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 Ceremonia. [Roman]

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Statut du sang : Sang MêléMessages : 251Date d'inscription : 26/04/2015Localisation : ça te regarde ?!
Ҩ Ceremonia. [Roman] Ҩ Sam 30 Mai - 10:35

Dans le monde, il y avait les bons et les méchants.

Cette vision manichéiste exacerbée était sans doute le fruit de trop peu de réflexion dans l'esprit embrumé de Tom Wilcotts. Assis dans le parc, à l'abri des regards, le jeune homme réfléchissait. Le QG des Eclairs n'était plus fréquentable depuis quelques temps. Les conflits régnant entre Roman, le nouveau meneur du clan et ses opposants avaient pour qualité première celle de rendre Tom Wilcotts absolument fou. Parce qu'ils recrutaient, ces gens là. Ils cherchaient. Comment prétendre seulement faire partie d'un clan alors que, au sein de cette "confrérie" étrange, les conflits déchiraient l'unité nécessaire à son bon fonctionnement ? Tom n'en savait rien. Il estimait que dans le monde, il y avait les bons et les méchants. Il se classait bien évidemment dans la seconde catégorie. Les bons étaient ennuyeux. Du côté des anges les démons n'auront jamais voix au chapitre. Leur place n'avait rien de folle, finalement. Les gentils demeuraient des gens fades et stupides. Leurs sourires sonnaient atrocement faux, parce que l'être humain était foncièrement mauvais. Il y a ceux qui aimeraient dominer leur nature, comme Iona. Et puis il y a ceux qui assumaient totalement ce statut de paria, de sale type, de crevure humaine, de sous race immonde, de connard intersidéral, bref, de saloperie. Et Tom faisait irrémédiablement partie de cette seconde catégorie de gens. Cette pensée lui arracha un sourire ; après tout, la vie ne pouvait en être que plus amusante.

Tom se redressa, observa autour de lui. Il faisait toujours froid à Durmstrang, mais il se plaisait à comparer l'atmosphère lourde et glacée du Nord à celle qui régnait à l'intérieur de sa poitrine, en lieu et place de ce que les "bons" appelaient communément un coeur. Tom passait souvent de temps dans le parc, même lorsqu'il y avait de la neige, même lorsqu'il n'y avait personne. Et la pensée simple de songer que son monde tendait à s'effondrer, sans conteste, faisait de lui quelqu'un de plus amer qu'il ne l'avait jamais encore été. Mallory Edgerton avait toujours été un enfant à part. Un gosse qui comprenait différemment des autres. Un gamin surprotégé par sa soeur, en raison de la différence beaucoup trop marquée qu'il avait avec les autres. Une mère dépassée, un père impuissant, voilà ce qui fit de Tom un garçon incontrôlable et dangereux. Et Iona ne s'en rendit compte que trop tard. Ce nom d'apparât qu'elle avait choisi ne plaisait même pas au jeune homme. Mais elle était restée intraitable.

Il se leva, frigorifié, et se dirigea vers les portes de l'institut avec la ferme intention d'aller chercher un café brûlant, et se caler devant la cheminée. On ne voyait jamais Tom accompagné. Le garçon n'avait aucun ami. Seulement des connaissances. Tom tâtait encore le terrain. Il ne savait pas encore qui manipuler, qui utiliser pour arriver à ses fins. Une chose était certaine cependant, l'Ox était une parfaite raison de rester ici et de se servir des autres pour obtenir de plus amples informations. Et personne ne se doutait encore de rien. On supposait que Tom possédait un tempérament ombrageux. Rien de plus, rien de moins. Personne ne pouvait s'imaginer qu'en vérité, le jeune français détenait un secret menaçant jusqu'à sa place au sein de l'école ; et rien, ni les contraintes, ni les ordres, ni tout le reste, ne pourrait jamais l'empêcher de faire ce qu'il voulait. Personne non plus. Professeurs et élèves n'étaient que de vulgaires pions sur un échiquier trop petit pour eux.

Tom rejoignit la salle commune du clan des Eclairs, et s'assit lourdement sur un fauteuil. Un café dans la main, le jeune homme se péparait à passer une soirée bien méritée seul avec lui même. Ses yeux se posèrent sur les flammes brûlant dans la cheminée ; les formes ondulantes étaient un objet de fascination pour le jeune sorcier, et il arrivait qu'il passe des heures à ne rien faire d'autre que se trouver là, assis sur un fauteil, les yeux fixés sur les flammes. Il n'aurait jamais songé que ce comportement avait quelque chose d'effrayant ou d'intriguant pour les autres. C'était un état de léthargie avancée dans lequel Tom se complaisait à ressentir le calme. Une chose bien trop rare dans sa vie.

Il n'entendit donc pas la porte s'ouvrir, les élèves rentrer les uns après les autres. Depuis le temps, ses camarades ne prenaient plus vraiment la peine de le saluer, de toute manière, il n'écoutait pas. Inutile de se fatiguer, donc, à dire "bonjour" à une personne qui de toute manière ne répondrait pas. En fait, ce ne fut que lorsque quelqu'un posa ses grosses fesses de bonhomme mal élevé à côté des siennes, tout aussi mal élevées que Tom fit un bond de surprise, quittant les flammes des yeux pour se tourner rageusement vers le trublion, furieux soudain d'avoir été déranger.

"Tu vois pas que j'étais occupé espèce de pauvre c..."

Ah. Des cheveux blonds filasses, pas forcément très net, le regard en biais et le visage qui semblait taillé au couteau, les cernes sous les yeux comme des vagues jetées en ressac contre les flancs d'une falaise ; Roman, le chef de son clan, se tenait en face de lui, les yeux fixés dans ceux du jeune français qui songea à ce moment là que de temps en temps il faudrait vraiment qu'il apprenne à claquer son bec. Et à faire preuve d'un peu de respect ; Roman aussi pourrait toujours servir. Choisir l'un des deux camps n'était pas du goût de Tom. L'idée de faire semblant de les rejoindre en revanche... il s'autorisa un sourire, seulement sur le coin de la bouche, crispé.

"Oh, salut le Grand Chelem. Que me vaut cet honneur ?"


En fait, Tom n'aurait pas pu se douter du piège. Il avait face à lui quelqu'un de la même tempe ; et quelqu'un avec plus de pouvoir. Pour n'avoir parlé que trop peu au meneur de leur clan, le jeune sorcier n'en savait rien. Et cela signait sans doute le début de sa perte.


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Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 798Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Dim 7 Juin - 7:12

Ceremonia
Roman ∞ Tom


Je suis entre ciel et terre au sommet de cette tour surplombant le reste de notre douloureuse institution. Nous sommes si haut dans le ciel que tout nous semble inaccessible. Je plissai les yeux en observant les arbres au loin se balancer. Ils pliaient tous sous les assauts ventaux et cachaient en leurs branches des milliards de secrets. Mais jamais ceux-ci ne suffisaient à faire tomber le valeureux chêne.

Nous devions faire de même pour pouvoir gouverner sur un peuple. Il fallait savoir être ferme comme les arbres pour prendre les décisions les plus difficiles et souple pour laisser passer les erreurs du peuple. Personne ne comprenait les efforts que je faisais pour redresser le clan des Éclairs de la perte de son ancien meneur. Je demeurais pourtant magnanime envers eux. Ne saisissait-il pas la clémence dont je faisais preuve ?

Les gens marchant dehors ne sont rien que des petits points mouvants dans les ombres de la nuit. On dirait pratiquement des insectes quand on les regarde de si haut. Ce serait si facile de les écraser. Je pose mes mains sur la rambarde de la tour en observant le sol. Le parc est visible ainsi que les terrains. Il est difficile de croire que cet énergumène ait eu le courage de se propulser de telle hauteur. Je baissai les yeux pour constater la hauteur astronomique me séparant du sol.

Je serrai les poings en retenant un hurlement de rage. Mes jointures en seraient devenues blanches. Mes ongles s’enfonçaient suffisamment fort dans ma peau pour que ne coule un mince filet de sang sur mes mains de nacre si pures face aux crimes que l’on m’accusait à tort et  travers. Nikolas. Ce prénom est un venin qui me brûle les veines. Même dans sa mort, il avait eu plus de courage que moi. Je ne pourrais jamais me donner la mort de telle façon. J’ai trop peur. Merde. Il fallait bien que ce mec se donne en spectacle jusqu’à la toute fin. Je pris une bonne respiration avant de lever les yeux au ciel.

Il fallait que je trouve un moyen pour vivre pour toujours. Rien que pour pouvoir garder le contrôle et ne jamais perdre la couronne face à ses larbins qui se sont mis en tête de se battre pour sa mémoire. Arsenic comme le défenseur de la veuve et l’orphelin, Valeryia comme la fillette éplorée ayant perdu son mentor et Kira qui… rien à dire sur elle. Cette dernière était l’innocente de l’histoire. Sauf si je changeais l’Histoire.

Personne ne portait cependant parole contre moi. Ils avaient tous peur. Je la sentais envelopper chacun de leurs pas alors que je marchais dans mon royaume. Parce que je suis le roi du monde. Cette pensée réussissait à m’arracher un sourire. Même le ciel romantique devenait une belle peinture de la nature. Je penchai la tête sur le côté en observant la nuit doucement prendre ses aises. Elle ne demandait jamais son avis au jour pour revenir. Cela faisait partie de la vie. Mon règne était similaire à cette étoile, ce Soleil trop brûlant. Bannissez-moi. Je ne ferai que revenir plus fort pour vous brûler de mes rayons. Et si vous m’apparentez à la Lune, n’ayez pas peur de moi, mais des animaux se cachant dans les ombres. J’ai des gens qui me supportent de toutes parts. Oh non, je ne me donne pas encore en spectacle, mais je prépare mes plans dans l’ombre. Un bon roi ne doit pas être aimé, mais bien craint.

Je descendis les escaliers de la tour d’astronomie en mettant les mains dans mes poches. Je parcourais rapidement les marches avant de tourner dans les dédales des couloirs. Je parvins finalement dans le repaire des Éclairs. Personne ne se trouvait dans la salle commune. Tous venaient de rentrer et allaient manifestement dans leurs dortoirs. Aucun ne vouait sa nuit à la recherche de l’Ox. Il allait falloir faire table rase de tous les éléments inconvenants parmi nous. Je ferai du ménage dans ce clan.

Tu te différenciais déjà de la masse quand je suis arrivé dans la salle commune. Tout ce que je pouvais voir était ta chevelure brune dont les mèches se faisaient grasses ainsi que ton dos. Je restais planté au milieu de la salle en te regardant. Tu ne bougeais pas le moindrement. Tu n'avais même pas accueilli les membres de ton clan. On aurait dit une statue de cire. Le spectacle en serait effrayant. Mais c’était ce qu’il y a aussi de plus génial. Personne ne pouvait comprendre la rafale des flammes dansantes qui se dressaient devant toi. Il n'y avait que le feu qui pouvait faire fondre la cire de ta stoïcité. Ton vrai visage devait se montrer sous les apparats orangés de la cheminée. J'allais m'asseoir dans un des sofas de cuir près de toi. Ta réaction ne se fit pas attendre. « Tu vois pas que j'étais occupé espèce de pauvre c... »

Des traits fins qui auraient pu être malicieux si ces derniers ne déformaient pas ton faciès en une sorte de grimace ridicule. Je haussais les sourcils sans rien dire pour prendre place dans mon fauteuil. La place était meilleure ici. Je ne l'abandonnerai pour rien au monde. Il fallait bien évidemment que tu enfonces le clou pour me montrer l'étendue de ta connerie.  « Oh, salut le Grand Chelem. Que me vaut cet honneur ? »Un autre impertinent. Je n'allais pas te jeter de regard noir. Perdre mon sang-froid maintenant serait d'un ridicule...

« Rien de bien spécial. » fis-je en posant mes coudes sur mes genoux et mon menton sur mes mains. « Le clan est en pleine stagnation ces derniers temps. Je viens chercher des réponses dans le feu. Un peu comme toi si on peut dire. J’espère que je n’ai pas interrompu de bien importantes réflexions. » Je connais tout de toi. Je sais que cela ne va pas bien dans ta tête. Je sais que tu ne vis pas dans la même réalité que la mienne. Mais je vais te faire croire que je vois plus qu’un simple fou en toi. « L’ambiance des Éclairs n’est pas au top. J’imagine que tu le ressens toi aussi. J'en suis parfaitement désolé. Je fais de mon mieux pour que le clan redevienne comme avant. Mais cela prendra un certain temps. » Je disais cela sur un ton compréhensif et sans arrière-pensée. « Il devait y avoir une meilleure dynamique entre les membres de ta maison à Poudlard, n’est-ce pas ? » Une simple question pour que je sache comment mieux gérer mon clan. Poudlard me rendait toujours curieux. Et qui sait si je pourrais tirer des leçons de l'école de magie anglaise vis-à-vis mon règne ?


