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 Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï]

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Vainqueurs
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Vainqueurs

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 798Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï] Ҩ Jeu 3 Nov - 4:40

KILL THE BOY AND
LET THE MAN BE BORN

Did they send me daughters, when I asked for sons?


Meneur de clan.

Roman passait sa main sur la pierre qui avait gravé le symbole du clan sur la peau de tous les membres des verts. Il se souviendrait toujours de l’ancien meneur et de ses drapeaux, de ces cérémonies aux chandelles rappelant les cérémonies druidiques d’un autre temps. Tout comme les mages avant eux, Dolosteï et Krum avaient cru être intouchables. Les temps avaient changé, le vent avait tourné. Maintenant, les drapeaux volaient dans une autre direction. L’ancien empire s’était écroulé comme un château de cartes. Roman avait pris la tête du clan, avec la compagnie de ses deux meilleures amies. Il le savait, il était confiant, maintenant, il était invincible.

Il savait que sa position de vainqueur ne devrait le contenter, que certaines personnes s’entretueraient pour lui arracher la puissance que contenaient ses veines, mais il n’en avait cure. Que le monde entier tente de l’assassiner et il reviendrait encore plus fort. Roman réplique toujours, encore et encore plus fort, il est insidieux, toxique, même si on lui arrache sa magie et qu’on réussit à la faire couler dans d’autres veines, dans d’autres entrailles, il vous rendrait malade, il vous rendrait fou, il vous donnerait envie de vous arracher les cheveux en hurlant pour votre rédemption. Roman n’avait d’humain que sa carcasse. En lui, il y avait des ténèbres, mais pas celles dont on riait, pas celles que les Anglais avaient combattu, des ténèbres qui étaient plus fortes, fallacieuses, insinuantes, captieuses, qui le rongeaient de l’intérieur, qui lui permettaient de supporter toutes les mauvaises actions qu’il aurait à commettre pour parvenir à ses fins. Roman pouvait se salir les mains. Il pouvait tuer, blesser, mutiler, il l’avait fait, il le referait, il était Roi, mais il n’était pas le Roi Passif, il était le Roi Soldat, il était le Roi qui se battait à la tête de l’armée, pour montrer l’exemple, pour montrer qu’il était prêt à sacrifier son âme, son être, pour parvenir à la victoire.

Dans des termes moins éloquents et en invoquant les concepts de démonisme et d’égocentrisme, on lui avait formulé la même idée, on lui avait laissé entendre qu’on le laissait mener simplement parce qu’il pouvait supporter la magie noire de l’artefact, celle même qui avait coûté la vie à Nikolas Krum. Bullshit. Les Éclairs avaient eu besoin de lui pour réussir la quête, au point d’en oublier leur précieux concept de majorité. En invoquant l’état de nécessité, Roman s’en était bien sorti, il avait eu tout le pouvoir dont il avait toujours rêvé.

Mais maintenant, il comprenait que ce pouvoir tant désiré s’accompagnait de responsabilités. Une partie de lui avait envie de partir, de foncer vers son avenir, il était le nouveau leader du réseau européen de magie noire. Une fois les portes de l’institution franchie, un continent entier obéirait à ses ordres. Malheureusement, il ne pouvait pas quitter. Ce clan était une entrave, une ancre, et il ne se laisserait pas couler avec lui. Il quitterait le navire avant, il larguerait les amarres, comme une personne qu’il connaissait, il jouerait les filles de l’air.

Non, il ne se souciait de personne, il n’aimait personne, son clan était ridicule, ridicule face aux opportunités qui se présentaient à lui, qui n’attendaient que lui. Pour prouver à son mentor que le réseau valait plus que le clan, il avait tué une fille qui arborait le même sceau que lui, qui aurait dû être sous sa protection. C’est alors que le berger tuait sa propre brebis. Roman l’avait fait de main froide, sachant pertinemment que son champ de bataille était ailleurs. La culpabilité était venue, une fois qu’il avait posé sa tête sur l’oreiller.

Le matin, il s’était réveillé en se rendant compte qu’il n’en avait rien à foutre.

Il avait déjà commis des atrocités dont personne ne se souvenait. Il était remarquable pour la facilité avec laquelle il arrivait à échapper aux conséquences de ses actes. Le meneur savait aussi que la situation ne pouvait pas empirer. Depuis le début, on l’avait traité de monstre, parce qu’il était allé à l’école moldue, parce qu’il pensait avec son esprit avant d’utiliser sa magie et parce qu’il était un traître. Personne ne savait qu’il avait pris le contrôle du marché noir pour venir en aide à sa mère qui était gravement malade et celui du clan, pour son besoin de trouver l’artefact, pour son besoin de prouver sa force au monde. C’était chose faite, maintenant.

