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 We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory

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HOMINUM REVELIO ϟ
Statut du sang : Pur depuis des siècles, les Bàthory sont une des familles les plus respectées et illustres de Hongrie.Messages : 274Date d'inscription : 06/09/2015Localisation : Planquée dans un coin de la salle de réception.
Ҩ We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory Ҩ Mer 23 Déc - 0:19



we must be killers ♆


" I woke up I was stuck in a dream. You were there you were tearing up everything. We all know how to fake it baby, we all know what we've done."



Des reflets mordorés ondulaient à la surface du lac de Brume. L'hiver s'en allait timidement, laissant derrière lui les ravages causés par ses caprices. Sur les arbres dénudés commençaient à apparaître quelques bourgeons, promesse de renouveau. Des troncs gisaient ça et là à l'orée de la forêt, sans doute n'avaient-ils guère pu résister aux bourrades féroces du vent du Nord. Eventrés, ils attendaient que la nature fasse son oeuvre ; rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. C'était ce qu'on apprenait, pas vrai? Cela semblait d'une logique imparable pour le petit bout de femme qui lisait adossée contre un immense rocher. Entre deux pages, son regard se perdait dans l'horizon brumeux d'où se détachaient quelques formes abstraites. On devinait les contours du port de Domovoï's Rock, l'île maudite. A cette pensée, la demoiselle sourit tristement. Elle se souvenait avec amertume des après-midis passées à fuir la surveillance de sa mère, rusée et intrépide. Elle se faufilait jusqu'au bureau, soit la pièce adjacente, pour se caler contre la grande fenêtre. Cachée derrière les rideaux pourpres, l'enfant collait son visage contre le verre froid, comme si elle voulait embrasser le paysage qui se dessinait devant elle. Combien de fois ne s'était-elle pas échappée, s’écorchant les coudes et les genoux dans ses aventures périlleuses. Au final, Timea revenait toujours la chercher avec cet air sévère qu'elle ne réservait qu'à elle. Peut-être que si elle s'était tenue tranquille, sa mère l'aurait aimée autant que ses soeurs. Laissant échapper un soupir, Narcisza se surprit à jalouser ceux qui, se pensant pris au piège sur leur île natale, ce bout de terre qui avait toujours été chez eux, ne sauraient jamais à quel point ils avaient tort de rêver d'ailleurs. Elle ferma les yeux, traçant à la craie les contours de cette chambre qu'elle connaissait par coeur. Derrière ses paupières closes, ses souvenirs reprenaient vie.
Une bourrasque lui gifla le visage et elle se réveilla en sursaut. Son livre était tombé à côté d'elle lorsqu'elle s'était laissée emporter par la fatigue. Une crampe lui barra le ventre quand elle se redressa, elle devait avoir attrapé froid. Glacée, Narcisza s'empressa de rassembler ses affaires et courut jusqu'au château, le livre serré contre sa poitrine. La lumière déclinante annonçait la venue du crépuscule ; elle ne put retenir un frisson en dardant sur la lune naissante un regard lourd de sens. La nuit, tous les monstres refaisaient surface. Et la jeune hongroise en connaissait beaucoup, malheureusement pour elle. D'un geste décidé, elle poussa la grande porte en bois massif qui barrait l'accès au château. Un instant, elle crut qu'elle était verrouillée mais en poussant plus fort, sa crainte se dissipa. Il était hors de question qu'elle reste coincée à l'extérieur, seule dans les ténèbres. Sa respiration redevint plus régulière tandis qu'elle s'engouffrait dans les couloirs mal éclairés de Durmstrang.