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Ven 12 Juin - 12:45

Cet homme est effrayant. Enfin, ce jeune homme. Le vieillir serait déjà une sorte de signe de faiblesse, non ? Je ne sais pas, je conçois les choses de cette manière. Il a des yeux trop clair, le visage émacié, la figure rêche comme un vieux bout de parchemin qui aurait passé un peu trop de temps sur le sol. Je ne dirais pas que Roman me fait peur, ce n'est pas le cas. Je dis qu'il est effrayant, là erst la nuance. Il s'assoit près de moi, sur un fauteuil que personne d'autre n'occupe. La mort de Nikolas a laissé derrière lui quelque chose qui peut s'apparenter à un monstre sous forme humaine, couverte par l'expression neutre et presque amusée du garçon du nord, qui se prend pour un roi. Je ne fais allégeance à personne. Je ne me soumets à personne. Mon clan n'est qu'un pion avec comme seule finalité, l'objet tant convoité, l'Ox. Et rien d'autre ne peut me persuader de faire quoi que ce soit. J'observe un moment le visage de mon vis à vis. J'abandonne du regard les flammes qui avaient pourtant, excusez moi du peu, une mine bien meilleure que celle du chef des Eclairs. Que savait-il et que ne savait-il pas sur moi ? C'est le gros problème, avec lui. On ne peut pas savoir ce qu'il a dans le crâne. J'ai l'impression qu'il me jauge, qu'il m'examine, alors que moi je ne peux pas le faire. Je suis fatigué, ce soir. Les flammes me permettaient d'oublier momentanément que j'ai passé la journée dans le noir complet, abruti par mes propres réflexions. Je suis réellement épuisé. Je ne sais pas vraiment ce qui me tient encore debout. A part ma soeur.

« Rien de bien spécial. »


Menteur. Mais quel menteur. Je sais quand on me ment Roman, je sais aussi que tu ne fais jamais "rien de spécial" chacun de tes gestes est calculé au milimètre pour la mise en place d'un plan dont j'ignore jusqu'à la signification. Et je ne veux pas le savoir. Cela ne me regarde pas. Tu ne comprends toujours pas ? Je me fous de mon Clan, vous pourriez bien mourir demain que cela ne changerait rien. Demain, on me retrouverait de nouveau devant le feu. A fixer les flammes comme si ma vie en dépendait, léchant le mur de pierre sans pouvoir l'étreindre. C'est la plus triste histoire d'amour qu'il m'ait jamais été donné de voir.

« Le clan est en pleine stagnation ces derniers temps. Je viens chercher des réponses dans le feu. Un peu comme toi si on peut dire. J’espère que je n’ai pas interrompu de bien importantes réflexions. »


Je crois que j'ai un frisson. C'est à peine perceptible mais je suis persuadé qu'il ne l'a pas raté. Que sait-il et que ne sait-il pas de moi ? Je l'ignore. Je décide soudain que je le déteste. J'ai l'impression de ne fréquenter que des gens dangereux, et cela n'est pas pour me rassurer. Est-ce que cette fuite pour Durmstrang était une bonne idée ? Aurais-je dû terminer ma vie comme un paria, dans un hôpital magique où on aurait soigneusement pris en considération ma maladie imaginaire ? Seulement voilà, je ne suis pas malade. C'est la situation de ma famille, de mon entourage, qui a fait de moi ce que je suis. Je n'avouerai jamais que j'ai peur de moi même. Et j'ai presque autant peur de Roman que j'ai eu peur de ce visage au sourire teinté de folie, que j'ai vu face à moi le jour où je me suis observé dans le miroir. Le sourire glacé de l'Epouvantard. Une vérité que je refuse encore de voir. Je ne suis pas malade. Et toi tu es une personne méprisable et misérable. Mais je garde une expression indifférente. Allez, Roman, dis moi seulement où tu veux en venir, qu'on en finisse.

« L’ambiance des Éclairs n’est pas au top. J’imagine que tu le ressens toi aussi. J'en suis parfaitement désolé. Je fais de mon mieux pour que le clan redevienne comme avant. Mais cela prendra un certain temps. »


Je crois que cette fois je ricane. Je me fiche de toutes ces petites histoire de guerre interne entre les membres du Clan. Je ne me sens pas concerné par tout cela. Et je ne veux pas m'en mêler. Je me demande pourquoi il me parle. Je n'ai jamais manifesté la moindre sympathie pour personne, alors pourquoi essayer de communiquer ? Il n'est vraiment pas obligé, après tout. L'ambiance n'est pas mon problème. Tout me passe sur la peau en filigrane. Cela m'est égal. Ils peuvent bien s'entretuer que cela ne m'empêchera pas de dormir.

« Il devait y avoir une meilleure dynamique entre les membres de ta maison à Poudlard, n’est-ce pas ? »

Bon stop. Là cette fois je tique. Si lui est resté calme, moi je le fusille du regard. Tu n'es pas mon chef Roman, je ne suis l'esclave de personne. Je suis totalement libre. Mon Clan est en désordre et j'en profite, seulement pour servir mes propres intérêts. Et il n'est pas dans mes intérêts de te baiser les pieds en disant "oui maître" avec un filet de salive sur le coin de la bouche.
Je dois mentir. Je serre les dents. Parler de Poudlard est dangereux. Mais les meilleurs mensonges sont ceux que l'on exploite jusqu'à la dernière goutte.

"Toutes les maisons étaient soudées face à Tu-Sais-Qui, à Poudlard, à l'exception des Serpentard. Et il n'y avait pas de chef, pas d'autorité dans une maison. C'est peut être ça, le véritable problème qui fait le dysfonctionnement du clan, tu ne crois pas ?"


Avoir un chef. Oui, je remets en cause ton autorité. Je joue avec toi, je veux voir si tu as autant de contrôle sur ta colère que je le constate à présent. Les faux calmes m'amusent beaucoup. Peut être parce que j'y vois un miroir de moi même. Et peut être parce que ce sont les plus amusants à provoquer.

"Je me fiche totalement de vos petites querelles de chef de clan, Roman. Vous êtes simplement ridicules. Il y a mieux à faire que taper sur Kira Dolosteï, mais peut-être as-tu perdu de vue les véritables objectifs des Eclairs en voulant prouver ta valeur."


Je ne veux pas parler de Poudlard. Je ne veux pas mentir. Je veux que tu perdes le contrôle de toi imême et qu'on sorte se battre. En fait, je suis furieux. Et la crise commence lentement à pointer le bout de son nez, car chaque mots que je prononce pourrait s'y méprendre à des lances, des dards empoisonnés que je m'imagine planter dans sa peau. Ma réaction est épidermique. Je n'ai rien à faire avec ce type. Absolument rien. Un sourire sarcastique se dessine sur mes lèvres alors que je le fixe. Dans les yeux. Tu peux en effrayer d'autres, mais pas moi, Tatsikov.

"Je parle de l'Ox. Si tu te rappelles ce que c'est. Les gens qui ne pensent qu'au pouvoir oublient assez souvent qu'il y a des choses plus importantes qu'eux-mêmes."


Du calme Tom. Du. Calme.


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Jeu 2 Juil - 6:54

Ceremonia
Roman ∞ Tom


Tu avais embarqué dans la danse du meneur sans même te rendre compte de son jeu dangereux. Comme le petit insecte sur la vaste toile de l’araignée, tu venais de te perdre. Roman s’était affirmé en prenant possession de la première personne et tu tentais de le calquer. Son hypnose fonctionnait jusqu’au bout de sa plume, dans les tréfonds de sa pensée, parcourant ses nerfs jusqu’au moindre de ses mouvements. Regarde-toi en train de l’imiter. Tu t’adresses à lui comme il s’était adressé à toi, t’affirmant de ce stupide « je » romantique qu’utilisaient les littéraires pour donner foi à leurs sentiments. Vous disiez tous qu’il faisait un mauvais leader, que ses idées ne devaient pas être suivies, mais vous voilà en train de faire pareil. Ce que cela est pitoyable. Ce que cela est jouissif.

Le jeune homme avait posé une question sur la dynamique des élèves de l’école de magie anglaise en osant croire que son camarade ne connaitrait pas sa réputation. Roman connaissait pourtant bien les noms d’usurpateur et de voleur. Mais prétendre jouer le meneur de clan compréhensif lui permettait tout de même de s’attirer les faveurs des plus jeunes. Cela ne fonctionnait néanmoins pas avec l’énergumène qui se tenait devant lui.  

Tom avait tiqué et lui lançait un regard atrabilaire, bouillant du feu de la colère qui aurait certainement pu faire frissonner un autre que lui. Roman conservait son sourire. Il était laid avec les cernes creusant son regard ainsi que sa peau qui tendait vers le gris. On aurait dit un cadavre revenu des morts pour accaparer le pouvoir quelques ans de plus. Mais les gens de son clan le remarquaient moins que celui qui se tenait devant lui. Roman ne faisait aucun effort devant Tom. Parce que ce dernier savait qui il était et quel monstre se cachait sous ses cheveux gominés. Parce que ce dernier n’en valait certainement pas la peine.

Mais Roman s’amusait en jouant le jeune homme compréhensif qui savait avoir affaire à un malade mental. La schizophrénie était un jeu pour lui. Il aimait en étudier le comportement et riait en voyant les conséquences de cette maladie sur les êtres humains. Devenu parfaitement insensible avec le temps, il ne se souciait que de sa propre personne parce que qui importait plus que soi-même ? Tous les êtres humains naissent avec l’instinct de survie.  Ce serait faux de prétendre vouloir la santé de son prochain au détriment de la sienne. Ceux qui affirment le contraire sont des imbéciles.

Roman observait les pupilles de son interlocuteur. Elles se dilataient lentement alors que les mares noires du regard de son camarade prenaient possession de la marée sombre de ses yeux. Le meneur regardait le jeune homme serrer les dents et pouvait pratiquement apercevoir un filet de sueur couler au travers de ses cheveux marron. Il ne put retenir une grimace de dégoût, voire même un haut-le-cœur. Certaines personnes gagneraient véritablement à apprendre à mentir. La non-vérité est un art aux allures de labyrinthe. Nous nous y perdons et nous ne revenons jamais indemnes. Nous tirons tout de même un plaisir sans borne à parcourir les dédales. Cela ne dure que jusqu’à ce que nous devenions fous. Roman attendait le moment où Tom se briserait. Il continuait néanmoins de se défendre bec et ongles telle une harpie. « Toutes les maisons étaient soudées face à Tu-Sais-Qui, à Poudlard, à l'exception des Serpentard. Et il n'y avait pas de chef, pas d'autorité dans une maison. C'est peut être ça, le véritable problème qui fait le dysfonctionnement du clan, tu ne crois pas ? »

Il tentait encore de résister aux ripostes du clan adverse. Roman fronçait les sourcils en hochant la tête lentement, les yeux perdus dans le vide en faisant mine de laisser les paroles s’ancrer dans son cerveau. Mais les coins de ses lèvres s’étaient retroussés. Tom était un type amusant au dernier degré. Le schizophrène se mettait les pieds dans les plats au plus grand plaisir du meneur des Éclairs. Il n’avait pas peur de défier l’autorité impériale de son clan et cela lui plaisait. Roman aimait les personnes assez fortes pour se dresser devant lui. Il les écraserait… mais il appréciait tout de même cette lueur battante qu’il voyait dans les regards, attendant seulement de mieux l’annihiler par la suite pour qu’il ne reste plus rien.

« Je me fiche totalement de vos petites querelles de chef de clan, Roman. Vous êtes simplement ridicules. Il y a mieux à faire que taper sur Kira Dolosteï, mais peut-être as-tu perdu de vue les véritables objectifs des Eclairs en voulant prouver ta valeur. »

Des rumeurs se sont probablement propagées. Roman visait la destitution de Kira. Il ne commettrait cependant pas le moindre acte imprudent pour parvenir à la chute de cette dernière. Il forcerait le destin. Mais il était de ces gens patients capables d’attendre le temps qu’il faudra pour se débarrasser de ses ennemis. Combien de temps avait-il passé dans l’ombre à perfectionner son hypnose avant de revenir dans toute sa force reprendre le clan en main ? Tom continuait en abordant un sujet important, du tac au tac. Roman le trouvait audacieux de le voir lui répondre avec une telle effronterie. « Je parle de l'Ox. Si tu te rappelles ce que c'est. Les gens qui ne pensent qu'au pouvoir oublient assez souvent qu'il y a des choses plus importantes qu'eux-mêmes. »

Il n’y avait plus la moindre gentillesse dans le regard du meneur. Il lui lançait un regard long alors qu’une lueur métallique passait dans ses yeux azurins. Il se levait de son fauteuil pour marcher, passant sa main dans sa cape pour faire rouler sa baguette entre ses doigts. Tout ce qu’il avait fait pour parvenir jusqu’ici… Rien ne devrait tomber dans l’oubli. Comme si un vulgaire fou pourrait le faire douter. Le leader reprit la parole. « Les gens qui sont au pouvoir oublient souvent qu’il y a des choses plus importantes qu’eux-mêmes… » minaudait-il en répétant les mots de son camarade. « Te rends-tu compte de ce que tu dis ? Une société a besoin de quelqu’un pour la diriger. Personne n’a voulu du pouvoir après la mort de Krum. C’est pour cela que j’ai pris le clan en charge : pour l'orienter vers ce qui importait le plus. Toi et moi cherchons la même chose. Une anarchie ne ferait que diviser le clan. Je ne compte pas perdre l'Ox aux mains d'Irina. » Il ne tarda pas à reprendre. « Alors soit, j'ose prétendre qu'il n'y a personne de plus important que moi-même si cela peut te faire plaisir. Un nouveau meneur amène de nouveaux changements. » Quel mal y avait-il à prendre en main un clan qui partait à la dérive ? Roman n'en voyait pas le moindre. Diriger le clan lui permettrait enfin de pouvoir remettre en ordre les priorités. L'Ox passerait avant toute chose. Il n'oubliait cependant pas Priska. Elle viendrait le rejoindre et ensemble, tous les deux, ils pourraient de nouveau faire brûler les sceaux de leurs camarades de cette irradiante chaleur quand tous les deux auraient élucidé une des plus grandes prophéties de cet établissement.

