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 How to say goodbye ? ◣ Darkan

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Statut du sang : Sang-pur. Messages : 129Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Perdu à Domovoï's Rock.
Ҩ How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Dim 24 Jan - 15:30

how to say goodbye

   
I sleep to keep my mind at ease, I wander through a dream of what I once believed. No rest until we face the truth and draw it to the light.
   

Bulgarie – Juin 1997
Silencieux, il fixait ses pieds. Il n'avait pas ouvert la bouche depuis qu'ils étaient montés dans le bateau. Il ne parvenait pas à se concentrer sur une quelconque conversation. C’était toujours cette même et foutue pensée qui revenait sans cesse, et sans cesse dans son esprit. Cette même pensée qui le torturait depuis des mois déjà. Il en avait presque la nausée. Depuis des semaines, il avait tenté de mettre en place tout un discours dans sa tête, tout un scénario qui ne se déroulerait sûrement jamais de la façon dont il l’avait espéré. Et pourtant, il était arrivé, ce jour fatidique où il allait devoir se jeter à l’eau. Hàkan lança un regard à la blondinette qui se trouvait à côté de lui. Il savait déjà comment elle allait réagir, et c’est bien ce qu’il craignait le plus : sa réaction. Malgré tout ce qu’elle représentait à ses yeux, sa décision était prise. Le jeune homme avait réfléchi depuis bien longtemps, et il avait toujours su au fond de lui, qu’il n’était pas fait pour vivre en Sibérie. Depuis la mort de sa mère, son don de chamane ne représentait plus rien à ses yeux. Il s’en était détaché avec les années, sans en souffrir. Ce n’était pas vital pour lui, à vrai dire, il s’en fichait éperdument. Certes, c’était ses racines, c’était tout ce qu’était sa propre famille, mais il était différent. Il savait bien que ses grands-parents en seraient horrifiés, que le reste du village penserait qu’il amenait la honte aux Silaëv. Mais Hàkan avait envie d’être un peu égoïste, pour une fois. Il avait tant aidé son village depuis son enfance, comme il pouvait, qu’aujourd’hui, il était temps pour lui de voler de ses propres ailes, et même si ça signifiait ne pas rentrer en Sibérie. De toute façon, il avait un entretien dans quelques jours au ministère en Bulgarie, et il espérait fortement que ces dernières années de travail intense, ses bonnes notes à ses examens, lui permettraient de trouver un travail rapidement, car il ne savait pas vraiment où aller. Il avait un peu d’argent de côté, mais pas suffisamment pour un mois. Il devait donc trouver vite du travail, ou il risquait de rentrer en Sibérie à contre cœur.
Lâchant un soupir, mains croisées, il regarda sa montre. Le bateau n’allait pas tarder à arriver à destination. Le moment inévitable qu’il redoutait le plus, s’approchait à vive allure. Déglutissant difficilement, il répondit à peine à Darya lorsqu’elle lui posa une question. Une boule de nervosité s’était créée au creux de son ventre, et il ne parvenait pas à la faire disparaître. Il n’avait jamais été aussi stressé de toute sa vie, pas même lors de sa première année à Durmstrang il n’avait été aussi inquiet. Le bateau finit par arriver au port. S'ils avaient pris le bateau avec les autres, dans quelques jours, l’ambiance aurait été à la bonne humeur. Pour la majorité d’entre eux l’été signifiait vacances, et pour d’autres, comme Hàkan, il quittait le château avec nostalgie, se lançant dans une toute nouvelle aventure. Le jeune homme avait salué quelques uns de ses amis avant de partir, leur souhaitant bon courage, promettant d'écrire à certains. Il aurait bien attendu le grand jour pour partir, mais Darya souhaitait rentrer le plus vite possible en Sibérie retrouver leurs familles qui visiblement connaissaient des moments difficiles avec les moldus.

S’extirpant du bateau, ses bagages en main, il attendait Darya qui arrivait derrière lui. Hàkan repensa à cette conversation qu'il avait déjà eu avec son frère. Zakhar avait promis de garder le secret pour Darya, bien que cela lui ai fortement coûté. Et même si les deux frères s’étaient disputés, Zak n’en avait pas fait toute une histoire, et avait préféré lui balancer « Très bien, fais comme tu veux, j’m’en fou. » Seulement, le jeune homme savait pertinemment que la conversation serait tout à fait différente avec la jeune femme. Sortant du port,  Hàkan sentit sa nervosité grimper férocement. Lorsqu’il vit que Darya se dirigeait en direction de la gare pour rentrer en Sibérie, la jeune homme prit son courage à deux mains et la retint. « Darya, attends. » Surprise, la jeune femme obéit, et fit quelques pas en arrière. Hàkan les dirigea vers le bord de la route, pour ne pas rester en plein milieu du chemin, et il posa ses valises au sol. Darya le fixait, incertaine. Passant une main dans ses cheveux, nerveux, il finit malgré tout par lancer : « Darya je, … je dois te dire quelque chose. » Les mots ne parvenaient pas à sortir de sa bouche, c’était bien plus difficile qu’il ne l’avait cru. Il savait qu’il allait lui faire du mal en lui annonçant qu’il ne rentrait pas, il savait qu’elle lui en voudrait. Et c’était bel et bien la dernière chose qu’il souhaitait. Pourtant, il devait se jeter à l’eau. Regardant autour d’eux, le jeune homme prit une grande inspiration et lâcha d’une traite : « Je ne rentre pas avec toi. » Ca y est, il l’avait dit. Il se sentit soulagé, un fugace instant. Seulement, lorsqu’il vit la mine déconfite de Darya, son cœur se serra. Il la connaissait par cœur, sur le bout des doigts. Il avait prédit sa réaction depuis longtemps, et rien de ce qu’il n’aurait pu dire, ou faire, ne l’aurait empêché de réagir autrement. Il allait devoir affronter la tempête, et tenter de l’apaiser.


   
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Dernière édition par Hàkan Silaëv le Ven 20 Mai - 11:53, édité 3 fois
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Statut du sang : PurMessages : 102Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Durmstrang
Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Mar 26 Jan - 0:08


How to say goodbye ?
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Darya s'agite. Elle mâche son chewing-gum nerveusement, la main fourrée dans son sac. Elle le secoue, le vide sans trouver son carnet. Elle est partie si précipitamment qu'elle a peur d'avoir laissé des affaires à Durmstrang. Elle passe à son deuxième sac sans succès. Contrariée, elle se redresse en soupirant, espérant l'avoir mis dans sa valise entreposée avec tous les bagages des voyageurs. Elle passe ses mains sur son visage fatigué. Les dernières nuits n'ont pas été de tout repos et la demoiselle a dû passer ses examens alors que sa tête était déjà loin dans la Taïga Sibérienne. Rongée par l'inquiétude, elle n'a pas pu attendre le jour du grand départ, et a demandé à Hàkan de l'accompagner à la gare immédiatement après sa dernière épreuve. Elle tourne la tête vers son ami assit à ses côtés. Il trépigne. Ses mains nerveuses bougent dans tous les sens et les traits de son visage son tirés. A le voir dans cet état, le cœur de Darya se resserre. Elle sait que quelque chose ne va pas, pourtant elle n'ose pas sortir son regard du vide. C'est probablement le fait de quitter la vie à Durmstrang. Refusant toute autre explication, elle se contente de tourner difficilement les yeux et de remettre la main dans son sac pour s'occuper l'esprit.

