qui lui appartient, tout ce qui le fait briller, la flamme, elle ne se soucie pas si elle accapare l’air des autres personnes. Il chasse du regard une personne parce qu’il veut ce banc-ci et aucun autre banc. Il n’a pas à parler et la personne se tasse. Il se laisse choir sur le tabouret en demandant un verre. Dernier Levski dans les murs de Durmstrang, il veut qu’on se rappelle de lui.

Que le nom de Demyan soit à jamais incendié.

Il est aimé de son clan, le bagarreur, même si son visage a encore les traits du gamin bien nourri, il est accessible, un ami lui fait une grande accolade qui lui brûle le dos, mais Deklan conserve le sourire, même s’il ne ressent rien. Il fait un sourire, il invite son camarade à s’asseoir, il lui paie un verre, non sans lancer la pièce dans les airs, comme cela, pour le plaisir de ce qui brille, pour le plaisir du spectacle. Trop beau pour avoir l’air vrai, certaines personnes sont méfiantes, mais il ne les réunit jamais dans la même pièce, il les prend à part et il leur montre sa beauté, une insulte se perd, mais il les embellit, et la demoiselle tombe entre ses bras. Il l’embrasse, il l’emmène dans un lit, de quelques coups de reins, le mal se fait oublier, et le lendemain, il revient avec ses conneries, avec un sang plus chaud que le feu lui-même. Deklan, il fait le gamin avec ses farces, ses pitreries, mais il guide l’œil, il guide l'iris, il est un manipulateur hors du commun. Le bonheur prend pour lui la forme du lynx, le chat doux, mais cachant une grande menace, et tout comme l’animal, il a ses propres pinceaux, pour modeler la personne à ses désirs.

C’était dans cette taverne qu’il avait célébré sa nomination en tant que meneur. Deklan avait tout du caractère du feu. Sociable et chaleureux, il ne faisait jamais les choses à moitié. Sans passer ses nuits à chercher l’Ox, ses recherches étaient courtes et efficaces. Il voulait être grand, être fort pour les membres de son clan qui lui étaient plus chers que sa propre famille. Pour eux, le nouveau Prométhée, il leur apporterait le savoir divin tant recherché.

Il avait rencontré Iris ce soir-là, cette jeune femme si douce, si belle et si charmante qui avait le visage constamment tourné vers lui. Il avait aimé les cheveux dorés qui venaient entourer ce visage d’ange. Pendant des heures, il avait offert des boissons afin de se rapprocher de la demoiselle. La main se glissait sur la cuisse pour remonter et elle le fixait de ses grands yeux dans lesquels il pouvait voir son reflet. Il était toujours aussi beau. Il lui donne son verre, il la regarde boire, il imagine sa chaleur se répandre au travers de son corps, elle est mienne, elle ne porte pas mon sceau, mais elle est mienne. Elle annonce qu’elle doit quitter, mais il a ce sourire en disant qu’ils se reverraient, en concluant sur le ton d’une évidence. Il consume tout, Deklan, il est un incendie, un feu de forêt, mais en même temps, il éteint toute forme de lumière, il confine les gens à la noirceur, il tient plus du bûcher, dans ses mots malins, il emprisonne. Il s’était fait la promesse, Iris ne brillerait que pour lui.

Il a tout fait, finalement elle est devenue sienne, elle le regardait comme s’il n’y avait personne d’autre. Il avait toujours voulu ce regard, le jeune homme, le regard que ses parents avaient envers son frère, et qu’il pouvait maintenant voir au travers des yeux de la blonde. Elle lui offre tout, mais elle ne se doute pas que rien ne pourra apaiser le brasier dans le cœur du jeune homme. Son innocence, son amour, la chandelle vacille, rien ne fait long feu, son âme n’y échappera pas.

