AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 I still remember the smile when you tore me apart || Irisan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 946Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Mar 27 Sep - 20:52

Le déni, c'est moche. Très moche. Deklan en avait déjà fait les frais par le passé ; il avait nié les conséquences de ses actes, nié ses actes eux-mêmes. Tout lui était devenu dans la figure d'un seul coup, et ça l'avait laissé bien con, complètement sonné et à la merci des démons qu'il avait fuis tout ce temps. A croire qu'il n'apprendrait jamais rien ; parce qu'il recommençait. Bien sûr qu'il avait fini par savoir qu'Iris était revenue. Mais ce n'est pas pour autant qu'il s'en était préoccupé. Il avait juste décidé de ne pas y penser ; et il avait réussi, aussi étrange que ça semble. Avec tout ce qui se passait, ses responsabilités, les assaillants, les insurgés, les drames et les accidents, ce n'est pas les chats à fouetter qui manquaient. Ca le préoccupait beaucoup, mais finalement, ça lui évitait de penser à son ancienne petite amie revenue d'entre les morts. Il avait été tellement effrayé, il y avait quelques mois, quand il l'avait vue à Halloween. Ca avait été un terrible électrochoc ; peut-être celui qui lui avait ouvert les yeux, après les deux agressons successives du frère Stoyanov qui s'était cassé les dents. La troisième avait été autrement instructive.
Deklan grimaçait chaque fois qu'il y pensait. Heureusement pour lui, il n'y pensait pas. Pas plus qu'à leur confrontation dans les cachots, qui lui avait laissé un goût un peu amer au fond de la gorge. Une petite appréhension, qui trouvait sens et prenait forme depuis que la jeune fille était de retour parmi les vivants. Une autre des raisons pour lesquelles il s'appliquait à ne surtout pas penser à elle.

Mais ç'aurait été soit être complètement con, soit se voiler la face, que de penser qu'il pourrait fuir éternellement.

En tout cas, au moment où ça avait fini par lui retomber sur le coin de la tronche, il n'y pensait pas du tout. Il marchait rapidement dans le couloir étroit, passage secret de l'aile Nord qui débouchait directement à quelques pas de son ancien QG, dans l'aile Ouest. Il évitait de se balader seul et à découvert dans les couloirs réguliers ; il n'avait pas envie qu'une troupe d'insurgés lui tombe dessus pour lui faire la peau. Il avait des plans, pour la suite. Peut-être pas pour sauver tous les élèves, mais il se faisait doucement à l'idée qu'il ne pourrait pas sauver le monde et que, finalement, le monde ne méritait peut-être pas qu'on essaie de le sauver. Ses plans ne concernaient que lui ; ou presque. Mais pour ça, il fallait qu'il reste en vie.
Il grimpait des escaliers. Peu d'élèves connaissaient ce passage. C'était relativement sûr ; et, au pire, c'était trop étroit pour qu'un groupe puisse s'en prendre à lui. On pouvait à peine se croiser ; et surtout, le croiser lui, avec sa carrure imposante qui occupait presque toute la largeur du passage. Heureusement qu'il n'était pas claustrophobe. C'est une pensée à peu près aussi futile que celle-ci qui le traversait quand il tomba sûr elle. A vrai dire, il ne se souvenait déjà plus de ce à quoi il était en train de penser. La pénombre aurait pu laisser le bénéfice du doute à un autre que lui ; mais il n'y avait pas le droit. Il l'aurait reconnue entre mille. Sa silhouette, le reflet argenté d'une lumière sortie d'il ne savait où sur ses cheveux blonds. Elle était immobile ; peut-être l'avait-elle entendu approcher avant qu'il ne s'aperçoive de sa présence. Elle était autrement plus discrète que lui, forcément.

