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 Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT)

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Bury all your secrets in my skin ✝
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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : purMessages : 315Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Dim 17 Avr - 2:43


you can't wake up, this is not a dream
Are you deranged like me? Are you strange like me? Lighting matches just to swallow up the flame like me? Do you call yourself a fucking hurricane like me? Pointing fingers cause you'll never take the blame like me? I think there's a flaw in my code, These voices won't leave me alone, Well my heart is gold, and my hands are cold.



Elle dessine son visage les paupières closes, à s'en faire exploser le nerf optique. Elle mémorise chacun de ses traits, de sa chevelure d'ange à la veine lui barrant les tempes. Le souvenir de son regard à la fois vif et tremblant, sans cesse dirigé vers la même personne, la frappe à nouveau. Elle connaît ce regard. C'est celui d'une gamine naïve et impressionnée. Elle ne lui en tient pas rigueur, elle se souvient de ce qu'elle a elle-même ressenti la première fois qu'elle l'a vu. Malgré sa maladresse d'adolescent, elle a vu en lui le diamant brut avant tout le monde, avant qu'on ne le polisse, avant qu'il ne soit trop lisse. Elle a décelé son immense potentiel, et comme cette pauvre fille, elle s'est noyée dans l'aura irradiante d'Adonis. Elle se souvient de sa démarche dégoulinant d'assurance, de son regard fixe, insensible, comme si il se contentait d'analyser le monde qui l'entourait sans poser de jugement ; elle se souvient de son sourire vampirisant, de son souffle enfoui dans le creux de sa nuque, de ses mains chaudes enroulées autour de sa taille fine. Dès qu'il ouvrait la bouche, la Serpentard buvait ses paroles comme de l'hydromel. Déjà à l'époque, il transpirait l'ambition. Il avait des projets taillés dans le marbre dont il parlait avec sérénité. Rien ne semblait trop haut pour lui, le monde était entièrement à sa portée. Pourtant il avait ce côté réservé, différent, presque marginal, qui lui conférait une notoriété mitigée. Le jeune homme peinait à sortir de sa propre ombre, terrifié par l'étendue d'un don inexploré dont il n'était pas encore certain de pouvoir faire quelque chose. C'est le genre de garçon qui ne se dévoile qu'après un certain âge, trop intelligent pour ses pairs et trop jeune pour intéresser ceux dont il égale déjà la logique. Adonis était rempli d'ambivalences, tout en contraste. Ce paradoxe a charmé Amatis, et parfois, quand elle oublie ce que ce jeune sorcier incompris est devenu, il la charme encore. Qu'est-ce qu'il a pu la fasciner, avec sa belle gueule et ses gestes un peu gauches, un peu hésitants. Elle se demandait même si ce n'était pas une remarquable comédie pour attirer son attention, comme si il faisait exprès d'en montrer moins pour en suggérer plus. Une invitation à creuser, à l'ouvrir en deux pour aller voir ce qui se tramait à l'intérieur. Elle n'a pas vu les signes, trop aveuglée par l'incroyable prestance de l'époustouflant Greengrass. Alors elle connait ce regard. C'est celui d'une pauvre fille qu'il s'apprête à détruire et qui est trop stupide pour se barrer. Casse-toi putain, avant qu'il ne te brise à coups de reins.

Amatis a appris de ses erreurs, bien que trop têtue pour cesser d'en commettre. Elle sait la créature crapuleuse qui se cache au fond de ses tripes. Elle connait aussi bien Adonis que Mordred, les deux rejetons du diable. La jeune femme n'est plus dupe depuis des années, elle sait que peu importe son prénom, peu importe son visage, c'est toujours le même monstre qui l'anime. Tout ce qu'il accepte de montrer, de feindre, de prononcer, de faire ; ces débris de vie qu'il agite partout où il passe, ce n'est qu'un masque. Il ment. Sans arrêt. Sans retenue. Il recrache des illusions fabriquées de toutes pièces dans l'usine mécanique qui lui sert de coeur, et personne ne se doute une seule seconde que cet homme respectable est en réalité la pire des vermines. Personne sauf Amatis. Elle, la vermine, elle la pulvérise. Elle l'éradique.
Néanmoins, la médicomage sent qu'il y a quelque chose qui lui échappe encore. Lorsqu'il lui a payé une visite de courtoisie, elle a remarqué un changement. Sans trop comprendre de quoi il s'agissait, elle tâtonnait dans le noir jusqu'à ce qu'il se ramène au hangar avec une greluche pendue à son bras et à ses lèvres. Asphalt. Adossée contre le mur, Amatis observe, décortique, éventre. Ce n'est pas tellement la façon dont cette fille le considère qui lui a mis la puce à l'oreille. Rien d'extravagant à cela, Adonis a toujours été séduisant et cette admiration qu'elle semble lui vouer est, si pas légitime, du moins compréhensible. Non, c'est autre chose. C'est cette façon de ne pas la calculer, comme si elle n'existait que lorsqu'il le décidait. Il met trop de volonté dans cette parade d'ignorance. Quand Adonis regarde Asphalt, il s'efforce de ne pas la regarder. Il refuse de la voir, et c'est à peine si il s'intéresse à toute la reconnaissance qui pourrit dans ses yeux clairs. Pourtant il la crée, il la façonne, il entasse ses exigences au fond de son crâne et ça lui plaît. Amatis sait qu'il jubile intérieurement de détenir une vie entre ses mains, aussi fragile et influençable. Une seconde suffit pour qu'il la brise. Dans son regard, on peut déjà deviner les fragments d'os éparpillés à ses pieds. Bon sang, qu'est-ce qu'il adore ça. Il s'est trouvé une coquille vide dans laquelle il insuffle une perle. Et il est satisfait de sa marionnette, il ne s'en rend peut-être pas encore compte, mais c'est sa plus intime création. Une oeuvre imprégnée de son essence. Ça sent la faiblesse maquillée sous des couches d'indifférence, des presque sentiments défigurés par des vagues d'acide.

