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 Trouble is never far away || Tom

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 580Date d'inscription : 10/08/2016Localisation : Somewhere
Ҩ Trouble is never far away || Tom Ҩ Lun 31 Oct - 15:14

Le parchemin craque tandis que je tourne la page. Mes doigts tremblent légèrement dessus. Rien d’autre que le crissement du papier et le souffle de ma respiration ne rompt le silence de la bibliothèque. Un silence lourd, pesant, qui recouvre tout de sa chape de plomb. Insupportable pour quiconque apprécie un tant soit peu le bruit et l’animation, mais je m’y sens bien. Il m’enveloppe et me protège, m’aide à calmer le flot noir qui roule sous ma tête, déjà en partie apaisé plus tôt dans la journée… La douleur des blessures sur mes bras se fait encore légèrement sentir, mais elle n’est rien à côté de la souffrance qui m’a envahi, au point que je n’ose pas encore retourner dans la salle de réception, malgré les heures déjà écoulées. Mes escapades durent rarement aussi longtemps, mais cette fois je n’ai pas eu le choix. Trop de choses dans la tête, trop de choses à évacuer, trop de noir pour que je puisse supporter la promiscuité des autres sans sombrer encore. Les couloirs vides de Durmstrang sont un refuge précieux, même si je sais que j’y risque ma vie. Mais entre ça et devenir cinglé là-bas, au milieu des autres, le choix est vite fait. Et je ne l’ai pas vraiment, au final. J’ai de plus en plus de mal à supporter l’ambiance de la salle, le vacarme permanent, les contraintes quotidiennes, le manque d’intimité qui m’oblige à ne pas me changer dans la salle, le monde surtout, le monde et ses regards, tout ce monde qui bouge sans cesse, qui me donne le vertige et la nausée. Sans compter l’épuisement lié à l’Ox, le pouvoir qui brûle dans mon corps, les mauvaises nuits, la tension et l’inquiétude permanentes… J’ai fui ce matin-là, à bout de nerfs, perdu dans des angoisses trop grandes pour moi. J’ai fui, ailleurs, pour évacuer le trop-plein, éviter la surcharge, pour que mon sang emporte avec lui une partie de mes tourments. Plus ou moins. Plutôt moins que plus, comme si la noirceur continuait à gagner du terrain, qu’il fallait plus de rouge pour l’entraîner, plus de douleur pour contrôler la souffrance, plus de marques sur ma peau pour tenter d’effacer celles qui brûlent mon esprit, plus de cicatrices sur ce corps que j’aime et que je hais.

Et maintenant, j’ai échoué là, entre les hauts rayonnages paisibles, sous le regard des lourds grimoires alignés. Sur les couvertures de maroquin rouge ou marron, les dorures des décorations brillent doucement. D’autres ouvrages émettent un éclat noir, sont entourés d’une aura trouble, annonçant à l’avance leur contenu. Je me sens bien parmi eux. J’ai choisi une petite table à l’écart, invisible depuis l’entrée, stratégiquement placée pour offrir plusieurs solutions de repli et me permettre de me fondre rapidement dans les travées si le besoin s’en faisait sentir. Ne jamais négliger ses arrières.

Silence et solitude. Un livre pour canaliser le flux de mes pensées – essayer, au moins. Je n’ai besoin de rien d’autre pour le moment. Je reste aux aguets cependant, à l’affût du moindre bruit qui trahirait la présence d’un intrus. J’imagine que les insurgés doivent utiliser les ressources de la bibliothèque, eux aussi. Prête à être saisie, ma baguette est posée à côté de moi, mais elle ne me sera pas d’une grande utilité en cas de rencontre. Ou peut-être que si, selon le bon plaisir de cette magie devenue aléatoire. Une nouvelle page crisse sous mes doigts. D’autres sortilèges défilent sous mes yeux, mêlant attaque et défense. Mais à quoi bon, tant que ma baguette ne m’obéira pas ? Aucun ouvrage ne peut m’aider à maîtriser le pouvoir de l’Ox, j’ai déjà parcouru ceux qui en parlaient au fil de mes recherches les années précédentes. Tous évoquaient sa puissance, les pouvoirs fabuleux, les mystères l’entourant, les hypothèses sur son emplacement. Aucun n’abordait les effets secondaires. Ignorance des auteurs ? Volonté de les dissimuler ? je ne sais pas.

Je change d’ouvrage, en cherche un sur lequel je pourrai vraiment me concentrer. Finis par trouver et me plonge de nouveau dans la lecture, jusqu’à sentir les tentacules noirs se replier petit à petit, la souffrance refluer sans disparaître. Le calme revient. Pour quelques heures ou quelques jours. Autant de gagné, avant de sombrer encore. Je ne sais pas quoi faire pour lutter, sans doute parce que je n’en ai pas vraiment envie. Je ne peux pas vampiriser la lumière de Stassia en permanence. Mais je dois me battre, pour elle.

Un bruit sourd résonne lorsque je referme le livre. Je le range, vérifie que tout est en ordre, que rien n’indique que quelqu’un est passé ici. Tout est bon. Je me faufile hors de la pièce. Dans les couloirs, les rayons du soleil couchant éclaboussent le sol d’or et de sang. J’avance à pas prudents. Me dissimule dans un renfoncement lorsque des pas viennent faire écho aux miens. Par chance, c’est un Iceberg que je connais. Lui aussi progresse avec précaution.
Je l’interpelle avant de sortir de ma cachette, histoire de ne pas me prendre un sort non contrôlé dans la figure. Il sursaute, mais se détend en m’apercevant. Je plaque le masque assuré habituel sur mon visage ; l’héritier des Voronov est chez lui partout, surtout dans les couloirs de Durmstrang, même dans les circonstances actuelles. Mélange d’assurance et de distance soigneusement cultivé, même si je sais qu’il a tendance à se fissurer ces derniers mois.

— Je me disais bien que ça faisait un moment que je ne t’avais pas vu dans la salle, lâche-t-il.

Je hausse les épaules.

— Besoin d’un peu d’air, comme tout le monde.

Il me scrute. Je ne cille pas face à son regard inquisiteur. Il ne pourra rien deviner de toute façon.

— Tu as l’air épuisé. Ne traîne pas trop avant de rentrer.


Sourire, un brin condescendant, pour lui montrer que ses éventuelles inquiétudes n’ont aucun fondement.

— Ne t’en fais pas pour moi, tout va bien. Ne traîne pas trop non plus !


Nous échangeons encore quelques platitudes cordiales, vaguement amicales, avant de nous séparer. Je reprends ma route, à l’opposé de la sienne, lorsque de nouveaux pas se font entendre. A-t-il quelque chose à me dire ? Mais non, ce ne sont pas les mêmes pas. Je pivote. Ce n’est pas l’Iceberg qui se tient derrière moi.
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang MêléMessages : 248Date d'inscription : 26/04/2015Localisation : ça te regarde ?!
Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mer 2 Nov - 14:42

Il faisait gris, à Durmstrang.

Non que le temps à l'extérieur ait pu avoir une quelconque importance pour Tom Wilcotts, mais regarder par les fenêtres lui paraissait bien plus douloureux que s'il avait pu y apercevoir un rayon de soleil. Le froid s'installait dans toutes les pièces, s'insinuait dans ses veines. La maladie le rongeant par dedans ne lui laissant aucun répit, Tom devait, souvent, trouver refuge devant les rares cheminées allumées. Malgré la proximité des flammes, pourtant, rien ne pouvait apaiser cette tourmente. Il grelottait, peu importe le nombre de degrés dans la pièce. Il songeait à cela, vaguement, en traversant les couloirs sécurisés par les résistants. On pouvait sortir faire un tour quand on était bras droit de l'un des meneurs ; c'était sans doute le seul avantage que Tom pouvait avoir de ce genre de statut. Les jours passaient, longs, inlassables, et uniformément ordinaires. Rien ne laissait présager une catastrophe ou une nouvelle zone de conflit. C'était beaucoup trop calme, et cela Tom le savait. Mais terminer entre les griffes des Assaillants ou capturé par les Insurgés lui paraissait bien dérisoire, en comparaison de la torture qu'il subissait maintenant chaque jour, et à chaque minute. Il se pencha en avant, au milieu du couloir, une main posée sur le mur de pierre, respirant avec difficultés. Il sortait souvent, pour ne représenter un danger pour personne. Il sortait souvent, dans l'espoir d'apercevoir Zakhar, même quelques instants. Il sortait pour ne plus jamais tuer le moindre être humain dans ce château. L'acte en lui-même l'avait répugné.

