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 The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna

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Statut du sang : PurMessages : 43Date d'inscription : 03/04/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Dim 8 Mai - 16:26


L'air glacé s'engouffre par les fenêtres pourtant closes d'un château caché, habilement aux yeux de tous ; Durmstrang, au coeur de l'hiver, semble bien plus déprimante que tout ce que Zahnna a eu l'occasion de voir durant sa vie.

La main fermée sur un verre de vin rouge, dans la bibliothèque déserte, elle observe le blizzard à l'extérieur, d'un oeil malheureux. Le vent, soufflant par les interstices des fenêtres, l'empêche de dormir depuis de nombreuses nuits. Terrorisée par ce souffle de mort dont elle sent presque la caresse glacée, allongée dans son lit, elle est incapable de fermer l'oeil. Il fut un temps où Zahnna aurait trouvé la force de ne pas avoir peur de tout et de rien ; mais depuis son arrivée à l'école, elle sait pertinemment que personne ne viendra l'aider, maintenant. Aujourd'hui, en observant le vent souffler sur le parc, dehors, Zahnna se sent plus seule que jamais. Des cernes profondes encadrant son beau visage défigurent une beauté presque spectrale ornant son âme. Ses doigts, serrés sur le verre, ont la pâleur du marbre.

Cela fait maintenant deux mois que la jeune femme a rejoint l'établissement, pour tenir sa responsabilité de bibliothécaire. Au milieu des livres, elle oublie un instant qu'il n'a fallu qu'un claquement de doigts pour qu'elle perde la totalité de ses repères. Au départ rongée par le chagrin, elle a erré, à la manière d'un fantôme, dans les couloirs glacés de Durmstrang. De jour en jour, elle a senti cette tristesse se muer en autre chose, de plus noir, de plus brûlant aussi, transformant son regard de chaton apeuré en celui, plus dur, plus gelé, d'une panthère à l'affut. De longues heures passées à méditer pour s'empêcher de devenir folle, d'autres, plus longues encore, à pleurer sur son sort, caressant du bout des doigts la seule chose qu'elle ait pu emmener de la froideur sibérienne ; la photographie d'un bonheur perdu. Une jeune fille blonde, aux quelques premières rides se dessinant sur ses yeux d'eau claire, souriant d'un air doux et paisible à cette femme pleurant dans son lit, vaincue par la honte, le chagrin, le remords, et la terrible culpabilité. Tamara ne la quitte jamais ; et sa photographie, muette dans son cadre de verre, pose souvent la main sur la surface pour la toucher. Son air souriant s'est mué en expression inquiète. Elle vit encore, au travers d'une simple image ; mais Zahnna ne peut plus la toucher, ni lui parler. Tout ça par la faute d'un fou, qui autrefois entretenait avec elle la relation la plus profonde et la plus rassurante qu'elle ait jamais connue.

A présent, dans l'esprit de Zahnna, Mikhail n'est plus qu'un obstacle à éliminer, une nouvelle cible à tuer. Un nouvel instrument de chute. Les sourcils froncés devant le mauvais temps, la sorcière rumine sa haine, son désir de vengeance. Si auparavant, faire du mal à son frère ne l'aurait jamais effleurée, elle sait désormais que les temps ont changés. Plus jamais elle ne lui permettra de lui faire de mal. Elle vengera le sang par le sang. Elle aussi enfoncera un jour un couteau dans la poitrine de l'homme que jadis, elle appelait "mon frère".

Coupée de toutes nouvelles de la Sibérie, Zahnna se prend souvent à se demander comment les chamans ont vécu la mort d'Esfir. Elle l'ignore, alors qu'elle aurait pu le demander ; mais le simple fait de croiser Hàkan Silaëv dans le couloir la fait immédiatement partir dans la direction opposée. Malheureusement pour elle, il semblerait que le garçon ne soit pas de cet avis ; visiblement très surpris qu'elle refuse de lui accorder la moindre discussion, il est arrivé deux ou trois fois qu'il vienne la voir, tentant d'avoir une explication avec elle.

Zahnna a toujours pris la fuite.

Mais le pourra-t-elle, aujourd'hui ?

Elle ne bouge pas, lorsque la porte s'ouvre. Il est dix-neuf heures, et la bibliothèque est fermée depuis trente minutes. Il arrive souvent que quelques élèves oublient l'heure et viennent travailler ; selon les humeures de la jeune femme, elle les laisse, ou non, rester le temps qu'elle finisse ses propres occupations. Ce soir, elle se moque bien de qui peut entrer ici ; plongée dans ses pensées troubles, c'est la voix d'Hàkan l'appelant qui la ramène à la réalité.

Elle se tourne, presque violemment, en manquant bien de lâcher le verre dans lequel elle n'a même pas encore bu. Face à elle, l'adolescent la fixe, visiblement aussi troublé qu'elle. Zahnna n'a pas donné la moindre explication à son départ. On venait de tuer la femme qu'elle aimait ; pour elle, il n'y avait pas le moindre compte à rendre, à personne. Et au vu du regard chargé d'incompréhension du jeune Silaëv, elle sait parfaitement que jamais personne n'a su ce qui s'était passé dans la forêt bordant le village, ce jour-là. Zahnna a toujours été vue comme une marginale au sein de la communauté chamane ; et son départ n'a sans doute rien changé à cela. Pourtant, le jeune homme lui fait face, les bras croisés, cherchant visiblement des réponses qu'elle refuse de lui donner. Un long silence perdure, durant lequel Zahnna ignore quoi dire pour le chasser.