Alors que le bâteau s'approche du quai, elle finit par craquer et décide de briser le silence avec légèreté. « Je pense que j'ai oublié mon carnet noir, tu sais, celui avec la couverture en cuir. J'ai dû le laisser dans ma chambre, tu pourras aller le chercher ? Comme ça je le récupère quand tu reviens. » Il lui répond à peine, sans même la regarder. Agacée, la jeune fille sort son chewing-gum de sa bouche et le colle sous son siège. Elle essaye de trouver des pensées agréable, en vain. Elle a l'impression de digérer de lourdes pierres qui creusent son estomac. A peine arrivée à quai, pourtant, elle fait comme si de rien était, affichant à Hàkan un vrai sourire en plastique. Elle le laisse aller devant pendant qu'elle attrape ses sacs.

Assez étrangement, elle a hâte d'être dans le train. Elle s'empresse de sortir, pour saluer rapidement Hàkan et partir loin d'ici le plus vite possible. En Sibérie, tout est tellement plus simple. La demoiselle soupire en sortant du bâteau. Fuyant son ami des yeux, elle se dirige tête baissée vers la gare, comme si tout était normal. Parce que tout est normal. Elle va prendre le train, Hàkan va aller dire au revoir à tout le monde, et puis il viendra la retrouver avec Zakhar, et tout va bien se passer. Elle sent les pas lourds de son amis derrière elle. Plus il ralentit et plus elle accélère.

« Darya je, … je dois te dire quelque chose. » La jeune fille s'arrête nette. Elle prend une grande inspiration avant de se retourner, le visage déformé par un sourire nerveux qu'elle essaye de dissimuler. Les battements de son cœur doublent de vitesse. Dans le déni le plus profond, elle continue de dialoguer avec légèreté. « Bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ? » Elle en rit presque, incapable de voir les choses autrement. Elle ne veut pas entendre ce qu'il a lui dire. Elle veut déjà être dans ce maudit train.
« Je ne rentre pas avec toi. » Son cœur s'engouffre au plus profond de sa poitrine. Son ventre se tord. Incapable d’accepter cette phrase, elle échappe un petit rire. Il se moque d'elle. « Je sais Hàkan tu rentre pas avec moi, tu rentre dans deux jours avec Zakhar, où tu veux en venir ? » Elle attend la suite de la déclaration de son ami, mais elle ne vient pas. Son sourire disparaît peu à peu face à l'air sérieux d'Hàkan. Impassible, le jeune homme n'est pas amusé. Pourtant la jeune fille continue de chercher ce qu'il essaye de lui dire. Incapable coller les morceaux du puzzle ensemble. « Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu rentre quand ? »

Darya a toujours su jouer l'idiote à la perfection. Mais à présent elle n'en a même pas conscience. Elle a passé les derniers mois à se mettre des œillères, à refuser de comprendre. Hors de question de commencer maintenant. « Aller Hàkan, arrête tes conneries, c'est pas le moment. » Une partie d'elle se sent coupable. Elle a tellement été aspirée par les conflits familiaux que son ami d'enfance est passé au second plan. Ce n'est pas normal. Ça n'aurait pas dû arriver. Ça là, ça ne devrait pas arriver.

Hàkan reprend la parole, mais Darya ne l'entend pas. Elle n'entend que les tambours affolés qui résonnent dans sa tête et font trembler sa gorge. Elle n'y tient plus. Elle le coupe brusquement. « Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas rester là peut-être ? Hàkan, c'est pas chez nous, ici. »
Elle reste calme. Elle parle doucement, elle veut le faire revenir à la raison. La Bulgarie est un pays magnifique que Darya a appris à aimer. Durmstrang reste malgré tout un lieu plaisant, et avant cette dernière, la demoiselle a apprécié toutes ses années passées dans ce pays. Mais y rester ? Pourquoi faire ? Qu'est-ce que cet endroit a de plus que la Sibérie, que chez eux ? Une petite partie d'elle a la réponse à tout ça. A l'intérieur, cette toute petite partie a conscience du mal-être d'Hàkan et a deviné trop tôt les desseins du jeunes garçon. Elle sait qu'il est heureux ici. Or c'est une bataille perdue d'avance comme la petite partie qui crie tout ça à Darya est étouffée par le bruit angoissant de ses battements de cœur.
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Dernière édition par Darya Azarov le Jeu 3 Mar - 9:42, édité 2 fois
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Statut du sang : Sang-pur. Messages : 129Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Perdu à Domovoï's Rock.
Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Mer 27 Jan - 22:44

how to say goodbye

 
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Bulgarie – Juin 1997
Ce n’était pas une petite décision, prise à la légère. Il avait murement réfléchi, et c’était ce qu’il y avait le mieux à faire. Tout du moins, pour lui, égoïstement. Il n’avait aucunement envie de rentrer en Sibérie, de retrouver tous les chamanes, et devoir participer à une bataille où il ne trouverait pas sa place. Il n’appartenait pas à ce monde, et ce depuis bien longtemps. Et puis, qu’est-ce qu’il ferait en Sibérie ? Il cultiverait des terres comme son paternel ? Très peu pour lui. Il n’avait pas travaillé durement à Durmstrang durant des années pour tout foutre en l’air, et vivre reclus, perdu dans la nature. Il avait un besoin viscérale d’aller plus loin, toujours. De répondre à ses ambitions qui grossissaient au fil des années. Il avait envie de voyager, de découvrir toutes ces choses dans le monde qu’il n’avait pas encore vu. Hàkan voulait partir dans une nouvelle vie, prendre un nouveau départ, et ce, même si cela signifiait ne pas retrouver Darya cet été chez eux. « Je sais Hàkan tu rentres pas avec moi, tu rentres dans deux jours avec Zakhar, où tu veux en venir ? » Elle lui avait répondu tout en riant nerveusement. Le ventre de l’unmarked se tordit. Ce n’était pas le moment pour qu’elle joue les idiotes, il avait déjà eu bien assez de mal pour le dire une première fois, il ne comptait pas recommencer. Hàkan resta muet, son silence signifiant bien plus qu’une réponse. « Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu rentres quand ? » Elle ne voulait pas comprendre, elle n’essayait même pas, elle n’en avait pas envie. La blondinette laissa son sourire faner sur ses lèvres. Le jeune homme la fixait, toujours impassible. C’était bien plus difficile qu’il ne se l’était imaginé. Tous les scénarios qu’il avait réalisés dans son esprit, ne verraient pas le jour, et la situation se déroulera d’une toute autre manière. Avec Darya, il n’était jamais sûr de la voir exploser tout de suite. Parfois elle pouvait se montrer patiente, jusqu’à un certain stade où elle finissait par péter un  câble. Et il craignait par-dessus sa colère, surtout à son encontre. Il ne supportait pas quand ils se disputaient, il n’aimait pas la voir le détester. « Aller Hàkan, arrête tes conneries, c'est pas le moment. » Le concerné se gratta le front, nerveux. Il fallait qu’il lui explique, il ne pouvait pas se contenter de lui dire « Je ne rentre pas » et partir. Mais il savait que l’explication serait plus dur à accepter pour Darya, il savait qu’elle se braquerait et qu’elle refuserait d’accepter sa décision.
« Je reste ici Darya, en Bulgarie. Je vais avoir mon diplôme et je compte chercher du travail. Je n’ai plus rien à faire en Sibérie, j’ai env » Mais il ne put pas finir son explication, que Darya le coupa, perdant peu à peu son sang-froid. « Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tu vas rester là peut-être ? Hàkan, c'est pas chez nous, ici. » Le concerné lâcha un léger soupir. Ca allait être plus dur qu’il ne le pensait. La blondinette restait calme malgré tout, tout du moins, elle tentait de se faire violence. Hàkan la connaissait par cœur, et il savait qu’elle allait finir par se mettre en colère. Il savait que ce n’était pas chez eux, chez elle. Mais le jeune homme s’était rendu compte qu’il n’avait pas réellement de chez lui. Rentrer en Sibérie lui rappelait trop souvent qu’il n’appartenait plus à ce monde chamane, qu’il avait perdu sa mère bien trop tôt. Durmstrang ne lui avait pas non plus servi de deuxième maison, il ne s’était jamais senti à sa place dans le château. A vrai dire, Hàkan ne trouvait sa place nulle part, et bien qu’il n’en parle jamais, il en souffrait. Il aurait voulu se sentir bien quelque part, à un endroit précis, mais ce n’était pas le cas. Il n’y avait pas de lieu où il souhaitait être par-dessus tout, et ça lui manquait, terriblement. Et aujourd’hui, il avait envie de trouver cette contrée lointaine, infranchissable, qui pourrait lui donner le sentiment d’être enfin à la maison.