C'est faux, Tom, et tu le sais très bien. Tu n'as pas oublié l'exaltation quand tu as brandi ta baguette, l'excitation quand tu l'as touché, qu'il a hurlé... tu n'as pas non plus oublié ce sourire que tu as esquissé quand il est tombé de la rambarde... le seul regret que tu aies c'est que ce garçon que vous avez tué, Narzcissa et toi, c'était un résistant. Mais l'acte en lui-même ? Non, Tom, non... ne crois pas à un seul moment que tu sois capable de ressentir du regret.


Il posa une main sur sa tête, nerveux. Son front, brûlant, témoignait des nombreuses fièvres qu'il faisait depuis une semaine. Son mal de crâne était permanent maintenant ; et il savait que s'il ne trouvait pas une solution et vite, il risquait d'être condamné. Le départ de Milly avait été une déchirure, et l'avait précipité dans la confusion et le chagrin. Seul le sibérien vivant chez l'ennemi faisait tomber la fièvre et apaisait sa douleur. Inutile de dire, alors, que tout ce qui pouvait toucher de près ou de loin à une autre personne que lui le rendait aussi exécrable que pénible. Il poussa un long soupir, glissant une main dans ses cheveux. Puis il reprit sa marche. Tout était calme, de ce côté du château. Ceux qui avaient choisi de les protéger abattaient un travail de tous les instants pour prendre soin d'eux. Il fit quelques pas, près de la bibliothèque. Ce furent quelques éclats de voix qui l'alerta. Il y avait des gens ici. Ami ou ennemi ? Il n'en savait rien. Tirant sa baguette de sa poche (et sachant qu'elle lui serait, de toute manière, inutile) il progressa lentement dans le couloir, dissimulé dans l'ombre que les nuages projetaient entre ces immmenses et froids murs de pierre.

— Tu as l’air épuisé. Ne traîne pas trop avant de rentrer.
— Ne t’en fais pas pour moi, tout va bien. Ne traîne pas trop non plus !


Quelques mots échangés, et Tom put aisément reconnaître les deux silhouettes qui se tenaient près de la sortie de la bibliothèque, dans le couloir. Il serra les dents, soudainement d'humeur à jouer aux imbéciles finis. Ielissei Voronov discutait avec un autre Vainqueur, que Tom reconnut immédiatement comme un Iceberg. Son sang ne fit qu'un tour. Il attendit, accoudé au mur, que l'intéressé parte dans le sens opposé. Puis il suivit l'éclair.

Il n'avait spécifiquement rien contre Voronov, mais sa présence à elle seule représentait une gêne pour Tom Wilcotts, qui ne supportait pas sa vue. Il était pâle, chétif, insignifiant, et il avait ce quelque chose d'efféminé qui lui donnait aussitôt une intense envie de le cogner. Il avait toujours éprouvé le plus intense des mépris pour Ielissei. Pour lui, ce garçon n'avait rien à faire à Durmstrang. Ce garçon n'avait rien à faire dans une école de magie. Il était faible. Lui et tout ce qu'il pouvait représenter lui rappelait cruellement sa propre incapacité à contrôler ses émotions, ses pouvoirs, son corps. Tom qui s'était toujours cru parmi les grands, mais qui n'avait jamais été qu'un microbe dans un monde de paramécies. Inutile. Fragile. Cassant comme du verre. A chaque fois qu'il voyait le garçon, c'était cette image qui était évoquée en lui. Et cette idée lui paraissait insupportable. Les yeux rivés sur la silhouette s'éloignant dans le couloir, il le suivit, bien décidé à lui faire comprendre que croiser son chemin n'était pas la meilleure idée que Voronov ait pu avoir.

Il se retourna. Tom, les mains dans les poches, l'observa d'un air rogue. Tout chez le jeune anglais transpirait la maladie, l'instabilité, l'inconstance. Il était vulnérable. Mallory Edgerton avait encore maigri, et flottait dans sa tenue d'école, trop grande désormais pour ses bras malingres et ses jambes squelettiques. Son visage, ravagé par ce qu'il devenait, jour après jour, s'était trouvé creusé de rides bien spécifiques que portaient les gens atteints. Ses joues semblaient avoir disparues, et les cernes, profondes, paraissaient comme dessinées à l'encre noire sous ses yeux assombris par la colère. Il perdait ses cheveux. Malgré tout, il s'arrêta à la hauteur de Voronov, menaçant. Il était plus fort que lui.

Je serai toujours plus fort que ce minable effacé, qui vit dans les livres et ne parle à personne. Regarde-toi, putain de slave, t'es comme les autres, tu te crois fort mais tu n'as aucun talent... alors Tom, que fait-on ? Une piqure de rappel parait être la décision la plus intelligente à prendre...


"On peut savoir ce que tu fous en dehors de la salle de réception, Voronov ?"


Le ton, sec, claqua dans le couloir. Les mains dans les poches, il le toisa. Faible. Fragile. Méprisable. "Tu veux peut-être un coup de main pour ramener les livres dans la salle de réception ? C'est vrai qu'il n'y a aucun danger dans ces couloirs..." il désigna l'endroit, sombre, froid. Il frissonna, mais malgré son mal de tête, chercha à reprendre une certaine constance.

"Et le mec à qui tu as parlé, c'est un Iceberg au cas où tu ne le saurais pas. Tu sais ce que j'en pense, et ce que le Clan en pense. Il va peut être falloir que j'explique aux meneurs pourquoi t'as décidé de jouer les filles de l'air avec un Iceberg... il te plaisait, peut-être, ma mignonne ?"
Sourire en coin. Les Icebergs ? Des putains de ramasses-miettes. Si Ludmila n'avait pas été là, si cette putain de connasse n'avait pas eu de double sceau, JAMAIS ces idiots n'auraient eu accès au pouvoir de l'Ox. Aux yeux de Mallory, ils étaient interdits de séjour. Beaucoup d'Eclairs, par ailleurs, partageaient ce point de vue avec lui. "On rentre, et tu me suis. Et c'est pas une suggestion, c'est un putain d'ordre." ouais, un putain d'ordre, et si tu n'en veux pas ce n'est pas grave, on est prêts à te faire fermer ta putain de gueule à coups de bottes dans les dents. Tapette.

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 580Date d'inscription : 10/08/2016Localisation : Somewhere
Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mar 8 Nov - 19:49

Spoiler:
 

À peine la discussion terminée, je m’éloigne de l’Iceberg. Chat sauvage encore et toujours. « Tu as l’air épuisé » a-t-il dit. Si seulement ce n’était que de la fatigue et pas cette lassitude permanente qui me rend le monde monochrome, divisé entre des nuances de gris plus ou moins sombres selon les jours, selon les heures, éclaboussé de temps à autre par des nuances pourpres. Sans Anastassia, je sais que j’aurais recommencé. Qu’au lieu de couper horizontalement, les blessures se seraient faites verticales dans les lignes déjà tracées l’été précédent, dont les cicatrices se détachent encore sur ma peau. Et que cette fois, j’aurais tout fait pour qu’on ne me retrouve pas à temps. Je n’en peux plus et pourtant je dois tenir, encore et toujours. Pour elle, pour lui épargner ça. Mais chaque jour est plus difficile que le précédent, et j’ai l’impression de me noyer, sans jamais parvenir à remonter à la surface respirer un peu d’air. J’arrive de moins en moins à le cacher ; je le vois dans le regard un brin soucieux de certains professeurs, dans les moqueries des autres qui me trouvent encore plus faibles qu’avant, dans les voix inquiètes de ceux que je connais un peu plus. Parfois, j’ai juste envie de tous les envoyer promener, de leur hurler ce que j’ai sur le cœur. De hurler tout court jusqu’à ce que tout se déverse hors de moi. Je me contente de fuir dans les couloirs déserts, au cœur de ma solitude bien aimée.

Mes poignets pulsent toujours sous les boutons de ma chemise étroitement fermée, sous le pull dont les manches tombent presque jusqu’à mes paumes. C’est facile de les cacher, quand on passe déjà sa vie à masquer sa silhouette, à porter des vêtements un peu amples pour dissimuler des épaules de garçon, des hanches et des courbes féminines, à essayer de gommer toutes les erreurs pour avoir une allure présentable et acceptable aux yeux du monde. Et c’est tout aussi épuisant. J’ai souvent l’impression d’être un miroir, un reflet…d’imiter le monde réel pour mieux m’y fondre, tout en sachant que c’est une totale imposture. Copier les autres pour se conformer au modèle attendu, essayer de se faire passer pour un vrai garçon…j’ai beau essayer, les gens sentent l’entourloupe et préfèrent m’éviter. Ils doivent sentir le rôle, le masque, sans pour autant mettre le doigt sur la vérité. Heureusement pour moi. Et je continue mes représentations, mon jeu de comédien pour limiter au mieux les dégâts.

