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 Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx

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Vainqueurs
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Vainqueurs

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Statut du sang : Sang-pur, pure CarrowMessages : 441Date d'inscription : 03/05/2015Localisation : Dans l'ombre.
Ҩ Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Mar 21 Juil - 21:37

Christmas is all around us
 
I'm dreaming of a white Christmas, just like the ones I used to know. Where the treetops glisten aAnd children listen to hear sleigh bells in the snow. I am dreaming of a white Christmas with every Christmas card I write may your days be merry and bright. And may all your Christmases be white.


24 décembre 1998
Du plus loin qu’elle s’en souvienne, elle n’avait jamais véritablement fêté noël. Elle se rappelait avoir eu quelques cadeaux étant enfant, sans pour autant croire au père noël, ou autre invention magique sur cette fête de l’année. Ses parents n’avaient jamais alimenté le côté magique de ce moment de l’année. Pas de sapin trop vert, pas de décorations quelconques, pas de houx au-dessus de la porte d’entrée, pas de repas extravagant. Son père lui disait toujours qu’elle était trop grande pour ce genre de choses, et que ce n’était qu’une pure invention de moldu à laquelle il ne souhaitait pas se rabaisser. Alors, la petite Lilith de l’époque ravalait sa jalousie lorsqu’elle entendait les autres évoquer toutes les belles choses qu’ils avaient eues sous le sapin au matin du 25 décembre. Elle tentait de ne pas envier les élèves qui restaient au château durant cette période de l’année, de ne pas s’émerveiller devant le gigantesque sapin dans la grande salle, et surtout de ne pas se laisser bercer par l’ambiance chaleureuse et festive qui régnait dans les couloirs de l’école. Et c’était plus dur qu’elle ne voulait bien l’admettre. Quand on lui demandait ce qu’elle avait eu pour noël, elle mentait toujours, inventait les choses qu’elle aurait voulu avoir, sans pour autant espérer un jour les recevoir.  Elle racontait à quel point elle était gâtée par ses parents, qu’elle avait toujours tout ce qu’elle avait demandé. Si seulement cela avait été vrai. Au fil des années elle avait réussi à se faire une raison, surtout lors du décès de ses parents. Il aurait été absolument hors de question d’évoquer noël chez son oncle et sa tante. Mais la petite fille jalouse et désireuse était toujours tapie au fond d’elle, et attendait patiemment le noël qu’elle n’avait jamais eu. La seule personne de qui elle avait reçu un cadeau pour noël, fut Terence.
Et aujourd’hui, elle ne se fourvoyait pas, elle savait qu’elle n’aurait rien. Même si son oncle la logeait chez lui, et qu’il s’était montré plus que gentil à son égard, elle doutait qu’il lui offre quoi que ce soit. Mais au moins elle avait, pour la première fois de sa vie, un vrai sapin de noël dans le salon. Lorsqu’elle était rentrée de Durmstrang et qu’elle était tombée dessus, elle n’en avait tout d’abord pas cru ses yeux. Et puis, son oncle lui avait demandé s’il lui plaisait. Elle n’avait pas répondu, ne sachant pas réellement quoi dire. Elle n’avait pas de moyen de comparaison après tout. Elle s’était donc contentée de sourire. La maison n’était pas énormément décorée, mais le sapin était déjà bien au-dessus des espérances de la jeune femme.

Entrant dans le salon, elle se stoppa une seconde devant l’arbre de noël. Dès qu’elle rentrait dans la pièce, ses yeux se posaient dessus comme un aimant. C’était plus fort qu’elle. La nuit était déjà tombée depuis un petit bout de temps, et Alyx pouvait sentir une bonne odeur s’échapper de la cuisine. Les elfes de maison étaient déjà aux fourneaux, et son oncle avait invité des amis pour le réveillon ce soir. C’était la première fois qu’Alyx allait assister à un réveillon, et elle se sentait légèrement mal à l’aise. S’installant dans le fauteuil près de la cheminée, elle aperçut soudain quelqu’un entrer dans la pièce. Onisim Vassilev. Elle oubliait presque tout le temps qu’il vivait ici avec elle. Ce qui était loin de l’enchanter. Moins ils se voyaient, mieux ils se portaient. Son oncle l’avait déjà mise en garde contre lui, et la jeune anglaise connaissait son secret. Si bien que si elle le voulait, elle pouvait aisément le faire chanter. Cela lui permettait qu’il lui fiche la paix. Et puis, vu l’ampleur de celui-ci, Alyx savait qu’il n’allait certainement pas la pousser à bout. Elle se doutait qu’il ne tenait pas à ce que toute l’école sache qu’il était en fait lycanthrope. Bien que cela l’effrayait légèrement, elle faisait en sorte de tourner ce secret à son avantage. Elle avait toujours une carte à jouer, au cas où.
Ignorant le jeune homme, Alyx détourna la tête, et se concentra sur les flammes qui dansaient dans la cheminée. Son ventre gargouillait déjà, et elle avait hâte de passer à table. Elle avait encore du mal à se dire qu’aujourd’hui, elle vivait ici, que cette maison était la sienne. Elle s’attendait toujours à voir entrer Amycus dans la pièce, ou d’entendre la voix d’Alecto résonner dans un couloir. Ils avaient beau avoir été d’horribles oncle et tante, ils avaient été sa famille pendant quelques années. Elle n’avait eu qu’eux pendant des années. Mais comme tous les gens qui l’entouraient, ils avaient trouvé la mort. Comme ses parents, comme Terence. Seul son oncle avait bien voulu d’elle, pour voir qu’elle le connaissait peu. C’est sans doute parce qu’il venait du côté de sa mère, et que cette dernière s’était toujours montrée plus douce que son père. Ce dernier apparut d’ailleurs dans le salon, les informant que les invités n’allaient pas tarder à arriver.

En effet, dix minutes plus tard, plusieurs sorciers et sorcières déboulèrent dans la cheminée. De suite, des rires, des cris s’éveillèrent dans la pièce, réchauffant l’atmosphère. Alyx continuait d’éviter Onisim comme elle pouvait, ne se mêlant malgré tout pas aux invités, se contentant de les saluant le plus poliment possible. Elle n’avait jamais été une grande bavarde, et encore mois avec des inconnus. Bientôt, ils passèrent à table, et comme elle aurait dû s’en douter, il y avait un plan de table. Lorsqu’elle aperçut le nom à côté du sien, elle se força à s’installer, et à ne pas demander à changer de place. Son oncle avait certainement dû penser qu’elle préfèrerait se retrouver à côté de quelqu’un qu’elle connaissait. Malheureusement, ce n’était pas le cas, mais comme tout le monde était déjà assis, elle ravala sa mauvaise humeur, et prit place sur la chaise. Onisim s’installa à ses côtés. La jeune femme trouva tout d’un coup très intéressant les fourchettes qui se trouvaient autour de l’assiette. L’entrée arriva très vite. Attaquant son assiette, elle voulut soudainement accompagner son foie gras de confiture de figue. Mais cette dernière se trouvait hors de portée, et du côté de son voisin. Prenant sur elle, elle finit par lui lancer d’un ton froid :«  Passe moi la confiture de figue. »

