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 (hematis) hey sister, do you still believe in love, i wonder

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : pur (d'angleterre).Messages : 411Date d'inscription : 12/02/2016Localisation : loneliness is the curse of the broken hearted
Ҩ (hematis) hey sister, do you still believe in love, i wonder Ҩ Dim 18 Sep - 17:38

Tu te noies. Tu te noies et tu te sens malade jusqu’au plus profond de ton être. Tout se mélange dans ton esprit, alors que les images défilent, encore et encore, et que les cris ne cessent de résonner contre les parois de ton crâne. Tu as la nausée, mais rien ne peut plus sortir de ton corps, tout comme rien ne peut plus y entrer. Tu ne te fais plus vomir, mais tu ne manges plus. Tu sais que ta mère t’observe, tu sais qu’elle est derrière toi, chaque jour, qu’elle te parle et t’incite à tant de choses. Tu t’en moques. Tu te moques d’elle depuis bien longtemps déjà, depuis que tu as grandi sans elle, que tu as changé sans elle. Tu n’as plus besoin d’elle. Tu n’as jamais eu besoin d’elle. Et assise sur le canapé du grand salon du manoir Lestrange, les jambes posées sur tes coudes et la tête enfouie entre tes mains, tu laisses échapper un rire. Il n’a rien d’amusé ce rire, au contraire, il est nerveux. Tous tes nerfs sont à vif et tu n’as plus que ça comme réaction, rire. Rire à t’en rendre folle. Tu deviens folle, tu es certaine. Tu deviens folle alors que ton monde s’est brisé autour de toi. Bellatrix est morte. Alazar est en prison. Theodore n’a pas donné signe de vie. Alyx ne répond à aucune de tes missives. Amatis est partie depuis bien longtemps déjà. Tu es seule, seule à en crever, et tu le sens, tu vas en mourir. Prendre ta propre vie n’a jamais été une option, mais alors que tu te noies dans ta peine, dans ta douleur, dans ta peur et dans ta folie… tu te dis qu’au moins la mort serait le calme. La tranquillité. Plus de soucis, plus de frère et de sœur, plus de parents qui ne te connaissent pas, plus de problèmes… plus de souffrance. Et soudainement, tu préférerais mourir que rester ici, dans cette demeure bien trop vide, une seconde de plus.

Néanmoins, tu sais la vérité. Tu es lâche. Theodore te hurlerait probablement le contraire, te rappelant tes deux années à avoir le courage de vendre ton corps pour ta cause, à torturer et à tuer pour ta cause. Mais Theodore n’est pas là. Et tu es seule. Tout se répète alors en boucle, ta folie, et ta peur, et les images, et les cris, et ta solitude. Rien ne quitte jamais ton esprit, et chaque jour c’est le même schéma, le même cirque, et rien ne change. Jamais. Rien ne te distrait, si ce n’est écrire à ton frère. Chaque jour, tu reçois une lettre d’Alazar et chaque jour, tu lui réponds. Jamais tu ne te serais attendue que ton frère réponde à ta première lettre, ni même qu’il continue à te répondre à chaque fois. Aussi étrangement que cela puisse paraître, tu as l’impression d’avoir enfin une relation avec ton aîné. Alors qu’il est enfermé à Azkaban et que tu te noies dans ce manoir trop grand pour toi, vous vous parlez finalement, après toutes ces années à désirer son attention sans retour. Il s’agit peut-être de la seule chose positive qui ressort de tout ce bazar monumental que ce sont tes vacances d’été. Enfin. Plus seulement des vacances, désormais. Tu n’es plus à Poudlard. Tu as fini ta septième année. Pas complètement, mais en partie. Et tu ne penses pas vraiment y retourner l’année d’après, au vu de l’état de l’école. Et désormais… tu ne sais plus quoi faire. Une chose de plus à ajouter à la liste.

