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 the rose colored glasses of life ☾ IRISIM

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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES
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BAND-AIDS DON'T FIX BULLET HOLES ☽

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Statut du sang : résolument purMessages : 3466Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ the rose colored glasses of life ☾ IRISIM Ҩ Dim 15 Mai - 4:39





the rose colored glasses of life
“I began to think vodka was my drink at last. It didn’t taste like anything, but it went straight down into my stomach like a sword swallowers’ sword and made me feel powerful and godlike.”




C’était confirmé. Le goût amer de la défaite lui brûlait les lèvres. Sous son règne à elle, Irina Droskaïa, les Ombres avaient subi l’échec de plus cuisant de toute l’histoire de leur clan. C’était ce morveux de Roman Tatsikov qui avait remporté la partie, et rien n’aurait pu la rendre plus mauvaise, plus sombre. Quelque chose avait crevé en elle dès lors qu’on était venu lui apporter la nouvelle. Irina avait senti les vibrations de magie, elle ne les avait juste pas senties au creux de ses propres veines et elle avait su ; instantanément, elle avait su, que c’était la vérité. Qu’elle avait foiré. Krum se foutrait bien d’elle, s’il était encore vivant pour voir ça. Pour la première fois, la sorcière avait erré jusqu’à la Taverne des Trois Trolls, en huit ans de vie dans ce château. Sans un mot, elle s’était aventurée dans le bar vide, avait pris deux bouteilles de Whisky pur Feu, et avait détalé jusqu’à la Tour Gargouille, dans un petit placard à balais hors du monde, en espérant qu’elle pourrait disparaitre jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé la force et la contenance nécessaire pour affronter le reste de son clan, et les visages goguenards de ses adversaires. Aby. Elle devrait affronter Abygail. La simple pensée la fit trembler toute entière. Tandis qu’elle dévissait le bouchon de la bouteille, la jeune femme songea à tout ce qu’elles avaient gagné, ces derniers temps, à la façon dont leur relation, au lieu de périr un peu plus après la mort de Nikolas, avait pu renaître de ses cendres. De ruines, elles avaient bâti quelque chose. Et aujourd’hui, si Irina croisait sa sœur, elle serait fichtrement incapable de faire le moindre geste vers elle. A nouveau, elle lui avait enlevé quelque chose. A nouveau, c’était la victoire de la cadette contre l’aînée. Toujours plus vivante, toujours plus sauvage, toujours plus. Toujours plus qu’elle. Irina, la statue de glace, et sa tornade de soeurette, qui arrachait tout sur son passage, et enlevait implacablement à l’Ombre tout ce qu’elle possédait. C’était un miracle qu’elle ne se soit pas encore envoyé Deklan, à la réflexion. Mais au bout d’un moment, Levski se serait peut-être lassé de se taper tout le clan Droskaïa/Kniasev.

Plus le liquide ambré disparaissait, et moins Irina songeait à sortir de ce placard un jour. Elle buvait vite, et en grande quantité. Elle savait qu’elle n’avait pas une grande marge de manœuvre avant qu’Arachna ne fasse disparaître l’alcool de son système ; avec cette connerie de bestiole à l’intérieur d’elle, elle n’était même pas autorisée à se saoûler correctement. Et puisqu’elle n’avait pas trouvé l’Ox, elle risquait de continuer à se faire ponctionner et empoisonner l’existence encore longtemps. Irina n’avait aucune porte de sortie. Elle ne sursauta même pas lorsque la porte de son placard s’ouvrit à la volée sur une silhouette sombre ; et reconnut immédiatement l’odeur musquée et légèrement fauve d’Onisim Vassilev, le premier Ombre qu’elle avait marqué. Ironique, vraiment, qu’en cette soirée de pure défaite, on lui rappelle son tout premier échec en temps que meneuse. « La place est déjà prise apparemment. » marmonna t-elle sans le regarder dans les yeux. Une partie d’elle voulait lui claquer la porte au nez, voulait rester implacablement seule. Et une toute autre partie d’elle rejetait le fait de boire seule dans un placard à balais à quatre heures du matin. Sans réfléchir –une première ! – elle lui tendit la bouteille. Le bout de ses doigts picotait agréablement. « Au point où on en est » rajouta t-elle, laissant sa phrase en suspens. Au fond, elle espérait qu’il saisirait l’invitation. Elle voulait simplement oublier ; Vassilev lui serait peut-être d’une quelconque utilité.