Ma tête brûle tandis que je m’éloigne dans le couloir, animé par un mélange de désespoir et de colère. Contre moi et contre le monde entier. Il faut que j’arrive à me calmer. Le soudain bruit de pas derrière moi ne m’y aide pas vraiment. Le temps de me retourner, je compose le masque habituel, celui qui cache mes tempêtes intérieures et me donne l’air indifférent au monde entier. Seule l’habitude m’empêche de me crisper lorsque j’aperçois Tom Wilcotts dans mes pas. Le panthéon slave m’en veut vraiment, pour que je tombe sur lui au pire moment ! Ces couloirs sont déserts en temps normal ; pourquoi tout le monde a-t-il soudain décidé de les arpenter ?
Je n’ai pas besoin de croiser son regard pour savoir le mépris qu’il éprouve pour moi et la violence qu’il retient. Il n’est pas ici depuis longtemps, mais l’inimitié a été présente dès le départ. Ma tête ne lui revient pas, et le fait qu’il compte parmi les proches de Roman Tatsikov suffit à me le rendre détestable. Qu’il devienne le bras droit du meneur des Éclairs était vraiment une des pires choses qui pouvaient arriver. Il me toise et je lui rends son regard, bien décidé à ne pas me laisser faire.
À mesure qu’il se rapproche, je constate les changements chez lui. Il a l’air malade. Le teint pâle, les vêtements trop grands, le visage marqué, les cernes qui lui donnent un regard de panda… On dirait presque moi dans mes plus mauvais jours ; c’est le genre de tête que je peux afficher en ce moment et c’est presque surprenant de voir une telle… faiblesse chez Tom. Pour autant, ma méfiance ne me quitte pas. Il serait bien capable de faire semblant pour que je baisse ma garde. La baguette dans sa main ne m’a pas échappé, et la mienne est prête à servir – je doute que nous en venions jusque là. L’Ox coule dans nos veines à tous les deux, et il y a des chances que nous nous entretuions mutuellement. Si ça me dérangerait pas particulièrement de voir Tom disparaître de ma vie, ce n’est pas non plus la meilleure solution par les temps qui courent. Autant éviter de se faire accuser de l’assassinat d’un prétendu allié.
Tom prend la parole d’une voix sèche, me demandant ce que je fais là.

— Je me promène. Les couloirs sont particulièrement agréables quand il n’y a personne. Et toi ?

La colère et le rôle que je tiens depuis des années m’aident. Je lui réponds comme si de rien n’était, comme si ce n’était qu’une conversation normale, banale, tout en insistant sur le dernier mot. Ce n’est certes pas cela qui le poussera à partir. Il ne me lâchera pas maintenant… Je m’en moque. Une part de moi espère presque la confrontation à venir, ce serait au moins l’occasion d’évacuer ce qui gronde en moi, de relâcher la pression d’une certaine façon. Non. Contrôle-toi. Ne lui montre rien, joue ton rôle. Mon père dit toujours que laisser échapper ses émotions dans de telles circonstances est un signe de faiblesse.

Sa proposition d’aide est ironique. Je le vois frissonner. Il a vraiment l’air malade, pas dans son assiette. Je l’examine plus attentivement. Ce n’est pas juste une fatigue passagère ; on dirait plutôt que quelque chose le ronge de l’intérieur. Une conséquence du pouvoir de l’Ox ou autre chose ? Je ne le connais pas assez pour décider, mais si cela le place en position de faiblesse, je n’hésiterai pas à en profiter.

— Eh bien, puisque tu proposes si aimablement de me servir de porteur, pourquoi pas ?


Je ne devrais pas. Je sais que je deviens impulsif quand mes idées noires prennent le dessus, que n’importe quelle distraction est la bienvenue même si elle consiste à me plonger dans des ennuis encore pires. Ce que je recherche d’un certain côté. Auto-destruction, paraît-il. La part de moi qui part en vrille dès qu’il y a trop de choses. Ce n’était vraiment pas le moment de croiser Wilcotts.

Sa haine des Iceberg suinte dans ces paroles suivantes. Comme si je ne savais pas à qui je parlais… Son sourire en coin et ses mots ne me choquent pas. Combien de fois les ai-je entendus au fil des années ? Fillette, mignonne, tapette… Monstre, cinglé, taré, erreur de la nature. J’en ai toute une liste pour qui veut, j’ai même de quoi créer un mini-dictionnaire de synonymes, histoire de renouveler un peu le répertoire. Les gens peuvent manquer d’imagination quand il s’agit d’insulter.

— Je sais parfaitement à qui je parlais, merci. Je me moque de ce que tu penses, Wilcotts, tu sais ? Je fréquente qui je veux, comme je veux. Quant à ce que je fais de mon temps, ça ne regarde que moi. Peut-être qu’il me plaît, en effet… Tu es jaloux, mon chou ?

Je laisse la phrase en suspens, avec un sourire en coin, qui veut tout et rien dire. Je n’aime pas jouer sur l’ambiguïté de mon orientation, parce que c’est un sujet sur lequel je suis trop peu à l’aise. Peu importe la personne pour qui j’éprouverai des sentiments, rien ne sera jamais possible. Et l’été dernier reste trop gravé dans ma mémoire pour que j’aie la moindre envie de fréquenter qui que ce soit. Mauvais plan. Je chasse les souvenirs du mieux que je peux. Ma respiration a commencé à accélérer, je reprends le contrôle. Inutile d’étaler encore plus mes faiblesses, de donner une prise supplémentaire à Wilcotts. En espérant qu’il n’ait pas perçu que ma provocation stupide a failli se retourner contre moi.

La voix de Tom claque de nouveau. Le suivre sans rien dire ? Aucune envie. Sa volonté de donner des ordres contraste avec l’apparence qu’il donne, comme quelqu’un qui s’essaye à jouer au fort sans l’être vraiment. Sans doute en partie pour cela que je n’ai jamais tenté de m’imposer : les faux forts donnent envie de tester leurs limites. Et à force de m’en prendre plein la tête, moi aussi je sais blesser.

— Mon pauvre Tom… Je comprends tout à fait que tu ne veuilles pas rester seul dans ces couloirs et que tu aies besoin d’une nounou, mais non…vraiment, très peu pour moi, j’ai autre chose à faire. J’espère que tu trouveras une âme charitable pour te raccompagner.

Un ton léger, condescendant, vaguement méprisant, qui dissimule toujours ce que je ressens vraiment. Si Tom ne me descend pas dans les cinq minutes, je crois que c’est Anastassia qui s’en chargera, si jamais elle a vent de cette histoire.
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang MêléMessages : 248Date d'inscription : 26/04/2015Localisation : ça te regarde ?!
Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Dim 11 Déc - 21:26

Le constat était plus que clair : Tom Wilcotts et Ielissei Voronov ne s'aimaient pas.

Non pas qu'une quelconque dispute ait pu engendrer ce type d'aversion, et Tom n'était absolument pas au fait de la vie privée de son camarade ; mais en l'observant il ne pouvait connaître qu'un constat aussi simple qu'évident ; la présence du slave le rendait nerveux. Se trouver dans la même pièce que lui était difficilement supportable. Tom en était là ; croiser le regard d'Ielissei était compliqué, et le ramenait systématiquement aux propres troubles qui rongeaient son esprit déjà bien trop tourmenté. Tom s'inquiétait que Voronov finisse par déchiffrer ce même genre de détresse. Lui qui avait toujours décidé de n'être qu'un personnage clé de l'Histoire, il ne pouvait supporter ceux qui se contentaient du peu et n'avaient aucun projet de grandeur. Tom filait au train des puissants et des ambitieux, sans s'apercevoir du problème ; ce problème étant qu'aucune magie ne pouvait engendrer l'intérêt. Tom ne serait jamais qu'un suiveur, l'un de ces hommes de l'ombre dont le nom n'apparaîtrait jamais que dans une simple mention sur une page racornie, et encore ; s'il avait de la chance. Alors s'acoquiner avec un raté comme ce mec ? Non jamais. Tom le fixait, en silence. La mâchoire contractée, aussi bien par la contrariété que par la douleur, il le toisa en silence, les bras croisés. Méprisant. Le regard qu'il jetait au jeune Eclair suintait le dégoût. Dégoulinait même.

