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 We were in screaming color || Asphyria

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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 384Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ We were in screaming color || Asphyria Ҩ Dim 20 Nov - 19:27

La nuit a été longue, mais Visenya est debout aux aurores ce matin, abandonnant un Matthew profondément endormi dans la tente. Elle est rentrée tard dans la nuit, mais lui n'est arrivé que bien après encore. Ce n'est pas étonnant, puisque son boulot à lui est l'étape suivante de son boulot à elle. Après avoir attrapé les Vainqueurs, il faut récupérer l'Ox qu'ils ont dans le sang et ça, c'est lui qui s'en occupe. Même si, vu le profil du type, elle l'imagine plutôt assis dans un coin à regarder les autres s'activer avec une sorte de curiosité morbide. Il est bien trop délicat et frileux pour mettre les mains dans le sang. Son inactivité semble pourtant l'avoir fatigué, parce qu'il n'a pas fait mine de bouger un orteil quand elle s'est glissée hors du lit. L'Héritière ne risque pas de s'en plaindre.

Le camp est encore paisible à cette heure, et elle en profite pour s'éloigner un peu sur le chemin, profitant de ces quelques instants de répit. Elle rejoindra le réfectoire plus tard, trop anxieuse à l'idée d'entendre les scientifiques en herbe se vanter d'avoir réussi leur entreprise de la nuit. Si ces types mettent la main sur l'Ox, ce sera une catastrophe. Comme si la planète ne comptait pas déjà son lot de mages dangereux. Au moment où elle formule intérieurement cette pensée, elle fronce les sourcils lorsqu'elle distingue une silhouette tout au fond. Ces gens sont-ils acharnés à ce point ? Le soleil est à peine levé et ils sont déjà retournés à leurs flacons. Elle soupire en songeant qu'elle n'a sûrement pas idée d'à quel point ils sont déterminés ; c'est cette détermination qui lui manque. Elle risque d'avoir du mal à remplir la mission que sa famille lui a confiée si elle ne se décide pas à mettre un pied là-bas. Mais c'est tout simplement au-dessus de ses forces pour l'instant. D'un seul coup elle remarque une autre silhouette, plus proche, qui s'avance vers le laboratoire. En fronçant les sourcils elle reconnait Adonis. Un sourire un peu pincé tors le coin de ses lèvres. Ca ne l'étonne pas beaucoup.
Alors seulement la Dragonstone réalise qu'il était seul. Il ne lui en faut pas plus pour prendre la direction de la tente du Dolohov ; Asphalt - toi, en passant - doit encore s'y trouver et il ne se présentera sûrement pas de sitôt une autre occasion de parler à la cracmol sans que l'autre psychopathe ne soit dans les parages.

Personne pour lui répondre quand elle appelle devant la tente, pourtant. Valkyria se demande si tu n'es pas tout simplement en train de l'ignorer lorsqu'elle distingue, au loin, une chevelure blonde sur le chemin qui mène au village. Ni une ni deux, elle transplanne, et réapparaît quelques pas devant toi. L'Héritière se félicite intérieurement de son entrée en scène, bien que celle-ci soit relativement commune pour les vrais sorciers. C'est bien le message qu'elle fait passer ; elle veut remettre les choses à leur place, et te les rappeler, à toi qui sembles les avoir un peu oubliées : regarde, moi je suis une vraie sorcière, moi je peux faire ça, moi j'ai ma place sur cette île. Un mince sourire étire ses lèvres. « Asphalt ; je te cherchais » Tu la regardes d'une drôle de façon. Sans oser parler de défiance, Visenya trouve quand même que cette expression est à des lieux de ce à quoi elle est habituée de ta part. Elle ne t'a jamais vraiment considérée comme son paillasson ; pas directement en tout cas ; mais dire qu'elle ne s'était pas habituée à ce que tu fasses ton possible pour disparaître et lui laisser toute la place dans la pièce serait un affreux mensonge. La complaisance à l'état pur. Elle n'aime pas trop avoir le sentiment d'en être privée. « Accorde-moi un moment, il faut qu'on parle. » Ce n'est pas une question, et à défaut de te voir t'aplatir comme d'habitude, Valkyria entend bien que tu obéisses sans faire d'histoire.


Dernière édition par Valkyria V. Dragonstone le Jeu 9 Fév - 17:59, édité 1 fois
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Statut du sang : sang-pur, mais malheureusement incapable de faire de la magieMessages : 267Date d'inscription : 31/12/2015Localisation : à domovoï's rock, en train de comploter salement pour voler la victoire à ces gamins boutonneux
Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Mer 30 Nov - 14:19






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Asphalt est fébrile, lorsqu’elle claque des talons pour revenir dans sa tente. Elle se sent creuse, usée. Chacun de ses muscles la tiraille comme si elle avait couru un marathon. Sa dernière véritable entrevue avec Mordred la lance encore ; elle sent son opium dans chacun des pores de sa peau, et chacun d’eux se bat pour garder le poison délicat. Il ne l’a pas touchée, depuis son entraînement l’autre jour. Il n’était pas habitué à ce que le paillasson dresse les poils. Elle non plus, d’ailleurs. Pas habitué à ce qu’elle le fixe dans les yeux, à un autre moment que lorsqu’ils ne faisaient qu’un. Pas habitué à la sentir si détraquée ; elle l’est d’habitude, sur tous les autres aspects de sa vie. Pas avec lui. Avec lui elle est toujours entière. Elle était toujours entière.
Elle aurait aimé pouvoir dire qu’Amatis et ses révélations l’avaient laissé de glace, qu’elles n’avaient pas laissé de trace. C’aurait été mentir. Et si Asphalt mentait à tout le monde, elle ne poussait pas le vice jusqu’à se mentir à elle-même.