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I told you not to come, my victim number one. I love the pain, I love the game, come into my arms. You say that I'm delirious, but I'm not the one holding the gun. I love the pain.
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Dernière édition par L. Alyx Carrow le Jeu 3 Mar - 12:44, édité 2 fois
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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Ven 9 Oct - 18:05


▿ sometimes I believe
a time where we should know
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Il n'aimait pas Noël. La neige qui recouvre le paysage, les odeurs de sapin et de bons petits plats, les rires enjoués, les cadeaux ; tout ça, ça l'agaçait. En se réveillant ce matin, il avait su qu'il passerait une mauvaise journée. L'agacement l'avait tout de suite gagné, jusqu'à lui pourrir le moral pour au moins deux jours. Tout semblait avoir été fait exprès dans le seul but de le mettre en rogne. Tout d'abord, le pauvre vieux qui l'hébergeait s'était levé de bonne heure pour préparer la maison – même si au final il n'y avait pas énormément de décorations, ensuite il avait entendu une chorale de Noël chanter des idioties dans les rues, et pour terminer le tout, un stupide sorcier devait s'être trompé d'adresse et il avait reçu une carte de voeux qui ne lui était heureusement pas destinée. Au vu de son contenu, il espérait sincèrement que c'était une erreur. Comment pouvait-on mettre sur papier des mots aussi pathétiques et redondants? Non, vraiment, Onisim détestait Noël.
Cela devait certainement remonter à un évènement marquant, un évènement qui avait tout changé. Depuis ce jour, il y repensait chaque fois que cette période de l'année approchait. Enfin, il y repensait tout le temps, mais son agonie se faisait plus intense en ce soir de réveillon. C'était plus fort que lui, plus fort que tout. Une douleur qui refusait de s'en aller, de le laisser tranquille. Il avait beau tout faire pour se retenir en temps normal, le soir de Noël, rien ne fonctionnait. Il ressentait son absence comme une pompe géante aspirant la dernière once de bonheur présente en lui. Ce qu'il pouvait lui manquer, c'en devenait atroce.
C'était pire depuis qu'il avait emménagé ici, auprès de celui qui avait questionné sa famille quelques années plus tôt, lors d'un repas festif bien sombre. Ivan, l'homme en question, était depuis longtemps un ami des Vassilev. Seulement il avait vu leur détresse le soir du repas auquel il manquait Viktor, le fils aîné. Il avait croisé le regard vide du petit dernier, le vilain petit canard, et il ne lui avait pas fallu plus que ça pour émettre des suppositions. Il se tramait des choses étranges chez eux, ça avait toujours été le cas. Il avait interrogé ses parents, il avait insisté, il les avait forcés et comme ils étaient anéantis, ils n'avait pas pu se défendre. Ils n'avaient plus rien à perdre, après tout. Leur fils préféré était mort quelques jours plus tôt et le fils survivant, ils l'auraient bien achevé eux-mêmes. C'était un monstre, et ils ne l'auraient jamais défendu, non. Alors Ivan avait compris. C'était d'ailleurs grâce à ça qu'il exerçait pression sur lui aujourd'hui, bien que Onisim avait accepté son marché par opportunisme plutôt que par obligation. Ivan lui donnait l'occasion de fabriquer des objets chargés de magie noire, comme le faisaient ses ancêtres, tout en l'hébergeant à son compte. Il était assez stupide pour croire qu'il ne l'aurait pas déjà tué si il avait réellement mis ses menaces à exécution en révélant le secret de sa nature. Quel imbécile. Il était désormais condamné à vivre ici, pour son plus grand désenchantement.

La journée s'était passée tellement lentement que le lycan avait cru ne jamais y survivre. Il s'était enfermé dans sa chambre pendant des heures, n'en sortant que pour descendre à l'arrivée des invités. C'était bien parce qu'il y était obligé, sinon il s'en serait volontiers passé. Une chance qu'Ivan ne soit pas très doué en matière de décoration, la pièce n'était égayée que par un sapin et quelques guirlandes. La table en revanche avait un côté trop joyeux à son goût. Tout était d'or et d'éclat, il avait horreur de ça. De plus, il ne reconnaissait personne. Du moins, pas encore. Certes, ces gens savaient qui il était, leur hôte avait dû s'en vanter. Ça expliquerait pourquoi ils le fixaient tous aussi bizarrement. Les rumeurs devaient s'enflammer, il voyait déjà courir les mêmes vieux bruits de couloir : les Vassilev s'étaient fait la malle et leur mauvais karma les avait rattrapés, tous sauf ce petit innocent, à moins que ce ne soit lui qui ait fait quelque chose de terrible mais… comment un si joli minois pouvait être à l'origine d'une chose aussi cruelle? Ils se rappelaient tous l'avoir vu étant petit, un peu plus laid que son frère mais il restait assez mignon. Il avait déjà le même regard froid et déterminé étant enfant, celui de quelqu'un qui croit tout savoir. Au fond, il était toujours ce petit homme qui luttait pour atteindre une place de choix dans le monde impitoyable des sang-pur. A bien y réfléchir, il en reconnaissait quelques uns, mais il se garda bien de le signaler.
La seule personne qu'il ne pouvait nier connaître dans cette salle n'était autre que la délicieuse reine de glace, la dénommée Alyx Carrow. Il ne fallait pas se fier aux apparences, cette fille était une teigne et peut-être même la pire de toutes. Il avait bien vu son petit jeu à Durmstrang, quand elle se faisait passer pour un agneau. Ça ne prenait pas avec lui, encore moins depuis qu'elle lui avait laissé des raisons de croire que son cher oncle lui avait parlé de son cas. Il ne l'aimait pas, il n'aimait pas grand monde de toute façon.

Quelques secondes plus tard, on les invita à passer à table. Onisim n'avait qu'une seule hâte : que ça se termine. Il prit sur lui et chercha son nom sur les étiquettes, parce que évidemment, il fallait qu'il y ait un plan de table. Lorsqu'il le trouva, il fut à peine surpris de se retrouver assis à côté de l'autre folle furieuse. Il savait que tout était fait pour l'agacer, alors à quoi bon espérer? Il prit place et ne dit pas un mot jusqu'à ce qu'elle rompe le silence. « Passe moi la confiture de figue. » Il leva les yeux au ciel, elle l'exaspérait au plus haut point. Elle n'était pas la même à Durmstrang, non, elle faisait bien semblant. Mais il ne marchait pas dans sa petite mascarade, il était loin d'être dupe. Vivre avec elle lui permettait de l'observer dans sa véritable nature, qui semblait aussi sombre que la sienne. Las, il fit glisser le pot jusqu'à elle. Le reste du repas passa tout aussi lentement que cette journée, voire même en pire. Il avait l'impression de vivre un cauchemar éveillé, et de ne pas en voir la fin.
Lorsque le dessert arriva, il profita de quelques secondes de distraction pour s'en aller le plus discrètement possible. Il s'échappa de cet enfer et se dirigea vers la pièce d'à côté, via laquelle il rejoignit la cour arrière. Il faisait froid, extrêmement froid. Mais Onisim avait l'habitude de ce genre de températures, ayant toujours vécu en Russie. Et puis, sa condition lupine lui offrait quelques avantages, comme celui d'être moins affecté par l'hiver. Soudain plus apaisé, il inspira une grande bouffée d'air. Il avait besoin d'être seul, de s'éloigner de cette foule d'hypocrites et de ne plus penser à tout ça. Il avait besoin d'un moment pour se recueillir en mémoire de son frère. Les yeux clos, la tête baissée, il repensa à la nuit du 23 décembre 1993. Le fameux soir où il avait vu son frère, son héro, se faire déchiqueter par des loups. Il pouvait encore l'entendre hurler dans l'obscurité. Les souvenirs étaient toujours présents, cruellement intacts. Il ne s'était jamais senti plus seul qu'en l'instant où il avait dû ramener le corps de Viktor, le traîner jusqu'à chez lui. « J'espère qu'un jour, tu me pardonneras... murmura-t-il. » Noyé dans sa mélancolie, il n'avait pas vu qu'il n'était plus seul.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il aperçut le visage indescriptible d'Alyx. Il ne savait pas depuis combien de temps elle l'observait, mais la colère s'empara de lui. Elle n'avait pas le droit de le déranger dans un moment comme celui-ci. Elle n'avait pas le droit.  « Dégage, Carrow. Je te donne trois secondes pour déguerpir. » A la noirceur de son regard, on pouvait clairement voir qu'il ne plaisantait pas.