Mais il nous regarde. Il soutient ce défi là, alors qu'il n'a jamais été qu'un minable. Il nous regarde, et c'est intolérable. Intolérable, tu m'entends... ?


Oui, effectivement, Ielissei ne baissait pas les yeux, et c'était tout à fait contrariant pour un garçon comme Tom, qui avait fini par s'accoutumer avec un plaisir malsain à la présence de Roman et à l'aura d'autorité qu'il générait. Être son bras droit était une chance. L'occasion unique de frôler le pouvoir. Mais la donne avait changé ; sa rencontre avec Zakhar et le lien qui les unissait avait été une charnière importante. Il était temps de se poser les bonnes questions. Tom fronça les sourcils. Mais déjà le garçon ouvrait la bouche, et son horrible petite voix le fit grimacer. A peine.

— Je me promène. Les couloirs sont particulièrement agréables quand il n’y a personne. Et toi ?


Parce que tu crois vraiment que je vais te le dire, espèce de pauvre type ?!

Il avait répondu sur un ton léger, presque condescendant. En simple réponse, Tom fronça les sourcils. Voilà que cet imbécile d'attardé mentale prenait une confiance abusive et s'amusait à le défier. Il serra les dents, déjà furieux alors que la discussion avait à peine commencé. La maladie jouait sur ses nerfs déjà fragilisés par le départ de sa soeur jumelle. Et par l'Ox. L'Ox qui amplifiait sa maladie, et risquait de le tuer. Tom savait que cet espèce d'imbécile l'observait, sous toutes les coutures, évaluant sa force. Et ce que voyait Voronov, il n'en doutait pas. Tom devenait une ombre. Colérique et malfaisante.

— Eh bien, puisque tu proposes si aimablement de me servir de porteur, pourquoi pas ?

- Fais attention, Voronov, siffla Tom d'une voix devenue rauque, enrouée par la colère. Ses doigts maigres se crispèrent sur le bois familier de sa baguette. Quoi qu'il put arriver, jamais Tom n'accepterait qu'on se moque ouvertement de lui. Raide comme la justice, il se tenait devant lui, prêt à frapper. Donne moi une excuse, une seule, et ta vie se transformera en cauchemar bien pire que ceux que tu as déjà pu connaître. Fillette.

— Je sais parfaitement à qui je parlais, merci. Je me moque de ce que tu penses, Wilcotts, tu sais ? Je fréquente qui je veux, comme je veux. Quant à ce que je fais de mon temps, ça ne regarde que moi. Peut-être qu’il me plaît, en effet… Tu es jaloux, mon chou ?


Il écarquilla violemment les yeux, posa la main sur sa baguette et la brandit. De quel droit ?! De quel droit se permettait-il ce genre d'insinuations ? Avec un sourire amer et cruel malgré ses yeux suintant de folie, Tom songea qu'il préfèrerait sans doute forniquer avec un Veracrasse plutôt que de poser un seul instant son regard sur un type aussi efféminé. Jamais il n'irait révéler quoi que ce fut de sa relation avec un insurgé ; pour lui, l'accepter était déjà une longue épreuve en soi. Le visage crispé par la colère, il écouta la suite, persuadé maintenant qu'il lui ferait passer la porte de la salle de réception les pieds devant. Il n'aurait qu'à préteter un malheureux incident, voilà.

— Mon pauvre Tom… Je comprends tout à fait que tu ne veuilles pas rester seul dans ces couloirs et que tu aies besoin d’une nounou, mais non…vraiment, très peu pour moi, j’ai autre chose à faire. J’espère que tu trouveras une âme charitable pour te raccompagner
.
- Je croyais avoir été très clair, pourtant."
la voix de Tom claqua devant l'air désabusé de son interlocuteur. Provoquer un duel serait stupide, mais Ielissei savait-il à quoi il jouait ? Pour qui se prenait-il ? Il le fixa, l'air mauvais, la main tremblante sur sa baguette magique. Il avait mal, et il était épuisé. Dans quelques jours, il quittera la salle de réception, et ils partiront tous les deux, Zakhar et lui, dès que l'occasion se présentera. Tant pis pour l'Ox. Tant pis pour la gloire.

Tu n'as pas le droit.

"C'est un ordre, pas un conseil, on rentre. Si tu veux te taper cet abruti tu n'as qu'à le faire là où c'est sécurisé, et surtout, SURTOUT, hors de ma vue." il grinça des dents, contrarié. Ce type n'était qu'un sombre con, voilà ce qu'il pensait. "Epargne moi la contrainte de devoir te ramener par la force, on perdrait du temps. Ce n'est pas que je n'apprécierais pas qu'ils te capturent, attention..." il leva sa baguette, horriblement calme mais menaçant. Le ton autoritaire contrastait avec la maigreur de son corps. Tom était épuisé. Sa respiration, courte comme celle d'un malade, ne laissait aucun doute sur sa vulnérabilté. "Mais Roman ne veut pas d'incidents de ce genre et les autres non plus. Si tu n'es pas capable de comprendre ça, tu es encore plus idiot que ce que je pensais. Ecrase maintenant, ferme-la." Ce n'était que de l'esbroufe bien sûr ; un duel avec Ielissei le rendrait cruellement affaibli. Il fallait éviter la casse et Tom agissait en bon primate : l'intimidation d'abord, le reste ensuite. Il lui jeta un regard noir. La baguette bien droite.
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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mer 21 Déc - 19:00

Spoiler:
 

Mon regard ne quitte pas Tom, analysant autant que possible son apparence, ce que je peux tirer de son attitude. Il a l’air nerveux, malade…faible, d’une faiblesse dangereuse, celle qui veut s’ignorer et se faire passer pour forte en s’en prenant à plus faible encore. Les pires et les plus ridicules. Comme si blesser moins fort que soi ou l’humilier était un signe de courage, de grandeur ou de je ne sais quelle vaine supériorité. C’est plutôt le signe des lâches… Et à mesure que je détaille Tom, je le trouve pathétique – autant que moi, si ce n’est plus, mais pas forcément pour les mêmes raisons. Ce serait presque drôle de le voir ainsi, si la situation ne menaçait pas de déraper à chaque seconde qui passe.
Il me rend mon regard ; le sien dégouline de mépris et de dégoût, comme si je n’étais qu’une chose répugnante malheureusement placée sur son chemin. Un regard qui ne me fait plus vraiment d’effet, ça fait presque dix-neuf ans que je le croise sur le visage de mon père et régulièrement sur les visages d’autres étudiants ou de personnes de mon entourage. Ce regard qui me dit que j’aurais mieux fait de ne pas exister, de ne pas être là. Comme si mon existence les dérangeait tout particulièrement, bousculait leurs petites certitudes. Avec le temps, on s’habitue. De même qu’à être détesté ou ignoré dès le premier coup d’œil, parce qu’on sort de  la norme. Rien ne nous a jamais vraiment opposé, Tom et moi, pas de dispute, de coups fourrés, ou quoi que ce soit d’autre, juste ce mépris viscéral chez lui, comme s’il ne supportait pas la faiblesse des autres. Comme si cela le renvoyait à sa propre fragilité…

Je ne quitte pas Tom des yeux, et je ne les baisse surtout pas face à lui. Ça l’agace, c’est visible. Je sais que je dois rester prudent, ma magie m’échappe encore beaucoup, fonctionne seulement lorsqu’elle y pense – rarement. J’essaie de réapprivoiser ma baguette comme l’a suggéré Oskar, mais cela prend du temps. Et je ne suis pas vraiment en état de me battre, pas avec assez d’idées noires pour repeindre une partie du château, pas avec les blessures qui courent le long de mes bras, tout juste assez cicatrisées pour ne pas saigner encore et ne pas tacher mes vêtements. Je les sens toujours. Pourtant, c’est précisément cet état qui me donne envie d’en découdre, de libérer une partie de la pression qui bout en moi, cet état qui me fait penser que je ne crains plus rien, que je n’ai rien à faire de ce qui peut m’arriver. Et que si c’est douloureux, tant mieux.
Cependant, si les choses dérapent vraiment, j’aurais de quoi résister. Ce n’est pas pour rien que je me suis entraîné pendant des années à me battre, jusqu’à devenir un très bon duelliste, avec les réflexes adaptés. Quitte à être seul, autant se donner les moyens de ne pas trop subir la vindicte des autres – la leçon de la quatrième année a été durement apprise, mais je ne l’oublierai jamais.