Il se rapprocha légèrement de Darya qui le fixait, sourcils froncés, espérant sans aucun doute qu’il finisse par lui annoncer qu’il se moquait d’elle. Mais il ne pourrait pas lui donner cette satisfaction, bien que cela lui brise le cœur. S’il avait pu, il lui aurait demandé de venir avec lui. Seulement, tout au fond de lui, il savait qu’elle voulait rentrer auprès de sa famille, surtout durant cette période difficile. Elle n’accepterait jamais de rester ici, même si c’était avec lui. Et c’est ce qui rendait la situation d’autant plus difficile. « Il faut que tu comprennes Darya que ce n'est plus vraiment chez moi en Sibérie. Je … tu sais que ça fait bien longtemps que je ne suis plus attaché au village, ou à nos racines. J’ai besoin de voir autre chose, de trouver ma voie, tu comprends ? » Il n’était pas sûr qu’elle comprenait réellement. Elle était beaucoup plus attachée à leur village, leur famille, leur pratique chamane, et c’était ce qui les différenciait, ce qui créait malheureusement un gouffre entre eux. Hàkan comprenait son sentiment d’attache, et jamais il ne lui en voudrait pour ça. Mais, tout comme le reste de sa vie, Darya risquait sans doute de lui en vouloir de mettre sa famille de côté. Passant une main dans ses cheveux, il rajouta : « J’ai un entretien au ministère de la magie de Bulgarie dans quelques jours, et si tout se passe bien, je ne rentrerai pas en Sibérie cet été. Mais on pourra se revoir, en septembre, quand tu reviendras à Durmstrang. » Il tentait, comme il pouvait de rattraper le coup, de rendre la nouvelle moins horrible qu’elle ne l’était.


 
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Dernière édition par Hàkan Silaëv le Ven 20 Mai - 11:54, édité 3 fois
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Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Jeu 11 Fév - 22:55


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Elle reste immobile un moment, incapable même de dire quoi que ce soit. Toute son attention est portée sur les mots d'Hàkan qu'elle essaye de digérer. Les entendre une seule fois ne lui a pas suffit pour les comprendre. Le regard plongé dans le vide et les sourcils froncés, elle hoche doucement la tête au fur et à mesure qu'elle intègre la décision de son ami et tout ce qu'elle implique. Sans vraiment le réaliser, elle serre ses dents au points d'en déformer sa mâchoire. Elle sent la colère monter, elle bouillonne, mais elle se contient. Ses mains en tremblent et ses appuis semblent fragiles, mais elle se ne concentre que sur Hàkan, Hàkan et ses mots tranchant comme des couteaux. Elle lève les yeux vers lui quand il reprend la parole, des yeux qui se plissent au fil de son discours. Comment peut-il penser ainsi ? Elle n'a qu'une envie, se jeter sur lui, l'attraper par le col et le secouer, le secouer de toutes ses forces jusqu'à ce qu'il retrouve des idées claires. Elle se fait violence pour ravaler tout ça et pour maîtriser la rage qui la fait à présent trembler de tous ses membres.

Elle déglutit lentement et essaye de paraître calme et sensée pour avoir l'air crédible. « Et ta famille ? » Elle parle d'une toute petite voix, les mots tremblent dans sa bouche. Elle est à deux doigts de craquer. « Qui vas s'occuper d'eux ? Zakhar, peut-être ? » un rictus imperceptible déforme ses lèvres une poignée de secondes. Un rictus très amer, tant la demoiselle n'a jamais été si sérieuse. « Votre famille constitue les trois quarts de notre communauté, et elle vieillie. Qui va s'occuper d'eux alors Hàkan dis-moi ?! » Le ton monte avant que la jeune fille se reprenne. « C'est moi c'est ça ? C'est à moi de remplir ton devoir de fils ? » Incapable de maîtriser sa voix dont l'intensité ne fais que monter, elle prend une grande inspiration, mais ne laisse le temps à Hàkan de répondre. « Tu sais très bien pourquoi je pars. Tu sais TRÈS BIEN ce dont sont capables les villageois, et ce qu'ils ont déjà fait, et toi tu choisis ce moment pour partir ? Tu pars maintenant, quand ces moldus menacent nos famille ? Alors qui va les protéger maintenant Hàkan ? QUI ? » Les larmes aux yeux, elle s'arrête pour reprendre son souffle.

Toute la pression, l'angoisse qu'elle a ressenti toute l'année semble lui retomber dessus d'un coup. Elle ne cherche plus à contrôler quoi que ce soit, et vide son sac sur son ami d'enfance. « Comment ils vont tenir hein ? Les Anciens arrivent à peine à marcher, et si les moldus brûlent notre village, on les sortira comment ? Qui veillera sur eux la nuit ? Et qui sera là pour surveiller ta tête brûlée de frangin ? S'il se faisait tuer Hàkan ? Hein ? S'ils lui faisaient du mal ? » Elle est incontrôlable, tous les souvenirs de la mort d'Esfir remontent à la surface, comme si la douleur de sa perte se réveillait. Elle s'agrippe à lui comme si sa vie en dépendait. « Et moi Hàkan ? S'ils me faisaient la peau à moi ? Après tout c'est moi qui ai commencé tout ça. Si la famille de l'autre ordure venait se venger ? T'aurais l'air malin dans ton costume du ministère. » Assez étrangement, elle se satisfait de cette vision, imaginer qu'il apprenne sa mort à des milliers de kilomètres, sans avoir rien pu faire. Ce serait bien fait pour lui.

Mais ça ne dure pas. Comment pourrait-elle lui souhaiter ça ? Même énervée à ce point, elle en est incapable. L'imaginer souffrir de quoi que ce soit la dégoûte, elle se giflerait d'en avoir fait en sorte que cette idée lui traverse l'esprit. Pourtant elle lui en veut tellement. « Comment tu peux me faire ça ? » Elle voudrait lui demander. Elle voudrait le hurler. Mais elle se retient. Elle sait qu'il a raison, et s'il y a une personne pour qui l'égoïsme de Darya trouve ses limites, c'est lui. Elle le regarde dans les yeux, cherchant quelque chose à dire, mais elle ne trouve plus rien, d'autant plus que ses dernières paroles ne l'on pas ménagé. Elle le regarde avec rancœur, et pourtant elle se sent coupable. Elle se sent crouler sous le poids de l'émotion,de la fatigue et le regard qu'il lui rend l'achève.
Des larmes silencieuses se mettent à couler sur ses joues. Elle baisse la tête, refusant de les lui montrer. Elle ne veut plus voir son visage. Elle a envie de partir, de disparaître, elle préfèrerait probablement ne plus jamais le revoir que d'affronter son regard la vue brouillées par les larmes. Pourtant elles continuent de couler et avec elles des sanglots secouent la jeune fille. Elle recouvre son visage de ses mains, honteuse, avant de plonger entre les bras réconfortants d'Hàkan. Elle colle sa tête contre son torse où, du moins s'il la sent, il ne peut pas la voir.