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“The one thing that always tore us apart is the one thing I won't touch again. In my sick way I wanna thank you for holding my hand up late at night, when I was busy waging wars on myself you were trying to stop the fight.”
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Statut du sang : aussi pur qu'un diamantMessages : 1998Date d'inscription : 15/07/2014Localisation : Durmstrang.
Ҩ Re: the rose colored glasses of life ☾ IRISIM Ҩ Sam 11 Juin - 16:53



the rose colored glasses of life ♆



Il aurait pu surmonter cet ultime affront avec dignité. Il aurait pu prétendre que rien n'avait d'importance, puisque c'était ce qu'il avait toujours fait. Cela faisait des années qu'il mettait un point d'honneur à ne rien laisser transparaître. Aucune émotion, rien. Jusqu'au jour où un petit bout de femme ouvrit grand les portes et décida de s'installer dans sa vie, déposant ses lourdes valises sans s'inquiéter de sa réaction. Difficile de prévoir ce qui leur tomberait sur le coin de la tronche quelques mois plus tard. A force de tirailler sur tous les côtés de son coeur, Enora avait réussi à le remettre en marche. Au départ, c'était étrange, inhabituel, effrayant aussi, sans doute. Il n'était pas certain de pouvoir s'autoriser un peu de légèreté, ni de le mériter. Puis il avait fini par se perdre dans les méandres de ces sensations nouvelles. Mais en réactivant la machine, la Barjow l'avait également exposé à d'autres sentiments beaucoup moins nobles. Et puisqu'il avait cessé de lutter, las de se retenir, de se retrancher dans un contrôle qui le retenait prisonnier, Onisim s'était pleinement autorisé à ressentir l'échec cuisant de son clan.
Un goût amer dans la bouche, il dévalait les escaliers à toute vitesse pour échapper au fantôme de son frère. Encore une autre emmerde. Il avait eu du mal à y croire au début, et puis il en avait vu d'autres, des vies consumées renaître de leurs cendres. Comme quoi, y en avait qui étaient assez cons pour retenter l'expérience. Une seule fois, ça ne leur avait pas suffi? Qu'est-ce qui leur manquait, au juste? Non parce que, entre les coups bas du destin et les déceptions à collectionner, Onisim n'aurait pas pu trancher. Bande d'imbéciles.

Tentant d'oublier son altercation avec le parfait frère Vassilev, Onisim chercha un endroit où il pourrait disparaître. Il n'avait pas besoin d'entendre Viktor lui rappeler à quel point il l'avait déçu. A quel point il n'avait rien accompli depuis son départ. Il n'avait même pas été foutu d'aider les Ombres à trouver l'Ox. Pire, il l'avait laissé aux Eclairs. A des crétins dans le genre de la Sørensen. Une rage lui tordait les tripes, le ravageant de l'intérieur, et il ne pouvait que blâmer sa merveilleuse, rayonnante, bienheureuse, sentimentale petite-amie pour ça. C'était facile pour elle, elle qui était si positive. Un vrai modèle. Comme son frère, tiens. Ces deux-là auraient dû être ensemble, ils auraient fondé un club : « Les exemples à suivre. » Pour eux, c'était si facile de suivre la bonne voie. Si naturel. Alors que pour les ratés comme lui, ça semblait presque contre-nature. Il ne faudrait pas bousculer l'ordre des choses.
Dès qu'il se jeta sur un placard à balai dans l'espoir de s'y réfugier, le visage pâle de sa meneuse se dressa devant lui. Il soupira, ce n'était résolument pas sa journée. Irina lui grogna quelques mots, désintéressée. « La place est déjà prise apparemment. » Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui fasse la bise, alors il s'apprêtait à accepter sa poisse ambulante et à repartir. Subitement, elle lui tendit la bouteille qu'elle avait visiblement déjà bien entamée. « Au point où on en est. » A son expression cynique, il ne put que hausser les épaules et approuver. Sans réfléchir, il s'enferma dans le placard aux côtés de sa meneuse.