Un chiffre surgit dans ses pensées, comme un requiem désespéré. Sept, le sept mars. Une ombre passa sur son visage, elle se renfrogna. Comment ne s'en était-elle pas aperçue plus tôt? D'ordinaire, elle portait une grande attention à ce genre de détails chargés de sens. C'était la tradition, et les Bàthory aimaient les traditions. Légère comme un fantôme, elle bifurqua vers l'Aile Ouest. Cette coïncidence l'avait toujours fascinée, le Destin avait des façons bien étrangères de se manifester. Lorsqu'elle avait entendu parler pour la première fois de cette pièce mystérieuse renfermant le puits à voeux, sa curiosité avait été émoustillée. Sa localisation l'avait davantage confortée dans son idée ; c'était un signe, elle était prédestinée à s'y réfugier une fois par an pour répéter les mêmes gestes. Une porte se matérialisa devant elle, elle entra. Cela lui rappelait sa demeure ancestrale, l'Aile Ouest du château de Čachtice. L'obscurité n'était chassée que par les reflets mystiques de l'eau du puits. Envoûtée, Narcisza s'approcha. Elle savait ce qu'elle avait à faire.
Sereine, elle dégaina sa baguette pour faire apparaître une dague au creux de sa paume. Elle en connaissait les moindres détails tellement elle lui était familière. L'arme semblait chaude dans sa main, c'était comme si tout ce sang qu'elle avait bu lui avait donné vie. Un instant, l'Iceberg crut la sentir vibrer. Le sang appelle le sang. D'un geste expert, elle releva sa manche et vint entailler la chair de son poignet. Elle rouvrait toujours la même blessure, encore et encore. Une autre cicatrice blanchâtre viendrait bientôt s'ajouter à l'endroit où elle s'était maintes fois entaillée. Un liquide vermeil glissa sur sa peau translucide, coulant jusqu'à l'extrémité de ses phalanges. Quelques gouttes tombèrent dans l'eau du puits, accomplissant le sempiternel rituel. Le regard de la jeune Bàthory était indéchiffrable. La surface se mit à miroiter d'une façon étrange, auréolant la pièce d'une myriade de rayons argentés. En cet instant, il était facile d'oublier la noirceur de la magie que Narcisza venait d'invoquer. C'était comme si des milliers d'étoiles se reflétaient dans ses yeux sombres, le charme était d'une puissance infinie. Beauté trompeuse, mais c'était presque toujours le cas.
Narcisza se pencha au-dessus du puits, l'air soudain grave, triste. Cristalline, sa voix s'éleva dans les airs comme un doux murmure. « Joyeux anniversaire, maman. » Ce sang, je le fais couler pour toi, comme chaque année depuis ton départ, avait-elle envie d'ajouter. Mais cela lui semblait toujours superflu, aucun mot ne pouvait rendre compte de tout ce que ce geste, aussi morbide fut-il, signifiait pour leur famille. Elle savait qu'aux yeux de Timea, recevoir ce présent de la part de sa fille était le plus beau cadeau qu'elle puisse lui offrir. Elle n'oubliait pas ; elles n'oublieraient jamais. L'image des boucles brunes d'Eniko et du sourire tendre de sa jumelle se dressèrent dans son esprit, elle pouvait presque sentir leur présence. Comme autrefois, elles semblaient heureuses, entières. Il n'y avait eu qu'une seule personne capable de leur faire ressentir un tel amour, et cette personne n'était plus de ce monde.

C'était sans doute stupide de venir ici chaque année le jour de son anniversaire, de se faire saigner et de repartir sans faire le moindre vœu. Tout ce qu'elle désirait, aucun puits ni aucune magie ne pourrait jamais le lui apporter. Elle était condamnée à vouloir quelque chose qui ne faisait que lui échapper un peu plus chaque jour. Fermant les yeux, elle porta son poignet à ses lèvres et aspira le sang qui perlait encore sur sa peau en porcelaine. Sous la lumière argentée, Narcisza semblait dénuée de couleurs. On aurait dit une vieille photographie en noir et blanc. Renonçant à soigner la marque de son sacrifice, elle tourna les talons et manqua de sursauter en apercevant une silhouette campée dans l'embrasure de la porte. Depuis combien de temps l'observait-elle? Impassible, l'Iceberg lui lança un regard intense, transperçant. « On dirait que tu as vu un fantôme, lâcha-t-elle avec indifférence. » Arabella s'efforça de retrouver une contenance, balayant l'expression de surprise qui lui avait barré le visage l'instant précédant. C'était ce qu'elle savait faire de mieux dès qu'elle se retrouvait face à Narcisza, masquer ses émotions. Cette dernière ne prit même pas la peine de camoufler son poignet encore sanguinolent, se contentant de la regarder avec insistance. Malgré son attitude glaciale, elle sentait son coeur battre plus fort que jamais.