La Lestrange l'a compris, Asphalt a plus de valeur que ce qu'il ne laisse entendre. Sinon pourquoi l'enfermer à l'abri des regards? Pourquoi la visser à côté de lui dès qu'il la trimballe quelque part? Qu'est-ce qu'elle a de si particulier, pourquoi elle? Déterminée à nuire à cet enfoiré, la jeune femme attend le bon moment pour exécuter son plan. Le costume sur mesure de son altesse ne se chiffonne pas lorsqu'il s'installe sur un canapé à quelques mètres d'elle, d'un calme meurtrier. Elle patiente quelques minutes avant de feindre l'agacement, puis elle s'éclipse non sans lui laisser croire que sa présence l'a incommodée. Mutine, la tornade dévore la distance la séparant de la tente d'Adonis. Enfin, elle s'engouffre à l'intérieur, la gueule ouverte, prête à aspirer toute forme de vie se trouvant sur son chemin. Elle scrute la demeure au décor dépouillé, sobre mais efficace. Son rythme cardiaque s'accélère, joue au diapason. Son impatience se répercute dans la pièce principale et fait vibrer les murs. Le silence gronde tandis qu'elle guette sa proie. Soudain, une voix ricoche contre les draps, se meurt dans l'oreiller. Toutes les valeurs morales d'Amatis se disloquent, elle les contemple s'écraser par terre mais ne se flagelle pas de ne pas se baisser pour les ramasser. Elle piétine son humanité mais c'est pas grave, elle se réparera plus tard. Ça fait rien, une dose de morphine et puis plus rien. Facile. Trop facile.
Trois secondes plus tard, elle s’immisce dans la chambre pour y dénicher Asphalt. Rapide comme l'éclair, elle dégaine sa baguette et la pointe vers cette dernière, menaçante. Elle s'approche, les trapèzes ondulent sous l'excitation. Babines retroussées, la Lestrange frétille. « Toi et moi, il est temps que nous ayons une petite conversation. » Les ongles de cette traînée s'enfoncent dans sa peau, elle se débat, elle tente de lui échapper. Sa baguette ne semble pas être dans les parages, la demoiselle est acculée dans un piège. Un sortilège de stupéfaction plus tard, l'affaire est dans le sac. Amatis s'empresse de camoufler son crime, bientôt, elle disparaît sans laisser de trace.

Quelques minutes plus tard, le corps de la minuscule blonde se matérialise dans une prison à peine assez large pour elle. Recroquevillée derrière les barreaux, elle reprend timidement vie avant de croiser le regard morbide d'Amatis. Elle pourrait la fracasser, la faire voler en éclats, lui inventer un trou béant dans la poitrine. L'injustice de ses rêveries macabres n'effleure même pas son esprit, elle ne pense qu'à se venger. Puis elle l'éviscère de ses iris sombres, elle la voit se tordre, s'écorcher les genoux, se fondre hors de sa cage. Ce doux cataclysme qui s'étire devant elle commence à l'intriguer. Elle semble si frêle, pourquoi ne l'a-t-il pas déjà désarticulée? Et si Asphalt respire encore, alors ça doit vouloir signifier quelque chose. Asphalt doit devenir son arme de destruction massive. L'idée s'incruste sous sa chair. Elle s'approche des barres de fer et déchiffre l'expression rayée de la jeune femme. Elle décèle des miettes d'une personnalité dont la propriétaire semble avoir oublié jusqu'à l'existence. Des moignons de vie à recoller, une victime à identifier. Une pauvre fille à réparer. « Je connais ce regard. Je sais que tu penses qu'il est attaché à toi et qu'il viendra te sauver, mais tu te trompes. Il ne viendra pas. » Elle connait ce regard et ça lui perfore le coeur.

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i'll tell you what you want to hear

I'll smile, I know what it takes to fool this town. I break down, only alone I will cry out loud. You'll never see what's hiding out deep down. I know I've heard that to let your feelings show is the only way to make friendships grow. But I'm too afraid now. I'll put my armor on, show you how strong I am.



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Dernière édition par Amatis Lestrange le Dim 26 Fév - 22:14, édité 4 fois
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Statut du sang : sang-pur, mais malheureusement incapable de faire de la magieMessages : 227Date d'inscription : 31/12/2015Localisation : à domovoï's rock, en train de comploter salement pour voler la victoire à ces gamins boutonneux
Ҩ Re: Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Mer 19 Oct - 17:18



Do you tear yourself apart to entertain like me

Are you deranged like me? Are you strange like me? Lighting matches just to swallow up the flame like me? Do you call yourself a fucking hurricane like me? Pointing fingers cause you'll never take the blame like me? I think there's a flaw in my code, These voices won't leave me alone, Well my heart is gold, and my hands are cold.




Prostrée au fond de son lit, Asphalt attend. Elle est seule, en position fœtale. Elle est incomplète, encore pour quelques heures. Bientôt, Mordred viendra la rejoindre, et le monde reprendra tout son sens. Elle recommencera à attendre de vivre, plutôt qu’à attendre de mourir. Elle tombe en périphérie du monde, quand il n’est pas là. Elle cesse d’exister, la pénombre tombe sous ses paupières, de jour ou de nuit. Poupée désarticulée, sans l’énergie d’avancer. Il est son centre de gravité, son équilibre et le feu au creux de ses reins. Les fils du pantin sont au repos quand le maître marionnettiste ne les fait pas danser. Il a quelque chose d’important à faire ce soir, lui a-t-il dit. Qu’elle reste sage sans bouger, sinon il va se fâcher. Qu’il ne la reprenne pas encore une fois à sourire à cet enfoiré d’Asgard. Elle ne doit pas se laisser influencer par lui. Une seule personne à le droit de se déverser dans son esprit, dans son cœur, dans son corps et c’est lui. Si cela venait à changer, la pauvre petite cracmolle perdrait toute sa valeur.

L’assaillante darde son regard sur le paquet de cigarettes qui se trouve dans sa petite bourse, près du lit. Elle hésite, tend la main de quelques centimètres puis se rétracte. Elle sait que Mordred déteste sentir l’odeur du tabac froid sur elle, il déteste ses petites habitudes de moldue, comme il les appelle. Elle fait de son mieux pour les effacer, les cacher, les détruire. Old habits die hard. Pour l’heure, l’envie de ne pas décevoir son amant est plus fort que l’envie d’assouvir ses propres pulsions. Après tout, n’a-t-elle pas déjà fait siennes celles du Dolohov ? Ne devrait-elle pas se satisfaire de ce qu’il lui permet ? De temps en temps, elle s’étonne encore de sa propre ingratitude. Elle mériterait qu’il la quitte. Mais Mordred est trop bon, trop généreux. Il a pitié d’elle. Les lèvres d’Asphalt commencent à trembler. Elle se sent incroyablement vide ce soir ; Valkyria lui reste terriblement sur l’estomac. Il faudra qu’elle rassemble le courage de marcher vers elle, sans tomber, sans trembler, de ne pas courber l’échine devant la couronne imaginaire qu’elle porte et qui fût la sienne, dans une autre vie. D’ordinaire, et sur tous les terrains, la Dragonstone n’aurait jamais songé élever la voix contre l’usurpatrice adorée. Et pourtant, cette fois, il s’agit de Mordred. Mordred qu’elle défendra bec et ongles pour garder. Valkyria lui a pris tout le reste, sa famille, son titre, son éducation, jusqu’à son nom. Elle ne lui prendra pas Mordred, Asphalt le jure devant tous les anciens mages.