« Je ne sais pas ce que tu as entendu sur moi, mais sache que je n’ai rien contre Kira Dolosteï si l’on excepte sa position de meneuse. Elle était douée avant. Même moi ne peux pas le nier. Mais nous a-t-elle rejoint lors de la mêlée pour retrouver le journal ? A-t-elle fait la moindre chose pour le clan ? Elle n’est plus la même ces derniers temps et je ne sais pas… Il y a encore un truc qui m’échappe. » Roman s’arrêtait près de la fenêtre. Il demeurait pensif alors qu'il perdait son regard dans le ciel sombre. Il continuait sa litanie en observant le paysage se parer de nuages noirs. « Mais il y a quelque chose d’autre que je sais. Tu disais qu’il n’y avait pas de chef, pas d’autorité dans les maisons de Poudlard. Tu as tort. Il y a deux préfets et deux préfets-en-chef par maison. Cela fait déjà quatre figures d’autorité étudiantes. Ensuite, il y a pour chaque maison un directeur. Pas de chef, pas d'autorité. J'en compte pourtant cinq. » Il appréciait chaque mot qu’il disait, se sustentant de la terreur panique que ceux-ci susciterait dans le cœur de sa victime. Il se retournait vers Tom. « Tout cela est écrit dans Histoire de Poudlard. » La dernière phrase prononcée sur une note ironique, une pointe parfaitement salace. Roman savait parfaitement ce qu’il rôdait. Comme si on pouvait prétendre lui cacher quoi que ce soit.

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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Ven 28 Aoû - 20:07

Je sais que j'ai touché juste. Les yeux de Tatsikov de réduisent à deux fentes. Notre meneur est laid. Terriblement laid. Stupide, laid, détestable et effrayant à la fois. Cela ne fait pas un cocktail attirant. Tout en lui me répugne. Sa façon de faire tourner sa baguette dans sa main en marchant, qui me fait me crisper derechef, attraper la mienne, dans la poche de mon pantalon. Ma main se referme sur le bois et le soulagement est immédiat. Je suis en colère, terriblement en colère mais je sais qu'il n'attend que ça. Je suis une souris, entre les grosses pattes d'un matou borgne et ravagé par la gale. Et la seule chose que je pense, maintenant, c'est que je dois m'enfuir. Mon adversaire est bien plus gros que moi. Mais je refuse de me laisser faire. Personne n'a le moindre droit sur moi. Personne ne peut se permettre de se moquer de moi sans en assumer des conséquences terribles. C'est ainsi que je le conçois. Et si Roman me cherche, il finira par me trouver. Je l'observe, dans une posture faussement tranquille alors que je n'attends qu'un geste de lui pour lui sauter à la gorge. La salle commune, vide à l'exception de nous deux, est chargée d'une tension presque palpable. J'en sentirais presque les picotements, dans ma nuque. Il a tout perdu de son air aimable. Et ça, c'est une victoire pour moi.

« Te rends-tu compte de ce que tu dis ? Une société a besoin de quelqu’un pour la diriger. Personne n’a voulu du pouvoir après la mort de Krum. C’est pour cela que j’ai pris le clan en charge : pour l'orienter vers ce qui importait le plus. Toi et moi cherchons la même chose. Une anarchie ne ferait que diviser le clan. Je ne compte pas perdre l'Ox aux mains d'Irina. »

Deux gros poissons dans une toute petite mare. Je l'écoute me répondre, feignant l'attention. Quel est donc le rapport avec moi ? Pourquoi s'arrêter pour me parler, pourquoi chercher seulement à avoir mon attention si tu me méprises, chef ? Pourquoi t'approcher de moi, alors que les autres ont parfaitement compris qu'il ne vallait mieux pas ? Il est un mystère pour moi. Il m'insupporte. Et curieusement, il me donne envie d'en savoir plus. Parmi mes secrets, nombreux sont ceux qu'il pourrait découvrir trop vite. Et si je devrais le fuir, je n'en fais rien. Je suis tombé sur un adversaire à ma taille. C'est suffisamment rare pour être souligné, finalement. Seulement, je ne cherche pas la même chose que lui. L'idée de diriger un clan me parait tellement stupide. Tellement dérisoire. Pour le moment, tu n'orientes le clan vers rien, Tatsikov. Ou seulement vers le déchirement. Voilà un fait suffisamment ridicule pour que je le souligne, bien au fond de mon cerveau.

« Alors soit, j'ose prétendre qu'il n'y a personne de plus important que moi-même si cela peut te faire plaisir. Un nouveau meneur amène de nouveaux changements. »

Tu es tellement RISIBLE. Comment peux tu me faire avaler cela ? Sous Krum, je n'étais déjà pas au fait de ce genre d'histoires. Maintenant, je me dis que je n'aurais jamais dû adopter le moindre clan. Milly m'a fait croire que m'intégrer à quelque chose me permettrait d'aller mieux. Entouré, je pourrais apprendre à vivre. La vérité, c'est qu'elle m'a piégé, en me faisant miroiter une idée de liberté. C'était pour elle qu'elle la voulait. Pour elle seule. Soudainement, je me mets à haïr le monde entier. A commencer par ma propre jumelle. Tu es le deuxième sur ma liste, Roman. Tu es là, comme un serpent en quête d'une proie, dissimulée dans l'ombre, à la recherche d'un nouveau lapin à empoisonner, pour mieux le dévorer, lentement. Je n'en suis pas un. Tu ne m'auras pas. Je fronce les sourcils, en l'écoutant déblatérer un monceau d'inepties que je refuse seulement de croire. ça ne me concerne pas. ça ne me regarde pas. Je n'offrirais mes services qu'à celui qui pourra me rapporter le plus de profit. Donc, tu es hors jeu. Trop égoïste, trop dangereux. Tu me lâcherais au moindre signe de faiblesse. Ou de force. Animal cupide et intéressé, seulement obnubilé par le pouvoir. Tu es comme moi. Mais tu refuses de t'en apercevoir. Combien de temps passeras-tu encore à te débattre ?

« Je ne sais pas ce que tu as entendu sur moi, mais sache que je n’ai rien contre Kira Dolosteï si l’on excepte sa position de meneuse. Elle était douée avant. Même moi ne peux pas le nier. Mais nous a-t-elle rejoint lors de la mêlée pour retrouver le journal ? A-t-elle fait la moindre chose pour le clan ? Elle n’est plus la même ces derniers temps et je ne sais pas… Il y a encore un truc qui m’échappe. »


Il s'appuie contre la fenêtre, et regarde au dehors. Il semble presque obnubilé par ce qu'il voit. Ses yeux d'eau sale ne me voient plus. Et j'en suis relativement heureux. Les miens, noirs, retournent observer les flammes léchant les murs de pierre. C'est nettement plus intéressant que tout ce qu'il peut me dire. Peu importe tout ça. Ce ne sont qu'un tissus de mensonges et de bêtises. ça ne me concerne pas. Je me moque de Kira. Je me moque de ce qui les déchire. Je veux seulement obtenir ce que je veux, et je sais que je ne pourrais l'avoir que seul. Alors va-t-en. Va rejoindre tes querelles intrinsèques, et laisse moi seulement dans mes lamentables observations lointaines, ne te préoccupe pas de moi. Je ne suis rien. Rien de plus qu'un pion qui essaye de sortir de l'échiquier.

« Mais il y a quelque chose d’autre que je sais. Tu disais qu’il n’y avait pas de chef, pas d’autorité dans les maisons de Poudlard. Tu as tort. Il y a deux préfets et deux préfets-en-chef par maison. Cela fait déjà quatre figures d’autorité étudiantes. Ensuite, il y a pour chaque maison un directeur. Pas de chef, pas d'autorité. J'en compte pourtant cinq. »

...
...
...
...
Merde. MERDE.

Il se tourne. Ses yeux esquissent une ligne de victoire qui danse dans son regard. Le matou a posé une patte sur ma queue, il me regarde me débattre. Mes yeux se détachent des flammes. La panique, oui, bien sûr, évidemment que je panique. C'était une erreur tellement... Tellement grossière. Mallory, tu es un imbécile. UN IMBECILE. Parce qu'il savoure quelque chose que j'ai oublié, quelque chose qui a fait tache dans mon mensonge pourtant si bien construit. J'ai passé des jours, des semaines, à récolter tout ce que je pourrais savoir. Alors non. NON. Non il ne m'aura pas comme ça.

« Tout cela est écrit dans Histoire de Poudlard. »

"Ah... ahahah... Hahahaha !"

Il se fout de ma gueule. Et moi aussi, finalement. Parce que... Non, c'est tellement simple, en fait. C'est presque trop facile, je n'en reviens pas. Je me tords un peu sur le canapé. Ce n'est pas un rire naturel. C'est le rire de quelqu'un qui a tout abandonné. Les deux pattes se sont refermées sur mon petit corps, mais je mords la peau du matou jusqu'au sang. Non, il est hors de question de me laisser dévorer. Tu ne m'auras pas, Tatsikov. C'est quoi, dans tes yeux cette fois ? De la surprise ? Du mépris ?

"Ne me fais pas avaler tes couleuvres, s'il te plait."
Mon reste de rire s'éteint, et cette fois ci c'est une mine clairement hostile qui lui fait face. Ma main se serre sur ma baguette magique, dans ma poche. "Les préfets sont sous les ordres des directeurs de maison, qui font partie du corps enseignant, à Poudlard. ça aussi, c'est dans le livre. Peux-tu seulement affirmer qu'il en est de même ici ?" Ne me raconte pas d'histoires. Je le fusille du regard, maintenant, je me lève pour le rejoindre. Il est laid. Tellement laid. Que ce soit à l'extérieur, comme à l'intérieur. Et je suis trop près. Beaucoup trop près. Je viens d'entrer dans son espace vital, et je sens qu'il n'aime pas ça. Tant mieux.

"Les chefs de clan ne reçoivent d'ordre de personne. En cela c'est déjà une anarchie. A Poudlard, les préfets sont choisis par la direction. Ici tu as pris arbitrairement le pouvoir, comment veux-tu qu'il y ait une bonne cohésion entre les Eclairs ? Tu es pitoyable."

Bien sûr que j'ose. Qui d'autre peut se permettre de te parler sur ce ton ? J'émerge d'entre les pattes du gros chat, je retrouve de l'air.

"Pourquoi es-tu venu me trouver, Roman ? Vos histoires ne m'intéressent pas. Et je ne devrais pas t'intéresser non plus. Si tu veux fouiner dans le passé de tes ouailles, il y en a d'autres qui seraient ravis de te lécher les pompes."
J'ai un sourire affreux, près de lui, alors que je lui fais face. Un sourire sans joie, quelque chose qui sonne comme de la folie. Mais je ne suis pas malade. Je ne suis pas fou. "Laisse moi donc regarder mon feu et va jouer les Croisés si ça t'amuse. On verra qui de nous deux trouve l'Ox en premier." Va-t-en. Va-t-en, Tatsikov. Je n'aurais jamais personne pour chef. Rentre toi bien ça dans la tête.


ZAKHORY STYLE.
"I'm not running away, I will feel the pain instead... I'm not running again even though I'm scared, Baby"
   


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Statut du sang : Pur, mais ce n'est pas important, la valeur d'une personne est dans ses actionsMessages : 798Date d'inscription : 20/05/2015Localisation : Au sommet du monde
Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Ven 18 Déc - 9:24

Ceremonia
Roman ∞ Tom


If he said help me kill the president
I'd say he needs medicine.