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Dernière édition par Narcisza Báthory le Sam 14 Jan - 16:22, édité 5 fois
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Statut du sang : Irrévocablement pur et mauditMessages : 229Date d'inscription : 31/10/2015Localisation : Into darkness...
Ҩ Re: We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory Ҩ Jeu 7 Jan - 17:37

» we must be killers

― Arabella & Narcisza ―


“ ― I woke up I was stuck in a dream. You were there you were tearing up everything. We all know how to fake it baby, we all know what we've done. „

Elle était loin, loin de toute pensée, de toute lucidité... Son esprit voguait dans un néant auquel elle ne pouvait échapper et elle savait à présent que cette situation était permanente. Malgré l'ombre qui recouvrait son cœur et son âme, elle ne regrettait pas le geste qu'elle avait choisi des années auparavant. Sans aller jusqu'à dire qu'elle en était fière, elle se sentait simplement responsable et les choses étaient mieux ainsi. A leurs places. Les yeux perdus dans la contemplation des braises rougeoyantes de l'âtre du QG de son clan, la jeune femme s'était laissée hypnotisée par le balais des flammes jusqu'à ce qu'elle finissent pas rendre leur dernier souffle et ne vivent plus qu'à travers ces derniers morceaux de bois crépitants des leurs râles d'agonie. Pendant tout ce temps, elle avait ignoré tous ceux qui lui parlaient et son esprit s'en était allé vogué dans des souvenirs qu'elle adorait autant qu'elle aurait préféré oublier. Bien incapable d'un tel affront envers ceux qu'elle aimait, elle se contentait de subir ces remontées soudaines du passé, qui venaient la hanter de plus en plus fort, de plus en plus violemment et intensément au fur et à mesure que les jours s'écoulaient au fil des saisons.

Arabella vouait une passion et une dévotion sans limite à sa famille et elle avait toujours été du genre protectrice. Trop peut-être... Un verdict qui ne faisait plus de doute, lorsqu'on savait que ses sœurs lui adressaient à peine la parole à ce jour, ou simplement par politesse... Au fond, cela facilitait la tâche de la demoiselle, qui pouvait plus aisément garder enfoui ses secrets, ses mensonges et ces méfaits. Être confrontée à ses sœurs en permanence aurait sans nul doute rendu la tâche bien plus ardue et malgré sa force de caractère, elle savait qu'elle n'aurait pas tenu très longtemps face à l'air angélique d'Eniko et au yeux profonds et envoûtants de Narcisza. La pensée de ses deux sœurs lui enserra le cœur et elle repensa à leurs jeux interdits dans le château où elles avaient grandies... Malgré ses réticences, Arabella finissait toujours pas suivre sa jumelle, souvent par précaution et pour être sûre qu'elle ne se fourre pas dans des situations désastreuses... Eniko était contrainte – mais souvent ravie – de suivre le mouvement, afin qu'Arabella puisse garder un œil sur elle-aussi. Au fond, cette excuse lui avait toujours valut les meilleurs moments avec ses sœurs et alors que ses troubles pensées lui noircissait l'âme, un sourire vint étirer le visage de la jeune femme. Aussi vif que l'ombre d'un nuage passe au dessus d'un rocher, il disparu et se fondit dans le paysage ténébreux du visage de la sorcière.