D'un geste absolument inexpérimenté, il porta la bouteille à ses lèvres et but quelques gorgées. Brûlure réconfortante, accueillie avec reconnaissance. « Ça pourrait être pire, les Ombres auraient pu trouver l'Ox. Et je t'aurais étranglée dans ton sommeil, fit-il, ironique. » C'était une sorte de réflexe blanc, l'habitude qui reprenait le dessus. Aller gratter là où ça fait mal. Chacun avait ses mécanismes de défense bien particuliers, après tout. Ses pensées se vidaient de sens et il n'avait pas le courage de remettre de l'ordre dans cette mosaïque. Mais un visage s'imposait à lui dès qu'il se demandait pourquoi Irina se terrait dans un placard. Si il avait su que Droskaïa Junior bénéficierait du pouvoir de l'Ox et pas lui, il aurait sans doute moins apprécié ses petites gâteries. « C'est agaçant d'être toujours en reste. Moi aussi je voudrais être celui des deux qui réussit, juste une fois. » Il se mit à ricaner, avala une autre gorgée de Whisky Pur Feu en oubliant ce qu'il faisait là et pourquoi il lui disait tout ça. Son regard chercha le sien, comme si il allait y trouver une solution miracle.


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If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.
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Statut du sang : résolument purMessages : 3466Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ Re: the rose colored glasses of life ☾ IRISIM Ҩ Lun 12 Sep - 0:48






the rose colored glasses of life
“I began to think vodka was my drink at last. It didn’t taste like anything, but it went straight down into my stomach like a sword swallowers’ sword and made me feel powerful and godlike.”




Onisim s’installa à côté d’elle sans broncher. Irina aurait sûrement été surprise de la facilité de la chose, si elle avait été en état d’être surprise de quoi que ce soit. Elle savait que pour contrer les effets d’Arachna, il fallait boire vite et beaucoup. La compagnie aiderait peut-être à changer l’ambiance morose. La meneuse observa sa première recrue porter le goulot à ses lèvres, et boire une longue gorgée. « Ça pourrait être pire, les Ombres auraient pu trouver l'Ox. Et je t'aurais étranglée dans ton sommeil. » Irina ne tourna pas la tête, mais esquissa un sourire douloureux. Encore une fois, on lui rappelait ses échecs. Ils étaient d’ordinaires peu nombreux, du moins l’avait-elle pensé pendant longtemps. Elle commençait à réaliser l’étendue de sa propre stupidité, de ce qu’elle avait manqué, de ce à quoi elle avait renoncé purement par principes. Principes qui n’avaient plus aucun sens aujourd’hui. Sa conviction avait déjà été un échec en soi. « C'est agaçant d'être toujours en reste. Moi aussi je voudrais être celui des deux qui réussit, juste une fois. » En l’entendant ricaner, Irina songea qu’elle aurait pu rire avec lui si ça n’avait pas sonné si juste.

La Droskaïa lui prit la bouteille des mains avec un rictus, et croisa son regard juste au moment où le liquide ambré se déversait dans sa gorge. La brûlure était délicieuse. Elle se laissa mordre encore une fois, puis une autre, avant de caler la bouteille entre ses cuisses. A cette allure là, ils auraient rapidement besoin de plus de stock s’ils comptaient tenir la nuit. L’Ombre poussa un soupir à fendre l’âme et planta son regard acier dans celui d’Onisim. Dans la pénombre, ses traits étaient à peine discernables. « Qui aurait cru que ma chère petite sœur nous coifferait tous les deux au poteau ? » Irina ne put contenir l’amertume qui se déversait de sa voix. Elle la crachait partout, la vomissait, les noyait tous les deux sous le poids du dégoût. « Peut-être qu’un jour elle se lassera de prendre les choses qui sont supposées être miennes. » rajouta t-elle après un temps de pause. Abygail l’irresponsable, l’indomptable, tout feu tout flamme. Abygail qui, pour attirer l’attention de son aînée, avait pris le parti de lui marcher dessus. Mais elle avait oublié que réagir, ne pas être une statue, était un luxe que l’Ombre ne pouvait pas se permettre. Cercle vicieux et sans fin, condamnation funeste.

