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 One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Mar 9 Aoû - 1:25

Hello les koupains ! J'ouvre ce sujet ici pour recenser tous les one-shots que je vais écrire pour l'animation numéro 3. Il y a matière à bien s'amuser et je suis très inspirée, donc je vais tout mettre au même endroit pour les quatre personnages. Ca arrivera progressivement, parce que j'ai plein de choses à écrire du coup Mais en tout cas si vous voulez y aller de votre petit commentaire, hésitez pas, postez à la suite, ça me ferait très plaisir de savoir ce que vous en pensez Même si vous aimez pas, vous pouvez me dire pourquoi, ça m'aidera forcément
Bon je sais que dans les consignes c'est dit qu'on n'est pas obligé de faire une tragédie grecque à chaque fois mais vous me connaissez je suis un peu dramatique comme fille :schei: J'essaierai de faire aussi des trucs rigolos, promis
Voilà, je vous aime fooooort, et je poste ça à la suite. Et encore une fois, hésitez pas à commenter

One Shots : (dans l'ordre d'apparition)

  • Votre personnage en tant que moldu Partie I, Enora
  • Vous dans l'univers d'AK Partie I, ColetteLaBelette
  • La vie d'un membre de la famille de votre personnage Garett Barjow, Enora
  • La mort de votre personnage Deklan
  • Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie ColetteLaBelette & Enora
  • Le premier jour de votre personnage à Durmstrang Enora
  • Votre personnage à une autre époque Enora, si elle était née en 1960.
  • Votre rencontre avec votre personnage dans la vraie vie ColetteLaBelette & Deklan
  • Votre personnage en tant que moldu Partie II, Enora
  • Votre personnage en tant que moldu Partie III, Enora
  • Hors thème, Adonyria Partie I, Valkyria
  • Hors thème, Valkilith + Evyria Partie I, Valkyria


Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 6 Fév - 22:28, édité 8 fois
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Mar 9 Aoû - 1:46

Animation n°3

Votre personnage en tant que moldu

Anything you say can and will be held against you

So only say my name. It will be held against you.


PARTIE I


« Non j'ai pas de titre de transport. » « Alors c'est cinquante balles. Espèce, carte ? » Putain, fait chier. C'est quoi ce pays où ils contrôlent le métro au milieu de la nuit quand il n'y a que quatre clampins qui se baladent. Surtout dans ce quartier, sérieux. « Espèce. » Elle n'allait quand même pas leur filer sa carte bleue. Ni son pass de transport, d'ailleurs. Parce que oui, elle en avait un, mais si qui que ce soit savait qu'elle était venue ici - ne serait-ce qu'une pauvre employée blasée du service de transport - elle ne donnait pas cher de sa peau. Même s'il n'y avait qu'une chance sur dix mille pour que l'information aille plus loin que le cerveau de la contrôleuse, il fallait considérer cette unique éventualité. Enora ne plaisantait pas avec son anonymat. Les enjeux étaient beaucoup trop grands.

Elle régla l'amende en serrant les dents pour ne pas râler à voix haute, toujours à demie cachée derrière la capuche rabattue sur sa tête. Elle songea que dans son malheur, elle avait quand même eu de la chance d'être contrôlée par ici, et pas au moment où elle était entrée dans le métro près de chez elle. Le quartier où elle se trouvait à présent était assez craignos pour qu'on ne lui demande pas de se découvrir le visage - c'était un coup à se faire taper dessus. Ca l'aurait un peu embarrassée. Elle récupéra le titre que lui tendit la femme, et s'enfonça dans le fond de son siège en vissant ses écouteurs dans ses oreilles avant de fourrer ses mains dans les poches de son sweat. Pour quelqu'un qui voulait passer inaperçue, c'était un peu loupé. Coup d'oeil au panneau numérique accroché plus loin. Prochain métro dans vingt minutes. A cause de ce foutu contrôle, elle avait loupé le précédent.

Finalement, elle s'engouffra dans la rame, et descendit quelques stations plus loin avant de remonter à la surface. L'air était un peu plus respirable, mais il aurait fallu être complètement idiot ou inconscient pour ne pas remarquer l'atmosphère lourde de menace qui planait dans la rue. Guère impressionnée, la jeune femme avançait résolument entre les immeubles vétustes et les sans-abris allongés à même le sol. Rapidement, elle bifurqua à l'angle d'un bâtiment et rejoignit une entrée enfoncée dans ce qui ressemblait à un coupe-gorge. Vous savez, cette petite ruelle beaucoup trop étroite et plus sombre encore que le reste du quartier enveloppé par la nuit ; là où la lumière de la pleine lune ne parvenait à dissiper l'obscurité. L'endroit où la victime se fait égorger dans les mauvais films à suspense. Mais Enora n'était pas la victime ce soir. Elle n'était pas la victime tout court, d'ailleurs. Plus jamais elle ne le serait.

Retirant ses écouteurs, elle poussa le battant d'une porte qui pivota silencieusement sur ses gonds avant de s'engouffrer à l'intérieur. La lumière grésillante des panonceaux "sortie de secours" peinait à éclairer le couloir, mais elle n'avait pas vraiment besoin d'y voir pour se repérer. Elle arriva en haut d'un escalier qu'elle descendit en vitesse avant de s'engouffrer dans la première ouverture à droite, quelques marches avant d'arriver en bas. A peine un pas plus loin, elle se retrouva devant une porte qui refusa de s'ouvrir quand elle en abaissa la clenche. On l'avait prévenue. La jeune femme sortit un canif de sa poche arrière et inséra la lame dans l'espace entre le battant et l'encadrement, débloquant la tige métallique qui empêchait le pêne de bouger. Elle poussa le battant avec son épaule, et celui-ci pivota. Enora referma la porte et remit la "sécurité" en place avant de s'éloigner. Elle ne tenait pas vraiment à rendre de compte à qui que ce soit si jamais quelqu'un qui n'était pas invité débarquait ici. Et d'ailleurs ça n'arrangerait pas ses affaires à elle non-plus, si jamais ça arrivait. Autant prendre ses précautions.

La jeune femme jeta un oeil à son téléphone. 1h47. Elle avait plus d'un quart d'heure de retard. Les dents serrées, elle attendit sans bouger. Normalement, il devrait être là. « Tu foutais quoi, bon sang ? » En d'autres circonstances, elle aurait été très agacée qu'on lui demande des comptes. Mais pour le coup, elle était plutôt soulagée qu'il ne soit pas parti. « Tu l'as ? » « Bien sûr que je l'ai. Pour qui tu me prends ? » Elle hésitait encore, à vrai dire. Accorder sa confiance était toujours quelque chose de compliqué, dans ce milieu. Pour elle, c'était particulièrement difficile. Et elle ne bossait pas avec ce gamin depuis assez longtemps pour savoir à quoi s'en tenir. Si elle le pouvait, elle se chargerait elle-même de transporter son travail, mais c'était beaucoup trop risqué. Son coéquipier habituel s'occupait d'amener les autres jusqu'ici ; difficile de lui demander de tout faire en même temps.
Sans un mot, elle tendit la main jusqu'au mur et activa un petit interrupteur, délivrant sur la pièce une faible lumière  grésillante. Son interlocuteur lui faisait face, adossé nonchalamment au mur, un grand sac à dos à ses pieds. « J'espère que tu as conscience de la valeur de ce que tu trimbales. S'il est abîmé, on en restera pas là. » Il eut un petit rire, saisit le sac et le tendit à la jeune femme. « T'inquiète chérie, il est comme neuf. » Elle retira sa capuche et s'empara du sac en foudroyant le garçon du regard, avant de s'agenouiller pour ouvrir la fermeture éclaire. Pendant qu'elle inspectait la toile à l'intérieur, elle eut la désagréable sensation d'être dévisagée. Les sourcils froncés, elle extirpa le faux tableau du sac pour le détailler autant que faire se pouvait sous une lumière de cette qualité. Il avait effectivement l'air comme neuf. « Les autres sont déjà là ? » Demanda-t-elle sobrement. « Oui, ils t'attendent. Ou ils attendent ton boulot, plutôt. » Parfait. Ils n'allaient pas être déçus. La jeune femme referma le sac et le hissa précautionneusement sur son épaule avant d'éteindre la lumière et de suivre un autre couloir vers une pièce plus grande où les acheteurs devaient se tenir.

L'échange se passa très correctement. Les acheteurs s'étaient montrés pressés ; ils n'avaient pas détaillé le tableau en long en large et en travers avant de conclure la vente. Habitués à travailler avec la jeune femme, ils avaient toutes confiance en son travail. Ca l'arrangeait bien, elle perdait un peu moins de temps.
Assise sur un muret à l'extérieur, elle tira sur sa clope avant de la passer au jeune homme installé près d'elle. Maintenant que les autres étaient repartis, elle se retrouvait seule avec son coéquipier. « Je pensais pas qu'ils seraient prêts à débourser autant, t'as assuré. » fit-il, avant de prendre une bouffée de tabac. « C'est surtout le prix qu'ils vont en tirer en arnaquant un collectionneur, qui va assurer. Ils vont se faire plus de marge que moi. Mais bon, je m'en tape un peu. » Il rit légèrement tandis qu'elle haussait les épaules en récupérant la cigarette. « Depuis le temps que tu fais ce boulot, tu dois avoir assez de fric pour t'acheter les tableaux originaux. » Elle sourit en répondant. « Oui mais c'est beaucoup moins marrant quand c'est légal. » Leurs deux rires se mêlèrent, puis le silence reprit progressivement ses droits. Elle réfléchissait. Ca faisait longtemps que le recel n'était plus un besoin. Depuis plusieurs années maintenant, elle ne s'inquiétait plus de savoir comment elle allait payer son loyer. Faire exploser le business de son père en ruinant sa réputation lui avait permis de récupérer pas mal de potentiels clients. On rend justice comme on peut. En l'occurrence, ça avait aussi servi ses affaires. « Ca a été avec James pour le transport, au fait ? » Elle grogna « Le tableau était nickel mais j'étais pas tranquille. Je préfère quand tu t'en occupes. » « Je préfère aussi, mais bon. On se débrouille comme on peut quand il manque quelqu'un. Tu en sais plus que moi ? » « Onisim m'a envoyé un message dans la journée pour me prévenir qu'il avait un imprévu. » Onisim, qui gérait tout ça avec elle. Depuis si longtemps qu'elle envisageait assez mal de travailler sans lui. Onisim, qui s'était démené avec elle pour avancer au travers de cette vie. Si bien qu'elle s'imaginait assez mal continuer d'avancer sans lui. Mais pour ce soir, il avait fallu improviser. « Tu sais pourquoi ? » « Non. » Elle se pencha un peu en arrière, basculant la tête vers le ciel pour souffler la fumée vers les étoiles. Et toiser l'astre lunaire. « Aucune idée. »



Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 6 Fév - 22:13, édité 1 fois
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Mer 10 Aoû - 16:58

Animation n°3

Vous, dans l'univers d'AK

You are, without doubt, the worst pirate I've ever heard of.

No additional shot, nor powder. A compass that doesn't point north. And I half expected it to be made of wood.