Mes premiers mots lui tirent une grimace. Évidemment. Pas de grosse voix bien virile. Il me répond d’un froncement de sourcils. Vive la communication. Je sais que je ne devrais pas me montrer aussi détaché, aussi moqueur, mais il y a trop de choses qui s’emmêlent et qui veulent sortir. Mes remarques ironiques finissent par m’attirer un avertissement. Fais attention ? Mais je n’en ai pas envie, pas là, pas maintenant. J’en ai marre. Marre. J’ai juste envie d’exploser, de tout envoyer promener. De faire des bêtises, peu importe les conséquences. L’enfermement qui dure depuis presque deux mois, l’obligation de rester avec les autres sapent mes résistances. Je n’en peux plus.
Ses doigts se resserrent autour de sa baguette, et je change légèrement ma prise sur la mienne, prêt à tomber en garde, à parer le moindre sortilège. Il ne m’aura pas par surprise. Il exsude la menace, je peux le sentir même à quelques pas de lui, comme s’il n’attendait que la première occasion pour frapper et blesser.

Je souris largement en voyant sa réaction à ma remarque sur son orientation. Non qu’aborder le sujet me plaise : je l’ai toujours évité, bien conscient que là non plus je n’entrais pas dans les bonnes catégories, et depuis l’été dernier, je ne suis pas près de laisser quiconque s’approcher de moi. Mais la réaction de Tom, son indignation… mon sourire s’accentue. Qu’il le prenne mal, bien fait pour lui !

— Tu as été clair. En revanche, je crois que tu n’as pas compris ma réponse.

Ou alors, il s’en fiche. Fort possible. Quoi qu’il en soit, je ne le suivrai pas. Sa main tremble, trahissant sa nervosité, le rendant peut-être plus dangereux encore. Tant pis, il trouvera à qui parler.

"C'est un ordre, pas un conseil, on rentre. Si tu veux te taper cet abruti tu n'as qu'à le faire là où c'est sécurisé, et surtout, SURTOUT, hors de ma vue."

Pour le coup, il me fait rire pour de bon, un rire un peu grinçant, mais un rire quand même. Ainsi, Wilcotts ne supporte pas de voir deux garçons ensemble ? Peut-être que ça porte atteinte à sa virilité ou à son complexe de supériorité. Ou alors, il refoule ses sentiments. Va savoir. Je préfère quitter ce terrain un peu trop glissant.
Il enchaîne sur le couplet des menaces. C’est presque lassant, à force. Je tombe en garde en le voyant lever sa baguette. Autant le prévenir que je ne me laisserai pas faire.

— C’est réciproque, rien ne me ferait plus plaisir que de te voir entre les mains des Insurgés. Ça nous ferait du bien à tous.

Quant à Roman et ses fichus ordres…

— Roman peut se mettre ses ordres où je pense. Je t’ai dit que je ne rentrerai pas avec toi, et je ne te suivrai pas. Trouve-toi une autre victime si tu veux absolument essayer de démontrer que tu as un minimum d’autorité… Ce qui n’est pas le cas. Tes menaces ne me font aucun effet. Elles te rendent même plutôt ridicule, si tu veux tout savoir. On dirait un gosse capricieux.

Comme s’il criait pour avoir le jouet qu’il vient juste de découvrir dans un magasin. Face à Roman, j’aurais peut-être cédé, parce que je ne tiens pas à me le mettre encore plus à dos – haha – et qu’il est de toute façon meneur, que ça me plaise ou non. Mais Wilcotts ? Hors de question.
Toujours en garde, je me contente d’un geste de la main, comme pour l’inviter à déguerpir. Qu’il attaque le premier s’il veut, il ne me poussera pas à la faute.
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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mar 24 Jan - 15:57

— Tu as été clair. En revanche, je crois que tu n’as pas compris ma réponse.

Sale type. Quel horrible sale type.
Tom serre les dents dans le silence. La main tremble sur sa baguette, cette baguette en laquelle il n'a plus aucune confiance. Elle l'a déjà trahi un nombre de fois suffisant pour qu'il n'ait pas envie de s'en servir ; bien que, il peut l'admettre, faire du mal à Voronov lui offrirait un soulagement bien plus que certain. Dans la pénombre, il fronce les sourcils. Oui, bien sûr. Lui faire du mal serait une porte évidente de sortie.

Tu te souviens quand tu as tué le Résistant, Tom ? Avec la fille, Narcisza. Tu as eu peur, Wilcotts, mais si tu fais le calcul, est-ce que tu crois que c'est le dégoût et la terreur qui l'ont emporté sur le plaisir de faire souffrir, ce soir là ?


Tom frémit, à peine. Le murmure de son esprit point lentement, au diapason de sa colère. Si la présence de Zakhar suffit à l'apaiser, lorsqu'il est seul, ce n'est pas vraiment le cas. Il ferme les yeux, le temps seulement de reprendre une respiration, courte, difficile. Puis il lève le nez, et envoie rapidement la suite. Ielissei peut bien faire le malin autant qu'il le veut, Mallory est devenu le bras droit de l'un des meneurs. Quoi qu'il puisse penser, il en a, de l'autorité, et il n'hésitera pas à s'en servir. Il ignore la remarque, la mâchoire crispée par le mépris. En songeant de plus en plus que s'il jetait un sort, les choses seraient beaucoup plus faciles. Rapides, expéditives. Il n'en ferait qu'une seule et grande bouchée, de ce sale petit merdeux.

Il se met à rire. Un rire aigre, désagréable. Tom écarquille les yeux de surprise. Ce sale petit cancrelat se moque de lui, en prime. Il lève sa baguette. Face à lui, Ielissei fait de même. Cet élan de courage n'est pas vraiment habituel pour quelqu'un comme lui. Il a toujours été... fragile. Désespérément stupide. Bête à manger du foin, bref, un garçon dont tout le monde se passerait, un garçon qui n'a pas sa place dans la cour des plus grands. Un peu comme ce petit anglais qui le fusille du regard, les cheveux collés aux tempes, des idées noires plein la tête.

Il te suffirait d'un seul sort, tu sais Tom ? Un seul et ce serait terminé. Au pire, tu n'auras qu'à prétendre l'avoir trouvé mort. Qui pourrait seulement ne pas te croire ? As-tu la confiance des meneurs ? Jusqu'où irait ta loyauté envers ton clan ? Tu pourrais simplement le faire taire, ce serait tellement simple.


— C’est réciproque, rien ne me ferait plus plaisir que de te voir entre les mains des Insurgés. Ça nous ferait du bien à tous.

Qu'est-ce qu'il en sait, exactement ? Un rictus se dessine sur les lèvres sèches de l'éclair. Parmi les insurgés, il y en a au moins un qui le protègerait des autres, c'est une certitude. Zakhar ne laisserait personne lui faire le moindre mal, et cela maintenant, il le sait. Lui en revanche... Si Tom le lui apporte sur un plateau, Zakhar n'en fera qu'une seule et simple bouchée. Il ne sait pas à qui il s'attaque.

— Roman peut se mettre ses ordres où je pense. Je t’ai dit que je ne rentrerai pas avec toi, et je ne te suivrai pas. Trouve-toi une autre victime si tu veux absolument essayer de démontrer que tu as un minimum d’autorité… Ce qui n’est pas le cas. Tes menaces ne me font aucun effet. Elles te rendent même plutôt ridicule, si tu veux tout savoir. On dirait un gosse capricieux.


Tom ignore ce qui l'énerve le plus dans le geste suivant. Il ignore si ce sont les mots ou le geste négligeant de la main qu'Ielissei lui envoie qui le fait avancer d'un pas. L'air autour d'eux se fait plus lourd ; car la maladie de Tom dégage un pouvoir, un pouvoir tel qu'il a attiré l'attention de l'un des garçons les plus dangereux parmi les Eclairs. Roman a prétendu que c'était un don. Et si Tom est convaincu qu'il s'agit bien plus d'une terrible malédiction, s'en servir ne lui pose pas vraiment de problème. La baguette de Voronov est toujours bien levée, mais Tom baisse la sienne. Son sourire est celui d'un fou. Il a chaud, il transpire. Dans son esprit tourmenté, il y a un appel, et un simple. Celui du sang. Comment peut-il seulement se permettre de lui parler sur ce ton ?