Il joue avec elle, il joue avec son cœur, il aime le risque, il aime lui faire mal et la guérir, il est indispensable. Il rit de son âme consumée, il est un Flamme, mais pour elle, il est son Soleil, elle ne peut pas vivre sans lui. Iris se détourne de Dragomir, de ce frère qui l’a abandonné. Deklan se fait compréhensif, il entoure la jeune fille de son bras, il dépose un baiser sur le front pâle. « Moi, je suis là, Iris. » Ces mots ont un étrange goût de condamnation.

Deklan fait tourner l’alcool dans son verre et penche la tête vers l’arrière pour le boire d’un trait. Il ferme les yeux alors que la chaleur se répand dans son corps. Il est accro à cette sensation. Il est accro à ce clan qui le fait vivre plus que sa propre famille. Il a charbonné son âme, le puissant, tout passera bientôt au crématoire. Un membre de son clan arrive en courant. « Deklan ! Le Pavillon Cristal ! » Il pose le verre sur le comptoir pour ne pas le briser parce que Deklan ne brise pas les gens, il court derrière son camarade pour le suivre dans le parc lumineux.

Il arrive et découvre finalement le corps pendu de sa petite amie. Le visage est cerné et émacié. Plutôt que de le fixer, elle regarde le sol en tanguant sous les assauts du vent. La lanterne est morte, la divinité aussi. Le jeune homme avale de travers sans perdre sa contenance. Il est atteint, mais il affiche pourtant un grand calme. Il est ainsi, il est calme, intelligent, déterminé, tout comme la jeune fille qui s’était immolée pour lui, il était le mélange parfait des flammes et de la glace. Il prend une voix rauque pour briser le silence, il calcule le moment afin de ne pas vendre la mèche : « J’ai besoin d’être seul. » Les curieux le fixent, peu habitué à ce que le meneur ne soit aussi ferme, aussi tranchant, aussi glacial. Peu le savent, mais Deklan est furieux ; elle n’avait pas le droit de mourir sans qu’il ne lui accorde la permission, elle vivait pour lui, elle vivait comme vivait un phare, simplement pour lui rappeler sa propre existence, comme un point de ralliement dans les nuits noires qu’il n’utiliserait que pour ses propres besoins.

Seul face au corps pendu, il crache par terre avant de sortir de sa poche une boîte à cigarettes. En mettant une dans sa bouche, il l’allume d’un briquet, parce que le geste est  beau, parce que le geste est noble, plus noble que la famille hongroise elle-même. Il aurait aimé des allumettes parce qu’il brûlait aussi les têtes de ses conquêtes. Il a presque du regret quand il prononce les mots, mais tout est feint, tout est toujours feint avec Levski : « Tu as toujours été mienne, Stoyanov. » C’est ce qu’il dit au cadavre, à la femme suspendue entre ciel et terre, un peu comme dans leur relation, si elle s’était ouverte à lui, elle aurait pu avoir accès au septième ciel, mais elle le lui refusait constamment, alors il n’avait d’autre choix que de regarder ailleurs.

Il prend sa main et remarque les cicatrices sur les avant-bras. Il les connaissait, il les trouvait belles, aussi belles que les hurlements de désespoir quand Iris tentait de faire durer la relation, quand il lui faisait miroiter la douloureuse idée de rompre. Il n’était pas responsable de ce qui lui était arrivée, peu importe si on disait qu’il devait prendre soin d’elle. Elle avait cru être dans un rêve, elle avait toujours été suspendue à ses lèvres, mais maintenant, elle était suspendue tout court. Il se dit que c’est amusant, maintenant, elle n’a ni la Terre, ni le Ciel, elle est au Purgatoire pour purger sa peine, mais surtout, pour purger toute la peine qu’elle lui a fait.

Il retire la cigarette de sa bouche pour recracher la fumée à la face de la jeune femme. Il lui avait fait chaud au cœur, il l’avait aimée, il était si bon de l’avoir aimé, il avait été attentionné, il lui avait même offert sa chevalière en lui disant qu’elle était son unique famille, mais elle avait joué avec le feu, elle n’avait pas été assez forte pour lui, elle avait pensé que tout s’arrangerait, mais elle n’avait pas compris que le jeune homme n’était pas sincère, que le jeune homme avait deux personnalités.