Les dernières braises finirent de s'éteindre, agonisant et rendant leur dernier souffle dans un mince filet de fumée. La lumière s'éteignit aussi dans le cœur d'Arabella. Elle s'était levée avec la certitude que ce jour serait lourd et emplit de noirceur, comme chaque année à la même période... mais cette année c'était pire encore. Incapable de rester immobile à ruminer plus longtemps, elle se leva brusquement, ignorant les regards étonnés tournés vers elle. Si habituellement elle répondait aux siens par des sourires, cette fois elle se contenta de tourner les talons en faisant mine de rien et sortit de la pièce pour aller se rafraîchir dans les couloirs frais de Durmstrang. Inspirant une goulée d'air imprégné des restes glacials d'un hiver sur la fin, elle sentit son âme revivre un peu. La chaleur du QG et de la cheminée lui étaient montés à la tête et elle se sentait mieux à enfin bouger et se rafraîchir. Son état catatonique et ombrageux n'en demeurait pas moins et la demoiselle ne cessait de voir son visage mort derrière ses yeux dont elle retenait les larmes depuis bien longtemps...

Ses pas la portèrent plus loin qu'elle ne l'aurait cru et elle s'arrêta devant l' Infirmerie. La porte, entrouverte, lui offrait une vue sur un lit immaculé où était allongé une jeune femme... Arabella, curieuse, se rapprocha doucement de la porte et observa la malade avec d'un air hypnotisé, presque malsain. Soudain, l'alitée la repéra et se tourna vivement vers elle. A peine eut-elle le temps de définir les contours du visage famélique et cireux de sa mère que déjà la réalité s'imposait. Arabella recula et se plaqua contre le mur à côté de la porte, le cœur battant. Elle ferma les yeux un instant, comme si cela allait lui faire oublier ses accès de folie. Après quelques secondes, elle s'éloigna de l'Infirmerie à grandes enjambées, sans oser à nouveau regarder par la fente de la porte. Quelques mètres plus loin, elle remarqua une autre porte légèrement ouverte, qu'elle n'avait pas l'habitude de voir, mais qu'elle connaissait malgré tout. Sa méfiance et le désagrément précédent lui dictaient de passer son chemin et d'ignorer cette porte mais une force intérieur et irrépressible attiraient la jeune femme vers cette porte. Celle du puits à souhaits. Jamais elle n'y avait fait de souhaits et jamais elle n'en ferait, question de principe.
Lentement, elle s'approcha de l'entrée du lieu magique et poussa la porte de bois avec le plus de délicatesse possible. Son regard se perdit dans le noirceur de la petit pièce mais bientôt, elle repéra une silhouette, simplement éclairée par les rayons du puits. Sa peau semblait aussi fragile et terne que le papier d'un journal mais les traits de son visage lui étaient familiers et il ne fallut pas plus d'une seconde à Arabella pour reconnaître sa jumelle. Incertaine et désireuse de ne pas refaire la même erreur que pour la demoiselle de l'infirmerie, elle se détourna et revint poser son regard sur Narcisza, car il s'agissait bel et bien qu'elle. Une dague à la main, elle la vit s'entailler le poignet, laisser couler quelques gouttes de son sang maudit dans le puits et prononcer des mots qui glacèrent le cœur de l'Ombre tapie dans l'ombre. Elle aussi n'avait pas oubliée ce jour funeste qui les hantait chaque année... La seule différence était que l'Iceberg, contrairement à sa sœur, était au courant d'une vérité erronée...

Alors qu'Arabella pensait à ce mensonge et à ce qu'il représentait, elle sentit un regard posé sur elle. Revenant à elle, elle croisa les yeux froids de sa jumelle, dont le poignet saignait encore de son sacrifice macabre. Perdue et désorientée, l'espionne tenta de retrouver une contenance.«  On dirait que tu as vu un fantôme...  »Confrontée ce jour là à sa sœur alors qu'elles parlaient si peu au quotidien rendait tout étrangement ironique. C'était comme une mauvaise blague crachée par le destin et Arabella se sentait prise au piège. Désireuse de paraître... normale, elle répondit machinalement à celle dont elle était autrefois l'âme sœur et qui aujourd'hui lui semblait une étrangère. « En quelques sortes... » Elle avait toujours été vague. Arabella n'aimait pas trop s'ouvrir aux autres et préférait garder ses sentiments enfouis. Bien qu'elle ai une envie folle de se jeter sur Narcisza pour la serrer contre elle à lui en briser les côtes, elle se retint, serrant les poings pour résister.