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If I could take your hand, if you could understand that I can barely breath the air is thin. I fear the fall and where we'll land. We fight every night for something. When the sun sets we're both the same ; half in the shadows, half burned in flames. We can't look back for nothing, take what you need say your goodbyes. I gave you everything and it's a beautiful crime.
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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Sam 7 Nov - 21:17

La politesse elle n’en avait que faire, surtout avec Onisim. Le jeune homme l’agaçait au plus haut point, dès qu’il ouvrait la bouche, ça l’irritait. Malheureusement elle était contrainte de vivre ici, sous le même toit que cette espèce de monstre mi humain mi loup. Son oncle veillait toujours sur elle, et ne cessait de lui dire de faire attention. Si le jeune homme ne se trouvait pas ici, elle n’aurait pas à faire attention. Mais ce n’était pas elle qui décidait qui on mettait à la porte. Il finit par lui passer le pot de confiture, tout en rechignant. Elle ne prit pas la peine de le remercier, et tartina son pain pour déguster le foie gras. Le reste du repas se passa dans un froid glacial entre les deux protagonistes, tandis qu’autour d’eux, l’ambiance était à la fête. Comme s’il y avait un mur invisible qui les empêchait de ressentir la même joie que les autres personnes, comme si tous ls deux, n’avaient pas le droit de s’amuser le soir de Noël, comme toute personne normale. Alyx était jalouse. Jalouse de ces gens qui avaient eu une enfance heureuse, des souvenirs merveilleux de ces moments de fête. C’est ce qui l’empêchait de prendre part au bonheur qui emplissait la pièce. Et ça l’énervait. Le repas se déroula à une lenteur effarante, il y avait toujours un temps d’attente entre chaque plat. La brunette restait cloitrée dans un silence mortel, se contentant de fixer les gens autour d’elle qui riaient grassement, qui racontaient des blagues idiotes. C’était comme si elle n’était pas là. Son oncle leva sa coupe de champagne en sa direction, lui accordant un fin sourire. Il sentait qu’elle ne s’amusait pas, mais il ne pouvait rien y faire, personne ne le pouvait. Elle lui rendit pitoyablement son sourire, se concentrant sur ce qu’il se trouvait dans son assiette. Avant que le dessert n’arrive, elle aperçut son voisin s’éclipser de table. Enfin, elle n’aurait plus à supporter sa présence irritante.
A Durmstrang, les deux jeunes gens s’ignoraient royalement, comme si ils ne se connaissaient pas. Et puis, ils appartenaient à deux clans bien différents, ce qui convenait parfaitement à Alyx. Elle avait déjà à partager la seule maison qui lui restait avec cet énergumène, si elle avait aussi été obligée de le croiser dans le QG des icebergs, ça aurait été trop lui demander. La jeune femme tendit son assiette pour un morceau de bûche, qu’elle ne mit pas longtemps à avaler. Une fois qu’elle eut fini de manger, elle décida de sortir de table à son tour, de toute façon, elle ne manquerait à personne. S’extirpant de table, elle repassa dans les cuisines pour piquer quelques sucreries qu’elle engloutit d’une traite, et décidant de sortir prendre l’air avant d’aller se coucher. Elle ne tenait pas à rester bêtement dans le salon, elle  préférait retrouver les bras de Morphée. Elle attrapa son manteau et son écharpe, et ouvrit la porte qui menait au jardin. Il faisait froid en cette nuit d’hiver, il ne neigeait plus, mais le sol était blanc. Ses pas craquaient sur la neige fraiche, laissant ses empreintes sur ce duvet blanc. Elle aperçut non loin d’elle Onisim, tête baissée. Elle n’était qu’à quelques pas de lui, si bien qu’elle l’entendit marmonner : «  J'espère qu'un jour, tu me pardonneras...» Elle ne savait absolument pas de qui il pouvait bien parler, après tout, elle ne le connaissait pas. Même si ça la rendait curieuse, elle n’allait pas le questionner. Soudain, il redressa la tête, et elle croisa son regard. De suite, il sembla se mettre en colère, la brunette ne comprit pas réellement pourquoi, mais elle le laissa la menacer : «  Dégage, Carrow. Je te donne trois secondes pour déguerpir. » Mains dans les poches, Alyx le fixait, silencieusement. La menace était claire, peut-être même un peu effrayante. Mais la jeune femme ne bougea pas. Calmement, elle répliqua : « Sinon quoi ? Tu vas me mordre ? »

Subtile sous-entendu sur le secret du jeune homme. Ce n’était peut-être pas très intelligent de sa part, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher. Elle ne souhaitait pas qu’il pense qu’il l’effrayait, parce que ce n’était pas le cas.
« Tu te penses si terrifiant, Vassilev ? Un cocker serait plus effrayant que ça ! » Elle cherchait la confrontation sans réellement en avoir envie. Ce n’était pas du genre d’Alyx d’aller titiller l’ennemi, mais elle avait tellement du mal à supporter la présence d’Onisim, que c’était plus fort qu’elle. Et puis toute cette ambiance de noël la rendait légèrement irritable, ayant l’impression qu’on lui refusait un bonheur simple, auquel elle n’avait jamais eu droit. Cela aurait pu être une bonne soirée, mais rien ne s’était déroulé comme elle l’avait espéré. Du coup, si elle pouvait passer ses nerfs sur son colocataire de vacances, ça lui convenait parfaitement.