La baguette en bois de hêtre tourne entre les doigts de ma main droite à toute vitesse. Ca évacue le stress. En fait, non, ça n'évacue rien, mais ça m'occupe les mains, et tant que je suis concentrée sur ça, je ne suis pas concentrée sur autre chose. C'est un tel bordel, ici, vous n'imaginez pas.
Enfin si, vous imaginez sûrement, parce que si vous lisez ça c'est que vous êtes aussi ici avec moi  et si vous êtes aussi ici avec moi c'est que vous savez très bien ce qui se passe. L'Ox trouvé, les assaillants, les insurgés, tout ça. Les vainqueurs et les résistants, aussi. Les résistants. Ca en jette, comme nom, hein ? C'est nous. Bon, dis comme ça on a presque l'impression que ceux qui en font partie sont utiles et mènent des actions courageuses pour sauver tout le monde. Et c'est le cas, techniquement, hein. Mais ça n'empêche pas l'impuissance d'être le sentiment dominant. Et ça, ça rend fou un peu tout le monde. Moi y compris. Forcément.

Cette baguette est vachement fine, je note, l'air de rien. Je ne sais pas trop comment elle a fait pour survvire avec moi jusqu'ici. Ca fait huit quand que je la trimballe, et elle est encore entière. Je m'impressionnerais presque, pour le coup. Je n'ai jamais été matérialiste et, en général, j'accorde très peu de valeur aux choses. Ca dépend lesquelles, après - cette baguette étant justement une exception qui confirme la règle - et ça ne m'empêche pas de faire attention. Mais maladroite comme je suis, faire attention est souvent insuffisant pour sauvegarder ce qui se retrouve entre mes mains. Merde.
Le bruit du bois qui rebondit plusieurs fois sur les dalles sombres du sol retentit distinctement dans le silence du couloir. Aussitôt, je m'accroupis, ramasse ma baguette et me redresse l'air de rien, jetant un coup d'oeil autour de moi. Personne n'a vu ça ? A priori. Bon. Je ferme les doigts fermement sur la baguette et j'arrête mes accrobaties. Ca n'évacue rien du tout et j'arrive juste à me ridiculiser. M'enfin, tout le monde a l'habitude maintenant. Ca ne me dérange même plus tant que ça. Quoique ça dépend auprès de qui. En l'occurrence, personne d'autre ne monte la garde devant la salle de réception, donc je m'en tire relativement bien.

Bref. C'est le gros bordel. Enfin, ma vie a toujours un peu été un gros bordel ; le long fleuve tranquille, tout ça, c'est juste une grosse blague. Et tant mieux, j'imagine. Moi ça ne m'intéresse pas de foutre mes fesses dans un bateau et de descendre le fleuve en regardant les nuages. Quoique j'aime beaucoup regarder les nuages, mais y passer ma vie, non merci. Les moldus ont un truc vachement plus cool pour descendre les rivières, ça s'appelle un kayak (ou un canoé, à plusieurs c'est encore mieux), et avec ça on passe dans les rapides, on est secoué dans tous les sens, et des fois on se retrouve la tête sous l'eau. Mais on s'éclate. C'est pas de la petite navigation tranquille ; c'est beaucoup plus intéressant. Plus dur, mais plus intéressant. Enfin, de toute façon c'est pas comme si on avait le choix, je suppose. Je parle beaucoup pour juste dire qu'au final ma vie a toujours été mouvementée et que je considère que ce n'est pas plus mal comme ça. (vous apprendrez au passage que je parle très souvent beaucoup pour ne pas dire grand chose). Cette fois pourtant, ça dépasse un peu les bornes, parce que ça devient un peu dangereux. Entre les psychopathes qui veulent nous tuer dehors et les bombes à retardement qui peuvent nous tuer dedans, c'est relativement hostile comme environnement.
Je jette un coup d'oeil au sceau rougeoyant qui brille sur la tranche de mon poignet. Les flammes ont été une évidence dès mon arrivée dans l'école, et j'ai trouvé chez eux tout ce que j'aurais pu attendre d'une famille ; et plus encore, souvent. J'ai toujours été derrière eux mais aujourd'hui, je dois avouer leur être plus que reconnaissante d'avoir échoué dans la Quête de l'Ox. Ca m'aurait bien emmerdée de me retrouver avec un tel pouvoir dans les veines.

J'écrase un bâillement du dos de la main, fais mon possible pour le réprimer. C'est pas le moment de s'endormir. J'ai remplacé Ystrinov il y a une heure, j'attends que quelqu'un vienne prendre le relai.
Les mécanismes de la porte derrière moi s'enclenchent soudain et mon coeur fait mine de s'arrêter tandis que je sursaute comme si un coup de feu venait de retentir dans le couloir. Je suis vraiment beaucoup trop cardiaque, ça finira par me perdre. Râlant intérieurement, je me retourne pour regarder qui a la brillante idée de vouloir aller se balader dans les couloirs au milieu de la nuit. Mon sang ne fait qu'un tour lorsque je tombe sur la mine renfrognée d'Onisim Vassilev. Sérieusement ? Ca ne pouvait pas être Iris ou Erika ou Darcy ou même Danslav ou n'importe qui de FREQUENTABLE ? Pourquoi est-ce que c'est à lui que je vais devoir rappeler qu'il n'est pas supposé sortir se balader comme ça ? Et pourquoi il faut qu'il décide de faire ça pendant MON tour de garde ? En plus, je ne vois vraiment pas par quel miracle ce type peut avoir accès à la salle de réception. Il était chez les ombres, il n'aime personne, il n'y a aucune foutue raison pour que sa candidature en tant que résistant ait eu quoi que ce soit de crédible. Si ça se trouve, il bosse pour les insurgés. Mal à l'aise, je fais face à son regard assassins en m'enjoignant mentalement à dire quelque chose. « Euh... » C'est un bon début. Mais ses yeux se durcissent et je m'étonne de ne pas encore avoir été foudroyée sur place. Inspiration, expiration. Je m'apprête à retenter de prononcer quelques mots lorsqu'une seconde silhouette se glisse à l'extérieur pour nous rejoindre près de la limite du sortilège de protection. Je reconnais Enora en une fraction de seconde. Aw. Je saisis peut-être un peu mieux le pourquoi du comment de cette balade nocturne. Même si je ne comprends décidément ni comment ni pourquoi ces deux-là peuvent sortir ensemble, j'imagine que ça les regarde.

Je me détourne du Vassilev qui me regarde toujours comme s'il avait envie de m'arracher les yeux pour faire face à une Enora décidément plus aimable qui me sourit d'un air presque coupable. « Tu nous as pas vus, hein ? » J'ai un petit rire en m'adossant à nouveau contre le mur. « Vu qui ? » Elle me remercie d'un sourire et disparaît dans le couloir avec son petit-ami. Quel drôle de type, celui-là. Il me met tellement mal à l'aise, c'est dramatique. En tout cas, je soupçonne Enora d'avoir su que je serais à la porte cette nuit et qu'elle aurait du coup le champ libre pour partir faire je ne sais quoi. Et d'ailleurs je n'ai pas très envie de le savoir.
Oui, je suis une Résistante en carton. Et oui, ma naïveté finira sûrement par me perdre.



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Statut du sang : aussi pur qu'un diamantMessages : 1976Date d'inscription : 15/07/2014Localisation : Durmstrang.
Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Sam 13 Aoû - 15:18

Je te l'ai déjà dit mais je tiens à te baver dessus en public, alors je me répète : ce texte est sublime. :please: Ton interprétation d'Enora en tant que moldue est très pertinente et reste tout à fait cohérente. J'aime les multiples allusions faites à la 'vraie' Enora, et puis surtout… la fin. Je ne peux qu'adorer cette OS.


say you'll still be by my side


If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.
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Statut du sang : Plus pur que le cristalMessages : 366Date d'inscription : 05/04/2016Localisation : Domovoï's Rock, cachée dans un coin
Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Lun 15 Aoû - 19:03

Je suis contente que tu aimes, ça me fait super plaisir :keur: Merci Skeille d'amour ; et j'étais sûre que la référence à la fin te plairait


Shadows settle on the place that you left
And if you're still bleeding, you're the lucky one. 'Cause most of our feelings, they are dead and they are gone. We're setting fire to our insides for fun, collecting pictures from the flood that wrecked our home. It was a flood that wrecked this. And you caused it.
And if you're in love, then you are the lucky one, 'cause most of us are bitter over someone. Setting fire to our insides for fun, to distract our hearts from ever missing them. But I'm forever missing you. And I caused it.
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Statut du sang : PurMessages : 482Date d'inscription : 02/11/2014Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Lun 12 Sep - 21:49

Animation n°3

La vie d'un membre de la famille de votre personnage

Leave me out with the waste, this is not what I do

It's the wrong kinf of place to be thinking of you




Bonjour, bonsoir à tous.
Si vous êtes tombés sur ça, c'est probablement que je ne suis plus là. Je me suis sûrement tiré pour Domovoï's Rock, où j'ai essayé de prendre un autre transport pour retourner dans le monde civilisé (plus à l'Ouest, donc, forcément). Bon, ça veut dire qu'il y a de bonnes chances pour que je sois toujours coincé sur ce caillou, puisque je me suis probablement foiré. Je n'ai jamais beaucoup aimé la Bulgarie et je m'y suis fait traîner plus ou moins de force. En fait, ça m'était assez égal. Et pour être tout à fait honnête, il y a assez peu de choses qui ne me sont pas égales en ce bas monde. Pour que j'aie réellement envie de me tirer, c'est que les choses ont bien dégénéré comme il fallait. Mais ça, vous le saviez déjà.

Mais bref. Avant d'aller plus loin, je vais quand même essayer de me présenter un peu. Je suis, sans vouloir me vanter, l'un des plus énormes déchets que la Terre ait jamais portés. J'en suis devenu un, en tout cas. Parce que je continue de penser qu'à la base, j'étais pas forcément destiné à finir comme ça. J'veux dire, c'est vrai. Je suis pas trop con, je suis pas trop moche. J'avais de quoi faire quelque chose de ma vie, il me semble. D'ailleurs c'est peut-être pour ça que je peux affirmer si catégoriquement que je suis un déchet ; puisque j'ai eu mes chances, et que je les ai grillées. On ne peut pas dire de quelqu'un, né et mort dans la misère sans jamais avoir eu l'occasion d'en sortir, qu'il a loupé sa vie et qu'il ne mérite même pas de compassion. Non, on peut pas. Moi, je suis pas né dans la soie, mais j'ai un putain de sang pur qui circule partout dans mon corps. Entre nous, c'est un sacré bon début pour se lancer dans la vie ; surtout dans un monde comme le notre, et un univers comme le mien. Le business de mes parents nous rapportait pas mal de fric. J'ai grandi dans un taudis au fond d'une allée sombre mais j'avais un manoir géant à explorer pour les vacances ; quand on était pas partis en vadrouille aux quatre coins du monde, ma soeur, mes parents et moi. Franchement, c'était chouette. Le bon temps, la belle vie. L'âge d'or, appelez ça comme vous voulez.

Quand j'avais huit ans, ma soeur est entrée à Poudlard. C'est devenu un peu moins rigolo. On s'entendait vachement bien tous les deux. On se marrait bien, à faire des conneries dans le dos des parents. Elle a toujours aimé ça, les conneries ; et le plus drôle, c'est qu'elle était douée. On s'est jamais fait prendre, quand on était tous les deux. Moi tout seul, par contre, après son départ, je foirais assez souvent. Mais mes parents étaient cools, et je ne faisais rien de très dramatique. En tout cas, faire ça sans elle, c'était beaucoup moins drôle. Comme la plupart des choses, en fait.
Elle revenait pour les vacances mais c'était différent. Le collège la changeait, ça se voyait. Même avec notre père, elle était plus la même. Avant, c'était notre héros à tous les deux. Et puis en plus, elle était passionnée par son boulot, elle voulait toujours qu'il lui montre tout ce sur quoi il travaillait. Mais plus le temps passait et plus ça avait l'air de lui sembler fade. Comme si quelque chose gâchait tout ça. Bien sûr, elle n'a jamais voulu rien m'en dire. Je m'en suis rendu compte tout seul quand je suis arrivé à Poudlard, moi aussi.