Elle s'avança mécaniquement vers sa sœur et s'arrêta à environ un mètre d'elle. Elle la contempla imperceptiblement quelques microsecondes, songeant qu'elle avait énormément changé, tout en étant restée elle-même... Un paradoxe qu'elle aurait aimé valable pour elle-aussi... Arabella tenta un mince sourire. Elle avait besoin de de soigner le poignet ensanglanté de sa jumelle, c'était ce qu'elle aurait fait, en temps normal. Elle se retint aussi pour ça et tenta vainement de ne pas fixer trop ostensiblement l'objet de ses convoitises. Afin de s'en détourner, elle perdit son regard dans le puits à souhaits, où le filet de sang qui lui avait été offert avait été totalement dissout... Le silence devenait pesant et Arabella ne se retint pas de poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'elle avait surprise sa sœur en ces lieux mystiques : « A quoi ça sert de se mutiler si ce n'est pour faire aucun vœu ? Cela t'arrive souvent de faire ce genre de choses inconsidérées ? Tu pourrais... tu pourrais soigner la plaie... » Éviter que ça s'infecte. Éviter de te mettre en danger en soignant cette entaille avant que l'on ai besoin d'aller dans cette foutue infirmerie à deux pas, remplie de personnes étranges aux visages de mort, qu'elle aurait voulut lui hurler. Elle n'en fit rien, se contentant de supplier du regard sa sœur de suivre son conseil/ordre indirect avant qu'elle ne succombe et se jette sur elle pour le faire elle-même. L'idée de traficoter dans sa tête pour qu'elle l'écoute lui vint à l'esprit mais elle s'était interdit de le refaire à elle et Eniko depuis... le mensonge éhonté.




― made by hope ―

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Just because we check the guns at the door doesn't mean our brains will change from hand grenades. you'll never known the psychopath sitting next to you. you'll never known the murderer sitting next to you. you'll think, 'how'd I get here, sitting next to you?'. but after all I've said, please don't forget. +heathens


bloody bàthory:
 
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Ҩ Re: We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory Ҩ Mer 9 Mar - 17:42



" I woke up I was stuck in a dream. You were there you were tearing up everything. We all know how to fake it baby, we all know what we've done."



Face à sa jumelle, Narcisza devait affronter le tourbillon de souvenirs qui faisait rage dans ses pensées. Dévastateur, il filait à toute allure, n'épargnant rien ni personne. C'était comme si chaque mot, chaque nom, chaque paysage était imprégné du poison de cette nostalgie détestable. Elle voyait au-delà d'Arabella ; elle retrouvait les rires étranglés d'une enfance perdue, les saveurs caramélisées d'un Dobos sortant du four, les flocons de neiges qui venaient se coller contre la fenêtre de leur petite chambre. Un monde fantastique se dessinait au fond des pupilles de sa soeur, un univers saccagé par la mort, les silences et le temps qui était passé trop vite. Narcisza connaissait par coeur la douleur de ce manque qui lui dévorait le coeur, mais elle savait qu'aucun vœu ne pourrait jamais lui rendre ce qu'elle avait perdu. Cette époque était bien loin, à présent. Les trois petites filles s'étaient volatilisées sans faire de bruit, et même si on pouvait encore voir leurs traces de pas enfoncées dans la neige, ça ne menait nulle part.
Alors malgré les regrets, malgré son envie de lui hurler au visage toute sa frustration, l'Iceberg n'en fit rien. Elle demeura impassible, considérant son autre d'un regard impénétrable. Parce que c'était plus facile de faire comme si c'était fichu d'avance, c'était plus facile de se taire et se frôler, plutôt que d'entrer en collision et d'éclater en morceaux. Oui, c'était plus facile comme ça. Et puis, c'était trop tard. « En quelques sortes... » Oui, c'était trop tard. Arabella s'en fichait. Arabella n'avait jamais levé le petit doigt pour elle. Jamais. Autrefois, il y avait ce regard bienveillant qui ne cessait de lui brûler le dos, de lui incendier les ailes. C'était fini depuis longtemps, l'Ombre avait cessé de s'intéresser à sa jumelle malgré chacune des tentatives de cette dernière pour essayer de grappiller quelques miettes de son attention. Si ça n'avait jamais fonctionné jusqu'à présent, ça ne fonctionnerait pas plus aujourd'hui.