Figé dans son mouvement, Deklan regardait vers elle sans la voir vraiment. Il faisait trop sombre pour qu'il distingue les traits de son visage, mais il était certain que c'était elle. Quelques marches les séparaient encore, mais il pouvait presque sentir les délicates effluves du parfum de sa peau. Peut-être que c'était son imagination ; mais il aurait parié que non. Son coeur cognait lourdement dans sa cage thoracique. Il avait du mal à attraper assez de pensées pour former quelque chose de cohérent. Dire quelque chose ne lui effleura même pas l'esprit. Dans un léger sursaut, il réalisa qu'il allait peut-être avoir mal. Une ombre de panique accrochée aux tripes, il se concentra un instant pour déceler les premiers signes ; mais la vrille caractéristique dans son crâne ne faisait pas mine de se manifester. Il respira plus librement, sans être tranquille pour autant. L'ombre d'Iris était devant lui et ne semblait pas oser bouger non plus. Il devait lever la tête pour la regarder, puisqu'elle descendait les escaliers qu'il était en train de monter. Ca avait quelque chose d'un peu ironique, qu'elle se trouve au dessus de lui, comme ça, à devoir pencher la tête en avant pour le contempler. Il aurait peut-être trouvé ça drôle s'il n'avait pas été si directement concerné.
Bon. Et maintenant ? Ils n'allaient pas rester plantés là toute la journée. Sans avoir prononcé un mot, il pivota légèrement et plaqua son dos contre le mur pour lui laisser la place de passer. Il ne voyait pas trop ce qu'il y avait d'autre à faire. Il ne la regardait plus, il fixait le mur juste devant lui, en essayant de respirer le plus normalement du monde. Comme si la situation n'avait rien de bizarre. Comme s'il n'était pas face à face avec une fille qu'il avait tuée.
Deklan ne savait pas trop si elle hésitait avant de s'approcher ; si elle avait peur, si elle aurait préféré tourner les talons, même si ça impliquait qu'il la suive sur toute la longueur du passage. Il finit par l'entendre bouger, et devina qu'elle s'approchait, lentement. Il resta tout à fait immobile. Impassible d'apparence ; il n'en menait intérieurement pas large. Impossible de savoir s'il était effrayé, s'il était anxieux,curieux,  soulagé, honteux, grisé, ou quoi que ce soit d'autre. Un mélange de tout ça sans que rien ne soit clairement discernable. Il se concentrait sur sa posture pour éviter d'avoir à trop penser. Ca ne marchait pas vraiment. Il la sentait se rapprocher et c'était un ouragan qui cognait dans tous les sens à l'intérieur de lui, plus fort à chaque centimètre qu'elle avalait entre eux. Elle était sur la marche juste au dessus et il se faisait violence pour ne pas tourner la tête vers elle. Sa présence le brûlait, sans même le toucher. Elle passait devant lui et il n'osait presque plus respirer, beaucoup trop chamboulé par les quelques grammes d'oxygène chargés de sa présence qu'il avalait sans le vouloir. Ses cheveux touchèrent son visage au moment où elle passait au plus près. Il sentait presque son aura, écrasante ; quasiment douloureuse. Mais pas assez. Elle descendait sur les marches suivantes ; sa main partit à sa rencontre, sans qu'il le décide vraiment. Il voulait la toucher. Mettre la main directement dans les flammes pour voir si c'était pareil que le feu qu'il avait connu avant.
Ses doigts ne firent que frôler son poignet ; il n'osa pas se faire plus pressant : trop peur qu'elle s'enfuie en courant. La chaleur de sa peau provoqua quelques picotements au bout de ses doigts et dans sa paume. C'était trop peu. Avait-il le droit de réclamer plus ? Sans doute pas. Il avait déjà dépassé les bornes ; mais ça cognait dans ses muscles tellement il en avait envie. Le meneur se força à respirer calmement, agrémentant son geste d'un prénom murmuré, pour essayer de rendre naturelle sa tentative de la retenir. Je t'ai touchée, mais c'était un réflexe ; je voulais juste pas que tu partes. Ne t'enfuis pas à cause de ça. « Iris »
Ca glissait de ses lèvres comme une caresse. Il lui avait dit tellement de fois comme il aimait son prénom. Elle s'en souvenait, pas vrai ? Il n'avait rien oublié de ce qu'ils avaient partagé. Ca avait été bien, non ? Elle s'en souvenait, n'est-ce pas ? Il avait brusquement ce besoin de se rappeler ; de savoir qu'elle se rappelait elle aussi. Elle lui avait appartenu ; ces effluves qu'il avait senties, ces cheveux qu'il avait frôlés ; ç'avait été à lui. Il pouvait les toucher, les respirer ; la toucher, la respirer à pleins poumons. Ils avaient étaient deux ; ils étaient deux à nouveau, même s'il était resté là sans elle quelques temps. La logique voulait qu'elle lui revienne, maintenant.
Il avait du mal à respirer. C'était bizarre, toutes ces choses qui revenaient des plus profonds recoins de lui-même. Comment elle avait fait ça ? C'est elle qui ramenait ça. Il le savait. Il ne comprenait pas mais il savait. C'était elle qui faisait ça. Qui faisait gronder ce quelque chose dans son ventre, doucement. C'était délicieux.

« Attends, je » Hésitation. Voix légèrement haute, incertaine. Tout ça était faux, mais il savait qu'il était bon au jeu des faux-semblants. Bien sûr qu'il avait le droit de la rappeler, mais elle ne pouvait pas déjà s'en souvenir. Autant faire les choses en douceur. Il ne cherchait pas à la berner, mais c'était le seul moyen pour qu'elle ne parte pas. « Ca fait des semaines qu'on s'évite. » Il avait été idiot, il n'avait rien compris, sinon il serait revenu vers elle bien plus vite. Pas trop, pour ne pas lui faire peur ; mais il n'aurait pas attendu si longtemps. « Je veux pas te laisser passer comme ça, comme si c'était normal. » L'intonation douce et incertaine de sa voix n'était là que pour lui faire voir, ou lui faire croire -il n'était pas trop sûr- qu'il avait peur qu'elle décide de le planter là, et qu'il ne le voulait surtout pas ; qu'il espérait quelque chose de cette entrevue, et qu'elle allait lui dégommer le coeur à coups de pieds si jamais elle repoussait sa tentative si incertaine de donner lieu à un petit contact, aussi léger soit-il. « Dis-moi comment tu vas... » ajouta-t-il, laissant traîner la dernière syllabe pour déguiser son ordre en requête. Dis-moi juste comment tu vas et après je te laisse filer ; avait-il l'air de dire. C'était loin, si loin de ce qu'il espérait.

________________
How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Revenants
avatar
Revenants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais elle n'y a jamais accordé d'importance.Messages : 87Date d'inscription : 21/01/2016Localisation : Nulle part et partout à la fois.
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Mar 4 Oct - 4:30

Être de retour, aussi étrange que ça peut être, reste tout de même une bonne chose. C’est une deuxième chance qui m’est offerte, et je n’ai pas l’intention de la rater cette fois. Je dois me concentrer sur ce qui est vraiment important : Dragomir. Je fais tout ce que je peux pour oublier le passé, ou pour faire comme si je réussissais à l’oublier. Il y a des jours où c’est plus difficile que d’autres, mais je vais m’en sortir. Mon frère ne me lâche pas d’une semelle et je sais que je peux compter sur lui autant que lui peut compter sur moi. Nous sommes là l’un pour l’autre, et je ne l’abandonnerai pas à nouveau. Je lui avais déjà fait assez de mal comme ça. Il m’arrive de croiser Deklan au loin, mais je trouve la force pour l’ignorer et changer de direction à chaque fois. Je ne dois pas laisser les souvenirs revenir à la surface. Je n’aime pas non plus voir le regard des autres quand ils me voient. Tout ce qu’ils voient en moi, c’est la fille qui s’est pendue à cause d’un gars. La fille désespérée. Je déteste voir la pitié dans leur regard. C’est pourquoi il m’arrive d’avoir besoin d’être seule, et d’éviter les endroits fréquentés. Je connais quelques passages secrets ici, je les prends autant que possible. Je sais que je ne suis pas la seule qui connait leur existence, mais il y a quand même moins de risque que je croise quiconque dans ces sous-terrains.