Il faut dire qu'on porte un nom de famille un peu particulier. Le genre de nom dont tout le monde a entendu parler, comme une vieille légende effrayante. Mais à aucun moment on imagine que des gamins qui porteront ce nom se retrouveront dans notre classe à l'école. Et encore moins que ce soit, genre, le vrai nom ; pas le même, mais d'une autre famille. Non, le vrai, l'unique et l'authentique. J'imagine qu'au début, pour ma soeur, ça a dû être assez marrant de voir les autres lui poser des questions, du style « mais t'es vraiment vraiment la fille du vrai Barjow ? ». Le problème c'est que ce n'est pas resté drôle très longtemps et que quand je suis arrivé, ça faisait trois ans déjà qu'elle était là. J'ai un peu mieux compris pourquoi elle avait plus de mal avec nous, tous. Quand on entend régulièrement les pires propos imaginables sur les membres de sa famille, même si on n'y croit pas, même si on les défend systématiquement, ça devient pesant, ça entache tout. Ca avait commencé à bouffer le monde d'Enora. Et à partir de ce moment ça a commencé à grignoter le mien aussi.
Mais c'était pas si grave, finalement, on était tous les deux, et on se rassurait l'un l'autre de temps en temps ; sans en parler aux parents, vous vous en doutez. Et puis les vacances étaient toujours les vacances ; on s'éclatait, on profitait. On se retrouvait enfin, tous, sans les murmures sur nos talons.

CECI ETANT, avant d'aller plus loin, je veux revenir sur la cérémonie de ma répartition, parce que ça a été quelque chose. Ma théorie, c'est que le choixpeau voit l'avenir. Il voit ce qu'on est, mais il voit aussi ce qu'on sera. Et moi je pense qu'il s'est retrouvé paumé entre mon moi présent et mon moi futur, et du coup, il savait pas quoi faire. Parce qu'à onze ans, j'aurais eu ma place dans toutes les maisons. J'étais courageux, téméraire, malin, curieux et loyal. J'avais même un peu d'ambition, je crois. Aujourd'hui, à quinze ans et des mandragores, je ne suis plus rien de tout ça. Finalement, je me suis retrouvé à Gryffondor. Parce que je suis toujours une putain de tête brûlée. Une tête brûlée lâche, blasée et égoïste, mais une tête brûlée quand même. Je suppose que ça doit compter.

La première année, tout s'est très bien passé. J'ai même réussi à me faire quelques potes, et l'année s'est déroulée sans le moindre problème. Aux vacances de printemps, j'ai même aidé mon père à choisir un cadeau pour l'anniversaire d'Enora. Il avait quelque chose en tête mais il hésitait sur forme que ça devait prendre. Je lui ai donné un coup de main. C'est pas dur, de lui faire plaisir, à Enora, quand on la connaît un petit peu. Et à cette époque là je la connaissais encore mieux que personne. Le cadeau lui a plu, même si elle s'est faite emmerder par cet abruti de Southlington. Elle lui a fait fermer son clapet tellement fort que je suis à peu près sûr qu'il s'est fait dessus. Mais bon. On est assez vite passés à autre chose, finalement ; on avait l'habitude de ce genre d'accrocs.
Pendant l'été, on est tous allés en France. Enora a retrouvé une ancienne amie, là-bas, et elles ont passé les deux mois accrochées l'une à l'autre. Je ne sais pas trop qui était cette fille mais elles ont continué à correspondre, à la rentrée. Je ne m'en suis pas trop occupé ; je venais d'avoir douze ans, franchement, les aventures amoureuses de ma soeur me passaient un peu au dessus, même si je me souviens lui en avoir voulu de m'avoir laissé comme ça cet été là. Quelques mois après, toute cette histoire n'a plus eu la moindre espèce d'importance.

Je pense que vous avez entendu parler de ça. Ellen Barjow retrouvée morte le lendemain de Noel. Un bête accident, diront les journaux. Un meurtre, penserons-nous pendant des années sans jamais le prononcer à voix haute. Je n'ai pas vu grand chose, j'étais caché dans les bras de ma soeur. J'avais trop peur pour faire autre chose que ce qu'elle me disait. Mais elle, elle était sûrement beaucoup moins effrayée que moi. Elle était plus vieille. Elle aurait dû intervenir. Et elle n'a rien fait, rien du tout. J'imagine que j'aurais dû essayer de comprendre, mais je n'en avais pas envie. Elle a laissé faire ; et je suppose qu'elle s'en est voulue. Après ça, elle s'est mis en tête de s'occuper de moi. Un peu tard, vous trouvez pas ? Elle aurait mieux fait de se secouer au moment où elle pouvait encore faire quelque chose en empêchant ce sombre salopard d'assassiner notre mère.

Je sens que je deviens un peu morose. Repartons sur quelque chose de plus plaisant. Ma vie est devenue un joyeux bordel. J'étais souvent seul, mais ça ne me dérangeait pas. Aucune compagnie n'était aussi plaisante que la solitude. Elle est sympa, elle. Elle pose pas de question indiscrète, elle n'empoisonne pas avec sa fausse empathie et sa pitié à peine planquée. Et, surtout, elle ne me demande pas si ça va toutes les dix secondes. Au mieux, elle ricane au détour d'un couloir, mais ça ne dure jamais longtemps. Et puis, depuis le temps, j'étais devenu doué pour faire comme si je n'avais pas entendu. Franchement, les choses n'auraient pas été si insupportables si elle n'avait pas été là, elle.
Dire que quelques mois plus tôt j'aurais tué des dragons et tous les mages noirs du monde pour la protéger - oui, je me pensais invincible quand j'avais douze ans. En un rien de temps, elle est devenue la personne que je méprisais sûrement le plus sur cette putain de planète ou pourtant, je n'aimais déjà plus grand monde. Avec ses grands sourires, ses éclats de rire qui résonnaient partout dans les couloirs. La montagne d'amis qu'elle a commencé à avoir. Une jolie et parfaite petite pétasse. Elle n'avait jamais semblé plus épanouie. Je n'ai pas su comment elle arrivait à vivre avec la mort de notre mère sur la conscience. Je crois que je lui ai demandé, au cours d'une dispute, mais franchement, je suppose que je m'en souviendrais si ça avait changé quoi que ce soit. Je ne savais plus qui était cette fille qui se baladait sous les traits de ma soeur. Mais en tout cas, elle avait l'air de se prendre pour ma mère. Il n'en a pas fallu plus pour que je fasse exactement le contraire de ce qu'elle attendait. Je ne sais même pas combien d'heures de colles j'ai passées à astiquer des trophées ou à récurer les toilettes à la brosse à dents. Mais franchement, imaginer sa tête quand elle l'apprendrait me faisait relativiser.

C'est super marrant de tout faire pour que quelqu'un sorte de ses gonds. Surtout quand ça marche à chaque fois, ou presque. C'est ça qui est génial avec Enora. Dès que ça lui tient à coeur, elle est incapable de prendre du recul. Mais à part ça elle a voulu me faire croire que c'était moi, le gamin immature, m'voyez ?
Enfin. Je me suis mis à fréquenter des gens encore plus infréquentables que moi. J'ai été entraîné dans tout un tas de galères sans nom, surtout pendant l'été, quand l'Angleterre toute entière devenait le théâtre de mes frasques. Enora a voulu me faire croire que j'étais très mal influencé mais elle ne se rendait absolument pas compte que la seule raison pour laquelle ces types me faisaient faire ce qu'ils voulaient, c'est que moi je le voulais bien. On a fait pas mal de conneries. On a volé une cargaison de Nimbus 2000, en 1997. J'avais quatorze ans. J'ai eu la trouille de ma vie, mais on s'est pas fait prendre. C'était tellement grisant. Un de mes meilleurs souvenirs, je crois. La partie de Quidditch complètement ivres au milieu de la gare de King's Cross, c'était quelque chose, ça aussi. Les oubliators n'ont jamais eu autant de boulot, à mon avis. Moi, je ne me suis jamais fait autant engueuler. Mais je crois que le plus dur, ça a été de ne pas rire pendant qu'Enora pétait son plomb, après être venue me récupérer au Ministère.
Pourtant, je suis sûr qu'elle le comprend, ce besoin d'adrénaline pour se sentir enfin respirer. Je suis sûr que quelque part, au fond de celle qu'elle est devenue, il reste un peu de celle qu'elle a été, qui, dans des circonstances comme celles de notre vie, aurait été prête à toutes les extrémités du monde pour se sentir un peu vivante.
Mais il y a une incompréhension qui est restée, de ce côté là. Avant, elle et moi, on vivait chaque jour comme si c'était le dernier. Elle a peut-être cru que j'avais continué dans cette voie et ça la faisait flipper parce qu'elle avait pris conscience qu'il y avait un réel danger. Moi je n'avais pas peur du tout. Ce qu'elle n'a pas compris, j'ai modifié quelques mots à la doctrine. Juste un petit détail. Chaque jour comme si c'était le dernier ; chaque jour pour que ce soit le dernier. Quelques mots, pas plus.
Après chaque chute, chaque saut dans le vide, chaque retour de flamme, chaque risque et chaque seconde où je me retrouvais là, un peu cassé de partout, un peu esquinté, mais bien vivant, c'était toujours la même chose dans ma tête. Le même calme plat après l'excitation du danger. Le même tant pis, distinctement prononcé entre les parois de mon crâne. Tu feras mieux la prochaine fois.

Après ça, il y a eu la guerre. J'étais relativement détaché, en fait. Comme chaque jour depuis la mort de ma mère, mais particulièrement pendant toute cette période. J'étais étrangement serein. J'ai participé à la bataille et je m'en suis tiré (tant pis). Encore une fois, Enora est restée derrière. Je crois qu'elle n'a décidément pas grand chose dans le ventre. Mais bon. Au fond, je m'en fous. C'est son problème.

Le truc, c'est que son problème est aussi devenu le mien quand elle a décidé de s'enfuir en Bulgarie avec moi dans ses valises. Elle pouvait pas me foutre la paix, non ? Qu'est-ce que j'en avais à foutre, de reprendre mes études ; je vous le demande bien. Mais je n'ai pas trop opposé de résistance ; de toute façon, ce n'est pas comme si elle m'avait demandé mon avis. Au fond, je crois que je n'étais pas si mécontent de m'éloigner de mon père. Et puis, l'idée de n'avoir plus à répondre de personne, une fois là-bas, se faisait vachement séduisante.