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Dernière édition par L. Alyx Carrow le Jeu 3 Mar - 12:45, édité 1 fois
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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Mar 29 Déc - 19:54


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Impassible, il la fixait sans ciller. Il valait mieux pour elle qu'elle n'ait rien entendu, ou du moins, qu'elle fasse comme si elle venait seulement d'arriver. Ça ne la regardait pas, pas plus que tout le reste d'ailleurs. A force de fréquenter Carrow et son oncle, il avait fini par comprendre qu'elle avait forcément été mise au courant des doutes que ce dernier avait sur lui. C'était l'évidence-même, après tout, sinon d'où lui viendrait tout ce dédain? Elle ne pouvait s'empêcher de prendre cet air insupportable de petite reine de pacotille dès qu'elle s'adressait à lui, comme si il n'était pas plus important qu'un insecte. Une simple vermine que l'on pouvait balayer d'un revers de la main. En l’occurrence, il se fichait pas mal de son avis. Il n'avait jamais voulu atterrir ici, et si il avait accepté le marché de son oncle, c'était plus par raz-le-bol que par réelle inquiétude concernant ses nombreux secrets. Si jamais quelqu'un devait révéler ceux-ci au grand jour, ce serait certainement la dernière chose qu'il ferait avant de quitter ce monde. Il n'avait jamais eu peur des menaces, mais il ne se sentait pas à sa place chez Nikolas, il n'aimait pas trop l'ambiance qui régnait chez les Krum. Nikolas traitait son frère comme son plus féroce ennemi, alors qu'Onisim aurait tout donné pour retrouver le sien. Il avait déjà essayé d'en toucher deux mots à Nik, mais il refusait de l'écouter. C'est toujours quand on perd quelqu'un qu'on réalise à quel point il était important pour nous.
Alyx s'approcha de lui, imperturbable. Elle ne voyait donc pas qu'il avait besoin d'être seul? Décidément, on ne lui accorderait jamais un instant de répit dans cette satanée maison. Il n'avait qu'une seule envie : arracher toutes les décorations de Noël et les leur faire bouffer. C'était si ridicule, ce repas. Surtout le fait d'avoir insisté pour que le Vassilev participe. En quel honneur, pour célébrer quoi? Avec quelle famille? Il se retenait pour ne pas hurler. Autant il avait maudit ses parents après la mort de son frère, autant il les avait aimés autrefois. Et il savait qu'eux aussi, ils l'avaient aimé. C'était le plus tragique, dans l'histoire ; ils avaient vu un monstre en leur fils alors qu'il n'était encore qu'innocence, et c'était précisément eux qui avaient contribué à le faire devenir ce monstre. L'ironie est indéniablement amère, n'est-ce pas. Alyx choisit ce moment pour sortir de son mutisme. « Sinon quoi ? Tu vas me mordre ? » Au moins, il en avait le coeur net à présent. Elle était au courant qu'il n'était qu'à moitié humain.

Néanmoins, il demeura très calme. Comme toujours, d'ailleurs. Il était très rare de voir Onisim s'énerver, il trahissait son agacement autrement, en se murant dans un silence assassin. C'est exactement ce qu'il fit, il ne répliqua pas. Il se détourna d'elle, elle le débectait tant avec ses grands airs qu'il la jugea indigne de son attention. Mais la fourbe insista, elle cherchait clairement à le provoquer. « Tu te penses si terrifiant, Vassilev ? Un cocker serait plus effrayant que ça ! » Il prit une profonde inspiration. Elle n'était pas si exaspérante d'habitude, elle devait elle aussi trouver que quelque chose clochait dans cette soirée. Sinon pourquoi serait-elle venue chercher un abri ici, à l'instar du Vassilev. Il ne lui avait jamais vraiment demandé pourquoi elle était venue vivre ici, mais il se doutait qu'elle avait fait beaucoup d'efforts pour se donner cette opportunité. Lorsqu'il l'avait vue sur une photographie, elle était bien différente de ce qu'elle était maintenant. Il avait remarqué qu'elle s'était teint les cheveux dès la seconde où il l'avait rencontrée, le noir était trop intense à l'époque, depuis il s'était un peu atténué. L'observation était son domaine de prédilection, après tout. Il était difficile de le duper.
Pourtant, il n'avait jamais cherché à savoir. Il se demanda sincèrement pourquoi elle venait le titiller comme ça, ce soir. Mais il ne la connaissait pas assez pour savoir si c'était dans son caractère ou pas. Il demeura de marbre, les yeux rivés sur l'horizon tout en essayant de ne pas repenser à son frère. « Pourquoi maintenant? Tu as feint l'ignorance jusqu'à présent ; à quoi bon, si c'était pour venir me narguer tôt ou tard? » Ça ne l'intéressait que vaguement, il n'était que peu concentré. Elle l'avait interrompu et… Il aurait simplement voulu avoir un peu de temps pour regretter son frère. Il se l'accordait rarement, préférant éviter d'y penser. Mais chaque Noël, l'émotion était trop intense pour s'y soustraire. Le visage terrifié de son frère qui le suppliait en silence s'imprimait au fer rouge derrière ses paupières closes. Il tenta de se maîtriser, se raidit avant de retrouver un semblant de sang-froid. « Peu importe, fiche le camp d'ici, fit-un dans un soupir. » Il lui tourna presque le dos, incapable d'empêcher ses mains de trembler. Il lui semblait entendre les cris de Viktor déchirer le ciel blanc, parsemé de flocons de neige.


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Dernière édition par Onisim Vassilev le Sam 23 Jan - 22:13, édité 1 fois
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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Sam 2 Jan - 0:20

Elle n’avait pas envie d’être gentille, d’être avenante ou altruiste avec Onisim. Il ne l’était pas lui-même. Elle n’aurait su dire si elle le haïssait vraiment, ou si c’était une simple animosité entre eux, juste deux personnes qui ne supportent pas la présente de l’autre. C’était physique, rien d’autre. Quand il était là, il l’agaçait, sa façon de parler, sa façon d’être, étaient irritantes.  Et en cet instant encore plus. Le voir sur la défensive avec elle, la rembarrer comme si elle n’était qu’une vulgaire personne qui ne méritait aucun respect, avait réveillé en elle une douce colère. Il n’était personne ici, et il n’avait pas l’air de le comprendre. Alyx avait du mal à saisir pourquoi son oncle acceptait qu’il reste dans le manoir avec eux. Si il avait tant besoin d’un sous fifre, il aurait tout aussi bien pu le placer dans une ferme plus loin. Il n’était pas si indispensable que cela, du moins, pas aux yeux de l’anglaise. Devoir cohabiter avec lui relevait d’un courage insurmontable. Ce n’était pas vivable, pour aucun des deux.
Le jeune homme ne la regardait pas. Il avait détourné la tête après sa dernière tirade, préférant se concentrer sur le noir de la nuit au loin. « Pourquoi maintenant? Tu as feint l'ignorance jusqu'à présent ; à quoi bon, si c'était pour venir me narguer tôt ou tard? » Il est vrai qu’elle aurait pu éviter les sous-entendus, faire comme si elle n’était qu’une petite idiote, et qu’elle ne connaissait pas le lourd secret de Onisim. Mais elle avait une marge d’avance sur lui, un pion à jouer en cas de mauvaise posture. Ce qui n’était pas le cas du jeune homme. Il ne savait pas grand-chose d’elle, et il valait mieux que cela reste ainsi. Même si elle ne pouvait pas non plus clamer qu’elle savait toute l’histoire d’Onisim, elle savait le plus important : il était un loup-garou. Elle aurait dû être terrifiée, mais ce n’était pas le cas. Elle avait côtoyé ces créatures en travaillant pour Lord Voldemort, elle avait rencontré Fenrir Greyback, un horrible loup-garou, mangeur d’enfants. Ca l’avait indéniablement dégoûté, mais elle avait pu percevoir que chez ce monstre, il existait une noirceur immense, qui ne semblait pas se trouver chez Onisim. C’était certainement un coup du mauvais sort pour lui. Elle doutait fort qu’il ait choisi de devenir un loup-garou de son plein gré, qui le voudrait ? Pas une personne saine d’esprit. Alyx ne répondit pas. A vrai dire, elle ne savait pas réellement pourquoi elle lui balançait ça ce soir. La tristesse faisait ressortir ce qu’il y avait de plus mauvais en elle. Et elle était fondamentalement mauvaise. Même si elle se voilait la face, même si elle tentait de faire fuir ses vieux démons, elle ne pouvait nier la personne qu’elle avait été durant des années. Cette noirceur qui dormait au fond d’elle, menaçait toujours de ressortir un jour ou l’autre. Et elle craignait ce jour fatidique plus que tout. Tout ce qu’elle faisait, c’était repousser l’instant, gagner du temps, pour essayer de s’acheter une conscience, une âme. « Peu importe, fiche le camp d'ici. »