Le passage dans lequel j’entre est très étroit et le plafond est assez bas. Je descends les escaliers tranquillement, ne faisant pas trop de bruit comme toujours. En plus d’être un endroit petit, c’est aussi assez sombre. Il n’y a que très peu de luminosité, ce qui rend le passage un peu lugubre selon moi. J’entendis un bruit et je me figeai aussitôt. Je n’avais pas envie de tomber sur quelqu’un que je connais. Je ne voulais tout simplement pas avoir à discuter, je voulais juste aller dans un endroit tranquille. Le bruit avait diminué, mais il continuait de s’approcher. Puis, je pouvais percevoir une ombre qui montait les marches. C’est quand j’ai pu voir son visage que j’ai commencé à paniquer. Deklan. Il fallait bien que je tombe sur lui dans un tel endroit! De sa carrure, il prenait presque toute la place, je ne pouvais pas me défiler. Mais je ne voulais pas lui montrer que j’avais peur et que j’étais anxieuse. Alors, j’ai fait comme si ça ne me dérangeait pas de le voir, et j’ai tenté de l’ignorer. J’étais soulagée quand je l’ai vu reculer contre le mur pour me laisser passer. Il devait avoir des choses bien plus importantes à faire que de m’insulter, à mon grand soulagement. Il m’ignorait complètement, comme si on ne se connaissait pas. Comme s’il ne m’avait pas fait souffrir. Comme s’il ne m’avait pas poussée à… Non. Je n’allais pas retomber là-dedans. Je suis passée devant lui, fixant le vide devant moi afin d’éviter de croiser son regard.

Il était enfin derrière moi : je pouvais continuer mon chemin sans soucis. C’était trop beau, trop simple pour être vrai. Je sentis sa main attraper doucement mon poignet. Je fermis les yeux pendant quelques secondes et me mordis la lèvre, ne sachant pas comment réagir. Je me tenais toujours dos à lui. Sa main était glaciale. Il murmura mon nom. Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu le son de sa voix. Elle me rappelait tant de souvenirs. Nous avions passé beaucoup de temps ensemble, alors que nous étions toujours un couple heureux. Puis, il avait changé. Je ne saurais dire s’il avait changé ou s’il ne s’était que montrer sous son vrai jour à partir de ce moment. J’étais bête de croire que tout pourrait redevenir comme avant, que ça allait passer. Au contraire, plus le temps filait devant moi, plus la douleur grandissait dans mon ventre. Et puis un jour j’ai fait taire cette douleur.

Je croyais que j’en avais fini avec toute cette souffrance, mais en revenant, je n’avais pas seulement repris ma vie, mais aussi une grande partie de la douleur. Je n’arrivais pas à me retourner pour lui faire face. J’en étais tout simplement incapable. « Attends, je… » Il ne semblait pas sûr de ce qu’il voulait dire. Mais il semblait si calme. Un peu comme s’il se sentait mal. Se pouvait-il qu’il ressente réellement de la compassion et du regret envers le passé? Était-il revenu au Deklan que Dragomir m’avait présenté? « Ça fait des semaines qu’on s’évite. » Ce qui est vrai. Mais je ne suis pas sotte, je savais bien qu’un jour je devrais faire face à mes vieux démons. Or, je ne pensais pas que ce jour arriverait aussi rapidement. Je me suis donc retournée doucement. « Je veux pas te laisser passer comme ça, comme si c’était normal. » Je ressentais le besoin de le regarder droit dans les yeux; je tentais de discerner ses émotions. « Ça ne sera jamais normal… » Ce n’était pas une accusation, juste un fait que je relevais. Ça ne pouvait pas être normal de passer devant une fille qui était morte il y a quelques jours et qui était revenue à la vie. « Dis-moi comment tu vas… » Une vague de tristesse me traversa. « Comment penses-tu que ça peut aller après tout ça? » Je n’avais pas envie de replonger dans la détresse. Il fallait que je trouve un moyen pour changer le sujet de cette courte conversation. « Je ne sais même pas pourquoi je suis ici, ni pour combien de temps… » Bien sûr, je ne parlais pas d’être ici, dans ce tunnel. Je pensais plus au fait que j’étais à nouveau dans le monde des mortels. Qu’attendait-il de moi? Que je me mette à lui faire la conversation? Je n’avais rien à lui dire… Et puis à bien y repenser, je crois que j’avais amplement le droit de lâcher cette rancœur qui était sur mon cœur depuis tout ce temps. « Et puis, qu’est-ce que ça peut bien te faire? Tu t’en foutais de savoir comment j’allais. Alors là, tu vas me dire que c’est différent? Non, ça ne l’est pas. Tu dis ça juste pour être poli et pour faire comme si tu ne t’en fichais pas de tout ce qui s’est passé. »

________________
Il y a toujours un moment où le chemin bifurque. Chacun prend une direction différente en pensant que les chemins finiront par se rejoindre. ©endlesslove.
I loved you so much it killed me

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 946Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Jeu 3 Nov - 16:20

Deklan sentit qu'elle se retournait ; il vit le reflet sur ses cheveux blonds onduler légèrement tandis qu'elle pivotait sur elle-même. C'était  bon signe, elle n'allait pas le planter là. Pas tout de suite, en tout cas. Ce ne serait jamais normal. Bien sûr que non, ça n'avait rien d'anodin de croiser une revenante, et encore moins quand on était soi-même le meurtrier de la revenante en question. Logique, dans ce cas, qu'il ne la laisse pas passer sans rien dire, n'est-ce pas ? Qu'il cherche à la retenir. Pour qu'elle ne lui échappe pas. Néanmoins, il eut un léger signe de la tête, pour signifier qu'il entendait ce qu'elle lui disait. Non, ce n'était pas normal, et ça ne le serait jamais. Inutile alors, de chercher à noyer la sirène. L'illusion ne prendrait pas. Ni pour elle, ni pour lui. Pas cette illusion là, en tout cas.