Une fois sur place, tout s'est relativement bien passé. Je n'ai pas rejoint de clan. Pour quoi faire ? Je n'avais ni envie de m'intégrer dans cette école, ni envie de me lier à qui que ce soit. De toute façon, je me serais sûrement fait virer du clan très vite. Mais bon, je dis ça, j'en sais rien, je sais pas comment ça fonctionne leur système. En tout cas, je crois que Tarvonen a rarement autant collé quelqu'un que moi en si peu de temps. J'étais sûrement au bord de l'exclusion, quand j'ai fait ma connerie de trop. Cette fois-ci, c'était ni tant pis, ni loupé. Ma putain de consécration.
C'est vachement récent, donc je m'en souviens avec tous les détails un peu glauques. Ca a été long et je crois que je n'ai jamais eu autant envie de mourir. Ca tombe bien, c'est ce qui a fini par arriver. J'étais dans la forêt, 'voyez. Avec les arbres immenses, plus grands qu'aucun arbre ne l'est par chez moi. J'ai décidé que je voulais grimper. Donc je suis monté, haut. Vachement haut. J'ai cru que j'arriverais jamais au bout mais finalement, après plusieurs pauses au milieu des branches, j'ai fini par atteindre la cime. Il faisait presque nuit, le soleil avait déjà disparu à l'horizon. C'était magnifique. J'ai jamais aimé les couchers de soleil, je trouve ça beaucoup trop cliché. Moi je préfère le vrai crépuscule. Quand il n'y a plus rien qui brille ; plus d'ombre étirées comme des strings, juste une lumière tamisée, mourante. Et c'était comme ça, en haut de cet arbre, sur le parc gigantesque de Durmstrang. Je suis resté là un moment, à attendre que la nuit tombe complètement. Et puis je suis redescendu. J'étais presque en bas quand j'ai glissé. Enfin, j'ai pas vraiment glissé. La branche sèche a craqué, elle s'est arrachée du tronc, et moi je suis tombé. Je n'ai même pas eu trop le temps de comprendre ; j'étais trop près du sol pour avoir le temps d'apprécier la chute. Je vous entends penser quel gâchis ; et vous avez raison. Mourir en tombant d'un arbre assez haut pour lécher les nuages, et ne même pas savourer la descente. En fait, d'ailleurs, ce n'est même pas la chute qui m'a tué. C'est la branche. C'était le genre énorme branche, épaisse, qui se divise au bout et qui continue sur un gros mètre cinquante. Même si elle était sèche et morte, elle en était pas moins longue. Et du coup, il y avait un côté plus lourd que l'autre. Quand c'est comme ça, la branche tombe à la verticale. Vous voyez où je veux en venir ? En tout logique, j'aurais dû arriver par terre avant la branche. Parce que je suis plus lourd. Mais là, on était pas assez hauts, elle et moi. Du coup, comme je suis pas très gentleman dans mon genre, elle est tombée avant, et je lui suis tombé dessus.  Fin de l'histoire ? Même pas. Si j'ai eu le temps de réfléchir à tout ça (probabilité que je touche par terre avant la branche, raison pour laquelle elle est tombée verticalement...) c'est que je suis pas mort sur le coup. J'ai eu un nombre interminable de putains de minutes pour y réfléchir avant de rendre mon dernier soupir. De toute façon, les branches, c'est bien connu, quand elles vous arrivent pas en pleine gueule pour vous exploser vos lunettes, vous vous empalez dessus comme un cornichon. Dans tous les cas : elles craignent, et votre vie serait mille fois meilleure sans leur intervention inopinée.

Le plus drôle ? C'était pas mon dernier soupir, finalement. Les eclairs ont trouvé ce putain d'Ox juste après. Quelques heures plus tard, au mieux. Et je suis revenu. Et je suis encore là, du coup. Enfin j'étais, puisque depuis je me suis cassé [on précisera que l'auteur ne sait pas, à ce moment là, qu'il ne pourra pas quitter le château, en sa nouvelle qualité de Revenant]. Enfin, tout ça pour dire, j'ai eu un peu une vie de merde. Et puis ma mort finalement elle a pas vraiment fonctionné. Du coup, j'ai plus qu'une chose à dire : Fais tes bagages, cricket, on déménage.

Garrett Barjow.



Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 6 Fév - 22:33, édité 2 fois
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Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Ven 16 Sep - 13:51

Animation n°3

La mort de votre personnage

We can beat them

we can be heroes, just for one day




« Bon. On y est. Je sais que je vous l'ai déjà dit cent fois mais si vous voulez renoncer, il est encore temps. Ceux qui entreront là-dedans ne ressortiront peut-être pas. » Les visages concentrés des camarades de Deklan restèrent impassibles. Ils étaient tous anxieux, mais ils prenaient sur eux. Il le fallait. Rejoindre Domovoi's Rock avait déjà été une sacrée épreuve. Ils savaient dans quoi ils s'engageaient en se portant volontaires pour cette mission de sauvetage. Chacun d'entre eux. Pourtant le meneur des Flammes ne pouvait se résoudre à les mener au devant de pareils dangers sans leur laisser encore une opportunité d'en réchapper. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait venu tout seul. Même pas peur.

En fait, si. Un peu. Beaucoup. Mais puisqu'il était à la tête de cette charmante expédition, il ne pouvait pas trop faire demi-tour maintenant. Et puis il était hors de question de laisser leurs camarades enfermés dans ce labo. La gorge soudain un peu nouée, il fut brusquement pris de l'envie incontrôlable de distribuer un peu d'amour autour de lui avant de mettre un pied dans cette antre de l'horreur. « J'veux que vous sachiez, tous autant que vous êtes, que ça a été un honneur de combattre à vos côtés. Mais amis, si ne je reviens pas de cette glorieuse mission que j'aurais eu la fierté de diriger, dites à Irina que... » Un raclement de gorge le fit s'interrompre. Il considéra Ystrinov qui le regardait d'un air un peu gêné en donnant de légers coups de tête vers l'entrée du bâtiment, l'air de dire « on va p'tet y aller ? ». Les autres regardaient le Levski d'un air un peu blasé. Il se racla la gorge à son tour. « Bon bref, on y va. »

Saisissant fermement sa baguette, il se glissa dans l'ombre, ses comparses sur les talons. Etrangement, l'extérieur du laboratoire n'était pas surveillé. Les assaillants qui montaient la garde devaient se trouver à l'intérieur, juste après les portes. En s'approchant de celles-ci, Deklan fit signe aux autres de se tenir prêts. Il montra trois doigts, puis en baissa un, puis un autre, et il ouvrit la porte d'un grand coup d'épaule, son arme prête à l'emploi tenue bien droite devant lui. A sa plus grande surprise, il ne découvrit pas un solide assaillant en armure, prêt à en découdre, la bave aux lèvres et les muscles bandés. Il reconnut Kira, tranquillement en train de prendre le thé avec une jeune femme blonde qu'il avait déjà vue. Princesse d'Angleterre, ou il ne savait trop quoi. Ca remontait à un paquet d'années. Les deux jeunes femmes relevèrent le nez vers eux lorsqu'ils entrèrent en trombe dans le couloir, l'air tout juste surprises. « Vous venez pour libérer vos copains je suppose ? C'est au fond à droite. Faites gaffe, ils sont pas commodes. » lâcha la princesse en portant sa tasse de thé à ses lèvres. Jetant un coup d'oeil à ses camarades, Deklan comprit qu'ils ne savaient pas plus que lui ce qu'ils étaient censés faire. Et si c'était un piège ? Perplexe, il hésita un moment avant de baisser sa baguette. Il finit par s'y résoudre en rencontrant une seconde fois le regard autoritaire de la descendante Dragonstone. « Euh. Ok. Merci. » Fit-il, clairement circonspect, avant de reprendre son chemin, le reste de la troupe sur les talons. Au fond à droite, qu'elle avait dit ? Il se secoua, raffermissant sa prise sur sa baguette en approchant de la porte. Cette fois, c'était la bonne. A nouveau, il montra trois doigts. Puis deux ; puis un. Et il se jeta sur la porte, décidé à tomber sur ces fameux assaillants en armure, la bave aux lèvres et prêts à en découdre. Et ça ne manqua pas. Très vite, les sortilèges fusèrent de partout ; il lança quelques attaques un peu au hasard en se décalant sur le côté pour laisses les autres entrer. Il faisait plutôt sombre dans la pièce et il n'avait pas franchement le loisir de voir qui il affrontait, mais ça lui importait peu. Les adversaires étaient au moins aussi nombreux qu'eux et, une fois ou deux, Deklan sentit quelque chose le percuter ; mais l'adrénaline étouffait la douleur. Il tenait encore debout, il se battrait jusqu'à la mort, comme le vrai héro qu'il était.

Au milieu des cris et des sortilèges, un long sifflement se fit entendre et il fallut quelques secondes au meneur pour réaliser qu'il s'agissait d'une sirène d'alarme. Toute l'île n'allait pas tarder à débarquer. Mieux valait faire vite. « Détachez-les ! » lança-t-il aux siens tout en redoublant d'efforts pour repousser les assaillants. « Il faut décamper tout de suite ! »
Son Stupefix toucha de plein fouet la femme qui se battait face à lui ; il s'en prit immédiatement à quelqu'un d'autre, investissant toutes ses forces dans la bataille. Ses camarades parvinrent à libérer les vainqueurs et, soutenant ceux qui ne pouvaient marcher seuls, ils s'enfuirent du bâtiment sous les sorts de leurs ennemis.

Ils arrivèrent à l'extérieur et ne prirent pas le temps de s'arrêter avant de continuer leur course vers le port, où leur embarcation les attendait. Leurs forces s'amenuisaient ; ils étaient presque tous blessés. Leurs poursuivants continuaient de les arroser de sortilèges. Quelqu'un s'effondra juste à côté du meneur, qui s'arrêta aussitôt pour aider son camarade à se relever. Avant de réaliser qu'il ne se relèverait pas. La rage au ventre, il bondit sur ses pieds, mais ne reprit pas la course. Ystrinov le remarqua et s'arrêta quelques pas plus loin. « Deklan ! » Quelque chose dans son appel montrait qu'il avait déjà compris ce que son meneur avait en tête. « Vous arriverez jamais à partir si personne ne les retient. Tirez-vous vite pendant que j'essaie de les ralentir ! » Le Flamme voulut protester mais le Levski ne lui en laissa pas le temps ; il lui coupa la parole, de sa voix grave, profonde et solennelle. « C'est un ordre, camarade. » Il n'entendit pas la réponse de son ami, trop occupé qu'il était à fermer les yeux en inspirant profondément, pour faire la paix avec la nature avant de mener son dernier combat. Les planètes étaient bien en place au dessus de sa tête, alors il voulait aligner ses chakras pour mourir dans de bonnes conditions, tel le chevalier de l'aurore déterminé à affronter les ténèbres de la nuit. Le silence se fit à l'intérieur de sa tête. Il était prêt.

Il se battit bien, il se battit de toutes ses forces, avec grâce et robustesse, courage et discernement. Mais il fut submergé par leur nombre ; au fond, il le savait déjà, que c'était un combat qu'il ne pourrait gagner. Mais au moins, son sacrifice n'avait pas été vain : il avait permis à ses camarades de s'enfuir. Au final, il était plutôt fier de lui, étalé sur le dos, couvert de sang, en train de crever dans un buisson la bouge ouverte. Sa dernière pensée, pourtant, fut plus digne de l'homme qu'il fut, que du héros qu'il était devenu. « Je veux pas mourir. » ; comment condamner une telle pensée, alors qu'il n'avait même pas vingt-deux ans ; ses plus belles années devant lui, et encore tellement de choses à vivre ? Le regret le submergea : « J'veux pas mourir avant d'avoir couché avec Irina. »



How am I supposed to let you go ?
Iriklan ✻ Now you stand in front of me and all the rain is turning into snow. Can you tell me that you're real ? So I can really know that everything I feel I can finally show. Standing next to me, the person I can be is finally here and he won't back down at all.