Le regard d'Arabella vint pourtant lui lécher le poignet, éveillant en elle un sentiment qu'elle avait tenté d'enterrer dans le cimetière de l'oubli. L'espoir est cruel, parce que ce que l'espoir promet, la déception peut le reprendre. Les désillusions, voleuses de promesses, avaient tendance à piocher dans le trou béant qui lui creusait la poitrine. A trop y croire, elle avait fini par laisser les rapaces repartir avec des morceaux de ce coeur dont elle ne voulait même plus. Et pourtant, après qu'un ange fut passé, il caressa les joues de Narcisza avec une tendresse infinie.  « A quoi ça sert de se mutiler si ce n'est pour faire aucun vœu ? Cela t'arrive souvent de faire ce genre de choses inconsidérées ? Tu pourrais... tu pourrais soigner la plaie... » Silence brisé par le départ de cet ange déchu. Ah, ce vil tentateur! Comme il était facile de retomber dans les rouages d'un cercle aussi vicieux que celui-là. Narcisza savait que se raccrocher à sa famille ne lui avait jamais apporté qu'une indissociable folie, dont elle venait à peine de se débarrasser. Mais les restes du cadavre étaient encore chauds, éparpillés sous ses pieds. Parfois, elle oubliait même que ses fantômes étaient morts. Alors elle ne devait pas être si naïve, elle ne le serait pas. « Je crois que ce n'est pas le genre de plaie qui puisse se refermer un jour. » De toutes façons, elle ne devait pas croire aux signes divins. Les Báthory avaient depuis longtemps été punis par les dieux.
Le sang glissait le long de sa peau, une odeur de fer vint lui chatouiller les narines. Des gouttes carmines s'écrasaient sur le carrelage, et Narcisza laissait faire. Elle voulait que sa jumelle se brûle la raison à force de fixer la plaie, qu'elle cède, qu'elle la secoue comme une poupée de chiffon et qu'elle lui hurle qu'elle n'en pouvait plus de la voir se bousiller comme ça. Toujours à se mutiler, à se cogner contre les murs, à ingurgiter des potions troubles pour s'embrumer l'esprit. Allez, Arabella, dis-moi que tu veux de moi. Dis-moi que j'existe encore un peu pour toi. Dis-moi.

Le silence s'intensifia, on pourrait presque le couper au couteau. Arabella ne bougeait pas, et Narcisza ne la regardait plus. Elle était écoeurée de cette situation, dire qu'elle avait presque voulu craquer, qu'elle avait presque failli y croire. Ses sentiments pour ses soeurs étaient sa perte. Comment deux si petits êtres pouvaient compter autant? Comment Arabella pouvait prendre tellement de place dans son coeur, alors qu'elle n'était certainement plus dans le sien? Elle se mit à fixer le vide, comme pour le faire entrer en elle. Elle n'avait pas encore compris qu'il y était déjà. Elle s'imaginait que, parce qu'elle était chamboulée par le silence de sa soeur, ça signifiait quelque chose. Mais ça ne voulait rien dire, ça ne voulait pas dire qu'elle était vivante. Ça voulait à peine dire qu'il y avait encore quelqu'un capable de ressentir de l'amour, sous cette carapace d'indifférence. Seulement, Narcisza faisait tout de travers. Alors son amour devenait regret, rancoeur, rage, et il finirait haine, à n'en pas douter. « De toutes façons, tu es trop aveugle pour voir que chaque cicatrice, chaque hématome, chaque égratignure, c'est toi qui me les fais. » Un semblant de sentiment, un millimètre de son coeur qu'elle lui offrait sur un plateau d'argent. Prêt à se faire écraser, prêt à se heurter à son silence. Encore et encore, Arabella s'en ficherait et Narcisza se laisserait crever jusqu'à ce qu'elle lui arrache un regard inquiet, un geste rassurant, n'importe quoi. Elle se viderait de son sang pour le lui donner à boire, parce que c'est ce que les Báthory font. Ils se sacrifient pour ceux qu'ils aiment.