Comment il voulait que ça aille ? Il ne le savait pas. S'il l'avait su, il ne poserait pas la question. D'ailleurs c'est pour ça qu'il n'avait plus demandé, à la fin, quand elle était encore vivante. Il ne posait pas la question parce qu'il savait qu'elle n'allait pas bien, et il ne pouvait rien y faire ; et se prendre son impuissance dans la gueule n'était jamais très agréable. Moins agréable que de se prendre l'indifférence de celui qui peut vous rattraper quand vous êtes en train de dégringoler ? Peut-être pas. Il n'était pas assez lucide pour se poser les bonnes questions, à ce moment là. Mais il avait changé. Il avait grandi. Et, plus récemment encore, il avait compris. Sa conversation avec Dragomir dans les cachots n'aura laissé intact ni l'un, ni l'autre. Ce soir là, il avait affirmé que s'il l'avait pu, il aurait ramené Iris d'entre les morts, et plutôt deux fois qu'une. A présent, elle était là. Face à lui. Perdu et en colère. Ca se voyait, même s'il ne la voyait pas. Ca se sentait. Quelque chose dans l'air crépitait autour d'elle. Il n'avait pas oublié, comment elle chamboulait tout, comment sa simple présence, ça simple existence remuait toute sa vie à lui. Il se souvenait bien de comment il avait été, les premières fois qu'il l'avait vue. Et d'une certaine manière, ce temps lui manquait. Il aurait tant voulu tout recommencer. Aujourd'hui, il allait avoir du mal à lui faire peur dans la bibliothèque et il pressentait que pour la faire rire, il devrait faire mieux que singer le prof de botanique. Il n'avait plus dix-sept ans, et le monde ne tournait plus comme avant. Elle devait le sentir. Le savoir. Elle s'était adaptée, n'est-ce pas ?

Deklan sentit l'attaque venir avant même qu'elle ne prononce les mots. Il ne s'était pas attendu à ce qu'elle se montre si farouche, mais c'était compréhensible. Est-ce qu'il avait espéré contourner sa rancœur ? Oublier comment sa vie s'était terminée, sous prétexte qu'elle était de nouveau là ? Peut-être, mais ça avait été se voiler la face. En fait il n'avait rien espéré du tout vue qu'il avait tout fait pour ne pas y penser. Mais là, on y était. Et il se prenait en effet sa rancœur dans la gueule. Quoi de plus normal ?
Il ne répondit pas tout de suite, trop incertain de ce qu'il y avait à dire. « Tu veux vraiment en parler maintenant, comme ça, au milieu d'un couloir paumé alors que ça fait trois ans que t'es plus là ? » Il n'était pas agressif, plutôt peiné, comme décontenancé. « Je sais pas à quelle vitesse passe le temps de l'autre côté, mais ici, trois ans sans toi, je sais pas si t'imagines comme c'est long. » Il se passa une main dans les cheveux, conscient que ce n'était pas vraiment la meilleure chose à répondre. Surtout venant de lui. Le responsable. « Je m'en foutais pas. Je ne m'en fous pas. Et puis j'aimerais bien savoir comment tu pourrais savoir ce qui a changé ou pas. T'étais pas là. Ca fait trois ans que t'es plus là, mais il a bien fallu qu'on se débrouille pour continuer, nous. Si tu penses que ça a été facile tu te fous la baguette dans l'oeil jusqu'au coude. »
Le meneur avait un peu de mal à se rattraper à la situation. A suivre ce qui se passait. D'un côté, il y avait cette impulsion qui l'avait pousser à la rattraper. De l'autre, ses remords et sa honte ; sa conversation avec Dragomir. La conscience profonde que, quoiqu'était revenue faire Iris chez les vivants, tout ce qui l'attendait de bon dans cette seconde vie se trouvait loin de lui. Mais il y avait autre chose. De beaucoup moins gérable. Même si son ventre était serré, même si sa gorge se nouait toujours, il n'en était pas moins soulagé de la voir, là, en chair et en os. Vivante. « Tu m'as manqué. » lâcha-t-il, après quelques secondes de silence. D'une voix sûrement plus tremblante que toutes celles qu'elle avait un jour entendues de sa bouche.
Il ne feignait pas. C'était trop compliqué pour qu'il garde complètement le contrôle. Il aurait dû démêler trop de choses à l'intérieur de sa tête, à l'intérieur de son coeur, et il sentait que ce n'était pas du tout le moment. Il laissait tomber, il renonçait à comprendre, et il prenait simplement ce qui venait. Et sur l'instant, il était juste content de la voir, et de la savoir de retour.

________________
How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Revenants
avatar
Revenants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais elle n'y a jamais accordé d'importance.Messages : 87Date d'inscription : 21/01/2016Localisation : Nulle part et partout à la fois.
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Jeu 19 Jan - 17:19

Ça n’annonçait rien de bon, une rencontre avec Deklan. Auparavant, j’aurais été si heureuse qu’il passe enfin du temps avec moi, j’aurais pu faire presque n’importe quoi pour que ça arrive. Or, désormais je le fuyais comme la peste. J’avais peur de replonger dans le doute et dans la dépression en lui reparlant. Je ne voulais pas revenir sur Terre dans le but d’être éteinte. Je sens que je suis différente depuis mon retour, j’ai l’impression qu’il y a un feu ardent en moi, qui n’attend que de briller ou d’exploser… Je ne crois pas être tout à fait la même qu’avant. Je ne suis plus Iris, la toute sage, la toute calme.

Il se tenait devant moi, lui qui avait été toute ma vie à une certaine époque. Il était la prunelle de mes yeux, mon amoureux, mon univers. Ressentait-il certains remords parfois? Je ne sais pas, mais je crois que oui. Je suis à peu près certaine que Dragomir lui a fait comprendre qu’il n’avait pas été correct. Mieux vaut tard que jamais, qu’on dit? Je n’étais toutefois pas assez stupide pour vouloir le ravoir. Moi aussi, avec le temps, j’avais compris des choses. J’ai compris que les temps sont plus obscurs, que les gens ne sont pas aussi gentils qu’ils le prétendent. Deklan ne savait pas quoi répondre. Il ne s’attendait peut-être pas à me voir ainsi. Peut-être croyait-il que j’allais me pâmer devant lui, comme je l’aurais fait autrefois. Il croyait peut-être que je lui pardonnerais tout en un claquement de doigts, comme si c’était aussi facile. « Tu veux vraiment en parler maintenant, comme ça, au milieu d'un couloir paumé alors que ça fait trois ans que t'es plus là ? Je sais pas à quelle vitesse passe le temps de l'autre côté, mais ici, trois ans sans toi, je sais pas si t'imagines comme c'est long. » Il ne semblait pas se souvenir de la raison pour laquelle j’avais disparu. « Je m'en foutais pas. Je ne m'en fous pas. Et puis j'aimerais bien savoir comment tu pourrais savoir ce qui a changé ou pas. T'étais pas là. Ça fait trois ans que t'es plus là, mais il a bien fallu qu'on se débrouille pour continuer, nous. Si tu penses que ça a été facile tu te fous la baguette dans l'oeil jusqu'au coude. » Ça m’a fait un choc. Il avait trouvé ça difficile de passer par-dessus ça? Je ne pensais pas que ça l’avait vraiment atteint. Je me sens tellement mal pour Dragomir, lui avoir fait subir cette peine incroyable, mais je vois que j’ai aussi fait du mal à Deklan. Je ne savais pas quoi répondre à ça. « Je… Je ne croyais pas que ça t’avait autant touché. Je suis désolée de t’avoir fait vivre cette douleur, mais je n’avais aucune autre solution. Et puis, je suis consciente que ce n'est pas le meilleur endroit où avoir une telle conversation, mais je crois que c'est maintenant ou jamais. On va toujours trouver un moyen pour se défiler sinon, tu le sais. » Je regardai ailleurs l’espace de quelques instants, me passant la main dans le cou. J’étais mal à l’aise.