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Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Lun 19 Sep - 2:21

Animation n°3

Votre rencontre dans la vraie vie avec votre personnage

Tell me that you love me more

than hate me all the time



Cette école tombe en ruines. Pour une école d'architecture, c'est quand même un peu la loose, vous trouvez pas ? C'est étrange cet endroit. On se croirait dans un musée, pas une école. J'ai hâte de voir à quoi ça va ressembler, une fois les travaux finis. Parce que du coup, oui, ils font des travaux. Forcément. Il y a des gens qui viennent de Russie et des Etats Unis pour étudier ici ; donc si c'est moche, ça craint. Cette fichue école a une renommée monstrueuse. Et j'y étudie. Enfin, je vais y étudier. Vous y croyez, à ça, vous ? Moi non plus. Franchement, moi non plus. Si tout se passe bien, je vais passer six ans ici. On verra au bout de combien de temps je tiens. Ce serait cool, que j'aie enfin trouvé un truc qui me corresponde.

Je sors de la salle, un drôle de sentiment accroché à la gorge. Elle est un peu nouée, comme toujours après un oral ; surtout un oral d'anglais. Je savais que j'aurais mieux fait de leur envoyer un mail pour leur dire de m'envoyer dans la classe avec le niveau le plus bas, ça nous aurait fait gagner du temps et ça m'aurait évité de me ridiculiser encore un peu plus. J'avais pas besoin de cette évaluation pour savoir que je parle autant anglais qu'une vache espagnole. Quoique, les espagnols sont bons en langues étrangères, nan ? Bref.
Je sors du bâtiment rapidement, dévalant les marches des escaliers à toute vitesse. Je fais pas exprès, j'y peux rien, dès qu'il y a un escalier il faut que je descende le plus vite possible. Me demandez pas d'où ça vient. Je débarque finalement dans la cour que l'établissement partage avec l'école des beaux arts, juste un peu plus loin. Ici seulement, je m'autorise à respirer à pleins poumons, avant de lâcher le soupir le plus désespéré du monde. Un bruit de crissement se fait entendre juste à ma droite et je sursaute comme si la foudre venait de tomber à deux centimètres de moi, tournant brusquement la tête vers l'origine du bruit. Visiblement surprise et amusée par ma réaction légèrement exagérée, une jeune femme, assise au pied d'une colonne, me regarde avec un fin sourire narquois sur les lèvres.

Je lâche un petit rire nerveux. « Désolée. » elle fait, d'une voix qu'il me semble reconnaître. « Je voulais pas te faire peur. » « C'est rien, c'est pas ta faute. Je sursaute tout le temps pour rien. » J'ai le réflexe de vouloir ajouter qu'au cinéma c'est une horreur, mais je me retiens. On s'en tape, franchement. « J'suis un peu nerveuse, faut pas faire gaffe. » Je conclus finalement en haussant les épaules, souriant toujours du coin des lèvres, de ce sourire un peu débile dont je n'arrive jamais à me débarrasser quand je suis gênée ou surprise. Ou les deux, en l'occurrence. « Nerveuse, déjà ? Mais l'année scolaire vient de commencer. » « Justement, j'aimerais bien qu'elle se finisse pas déjà ! » Je suis légèrement surprise qu'elle alimente la conversation, mais ne rechigne finalement pas à discuter un peu. J'avais prévu de rentrer, mais je ne suis pas pressée. Personne ne m'attend.

La jeune femme me regarde d'un air interrogateur : évidemment, mon sous-entendu n'est clair que dans ma tête. Ce n'a pas vraiment de sens, là comme ça. Je dégage mon sac de mon épaule et viens m'asseoir au pied de la colonne d'en face. « J'en reviens toujours pas d'avoir été acceptée ici, j'attends le moment où ils vont se rendre compte que j'ai absolument pas le profil pour devenir architecte. On verra bien aux exams, de toute façon, mais rien que les espèces de micro-évaluations de rentrée comme ça me font flipper. » Elle me regarde raconter ma vie avec attention. C'est un peu déstabilisant. Alors qu'elle répond, je jette un oeil sur le bloc notes géant qu'elle tient sur ses genoux, un crayon à papier posé par-dessus. Les esquisses que je devine à l'envers me font penser qu'elle est étudiante aux beaux arts. « C'était quoi comme évaluation ? » « Un test d'anglais, pour former les classes par niveau. C'était pas triste. » « T'es mauvaise en anglais ? » Une grimace significative lui répond ; elle rit doucement. J'ai du mal à savoir si elle me trouve drôle ou ridicule. Sûrement un peu les deux. « Et l'architecture c'est une vocation, ça fait longtemps que tu veux faire ça ? Pourquoi tu dis que t'as pas le profil ? » Je songe une seconde que les gens posent rarement autant de questions à la suite dans la vie réelle et que c'est plutôt un truc qu'on fait quand on écrit un rp.

« Bah j'ai aucun talent pour le dessin et je suis pas franchement créative ni rigoureuse ni rien... enfin je sais pas, j'ai pas l'impression d'avoir la moindre qualité nécessaire. J'espère apprendre ; être capable d'apprendre, en tout cas. En fait j'avais ce projet là depuis très longtemps ; mon année de cinquième, je crois. » A vrai dire, j'en suis sûre. On était dans la voiture avec ma mère, on rentrait d'une réunion au collège pour le voyage en Italie que je devais faire plus tard dans l'année ; et d'un coup elle m'a demandé si je voudrais pas être architecte, si ça m'intéresserait pas. Je lui ai demandé pourquoi elle demandait et elle m'a répondu qu'elle savait pas, qu'elle trouvait que c'était un beau métier parce que, c'est un peu réaliser le rêve des gens, parfois, de construire la maison dans laquelle ils veulent vivre. J'ai décidé à ce moment là que c'était une bonne idée. Et depuis j'ai fait un peu mûrir tout ça. Construire une maison pour quelqu'un, pour un couple, pour une famille, c'est un peu comme prendre les idées qu'ils ont de leur futur, de l'endroit où ils veulent habiter, où ils veulent vivre ; prendre leurs idées de tout ça, et faire le premier pas de la concrétisation. Ils ont une idée, et moi, je veux en faire quelque chose de vrai. Et que ça leur plaise, et qu'ils soient contents. Bon après, je vis quand même sur Terre, pas dans mes rêves - pas que, je crois -, je sais que je vais pas faire des plans de maisons magnifiques pour des gens riches qui seront heureux dedans toute leur vie. Mais peu importe, finalement. J'ai envie de construire des endroits où les gens vont vivre et où il va se passer des choses. Même si c'est un hall de gare ou un préau pour marcher au poisson. J'ai envie de prendre le projet des gens, et de le réaliser, le rendre concret. De construire des choses qui tiennent debout et qui se cassent pas la gueule. Ce serait bien que j'y arrive. Ce serait vraiment bien que j'arrive à devenir ça, vous trouvez pas ? Bref, je m'emballe. Je ne sors évidemment pas tout ça à mon interlocutrice, parce que je crois qu'elle prendrait peur.

« Mais en gros quand je suis rentrée en seconde j'ai commencé à faire de l'économie et ça m'a vraiment plu donc j'ai continué là-dedans, j'ai fait un bac éco et une année de prépa pour approfondir tout ça. Mais c'était pas mon objectif de base donc maintenant que j'ai fini ça, je reviens vers mon projet initial. » Je me tais. Elle me regarde sans bouger, sans un mot. Elle me fixe et ses pupilles font quasiment fondre les miennes. Je suis soudain très mal à l'aise. Comme si j'étais à poil, là, tout de suite. Entre nous, ce serait gênant. Mais j'ai le sentiment qu'elle peut voir tout ce qu'il y a dans mon crâne malgré ce que je viens de dire ; qu'elle peut voir mon corps entier, y compris tout ce que je planque sous mes vêtements. Je ris, doucement, un peu nerveusement. « Enfin, c'est ce que je raconte à tout le monde quand on me pose la question. » Elle sourit légèrement. Comme si elle s'en était doutée. Tout ça devient très bizarre, mais je peux difficilement m'arrêter là. « En fait je voulais vraiment faire une école de commerce ; je pensais être capable de tenir cette prépa à la con pendant deux ans, et entrer dans une grande école. Je voulais prouver que j'en étais capable mais c'était pas ma voie du tout. La prépa, je m'y suis cassée les dents et j'ai même pas fini la première année. C'était genre... un gros loupé. J'ai pas été bien influencée, pour le choix d'orientation. » Je hausse les épaules, comme pour me convaincre qu'il y avait pas de quoi en faire des caisses. Une fois raconté, ça ne ressemble pas à quelque chose de très grave. Si elle savait à quel point je me sens idiote à ce sujet, elle me prendrait sûrement pour une tarée. Si la plupart des gens savaient ce qui se passe dans mon crâne, ils me prendraient probablement tous pour une tarée et je ne peux pas franchement dire s'ils auraient tort ou pas.

« Bref. » Je fais, histoire de dévier la conversation. Je sais que je parle trop, de manière générale, et que je raconte ma vie un peu trop vite. Mais là, c'est un peu particulier. J'ai l'impression que cette fille, justement, sait déjà précisément à quel point je suis tarée. Et en temps normal, malgré tout, j'aurais pas raconté tout ça à une inconnue. Seulement je ne suis plus trop sûre qu'elle soit une inconnue. Et je crois que je sais pourquoi elle a l'air d'en savoir déjà autant alors que c'est la première fois qu'on se rencontre. « Et toi, tu es aux Beaux Arts alors ? » Mes yeux se sont perdus dans les graviers ; je les relève vers elle en posant ma question, juste à temps pour constater qu'elle tourne la tête pour regarder ailleurs dès qu'il est temps de me répondre. Je ne suis pas franchement étonnée de voir qu'elle est beaucoup moins à l'aise quand il est question de parler d'elle. « Ouais. Ca fait un moment maintenant. » « Vocation familiale ? » Elle fronce les sourcils et je me gifle mentalement. Quelle délicatesse. Coline, y'a pas à dire, t'es la reine des imbéciles. Je me décompose légèrement. Ca a l'air de la tranquilliser un peu ; à défaut d'être rassurée au sujet de ce que je sais ou pas, elle comprend sûrement que ce n'était en rien une agression ou une accusation. Manquerait plus que ça. « On peut dire ça. » Je lui souris. Après une hésitation, elle fait de même. Quelle drôle de situation. Mais après tout, elle ne s'imaginait sûrement pas en savoir autant sur moi sans que je ne sache rien sur elle ; elle est trop maligne pour ça.

Être face à Enora est sûrement la chose la plus bizarre qui me soit jamais arrivée. Pourtant, j'ai déjà vécu pas mal de confrontations super étranges. Mais là, c'est particulier. Elle se lèverait pour me foutre une gifle que ça ne serait pas plus percutant que le regard qu'elle a à nouveau accroché au mien. J'ai écrit Enora ; je ne l'ai pas créée, mais je l'ai écrite. C'est normal que je sache tout de son existence. Mais elle, si elle sait tout comme ça, c'est parce que j'ai balancé toute ma vie dans ses textes. J'ai balancé toutes mes peines, tous mes doutes, mes peurs et mes blessures dans ses lignes. Quelques frustration, quelques espoirs, aussi ; cachés entre les siens. Ses sentiments, ce sont aussi les miens, souvent. Je lui donne tout ça, je lui balance, je me décharge. Parce que je sais qu'elle, elle a la force de les supporter. Peut-être même qu'elle les mènera au bout. Elle a ses failles aussi, mais elle compose avec. Moi, mes failles, je tombe dedans et je me casse la gueule en arrivant en bas.
En vrai, je crois que j'ai bien fait de donner à Enora une si grande bienveillance envers les autres en général. Parce que sinon elle me regarderait pas comme elle est en train de le faire, mais elle se lèverait pour me secouer comme un prunier et me faire regretter tout ce que je lui fais endurer depuis ce fameux mois de Novembre 2014 où j'ai pris le scénario de Schei. D'ailleurs je me demande si je ne devrais pas préciser à Enora que c'est aussi sa faute, à Schei, si elle en a tant bavé depuis qu'elle est née. J'suis pas seule responsable, qu'on ne se méprenne pas !
On a beaucoup de points communs, Enora et moi ; beaucoup de différences aussi. La principale étant peut-être qu'elle, elle a quelques armes pour se défendre contre elle-même. La formule est juste parce que, si elle doit effectivement se protéger, elle a tout intérêt à ne pas trop le faire quand même, sinon elle va s'abîmer. Et ce n'est pas le but, techniquement. Ses doutes ne sont pas les mêmes que les miens, ses blessures non-plus. Pourtant, il y a un écho ; quelque chose qui résonne, et que je comprends. C'est parce que je le comprends que j'arrive à l'aimer, je crois.