Il se rendait dans la salle de duels avec la tête haute. Il avait appris que la force est une question de croyance. Il suffisait simplement de penser que l’on était puissant pour véritablement l’être. C’était en croyant à son propre pouvoir qu’il avait réussi à écarter tous les principes de démocratie et de légitimité. Mais maintenant, il devait faire mine de se soucier de ses brebis en attendant de trouver une façon de prendre le large. Plus tôt dans la matinée, Roman avait donné un rendez-vous à Ielisseï dans la salle de duels. En le frôlant dans la salle de réception, il lui avait murmuré : « Quinze heures dans la salle de duels. » Avant de le regarder dans les yeux et de continuer froidement, en prenant la peine de bien articuler, l’accent serbe claquant à chacun des mots. « Pour une fois que tu as la permission de sortir, je te conseille de ne pas la contourner. Sinon, je te montrerai qu’il y a des monstres bien pire que toi. » Et avant de continuer son chemin, à voix encore plus basse. « N’oublie pas de venir avec une paire de couilles. »

Cette invitation n’avait pas été faite de gaieté de cœur. Si les Assaillants décidaient de s’en prendre à Voronov, Tatsikov leur dirait probablement de le conserver, de ne pas le rendre à l’expéditeur. Il était d’une faiblesse qui lui donnait plus que la simple envie de rouler les yeux. Ielisseï, aux yeux de Roman, était un superficiel, qui passait plus de temps devant le miroir à s’occuper de ses cheveux, que des affaires de clan.

Certes, il avait eu le droit à quelques démonstrations de force. Durant leur adolescence, la chose (elle ne possède pas de sexe défini après tout, il serait difficile d’utiliser d’un terme plus adéquat) et lui s’étaient livrées à des petits jeux dangereux. Ielisseï avait un certain talent en magie noire. Même si Roman n’aimait pas particulièrement cette dernière, il avait fait un effort pour répondre à son adversaire. Il avait fait des recherches, il avait même pris la peine de préparer une potion pour s’assurer que les plaies ne cicatrisent jamais. Ielisseï portait dans son dos les expressions artistiques du nouveau meneur des Éclairs. Ce dernier avait opté pour le mot « monstre », classique, direct, blessant quand on a le cœur d’une fillette de cinq ans, et le vagin d’une femme de vingt ans. Enfin, Roman, grâce à Ielisseï, avait appris qu’il sortait toujours innocent  de n’importe quel crime, qu’il sortait toujours gagnant de tout ce qu’il entreprenait.

Dans la salle de duels, il n’avait pris que sa baguette et une petite boîte, dans laquelle se trouvait un aspect de leur entraînement. En entendant des pas derrière lui, il se retourna. Roman fit un grand sourire à son camarade. « Je ne pensais pas que tu viendrais. » Il lui fit une accolade dans le dos, pile là où les cicatrices s’étalaient. « Je vais t’apprendre à contrôler la magie de l’Ox. Ce ne sera pas dans les livres que tu apprendras à le faire, et nous devons nous assurer de la contrôler le plus rapidement possible. » C’est nécessaire qu’ils apprennent à maîtriser leur puissance pour pouvoir protéger l’école. Une fois que les Vainqueurs contrôleraient l’afflux de pouvoir, ils pourraient s’en servir pour ériger des barricades ainsi que des sortilèges de protection. Pour ce faire, il fallait la participation de tout le monde. « Des petites questions avant qu’on commence ? » Roman ne regardait pas Ielisseï, afin de ne pas voir les traces de mutilation. C’était la nouvelle mode de se couper les poignets. Il faudrait leur dire, à tous ces imbéciles, que si l’on voulait réussir à se suicider, il fallait trancher à la verticale, pas à l’horizontale. Ielisseï était un monstre, il le pensait encore, mais pas un monstre dont on avait peur, plus un de ces monstres qui n’auraient pas dû exister, mal aimé de la nature, même pas foutu de naître comme un humain en bonne et due forme. Ielisseï aimait chanter, Roman comptait bien le faire déchanter.