Ils restent ainsi un moment, le temps que Darya se clame, elle reste là, sans bouger, même après avoir arrêté de pleurer. Elle se sent bien. Sans même réfléchir, elle murmure. « Excuse moi, Hàkan. » Elle a conscience d'avoir été trop loin, d'un autre côté, elle sait que rien de ce qu'elle a pu dire ne le changera d'avis. Sa décision était déjà prise.
Elle aimerait rester comme ça. Cachée sous les grands bras d'Hàkan, mais plus elle attend, plus elle craint que l'heure de dire au revoir lui soit fatale. Elle se redresse et papillonne ses yeux rougis. Elle essaye de sourire tan bien que mal, et arbore une grimace étrange. Elle ne sait plus quoi dire, et tente de faire semblant de s'intéresser à la vie d'Hàkan quand elle n'en ferait plus partie. « Et qu'es-ce que tu vas y faire dans ton précieux ministère exactement ? » Elle sait qu'il n'est pas dupe, mais elle s'en fiche. D'une certaine manière, elle essaye de détourner l'attention, de la détourner d'eux-même, et de leur futur inexistant. Après tout Darya aussi a fait des plans. Et ce qu'elle n'a pas prévu, c'est de retourner à Durmstrang l'année prochaine.
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Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Sam 5 Mar - 19:07

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Bulgarie – Juin 1997
Si seulement les choses avaient pu être autrement. Il regrettait de devoir prendre une telle décision, d’abandonner Darya, d’abandonner sa famille, mais il avait besoin de penser un peu à lui aujourd’hui. Il avait tellement travaillé dur pour avoir cet entretien au ministère, qu’il n’envisageait pas d’abandonner si ça se déroulait mal. Ce n’était pas en Sibérie qu’il allait trouver un emploi. Hàkan fixait la blondinette face à lui, qui restait tout d’abord silencieuse. Mais il la connaissait si bien, qu’il savait que son silence ne serait que de courte durée. Il croisa son regard, et sentit son cœur se serrer. C’est la suite qui le terrifiait le plus, les mots que Darya pouvait employer, l’impact qu’ils pouvaient avoir. Il n’avait jamais aimé se disputer avec elle, même si cela leur était arrivé bien souvent, le jeune homme évitait toujours les conflits. «  Et ta famille ? » Sa voix se fait faible, presque étranglée. Le concerné ne sait pas quoi répondre. Sa famille se débrouillera sans lui, il n’en doutait pas une seconde, son père était un homme sage qui savait prendre les bonnes décisions. «  Qui va s'occuper d'eux ? Zakhar, peut-être ? » Un fin sourire ironique naît sur les lèvres de la sibérienne. Tous deux savent que c’est une question rhétorique, qu’il y a peu de chance que Zakhar ait les épaules pour assumer ce rôle, mais Hàkan n’en veut plus de ce rôle. «  Votre famille constitue les trois quarts de notre communauté, et elle vieillit. Qui va s'occuper d'eux alors Hàkan dis-moi ?! C'est moi c'est ça ? C'est à moi de remplir ton devoir de fils ? » Le ton monte, et l’unmarked en perd ses mots. Elle lui en veut, elle lui en veut terriblement, et elle lui balance tout ce qu’il sait déjà avec violence. Il n’avait jamais prétendu que ce serait facile de prendre une telle décision, et de l’appliquer. Il savait qu’il allait abandonner sa famille, et ses responsabilités, seulement, rien de ce que ne pourrait dire Darya ne pourrait le faire changer d’avis. Il était trop tard. Hàkan n’a pas le temps d’ouvrir la bouche pour tenter de lui expliquer, qu’elle enchaîne, colérique. « Tu sais très bien pourquoi je pars. Tu sais TRÈS BIEN ce dont sont capables les villageois, et ce qu'ils ont déjà fait, et toi tu choisis ce moment pour partir ? Tu pars maintenant, quand ces moldus menacent nos familles ? Alors qui va les protéger maintenant Hàkan ? QUI ? » Impassible, il la toise d’un regard inquiet. Il avait beau avoir demandé à Darya de laisser le village se débrouiller sans eux, qu’il faudrait qu’ils finissent par apprendre à ne pas toujours se reposer sur les descendants, elle était  trop buttée pour laisser le village seul. Mais pas Hàkan, il était las de toute cette agitation en Sibérie, de cette guerre sans queue ni tête entre les chamanes et les moldus. Elle ne se terminera jamais, et rien de ce qu’il ne pourrait faire ou dire ne changera les choses.
«  Comment ils vont tenir hein ? Les Anciens arrivent à peine à marcher, et si les moldus brûlent notre village, on les sortira comment ? Qui veillera sur eux la nuit ? Et qui sera là pour surveiller ta tête brûlée de frangin ? S'il se faisait tuer Hàkan ? Hein ? S'ils lui faisaient du mal ? » Le jeune homme comprend le sous-entendus de Darya, faisant clairement allusion à la mort de sa sœur. Il reste silencieux, ne répondant pas à ses questions. Il sait qu’elle a raison, que son village est en danger, mais égoïstement, il souhaite ne pas s’en préoccuper. Est-ce qu’il devrait pour toujours s’occuper des soucis de son village natal ? Etait-ce vraiment sa responsabilité ? Si on lui donnait le choix, il rétorquerait que non. Et sans qu’on ne le lui demande, il prenait sa propre décision en répondant « non ».  Darya semble furibonde, il sait qu’elle souffre mais il est incapable de trouver les mots pour apaiser sa colère. Elle s’approche de lui, et agrippe férocement son tee-shirt. Automatiquement, il porte ses mains autour de ses poignets, la fixant, dépassé par la situation. «  Et moi Hàkan ? S'ils me faisaient la peau à moi ? Après tout c'est moi qui ai commencé tout ça. Si la famille de l'autre ordure venait se venger ? T'aurais l'air malin dans ton costume du ministère. » Sa mâchoire se serre. Il ne supporte pas qu’elle lui balance ce genre de choses, qu’elle joue sur ses sentiments pour le forcer à changer d’avis. Comment pouvait-elle lui parler de cette chose aussi absurde que sa propre mort ? Rien ne pourrait lui arriver, il le savait, il le sentait, il ne laisserait jamais une telle chose se produire, même en se trouvant à des centaines, des milliers de kilomètres d’elle. Ce n’était même pas à prendre en compte. Il secoue doucement la tête, refusant d’admettre qu’il pourrait lui arriver le pire. Même si ça lui faisait mal de l’avouer, il savait que Zakhar protégerait Darya, comme il avait l’habitude de le faire. Elle ne craignait rien, même s’il n’était pas dans les parages. Leurs regards s’aimantent, tandis que le silence prend le dessus. Il sent qu’elle lui en veut, plus que jamais elle ne lui en a voulu. Il n’est pas surprit, il savait qu’elle réagirait de cette façon, que rien de ce qu’il ne pourrait dire ne pourrait rendre la nouvelle envisageable aux yeux de la blondinette. Ca le déchirait aussi. Ils avaient l’habitude de n’être jamais loin l’un de l’autre, de se trouver du même côté du continent. Et le voilà en train de chambouler leurs vies, sans lui demander la permission. Il aperçoit ses yeux s’embrumer, et avant qu’il ne puisse voir les larmes couler le long de ses joues, elle baisse la tête. Il desserre la pression qu’il maintenait sur les poignets de la jeune femme tandis qu’elle fond en larmes, des sanglots secouant son corps. Ses mains cachent son visage, refusant de lui montrer sa peine. Il est le seul fautif de ses pleurs, et ça le rend malade.  Darya finit par trouver refuge contre lui, et comme une évidence, il l’entoure de ses bras. Ses pleurs s’intensifient, et Hàkan tente comme il peut de la calmer. D’un geste tendre, il caressa les cheveux de la jeune femme, son menton se calant sur le haut de sa tête. Il la sent sangloter contre lui, et  son cœur se fissure un peu plus. Comment allait-il être capable de la quitter après ces au-revoir malheureux ? Toute sa détermination s’effondrait sous la culpabilité. Il profita de l’avoir contre lui pour déposer un baiser dans ses cheveux. C’était beaucoup trop difficile. «  Excuse-moi, Hàkan. »
Le jeune homme ne répond pas, préférant rester muet. Darya finit par se détacher de son étreinte, reculant légèrement et redressant son visage rougi par les pleurs. Son visage est rapidement défiguré par une tentative de sourire. Elle lui offre une grimace étrange, mais Hàkan sait qu’elle tente en vain de cacher sa peine. Un sourire en coin fleurit sur les lèvres du jeune homme, et la blondinette reprend la parole : «  Et qu'est-ce que tu vas y faire dans ton précieux ministère exactement ? » Le concerné hausse les épaules. Il ne sait pas encore ce qui l’attend et dans quelle section du ministère il pourrait travailler. Tout sera une surprise d’ici demain. « Je ne sais pas. Classer des papiers, arrêter des méchants, gérer le pays, le monde magique. Un truc de super sorcier quoi ! » Il essaie comme il peut d’user d’humour pour détendre l’atmosphère, mais il sent que ce n’est pas suffisant, qu’ils ne peuvent pas se quitter ainsi, sur une note de larmes et de déception. Détaillant Darya du regard, il fronce les sourcils un instant. Il encadre son joli minois de ses mains et essuie les dernières traces de larmes à l’aide de ses pouces. Il lâche un soupir, et lance : «  Je sais que tu m’en veux Dasha. Je sais que rien de ce que je  pourrais te dire ne sera suffisant pour que tu me pardonnes de partir comme ça. Mais, tout ira bien, tu verras. » Hàkan se doutait que ces derniers mots sonnaient faux, qu’il lui promettait quelque chose qui serait difficile à réaliser. Elle partait vers une situation difficile, et lui, il s’enfuyait pour vivre sa vie. Rien de ce qu’on avait pu prévoir pour eux, ou même, de ce qu’ils avaient pu imaginer de leur avenir étant enfants n’étaient en train de se réaliser. Tout partait à volo, et personne ne savait comment tout ceci allait se terminer. « Tu … tu pourrais rester avec moi, en Bulgarie. Tu n’arrangeras rien en Sibérie, c’est trop tard, ni toi, ni moi ni pouvons rien. Reste Dasha, reste avec moi. »