Je me dois de te concéder l’image du chat parce qu’elle est brillante. Classique, mais certes, elle se prête à toutes les sauces, et pourquoi changer un mélange qui marche ? C'était exactement le problème auquel se livrait le clan des Éclairs. Il demeurait coincé dans son traditionalisme insipide. Roman avait ajouté un nouvel ingrédient à la recette qui avait fait en sorte que tout explose. Si seulement Arsenic avait accepté de revêtir le tablier plus tôt. Non, lui n'aimait que la baguette, et on ne parle pas seulement de la baguette de pain. Son temps, il l'avait perdu. Son poste, il ne le méritait plus. Roman était le chef. Au menu : chaos et anxiété. Je rigole. Il allait plutôt servir aux membres de son clan l'Ox, sur un plateau d'argent.

L'image du chat, retournons-y. Elle résume merveilleusement bien la situation. Roman et Tom se toisaient en jouant sur chacun de leurs mots. Cet affrontement rappelait ceux de Tom et Jerry. Il avait écouté l'émission quand il était plus jeune. Tout le monde aimait la petite souris qui arrivait à leurrer le pauvre matou. Elle lui infligeait les pires tortures sans jamais afficher le moindre remords. On sait que l'on a grandi quand on apprend à avoir de la compassion pour Tom, ce chat con qui se laisse prendre dans tous les pièges. Il fonce dans les portes et il se perd dans ses propres attrapes.

Mais bon, on va laisser Roman prendre le rôle du matou cette fois-ci. Tom serait Jerry, pour une fois. Mais dites-moi, pourquoi un chat laisse-t-il la souris respirer ? Pour mieux jouer avec cette dernière. Briser ses jouets dès le début est d’un ennui… Oui, on peut en avoir des nouveaux, mais pourquoi se priver de ce qui nous a octroyé notre premier plaisir ? Les Éclairs sont traditionalistes. Pourquoi changer une formule qui marche ?

Roman avait lancé l’argument du livre en attendant une réaction légitime. Il avait espéré un roulement des yeux de la part de Tom à la mention de la phrase préférée de Granger que l’on entendait supposément dans tous les couloirs. C’était un lien de causalité fort en psychologie. Faire une référence à une personne entraînait inconsciemment une réaction de la part du récepteur. Le jeune homme ne s’attendait toutefois pas à ce rire. Un rire à vous glacer les entrailles, un rire de fou, un rire que l’on entend seulement dans les hôpitaux psychiatriques ou dans les quartiers serbo-croates les moins fréquentables… Roman avait l'air perturbé. Il cacha son trouble derrière son air impassible. Le dictateur avait fait place au psychiatre. Inconsciemment, le meneur était en train de faire son diagnostic.

Tom devait croire à une victoire. Mais son soulagement voulait simplement dire qu’il y avait anguille sous roche. Le chat adore le poisson tout comme Roman adore capturer les secrets des gens. C’est dans sa nature. C’était peut-être pour cela qu’il s’était aussi bien entendu avec Hedda. Deux curieux qui aimaient fouiner partout et faire du ménage dans les placards. Ils y trouvaient bien plus que des squelettes. Oh Roman savait comment le monde fonctionnait, il avait été informateur au marché noir. Des vieux réflexes lui restaient encore de ses pratiques douteuses. Il n’entendait plus des gazouillis, mais bien des hurlements. Tout hurlait contre les Wilcotts dans ce château. Bien évidemment, il n’en ferait aucun cas. C’est bien plus drôle de voir la souris se perdre dans le labyrinthe. Son camarade pouvait penser ce qu'il voulait, se terrer dans ses secrets, il demeurait mille fois plus facile à lire que Piskovaité.

« Ne me fais pas avaler tes couleuvres, s'il te plait. » Cette fois-ci, le rire laissait place à un air hostile. Roman ne bronchait pas. Son visage conservait la même expression marmoréenne alors que son regard se baissait vers la main de son camarade. Il allait manifestement sortir la baguette. Une personne normale ne se sentirait pas aussi menacée par sa présence. Tom avait peur. Roman fit un sourire en coin. La peur est ce qui rend une personne humaine. Il n'avait absolument rien à craindre du petit nouveau. Ce dernier continuait.

« Les préfets sont sous les ordres des directeurs de maison, qui font partie du corps enseignant, à Poudlard. ça aussi, c'est dans le livre. Peux-tu seulement affirmer qu'il en est de même ici ? » Il contre-attaquait. Roman aimait cela. La force, c’était tout ce qu’il valorisait. Si la plupart des gens adoptaient le manichéisme, Roman le délaissait pour se concentrer sur ce qui est force ou ce qui est faiblesse. Wilcotts faisait un lien de fausse causalité. Ses arguments ne tenaient pas debout. Durmstrang est bien loin du chaleureux Poudlard.

« Les chefs de clan ne reçoivent d'ordre de personne. En cela c'est déjà une anarchie. A Poudlard, les préfets sont choisis par la direction. Ici tu as pris arbitrairement le pouvoir, comment veux-tu qu'il y ait une bonne cohésion entre les Eclairs ? Tu es pitoyable. » Tom se levait pour fusiller Roman du regard. Le meneur restait debout et supportait le regard. Il se fichait du bien ou du mal. Pouvons-nous vraiment y accorder une valeur ? On reçoit des médailles pour tuer à la guerre et de la viande dans notre assiette. Croquez dans votre hamburger et dites-moi que cela est mauvais de tuer son prochain. On se fiche de savoir ce qui est bon ou pas. Il demeure plus important que toute chose de demeurer fidèle à ses convictions.

« Pourquoi es-tu venu me trouver, Roman ? Vos histoires ne m'intéressent pas. Et je ne devrais pas t'intéresser non plus. Si tu veux fouiner dans le passé de tes ouailles, il y en a d'autres qui seraient ravis de te lécher les pompes. Laisse moi donc regarder mon feu et va jouer les Croisés si ça t'amuse. On verra qui de nous deux trouve l'Ox en premier. » Rom s'accota contre le mur et sortit sa baguette. Il la roula entre ses doigts en observant le bois de tremble. Gregorovitch lui avait soufflé que cette baguette lui permettrait de faire la révolution. Il aspirait à un ordre nouveau, le jeune Tatsikov. Il observait l'instrument quelques temps, avant de regarder la petite souris.

« Je ne suis pas intéressé à fouiller dans le passé de mes ouailles. Ne me confonds pas avec Hedda. Tu comprendras que j'ai des choses bien plus importantes à m'occuper que de ta petite personne. » Roman était profondément ennuyé. Tout tournait toujours autour de tout le monde. Il avait simplement vu une personne dans la salle commune et avait décidé de lui parler. Il n'y a pas d'Élu en Bulgarie, seulement des rencontres fortuites. Tatsikov reprit, rectifiant des erreurs politiques qui le courrouçaient. Les Éclairs utilisaient des grands termes savants pour le confronter, sans même les comprendre. C'était parfaitement ridicule.

« Les clans ne sont pas une anarchie puisque ce sont les meneurs qui font office de figure d'autorité. Je ne pense pas que nous ayons nécessairement besoin du corps professoral pour nous encadrer. À Durmstrang, on est assez grands pour prendre soin de nous-mêmes.» Cela faisait en sorte que les meneurs avaient beaucoup plus de responsabilités. On ne pouvait pas les comparer aux préfets de Poudlard. Leur rôle ressemblait davantage à celui des directeurs de maison. Encore ici, la comparaison demeurait fausse. Durmstrang et Poudlard étaient trop opposés pour que l'on puisse s'autoriser à faire des rapprochements. Roman continua.

« Le fait que le meneur puisse mener lui-même sa barque lui permet de l'emmener où il le désire. Il faut cependant consentir à ce que celui-ci prenne les rames. Les Éclairs se plaignent d'avoir le mauvais capitaine. On se bat pour le bateau alors que nous devrions regarder l'horizon. Ici, on ne se bat pas pour une coupe. On se bat pour quelque chose de beaucoup plus important, on se bat pour l'Ox. Et contrairement à Poudlard, nous n'avons pas l'année prochaine.  C'est cette année que la prophétie se réalisera. Dans trois mois, il sera trop tard. »  L'urgence, c'était ce qui avait permis à Roman de prendre le pouvoir. Il voulait absolument retrouver l'artefact. « C'est à nous de choisir si nous voulons avancer ou si nous préférons nous laisser couler. Sache cependant que je me battrai jusqu'au bout, pour le clan.» Un élan de sincérité avait traversé ses paroles. Roman ne plaisantait plus quand cela avait trait à l'Ox. Le jeune homme se redressa.

« Je ne t'embêterai pas plus longtemps ; je te laisse regarder ton foyer. » C'est d'un ton calme et posé, comme on prononçait une immuable vérité, que le meneur observait son condisciple, un sourire au coin des lèvres. « Après tout, pourquoi chercher quand la lumière de Durmstrang se trouve tout juste devant toi ? » Le blond observait le feu quelques instants avant de retourner son regard vers le brun. C'était une provocation et une manière de lui faire voir la réalité en face. Il n'avait aucun moyen de pouvoir trouver l'Ox par lui-même. S'il en était capable, il n'aurait jamais rejoint les Éclairs. Franchement, quel abruti.

Code by Silver Lungs



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Mer 30 Déc - 18:25

Des ombres dans le noir se glissent dans les veines de ton inconscient, Edgerton, pour mieux dévorer ton essence et en faire de la charpie.
Ne laisse pas couler l'ordre du monde en spectateur, deviens-en l'un des acteurs principaux, la vedette, l'initiateur des jours qui passent. Regarde autour de toi. Tu ne vois pas que tout ce que tu fais est vain, Mallory ? Jusqu'à quand devrais-je te dire que tu n'as aucune issue ? Que tu ne peux pas aller quelque part sans en subir la crainte, la peur, la douleur ? A quel moment sauras-tu ce qu'il faut accomplir pour devenir quelqu'un ?


Regarde-le. Sous ses airs de jeune homme sérieux et calculateur se cache ce monstre que tu crains. Trop intelligent, trop rusé, il nous bat à plates coutures pour bien des choses, dont la joute verbale dans laquelle tu t'es lancé à corps perdu sans même connaître ton ennemi. Tu le sens, Edgerton ? Il est en train de te dominer, tu ne trouves pas ça intolérable ? Tu vas chialer, Mallory ? Est ce que c'est ainsi que tu as choisi de diriger ta vie ?


Tais-toi.

Non, je n'ai pas l'intention de me taire. Tu crois que je me réveille aléatoirement, mais c'est ta faiblesse qui éveille ma voix, tu comprends ? Tu es faible, regarde-toi. Maladif comme un gamin tu Tiers Monde qui n'aurait jamais mangé qu'un grain de riz par jour. T'es moche, Mallory, t'es moche parce que sans moi tu n'es rien, alors pourquoi lutter, pourquoi nier mon existence ? Celui qui se tient en face de toi te connait presque déjà par coeur alors que tu ne lui as encore rien dit. Il est en train de te jauger, de te considérer comme un fardeau inutile. Au sein des Eclairs, tu voulais jouer une place de choix non ? Pourquoi maintenant décides-tu de n'être qu'un paria, une blatte, un poil coincé dans les incisives ? Regarde toi, bon Dieu. Il est l'incarnation de la réussite quand toi tu n'es qu'un lâche.


Tu mens. Tu n'existes pas, tu n'as jamais existé. Les choses comme toi n'ont pas leur place dans ma tête, va-t-en.

Je reste parce qu'il le faut, "Tom", je reste parce que sans moi tu serais déjà mort. Il n'y a que les faibles qui entendent des voix. Je ne suis là que pour prendre ta défense, tu comprends ? Ce type est une menace. Tatsikov est dangereux pour toi, néfaste, il pourrait te réduire en esclavage, te ridiculiser, il pourrait te faire du mal comme Evan t'en a fait, tu te souviens d'Evan, Mallory ? Tu te souviens de lui ?


Arrête.

Oh, je sais bien ce que ça te fait. Les traits de ton visage se crispent, tu es à deux doigts d'attraper ta baguette.


Je n'ai pas peur de lui.

Il te terrifie.

Il est plein de promesses.

Et plein de menaces.


Il va me ramener l'Ox.

Il te détruira.


La Chose me donne mal à la tête. Je ne lui ai pas donné d'autre nom, pour ne pas prétendre souffrir d'un trouble de la personnalité multiple, là où ce n'est pas le cas. La Chose, elle pourrait porter bien des noms. Colère, Rancoeur, Haine, chaque trouble que Pandore a laissé s'échapper de la boîte le jour où elle l'a ouverte, concentrés dans une seule entité grandissant dans ma tête, paranoïaque et absurdement agressive, vidant mes énergies comme une sangsue pomperait mon sang, peu à peu, sans que je m'en rende vraiment compte. Il faut que Tatsikov me laisse tranquille, maintenant. Parce que je sais que ça ne pourra pas durer aussi longtemps que je me l'imagine. Il me fait peur, il le sait et je suppose qu'il en joue, quand ses sourires doucereux cachent la crainte et la curiosité qu'il peut éprouver à l'égard d'une bête de foire comme moi. Il me déteste. Je suis sûr qu'il me déteste.