Il ne semblait pas en colère, haineux, froid. Non, c’était comme une supplication. Seulement, Alyx n’obéissait pas. Elle n’allait pas partir docilement juste parce qu’Onisim le lui demandait. Ca ne fonctionnait pas comme ça, et ça ne fonctionnerait jamais. Elle était bornée, et c’était un sacré défaut qu’elle avait. «  Tu me donnes des ordres ? » L’anglaise croisait les bras sur sa poitrine. Elle ne comptait pas bouger d’ici. C’était certainement très immature comme comportement, mais elle voulait gagner, le voir partir lui et pas elle. Il lui tournait toujours le dos, l’ignorant clairement. «  Au cas où tu l’aurais oublié, tu es toléré ici. Je ne sais pas pourquoi mon oncle te garde précieusement, mais ça ne te donne pas le droit de me dire quoi faire et de te prendre pour ce que tu n’es pas. » Voyant qu’elle n’avait encore aucune réaction de sa part, elle s’approcha un peu plus. Elle n’aimait pas parler dans le vide. Si elle parlait c’était pour dire quelque chose, elle n’ouvrait jamais la bouche pour dire des choses inutiles comme la majorité des filles avec tous leurs ragots, leurs blablas incessants et pénibles. «  Arrête de m’ignorer Vassilev. »  Plutôt proche d’Onisim, elle posa son regard sur ses mains, tremblantes, qu’ils serraient fortement. Elle eut soudainement peur qu’il veuille la frapper. Il semblait en proie à une perte de contrôle. Et bien qu’elle n’ait pas à le craindre, n’ayant pas peur d’un vulgaire loup-garou, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle avait laissé sa baguette dans le manoir, et elle se sentit désarmée. Quelle idiote. En côtoyant un loup-garou toute la journée, elle devrait pourtant être sur ses gardes et ne jamais se balader sans sa  seule arme. Perdant le peu d’assurance qu’elle avait, elle souffla : « Mais qu’est-ce que tu as ? »


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Dernière édition par L. Alyx Carrow le Jeu 3 Mar - 12:45, édité 1 fois
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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Sam 23 Jan - 22:13


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C'était comme si il était de retour dans cette forêt, la même scène se déroulait en boucle dans ses pensées. Il ne parvenait pas à se calmer, ce qui n'était franchement pas en l'avantage de la petite écervelée qui se trouvait à ses côtés. Il était d'une compagnie exécrable en temps normal, elle n'avait pas envie de le connaître lorsqu'il perdait le contrôle de lui-même, c'était certain. Cependant, elle semblait bornée, refusant de partir et d'éviter la catastrophe. Les cris de Viktor lui perçaient les tympans, ce souvenir le rendait fou. Toujours le même visage terrifié, la même sensation glaciale en comprenant qu'il ne pourrait rien faire pour lui. Personne ne savait ce que c'était de voir sa propre famille, sa propre chair, se faire déchiqueter sous ses yeux. Peut-être que si il avait su mettre des mots sur cette expérience traumatisante, il s'en serait mieux sorti. Peut-être qu'il aurait pu en guérir, qui sait? Mais ce n'était pas le cas, il était devenu ce monstre détestable et imbuvable. Il aurait presque pu compatir avec Alyx si celle-ci ne s'était pas avérée aussi désagréable que lui. Au fond, ils s'étaient bien trouvés. Au moins, aucun des deux ne souffrait de l'attitude antipathique de l'autre. C'était vraiment le seul point positif qu'il pouvait trouver à cette cohabitation. Surtout en ce moment, alors que cette pimbêche restait là, à piquer sa petite crise de supériorité ridicule. « Tu me donnes des ordres ? » La ferme, avait-il eu envie de répondre. Néanmoins, il n'avait même plus la force de se disputer avec elle ce soir. C'était un de ces trop rares moments où il s'autorisait à ressentir quelque chose, même si c'était pour se faire souffrir - surtout si c'était pour se faire souffrir. Elle gâchait tout, mais au fond, peut-être qu'il avait besoin que quelqu'un soit là pour l'empêcher de faire quelque chose qu'il regretterait. Il connaissait ses tendances dévastatrices lorsqu'il se laissait aller, après tout, il avait incendié sa propre maison, ce dont Alyx se fit une joie de lui rappeler. « Au cas où tu l’aurais oublié, tu es toléré ici. Je ne sais pas pourquoi mon oncle te garde précieusement, mais ça ne te donne pas le droit de me dire quoi faire et de te prendre pour ce que tu n’es pas. » Comme si elle avait du soucis à se faire pour ça ! Il n'avait aucune envie d'être ici, et si il pouvait s'en aller, il le ferait volontiers. Mais à vrai dire, il n'avait aucun autre endroit où aller.