La cracmolle se laisse surprendre par la silhouette qu’elle distingue en face d’elle, et se retient de serrer les dents. La hiérarchie forgée à la pelle et à la pioche dans ses os la force à courber l’échine. Valkyria ne se prive pas pour le lui rappeler ; en transplanant juste devant elle, elle lui rappelle où est sa place, elle lui rappelle que le seul regard qui est acceptable est un regard de prosternation. De soumission. Aujourd’hui, Asphalt ne peut pas faire ce plaisir à sa cousine.  « Asphalt ; je te cherchais » Elle avait cru comprendre. Mordred lui en a touché deux mots, et a soigneusement fait en sorte de ne pas les mettre ensemble dans la même pièce, au cours des derniers jours. Cela la bouffe jusqu’à la moëlle, de savoir s’ils sont ensemble et que sa cousine pourrait susurrer des absurdités à l’oreille de son amant. Elle n’est pas assez certaine de son propre pouvoir pour ne pas laisser le doute pénétrer dans sa chair, dans son esprit. Mordred ne s’y laisserait pas prendre. Il n’a besoin de l’avis de personne. Il l’a prouvé, qu’il avait trop envie d’elle, trop besoin de sa présence, n’est-ce pas ? « Accorde-moi un moment, il faut qu'on parle. » Ce n’est pas une demande, et Asphalt ne le comprend que trop bien. C’est comme être convoqué dans le bureau du proviseur, elle songe, tandis qu’elle hoche la tête douloureusement. Parce que depuis des années c’est comme ça, il lui semble presque trop facile de répondre : « Bien sûr, Visenya. » Old habits die hard. Elle appuie sur le prénom de sa cousine, son prénom. Le prénom qu’elle porte mieux qu’elle parce que, elle, elle sait utiliser une baguette magique. Au tout début, elle avait eu du mal avec le fait de l’appeler par son propre patronyme. Aujourd’hui, elle le fait sans plus y penser. C’est comme ça.

Asphalt se tient droite, les bras le long du corps. Position stratégique, prête à bouger s’il le faut, si Valkyria amorce un pas. Dans cette position, elle sent la dague qui est bien rangée le long de sa manche. Elle n’ose même pas penser à s’en servir. Cela lui semblerait trop ironique ; Mordred lui avait donné, et il lui avait donné pour qu’elle s’en serve, contre n’importe qui. C’est lui qui lui insuffle le courage de continuer à parler, à ne pas laisser la main trop facilement à sa cousine. C’est à lui qu’elle pense, et c’est eux qu’elle veut protéger lorsqu’elle laisse échapper dans un souffle, trop rapidement : « Cependant, permets-moi de te dire que si tu souhaites me parler de Mordred, tes avertissements seront vains. Il ne me quittera pas. » Elle a le cœur qui bat, pas l’habitude de se « permettre » quoi que ce soit auprès de Valkyria. La cracmolle sent même ses pauvres genoux qui menacent de trembler, mais elle a déjà commencé ; si elle doit affronter les conséquences de son insubordination, sa première réplique suffirait pour la condamner.

Elles ne sont plus sur le même terrain de jeu. Le domaine des Dragonstone est bien loin, et malgré tout, l’amitié étrange qu’elle ressent pour sa cousine la pousse à adoucir son ton. Longtemps, elle avait existé pour la distraire, elle s’est habituée à la voir contente, et la plupart du temps, à être à l’origine de ce contentement. Son envie de défendre sa relation ne surpasse pas encore toutes ces années de dévotion à celle qui a pris sa place en tant qu’héritière des Dragonstone. « Je sais que ton temps est précieux, et que tu es une sorcière occupée. Ne perds pas ton énergie à essayer d’agir sur ce terrain. » Il est difficile de faire transparaître ce qu’elle veut réellement lui dire sans avoir l’air de la défier, de contester son autorité et sa position. Asphalt sait d’avance qu’elle ne peut effacer le défi manifeste dans son regard, dans ses gestes. Mais elle peut encore contrôler sa parole, sauver les apparences. Valkyria ne s’y laisserait pas prendre, mais si elle lui lèche correctement les bottes, cette dernière lui fera peut-être la grâce de lui foutre la paix et de vivre sa vie, leur vie, sans venir lui ponctionner un peu plus de ses biens.









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Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Ven 2 Déc - 22:29

Elle s'efforce de ne pas relever la façon dont tu prononces son prénom, en l'accentuant légèrement. Elle s'est habituée il y a longtemps à être appelée Visenya, et ce nom sonnait comme le plus merveilleux des cris de liberté, à l'époque. Aujourd'hui, c'est différent. Il chante comme quelque chose de puissant et d'imposant, de respectable. Et elle en est fière, évidemment. Elle peut se féliciter de la belle et digne cage dorée qu'elle a elle-même dressée au-dessus de sa vie. Après tout c'est un joli accomplissement. Valkyria apprécie pourtant ta capitulation docile ; elle se raccroche un peu à la facilité avec laquelle tu te laisses dépasser. Peut-être que c'est aussi pour ça qu'elle voulait te voir ; elle a voulu venir raffermir sa position en sachant parfaitement que tu lui faciliteras la tâche. Elle veut t'inclure dans le combat qu'elle a commencé à mener contre elle-même parce qu'elle sait que tu te battras dans le bon camp, exactement comme elle, elle t'aurait remise sur le droit chemin si ça avait nécessaire avant qu'on vous échange ; parce que c'était son putain de rôle et maintenant c'est le tien, de l'aider à être bien comme il faut, bien dans ta vie. Même si tu le feras pas exprès, finalement, c'est en lui laissant toute la place que tu vas lui rappeler qu'elle a plus le droit de merder maintenant, et que c'est tant pis si elle est mal dans ta peau.