(c) AMIANTE



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


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HOMINUM REVELIO ϟ
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Ҩ Re: Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï] Ҩ Mer 9 Nov - 19:22

Le brouhaha permanent de la salle de réception me donne mal à la tête, mais je résiste à l’envie de fuir une fois de plus. Le faire trop souvent, trop longtemps, ne fera qu’attirer une attention malvenue sur moi. Assis dans un coin, j’observe les groupes discuter, j’entends les quelques éclats de rire qui jaillissent ici et là, rares traces de gaieté dans l’ambiance souvent sombre qui pèse sur les lieux, ceux qui se reposent, ceux qui préfèrent s’isoler, les vainqueurs qui n’osent pas faire usage de leurs baguettes et les résistants qui organisent encore la protection du château. Je n’arrive jamais à me joindre à eux, à forcer la discussion, tout en sachant pertinemment que je ne peux rester pratiquement seul dans ces circonstances. Je suis le Chat qui s’en va tout seul. Ou presque.
— Seïa ?
Je souris.
— Soeurette.
Anastassia se laisse tomber à côté de moi. Elle fait la moue.
— Je suis trop grande pour que tu dises ça.
Dit-elle du haut de ses seize ans. Laisse-moi mes illusions, petite sœur. Au fond, je sais que par bien des aspects, elle est plus âgée que moi, plus responsable, plus mature. La morosité environnante ne semble pas l’atteindre, elle est toujours aussi vive et rayonnante. Et je me sens toujours aussi vampire quand je suis à côté d’elle, avide de cette lumière que je ne possède pas et qui m’aide à vivre, rend les choses un peu plus faciles. Mon soleil. Et moi, je suis une espèce de satellite qui gravite autour en prenant tout ce qu’il peut absorber, sans être lui-même apte à diffuser ce qu’il reçoit. Pas que j’ai grand monde à éclairer de toute façon. Un pli soucieux entre les sourcils, Anastassia m’examine de haut en bas, je lui retourne un sourire crâne, et la discussion glisse sur des sujets légers pour une fois.

Alors que je la quitte, on se faufile à côté de moi. Je me retourne brutalement. Roman Tatsikov. Le meneur des Éclairs, de mon clan. Sans doute l’un de ceux que je hais le plus parmi tous ceux qui rôdent dans cette salle. Sa voix claque, me donne rendez-vous au milieu de l’après-midi dans la salle de duels. Nos regards se croisent, je soutiens le sien sans faillir, sans rien montrer malgré l’insulte. « N’oublie pas de venir avec une paire de couilles ». Ses mots résonnent en moi tandis qu’il s’éloigne. Mes poings se serrent, ma bouche se tord en un pli amer. Roman, l’un des rares qui sachent ce que je suis vraiment, que ses paroles sont à prendre au sens littéral. Ou presque. Moitié, moitié, la vaste blague cosmique que s’est amusé à me jouer…le destin, le hasard, ou une quelconque divinité slave. Les paroles entendues tant d’années plus tôt sont restées gravées en moi. « Eh Voronov, montre-nous ce que tu as dans le pantalon ! », « Tu as perdu tes couilles…fillette ? ». Et les rires moqueurs… Ils ne savaient pas encore ce qu’ils allaient trouver, avant que la fillette devienne le monstre, l’erreur. La chose qui n’aurait pas dû exister.
Il y a monstre et monstre : d’un côté, les erreurs de la nature comme moi, les ratés, les cas où elle cafouille sans qu’on sache pourquoi, comme un sorcier fou qui s’amuse avec ses alambics et ses potions, les gens montés de travers, physiquement et psychologiquement, rouillés et cassés dès le départ ; de l’autre, les vrais monstres, ceux qui prennent plaisir à faire souffrir ceux qui leur tombent sous la main, cruels et sans scrupules, forts de leur pouvoir et de leur sentiment d’impunité. Quand on nous regarde, Roman et moi, il n’est pas difficile de savoir qui va dans quelle catégorie. Mon père aurait presque pu souhaiter que je ressemble à mon meneur, que j’aie son caractère. Presque. La proximité incompréhensible qu’a Tatsikov avec les Moldus suffirait à le refroidir. Malgré tout, Roman reste dangereux, je suis bien placé pour le savoir. Et il n’hésitera pas à mettre ses menaces à exécution si je ne me rends pas à son rendez-vous. J’hésite malgré tout. Qu’est-ce qu’il veut vraiment ? Mal à l’aise, je joue des épaules, comme si cela pouvait chasser les cicatrices… Pour une fois, je me sentirais presque en sécurité dans cette maudite salle. Qu’est-ce qu’il fera si je ne viens pas ? À part rendre les choses encore pires… M’empêcher de sortir ? Me rendre la vie infernale ? Et je n’ai aucun moyen de me défendre autrement que par moi-même. Sa parole l’emportera toujours contre la mienne, il me l’a déjà prouvé, agresseur resté impuni. De toute façon, je n’ai aucune envie de parler d’éventuels ennuis à un professeur : cela soulèverait trop de questions auxquelles je ne voudrais pas répondre, me ferait passer pour un peureux, et Roman s’en tirerait d’une pirouette comme il en l’habitude tandis que j’aurais l’air d’un affabulateur qui ne cherche qu’à nuire à son meneur.
Je serre les poings. Je ne suis pas un lâche. Pas complètement, du moins.