D’un geste sec, elle tend la main vers le sac néanmoins. La seule chose qu’elle en sort est un petit briquet en argent. C'est la première chose qu’elle a acheté lorsqu’elle est arrivée chez elle en tant que moins-que-rien, pour la première fois. Avant même d’entrer dans son appartement lugubre, elle a acheté ce briquet, et un paquet de Marlboro. L’assaillante fait glisser son doigt sur la clenche, et observe la flamme qui surgit., qui danse, qui l’ensorcelle. Et pour faire bonne venir, elle rapproche sa paume, doucement, puis assurément, jusqu’à ce que le feu dévore sa chair. Elle se croit anesthésiée ce soir mais elle est surprise d’entendre un petit cri étouffé sortir de sa gorge. Puis elle se souvient ; elle n’est pas censée se faire de mal. Personne n’est censé lui faire du mal, sauf Mordred. Pourvu qu’il ne remarque pas la brûlure en rentrant. Elle la cachera en fourrageant dans ses cheveux, elle écartera gentiment les cuisses et le cœur, et laissera la magie opérer.

La cracmolle se rend compte trop tard que quelque chose ne va pas. En quelques secondes, cette furie est sur elle, la tient en joue de sa baguette. Sans aucun moyen de se défendre, elle la fixe. La seule chose qu’elle peut penser, c’est à quel point Mordred va râler lorsqu’il va constater que quelque chose ne s’est pas passé comme prévu. Asphalt garde la bouche fermée. Si c’est Mordred qu’elle veut, la tornade brune va devoir souffler un peu plus fort. « Toi et moi, il est temps que nous ayons une petite conversation. » La jeune femme contient son hoquet de surprise en constatant que c’est bien pour elle qu’elle est venue, cette femme. Dans la pénombre, les traits lui sont familiers mais elle n’arrive pas à mettre un nom sur le visage qui lui fait face. Elle plante ses ongles, bat des pieds, mais c’est peine perdue.  L’assaillante fond sur elle comme un oiseau sur sa proie. Asphalt ferme les yeux et subit. Comme toujours.





Lorsqu’elle revient à elle quelques minutes plus tard, Asphalt ne sent que sa brûlure qui l’élance. L’adrénaline du danger qui l’entoure ne l’a pas encore prise, et le regard perçant de son agresseur. Avec la lumière tamisée, la cracmolle parvient à retrouver le nom de la jeune femme. Lestrange. Elle pince les lèvres, a presque un geste de recul. Elle a tellement entendu parler du frère ; Mordred lui a soigneusement ordonné de rester loin de cette famille tordue. Elle ne brisera pas le silence, son amant lui a appris à garder ses barrières mieux que ça, elle ne lui donnera pas la satisfaction. Tout ce qu’il faut, c’est gagner du temps jusqu’à ce qu’il arrive, et la libère de ces barreaux. Et enfin, enfin, elle pourra dormir. « Je connais ce regard. Je sais que tu penses qu'il est attaché à toi et qu'il viendra te sauver, mais tu te trompes. Il ne viendra pas. » La voix d’Amatis brise la glace installée entre les deux jeunes femmes. Asphalt aurait presque eu envie de la gifler, pour son ton condescendant, vaguement désolé, mais ferme, comme si elle connaissait tous les secrets du monde, comme si elle connaissait ceux de Mordred.  Si elle veut ébranler la foi de la victime en son bourreau, elle devra s’y reprendre à deux fois, la petite garce. « Tu as l’air sûre de toi. » répond Asphalt dans un murmure, à peine plus qu’un souffle. Elle se force à sourire, montre à l’impétueuse que malgré son ton assuré, elle n’y croit pas une seconde.

Il n’y en a qu’une d’elles deux dans cette cellule qui est capable d’anticiper les gestes de Mordred, et c’est elle, pas Amatis. Elle le sait. Son empreinte est trop profonde. Elle le sent presque, son odeur parcourt ses narines. Elle ferme les yeux, il ne sera pas long. « J’envie cette prétention que tu as, on dirait presque que tu le connais vraiment. Heureusement, je sais que ce n’est pas le cas. » La cracmolle se drape dans sa foi et dans son espoir comme un cocon protecteur. L’idée d’avoir tort ne lui traverse même pas l’esprit. Qu’est-ce qu’elle en sait, la Lestrange ? Qu’est-ce qu’elle sait de ce que Mordred représente pour elle ? Il ne la laisserait pas aux mains d’une telle sauvage. Il a trop besoin d’elle. Qui d’autre le laisserait déverser toute sa noirceur et tout son fiel dans sa gorge ? Asphalt est un réceptacle. Elle est le meilleur des réceptacles. « Quoi que tu me fasses, Mordred te le fera payer. Il n’aime pas qu’on touche à… » L’assaillante se tait avant de finir sa phrase. Le choix des mots. Le choix des mots est important. Elle est consciente que dans le regard des gens lambdas, le reste du monde à part Mordred et elle, le mot affaires se rapporte surtout aux objets, peut être dégradant quand associé à un humain. Elle est l’affaire de Mordred, certes, mais pas comme les autres l’entendent. Ils ne comprennent pas, ils ne comprennent rien. Elle est une coquille vide qu’il remplit à son image. Sa meilleure œuvre, son plus beau tableau. Une autre partie de lui-même. « Il n’aime pas qu’on me touche. » continue-t-elle, en soutenant le regard d’Amatis. Elle n’espère pas lui faire comprendre, mais les apparences sont tout ce qu’elle a pour le moment, le seul outil qu’elle a à disposition en attendant que son amant arrive pour faire la peau à l’assaillante et la ramener à la maison. Dans quelques minutes, tout ça ne serait qu’un distant souvenir. Il fallait qu’elle tienne le coup, pour lui. De toute façon, que risquait-elle ? Elle était déjà en morceaux, qu’importe les parties qu’Amatis allait tailler pour la faire rentrer dans sa petite case.