 
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Dernière édition par Hàkan Silaëv le Ven 20 Mai - 11:55, édité 1 fois
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Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Jeu 31 Mar - 20:54


How to say goodbye ?
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I have stood here before inside the pouring rain
With the world turning circles running 'round my brain
I guess I'm always hoping that you'll end this reign
But it's my destiny to be the queen of pain



Darya regarde Hàkan droit dans les yeux. Elle essaye vraiment, elle cherche, elle fait tout pour voir le bon côté, en vain. Tout ce qu'elle voit, la seule lueur, c'est son bonheur à lui. C'est à ça qu'elle essaye de se raccrocher tant bien que mal. La décision d'Hàkan est prise, et si elle est visiblement trop égoïste pour s'en réjouir, elle l'aime trop pour le retenir en arrière, dans un endroit qui l'a déjà rendu trop malheureux. « Je ne sais pas. Classer des papiers, arrêter des méchants, gérer le pays, le monde magique. Un truc de super sorcier quoi ! » Un tout petit rire forcé sort de sa bouche. Décidément, faire semblant s'avère plus dur que prévu. Bien sûr, personne n'est dupe, surtout pas Hàkan. Il la connaît trop. Elle baisse les yeux et se mordille la lèvre, honteuse d'avoir même essayé de faire semblant d'être contente pour lui. Plus tard, elle y arriverait. Pour l'instant c'est encore trop tôt, trop brutal pour que la jeune fille prenne assez de recul sur la situation. Elle sent les mains chaudes d'Hàkan entourer son visage et elle lève les yeux vers lui. «  Je sais que tu m’en veux Dasha. Je sais que rien de ce que je  pourrais te dire ne sera suffisant pour que tu me pardonnes de partir comme ça. Mais, tout ira bien, tu verras. » Elle retient un sanglot. Elle appuie sa joue droite contre sa main. Comment veut-il qu'elle lutte ? Comment veut-il qu'elle l'insulte, qu'elle le rejette maintenant ? Toutes leurs disputes ont toutes fini de la même manière. Elle ne peut pas lui résister. Doucement, elle serre ses bras entre ses mains froides. Elle ne veut pas le laisser partir. Elle ne veut pas qu'il la lâche.

« Tu … tu pourrais rester avec moi, en Bulgarie. Tu n’arrangeras rien en Sibérie, c’est trop tard, ni toi, ni moi n'y pouvons rien. Reste Dasha, reste avec moi. » Un instant, Darya ne réagit pas. Il faut quelques secondes avant de réaliser ce que la demande d'Hàkan implique. « Quoi ? » Elle redresse la tête, fronce les sourcils. Rester ici, en Bulgarie. Elle n'y a même pas pensé tant la chose paraît inconcevable. « Non Hàkan, je... » Un court instant, elle se laisse rêver. Rester ici, tous les deux, vivre sans pression, sans la peur d'un conflit. Ne pas avoir à se lever aux aurores pour aller effectuer toute sorte de tâches, ne plus être responsable que de soi-même. Darya secoue la tête. Tout lui revient en tête violemment. Elle chuchote presque. « Je peux pas faire ça. » Elle ne se permettra plus jamais de trahir sa communauté. Sa famille. Son devoir envers eux est bien trop important, elle ne pourra jamais l'effacer, plus depuis l'année dernière. Elle ne mérite pas de rester là avec Hàkan. Elle ne mérite pas d'être heureuse avec lui. « Je pense que tu as tort. » Elle était heureuse avec lui quand Esfir est partie faire des courses au village l'année dernière. Les sanglots remontent, les larmes menacent de tomber à nouveau. « Je pense que je dois retourner là-bas Hàkan. Tout ça c'est ma faute après tout. » Elle voit Esfir debout sur la glace. Une larme roule sur sa joue. Elle sert la mâchoire. « Je peux pas prendre le risque que ça se reproduise. Je ne mérite... » Le mot meurt dans sa bouche. Elle secoue la tête avant d'inspirer un grand coup. « C'est ma responsabilité maintenant. Je vais rentrer à la maison, Hàkan. Et je vais rester aussi longtemps qu'on aura besoin de moi. Parce que je peux pas laisser mes erreurs se reproduire. Et je ne peux pas les décevoir, encore une fois. » Elle resserre ses mains autour de ses bras, comme pour se donner du courage. Elle fixe ses yeux sombres. « Parce que je peux plus me regarder dans la glace... il va falloir que tu me laisse un peu de temps. » Elle prend les mains d'Hàkan dans les siennes. Elle commence à changer sa perspective. Elle commence à comprendre que c'est un mal pour un bien. Elle doit assumer les conséquences de ses actes, et elle doit le faire seule. Tout comme lui peut enfin se dégager d'un poids superflu. Il a raison.