Non, elle ne dira rien à quiconque a un jour fréquenté la communauté dans laquelle elle a vécu. Des gens qui l'ont chassée sans cérémonie sur simple ordre de son frère, des personnes qui l'ont méprisée dès l'instant où elle a refusé tout contact avec les anciennes pratiques. Des intolérants. Des imbéciles. Des meurtriers. Il est difficile, bien sûr, de jeter Hàkan dans ce panier de fruits pourris. Mais elle le fait, car d'après elle, la souffrance a atteint bien plus que tout ce qu'elle aurait pu supporter. Il n'y est pour rien. Mais elle le hait quand même.

"Va-t-en."

C'est un murmure glacé qui s'échappe de ses lèvres, qu'il peut aisément entendre malgré les hurlements du vent d'hiver. Frissonnante dans sa robe de deuil qu'elle porte encore, elle détourne la tête, sans vouloir croiser le regard de ce jeune homme qu'elle a pourtant aimé avec la même tendresse qu'une mère. Il n'est même pas de sa famille. Mais il est le seul qui, un jour, ait décidé de la comprendre, même sans connaître toute la réalité.

"Tu es la dernière personne que j'ai envie de voir ici. La bibliothèque est fermée. Va-t-en."


Va-t-en, car si tu cherches des réponses, il semblerait que tu ne sois pas tombé sur la bonne personne.

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Sang-pur. Messages : 129Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Perdu à Domovoï's Rock.
Ҩ Re: The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Lun 13 Juin - 21:39


Il était revenu à Durmstrang le cœur lourd de peine, portant encore le deuil douloureux d’Esfir. Il ne parvenait pas encore à réaliser que la prochaine fois qu’il rentrerait en Sibérie, il ne verrait plus le visage de la fillette s’illuminer de bonheur. Cela faisait déjà deux mois, et pourtant, la scène douloureuse revenait sans cesse dans son esprit. Il se souvenait encore du craquement de la glace, du hurlement d’Esfir, du cri déchirant de Darya. Il se souvenait encore ne pas avoir hésité une seule seconde à pousser ce moldu au fond du lac glacé, pour y trouver la mort à son tour. Et malgré le poids de son geste, il était incapable d’éprouver le moindre regret. Il aurait dû porter le statut de meurtrier, avoir cette culpabilité qui le rongerait jour après jour. Mais il n’éprouvait rien, si ce n’est une profonde tristesse. Il savait que sa peine n’était en rien comparable à celle de Darya. La jeune femme avait développé un comportement agressif, autant pour elle que pour les autres, et Hàkan peinait à ramener la Darya qu’il aimait. Elle souffrait, et il était incapable de panser ses blessures. C’était un sentiment détestable, se sentir impuissant face à la douleur de l’autre. Il ne savait plus quel comportement adopter avec elle, ni trouver les mots qu’ils n’auraient pas déjà dits. Il avait tout essayé et rien ne semblait fonctionner. Au contraire de Darya, le sibérien se confinait dans un mutisme profond, adoptant le même comportement que lorsqu’il avait perdu sa mère. Il ne savait pas faire éclater son chagrin, il encaissait, en silence, souffrant dans son coin, sans en parler à qui que ce soit. Il avait perdu un autre membre de sa famille cet été-là, et il ne le supportait plus. A la perte de sa mère, il avait développé une aversion sans bornes pour le chamanisme, aujourd’hui, il se retrouvait à haïr ces ignorants et monstres de moldus. Hàkan avait l’impression que les personnes auxquelles il tenait le plus, venaient toujours à partir, ou à s’éloigner, tout comme Zahnna. Elle avait disparu le lendemain de la mort d’Esfir, sans un mot, sans une explication, le laissant dans l’ignorance. Il n’avait pas écouté les rumeurs propagées dans le village, ne voulant pas croire que la sibérienne ait pu partir ainsi, du jour au lendemain. Il avait vécu sa disparition à elle aussi, en silence, le village pleurant plus la mort malheureuse d’Esfir, que la fuite de Zahnna. Et au fond de lui, il lui en voulait. C’est pourquoi il désirait une explication de sa part, mais elle ne semblait pas vouloir la lui donner.
Il avait été surpris de la revoir à Durmstrang, comme une apparition magique. Il avait voulu établir le dialogue, connaître les raisons de son départ, mais la jeune femme s’était appliquée à le repousser, et à installer une distance certaine entre eux. L’incompréhension s’était emparée d’Hàkan, tout comme le sentiment d’injustice. Pourquoi se comportait-elle ainsi avec lui ? Il était certainement la personne qui l’avait le mieux compris ces dernières années dans le village. Il se retrouvait chez Zahnna parce que tout comme lui, elle ne pratiquait pas le chamanisme. Ils étaient les deux parias du village, incompris par leur famille, par leur clan. Et étonnamment, la sibérienne avait vite incarné la figure maternelle qui lui manquait. Il avait développé une profonde affection pour Zahnna, lui accordant toute sa confiance les yeux fermés. Alors lorsqu’elle lui tournait le dos ainsi, quand elle s’évertuait à le garder à distance, ça lui brisait indéniablement le cœur. Mais il n’abandonnait pas l’idée qu’elle finisse par se confier à lui.