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i'm nuts, baby i'm mad, the craziest friend that you've ever mad, you think i'm psycho you think i'm gone, tell the psychiatrist something is wrong. over the bend, entirely bonkers, you like me best when i'm off my rocker.
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Dernière édition par V. Asphalt Dragonstone le Mer 8 Fév - 16:27, édité 2 fois
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Statut du sang : purMessages : 315Date d'inscription : 29/12/2015Localisation : Domovoï's Rock
Ҩ Re: Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Mer 18 Jan - 20:05


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Les yeux d'Asphalt lui transpercent la peau comme des aiguilles. Elle analyse, cherche à comprendre pourquoi elle est enfermée dans cette cage. Ce n’est pas dans le regard inexpressif de la Lestrange qu’elle trouvera des réponses, celle-ci a bien appris ses leçons. Elle se revoit assise dans le salon du manoir familial, son frère debout en face d’elle. Il lui crache des insultes qui lui pleuvent sur le coeur, elle a du mal à retenir ses larmes lorsqu’elle baisse la tête sur son ventre rond. Peu avant ça, elle pensait dur comme fer que rien ne pouvait l’atteindre, c’est ce qui arrive quand on passe toute son adolescence à se croire au-dessus des autres. Elle valait quand même mieux que ça, elle. Elle s’imaginait que son patronyme était son armure infaillible contre les dangers du monde. Le commun des mortels, ça lui paraissait si loin, depuis son trône en papier mâché. Elle se croyait immunisée contre les drames briseurs de vie, jusqu’à ce qu’Adonis détruise ses illusions de la plus atroces des manières. Il l’a faite dégringoler tout en bas de l’échelle, ce soir-là. Ce qui ne pouvait pas lui arriver à elle lui était arrivé quand même, belle preuve de sa naïveté.
Elle se souvient de ce sentiment d’injustice, de dégoût, de répulsion qui ne l’a pas quittée une seule seconde en ces neuf mois.  Et quand elle repense aux larmes qu’elle essayait si fort de retenir alors qu’Alazar la rabaissait un peu plus chaque jour, douloureux rappel que son univers s’était fracassé en mille morceaux, elle sait désormais qu’elle était loin d’être intouchable à l’époque. Elle sait aussi que ça a bien changé, pas complètement mais de façon significative. Elle a compris qu’on peut l’atteindre mais qu’elle se relèvera. Elle a transformé toute cette rage des illusions brisées en l’armure que son nom n’aurait jamais pu être. Alors Asphalt peut creuser autant qu’elle veut sous la surface, la Lestrange ne lui ouvrira pas les portes de son âme. Dans son regard noisette, depuis des années, c’est tous les jours la nuit.

La seule chose qui menace encore de perturber son équilibre, c’est Adonis. Plus pour longtemps, elle se rassure comme elle peut. Elle va le faire tomber d’encore plus haut qu’il ne l’avait fait tomber. « Tu as l’air sûre de toi. » Si tu savais. Ça fait des années qu’elle y pense, à sa putain de vengeance. Elle entrevoit enfin une occasion de lui prendre un peu de ce qu’il lui a pris. Hors de question qu’elle la laisse lui filer entre les doigts.
Elle n’a pas encore idée de toute la patience que sa tâche va lui demander quand Asphalt déclare « J’envie cette prétention que tu as, on dirait presque que tu le connais vraiment. Heureusement, je sais que ce n’est pas le cas. » Ça paraît tellement sincère qu’Amatis laisse échapper un rictus. Evidemment, il ne lui a pas parlé d’elle. Il n’aurait pas sali son image de Prince Charmant, ça aurait été beaucoup trop cruel de piétiner les rêves de sa jolie petite poupée. Elle se demande de quel donjon il lui a promis de la libérer,  pour qu’elle s’accroche à lui comme si lui seul pouvait lui tendre la corde qui lui permettrait de s’échapper. « Quoi que tu me fasses, Mordred te le fera payer. Il n’aime pas qu’on touche à… » Elle doit être bien déglinguée pour remettre son sort entre les mains de ce monstre. Pourtant quelque chose s’est fissuré dans sa voix quand elle n’a pu terminer sa phrase, c’est presque imperceptible quand elle reprend « Il n’aime pas qu’on me touche. » C’est presque rien mais c’est là quand même, et c’est à Amatis de transformer ce bref silence en doute, ce doute en conviction. « Tu as l’air sûre de toi, elle dit sur un ton qui laisse clairement sous-entendre le contraire. » Elle lui rend son sourire forcé d’un air faussement poli.

Ça la rend presque désolée pour cette pauvre fille, d’avoir à lui arracher ça. Après tout elle n’a rien demandé, c’est pas sa faute si elle s’est entichée du mauvais gars. Y en des tas, des comme elle, qui se laissent berner par la couverture impeccable du parfait petit Greengrass. Pourtant elle l’appelle Mordred et ça c’est quand même étrange, ça a du mal à rentrer dans le puzzle. Amatis commence à penser qu’elle doit être au moins un peu cabossée, pour savoir qui se trouve en face d’elle et rester avec lui quand même. Tout ce que Greengrass camoufle avec élégance, c’est Dolohov qui l’exprime dans la violence. Si le premier brille de mille feux, le second est noir comme le charbon. Autant pour Adonis elle peut comprendre, elle s’est fait avoir elle aussi. Mais bon sang, qu’est-ce qu’elle lui lui trouve, à Mordred? Ça l’intrigue de plus en plus, seulement sa prisonnière est insondable.