Ca marche assez bien et un air plutôt satisfait s'installe sur son visage tandis qu'elle s'apprête à poursuivre. Ton intervention lui coupe l'herbe sous le pied et elle est si surprise que l'effarement fige ses traits une seconde, avant qu'elle ne se reprenne comme elle a si bien appris à le faire. Elle aimerait bien savoir depuis quand tu te permets quoi que ce soit. Ca contrarie un peu ses plans. T'es pas là pour te permettre. Pour l'instant elle ne dit rien, pourtant, elle te regarde continuer en réfléchissant à toute vitesse ; il faut qu'elle trouve quelque chose pour garder la face, pour ne surtout pas te laisser croire que tu l'as devancée. Ce serait dommage que tu te fourvoies. D'ailleurs, malgré tes paroles doucereuses, elle ne manque pas l'air de défi au fond de tes yeux. Comme quoi, tu ne lui facilites pas la tâche tant que ça. Tant mieux, en un sens : elle tolère beaucoup moins tes insubordinations que les siennes. « Je me fiche que tu te sois éprise de ce Mordred, ou Adonis, peu m'importe comment tu l'appelles. J'imagine que c'est ton problème si l'élu de ton coeur est un monstre doublé d'un psychopathe. » Elle grince, le menton relevé et le dos raide, comme chaque fois qu'il est question de ce type. Aujourd'hui elle a du mal à se rappeler de ce qu'elle était à l'époque où elle aurait retourné ciel et mer pour un petit gramme de la considération d'Adonis Greengrass. Heureusement, elle a su faire preuve de clairvoyance là où toi, tu sembles être encore cruellement aveuglée. Dommage que tu n'aies pas son discernement, ça t'épargnerait bien des peines - pense-t-elle pour ne surtout pas se rappeler trop vite qu'elle a plus été poussée loin de cet homme par la cruelle humiliation qu'il lui a infligée que par un quelconque discernement. « Tu devrais éviter de te permettre de cette façon, Asphalt. Ca ne te réussit pas beaucoup. » Ajoute-t-elle en guise de conclusion à cette petite parenthèse qui n'en est pas une du tout.

Visenya comptait effectivement aborder le cas Dolohov mais il est hors de question qu'elle te laisse croire que tu as vu juste. Alors elle contourne le problème, dissimule le trouble d'avoir été devancée derrière une exaspération palpable - comment as-tu pu croire qu'elle avait la moindre considération pour tes misérables petites histoires de coeur ? - et reviendra aborder la question à revers plus tard dans la conversation. Elle sait à quel point tu peux être bornée, et devine que pour que tu oses la regarder de cette façon, ta détermination à défendre ton petit territoire doit être sans pareille. Ce n'est pas grave, elle a d'autres plans d'attaque, elle t'aura quand même. Après tout, c'est pour ton bien. Ce type est dangereux. « Je viens plutôt m'enquérir de ce que tu fais ici. Tu n'es pas sans savoir que notre famille m'a envoyée sur cette île pour trouver l'Ox. S'ils avaient estimé que ta place était à mes côtés, j'en aurais été informée. » Elle aussi a adouci son ton, emprunté celui qu'elle utilise automatiquement lors de vos échanges. Ce n'est plus une confrontation ; les pièces ont été remises à leur place. Elle s'adresse à toi avec cet air concerné et un peu moralisateur que tu connais par coeur ; celui qu'elle a quand elle te dit que, vraiment, les cigarettes, c'est mauvais pour toi, tu ferais mieux de l'écouter. N'a-t-elle pas toujours raison ? Ne sait-elle pas mieux que toi ce qui est bon et ce qui est vrai ? « Je ne suis pas tranquille, à te savoir ici. C'est dangereux, tu es à la merci de tout le monde et je m'en voudrais qu'il t'arrive quelque chose. Tu as pensé à ce qui se passerait s'ils découvrent que tu n'es pas une vraie sorcière ? » Elle jette un regard furtif autour de vous avant de prononcer cette dernière phrase, pour s'assurer que personne n'est dans les parages, comme la cousine soucieuse et concernée qu'elle est. Bien sûr qu'elle a ton bien-être à coeur ; sinon elle ne serait pas allée engueuler Amatis, elle n'aurait jamais su à quel point Mordred est dangereux et elle ne chercherait pas à t'en éloigner à présent. Si elle peut commencer par te faire rentrer en Angleterre, ça te tiendra éloignée de lui et, avec un peu de chance, le pauvre disparaîtra pendant l'invasion de Durmstrang. Comme par magie, histoire d'être sure que tu ne puisses définitivement pas saisir ce qui lui sera arrivé.
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Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Mer 18 Jan - 13:42





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Asphalt attend, raide et passive, de savoir si ses paroles sont passées entre les mailles du filet. Si Valkyria laisse couler son insolence ; elle doit bien se rendre compte que ce n’est pas facile pour elle, non ? Plutôt dur d’être une carpette obéissante lorsqu’on s’applique à tordre la matière. « Je me fiche que tu te sois éprise de ce Mordred, ou Adonis, peu m'importe comment tu l'appelles. J'imagine que c'est ton problème si l'élu de ton cœur est un monstre doublé d'un psychopathe. » La cracmolle ne bouge pas, ne cille pas. Elle sait déceler le mensonge chez sa cousine. C’est sa branche des Dragonstone qui lui a appris. Valkyria a souvent tendance à oublier que ce qu’elle a pu apprendre de sa famille jusqu’à sa préadolescence, elle l’a maîtrisé et marqué au fer rouge dans sa peau. Parfaite petite princesse, Valkyria peut tromper bien des gens, mais pas Asphalt, hélas. Le mensonge, elle en a fait sa marque de fabrique. « Tu devrais éviter de te permettre de cette façon, Asphalt. Ca ne te réussit pas beaucoup. » Message reçu, les pendules sont à l’heure. Valkyria est trop subtile et trop cruelle pour ne pas lui lancer la petite pique qui saura se loger droit dans le cœur de sa cousine. Elle peut bien s’atteler à la démolir, Mordred sera là pour recoller les morceaux quoi qu’il en soit. Elle veut relever, défendre son amant, clamer qu’il est monstrueux que pour les gens qui ne savent pas voir sa vraie beauté, le rayonnement divin qui l’entoure. Le diable est toujours la plus belle des créatures, peut-on la blâmer pour son crime d’adoration ? Amatis n’a pas réussi à ébranler ses convictions ou détruire tout l’amour qu’elle a pour lui. Valkyria, si elle avait essayé, n’aurait pas réussi non plus. Elles ne comprennent pas. L’amour n’est vrai que lorsqu’il fait mal.