- Te serais-tu découvert un problème avec l'autorité, Ielissei ? Oh ne prétends pas que je n'en ai pas, tu sais que ce n'est pas vrai. En tant que bras droit de Roman, je peux te forcer à rentrer si je le veux. T'attaquer à moi, cela reviendrait à recevoir une punition en passant la porte de la salle de réception. Qui sait, tu pourrais même être banni, je ne sais pas...


Une pression. L'air se raréfie autour de son interlocuteur. Sa respiration s'accéllère, il le sent. Auparavant, seules ses crises déclenchaient ce genre de phénomène. Mais aujourd'hui, il vit dans une crise permanente. Aujourd'hui, approcher Tom relève du suicide, tout simplement. La plupart de ses camarades le savent, voilà pourquoi il reste aussi seul. Il se penche, sans cesser de sourire. Le sourire malveillant de quelqu'un qui n'a rien à perdre. Presque rien.

- Qu'est-ce que tu cherches à prouver, dis-moi ? Que tu es devenu plus fort, plus intelligent, que plus personne ne te marchera sur les pieds ? Je t'en prie... regarde toi. Sous tes airs de rebelle, tu seras toujours la fiotte que les gens raillent en la croisant dans les couloirs... qui cherches-tu à impressionner au juste ?
Qu'on mette les choses au clair, et vite. Il va commencer à chercher de l'air, sauf s'il recule. Car Mallory ne fera pas le moindre pas en arrière. Il est faible. Mais l'animal blessé est bien plus dangereux que celui qui peut courir sans risquer d'y laisser une patte. Ou sa force mentale. Personne n'est dupe, Voronov. Ce n'est pas parce que tu te donnes des airs de rebelle que tu en es un. Alors s'il te plait, sois gentil. Pour ta santé physique et mentale, il vaut mieux que tu choisisse l'option de facilité et que tu me suive. Je n'ai pas du tout envie de me battre avec toi. Et tu n'en as pas envie non plus, crois-moi.

Il n'y a pas de menace dans le ton de Tom, mais un constat. L'éclair range sa baguette, mais la magie malade qu'il irradie ne s'arrête pas pour autant. L'Ox a décuplé sa souffrance. Et combattre ce petit rat serait une idée bien ridicule. Honnêtement mon vieux, quand tu ne sais ni à qui ni à quoi tu t'adresses, il vaut mieux rester silencieux.

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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Jeu 2 Mar - 22:54

Spoiler:
 

Je ne quitte pas Tom du regard, en veillant cependant à ne pas oublier de cligner des yeux. Il n’y a que les idiots et les amateurs qui se lancent dans des batailles de regard en pensant qu’un battement de paupière trahit une victoire ou une défaite. Je reste sur le qui-vive, prêt à réagir à la moindre menace. Il n’aime pas ce que je lui dis et une part de moi s’en réjouit ; tant pis pour lui ! Sa main tremble sur sa baguette, il est tendu, crispé, toujours l’air malade. Je ne sais pas si c’est l’Ox qui provoque cet effet, mais pour une fois, ça me ravit de le voir dans cet état. Mais même affaibli, il reste dangereux.

Ce n’est pas son autorité que je redoute – une autorité qui repose sur la violence et les menaces n’en est pas une, c’est juste un moyen de cacher faiblesse et lâcheté. Sans Tatsikov, Tom n’aurait pas été grand-chose, un élève comme un autre ; seule l’ombre de Roman le fait exister. Et même ainsi, il n’a pas l’aura d’un bras droit de meneur, il n’a pas l’étoffe d’un vrai chef, juste celle de ces petits chefs qui se croient tout permis parce qu’on leur a mis une once de pouvoir entre les mains. Ridicule et pathétique. Je suis peut-être – sans doute – faible aussi, mais je ne ressens pas le besoin de courir après les puissants pour mendier une partie de leur prétendue gloire. Les pensées se bousculent dans ma tête, tandis que je garde mon attention fixée sur Tom –et que j’ai l’impression de le découvrir tel qu’il est vraiment pour la première fois. Un sale type, avide de reconnaissance, mais incapable de l’obtenir par lui-même. Un faible.

Le mépris qui suinte de lui me ferait presque rire ; il n’a pas de quoi prendre les autres de haut et le rempart derrière lequel il se cache me paraît de moins en moins solide. Il supporte mal mes moqueries ; qu’il vienne, il trouvera à qui parler. J’ai besoin de me défouler, même si je fais peu confiance à la magie, besoin de vider toute l’énergie noire qui court en moi, besoin de déverser un peu de ce que je ressens, oh pas ouvertement, ni explicitement, bien sûr, mais de laisser ça filer hors de moi, et tant mieux si Tom en fait les frais. Les amarres commencent à rompre, j’ai envie de m’en moquer sans y parvenir totalement.

Tom fait un pas vers moi, et l’atmosphère paraît changer ; l’air s’alourdit, chargé de la tension qui règne entre nous, prête à exploser. D’aussi près, Tom est clairement malade ; son sourire prend une teinte folle, et il a l’air d’avoir chaud, comme s’il brûlait de fièvre.

Un problème avec l’autorité, moi ? Pas vraiment. Je respecte la vraie, celle que les enseignants peuvent avoir, celle de ceux qui n’ont pas besoin d’insulter et de menacer pour se faire obéir, qui ont l’aura et le charisme pour cela. Et les punitions… ça me fait rire, encore. Eh, qu’ils me bannissent, au moins je serai loin de la promiscuité étouffante de la salle de réception, je n’aurai pas à supporter leurs regards, leurs murmures, leurs remarques, de les supporter, lui et Roman, d’endurer encore le poids des mots.

— Tu n’as pas d’autorité si tu es obligé de rappeler ce que tu es, Tom. Tu es le bras droit de Roman, mais seulement parce que celui-ci t’a choisi, tu n’existes que dans son ombre. S’il te lâche, tu ne seras plus rien. Tu me trouves méprisable, mais pour moi, c’est qui l’es. Tu n’as aucune autorité, aucun vrai pouvoir. Tu sais ce qu’on dit ? La violence est la force des faibles. Voilà ce que tu es : faible. Tu n’impressionnes personne, tu peux me menacer de me punir ou de me faire bannir, je m’en moque. Au moins, je peux être fier de ne pas être aussi pathétique que toi.

Je ne sais pas quelle vanne j’ai ouverte, je ne sais pas ce qui est en train de lâcher. Le sang me bat aux tempes. Je m’en moque. J’ai du mal à respirer, comme si l’air se faisait plus rare autour de nous. Crise de nerf ? Non, malgré les mots qui coulent, je reste calme, je me sens calme, pas de tremblement, de sanglots qui menacent, juste la colère et l’obscurité, l’envie de plonger plus loin. Alors… ? Je relève les yeux vers Tom. Utiliserait-il la magie ? Il a rangé sa baguette, mais ça ne veut rien dire, plus maintenant que nous sommes tous les deux capables d’utiliser la magie sans soutien. Il se penche vers moi, il a toujours l’air aussi fou. On doit le paraître tous les deux, pour quelqu’un qui nous observerait, tous les deux en train de perdre pied.

— Je n’ai rien à prouver, Tom. Et c’est peut-être la grande différence entre toi et moi. Je ne me compare pas au reste du monde, je n’ai pas besoin de prouver sans cesse que je suis plus fort ou plus intelligent.

Mensonge. En partie. Simplement, ce n’est pas sur ces plans-là que je me compare aux autres. Je ne lui montrerai pas que ses paroles me blessent, que même après des années, même si on s’habitue un peu, s’entendre traiter de fiotte, de tapette, de tout un tas d’autres choses guère plus aimables fait toujours aussi mal.

— Si je voulais impressionner quelqu’un, ce ne serait certainement pas toi.

L’air manque toujours. Un sort sans doute. Cherche-t-il à me pousser à la faute ? Ce serait trop facile pour lui de m’accuser ensuite d’avoir lancé l’offensive. Je n’ai pas oublié Roman et ses méthodes, Roman qui s’en est sorti sans une remarque, sans une punition après ce qu’il m’a fait. Qui croira-t-on entre un bras droit et le pauvre type du fond de la classe ?
Je recule d’un pas avant de manquer vraiment d’air, sans flancher ; je n’ai pas peur de lui, je remets juste un peu d’espace entre nous. J’inspire profondément dès que je me suis éloigné, retiens une quinte de toux lorsque l’air afflue de nouveau brutalement dans mes poumons. Okay. Je me tiens prêt à élever un bouclier s’il recommence – pas besoin de baguette pour cela, je sais que je peux le faire. Et si l’Ox déraille et me fait créer une barrière infranchissable, je ne m’en plaindrai pas.