À vrai dire, personne ne les connaît, Deklan, il se soucie de la femme un jour, le lendemain, il se retrouve dans d’autres draps, et elle a continué de s’accrocher Iris, et de s’accrocher, et de s’accrocher, et elle est morte accrochée. Il lui dit qu’il l’aimait, mais il avait des besoins et des désirs, il était un homme, et elle devait le comprendre, chaque fois qu’elle tentait de se soustraire aux attouchements amoureux. Il ne faisait pas exprès de la tromper.

Il finit sa cigarette, il l’écrase du pied et il avance vers la demoiselle. Il prend sa main, il reste immobile un moment, pour la beauté du spectacle, il l’embrasse, mais n’importe quelle personne attentive aurait remarqué que Deklan n’avait pas embrassé la main, mais bien la chevalière. Il n’aimait personne d’autre que lui, cela se sentit dans les mots : « Tu es mienne, Stoyanov. » et les mots, ils dévoilent un bourreau, ils dévoilent un masque sur le visage tendre aux boucles brunes. Deklan part, le mégot de cigarette fait office d’unique cierge.

Personne ne se souvient de l’incident, aucune preuve ne montre que le meneur est coupable. La vérité, c’est qu’il ne se sentira jamais coupable. Personne ne se souvient, on oublie l’aura dangereuse pour se plonger dans l’aura attirante, mais si jamais vous voyez Deklan Levski marcher dans les couloirs de Durmstrang, vous verrez à son auriculaire droit la chevalière, celle-même que l’on a retrouvé sur le corps pendu d’Iris Stoyanov.


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Ҩ Re: I put the hot in psychotic || Animation permanente || Prim Ҩ Ven 30 Déc - 8:51

In the mess of myself.


Sur une rencontre plus conventionnelle. I love you
Je ne parle que des cours, blame it on my inexistante vie sociale & les inquiétudes de Roman ne tournant qu'autour de la carrière. lizzie
Et écrire, ça coûte moins cher qu'un psy. Nuff said. deklan

One day I decided that I was beautiful, and so I carried out my life as if I was a beautiful girl. I wear colors that I really like, I wear makeup that makes me feel pretty, and it really helps. It doesn’t have anything to do with how the world perceives you. What matters is what you see. Your body is your temple, it’s your home, and you must decorate it.

Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie. (II)

Tu dessinais, derrière la caisse, mais peu importait les ventes qui explosaient, t’avais cette moue boudeuse des jours où ça va pas, des jours où on a envie de tout plaquer, de plaquer les gens dans ton cas, l’expérience de rugby ne t’avait jamais vraiment quitté, le monde, t’avais envie de le mettre à terre, malheureusement, quelques principes de responsabilité civile et un minimum de bon sens te permettait de garder les émotions fortes pour l’écriture. T’avais pas tes RP avec toi, alors, tu te contentais de tracer des « bonhommes-allumettes » du bout d’un vieux surligneur en leur infligeant des souffrances disproportionnées, prenant la forme d’une flaque d’une encre rose, près de leurs têtes. Bonhomme-allumettes, c'était un bon nom, tu pourrais les enflammer, les détruire, personne s'en soucierait. Toi, t’avais eu le prix de l’écriture la plus violente, pas une, mais deux fois (+ 5 MP de gens sur un autre fo qui t'avaient dit que ton écriture leur foutait la chienne et que tu devrais consulter, là, tu te demandais si les gens sur AK était dérangés ou simplement tolérants). Tu te disais que tu pourrais certainement concurrencer avec les dessins, cette fois-ci. Pour la forme, t’ajoutais un petit sapin dans le coin de la page, plus joli que celui-ci dans le hall du centre commercial, tu jugeais.