Elles se toisent en chiens de faïence. C’est la Lestrange qui brise le silence. « Tu sais, t’es pas irremplaçable. Y en a des tas d’autres qui seraient ravies d’écarter les cuisses pour le satisfaire. » Elle sort ça comme ça, l’air de rien, comme si elle annonçait la météo. Les jolies choses, ça court les rues, qu’elle ne s’y méprenne pas. Même si il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer la beauté évidente d’Asphalt, elle a tout là où il faut pour le faire bander sec. « Bien sûr tu te rassures en te disant que ce que vous avez est particulier, précieux. Que c’est plus que quelques va-et-viens. » Lentement, elle distille son poison. Elle se rappelle combien il est doué pour se rendre indispensable, comment il s’infiltre sous la peau et qu’il se diffuse partout. Elle ne sait pas encore à quel point Asphalt l’a dans les os, ni pourquoi elle reste avec lui. En revanche elle peut insinuer qu'il n'est avec elle que pour lui en mettre plein la bouche. « Et si ça t’aide à dormir la nuit, je suis ravie pour toi. »
Elle plonge en elle-même, va chercher ce qu’il lui faut pour continuer. La rage se met à gronder en elle, qui se laisse doucement submerger.  « Mais c’est pas ton romantisme naïf qui va t’aider à sortir d’ici, alors j’espère vraiment qu’il tient autant à toi que tu sembles le croire. » Personnellement, elle se pose encore la question. Elle sent qu’il y a quelque chose qui cloche, mais elle ne parvient pas encore à mettre le doigt dessus. « A ta place je ne compterais pas trop là-dessus. T’as du charme, il doit adorer te basculer ; mais comme je le disais, tu es interchangeable. » Le visage de Visenya fait irruption dans son esprit, elle se dit que la pauvre Dragonstone doit déjà être au courant. Les mots lui font mal, Amatis le sait. « Qu’est-ce qui te laisse croire que tu es plus spéciale qu’une autre? elle la provoque, pour la faire innocemment sortir de ses gonds, l'ouvrir en deux. »



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Dernière édition par Amatis Lestrange le Dim 26 Fév - 22:15, édité 1 fois
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Ҩ Re: Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Mer 8 Fév - 16:31





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La réponse d’Amatis ne se fait pas attendre. « Tu as l’air sûre de toi ». Un rictus se dessine sur les lèvres d’Asphalt ; elles sont deux à pouvoir jouer sur les nuances, les douloureuses piques, elle n’a pas besoin que la Lestrange le lui rappelle. Elle se souvient très bien de ce que lui as dit Mordred ; avant d’être physique, le combat est psychologique. Avec son manque cruel de magie, ce’ n’est pas avec la force qu’elle mettra ses adversaires au tapis, c’est avec les mots. C’est pour ça qu’elle la laisse parler, l’Assaillante, ça a l’air de la ravir d’être dans une position d’attaque. Elle la laissera apprécier son moment. « Tu sais, t’es pas irremplaçable. Y en a des tas d’autres qui seraient ravies d’écarter les cuisses pour le satisfaire. »  Son angle est prévisible, ça ne veut pas dire qu’il glisse sur Asphalt comme du talc. Des arguments du genre, elle s’y es préparée. Elle sait pertinemment que les gens ne comprennent pas ; ils voient le soleil marcher à côté d’une humaine et se demandent ce qu’elle a de si particulier. C’est toujours une affaire de cul, évidemment. C’est le plus simple, c’est la réponse envisageable. Asphalt se sent presque désolée pour eux, encore plus pour Amatis. « Bien sûr tu te rassures en te disant que ce que vous avez est particulier, précieux. Que c’est plus que quelques va-et-viens. » La Lestrange attaque fort, elle attaque dur ; elle connaît les mécanismes de pensée de sa victime, et répond à ses arguments avant même qu’elle n’ait pu ouvrir la bouche. De toute évidence, elle est passée par là elle aussi ; elle connaît trop bien ce que l’on se dit dans ce genre de situations. Elle a la désagréable expérience du passé ; Asphalt sourit, est-ce que ça l’étonne vraiment, que certaines se soient brûlées au contact de son Soleil ? Pas vraiment. C’est juste désagréable de devoir passer par leur petite vendetta personnelle avant de pouvoir profiter pleinement des rayons. « Et si ça t’aide à dormir la nuit, je suis ravie pour toi. » La cracmolle continue de se taire. Amatis en révèle bien plus sur elle-même en tentant de l’effrayer qu’elle ne le voudrait, la Dragonstone en est persuadée.

Pourtant, elle lui ferait ravaler son petit air mielleux, son petit air supérieur. Ca lui rappelle Valkyria, le ton doucereux et faussement concerné avec lequel elle s’adresse à elle parfois, en prétendant mieux savoir ce qui est bon pour elle, maintenant qu’elle a du statut et de la reconnaissance. Ca n’a pas toujours été comme ça ; elle se rappelle distinctement des débuts, de combien sa cousine a lutté contre elle-même, combien elle avait peur. Combien, elle, Asphalt, a dû prendre sur elle pour la rassurer, alors que c’était elle qu’on jetait dehors. Assez, elle décide, assez, de s’immoler par le feu pour garder les autres au chaud. « Mais c’est pas ton romantisme naïf qui va t’aider à sortir d’ici, alors j’espère vraiment qu’il tient autant à toi que tu sembles le croire. » Asphalt fronce un peu les sourcils ; elle s’interroge sur les intentions d’Amatis. Quoi qu’elle veuille, il faudra que Mordred veille à faire exactement le contraire. Si son but est de se venger d’Asphalt en la retenant prisonnière, de toute évidence, Mordred devra venir. Elle l’attendait ; il lui prouvera exactement à quel point elle lui est indispensable. Mais si Amatis la retient dans l’optique de toucher Mordred, de l’amener à elle, vulnérable, alors elle doit prier, prier fort, qu’il ne viendra pas. Quitte à y rester.  « A ta place je ne compterais pas trop là-dessus. T’as du charme, il doit adorer te basculer ; mais comme je le disais, tu es interchangeable. Qu’est-ce qui te laisse croire que tu es plus spéciale qu’une autre? » Amatis doit jubiler, de l’avoir là, offerte et en captivité. Elle croit détenir les réponses, pouvoir la toucher avec ses insinuations. Elle ne comprend rien, et Asphalt se met à rire, d’un rire cristallin, innocent. Un rire énervant.