La meneuse se laissa aller contre le mur derrière elle et ferma les paupières une seconde ; assez pour sentir que le monde autour d’elle commençait à vibrer un peu. Peut-être que sa litanie était malvenue, après tout. Elle s’était souvenue quelques instants trop tard de la liaison entre Abygail et Onisim ; son opinion à lui serait sûrement biaisé. Au moins, elle, elle ne s’était pas envoyé Viktor, s’ils voulaient comparer leurs fratries. Viktor. Elle était sûrement l’une des rares au sein du clan à ne pas lui avoir voué l’admiration qu’il obtenait de tous. « Pour ce que ça vaut… Viktor n’a jamais été supérieur à toi. Tu n’as pas à te comparer à ton frère. » murmura t-elle, les paupières toujours closes, le dos contre la pierre froide derrière elle. Etait-ce seulement possible, de ne pas se comparer à ses frères et sœurs, alors qu’ils étaient constamment les laissés pour compte ? Irina avait passé sa vie à nettoyer les conneries d’Abygail dans l’ombre. Cette fois-ci, elle décidait qu’elle la laisserait gérer toute seule. Se bourrer la tronche dans un placard à balais semblait alors une solution bien plus enviable.







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Statut du sang : aussi pur qu'un diamantMessages : 1998Date d'inscription : 15/07/2014Localisation : Durmstrang.
Ҩ Re: the rose colored glasses of life ☾ IRISIM Ҩ Sam 11 Fév - 19:13



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Celui des deux qui réussit, ça ne serait jamais lui. Même à moitié mort, le semblant de vie de son frère avait plus de valeur que sa vie à lui, si vide de sens. Au final Onisim se demandait presque pourquoi la culpabilité l’avait rongé pendant toutes ces années. Fallait croire qu’il avait oublié à quoi son quotidien ressemblait quand le grand frère chéri était dans les parages. Sans doute existait-il encore un peu moins depuis que Viktor était revenu, même Enora n’avait plus que son nom à la bouche. Certes, elle le crachait toujours avec ce mépris sincère, accusateur. Les deux se livraient une guerre idéologique dont l’hybride se retrouvait prisonnier, un pied dans chaque camp. Qu’est-ce qu’il n’aurait pas donné pour tout abandonner, les planter là, comme deux imbéciles. Lui, il n’en voulait pas de leur querelle débile. Mais encore une fois, personne ne lui avait demandé son avis.

Subitement, Irina lui reprit la bouteille. « Qui aurait cru que ma chère petite sœur nous coifferait tous les deux au poteau ? » Certainement pas lui. La grande Droskaïa, la puissante meneuse des Ombres devait se sentir bien conne, tout à coup. Après toutes les épreuves qu’elle avait été forcée de traverser, elle s’était toujours débrouillée pour relever la tête hors de l’eau. La découverte de l’Ox avait sans doute été l’ouragan qui l’avait engloutie toute entière. « Peut-être qu’un jour elle se lassera de prendre les choses qui sont supposées être miennes. » Pique d’une justesse qui semblait blesser la jeune femme bien plus qu’elle ne l’admettrait jamais. Onisim avait toujours respecté sa meneuse, malgré tous les défauts et les déceptions qu’elle véhiculait dans son esprit. Elle avait toujours fait de son mieux. Et pour ça, il l’estimait beaucoup.
Gorgée après gorgée, le monde dansait de plus en plus vite autour d’eux. Valse endiablée, la musique sonnait un peu plus légère que dans la vraie vie. Leur réalité à eux, l’alcool la leur faisait doucement oublier. Liquide salvateur pour deux ratés, soudain ils pourraient presque croire qu’ils ne se résumaient pas à l’accumulation de leurs échecs cuisants. « Pour ce que ça vaut… Viktor n’a jamais été supérieur à toi. Tu n’as pas à te comparer à ton frère. » Il avait bien envie de la contredire, lui répondre qu’elle n’était pas là, elle, quand ses parents regardaient Viktor avec fierté alors qu’ils remarquaient à peine leur deuxième fils. Dans l’ombre de son frère, il pensait qu’il s’était fait à l’idée qu’il ne brillerait jamais aussi fort que lui.