À mesure que l’heure passe, je deviens malgré tout plus fébrile. Absurde. Roman est meneur, il ne peut pas se permettre n’importe quoi. Sauf que personne d’autre que lui et moi ne le saura. Je me secoue ; inutile d’atermoyer maintenant que j’ai pris ma décision. J’irai. À l’heure dite, je me mets en route, armé de ma baguette, gagne sans encombre la salle de duels, sans croiser âme qui vive sur le chemin. Mes pensées vagabondent du côté de la quatrième année malgré moi. La façon dont nous nous étions opposés à l’époque. Comment tout cela a fini. Je serre les dents. Les cicatrices sont toujours là, toujours aussi importantes, toujours aussi nettes, dessinant en relief ce que je suis pour le reste du monde. Roman s’est assuré que je ne l’oublie jamais. Et certains jours, la douleur revient, jamais semblable à ce qu’elle a été, bien atténuée mais quand même présente. Trop de sport, de stress, des changements de temps, et ma peau commence à tirer, comme si elle devenait soudain trop étroite pour mon dos, comme si la brûlure acide allait se réveiller et qu’elle essayait de la fuir. Picotements, gêne, démangeaison, tiraillements, jusqu'à la douleur réelle… Mais rien à côté de ce que j’ai enduré. Ça non plus, je ne l’oublierai pas. Leurs voix résonnent encore. "Tu as mal, hein ? Dis-le, le monstre, avoue que tu as mal." Et les dents serrées à m’en faire mal pour ne rien dire, les larmes qui coulent. Et les rires encore, les moqueries parce que je n’arrive pas à les retenir, à ignorer la douleur, à être fort.
J’ai les poings serrés et les nerfs en pelote lorsque j’arrive devant la salle. Je prends quelques secondes, le temps de me calmer, de respirer profondément. Il ne te fera rien de plus. Je ne suis pas assez stupide pour m’abuser moi-même. Une dernière chose avant d’entrer, le regard sur mes manches qui couvrent mes poignets et descendent presque jusqu’à mes paumes – précautions élémentaires si je ne veux pas dévoiler les cicatrices verticales et horizontales qui marquent mes bras entre le poignet et le coude. Tout est paré de ce côté-là. Je finis par pousser la porte. Roman est déjà là, seul au milieu de la vaste salle – je m’en assure d’un rapide coup d’œil avant de refermer la porte, avec la pénible impression de m’enfermer moi-même. Il a sa baguette et une boîte que je ne reconnais pas. Méfiant, je m’avance vers lui à pas prudents. Il me sourit, avoue qu’il ne pensait pas que je viendrai.

— Je ne suis pas un lâche, Tatsikov.

Je retiens de justesse un pas en arrière, mais ne peux m’empêcher de me raidir brusquement lorsqu’il me donne une accolade. Sa main tape sur les cicatrices. Ne me touche pas ! Je grimace, espérant qu’il s’éloignera vite, qu’il mettra ma crispation soudaine sur le compte des souvenirs et non sur le fait que je ne supporte plus qu’on me touche. Son geste ravive ma mémoire, la baguette qui tranche la peau, semblable à un couteau aiguisé à la perfection, le sang qui coule, encore et encore, et la douleur brûlante, ardente, jusqu’à devenir insoutenable lorsqu’il verse sa maudite potion sur les plaies, me donnant l’impression de prendre feu. Je secoue la tête, me raccroche au présent. Aux paroles de Roman. M’apprendre à contrôler la magie de l’Ox ? Je fronce les sourcils. Personne n’en est capable pour le moment – et cela m’enlève un de mes atouts les plus précieux. Une fois remis de mes blessures – enfin aussi remis que je pouvais l’être, avec ces marques aussi affreuses qu’au premier jour –, j’avais juré que ça ne se reproduirait plus. Et je m’étais entraîné comme un fou, jusqu’à devenir un très bon duelliste, capable d’enchaîner les sorts rapidement, de réagir vite, de faire preuve d’inventivité. Mais maintenant… À quoi bon ces capacités puisque la magie de l’Ox ne répond à rien ? Que l’accumulation des sorts m’épuise ?
Des questions ? Au moins deux. J’évite de regarder en direction de la boîte, redoutant vaguement ce qu’elle peut me contenir. Roman est trop vicieux pour ne pas avoir prévu un coup tordu.

— À quel point est-ce que tu le maîtrises, toi ? C’est bien beau de vouloir donner des cours, mais si on en est au même point…

Je ne tiens pas franchement à ce que nous nous entretuions. Je poursuis :

— Qu’est-ce que tu as prévu exactement ?

Je reste vigilant, surveillant la moindre de ses réactions, le moindre geste qui signalera un passage à l’action.