« Tu m’as manqué. » Je me suis mise à le fixer pendant quelques secondes. Il m’avait prise par surprise là aussi. Ses paroles avaient l’air tellement vraies. « Je… Moi aussi… À quoi tu joues, Deklan? » Je ne l’avais pas dit sur un ton accusateur, mais plutôt en un souffle court. Je me sentais perdue, je ne savais pas ce qu’il attendait de moi. J’étais peut-être une revenante, mais je n’avais pas oublié ma vie avant de quitter ce monde la première fois. Je n’avais pas oublié comment je me sentais à cet instant, quand j’ai décidé que c’était terminé, que je ne pouvais plus en prendre davantage. J’avais décidé que je n’avais plus ma place, parmi les sorciers de ce monde. Les retrouvailles avec Dragomir avaient été difficiles, mais celles-ci l’étaient encore plus. Je savais que mon frère voudrait de moi, qu’il ne me rejetterait pas. Mais là, je ne sais pas ce que Deklan espère de moi, je ne sais pas comment agir ni quoi dire. Je ne veux pas lui pardonner d’un seul coup, son comportement n’était pas une chose qu’on peut pardonner après une courte discussion. « Qu'est-ce que t'attends de moi, que je te pardonne? Que je tente de te ravoir peut-être? Je ne sais pas comment je dois agir avec toi. » D’un côté, j’avais envie de le prendre dans mes bras, mais d’un autre, j’avais envie de m’enfuir au loin avant qu’il ne me cause encore plus de torts. Les émotions s’emmêlaient dans mon esprit, je ne sais même plus comment je me sens. Je suis complètement perdue.

________________
Il y a toujours un moment où le chemin bifurque. Chacun prend une direction différente en pensant que les chemins finiront par se rejoindre. ©endlesslove.
I loved you so much it killed me

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 946Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Lun 23 Jan - 15:32

Iris semblait surprise par ce qu'il venait de lui dire. S'attendait-elle à ce qu'il se soit réjoui de sa mort ? A ce que sa disparition l'affecte aussi peu que son existence ? Si c'était ce qu'elle avait cru alors elle n'avait rien compris. Jamais tout cela ne se serait passé de cette façon si elle n'avait pas eu un tel effet sur lui, une telle emprise, aussi inconsciente soit-elle. Il n'avait jamais eu ce désir de posséder comme il l'avait eu pour elle ; l'avidité de tout, il laissait ça à ses parents, à son frère. Lui il était avide de liberté ; il avait cru que c'était tout, mais elle avait remis ses jolis principes en question. La seule chose dont il avait été plus avide que ça, c'était d'elle. D'elle et de quoi d'autre, puisque ça n'avait jamais été assez ? Il n'en savait rien, encore aujourd'hui. C'est ce que sa conversation avec Dragomir avait révélé, l'autre fois, dans les cachots. Elle lui avait tout donné, et il avait tout pris sans pouvoir s'en satisfaire. Quand elle était morte, elle avait tout repris. Il n'avait rien gardé. Qu'avait-elle encore à donner, maintenant qu'elle était revenue à la vie ?
Rien qui ne l'empoisonne pas, aurait-il dû penser. C'est lui qui l'avait usée mais il s'était empoisonné tout seul. En fait, Iris était exactement comme une cigarette. Il l'avait prise, il l'avait consumée mais il n'avait jamais pu se satisfaire de ce que ça lui avait apporté. Depuis le temps, il avait oublié son goût, mais maintenant qu'il retrouvait son odeur il savait qu'il ne pourrait plus s'en passer. Il était accro. Elle était la drogue, mais c'était lui le dépendant. Finalement, peut-être qu'elle n'était effectivement là que pour le satisfaire à nouveau. Toutes les clopes finissent écrasées dans un cendrier. Ou étouffées entre ses doigts. Il se remémora sa conversation avec Roman, la veille, et son regard s'assombrit légèrement, bien que ce soit imperceptible en raison du manque de luminosité.
Décidément, son cerveau ne semblait pas décidé à rester au repos très longtemps. Elle lui avait manqué, oui, avait-il concédé. Il savait pourquoi à présent.

A quoi il jouait ? Oh, Deklan ne jouait pas encore, il avait un peu perdu la main. Pour l'instant il préférait la regarder essayer d'avancer timidement ses propres pièces. Ce qu'il attendait d'elle ? Pas grand chose ; qu'elle se laisse faire. Elle le faisait si bien, avant. On ne change pas une équipe qui gagne, n'est-ce pas ? « Ca ne tient qu'à toi de te défiler, tu sais. Je suis là moi. Ca fait trois ans que je suis là. » Il parlait calmement, provoquait quand même la petite cassure qu'on percevait au fond de sa voix de baryton. « Y'a pas de bonne façon d'agir avec moi, tu le sais. J'ai jamais été trop partant pour faire comme tout le monde. » Le simple fait de sortir avec elle avait été une insulte à son nom et à ses origines. Est-ce qu'elle s'en rappelait, qu'il était allé contre les valeurs de sa famille au nom de leur amour ? « Je n'attends rien de toi, fais ce qui te semble le mieux, Iris. Je veux juste pas que tu te méprennes : toi et moi, ça a voulu dire quelque chose. » Il prit son temps, savourant les infimes réactions qu'il provoquait chez la jeune fille. « Ca voudra toujours dire quelque chose. » Il sous-entendait beaucoup et rien à la fois. Elle serait sienne mais c'est elle qui viendrait toute seule entre ses bras. Il l'avait déjà conquise une fois, il n'avait pas besoin de recommencer. La formule de la petite blonde lui revint en tête. "que je tente de te ravoir" avait-elle dit. Il se retint de sourire ; elle ne l'avait jamais eu. C'est elle qui était à lui ; qui serait toujours à lui. C'est ça, ce que elle et lui, ça voulait dire.