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Dernière édition par Narcisza Báthory le Sam 14 Jan - 16:23, édité 3 fois
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Ҩ Re: We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory Ҩ Mer 30 Mar - 18:48

» we must be killers

― Arabella & Narcisza ―


“ ― I woke up I was stuck in a dream. You were there you were tearing up everything. We all know how to fake it baby, we all know what we've done. „

C’était comme regarder le soleil en face… si beau, si pur, si lumineux. Une envie irrépressible, malgré la folie de ce geste, la brûlure à l’arrivée, le danger qui heurte une réalité déjà douloureuse. Narcisza était son soleil. Elle la désirait autant qu’elle savait ce désir interdit. Et elle se maudissait pour ça. Elle se maudissait d’être si faible. Résister ne faisait qu’aggraver les choses, et elle l’impression de se faire lacérer de l’intérieur à fixer sa sœur ainsi sans céder à ses pulsions et l’enserrer si fort qu’elle l’en aurait sans doute étouffée.

Le sang carmin inondait son champ de vision, et son regard ne voyait que ce vermeil qui s’échappait du corps de l’Iceberg, comme la vie au fil du temps… Captivée par cette vision à la fois effrayante et hypnotique, Arabella sortie de sa torpeur lorsque la voix de sa sœur vint briser le silence. Son ton, claquant dans le vide, était venimeux, malgré le désespoir qu’on pouvait y déceler. « Je crois que ce n’est pas le genre de plaies qui se referme avec le temps… » Tant de sous-entendus. Tant de vérités. Arabella frissonna et sentit son cœur rater un battement. Narcisza avait toujours été à part et un jour, son cœur avait cédé à une noirceur qui aujourd’hui lui était épargnée, grâce à sa jumelle. Cette dernière aurait crue que la plaie aurait cicatrisé depuis le temps… mais à voir la jeune femme si sombre et si morne face à elle prouvait bien le contraire.

Arabella savait que les choses n’avaient jamais été simples pour sa jumelles, mais en vérité, elle n’avait pas été la seule à subir une enfance houleuse et pleine d’interrogations et de vérités que des enfants n’auraient jamais du connaître. Seulement elles étaient là, telles qu’elles, et rien ni personne à part elles-mêmes ne pouvaient y changer quelque chose aujourd’hui. Si ce n’était ce mensonge qui les liait. L’Ombre releva la tête de la coupure sur le poignet de sa sœur et elle plongea ses yeux dans les siens.

« Mais, ne résistant pas à l'intense chaleur de l'astre, la cire de ses ailes se mit à fondre »

« Je sais ce que tu penses… et je le regrette. Mais il le fallait. C’était la seule chose à faire. Je voulais seulement vous protéger, Eniko et toi… Mais visiblement tu es incapable de le comprendre, aujourd’hui encore. »

Nul n’aurait su dire si la jeune femme s’excusait pour son mensonge ou si elle jouait la comédie de la fille désolée d’avoir assassiné sa mère et tentant de se justifier tant bien que mal. Ses reproches n’étaient que des façades. Une manière bien à elle de se sortir de situations sans avoir l’air maladroite, faible ou dévorée par la culpabilité et la tristesse. Elle avait toujours été ainsi, et sa place chez les Ombres n’était pas volée. Arabella incarnait ce qu’elle était et une fois encore, elle s’en sortait par un vil mensonge ; une pirouette habile qui lui dévorait l’âme, en lui la soulageant tout à la fois. Elle ne savait qu’agir ainsi, et défendre sa gamelle par la force de morts aussi durs qu’insidieux. Elle était coupable mais elle culpabilisait Narcisza. La vérité aurait jugé cela légitime, mais dans ses mensonges, elle n’avait plus ce droit divin.