Soupir las suivi d’une autre gorgée, puis d’un autre soupir. De la part d’Irina, ces quelques mots signifiaient étrangement beaucoup. « Pour ce que ça vaut, tu n’es peut-être pas une meneuse parfaite mais tu es ce qui s’en approche le plus. Et ça suffit largement. » Personne ne lui avait demandé d’être parfaite, après tout. Onisim lui parlait avec franchise, l’idée que ça puisse déranger la jeune femme ne lui vint même pas à l’esprit. Quand il pensait aux meneurs des autres clans, il se sentait privilégié d’appartenir aux Ombres. Jamais il n’aurait toléré de s’en remettre aux décisions d’un meurtrier et de ses deux pimbêches, et encore moins à celles du trio de drag queens blondes platines. Sans parler de Danslav et Katerina. Non franchement, les Ombres s’en sortaient relativement bien.
Il tourna la tête vers elle, pensif. « Et puis il n’y a pas que ça qui compte dans la vie. » Pour le moment, l’état d’urgence dans l’école les empêchait de croire en un avenir concret. Ils avaient tous raison de douter de sortir vivants de cette guerre. Mais si il y avait un après, alors l’horreur de l’instant semblerait plus surmontable. Il fallait s’y accrocher, se rattacher aux miettes d’un espoir qui pourrait bien les aider à survivre. Ne dit-on pas qu’il s’agit de l’arme la plus puissante d’un combattant ? « Quand tout sera terminé, je suis sûr que tu accompliras de grandes choses. » Le breuvage embrouillait son jugement, pourtant l’éventualité d’un avenir l’attirait comme un aimant. Soudain il avait hâte de se retrouver propulsé dix ans plus tard, loin de l’Ox et loin de Viktor. Son regard croisa celui d’Irina, intense, profond. « C’est vrai, tu es une femme intelligente, courageuse, pleine de potentiel. Tu t’en sortiras très bien, toi. » Il précisait, parce qu’il avait des doutes fondés quant à Abygaïl. Trop instable, trop fragile, irréfléchie. Tout le contraire de l’image que renvoyait Irina.





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Statut du sang : résolument purMessages : 3466Date d'inscription : 07/07/2011Localisation : Dans le noir
Ҩ Re: the rose colored glasses of life ☾ IRISIM Ҩ Ven 3 Mar - 16:07






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“I began to think vodka was my drink at last. It didn’t taste like anything, but it went straight down into my stomach like a sword swallowers’ sword and made me feel powerful and godlike.”




En temps normal, Irina aurait été capable de déterminer si ses paroles avaient eu un quelconque effet sur Onisim, mais là, ses paupières un peu voilées et ses extrémités légèrement tremblantes obscurcissaient son jugement. Elle aimait à penser que c’était là, pourtant. Elle avait sincèrement pensé les mots qu’elle avait prononcés. Etait-ce là l’effet de l’alcool ? Elle l’avait toujours observé de loin, ne s’abaissant pas à de telles pratiques, et sachant qu’en plus, l’effet serait minime et ne durerait pas. Son métabolisme n’était pas fait pour absorber de telles substances. Ce soir, néanmoins, elle avait envie de défier le monstre. L’Ombre laissa Onisim prendre une gorgée, puis reprit la bouteille pour faire elle-même baisser le niveau du liquide ambré. La brûlure dans son gosier était bienvenue. « Pour ce que ça vaut, tu n’es peut-être pas une meneuse parfaite mais tu es ce qui s’en approche le plus. Et ça suffit largement. » Irina tourna la tête vers Onisim et heurta son regard à la mâchoire carrée de l’Ombre. Il y avait des mots qu’elle s’était attendue à entendre, des choses convenues avec le ton du réconfort ; après tout ils étaient perdants tous les deux. Ce n’était pas ça. Elle décelait le timbre particulier de l’honnêteté dans la texture rugueuse de sa voix. Le velours rassurant qui drapait à peine la désolation. Ces paroles là, elles voulaient dire beaucoup. Longtemps, elle avait eu ces petits bouts de verre au fond de la gorge en s’adressant à lui ; l’Ombre qui avait un sceau obsolète. Celui qu’elle avait déçu. Sa première production et son premier échec. Il signifiait beaucoup pour elle, peut-être pas de la meilleure façon, mais il la reliait à toutes ces parties d’elle-même qu’elle se forçait à mettre de côté. Il l’ancrait à la réalité de qui elle était ; faillible, mais la tête haute.