Dix-neuf heures, il sait qu’il a une chance de trouver la bibliothèque encore ouverte. Passant les portes en bois, il découvre la salle vide d’élèves, tous étant certainement déjà agglutinés dans la  salle de réception. Elle se trouve dos à lui, assise à son bureau. Il règne un silence profond dans la bibliothèque, Hàkan finit par le briser : « Zahnna ? » La concernée se retourne brutalement, manquant de lâcher le verre qu’elle tient à la main. Il la fixe, nerveux, bras croisés sur la poitrine, patient. Il est décidé à ne pas repartir d’ici sans avoir eu une discussion avec elle. La surprise qui se lit sur le visage de la sibérienne, laisse finalement place à un trouble profond. Il ne sait comment la pousser à redevenir celle qu’il côtoie depuis l’enfance, pour faire disparaître cette apparence glaciale qu’elle a pris avec lui ces deniers temps. Elle reste muette, un long moment, en proie à la réflexion. Hàkan ne rajoute rien, ne trouvant pas les mots pour exprimer son incompréhension. Au bout d’un temps, Zahnna finit par ouvrir la bouche : « Va-t-en. » Douche froide, il ne laisse rien paraître, et pourtant son cœur se serre. Il ne supporte pas qu’elle le rejette de la sorte, sans comprendre ce qu’il a bien pu faire de mal pour qu’elle le haïsse tant. Mais il ne bouge pas, ancrant ses pieds fermement dans le sol en pierres. Il ne compte pas en rester là, pas cette fois-ci. Il a trop de fois fait demi-tour sans se battre, le regrettant amèrement en y repensant. Le jeune homme n’aimait pas les confrontations, mais il était contraint de tenir tête à Zahnna pour cette fois, ou il n’aurait jamais les réponses à ses questions. « Tu es la dernière personne que j'ai envie de voir ici. La bibliothèque est fermée. Va-t-en. » La dernière personne … les mots sont précisément choisis pour le blesser, il n’en doute pas une seconde. Mais il est incapable de la croire. Elle ne peut pas le détester, il n’y a aucune logique à sa façon d’agir. Quelque chose s’est passé pour qu’elle prenne la fuite cet été, quelque chose d’horrible. Il sentait que ce n’était pas simplement la mort d’Esfir. Pourquoi aurait-elle fui sa famille en deuil ? Pourquoi les aurait-elle abandonnés alors que sa nièce venait de trouver tragiquement la mort ? Cela n’avait aucun sens. Son frère avait eu besoin d’elle, tout comme sa nièce, et le reste de la famille Azarov, et lui. Mais visiblement, cela n’avait pas eu d’importance aux yeux de Zahnna, et ça n’en avait toujours pas aujourd’hui. Hàkan se força à ouvrir la bouche, à ne pas la laisser le convaincre de partir. « Non. Cette fois-ci, tu ne pourras pas me repousser Zahnna. » Il tentait de s’en convaincre à son tour, de rester fort dans sa position, de ne pas faillir. Il avait besoin de savoir, il avait besoin de retrouver ce lien qu’il avait avec elle, il avait besoin de Zahnna. Elle lui avait douloureusement manqué cet été, elle l’avait aidé à se reconstruire après la perte de sa mère, il aurait espéré qu’elle fasse la même chose pour la perte d’Esfir, qu’il avait toujours considéré comme sa propre petite sœur. Mais elle n’avait pas été présente, elle avait disparu de son horizon dans un claquement de doigts, et personne n’avait été capable de lui fournir une explication sensée. Il décroisa les bras, passant une main sur son visage. « J’ai fait quelque chose de mal ? Qu’est-ce que tu me reproches Zahnna ? Dis-moi. J’ai besoin de comprendre pourquoi tu m’en veux autant, s’il-te-plaît. » Il s’était rapproché d’elle, bien que le bureau maintenait encore une barrière entre eux. Il redoutait qu’elle le repousse encore, qu’elle ne réponde toujours pas à ses questions, et il ne le supporterait pas. Il refusait que Zahnna s’éloigne encore de lui, il ne pourrait jamais s’y résoudre, elle était sa famille.



 
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Ҩ Re: The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Jeu 23 Juin - 22:21

♫♪


Il n’y a aucune manière d’expliquer l’inexplicable.

Fébriles, les doigts de Zahnna serrent un peu plus fermement le verre de vin qu’elle tient à la main. Près de la fenêtre, elle bat lentement des paupières, contemplant la danse des flocons d’hiver avec une fascination faussée, obtue. Elle n’ose même pas regarder celui qui vient de pénétrer dans la pièce. Ses yeux flottent vers l’extérieur, comme pour y trouver une échappatoire. Car elle sait que malgré tout ce qu’elle pourra dire, elle restera irrémédiablement dans le même état de fait qu’elle était au départ. Seule, abandonnée de tous, méprisée par bien des hommes et des femmes, dans un coin du globe qu’elle n’aura plus jamais l’occasion de voir. Le vent hurle malgré les fenêtres fermées. Un cri qui lui a toujours fait peur. C’est comme une plainte animale ou un cri de guerre, elle ne sait pas encore quelle définition lui donner. Mais le vent a toujours été son ennemi, d’aussi loin que peuvent remonter ses souvenirs vérolés par le regret. De son passé, ne restent plus qu’une simple poussière emportée par cette brise qui l’effraie tant. Qu’a-t-il à lui offrir, si ce n’est une nouvelle occasion de regretter chaque geste qu’elle esquissera, chaque mot qu’elle prononcera ? Comment regarder dans les yeux les vestiges d’un « jadis » perdu depuis longtemps ? Que dire à ce jeune homme, qui pourtant, bien posté près d’elle, le bureau séparant leurs deux corps, ne semble pas vouloir partir, comme elle le lui a demandé ?

Un instant, elle songe à l’inévitable, l’irrémédiable. La fuite. Puis elle se ravise. Le jeune homme qui lui fait face a toujours été loyal, fidèle. Et malgré le chagrin et l’enfermement, il a toujours su tendre une main, secourable et aimante, vers cette femme qui pourtant n’a jamais été capable de le lui rendre. Alors, dans un geste calme mais désespéré, elle se retourne, posant son regard clair dans le sien. Ses yeux, secs de larmes depuis bien longtemps, parcourent un instant les traits durs de Hàkan Silaëv. Un nouveau fantôme, venant tourmenter son âme déjà rongée par de longues pensées faisandées par le temps.