Bien sûr qu'il te déteste. Pire, Mallory, il te méprise. Il te méprise, parce qu'il ne te considèrera jamais comme un égal, mais comme un animal.


Il soutient mon regard, quand je l'attaque. Il faut qu'il me laisse. Quelque chose cogne, dans ma tête, me fait mal. Je pose une main sur mon front, bien malgré moi, parce que la Chose veut sortir, la Chose fait trembler mes muscles sans que cela ne se voie, la Chose est agressive, mauvaise, la Chose risque de me tuer.

Regarde, Tom, il sort sa baguette. Je t'ai dit qu'il te voulait du mal, non ? Pourquoi tu ne m'écoutes pas ? Tu crois qu'il ne va rien remarquer dans tes yeux, la tension, la panique et la douleur ? Recule. RECULE Tom. Recule avant qu'il te blesse, ou frappe le premier, si tant est que tu en sois capable.


La baguette roule entre les doigts de Roman. Ma tête me fait très mal, maintenant, et je sais qu'il me reste peu de temps avant de pouvoir m'enfuir. La Chose chuchotte, sussure, se fait plus pressante alors que dans mes yeux, apparaissent déjà ces nuances de rouge, cette peur maladive, cette chose qui m'a fait sauvagement attaquer le petit ami de ma soeur au milieu d'un couloir à Beauxbâtons. La Chose, responsable de mon exil, qui prétend qu'elle veut me protéger. Roman regarde sa baguette. Se doute-t-il que ce simple geste est simplement en train de mettre le feu aux poudres ?


« Je ne suis pas intéressé à fouiller dans le passé de mes ouailles. Ne me confonds pas avec Hedda. Tu comprendras que j'ai des choses bien plus importantes à m'occuper que de ta petite personne. »


Alors qu'il parte. QU'IL PARTE. Laisse le moisir dans ses rêves de grandeur et de gloire, laisse le faire, laisse le continuer à espérer des choses sans importance, mais ne reste pas près de lui Mallory, ne reste pas, ne reste pas...

« Les clans ne sont pas une anarchie puisque ce sont les meneurs qui font office de figure d'autorité. Je ne pense pas que nous ayons nécessairement besoin du corps professoral pour nous encadrer. À Durmstrang, on est assez grands pour prendre soin de nous-mêmes.»


Que crois-tu, Roman ? Que je suis encore capable de me gérer seul ? Je recule, c'est imperceptible mais je recule. Ma main se referme sur le bois de ma baguette, par défense, seulement par défense. Je me protège de lui, de ses paroles, de ces choses qu'il dit n'ayant pour seule vocation que de me blesser, oh oui, me blesser.

Te blesser, te faire du mal, c'est ce que tout le monde veut Edgerton parce que Milly n'est pas là pour te protéger, elle ne le sera plus jamais, elle t'a abandonné aux griffes de ce jeune homme que tu appelles "meneur" alors qu'il n'est qu'un tortionnaire averti, un prédateur qui n'attend que de te dévorer, te dévorer...


« Le fait que le meneur puisse mener lui-même sa barque lui permet de l'emmener où il le désire. Il faut cependant consentir à ce que celui-ci prenne les rames. Les Éclairs se plaignent d'avoir le mauvais capitaine. On se bat pour le bateau alors que nous devrions regarder l'horizon. Ici, on ne se bat pas pour une coupe. On se bat pour quelque chose de beaucoup plus important, on se bat pour l'Ox. Et contrairement à Poudlard, nous n'avons pas l'année prochaine. C'est cette année que la prophétie se réalisera. Dans trois mois, il sera trop tard. »

Se croit-il donc si fort pour trouver l'Ox au milieu de ces batailles de Clan qui n'ont strictement aucun sens ? Est ce que tu vas croire chaque mot, Mallory, est ce que tu vas lui faire confiance alors qu'il te provoque ?


« C'est à nous de choisir si nous voulons avancer ou si nous préférons nous laisser couler. Sache cependant que je me battrai jusqu'au bout, pour le clan.»

Pour le clan, ou pour toi même ? Comment croire à ce genre de paroles quand tu te complais à contredire chacun de mes mots ? Cette fois, ma main est serrée sur la garde de ma baguette. Je suis prêt à intervenir à la moindre attaque. J'ai très mal à la tête, la douleur me brouille la vue. La voix qui sussure mes plus grandes peurs est en train de me faire perdre le peu de raison qu'il me reste.

« Je ne t'embêterai pas plus longtemps ; je te laisse regarder ton foyer. »


Tu vas le laisser te parler comme ça ? Vraiment ?

Il sourit. Il sourit et cette attitude est insupportable. Insupportable. J'ai mal, est ce qu'il peut seulement comprendre à quel point c'est douloureux ? Des millions d'aiguillons me transpercent la tête, maintenant.

« Après tout, pourquoi chercher quand la lumière de Durmstrang se trouve tout juste devant toi ? »


Il te provoque, Mallory. Qu'est ce que tu attends ?


Peut être... Peut être...

QU'EST CE QUE TU ATTENDS POUR LUI FAIRE MAL ?


Pas maintenant.

Regarde le, il se moque de toi ! Regarde le dans les yeux, REGARDE LE MEPRIS ! REGARDE !


"CA SUFFIT !"


Le feu craque, dans la cheminée, mais l'atmosphère devient soudain horriblement lourde. Les pouvoirs magiques de Tom ont toujours été dissimulés sous des rais de peur et d'hésitation qui en ont toujours fait un élève bien médiocre. Un petit rat de bibliothèque, insignifiant et silencieux, qui dans le futur ne pourra jamais savoir avec certitude ce que le monde fera de lui. Balloté de place en place. Prisonnier de ce qu'il appelle "La Chose" mais qui en réalité, loin d'être une seconde personnalité, n'est que la manifestation de la maladie qui lui ronge l'esprit et lui fait avancer, un pas après l'autre, la baguette pointée à présent vers son meneur, les dents serrées par la rage.

"Pour. Qui. Tu. Te prends."


C'est grondé, alors que le jeune homme progresse, la baguette luisant d'un éclat étrange. Il s'apprête à attaquer le propre chef de son Clan et le sceau chauffe, contre son bras en lui faisant mal. Mais cette douleur n'est rien, en comparaison de la rage qui est en train de lui dévorer l'esprit à n'en fait qu'un esclave de la Colère, un esclave de ces sentiments négatifs se manifestant, là, dans la salle, par des rais de magie pesants, terrifiants, sordides, laissant planer ce sentiment d'insécurité et de peur que seuls ceux qui ont déjà vécu des terreurs nocturnes peuvent connaître. L'essence même du néant. Mallory avance. Le feu a un horrible sursaut. La peur. Le climat qu'il laisse donnera des sueurs froides à quiconque entrera dans la salle. Le mécanisme de défense est en marche. L'animal traqué passe à l'attaque. La souris montre les dents, entre les longues pattes du chat.

L'ambiance est lourde. A côté de Tom Wilcotts, deux fioles et un verre éclatent sous la pression de la magie qu'il relâche. La Chose grandit, comme une ombre derrière lui, prête à s'infiltrer dans la moindre des pensées de quiconque passera à sa portée. Les chuchottis magiques résonnent dans l'ombre.

"Que crois-tu savoir de moi et de la nécessité que j'ai à rechercher cet artefact, Tatsikov ? Quel combat est le plus juste d'après toi, celui de quelqu'un qui le recherche pour son profit ou celui d'un chef qui a les mêmes motivations et qui les cache, sous couvert de protection d'un CLAN ?"


Je te hais, Roman, je te hais autant que tous les autres, ceux qui murmurent dans le noir alors que tu passes, ceux qui veulent ta chute, ceux qui attendent que tu fasses une erreur, une seule, pour mieux dévorer ton essence et empoisonner tes rêves de gloire. Je veux ta défaite, Tatsikov, comme bien d'autres avec moi, ligués comme des doigts dans un seul poing, serrés pour mieux te frapper, abandonnés au rêve de te voir t'écraser sur le sol pour lécher les restes de ce que le monde a engendré de plus répugnant...

La crise de folie commence, alors que Tom n'a pas encore jeté le moindre sort. Ses traits, déformés par la rage, sont totalement méconnaissables aux yeux du meneur qui lui fait face. La pression de la Colère envoie chaque mot frapper son esprit, paralyser ses sens et empoisonner ses défenses, saper son moral et ses espoirs. Le caméléon ferre sa proie et s'adapte à chaque mode de pensée. Là où Tom n'excelle pas, pas comme lui, aujourd'hui sa maladie créé suffisamment de perturbations magiques pour être un véritable danger. Le feu de la cheminée dévore quelques fils du tapis. ça ne fait que commencer.

"Peut être que tu t'imagines que je vois ça comme un jeu ? Peut être que tu fais comme les autres, peut être que tu penses que je ne mérite pas un don comme celui ci, que je ne suis pas assez fort, le faiblard de la portée parmi les Eclairs ?"


Tu ne sais pas ce que tu dis, Mallory, mais continue, continue, laisse tout ça s'échapper même si ça n'a aucun sens... Laisse moi faire.

Le plancher tremble, sous les pieds de Tom Wilcotts.

"Peut être que tu penses qu'il y a des gens plus méritants que d'autres, fais tu une sélection de l'élite qui aura la chance de trouver l'Ox, pour mieux les abandonner ensuite quand tout ça sera entre tes mains ? Que dois-je croire de ton venin ? QUE DOIS JE CROIRE D'UN CLAN INCAPABLE DE CROIRE EN MOI ?"


La baguette levée vers lui brille d'une lueur verte à son bout, pointée en direction de sa gorge. Meneur, tu t'imagines que je suis fou, mais tu es si loin de la vérité.

Ils ont eu l'occasion de nous interner, et ils auraient sans doute mieux fait. Un jour il y aura un mort.


"REPONDS MOI ROMAN !"


ZAKHORY STYLE.
"I'm not running away, I will feel the pain instead... I'm not running again even though I'm scared, Baby"
   


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Lun 18 Jan - 5:42

Ceremonia
Roman ∞ Tom


If he said help me kill the president
I'd say he needs medicine.

Deviens la vedette de mon spectacle parce que je ne suis que le metteur en scène. Tout ce que tu fais rentrera toujours dans mes plans. Tu auras beau te dire que tu te distingues, que les lumières se braquent sur toi, n’oublie jamais que tout cela a été écrit dans le scénario. Tel Œdipe, ta fin était déjà dessinée. Dans le sable, dans le sang, tout pour que celle-ci soit imbriquée dans l’œil du dernier vivant.

Roman aimait ces personnes qui faisaient tout pour se tenir debout contre lui. Les voir lutter contre son pouvoir totalitaire en invoquant les grands principes de paix dans le monde ainsi que de liberté. C’était amusant de saisir combien la politique était un concept flou pour toutes les âmes qui vivaient. On lui donnait les rôles de dictateur avant de le prendre pour un despote, certains allaient même jusqu’à le qualifier de mercenaire. Parfois, il se disait qu’il devrait se faire son propre drinking game. Un shooter à chaque fois que l’on disait de lui qu’il était un opportuniste. Une bière à chaque couteau que l’on lançait derrière son dos. Il finirait soûl au petit matin, mais il savait que même sans ses facultés mentales, il demeurait plus intelligent que la bande de cons dont était constituée son clan.

Maintenant, comme le chat qui avait terminé de jouer avec sa pelote de laine, il était lassé. Tom était véritablement d’un ennui mortel. Si Tatsikov se laissait aller assez bas pour jouer le minable jeu de la provocation, les petites remarques de pimbêche qu’il laissait habituellement à Valeryia, c’était que le jeu n’avait plus aucun intérêt pour lui. N’empêche, ses petites remarques sarcastiques n’avaient pas la portée qu’il attendait.

Tom avait l’air troublé, ses yeux étaient ailleurs. Comme un mort, comme un fou, comme un malade mental, il paraissait dans un autre monde. S’il avait pu lire les esprits, Roman, il ne s’en serait pas privé. Tout ce qu’il pouvait faire était observer. Un air grave recouvrait son visage, ses yeux bleus étincelaient d’attente. Tom ne réagissait pas comme il le pensait. Il avait toujours les réactions inverses à ce qu’aurait normalement une personne normale. Le blond se retenait pour ne pas prendre sa baguette. Ne pas montrer sa peur, conserver son assurance, c’était un des principes premiers que l’on apprenait au marché noir. Montrer sa faiblesse, c’était dévoiler la force de l’ennemi. Roman était pudique, personne ne verrait jamais ce qui pourrait le faire tomber. Que ce soit un nom, une personne, ou l’espoir latent des pourpres hyacinthes.