Valkyria a l’air de celle qui vient de mettre à terme à la conversation et qui ne sait pas sur quoi reprendre. Asphalt sait que si l’héritière tourne les talons maintenant, c’est elle qui gagne. Valkyria ne le permettra jamais. Même si elle doit lui reprocher la température de l’île ou le manque cruel de jus de citrouille dans les cuisines, elle restera jusqu’à l’avoir vidée de toute substance. Avoir après vampirisé sa vie, ce ne sont pas les détails qui comptent. « Je viens plutôt m'enquérir de ce que tu fais ici. Tu n'es pas sans savoir que notre famille m'a envoyée sur cette île pour trouver l'Ox. S'ils avaient estimé que ta place était à mes côtés, j'en aurais été informée. » Asphalt hausse un soucil, imperceptiblement. Valkyria pense t-elle réellement que les Dragonstone auraient pu l’envoyer ici ? Et risquer l’autorité de Valkyria ? Elle ne connaît visiblement pas si bien que ça leurs parents. Asphalt doute même qu’ils soient au courant de sa présence ici, si sa cousine ne leur a pas dit, ils ne se préoccupent pas assez de ses allées et venues pour s’enquérir de sa présence ici, et encore moins s’en inquiéter. Valkyria ferait mieux d’en faire de même.

Asphalt est prête à rétorquer, mais l’héritière la sauve encore une fois de sa propre insolence en baissant légèrement le ton, et défroissant son front. Inquiétude feinte, et ton qui veut la mettre dans le droit chemin. Je me préoccupe de toi, tu sais, ta vie serait bien plus facile si tu faisais tout comme je te dis. Asphalt a l’habitude. Depuis le temps, elle aurait aimé développer une défense. Et pourtant. « Je ne suis pas tranquille, à te savoir ici. C'est dangereux, tu es à la merci de tout le monde et je m'en voudrais qu'il t'arrive quelque chose. Tu as pensé à ce qui se passerait s'ils découvrent que tu n'es pas une vraie sorcière ? » Elle est doucereuse, elle est prévenante, et pourtant elle continue à diffuser le poison. Surtout n’oublie pas que tu n’es qu’une cracmolle. Mais évidemment ce n’est pas pour lui rappeler sa supériorité, c’est parce qu’elle s’inquiète. Ce n’est pas parce qu’elle veut le monopole complet de tout ce qu’elle touche, c’est parce qu’elle a peur pour elle. Si cela ne dépendait que d’elle, Valkyria la mettrait dans un cargo à destination de Londres dans l’heure. Asphalt ne peut pas faire ça. « D’ici à ce qu’ils le découvrent, j’en serai peut-être une. » elle lance, à voix basse. Ça t’emmerderait, hein ? elle ne peut s’empêcher de se demander, les yeux rivés fixement sur un point au-dessus de l’épaule de Valkyria. Après tout, la seule raison qui a fait que Valkyria est Visenya, c’est parce qu’Asphalt n’a pas de magie, n’est-ce pas ? Asphalt y pense la nuit, quand elle ne peut pas s’endormir. A quoi point les choses changeraient, si finalement, elle avait la magie qu’elle était supposée avoir.

Néanmoins, le but n’est pas de menacer Valkyria, et le naturel revient vite au galop. Elle s’empresse de modérer ses propos, fait semblant de rebondir sur son inquiétude. « Et en attendant, Mordred me protège, je ne suis pas toute seule. Je suis avec ma famille. » Elle insiste bien sur le dernier mot. Sa famille, ça fait bien longtemps qu’il ne s’agit plus des Dragonstone. Ils l’ont laissée crever en silence et à petit feu pendant des années, qui se préoccupe encore de la pauvre gamine qu’ils ont envoyée en exil ? Mordred voit en elle autre chose que ça. C’est ce qui compte. C’est exactement la raison pour laquelle elle est là, juste là, qu’elle ne partira pas. Si son amant porte la main sur elle, si elle le déçoit, ç’a n’a rien à voir avec son manque de magie. Pour ça, pour ce simple fait, elle est reconnaissante. Beaucoup trop reconnaissante. « Tu sais que je n’oserai pas interférer avec les plans des Dragonstone, ou me mettre dans tes pattes. Je suis là pour lui avec lui. » Elle la rassure, tente de la caresser dans le sens du poil. Après tout, tu sais bien que c’est toi l’héritière non ? Tu ne vas quand même pas te sentir menacée par une cracmolle ?










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Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Jeu 9 Fév - 16:00

Valkyria fronce imperceptiblement les sourcils quand elle voit un frémissement sur ton visage quand elle évoque sa famille ; votre famille. Qu'est-ce qu'il y a ? Elle se demande si sa langue a fourché, se remémore ses paroles en vitesse pour trouver l'erreur, mais n'en repère aucune. Elle en conclut que tu as mal compris quelque chose. Si les Dragonstone avaient voulu que tu sois ici, avec elle, ils l'auraient prévenue. Ils n'en ont rien fait. Donc, ils n'ont pas voulu que tu sois là. Conclusion : tu n'as rien à faire ici. CQFD ? Elle soupire intérieurement, renonce à expliciter sa pensée. Peu importe. De toute façon, si tu avais eu ton mot à dire, elle l'aurait su avant toi. C'est plutôt amusant, la façon dont elle voudrait te cantonner à ce que votre famille attend de toi au moment précis où elle-même commence à s'en éloigner. Ce qui est valable pour elle ne l'est pas pour toi. Et inversement. Ca a toujours été le cas ; dans l'autre sens depuis treize ans, d'accord, mais ça ne change rien. C'était injuste pour elle, maintenant ça l'est pour toi. A partir du moment où on accepte l'inacceptable pour l'une, on peut bien l'accepter pour l'autre. C'est sur ces pensées, et avec le sentiment bien tranquillisant d'avoir remis toutes les choses à leur place, qu'elle enchaîne sur son inquiétude à te savoir ici. Ca l'emmerderait sacrément qu'il t'arrive quelque chose. Le plus simple, c'est que tu repartes. C'est trop dangereux pour qui n'est pas un vrai magicien, une vraie sorcière.