Mais, la tête haute, Zahnna le fixe, de toute sa hauteur fragile de femme bafouée. Elle serre les poings, puis les desserre ; enfin, elle finit par enlacer avec raideur ses doigts entre les siens. Elle manie ses paumes, sentant la sueur en couler, les rendant moites. Hàkan n’est pas le bienvenu, pas plus que tous les souvenirs qu’il fait remonter. Elle fronce les sourcils, tente d’essuyer ses paumes sur sa robe noire. En deuil depuis de longs mois, elle n’a pas vraiment eu le temps de se demander si cela en valait encore véritablement la peine. Son regard clair effleure la silhouette de l’étudiant, comme une proie observerait son attaquant avant de mourir. Elle est effrayée. De toute manière, il semblerait que tout soit capable de la rendre aussi fragile que ces flocons tombant dans le dehors.

Si tu savais comme tu as pu me manquer.


« Non. Cette fois-ci, tu ne pourras pas me repousser Zahnna. »


Elle ferme les yeux, prise, soudain, d’un accès de panique qu’il lui faut corriger d’une respiration lente, tremblante. Elle ressemble à une feuille morte, les mains à présent détachées l’une de l’autre, la gauche posée sur son bureau de chêne. Elle ferme les yeux un instant. Toutes ces entrevues qu’elle a refusées pour ne pas avoir à supporter ce regard sombre et plein d’incompréhension. Toutes ces soirées passées seule, à se demander si quelque part, elle avait pu manquer à quelqu’un. En observant Hakan, elle voit soudain briller dans son regard l’affection blessée qu’il lui porte ; celle d’un fils d’adoption qu’elle a aimé et chéri toute sa vie, pour finalement l’abandonner sans ne rien laisser d’autre que le silence. Sans même un mot d’au revoir. Soudain, Zahnna se fait l’effet de n’être qu’un monstre sans valeur.

« J’ai fait quelque chose de mal ? Qu’est-ce que tu me reproches Zahnna ? Dis-moi. J’ai besoin de comprendre pourquoi tu m’en veux autant, s’il-te-plaît. »


Il fait un pas. Silence, battement. Zahnna ne sait pas comment réagir face à l’évidence. Il est là, comme une figure de justice réclamant un instant pour elle, la statue figée du passé qui s’anime et qui la hante ; comme un Commandeur l’inviterait à dîner, il fait un pas de plus, bras décroisés, s’ouvrant au dialogue lorsqu’elle a décidé de ne plus en entendre parler depuis de nombreuses années. Il n’y a rien de plus sous les paupières de Zahnna qu’une brume noire érodée par toutes ces secondes chargées de regret. La main ballante, l’autre, poing serré contre la table, elle baisse les yeux devant l’évidence. Jamais il ne la pardonnera si jamais il apprend pourquoi elle est partie. Mais quelque chose en elle hurle qu’il a le droit de savoir. Il a le droit d’apprendre pourquoi du jour au lendemain, la figure presque maternelle d’une femme qui a toujours respecté ses choix s’est évaporée dans la nuit, sans rien laisser, pas même un au revoir, ou un merci.

« Non… Non tu n’as rien fait. »


Elle lève la tête, un court instant, malgré ses pommettes rosies par la honte. Comment avouer l’inavouable, cela elle l’ignore ; car de toute manière, personne ne la croit jamais lorsqu’elle énonce ce genre de vérités. Souvent il lui arrive de songer à la Cassandre grecque ; cette femme qui avait le don de voir l’avenir, mais qui jamais n’a été écoutée. Si Mikhail l’avait fait, aurait-il eu une seule chance seulement, de faire changer le cours du temps ? Zahnna a-t-elle ce pouvoir de tromper la mort, en la dénonçant avant qu’elle vienne les trouver ? Elle pousse un soupir, en ramenant un bras le long de son corps. Le cri du vent fait presque trembler ses os frêles, comme cette Cour martiale à laquelle elle assiste, où elle occupe la place de l’accusée. Jamais elle n’a pu croiser le regard de Hàkan sans ressentir une vague violente d’abjection pour elle-même. Sans le savoir, il jette de nouveau l’opprobe sur son nom. Lui qui avait tant aimé Esfir, qui avait tout fait pour la protéger…
Comme tous ceux à qui elle avait choisi de tourner le dos.

Sa voix n’est qu’un filet.

« J’ai été bannie, Hàkan, n’oublie pas. Tu dois le savoir, non ? Tu n’as pas le droit de me parler. C’est pour ton bien que je m’éloigne. »

Oui, car sous cette apparente froideur glaciale, Zahnna est bien incapable de dissimuler sa couardise. La poltronne des Azarov a quitté le nid, pour ne plus jamais revenir. Il doit le savoir. Et il doit l’approuver, maintenant.

« Il n’y a rien que tu puisses faire pour changer les choses, les décisions ont été prises. Tu dois t’en aller. Il te suffit de croire ce qu’a dit ton beau-père et tu me rejetteras bien plus facilement que tu peux le penser. »


Frêle, fragile, délicate, chétive, sensible, précaire, fugitive, ses bras fuselés ramenés contre sa poitrine, Zahnna sait qu’elle ne peut pas avouer la vérité. Elle lève les yeux vers lui. Ils débordent de larmes. Comme elle aimait ce petit garçon devenu homme, aujourd’hui demandeur de la vérité. Comme elle l’aimait, et comme il est dur de s’en séparer.