Il pouvait la sentir s'impatienter, la tension montait d'un cran tandis qu'elle s'approchait de lui. Elle faisait tout pour l'agacer, décidément. Sa simple présence le dérangeait, mais le fait qu'elle insiste autant n'arrangeait en rien la situation. Il aurait simplement souhaité qu'elle se montre assez futée pour calmer le jeu et s'en aller. Mais visiblement, c'était trop lui demander de vouloir qu'elle réfléchisse avec son cerveau plutôt qu'avec son ego. « Arrête de m’ignorer Vassilev. » Elle ne lui laissait pas vraiment d'autre choix, c'était ça ou bien il ne répondait plus de ses actes. Il tenta néanmoins de retrouver son sang froid, il prit de profondes inspirations et attendit que ses poings cessent de trembler. Sans doute avait-elle remarqué qu'il n'était pas dans son état normal, même si ils essayaient généralement de rester le plus éloignés possible l'un de l'autre. Elle n'était pas idiote, malgré ce qu'il en disait.
Après plusieurs minutes de silence, comme il ne répondait toujours pas, elle reprit d'un ton étrangement plus inquiet. « Mais qu’est-ce que tu as ? » D'où venait ce changement de ton? C'était probablement une autre tentative de l'invectiver de son poison, il ne se laisserait pas prendre au piège. De toute manière, il ne parvenait pas à penser à autre chose, et il n'avait aucune envie de discuter avec l'Iceberg. « Qu'est-ce que ça peut te faire?  rétorqua-t-il, glacial. » Il comprit qu'elle ne lâcherait pas l'affaire tant qu'il ne lui donnerait pas ce qu'elle voulait, mais il ne savait même pas ce qu'elle était venue chercher en le provoquant de la sorte. Si elle avait voulu déclencher une confrontation, elle avait réussi. Il ignorait ce qui la tracassait ce soir, mais elle était venue s'adresser à la mauvaise personne, au mauvais moment. Il n'était pas d'humeur à subir ses enfantillages aujourd'hui. « Tu crois que je ne le sais pas, tout ça? Crois-moi, si je le pouvais, je te laisserais pourrir ici toute seule. » Moisir, mourir, c'était comme elle préférait. Il n'en avait clairement rien à foutre de sa petite vie minable. Elle se comportait comme une princesse depuis qu'elle avait mis les pieds ici, exigeant de lui qu'il s'adapte à la situation comme si il n'était rien d'autre qu'un pion dans son jeu, là où elle était la plus intransigeante et intouchable des reines. Devait-il lui dire qu'il savait qu'elle mentait, en jouant aux fortes et à la plus douce des perles? Il n'était pas dupe.

Il fit volte-face pour planter son regard dans le sien, agacé par son attitude plus qu'il ne l'aurait voulu. Elle le regardait d'une façon qu'il n'appréciait pas, ou du moins, c'est ce qu'il se dit pour justifier son geste. Il l'agrippa par les épaules et la poussa violemment. Son petit corps alla se briser contre le mur et elle laissa échapper un cri de surprise. Il s'approcha, tentant de maîtriser sa colère sans grand succès. Dans ses pensées, l'image de Viktor flottait toujours, comme une épée de Damoclès. « Tu ne m'impressionnes pas, avec tes grands airs et ton attitude de gamine prétentieuse. Je sais que tu n'es qu'une menteuse, et tôt ou tard, tout le monde finira par le savoir aussi. » Il réduisit davantage l'espace qui les séparait, les ténèbres dansant dans son regard incendiaire. Ce n'était plus contre elle qu'il était aussi énervé, mais contre lui-même. Elle n'était que le miroir de sa rancoeur, une façon de l'extérioriser en blessant quelqu'un d'autre que lui-même. « Je ne suis pas le seul monstre dans cette maison, cracha-t-il. » C'était injuste et il ne connaissait absolument rien de son histoire, mais il le savait, il l'avait su dès la première seconde où il avait posé les yeux sur elle. Elle avait fait des choses indicibles, des choses qui la hanteraient à jamais. Il le savait parce qu'il avait ce même regard qu'elle, celui des gens qui enterrent leurs secrets sous des kilomètres de faux semblants et de mensonges.
 


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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Lun 7 Mar - 15:47

Elle avait l’impression qu’il était réellement en colère ce soir. Mais elle n’était pas sûre que ce fût totalement de sa faute. Certes, elle n’avait sans doute pas arrangé les choses en lui parlant sur ce ton, et en faisant un sous-entendu par rapport à sa lycanthropie, mais ça avait été plus fort qu’elle. Elle s’inquiétait un peu de son comportement. Ce qu’elle craignait surtout, c’est qu’il ne se contrôle pas et qu’elle se  retrouvait désarmée face à lui. L’anglaise ne supportait plus son silence, elle aurait préféré qu’il explose et mette les choses au clair. Bien qu’ils n’aient pas l’habitude de communiquer, ce soir était un soir différent. C’était noël, et tous deux se retrouvaient avec des inconnus. C’était sans doute leur seul point commun de la soirée. « Qu'est-ce que ça peut te faire ? » Son ton était froid. De toute façon, elle n’aurait pas attendu un comportement différent de la part d’Onisim, il était bien trop agressif d’ordinaire, pour qu’il puisse se radoucir l’espace d’un court instant. La brunette n’avait pas bougé, se trouvant toujours proche du jeune homme. C’est vrai, qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Elle ne savait pas réellement, mais elle n’était pas une pierre non plus, elle savait éprouver une légère empathie, parfois. Inspirant profondément, elle allait répondre, quand il lui coupa l’herbe sous le pied : « Tu crois que je ne le sais pas, tout ça? Crois-moi, si je le pouvais, je te laisserais pourrir ici toute seule. » Elle fronça les sourcils. Non, vraiment, elle ne comprenait pas ce qui le retenait ici, pourquoi son oncle le gardait sous le même toit qu’elle, connaissant son secret. Ce dernier étant même plutôt dangereux, ça paraissait totalement absurde de le faire vivre avec eux. Tout d’un coup, Onisim fit volte-face, se postant face à elle. Surprise, elle eut un mouvement de recul. Leurs regards se croisèrent, et le jeune homme agrippa violemment ses épaules et la poussant en arrière. Sans qu’elle n’ait pu se défendre, son dos rencontra durement le mur qui se trouvait derrière elle. Elle ne put retenir un cri de douleur mêlé de surprise. Elle grimaça sous le coup, et sentit la colère grimper doucement en elle. Bordel, pourquoi avait-il fallu qu’elle n’ait pas sa baguette, elle lui aurait fait payer son geste. Il s’approcha de nouveau d’elle, une lueur d’agressivité dans le regard.  « Tu ne m'impressionnes pas, avec tes grands airs et ton attitude de gamine prétentieuse. Je sais que tu n'es qu'une menteuse, et tôt ou tard, tout le monde finira par le savoir aussi. » Elle eut du mal à comprendre ce qu’il disait, à quoi il pouvait bien faire allusion. Personne n’était au courant, tout du moins, pas grand monde. Mais il semblait connaître son secret, comment ? Que ce soit à Durmstrang ou ici, elle faisait en sorte de ne jamais en parler, de ne rien dévoiler d’elle, de son tatouage ancré sur sa peau pour toujours. Elle ne supportait pas qu’il sache quelque chose qu’il n’était pas censé savoir. Ils n’étaient pas amis, elle ne pouvait pas lui faire confiance. « Qu’est-ce que tu racontes Vassilev ? » Sa question était clairement inutile, tous deux savaient pertinemment de quoi il parlait. Le concerné s’approcha un peu plus d’elle, le visage tiré par la haine. Elle craignait qu’il ne la frappe, ou pire. Si elle criait, son oncle pouvait l’entendre. Oui, elle n’était pas  toute seule de toute façon, il ne tenterait rien d’autre. Elle tentait de se convaincre silencieusement, tandis qu’il rajoutait : « Je ne suis pas le seul monstre dans cette maison. »
La jeune femme frémit à l’énonciation d’un tel surnom. Un monstre. Oui, elle était un monstre. Elle avait fait des choses horribles, des choses qu’elle ne pourrait jamais réparer, jamais oublier. Ca lui collait à la peau, où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, ça lui suivrait, comme une boule de fer suit son prisonnier. Elle trainerait sa culpabilité, dans toutes les situations, aujourd’hui, comme demain, comme dans dix ans. Tremblante, elle essayait de soutenir le regard d’Onisim, mais il dégageait une telle animosité envers elle, qu’elle baissa le regard. Elle était si faible, si pathétique aujourd’hui. Qu’aurait dit son oncle et sa tante en la voyant ainsi ? Ils auraient eu honte clairement, la honte de la famille Carrow qui était incapable d’assumer ses erreurs jusqu’au bout. « Ta gueule, murmura-t-elle. » Sa voix était faible, chancelante. Reprenant contenance, elle se força à redresser la tête, et répéta plus fort cette fois-ci : « Ta gueule. Tu te prends pour qui, bordel ? Hein ? D’où tu te permets de me traiter de monstre ? Tu ne sais rien de moi, tu ne sais pas qui je suis, ni de quoi je suis capable. C’est pas parce que t’es un putain de lycanthrope que tu m’effraies Vassilev. J’suis une Carrow, une Carrow ! » Elle avait pratiquement hurlé son nom, repoussant Onisim le plus loin d’elle possible à l’aide de ses paumes. La gorge nouée, tiraillée par la haine et la rancœur, elle répéta, d’une voix étranglée : « J’suis une putain de Carrow. » Sans qu’elle ne s’en rende compte, ses yeux s’embrumèrent. Refusant de laisser une quelconque larme couler sous l’émotion, elle se mordit la langue le plus fort possible, clignant des paupières. Elle se rendit compte que son nom était une aberration, qu’elle ne le portait plus avec fierté comme à l’époque, non aujourd’hui, elle en avait presque honte. Parce que ça lui rappelait qui elle avait été pour assumer son patronyme, et ce qu’elle avait pu commettre à l’aide de sa baguette. Redressant son visage, elle croisa le regard d’Onisim qui avait reculé de quelques pas. Elle secoua légèrement la tête de gauche à droite, et cracha : « Va te faire foutre. »