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Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 798Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï] Ҩ Lun 26 Déc - 6:48

KILL THE BOY AND
LET THE MAN BE BORN

Did they send me daughters, when I asked for sons?


Le bruit permanent de la salle de réception ne remplacerait jamais les voix dans la tête du meneur qui lui murmuraient que sa place ne se trouvait nulle part ailleurs que sur le trône construit de ses propres mains. Pour l’atteindre, le blond marcherait sur les cadavres afin de se trouver en hauteur. Que ce soit ceux de ses amis ou de ses ennemis, cela lui importait peu. Que coulent la bile et le carmin. Que les lames et les larmes le happent. Du haut de son monticule, il fermerait les yeux et livrerait son corps aux éclairs. Non, il n’avait rien d’un vampire, le meneur, il n’avait rien d’un monstre. Ces carcasses ne lui donnaient que l’occasion de s’élever et de briller, le meneur ne se restaurerait jamais de quelque chose aussi infâme que l’essence d’un autre être vivant. Tout ce qu’il prenait lui appartenait, pas comme ces créatures qui se restauraient de la vie d’une vie pourrie, qui se contentait de ce qui leur était inférieures, détritivores, bactéries et excréments.

Il regardait la chose avec un éclat malveillant dans le regard. Il aurait aimé qu’il serre les poings comme il l’avait fait dans la salle de réception. Il aurait encore plus aimé que la chose lui jette un sort. Roman aurait aussi aimé un sourire. Il prenait de son temps pour lui apprendre à maitriser un pouvoir alors qu’il aurait pu se consacrer d’autres activités plus lucratives dans la salle de réception. Il eut seulement le droit à une grimace qui vint déformer les traits fins de la chose. On dit qu’il y a deux sortes de monstres, les erreurs de la nature et les fous, mais ce n’était pas si évident. Après tout, aucune proie n’existe sans prédateur. Qui doit-on accuser ? Le lapin qui sort de son terrier pour se livrer au renard qui meurt de faim ? Qui est véritablement mauvais ? Le prédateur qui tente d’apaiser un besoin ou le lapin qui fait miroiter un désir inatteignable ? Le dilemme se posait ici, même si Roman ne tenait rien du Renard, ni du Maître Corbeau sur un arbre perché.

En étant aussi vulnérable, en répondant aux attaques, c’était la chose qui avait assombri le cœur du meneur, qui l’avait poussé à apprendre une magie qu’il n’avait jamais voulu développer. Sans Ielisseï, Roman n’aurait jamais approché la magie noire. Il l’avait fait seulement pour avoir une arme face à une personne qui ne cessait de lui répondre avec des mauvais coups et des sorts disproportionnés. Ielisseï n’était-il pas le véritable monstre de l’histoire ? Roman était une erreur de la nature, une erreur que l’on avait laissé libre en pensant qu’elle se limiterait à une place dans un clan, mais qui avait grandi et grandi jusqu’à ce que les ronces formant sa couronne viennent étrangler le premier qui osait dire du mal de lui. Il était proche des Moldus, Roman, il était proche des Britanniques, il avait tenté de les inciter à rejoindre son clan, comme le ciel, il n’avait pas de merci, rien n’échappait à sa vue aussi perçante que le plus majestueux des aigles déployant ses ailes. Roman était un monstre.

Mais Ielisseï aussi.

L’agresseur, il observait l’agressé, il se rappelait les bons moments dans la salle de la classe. La baguette à la main, les lettres de feu imprimées dans le dos, la tête penchée vers l’arrière pour apprécier les fragrances exquises de la peau qui se consument. Il aurait pu devenir ivre de ce parfum, Roman, il comprenait maintenant le plaisir de la chasse aux sorciers des Américains. Il n’avait fait qu’écrire les lettres, mais il n’avait jamais prononcé les mots, les paroles s’envolent, les écrits restent, et dans ce cas-ci, c’était plus jouissif que jamais. Roman, dans cette salle de classe, avait donné sa première leçon à Ielisseï, et celles qui viendraient seraient plus importantes que jamais.

L’agressé, il avançait, ne t’en fais pas mon poussin, je suis bien seul. Roman, il avait l’habitude de travailler lui-même et il ne changerait pas, il avait fait des alliances, mais on ne change pas, Roman, on ne l’attacherait jamais, il était un électron libre, comme l’avaient déploré ses meneurs, comme l’avaient déploré ses suiveurs. C’est ce qui était fascinant avec Roman, son habileté à se détacher du monde, il vendait du rêve comme il avait vendu le mal au marché noir, s’entourant des meilleurs potionnistes de l’institution, détectant le talent latent au cœur de chaque individu. Ce ne serait qu’une question de temps avant qu’il n’étende son pouvoir sur l’ensemble du territoire européen. On murmurerait son nom dans toutes les langues. L’anglais l’enroberait où le français le chanterait, l’allemand l’adulerait où le russe l’enterrerait dans les honneurs, le blanc de mains jamais salies par le déshonneur. « Je ne suis pas un lâche, Tatsikov. » « Je sais. » se contenta de répondre le meneur sans baisser le regard. Il fallait toujours maintenir le contact visuel ; la première dérobade faisait pencher l’équilibre de la balance, la première dérobade était le bouclier levé en signe de défense. « Si tu étais un lâche, ce ne serait pas toi que j’aurais invité ici, mais bien quelqu’un d’autre. »  