Elle aime Mordred, quel que soit son nom et son visage. Elle aime le plus profond de son âme, exactement pour qui il est. Combien peuvent en dire autant ? Combien peuvent affirmer le connaître ainsi ? Combien ont eu le privilège de voir son vrai visage, de tracer les courbes de ses reins les yeux fermés, et les nuances de son esprit torturé au crayon coloré ? Qu’Amatis ne s’avance pas trop. Asphalt est cracmolle, mais elle n’est pas trop conne.  « De toute évidence, je ne suis pas la seule à me croire spéciale pour Mordred, comme tu dis. A la différence près que tu es certainement revenue brutalement de ta désillusion, et c’est à moi que tu le fais payer. » Elle prend le même ton un peu condescendant, un peu mielleux qu’Amatis a utilisé avec elle au début. Faussement concerné, vaguement insupportable. Pleinement méprisant. Ce n’est pas son fort mais elle fait de son mieux. Elle préfère le brut, le franchement noir, mais si ce sont les armes qu’on lui donne, alors elle se battra avec sans aucun problème. « C’est un peu triste, d’ailleurs. Mais ça fait mal, de ne pas être celle qu’il faut. Je peux comprendre. » Elle déglutit, malgré elle. Se gifle mentalement. Il ne faut rien inclure de personnel, ne pas donner de munitions à cette tarée. Juste ce qu’il faut pour gagner du temps, pour comprendre pleinement. Pour donner à Mordred ce dont il a besoin, ensuite. Visenya, Valkyria, les Dragonstone, ils peuvent tous aller au diable, ils n’ont rien à faire ici. Deuxième gifle mentale. Pour avoir osé. « J’ai ce petit truc qui s’appelle la certitude, la foi, et si finalement je ne suis pas si spéciale que ça, si le fil ne me ramène pas à Mordred, c’est pas grave. Je pourrais toujours me pendre avec. » A nouveau, un petit rire s’échappe de ses lèvres. Un rire nerveux cette fois. Amatis pense-t-elle réellement qu’Asphalt a encore des choses à perdre ? Cela fait des années maintenant que Mordred l’a sauvée du naufrage. Et si leur histoire n’a été qu’un retard, qu’un contretemps à sa véritable destinée, qu’un mensonge, eh bien… Que lui reste-il vraiment ? Il est bien facile de cesser d’exister quand ça fait déjà bien longtemps qu’on a arrêté de vivre.  C’est pour ça qu’elle est peut-être la plus dangereuse des deux, sans le réaliser ; elle est la plus désespérée. Celle qui tient le moins à la vie.





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Ҩ Re: Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Dim 19 Fév - 17:02


you can't wake up, this is not a dream
Are you deranged like me? Are you strange like me? Lighting matches just to swallow up the flame like me? Do you call yourself a fucking hurricane like me? Pointing fingers cause you'll never take the blame like me? I think there's a flaw in my code, These voices won't leave me alone, Well my heart is gold, and my hands are cold.



Asphalt éclate de rire mais ça se voit que ça lui perfore un poumon. Malgré tout, elle s’efforce de tenir bon, de ne pas se laisser atteindre. Elle est plus coriace qu’il n’y paraît. Son petit corps de princesse n’est apparemment qu’une supercherie, c’est une vraie guerrière qui déploie sous les yeux de la Lestrange. Une chienne mille fois traînée dans la boue, pourtant mille fois elle s’est redressée. Le message ne pourrait être plus clair ; si elle veut la blesser, il va falloir frapper plus fort. Plus juste aussi, peut-être. Amatis manque cruellement de repères, elle part en guerre un peu à l’aveugle, et avec des lames mal aiguisées en plus de ça. Ça coupe, ça tranche, mais ça ne s’enfonce pas assez loin. Elle ne parvient pas à lui embrocher le cœur, mais ça viendra. Elle la laisse parler, curieuse de l’écouter vomir l’affreux mépris qui est logé au creux de ses reins.  « De toute évidence, je ne suis pas la seule à me croire spéciale pour Mordred, comme tu dis. A la différence près que tu es certainement revenue brutalement de ta désillusion, et c’est à moi que tu le fais payer. » Ce n’est pas son histoire. Bon sang qu’est-ce que ça la fait rire, elle aussi, d’entendre toutes ces choses qui auraient pu sonner vraies pour n’importe qui d’autres. N’importe qui mais pas elle, surtout pas elle. Elle se fait violence pour ne pas rétorquer tout de suite, sur le vif. Patience, la captive n’est pas encore prête pour la suite. Asphalt est encore trop véhémente, elle a des tas de mots à lui cracher au visage. C’est positif, qu’elle soit pleine de rancœur. Il faut simplement laisser les ressentiments mijoter encore un peu à feu doux.

La prisonnière coopère à son insu. « C’est un peu triste, d’ailleurs. Mais ça fait mal, de ne pas être celle qu’il faut. Je peux comprendre. » Aussitôt après avoir prononcé ces paroles, son visage se referme. Elle en divulgue plus que ce qu’elle devrait. Amatis l’observe sans broncher, ce n’est pas bien grave que la petite blonde soit si naïve. Certes, elle a un jour imaginé une vie aux côtés de cet homme-là, mais elle a changé d’avis depuis longtemps. Elle donnerait tout pour ne pas être spéciale pour Adonis, absolument tout. Ce rôle qui la faisait sourire autrefois la débecte aujourd’hui. Leurs souvenirs, leur histoire, elle offrirait tout au diable en échange d’une nouvelle vie, d’un nouveau départ. Il l’a brisée et elle envie presque Asphalt de réussir à se relever après chaque coup. Inutile de lui mentir, elle a vu les bleus partout sur ses bras. Elle sait qu’il cogne et elle devine qu’il cogne fort. Elle veut comprendre comment elle fait, pourquoi elle reste droite comme si son existence n’était pas fracassée. Comme si elle se sentait encore digne de quelque chose. On ne peut pas vivre avec lui et rester indemne, c’est impossible. Asphalt doit moisir, pourrir de l’intérieur. C’est obligé. Il le faut, sinon tout ça n’a aucun sens, ou alors si peu. « J’ai ce petit truc qui s’appelle la certitude, la foi, et si finalement je ne suis pas si spéciale que ça, si le fil ne me ramène pas à Mordred, c’est pas grave. Je pourrais toujours me pendre avec. » La confession rassure vicieusement la Lestrange, elle s’en veut d’être aussi soulagée. Sous la surface, la Dragonstone souffre plus qu’elle ne s’autorise à le penser. Elle croit qu’elle doit tout à son preux chevalier, il a réussi à lui dérober jusqu’à son essence-même. Il l’a envelée à sa propre vie, exactement comme il l’a fait avec Amatis. C’est ce qu’il fait quand il s’attarde trop longtemps auprès de quelqu’un, il pille son cœur et le laisse sans rien.