« D’ici à ce qu’ils le découvrent, j’en serai peut-être une. »

Un détraqueur aurait pu passer que ni l'une ni l'autre n'aurait bougé d'un centimètre. Visenya te darde du regard le plus froid qu'elle a en réserve. La colère gronde dans son ventre mais elle en est parfaitement maîtresse. Elle réfreine aussi sec l'envie de s'approcher, de te demander de répéter un peu, pour voir ; de lui redire ça en face, comme si tu venais clairement de sous-entendre que tu allais reprendre ta ; sa place. Alors que non, se dit-elle, lentement, pour se détendre un peu ; pour relâcher les bras qu'elle a croisés devant elle dans un geste agacé et autoritaire - pas du tout défensif, de quoi pourrait-elle bien avoir peur ? Non, tu veux juste avoir droit à ton gramme de magie. Comment pourrait-elle ne pas comprendre ? En considérant que ça implique de tuer des gamins, sûrement. Elle juge sa réponse très acceptable.
Elle sait bien gérer la colère, elle ne se laisse plus déborder par ses émotions depuis longtemps. Elle a même appris à en faire une arme, mais ici il n'y a aucun combat à mener, alors elle préfère s'en débarrasser. Ca fait longtemps qu'elle a gagné la guerre.
Son regard s'adoucit ; un peu. De toute façon, tu ne l'as pas croisé, tu regardes à côté. Ne crois pas qu'elle ne s'en rend pas compte.

« Et en attendant, Mordred me protège, je ne suis pas toute seule. Je suis avec ma famille. » Valkyria grince un peu des dents. Tu les as reniés comme ils t'ont reniée, alors ? Cette fois encore, elle fait semblant qu'elle ne comprend pas, même si le principe de prendre sa vengeance sur la vie, elle le saisit plutôt bien. Son expérience lui a pourtant appris qu'il y a certains combats qu'il vaut mieux ne pas mener. Et celui-là, t'es quand même sacrément mal partie pour le gagner. Quand ils t'ont abandonnée, ils ont dégommé ta vie. Et toi, quand tu as arrêté de les considérer comme ta famille, ils ne s'en sont même pas rendus compte. Même pas Valkyria. Elle mentirait si elle prétendait ne pas se sentir blessée par cette révélation. Et en même temps, lui souffle une petite voix - celle de Valkyria, peut-être -, en même temps à ta place, est-ce qu'elle n'aurait pas fait pareil ? Partir. Sur un bon gros allez tous vous faire foutre. Est-ce qu'elle n'aurait pas fait pareil ? Est-ce qu'elle ne ferait pas pareil, maintenant ? Elle fronce les sourcils, chasse ces pensées parasites. « Tu sais que je n’oserai pas interférer avec les plans des Dragonstone, ou me mettre dans tes pattes. Je suis là pour lui avec lui. » Pour lui avec lui parce que lui encore lui. Exaspérée, elle lâche un soupir qui cette fois traduit parfaitement le fond de sa pensée.

Très brusquement, tu lui fais salement pitié. Elle est carrément dédaigneuse quand elle reprend la parole. « Mordred. Ca t'arrive d'avoir un mot, une pensée qui ne soit pas dirigée vers lui ? » Ca la dépasse. Elle ne comprend pas qu'on puisse volontairement se placer dans une telle position de servitude, de dévotion. Ca la dégoûte, toute cette faiblesse, toute cette soumission. C'est pitoyable. C'est l'amour, qui fait ça ? Ca fait longtemps qu'elle a compris que ces histoires là c'était pas pour elle ; elle est au-dessus. Ce qui était l'une de ses plus grandes tragédies au moment de son adolescence la soulage à présent d'un fardeau qu'elle devine bien lourd. Elle n'aime pas et n'aimera sûrement jamais Matthew. Mais au moins elle conserve sa plus parfaite et entière indépendance. Si tant est qu'elle puisse se vanter d'être indépendante, sachant qu'elle est sur cette île sur ordre de sa famille, à l'autorité de laquelle elle ne peut se soustraire. Comme toi tu l'as fait, songe-t-elle, le ventre étrangement tordu. Elle crache, estomaquée autant par ses pensées que par ce que tu lui as dit : « J'ai pas complètement oublié, je comprends que t'aies voulu échapper à ça et te tirer de cette famille pour de bon » elle commence, d'un ton et d'un langage qui ne lui ressemblent pas - plus, en tout cas - avant de se forcer à reprendre un ton de voix un peu plus égal, bien que le mal ait déjà été fait. Elle continue pour ne pas relever, pour ne pas voir à quel point ce qu'elle vient de dire est une insulte à tout ce qu'elle représente : « mais remplacer une servitude par une autre, à quoi est-ce que ça te mène ? Ca te plait tant que ça, d'être rabaissée sans cesse, d'être dominée par le monde entier ? » Elle si elle était libre, songe-t-elle, avant d'étrangler mentalement celle qui lui souffle des idées pareilles. Il faut qu'elle s'arrête tout de suite. Qu'elle ne pense pas à elle ; mais à toi. Après tout, c'est pour ton bien à toi, qu'elle est en train de te dire toutes ces horreurs. Pas pour te faire payer la liberté à laquelle on l'a forcée à renoncer. Et avec le sourire, s'il vous plait. « Il serait peut-être temps que tu essaies de mériter mieux que ça. » assène-t-elle, acharnée. Tu lui dois bien ça, non ? Tu dois bien ça à Valk. Oui, tu sais, Valk ? Tu dois bien t'en souvenir, toi, tu peux pas l'avoir oubliée, refoulée, piétinée de toutes tes forces ; si y'a une seule personne par laquelle elle est peut-être encore vivante, c'est toi. Alors tu pourrais faire un effort. Visenya te remerciera peut-être, si elle ne s'est pas étouffée avec sa mauvaise foi d'ici là.
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Statut du sang : sang-pur, mais malheureusement incapable de faire de la magieMessages : 267Date d'inscription : 31/12/2015Localisation : à domovoï's rock, en train de comploter salement pour voler la victoire à ces gamins boutonneux
Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Mer 22 Fév - 0:41