Les mots ont un autre sens, le meneur dit sans le dire qu’il a une certaine estime envers la chose. Ielisseï a quelque chose qui manque au sein du clan. Le meneur le perçoit. Il avait choisi Tom comme son bras droit, mais Roman n’avait pas de véritable sentiment à l’égard du Britannique. Tom avait beau être un homme, mais cela ne changeait pas grand-chose. Il demeurait une arme qu’il pouvait perdre au combat sans en éprouver la moindre tristesse. Un garde est une personne que l’on pouvait se permettre de sacrifier. Wilcotts, Tatsikov pourrait le tuer et continuer à vivre sans en éprouver la moindre tristesse. Wilcotts, personne ne l’aimait, il avait autant d'intérêt aux yeux du meneur qu’un condom déjà utilisé. Voronov était différent, il lui donnait envie de gerber, de se frapper la tête contre le mur, mais il avait une force qui serait utile dans les évènements à venir. Par contre, en attendant que le louveteau fasse ses preuves, il fallait supporter ses conneries, et cela commençait par la période des questions.

« À quel point est-ce que tu le maîtrises, toi ? C’est bien beau de vouloir donner des cours, mais si on en est au même point… » Roman sortit sa baguette et se contenta de jeter un sort sans même le prononcer. Le Patronus émergea de la baguette avant de voler dans les airs. Le crocodile était d’une fumée compacte, argentée, paradoxalement, plus forte que jamais. Le meneur, il trouvait son bonheur dans l’atmosphère actuelle. Personne ne savait à quoi il pensait quand il faisait appel à ce sortilège, mais s’il parvenait à trouver de la sérénité dans les circonstances actuelles, c’était qu’il était pleinement menaçant.

« Qu’est-ce que tu as prévu exactement ? » « La guerre. » se contenta-t-il de répondre. Ton tranchant comme un couteau, il ne laissait place à aucun doute. Il claqua des doigts et le crocodile s’envola. Le meneur tournait autour de son soldat. Commencèrent les informations sur les premières offensives. « Katerina a été enlevée. Nous ne pouvons plus continuer à nous cacher. Nous avons eu des pouvoirs, alors nous devons apprendre à les maîtriser parce que nous avons à défendre cette école. Cette fois-ci, c’est à nous d’attaquer. » Roman prononçait ses mots avec une rare ardeur. Il ne le dirait jamais, mais il était affecté par la perte de Katerina. Elle avait tenté de le recruter dans son clan quand il était plus jeune. S’il avait refusé, il n’avait jamais perdu cette fascination et surtout, ce respect, pour la Reine des Glaces. Personne ne la remplacerait, encore moins une faiblarde telle que Pavlova.

« Tu sais pourquoi je t’ai choisi, toi ? » Il n’était pas du genre à donner des leçons particulières, Roman, il aimait beaucoup garder ses connaissances pour lui-même. En discuter ne le dérangeait pas, mais il n’instruirait jamais personne. Dans le cas de son camarade, les choses étaient différentes.  

« Avec ta tronche, personne ne croirait que tu représentes une menace. Je te connais suffisamment pour connaître tes compétences. Tu es un bon magicien et tu es un bon duelliste, mais il y a une chose qui te retient. » Roman, rien ne le retenait, ni la loi, ni les bons principes, c’était pour cela qu’il est aussi fort. « La peur. »  D’où cette petite boîte qu’il tenait dans ses mains. Un Épouvantard.

C’était le baptême du feu.  

Sans cérémonie, Roman l’ouvrit d’un coup de baguette.