________________
How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Revenants
avatar
Revenants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais elle n'y a jamais accordé d'importance.Messages : 87Date d'inscription : 21/01/2016Localisation : Nulle part et partout à la fois.
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Jeu 16 Fév - 2:30

Bien que je ne l’ait pas demandé, j’ai obtenu une seconde chance. Je ne peux pas me laisser aller et retomber dans mes vieilles habitudes. Je ne dois pas faire une telle erreur. Je suis ici, je me permet de faire ce que l’Iris d’avant n’aurait pas osé faire : me défendre au lieu de me laisser marcher dessus. C’était fini, le temps où je me faisais rabaisser et où je croyais être une ordure. Je le vois bien, ma mort avait eu une certaine emprise sur Deklan. Même si ce n’était pas voulu, ça l’avait marqué, ça l’avait changé lui aussi. Mais était-il triste de voir sa petite amie morte, ou s’il était seulement triste d’avoir perdu son petit « jouet »? Il avait gagné la partie, mais peut-être n’y était-il pas préparé? Tout cela était arrivé si vite… Peu importe ce qu’il ressentait, je n’étais jamais assez pour lui. Deklan ressentait toujours le besoin d’avoir plus encore que seulement la douce et fragile Iris. Et si cette Iris n’était plus si fragile? Et si elle n’était plus aussi douce? Je sens le feu ardent qui brule en moi, je ne me laisserai plus manipuler.

« Et bien j’ai peut-être du temps à rattraper, mais je suis là désormais, moi aussi. Durmstrang est peut-être un terrain grand et vaste, mais on ne peut pas nous cacher indéfiniment l’un de l’autre. On doit s’y faire, puisque c’est ainsi. » Peu importe avec qui on est, ceux qui connaissent notre histoire sont mal à l’aise quand Deklan et moi sommes dans la même pièce. Ils marchent sur des œufs, et tentent de nous éloigner avant qu’un autre drame se produise. Ils ont probablement peur que nous nous détruisions une fois de plus, mais nous devons agir en sorciers civilisés et au moins tenter de parler un peu. Les autres ne pourront pas toujours nous aider à fuir. « Non, tu as raison. Mais regarde où ça nous a menés… Peut-être que nous devrions faire comme tout le monde après tout. » S’il respectait les valeurs de sa famille et qu’il trouvait une jeune femme digne de son nom, il n’aurait plus de problème non? Et si faire comme tout le monde était la bonne chose à faire pour le sauver de toutes les embrouilles?

Oui, je m’ennuie de lui. Ce serait un mensonge d’affirmer que nos bons moments passés ensembles ne me manquent pas. Je me sentais si bien quand il était avec moi, quand il posait son regard sur moi et qu’il me souriait. Tout était beau, tout était simple. Je crois que ni l’un ni l’autre n’avons vu venir ce qui s’est produit ensuite. Nous nous éloignions, tout en restant proches. Le revoir, là devant moi, ce n’est pas aussi facile que je l’aurais cru. Des sentiments, ça ne s’envole pas comme par magie. Après tout, il aura été mon premier amour, et probablement même le seul. Je ne suis pas si naïve, je sais que je ne suis probablement pas ici pour des dizaines d’années encore, je pourrais disparaître du jour au lendemain : débuter une relation avec un garçon serait plutôt stupide. Ça ne ferait que du mal à un innocent qui n’a rien fait pour mériter ça.

« Je n’ai jamais dit que ça ne voulait rien dire, toi et moi. Tu auras été une grande partie de ma vie, Deklan… aussi courte qu’elle puisse être. Tu auras été le seul qui m’ait aimée de cette façon. Je n’ai pas oublié. Je ne pourrai jamais l’oublier. » Oui, j’étais aimée par ma famille et mes amis, mais on parle ici du vrai amour, celui entre deux sorciers réunis par le destin. Ça ne voulait tout de même pas dire que j’allais courir dans ses bras à la moindre chance. J’avais déçu Dragomir une fois, en le quittant. Maintenant que j’étais revenue, je n’allais pas le décevoir une fois de plus. Or, ça ne veut pas dire que j’allais ignorer Deklan à toutes les fois que j’allais le croiser, comme s’il n’existait pas.

________________
Il y a toujours un moment où le chemin bifurque. Chacun prend une direction différente en pensant que les chemins finiront par se rejoindre. ©endlesslove.
I loved you so much it killed me

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 946Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Jeu 23 Mar - 20:05

« Et bien j’ai peut-être du temps à rattraper, mais je suis là désormais, moi aussi. Durmstrang est peut-être un terrain grand et vaste, mais on ne peut pas nous cacher indéfiniment l’un de l’autre. On doit s’y faire, puisque c’est ainsi. » Clairement, ça allait être compliqué de passer leur temps à se fuir. Mais de toute façon, ils ne se croisaient pas tant que ça, puisque Dragomir avait rejoint le camp des insurgés et que sa soeur l'avait suivi, sûrement sans poser trop de questions. Elle était intelligente, Iris, pourtant ; qu'est-ce qui pouvait bien la pousser, à part son frère, à lutter du côté de ceux qui voulaient livrer les Vainqueurs à des monstres littéralement assoiffés de sang. D'autre part, le Levski trouvait bien ironique que l'aîné Stoyanov soit du côté des Insurgé. Lui qui avait tout fait pour que les Eclairs l'emportent en livrant des informations à Viktor Krum toute la première partie de l'année, se rangeait aujourd'hui dans le camp adverse ? A croire que sa seule motivation était de mettre des bâtons dans les roues de son ancien meneur. Quoique, il cherchait probablement aussi, surtout, à tenir sa soeur loin de son meurtrier. Mais s'ils ne pourraient s'éviter indéfiniment, Dragomir était bien optimiste s'il pensait pouvoir les séparer jusqu'à la fin des temps. Iris n'avait jamais vraiment pu s'échapper d'entre ses griffes. Il cherchait à savoir ce qu'il en était, à présent.