we were in screaming color

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Asphalt voit bien qu’elle a réveillé quelque chose, mais elle est trop inerte pour avoir peur. Il est trop tard pour reprendre les paroles qu’elle a craché en faisant attention à les enrober de miel. Valkyria ne se méprend pas sur ses intentions, et la cracmolle est presque surprise en l’entendant revenir sur Mordred plutôt que de lui infliger la correction qu’elle mérite pour oser parler ainsi. « Mordred. Ca t'arrive d'avoir un mot, une pensée qui ne soit pas dirigée vers lui ? » Evidemment que non, pense la Dragonstone, avec étonnement. Comment concevoir la chose autrement ? Son amant lui donne une raison de se lever tous les matins, il lui donne un but final à accomplir, de la chair dans laquelle planter ses ongles, quelqu’un devant qui se cambrer. Elle ne fait pas que donner, avec Mordred, et c’est ça que les gens n’ont jamais l’air de comprendre ; elle reçoit, et souvent, elle reçoit plus qu’elle ne donne. Elle-même n’a commencé à le comprendre que quelques jours auparavant. Asphalt ne veut pas se donner la peine d’expliquer à Valkyria de quoi il en retourne, ce que ça fait de cramer de l’intérieur et d’y prendre plaisir, de se laisser consumer, doucement, délicieusement. Elle ne pourrait pas comprendre. « J'ai pas complètement oublié, je comprends que t'aies voulu échapper à ça et te tirer de cette famille pour de bon » La Dragonstone se retient avec peine de froncer les sourcils, mais il est crucial qu’elle reste de marbre lorsqu’elle entend la référence au passé. Valkyria n’en parle jamais, elle déteste ça. Personne n’en parle, en réalité, même pas les parents que la jeune femme a eu, fût un temps, avant d’être reprise par ceux d’Asphalt. Jamais ils ne mentionnent leur fille ; la cracmolle a souvent soupçonné qu’un sort les obligeait à garder leur langue soigneusement sous contrôle, mais au fond, peut-être que c’est tout simplement plus facile que l’inverse. Accepter la réalité fait moins mal que de se raccrocher aux souvenirs, elle-même l’avait vite compris. Elle s’était trop brisée les os à se frapper la tête contre les murs la nuit, l’enfant délaissée, l’enfant dont personne ne voulait. L’enfant au secours de laquelle personne n’avait couru. « mais remplacer une servitude par une autre, à quoi est-ce que ça te mène ? Ca te plait tant que ça, d'être rabaissée sans cesse, d'être dominée par le monde entier ? » Valkyria est dure comme fer, elle tente de reprendre le dessus quand à la bavure qu’elle a laissé derrière elle avec la mention de comment c’était ‘avant’. Asphalt non plus n’a pas oublié, et pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander ce qu’elle penserait si jamais les rôles étaient inversés. Valkyria se serait-elle laissé arriver au bord du gouffre, en écartant les bras comme un oiseau, comme elle ? Se serait-elle laissé enchaîner, puis déchaîner, comme elle ? Se noircirait-elle les poumons, comme elle ? Se forcerait-elle à dire merci contre la chaussure qui la maintenant face contre terre, comme elle ? « Il serait peut-être temps que tu essaies de mériter mieux que ça. » Asphalt en est presque estomaquée. Toute sa vie, Valkyria a soigneusement veillé à ce que sa supériorité soit assise, et toujours en contrepartie de la servitude d’Asphalt. Celle-ci n’est pas naïve, elle sait que sa cousine ne peut pas être totalement au sommet tant qu’elle-même n’est pas complètement par terre. Ca a toujours été comme ça ; et au fil du temps, le réflexe a pris. Asphalt reste soigneusement au sol, creusant avec ses ongles pour se recouvrir de poussière, pour qu’il soit plus naturel, plus facile à Valk de porter la couronne. Et c’est la même personne qui tente de lui dire de se relever ?

La cracmolle serre les dents. Tout grince à l’intérieur d’elle. « Et comment le pourrais-je ? Je dois rester à ma place, rappelle-toi. Juste là où on m’a mise. » Par terre et à tes pieds. Comme tu le voulais. Comme tu en avais besoin. Asphalt voile à peine son sous-entendu. Elle n’a jamais voulu être reniée, elle, elle n’a jamais rien choisi. Valkyria pense t-elle qu’en claquant des doigts elle peut magiquement penser qu’elle mériterait mieux, alors que son visage est encore mouillé de tous les crachats de la famille Dragonstone ? Doucement, quelque chose se soulève à l’intérieur d’elle. « Tu devrais être la première à comprendre qu’une fois mise dans une case, il est difficile d’en sortir. » Eh oui, elle se doute bien, que ce n’est pas facile de jouer son rôle. T’as bien du comprendre, maintenant, qu’on t’a pas exactement fait un cadeau, ma jolie. Et pourtant, Visenya est obligée de jouer le rôle. C’est pour ça qu’on l’a embauchée, et elle a donné pleine satisfaction jusque là, alors pourquoi aurait-elle le droit d’être quoi que ce soit d’autre ? Asphalt, personne ne l’a autorisé à être autre chose que ce pourquoi on l’avait autorisée à vivre ; une distraction, un jouet. Et pourtant, laquelle des deux était la plus libre ? La jeune femme siffle moins, et montre plus de velours. « On joue avec les cartes qu’on nous donne, Visenya. Au moins Mordred me rend heureuse, et j’en suis reconnaissante. Peut-être que la soumission ne veut plus dire la même chose pour nous deux. » Elle le pensait du plus profond de son être ; c’était ainsi, dans les bras de Mordred, qu’elle était heureuse. Qu’il porte la main sur elle pour lui laisser un bleu ou un suçon, c’était la même chose. C’était peut-être une façon d’être soumise, mais ce n’était certainement pas la pire.