 

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Ҩ Re: Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï] Ҩ Jeu 29 Déc - 15:43

Je m’efforce de ne pas flancher devant le regard de Tatsikov. Ce n’est pas tant la malveillance que je vois dans ses yeux qui me dérange – elle, je la connais, je l’ai déjà affrontée, non sans mal, non sans peine, cependant, je peux la gérer, plus ou moins – mais le simple poids de son regard ancré sur moi. Absurde. Il sait déjà et ne m’agressera pas… pas comme ça. Je ne cille pas ; je ne peux pas faiblir avant même que ça n’ait commencé, et tant que nous nous observons ainsi, ses yeux ne vont pas ailleurs. Je reste tendu, crispé, prêt à réagir à la moindre menace, au moindre mouvement suspect. Il ne m’aura pas par surprise.
Il faudrait que je me dénoue un peu, que je relâche la tension dans mes épaules, la prise trop serrée que j’ai sur ma baguette – l’attitude d’une proie prise au piège, qui sait qu’elle ne pourra pas s’enfuir. Pas la peine de lui donner plus d’avantages sur moi qu’il n’en a déjà. Nous nous sommes déjà affrontés. Et même si ça ne s’est pas fini de la meilleure façon pour moi – mon dos me le rappelle tous les jours, avec ces lettres affreuses, aussi brûlées qu’au premier jour, dessinant ce que je suis pour le monde –, ça reste dans mes limites, ça reste du domaine de la magie, ça reste supportable.

J’aurais quand même aimé avoir le pouvoir de devenir invisible pour de bon, de me fondre dans les murs, de n’être qu’un pâle fantôme pour les autres, pour ne plus supporter le poids de leurs regards interrogateurs, moqueurs, railleurs, ceux qui disent que je n’aurais pas dû exister. Ne plus supporter leur intolérance, leur haine. Me faire oublier, comme si je n’étais vraiment pas là. Impossible, évidemment. Ça aurait été trop facile. Pour autant, je n’ai jamais souhaité avoir un autre corps, avoir un corps « normal » selon leur définition, être véritablement une fille ou un garçon – ou juste un peu, juste quelques heures, juste le temps de voir ce que ça fait, la différence, s’il y en a vraiment une, le temps de comprendre pourquoi le mélange leur déplaît tant, pourquoi rien chez moi ne leur va, pourquoi je n’ai pas le droit de vivre comme je l’entends. Pourquoi ils me considèrent comme une erreur de la nature, alors que des monstres bien pires rôdent dans le château. Tatsikov en fait partie, de ceux-là, je ne suis pas sûr que quiconque d’autre que lui-même compte à ses yeux ; il appartient à ceux prêts à tout pour tirer leur épingle du jeu. Et l’apparence innocente qu’il se donne le rend encore plus dangereux que les autres. Je n’ai pas oublié qu’il s’est tiré sans mal de ce qu’il m’a fait, qu’il est meneur maintenant et qu’il a toujours la confiance des professeurs.

Avec un effort supplémentaire sur moi-même, je me décrispe un peu, histoire de manifester un minimum d’assurance. Cela ne trompera pas Roman, mais je me fais moins l’effet de me contenter d’attendre ce qu’il va m’infliger, ce qu’il a encore trouvé pour exprimer ses penchants sadiques. Nous nous affrontons toujours du regard ; je retiens un battement de paupière lorsqu’il me répond, surpris par ses paroles. « Si tu étais un lâche, ce ne serait pas toi que j’aurais invité ici, mais bien quelqu’un d’autre. » Un froncement de sourcil est ma seule réponse. J’hésite à comprendre le sens de ses mots ; je cherche le double-sens caché, le « mais » qui confirmera qu’il ne pense pas vraiment ce qu’il dit. Les rares compliments adressés par mon père n’en ont jamais vraiment été, ils cachaient toujours autre chose, un autre sens qui me ramenait plus bas que terre après m’avoir fait espérer un instant que, pour une fois, j’avais été à la hauteur. De la part de Roman, je ne m’attends pas vraiment à autre chose. Et je peux être lâche ; les longues cicatrices verticales sur mes bras sont là pour me rappeler que s’il y a des situations que je ne fuis pas, il y en a d’autres que je ne suis pas capable d’affronter. Pourtant, Roman s’arrête là.

Son Patronus corporel est parfaitement réussi – même en dehors de toute situation de danger, cela reste un succès, surtout avec l’Ox dans les veines et en informulé. J’hoche la tête. D’accord, il le maîtrise vraiment, bien plus que ce à quoi je suis parvenu, même en travaillant avec acharnement. Le catalyseur et mes efforts pour reconstruire le lien avec ma baguette fonctionnent, mais tout cela reste trop lent. Devant le crocodile, je préfère ne pas savoir à quel genre de sentiment joyeux Roman fait appel, ni ce qu’est un tel sentiment pour lui. Pas sûr que ça corresponde à la définition du commun des mortels.

Je pivote pour continuer de suivre Roman à mesure qu’il parle. La guerre. Bien sûr, elle est inévitable maintenant, nous en sommes tous conscients. Et au fond de moi, je ne peux qu’approuver les paroles du meneur. Je ne compte pas me laisser faire par nos ennemis, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du château. Pour autant…je me vois toujours mal participer à un groupe, d’attaque ou de défense peu importe. Trop solitaire pour cela, et je tolère de moins en moins d’avoir trop de monde autour de moi. Quoi qu’il en soit, Roman a l’air de prendre la guerre qui s’annonce à cœur, vu son ton.