T’étais tellement concentrée que tu l’avais même pas entendu venir derrière toi. Il passait la tête au-dessus de ton épaule, il sentait bon l’après-rasage et le parfum pour homme de qualité. « Quelqu’un ne passe vraisemblablement pas une bonne journée. » Roman, toujours égal à lui-même, avec son talent remarquable de te donner l’impression qu’il se soucie et se fout de toi en même temps. Habituellement, tu le vis bien, mais aujourd’hui, tu n’as pas envie de ses discours moralisateurs. Tu te contentes d’hausser les épaules en disant que cela n’avait aucune importance. Il fit mine de te croire avant de quitter la caisse pour se retrouver devant les lunettes polarisées. Le kiosque était tellement petit, il était à peine à un mètre de toi, regardant plusieurs paires de lunettes avant de s’arrêter sur une, avec cette petite étincelle dans le regard, qui lui donnait l’air humain, de temps à autre. Il les enfilait sur le bout de son nez, se fixant dans le miroir tout en ajustant sa cravate. Toujours sans te regarder, il continua de te parler, vraisemblablement désireux de créer la conversation. Toi, ça ne te tentait pas. Tu savais pas vraiment quoi dire de manière générale, tu réussissais juste à confirmer le fait que tu sois un véritable désastre social. Du coup, tu t’étais rabattue sur l’écriture. Au moins, tu vois pas la face de la personne qui te lit. Déjà, c’était beaucoup.

« Furieuse de travailler un 24 décembre ? » Décapitant la tête d’un bonhomme au dos trop long, tu répondis sans lever les yeux.  « Je remplace une fille qui est retournée voir ses parents. » Il avait le sourire du gamin qui en savait plus que les autres en t’entendant prononcer ses mots. Pendant un bref instant, tu comprenais pourquoi tout le monde le détestait. « Trop gentille. » Il enleva les lunettes et les déposa sur le présentoir. « Ça te perdra. »

Il enfila une autre paire de lunettes, un modèle un peu plus sport cette fois-ci, tu te mordis la langue pour ne pas lui dire que même un Dragomir complètement soûl ne se laisserait pas aller à porter une telle horreur. Il les retira avec une retenue exemplaire, jugeant probablement lui aussi qu’il devrait rester dans les modèles plus classiques, ce n’était pas pour rien qu’on le voyait dans les magazines Prada.

« Tu devrais apprendre à moins porter ton cœur en bandoulière. » se contenta-t-il de te dire. Habituellement, il aurait ajouté un petit commentaire provoquant pour susciter une réaction, mais il se laissait probablement atteindre par la magie du temps des fêtes. Tu relevais la tête pour remarquer qu’il ne faisait que répondre à un SMS. Non, il était juste trop occupé à autre chose pour t'épargner son arrogance habituelle. « Je sais. » lui répondis-tu avec le sourire de celle qui a déjà entendu la chanson. « On me le dit tout le temps. Tu n’as pas le tempérament pour devenir une bonne avocate. Tu as eu de bonnes notes au collège… lycée. » rectifias-tu en voyant les sourcils du blond se froncer. Le collégial, pour lui, ce devait être un jeu d’enfant où se profilait l’insouciance. C’était comme ça pour la plupart des Européens.

En Amérique, le collégial, c’était qu’on commençait à se taper sur la gueule. Tout ton avenir, il se déterminait en deux ans, trois, si tu as pris un peu de retard, pendant lesquels tu devais avoir les meilleures notes pour que ta cote de rendement soit la meilleure. La cote de rendement, c’est ce qui détermine le programme auquel tu pourras avoir accès à l’université. Elle détermine ta vie, ta carrière, le chiffre plane au-dessus de toi, mais en même temps, il t’est collé à la peau. Si tu veux entrer en droit ou en médecine, attache ta ceinture parce que le carnage, il ne fait que commencer. Et des carnages, t’en verras, t’en guériras, t’en mangeras, un jour, peut-être même que tu en feras, peu importe la forme de la table d’opération, un lit avec un patient ou un contrat dans lequel tu as repéré les deux mots qui te permettront de sauver la compagnie d’assurances et de jeter une famille à la rue.