Un bruit dans l’entrée te fait finalement relever la tête. Si tu pensais que cela pouvait être l’un de tes parents, tu n’aurais pas réagi, mais ils sont partis pour la journée. Ta curiosité piquée, estimant que tu n’as rien à faire de plus, tu te lèves et va voir ce qu’il se passe. Qu’elle n’est pas ta surprise de voir ta sœur aînée dans le hall d’entrée. « Amatis. » Auparavant, tu aurais tenté de refouler un sourire, teinté de culpabilité. Auparavant, tu aurais tenté d’être gentille avec ta sœur, pour attirer son regard à elle aussi, pour te rendre intéressante et lui faire plaisir. Mais désormais… désormais, tu t’en moques. Toutes les sensations sont encore trop fortes pour que tu t’en soucies, à l’instant même. « Que fais-tu au manoir ? Tu ne vis plus ici. » Tu sais que ta voix est vide de toute émotion. Tu sais qu’elle sonne durement au milieu du silence du hall, encore plus alors que tu as toujours été aussi fascinée par ta sœur. Ce n’est pas la voix d’une fille fascinée, mais celle d’une fille fatiguée. Lui tournant le dos, tu retournes dans le grand salon, te moquant de si ta sœur te suit ou non. Tu n’as pas la tête à ça. « Père et mère ne sont pas là pour la journée. Tu as perdu ton temps en venant ici. » C’est la seule raison pour laquelle ta sœur ferait le déplacement, voir vos parents. Tu ne l’as jamais intéressée.

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we killed in cold blood
when the day has come, that i've lost my way around ✻ and the seasons stop and hide beneath the ground. when the sky turns gray. and everything is screaming. i will reach inside. just to find my heart is beating. oh, you tell me to hold on. but innocence is gone, and what was right is wrong


Dernière édition par Hemera Lestrange le Mar 28 Mar - 1:05, édité 2 fois
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : purMessages : 368Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: (hematis) hey sister, do you still believe in love, i wonder Ҩ Lun 9 Jan - 4:04


hey sister, do you still
believe in love ♆



Il faisait particulièrement chaud, ce jour-là. C'était un détail qui avait attiré l'attention de la Lestrange dès le réveil, quand le soleil était venu lui brûler les paupières. Ça l'avait arrachée des bras de Morphée, toute cette luminosité. Elle avait oublié de fermer les rideaux, encore une fois. Elle se disait toujours qu'elle attendait le dernier moment, juste avant de s'endormir, mais elle ne les fermait jamais. Elle ne l'avouerait pas, mais les lumières de la ville avaient quelque chose de rassurant. Le sommeil ne venait plus depuis longtemps, il fallait compter les heures avant que la fatigue ne l'emporte sur l'angoisse. Une peur incessante, l'impression morbide que sa vie ne tenait qu'à un fil. Comme si ça avait déjà été différent. Mais elle devait admettre que ça s'était amplifié depuis la fin de la guerre. Trop calme, sans doute. Ça ne durerait pas. Mais en attendant le prochain drame, elle ressassait les précédents.

Des tas de petits détails insignifiants lui revinrent en mémoire quand elle se demanda comment elle avait atterri ici, devant le manoir Lestrange. Au fond, elle n'était pas vraiment surprise, maintenant qu'elle avait analysé la situation. Sa décision avait été vachement précipitée, intuitive ; mais elle n'était que la suite logique des évènements, un chapitre pratiquement écrit d'avance, attendu. Quand elle songea à ce qu'elle avait lu dans le journal ce matin à propos de Bellatrix, elle se dit que sa venue était inévitable. Il fallait qu'elle sache, qu'elle creuse un peu plus à l'intérieur d'elle-même. Elle s'était demandé toute la journée si ça lui ferait quelque chose de rentrer chez elle et maintenant qu'elle se trouvait sur le pas de la porte, elle hésitait encore. Alazar n'était plus là, à son grand soulagement. Mais sans lui, ça n'était plus vraiment la maison de son enfance, ça n'avait plus le même impact sur son subconscient.
Pourtant ça ne l'empêchait pas de fixer sa main posée sur la poignée d'un air anxieux, elle ne savait que trop bien ce qui l'attendait une fois qu'elle aurait passé la porte. L'air se liquéfiait dans ses poumons tandis qu'elle pénétrait dans la demeure qui servait de toile de fond à tous ses cauchemars. Ses yeux se posèrent sur le papier peint vieilli, elle étouffa un rictus amer. Rien n'avait changé. Il y avait toujours la même atmosphère sordide, les mêmes horreurs incrustées dans les murs. Elle contracta tous les muscles de son visage, fit de son mieux pour ne pas vomir à cause des mêmes souvenirs atroces qu'elle se trimballait dans son âme calcinée.