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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Jeu 5 Mai - 23:12


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« Ta gueule. » Il avait été injuste. Toute cette rage, toute cette frustration, ce n'était pas à cause d'elle. Non, il se fichait d'Alyx et de ses petits secrets. Elle pouvait l'humilier, lui cracher au visage, lui hurler de dégager, il ne lui en voudrait même pas. C'était sa maison, sa famille, ses mensonges ringards ; alors il s'en fichait. Complètement. A vrai dire, il ne la voyait même plus. Son regard reflétait l'absence de son esprit, flottant à des kilomètres de la réalité. C'était comme si ses yeux s'étaient retournés dans leur orbite pour inspecter l'intérieur de son âme. Il faisait si sombre, là-dedans. A travers l'épaisseur de ces ténèbres, aucune lumière ne semblait filtrer. Onisim était mort cet hiver-là, en même temps que son frère, sous les griffes et sous les hurlements sinistres des loups. Alors à chaque Noël, c'était la même histoire. C'étaient les regrets, les cauchemars, le traumatisme, la panique, le vide. Surtout le vide. Il était devenu détestable, mais était-ce vraiment si incompréhensible? Quand on regarde quelqu'un qu'on aime mourir, ça nous change à jamais. Ça nous tue petit à petit, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à aimer en nous. Alors il ne blâmait pas Alyx de vouloir se débarrasser de lui, il aurait sans doute fait la même chose à sa place. Mais après tout, qu'est-ce qu'il en savait? Ce n'était pas comme si il pouvait échanger les rôles. D'ailleurs, il n'était pas certain de vouloir que ça en vaille la peine. Elle semblait presque aussi paumée que lui. « Ta gueule. Tu te prends pour qui, bordel ? Hein ? D’où tu te permets de me traiter de monstre ? Tu ne sais rien de moi, tu ne sais pas qui je suis, ni de quoi je suis capable. C’est pas parce que t’es un putain de lycanthrope que tu m’effraies Vassilev. J’suis une Carrow, une Carrow ! » Elle parlait fort, comme si elle avait quelque chose à prouver. Onisim la fixait, ses cris le ramenaient lentement à la surface. Ses souvenirs passèrent en arrière plan, il ne voyait plus qu'elle dans ce décor glacial.

Il ne voyait plus que cette fille qu'il pensait si forte, indestructible. Pourtant elle tremblait presque, rattrapée par quelque chose d'atroce qui se dessinait sous ses yeux mais qu'elle refusait encore de regarder en face. Elle niait l'évidence, sa voix commençait légèrement à dérailler quand elle reprit la parole. « J’suis une putain de Carrow. » La faiblesse qu'il lut sur son visage le fit reculer, perplexe. Il savait qu'elle avait des problèmes, sinon pourquoi se serait-elle donné autant de mal pour devenir quelqu'un qu'elle n'était pas? Sa teinture, son attitude, ses grands sourires qu'elle lançait à tout Durmstrang ; elle avait leurré tout le monde, mais pas lui. Néanmoins, il ne lui avait jamais dit qu'il avait remarqué toutes ces incohérences. Pour quoi faire? Son oncle le faisait chanter et elle connaissait son secret, il s'était contenté d'être rassuré de posséder une information sur elle également. Une sorte d'assurance au cas où elle déciderait de ruiner sa couverture. Mais jamais il ne l'avait vue flancher, jusqu'à aujourd'hui.
Le Vassilev la contemplait sous un nouveau jour, peut-être était-elle plus humaine qu'il ne l'avait d'abord pensé. Pour une fois, il la trouvait… vulnérable. Il ignorait ce qu'elle avait compris, ce qu'elle cachait au monde entier, mais il ne pouvait ignorer les nuages qui étaient venus se loger dans ses yeux. « Alyx… souffla-t-il. » Son instinct lui intimait d'insister, de creuser.  « Va te faire foutre. » De toute évidence, elle ne se montrerait pas très coopérative. Mais il sentait que l'ambiance venait de changer, qu'ils se retrouvaient enfin tous les deux sur la même rive. Celle des âmes perdues, où les fantômes du passés ne s'arrêteraient jamais de les hanter.