Tom posait une main sur sa baguette. Sa magie devenait instable, l’air se chargeait dans un nuage d’électricité et d’un énergie à vous en donner des frissons dans le dos. Roman se rabrouait. Comme si son camarade allait avoir le culot de l’utiliser contre lui. Personne ne lui tenait jamais tête. Tatsikov avait forcé le respect. Qu’on l’aime, qu’on le déteste, on devait reconnaitre l’étendue de son talent. Tom continuait de trembler, il avait l’air soit très malade, soit extrêmement constipé, c’était difficile à déterminer. De la sueur coulait le long de son cou, son cœur devait se lancer dans des joyeuses arythmies. Il ne pouvait que supposer, ce ne serait pas maintenant qu’il se livrerait à un examen médical de sa petite brebis. Roman les tuait, ses petites brebis. C’était le grand méchant loup. Aouuuuuuuh. Contre toute attente, ce fut Tom qui finit par hurler.

« CA SUFFIT ! » Roman ne sourit plus. Le feu craque avec une passion des plus ardentes. On pourrait presque croire qu’il ricanait à la vue du retournement de situation. Jamais Tatsikov ne sortait sa baguette. Hypnotiseur se fiant toujours sur sa connaissance de l’esprit, préférant dresser le portrait psychologique de sa victime pour lui fournir une torture personnalisée. Se surestimant, le pauvre sorcier oubliait qu’il n’avait même pas encore vingt ans. Maintenant, il était pris au dépourvu. L’air ambiant devenait pesant. La fumée devenait accablante, l’atmosphère était complètement écrasante. La voix de Tom finissait de l’étouffer, comme une main autour de son cou. Si Roman n’avait pas eu autant soif de vivre, il serait probablement mort sur le coup.  

« Pour. Qui. Tu. Te prends. » La baguette de son compagnon luisait d’un éclat étrange En dépit de ses années dans le marché noir, entraînant des sorciers dans les recoins les plus sombres du monde magique, il n’avait jamais vu un sort comme celui-ci. Le sang de Roman ne faisait qu’un tour. Pendant un moment, il se demandait s’il n’avait pas fait une erreur, s’il aurait simplement dû aller se coucher plutôt que chercher la confrontation. En dépit de ce qu’il avançait, il n’était que le roi sur l’échiquier. Un mouvement à la fois, il ne pouvait pas fuir. Ses tours étaient tombées. Fracassées au sol comme la brillance de ses rêves, une partie d’échecs version sorcier trop vite terminée.

Son sceau brûlait dans son dos, il sentait un grondement diffus, comme si une protection se levait devant lui. Roman n’était pas paranoïaque, mais il n’était certainement pas dupe. Ce bouclier n’est rien. Les éclairs ne sont qu’un miroitement de lumière, attirant des frivoles solitudes. Tatsikov percevait les ténèbres au travers de l’orage. Il ne se laissait pas duper par la lumière ; il venait de se mettre dans une situation dangereuse. Tom avançait vers lui, son aura est sombre comme l’encre dans lesquels ils trempaient leurs plumes. Les fioles éclataient sur son passage. Peut-être pourrait-il faire de même avec son cœur. Cet être était trop instable, même pour lui. Sa magie n’avait aucune limite. Si c’était bien, si c’était mal, il ne saurait le dire, mais c’était plein de promesses. Le hurlement devient un cri de détresse. Il ne manque plus qu’à allumer un million de lumières, et on assisterait presque de nouveau au naufrage du Titanic.

« Que crois-tu savoir de moi et de la nécessité que j'ai à rechercher cet artefact, Tatsikov ? Quel combat est le plus juste d'après toi, celui de quelqu'un qui le recherche pour son profit ou celui d'un chef qui a les mêmes motivations et qui les cache, sous couvert de protection d'un CLAN ? »

Si sa situation n’était pas aussi critique, il roulerait les yeux. Franchement, on s’en moque. Tout cela est du pareil au même. On pourrait tout aussi bien demander à quelqu’un s’il préférait peindre sa chambre en vert ou dans un mélange de bleu et de jaune. Roman savait que son clan serait le premier à se réjouir quand il trouverait l’Ox et ce même si tout le monde voulait sa chute. Mal ne leur en prenne. Roman avait entre ses mains beaucoup trop de ficelles. Ses parachutes reposaient sur plusieurs personnes, dispersés dans une vaste toile d’araignée qu’il avait tissée avec soin. Si un fil se brisait, l’autre le rattraperait. Ses schémas étaient complexes, il était intelligent à un point où il n’avait plus la moindre sensibilité humaine. Monstre, il arborait sa soif de pouvoir sans se cacher. Des beaux mots pour la justifier et il pouvait commettre n’importe quelle atrocité. Roman était une fin du monde. Il connaissait ses moindres mécanismes, il pouvait tuer l’univers dans le temps d’un claquement de doigts.

Mais en ce moment, il avait simplement peur pour sa vie. Derrière tant de masques et défauts se cachaient sa faiblesse ainsi que sa peur de l’échec. Mourir sans se faire un nom ou en laissant derrière lui tout ce qu’il avait construit ; c’était quelque chose qui le terrorisait. S’il devait mourir, il mourrait dans une explosion, emportant avec lui tout le travail d’une vie. La Faucheuse, il la voyait dans les yeux de Wilcotts, et elle semblait déterminée à lui prodiguer une mort lente. Un éclat de fantôme brillait dans les yeux pâles de Tatsikov. Si on pouvait lire au travers de ses hantises, de ses perfections inachevées, ce serait si facile de trouver un moyen de le tuer. L’incertitude, c’était ce qui l’achevait. Tom continuait, dominant leur échange, insolite renversement des valeurs.

« Peut être que tu t'imagines que je vois ça comme un jeu ? Peut être que tu fais comme les autres, peut être que tu penses que je ne mérite pas un don comme celui ci, que je ne suis pas assez fort, le faiblard de la portée parmi les Eclairs ?  » Le véritable faiblard de la portée était Nikolas Krum. Ne cherchant pas à créer plus de problèmes que ceux dans lesquels il était déjà, Roman conservait le silence. Le plancher tremblait, les flammes léchaient le bord du tapis. Bientôt, ils passeraient au feu, dans une incandescente vérité. Les débats les plus virulents ont un goût d’incendie.

« Peut être que tu penses qu'il y a des gens plus méritants que d'autres, fais tu une sélection de l'élite qui aura la chance de trouver l'Ox, pour mieux les abandonner ensuite quand tout ça sera entre tes mains ? Que dois-je croire de ton venin ? QUE DOIS JE CROIRE D'UN CLAN INCAPABLE DE CROIRE EN MOI ? REPONDS MOI ROMAN !  » Il levait sa baguette en direction de sa gorge. Il ne visait pas nettement la jugulaire, mais la menace était présente. Trop souvent, on craignait les meurtriers qui suivaient une froide logique pour organiser leurs sombres desseins. Ceux qui fonctionnaient sans plan précis étaient les plus dangereux. On ne pouvait deviner leurs prochains mouvements. Roman avait beau s’adapter aux situations mieux que quiconque, finissant toujours par tirer un avantage de ces dernières, il était dans un cul-de-sac. Aucun raccourci, la mort devant lui. S’il mourrait, que laisserait-il derrière lui ?

Heavy is the head that wears the crown.


Les yeux fixés sur la lueur verte, transi pendant quelques instants. Roman le savait ; deux mots et il serait mort. Avada Kedavra. S’il y avait une façon dont il ne voulait pas mourir, c’était bien par ce sort. Comme un lâche, abattu par un simple trait de lumière. Sa mort devait se faire dans l’or et dans le sang. Il n’était pas roi, il était empereur, il avait construit sa puissance et il allait un jour régner à la hauteur des capes romaines. Roman, c’était le garçon qui vivait dans sa fantaisie, ses propres délires de littérature. Sans baisser le regard vers la baguette, il observait le jeune homme aux cheveux noirs. Les yeux du meneur brillaient dans un mélange de tristesse et d’insubordination. C’était des questions qu’il s’était trop souvent posées. Dans la bibliothèque, devant son médaillon, se demandant les raisons pour lesquelles il errait sur cette terre. La voix ferme et glaciale, malgré les mots chaleureux qui pouvaient en jaillir, tel le brasier embrassé dans le creux de ses mains.

« Quand personne ne croit en toi, tu dois croire en toi-même. » Il serrait la mâchoire en prononçant ses mots. Il avait appris à ne se fier que sur sa propre puissance. Toutes les cartes étaient entre ses mains pour qu’il ne parvienne à ses fins. Arrêter d’accuser les autres pour son malheur, se battre pour son propre bonheur. Roman se cachait derrière des airs calmes et posés, mais il était un cataclysme. Comme Abygail, il était rené de ses cendres. On n’oublie jamais totalement le passé. Personne ne pouvait comprendre, la terrible épreuve du bannissement. Le meneur s’égosillait, la révolte enveloppant chacun de ses mots.

« J’ai été banni, Wilcotts ! On m’a jeté de ma propre famille, comme si j’étais un minable, un abruti, un chat de gouttière ! Ma propre amie m’a trahie ! Si tu te fies à l’avis des autres, tu n'iras nulle part. » Cette fois-ci, c’était à son tour de se mettre en colère. Tous ceux qui se fiaient sur les autres étaient des faiblards. Comme la fourmi, Roman mangerait tous ceux qui ne sont pas assez forts pour être dignes du clan de la foudre. La respiration courte, il prit quelques temps pour retrouver le contrôle de lui-même. Passant sa main sur son front, il releva la tête avant de soupirer.  

« Je ne fais pas de sélection des gens méritants. Ce serait un peu mal placé de ma part vu que je ne mérite pas le pouvoir. » Il aurait aimé ne pas sonner aussi amer. «  Tout le monde a la chance de se distinguer. Je crois que la force se trouve partout. Il faut simplement savoir apprivoiser sa propre puissance. La mienne se trouve dans les mots… mais la tienne se trouve ailleurs. » Il jette un œil à la baguette qui est braquée sur lui. Menacer un meneur était passible de bannissement pour n'importe qui. Roman considérait cependant le geste de son camarade. Ce ne serait pas demain la veille que cela se reproduirait. Retrouvant ses airs plus patients, son sang-froid habituel, il observa le jeune homme.

« Tu peux croire mon venin ou tu peux décider de mourir sous le coup de la morsure. C’est un choix qui te revient. Mais je t’interdis de dire que tu es un faiblard parce que ce n’est pas vrai. Tu as énormément de potentiel. Les vrais faibles sont ceux qui ne font rien pour trouver l’Ox. Ils se plaignent des problèmes au sein du clan, ils pleurent Nikolas, mais ils ne prennent même pas la peine de chercher ce qui était le plus cher à ses yeux. » Roman ne faisait pas le moindre mouvement. Il demeurait à sa place et les mains le long de son corps. Sa baguette se trouvait toujours dans sa poche. Il ne la ressortirait pas. « J’ai peut-être le pouvoir, mais c’est toi qui as du pouvoir, Tom. Cet Ox, on peut le trouver ensemble. Tu es le seul qui n’ait jamais osé lever sa baguette devant moi. Les autres sont trop occupés à orchestrer ma chute, mais ils en oublient d’agir. Pourtant, c’est d’action dont nous avons besoin en ce moment. Ce sont des gens comme toi qui nous mènerons vers la victoire. Ceux qui n’ont pas peur de la confrontation, ceux qui croient en leurs propres convictions.  Ne te laisse pas séduire par les souris parce que tu vaux beaucoup mieux que cela. Les Éclairs sont très chanceux de t’avoir. Un jour, ils s’en rendront compte. » Roman sourit, empreint de respect. Une étrange douceur se dégageait de ses traits. Si c’était la possibilité d’une mort imminente qui le rendait aussi serein, cela lui allait bien, il avait l’air beaucoup plus détendu. C’était des gens comme Tom dont le clan avait besoin afin de pouvoir écrire l’Histoire. Ils allaient trouver l’artefact, à n’importe quel prix.

Code by Silver Lungs



my heart wants blood
Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Mar 26 Jan - 23:35

Tu as peur ?

Une tare, une maladie, un esprit dérangé, on peut appeler cela de n'importe quelle manière, du moment que nous connaissons toutes les subtilités de la vérité. Il est tellement faible qu'il est incapable de penser par lui-même. Nous sommes le résultat de cette faiblesse, issue probablement d'un dérègleemnt à la naissance, d'un problème qui pourrait s'expliquer par la science. Nous sommes les voix dans le noir, celles qui font peur, preuve d'un avilissement certain, d'une cruelle décadence, de l'abâtardissement d'un esprit plongé dans une terrifante déliquessence. Nous sommes le jour et la nuit, les murmures dans la pénombre. Nous sommes ceux et celles qui connaissent ton nom, Roman Tatsikov, et qui savent à quel point tu peux éprouver de mépris envers la faiblesse humaine. Nous sommes ceux qui ne demeureront jamais dupes. Nous avons les pouvoirs. Nous avons la force. Et si tu ne nous crois pas, il te suffit de le demander.