What the hell am I doing here. Regrettant aussitôt d'avoir remis les pieds dans ce trou à rats, la jeune femme voulut faire demi-tour. La silhouette amaigrie d'une soeur oubliée se dessina droit devant elle. Sa voix d'outre-tombe l'appela et déclencha un vieux réflexe enfoui loin sous la surface, une pulsion à peine tangible, comme une envie de se reconnecter à ce bout de vie qui aurait dû compléter la sienne. Hemera était la pièce qui manquerait toujours à son puzzle. « Que fais-tu au manoir ? Tu ne vis plus ici. » Même si les deux Lestrange n'avaient jamais été proches, l'aînée sentit d'instinct que quelque chose détonnait de d'habitude. Difficile de mettre le doigt dessus quand on n'y avait jamais fait attention. Amatis réalisa à quel point sa soeur faisait partie des murs, c'était à peine si elle comprenait d'où ça lui venait, ce sentiment étrange que quelque chose était différent. « Père et mère ne sont pas là pour la journée. Tu as perdu ton temps en venant ici. » Elle se retint de lui dire qu'elle le savait déjà, qu'elle ne savait même pas pourquoi elle s'était imaginé que ça lui apporterait quelque chose de faire le déplacement. Peut-être que ça lui tomberait dessus plus tard, quand elle ne s'y attendrait pas. Peut-être qu'elle comprendrait enfin pourquoi son coeur s'était serré si fort dans sa poitrine quand elle avait lu toutes les horreurs que l'on crachait sur le dos des Lestrange. Et puis si ça ne venait pas, tant pis, tant mieux.

La médicomage suivit l'ombre de sa soeur sans trop réfléchir. Il fallait qu'elle mette son cerveau en pause pour ne pas devenir folle, dans ce manoir. Elle devait se sortir d'elle-même, quitter son corps et se contenter de regarder la scène depuis l'extérieur. Quelque chose la retenait, elle sentait qu'elle ne devait pas partir tout de suite. « Je suis pas là pour ça, je dois… récupérer des affaires. Bref, ça te regarde pas, répondit-elle machinalement. » C'est à cause de l'absence de réaction d'Hemera qu'elle réalisa ce qui avait changé. D'habitude, sa cadette se découpait en mille morceaux pour qu'Amatis en récupère un et lui accorde cinq secondes d'attention. Mais depuis son arrivée, la petite brune n'avait même pas cherché à croiser son regard. Non pas que ça lui importe, mais si, quand même un petit peu.
Pour la première fois depuis longtemps, Amatis posa les yeux sur sa petite soeur et elle prit le temps de la dévisager. Quand est-ce qu'elle avait grandi comme ça, où étaient passées ses grosses joues toutes roses? Elle laissa l'image de la nouvelle Hemera s'imprimer dans son esprit. « T'as maigri. » Après réflexion, elle la trouva même extrêmement maigre. Perplexe mais incapable de retranscrire humainement ses inquiétudes, Amatis fit comme elle faisait toujours avec elle ; elle fit semblant de rien, puisqu'après tout, elles ne se connaissaient pas. Elles ignoraient encore qu'elles partageaient bien plus qu'un simple nom. D'ailleurs il était inscrit en grandes lettres en première page d'un ramassis de conneries. « T'as lu ce qu'ils disent sur Bellatrix dans les journaux? Bientôt on devrait avoir honte de s'appeler Lestrange, c'est franchement n'importe quoi. »

Et puis finalement ça lui dégringolait sur la gueule, l'orgueil écorché d'une famille dépouillée par la guerre. Peut-être bien qu'elle en avait quelque chose à foutre de leur réputation et peut-être même bien que ça la pulvérisait de l'intérieur, d'avoir tout perdu.



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don’t take that sinner from me

Oh Lord, oh Lord, what have I done? I’ve fallen in love with a man on the run. Oh Lord, oh Lord, what do I do? I’ve fallen for someone who’s nothing like you. He’s raised on the edge of the devil’s backbone. Oh I just wanna take him home. There wasn’t a wrong or a right he could choose, he did what he had to do. Don’t care if he’s guilty, don’t care if he’s not. He’s good and he’s bad and he’s all that I’ve got.