Il me semble que concrètement, ce serait la merde qu'Enora existe. Parce que si c'était le cas, je tomberais amoureuse d'elle en deux minutes. Et elle me briserait le coeur. Tout ça pour aller avec son loup-garou désagréable. J'vous jure. Si c'est des poils qu'elle veut, elle peut me choisir moi, franchement, j'ai tout ce qu'il faut hein, j'vous assure.



Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 6 Fév - 22:20, édité 2 fois
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Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Lun 19 Déc - 1:23

One Shot

Le premier jour de votre personnage à Durmstrang

How come nothing ever lasts?

It goes from good to bad to worse so fast

Enora essayait de faire taire la boule d'appréhension qui lui serrait l'estomac. Elle avait perdu Garrett de vue dès le début de la traversée et espérait qu'il n'était pas en train de faire une connerie. Pour se rassurer, elle se disait que de toute façon avec son mal de mer il serait sûrement trop malade pour faire quoi que ce soit de compromettant. A en croire sa montre, le soleil était en train de se lever, bien qu'elle ne puisse pas le voir depuis les profondeurs de l'océan qu'ils étaient en train de traverser -et encore moins depuis l'intérieur de sa cabine. Ils n'allaient pas tarder à arriver.

Durmstrang les attendait, de l'autre côté. Leur nouveau départ, loin de l'Angleterre dévastée qu'ils avaient laissée derrière eux. Quand elle fermait les yeux, elle voyait encore distinctement le regard de son père, mortellement froid, quand elle l'avait forcé à signer les autorisations pour Garrett. C'était la dernière fois qu'elle l'avait vu ; peut-être même la dernière fois qu'elle le verrait jamais. Avec un peu de chance, la prochaine fois, il serait allongé sur le dos dans une boite en bois et on serait en train de balancer des pelletées de terre par-dessus lui pour le faire disparaître une bonne fois pour toutes. Il n'y aurait plus personne à qui il pourrait faire de mal, comme ça.
~ Elle était encore drôlement optimiste, à ce moment là. Elle n'avait pas encore compris que les crimes de son paternel la poursuivraient par delà la distance, par delà tout ce qu'elle essaierait de mettre entre eux. Même la mort d'Edgar Barjow ne la délivrerait pas. On ne se débarrasse pas de son passé. ~

« Bonjour ! » lança-t-elle dans un français un peu rouillé à la jeune fille qui venait d'entrer dans la cabine qu'elles partageaient avec Rain ; laquelle leva la tête vers la nouvelle venue, abandonnant son air un peu renfrogné. Enora savait que l'islandaise n'était pas aussi enthousiaste qu'elle à l'idée de rejoindre l'Institut, et qu'elle essayait de faire des efforts pour ne pas rendre contagieux son mauvais pressentiment. Et puis, elle ne voulait pas effrayer leur camarade de chambre temporaire. La petite ne devait même pas avoir quatorze ans. « Salut ! Eh vous savez pas ce qui vient de se passer ? Y'a un garçon il s'est fait projeter par terre par la protection des chambres des filles, il voulait rentrer dans le couloir. J'suis sûre que c'est un gros pervers. » L'air mutin de la gamine arracha un sourire à Enora, même s'il lui fallut un petit moment pour comprendre exactement ce qu'elle avait dit. L'anglaise croisa le regard de Rain, l'air un peu soupçonneuse. « Et dis-moi, il ressemble à quoi ce garçon ? » Surprise par la question, la petite blonde fronça légèrement les sourcils en réfléchissant « Euh il est grand, brun, il a les cheveux bouclés et il a une main comme Luke Skywalker dans Star Wars. » Elle n'était pas sûre de saisir la référence, mais en tout cas elle avait bien reconnu celui dont il était question dans le monde réel. Elle remercia la petite et sauta de son lit superposé pour rejoindre la porte sur les talons de Rain.

« Alors comme ça on cherche à s'introduire dans les chambres des filles, mr. Keywair ? » Fit-elle en riant, arrivant au niveau du jeune homme, sur le pont. Une bulle magique était formée autour du bateau, ils pouvaient voir l'océan passer autour d'eux. C'était terriblement impressionnant. « Je voulais vous voir et- » « Eh bah encore mieux, espèce de voyeur ! » « Mais non roh » Elle riait de bon coeur et lui il souriait d'un air amusé - quoiqu'un peu gêné, pourrait-elle jurer.

Malgré toute la mauvaise volonté dont Rain avait fait preuve durant tout le voyage, l'islandaise ne pu réprimer un gloussement. Ethan était tellement gêné que même son humeur de merde baissait son bouclier. L'imaginer en pervers venant à pas de loup espionner les filles était juste une idée trop drôle pour être ignorée. « La gosse qui est avec nous, maintenant elle pense que t'es un pervers renifleur de petites culottes... Au fait, c'est qui Luke Skywalker? » Ethan hésitait visiblement entre se laisser aller au dépit le plus profond et éclater de rire. Il finit par secouer la tête, comprenant qu'il ne pourrait rien faire pour se défendre de ces accusations. « Le héro de la saga Star Wars, ce sont des films futuristes moldus, réalisés principalement par Georges Lucas, même s'il était pas le seul à travailler dessus. C'est vraiment pas mal. » Enora hocha la tête ; ça lui revenait, ils en avaient déjà parlé. Elle avait regardé, par curiosité, il y a plusieurs années maintenant. Luke se faisait couper la main par Dark Vader dans l'épisode II. Elle déglutit, décidant d'éluder le moment où la gamine avait utilisé ce détail pour le décrire. Ce n'était pas très important de toute façon.

Le bateau s'ébranla soudain et commença à s'incliner, comme pour remonter vers la surface, déséquilibrant les quelques élèves sur le pont. Une grande femme brune au visage austère ouvrit une porte du bâtiment et leur ordonna à tous de rentrer sur le champ, amplifiant magiquement sa voix. Enora ne dit rien, mais le regard de ses deux amis en disait long. Quelle amabilité. Elle espérait que tout le monde n'était pas comme ça, là-bas. L'adaptation risquait d'être compliquée, sinon.

* ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ *

Enora n'avait pas réalisé qu'ils étaient si nombreux, dans le bateau. Mais maintenant qu'ils s'entassaient dans le grand hall de l'école, elle se rendait un peu mieux compte. Ils étaient au moins deux cents, venus des quatre coins du monde. Par une succession de mouvements de foule, les trois amis se retrouvèrent à l'extrémité du troupeau, pas très loin d'une sortie. Tant mieux, ça leur permettrait de ne pas trop galérer au moment de sortir d'ici. Sur une estrade un peu plus loin, un grand sorcier qu'Enora identifia comme Oskari Tarvonen, celui qui leur avait écrit à tous pour leur proposer de venir, était en train de les informer que les élèves de l'Institut n'allaient pas tarder à arriver pour leur montrer les dortoirs. Elle lui trouva l'air plutôt gentil et ça la rassura un peu. Tout le monde n'était pas aussi désagréable que la femme sur le bateau. C'aurait été idiot de faire des généralités trop vite.

Quelques portes s'ouvrirent alors de part et d'autres de la grande pièce, et plusieurs élèves s'approchèrent, souriant d'un air étrangement déterminé, en se jetant entre eux des regards parfois complices, parfois mauvais. Bien sûr elle n'avait pas imaginé que tout le monde s'entendrait bien ici, mais l'animosité qu'elle capta la laissa un peu perplexe. Elle n'eut pas le temps de se poser davantage de questions pourtant ; un garçon s'était approché d'elle et, immédiatement, elle s'arma de son plus beau sourire. Nikolas Krum, se présenta-t-il, et elle tiqua à son nom de famille. Il n'avait pas grand-chose à voir avec le Krum qu'elle avait connu à Poudlard. Elle s'efforça de l'écouter, déployant des efforts de concentration immenses pour comprendre ce qu'il lui racontait – de son côté, il parlait lentement et détachait les mots, visiblement plutôt amusé de ses difficultés. Elle ne s'en offusqua pas, appréciant plutôt l'effort. C'est de cette façon qu'elle fut informée de cette histoire de clans, de chefs, et qu'elle entendit pour la première fois parler de l'Ox. Sans dire qu'elle mourrait d'enthousiasme, elle comprit immédiatement que rejoindre l'une de ces équipes était essentiel à l'intégration dans l'Institut. Sa décision était quasiment déjà prise, elle avait été convaincue. Pourtant, cette fois elle était déterminée à faire les choses bien, et remercia le chef du clan des Eclairs avant de s'éloigner. Pas question de se précipiter. La cohue s'était dispersée et on distinguait des dizaines de groupes en train de discuter dans le grand hall. Visiblement, ils étaient tous là avec la même idée en tête : récupérer le plus de membres possibles pour leur maison. Elle ne savait pas trop quoi penser de cette entrée en matière assez directe. Elle aperçut Ethan serrer la main à un type encore plus grand que lui, blond, souriant d'un air assuré. L'anglais, lui, avait le visage plus fermé que jamais ; ce qui découragea visiblement très vite le grand type qui prit très vite congé pour s'approcher de quelqu'un d'autre. En plus, Ethan ne parlait pas un mot de bulgare. Alors qu'Enora s'approchait, elle vit son ami se tourner vers Rain et une autre jeune femme visiblement au moins aussi étrangère qu'eux. L'islandaise, elle, regardait chaque personne qui arrivait avec un sourire un peu trop mielleux d'un air assez meurtrier pour les faire reculer avant qu'ils n'essaient seulement de s'approcher trop près. Elle arriva à leur niveau. Ethan la darda d'un regard sombre, avant de jeter un œil à la jeune femme qui l'accompagnait et de sourire d'un air un peu plus enthousiaste, se forçant visiblement à voir le bon côté des choses. « Enora, tu tombes bien. J'ai trouvé quelqu'un qui parle anglais, tu imagines pas mon soulagement. » Il s'écarta un peu pour laisser les deux demoiselles se faire face. « Enora, Obera ; Obera, Enora. Tiens c'est marrant vous avez des prénoms un peu pareils. Je crois que je vais vous appeler Ebora. » La jeune Barjow eut un petit rire en tournant vers Ethan un regard à la fois amusé et dépité par son humour catastrophique, avant de sourire de toutes ses dents à la jeune femme et de lui tendre la main. « Enchantée ! » fit-elle en reconnaissant que ça faisait quand même vachement de bien de pouvoir comprendre et parler sans avoir à faire une gymnastique intellectuelle digne des cours de potion de Rogue. La britannique s'approcha ensuite de Rain et passa un bras sur ses épaules pour s'appuyer contre elle en glissant une main dans ses cheveux, se voulant réconfortante. Elle reconnut soudain la voix de Nikolaï Vostrikov qui appela Ethan depuis l'autre côté de la pièce avant de s'avancer vers eux. Avant qu'elle ait eu le temps de lui faire face, pourtant, elle aperçut une jeune femme blonde au sourire éclatant s'approcher d'elle à grands pas, guère impressionnée par le regard de Rain. Enora se mit alors à implorer toutes les étoiles du ciel : pourvu qu'elle nous parle pas de clan, pourvu qu'elle nous parle pas de clan. Elle ne tenait pas à ramasser les morceaux de cette jeune femme à l'air tout à fait aimable une fois que l'islandaise lui aura arraché les yeux et la langue. Ca ferait un peu tâche, dès le premier jour.