Immobile, la baguette pointée vers son meneur, Tom Wilcotts se laisse sombrer dans sa folie, incapable de reprendre le contrôle de lui-même. Sa psyché est attaquée depuis de longues années et, parfois, il est incapable de repousser les assauts meurtriers de ces émotions explosives qui emprisonnent ses sens, annihilent sa volonté. La plupart du temps, il a des méthodes simples ; s'enfermer dans un placard, l'insonoriser, hurler, se faire mal. Physiquement, se faire mal, car pour faire taire les chuchottis ombrageux d'une nature qui n'est pas la sienne, il est prêt à faire tous les sacrifices. Mallory Edgerton a peur, ce soir, et cette peur a laissé s'échapper de lui tout ce qui a édifié son image de jeune homme torturé ; une monstruosité transmuée en étiolement de son essence, vers la ruine. Vers la peur et vers la mort. Car un jour il en mourra, c'est certain ; l'idéal étant que lui même n'amène personne vers l'anéantissement.

Tom Wilcotts a ce regard, si spécifique de tous ceux qui se sont un jour retrouvés acculés et qui n'ont eu dès lors que deux solutions ; supplier, ou mordre. Prisonnier du sacrasme et du mépris, il n'a eu qu'une seule issue : mordre. Dans les yeux de vase de son ennemi, quelque chose passe, comme de la surprise. La baguette pointée vers lui, brillant d'un éclat menaçant, Tom songe que rien ne peut l'arrêter, rien. Il pourrait le tuer. Ce serait facile, tellement facile. Murmurer quelques mots, et voir ce château de cartes personnifié, méticuleusement conçu, impressionnant et magnifique, s'effondrer dans la laideur, dans la peur, dans l'inquiétude.

Tu ne t'attendais pas à cela, pas vrai ? Regarde autour de toi. L'atmosphère que nous produisons t'étouffe. Elle t'empêche de réfléchir. Tu as l'air grave, mais nous ne sommes pas dupes ; sous cet habile masque de dissimulation des émotions, nous savons que ton coeur s'est mis à battre plus vite. Tu ne le sens pas encore, mais l'oxygène s'est à peine raréfié. Il y a des manifestations magiques aux quatre coins de la pièce. Nous ne sommes pas encore capables de tuer de par notre simple présence, mais nous avons l'intime conviction que ce que tu convoites pourra nous y conduire. Plus de pouvoir. Plus de pression. Nous savons ce que tu ressens. Un autre l'a déjà ressenti, lorsqu'il a osé poser ses mains impies, infâmes, sur le corps de celle qui ne devait jamais être touchée par aucun autre que nous. Comme tu es laid, Tatsikov. Une tache sur un tableau de maître. Une erreur de la nature, un cancrelat, une mouche répugnante vrombissant à nos oreilles comme pour nous faire perdre le peu de raison qui nous restait. Mais voilà. Jamais nous ne nous sommes sentis aussi lucides.

La main tremble, sur le bois tiède de la baguette. Tom est loin d'ignorer les interdictions lévitant autour d'un meneur de Clan, et le menacer vient en ligne droite. Il pourrait mourir pour cela, souffrir mille maux, mais pour le moment cela n'a aucune importance. Dans les yeux de Tom, on ne peut rien trouver. La multitude d'émotions traversant son regard brun rend toute lecture impossible. Piégé dans sa propre démonstration de force, le meneur cesse immédiatement de sourire. Il observe autour de lui. Les fioles tremblent, le feu gronde. L'atmosphère est lourde. La Chose pourrait vouloir l'étouffer seulement avec la peur. Mais le jeune homme se débat. Le meneur n'a pas jeté sa dernière carte. Malgré une respiration plus rauque, il prend peu à peu conscience de la folie animant le regard de son ouaille comme une flamme ardente menaçant de le lécher à tout moment.

Si tu savais comme tu avais raison...

Nous sommes les fous sur l'échiquier. Nous n'allons pas à la même vitesse que les autres, ni dans la même direction, mais nous allons plus loin, toujours plus loin. Nous pouvons avancer et reculer, de plusieurs cases en même temps. Nous sommes la menace de celui qui rit à en faire exploser ses cordes vocales, nous sommes craints autant que nous sommes aimés. Les fous ont toujours fasciné les gens raisonnables, car nous sommes la représentation de ce que l'humain peut avoir de plus étrange dans ses perturbations. Nous méprises-tu toujours autant maintenant que tu sais cela ? Ou est ce que tu as peur ? Qu'est ce que tu as dans le regard, Roman, si on en oublie cette arrogance que nous avons envie de dévorer ? Qu'est ce qui brille dans ton regard ? De la détermination ? Une évocation de l'enfer ? L'idée que tu risques peut être de mourir, dans les secondes à venir ?


Chaque phrase fait mouche. Sans en prendre conscience, Tom gagne de l'intérêt dans les pensées du meneur de clan. Ses yeux auparavant calculateurs et méprisants prennent une nouvelle teinte à peine visible. Du jeune homme inutile, renfermé, repoussant et obsolète, de ce gamin misérable, malingre, déficient, fluet, il devient peu à peu opiniâtre, robuste, substanciel. Quelque chose en lui éveille l'intérêt du slave. Pour l'heure, Edgerton est trop furieux pour le comprendre. Pour le moment, ce n'est pas lui qu'il faut convaincre ; mais toutes ces émotions décuplées qui viennent de prendre le pas sur sa raison, et qui menacent de le tuer. Tom avance d'un pas, puis d'un autre ; ses phrases sont un terrifiant poison qui s'insinuent dans les veines d'un chef qui ignore à quel sauce il va être dévoré.

Il ne répond rien. Il nous nargue, il nous défie ? Ou est ce qu'il a seulement peur de nous ? Est-il impressionné, apeuré, méprisant ? C'est si dur de lire dans ton regard, Tatsikov...

Fais tes preuves, ou tu vas mourir.


Les yeux de Roman ne s'abaissent pas vers la menace grandissante de la baguette. Il suffirait d'un geste et tout serait terminé. Mais rien ne se passe ; seulement du silence, la respiration haletante du jeune homme dans la pièce sombre, le feu qui lèche lentement le tapis, l'atmosphère qui s'alourdit de minutes en minutes. C'est une étreinte mortelle. N'importe quel esprit faible supplierait que cela s'arrête. Comme on verrait un monste sous notre lit. Incapable d'aller vérifier, mais gagné par la terreur de s'imaginer en voir un. Que vois tu dans les yeux de ton vis à vis ? A part ce subtil mélange de détermination et de fureur constante ? Soudain, toute verve semble perdue. Alpha. L'ennemi abdique. Il finit par ouvrir la bouche et parler. Enfin.

« Quand personne ne croit en toi, tu dois croire en toi-même. »


Nous croyons en nous, mais celui que tu vois chaque jour ignore tout de sa puissance. Il a peur de nous. Nous nous craignons nous mêmes autant que nous nous respectons ; nous savons que si nous sommes découverts, ce sera l'internement. Ou pire, la mort. Car nous pourrions être bien plus dangereux que tu l'imagines.


La Chose croit. Tom, lui, hausse un sourcil. Non, il ne peut pas croire en lui. Pas quand sa colère est capable de dominer le moindre de ses gestes. Pourtant, il continue. La voix du meneur est glaciale, mais le jeune français présume que c'est l'une des rares fois où Roman est capable de laisser tomber les masques.

« J’ai été banni, Wilcotts ! On m’a jeté de ma propre famille, comme si j’étais un minable, un abruti, un chat de gouttière ! Ma propre amie m’a trahie ! Si tu te fies à l’avis des autres, tu n'iras nulle part. »


Tes yeux brillent de colère, Tatsikov... Oui, tu es sur la bonne voie. Tu es sur la bonne voie. Que crois tu nous apprendre ? Que nous devons croire en nos rêves ? Que sais-tu de nos rêves ? L'imbécile aux commandes voudrait nous détruire. Nous voudrions ne faire qu'un avec ce corps qui tient la baguette. En permanence.


Il passe une main sur son front. Tom reste immobile. Surpris par la soupir qui s'échappe de la barrière des lèvres du jeune homme qu'il n'avait jamais vu que calme, réfléchi. Aujourd'hui, les voici sur un pied d'égalité. Unis dans la peur, et dans la colère. Unis dans la folie.

« Je ne fais pas de sélection des gens méritants. Ce serait un peu mal placé de ma part vu que je ne mérite pas le pouvoir. »


Oh, c'est adorable. Tu vas pleurer, Tatsikov ?

Malgré lui, Tom Wilcotts esquisse un sourire horriblement narquois à l'entente de cette phrase. La baguette ne bouge pas.

« Tout le monde a la chance de se distinguer. Je crois que la force se trouve partout. Il faut simplement savoir apprivoiser sa propre puissance. La mienne se trouve dans les mots… mais la tienne se trouve ailleurs. »


Nous sommes cette force. Tu as trouvé du potentiel, tu voudrais l'exploiter. Tu voudrais en faire quelque chose, mais crois tu que tu pourrais contrôler l'incontrôlable ? Nous n'avons jamais obéi qu'à nous. Tous ceux qui sont en désaccord avec nous ne sont rien de plus que des ennemis. Rien de plus.


« Tu peux croire mon venin ou tu peux décider de mourir sous le coup de la morsure. C’est un choix qui te revient. Mais je t’interdis de dire que tu es un faiblard parce que ce n’est pas vrai. Tu as énormément de potentiel. Les vrais faibles sont ceux qui ne font rien pour trouver l’Ox. Ils se plaignent des problèmes au sein du clan, ils pleurent Nikolas, mais ils ne prennent même pas la peine de chercher ce qui était le plus cher à ses yeux. »


Ma force est dans ma colère. Ma force est dans ma rage, dans ma peur, dans mes pulsions, dans tout ce qu'il y a de négatif chez un être humain. Tu viens d'ouvrir la boite de Pandore, et les plaies que tu y trouves ont soudain un intérêt à tes yeux. Mais tu pourrais te brûler les ailes, Icare. Fais attention à ne pas trop t'approcher de ce que tu convoites. Nous nous fichons de ces querelles de meneurs. Nous voulons l'Ox. Nous voulons le pouvoir. Nous voulons plus de force. Si la Bonté et la Gentillesse aimeraient nous supprimer, nous, Fureur, Colère, Courroux, Pêché, Haine, Mépris, nous sommes encore les maîtres de ce corps lorsque la faiblesse vient à poindre le bout de son nez. Nous donnons la Force. Elle est dans notre camp.


Les mains le long du corps, le meneur reste immobile. Il ne sort pas sa baguette. Tom non plus ne bouge pas. Il écoutera la fin du discours en menaçant le jeune homme face à lui, si c'est sa seule manière de se faire entendre.

« J’ai peut-être le pouvoir, mais c’est toi qui as du pouvoir, Tom. Cet Ox, on peut le trouver ensemble. Tu es le seul qui n’ait jamais osé lever sa baguette devant moi. Les autres sont trop occupés à orchestrer ma chute, mais ils en oublient d’agir. Pourtant, c’est d’action dont nous avons besoin en ce moment. Ce sont des gens comme toi qui nous mènerons vers la victoire. Ceux qui n’ont pas peur de la confrontation, ceux qui croient en leurs propres convictions. Ne te laisse pas séduire par les souris parce que tu vaux beaucoup mieux que cela. Les Éclairs sont très chanceux de t’avoir. Un jour, ils s’en rendront compte. »


Tu es tellement serein, Tatsikov, tu t'autorises même à sourire... C'est déroutant. Terriblement déroutant. Et fascinant, aussi. Fascinant, car tu nous résistes, et tu nous écoutes. Tu nous écoutes. Et tu crois en nous.

C'est un autre sourire qui répond à Roman. Un instant, l'atmosphère s'apaise. Le ton de Tom est sec, cassant, horriblement acide. A la voix traînante s'est ajoutée un timbre plein d'émotions dominant son esprit affaibli par la fatigue. C'est un sourire fou. Un sourire déterminé.
La machine est en route.

"Qu'attends-tu de moi."


Le ton est calme, mais l'intention ne l'est pas.
Que veux tu de nous. Si tu es capable de nous trouver l'Ox, nous t'obéirons. Si tu ne le peux pas, alors prie pour ne jamais nous croiser lorsque nous reviendront, car dès lors, tu ne pourras plus nous échapper. Tes paroles n'auront aucun effet. Elles ne marchent que maintenant. Seulement maintenant.


"Ils ne m'aiment pas. ça n'a aucune importance. Le choix d'un camp n'en a pas non plus. Que veux tu faire de ceux qui te méprisent et te haïssent, quand d'autres donneraient tout pour trouver ce que tu recherches aussi ? Tu n'avais qu'à me faire la proposition quand tu es venu à moi. Au lieu de cela, tu es venu me provoquer. C'était un test ?"