Tu te demandais parfois comment c’était, ailleurs, en France. Ton amie, elle t’avait dit qu’il n’y avait pas vraiment de processus de sélection là-bas, que le droit, tout le monde pouvait être admis, que la sélection, elle se faisait durant les premières semaines. Tu en as entendu, des commentaires, des amphis tellement remplis que les gens devaient s’asseoir par terre pour recueillir les précieuses informations du professeur. Toi, tout ce que tu pouvais penser, c’était que tu avais eu une place sur plus de mille demandes. Pourtant, la sélection, elle ne s’arrêtait pas, elle continuait, et toi, au milieu de cette jungle, tu étais un Simba qui tentait de rugir devant les hyènes. (Et encore, tu tenais davantage du Zazu un peu agité qui volait partout en paniquant devant tout et n'importe quoi).  

Roman, lui, il tenait à la fois de Scar et Mufasa, il était en complet dans un centre commercial, il paraissait se ficher complètement des commentaires sur son passage, des gens qui le regardaient avec ce mélange de dégoût et d’admiration. Roman, il était désinvolte, Roman, il puait la classe. Toi, tu étais là avec tes papiers de commande un peu désordonnées, des cheveux voulant fuir la conformité de la queue de cheval, le verre de tes lunettes un peu sale, perpétuant bien malgré toi cette histoire du cordonnier mal chaussé, et des esquisses macabres dans la main, le glaive-surligneur dans l’autre main.

« Tu es déçue parce que tu fais des heures supplémentaires, mais tu aurais dû tourner ta langue avant de proposer tes services. Ton temps est précieux. » compléta-t-il, en reproduisant les sermons de tes parents. Il savait qu’il visait dans le mille, il n’eut pourtant rien d’autre qu’un air amusé en te regardant faire la moue. « Un jour, il se comptera en centaine de dollars. » D'où le piège ; tu veux aider les gens, mais pour se faire, tu devrais faire ton travail le plus rapidement possible, or, faire son travail le plus rapidement possible signifie moins d'heures et moins d'argent. T'avais été effarée quand un de tes amis t'avait expliqué ce raisonnement. Là, t'avais compris que tu n'étais pas avec des enfants de choeur. (Et tu n'en étais pas une non plus, simplement que tu réservais cela pour des moments plus appropriés, genre l'écriture d'un personnage fictif, pas pour une mère de famille qui n'avait pas les moyens.)

Roman essayait une autre paire de lunettes. Tu l’enviais, d’une certaine manière. Il n’était pas particulièrement ton genre, mais il avait ce charisme qui chassait tout le reste. Personne d’autre que lui ne pourraient porter des imitations avec autant de prestance. « Ce ne sont pas des Rayban. » lui confiais-tu en t’approchant de l’îlot, essayant une paire de lunettes toi aussi. Avec des verres aussi gros, t’avais l’air d’une mouche, mais t’aimais bien le genre, si t’avais eu un plus de couilles #cassdédi Ielissei, tu les aurais probablement portées.

« Je sais. » Bien évidemment, Monsieur sait toujours tout. « Je me fiche de la marque. » Il les arrangea sur son nez en s’approchant du miroir, c’était difficile de se voir avec des verres aussi foncés. Il semblait déterminé à continuer la leçon. « Sais-tu pourquoi les gens portent des lunettes de soleil? » La question était un peu ridicule. « Pour voir plus clair. » Il te regarda, s’appuyant sur le stand d’un air parfaitement décontracté. « Vrai, mais faux. » Ça ressemblait à son « Je l’ai tué, mais je ne l’ai pas fait exprès » ; néanmoins, tu ne passas pas de commentaires. « Les gens portent des lunettes parce qu’ils en ont besoin, la plupart du temps, mais maintenant, c’est superficiel. C’est surtout une question de style. T’en vends combien des lunettes comme ça ? » Il pointa les lunettes aux verres transparents. C’était des modèles qui reproduisait les apparences des lunettes de vue. Généralement, les gens les portaient pour se donner un air intellectuel ou pour reposer leurs yeux avant une opération au laser. C’était drôle, deux complets opposés, des gens voulant des lunettes sans en avoir besoin, des gens ne voulant plus de lunettes, mais qui en avait malgré tout besoin. Ça te rappelait toujours cette petite locution de Nanny McPhee, que tu répétais dans ta voix nasillarde, quand tu (pensais que tu) n’étais pas observée. « Des dizaines. » Il hocha la tête. « Des dizaines. » « Et la qualité est merdique. » « Je sais. »