Las, le lycanthrope s'adossa contre le mur et laissa échapper un long soupir. Les paupières closes, il se souvint de tous ces regards qu'ils s'étaient échangés et qu'aucun d'eux n'avait cherché à interpréter. Ils s'étaient toujours royalement ignorés, ne se parlant que pour mieux s'incendier. C'était leur petite routine, les silences et les regards noirs. Mais pas ce soir. Ce soir, Onisim voulait comprendre. « Je ne sais pas de quoi tu es capable, tu as raison. » Il murmurait, conscient que les invités étaient encore en train de célébrer Noël et qu'ils pourraient surgir à tout moment. « J'ignore pourquoi tu as changé d'apparence et pourquoi tu mens à tout le monde, mais je suppose que tu as une bonne raison. » Il leva les yeux vers elle, sans trop savoir comment elle accueillerait ses paroles. Dans sa voix, il n'y avait plus aucune trace de rancoeur, ni même de mépris. Seulement une sincérité déconcertante. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais Alyx en savait déjà trop sur lui, donc sa comédie lui semblait atrocement superflue désormais. Avec elle, il ne pouvait pas fuir ses propres démons. Elle savait qu'ils vivaient au fond de lui, que sa malédiction faisait partie de lui. Et il était tellement fatigué de faire comme si ils étaient dupes, comme si ça avait encore de l'importance. Il se fichait de ce qu'elle pensait de lui, parce qu'il pensait sans doute la même chose d'elle. Enfin, avant. En ce moment-même, il avait simplement besoin de quelqu'un d'aussi détestable que lui pour surmonter cette stupide soirée. « Et je ne veux pas te forcer à m'en parler, c'est juste… » Il ne savait même pas quoi dire, il n'y avait pas grand chose à dire. Ils n'étaient que deux ombres, englouties par la noirceur de leur passé. « Je crois qu'on a fait des choses horribles, toi et moi. J'ai juste besoin de me dire qu'il y avait une bonne raison, qu'on n'a pas tout foutu en l'air pour rien. » Même si au fond de lui, il connaissait déjà la réponse. Il voulait croire qu'il n'avait pas eu le choix, que la situation ne se serait pas arrangée et qu'il avait fait ce qui devait être fait. Mais chaque année à cette période, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui se serait passé si Viktor ne l'avait pas suivi dans les bois ce soir-là, ou si ses parents n'avaient pas été aveuglés par le dégoût et si ils l'avaient écouté au lieu de l'enfermer dans cette cave. Et si il ne les avait pas tués pour sauver sa peau. Et si.

 


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Ҩ Re: Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx Ҩ Mar 10 Jan - 22:41

Elle détestait Vassilev pour lui renvoyer cette vérité douloureuse en pleine face. Mais était-ce véritablement la faute du jeune homme ? Non, cette vérité elle ne la connaissait que trop bien, même quand elle n’y prêtait guère attention, elle était là, tapis dans un recoin, prête à bondir à tout moment. Elle était trop naïve pour croire qu’elle la laisserait un jour tranquille, pour croire qu’elle finirait par oublier qui elle avait été et qui elle resterait aux yeux du monde : une meurtrière. Son regard dévia jusqu’à ses pieds, incapable de soutenir le regard de Vassilev qui la fixait sans ciller. Elle était bien mal placée pour le juger, et elle ne le faisait pas. Elle usait juste de son secret comme un coup d’avance au cas où. Au cas où quoi elle ne savait pas vraiment, mais Alyx avait appris à toujours connaître les secrets des autres, elle préférait savoir qui elle côtoyait. Quand vous êtes partisante du Mage Noir, personne n’est votre ami, ou il faut être véritablement sûr qu’on ne vous plantera pas un couteau dans le dos. Tout était toujours bon pour plaie au Maître, y compris dénoncer les petits copains. Avec les années, l’anglaise avait fini par apprendre qu’on ne pouvait faire confiance à personne, mis à part soi-même, si elle voulait rester en vie. Son nom ne la protégeait pas toujours à l’époque, et encore moins aujourd’hui. Lâchant un soupir, se mordant férocement la langue, elle hésitait à partir. Mais Onisim finit par ouvrir la bouche et murmura : « Je ne sais pas de quoi tu es capable, tu as raison. » Alyx ne répondit pas. Elle n’en avait pas besoin. « J'ignore pourquoi tu as changé d'apparence et pourquoi tu mens à tout le monde, mais je suppose que tu as une bonne raison. » L’anglaise redressa le visage, et rencontra le regard du jeune homme. L’ambiance changea du tout au tout, comme s’ils mettaient de côté leur rancœur habituelle, juste pour ce soir, peut-être était-ce parce que c’était noël, ou qu’ils en avaient simplement besoin. En vérité, elle n’avait pas envie de se battre avec lui ce soir, même si c’était au départ bien parti pour. Au fond, elle se sentait plus seule que jamais, et peut-être qu’elle avait juste besoin d’être avec quelqu’un qui pourrait la comprendre. Ce n’était pas une salle bondée de personnes qu’elle ne connaissait pas qui la ferait se sentir mieux, au contraire.
Alyx fixa un instant le ciel étoilé, tandis qu’Onisim reprenait : « Et je ne veux pas te forcer à m'en parler, c'est juste… » Il n’avait pas vraiment besoin de terminer sa phrase pour que la brunette comprenne le sous-entendus. Elle ne sut si c’était les paroles du jeune homme, ou si le calme revenait après la tempête, mais elle se sentait plus sereine que l’instant d’avant. « Je crois qu'on a fait des choses horribles, toi et moi. J'ai juste besoin de me dire qu'il y avait une bonne raison, qu'on n'a pas tout foutu en l'air pour rien. » S’il savait le nombre de fois où Alyx s’est posée cette question. Est-ce que ça valait vraiment la peine ?

Malheureusement personne n’avait la réponse à cette question, et surtout pas elle. Et elle ne pouvait refaire le monde avec des suppositions. Elle avait pris les mauvaises décisions depuis le début, elle était la seule à blâmer pour ça. A présent, elle trainait sa culpabilité et sa solitude, telle une pierre lourde qui la suivait péniblement à chacun de ses pas. Tant pis pour elle, tant pis pour tous ses espoirs, pour ses minces chances de vivre en paix. L’anglaise s’autorisa à jeter un coup d’œil dans la direction du jeune homme. Elle n’aurait su déchiffrer ce qu’il se passait en lui tant son visage restait impassible, son regard fixé sur l’horizon sombre qui leur faisait face. « Ca sert à rien de se torturer l’esprit pour savoir si on a eu tort ou raison , murmura-t-elle comme une évidence. » En vérité, il n’était pas si simple que ça de ne pas y penser jour et nuit, de ne pas se démonter le cerveau à comprendre à quel moment on avait tout fait foirer. Alyx se souvenait de ses nuits d’insomnies ou elle repassait le soir de la bataille dans son esprit. Elle revoyait les corps sans vie tomber autour d’elle, les gens crier, les sorts fuser, Terence s’effondrer mort sur le sol de pierres, la panique, sa fuite. Mais plus elle y pensait, plus ça paraissait flou dans sa mémoire, comme si elle finissait par oublier ces détails qui l’avaient hantée ces longues nuits de silence morbide. Aurait-elle mieux fait d’accepter la fuite avec Terence ? Ne pas se battre pour de fausses idéologies, l’idée d’un monde sorcier meilleur qui lui avait tourné le dos à la première occasion ? Personne ne saurait dire si elle aurait été plus heureuse loin de tout ça, elle n’en était pas sûre elle-même. Elle finit par rajouter : « Je pense qu’on est foutu de toute façon … En tout cas moi je le suis, c’est certain. Personne n’accepte la rédemption d’une mangemort. » Elle l’avait dit d’un souffle, comme si ce statut qu’elle avait porté avec tant de fierté durant des années, paraissait honteux et sale aujourd’hui. Plus de secrets pour son colocataire qu’elle appréciait peu, elle n’avait plus d’avance sur lui. Mais c’était peut-être aussi bien. Lâchant un soupir las, elle leva la tête vers le ciel, et lança : « Si tu le répètes à qui que ce soit, je te transforme en descente de lit Vassilev. »


crackle bones


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I told you not to come, my victim number one. I love the pain, I love the game, come into my arms. You say that I'm delirious, but I'm not the one holding the gun. I love the pain.
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Sometimes I believe, a time where we should know. ❆ Onilyx

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