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Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Ven 3 Mar - 1:43

« Et comment le pourrais-je ? Je dois rester à ma place, rappelle-toi. Juste là où on m’a mise. » Elle soutient ton regard, parce qu'il est hors de question qu'elle baisse les yeux devant toi ; plus jamais, jamais, jamais, elle l'a promis, juré sur tous ses ancêtres. Pourtant ça se tord un peu dans son ventre ; la culpabilité est là, et elle n'a pas réussi à s'en débarrasser totalement, malgré les années qui passaient et les heures dépensées à essayer de se convaincre que ce n'était rien que justice. Elle l'a toujours pensé : elle mérite cette place ; sa place. Et si au début, passées les premières semaines de malaise, te voir dans son pitoyable rôle de distraction lui a procuré une satisfaction absolument malsaine, le sentiment a fini par s'estomper. Elle se sent, à juste titre, supérieure à toi, à ce que tu es et à tout ce que tu pourrais bien faire de tes petites mains dénuées de magie. Mais jamais elle n'a souhaité qu'on te traite comme ça. Elle l'a toléré, parce qu'elle tolère tout à présent ; tout ce qui ne la place pas, elle, dans une position de faiblesse par rapport à quiconque. C'est peut-être aussi la raison pour laquelle elle a longtemps continué à te marcher consciencieusement dessus. C'était encore trop facile d'avoir peur de ce que tu as représenté pendant si longtemps, avant.
Aujourd'hui c'est différent. Elle ne prend aucun plaisir à écraser les autres ; t'écraser toi, ça ne l'amuse pas, ça ne la rassure pas - parce qu'elle n'a plus besoin d'être rassurée à ton sujet. Elle a besoin que tu restes en-dessous mais elle est assez persuadée de sa supériorité pour ne plus avoir peur que tu remontes assez haut pour la surpasser. A ses yeux, il y a une différence entre rester à sa place et continuer à s'enfoncer. Tu n'as pas mérité d'être traitée si mal mais tu n'as rien fait non plus pour te sortir de ta misérable condition. C'est trop facile d'accuser les autres de son propre malheur sans se remettre en question. C'est là qu'on t'a mise ? Bah fallait bouger. Tes chaînes sont moins lourdes que les siennes. Elle le sait, elle les a aussi portées. Elle n'a pas oublié, même si Valk n'existe plus.

« Tu devrais être la première à comprendre qu’une fois mise dans une case, il est difficile d’en sortir. » Son expression change brusquement ; et cette fois elle n'a pas eu le temps d'étouffer dans l’œuf sa réaction spontanée. La colère luit dans son regard plus fort qu'un feu de forêt au cœur de la nuit. Un peu plus et elle te giflerait pour oser lui parler de la sorte avec une telle insubordination ; pour oser te permettre de comparer vos vies, vos situations ; pour frapper si juste en plein milieu de la blessure béante et jamais recousue. La colère a toujours été son réflexe pour cacher la souffrance ; ce qui brille dans ses yeux, au final, ce sont peut-être ces larmes qu'elle ne s'est jamais autorisée à verser. Ce mélange écœurant de culpabilité et de satisfaction, de frustration et de reconnaissance. Combien de fois aurait-elle voulu vomir cette autre qui lui rend la vie impossible depuis qu'Adonis a osé la ramener des ténèbres dans lesquelles elle avait réussi à l'enfoncer. Plus profondément encore que là où elle se trouvait quand elle devait tenir ton rôle. Plus profondément encore que tu ne t'y trouves aujourd'hui. Mais maintenant elle est revenue et elle est là, elle la suit. Elle est dans ses frissons d'indignation, dans ses éclats de colères difficiles à étouffer. Dans les soubresauts de son être qui se tord à l'intérieur en se pendant avec ses propres entrailles. Aussi lourdes que les chaînes qui lui lient les poignets et l'accrochent à son devoir comme une ancre à son bateau. Même si elle a la tête sous l'eau, au moins elle ne coule pas au fond de l'océan pour de bon. Mais si elle avait pas les chaînes, bon sang, si elle avait pas ces foutues chaînes et ce putain de corps indésirable en plomb au fond des tripes, ça fait des siècles qu'elle se serait envolée. Alors elle conçoit pas ce que tu fais. Ce que tu te laisses devenir. Ca lui échappe, complètement. Et elle est intimement convaincue que ça lui échapperait même si Valkyria était encore son nom, et pas seulement son monstre à l'intérieur du corps.

« On joue avec les cartes qu’on nous donne, Visenya. Au moins Mordred me rend heureuse, et j’en suis reconnaissante. Peut-être que la soumission ne veut plus dire la même chose pour nous deux. » Peut-elle vraiment remettre ça en question ? Elle n'est pas sûre d'en avoir le droit. Tu fais bien ce que tu veux, n'est-ce pas ? Peut-être, peut-être pas. Visenya n'est plus sûre ; ou bien est-ce Valk qui se débat ? Qui l'empêche de se désintéresser de cette histoire ? Après tout, c'est sa vie que tu mènes. Et elle elle voulait d'autres choses. Elle voulait mieux que ça ; elle s'en foutait d'être heureuse, elle voulait juste être libre. Quand elle a pris ta vie, elle a cru que c'est ça qu'on lui donnait. Et au final elle s'est retrouvée écrasée et enfoncée dans son propre corps en perdant totalement le contrôle de sa vie, de sa personnalité. Valkyria elle n'est plus rien et toi t'étais la seule personne à pouvoir faire semblant qu'elle existait encore un peu. « C'est ça que t'appelles le bonheur, alors. » Ca sonne pas comme une question, mais comme un reproche plutôt. C'en est peut-être un, tout compte fait. Ca surprend Visenya mais c'est à peine masqué. Un sourire méchant retrousse ses lèvres. Elle ne fait pas exprès. Elle est obligée de dégueuler tout ça avant que ça recommence à pourrir. « J'sais pas comment t'as fait, mais franchement bravo. » Encore cette intonation bizarre ; sa mère trouverait ça vulgaire, inapproprié à quelqu'un comme elle. Elle avale des syllabes, elle crache presque, pas dédaigneuse comme elle devrait l'être ; mais plutôt hargneuse, comme une bête, un putain d'animal blessé. Quasiment crevé, en fait. « T'as réussi à devenir encore plus pitoyable que Valkyria. Ca te fait au moins une putain de victoire dans ta jolie petite vie de merde. »
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Ҩ Re: We were in screaming color || Asphyria Ҩ Lun 23 Oct - 12:24