« Ce magasin propose des lunettes à prix abordable parce qu’il sait ce que le consommateur recherche. L’important est de dégager une impression de confiance. Que ce soit de la marque ou non, ce qui compte est la perception que l’on donne. Personne ne remarquera la disparition du crochet ou du crocodile sur la branche des lunettes. Personne ne remarquera que tu n’as pas confiance en toi si tu leur montre le contraire. » Il te fixait dans les yeux, sachant parfaitement que ça te mettait mal à l’aise, même si une barrière de verre (ou de plastique, pour être plus exact) te séparait des gens. « Un an avant la course aux stages. » Ça t'angoisse. Encore plus maintenant que c'est les vacances. Parce que t'as le temps d'y penser.

La course aux stages ; pour faire simple, c’est l’évolution Pokémon du collège, mais en plus cruel et en encore plus sélectif. Le but est d’obtenir un stage dans un grand cabinet afin d’avoir le début de carrière le plus prometteur possible, parce que personne ne veut finir en région à faire de l’aide juridique, que tout le monde veut sa carrière en droit international ou en droit des affaires, avec des bonus hors-norme. Par contre, pour avoir une offre d’un grand cabinet, il faut se faire connaître, par le biais de nombreuses soirées, de nombreux cocktails, de 5 à 7 qui se transforment en des 5 à 9, d’évènements divers, de parties de paintball, le diable se métamorphose pour prendre des formes plus effrayantes les unes que les autres, c’est un Épouvantard des temps modernes.

La course aux stages, elle a été créée pour encadrer les politiques de recrutement des grands cabinets, afin que personne ne se marche sur les pieds, pour que tout le monde ait une chance égale. Un temps déterminé pour envoyer ses documents, un temps fixé pour les entrevues, moins d’une journée pour accepter une éventuelle offre. Tu ne sais pas si tu en as vraiment envie, mais en même temps, tu veux te prouver que tu en es capable. Roman te fixe.  « Tu peux le faire. Tu dois simplement donner l’impression que tu contrôles la situation et au bout du temps, tu vas finir par le croire que tu la contrôles réellement. » Version verbeuse du Fake it till you make it.

« Tu insistes beaucoup sur mes réussites, mais tu oublies que j’ai connu mes propres échecs. À Durmstrang, j’ai trouvé que le commerce le plus lucratif au sein du marché noir serait la vente de réponses d’examen. » Tu retins un rire. Pour la première fois depuis des semaines, tu réussissais à te dérider. « Tu avais treize ans. » « J’ai échoué ma tentative de mutinerie et j’ai passé deux ans à vadrouiller dans les couloirs de l’école. » Là, tu n’avais pas vraiment de réponse à donner. Toi, tu avais passé deux ans pour arriver au sommet et te prendre une bonne baffe en haut de la montagne. Roman avait dégringolé en tentant l’escalade. Ça ne l’avait pas empêché de la reprendre. Parfois, t’avais l’impression qu’il prenait des risques simplement pour connaître de nouveau l’ivresse de la descente, et vérifier s’il pouvait effectuer de nouveau la remontée. C’était bien la seule chose qui expliquerait pourquoi il faisait autant de choix inconsidérés dans sa position actuelle.