« S’il te plait… »


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Ҩ Re: The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Mar 24 Jan - 22:26


Il gardait une certaine distance entre eux, comme s’il se retrouvait face à un chat sauvage, terrorisé, le poil tout hérissé. Il n’avait jamais agi ainsi avec Zahnna, ça lui semblait tout à fait absurde comme situation, de craindre le moindre mot qui sortirait de sa bouche, d’être rejeté une nouvelle fois. Il ne le supportait pas. Comment celle qu’il avait vue comme sa seule figure maternelle durant tant d’années, pouvait agir de la sorte ? Cela ne ressemblait pas à Zahnna, elle lui cachait définitivement quelque chose. Il n’avait pas cru aux explications de Mikhail, jamais il ne pourrait penser du mal de la chamane. Impassible, Hàkan la fixe. Elle finit par baisser le regard, comme si elle s’en voulait, comme si elle regrettait peut-être de l’avoir repoussé ces derniers temps. « Non… Non tu n’as rien fait. » Le jeune homme se sent tout à coup soulagé. Il n’est pas ce pourquoi elle se montrait si distante. Même si au fond de lui il s’en doutait un peu, même s’il ne voyait pas en quoi il aurait pu faire quelque chose de mal, il était content d’entendre Zahnna le lui confirmer. Alors quoi ? Quel était le problème ? Elle s’était enfuie du jour au lendemain, sans un au revoir, sans une explication, juste après la mort d’Esfir. Il ne pouvait pas penser que c’était une coïncidence, mais il n’arrivait pas à trouver une quelconque logique à toute cette histoire. Darya n’en savait pas plus que lui, et il restait seul avec ses questions.
Zahnna relève la tête, et croise le regard d’Hàkan. Il y a une tension tellement palpable dans cette bibliothèque, qu’il a l’impression que les livres ne vont pas tarder à tous s’envoler et se déchiqueter entre eux. Elle soupire, laissant prédire qu’elle n’a pas fini de parler et qu’elle risque encore de lui dire de partir. « J’ai été bannie, Hàkan, n’oublie pas. Tu dois le savoir, non ? Tu n’as pas le droit de me parler. C’est pour ton bien que je m’éloigne. » Il n’avait pas le droit … qui était en mesure de lui dire ce qu’il avait le droit de faire ou  non ? Mikhail ? Surement pas. Hàkan avait ses propres opinions, il n’était pas comme tous les autres chamanes du village à acquiescer à chaque fois que les chefs des deux familles lui disaient quelque chose. C’était tout le contraire. Alors quand son futur beau-père avait clamé que Zahnna était bannie et qu’elle ne faisait qu’apporter le malheur au village, Hàkan n’avait pu en croire un mot. C’était la seule chamane dans le village qui le comprenait réellement. Il n’avait plus envie de l’entendre dire qu’ils ne pouvaient plus se voir. Comment un enfant réagirait si sa mère lui disait qu’il devait s’éloigner, qu’ils ne devaient plus se rencontrer ? Il ne comprendrait pas, il souffrirait indéniablement, et c’était exactement ce que Zahnna faisait subir à Hàkan : il se sentait abandonné. Et il n’y a rien de pire qu’un abandon. Il était comme un chien qu’on avait abandonné au bord de la route, et qui revenait gratter à la porte de la maison qui restait froidement close.  « Il n’y a rien que tu puisses faire pour changer les choses, les décisions ont été prises. Tu dois t’en aller. Il te suffit de croire ce qu’a dit ton beau-père et tu me rejetteras bien plus facilement que tu peux le penser. » Le jeune homme la fixa un court instant, avant de secouer la tête. « C’est des conneries Zahnna ! Tu ne peux pas me demander de croire ce que nous dit Mikhail ! Pas à moi. Tu ne me feras pas partir cette fois-ci, pas avant d’avoir eu la véritable explication. » La chamane relève sur lui un regard humide de larmes. Il ne veut pas croire en ses paroles, il ne veut pas croire que c’est pour le mieux. Elle finit par souffler, telle une dernière supplique : « S’il te plait… »

Hàkan perd peu à peu patience. Il s’approche du bureau qui les sépare, et pose les deux mains à plat sur le bois vernis. Il la fixe, affirme son envie de rester et d’en savoir plus. Elle ne le fera pas partir, non, pas cette fois, il resterait jusqu’à avoir une réponse logique à ses questions. « Je devrais croire que tu as été bannie parce que tu nous as apporté le mauvais œil ? Que tous les malheurs qui nous arrivent sont de ta faute ? Il faudrait que je croie que ma mère est morte parce que tu lui as portée malheur ? Il faudrait que je croie qu’Esfir est morte par ta faute, alors que je l’ai vue mourir sous mes yeux ? Il faudrait que je croie que ces monstres de moldus nous détestent par ta faute ? C’est ça ? C’est ce à quoi je dois croire maintenant ? » Imperceptiblement, les larmes lui étaient montées aux yeux. Il revivait encore de façon trop vive la mort d’Esfir, il portait encore le poids lourd de la perte d’un être cher. Mâchoires serrées, il plongea son regard dans celui de Zahnna, qui ne disait mot. Elle avait toujours été présente pour lui, dans les bons comme dans les pires moments. Alors pourquoi aujourd’hui tout devait changer ? Pourquoi à présent il n’était plus bon pour lui d’être avec elle ? Hàkan avait beau être un indépendant, il avait malgré tous des personnes chères à son cœur, et dont il ne supporterait pas d’être séparé, et Zahnna en faisait partie, depuis toujours. Lentement, il approcha l’une de ses mains pour attraper celle de Zhanna qui pendait mollement le long de son corps. Mais elle recula d’un pas, provoquant une sensation douloureuse dans le cœur du jeune homme. Ca le rendait malade de la voir agir de cette façon avec lui, de la voir si froide alors qu’elle s’était montrée tant de fois chaleureuse à son égard. Elle le punissait pour une chose dont il n’était pas responsable. Blessé, meurtri, il reprit plus durement : « Tu sais comment je me suis senti quand le lendemain de la mort d’Esfir j’ai découvert que tu n’étais plus là ? Il fit une pause, ancrant son regard dans le sien. Est-ce que tu sais à quel point le village était sens dessus dessous ? Est-ce que tu sais comment s’est comporté ton colérique de frère sur son unique fille ? Est-ce que tu sais comment je me suis senti quand j’ai poussé cet assassin de moldu au fond de l’eau glacé pour qu’il subisse le même sort funeste qu’Esfir ? Est-ce que tu sais tout ça Zahnna ? » Il laissait la colère et le chagrin parler pour lui : toutes ces choses qu’il avait refoulées ces dernières semaines, tout ce qu’il avait gardé en lui pour soutenir Darya comme il pouvait, pour rester fort malgré toute la douleur qui l’accablait. Hàkan n’avait pas pour habitude d’étaler ses sentiments, il gardait toujours tout pour lui. Mais maintenant il avait besoin que ça sorte. Les mains tremblantes, il rajouta avec moins de force : « Tu ne sais rien parce que tu n’étais pas là. Tu n’étais pas là alors qu’on avait besoin de toi, alors que j’avais besoin de toi. »