Elle pose une main sur sa joue. « Mais toi. Toi Hàkan, tu n'as plus rien à faire là-bas. » Elle ravale sa fierté, comme elle ne l'a jamais fait. « Ça fait des années que tu maudit les vacances d'été. Tu étouffe là-bas. Cet endroit n'a plus rien à t'offrir. » Elle veut s'en persuader en même temps qu'elle le dit. Elle veut y croire. Elle le veut tellement fort que ça paraît tout comme. Elle en affiche même un vrai sourire. « Reste, Hàkan. Reste ici et ça ne changera rien. Je t'écrirai, et je penserai à toi tous les jours. » Elle hoche la tête, toujours souriante. Elle ne sait pas ce qui lui prend de dire tout ça. Elle a l'impression de perdre le contrôle, elle panique et sort juste ce qu'elle a sur le cœur. « Alors tout ce que t'as à faire, c'est juste décrocher ton travail, et être heureux. D'accord ? T'auras qu'à être heureux pour nous deux. » Le sourire de Darya tient le choc. La bonne humeur d'Hàkan a toujours été communicative. Vu ce qui l'attend en Sibérie, elle lui en prendrait bien un peu. Elle continue inlassablement de hocher la tête, mais ne le quitte pas des yeux. Elle détaille son visage, comme pour en garder un meilleure souvenir. Une larme coule à nouveau alors que plus loin, dans la gare, une voix annonce le départ prochain de son train.

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Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Dim 17 Avr - 15:30

how to say goodbye

I sleep to keep my mind at ease, I wander through a dream of what I once believed. No rest until we face the truth and draw it to the light.

Bulgarie – Juin 1997

Il sent les doigts de Darya enserrer ses bras. Se séparer d’elle est sans doute la chose la plus difficile qu’il n’ait eu à faire jusqu’à aujourd’hui. Ils avaient tous deux tellement l’habitude de passer tous leurs étés ensemble, de n’être jamais bien loin de l’autre. Des centaines de kilomètres allaient les séparer, Hàkan ne pourrait pas être là pour veiller sur elle. Alors si elle restait avec lui, tout s’arrangeait. Mais le jeune homme savait pertinemment qu’elle refuserait sa demande. Il la connaissait par cœur, elle voulait rejoindre leurs familles pour les aider. Même si Hàkan était persuadé qu’il n’y avait rien qu’ils puissent faire, la blondinette n’était pas du même avis que le sien. Il la vit hésiter un instant, comme si elle ne comprenait pas ce qu’il lui demandait. « Quoi ? » La jeune femme redressa son visage vers lui, l’interrogeant du regard. « Non Hàkan, je... » La réponse était fatidique, le concerné s’y attendait. Elle ne voulait pas abandonner les leurs. Elle était bien trop concernée par les malheurs de leur village. Il aurait voulu la convaincre de rester ici, avec lui, que tout serait bien plus simple ainsi. Seulement, au fond de lui, il savait que peu importe ce qu’il pourrait lui dire, elle partirait quand même. Darya secoue la tête, avant de murmurer : « Je peux pas faire ça. » Son cœur se serre, mais il ne dit rien. « Je pense que tu as tort. Je pense que je dois retourner là-bas Hàkan. Tout ça c'est ma faute après tout. » Après tout ce temps, elle porte toujours cette même culpabilité. Il n’était jamais parvenu à lui faire comprendre qu’elle n’y était pour rien, et que de ressasser le passé, ne lui ramènerait pas Esfir. Mais la douleur de Darya était bien trop profonde pour qu’il ne parvienne à apaiser ses maux. Une larme silencieuse coule le long de la joue de la jeune femme. Hàkan la fixe, silencieux, attentif. « Je peux pas prendre le risque que ça se reproduise. Je ne mérite... C'est ma responsabilité maintenant. Je vais rentrer à la maison, Hàkan. Et je vais rester aussi longtemps qu'on aura besoin de moi. Parce que je peux pas laisser mes erreurs se reproduire. Et je ne peux pas les décevoir, encore une fois. » Il sent ses mains qui s’accroche à lui un peu plus. Il n’est pas d’accord avec ses paroles, mais il ne se sent pas de la contredire. Elle le laisse partir, il peut en faire de même. Si cela peut lui permettre de se sentir mieux, d’effacer ses regrets, il ne peut pas l’empêcher de retourner en Sibérie. Leurs prunelles s’aimantent, un instant. Darya rajoute douloureusement : « Parce que je peux plus me regarder dans la glace... il va falloir que tu me laisses un peu de temps. » Muet, Hàkan ne répond pas. Elle vint attraper ses mains qui se trouvaient toujours autour de son visage, et lie ses doigts aux siens. C’est à contre cœur qu’il va devoir la laisser prendre ce train, la regarder s’éloigner de lui pour un temps indéfini. Il prend doucement conscience qu’il est incapable de recoudre ses cicatrices, et qu’elle a besoin de plus que de lui pour tourner la page. Doucement, elle pose sa paume contre sa joue, le regardant droit dans les yeux. Docile, il la laisse faire, restant silencieux. « Mais toi. Toi Hàkan, tu n'as plus rien à faire là-bas. » Etonné, il fronce les sourcils. Il pensait qu’elle lui en voudrait énormément de ne pas retourner chez eux, qu’elle ne voudrait plus lui parler pendant longtemps. Il pensait qu’elle le verrait comme un égoïste. Mais elle semblait comprendre son point de vue. « Ça fait des années que tu maudis les vacances d'été. Tu étouffes là-bas. Cet endroit n'a plus rien à t'offrir. » Hàkan ne sait plus quoi dire. Il est déconcerté devant le sourire qu’elle lui offre, comme si elle croyait réellement ce qu’elle lui disait. Il ouvre la bouche, comme pour dire quelque chose, mais rien ne sort de ses lèvres. Oui, il en était venu à détester la Sibérie, mais il avait bien survécu là-bas durant ces dernières années, grâce à Darya.

« Reste, Hàkan. Reste ici et ça ne changera rien. Je t'écrirai, et je penserai à toi tous les jours. » Tout allait changer pourtant. Il savait que sa famille le détesterait de ne pas revenir en Sibérie, que les Azarov le verrait comme un moins que rien, que Zakhar le prendrait pour un égoïste, et que Darya devrait survivre à cette querelle, seule. Elle ne perd pas son sourire, confiante. Il aurait simplement voulu qu’elle reste aussi, à ses côtés. « Alors tout ce que t'as à faire, c'est juste décrocher ton travail, et être heureux. D'accord ? T'auras qu'à être heureux pour nous deux. » Ses dernières paroles lui serrent le cœur. Il ne supporte pas de savoir qu’elle est malheureuse et qu’il est dans l’incapacité de changer cela. Son sourire est en contradiction avec ses mots, tandis qu’elle hoche plusieurs fois la tête, comme pour le convaincre qu’elle irait bien. Mais il sait que c’était tout le contraire qui l’attendait, et ça le rendait dingue de la voir aussi téméraire pour repartir en Sibérie où rien de bien ne l’attendait. Hàkan regarde derrière Darya, tandis qu’il entend l’appel pour son train au départ. Leur séparation est proche, et il n’a plus envie de la laisser partir.  Reportant son attention sur la blondinette, il lance : « Tu sais que rien de bien ne t’attend là-bas Dasha, mais … je sais que je n’arriverais jamais à te faire rester ici. Si tu changes d’avis, si c’est trop dangereux, tu reviendras en Bulgarie ? Promets le moi Darya. Promets-moi que tu reviendras ici si ça devient trop risqué en Sibérie. » Il la fixe, ne pouvant pas la laisser partir sans qu’elle ne lui promette de revenir vers lui. De nouveau derrière eux, on appelle pour le train direction Sibérie. Il secoue la tête, agacé, dépité. L’échéance est trop proche, et rien de ce qu’il pourra dire ne la retiendra. Il la voit ramasser ses valises par terre, et commencer à se diriger vers la gare, les yeux embués de larmes. Elle s’éloigne de lui, fatidiquement, s’apprêtant à lui tourner le dos pour rejoindre leurs familles. Au dernier moment, il attrapa son visage, et posa ses lèvres sur les siennes. Rien n’était prémédité, il ne l’avait pas embrassé depuis ses onze ans. Son cœur n’avait pas battu aussi fort depuis des années, peut-être même jamais. A présent qu’il l’embrassait, il se rendait compte que c’était comme une évidence. Ce n’était pas seulement parce que leurs parents avaient décidé de les fiancer dès leur naissance, c’était ce qu’ils étaient ensemble depuis des années. Il encadrait tendrement ce visage qu’il connaissait par cœur, laissant ses sentiments qu’il terrait en lui depuis si longtemps, s’exprimer. Hàkan finit par retirer ses lèvres des siennes, lentement, le cœur en vrac, et la respiration hachée. Ouvrant les paupières, il rencontra les prunelles noisette de Darya. Il retira ses mains de ses joues, et lança doucement : « Tu ne sais pas à quel point tu vas me manquer. J’aurais préféré que les choses soient différentes … »