Si tu ne fais pas de sélection, alors pourquoi as tu choisi de nous réveiller ?

Les lèvres parcheminées de Tom se pincent. Il tient sa baguette abaissée, mais il pourrait la relever. Il pourrait le faire.
Au lieu de cela, il désigne son Sceau. Imprimé sur son poignet gauche, qu'il lève pour le monter à la hauteur de son nouveau chef.

"ça ne représente rien pour moi. Le Clan n'a jamais été une fin mais un moyen d'arriver jusqu'à l'Ox. Si tu crois que je peux t'être utile. Dis moi comment. Et dis moi pourquoi je le ferais."


Dis nous. Explique nous, éclaire nous si tu le veux, dis nous en quoi tu pourrais nous être utiles, pourquoi nous joindre à ta quête folle, Roman, car dès lors, il n'y a que deux issues possibles...

Dans les yeux de Tom, viennent de mourir les derniers vestiges de sa raison. Son sourire s'agrandit. Le sourire terrifiant de quelqu'un qui vient de quitter la réalité.

"Dis-moi pourquoi je ne devrais pas tous vous tuer."


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Ҩ Re: Ceremonia. [Roman] Ҩ Dim 3 Avr - 8:28

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If he said help me kill the president
I'd say he needs medicine.

Il sourit, l'enfoiré, comme si tout allait bien, comme s'il ne se ferait pas tuer dans la seconde qui suivrait. Il a même le culot de parler de son clan comme l'on parlait d'une famille que l'on aimait à n'importe quel prix. Des foutaises, des conneries, s'il aurait pu, il se serait fait retirer ce sceau. Mais non. Ce tatouage le marquerait comme les voix existeraient toujours dans sa tête. Il se demanderait presque ce qu'elles lui murmurent. Non, il n'avait pas peur, il existait dans le regard des gens. S'il était suffisamment menaçant pour faire resurgir les démons, alors c'était que tout fonctionnait. Tout le monde pouvait bien parler, mais c'était lui qui était en contrôle.

Non, il n'a pas peur du noir, il connaît mieux que quiconque les ténèbres de la nuit. Confortable dans son propre esprit, il avait étendu son influence jusqu'à la société. Les gens ne pouvaient pas lui résister. Tout tombait toujours à point, et il le savait, ce serait lui qui porterait la quête jusqu'à sa fin. Pour cela, il n'hésiterait pas à précipiter la fin du monde ou pousser les gens dans le précipice de leur santé mentale. Qu'ils deviennent fous, pour lui, le monde n'était qu'un terrain de jeu. Est-ce qu'il avait peur ? Au début, oui, mais s'il mourrait, que ce soit ainsi. Qu'il soit tué d'une main suffisamment forte, que ce soit un malade mental, un barge, un taré qui mette fin à ses jours, que ce soit les minorités, les rejetés, les infâmes de la société qui l'emportent.

L'oxygène se raréfie, il le sent dans les alvéoles pulmonaires. Sa respiration s'accélère, dans des cadences stridulantes, mais il ne tombe pas. Son esprit se raccroche à l'idée de la puissance qu'il effleurera bientôt de ses mains. Tout son pouvoir, toute sa puissance, elle venait de l'incapacité du monde à faire les choses par lui-même. Si Krum avait eu un tant soit peu de courage, si Von Helger avait utilisé ses couilles pour autre chose que les plaisirs charnels, si Maslov avait pris à temps les rênes du clan, alors Tatsikov n'aurait jamais goûté au pouvoir. Il était une tâche sur le tableau, mais ce genre de tâche qui le rattache au royaume des vivants, montre la résilience de l'art, que celui-ci a réussi à passer au travers des époques. Il est une erreur de la nature, mais il était différent, et c'était cela sa force. Aberration paralogique, il contrastait, avait l'avantage de sortir du lot. L'erreur, dans sa nature, n'était-elle pas humaine ? (Si oui, elle portait probablement le nom de Nikolas Krum.) S'il était cancrelat, au moins n'était-il pas cancre, il se tenait dans les provisions et peu importait ce que vous disiez de lui, vous reviendrez toujours le voir. Tatsikov était un point de ralliement, un phare dans les nuits noires. On avait beau le détester, l'existence sans lui était impossible, il était, malgré lui, un rayon d'espoir.

Comme la mouche, il avait réagi au danger, il avait eu peur, il avait lâché des propos dans sa colère, dans sa haine. On le disait insensible, mais toute personne a ses faiblesses. Était-elle proportionnelle au nombre de personnalités coexistant dans le fond de notre crâne ? Si oui, alors le fou devrait surveiller ses arrières. La fuite ne se trouvait pas dans les points géométriques, ou sous les couvertures de notre lit, en pensant à tort que celles-ci nous protégerait des meurtriers, de la folie, des monstres sous notre lit. Roman, c'était tout le contraire. Enfant, c'était lui qui se levait pour hurler dans les oreilles des abominations se terrant sous son matelas. Les gens comme nous, Wilcotts, ils ont le choix : supplier, ou mordre, mais Roman ne se délecterait jamais de faiblesses. Ses dents resteraient d'un blanc immaculé, il en avait trop besoin pour ses multiples sourires.

Pourtant, sa petite crise avait fait douter son camarade, il voit l'humanité passer dans son regard. Cela ne dure qu'une seconde. Roman joue au miroir, sa propre révolte transparaît, et pourtant, Tom sourit. Preuve ultime du narcissisme anéanti de la faible déchéance, il se repaît du trouble de son meneur. C'est une canaille, un rat, tout comme lui, mais suffisamment brisé pour servir tous ses plans. Tel le verre cassé s'enfonçant dans la plante des pieds, le dommage serait infini. Il voit tout, il tente de l'appâter, mais il ne peut émettre que des suppositions sur ce que disent les voix. Et cela lui importe peu, à ce con, il n'a jamais été du genre à écouter les autres. Sa mutinerie, sa prise de pouvoir au moment opportun, tout cela était un affront direct aux dissonances vocales de ceux qui pensaient avoir l'autorité. Non, pour Roman, Tom n'a plus rien d'humain, c'est un moyen, c'est ainsi. Ce qui lui manque à Tatsikov, c'est le berserker, et celui-ci, il se trouve tout juste devant lui.

Tu as parfaitement compris, Tom. Ta force est dans ta colère. Ta force est dans ta rage, dans ta peur, dans tes pulsions, dans tout ce qu'il y a de négatif chez un être humain. Il a ouvert la Boîte de Pandore, mais il n'est pas bête, Roman, il a pris la peine de l'agiter avant de l'ouvrir. Que le bien sorte en même temps que le mal, que les démons se mêlent aux anges et que plus personne ne sache les différencier. Il irait chercher ce qui était sien, et il n'hésiterait pas à remuer les couteaux dans toutes les plaies pour parvenir à ses fins. Il en appelait aux intempéries, il se fiait aux orages et il observerait les gens se consumer pour obtenir ce que lui voulait. Le feu dans son âme compensait le manque d'oxygène, ses bronches étaient sereines, et peu lui importait qui était le maître dans la carcasse en face de lui. S'il devait faire un pacte avec le Diable, il serait certain que même ce dernier y penserait à deux fois avant de conclure un marché avec lui.

Il est serein, il lâche que le clan est chanceux de l'avoir. L'ennemi de mon ennemi est mon ami, et l'ami est l'ennemi ennemi potentiel de mon ami. Roman le pensait-il, personne ne pourrait vraiment savoir, maître dans l'art du mensonge, il disait tout avec une bienveillance ambiguë. Tom et lui sont deux facettes d'une même pièce. Il est le calme, il est le sommet du monticule de glace, celui qui fait couler le Titanic, mais personne ne sait ce qui se cache dans les tréfonds de l'océan, le mal habitant les profondeurs maritimes, les méandres de la personnalité de Wilcotts. L'air revient, les poumons sont soulagés. Roman conserve son air affable, comme s'il discutait avec un ami de longue date. Le feu dans la cheminée brûle, affamées, les bûches craquent.

« Qu'attends-tu de moi. » Rien, honnêtement, il n'attendait plus rien de quiconque depuis la trahison de ceux qui se prétendaient être ses amis. La voix est calme, mais empreinte de danger, il pourrait craindre pour sa vie, Roman, ce serait légitime. Pourtant, il le sait, il ne peut pas mourir avant d'avoir accompli la prophétie. Seul son cœur était suffisamment noirci pour supporter une telle obscurité. Il allait conquérir le monde avec ses paroles. Si elles n'étaient efficaces que maintenant, cela lui importait peu, le moment présent arrivait toujours trop vite, le « maintenant » répondrait toujours présent. Le maintenant est futur, le futur est maintenant, personne ne pouvait s'y dérober. « Ils ne m'aiment pas. ça n'a aucune importance. Le choix d'un camp n'en a pas non plus. Que veux tu faire de ceux qui te méprisent et te haïssent, quand d'autres donneraient tout pour trouver ce que tu recherches aussi ? Tu n'avais qu'à me faire la proposition quand tu es venu à moi. Au lieu de cela, tu es venu me provoquer. C'était un test ? » Oui et non, il aimait tester les limites des gens, mais il ne s'était pas attendu à de tels résultats. (Il avait perdu un peu espoir de trouver un Éclair qui en valait la peine, sincèrement.) Il savait maintenant que quelque chose clochait dans le cerveau de son camarade. Il n'avait pas choisi de réveiller les voix, mais qu'à cela ne tienne. Il ne les laisserait jamais se rendormir si cela servait ses moyens. Roman était pire qu'un monstre au-dessous du lit : lui, il existait pour de vrai.

« Ça ne représente rien pour moi. Le Clan n'a jamais été une fin mais un moyen d'arriver jusqu'à l'Ox. Si tu crois que je peux t'être utile. Dis moi comment. Et dis moi pourquoi je le ferais. Dis-moi pourquoi je ne devrais pas tous vous tuer. » Il a le sourire d'un malade mental, totalement dérangé. Roman se rend compte qu'il ne parviendra à rien avec sa nauséabonde gentillesse, alors il se laisse aller, il joue le jeu, il dévoile sa vraie face. Il est insensible. Dévoilant un impitoyable rictus, il ne joue plus sa facette de compréhension, il vise autre chose. « Parce que le meilleur est encore à venir. » Son accent serbe renforce les propos, les taille au couteau, les sculpte avec la précision de Pygmalion. « Ceux qui me méprisent, ceux qui me haïssent, ils tenteront de me mettre des bâtons dans les roues, mais cela ne m'arrêtera pas. Je n'aurai pas de repos tant que je n'aurai pas trouvé l'Ox. » C'est ce qu'il disait, mais un jour, sa quête tendra vers l'impossible, et quiconque essaiera de l'atteindre ne se confrontera qu'à une douloureuse asymptote.

« Mais pour savoir si ce clan peut bien m'offrir ce que je veux, il faut que j'en secoue un peu les fondations. Quand certaines personnes se brisent, elles ne laissent que des larmes, mais toi, tu renfermes un diamant. Tu es probablement le meilleur élément des Éclairs. » Agréable surprise, mais le diamant, ce n'est que du carbone, caché dans les profondeurs des mines. Roman n'aimait pas le luxe, non, les plaisirs matériels ne le séduisaient pas, mais un jour viendrait, Tom serait à ses côtés. Comme la couronne sur la tête du vainqueur, comme la chevalière qui se transmettrait au fil des générations, il serait l'aboutissement de ses milles réussites, que l'on conterait avec la faveur des fables ancestrales.

« Prends mes propos comme tu le veux, nie-les si cela te chante. Cependant, si le clan représente pour toi un moyen de parvenir jusqu'à l'Ox, ce serait bête de tuer tout le monde. Chacun est utile, à un moment ou à un autre. Ce sera le cas pour toi aussi, et tu le sauras quand le moment sera venu. » Sa voix était si sucrée que cela en donnait mal au cœur, telle la sensation que l'on a en enfournant trop vite des macarons. « Sur ce, je te souhaite une bonne nuit. Dors bien.  » Roman se dirige vers la porte, il sort du quartier général, le regard droit, comme si rien ne s'était jamais produit. Il sourit, l'enfoiré, comme s'il ne se ferait pas tuer dans les semaines qui suivraient. Serpent, il trouvait toujours un moyen de tirer de tout, et si on disait qu'il vendrait son clan contre une peau de loutre, c'était faux. Une pauvre loutre ne méritait pas de mourir pour des saletés d'Éclairs.

- RP TERMINÉ -
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Take you like a drug, I taste you on my tongue. You ask me what I'm thinking about. I'll tell you that I'm thinking about, whatever you're thinking about. Tell me something that I forget, but you might have to tell me again. ▬ It's crazy what you do for fame.


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Ceremonia. [Roman]

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