« Salut les filles ! » lança-t-elle, toujours souriante, dans un anglais un peu approximatif. « Bienvenue à Durmstrang ! Je suis Erika. Vous voulez que je vous montre le dortoir ? » Le soulagement qui tomba sur les épaules d'Enora la fit presque chanceler et son regard déborda de reconnaissance tandis qu'elle sourit à son tour. « Enora. Ce serait gentil, merci beaucoup. » Cherchant Ethan du regard, elle l'aperçut en compagnie de Vostrikov et l'interrogea du regard en inclinant la tête vers la porte de sortie. Il leur fit signe d'y aller ; le dortoir des garçons n'était de toute façon sûrement pas au même endroit.

* ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ *

Le château était un peu plus petit que Poudlard, mais l'organisation était différente ici. A part dans la tour centrale – La tour statue, ou gargouille, elle n'était pas certaine de la traduction –, les différentes parties de l'école se trouvaient toutes au même niveau. Leur dortoir était dans l'aile Nord, et ne serait du coup pas vraiment touché par le soleil. Les garçons étaient mieux placés, à l'Ouest. Comme les clans étaient une organisation officieuse, il n'y avait pas de distinction de faite au niveau des dortoirs ; c'était juste les filles d'un côté et les garçons de l'autre. L'accès aux pièces communes des dortoirs étaient libre, par contre pour accéder aux chambres en elles-mêmes quand on n'était pas du sexe admis dans le dortoir, c'était théoriquement plus compliqué. Mais on arrive à contourner le sortilège de protection sans problème, assura la Droganov avec un petit sourire. La jeune Barjow devina qu'elle parlait en connaissance de cause.
Enora essayait d'assimiler toutes les informations au fur et à mesure ; elle servait plus ou moins de traductrice à leur petit groupe. D'elles trois, elle était la plus à l'aise avec le bulgare. Sa décision de venir ici avait été prise dès la réception de la lettre et elle s'était immédiatement mise à travailler la langue. Elle se retrouvait, de fait, capable de comprendre la plupart des textes qui ne nécessitaient pas un vocabulaire un minimum poussé. L'oral, c'était une autre histoire, vu qu'elle avait peu eu l'occasion de pratiquer. Mais elle aimait ça, apprendre d'autres langues. Elle était plutôt bonne à cet exercice et ça ne lui faisait pas trop peur. Quand il lui manquait un mot, Erika essayait de lui expliquer en anglais. La communication se faisait.

La bulgare leur montra le couloir des dortoirs en leur indiquant les chambres disponibles et les trois jeunes femme en sélectionnèrent une au hasard. L'intérieur était assez spartiate, bien que plus spacieux que ce à quoi elles s'étaient attendues ; sûrement agrandi magiquement. « JE PRENDS LE LIT PRES DE LA FENETRE » s'exclama Enora en se précipitant vers le meuble en question, une Rain poussant un « NON MOIIIIIIIIIII» sur les talons. Elles se jetèrent toutes les deux en même temps sur le matelas et entamèrent une lutte acharnée toute en coups de polochons et de chatouilles, sous l'oeil circonspect d'Obera, qui sembla finalement trouver la scène intéressante et s'installa en tailleur sur le lit du milieu en sortant un paquet de popcorn au beurre de son sac. Finalement, la jeune Barjow prit le dessus et plaqua son amie sur le matelas, ses deux mains sur ses poignets de chaque côté de sa tête. Elle prit le temps de retrouver sa respiration. Un sourire triomphant lui mangeait la moitié du visage lorsqu'elle fit, d'une petite voix beaucoup trop innocente pour être crédible : « J'ai gagné. »

* ~ * ~ * ~ * ~ * ~ * ~ *

Le château avait beau être plus petit, il abritait à peu près le même nombre d'élèves que Poudlard. On aurait pu s'attendre à ce que les effectifs soient plus nombreux, parce que c'est là que venaient étudier les sorciers de la grande majorité des pays de l'Est ; sauf que les nés moldus n'étaient pas acceptés ici, et ne pouvaient tout simplement pas rentrer. Enora était, cette fois encore, plutôt perplexe, mais elle avait assez de jugeote pour ne pas s'indigner à voix haute ; encore moins assise à l'une des tables dans le grand hall, entourée de centaines d'élèves au sang pur, pour la plupart d'entre eux. Elle déglutit et porta son attention sur Oskari Tarvonen, qui prenait la parole pour l'officiel discours de bienvenue. Il se montrait accueillant, parlant un anglais impeccable qui soulageait sûrement beaucoup de nouveaux élèves. Une fois encore, ça rassura un peu la britannique. Peut-être que tout ne se passerait pas si mal, alors. Rain n'avait pas l'air convaincue. Ethan non plus. Il leur faudrait du temps, songea-t-elle. On ne recommence pas tout sans un moment d'adaptation. C'était encore difficile pour beaucoup de rescapés de Poudlard. Au fond, elle le savait bien, Enora. Que la seule raison pour laquelle elle avait gagné sa petite bataille avec Rain tout à l'heure, c'est qu'elle avait perdu beaucoup moins de poids qu'elle au cours des derniers mois. A sa droite, Erika lui apportait des précisions sur ce que disait Tarvonen, au sujet des profs, des matières, de l'organisation, de la localisation de telle ou telle partie du château. Enora était soulagée d'avoir rencontré la jeune bulgare, qui promettait déjà d'être un incroyable soutien – bien qu'elle ne puisse pas encore savoir à quel point elle avait raison.
A la fin du repas, elles allèrent immédiatement se coucher. En voyant l'expression de Rain au moment de l'embrasser pour lui souhaiter une bonne nuit, la jeune Barjow attrapa doucement le poignet de son amie et l'emmena se coucher avec elle. Elle s'installa dans son dos, un bras autour d'elle et sa main dans la sienne. C'était plus rassurant pour toutes les deux.

Enora ne savait pas trop si elle débordait d'excitation à l'idée de commencer cette nouvelle vie ou si elle était morte de peur à l'idée de ne pas réussir à construire quoi que ce soit ici. Ce qui était sûr, en tout cas, c'est qu'elle n'allait pas faire demi-tour maintenant. Elle se devait d'essayer. Elle le devait à tous ceux qui n'avaient pas eu cette opportunité. A son frère, qui pourrait peut-être enfin repartir du bon pied. A elle-même, qui tenait enfin une opportunité de retrouver un semblant d'équilibre.



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Ҩ Re: One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages Ҩ Mar 27 Déc - 2:36

One Shot

Votre personnage à une autre époque

I won't let you show that I'm not always flying

On the way down, I'll watch you burn


« Tu devrais peut-être » « Je sais ce que je fais. » Enora ne lui adressa même pas un regard et se concentra, tandis que le jeune homme aux cheveux en bataille qui l'avait interrompue s'éloignait en soupirant. Elle ne l'avait jamais supporté, ça n'allait pas commencer aujourd'hui. Pour l'heure elle essayait de désenchanter le portoloin que les mangemorts comptaient utiliser incessamment sous peu et elle n'avait pas de temps à perdre. Un peu plus loin, les chuchotements qu'elle percevait l'obligeaient à faire des efforts monstrueux à la fois de concentration et de self-control. « Moi j'aimerais bien savoir ce qu'elle fabrique, si ça se trouve elle est en train de le modifier pour qu'ils arrivent directement dans le QG, elle travaille avec eux. C'est louche, la façon dont elle a eu ces informations. » Ce Potter était un imbécile. De mémoire elle ne lui avait jamais adressé la moindre parole aimable ; normal qu'il soit méfiant. Mais il en faisait un peu trop à son goût. Vraiment. Barjow ne s'était pas attendue à être accueillie à bras ouverts dans l'Ordre. Sans le soutien de Molly, Lily, Fabian et Gidéon, elle aurait pu se rhabiller pour apporter son aide. Ca faisait plusieurs années maintenant qu'elle travaillait avec eux mais certains étaient un peu durs de la feuille. Et aveugles, s'ils n'étaient pas capables de voir qu'en trois ans elle aurait eu mille fois l'occasion les vendre. L'ingratitude de certains membres lui donnait parfois envie de jeter l'éponge et de s'en aller en claquant la porte. Puis elle essayait de se rappeler pourquoi elle faisait ça. En général, ça suffisait à la faire rester. Sinon, Fabian achevait de la convaincre.

« C'est bon. » Fit-elle froidement en se redressant, avant de s'approcher des autres. « Faut y aller, ils vont pas tarder. » Elle soutint le regard de James sans un mot, avant que celui-ci n'enfourche son balais, très vite imité des autres. Fabian vérifia que les alentours étaient encore sûres, Sirius lui tendit un balais sur lequel elle s'installa immédiatement, et ils décolèrent d'un seul mouvement. Quelques petites heures plus tard, ils atterrissaient au Terrier.

Arthur et Lily, enceinte jusqu'aux dents, guettaient leur arrivée, et le soulagement détendit leurs traits en un rien de temps. Tous se dirigèrent vers eux tandis qu'Enora prenait son temps. Elle n'allait pas tarder à repartir à la boutique pour ne pas attirer les soupçons d'Edgard. En s'approchant, elle ne manqua pas le regard noir de James, ni le coup de coude que lui fila Lily en surprenant son regard. Barjow rit sous cape ; malgré tout, et surtout malgré James, elle était heureuse de constater qu'elle ne se laissait pas faire. Ca faisait des années qu'elle essayait de les réconcilier, mais ça ne fonctionnait pas franchement. Arthur invita tout le monde à entrer et Enora déclina en répondant qu'elle n'allait pas tarder à repartir. « Et tu vas où, si vite ? » Elle se retint de lever les yeux au ciel et serra les dents en comprenant que sa réponse ne serait pas satisfaisante, et que ça entraînerait une énième conversation qui lui ferait perdre un temps précieux. « Je rentre à Barjow&Beurk. » Les autres étaient déjà rentrés dans la maison, ils étaient seuls tous les deux. Soutenant son regard mauvais, elle ajouta, de la défiance plein la voix « Tu sais, dans l'allée des embrumes. Là où je vais encore pouvoir concocter tout un tas de plans machiavéliques avec mon cher frère pour que Voldemort vous tue tous. » Elle s'engueula intérieurement. Elle n'avait pas le temps pour ces enfantillages, il fallait absolument qu'elle parte sinon c'en était fini de sa couverture. Il eut un sourire méprisant « Si on avait appris que ton frère était capable d'autre chose que se saouler à mort en cognant son épouse ça aurait fait la une des magazines. » Enora retint une grimace. Elle ne pouvait rien faire pour la pauvre Helen. Si elle mettait Edgard hors d'état de nuire, elle perdait sa source d'informations directe dans un cercle de mangemorts. C'était beaucoup trop important, elle ne pouvait pas se le permettre. « En attendant j'aurais bien aimé voir comment vous vous seriez débrouillés pour gérer l'attaque de ce soir si vous aviez pas été prévenus grâce à lui. » A son insu, certes, mais il avait quand même une utilité. « Vous seriez arrivés complètement en panique sans savoir où donner de la tête et au final, au yeux des autorités vous seriez passés pour des terroristes au même titre que nos ennemis. Ca aurait été formidable. » Le sourire doucereux avec lequel elle s'adressait à lui lui arrachait presque les lèvres tant elle devait se retenir de lui cracher au visage. Mais d'expérience elle savait qu'avec lui, mieux valait la jouer comme ça. Sa patience s'épuisait vite, pourtant. Et elle n'avait plus le temps. Il s'apprêtait à répondre quelque chose mais elle le devança en haussant le ton « Fais gaffe Potter, je commence à en avoir ras le cul de tes suspicions. Je suis en train de trahir ma famille et de risquer ma peau pour sauver ton petit cul alors à défaut d'être capable de comprendre ce que ça implique, ferme ta gueule et fous-moi la paix. »