— Tu sais quoi ? Je n’ai jamais aimé la facilité. Alors, tu vas rentrer si tu veux, mais je vais continuer ma promenade et je rentrerai quand je l’aurai décidé.

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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mar 28 Mar - 12:04

Tu vas vraiment te laisser parler comme ça Tom ? Tu vas le laisser faire ? Cela ne ferait que confirmer ce qu'il te dit, tu sais... Cette abominable fiotte de bas étages qui se prend pour ce qu'il n'est pas... tu devrais le remettre à sa place. Ou mieux ! Mieux, lui faire du mal. Cela pourrait tout à fait lui passer l'envie de recommencer, tu ne crois pas ? Allez Tom.. tu n'as même pas besoin de baguette. Laisse-moi faire.

Le regard du français brillait de haine, à mesure qu'il le fixait. Ielissei n'avait jamais été quelqu'un qu'il avait été capable d'apprécier. A ses yeux, il ne vallait pas grand chose ; le miroir de ses propres faiblesses, ce qu'il aurait pu devenir si jamais il n'avait pas pris le taureau par les cornes. Il avait cherché à devenir plus fort et à vaincre ce qui lui faisait peur ; de son côté, le garçon qui lui faisait face avait sans doute cherché à faire de même. La respiration devenue rauque, sentant l'élan de colère qui le prenait, Tom chercha tout d'abord à résister. Maîtriser ses pulsions, dominer son énervement, ne pas faire n'importe quoi. S'il tuait quelqu'un de nouveau, que lui resterait-il ? Rien de plus que ds soupçons. Si Priska l'avait laissé en paix, c'était uniquement parce qu'il avait su être convaincant. Il n'aurait peut-être pas toujours cette chance. Les lèvres pincées, serrées, il regarda silencieusement Voronov commencer lentement à suffoquer. Oh, ce n'était rien bien sûr, seulement l'air un peu plus lourd. Tom Wilcotts n'avait aucune maîtrise de ses pouvoirs. S'il relâchait son attention, cela risquait de devenir bien plus dangereux que tout ce qu'il avait imaginé.

— Tu n’as pas d’autorité si tu es obligé de rappeler ce que tu es, Tom. Tu es le bras droit de Roman, mais seulement parce que celui-ci t’a choisi, tu n’existes que dans son ombre. S’il te lâche, tu ne seras plus rien. Tu me trouves méprisable, mais pour moi, c’est qui l’es. Tu n’as aucune autorité, aucun vrai pouvoir. Tu sais ce qu’on dit ? La violence est la force des faibles. Voilà ce que tu es : faible. Tu n’impressionnes personne, tu peux me menacer de me punir ou de me faire bannir, je m’en moque. Au moins, je peux être fier de ne pas être aussi pathétique que toi.


Pathétique ? Bien sûr que tu l'es. Au moins maintenant, c'est certain. Personne ne devrait avoir le droit de te parler sur ce ton. Tes poings se serrent Tom, tu te crispes... tu en as envie non ? De lui faire ravaler le ramassis d'immondices qu'il vient d'échapper de sa putain de bouche de tapette... Regarde, il a déjà du mal à respirer. Il suffirait de peu, si peu...


Ielisseï releva les yeux vers lui. Tom affronta son regard, défiant ; s'il le cherchait, il allait le trouver. Mallory ne bougerait pas d'un cran de sa position. Il avait été renvoyé de Beauxbâtons par folie ; il avait tué de la même manière. A cet instant, il était malade, suffisamment en tout cas pour savoir que la fin ne tarderait pas à arriver ; il n'y avait que le contact de Zakhar qui apaisait, momentanément, ses tourments. Dans ses bras, il pouvait oublier quelle âme faible il possédait. Mais se voir insulté de cette manière ? Oh non. Il ne se laisserait pas faire, cela ne faisait aucun doute. Il serra les dents, les sourcils froncés. Dans une posture pleine de défiance et d'ironie, il laissa cependant Voronov cracher le reste de son venin. Lutter, encore quelques minutes. S'il le suivait, on éviterait la catastrophe.

— Je n’ai rien à prouver, Tom. Et c’est peut-être la grande différence entre toi et moi. Je ne me compare pas au reste du monde, je n’ai pas besoin de prouver sans cesse que je suis plus fort ou plus intelligent.


Menteur. Tu ne vaux pas mieux que nous ! Tu es aussi faible que nous, et tu essayes de dissimuler cela sous un faux courage, c'est pitoyable. Tu as besoin de te sentir supérieur, voilà pourquoi tu nous défie. Mais cela ne durera pas, c'est promis. Tu vas ravaler ta salive, ramasser tes dents sur le sol.


— Si je voulais impressionner quelqu’un, ce ne serait certainement pas toi.

- Attention.

La voix rauque, Tom lança un dernier avertissement. Ielissei recula d'un pas, sentant le piège se refermer ; il avala une goulée d'air, inspirant par le nez, profondément. Comme si cela allait changer quelque chose. Tom était prêt. Suffisamment en tout cas pour avancer de nouveau. Il allait lui faire la peau. Voronov avait oublié sa place, la vraie, celle aux rames, avec les autres esclaves et invalides qui croisaient sa route. L'Ox n'y changerait rien. Tom aussi en était le porteur. Qu'il essaye seulement de lui faire barrage.

— Tu sais quoi ? Je n’ai jamais aimé la facilité. Alors, tu vas rentrer si tu veux, mais je vais continuer ma promenade et je rentrerai quand je l’aurai décidé.

- Tu vas rentrer maintenant.

Autour d'eux, les vitres se mirent soudainement à trembler, violemment. Dans son esprit torturé, la Bête jubilait. Tom venait d'ouvrir les vannes ; la provocation était de trop. Cette dernière phrase, jamais Voronov n'aurait dû la prononcer. Hargneux, il fit deux pas de plus. L'Ox se mit à bouillonner dans ses veines, il le sentit ; le pouvoir de l'artefact, boosté par celui que dégageait son esprit, envoya une onde de haine et de rage droit sur son rival, qui leva une main pour échapper à la puissance de la crise ; trop tard, toujours trop tard. Un sourire teinté de folie déchira les lèvres de Tom en deux. La Bête s'installa confortablement. Pour la première fois, ce fut elle qui parla à sa place. Ielisseï porta une main à sa gorge. La force combinée de son pouvoir et de l'Ox le priva d'air. Il tomba à genoux. Le surplombant, Tom lui attrapa les cheveux, en le forçant à relever les yeux pour le regarder.

- Je m'interroge, Voronov, de savoir si tu es stupide ou vraiment très courageux... dans les deux cas tu aurais dû m'écouter. Tes provocations sont très touchantes, vraiment, mais au fond, de toi à moi... tu aurais vraiment mieux fait de fermer ta PUTAIN DE GRANDE GUEULE !


Trois vitres explosèrent autour de lui. La chaleur se mit soudainement à engourdir son corps ; la respiration de l'autre n'était réduite qu'à un minuscule filet. Tom le dominait. Tout simplement. Il lui suffirait d'un seul sort pour le tuer, et tout aurait été terminé. Son sourire s'agrandit. Il était fou, fou et dangereux, plus dangereux encore maintenant que l'Ox dévorait son énergie et le transformait en marionnette de ses émotions négatives. La main tremblante de Voronov se rapprocha de sa baguette. Il éclata de rire.

- Quoi, tu veux te défendre ? ça ne te sert pas de leçon ? Allez, il te suffit simplement de me dire que tu vas me suivre gentiment et on oublie toute cette histoire... parce que tu peux croire que je ne suis qu'un pantin de Roman, mais si je n'arrête pas, tu vas mourir. Crois-moi, rien ne me ferait plus plaisir que de te peler la peau jusqu'à l'os, misérable connard.


Il le toisa, simplement. Plus fier que jamais d'avoir l'avantage, sentant le pouvoir grandir dans ses veines, laissant tout le chemin disponible à la Bête immonde murmurant à son oreille. La sensation de pouvoir le grisait. Asservir Ielisseï, c'était vraiment agréable.

- Qu'est-ce que tu attends, tapette ? Attrape ta baguette.