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Ҩ Re: The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Jeu 2 Mar - 21:25

Elle revoit ce jour comme s'il s'était déroulé la veille.

En filigrane, les images lui reviennent, en rêve comme en cauchemar. Des images de terreur, le désordre, les cris, la petite fille coulant dans l'eau comme une pierre, elle et son manteau, ses provisions. Elle qui était promise à un avenir radieux, s'était vue détruite par une route croisée, un barrage qui l'avait empêchée de poursuivre son chemin. Zahnna s'est toujours raccrochée à la certitude qu'elle pourrait changer le cours du temps si on lui en laissait l'occasion. Mais le ferait-elle véritablement ? En est-elle seulement capable ? Pour Esfir, elle aurait soulevé des montagnes. Pour Zakhar aussi, et pour Hàkan, quoi qu'il en pense. Pour Darya aussi, bien que maintenant, ce ne soit plus véritablement le cas. Elle serre son verre dans sa main, fébrile, angoissée. Il la juge comme elle a toujours été jugée, avec sévérité, avec rancoeur. Zahnna est une femme d'erreur. Plongée dans un gris où elle surnage, flottant dans l'incertitude, le doute, la peur. Le vent souffle contre les carreaux des fenêtres. Son hurlement la fait frissonner d'angoisse. Elle inspire, longuement. Elle s'est éloignée parce qu'elle n'a pas eu le choix. Il aurait tellement voulu qu'il comprenne. Mais Hàkan n'a jamais eu toutes les clés en main pour se faire. Il a toujours ignoré les raisons qui ont poussé au bannissement de sa tante par alliance. Un gamin qu'elle a élevé comme un fils. Avec amour, patience, doigté. Elle qui a toujours respecté ses choix d'enfants et a compris, toute sa vie, pourquoi il refusait obstinément de pratiquer ce qui dans leur famille, était un rituel ancestral et primordial. Le chamanisme a toujours été un fléau dans la vie de la sorcière aux cheveux noirs. Et maintenant il la poursuit, là, au coeur de Durmstrang. Il a la forme d'un garçon aux cheveux sombres et au regard vif, à la gentillesse presque enfantine. Ce garçon qu'elle aurait voulu accompagner jusqu'à sa mort. Lui, et celle qu'il a choisi.

« C’est des conneries Zahnna ! Tu ne peux pas me demander de croire ce que nous dit Mikhail ! Pas à moi. Tu ne me feras pas partir cette fois-ci, pas avant d’avoir eu la véritable explication. » Elle relève le nez. Elle le supplie. Elle le regarde et elle essaye de toutes ses forces, mais il n'en a rien à faire, de toute évidence. Elle a tout fait pour imposer une distance de sécurité, mais en quelques pas, c'est terminé et le barrage rompt. Zahnna a du mal à le voir à travers les larmes, mais il avance ; posant les mains à plat sur le bureau de chêne, il l'accable. Et l'idée lui est insupportable. Elle qui a tout subi pour sauver sa famille ne mérite même pas cette reconnaissance qu'elle a, pourtant, cherché durant toute sa vie. Si même lui refuse de la comprendre, que lui reste-t-il qu'une terrible peau de chagrin qu'elle finira par ne plus jamais vouloir mettre ?

Il la fixe, droit dans les yeux mais elle a déjà détourné le regard. Zahnna n'a jamais été une femme faite pour le courage. Elle se contente simplement de subir, le regard dans le vague, recroquevillée contre elle-même, se battant avec ses larmes. Si seulement elle avait pu faire quelque chose. N'importe quoi. Elle a essayé, et l'impuissance qu'elle a ressenti lui donne immédiatement des envies de sanglots terrifiants. Elle les réprime, d'un reniflement ; elle sent le poids de son regard sur elle, et c'est suffisamment douloureux comme cela. En silence, elle baisse le nez. Elle se rend. Comme un chien qu'on aurait trop battu, incapable de lutter.

« Je devrais croire que tu as été bannie parce que tu nous as apporté le mauvais œil ? Que tous les malheurs qui nous arrivent sont de ta faute ? Il faudrait que je croie que ma mère est morte parce que tu lui as portée malheur ? Il faudrait que je croie qu’Esfir est morte par ta faute, alors que je l’ai vue mourir sous mes yeux ? Il faudrait que je croie que ces monstres de moldus nous détestent par ta faute ? C’est ça ? C’est ce à quoi je dois croire maintenant ? » Non, par chance elle n'a rien à voir avec leur guerre contre les moldus. Elle en a aimé une de toutes ses forces. En revanche, pour Esfir... elle se tourne, frappée par l'injustice. Oui, elle est responsable. Elle n'a jamais réussi à convaincre Mikhail de l'empêcher de sortir seule ou de s'approcher de la rivière. Son frère connaissait son don. Il aurait dû l'écouter, mais c'est la peur qui l'a emporté sur la raison lorsqu'il l'a chassée. Puis Esfir est morte. Et Tamara a été entraînée dans cette chute terrifiante. Zahnna n'est plus qu'une ombre. Un souffle d'air, une brise morte. Un murmure de l'hiver qu'on entendrait à peine. Et Hàkan pleure encore sur les décombres de ses terribles erreurs.