« Tu sais pourquoi je t’ai choisi, toi ? »

— Non.

Il n’a pas de raison particulière de m’entraîner, pas plus qu’un autre membre des Éclairs plus sûr de lui, moins faible que moi. Ce sont pourtant encore des compliments qui viennent, le fait que je suis bon magicien et duelliste, des qualités qui sont le minimum attendu chez moi. Les derniers mots de Roman claquent. La peur. Je n’ai pas vraiment le temps de me dire qu’il a peut-être – sans doute – raison, que mon rapport à mon corps a toujours bloqué mes relations avec les autres. Dans un brusque sursaut, je réalise ce qu’il peut bien y avoir dans cette boîte. Je recule d’un pas.

— Ne l’ouvre pas !

Trop tard. L’Épouvantard jaillit de sa prison tandis que je recule encore, la main serrée de toutes mes forces sur ma baguette. Non. Je n’ai pas de mal à reconnaître la silhouette qui se dresse devant moi, nue. Moi et mon secret, moi et toutes mes bizarreries physiques révélées à la vue de tous, ce corps que je n’arrive pas à assumer face aux autres, que je cache à tout prix. Mon secret qui vole en éclat après tant d’années passées à le protéger, à faire semblant, à agir comme un garçon, à jouer la comédie. Mon secret disparu et les moqueries qui l’accompagneront forcément, la haine des autres accentuée face à une réalité qu’ils ne veulent pas admettre. Monstre. Erreur. Cinglé, détraqué. Taré. Les mots dansent dans ma tête, ceux que j’entends depuis toujours, tandis que je fixe l’Épouvantard, incapable de réagir. Un regard paniqué à Roman, avant de me reprendre un tant soit peu, et qu’une petite voix me rappelle qu’il est déjà au courant de toute façon. Je peux me débarrasser de… ça. J’en suis capable. Je peux le faire. Je vais y arriver. Je ferme les yeux une seconde, les rouvre.

— R-riddikulus !

Voix trop faible. Manque d’assurance. Crac. L’épouvantard change de forme. Cette fois, c’est un homme qui s’avance vers moi, le visage remplacé par une brume floue, mais je reconnais sa carrure, ses vêtements. Non. Un choc dans mon dos. J’ai tellement reculé que j’ai atteint le mur. Je m’y colle comme si je voulais y entrer. NON ! Je ne sais pas si je le pense, si je le dis ou si je le hurle. Pas lui. Pas lui ! Une voix rauque, marquée par le désir, résonne :

« Pourquoi t’agites-tu ? Allons, ne pleure pas… Tu en as envie… »

Non. Je ne veux pas, je ne veux pas, je ne veux pas. Je ne veux pas ! Un sanglot me secoue. L’autre s’avance, poursuit :

« Avec un tel corps… Tu ne demandes que ça, tu le veux. Tiens-toi tranquille… Tu n’attends que ça, Ielisseï… Laisse-toi faire… »

Ses lèvres sur les miennes, alors qu’il m’embrasse violemment et me plaque contre la porte ; ses mains sur mon corps, en train de me déshabiller, sur ma peau, ma poitrine, descendant vers mes hanches, puis plus bas encore, caressantes, avides, pressées ; le poids de son corps sur le mien alors qu’il m’écrase sous lui ; sa main qui défait mon pantalon… Les images affluent, tourbillonnent, aussi vives que ce soir-là. Je ne sais plus où je suis, de retour chez moi, face à lui. La nausée m’envahit, les larmes roulent sous mes joues. Mon souffle est heurté, trop rapide. Il est de plus en plus proche, de plus en plus imposant, sur le point de mettre les mains sur moi. De me toucher. De… Non, il n’avait pas réussi la première fois, il ne peut pas réussir maintenant… Je ne peux plus reculer, le mur est tout ce qui me tient debout.

— LAISSEZ-MOI !

Avec mon cri, la magie explose. La déflagration jaillit de ma baguette, balaye l’homme devant moi, la salle autour de nous. J’entends comme un claquement, une porte, le couvercle d’une boîte qui se referme, je ne sais pas. Mes jambes lâchent et je me laisse glisser le long du mur jusqu’à me retrouver assis par terre, secoué par les sanglots, le souffle court, haletant, la baguette toujours à la main. Je serre les dents, refoulant la nausée qui monte encore. Je dois résister, je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas me laisser aller, pas là, pas maintenant…

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Kill the boy and let the man be born [PV Ielisseï]

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