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Visenya n’est pas calmée, Asphalt le sent bien, elle l’a trop provoqué, trop gratté avec ses petits ongles sur une plaie pas tout à fait refermée. Qu’importe les coups que l’héritière lui portait, la cracmolle aurait dû savoir encaisser sans broncher. Sans défendre maladroitement son petit bout de bonheur égratigné, peut-être la seule chose qu’elle a et que sa cousine n’a pas. « C'est ça que t'appelles le bonheur, alors. » Elle constate, Visenya, elle ne demande pas. Impitoyable et inflexible, elle veut sa victoire, elle veut en savourer le goût écœurant, et ne peut y avoir accès que si Asphalt n’a que celui que la poussière dans la bouche. a sonne pas comme une question, mais comme un reproche plutôt. C'en est peut-être un, tout compte fait. Elle est moqueuse, cruelle. La londonienne ne bouge pas, elle attend. Elle sait que Visenya n’a pas terminé, qu’elle a encore quelques coups à porter avant de pouvoir se sentir mieux. C’est elle, le réceptacle. Alors elle accueille la colère et le mépris de la jeune femme comme une vieille amie. « J'sais pas comment t'as fait, mais franchement bravo. » Asphalt sourit, le plus sincèrement possible. Faire semblant de ne pas comprendre que la Dragonstone se fout d’elle, essaie de la mordre et de la ronger par tous les bouts. Prendre le compliment quand le mot est donné. Ne pas sourire trop de travers, Visenya pourrait s’offusquer, prendre ça comme une offense. Faire le paillasson pour la rassurer. S’allonger même si ça brûle ; elle sait que pour éteindre l’incendie, sa cousine lui cracherait dessus. « T'as réussi à devenir encore plus pitoyable que Valkyria. Ça te fait au moins une putain de victoire dans ta jolie petite vie de merde. » C’est presque drôle, de voir qu’elles sont trois dans cette relation. Qu’aucune n’est exactement ce qu’elle était censée être. Il y avait l’idéal, la place sur le trône au sommet, et il y avait Valkyria, il y avait Asphalt. Une identité abandonnée, jetée, piétinée, pour pouvoir accéder à la place tant convoitée. Une autre identité créée, tout spécialement dans le but d’être abandonnée, jetée, piétinée. Avaient-elles l’une ou l’autre un jour réussi à être Visenya telle qu’elle aurait dû être ?

Valkyria a terminé, elle a encore un peu de venin au bord des lèvres ; elle attend l’effet du venin chez Asphalt. Qu’elle se courbe, affaiblie. Qu’elle aille rouler sous son talon. Mais Asphalt ne sait plus comment être sincère dans sa soumission aux Dragonstone, c’est bien ça le problème. Elle a oublié comment on fait, oublier comment être heureuse de lécher ses propres cendres sous leur regard satisfait. Ca sonne presque sarcastique quand elle reprend la parole, mais aucune méchanceté, aucun venin ne déborde de ses mots. Elle prend bien soin de ne pas regarder Visenya dans les yeux, de baisser légèrement la tête ; si elle ne se prosterne pas, le poids des dix dernières années lui fait quand même courber l’échine. « La seule qui compte, à mes yeux. Je te remercie de la reconnaître, ça compte beaucoup venant de toi. » Asphalt espère que Visenya la croira profondément stupide, assez naïve pour penser chacun ses mots qui sortent de sa gorge serrée, chaque syllabe qui s’extirpe du chemin sinueux entre ses cordes vocales. Ça a l’air facile, comme ça. « J’espère que les nombreuses victoires qui sont tiennes te rendent également heureuse. » Ca commence à piquer, elle sait que ça va faire mal, mais elle sait aussi que Visenya ne pourra pas le montrer si elle ne veut pas perdre la face. T’es bien arrivée là pour quelque chose, tu es là où tu es à condition de faire comme si c’était tout ce que tu voulais. Etre heureuse, après tout, c’est aussi une question de perspective. « Merci de ton temps, je ne voudrais pas en prendre plus que nécessaire. Nous nous reverrons certainement prochainement. » Comme ultime affront déguisé, Asphalt prend l’initiative de la fin de l’entrevue. Elle sait Visenya occupée, et elle la sait aussi prise au piège. Que pourrait-elle bien lui dire d’autre pour l’enfoncer ? A force de creuser, l’héritière devra se salir les mains, prendre le risque de déterrer ses propres squelettes, et évidemment qu’elle ne peut pas se mettre en danger. Asphalt la sauve aussi, d’une certaine manière. Elle n’a pas à lui répondre, elle n’a pas à sauver la face si il n’y a plus rien à dire. La cracmolle restera là où elle est, elle ne va nulle part, c’est le seul message qu’elle voulait faire passer. Elle est certaine que c’est chose faite. A présent, Visenya doit être celle qui tourne les talons. L’honneur lui revient, prouver qu’elle a le dessus, que c’est elle qui congédie Asphalt et pas l’inverse. Ainsi vont les choses.






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