Et puis, un contact. La paume chaude touche celle, glacée, de la chamane qui lui jette un regard surpris. Elle n'a pas eu ce genre de contact depuis longtemps. En silence, elle le laisse poursuivre. Mais ses petits doigts se referment, imperceptiblement. Elle l'aime toujours. Comme elle aurait toujours aimé un fils de son sang. « Tu sais comment je me suis senti quand le lendemain de la mort d’Esfir j’ai découvert que tu n’étais plus là ? Est-ce que tu sais à quel point le village était sens dessus dessous ? Est-ce que tu sais comment s’est comporté ton colérique de frère sur son unique fille ? Est-ce que tu sais comment je me suis senti quand j’ai poussé cet assassin de moldu au fond de l’eau glacé pour qu’il subisse le même sort funeste qu’Esfir ? Est-ce que tu sais tout ça Zahnna ? » Elle en sait bien plus que ce qu'il imagine, et il n'a pas le droit. Elle n'était pas là lorsque l'enfant est morte, mais elle l'a vu, tout de même. Elle a ressenti chaque pas de la fillette. Sa terreur à l'idée d'être prise. Elle sait. Il peut dire ce qu'il veut, mais elle sait. Les conséquences, elle les connait aussi. Mais lui, que sait-il ? Sa main tremble. Elle tente de la repousser, mais il la serre, plus fort. « Tu ne sais rien parce que tu n’étais pas là. Tu n’étais pas là alors qu’on avait besoin de toi, alors que j’avais besoin de toi. »

Cette fois, elle repousse la main, violemmet, emportée par la colère. "Tu n'as pas le droit." non, il n'a pas le droit. Elle lui fait face à présent, les yeux noircis par la rancoeur ; cette fois c'est un regard surpris qu'elle croise quand elle fait le tour du bureau pour lui faire face et qu'elle le toise, de toute sa hauteur. Les poings serrés, les épaules hautes, elle ressemble à ces mères bafouées faisant la leçon à un enfant. Et c'est exactement ce qu'elle fait. "Et toi Hàkan, qu'est ce que tu sais ? Comment oses-tu juger mon comportement sur de simples suppositions ? Tu crois qu'il n'y a pas une raison qui m'a poussée à partir sans rien te dire ?" sa main se pose sur la joue du jeune homme, elle relève son menton pour le fixer, défiante. Elle a peur. Parce qu'elle va lui dire ce que personne n'a jamais entendu. "Je vois la mort, mon enfant." il a l'air de ne pas comprendre. Mais poser la main sur quelqu'un l'effraie rien qu'à cette pensée. Elle retire ses doigts posés sur son visage. Pas lui.

"Esfir a été poursuivie par un moldu. Elle portait un sac de provisions, puis elle a couru jusqu'à atteindre un point là où l'eau était gelée. Elle pleurait, parce qu'il lui jetait des objets pour lester la glace, jusqu'à ce qu'elle se brise. Elle est tombée comme une pierre. Elle est morte en quelques minutes, c'est le froid qui l'a tuée." il recule, cette fois. Mais elle avance. "Comment aurais-je pu savoir cela ? J'ai été bannie avant qu'Esfir ne disparaisse. Mais une semaine avant j'ai rêvé de l'accident. Je suis allé voir mon frère. Et il m'a bannie. Il pensait que si je partais sa fille ne risquait rien. Il n'a pas écouté mes conseils et ce que j'ai vu est arrivé."

Jamais elle ne l'a dit. Jamais. Ses yeux remplis de larme de rage et d'impuissance se détournent. Le verre éclate dans sa main. "Ton beau père a tué Tamara." c'est un simple constat. Et ce constat la rend folle. "Il s'est vengé, il a cru que j'étais responsable. Et c'est sans doute le cas, quelque part, je n'en sais rien. Mais il voulait ma peau. Je n'ai pas eu le choix." comment va-t-il seulement réagir ? "Je n'ai rien pu faire d'autre que cela, et tu dois me croire." elle passe une main devant son visage, perdue, mortifiée. Malheureuse. C'est un cauchemar, mais elle est déjà réveillée.

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VISIONS OF DEATH

   
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Statut du sang : Sang-pur. Messages : 129Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Perdu à Domovoï's Rock.
Ҩ Re: The memories ease the pain inside. - Hàkan/Zahnna Ҩ Mar 21 Mar - 15:09