Onisim maintenait sa posture, il était pensif. La meneuse d’osait plus fermer les yeux, de peur d’être prise dans les tourbillons colorés de l’alcool. «Et puis il n’y a pas que ça qui compte dans la vie. » Elle haussa un sourcil, curieuse de voir où cette conversation allait les mener. Pour l’instant, elle n’était pas tout à fait d’accord. En l’absence d’une autre cause à laquelle se consacrer, son rôle de meneuse avait été le rôle le plus important de sa vie, au-delà de celui de sœur et au-delà de celui d’être humain. On jouait avec les cartes qu’on nous donnait, d’une certaine manière. « Quand tout sera terminé, je suis sûr que tu accompliras de grandes choses. » Irina persistait dans son silence ; elle comprenait mieux à présent. Elle savait que ce n’était que le début de la guerre, le début des hostilités. Un nuage noir allait bientôt les prendre aux tripes, l’orage grondait. Il était encore possible d’imaginer un futur et un avenir tant qu’ils n’étaient pas pris dans la tempête, mais elle n’était pas sûre que le répit allait durer encore longtemps. Même en réfléchissant dur, qu’imaginait-elle pour l’avenir ? Avait-elle déjà considéré la question ? Avait-elle déjà songé à ce que serait sa vie après Durmstrang ? Irina se rendait compte que la réponse à ses questions était résolument floue. Au fond, bien au fond, elle avait même douté atteindre cette étape de sa vie. Alors d’ici à faire de grandes choses… Rien n’était sur.

Pourtant, Onisim continuait de parler, et ses mots étaient comme du miel qui lui coulait dans la gorge. Lorsque ses yeux rencontrèrent enfin les siens, ils étaient dénués de tout malice. « C’est vrai, tu es une femme intelligente, courageuse, pleine de potentiel. Tu t’en sortiras très bien, toi. » Avant qu’elle ne puisse l’en empêcher, un demi-sourire apparut sur les lèvres d’Irina. Grognement intérieur. Etait-elle réellement le genre de fille à se laisser flatter ? Ce soir, oui, elle l’était. Elle en avait besoin. Cette soirée là cristallisait l’échec de huit années de sa vie, elle avait le droit de battre des cils comme une quiche et d’apprécier le discours d’Onisim. D’apprécier la fameuse mâchoire qu’il venait de tourner vers elle, son regard fiévreux, sa peau légèrement moite et l’odeur de musc qui se dégageait de lui. Continue, Vassilev. Que tes démons se fondent aux miens. « Ne t’arrête pas là, je t’en prie, continue » plaisanta t-elle, d’une voix grave qu’elle ne se connaissait pas. Une voix suave, presque séductrice. Un ton qu’elle n’avait jamais employé auparavant. Au fond, elle ne savait pas si ça allait lui servir à grand-chose, les qualités que relevaient Onisim, parce qu’elle n’était pas sûre d’avoir un futur à elle. Pouvait-elle s’émanciper d’Abygail ? Pouvait-elle se résigner complètement et l’abandonner à son sort ? Même lorsqu’elle l’ignorait, Irina avait observé sa cadette de loin. Aujourd’hui, elle ne pouvait la laisser entre les mains des monstres, qu’importe la rancœur qu’elle avait contre elle. L’Ombre ferma les yeux, et un semblant de vertige la prit. Elle se sentait plus chaude que d’habitude ; sa peau était brûlante. En reprenant contact avec la réalité, elle se trouva incapable de sortir du lagon que lui proposait Onisim. Tout ça, c’était un problème pour demain. « Merci. Venant de toi, ça veut dire beaucoup. » susurre t-elle, en penchant la tête sur le côté. Ses épaules sont presque collées à celles de l’Ombre, et ce simple toucher l’électrise plus qu’elle ne saurait dire. Avait-elle vraiment eu raison de boire ? C’était, encore une fois, un problème pour demain.

Et ce soir, ce soir, elle a envie de faire tous les tas de trucs qu’elle aurait tort de faire. Onisim ne fait pas d’effort ; il la regarde sans détourner les yeux, il la fixe, de ses prunelles intenses et concentrées, et alors qu’elle se glisse doucement contre lui, il ne moufte pas, et c’est comme si une autre qu’elle avait pris sa place. Elle a envie de dévorer. Pourtant, ce soir, ce n’est pas le goût du sang qu’elle a dans la bouche. C’est le goût de l’envie. Et alors qu’elle s’approprie les lèvres d’Onisim et du doux nectar du moment interdit, elle se délecte du fait qu’Abygail, pendant ce temps là, est seule, noyée dans son pouvoir. Pour une fois, c’est elle la voleuse, et son butin est délicieusement bestial. Elle songe, amusée, que c’est plutôt ironique que les avances de l’aîné des Vassilev lui soient toujours restées indifférentes alors qu’elle vient attiser celles du frère cadet. A chacun ses petites victoires et ses satisfactions fraternelles.  








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