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Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Mar 6 Sep - 23:46


How to say goodbye ?
Darkan




She's in a long black coat tonight
Wainting for him in the downpour outside
She's singing Baby come home in a melody of tears
While the rythm of the rain keeps time



Tout glisse entre les doigts de Darya. Le futur qu'elle pensait acquis et immuable s'efface devant ses yeux gonflés. La décision d'Hàkan n'est pas sans conséquence pour leur communauté. Elle imagine déjà les grand discours de son père sur la trahison et la lâcheté de son ami. Il ne serait jamais accueilli de la même manière par leur groupe, et le jeune homme le savait. Le plus dur à réaliser, c'est sûrement que cela importait peu à Hàkan qui n'allait pas revenir avant un moment... s'il revenait un jour.
Ces pensées font revenir les larmes dans les yeux de Darya. Elle ne veut pas, elle ne comprend pas. Rien de tout cela n'aurait dû arriver. Hàkan est une certitude, sa certitude. Il l'a toujours été. Le futur qui a été décidé pour elle, le futur qu'elle est sensée passer à ses côté, ce futur solide auquel elle s'est toujours accroché dans les moments difficiles. Ce futur qui s'émiette devant ses yeux. Elle secoue la tête machinalement avant de se mordre durement la lèvre, tentative désespérée de se réveiller de ce cauchemar. Mais tout ça est bien réel. Hàkan se tient devant elle, probablement pour la dernière fois avant un long moment.

« Tu sais que rien de bien ne t’attend là-bas Dasha, mais … je sais que je n’arriverais jamais à te faire rester ici. Si tu changes d’avis, si c’est trop dangereux, tu reviendras en Bulgarie ? Promets le moi Darya. Promets-moi que tu reviendras ici si ça devient trop risqué en Sibérie. »

Elle est incapable de nier. Sans lui, rien ne serait pareil là bas. Hàkan a toujours était celui qui la faisait rire, qui la calmait, la raison pour laquelle ses journées étaient presque trop courtes. Elle ne peut pas se mentir, il a toujours été son soleil. Sans lui leur petit village serait juste ce qu'il est : des maisons froides et sombres, plus inhospitalières que jamais. Darya baisse la tête. Elle n'a pas envie de lui promettre quoi que ce soit. Il ne le mérite pas. Enfermée dans sa boule de colère, elle sombre dans ses pensées négatives. Il ne doit vraiment pas l'aimer pour lui faire ça, pour l'abandonner aux mains des chamanes de leur communauté. Chez qui va-t-elle se réfugier quand tout ira mal, quand elle sera triste, quand elle aura peur, quand tout son monde s'effondrera encore et encore. Sa vie avec Hàkan défile devant ses yeux, et Darya se demande s'il sait. S'il est au courant de tout ce qu'il représente aux yeux de la jeune fille. S'il a conscience qu'il est le seul a avoir jamais séché ses larmes, le seul à avoir soigné ses blessures, le seul capable de lui donner autant de courage pour affronter son père chaque soir. Plus elle y pense, plus cela devient évident. Elle ne peut pas vivre sans Hàkan. Alors bien sûr, il n'y a vraiment plus rien qui l'attend là-bas, mais si son père lui a donné autre choses que des baffes, c'est bien le sens du devoir.

Darya déglutit alors qu'une nouvelle annonce résonne dans toute la gare. Elle fixe le visage d'Hàkan, le détaille un instant, comme pour essayer d'en avoir le meilleur souvenir possible. Elle ramasse doucement ses affaires et ravale une dizaine d'insultes qu'elle a envie de crier à Hàkan. Puisqu'il semble la détester à ce point, elle a décidé de lui rendre la pareil. Qu'il la laisse sur ce quai. Qu'il parte faire sa vie de minable avec ces crétins de bulgares pendant qu'elle se démène pour sa famille. Qu'il tombe amoureux d'une idiote comme lui et qu'il l'épouse. Elle n'en a rien à faire, ils seront bêtes et moches tous les deux. Qu'il s'achète une belle petite maison avec son travail pourri au ministère pendant qu'elle fera une partie de fléchette avec une vielle photo en espérant le plus fort possible qu'il ait vraiment mal. Et surtout qu'il l'oublie, qu'il ne pense plus jamais à elle, Darya de son côté, y arriverait sans aucun problème. Autant de mensonges qu'elle ne voudrait jamais voir se réaliser alors qu'elle s'apprête à partir, sans un mot. C'est bien plus facile comme ça.

Serrant bien fort la poignée de ses sacs, elle laisse une dernière fois les larmes embuer sa vue. Ce sont les dernières larme qu'elle pleurera jamais pour lui, elle se le jure. Elle part.
Mais avant d'avoir seulement pu tourner les talons les mains chaudes d'Hàkan encadrent son visage. Sans lui laisser le temps de réagir il plaque ses lèvres sur les siennes. Les sacs glissent des mains de Darya. Dans sa poitrine son cœur explose, il pourrait bien avoir quitter sa cage thoracique, mais elle s'en moque. Sans la moindre hésitation la jeune fille lui rend son baiser. C'est une évidence, ça paraît même la chose la plus naturelle que Darya ait jamais senti. Elle enroule ses mains autour de la nuque de son ami et passe une main tendre. Elle l'aime. Plus que toute autre chose elle l'aime, peut importe son futur, cette vérité là restera à jamais immuable.
Tandis qu'il décolle ses lèvres des siennes Darya redescend sur terre. Pendant ce baiser le bonheur était là, elle l'a senti. Une poignée de seconde plus tard la revoilà devant cette gare maudite. Elle regarde Hàkan droit dans les yeux.

« Tu ne sais pas à quel point tu vas me manquer. J’aurais préféré que les choses soient différentes … »