Sans s’en rendre compte, elle avait serré les poings si fort que des gouttes perlaient à ses doigts, faisant écho à la blessure sacrifiée de sa sœur. Elle ignora le picotement dans ses paumes et le pouls qui pulsait plus fort dans ses tempes. Sa jumelle venait d’anéantir une autre part d’elle et la jeune femme tentait de ne pas perdre pieds.

Étrangement, les mots de l’Iceberg n’étaient pas aussi froids que la glace qui l’enveloppait et un instant, Arabella cru qu’elle allait céder et épancher son cœur, enfin, sans sarcasme ni pirouette. Lui en voulait-elle à ce point ? Ne l’aimait-elle donc pas, même un peu ?  « De toutes façons, tu es trop aveugle pour voir que chaque cicatrice, chaque hématome, chaque égratignure, c'est toi qui me les fais. »
A l’entendre, elle était le pire monstre que la terre ai porté et ne traînait dans son sillon que la souffrance et la désolation.
Elle aveugle, évidemment. « par ta faute », avait-elle envie de lui hurler. Elle son soleil, si beau, si pur, si lumineux, si brûlant… qu’il l’avait rendue aveugle. Elle ne voyait qu’elle, ne songeait qu’à son bien-être et à constaté ses échecs en cascade, elle avait envie de hurler, encore et encore, jusqu’à ce qu’enfin, son cœur se soulage de ce poids immense qu’elle portait sur ses frêles épaules depuis trop longtemps déjà.

Ses lèvres se mirent à trembler imperceptiblement alors qu’elle tentait de conserver sa contenance face à sa sœur. Elle ne la défiait pas, elle lui ouvrait simplement son cœur… elle le sentait. Cela, elle le voyait. Et plus que jamais, elle eut envie de tout envoyer au diable pour retrouver sa moitié, la part d’elle qu’elle avait livrée à la glace et qui lui manquait tellement. Cette moitié de son âme qu’elle aimait plus que sa propre vie.

« Narcisza… je t’en prie, cesse de t’apitoyer. Certaines choses dans la vie sont… simplement de notre fait et il faut savoir l’accepter. Je suis peut-être responsable, mais tu n’es pas une blanche colombe et je refuse de te laisser me détruire si facilement. Ce n’est pas juste. »

Mais elle en était incapable. Céder signifiait la perde pour de bon, devoir lui avoir une vérité qu’elle n’était pas prête à entendre et qui la détruirait plus encore que ce dont elle l’accusait actuellement. Céder ne faisait pas partie de ses options. Elle ne pouvait pas penser à elle et à ses intérêts. Elle devait restée concentrée sur Narcisza, son bien être. La garder dans la lumière. Avec ses blessures et ses cicatrices… mais protégée de la vérité. Toujours.

« Tu pourras m’en vouloir autant que tu voudras, ça ne changera rien, tu verras. Tu te fais du mal toute seule à refuser la vérité. Te mutiler est une chose, m’en accuser en est une autre. Je veux bien prendre la responsabilité de certaines choses, mais assume tes choix. »

Elle avait ajouté cela sans ciller, retenant les cris qui hurlaient en elle, l’envie insoutenable de se jeter contre elle, le désir brûlant de laisser les larmes qui piquaient les yeux la trahir. Elle tenait bon, malgré la torture. Pour Narcisza. Pour son bien, et uniquement le sien.

C’est ce que les Báthory font. Ils se sacrifient pour ceux qu’ils aiment.



― made by hope ―

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Just because we check the guns at the door doesn't mean our brains will change from hand grenades. you'll never known the psychopath sitting next to you. you'll never known the murderer sitting next to you. you'll think, 'how'd I get here, sitting next to you?'. but after all I've said, please don't forget. +heathens


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We must be killers, children of the wild ones ♆ Bàthory

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