Le regard de l’Anglaise se voile quelques secondes. Elle a tout un plan à suivre, mais elle décide d’improviser. Elle perd déjà patience et elle n’est pas sûre que la torture psychologique ne marche pas dans les deux sens. Ça lui fait presque autant de mal à elle qu’à sa victime. Ses hypothèses ne mènent à rien, l’autre est plus intelligente que ça, elle surveille son langage et sa gestuelle. Alors la Mangemort décide de changer de tactique, de laisser Asphalt l’ouvrir en deux plutôt que l’inverse. Jeu dangereux. « Tu sais quoi, je crois qu’on ne se connaît pas assez. » Elle s’approche de la grille, décortique le visage qui lui fait face de l’autre côté. Elles se heurtent en barbelés. Elles se cherchent sans jamais tout à fait se trouver, elles se devinent à peine. Amatis n’a plus rien à perdre, autant jouer le tout pour le tout. « On va discuter un peu, et puis peut-être que je vais t’éclairer à propos de ce qui s’est passé entre Adonis et moi. » Déconnexion de la réalité, elle ferme toutes les portes et elle se cloître à l’intérieur. Si il faut qu’elle s’immole par le feu pour entrainer Asphalt avec elle, elle n’hésitera pas. Elle ne tremble pas quand ses doigts se referment sur la cage, désactivant par son contact les protections préalablement établies. Sans sa baguette, de toutes façons, sa proie ne peut pas lui faire grand chose. Alors elle s’engouffre dans l’arène, elle s’enferme avec l’ennemie. Deux fauves pour un même territoire. Une expression féline lui tord les lèvres quand elle prend place face à Asphalt, plantant ses prunelles dans les siennes. Une main cherche sa baguette tandis que l’autre dessine dans les airs les traits de ce visage qui devient doucement familier. « N’aie pas peur, je ne peux pas rivaliser avec toi, je ne suis pas là pour ça. Il t’aime, c’est évident, fait-elle pendant que sa main libre caresse timidement l’omoplate d’Asphalt. » D’un geste lent, prudent, elle tire sur le vêtement qui laisse se dévoiler un hématome jauni. Amatis penche la tête sur le côté, décrypte l’expression de celle qui se trouve devant elle. « Il t’aime tellement, tellement fort. C’est bien pour ça que tu as ça, pas vrai ? » Son regard bifurque vers le bleu, avant de revenir la toiser, la provoquer.

Le Lestrange se demande quand est-ce qu’elle ira trop loin, à quel moment l’autre lui défoncera la mâchoire d’un coup sec. Elle retire sa main, mais elle reste là, à quelques centimètres d’elle. Elle garde son calme malgré la tempête qui lui explose les os. C’est sans doute ce que s’efforce de faire sa prisonnière aussi. Amatis attend, prend son mal en patience, mais rien ne vient. La haine ne sort pas, elle reste bien enfouie sous le visage de marbre d’Asphalt. Il faut creuser encore, tout salir, tout saccager. « Tu trouves ça romantique aussi quand il t’oblige à lui sucer la queue ? »


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I'll smile, I know what it takes to fool this town. I break down, only alone I will cry out loud. You'll never see what's hiding out deep down. I know I've heard that to let your feelings show is the only way to make friendships grow. But I'm too afraid now. I'll put my armor on, show you how strong I am.



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Ҩ Re: Do you tear yourself apart to entertain like me? ✝ (AMASPHALT) Ҩ Sam 8 Avr - 22:41





Do you tear yourself apart to entertain like me

Are you deranged like me? Are you strange like me? Lighting matches just to swallow up the flame like me? Do you call yourself a fucking hurricane like me? Pointing fingers cause you'll never take the blame like me? I think there's a flaw in my code, These voices won't leave me alone, Well my heart is gold, and my hands are cold.



Asphalt est suspendue en l’air, tenue par un fil. Tant que la Lestrange ne se décide pas à lui répondre, à ciller, à bouger, elle ne peut pas savoir si son bluff a fonctionné, si ses déductions sont les bonnes. Elle est au milieu d’un croisement, plusieurs chemins différents se déroulent devant elle. Pour l’instant, elle est coincée. Pas par les chaînes, les barreaux, la position grotesque dans lequel son corps se tend sous la direction d’Amatis. Elle est coincée dans le dédale de son esprit, dans le foutoir que son adversaire a commencé à mettre à l’intérieur d’elle. « Tu sais quoi, je crois qu’on ne se connaît pas assez. » Asphalt ne réagit pas non plus. Amatis ne quitte pas le combat, ce serait trop facile. Elle tourne, elle tourne autour d’elle, étudiant soigneusement son animal en cage. Elle prend un chemin détourné. Les yeux de la cracmolle se pose sur les mains blanches et fines de sa geôlière, qui agrippe les barreaux de faire pour lui faire face. L’espace d’un instant, elle sent une chaleur désagréable sur elle, comme si c’était elle qu’Amatis avait empoigné. Elle se force à ne pas fermer les yeux, ne pas bouger d’un muscle. Ses lèvres sont soudainement sèches. « On va discuter un peu, et puis peut-être que je vais t’éclairer à propos de ce qui s’est passé entre Adonis et moi. » La Dragonstone tique à la mention de son amant ; elle n’a pas l’habitude d’entendre ce nom. Elle sait que ce patronyme fait partie d’un passé dont Mordred veut se délester, un poids qui l’a longtemps noyé. Jamais elle ne l’a appelé Adonis. Il semble faux, il ne convient pas. Elles ne parlent pas du même homme.

Là, Amatis prend le pas sur elle ; elle est la première des deux à faire quelque chose de totalement inattendu. Elle rentre dans la cage avec Asphalt. Le corps de la cracmolle se tend ; rigide, froide, elle se transforme en acier pour ne pas se briser. Inconsciemment, elle se prépare aux coups. Elle sait que la soudaine proximité ne peut signifier qu’un châtiment corporel. Elle s’y refuse, et elle se déteste pour même y penser, mais elle attend que la douleur vienne, que la main s’abatte sur sa joue. Lorsque les doigts viennent finalement la frôler ; un frisson. Le contact léger tranche dans sa peau, dans son cervelet. Une fois n’est pas coutume, elle voudrait mordre la main qui la caresse, la déchiqueter. Goûter le sang rouge et pur d’une Lestrange, cette famille royale qui respire la magie à plein nez. Quel goût elle aurait, Amatis ? songe Asphalt, tandis que chaque cellule de son épiderme rejette et emprisonne le corps étranger. « N’aie pas peur, je ne peux pas rivaliser avec toi, je ne suis pas là pour ça. Il t’aime, c’est évident » Asphalt sent le goût amer du poison lui couler dans la gorge. Si elle la laisse faire, il la fera suffoquer. Elle prépare son coup de grâce, la garce. Son petit tour aurait peut-être marché sur n’importe qui d’autre avec un tantinet d’espoir, une pincée d’estime d’elle-même. Asphalt sait que le vertige est suivi de la chute. C’est là sa plus grande force ; bien mal avisé celui qui tentera de lui faire miroiter la douceur des nuages, elle connaît par cœur la rudesse du sol, sa brûlure et ses crevasses. Elle ne regarde pas vers le haut. Amatis ne l’aura pas. Alors elle attend, prudente. Elle attend que le tranchant des lèvres vienne jusqu’à elle.