« Non, tu as raison. Mais regarde où ça nous a menés… Peut-être que nous devrions faire comme tout le monde après tout. » Il fronça les sourcils, mouvement imperceptible dans la pénombre. Elle venait de contredire, en une seule phrase, à peu près toute la ligne de conduite que Deklan observait au sujet de sa propre vie. Une partie de ses valeurs, une énorme part de ce qu'il était, lui. Il se demanda une seconde pourquoi elle disait ça. Si elle cherchait à lui montrer toutes ces différences qu'ils avaient décidé d'ignorer la première fois, en voulant croire que ça pourrait marcher quand même. Il n'était plus question de ça aujourd'hui, il n'était plus question de faire marcher une relation, de se comprendre, de se compléter. Il était juste question d'appartenance ; d'emprise, aussi. Il était juste question de l'électricité qui parcourait sa peau quand il la sentait proche, du chaos qui régnait dans sa tête quand il inspirait son effluve. Tout était à la fois finement réfléchi et absolument incontrôlable.

« Je n’ai jamais dit que ça ne voulait rien dire, toi et moi. Tu auras été une grande partie de ma vie, Deklan… aussi courte qu’elle puisse être. Tu auras été le seul qui m’ait aimée de cette façon. Je n’ai pas oublié. Je ne pourrai jamais l’oublier. » Pour l'aimer, il l'avait aimée ; pas de la bonne façon, sûrement. Sinon ils n'en seraient pas là. Pourtant, en entendant les battements lourds de son propre coeur, le meneur se rendait compte que rien n'avait changé du tout. S'il avait été capable de se contrôler, peut-être qu'il aurait tourné les talons aussi sec pour s'éloigner d'elle et les préserver tous les deux. Mais au lieu de ça il laissa un sourire effleurer ses lèvres ; en surface, un sourire attendri. En son for intérieur, un sourire victorieux. « Même si j'avais voulu je n'aurais pas pu. Ca aurait été moins difficile, peut-être, de pas me souvenir de toi alors que t'étais plus là. Mais j'avais envie de me rappeler de tout. J'ai rien oublié. » Il souffla, sur le ton des aveux arrachés, de la douleur des mauvais souvenirs ravivés. Qu'est-ce qu'il avait souffert sans elle et qu'est-ce qu'elle avait été lâche et monstrueuse de mettre fin à ses jours sans se douter une seule seconde du mal qu'elle ferait autour d'elle.

Il attendit quelques secondes avant de reprendre la parole, la voix un peu plus douce, moins écorchée. « Je t'avoue être assez surpris de te savoir du côté des Insurgés. » commença-t-il, faussement incertain. « Tu sais pourquoi ils se battent, n'est-ce pas ? » Pour livrer les autres. Pour les balancer entre les mains de psychopathes qui leur ouvriront les veines pour voir ce qu'il y a dedans, qui n'hésiteront pas à puiser jusqu'à la dernière goûte de leur sang. C'est pour ça que tu veux te battre, Iris ?

________________
How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Revenants
avatar
Revenants

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur, mais elle n'y a jamais accordé d'importance.Messages : 87Date d'inscription : 21/01/2016Localisation : Nulle part et partout à la fois.
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Jeu 25 Mai - 23:06

Deklan me souriait, un sourire qui semblait si doux, qui me rappelait de doux souvenirs. Cependant, ça ne prenait que quelques secondes avant que ces souvenirs ne tournent au vinaigre et deviennent plus noirs. Je n’arrivais pas à m’enlever ces pensées sombres de la tête. Il me souffla, non sans douleur, qu’il se souvenait de tout lui aussi. « Même si j'avais voulu je n'aurais pas pu. Ça aurait été moins difficile, peut-être, de pas me souvenir de toi alors que t'étais plus là. Mais j'avais envie de me rappeler de tout. J'ai rien oublié. » J’avais envie de crier, de savoir pourquoi il m’avait fait subir tout ça alors. « Pourquoi m’avoir fait du mal, si c’était pour te faire souffrir aussi? » C’était surtout une pensée, que j’avais dite à haute voix. Je ne m’attendais pas vraiment à ce qu’il me réponde, sachant qu’il n’avait peut-être même pas de réponse pour moi de toute façon.

Je n’arrivais pas à l’expliquer, mais à force de le croiser dans l’école, je commençais de plus en plus à ressentir une drôle de sensation en moi. Une sensation que je n’avais pourtant jamais ressentie auparavant, c’était plutôt sombre, une infirme partie de moi avait envie de se venger. Je tentais toujours d’éteindre cette pulsion, je me disais que ça finirait bien par s’évanouir, mais elle était encore là. J’avais envie de me venger sur celui qui m’avait poussée à commettre ce geste de désespoir, mais aussi sur ceux qui n’avaient rien fait pour m’en empêcher avant qu’il ne soit trop tard. Certes, ils avaient pleuré ma mort, mais avaient-ils réellement fait quoi que ce soit pour m’aider à m’en sortir avant cela? J’avais changé, c’était évident, mais ils étaient restés silencieux. Dragomir était loin, il avait une excuse, il n’avait rien vu venir. Mais les autres me côtoyaient à tous les jours à ce moment. Ils auraient pu faire une différence. Par chance, je n’étais pas du même camp que Deklan. Ainsi, je n’avais pas à le voir trop souvent, ni trop longtemps. J’avais choisi les Insurgés pour aider mon frère, mais tout au fond de moi je savais que je choisissais aussi un camp où mon ancien petit ami ne serait pas. Inconsciemment, est-ce que je me préparais déjà à me venger? Je ne sais pas. Mais j’étais désormais du côté opposé de Deklan, j’allais finir par me retrouver contre lui, c’était inévitable.