« J’ai fini par revenir, et tu es la mieux placée pour savoir que l’important est dans les paroles. Tu auras peut-être une première session moins forte sur ton relevé de notes, mais l’important, c’est de trouver comment embellir ses erreurs. Je l'ai fait et moi, ce n'était pas une mauvaise note en droit des personnes, c'était carrément un suicide. Si tu veux vraiment aller en grand cabinet, tu trouveras le moyen de le faire toi aussi. Tous ceux qui n’auront pas cru en toi, qui sait, peut-être qu’ils feront leur Harmorica, et qu’ils te soutiendront. » Il prit la paire de lunettes et la déposa près de la caisse. Tu en essuyais les verres, visiblement émue. Parfois, tout ce dont l’on avait besoin, c’était une preuve d’humanité, une preuve que tout le monde n’était pas là pour se mettre des bâtons dans les roues. Depuis septembre, ta vie, elle n’avait été que compétition.  « Merci de me soutenir. » « Ça fait plaisir. » « Pose ta question. » Il te regardait comme s’il ne comprenait pas et tu roulais les yeux. « On sait tous les deux que tu ne fais jamais rien sans rien. » Il passa sa carte de débit dans la machine et en composa le code. « Si, dans un cas purement hypothétique, je décide de rompre l’alliance des Éclairs avec les Icebergs, est-ce que j’aurais une chance de m’en sortir ? » Toi oui, moi non, ne peux-tu t’empêcher de songer. « Contrat intuitu personae. » Il te regardait sans paraître trop comprendre. Normal. Il avait fait de la psycho, pas de la politique magique, il voulait pas faire comme Papa (d’ailleurs, un jour, tu devrais finir ce scénario si t'as envie que Roman, il ait un développement positif parce que mine de rien, le coup du Roman gentil, t'as un peu lamentablement échoué).

« Tu as passé l’alliance avec Katerina, pas avec Elsa. Entre Katerina et toi, il existait un lien de confiance unique basée uniquement sur ses qualifications morales, et ces qualifications morales, tu ne les retrouves pas en Elsa. Il te suffit d’argumenter en ce sens, et personne ne pourra forcer l’exécution de l’entente. Les conventions passées en considération de la personne sont incessibles. J’estime que tes chances de… » Mauvais mot. Ton réprobateur. « Tu estimes ? » Il ne fallait jamais dire que l’on concluait quand on répondait à un client, la plupart du temps, c’était trop présomptueux parce que l’on ne pouvait pas affirmer avec certitude, parce que l'on ne pouvait pas tenir compte de la plupart des facteurs, particulièrement du juge. « Je conclus. » Donner l’illusion. Donner l’illusion. « Tu retiens la leçon. » « Mais maintenant, tout le monde connaît mon argument. » « T’en trouveras un autre, c'est pas comme si on était dans How to get away with murder. » T’avais toujours cru que l’épisode dans lequel chaque élève devait donner une défense différente était un mythe de la télévision. Haha. Lol. T’avais été détrompée.

« Demain, tu dis à cette fille qu’elle t’a fait chier. » « Demain, c’est Noël. » « On s’en pisse. » Là, tu éclatais de rire. « On s’en crisse. » le corrigea-tu. « En québécois, c’est on s’en crisse. » Il n’aimait pas avoir tort, il grimaçait en prenant le sac. « Les cadeaux sont échangeables jusqu’au 4 janvier… » « Ce n’est pas un cadeau. C’est pour moi. Les plus beaux cadeaux, nous nous les faisons nous-mêmes. » Tu lui agrippais le poignet. « La deuxième revient à moitié prix. » Retour de la voix froide, glaciale. « Et alors. » « T’es sûr que tu ne veux pas un cadeau pour Cassie ? » Vous vous fixiez pendant quelques instants, dans le silence, avant que tu ne l’entraîne vers les lunettes pour femmes.

Plus tard, cette soirée, t’auras acheté les gros verres qui te faisait tant envie.


(c) AMIANTE

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my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


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