Ça fait mal. A l'intérieur le cœur de Darya bat toujours trop vite, mais au lieu de sortir il semble sombrer petit à petit dans ses entrailles. « Moi aussi. » Elle finirait par accepter la décision d'Hàkan. Elle n'aurait pas le choix. Attrapant la main de son ami, elle la sert fort quelques seconde avant de venir la recoller contre sa joue. Il allait tellement lui manquer. « Je te le promets Hàkan. Je ne les laisserai plus faire de mal à qui que ce soit. Une fois que je serai de retour dans les parages, ils seront bien plus en danger que moi, tu le sais. » Un sourire enfin cisaille le visage de la jeune Azarov. Triste grimace qui disparaît aussi vite qu'elle est apparue. Darya attrape alors brusquement le cou d'Hàkan et le sert fort contre elle. Elle savoure cet instant, prend une grande inspiration et se promet de ne jamais oublier son odeur. Sa bouche frôle son oreille, elle murmure. « T'as intérêt de m'écrire tout les jours Silaëv, ou je reviendrai exprès pour te briser les genoux. » C'est plus fort qu'elle. Incapable d'admettre le moindre sentiment à ce moment précis, la jeune fille relâche son étreinte. Elle essuie toute trace de larmes encore présent sur le visage et affiche un sourire faible. Faire bonne figure. Tenir le coup, au moins pour le moment. La blondinette ramasse ses bagages, cette fois elle doit partir. S'efforçant de sourire un peu plus, elle laisse Hàkan l'accompagner sur la bordure du quai. Elle lui lance un dernier regard tandis que les contrôleurs sifflent le départ imminent. Un regard plein de tendresse et d'affection, peut-être le plus doux regard qu'elle ait jamais été capable de faire. « On se voit bientôt, Hàkan ! »
Incapable de savoir si cet engagement serait respecté, Darya monte dans le train. Dans leur cas, le mot « bientôt » risquait de désigner une période longue, trop longue. Elle ne sait pas. Elle ne sait pas ce que l'été lui réservera. Elle ne sait pas si elle reviendra à Durmstrang l'année prochaine. Elle ne sait pas si elle le reverra dès l'automne. Seule dans son compartiment. Elle sait qu'il est là dehors, et qu'elle s'en va. En le regardant une dernière fois alors que le train démarre, elle sait qu'elle quitte sa chance d'être heureuse. Maintenant qu'elle est seule, Darya craque. Les larmes ne semblent jamais s'arrêter de couler. Elle part. Et le trajet jusqu'à la Sibérie est encore bien long.  

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Statut du sang : Sang-pur. Messages : 129Date d'inscription : 02/01/2016Localisation : Perdu à Domovoï's Rock.
Ҩ Re: How to say goodbye ? ◣ Darkan Ҩ Mar 7 Mar - 15:15

how to say goodbye

I sleep to keep my mind at ease, I wander through a dream of what I once believed. No rest until we face the truth and draw it to the light.

Bulgarie – Juin 1997
Il ne regretta pas une seule seconde son geste. Il aurait certainement dû l’embrasser plus tôt, lui faire part de ses sentiments bien avant cette maudite journée. C’était le baiser de la dernière chance, une sorte de baiser d’adieu cruellement douloureux, auquel il ne parvenait à se résoudre.  Il l’aimait, bien plus que ce qu’il avait toujours prétexté. Ils avaient grandi ensemble, et alors qu’ils auraient pu se comporter seulement comme frère et sœur, une affection plus forte, une attraction plus grande avait évoluée entre eux. Hàkan ne pouvait le nier, sans Darya la vie n’avait pas vraiment de saveur. Et même s’il prenait la décision la plus difficile de sa vie, il savait qu’il ne le regretterait pas. Darya pouvait rentrer une dernière fois en Sibérie, essayer d’arranger les choses et faire son deuil une fois pour toute, mais ensuite ils devaient être ensemble. C’était la suite des choses, même si ce n’était pas en Sibérie qu’ils devaient vivre, même s’ils ne le faisaient pas de la façon dont leurs parents l’auraient voulue, ils finiraient ensemble, c’était une évidence.

Son regard glisse sur le visage de la blondinette. S’il s’écoutait, il l’embrasserait de nouveau et ne la laisserait plus partir. L’ambiance est d’une tristesse affligeante, comme si tout ce qui se trouvait autour d’eux, aidait à rendre cette scène encore plus douloureuse qu’elle ne l’était. « Moi aussi, répond-elle. » Entendre sa voix brisée lui répondre, lui serre le cœur. Il ne supporte pas de la voir triste, surtout s’il est seul fautif. Doucement, elle attrape sa main, et la presse fort entre ses doigts fins. Puis, elle vient la poser contre sa joue rosie. Hàkan la laisse faire, glissant légèrement son pouce sur sa peau. «Je te le promets Hàkan. Je ne les laisserai plus faire de mal à qui que ce soit. Une fois que je serai de retour dans les parages, ils seront bien plus en danger que moi, tu le sais. » Elle sourit. Mais Hàkan la connaît trop bien pour se laisser avoir. Elle se force, elle s’oblige à lui dire au revoir alors qu’il sait qu’au fond, elle lui en veut énormément. Darya prend sur elle, et il ne sait pas si c’est une bonne chose ou non. Certes, il n’a aucune envie de se disputer avec elle à cet instant précis, mais il ne tient pas à ce qu’elle le haïsse une fois qu’elle retournera chez eux. Soudain, elle attrape son cou, et le tire contre elle, dans une dernière étreinte qui semble désespérée. Il voudrait la consoler, lui dire que tout ira bien, qu’ils n’auront pas le temps de se dire au revoir, qu’ils se retrouveront déjà. Seulement, ce serait lui mentir. Il était incapable de savoir quand ils se reverraient, il espérait à la rentrée prochaine, quand Darya reviendrait pour ses études, mais il ne savait pas encore où il serait à ce moment-là. Il la serre contre lui fermement, et la jeune femme lui murmure au creux de l’oreille : «T'as intérêt de m'écrire tous les jours Silaëv, ou je reviendrai exprès pour te briser les genoux. » Malgré la situation, il sourit. Il reconnaît sa Dasha. Lentement, elle se détache de lui. Elle va partir. Darya ramasse ses affaires, un mince sourire sur ses lèvres. Le visage d’Hàkan reste fermé, ne la quittant pas du regard. Il se sent incapable de rajouter quoi que ce soit, malgré le moment fatidique qui approche, il sait que plus rien de ce qu’il pourrait dire ne changera les choses. Il  a pris sa décision, il doit assumer son choix, aussi douloureux soit-il.

Ils se dirigent vers le train, il traîne le pied, grattant encore quelques malheureuses secondes en sa présence. Le contrôleur sonne le dernier appel. Avant de monter dans le train, elle se retourne vers lui, plante son regard dans le sien, et lance : « On se voit bientôt, Hàkan ! » Puis, elle disparaît. Il la suit du regard autant qu’il peut par les fenêtres, mais la perd de vue. Son cœur se serre, le train démarre lentement, et il se retrouve seul sur le quai. Son dernier rayon de soleil vient de partir, et c’est la grisaille qui l’entoure tristement.

**


27 novembre 1997, Sofia



Ma Dacha,

Mes lettres restent sans réponses, et je sais que tu m’en veux terriblement. Je ne doute pas une seule seconde que tu ne répondras pas non plus à cette lettre-ci, je ne sais même pas si tu prends la peine de les lire.

Mon père me tient informé de ce qu’il se passe en Sibérie. Tu aurais dû retourner à Durmstrang Darya, tu n’as pas ta place en Sibérie, tu ne pourras pas résoudre tous les problèmes de nos familles. Pense à toi, pense à ton avenir. On est trop jeunes pour s’enfermer dans des guerres qui remontent à des centaines d’années et qui ne nous concernent plus. Ce n’est pas de l’égoïsme, cela ne signifie pas que tu renies tes racines, seulement que tu as besoin de prendre tes propres décisions. On ne nous a pas envoyés à Durmstrang pour revenir vivre en Sibérie après nos études, on nous a envoyés là-bas pour justement vivre autre chose. Il n’y a pas que le chamanisme aujourd’hui, c’était une autre époque. J’aimerais que tu reviennes en Bulgarie, que tu finisses tes études, et que je puisse te revoir.

C’est si simple de vivre ici, mon travail au ministère est enrichissant, et il ne manque que toi. On serait si bien tous les deux ici Dacha. Tu sais que je prendrai soin de toi, comme c’était prévu depuis le début.

Réponds-moi s’il te plaît. Tu me manques,


Hàkan.






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I know places we can go, babe. The high won't fail here, no, the high won't hurt here. Don't ask me how but ask me where. There is a road, there is a way. There is a place. Now won't you lay and wait. Wait on me.




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How to say goodbye ? ◣ Darkan

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