Spoiler:
 

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Dernière édition par Tom Wilcotts le Mar 28 Mar - 12:33, édité 1 fois
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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Mar 28 Mar - 12:04

Le membre 'Tom Wilcotts' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Dé 6' : 5

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#2 'Combat - dé 100' : 83

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#3 'Combat - dé 100' : 48
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Ҩ Re: Trouble is never far away || Tom Ҩ Sam 15 Avr - 10:19

Spoiler:
 

La haine teinte le regard de Tom, largement perceptible. Ce n’est pas ainsi qu’il m’effrayera, je sais depuis longtemps à quoi m’en tenir avec lui. Mon existence l’insupporte, et je ne l’apprécie pas plus. La tension est palpable entre nous, et j’ai bien conscience d’aller trop loin en le provoquant ainsi. Tant pis. J’en ai assez. Au nom de quoi devrais-je m’écraser devant eux ? Tout endurer alors qu’ils se vautrent dans leur prétendue supériorité ? Obéir à des bourreaux qui se croient meilleurs que les autres ? Même si je préfère la discrétion, voire la quasi invisibilité, au quotidien, je ne suis pas du genre à fuir quand la situation dérape. Et j’en ai assez de peser mes gestes, mesurer mes mots. La tension accumulée au fil des semaines passées dans la salle de réception a besoin de sortir, et les marques sur mes bras ne suffisent pas pour l’évacuer ; j’ai envie de répondre à la violence par la violence, de libérer les freins. Et tant pis pour les conséquences. Je m’en moque, je m’en moque. L’air s’alourdit entre nous, magie ou effet de mon imagination, je ne sais pas, mais je ne reculerai pas. Et les mots sortent, sans retenue.

Nos regards s’affrontent, et je suis de plus en plus sûr que les baguettes vont bientôt parler pour nous, surtout si je continue dans cette voie. Je n’ai pas l’intention de m’arrêter, même si je n’attaquerai pas le premier. La quatrième année est loin, je me suis largement entraîné depuis, et je ne me laisserai pas vaincre aussi facilement qu’à cette époque. Tom serre les dents sans chercher à m’interrompre, alors je poursuis. Son avertissement ne me retient pas, il me ferait plus rire qu’autre chose. Il faudrait plus qu’un « attention » pour me couper, et au fond, je vois bien que je suis sur la bonne lancée. Je le vois mal céder maintenant et faire gentiment demi-tour, même pour faire un rapport à Roman ou aux professeurs ; avec un peu de chance, mon refus réitéré de le suivre suffira à le sortir de ses gonds pour de bon.

Son air menaçant s’accentue tandis que l’air se raréfie encore de nous. Magie. Je peine à respirer mais je ne céderai pas. Pas là, pas maintenant, pas devant lui. Ça ne ferait qu’empirer ma situation, le convaincre que je suis vraiment faible et qu’il a raison de m’insulter.

« Tu vas rentrer maintenant. »

Je me crispe, les doigts serrés sur la baguette. Hors de question. Je n’ai pas le temps de répondre que les vitres commencent à trembler autour de nous. Tom se rapproche encore et je lève ma baguette, prêt à contre-attaquer. Je sens la puissance de l’Ox dans mes veines ; il a intérêt à ne pas me jouer de tours cette fois-ci, je chasse le souvenir des sortilèges ratés ou à côté de la plaque pour me concentrer. Tom a l’air plus dangereux que jamais, avec son sourire fou et la rage qui se dégage de lui, comme une vague d’énergie.

Impossible de respirer. Je cherche mon souffle, mais rien ne vient, à peine un filet d’air, bien trop insuffisant. Mes poumons commencent à peser et à brûler, à la recherche d’un air que je ne parviens pas à leur donner. Des papillons noirs volent devant mes yeux et les couleurs se troublent ; le monde vacille brutalement et je me retrouve à genoux, luttant toujours pour respirer, les doigts serrés sur ma baguette à me faire mal, cherchant la concentration pour lancer un sort, contre-attaquer, une main sur la gorge comme pour tenter d’ôter un obstacle invisible. La sueur coule sur mon front et mon cou se creuse ; mon cœur s’affole dans ma poitrine, bat à grands coups, comme s’il essayait de compenser le manque d’oxygène.

Tom m’attrape par les cheveux, et je serre les lèvres pour retenir un gémissement de douleur. Les larmes me montent aux yeux, j’essaie de me débattre mais les forces me manquent contre sa poigne. Impossible d’échapper à son contact qui me dégoûte et me donne envie de fuir. Combien de temps me reste-t-il avant de suffoquer vraiment ? Le compte des secondes m’échappe, j’ai l’impression qu’elles filent à toute allure. De l’air. Il me faut de l’air. Je croise le regard de Tom, toujours aussi haineux.

- Je m'interroge, Voronov, de savoir si tu es stupide ou vraiment très courageux... dans les deux cas tu aurais dû m'écouter. Tes provocations sont très touchantes, vraiment, mais au fond, de toi à moi... tu aurais vraiment mieux fait de fermer ta PUTAIN DE GRANDE GUEULE !

Si je pouvais, je lui cracherais au visage. Et une part de moi se réjouit malgré tout de l’avoir ouverte. L’air passe toujours aussi mal dans ma gorge ; réagir avant de perdre connaissance, d’être trop faible pour tenter quoi que ce soit… Mais la pression sur mes poumons mobilise mon cerveau, le besoin désespéré d’aspirer de l’air m’envahit. Respirer, tu dois respirer. J’essaie, j’essaie pourtant, mais rien ne traverse ma trachée, comme un poisson sorti de l’eau. Je resserre ma prise sur ma baguette, surtout pour m’assurer qu’elle est toujours là. J’ai l’impression que mes doigts vont s’ouvrir d’une seconde à l’autre, le monde tourne et vacille. Le rire de Tom me parvient de très loin ; j’essaie de me reprendre, et l’Ox s’agite dans mes veines, sa puissance s’éveille. Déconne pas, toi.

Le suivre gentiment ? Jamais. La colère afflue, chasse la peur instinctive, primale, devant le manque d’un élément si vital. Me dégager, tout de suite.

- Qu'est-ce que tu attends, tapette ? Attrape ta baguette.

Tom parle encore lorsque je lance le sort. « Expulso », informulé, rageur, désespéré, parce qu’il faut qu’il arrête, parce que je ne dois pas m’évanouir, surtout pas, parce que je ne peux pas perdre, pas encore, pas face à eux. Il ne m’aura pas, il ne me tuera pas. Je sens la vague d’énergie dans mes veines, la puissance de l’Ox qui accompagne le sortilège et balaie une partie du couloir, secouant les armures installées à quelques mètres et faisant trembler les vitres encore intactes. Un bruit cristallin résonne.
Tom s’écrase contre le mur d’en face avant de glisser au sol, et d’un coup, la pression sur mes poumons se libère. L’air afflue dans ma bouche, dans ma gorge, jusque dans mes poumons. La première inspiration est brûlante, sifflante, la suivante aussi, la troisième passe à peine mieux, et je tousse, malmenant encore mes poumons, les larmes aux yeux sous l’effet de la douleur. Je respire péniblement, par à-coups. Je reste encore quelques secondes à genoux, le temps que le monde se stabilise un peu, que mes forces reviennent, avant de me redresser en vacillant, la baguette pointée sur Tom toujours au sol. Les battements fous de mon cœur résonnent, le sang bat à mes tempes. Ma main libre essuie la sueur sur mon front puis remonte dans mes cheveux, comme pour chasser le contact de ses doigts, leur pression sur mon crâne. Ma peau me tire encore, piètre douleur à côté de celle dans ma poitrine, qui commence à s’estomper même si je peine à retrouver mon souffle.
Aurait-il continué encore longtemps si je n’avais pas réussi à me défendre ? Aurait-il été capable de me tuer ? Jusqu’où sa folie l’aurait-elle emmené ? Lorsque je prends la parole, ma voix est sifflante, pas très haute, encore hachée par ma respiration haletante :

— Qu’est-ce qui… dépasse ta… compréhension dans… fiche-moi la paix… salopard ? Je ne suis pas… aussi faible que tu… le penses, Wilcotts !


Je prends du champ, sans pour autant faire demi-tour. Je ne suis pas complètement suicidaire, je ne lui tournerai pas le dos.




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Dernière édition par Ielisseï K. Voronov le Sam 15 Avr - 18:26, édité 1 fois
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Trouble is never far away || Tom

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