Enora sursauta comme si la foudre s'était abattue à côté d'elle lorsque la voix de Sirius Black retentit juste à côté. Elle ne l'avait pas vu arriver. Elle soutint sans un mot son regard dur, lourd d'un sens qu'elle ne parvenait à saisir. « Ils t'attendent à l'intérieur, James. » Fit-il, en se détournant pour pousser son ami vers la maison. Celui-ci prit le temps de la foudroyer une dernière fois du regard avant de céder. Elle soupira en secouant la tête. Quel abruti. En ramenant à elle son balais d'un coup de baguette, elle se demanda si Sirius avait entendu leur conversation. Peu importe, finalement. Elle soupira encore, songeant qu'elle n'avait aucune envie de retourner à Londres ce soir. Elle aurait préféré retrouver Fabian et passer la soirée au creux de son épaule en se plaignant de l'ingratitude des gens, de ses remords de trahir ainsi le dernier membre de sa famille qu'elle ne parvenait à détester tout à fait en dépit de ses crimes. Elle lui dirait qu'elle avait du mal à trouver sa place dans tout ça, qu'elle en avait assez de devoir se persuader sans cesse qu'elle avait fait le bon choix et qu'elle était du bon côté. Il lui répondrait que lui il en était persuadé, qu'elle était plus forte que ça et que comme il avait toujours raison elle ferait mieux de l'écouter. Elle aurait répondu t'es con et ils auraient rigolé. Elle aurait fait semblant de ne pas voir à quel point il était désolé de ne pas pouvoir la rassurer pour de vrai et elle l'aurait embrassé. Puis elle n'aurait plus pensé à rien.

Au lieu de ça elle fendait l'air à toute vitesse parce qu'elle n'allait jamais être rentrée avant Edgard à la boutique et qu'elle allait non seulement se faire engueuler, mais probablement aussi démasquer. Et ça c'était autrement plus grave que ses petits états d'âme et ses doutes. Le bon côté des choses c'est qu'une fois fichée par les mangemorts, elle n'aurait plus à culpabiliser de trahir sa famille puisque la famille en question voudrait planter sa tête sur une pique.
La nuit était tombée en un rien de temps et lorsqu'elle atteint la limite de la protection, Enora transplanna directement dans le Chaudron Baveur où elle sauta dans l'âtre aussi vite que possible, balançant une poignée de poudre de cheminette en clamant le nom de la boutique de son frère. Les choses seraient tellement plus simple s'il n'était pas mille fois trop dangereux de relier le Terrier au réseau de cheminées...

Quand elle arriva dans la boutique, l'absence de lumière la fit presque soupirer de soulagement. Il n'était pas encore là. Elle sortit de l'âtre et alluma un feu immédiatement, avant de se diriger vers l'arrière-boutique où elle se trouvait en général quand elle devait travailler sur les derniers arrivages. Ca lui arrivait de plus en plus souvent, puisqu'Edgard était de moins en moins capable de s'en occuper tout seul. Qu'est-ce qu'on ferait pas pour sa famille, à part leur ponctionner des informations pour les revendre à l'ennemi dans l'ingratitude la plus totale ? L'image de Sirius et de ses yeux sombres posés sur elle lui revint en mémoire. Peut-être que ça voulait dire ça, ce regard. Il avait entendu la conversation, et lui aussi avait dû bien s'amuser pour gagner la confiance des autres au début. Parce que la famille à qui il avait tourné le dos continuait de lui mettre des bâtons dans les roues.

Toutes à ses réflexions, Enora ne sentit pas l'odeur d'alcool qui imprégnait légèrement l'air. Ce qu'elle sentit en revanche c'est le coup qui la cueillit juste en haut de la nuque et qui l'envoya au sol dans un grand fracas, un cri de douleur coincé au fond de la gorge. Ca vrillait tellement fort dans son crâne que ses oreilles bourdonnaient, elle n'entendait pas grand chose et sa vision était brouillée par les larmes qui se massaient contre son cristallin. Enora chercha sa baguette, accrochée sur sa cuisse, mais ses doigts lui répondaient à peine ;le coup l'avait sonnée. L'imposante stature d'Edgard Barjow se dressait au-dessus, étendant son ombre menaçante dans la moitié de la pièce. Le feu crépitait derrière lui. Péniblement, Enora essaya d'évaluer les chances qu'elle avait de s'en sortir. La porte était sûrement fermée et elle ne pouvait pas transplanner depuis l'intérieur de la boutique. Sa seule issue c'était ; un coup de pied dans les côtes bloqua ses pensées, un râle de douleur lui échappa tandis qu'elle se recroquevillait en ramassant ses bras contre elle pour se protéger des prochains coups. Baguette, sur la cuisse. Juste là. Une poigne d'acier se referma sur son bras et la releva sans ménagement ; alors seulement elle sentit l'odeur d'alcool, au moment où elle discernait dans la pénombre les traits de son frère déformés par la rage. « Tu pensais vraiment t'en tirer comme ça ? Sale chienne » Malgré ses efforts, la jeune femme ne put retenir un hurlement de douleur lorsqu'il lui retourna le bras si fort qu'un abominable craquement retentit dans toute la pièce avant de la jeter à nouveau au sol. Elle s'écrasa contre les pierres froides, les mâchoires serrées à s'en faire péter les dents, le visage trempé des larmes qu'elle n'essayait même plus de retenir. Il s'approchait déjà, dégoulinant de rage et d'alcool. Il fallait qu'elle se tire. Il fallait qu'elle se tire ou il allait la tuer. « Tu croyais que je me rendrais compte de rien ? » Il était encore à deux pas, elle avait le temps, elle pouvait attraper son arme mais son bras ne lui répondait plus et sa tentative lui arracha un long gémissement. Lorsqu'elle releva les yeux, ce fut juste à temps pour voir la chaise lui arriver dessus. De plein fouet. Son épaule, ses côtes, sa tête. Elle n'était plus qu'une immense boule de souffrance haletante qui gémissait au moindre frémissement. Plus un geste, sinon les sanglots qui lui secouaient la poitrine. Elle allait crever ce soir, et ça leur ferait beaucoup trop plaisir à tous. Elle allait crever là, assassinée par son propre frère ivre mort, contre qui elle n'aura même pas été capable de faire le moindre geste.

Il avait ramassé la chaise et s'était assis dessus, juste à côté d'elle. Visiblement, il attendait qu'elle se remette de la volée de coups qu'il venait de lui administrer. Peur de la casser trop vite, sûrement. Il parlait, mais elle ne comprenait pas grand chose. « 'fiance en toi ; trahion ; andmort ; pu faira ; raclure » C'était loin, un flot de parole marmonnées que sa conscience défaillante ne parvenait plus à saisir. Elle était sur le point de perdre connaissance quand une vive douleur suivie d'une traction au niveau de la tête la ramenèrent à elle en une fraction de seconde. Tout son corps hurlait si fort que la prise qu'Edgard venait de refermer sur ses cheveux pour la relever ressemblait presque à une caresse. « 'entends c'que 'te dis ?! » Son visage bouffi par l'alcool brillait à la lumière du feu, il n'arrivait même plus à articuler tant il écumait de rage. Il était pitoyable. Sûrement pas autant qu'elle, mais pitoyable quand même. Il leva sa main libre, comme s'il s'apprêtait à lui mettre une gifle, et elle ferma aussitôt les yeux à défaut de pouvoir faire quoi que ce soit pour se protéger. Mais le coup de vint pas. La prise sur ses cheveux se relâcha d'un coup et elle tomba à plat ventre sans pouvoir se retenir ; son visage claqua sur le sol avec force, elle sentit quelque chose de poisseux lui couler sur la peau, descendant vers le sol. Ca coulait, coulait encore, et très vite elle sentit une flaque se former sous elle, elle en avalait quand elle respirait. Enora se mit aussitôt à tousser, à forcer sur ses membres déboîtés pour tourner, se mettre sur le côté ; mais rien n'y faisait, elle suffoquait.

Une prise sur son épaule la fit basculer et une douloureuse inspiration salvatrice s'engouffra dans ses poumons. Elle ne reconnaissait pas la voix qui lui parlait, et en puisant en elle des réserves d'énergie inconnues elle ouvrit légèrement les yeux pour tomber sur un visage féminin qu'elle reconnut juste avant de perdre connaissance. Helen.

* ~ * ~ * ~ * ~ *

« Elle a cligné des yeux, non ? » « Non. T'hallucines. Encore. »

* ~ * ~ * ~ * ~ *

« Enora ? » « ... » Lourd. Tout est lourd. Sa tête est lourde. Les draps sont lourds sur son corps, pesant autour d'elle. Le monde l'écrase, comme s'il voulait la renvoyer d'où elle vient. Elle a bien envie de le laisser faire. « Eno ? C'est moi. C'est Lily, accroche-toi. » Accroche-toi comment. Elle n'a plus de mains, plus de bras. Ou si elle en a elle ne peut plus s'en servir. Ils sont beaucoup trop lourds pour elle. Tout, tout c'est beaucoup trop pour elle. Quelque chose s'appuie sur son épaule. C'est lourd. C'est chaud, aussi. Un peu dur. Ca lui souffle quelque chose et ça la chatouille un peu. Elle essaie de tendre l'oreille, elle comprend quelque chose et, de loin, elle reconnaît la voix. Il lui dit qu'elle est plus forte que ça. Qu'il le sait et qu'il a toujours raison donc que maintenant il faut qu'elle arrête de le contredire parce que c'est pas possible d'être borné comme ça. Il souffle et il tremble contre son épaule. Lentement, aussi lentement que si elle avait le monde en équilibre sur le front, elle penche la tête sur le côté, appuie sa tempe contre lui, qui a arrêté de respirer. D'ailleurs tout le monde a arrêté de respirer, elle n'entend plus rien. Elle veut ouvrir les yeux mais elle est à bout de forces. Demain, demain elle ouvrira les yeux.




Tumbled like it was
made of stone
ENOSIM The pull on my flesh was just too strong. Stifled the choice and the air in my lungs. Better not to breathe than to breathe a lie, 'cause when I opened my body I breathe in a lie. But oh my heart, was flawed, I knew my weakness. So hold my hand, consign me not to darkness.


Dernière édition par Enora Barjow le Lun 6 Fév - 22:23, édité 1 fois
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One Shots || Colette la belette & tous ses petits personnages

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