La Dragonstone ne cille pas tandis que son vêtement glisse de son épaule pour dévoiler un des gages d’affection de Mordred. « Il t’aime tellement, tellement fort. C’est bien pour ça que tu as ça, pas vrai ? » Salope. Asphalt hait la façon dont Amaris lui dit ça, comme si ça voulait dire quoi que ce soit. Elle croit avoir toutes les réponses, alors qu’elle ne sait rien, rien, rien. Asphalt, elle, elle connait le sens de tout ça, elle n’est pas stupide ; elle sait pertinemment de quoi ça a l’air, vu de l’extérieur. De quoi leur relation a l’air. De quoi elle a l’air. Elle a envie de lui hurler dessus, de crier à lui défoncer les tympans, à cette ignorante qui se croit tout permis. Qui se permet de la juger, de les juger. Elle est proche d’elle, trop proche. Asphalt commence à bouillonner. Le marbre commence à se craqueler. « Tu trouves ça romantique aussi quand il t’oblige à lui sucer la queue ? » Un éclair rouge passe devant ses yeux, et elle jette brusquement la tête en avant. Son front se heurte au cartilage du nez d’Amatis, et elle sent l’odeur ferreuse caractéristique. Asphalt se délecte du son parfait que l’os fait en craquant. La cracmolle sent quelque chose de chaud couler sur son front, l’aile de son nez, pour tracer un chemin funeste jusqu’au coin de sa bouche. Elle recueille le liquide sacré avec sa langue ; le sang magique n’est pas différent du sien, songe t-elle. Le pouvoir n’a pas de goût particulier.

C’est extatique, euphorique. C’est comme si elle avait pris un tout petit peu de la force d’Amatis, juste en l’ayant contre sa langue. Coup de foudre de corps exsangues. « C’est là toute la grâce de Mordred » elle commence, avec un petit rire mauvais, tandis qu’Amatis se relève. « Il ne force pas. C’est ça que tu ne comprends pas, il ne force jamais. » Elle martèle les mots de toutes ses forces, en espérant que plus sa voix sera haute, plus sa peau sera dure. Mordred la module avec ses mains, il a fait d’elle ce qu’elle est, il l’a façonnée selon son idéal, et elle est toujours d’accord. Elle ne sait pas comment lui dire, comment lui cracher à la tronche la réalité de leur duo. La Lestrange ne le mérite pas, de toute façon. Asphalt n’imagine pas une seule seconde que le plaisir de Mordred vienne de son désaccord à elle, au contraire ; c’est l’extase seulement quand il constate à quel point elle en a envie elle aussi, et combien elle se courbe devant lui, juste pour ce qu’il lui donne ce qu’elle attend. « Je suis là parce que j’en ai envie, par plaisir. Je lui suce la queue parce que ça me fait vibrer, tu comprends ? » La cracmolle est fatiguée qu’on la considère comme un jouet, comme si les autres avaient le droit de définir ce qu’elle représente pour Mordred. Le droit de lui coller une étiquette sur le front en l’empêchant d’être quoi que ce soit d’autre. Au moins quand elle n’était rien du tout, personne ne se souciait assez d’elle pour la placer dans une case. Comme s’ils savaient mieux qu’elle ce qu’elle veut, comment elle devrait se comporter. Comment elle devrait être, ce qu’elle devrait accepter, et ce contre quoi elle devrait se battre. Bande d’hypocrites. « Je sais exactement où être, où est ma place, ce que je dois faire, et Mordred n’a jamais à demander quoi que ce soit. Je suis exactement ce qu’il veut, et par extension, c’est exactement ce que je veux. » Asphalt sait bien que son temps de parole est limité ; qu’Amatis va riposter, que ça va mal se finir, cette histoire. Qu’elle a craqué, que la Lestrange a eu ce qu’elle voulait, qu’elle l’a provoquée et que ça a marché. Pour autant, la Dragonstone ne regrette pas une seule seconde son geste, ni aucun de ses mots. Elle sait ce qu’elle accepte, et ce qu’elle n’accepte pas, contrairement à ce que tout le monde semble penser. Elle est seule propriétaire de ses actions, et elle ne laissera pas Amatis décider pour elle. Elle doit marquer son désaccord, alors elle continue, et elle continue de cracher ses mots les uns à la suite des autres. Vite, trop vite, à peine compréhensibles tellement elle a envie de tout cracher avant que l’adversaire ne la fasse taire une bonne fois pour toutes. « S’il doit forcer alors c’est que quelque chose cloche. Il ne le fait jamais, ça le révulse. Alors ne viens pas me cracher tes présomptions à la figure. Ce n’est pas comment on est. Ce n’est pas comment il est. » A cet instant, Asphalt se rend compte que ce n’est pas seulement elle-même qu’elle défend, ni même leur relation. Il y a toujours quelque chose de Mordred, quelque chose qu’elle cherche à corriger. Elle sait, au fond, l’opinion que les autres ont de lui, et ça la révulse. Elle sait mieux que tout le monde, elle. Elle a été fouiller, trouver le trésor au fond des sables noirs. C’est quelque chose qui n’appartient qu’à elle. Sa vérité sacrée. Alors comment, en possession de cette pépite d’or, pourrait-elle laisser les autres tenter de le façonner à leur tour ? De construire une image de lui qui n’est pas fidèle à la réalité ? Mordred créée, et elle protège. Mordred s’est façonné lui-même et l’a façonnée elle, et c’est à Asphalt aujourd’hui de les défendre.






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