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Ҩ Re: (hematis) hey sister, do you still believe in love, i wonder Ҩ Mar 28 Mar - 1:06

La réponse d’Amatis ne te surprend pas. Pourquoi te surprendrait-elle ? Ta sœur ne t’a jamais accordé aucune attention, ta sœur ne s’est jamais occupée de toi. Au contraire, elle te regardait comme une épine dans son pied, comme un insecte qu’elle doit écraser. Tu n’es rien pour Amatis, et qu’elle te dise que ce qu’elle fait ne te regarde pas… cela ne te surprend pas. Mais cela t’agace. Ô comme cela t’agace. Et la colère, elle, te surprend. La colère te déstabilise, la colère te coupe le souffle. Tu n’as pas l’habitude de te sentir en colère contre ta sœur. Pas après toutes ces années à tenter de l’intéresser, à tenter d’attirer son regard, à tenter de voir de l’admiration dans ses prunelles. Mais tu n’as pas envie de l’impressionner à l’instant même, non. Tu as envie qu’elle parte, tu as envie qu’elle se taise, tu as envie qu’elle disparaisse. Tu ne veux pas qu’elle te réduise à rien, tu ne veux pas qu’elle te diminue. Et la colère se répand dans tes veines, comme un poison qui te brûle le sang. Tu sens le venin au bout de ta langue, mais tu te tais, te contente d’observer ta sœur. Est-ce réellement ta sœur, cette femme qui ne s’est jamais souciée de toi, cette femme qui t’a détestée depuis que tu es venue au monde ? Tu ne peux pas dire. Avant, tu aurais tenté de tout faire pour l’impressionner. Plus maintenant. Lorsque sa deuxième remarque arrive, tu as presque envie de hurler de rire. Ou de fondre en larmes. Tu te sentirais presque hystérique. Tu as envie de la féliciter de savoir utiliser ses yeux ; oui de lui demander comment a-t-elle pu remarquer, puisqu’elle ne te regarde jamais. Tu te contentes de la fixer, de ton regard froid et vide de toute vie. « Ça t’intéresse ? C’est nouveau. » Tu t’assoies dans le canapé, reprends le livre que tu ne lisais pas vraiment. Tu espères qu’elle t’oubliera, qu’elle fera ce qu’elle a à faire et repartira aussitôt. Tu ne veux pas la voir.

Néanmoins, il semble que ce ne soit pas la journée pour que tes souhaits se réalisent, alors que ta sœur reste où elle et que sa voix s’élève à nouveau. « Tante Bellatrix est morte. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, aucun d’entre eux ne la connaissait vraiment. » Cela a toujours été le propre des journaux : parler des sujets brûlants, parler de choses qu’ils ne connaissent pas, parler comment s’ils savent tout alors qu’ils ne savent rien. C’est le propre des vainqueurs, tout simplement, de réduire à néant le côté des perdants. De ne laisser passer aucune chance de les voir ressurgir à nouveau. Lord Voldemort a fait la même chose quand il a été au pouvoir, détruisant l’image d’Harry Potter et de ses pathétiques amis. C’est normal. C’est irritant, mais c’est normal. Pour que tu ressentes quelque chose à ce sujet, il faudrait que tu ressentes quelque chose tout court. Ce n’est plus le cas. « Cela vaut pour toi aussi. Tu ne la connaissais pas. Ne joue pas l’offensée. » Theodore et toi, vous êtes restés sous apprentissages pendant trois années. Theodore et toi, vous la connaissiez, un minimum en tout cas. Bellatrix Lestrange était un monstre, une âme sanguinaire, qui les a corrompus jusqu’à la moelle. Bellatrix a fait de toi ce que tu es aujourd’hui. Rien de moins.

Sentant la lassitude et la colère se faire de plus en plus puissantes, tu inspires profondément et repose le livre à tes côtés. Tu lèves le regard vers ta sœur, plonge tes yeux dans les siens. « Que fais-tu réellement là Amatis ? Tu n’es pas là pour nos parents ; et si tu voulais réellement récupérer certaines de tes affaires, tu serais venue bien avant. Cela fait des années que tu n’as pas posé les pieds au manoir. Quant à moi… je ne suis pas assez naïve pour croire que tu es là pour moi. Alors pourquoi ? Quoique, non. Ne me le dis pas. Fais juste ce que tu as à faire. Plus vite ce sera fait, plus vite je serai à nouveau tranquille. » Et tu ignores tes mains qui tremblent, tu ignores tes subites nausées. Tu ne veux pas voir ta sœur.

© code par Nostaw.

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