Sans qu’il ne s’y attende, elle repousse sa main, violemment. Hàkan relève la tête, la fixe. C’est la colère qu’il lit sur les traits de Zahnna à présent. "Tu n'as pas le droit." Il croise son regard froid, plus sombre. Il ne comprend pas ce changement d’attitude. Il disait vrai pourtant, elle n’avait pas été là, elle avait fui sans un regard en arrière. Zahnna fait le tour du bureau, et finit par se placer face à lui. Il a l’impression que cela fait des mois qu’il ne s’est pas retrouvé aussi près d’elle. Hàkan ne réalise que maintenant qu’elle a bâti des barrières entre eux, pour le tenir éloigné d’elle le plus longtemps possible, pour éviter une discussion qui pourtant semblait si fatidique aujourd’hui. La femme face à lui le dévisage de toute sa hauteur, semble se retenir de ne pas lui crier dessus comme s’il venait de dire l’une des plus grosses bêtises du monde. C’est la première fois qu’il voit Zahnna se comporter ainsi avec lui, elle qui se montrait toujours si douce et compréhensive. "Et toi Hàkan, qu'est ce que tu sais ? Comment oses-tu juger mon comportement sur de simples suppositions ? Tu crois qu'il n'y a pas une raison qui m'a poussée à partir sans rien te dire ?" Il ne demande que ça, depuis des mois. Il n’a réellement aucune idée du pourquoi elle est partie du jour au lendemain. Personne ne répond à ses questions, on lui ment sans cesse.
Zahnna pose soudainement sa main sur sa joue. Le contact le fait frémir. Il a peur des mots qui vont sortir de sa bouche. Hàkan la regarde, silencieux, figé comme un bout de bois, attendant qu’elle lui donne enfin la pièce manquante du puzzle. "Je vois la mort, mon enfant." Il fronce les sourcils, perplexe. Qu’est-ce que cela signifie ? Et depuis quand ? Il n’a jamais su que Zahnna avait un quelconque don, il pensait tout savoir d’elle. Lentement, elle retire sa main de son visage. "Esfir a été poursuivie par un moldu. Elle portait un sac de provisions, puis elle a couru jusqu'à atteindre un point là où l'eau était gelée. Elle pleurait, parce qu'il lui jetait des objets pour lester la glace, jusqu'à ce qu'elle se brise. Elle est tombée comme une pierre. Elle est morte en quelques minutes, c'est le froid qui l'a tuée." Comment ? Désorienté, il recule. Il revoit la scène, encore et encore, elle n’a pas oublié un détail. Son cœur se serre douloureusement. Il revoit le visage d’Esfir le hanter, comme si l’accident s’était produit hier. Zahnna s’avance de nouveau vers lui et continue : " Comment aurais-je pu savoir cela ? J'ai été bannie avant qu'Esfir ne disparaisse. Mais une semaine avant j'ai rêvé de l'accident. Je suis allé voir mon frère. Et il m'a bannie. Il pensait que si je partais sa fille ne risquait rien. Il n'a pas écouté mes conseils et ce que j'ai vu est arrivé." Ca fait trop d’un coup. Mikhail savait. Il savait et il n’a rien fait. Elle l’avait prédit. C’est insensé. Hàkan s’enfonce dans ses réflexions lugubres, le regard dans le vide, il assimile peu à peu les propos de Zahnna. Propos qui sont si durs à accepter, si durs à croire. Ils auraient pu sauver Esfir. Sa bouche s’ouvre vainement pour dire quelque chose, mais aucun son n’en sort. Il porte son regard sur Zahnna qui baisse la tête. Tout à coup, le verre qu’elle tenait à la main se brise dans un bruit sourd. "Ton beau père a tué Tamara. Il s'est vengé, il a cru que j'étais responsable. Et c'est sans doute le cas, quelque part, je n'en sais rien. Mais il voulait ma peau. Je n'ai pas eu le choix. Je n'ai rien pu faire d'autre que cela, et tu dois me croire."

Hàkan recule un peu plus, colle son dos contre une étagère pleine de livres. Passant ses mains sur son visage, il fixe un point imaginaire au fond de la pièce. La mort d’Esfir aurait pu être évitée, c’est tout ce qu’il retient, c’est ce qui s’insinue dans ses pensées, et qu’il retourne encore et encore. Il ne peut pas croire que Mikhail n’ait pas tenu compte des propos de Zahnna, qu’il a préféré ignorer une vérité douloureuse, et qu’il s’est vengé d’un évènement tragique qu’il aurait pu éviter. « Il savait … il savait et il n’a rien fait pour empêcher tout ça. » La colère bouillonne au fond de lui, il déteste tellement Mikhail à cet instant précis. « Même pas capable de mettre son orgueil de côté pour sauver sa propre fille. On aurait pu sauver Esfir. Elle … elle est morte pour rien. » Il serre les poings. Sa vision devient floue à cause des larmes qui naissent à l’orée de ses paupières. Il revoit Esfir et son sourire enfantin, il la revoit courir dans la neige, rire aux éclats, il revoit Darya s’occuper d’elle. Darya. Elle ne peut pas savoir tout ça. Ca l’anéantirait. Elle sombre déjà dans le chagrin et la colère, elle devient froide, elle le repousse alors qu’il ne veut que l’aider. Et ça le rend dingue, d’être aussi impuissant face à elle, de la voir se refermer sur elle-même sans qu’il ne puisse rien y faire. Il pose son regard sur Zahnna, et souffle : « Darya ne doit rien savoir. Jamais. » Il la fixe un instant. Il n’oublie pas qu’elle a aussi perdu Tamara. Hàkan savait à quel point elle tenait à la jeune femme, malgré les dires des gens, malgré tout ce qui pouvait les séparer. Tout est la faute de Mikhail, tout, et ça, il ne l’oubliera jamais.
Il finit par revenir vers la chamane, et sans lui demander son avis, la prend dans ses bras, et la serre contre lui. Il la serre si fort, comme si ça pouvait l’aider à accepter tout ce qu’il vient d’apprendre, comme si ça pouvait apaiser son chagrin. Hàkan finit par souffler : « Je suis désolé pour Tamara. » A cet instant, il se rend compte à quel point Zahnna lui a manqué. Son monde n’est composé que de quelques personnes, mais sans elle, il s’effrite. Doucement, il recule.  A présent qu’il a toutes les pièces du puzzle, la colère qu’il ressentait pour Zahnna s’estompe. Il comprend, tout du moins il essaie. « Pourquoi m’avoir repoussé aussi longtemps ? Qu’est-ce que tu craignais ? » Il laisse la question  en suspens. Pourquoi lui avouer tout ceci aujourd’hui, pourquoi ne pas l’avoir fait avant ? Hàkan la regarde un court instant, la questionnant du regard. Il finit par attraper ses mains entre les siennes, et lance : « Je te crois Zahnna. Je te croirai toujours, quoi qu’il arrive. Mais ne me repousse plus, s’il-te-plaît. Je ne tiens pas à te perdre toi aussi. »
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