Il reprit le contrôle de lui-même, avec sa voix douce autrefois si rassurante. « Je t'avoue être assez surpris de te savoir du côté des Insurgés. Tu sais pourquoi ils se battent, n'est-ce pas ? » J’étais surprise qu’il sache déjà que j’avais rejoint les Insurgés. Il faut croire que les nouvelles circulaient rapidement. « Tu sais très bien que je ferais tout pour mon frère. Je profite de mon retour pour l’aider comme je le peux. Après tout, je lui dois bien ça… » Surtout après toute la douleur que je lui avais fait subir. Il avait dû se sentir tellement impuissant, il était très loin et n’avait rien vu venir. « Ils se battent pour obtenir des réponses. Ce que je veux aussi. Je veux savoir ce qui fait que je suis ici, et pour combien de temps. » Je ne sais peut-être pas tout sur les camps, mais je sais que je dois faire confiance à Dragomir. « Est-ce si différent de ce que vous cherchez, les Résistants? » Probablement pas. Au final, tous ces camps veulent la même chose.

________________
Il y a toujours un moment où le chemin bifurque. Chacun prend une direction différente en pensant que les chemins finiront par se rejoindre. ©endlesslove.
I loved you so much it killed me

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
petit géranium vivace.
avatar
petit géranium vivace.

HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 946Date d'inscription : 01/05/2014Localisation : Derrière toi
Ҩ Re: I still remember the smile when you tore me apart || Irisan Ҩ Dim 4 Juin - 17:01

« Pourquoi m’avoir fait du mal, si c’était pour te faire souffrir aussi? » La question, directe, le laissa interdit une seconde. Son visage se ferma légèrement, comme s'il encaissait les mots que son ancienne petite-amie venait de lui asséner. C'est une question qu'il s'était déjà posé, un nombre incalculable de fois. Pas juste après sa mort, non, il lui avait fallu plus de temps pour véritablement remettre en question ses agissements, pour envisager sa culpabilité, pour, simplement, faire sauter le verrou que sa conscience avait placé sur le visage de la Stoyanov pendant des années. Tout ça était revenu le hanter bien plus récemment, d'une façon plus violente que tout ce à quoi il aurait pu s'attendre. Ces questionnements avaient chamboulé beaucoup de choses ; l'avaient forcé à regarder dans les yeux celui qu'il avait été, qui n'avait de fait rien à voir avec celui qu'il pensait et prétendait être. Ca lui avait permis de, un peu, faire la paix avec lui-même ; de regarder celui qu'il voulait être, un homme différent de celui qui avait fait tout ce mal à Iris. « Je ne t'ai pas tuée » asséna-t-il, plus durement qu'il ne l'aurait voulu. Le choix des mots était trop brutal ; il restait beaucoup trop sensible à la mention de tout ceci. Et à la réflexion, il savait que ce n'était pas vrai ; qu'il était responsable de sa mort. Il l'avait tuée, indirectement : il se savait coupable. Pourtant il n'avait réellement pas le sentiment d'avoir son sang sur les mains. Il n'avait pas pris la décision à sa place, après tout. « Je n'ai jamais voulu que ça se termine comme ça, Iris. Tu dois le savoir. » Sa voix s'était radoucie à l'extrême, pourtant il n'avait plus grand chose de rassurant. C'est comme si c'était lui, qui avait besoin d'être rassuré, soudain. Il reprit contenance avant de continuer. « Jamais je ne t'aurais souhaité quelque chose de si affreux. »


Le sujet des Insurgés était autrement préoccupant. En un sens, il était plutôt soulagé de n'avoir pas à croiser la jeune femme tous les jours. En un autre sens, il n'avait pas véritablement envie de se retrouver face à elle lors d'un affrontement. Ca lui semblait bien futile, soudain, cette histoire de suicide. Aujourd'hui, tout un chacun risquait de crever de la main d'un ancien camarade au détour d'un couloir. Ca relèverait du véritable assassinat, et personne n'en serait surpris.

La réponse de la jeune Stoyanov le laissa totalement abasourdi quelques secondes ; une bouffée de haine pour Dragomir le força à inspirer calmement pour ne pas serrer les poings. Et puis il se mit à rire, d'un rire mauvais, en secouant la tête. « Si on se battait pour la même chose, on se battrait côte à côte, pas face à face. » Elle avait l'air si ingénue, si convaincue de faire le bien qu'il hésita un instant à lui dire la vérité. Et puis il décida que de toute façon, dans cette guerre, personne ne serait épargné par l'horreur de la situation. Alors autant lui permettre de faire ses propres choix, en enlevant les œillères que lui avaient mises son cher et tendre grand frère. « Dragomir a très bien su quoi te dire pour te convaincre du bien fondé des crimes qu'il est en train de commettre, avec tous ses nouveaux copains. » siffla-t-il, presque menaçant. « Ils cherchent à capturer les Vainqueurs, Iris. Ils ne veulent pas des réponses, ils veulent l'Ox, le pouvoir, rien de plus. Ils sont jaloux parce qu'ils n'ont pas gagné la Quête, et maintenant ils veulent seulement récupérer leur part du gâteau. » A nouveau, il secoua la tête. « Tu n'as aucune idée de ce qui se passe sur l'île, pas vrai ? » Il enchaîna, sans lui laisser le temps de répondre « Les assaillants, là-bas, ils ont un laboratoire, dans lequel ils font des expériences sur des porteurs de l'Ox, pour pouvoir récupérer son pouvoir. C'est tout ce qui les intéresse : le pouvoir. Ils en ont rien à foutre des réponses, et encore moins des Vainqueurs ; ils les tuent, Iris ! » Il parlait trop fort. Comme pour le lui montrer, sa voix se répercuta quelques instants contre les murs. Il se renfrogna, baissa d'un ton en concluant « Je veux bien le croire, que tu veuilles comprendre ce qui se passe ; mais pense au prix des réponses que tu réclames. La fille que j'ai aimée n'aurait pas sacrifié des dizaines de vies, parmi lesquelles celles d'anciens camarades, d'amis. Tu es intelligente, et tu es quelqu'un de bien. Ne suis pas aveuglément ton frère. Il ne se pose pas les bonnes questions. »

________________
How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

bannières:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

I still remember the smile when you tore me apart || Irisan

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Le 20 juin... Remember Cosmos 1999...
» I remember when, I remember, I remember when I lost my mind. ₪ 27 mars, 20h21
» Why do you smile all the time ? (RP libre : 1,2,3 personnes ?)
» .:' A love to remember... ':. ~ {PV R'hapsody}
» FINLEY JUDAS LEVY-EYNSFORD ⊱ ❝ you jump I jump, remember ? ❞

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum